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Ezra Aerys
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Ezra Aerys
DATE D'INSCRIPTION : 28/02/2016 PSEUDO/PRENOM : Glacy MULTICOMPTES : Chris Wilson MESSAGES : 2249 CELEBRITE : Jessica Parker Kennedy COPYRIGHT : harlan ♥ (avatar) METIER/APTITUDES : esclave de Roan (de retour) ▲ métier ingrat ▲ ancienne couturière, esclave domestique, prostituée TRIBU : Rahjak POINTS GAGNES : 221
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le Mar 16 Juil 2019 - 19:18

   
Not all who wander are lost
Ezra & Maori

   
« I'm trying to find, home, a place where I can go. »
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]La silhouette de la créature aquatique gisait là sur le sable fin. Il lui était impossible de retourner dans l'eau. Désormais trop proche du sable, et ses mouvements tortueux et glissant pour sortir de là n'avait pu que la conduire à s'enfoncer plus. Certes, la source d'eau restait là, mais l'eau était en trop petite quantité. Et face aux rayons d soleil ardent, elle commençait à dépérir. La haute mer encore trop loin. Les vagues qui ne pouvaient la soulever pour la porter jusqu'à là-bas. La mer avait atteint son point culminent, désormais basse et si elle remontait lentement en direction du point auquel se situait la créature aquatique, cette remontée des eaux était bien trop lente. Le dauphin écarté de ses congénères gisait donc là dans l'incapacité de se mouvoir. Une espèce inconnue. Espèce animale que je ne connaissais pas. Ne l'ayant pas reconnu des dessins montrés par James, ne pouvant le classer comme un poisson. Ce qui restait certain à cet instant était que cette créature aquatique respirait encore et avait besoin d'aide. Il ne semblait pouvoir exister qu'une seule solution, le tirer par sa nageoire caudale plus loin, en direction de l'eau. Ce que j'étais incapable de faire seule, même avec toute ma volonté. Consciente que la créature aquatique ne pourrait que se débattre de plus belle. Si je m'étais approchée doucement avant de m'arrêter sur le sable, l'observant et tentant de déterminer comment je pourrai le sortir de là, mon regard cherchait désormais autrui.

Cherchant une autre personne me permettant de tenter plus facilement de permettre à la créature aquatique de gagner l'eau et repartir d'elle-même. Mais les calusa n'étaient plus là. Leur village réduit à néant par le cyclone qui avait frappé. Les maisons sur pilotis qui avaient été transformées en ruine. De nombreux morts. Des corps que la mer avait emportée. Un peuple désormais dispersé. Bien entendu, je pourrai remonter plus haut sur la plage, je pourrai suivre la côte pour retrouver Arméthyse. Mais je savais que la jeune femme à la peau tannée par le soleil, aux cheveux bruns ne se trouvait pas à côté. L'ayant prévenue que je serai partie plusieurs heures. Ayant voulu m'écarter de ce petit îlot de tranquillité pour rencontrer des coquillages, ou toutes sortes d'objets qui pouvaient m'être utiles. Ce que nous étions devenus. Passant d'esclave à des commerçant. Quasiment aucun visiteur. Ce qui n'importait pas, alors que nous avions appris à vivre aux abords de la mer, à transformer notre vie. Nous avions appris de nouveau à nous adapter à cet nouvel endroit. Une facilité d'adaptation qui n'était qu'en partie justifiée par notre passé. Ce changement de main à main que j'avais plus connu qu'elle n'avait pu connaître. Trois maîtres connus. Trois ambiances différentes, passant de l'atelier de couture au bordel, puis chez Roan. Son visage qui se dessinait dans mon esprit avant que je ne le chasse. La méfiance était toujours là, existante envers les étrangers mais pour l'instant j'avais besoin d'aide, ou du moins le dauphin avait besoin d'aide. Seul importait alors que cet allié soit trouvé.

Et ce soudain venu apparu sur la plage, plus haut. Me détournant de la mer pour courir en direction de la silhouette de la jeune femme. Pieds nus. Parcourant la plage en diagonale en direction de cette inconnue qui m'avait forcément repérée. Un visage plus pale. Des cheveux bruns. Pensant aussitôt qu'elle venait de la tribu des 100 plus d'une autre tribu, en vue de sa tenue. Mais pensée qui n'avait que le temps de s'attarder dans mon esprit avant que je n'en vienne à me faire la réflexion qu'elle était plus jeune que moi, sans doute d'une dizaine d'années. Et pensée qui disparaissait de nouveau, enveloppée dans un tourbillon alors que je prenais la parole.  «  Sis ai out... Besoin... aide.  » M'étant entraînée. Des rencontres avec les 100 qui avaient été précédentes. Un langage terrien adopté automatiquement avant que les mots ne soient prononcés rapidement, avec un accent que certain dans sa langue. Des mots approximatifs que je tentais de me rappeler. Une fluidité qui n'existait pas. Mais une main rapidement attrapée pour lui faire signer de me suivre sans que n'en vienne à importer les conséquences. Et main lâchée la seconde d'après face à ces possibles conséquences. Signe de la main de me suivre alors qu'aussitôt je me détournais d'elle. Comme une apparition. De nouveau, je me mettais à courir en direction de la plage, en direction de la créature aquatique. Son temps compté. Mi-glissant mi-dévalant le sable alors que je me rapprochais de l'eau. Une avancée et progression rapide. Le désert qui n'était que composé du même sable. A mon aise sur la plage même face à cette étendue d'eau bien que je pénétrais plus doucement dans la mer sans jeter un regard en arrière pour m'assurer que la jeune femme aux cheveux bruns m'ait suivie. M'avançant encore plus dans l'eau sans me préoccuper de la fraîcheur avenante. Faisant des plus petits vers la créature aquatique qui continuait de se débattre, quoique maintenant plus doucement. M'approchant un peu plus en direction de la nageoire caudale en faisant attention à la créature. M'arrêtant de nouveau pour regarder cette fois si elle avait suivi ce même chemin, si elle venait m'aider.
(c) DΛNDELION
Maori K. Ho'oname
Maori K. Ho'oname
DATE D'INSCRIPTION : 13/06/2019 PSEUDO/PRENOM : CapRaccoon MULTICOMPTES : Werowa Sundagger, Thémis Gyllenstierna MESSAGES : 228 CELEBRITE : Becky G COPYRIGHT : Lux Aeterna avatar, Dark Paradize signa METIER/APTITUDES : Traqueuse pour les 100 ¤ chasse/pêche ¤ combat TRIBU : n°81 des 100 3:) POINTS GAGNES : 80

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le Mer 17 Juil 2019 - 16:05
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I too am a Creature of the Sea
As You have Always been,

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Unscathed
Emerging from the Water
Pure beauty alive

Let me kneel before you
In homage

Ioanna Tsatsou, "Creature of the Sea"

Maori & Ezra

     

     
Not all who wander are lost

     
Le vent marin faisait voleter ses mèches brunes au vent, le soleil dardait ses rayons sur sa peau. Si Maori avait le teint un peu plus mat que la plupart des habitants de l'Odyssée, c'était uniquement grâce à de lointains ancêtres hispaniques, dont les gènes étaient miraculeusement parvenus jusqu'à elle. Pour autant, sentir les rayons du soleil sur sa peau ne cessait de l'émerveiller ; elle en était presque malade qu'on ait pu les en priver. Vivre dans une boîte de conserve, alors qu'on a connu ça... ?! Qui a eu cette idée de génie, sérieusement ? Ah oui, l'enfermement plutôt que l'extinction de la race humaine. N'empêche, il y en a qui ont survécu. Dans tes dents, le génie.

C'était face à des spectacles semblables que l'incompréhension était à son comble. Alors qu'elle se trouvait face à cette mer qui lui était encore si inconnue, Maori ne comprenait pas comment on avait pu quitter un tel paysage. Elle aurait préféré rester derrière. Mourir, peut-être, mais avec au fond des prunelles une dernière image sublime. Un coucher de soleil final, double, sur la vie et sur les vagues. En ces quelques années passées sur Terre, Maori avait eu droit à son lot de merveilles, de la plus petite à la plus déroutante. Mais s'il y avait bien une merveille dont elle ne se lasserait jamais, ce serait d'un coucher de soleil au creux des vagues. Elle n'avait pu en voir que très rarement, et c'était peut-être ce pourquoi l'émotion restait aussi intense, à chaque fois. Plus c'était rare, moins on en était blasé.

La jeune femme se pencha, et prit une poignée de sable entre ses doigts. Elle sentit les grains couler sur sa peau, puis retomber, et contempla, fascinée, son écoulement. En moins d'une seconde, presque tout le sable contenu dans sa paume était retombé, formant une pluie d'or. La plage, elle ne connaissait pas ça non plus. Hormis en images, photographies ou films, elle avait été privée de cette texture suave. A chaque pas, la sensation de s'enfoncer la surprenait, elle avait l'impression de glisser mais aussitôt qu'elle commençait, cette impression filait au loin, aussi vite que son pied était arrêté par l'amas de sable. C'était étrange. En tout cas, ça faisait bien réfléchir sur le proverbe « L'union fait la force ».

Maori releva les yeux vers la mer, et plaça une main au-dessus de ses yeux, alors que le soleil venait les colorer d'ambre. Devant elle, beaucoup de sable. Elle en déduisit que c'était la marée basse. Mais, petit à petit, les vagues venaient grappiller quelques centimètres de plus, venaient lécher la grève avant de l'avaler. Elle ne sut combien de temps elle resta là, les prunelles plongées dans une étendue mystérieuse. Maori n'avait pas peur de l'eau. En tout cas, pas tant qu'elle avait pied. Il lui arrivait de se tremper dans une rivière lorsqu'elle en avait l'occasion, mais elle se montrait toujours extrêmement prudente. Après le cyclone, elle avait fait partie d'une expédition allant jeter un coup d’œil dans la crique non loin de leur campement. Lorsqu'ils avaient entendu parler des dégâts causés chez les Calusas et les Kovariis, ils s'étaient estimés chanceux, puis avaient décidé de se rendre sur les rives les plus proches, afin d'y récupérer les corps ou débris sur place, et les rendre à qui de droit ; famille, survivants, dieux. Durant ces quelques jours sur la plage, le décor et l'envers du décor n'avaient cessé d'alterner : un lieu paradisiaque, entaché par des cadavres et autres vestiges d'une civilisation quasi perdue. Même aujourd'hui, à chaque creux entre les vagues, Maori croyait voir apparaître une forme sombre, mirage de radeau prêt à s'échouer à ses pieds.

Subitement, sans qu'elle ne sache trop comment, la jeune femme sentit qu'elle… qu'elle devenait l'attention de quelqu'un. Méfiante, elle porta aussitôt sa main à son dos, prête à attraper son arc, et tourna légèrement sur ses talons, creusant une hélice dans le sable. Le soleil ne l'aveuglait plus, tapait à présent contre sa pommette gauche, éclairait et ombrait ses traits. Rapidement, ses yeux repérèrent ce que son sixième sens avait détecté. Une femme courait vers elle, d'un pas qu'elle qualifierait d'éperdue. Toujours sur ses gardes, Maori prit le temps de la détailler, afin d'évaluer le niveau de menace qu'elle représentait. Ses iris passèrent sur ses traits, sur ses vêtements, d'abord à la recherche d'armes. Aucun couteau dans les mains, aucune dague à la ceinture. Maori se détendit légèrement, d'autant plus qu'elle ne voyait aucune animosité sur le visage de la femme qui se précipitait vers elle. Ses iris firent un second passage, détaillèrent la peau mate, les cheveux sombres bouclés, les yeux ambrés, la taille fine de l'inconnue. Elle pouvait voir un corset enserrer sa poitrine, une chemise flotter sur ses bras, et un pantalon de cuir descendre sur ses mollets. Une grounder, il n'y avait pas de doute. Maori vit clairement les yeux de la terrienne la détailler également, et la reconnaissance fut réciproque. Elles ne savaient pas qui elles étaient, mais elles savaient qu'elles venaient de deux mondes différents. Terre et ciel. Ou mer et ciel. Les vêtements étaient devenus le signe le plus distinctif, presque définitif, de votre appartenance à tel peuple. D'un côté, corset, chemise, pantalon de cuir ; de l'autre, T-shirt délavé, bomber rapiécé, chemise nouée autour de la taille, jean troué, et Rangers à dépoussiérer. Étonnamment, c'était Maori qui avait plutôt le look du survivor de base, et la terrienne qui resplendissait dans ses atours simples mais habilement confectionnés.

Maori avait fini par lâcher son arc, sa main retombée le long de son corps, lorsque la terrienne l'atteignit. «  Sis ai out... Besoin... aide. » Maori plissa légèrement les yeux, seul mouvement sur son visage de marbre. Piège, ou pas piège ? Les doigts de la grounder encerclant les siens court-circuitèrent son cerveau. Elle aurait pu la tirer que Maori aurait suivi comme un automate. Cependant, l'inconnue lâcha ses phalanges, et recula avec un éclair d'inquiétude dans le regard, puis elle fit demi-tour, et repartit en courant, sans un regard en arrière. Hébétée, encore sous le choc de ce contact – imprévu mais pas déplaisant – Maori la regarda s'éloigner, puis sortit de sa transe, regarda autour d'elle, ne vit personne, et se décida à la suivre, d'abord lentement, puis en trottinant. La brune grounder avait disparu derrière une petite dune ; Maori fit ce qu'elle savait faire de mieux dans ce monde : elle suivit les traces. Arrivée au sommet de la dune, ses prunelles se baissèrent, pour apercevoir l'étrangère qui dérapait dans le sable, se dirigeait droit vers... un dauphin ! Maori resta bouche bée. Un dauphin ! De là où elle était, Maori en reconnaissait le long bec, l'aileron bombé, la peau grisée. Si son père était là... ! Lui qui lui avait tout appris sur la nature, sur les animaux, il serait... sans voix !

Ni une ni deux, Maori dévala un pan de dune, sur les fesses plus que sur les pieds, mais ça comptait ! En bas, la terrienne poursuivait son chemin, ralentissait son allure alors qu'elle se rapprochait du cétacé et entrait dans l'eau. Maori s'arrêta au pied de la dune, regarda autour d'elle de nouveau, puis ôta son arc et sa besace, et les laissa tomber dans le sac. Hors de question qu'elle mouille son gagne-pain et ses provisions. La jeune femme ne garda que son couteau à la ceinture, au cas où elle en aurait besoin. Sa chemise vint se poser sur le tas ainsi constitué, puis elle continua de suivre les traces. Ces dernières s'effaçaient peu à peu, sous l'action des vaguelettes annonciatrices de la marée montante. Maori rejoignit enfin le cétacé et la terrienne, qui venait de se retourner pour voir si elle l'avait suivi. Les yeux émerveillés de la fille du ciel croisèrent ceux inquiets de la fille de la terre. Puis Maori se focalisa sur le dauphin à ses pieds, se permit d'admirer un instant de plus l'animal, et soudainement, ôta son bomber. Elle le posa sur la tête du dauphin, plongeant ses yeux dans l'obscurité. Le bout du bec dépassait à peine. La jeune femme avait appris, il y a bien longtemps, que plonger certains animaux dans le noir les calmait. Elle en était sûre pour les volatiles ; un peu moins pour le dauphin, mais qui ne tente rien n'a rien ! Une fois cela fait, Maori rejoignit la grounder au niveau de la nageoire caudale de l'animal. Elles échangèrent un nouveau regard, puis se penchèrent toutes les deux au même moment, pour saisir l'appendice. Maori contracta ses muscles, planta ses grosses semelles de Rangers dans le sable, arqua le dos. Dos à la marée montante, les deux brunettes se mirent à tirer, à reculer pas à pas, à s'enfoncer lentement mais sûrement dans le sable et les vagues, afin de rendre au pauvre cétacé sa liberté. Alors que chacune s’arc-boutait, il arrivait que leurs épaules se frôlent, ou que leurs avant-bras se touchent. Maori jeta un regard en coin à la terrienne, entre deux pas, encore interdite, stupéfaite de cette situation surréelle.
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le Mer 17 Juil 2019 - 17:47

   
Not all who wander are lost
Ezra & Maori

   
« I'm trying to find, home, a place where I can go. »
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]Une rencontre qui n'était pas prédestinée mais l'apparition de cette inconnue qui semblait se produire au parfait moment. Ayant besoin d'aide. Ou plutôt la créature aquatique avait besoin d'aide. N'ayant pu que courir ers elle. Bref contact électrique alors que je prononçais ces mots dans ma langue puis la sienne. Un regard méfiant en premier rencontré. Ne sachant visiblement pas si elle devait me croire ou non. Méfiance qui était raisonnablement existante. Ne la connaissant pas. Elle ne me connaissait pas non plus à vrai dire. Peu comptait alors qui elle était. Ce point n'avait d'importance. Ayant besoin d'elle et ne restant pas pour l'attendre. Si j'osais espéré qu'elle m'avait suivie, je n'étais pas restée plus longtemps pour dévaler de nouveau les dunes de sable et rejoindre la mer. Regard à la jeune femme venue du ciel qui déposait finalement ses affaires sur le sol, pour qu'ils ne puissent pas être trempés. Un froncement de sourcil alors que je jugeais qu'elle n'était pas assez rapide. Froncement de sourcil de courte durée alors que je me détournais d'elle pour avancer plus vers le cétacé, désormais certaine qu'elle m'avait suivi. Ce qu'elle ne tardait à faire de nouveau alors qu'elle pénétrait dans l'océan, tout en ralentissant son allure à son tour. Un regard d'émerveillement que j'apercevais sur son visage rapidement avant qu'elle n'en vienne à comprendre à son tour la gravité de la situation. Comprenant rapidement où elle voulait en venir alors qu'elle se défaisait de son bomber pour le posait sur les yeux du dauphin. Un hochement de tête. Une idée qui ne m'avait pas traversé l'esprit. N'étant pas habituée aux créatures aquatiques suffisamment quand bien même je vivais désormais aux abords de l'océan, que j'avais vécu auprès des calusas brièvement.  Des gestes qui étaient réalisés silencieusement. Croisant son regard alors que je prenais position près de la nageoire caudale et commençait à reculer plus loin. Une nécessité de reculer doucement pour ne pas effrayer la créature si ce n'était pour ne pas être entraîner sur le sable qui descendait doucement et chutait. Il était impossible de regarder derrière soi alors que toute notre concentration était concentrée sur la créature aquatique qui se laissait faire. Ayant compris que nous étions venus pour lui apporter notre aide. Des regards silencieux qui étaient échangés alors que je continuais cette avancée doucement aux côtés de la jeune femme.

Ne connaissant pas son prénom. Consciente uniquement qu'elle faisait partie de la tribu du ciel. Ne les craignant pas. La curiosité toujours là lorsque je les avais rencontré. N'ayant jamais reçu de mots sanglants de leur part, ni ne leur ayant vu esquisser des gestes violents en ma direction. La tribu des rahjaks qui n'était pas aussi proche d'eux que des autres tribus. Au contraire, aucun traité de paix ne résidait entre ces deux groupes opposés. Les ayant asservi en esclavage. Sauvés grâce aux naoris. Un sort malencontreux qui pouvait s'annoncer pour eux s'ils franchissaient les portes du désert. Un peuple auquel j'appartenais qui restait belliqueux, dangereux. Les accords de paix, de trêve qui ne s'appliquaient pas similairement là-bas. Semblant impensable d'imaginer une paix propice même avec le peuple le plus proche. Et n'ayant à vrai dire aucune idée de ce qui se passait alors dans la cité. Ne sachant quels événements s'étaient déroulés en mon absence bien que certains avaient été rencontrés, que certaines nouvelles furent données par Arméthyse lors de nos retrouvailles. Mais depuis plus rien. Et des questions qui n'étaient pas posées, un sujet qui n'était pas nécessairement soulevé alors que le but était aussi de se faire discret, de se réinventer. Et si je ne pouvais que deviner la tribu d'origine dont provenait la jeune femme précédemment venue d'un bomber, je préférai autant comme avec ceux rencontrés qu'elle ne puisse pas connaître la mieux. Me doutant qu'une conversation aurait lieu, liées par ce sauvetage en mer.

Un sauvetage en mer qui progressait doucement au fur à mesure que nous avancions dans l'eau ou plutôt que nous reculions. Coup de nageoire soudainement donné par le cétacé. Me reculant légèrement en faisant attention à ne pas l'entraîner avec moi. Equilibre retrouvée rapidement alors que je lui adressais un sourire. Sans me préoccuper de ces mèches de cheveux bruns désormais mouillées, ni de la fraîcheur de l'eau, je continuais de nouveau à reculer. L'eau qui atteindrait bientôt la poitrine. Des vêtements qui commençaient à coller à la peau. L'eau qui montait à son tour alors que les vagues heurtaient doucement mon dos à chaque pas esquissé. Jetant de nouveau un regard vers la plage qui se trouvait désormais bien plus loin. Et il serait peut être une erreur d'aller plus loin, alors qu'après il serait impossible d'avoir pied. Certes, il serait encore possible de guider le cétacé à la nage mais là était un autre niveau. Mon regard qui croisait de nouveau le regard de la jeune femme venue du ciel alors que je désignais de mon doigt le bomber posé sur les yeux du dauphin, pour lui faire signe qu'il était peut être temps de le retirer. Le cétacé apte à retourner en mer désormais. N'étant pas une spécialiste, mais il restait certain qu'il n'était désormais plus emprisonné par la marée basse. Ne cessant de réfléchir alors que je jetais de nouveau un coup d'oeil à la veste posée sur l'animal puis de nouveau à la jolie brune.

Elle semblait mieux s'y connaître. Doutant qu'elle ait réellement pu avoir l'opportunité de s'occuper d'animaux là-haut dans l'espace, mais leur savoir semblait avoir pu être infini. Des livres à leur disposition. Un savoir qui n'était pas à la disposition de tout esclave au sein de la cité rahjak. Certains illettrés. Ceux qui bénéficiaient des leçons d'un percepteur comme au sein du palais, ceux qui évoluaient au près des nobles, ceux qui étaient des marchands, qui occupaient des postes de commerçants étant plus aptes à savoir lire et écrire. Là n'était pas le cas pour nombre d'esclave. N'ayant besoin de savoir lire et écrire pour coudre, pour remplir les tâches quotidiennes au coeur d'une maison, pour faire la lessive, ou pour donner son corps aux clients les plus fortunés. N'ayant besoin de mots pour user de la pioche au coeur des mines de sel. Non, les chanceux étaient ceux qui pouvaient évoluer au sein de la cité rahjak. Ayant toujours penser que cette catégorie de personnes pouvait s'en sortir, eux, ou ceux ayant l'argent ou les relations. Consciente que j'avais eu de la chance que Basile m'ait repéré au sein de l'atelier de couture et ait décidé de me confier plus de tâches. Là où j'avais commencé à apprendre à gérer sa demeure, à monter en grade. Mais là aussi où j'avais découvert encore enfant la perversion, les frissons dans le dos alors que plus que jamais il semblait s'en faire une obsession. Ce courant qui m'avait glacé le dos jusqu'à ce que je tente de prendre la fuite. Fuite que j'aurai pu réalisé simplement si je n'avais commis l'irréparable en tentant de le tuer. Une pierre deux coups. La pierre qui n'avait jamais atteinte sa cible et mon corps qui s'en rappelait encore les conséquences. Que le premier pas vers le bordel, là où il ne servait à rien de savoir lire et écrire. Non, ce n'était pas les connaissances qui m'avaient permis de survivre. Là-bas, que j'avais appris à user de mon charme et de mon corps pour obtenir des informations, pour tenter de bâtir une porte de secours, ou trouver le parfait pigeon. Evadée de ma cage mais reprise aussitôt. Enfermée après dans une autre. Amusant comme de nouveau le passé s'était entremêlé. Roan qui était devenu mon maître, lui qui avait su conquérir le coeur d'Arméthyse. Erika bien avant. Grâce à elle que j'avais pu apprendre autant à lire et écrire. Me rappelant encore les livres que je tentais de déchiffrer le soir, dans de courts moments de libertés encore enfant. Des connaissances que j'avais gagné petit à petit. Un savoir qui n'était acquis au départ, et un savoir que je n'avais pu que réellement développer en dehors de ces murs. En dépit de la souffrance, c'était réellement dans ce coin du monde que j'avais réussi à évoluer, que j'avais pu apprendre et découvrir. Chacune rencontre qui m'avait permis d'acquérir en expérience. Et si je savais que je ne parlais pas encore tout à fait correctement leur langue, qu'il y aurait forcément des erreurs, je savais aussi que tant qu'il était possible d'utiliser des mains, il était possible de se faire comprendre. Des doigts qui attrapaient alors doucement le bord du bomber pour le soulever et rendre au cétacé sa liberté.
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le Jeu 18 Juil 2019 - 0:13
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Et elles reculaient lentement, les deux femmes. Pas à pas, un pied derrière l'autre. Les mains entremêlées, à la recherche d'une prise efficace sur la queue du dauphin, alors que chacune bandait ses muscles pour tenir bon, un peu plus longtemps, un tout petit peu plus longtemps. Vite, très vite, sans que Maori ne s'en rende compte, les vaguelettes dépassèrent ses Rangers, dont elle avait desserré les lacets il y a quelques heures, afin d'aérer un peu ses pieds. Pour le coup, ils seraient propres. Ou alors, ils macéreraient dans la poussière et la terre ; elle n'avait pas le loisir de s'en préoccuper à l'instant présent. Les vagues léchèrent ses jambes, d'abord ses mollets, puis remontèrent jusqu'à chatouiller l'arrière de ses genoux, avant d'enserrer de leurs nœuds coulants ses cuisses. Un frisson glacé la traversa, lorsqu'une vague un peu plus forte la percuta dans le dos. Ne jamais tourner le dos à la mer quand on était proche de l'estran. Jamais, au grand jamais, ne tourner le dos à la mer. Il suffisait d'une vague un peu plus forte, d'une lame un peu plus rasante, et vous pouviez être emporté dans des courants s'éloignant toujours plus du rivage. Malgré le danger, Maori ne regretta pas un instant de s'enfoncer dans l'eau, dos à l'océan. Pour autant, la peur enroula ses tentacules insidieuses autour de ses tripes ; le dauphin le sentit peut-être, puisqu'il agita brièvement mais brusquement sa queue, manquant de les désarçonner. Maori comme la terrienne tinrent bon, et échangèrent un nouveau regard. Cette fois-ci, Maori eut même droit à un sourire. Combien de fois leurs yeux s'étaient-ils rencontrés, à la fois soutiens silencieux, entente muette et remerciements retenus ? Alors qu'elles travaillaient ensemble, dans une harmonie presque parfaite, avec un accord que jamais Maori n'avait expérimenté. Elles se comprenaient, sans se parler. Elles ne parlaient peut-être même pas la même langue, ou pas suffisamment pour se faire comprendre, mais peu importait : leurs regards suffisaient. Dans ces instants, le langage n'avait plus de barrière ; il n'avait même plus d'importance. Il suffisait de se laisser glisser le long de cette corde sensible, qui vibrait à l'unisson de la parfaite inconnue à vos côtés. De se laisser couler à l'unisson, dans une symphonie particulière. S'accorder parfaitement ; deux instruments ne jouant qu'une partition mais à l'aveugle et sans oreilles ; elles jouaient ensemble, l'une était l'instrument de l'azur d'aigue-marine, l'autre était l'instrument de l'océan céruléen ; et dans les pauses qui les liaient, une mélodie s'élevait, composée sans accord mais avec tous les accords. Il n'y avait aucun mot pour décrire cette partition des flots et des vagues, de l'écume et des embruns, du soleil et des nuages, des rais et des brises.

Au moment où Maori relevait les yeux vers son bomber, le doigt tendu de la terrienne apparut dans son champ de vision, désignant ce même bomber. La jeune femme acquiesça doucement. Oui, il était temps de l'enlever. Il était temps de libérer la bête. Cependant, l'eau lui arrivait à présent au cou, l'obligeait à lever la tête pour ne pas boire la tasse. Elle était plus petite que son inopinée partenaire, d'à peine trois ou quatre centimètres, mais le fond marin s'abaissait de son côté, ainsi, alors que la terrienne n'était immergée que jusqu'à la poitrine, Maori sentait les vagues lui fouetter les joues. Difficilement, elle se dégagea et progressa lentement vers le bec du cétacé. Finalement, la grounder fit de même, et elles l'atteignirent presque en même temps. Alors que l'animal continuait de gésir sur le côté, encore plongé dans l'obscurité et l'immobilité, Maori se trouvait du côté de son aileron. Elle s'arrêta entre ce dernier et le bec du dauphin, agrippa l'aileron d'une main, de l'autre un pan du bomber qui flottait encore, à peine posé sur les yeux de la créature de la mer. Au même moment, de l'autre côté, la terrienne faisait de même, et elles soulevèrent toutes deux la veste, l'ôtant et en délivrant le dauphin. Maori laissa son bomber entre les douces mains de la terrienne, et posa sa paume contre la peau grisâtre du cétacé. Elle entreprit de le diriger doucement, lui tourner le bec vers la haute mer, le redresser pour qu'il ne volte par sur le dos. Dès qu'il se sentit un peu libéré, une fois remis de ses émotions, le cétacé ne perdit pas un instant. D'un premier coup de nageoire, il se mettait dans les starting-blocks ; d'un deuxième coup de nageoire, il renversait Maori ; d'un troisième coup de nageoire, il se lançait dans sa course folle vers la liberté. Sans un regard en arrière. Ne rêvez pas ; il n'y a que dans les films que les dauphins font demi-tour, viennent vous faire un câlin et vous lancent de jolies trilles fleuries. Dans la réalité, ils font comme tout le monde : dès qu'ils le peuvent, ils foncent vers la liberté, écrasant et renversant tout obstacle sur leur chemin. Pas comme ce dauphin, là, comment il s'appelait... ? Il avait un nom de machine à sous, ou quelque chose dans le style... Ils avaient vu quelques extraits en cours, lors de l'initiation à la nature d'avant la montée aux enfers. Une nature qu'ils n'auraient jamais cru voir un jour ; pas étonnant qu'elle n'ait pas été très assidue dans ces premiers cours. Sans compter qu'elle était à la limite de l'hyperactivité, dans ses jeunes années. Bref, c'était une vieille histoire, qui datait de vingt ans, et dont il ne lui servait à rien de se souvenir.

Le coup de nageoire avait déraciné Maori, qui disparut sous la surface. Sa hanche la brûlait de la claque portée par la queue puissante du dauphin, et elle avait perdu pied. Sa tête se retrouva enveloppée dans ce cocon oscillant entre blanchâtre et bleuâtre, et elle ferma les yeux par réflexe, agitant les bras pour ne pas couler plus, pour se maintenir dans cet entre-deux aquatique. Enfin, à force d'agiter ses Rangers alourdies par l'eau, ces dernières retrouvèrent le sol, et Maori reprit pied, poussa sur ses jambes en feu de tant d'efforts, et sa tête creva la surface. Au même moment, elle sentit un contact, d'abord léger, puis plus prononcé, sous ses bras. Non, le dauphin n'était pas derrière elle. Il était bien loin, il avait disparu dans les abysses océaniques d'où il venait. C'était la terrienne, qui la soutint le temps qu'elle reprenne son souffle, se remette de sa frayeur. A présent, elles étaient face à la mer, les deux femmes. Elles pouvaient voir les vagues rouler vers elle, leurs moutons – ou mentons ? - d'écume naître, leurs dos se cambrer en creux profonds. Il y avait une certaine sensualité, dans cette déferlante de flots. Le visage tourné vers l'horizon, vers une créature disparue sous les yeux, bien vite, bien trop vite. C'était déjà fini ?
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Dernière édition par Maori K. Ho'oname le Jeu 18 Juil 2019 - 16:24, édité 1 fois
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le Jeu 18 Juil 2019 - 10:31

   
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[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]Chacun ayant un rôle précis. Chargé de soulever le bomber, de l'enlever de sa tête pour que son champs de vision puisse être de nouveau libre. Elle qui venait aussi m'aider à le délivre. Puis sans doute, elle  serait chargée de guider l'animal en direction de la sortie. Une manoeuvre qui devait être réalisée doucement alors qu'il suffisait d'un coup de nageoire pour que la jeune femme puisse être blessée ou puisse être projetée dans l'eau. Mon regard portait sur elle alors qu'elle prenait position doucement pour en venir à enlever sa veste du cétacé. Si nous faisions quasiment la même taille, la dépassant de quelques centimètres, il ne restait pas moins que sa position était plus dangereuse que la mienne. Les probabilités qu'elle soit blessée étaient plus importantes que concernant mon risque de finir dans l'eau. Certes, aucune chaussure ne me permettait de m'arquer dans le sable. A mes pieds ne se trouvait aucune ranger, aucune chaussure me donnant un appui supplémentaire. J'étais nu pied et je pouvais sentir un peu plus haut, plus proche de la plage les coquillages qui étaient parsemés sur le sol marin. Mais ma tâche était aussi plus simple alors qu'elle ne consistait qu'à enlever la veste, la récupérer doucement pour ne pas effrayer la créature aquatique avant de m'écarter.

Une opération qui s'était mise délicatement en place et qui était désormais en train d'être réalisée. Mon regard qui croisait le sien alors qu'elle se postait à la même hauteur mais de l'autre côté du cétacé. Un regard échangé alors que le fameux bomber était enlevé, que je le récupérais aussitôt pour l'empêcher de flotter dans l'eau. Secondes d'admiration où la créature aquatique dans toute sa magnificence comprenait qu'elle n'avait qu'à donner un coup de nageoire pour être libre. Et comprenant la seconde d'après que le dauphin n'allait pas perdre son temps. Une fois positionnée en direction de la sortie, de la haute mer, il ne lui fallut que trois coups de nageoire pour s'échapper. Ne revenant pas dans notre direction pour nous faire un dernier au revoir. Il se contenta de filer aussi simplement qu'il soit sans se préoccuper des conséquences. Si le premier coup de nageoire ne l'avait qu'aidé, le second était celui qui propulsa la jeune femme descendue du ciel dans l'eau. La chute qui se répercuta en écho sur l'eau alors qu'aussitôt mon regard se détournait du cétacé vers la zone d'impact. Eux deux disparaissant sous l'eau.

L'adrénaline qui parcourait mes veines. Mes pas qui glissaient sur le sable fin. Me retrouvant mi en nageant en direction de la zone où la jeune femme avait disparu. Ses bras qui s'agitaient à la surface de l'eau qui indiquaient qu'elle était en-dessous en train de se battre pour reprendre le dessus, pour retourner percer la surface. Bras que je tendais en sa direction pour l'attraper, prête à plonger dans l'eau au même moment que sa tête apparaissait de nouveau à la surface de l'océan. L'attrapant pour qu'elle puisse reprendre son souffle. Une disparition sous l'eau qui n'avait durée que quelques minutes, voir quelques secondes mais ayant forcément semblé plus pour elle. Laissant ce contact physique entre nous pour qu'elle ne puisse perdre pied de nouveau, qu'elle puisse reprendre son souffle. Semblant même alors respirer à l'unisson alors que nos visages s'étaient ensuite tournés naturellement vers l'étendue d'eau dans laquelle le cétacé avait disparu. Une traînée laissée derrière lui qui avait disparu. Comme un mirage. Ces illusions naissant au coeur du désert. Regard captivé, destiné à l'océan. Un sourire dessiné sur le visage. Deux silhouettes qui paraissaient alors bien petites face à l'étendue d'eau devant nous. Presque amusant de croire que l'instant d'avant, nos mains étaient en contact avec cette créature aquatique si magnifique et déjà disparue. Mes doigts qui exerçaient une légère pression sur sa main comme pour me rappeler qu'elle était bien là, que tout ce qui venait de se passer n'était pas une illusion ou un rêve. Mais non, je pouvais sentir le contact de sa chair contre la mienne, preuve qu'elle était bien réelle, en chair et en os tout comme moi.

Les vagues se dirigeant de nouveau dans notre direction. Conscient que comme pour les tempêtes du désert qui s'approchaient, comme pour ces vagues qui s'approchaient dans notre direction alors que l'eau remontait, il était temps de retourner vers la plage. Entraînant toujours sa main dans la mienne alors que je me dirigeais vers la plage. Comme si j'avais ce besoin de la tirer de cette rêverie, de la détourner de ce spectacle hypnotique et captivant. Comme le désert, comme pour l'océan, il était préférable de ne pas pousser sa chance trop loin au risque de trouver une mort trop rapide. Les squelettes retrouvés dans le désert dévoilaient les derniers moments de ces voyageurs qui ayant tenté d'affronter la chaleur, avaient péri. Mort que j'avais faillis rencontrer si je n'avais pas été sauvée par la suite par Varghause, une naori. Et la mort auquel j'avais de nouveau fait face. La mort qui était toujours là dans l'ombre, surgissant à n'importe quel point du continent comme ici lorsque la tempête avait frappé, lorsque les vagues avaient déferlés sur le village calusa, emportant tout derrière-lui. Sa main que je ne lâchais qu'en arrivant de nouveau sur le sable fin alors que je retrouvais l'équilibre en évitant les dernières traces d'écume. Des pieds qui s'ancraient de nouveau le sable avant que je n'en vienne à me tourner vers la jeune femme dont je ne connaissais toujours pas le prénom. Ayant fière allure tout comme elle, alors que nos vêtements nous collaient à la peau, que face à l'assaut des vagues, nos cheveux étaient désormais trempés. Bomber que je tenais toujours en main, bien que ce dernier était lui aussi trempé. Nécessité de le faire chauffer au soleil pour qu'il retrouve un peu son allure. Une veste dont je ne connaissais bien entendu pas la désignation, mais qui restait distinctive de son groupe. Une veste que je lui tendais alors, la retournant vers sa propriétaire avec un sourire. «  Merci. » Des remerciements de mise alors qu'elle m'avait aidé, que je n'aurai pu sauver la créature aquatique sans son aide. «  Ai laik Ezra. » Les mots qui surgissaient naturellement dans ma bouche dans la langue commune avant que je ne reprenne la parole, tout en cherchant cette fois-ci des mots prononcés avec un certain accent, peut être même légèrement écorchés. « Je suis Ezra. Toi ? » Des mots simples, appris grâce aux rencontres, grâce à la persévérance. Une langue qui semblait bien plus compliquée que la nôtre, mais des présentations qui étaient bien naturelles. Rencontrant son regard alors que j'esquissais un sourire.

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le Jeu 18 Juil 2019 - 16:06
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Cette fois-ci, elles étaient face à la mer. Face à un horizon sans fin, même pas limité par le ciel, puisqu'au fond, les couleurs du ciel et de la mer se confondaient. Semblables aux doigts entremêlés des deux femmes, deux univers qui se rejoignaient. Elles continuaient de fouiller des yeux les vagues, à la recherche d'un aileron qu'elles n'avaient vu quelques instants, mais qu'elles sentaient qu'elles pouvaient connaître pour toujours. Mais déjà, les particularités du dauphin, de ce dauphin, disparaissaient dans l'esprit de Maori. Elle n'avait pas pris le temps de l'observer, elle n'avait que pris le temps de le sauver, ce qui était autrement plus important. Elle ne sentait déjà plus sur sa paume l'empreinte de sa peau grisée, l'eau balayait en même temps qu'elle la reproduisait cette sensation indescriptible. Seuls les doigts de la terrienne, serrés contre les siens, l'ancraient dans le sable et dans la mer qui lui fouettait le cou. Impression étrange, de satisfaction et de dépit, comme un moment trop court, une heure de gloire trop vite achevée. Personne d'autre que la terrienne pour partager ce moment avec elle, personne d'autre que la terrienne pour la croire et compatir. Une passion commune, un lien à présent indéfectible, mais dont seules elles deux auraient connaissance. Ce sera notre petit secret.

Maori n'arrivait à départir ses prunelles du bout du monde, un typhon de sensations, d'euphorie et de regrets dans sa tête, un maelström incontrôlable. Ce fut la terrienne qui bougea la première, qui la tira hors de ce vortex. Leurs doigts toujours entrelacés la forcèrent à tourner de nouveau le dos à la mer, à diviser cette contemplation de l'horizon et cette plénitude de l'intérieur. Alors que leurs pas les rapprochaient de la grève, alors que l'eau presque amniotique glissait le long de leurs corps, l'euphorie se dissipa, coula en même temps que les flots, retourna aux flots. Ashes to ashes, tu es poussière et tu retourneras dans la poussière, tout ça c'est faux. Flots, tu es flots, tu es flots et tu retourneras aux flots, ça c'est vrai, ça c'est exact, ça c'est indubitable.

Elles sortirent de l'eau, telles deux sirènes. Leurs vêtements trempés épousaient leurs corps, les gouttelettes faisaient scintiller la peau mate de leurs bras, iridescentes sous les rayons du soleil. Maori passa une main dans ses cheveux, repoussa ses mèches devenues noires car imbibées d'eau de son visage. Dans l'eau, le caramel de sa chevelure s'était mêlé en volutes incessantes avec l'ébène de la chevelure de la terrienne. A présent, leurs chevelures étaient voisines, cousines, presque sœurs. Elles reprirent pied sur le sable, la terrienne lâcha sa main, et Maori le regretta instantanément. Petit à petit, son dernier contact avec le cétacé s'éloignait, s'évaporait, et ses deux paumes se retrouvèrent vides, dépouillées d'un contact fantastique. De deux contacts fantastiques, même. Sous les lourdes Rangers de Maori, les coquillages craquaient, leurs coquilles se fendaient puis se brisaient. Une grimace lui échappa ; elle n'aimait pas ce bruit. Les coquillages étaient bien trop beaux, bien trop purs et innocents pour subir un tel sort. Les sourcils froncés, la jeune femme baissa la tête vers le sol, et entreprit de marcher sur la pointe des pieds, d'éviter le plus possible les bancs de cracoys et autres coquillages. Enfin, elles atteignirent le petit tas formé par ses affaires, et Maori se pencha pour rapidement fourrer sa chemise sèche dans la besace, puis pour en poser la bandoulière sur son épaule, son carquois contenant son arc et ses flèches à la main. C'était devenu un réflexe presque maladif, de les récupérer dès qu'elle les avait laissés quelque part.

Pourtant, quand Maori se redressa et fit face à la terrienne, cette dernière était détendue, souriante. C'est vrai qu'elles étaient bien, là. Le soleil séchait lentement leur peau et leurs vêtements. La mer roulait doucement ses rouleaux à leurs côtés. La grounder lui tendit son bomber, et Maori le reprit, le balança sur son épaule, subitement un peu maladroite, un peu intimidée. Elle ne voulait pas partir, pas comme ça, pas maintenant. La béatitude de la rencontre persistait, elle ne voulait pas quitter cette inconnue qui lui faisait ressentir cette allégresse quasi mystique. Elle voulait rester encore sur la plage, en sa compagnie.  «  Merci. » Maori sourit en retour, étira ses zygomatiques pour lui offrir un grand sourire franc, comme elle n'en avait pas eu depuis longtemps, elle la spécialiste des sourires en coin, des masques de loup ou des grimaces sarcastiques. «  Ai laik Ezra. » Ah oui, la barrière de la langue. Il fallait qu'elle passe son cerveau en mode traduction. La grounder la devança, et traduisit d'elle-même, ayant visiblement appris quelques mots d'anglais. « Je suis Ezra. Toi ? » Ce n'était pas une guerrière. Alors que les mots prononcés en trigedasleng avaient été fluides, d'une sonorité exotique, ceux en anglais étaient plus irréguliers, plus rugueux, âpres. Maori lui sourit de nouveau. « Ai laik Maori. » Cette phrase-là, elle maîtrisait. Elle faisait bien attention à bien articuler, et surtout à détacher ce M qui pouvait glisser en N. Elle n'était pas une tribu à elle toute seule, quand même ! Ezra... Elle aimait ce nom. C'était simple, et la simplicité était belle, bien plus intense que la complexité. Maori se racla la gorge, et avança d'un pas vers Ezra, approchant sa main de son cou, avant de se figer, puis de reprendre son mouvement, plus doucement, et de s'expliquer : « Yu don… (Maori hésita, sut que de toute façon elle ne connaissait pas le mot en trigedasleng) une algue. » Elle avait l'air dépitée, déçue de ne pas connaître ce mot, tandis que ses doigts effleuraient le cou d'Ezra, et qu'elle saisissait l'algue en question pour l'ôter de son corset. Maori tint la coupable à côté de son visage, et leva un sourcil taquin à l'intention de la terrienne, l'ombre d'un sourire aux lèvres. Si ça se trouve, elle avait des algues partout, enroulées dans ses cheveux ou même installées dans ses chaussures ; l'instant en serait soudainement moins magique.
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le Jeu 18 Juil 2019 - 17:20

   
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[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]De retour sur le sable fin, tirée de cette douce euphorie. Retrouvant les coquillages qui parsemaient le sable, la chaleur des grains. Orteils que je plongeais avec plaisir de nouveau dans le sable. Un sable certes différent de celui rencontré au coeur du désert, impacté par l'humidité et l'arrivée de l'eau. Eau bien trop rare dans le désert. Et mon regard qui s'était posé sur la jeune femme alors que je prenais la parole pour me présenter avant de l'inviter à son tour. « Ai laik Maori. » Maori. Répétant le nom dans ma tête bien que mes lèvres s'agitaient silencieusement. Mémorisant sa texture, la prononciation de ses lettres. Elle n'avait pas précisé l'origine de sa tribu et cela me convenait en haut point. Ne me sentant pas ainsi obligée de préciser d'où je venais, de faire jouer les mots pour inventer une nouvelle histoire. Etre Ezra était plus simple, plus facile, plus réel. Cette difficulté que j'avais eu au premier abord lorsqu'Arméthyse avait préféré que nous changions nos identités. Un choix judicieux, certes mais difficile à mettre à l'oeuvre au début. Ayant une vie plus aisée, Maori. N'étant que définie que par le fait d'être venue au ciel. Aucune complication alors qu'elle pouvait plus ou moins faire fi des histoires, liens tissés entre tribus, qu'elle pouvait faire fi du sang qui pouvait avoir perlé. Des prénoms qui avaient une importance particulière au sein de la cité rahjak. Chaque mot avait sa puissance. Chaque mot pouvait être manipulé autant que l'or pouvait servir à monnayer, à échanger. Non, user simplement d'un prénom me convenait alors parfaitement. Espérant de là que la jolie brune ne vienne pas gâcher encore cette douce euphorie qui s'effaçait tendrement en posant des questions dont elle ne souhaitait réellement avoir les réponses.

Mais pour le moment là n'était pas venu le champs des questions si ce n'était des observations. Chacun qui observait l'autre. Comme des animaux captivés qui s'observaient. S'examinant, notant les différences de tenue, les marques laissées par l'eau. Des tenues qu'il ne faudrait tarder à faire sécher bien que les rayons du soleil étaient déjà à l'oeuvre, nous appuyant dans cette quête. Tenue que je mémorisais, pour m'en inspirer comme j'avais pu m'inspirer de tenues plus guerrières et masculines pour coudre la tenue que je portais actuellement. Une tenue qu'il était plus aisé de porter pour se déplacer que les robes. Mais une tenue qui était moins accoutumée au contact de l'eau, tout comme la sienne à vrai dire alors que son haut lui collait à la peau. Me doutant que je ressemblais de même.

Un regard posé sur elle qui se faisait plus prudent, plus méfiant alors qu'elle faisait un pas en avant. N'étant pas armée à sa différence. Une erreur alors que je savais plus sûr d'emporter la dague qui ne me quittait pas. Mais aujourd'hui j'avais fait une exception pour rejoindre la plage. Oubliant que même là, même sur le sable fin, les personnes rencontrées n'étaient forcément celles souhaitées, chaque rencontre n'était pas forcément teintée de sourires. Image de Shanareth qui se dessinait dans mon esprit alors que je me revoyais dévaler la pente tandis que la mercenaire rahjak répandait le sang de l'esclave qu'elle avait finalement rattrapé sur le sable. Image qui disparaissait de mes yeux alors que mon corps se raidissait. Si elle était une femme, il n'était pas pour autant que je ne la sous-estimais, qu'une note de méfiance ne pouvait pas pointer le bout de son nez aussitôt. Ayant trop vécu pour ne plus être méfiante quand bien même elle m'avait aidé avec la créature aquatique. Ne la connaissant pas. Et connaissant des femmes capables de trancher la gorge de quelqu'un d'un coup de couteau. Arc qu'elle portait sur elle. Et main pourtant désarmée qu'elle approchait doucement de mon cou comme pour ne pas effrayer. Me demandant parfois quand est-ce qu'il serait possible pour que je n'en vienne plus à sursauter, à tourner la tête derrière mon épaule à la recherche d'une menace. Me demandant quand est-ce je ne reverrai plus le sang ou la douleur dans mes rêves tout en ayant conscience aussi que la réponse était jamais. Main qui se figeait en l'air alors que je continuais d'observer chacun de ses gestes avant qu'elle n'en vienne à l'approcher plus doucement. « Yu don… une algue. » Dernier mot que je ne comprenais point mais aussi capable de voir cet air dépité. Obligé d'apprendre les signes au bordel, d'apprendre et prévenir les comportements des autres, leurs besoins. Me détendant au même moment où ses doigts effleuraient mon cou pour saisir l'algue qui s'était nichée dans mon corset. Des muscles qui se relâchaient alors qu'une pointe de culpabilité m’asseyait. Consciente que je m'étais méfiée peut être trop vive. Mais parfois la prudence restait de mise. Néanmoins, un sourire regagnait de nouveau mon visage sans que Maori ne se soit aperçue peut être de ce changement soudain d'humeur. L'ombre d'un sourire sur le sien alors qu'elle agitait l'algue devant moi.

Mon regard qui se posait sur elle alors que je l'observais silencieusement avant de m'approcher à mon tour pour enlever l'algue qui l'avait elle aussi visiblement suivie. Perdue dans ses mèches de cheveux bruns que j'écartais doucement pour retirer celle enroulée de ses cheveux. Replaçant une mèche de ses cheveux bruns. Des mouvements lents. La même intensité que celle précédente. Comme pour ne pas l'effrayer alors que je replaçais la mèche derrière son oreille avant de me reculer avec un sourire. Ainsi, c'était mieux. Et je ne tardais à mon tour à agiter l'algue traîtresse devant ses yeux. Algue que je ne tardais à relâcher sur le sable fin, tandis qu'elle finissait sa course avec les coquillages. « Toi aussi. » Des mots de nouveau prononcés lentement avec soin. N'ayant pas souvent l'opportunité de pratiquer mais là était le cas. Me détournant ensuite de la jeune femme alors que j'avisais un rondin non loin, tracté sur le sable par les vagues. Morceau de bois désormais ancré dans la plage, finissant sa vie au soleil. L'idée de profiter de ses mêmes rayons du soleil. Sans jeter un regard derrière moi, je commençais à me dévêtir du pantalon en cuir non sans difficultés alors que la texture collait, s'accrochait à ma peau pour l'étendre ensuite au soleil. Chemise qui continuait de retomber jusqu'à mi-cuisse, alors que je relevais la tête pour indiquer le bout de boit à la jeune femme. « Soleil. » D'autres mots que je ne connaissais pas mais je ne pouvais que me douter qu'elle avait compris la logique derrière mes gestes. Nullement gênée par mes jambes alors dévoilées, ni par ces morceaux de corps affichées devant la brune. Un corps qui je savais avait charmé plus d'un et qui restait une fierté autant que la masse de cheveux bruns, dont je ne tardais à tresser certaines mèches d'un geste expert en attendant qu'elle n'en vienne à se mettre à l'oeuvre et permettre à une partie de sa tenue de sécher au soleil.

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le Jeu 18 Juil 2019 - 23:02
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Maori avait senti plus que vu la crispation dans les muscles d'Ezra, alors que ses doigts l'effleuraient et qu'elle ôtait l'algue fourbe. Mais bien vite, la terrienne comprit qu'elle ne lui voulait pas de mal, et elle se détendit, répondant même à son sourire. La fille du ciel laissa retomber l'algue à ses pieds, la regarda se lover dans le sable, s'y constituer un petit nid où elle attendrait que l'eau l'atteigne, pour l'emporter de nouveau au loin. Le vert sombre du végétal formait un contraste saisissant, mais agréable, avec l'or des grains qui l'accueillaient en leur sein. Maori resta fascinée un instant par les dentelures du végétal, cet aspect de dentelle ou de jupons diaphanes alourdis par l'eau de mer et le sel. Quand elle releva les yeux, ce fut pour se retrouver nez à nez avec Ezra, qui s'était avancée vers elle. Les mains de la terrienne s'enfouirent dans ses cheveux, déplacèrent quelques mèches avec douceur. Maori resta immobile, fascinée par le grain satiné de la peau de la grounder. Son teint mat semblait briller de mille feux, les rais du soleil venaient s'y poser avec délicatesse, maquillait ses paupières d'une ombre légère. Une nouvelle fois, le contact fut plaisant, d'autant plus qu'Ezra vint repositionner une mèche derrière son oreille, après l'avoir décoiffée. Maori ne put empêcher un sourire de fleurir sur ses lèvres ; plus personne n'avait eu ce genre d'attention pour elle depuis des années. Quand Ezra recula avec une algue à la main, l'agitant elle aussi, Maori leva les yeux au ciel, le coin de ses lèvres frémissant d'amusement. Elle s'était trompée. Malgré cette invitée inopportune, l'instant restait magique. Le paysage était magnifique, la vue agréable...

Ezra finit par se détourner, et se dirigea vers un rondin de bois à quelques mètres d'elle. Dos à elle, elle se mit soudainement à... se déshabiller ?! Maori resta bouche bée quelques instants, puis détourna pudiquement le regard, avant de céder et d'observer du coin de l’œil la terrienne. Cette dernière eut du mal à se défaire de son pantalon de cuir, qui restait volontiers collé à ses jambes, visiblement peu enclin à les laisser à l'emprise du vent, du soleil, ou d'une paire de prunelles sombres. Pour autant, Ezra remporta la bataille, puis étendit son pantalon sur le rondin, le mettant à sécher, l'offrant en sacrifice aux rayons ardents de l'astre de jour, afin qu'il l'en martèle, qu'il l'en presse, jusqu'à en dégorger les flots qui s'y étaient invités. Les jambes d'Ezra se retrouvèrent livrées aux éléments, sans qu'elle ne paraisse s'en préoccuper. Voire même, elle en jouait, alors qu'elle se retournait innocemment et désignait le bois flotté du doigt : « Soleil. » Maori acquiesça, la gorge nouée. Oui, elle voyait très bien ce qu'elle voulait dire. Elle empêcha ses iris de dériver de nouveau vers les jambes finement sculptées de la terrienne, vers son corps de sirène, même si elle savait qu'elle avait pris une teinte écrevisse durant quelques secondes. Maori finit par s'avancer, les yeux plongés dans le vague, alors qu'elle se demandait ce qu'elle allait pouvoir mettre à sécher. Arrêtée à côté du tronc, elle posa sa besace et son arc contre le bois, puis s'assit dessus. La jeune femme se pencha, et ôta ses Rangers, les retournant pour en faire tomber l'eau qui y stagnait. Elle ne portait pas de chaussettes, les ayant enlevées quelques heures auparavant. Maori soupira en voyant la quantité d'eau qui s'échappa de ses chaussures, puis les installa sur le sol, avant de réaliser un rapide nœud avec les lacets, afin de pouvoir, plus tard, les transporter plus facilement. Ses orteils s'épanouirent dans le sable, et une expression émerveillée apparut sur ses traits, alors qu'elle les agitait, faisait rouler les grains sous la plante de ses pieds. Maori en profita quelques instants, puis se redressa, et dégagea également ses cuisses de son jean troué. Elle le posa à côté du pantalon d'Ezra. Si la chemise de cette dernière descendait plus bas que ses hanches, ce n'était guère le cas pour le T-shirt de Maori ; en revanche, elle avait des sous-vêtements. Ce simple fait lui donna confiance en elle, et Maori saisit les pans de son T-shirt mouillé, pour le tirer au-dessus de sa tête, le disposant à côté du reste de ses affaires. En brassière et shorty, elle s'agenouilla pour sortir de sa besace la chemise qu'elle y avait rangé il y a quoi, deux minutes ? Maori l'enfila, et la boutonna tranquillement, alors qu'elle faisait volte-face pour se remettre face à l'océan... se tournant du côté d'Ezra pour ce faire. Œil pour œil, dent pour dent, chemise pour chemise. Après leurs chevelures, ce fut au tour de leurs tenues de devenir sœurs, jumelles impromptues.

Maori fit quelques pas dans le sable, sous le regard d'Ezra qui nattait ces cheveux. Un instant, la jeune femme regretta que ce ne soit pas les siens qui subissent une torture si doucereuse de la part des mains d'Ezra. Histoire de se changer les idées, elle récupéra son bomber, et tourna autour du tronc, parvint à sa base où des moignons de racines brisaient la courbure polie par le soleil de l'arbre. Un tronc déraciné, peut-être par le cyclone qui avait frappé les Calusas. Peut-être ce tronc avait-il vu des enfants courir et grandir, des adultes travailler et discuter. Il avait été bringuebalé au milieu des vagues, roulé dans les vagues lessiveuses, poli par le sel le ciel et le large. Il brillait d'argent sur le sable d'or. Maori accrocha son bomber sur les racines, et recula un peu pour en observer l’entrelacs. Les cavités et les nœuds composaient un tableau fantasmagorique, qui invitait l'imagination à en dépasser les formes premières. Petit à petit, les racines devinrent tentacules, et l'entrelacs devint kraken. Du kraken se forma une histoire fantastique, celle d'un royaume sous les mers, avec à sa tête une reine. De cette reine, on s'était inspiré pour, à la poupe d'un bateau, sculpter une sirène. Ses yeux fermés ne subissaient pas le fouet des embruns, elle était sereine. Figure de proue, à l'ombre du mât de misaine. Femme sévère, effroyable, au visage peu amène.

Maori émergea de ses visions, et se retourna vers Ezra, affectant de ne pas avoir perdu son esprit dans une contrée sous la mer, peuplée de chimères et de songes. Elle sourit de nouveau à la terrienne, et la dévisagea quelques instants. L'océan en arrière-plan, Ezra au milieu de ce panorama de flots et de grains ; tableau idyllique. La fille du ciel désigna du doigt les tresses de sa nouvelle compagne d'aventure : « Ai hod in. » Ses propres cheveux, encore lâchés mais surtout encore mouillés, retombaient sur ses épaules, ses omoplates et sa poitrine, collaient par endroit sa chemise à sa peau. Une légère brise ne suffisait pas à les faire bouger ; en revanche, elle fouettait ses jambes nues, marquées par les passages dans les fourrés, les chutes dans les ronces, les chemins empruntés. Elle avait un physique tonique, bien que frêle. Des muscles nerveux, acquis à la dure, par des centaines d'heures passées à suivre des traces et des pistes. Sur sa cuisse gauche, sous le bord de la chemise, dépassant de la limite du shorty, ses vieilles cicatrices, celles qui l'avaient envoyées ici, traçaient leur propre piste sur sa peau brune. Quelques lignes plus claires, qui dessinaient une histoire autrement plus sombre que celle de la reine au kraken. On les voyait clairement, ses cicatrices : elles barraient sa cuisse, sinuaient sur son épiderme, et l'une d'elle lançait sa pointe de lance en avant, presque jusqu'à son genou. Il ne fallait que peu d'imagination pour en concevoir le tracé sur le haut de sa cuisse, sur sa hanche, sur son ventre ; un tracé qu'elle avait dévoilé partiellement, brièvement, aux yeux d'Ezra.
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DATE D'INSCRIPTION : 28/02/2016 PSEUDO/PRENOM : Glacy MULTICOMPTES : Chris Wilson MESSAGES : 2249 CELEBRITE : Jessica Parker Kennedy COPYRIGHT : harlan ♥ (avatar) METIER/APTITUDES : esclave de Roan (de retour) ▲ métier ingrat ▲ ancienne couturière, esclave domestique, prostituée TRIBU : Rahjak POINTS GAGNES : 221
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le Ven 19 Juil 2019 - 6:38

   
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Ezra & Maori

   
« I'm trying to find, home, a place where I can go. »
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]Un sourire amusé aux lèvres en voyant le teint de la jeune femme prendre une couleur écarlate. Consciente qu'elle avait regardé. Et consciente de son regard qui s'était dirigée vers mon corps. Ce dont elle n'avait à avoir honte. N'étant sans doute pas autant porté sur les apparences que d'autres. N'étant pas prude ou pudique. Il semblait impossible de survivre au sein du bordel, au sein d'un établissement d'une telle débauche en l'étant. Ayant au contraire là-bas appris à m'habituer à ce corps qui s'était développé, transformant l'enfant en désirable jeune femme. Corps dont il avait fallut apprendre à jouer et prendre soin pour gagner sa vie. Mais période qui était aussi à ma préférence loin derrière-moi. Me doutant que ses coutumes n'étaient les mêmes. Aucun bordel qui n'existait là où elle était, aucune liberté face à la chair, et au plaisir. Tout qui semblait être régulé. Tout qui semblait devoir suivre une norme précise. Autant qu'il était possible de haïr mon peuple, de le critiquer, il ne restait pas moins qu'au coeur de la cité rahjak, dans ses bas-fonds, une forme de liberté et d'euphorie était reconnue. Les couleurs qui symbolisaient les rahjak dont était plus concernée l'ocre symbolisait cette passion qui animait les corps mais aussi la colère. Tout comme l'esclavage était au courant, les établissements de prostitution rencontraient du succès au sein de la cité. Chacun pouvait monnayer son argent, chacun pouvait espérer voir ses désirs même cachées être accomplis. N'étant que de l'ordre des filles ou hommes qui s'y trouvaient de les laisser succomber au septième ciel pendant l'espace d'un instant. Instinct primaire et désir de la chair assouvi en échange d'argent. Ce qui semblait être une offre que des plus alléchantes pour certain si on laissait de côté les marques restées sur le corps, cette part de ténèbres qui gagnait chaque fille se trouvant là-bas. Et autant qu'il paraissait naturel d'assouvir les besoins du corps, ses désirs, il paraissait évident que les yeux puissent désirer. Paraissant naturel que le regard se comble face à la beauté, ou même pour le plaisir des yeux. Ce dont elle ne devrait avoir honte et qui ne pouvait que me faire sourire en la voyant si jeune.

Mon regard qui se posait sur elle alors que comprenant ce que je voulais faire, elle se détendait et décidait de se défaire de sa tenue. A sa différence, je ne détournais le regard quand elle se débarrassait de son pantalon pour le poser à côté. Longtemps que le regard n'avait été attirée par une autre silhouette. N'ayant réellement le temps de penser à autre que fuir, mais maintenant que la liberté de ce moment était donné, mon regard ne pouvait qu'être enclin naturellement à admirer les courbes de la jeune femme. Sourire qui effleurait ses lèvres alors qu'elle osait se débarrassait de son haut pour enfiler sa chemise. Bref moment, où la fascination disparaissait au profit de l'étonnement en découvrant rapidement cette marque qui traversait son ventre. Mais aucune question qui n'était posée alors que bien vite, le tissus retombait de nouveau, masquant la cicatrice qui s'était dessinée là.

Brève question qui traversait mon esprit alors que je me demandais comment les relations entre deux personnes d'un même sexe étaient vues là-haut. Me demandant si elles étaient considérées comme non productrices parmi eux aussi, si elles étaient source de renie. Me demandant si les familles les plus conservatrices intentaient comme au sein de la cité rahjak de faire revenir ses âmes perdues sur le bon chemin. Sujet jamais été mentionné. Sujet discret auquel j'avais néanmoins fait fi au sein du bordel, où là-bas même les femmes pouvaient trouver le plaisir dans les bras d'une autre. Là-bas que j'en étais venue à rencontrer Shanareth. Là-bas que ce jeu de plaisir avait commencé entre nous, avant que les sentiments ne s'en étaient mêlées, avant que je ne sois disparue. La jolie brune qui m'avait retrouvée, me sauvant des griffes d'autres. A ce moment que cette relation avait réellement changé alors que de cliente, elle était devenue quelqu'un d'autre. Etant devenue une confidente mais bien vite mon amante. Et sujet sur lequel j'avais dû me montrer que plus discrète alors que mercenaire, notre relation d'autant plus bannie, j'appartenais à Roan. Ce dernier qui avait tôt ou tard découvert le pot aux roses. Toujours en vie et elle aussi. Mais cette histoire désormais réduite à néant laissait toujours la douleur derrière elle, autant que des souvenirs que je conservais précieusement.

Des doigts qui arrêtaient leur tracée parmi mes mèches de cheveux bruns, ayant réalisé la coiffure que je souhaitais sans m'en rendre compte. Ayant été perdue dans mes pensées tout comme elle alors qu'elle semblait s'être elle aussi laissée submergée par la nostalgie. Mon regard qui rencontrait le sien alors qu'elle désignait mes cheveux désormais en partie tressés. « Ai hod in. » Deux mots simplement prononcés dans ma langue qui firent naître un sourire sur mon visage alors que j'appréciais ce signe de respect mais autant qu'elle puisse apprécier cette simple coiffure. Et si les autres rahjaks n'étaient pas portés sur la communication, ne se donnaient la nécessité d'apprendre leur langue, autant que je préférai parler celle commune je n'avais pu que m'adapter au vue de cette soudaine situation. Doigt que je tendais dans sa direction en lui désignant ses cheveux, idée qui avait traversé mon esprit. « Ai na? » Lui proposant de lui tresser aussi la voluptés de cheveux bruns qui retombaient désormais sur ses épaules. Des gestes simples que j'avais appris au coeur de la cité rahjak alors que je n'étais qu'enfant. Puis des gestes qui étaient devenus plus élaborés au fur à mesure que je m'entraînais, que je tressais les cheveux d'autres ou réaliser des coiffures plus complexes. Et si j'appréciais autant de les lâcher détachés, en vue de la situation, il restait préférable de les attacher, soudainement à mon aise. Réponse que j'attendais non moins de sa part avant de compter me diriger vers elle.

Mon regard qui était attiré de nouveau dans sa direction en l'espace de quelques secondes mais cette fois-ci pour se porter sur les cicatrices qui ornait sa cuisse presque jusqu'à son genou, jusqu'à son ventre je pouvais le comprendre et l'imaginer. Note d'étonnement qui n'avait pu que se lire en découvrant celle de son ventre alors que j'imaginais qu'ils étaient ignorant de ce type de douleur et souffrance. Des marques qui n'avaient pas été laissées par une chute. Des cicatrices qui existaient pour une raison et qui avaient chacune d'entre elles une histoire. Cicatrices qui existaient sur son corps mais aussi sur le mien, où la marque du passage à l'âge, les marques de l'esclavage avaient été apposées. Ces marques qui n'étaient les seules qui existaient. Celles-ci dissimilées sous la voûte plantaire à la différence de celle qui indiquait ma condition d'esclave depuis le plus jeune âge. Tatouage gravé au fer rouge en forme de rond, pas plus grand que la taille d'un pouce, apposé sur ma nuque et masqué par mes cheveux bruns à cet instant. Là était souvent le cas alors que ce signal distinct était souvent dissimilé. Vipère aux yeux d'émeraude qui nichait au creux de mon cou dardait son regard sur Maori. Pendentif. Prunelle de mes yeux. Mais là n'étaient pas les seules marques rencontrées alors que les cicatrices barraient ma peau. Des cicatrices qui existaient autant au niveau de mes cuisses alors dissimilées par le tissus, légèrement en bas de mes jambes, mais surtout dans mon dos. Certaines cicatrices plus anciennes qui me rappelaient le son du fouet qui claquait en s'abattant. Des cicatrices avaient été laissées, autant données lorsque j'avais fui mais certaines étaient invisibles à l'oeil humain. Il y avait la douleur morale mais aussi celle physique laissées par les viols, laissées par les mains d'autres. Visage épargné. Et images plus sombres que je chassais dans mon esprit pour rencontrer de nouveau le regard de Maori. Question qui se dessinait dans ma tête, que j'osais non moins posé d'une voix douce pour ne pas briser cette amosphère alors sereine et emplie de malice. « Ha ? Chon don dula dison daun? »

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Maori K. Ho'oname
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DATE D'INSCRIPTION : 13/06/2019 PSEUDO/PRENOM : CapRaccoon MULTICOMPTES : Werowa Sundagger, Thémis Gyllenstierna MESSAGES : 228 CELEBRITE : Becky G COPYRIGHT : Lux Aeterna avatar, Dark Paradize signa METIER/APTITUDES : Traqueuse pour les 100 ¤ chasse/pêche ¤ combat TRIBU : n°81 des 100 3:) POINTS GAGNES : 80

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le Ven 19 Juil 2019 - 12:13
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I too am a Creature of the Sea
As You have Always been,

and I see You

Unscathed
Emerging from the Water
Pure beauty alive

Let me kneel before you
In homage

Ioanna Tsatsou, "Creature of the Sea"

Maori & Ezra

 

 
Not all who wander are lost

 
Tout était jeu de regards. Le regard que Maori avait posé sur Ezra, celui qu'Ezra posait à présent sur elle. Contrairement à elle, la terrienne n'avait pas cillé lorsqu'elle s'était déshabillée. En tout cas, si elle ne pouvait affirmer qu'elle l'avait contemplée, Maori n'avait pas senti de gêne de la part de la grounder. Deux cultures différentes, avec un rapport différent au corps. Maori n'était pas prude, si on se fiait aux standards de l'Odysséen. Elle s'était déjà promenée un certain nombre de fois dans les couloirs de l'Odyssée, seulement en jogging et brassière de sport, alors qu'elle revenait de la salle d'entraînement. A cette période, c'était parce qu'elle voulait montrer son corps qui se formait, ses muscles et ses formes qui se développaient ; elle recherchait, maladivement peut-être, le regard des autres femmes, des autres filles de son âge. Grande gueule, peste taquine, elle voulait se faire remarquer, mais, plus profondément encore, montrer sa différence. Un moyen comme un autre de se découvrir, puis de s'affirmer, et c'était passé par son corps, par la façon dont elle s'habillait, ce qu'elle en faisait. Elle s'était décidée à le sculpter, à le modeler, à la fois pour tenir tête à sa mère, et pour s'affermir. Aujourd'hui, tout était jeu de regards, jeu implicite et silencieux, doux et tranquille ; à l'époque, tout était rapports de force. Finalement, ce que Maori avait vécu n'était peut-être pas si différent de ce que les grounders connaissaient. Hormis que pour elle, ce n'était pas la survie qui était en jeu, c'était la fierté, l'honneur, garder la tête haute, et garder le secret enfermé.

« Ai na ? » lui demanda Ezra, désignant d'un doigt délicat ses cheveux. Un sourire étincelant naquit sur le visage de Maori, sans qu'elle ne veuille ni ne puisse s'en priver. En cet instant, elle était plus naturelle que jamais, loin de toute préoccupation. Chasser, traquer, revenir au camp pour nourrir ses camarades et se nourrir, c'était bien loin, elle n'y pensait plus. Plus rien ne comptait, pas même le fait qu'elle ne pourrait rentrer à temps. Elle s'était beaucoup trop éloignée pour ça, et l'avait fait en toute connaissance de cause ; elle avait eu besoin de poursuivre sa route, pour une fois, ne pas faire demi-tour, comme chaque jour. Et cela lui faisait un bien fou, d'avoir accompli cette simple tâche, mené jusqu'à son terme ce simple but, et qu'Ezra ne les amène pas sur le tapis. Elles étaient encore sur la même longueur d'onde, les deux femmes. Carpe diem quam minimum credula praecedenti.

Maori acquiesça, répondit un enjoué « Yu na. » avant de se rasseoir sur le tronc, en tailleur, sur la deuxième extrémité, la plus proche d'Ezra. Elle la contempla une nouvelle fois, un léger sourire malicieux aux lèvres. Avec sa chemise, son corset, et sa tresse, les vagues derrière elle et le sable sous ses pieds, elle avait un petit air pirate qui lui seyait à merveille. Un peu à la Anne Bonny ou Mary Read, femmes pirates dont son père lui avait conté les aventures – édulcorées et pour enfant – il y a bien quinze ans de ça. Il avait vite cerné son caractère, son père : que des histoires de femmes fortes, indépendantes, lues sur leur tablette et sous la couverture douillette. Lara Croft, Anne Bonny et Mary Read, Cléopâtre... Il en avait profité pour y incorporer un peu de culture aussi, tant qu'à faire. Même si Maori s'était plus souvenue du nez de Cléopâtre que de l'espèce de serpent qui l'avait tuée, au grand dam de son biologiste de père.

« Ha ? Chon don dula dison daun? » Maori releva ses prunelles interrogatrices vers Ezra, et fronça les sourcils. Mentalement, elle se répéta la question, fit les opérations nécessaires, décoda, obtint la traduction. La jeune femme baissa la tête vers ses cicatrices, et en suivit le parcours jusqu'à sa rotule. Inévitablement, la question la plongea dans des souvenirs qui lui paraissaient immémoriaux, si lointains, d'un autre temps. Ses doigts posés sur les balafres, tout lui revint en mémoire, et des formes éclairées de colère dansèrent dans ses prunelles. Le visage de sa compagne, l’œil au beurre noir. La rage qui enflait en elle, irriguait ses poings et débranchait son cerveau. Les couloirs aseptisés, métalliques de l'Odyssée, qui n'étaient plus qu'un brouillard flou, alors qu'elle en avait connu les recoins par cœur, qu'elle aurait pu les dessiner de mémoire si elle avait su dessiner. Le visage du père de sa compagne, la surprise dans ses yeux de la voir débarquer, puis son sang qui giclait alors que le premier poing l'atteignait en pleine mâchoire. Après ça, c'était flou de nouveau. Des coups qui volaient en tout sens, poings et pieds, parades et crochets, et ce moment fatidique où il la saisit par la taille, et la balança à travers la pièce ; le verre qui se brisait sous elle, une fois, deux fois, les éclats qui l'entaillaient, se plantaient dans sa chair, la pourfendaient. Encore un coup de poing, dans la tempe, un peu trop faible, alors il en avait fallu un deuxième, puis le KO. Ensuite, l'infirmerie, la cellule, l'envoi sur Terre. Plus de nouvelles depuis ce jour, pas un message ; une relation brisée, au même titre que ces mille morceaux de verre jonchant le sol.

Maori releva la tête vers Ezra, lui concéda un sourire triste, puis chassa ces hantises de ses prunelles, et se concentra pour encoder, encrypter sa langue natale, et passer dans l'autre langue, l'autre versant du langage. « Nontu kom ai niron. Em no don teik in osir... hodnes. Ai don gon up kom em. » Tout au long de son explication, Maori sentait qu'il manquait quelque chose. Elle était fière d'elle, elle avait résumé la situation proprement, intelligiblement elle l'espérait. Mais ce n'était pas complet, elle avait besoin de rajouter pourquoi elle s'était battue, pourquoi cette relation avait été un problème poussant à de tels extrêmes, même si Ezra ne connaissait pas leur justice, même si Maori ne savait pas ce qu'elle connaissait des Cents ; savait-elle qu'ils étaient des prisonniers, au départ ? Des criminels, des rebuts d'une société trop normée pour eux ? « Ai niron... don laik plan. » C'était dit, c'était un poids qui se libérait, un soulagement pour la jeune femme. Depuis leur arrivée, ils étaient tous tellement occupés à survivre, à se démener pour s'adapter à cet environnement nouveau, que l'amour n'importait plus. Il était relégué au second plan, et même plus loin encore ; remisé au Z et non plus au A. Pour Maori, l'amour importait. Elle qui avait peur de finir seule, de n'avoir personne avec qui partager ces petites attentions qu'elle partageait aujourd'hui avec Ezra, le poids de la solitude et de l'incertitude commençait à lui peser. Ces moments passés avec Ezra étaient une véritable bouffée d'oxygène pour la jeune fleur bleue qu'elle était. Des instants de légèreté, sans prise de tête, juste à s'harmoniser avec quelqu'un ; Maori se prenait à relativiser, à ne plus accorder autant d'importance à ce qui avait détruit sa vie. Peu importait que ce soit la présence d'Ezra, que ce soit la proximité des vagues ou la conjonction des deux qui allégeait son esprit, elle en profitait pleinement. Carpe diem, once again.
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Ezra Aerys
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le Ven 19 Juil 2019 - 21:26

   
Not all who wander are lost
Ezra & Maori

   
« I'm trying to find, home, a place where I can go. »
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]« Yu na. » Sa réponse enjouée qui résonnait dans l'air alors qu'elle acceptait que j'en vienne à lui tresser les cheveux à la manière des grounders. Appréciant cet instant de partage alors qu'aussitôt je me dirigeais vers la jeune femme qui se trouvait à vrai dire à deux pas, installée sur son rondin de bois. M'apprêtant plus précisément à m'installer à ses côtés pour tresser plus facilement ses mèches avant de me mouvoir dans son dos. Chaque geste précis venait dans son temps, mais son regard interrogateur qui se posait sur mon visage qui m'empêchait de m'installer complètement. Ayant conscience que c'était à cause de cette question sans aucun doute indiscrète qu'elle cherchait désormais ses mots, qu'elle tentait d'ordonner ses souvenirs pour répondre à cette question. Et je ne pouvais que me rendre compte qu'elle était de nouveau happée par le passé, par les souvenirs tout comme je pouvais l'être aussi facilement. La laissant replonger dans ses moments alors que je prenais place juste à côté, sur l'extrémité du bois ardent, touché par les rayons du soleil. Ne prononçant pas un mot alors je la laissais trouver son rythme et conter sa propre histoire. Alors, j'étais simplement prête à écouter tout en me doutant que ce n'était pas des souvenirs joyeux.

Un sourire triste qui se dessinait sur son visage alors que je comprenais aisément les mots prononcés dans la langue commune. « Nontu kom ai niron. Em no don teik in osir... hodnes. Ai don gon up kom em. » L'amour qui était toujours au centre de la violence. L'amour et la guerre qui allait sans aucun doute de pair autant que de la haine à l'amour, il n'y avait qu'un tout petit pas. Régime qui paraissait alors plus strict. Ce que je n'aurai imaginé mais il était facile de comprendre que cet amour-là n'était pas accepté. L'amour entre une mercenaire et une esclave qui ne pouvait l'être non plus. L'amour entre deux personnes d'un même sexe ne pouvait l'être. L'amour entre une mercenaire et l'esclave d'un autre ne pouvait l'être alors qu'elle avait osé porté sa main sur moi, ayant osé me toucher et palper mes courbes. Roan qui aurait pu lui faire perdre sa main, qui aurait pu la condamner à un châtiment bien pire. Mais il ne l'avait fait. M'ayant seulement ensuite enfermée à double tour dans cette cage dorée, devenant de plus possessif. S'échapper pour la nuit pour le retrouver alors qu'il était profondément endormi était le seul moyen. Ayant eu de la chance, ayant eu de la chance qu'il ait réagi ainsi lorsqu'il avait appris la nouvelle, lorsque je l'avais supplié de ne le faire. Consciente que quand bien même l'homme se prétendait monstre, il ressentait, sans quoi il n'aurait agi autant humainement. Un homme qui n'avait pas agi humainement alors qu'il était celui qui avait donné les coups à Maori. Imaginant à son regard brillant qu'elle n'avait pas dû se laisser faire, qu'elle avait du répondre coup pour coup et être condamnée pour cette raison. Ce que j'avais entendu, qu'ils étaient tous des criminels. Mais à mes yeux, ils ne pourraient jamais autant être capables d'actes de violence que mon peuple. Me demandant qui était cette personne pour qui elle s’était battue. L’amour qui nous poussait à affronter nos peur, l’amour qui donnait des ailes. Offrande d'une pirogue sur laquelle s'échapper quelque peu. Au vue de son regard sur mon corps, je pouvais toutefois que me douter qu’il s’agissait d’une femme. Et sa réponse confirma cette hypothèse. « Ai niron... don laik plan. »

Voulant lui dire que ce n’était pas grave. Cela ne l’était pas, réellement. Les autres qui n’étaient que des idiots de s’y opposer, de voir là abomination. Peu importait le sexe de l’autre. Peu importait les différences. L’amour frappait au hasard et espérait triompher toujours. Ce qui n’était pas toujours non plus le cas. Ma main qui se posait sur le petit serpent aux yeux émeraudes niché au creux de mon cou, l’enserrant doucement. « Ai niron ste seinteim. » Un sourire dessinait sur mon visage en repensant à la mercenaire. N’existant deux comme elle. Et là où d’autres la désignaient comme une vipère, la craignait, j’avais pu voir derrière les murailles de ronce derrière lesquelles elle s’était barricadée. Chaque mot doux prononcé, chaque mot était sincère. Elle le savait. Autant que je savais qu’à ses yeux, j’étais sa reine. Mais même dans les plus belles promesses résidaient les mensonges, même le plus bel amour pouvait rencontrer des failles. Larme qui glissait le long de sa joue sans que je n’en vienne à m’en rendre compte alors que je reprenais doucement la parole. « Ai niron giba disha. » Cadeau que je me rappelais qu’elle m’avait fait. Promesse de le porter toujours. Promesse d’un amour qui se voulait éternel. Et deux destins qui s’étaient séparés. Fermant les yeux lentement avant de les ouvrir. « Niron ste pyur. » Mais étant aussi tragique. Imaginant que l’histoire qu’elle se remémorait l’était aussi. Imaginant que cet amour rencontré était beau mais avait laissé dans son chemin aussi des fragments douloureux. Reprenant la parole doucement. « Chit ste em tagon ? »" Curieuse d’en savoir plus sur elle et comprenant aussi qu’elle puisse vouloir s’exprimer à ce sujet, en parler alors que je ne la jugeais pas. L’encourageant même. « Ai niron tag in Shanareth. » Etrange de parler au passé alors qu’elle n’était pas morte, mais elle n’avait pas voulu non plus me suivre jusqu’à là. Notre dernière rencontre encore gravée dans ma mémoire, douloureuse. Moment fugace où je savais qu’elle était en vie, mais que cette trahison avait aussi laissé la noirceur s’ancrer un peu plus dans son cœur. Moment fugace où je lui avais redemandé de venir avec moi, mais elle avait refusé de nouveau, ne pouvant renier notre peuple, ne le voulant même pour moi. La vie sauve, ma liberté rendue mais me demandant parfois si le prix à payer n’était pas trop lourd. Et ne pouvant que me demander si le prix qu’elle avait payé elle n’était pas aussi trop important. Me demandant si elle éprouvait des regrets et qu'était devenue cette jeune femme avec qui elle n'était visiblement plus.

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le Ven 19 Juil 2019 - 23:27
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Ezra se dirigea vers elle aussitôt son assentiment donné, mais Maori le remarqua à peine, trop prise dans la tourmente de ses souvenirs. L'anamnèse était douloureuse, comme toujours. Les réminiscences rimaient avec souffrances. Il ne s'agissait pas de nostalgie pour Maori ; elle ne voulait pas revenir à ce temps maudit, surtout pas. Mélancolie, peut-être, car son humeur s'assombrissait. Tout se teintait de nuances d'anthracite et d'ébène, faisait monter en son être une vague charbonneuse. Ce n'était pas que sur le monde autour d'elle s'apposait un filtre noir et blanc, au contraire. Le monde continuait de chatoyer, de ses azurs et de ses bronzes, il ne s'affadissait pas. Il ne pouvait pas s'affadir, à ses yeux de fille des étoiles. Elle avait vécu dans l'immensité galactique trop longtemps pour recommencer à tout voir en noir, avec seulement quelques pointes de lumière par-ci par-là. Elle avait besoin de ces couleurs, besoin de voir de nouvelles couleurs chaque jour, et rien ne pourrait les adoucir. Non, c'était juste en elle, sans projection sur le monde qui l'environnait. Ce n'était qu'en elle que cette vague charbonneuse montait ; elle n'existait pas, dans l'océan devant elle, il n'y avait pas, soudainement, une vague incolore.

Ezra s'était arrêtée à ses côtés, le temps de la laisser plonger, un peu malgré elle, puis elle s'assit sur le morceau de tronc libre aux côtés de Maori. Elle l'écouta, lui prêta son oreille, sensible à cette remontée des souvenirs. Il n'y avait aucun jugement dans ses yeux, et une attention sincère dans son attitude. Maori lui en fut reconnaissante ; elle avait tant manqué de personnes à qui parler... Abandonnée de tous, hormis d'une personne, les temps de visite réduits, puis l'arrachement brutal et les communications coupées. Eux, en haut, ils avaient su qu'elle était arrivée vivante, grâce aux bracelets accrochés à leur poignet. Maori, cependant, n'avait pas mis longtemps à l'enlever. C'était à ce moment-là que sa colère pour les Odysséens avaient commencé à gronder, orage tempêtant en elle, mais foudre sans paratonnerre sur lequel s'abattre. Aucune des personnes qui méritait ses foudres n'était là ; alors c'était les personnes qui étaient là, mais qui ne les méritait pas, qui avaient subi. Maori avait tempêté contre nombre de ses camarades, pour des raisons futiles. Ce n'était définitivement pas elle qui avait aidé à créer de la cohésion entre eux. Aujourd'hui, elle faisait le job. Elle les gardait en vie. Elle les nourrissait, leur donnait la becquée. Les longues heures passées dans la nature, à découvrir des sentiers et à les emprunter, lui avaient permis d'évacuer, non, de contrôler sa rage. Dans cet instant de calme après l'euphorie, Maori ne sentait plus la tempête gronder. Elle pouvait s'ouvrir, avec toute la sincérité qu'elle voulait, huître prête à révéler sa larme.

« Ai niron ste seinteim. » Maori tourna la tête vers Ezra, et ce qu'elle vit sur son visage, c'était l'exact reflet de ce qui s'était dessiné sur le sien il y a à peine quelques instants. Cette tristesse mélancolique, cette vague de charbon, elle roulait aussi dans les pensées d'Ezra. Nul doute qu'elle pensait aussi à la femme aimée, à celle qui, peut-être, elle aussi, l'avait abandonnée, ou l'avait fait souffrir. Ce fut au tour de la fille du ciel d'offrir son oreille attentive, de river ses yeux sombres sur le visage soyeux d'Ezra. « Ai niron giba disha. » Ses iris tombèrent sur la main de la grounder, refermée autour d'un pendentif. Ses phalanges s'ouvrirent, dévoilèrent un petit serpent aux yeux d'émeraude qui s'entortillait au creux de son cou. Maori sourit légèrement, attendrie. Elle aurait aimé avoir un souvenir, au sens physique du terme, elle aussi. Toutes ses affaires lui avaient été confisquées ; non pas qu'elle avait quelque cadeau à emporter. Souvenir n'avait qu'un seul sens pour elle. « Em ste meizen. » murmura-t-elle à mi-voix, avant de détourner le regard avec pudeur, afin de laisser une part de sacralité à ce talisman. Elle comprenait pourquoi Ezra le chérissait, souriait si tendrement en le frôlant de ses doigts. A défaut de toucher l'être aimé, d'être en sa présence, elle avait la chance d'en avoir un avatar à portée de main.

« Niron ste pyur. » Maori ne répondit pas, ne bougea pas, les yeux toujours fixés sur le sable. Il n'y avait rien à répondre ; tout était dit. Oui, l'amour était beau, puissant, transcendant. Même ses peines étaient belles. Mais aimer n'était pas souffrir, pour Maori. Love is love, grammaticalement. Amour n'est pas souffrance. Amour peut contenir des centaines de choses, mais si l'amour égale la souffrance, alors ce n'est plus de l'amour. La frontière est ténue, c'est indubitable. La différence est que lorsque l'amour accueille en son sein souffrance, joie, peine et félicité, c'est parce qu'il est partagé. Lorsque l'amour égale la souffrance, c'est qu'il n'est plus partagé, qu'il n'a plus lieu d'être. Et l'amour rend aveugle, alors s'en rendre compte est la chose la plus ardue qui soit. Maori n'en était pas encore là. Elle ne savait pas si ses sentiments étaient encore partagés ; elle ne savait pas s'il y avait encore quelqu'un pour les partager. Impasse, elle débouchait sur une impasse. C'était un précipice, auquel elle faisait face depuis plusieurs années maintenant. Incapable de se jeter dans le vide, car aucune voile n'apparaissait à l'horizon. Ni blanche pour prendre son envol vers les mêmes cieux, ni noire pour prendre son envol vers d'autres cieux. Elle n'était pas encore Icare, Maori, elle était clouée au sol, sans signe pour lui indiquer la direction à prendre. Alors pour une fois elle restait passive et désœuvrée. Et l'amour est aveugle, ainsi elle ne s'en rendait pas compte ; sans quoi elle se serait jetée dans le vide, éperdument, aurait piqué le long de la falaise, sans réfléchir. De toute façon, il n'y avait plus de mauvais choix pour elle.

« Chit ste em tagon ? » Maori fronça les sourcils, revint à elle et reconnecta son cerveau en mode traducteur. Une nouvelle braise couleur houille étincela en elle, sans rien embraser. « Ai niron tag in Shanareth. » Ezra la devança, ouvrit le pas. D'ordinaire, Maori était celle qui sortait des sentiers battus ; pas cette fois-ci, cette fois-ci elle serait celle qui emprunterait des pistes déjà empruntées. C'était reposant ; et cela ne l'empêchait pas d'être elle-même, toujours unique et toujours inimitable. « Em tag in Rebecka. » répondit-elle avec douceur, reprenant les mots d'Ezra et les personnalisant. Dire son nom, faire rouler les syllabes sur sa langue et au creux de sa gorge était une sensation étrange. Elle avait tant aimé le prononcer... Elle avait arrêté à son arrivée sur Terre. Seconde chance, qu'ils disaient, les Conseillers et le Chancelier. Elle les avait pris au pied de la lettre, sans toutefois y parvenir complètement. Se réinventer était un processus long, et elle était encore bien jeune. Maori releva la tête vers le ciel à présent parcouru de quelques nuages, miroir de la mer et de ses moutons d'écume. Les nuées étaient poussées par une brise vive, là-haut, disparaissaient vite de son champ de vision. Le silence vint croiser ses petites jambes de gringalet entre elles, voile diaphane qu'une vibration fugace déchirerait. Évoquer ses amours perdues tendait ce filet de mélancolie au-dessus de vos têtes, y emprisonnait vos cœurs et y faisait virevolter vos pensées en un siphon chaotique. Maori flotta au-dessus du siphon, bien qu'encore prise dans les mailles du filet. « Ai hod in skai. Ai seimbeda ai op em. » Le filet se tendit sous la pression, sans se déchirer encore. Il restait des traces de mélancolie dans son ton, son regard, son attitude. Mais le voile pouvait se scinder à tout moment, Maori pouvait émerger de sa coquille de noix et retrouver l'euphorie légère qui lui semblait déjà bien lointaine à tout moment.
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le Sam 20 Juil 2019 - 17:29

   
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« I'm trying to find, home, a place where I can go. »
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]Dévoilant à la jeune femme le petit pendentif au regard émeraude. L'ayant emporté avec moi. Il m'avait suivi dans ma fuite. N'ayant dû l'enlever que lors d'un certain temps, le dissimilant dans ma besace. Sans doute avais-je tort de me raccrocher à lui. Pourtant j'avais comprise qu'elle m'en voulait. Un sentiment que des plus logiques alors que je lui avais menti. Lui plantant un coup de poignard dans le dos quand je m'étais enfuie lorsqu'ils étaient tous deux hors de la cité, en mission en tant que mercenaire. M'enfuyant sans un regard en arrière ou presque alors que j'avais aussi emporté Argo avec moi. Le camélidé qui tenait alors en compagnie à Arméthyse alors que j'avais parcouru le chemin menant jusqu'à ce point à pied et non sur ce dos. Et si j'étais partie rapidement, j'avais non moins planifié ce plan d'évasion bien avant. Lui mentant lorsque je lui affirmais que je ne quitterai pas la cité, que je resterais enfermée dans cette cage dorée où je me sentais étouffée. Ayant besoin de cette liberté, ayant besoin de tenir ce choix pour décider sans recevoir aucun ordre, pour connaître ce sentiment grisant. Alors j'étais partie, brisant sans doute mon coeur en même temps. Et les conséquences j'avais pu les voir lorsque je l'avais retrouvée la première fois dans le village en ruine. Ayant vu ce regard qui ne portait plus aucun signe d'amour mais seulement la haine. Elle ne m'avait comprise. Ne comprenant pourquoi je faisais, ne comprenant pas que ce n'était pas à cause d'elle ou contre elle mais que je le faisais pour moi. Choix égoïste pour lequel j'avais sacrifié, pour lequel j'avais appris à regarder par-dessus mon épaule et à vivre dans la peur qu'ils puissent me retrouve jusqu'encore récemment. Et même maintenant, je ne pouvais que rester sur mes gardes. Arméthyse qui m'avait dit de me raccrocher, de tenter de lui porter un message, ou de la convaincre. Ayant fait la moue au départ. Non pas parce que je ne voulais pas la convaincre de venir, non pas parce que je ne l'aimais pas mais parce que je pouvais que me douter de sa réaction, parce que j'avais vu tout son corps vibrait de colère alors qu'elle manquait de vouloir me tuer. Dague qu'elle aurait voulut plonger dans mon coeur. Pensant que cet amour qui l'avait brisé l'avait rendu faible, alors qu'elle était devenue forte. L'ayant vu briser ce masque à chaque fois que j'étais en sa compagnie, l'ayant vu vivre, rire et sourire. Chacun des moments passés ensembles qui ne pouvaient être regrettés. Et malgré cette pointe de culpabilité, cette douleur qui me rongeait le coeur, je savais que c'était le bon choix. Le bon choix mais un choix autant déchirant. Si je lui brisé son coeur, elle m'avait aussi brisé le mien. Portant un nouveau coup dedans en refusant de me suivre tout en me laissant ma liberté. Des sentiments ambigüs que je tentais encore de comprendre. Tentant encore de déchiffrer ce rébus et de laisser aller les douces images de la mercenaire aux cheveux ébènes. Alors peut être que j'aurai dû jeter ce pendentif dans l'océan, le laisser être emporté par les flots comme notre amour mais je ne pouvais m'y résoudre non plus. L'amour magnifique mais aussi douloureux. « Em ste meizen. » Hochant la tête doucement face à ses mots alors que je reprenais contact avec la réalité, sortant des méandres du passé. Mes doigts qui peinaient à vouloir quitter ce talisman qui semblait vibrer, qui était une source de chaleur dans l'obscurité. M'en détachant non moins pour reporter mon regard sur Maori.

Des questions qui surgissaient dans mon esprit alors que j'étais d'autant curieuse d'en connaître plus sur la fille venue du ciel. Et connaître le passé, l'amour porté était aussi un moyen de savoir qui elle était réellement, de savoir qui elle était sans ce masque. Il était facile de deviner qu'elle était une traqueuse, qu'elle travaillait à l'extérieur et qu'elle savait même se battre. Les armes qu'elle portait sur elle prouvait sa combativité extérieure. Consciente qu'à comparaison, elle devait avoir une impression fragile de ma personne auquel je ne possédais alors nulle arme. Sachant pourtant me battre et usait d'une dague, ayant voulu apprendre pour ne plus dépendre des autres et des leçons renforcées avec Arméthyse. Mais il restait plus difficile de percer les murailles derrière lesquelles chaque personne se barricadait, de deviner les émotions ou les pensées l'habitant. Poser des questions me permettait d'en savoir plus sur elle, voulant savoir. Et sa réponse qui ne tardait à être donnée alors qu'elle me donnait le nom de son amour. « Em tag in Rebecka. » Des prénoms aux sonorités bien différentes, qui ne sonnaient pas comme pour des grounders. Des cultures d'autant différentes quand bien même les erreurs commises par chacun se retrouvaient, quand bien même on pouvait retrouver la même hostilité face à certains sujets malheureusement. Pouvant voir percer les notes de la mélancolie alors qu'elle reprenait la parole. « Ai hod in skai. Ai seimbeda ai op em. » Des notes de mélancolie, toujours là mais qui se parsemaient doucement sur les flots tant à bâbord qu'à tribord. Mon regard qui se portait sur le ciel, étendue bleu à l'infini. De tout point du continent, il semblait être le même, planant au-dessus de nos têtes. Mais si je le connaissais vue d'en-bas, je ne pouvais imaginer ce qu'il était là-haut quand bien même j'en avais appris un peu au fil des rencontres avec son peuple. « Comment était ? » Désignant le ciel alors que j'avais tenté de prononcé ces mots, tout en comprenant qu'en effet il était facile de deviner pourquoi elle préférait être ici. La terre qui était belle, bien que cette vie là autant rude, il fallait apprendre à la découvrir, à l'apprivoiser. Ce que je continuais aussi à faire alors que je continuais d'acquérir de nouvelles connaissances, de découvrir de nouveaux lieux et personnes. Une opportunité qui n'existait pas avant mais que je saisissais désormais. Et faisant doucement un geste en direction de ses cheveux pour tresser ses mèches brunes. Comme pour tresser un filet qui attraperait les mauvais rêves et lui permettrait de retrouver le sourire. Il paraissait certain que je préférai la voir sourire et avoir ce ton enjoué qui la caractérisait soudainement que percevoir ces notes de mélancolie qui nous berçait doucement les deux. Pointe de culpabilité qui m'assaillait alors que je ne pouvais que penser que je n'aidais pas à améliorer soudainement la situation. Main qui se posait alors sur son bras pour l'empêcher de repenser à un passé tragique tout comme je ne le voulais non plus. « Mema au. Laisse. » Mieux valait laisser le passé où il était.

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le Sam 20 Juil 2019 - 22:17
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« Comment était ? » Ezra était passée à l'anglais ; après une longue conversation en trigedasleng, l'anglais avait acquis des sonorités étrangères à ses oreilles. Bien vite, elles redevinrent familières, délicieusement familières, et Maori laissa son ouïe les palper, les goûter, les tâter et les laisser glisser dans ses tympans, les déguster comme une bonne eau bien fraîche. Ou comme un bon rhum, breuvage qui paraissait plus à propos dans cet univers marin. En parlant de breuvage, en pensant à une eau bien fraîche, la gorge de Maori lui sembla subitement sèche. C'était toujours ainsi, de toute façon : pensez à une boisson, et vous aurez soif. Maori se retrouva écartelée, entre répondre à Ezra, replonger dans un torrent de souvenirs, ou esquiver la question et se désaltérer. Elle comprenait la curiosité de la terrienne ; elle l'éprouvait aussi, mais envers eux. Elles apprenaient à se connaître, les deux femmes, et cela devait passer par ces questions. Qui étais-tu, que faisais-tu, qu'as-tu vécu. Le présent était pauvre, ne recelait pas autant de notre identité que le passé. Pour comprendre qui se trouvait en face de nous, il fallait presque obligatoirement savoir pourquoi on était face-à-face. Ce fut un choc pour Maori, de se rendre compte qu'elle n'était là, face à Ezra, que pour cette raison qui lui semblait paradoxalement aussi dérisoire qu'essentielle. Une infraction, un coup du sort, et elle était là, dans cet environnement si étranger.

Maori ouvrit la bouche pour répondre à Ezra, mais au même moment cette dernière la stoppait d'une douce main posée sur son bras. « Mema au. Laisse. » Maori tourna légèrement la tête vers elle, pour qu'elle puisse voir le sourire tendre qu'elle lui offrait, puis elle reprit sa position initiale afin que la grounder poursuive son œuvre dans sa chevelure. Ses doigts d'orfèvre tressèrent ses boucles devenues semblables à des fibres d'œil-de-chat, alors que quelques-unes séchaient et s'éclaircissaient plus rapidement. Maori, elle, ferma les yeux de contentement, et ses muscles se détendirent petit à petit. Elle y sentit les courbatures se réveiller, tout autour de ses épaules, de ses omoplates à la base de sa nuque. Gambader dans la forêt n'était pas une promenade détente. Les paupières baissées sur ses prunelles, Maori profitait de l'instant, et les doigts d'Ezra dans ses cheveux nattaient également ses pensées. Elle repensa à sa question, sur le ciel, sur l'Odyssée, sur la naissance et la vie dans l'espace. Pour eux, c'était extraordinaire : ils venaient du ciel, ils avaient vécu dans cette immensité, avec un point de vue inversé qu'ils ne pourraient jamais imaginer, même dans les visions les plus folles. Et c'était noir. Ezra ne s'en doutait probablement pas, que cet azur si bleu devenait un trou noir infini. Si Maori le lui avouait, la terrienne serait aussi surprise qu'elle, lorsqu'elle avait vu l'azur pour la première fois. On le leur avait dit, que sur Terre, le ciel était bleu, à cause de l'atmosphère, mais ils n'avaient pas compris, jusqu'aux premiers pas, jusqu'aux premiers regards levés au-dessus de leur tête. Les couleurs étaient nouvelles, éclatantes. Presque plus que la blancheur ardente du soleil, ce fut cette débauche de couleurs, ce camaïeu de nuances qui leur serra la gorge, les fit suffoquer de surprise. Pris à la gorge par trop d'informations, trop de nouveautés ; un vertige de pigments, un vortex de teintes. C'était si normal, pour eux, pour Ezra... Maori, elle, espérait conserver la fraîcheur de cet émerveillement et la primeur de cette fascination des premiers jours, de chaque premier jour où elle découvrait un élément de cette planète. En réalité, elle ne voulait pas oublier, et surtout pas le noir profond de l'univers. Parce que si elle n'avait pas connu ce noir, elle n'aurait jamais été autant frappée par les couleurs chatoyantes de la Terre. Maori se détendit un peu plus, et un léger sourire étira ses lèvres à ses souvenirs finalement pas si sombres. Elle avait sorti la tête du filet, petit Caliméro au tricorne de coquille.

La soif revint chatouiller sa gorge, et Maori releva les paupières, éclaira de nouveau ses iris. Sans bouger la tête, raidissant les muscles de sa nuque, elle décroisa ses jambes, et tendit le pied vers sa besace posée non loin. La lèvre inférieure mordue de concentration, elle réussit à enrouler la lanière autour de son pied, puis à la soulever et à faire glisser le sac jusqu'à elle. Elle le releva de nouveau, avec toujours cette grimace comique sur le visage, et le saisit pour le poser sur ses genoux. La jeune femme l'ouvrit, farfouilla dedans à l'aveuglette. Enfin, elle en sortit un thermos éraflé, l'ouvrit et versa un peu d'eau dans le bouchon-gobelet, qu'elle proposa ensuite à Ezra : « Woda. » Ce n'était pas grand-chose, mais c'était mieux que rien, et après un sauvetage et une baignade, un peu d'amour et d'eau fraîche, cela faisait du bien. Maori aperçut de nouveau les nuages qui continuaient leur course folle, loin au-dessus d'elle, amas plus consistant. « Ai no na bak op fou nat. Ai kamp raun hir nat. » déclara-t-elle avec douceur, sans trop savoir pourquoi. Elle venait de donner sa position pour cette nuit, le moment où elle serait la plus vulnérable, à quelqu'un qu'elle venait tout juste de rencontrer. Et ce, sans en connaître la raison : était-ce une simple preuve de confiance, ou une invitation implicite à partager plus de temps avec elle ? Maori appréciait la compagnie d'Ezra, ne voulait pas couper court à ce bonheur d'avoir une personne avec qui partager, sans prise de tête. Hormis ses doigts aux prises avec ses mèches un peu rebelles !
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le Lun 22 Juil 2019 - 20:46

   
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Ezra & Maori

   
« I'm trying to find, home, a place where I can go. »
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]L'empêchant de parler. Ce qui était sans aucun doute ironique alors que je venais de lui poser une question. Question que je n'avais pu que regretter ensuite de lui avoir posé. Je savais comment les souvenirs du passé pouvaient remuer la douleur, pouvait la raviver jusqu'à vous torturer un peu plus. Certes, la curiosité qui était là, existante. J'avais des dizaines de questions, peut être même des centaines. J'avais toutes ces questions dont je n'avais pas la réponse. Je voulais en savoir plus, je voulais des réponses à ces mystères qui existaient. Alors que maintenant j'avais enfin la possibilité de m'exprimer comme je le souhaitais, n'ayant besoin de garder le silence, de faire ce que je voulais, je ne pouvais que satisfaire cette curiosité, cette soif de connaissances envers le monde. Un monde qui était immense, qu'il ne restait qu'à explorer. Il était là, m'attendant. Et des questions sur leur vie, j'en avais d'autant. Tentative d'imaginer comment ils vivaient là-bas. Tentative de faire sens de ce que j'avais entendu sur la grande place, de ce que j'avais déjà appris. Ils étaient tellement différents. Leur tenue différente. Leur manière de se mouvoir autour, leurs coutumes l'étaient. Des différences qui existaient, que je voulais exploiter. Ne voulant les exploiter pour les user à mon avantage, pour que la guerre puisse exister comme tout ferait bon espion, mais pour satisfaire simplement cette curiosité naturelle qui naissait.

Mais chaque question n'était pas bonne à poser. Je le savais. Je l'avais appris. Ce qui ne m'avait pas pour autant empêché de poser ces questions. Ce qui ne m'avait pas pour autant empêcher d'ouvrir ma bouche pour m'exprimer alors que je n'aurai dû. Ayant eu du mal à apprendre à me taire, à rester à ma place. Ayant eu du mal à apprendre quelle était ma position. Il y avait toujours eut cette flamme. Il y avait toujours eut ce regard. N'ayant jamais réussi à être docile et serviable comme cela était requis. Et ma fuite le prouvait. Je n'avais simplement pas réussi à accepter ma position, ni mon rôle dans cette société où l'esclavage était la norme. N'ayant réussi à succéder. Ayant eu ce besoin incontrôlable de fuir, d'obtenir ce choix qui nous était enlevé dès la naissance. Elle n'avait pu le comprendre. Et d'autres n'avaient pas compris non plus que j'eusse ce besoin inconscient de forcer les choses au lieu de rester à ma place. Non pas qu'il n'y avait pas eu de conséquences. Les conséquences je les avais découverte tour à tour. Alors bien entendu, je savais qu'il était préférable parfois de se taire. Une leçon que j'avais appris trop lentement. Et leçon que j'appliquais alors. Me rétractant. Me rétractant non pas parce que je craignais d'entrevoir des conséquences douloureuses si ce n'était parce que ces questions pouvaient raviver aussi des sentiments douloureux chez elle. Des souvenirs qui ravivaient la douleur qu'il était sans aucun doute préférable de laisser de côté. Ne voulant pas teinter soudainement son humeur ou cette atmosphère plus agréable qui s'était installée.

Main posée doucement sur son bras que j'enlevais ensuite pour continuer mon oeuvre, tressant les fines tresses qui se rejoindraient bientôt. Et la jolie brune qui réussissait à attraper sa gourde remplie d'eau, sans pour autant bouger la tête. Pointe d'assentiment alors que je ne comptais laisser sa coiffure être détruite aussitôt. Ayant bientôt terminé le tissage de sa chevelure. « Woda. » Bouchon gobelet que j'avais attrapé à mon tour pour boire une gorgée d'eau avant de lui rendre. Alors que j'achevais sa coiffure, la jeune femme reprenait la parole. Mon regard que je reposais sur elle, attirée par les mots prononcés. « Ai no na bak op fou nat. Ai kamp raun hir nat. » Des mots qui s'enregistraient doucement et lentement dans ma tête alors que mon regard restait rivé dans le sien. Reprenant alors la parole, en assentiment avec ses mots. Un sourire toujours aux lèvres. Comprenant ce qu'elle voulait dire par là. Idée qui se frayait doucement son chemin dans mon esprit. Une réponse qui en venait à sortir de mes lèvres naturellement, comme instinctivement. « Den ste. » Et mes doigts qui glissaient de long de sa chevelure avant que je n'en vienne de nouveau à me tourner vers elle. « Ai ste odon. » Il n'y avait nu miroir dans lequel s'admirait. Certains qui étaient gravés d'or et de symboles, certains que j'avais pu admirer au coeur de la cité rahjak. Sans doute de magnifiques se trouvant au sein du palais royal. Mais ici, sur la plage, il n'existait de tel artifice. Non, le plus simple moyen pour admirer son reflet était de s'approcher de l'eau et regarder la vision rendue par l'océan. Sa main que j'attrapais de nouveau alors que je la conduisais de nouveau en direction de l'eau, laissant derrière-nous le tronc d'arbre, et les dunes de sable. M'arrêtant simplement au bord de l'eau alors que du doigt, je désignais la vision rendue à l'identique. Des silhouettes identiques qui nous répondaient. Ma jumelle fait d'eau imitant mon mouvement avant que je n'en vienne à laisser retomber mon autre main lentement le long de mon corps, ayant au final gardé l'autre entrelacé dans la sienne.

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