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Murphy Cavendish
Murphy Cavendish
DATE D'INSCRIPTION : 06/12/2015 PSEUDO/PRENOM : Lux Aeterna MULTICOMPTES : Nuna Cortez MESSAGES : 40011 CELEBRITE : Sophia Bush COPYRIGHT : Avengedinchains ♥ (vava) ; Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) METIER/APTITUDES : Conseillère diplomate; militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. POINTS GAGNES : 433

Try to forget the fireflies (Hyacinthe) Empty Try to forget the fireflies (Hyacinthe)

le Mar 16 Juil - 2:48


Try to forget the fireflies

Murphy Cavendish & @Hyacinthe Bosco

(15 juillet 2119 / recherche d'Isdès, errance dans le nord)


C'était un été morose, un anniversaire morose. Trente-sept ans qui manquaient de cette parenthèse qui lui avait été offerte l'année précédente avec la douceur de celles qui allaient se répéter tous les ans. On ne l'avait pas oubliée, au village; on l'avait oubliée au-delà du village, on l'avait oubliée là où elle aurait aimée à tout prix qu'on se souvienne d'elle. Ce n'était qu'un chiffre qui ne changeait pas grand chose à la veille ou au lendemain, mais les conventions avaient rendu ces événements trop marquants et trop personnels, transformant le moindre oubli en geste délibéré. Ca faisait un an que la Lune en améthyste ornait sa cage thoracique, un an déjà qu'il lui avait semblé que tout changeait pour le mieux; un an qu'elle avait frôlé la fin et en avait fait le début de tout. Ca semblait bien loin, maintenant. Isdès n'avait pas laissé grand chose derrière lui, si ce n'était le manque de lui. Là où il avait marché il ne restait qu'une terre brûlée, et c'était à Murphy seule de gérer les dégâts. C'était à seule que revenait la réhabilitation de tout ce qui avait disparu. C'était incroyablement difficile, incroyablement trop difficile, incroyablement plus difficile que tout ce qu'elle avait pu présager. Lire cette lettre qui avait tout changé n'avait été que le début d'une chronologie infernale, d'une défi impossible à relever. Mais elle devait le relever parce qu'elle devait se relever, et c'était une lutte acharnée qui semblait incapable de prendre fin. Balancée de l'incompréhension à la colère, du chagrin à l'indifférence, Murphy était noyée, violentée, et accumulait malgré elle tout ce qu'elle avait perdu et tous ceux qu'elle avait perdus, d'une manière ou d'une autre, depuis qu'elle avait trouvé cette planète. @Elias Caroll avait été incapable de lui donner les réponses qu'elle espérait; mais qu'avait-elle osé espérer, en fait ? Avait-elle fait l'affront à Isdès de l'imaginer capable de laisser derrière lui des indices, quelques autres mots à se mettre sous la dent le temps qu'il revienne ? Il s'était engagé, pourtant, il lui avait promis de ne plus la quitter, quand ils avaient compris si violemment, l'un et l'autre, qu'ils voulaient laisser ce seul pouvoir à la fatalité. Elle l'avait cru, son regard, quand il lui avait dit qu'il avait besoin d'elle comme elle avait besoin de lui. Elle l'avait cru quand il lui avait dit que jamais plus ils ne se quitteraient, que toujours ils se retrouveraient. Et quelque part, sans doute le plus terrible, c'était qu'elle y croyait encore. Il était parti tant de fois pour lui revenir tant de fois; en quoi cette fois-ci dérogerait à la règle qui les faisait toujours se retrouver ? Il l'avait habituée au tourment des départs et aux passions des retrouvailles. Ballottée de l'un à l'autre pendant trois ans, il semblait que Murphy en avait pris l'habitude. Cette fois-ci avait pourtant un goût différent et il semblait à la brune qu'elle savait la réponse finale ferme et définitive. Les circonstances étaient différentes; ça n'avait rien à voir avec elle, et c'était sans doute l'un des pires présages, et aussi l'une des pires réponses. Sur toutes ces choses qui n'appartenait pas à leur relation, Murphy n'avait aucun pouvoir. Et se sentir dépossédée de son bonheur et de son avenir de la sorte était l'un des pires défis qui lui avaient été donné de relever. Il lui avait demandé de ne pas le chercher, mais avait-il pensé un seul instant qu'elle obéirait ? Il la connaissait par cœur, pourtant. Il savait qu'elle allait retourner ses montagnes jusqu'à trouver un signe de lui.

Peut-être qu'elle aurait dû baisser les bras comme elle l'avait tant fait dans leur relation avant ça. Peut-être qu'elle aurait dû se contenter de tout lâcher, aussi simplement que lui semblait la lâcher. Mais ce serait mentir, et Murphy avait appris que le déni ne fonctionnait pas éternellement; qu'au mieux, il retardait le dégoupillage et qu'au pire, l'explosion serait amplifiée des dizaines de fois. La vie au village ne changeait pas, pourtant; pas pour ça, en tout cas. Elle était conseillère, maintenant, mais une conseillère à qui on avait volé une petite partie du cœur quelques jours seulement après la nomination, comme si la vie voulait lui rappeler qu'il était impossible de tout avoir. La satisfaction de son nouveau siège au Conseil, pour lequel elle avait à la fois tant travaillé et tant hésité, n'avait plus tout à fait la même saveur depuis qu'elle avait reçu cette lettre. Quelques mots à peine, sans doute pressés, griffonnés à la va-vite avant de voguer vers une vie plus belle dans laquelle elle n'avait pas sa place; ces quelques mots avaient chamboulé sa vie à elle au point où elle avait été obligée d'admettre l'inadmissible, avant de s'avouer silencieusement l'imprononçable. Un cœur brisé était un cœur qui s'était laissé envahir.

Mais elle n'abandonnait pas, Murphy, pas tout de suite, pas vraiment, pas encore. Elle avait besoin d'un peu plus, même si ce n'était pas grand chose. Rester en place au village ne lui avait jamais paru aussi difficile et heureusement pour elle, cette période de l'année était l'une de celles qui se prêtaient le mieux à sa bougeotte. Alors il fallait qu'elle monte vers le nord, encore, encore une fois, car une fois de plus pouvait être suffisante à une réponse ou un indice. C'était là qu'il restait, Isdès, c'était là-haut qu'ils s'étaient trouvés et s'ils devaient se retrouver, ce serait là-haut qu'ils se retrouveraient. Alors Murphy avait gagné quelques jours auprès de Richard et Skylar et elle était partie, accompagnée d'un Antarès calme, qui n'avait pas lâché ses basques du voyage, comme s'il comprenait que son humaine, ces jours-ci, avait plus besoin de sa compagnie qu'il n'avait besoin de traquer les proies qui passeraient dans sa ligne de mire. Mais Murphy, en fait, ne faisait que vaguement suivre son instinct -il lui faillerait, elle le savait. C'était le calme de la forêt qui l'apaisait, c'était les souvenirs qui lui restaient d'Isdès qui lui revenaient. Il semblait avoir imprégné la forêt toute entière de sa présence et Murphy le revoyait derrière chaque arbre, lors de leurs adieux ou de leurs retrouvailles. Elle le voyait la quitter ou la retrouver, mais ça n'était plus aujourd'hui et ça ne serait plus demain. Mais elle errait dans le seul espoir de revoir ces images du passé, et dans son esprit moulinaient les mots qu'elle pourrait lui glisser ou lui hurler, consciente pourtant qu'elle n'aurait jamais la satisfaction des dernières explications.

Sans réellement s'en rendre compte, Murphy avait fini par se retrouver face à la mer. L'air marin l'avait surprise alors qu'elle était perdue dans ses pensées, puis elle avait réalisé que ses pas ne l'avaient peut-être pas menée là pour rien. Elle avait cherché leurs souvenirs dans les montagnes, elle les cherchait maintenant aux abords de cet océan qui les avait vu se réunir et se séparer et se réunir. Si un endroit devait lui offrir des réponses, c'était peut-être celui-là. Alors elle longeait la côte et ses falaises et ses plages; son regard divaguait loin à l'horizon, là où naissaient les vagues; son esprit se perdait encore plus loin, du côté des fantasmes qui laissaient réapparaître Isdès quelque part par ici, du côté de toutes les remontrances qu'elle pourrait lui faire.

L'océan était calme, aujourd'hui, bien plus calme que lorsqu'il avait souhaité les séparer, dans leurs songes et dans leur réalité. L'été taquinait sa peau encore pâle et sans s'en rendre compte, la brune souriait, l'esprit vagabondant entre ici et un ailleurs qui appartenait à un autre temps. Antarès trottait toujours à ses côtés, ne s'évadant parfois que de quelques dizaines de mètres avant de lui revenir comme un boomerang. Le vent soufflant, apportant avec lui l'illusion d'une fraîcheur qui n'appartenait pourtant qu'à la protection des arbres. Le soleil tapait fort sur sa peau et sur la surface de l'eau, qui se reflétait dans ses prunelles éblouies. Mais elle avançait le long de la côte, et au loin dans le ciel d'un bleu éclatant d'été se dessinaient déjà les montagnes natales de celui qui n'était pas à ses côtés. C'était l'une des seules données, d'ailleurs, qui lui permettaient de savoir qu'elle continuait d'avancer; la côte ensoleillée était presque la même tout de son long, une alternance de plages et de falaises raides. Il faisait chaud, en cette fin d'après-midi, et Murphy commençait à sentir ses jambes fatiguer. Elle soupira en se demandant pour la première fois depuis qu'elle avait quitté le village ce qu'elle faisait là, pourquoi elle était partie de ce côté, et si elle espérait réellement quelque chose de ces quelques jours volés ça et là à la recherche de quelque chose, quoi que ce soit.

La nuit ne tomberait pas encore avant quelques heures, mais doucement quelque chose d'étrange venait ponctuer la monotonie du beau paysage de bord de mer. Au loin semblait se dresser un bâtiment, ou peut-être plusieurs bâtiments, et à mesure que Murphy en approchait, hésitante, se révélaient à elle une ancienne discussion et une invitation laissée en suspend. Tout correspondait aux indications qui lui avaient été données à l'époque par Hyacinthe, aussi la méfiance s'évanouit doucement, laissant place à une forme d'espoir étrange, comme si son chemin avait été destiné à la conduire jusque-là aujourd'hui. Antarès partit en avant et elle entendit quelques instants plus tard des aboiements se répondre : celui de son chien et celui d'un autre canidé, qu'elle avait déjà entendu avant qu'une jument n'entame le grignotage de son cuir chevelu. Elle sourit doucement : elle ne trouverait pas de réponses ce soir, mais elle trouverait un apaisement que la frénésie de son village ne lui permettait pas; qu'elle ne permettait pas à la frénésie de son village de lui offrir. Ils avaient des choses à se raconter, ces deux inconnus qui n'en étaient plus vraiment. Il lui tardait de voir tout ce dont il lui avait parlé avec tant de passion au milieu de la puanteur de la décharge. Elle allait découvrir le monde de l'homme aux belles boucles blondes.

Timidement et précautionneusement, consciente qu'elle était peut-être sur le point de surprendre le solitaire dans son intimité, elle commença par faire le tour des lieux. Il y avait de quoi faire et les descriptions de Hyacinthe faisaient honneur à tout ce qu'il avait construit ici. Mais il ne s'afférait pas dehors. En ce début de soirée, il était peut-être déjà à l'intérieur pour préparer sa soirée, et en saluant de la main les deux chiens qui s'amusaient derrière la serre, Murphy retrouva la maison elle-même. Face à la porte, elle prit quelques secondes pour se remettre de sa longue route. Elle passa la main dans ses cheveux à plusieurs reprises pour tenter de les remettre en place, essuya la sueur qui perlait sur son front et ses tempes et réajusta ses vêtements. Le sourire de la femme avait peu à peu disparu, entraîné par l'inquiétude de déranger sans avoir été invitée. Elle se préparait déjà à lui affirmer qu'elle ne faisait qu'une halte, s'il se montrait surpris à un mauvais moment. Dormir dehors était devenu presque aussi commun que dormir au village, et dès qu'elle quittait les limites de ce dernier, Murphy savait dans quoi elle s'engageait. Dans son sac, elle avait tout son attirail habituel : celui qui lui permettrait de dormir à la belle étoile et de se nourrir pour quelques jours, voire quelques jours de plus si des imprévus venaient s'ajouter à la partie. En frappant à la porte, Murphy fut prise d'une gêne qui manqua de la faire quitter les lieux avant d'avoir vraiment dérangé Hyacinthe. Mais les secondes passaient et ses sourcils se fronçaient; elle frappa une seconde fois, puis une troisième, et dût se rendre à l'évidence : elle ne le dérangeait pas et ne le dérangerait pas, parce qu'il n'était pas là. En faisant un pas en arrière, Murphy cherchait la présence de la jument au nom de fleur, mais rien à faire. L'absence de la curieuse semblait confirmer celle du Terrien.

Déçue, Murphy erra quelques minutes sur le terrain, jetant quelques coups d'oeil à ce qui l'entourait au passage. Il était trop tard pour reprendre la marche -ou plutôt, la déception était telle qu'elle ne pouvait se résoudre à reprendre la route en laissant derrière elle la maison et la perspective de retrouver Hyacinthe. Elle laissa tomber son sac contre la serre en jetant un coup d'oeil aux deux chiens qui courraient à toute vitesse, comme pour se concurrencer l'un et l'autre. Allégée du poids de tout le bordel qu'elle avait porté toute la journée, elle erra de longues minutes en détaillant tout le petit monde de Hyacinthe, et finit par tomber sur une planche lisse et à la forme étrange. Elle l'attrapa comme l'avait fait avec bien d'autres trésors disséminés sur le terrain, et la mer calme s'offrit à son regard. Flotter sur l'eau, ça devait être agréable, mais ça n'était pas pour elle. Ca n'était plus pour elle depuis l'été précédent, et sans Isdès...

Sa gorge et ses entrailles se nouèrent alors qu'elle soupira du soupir qui était le dernier rempart avant les larmes. Le soleil descendait doucement à l'horizon mais les lueurs, si elles se teintaient d'une chaleur de fin de journée, n'étainet pas encore celles du crépuscule. Elle attrapa un pull dans son sac et descendit vers la plage en contrebas, obnubilée par cette mer qui, si elle n'avait pas réussi à lui prendre Isdès un an auparavant, avait au moins le mérite de la préparer à son absence. Mais la mer sans lui n'était plus tout à fait la même et les vagues qui s'écrasaient sur le sable épais semblaient lasses de cette existence qui les poussait inexorablement à cette unique fin inaltérable. Elle se tenta à s'avancer vers l'eau mais ne parvint qu'à tremper ses pieds avant de revenir sur ses pas. Elle se laissa tomber à une distance correcte de là, installée en tailleurs, observant la mer en se demandant si elle devait s'en fier, si elle voulait encore s'en méfier. Dans ses pensées s’enchaînaient des dizaines d'idées fatalistes et résignées, comme si Isdès avait pris avec lui toutes ses forces. Hypnotisée par les vagues calmes et le soleil qui continuait sa descente dans le ciel, Murphy sentait peu à peu ses paupières s'alourdir. Elle fut surprise par l'arrivée des deux chiens, qui s'agitèrent à ses côtés avant de s'installer sagement pour l'accompagner dans ce drôle de moment. Peut-être qu'Isdès, quelque part, regardait aussi la mer. Peut-être qu'ils regardaient le même soleil disparaître sous l'horizon, ce soir. Peut-être pensait-il à elle --probablement pas, en fait, et cette simple pensée suffit à lui arracher la larme qui cherchait depuis un moment. Elle regarda la nuit tomber sans vraiment le réaliser et lorsque l'obscurité envahit ses prunelles et ses neurones, elle se laissa tomber dos sur le sable en observant les étoiles. La mer quelque part à ses pieds l'effrayait, mais ce n'était rien comparé à l'absence de l'Autre. Les étoiles là-haut étaient toujours les mêmes : les mêmes que lorsqu'elle les avait côtoyées d'un peu plus près, avec sa mère; les mêmes que lorsqu'elle les avait aimées avec Wyatt; les mêmes que lorsqu'elle les avait décrites à Isdès en bord de mer, quand le monde entier semblait encore s'offrir à eux. Ses doigts trouvèrent la Lune d'améthyste et la serrèrent comme s'il était son bien le précieux. Elle n'était pas prête, encore, à l'abandonner. Il aurait sa place près de son cœur, aux côtés d'Ofelia et de Faust, tant qu'elle la lui laisserait. Combien de temps cela allait pouvoir durer ? Son ventre gargouilla, lui rappelant qu'elle n'avait pas pris le temps de manger ce soir. Les chiens se levaient et s'asseyaient, partaient et revenaient, rappelant régulièrement à Murphy qu'elle n'était pas tout à fait seule, mais ce n'était pas de leur présence qu'elle se languissait. La nuit finit par tomber sur son cœur et ses prunelles, mais elle ne dormit pas -pas vraiment, parce que son cœur lui était toujours violemment arraché pour voguer loin d'ici, bien loin d'ici.
Hyacinthe Bosco
« Entre le † Ciel † et l' ☿ Enfer ☿ »
Hyacinthe Bosco
DATE D'INSCRIPTION : 28/07/2015 PSEUDO/PRENOM : I MULTICOMPTES : My Boy D'Arbanville & Oz & Ten & Celeste & Tam-Tam MESSAGES : 4097 CELEBRITE : Chris Brown ( model )/Cristopher Mason COPYRIGHT : Thaïs/Oreste & Lux Aeterna & Feu Ardent METIER/APTITUDES : Verrier & Parfumeur TRIBU : Calusa POINTS GAGNES : 50

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le Jeu 3 Oct - 23:40

Murphy & Hyacinthe @LostInTime #AzaléeAntaresLouarethespecialGuest


D'un pas lent le blond parcourait les ruines du village Calusa. Depuis les recherches en commun terminées de façon légèrement surréaliste, des fouilles diverses avaient été faites pour récupérer les objets enterrés. Par leurs propriétaires ou des éventuels voleurs de passage. Hyacinthe ignorait si ce lieu renaitrait un jour de ses cendres ou s'il fallait estimer le peuple Calusa en voie d'extinction. Réfugiés chez les autres tribus - ou solitaires comme lui - ils finiraient par se mélanger puis se fondre aux autres. Il en éprouvait une certaine nostalgie, celle d'une jeunesse envolée trop vite, ainsi que d'une vie détournée de sa course comme une étoile filante qui eut rencontré une météorite dont le choc la fit dévier. Parfois il imaginait encore ce qu'aurait pu être son aujourd'hui, ici, en unisson avec les siens, alors l'ancienne adolescente souriait dans le fond de son âme. Mais finalement il ne regrettait rien, bien qu'il se battait régulièrement contre ses démons, au fond il adorait ce qu'était devenue sa vie, comme elle se modelait au fil du temps et des rencontres.

Les douleurs demeuraient féroces pourtant, car la mort emportait inexorablement ses piliers l'un après l'autre. En l'épargnant de justesse, à chaque catastrophe. Le destin cherchait-il à jouer avec lui, ou alors un dieu cruel et funeste ? Seul Gen @Gen Deng traversait le temps imperturbable et fiable comme nul autre.  

Il revenait justement d'une visite chez les Athnas, ou il découvrit son ami absent, Néanmoins il développa un nouveau lien avec une jeune femme adorable ( @Nuna Cortez ). Lou qui l'avait accompagné tout le long de sa route refusa de pénétrer chez les montagnards, et Hyacinthe ne le retrouva pas à son départ. Certainement l'animal avait décidé de retourner chez lui ou de passer furtivement chez les Naoris. Car le canidé continuait à s'y rendre même si Hiro n'était plus de ce monde. Il s'asseyait quelques heures là où il rencontrait auparavant le chasseur, silencieux, immobile avant de repartir telle une ombre. Cette disparition tordait encore le cœur du verrier, ainsi que celle de Thy, Ahn, hope, Raphaël et désormais Noah.

Finalement il remerciait le ciel de vivre éloigné de tous, il eut désiré ne plus s'attacher à personne, mais il s'en découvrait bien incapable quand il croisait une personne sortant de l'ordinaire. Ainsi l'isolation de le protégeait même si régulièrement il tombait sur des débarqués perdus ou à la recherche d'une nouvelle découverte. Enfin il appelait ça comme ça, ils lui donnaient toujours des milliers de raisons pour leur présence mais beaucoup manquait de sens commun. Ils parvenaient pourtant - encore - bien souvent à le faire sourire l'espace d'un instant. Ils mettaient d'ailleurs très souvent sa patience à rude épreuve, comme cette petite qui tenta de se jeter du haut de la falaise ( Andromeda )

Mais ses pensées s'éloignaient de cet instant périlleux alors qu'il laissait derrière lui les ruines de son origine. Ses pupilles se fixèrent vers le haut d'une dune ou commencait à mordre un petit bout de nature. Là-bas il a retrouvé le corps presqu'en décomposition d'Alysha, celle avec qui il admira les étoiles cette soirée ou elle lui réclama un parfum exclusivement à sa mesure, pour effacer des effluves qui s'accrochaient effrontément à sa peau. Hyacinthe il voudrait bien se bercer des souvenirs heureux, mais toujours surgit un petit diable rieur pour lui lancer à la face les blessures invisibles. Lui, il n'a pas eu le cœur de la laisser là, il l'a transporté sur ses épaules jusqu'à chez lui pour lui creuser une sépulture digne de ce nom. Il s'en trouve des inconnus sous la terre de son jardin, il pourrait presque en faire un sanctuaire.

Le Calusa trébucha sur un large coquillage dissimulé dans les grains de sables chauds, il se pencha, le ramassa, admira sa texture et sa forme, il décida de le ramener pour orner la tombe D'Alysha. Oh il se trouvait encore éloigné de sa maison, mais il ne sentait pas impatient d'y arriver, et le soleil encore haut dans le ciel lui donnait l'envie de se jeter dans l'océan afin de se laver de toutes les impuretés qui fourmillaient dans son cerveau. Besoin de s'envelopper dans le calme et la quiétude que toutes ses interférences empêchaient de tourner rond.

Doucement il se dévêtit, pénétrant dans l'eau pour se purifier l'esprit ainsi que le corps. Rien ne pressait Hyacinthe, personne ne l'attendait nulle part, il ne brisait aucune attente, la liberté courait sous ses pieds alors il en profitait avant de se heurter devant un nouvel obstacle foudroyant. Il S'avançait aussi loin que possible alors que la blanche immaculée le voyait s'éloigner, habituée à ce spectacle elle s'en alla à la recherche de quelque verdure appétissante. Lui, il voulait ne plus sentir le sol friable au bout de ses orteils, tomber vers le fond comme une pierre, puis d'un coup puissant remonter vers la surface pour se régaler d'une fraîche bouffée d'oxygène. Se revivifier entièrement, il n'existait que la mer pour le transformer en bienheureux. Mais dès qu'il la quittait elle se vengeait en lui retirant sa tranquillité comme la marée qui redescendait.

Le voilà revenu sur le rivage le blond, il s'ébroua comme un animal sauvage avant de se rhabiller, puis de s'assoir pour contempler cette immensité en face de lui. Le verrier il rêvait parfois de ses années ou mousse il montait au-dessus des mâts, pareil à un singe acrobate. Pourtant il n'y retournerait pas, il aimait trop son petit lopin de terre, loin de toute population destructive avec pour seule compagnons ses plantes, Azalée et Lou. Il ne doutait pas un seul instant que le fameux "Kraken" viendrait le taquiner dans son coin perdu.  

La chaleur qui venait mordiller ses épaulés en chassaient les gouttes humides. A présent assit au milieu du sable il laissait le soleil le sécher tout en profitant de ces instants qu'il chérissait tant. Après il retournerait chez lui avec la jument blanche, il anticiperait la course folle du chien-loup venant à sa rencontre... Puis il descendrait dans sa cave afin de vérifier si chaque objet se trouvait là où il le posa avant de s'en aller faire sa petite excursion. L'ordre exacte, le blond le photographiait dans sa mémoire, si bien qu'il lui arrivait de se tourmenter quand l'impression d'inexactitude s'emparait de lui.

En attendant, il se remit sur ses pieds suivant le mouvement de l'astre du ciel qui descendait annonciateur d'un crépuscule qui ne tarderait pas à le rattraper. De moins en moins il rencontrait des errants comme si la mort de son village entraînement obligatoirement la désertion de la côte. Dommage il adorait détailler les êtres solitaires qui poussaient la curiosité à se risquer plus loin que les habituels routes. Ça serait devenu compliqué de vivre de son art, heureusement que l'océan lui procurait toutes les ressources nécessaires pour vivre. Ou presque. Piètre chasseur Hyacinthe aurait expiré son dernier souffle depuis très longtemps, car même avec les conseils du défunt Hiro il parvenait encore à louper sa cible deux fois sur trois. En réalité il se sous estimait beaucoup trop.

La noirceur de la nuit le surpris, mais plus encore l'étrange corps allongé que ses pupilles devinaient. Il pria que ce ne fut pas un cadavre que la mer eut charriée au-devant du presque seuil de sa maison. A aucun moment il ne songea à Murphy, tout simplement parce qu'il se protégeait contre la peine d'une nouvelle connaissance envolée. Il n'osait plus plonger dans les rencontres comme autrefois. Il se préservait de la perte de nouveaux proches, bien que les sentiments ne se commandent pas et que l'amitié s'imposait à vous malgré toutes les luttes avec lesquelles on la contrait.

Au début il ne vit pas les chiens, trop obnubilé à deviner ce qui l'attendait allonger la ... Soudainement il nota que des ombres tournaient sans bruit autour de lui. Alors Hyacinthe s'immobilisa, ce qui les propulsa directement vers lui. Oh Antarès ... Ouf Lou ... le blond tenta d'opposer sa maîtrise de soi à l'angoisse qui toquait sur sa caboche. Rapidement il fit les quelques mètres qui le séparait de la forme étendue ...

Vit il la larme qui brillait encore sur la joue de la brune, sous la lumière de la lune ? En tout cas il n'interrompit pas toute de suite sa rêverie ou son sommeil. Parce que la poitrine qui se soulevait tranquillement le conforta rapidement. A moitié.... Le verrier s'allongea sans mot dire sur la droite de Murphy dans même position, il admira la voute céleste comme cela lui arrivait presque chaque soirée ...

« Je m'endors très souvent en les admirant » Il parlait Hyacinthe sans être certain que L'Odysséenne l'entendrait, il modulait sa voix pour qu'elle s'accorda avec le mouvement des vagues « Je suis allé traîner trois quatre jours près de chez vous, mais je ne t'ai pas vu ... Puis j'ai un peu vagabondé du côté des montagnes » Le blond ne précisa qu'il s'agissait des athnas, ça ne l'intéresserait probablement pas, comment pouvait-il deviner que le cœur de cette dernière s'y était perdu ? Il conversait sans attendre de réponse, la possibilité qu'il s'endormit lui aussi ne s'excluait pas...

« Je pensais y trouver un ami mais il n'y était pas » Ceci dit il y trouva une interlocutrice particulièrement touchante ( Nuna ). Azalée vint renifler la chevelure de la brune mais ne s'y attaqua plus, une fois lui suffit, et le gout des cheveux ne demeurait pas le meilleur de ses essais « Je suis content de te voir d'ailleurs, c'est pas si comme si la dernière fois on avait eu le temps de se parler » Les deux chiens vinrent se blottir contre eux leur insufflant un peu de chaleur, le vent de la mer restant un peu frais en toute saison.

« Un matin, j'ai regardé le soleil se lever à côté d'une fillette pas comme les autres, une naori je me souviens, son désir de découvrir le monde l'avait poussée à explorer jusqu'ici, elle voulait rencontrer des gens différents, elle se sentait en prison là où elle vivait. On a parlé, elle est venue déjeuner avec moi, je lui aie expliqué comme on créait le verre puis elle est repartie... »

Trop de gens ne revenaient pas, trop de personnes leur piétinait le cœur sans se soucier des conséquences. Il ne doutait pas qu'ils eussent cela en commun sans pour autant connaître les secrets de Murphy « Et puis si ça te dit, on peut allumer un bon feu, boire une Tisane et s'endormir sous de bonnes couvertures » Lui proposa-t-il avant de se taire. Après tout elle préférait éventuellement rester là, muette, sans offrir d'explication à quiconque. Le blond l'acceptait totalement, il se contenterait de lui tenir compagnie, de bercer ses rêves à côté des siens. Qu'avaient-ils à craindre de toute façon protégés par Antarès, Lou et une immaculée particulièrement tenace ? A part se faire attaquer soudainement par une armée d'étoiles de mer ...


@Murphy Cavendish Try to forget the fireflies (Hyacinthe) 1802821642 Try to forget the fireflies (Hyacinthe) 1802821642 Try to forget the fireflies (Hyacinthe) 1802821642
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le Mar 8 Oct - 1:47


Try to forget the fireflies

Murphy Cavendish & @Hyacinthe Bosco

(15 juillet 2119 / recherche d'Isdès, errance dans le nord)


Comme lorsqu'elle était montée vers le nord jusqu'à trouver les montagnes natales d'Isdès deux semaines plus tôt, Murphy ne savait pas réellement ce qu'elle faisait là. Elle aurait pensé qu'un seul voyage aurait pu suffire à la faire passer à autre chose, mais la voilà forcée de constater qu'il fallait plus que ça pour oublier quelqu'un comme lui. Les errances n'étaient pas seulement d'esprit ; elles étaient de l'être tout entier et on se perdait sur les terres, jusqu'aux sommets escarpés et aux mers infinies. A quoi servait de les combattre ? Le combat épuisait, et il ne pouvait être gagné. Il fallait se préserver des façons les plus instinctives, et pour Murphy, l'acceptation de ce qui s'apparentait à un deuil devait se faire dans une tranquillité à laquelle elle n'était pas habituée. Il lui avait fallu ralentir la cadence, et pour une jeune conseillère il n'y avait sans doute rien de pire que d'apprendre à penser à son propre bien-être. C'était la première fois qu'elle en ressentait tant le besoin; elle devait peut-être cette détresse à l'accumulation de toutes celles qui lui avaient précédé - ou bien peut-être était-ce celle-là qui portait une douleur nouvelle et unique. C'était un instinct étrange qui l'avait guidée dans les montagnes plus tôt, c'était un instinct étrange qui l'avait guidée jusqu'ici aujourd'hui, au bord d'une mer qui avait failli l'avaler lui et l'avaler elle.

Dans ce demi-sommeil volé à sa peine, Murphy était presque sereine. Elle repensait à Elias et à ce qu'ils avaient dit, au-dessus de ce lac qui avait tout vu naître. Elle repensait à Isdès, aussi, aux mots qu'il avait choisi pour lui faire ses adieux, et à sa détresse à lui, des seules capables de le pousser si loin de chez lui. Elle n'était pas tout à fait une victime parce qu'il n'était pas tout à fait un bourreau. Tous les deux enduraient la vie, comme tous ici-bas, et tous deux se relevaient comme ils le pouvaient. La fuite d'Isdès, Murphy devait l'admettre, elle ne la comprenait que trop bien. Peut-être reviendrait-il un jour; peut-être l'aurait-elle attendu. Ces questions appartenaient à un avenir qui n'existait pas encore, qui n'existerait probablement jamais dans cette linéarité temporelle, mais elles avaient quelque chose de rassurant, comme si toute l'histoire n'était pas encore écrite, comme si le point final n'y avait pas encore été apposé. Dans les méandres de ses rêves à demi-conscients, Murphy s'apaisait comme il était si rare qu'elle y parvienne depuis que ces mots d'adieu avaient rencontré ses prunelles. Il ne reviendrait probablement pas, en réalité. Ce serait naïf et illusoire que de se persuader de l'inverse. Mais les souvenirs, à cet instant précis qui flottait à la fois dans le temps et l'espace, étaient accompagnés d'une douceur mélancolique qui n'avait plus grand chose avec la frustration, la colère, ou la tristesse aiguë. Elle repensait aux lettres qui devaient encore être gravées dans la roche derrière la cascade dans les montagnes, preuve que rien n'avait été rêvé et que les marques existeraient pendant une vie ou deux, dans les rocs ou dans les cœurs. Elle repensait à la mort lente qu'il lui avait sans doute évitée dans cette caverne où devaient encore briller ces drôles de lumières bleutées, pas trop loin de leur nouveau village. Elle repensait à la frayeur qu'elle lui avait faite en sautant du haut de cette chute d'eau. Elle repensait à sa chair, à son souffle, à son parfum, à ses bras; elle repensait à la viande qu'il cuisinait mieux que quiconque, à tout ce qu'elle portait de lui autour du cou et sur les épaules, et elle repensait à leurs cris, au venin qu'ils avaient déversé l'un et l'autre l'un sur l'autre. Et plus rien de tout ça ne lui faisait vraiment mal, parce que c'était leur histoire. La larme avait séché sur sa joue et Murphy enlaçait ses souvenirs comme tout ce qui lui restait de lui. Le lendemain serait peut-être moins tendre avec elle, mais cet instant portait en lui une affection douce et amicale, comme si la vie lui tenait à lui offrir un moment de répit au milieu de cette tempête.

Elle aurait pu s'endormir, en réalité, si ne persistait pas cette petite voix qui lui rappelait continuellement qu'elle était à deux pas de l'océan, et que l'océan était devenu un de ses ennemis les plus cruels. Le sommeil s'approchait, frôlait son esprit mais ne parvenait pas à l'emporter complètement. Les bruits de la nuit semblaient lui parvenir d'un autre monde; les vagues qui caressaient la plage non loin de là étaient passées de menaces certaines à une berceuse presque douce et rassurante, loin de toute la rancoeur qu'elle éprouvait à leur égard. Ca ne durerait peut-être que quelques heures, le temps que le chagrin reprenne le dessus au milieu d'une nuit qui deviendrait opaque, loin de la lumière de la voie lactée qui sublimaient les ciels d'été.

Mais les minutes devenaient inquantifiables et se confondaient les unes avec les autres. Depuis combien de temps avait-elle fermé les yeux ? Est-ce que les minutes s'étaient déjà transformées en heures ? Le temps disparaissait loin des songes qui commençaient à poindre. Il était là, non loin d'elle. Elle pouvait lui parler de toutes ces étoiles qu'on ne voyait jamais aussi bien qu'en plein été. Elle pouvait lui décrire les planètes, loin d'ici, si loin que même elle ne les avait pas côtoyées. Elle pouvait lui souffler qu'il lui manquait et puis rire de cette sensibilité nouvelle, et puis ils pouvaient se murer dans un silence des mots qui n'aurait pour seul concurrent que le silence des gestes. Elle pouvait lui montrer fièrement ce croissant de Lune d'améthyste qui ne la quittait jamais ; alors, lui, il ne la quittait jamais vraiment non plus. Il pouvait se moquer de sa peur de l'eau, comme s'ils n'en avaient pas eu peur, depuis, ensemble. Ses rêves étaient flous, perdus hors de l'espace et du temps. Elle entendait sa voix, était aveuglée par la lumière vive des étoiles qui berçaient leur histoire de leur amitié lactée. Et puis c'était l'amitié et la tendresse qui s'emparaient de son monde imaginaire. Il y avait son village et tous les siens, toutes les promesses qu'elle s'était faite de faire évoluer les choses chez elle. Il y avait McOrish et ses collègues conseillers, il y avait @Wyatt Sheperd, il y avait @Nadja Wolkoff, il y avait @Richard Coben. Il y avait tout le nouveau monde pour lequel elle se battait; il s'était devant elle, flamboyant de promesses. Et puis il y avait les Terriens, non loin de là; les portes du village leur étaient ouvertes et la méfiance avait laissé place à des sourires, timides pour certains, convaincus pour les autres. Le village était rayonnant : chacun possédait maintenant sa petite propriété et les vieilles maisons les plus prometteuses avaient été retapées. Les anciens sentiers avaient achevé d'être déblayés, c'était maintenant de réelles ruelles, flanquées de bancs ça et là pour accueillir habitants et visiteurs lorsque le temps le permettait. Il y avait Isdès plus loin, qui lui tendait la main en discutant avec Richard ; ils s'étaient enfin rencontrés, et Murphy ressentait l'angoisse au creux de son ventre en répondant à l'Athna d'un signe de la main inquiet. Et puis dans son dos résonnait la voix de Hyacinthe, qu'elle n'avait pas revu depuis trop longtemps. Elle se retourna et lui sourit, les yeux brillants d'une amitié qui semblait avoir toujours existé. Enfin tu es venu nous voir, disait tendrement son regard. Le blond lui répondait qu'il avait déjà venu mais ne l'avait pas trouvée, et elle s'excusait, s'imaginant avoir été absente du village à ce moment-là. Il était parti du côté des montagnes et Murphy sourit - le cœur de ses montagnes rencontrait son père de cœur, et les cimes vertigineuses avaient trouvé le chemin de leur village. Elle se disait désolée pour lui, alors, mais comme il ne l'avait pas trouvé lorsqu'il était venu ici, il avait probablement manqué son ami de peu. Ce n'était probablement qu'une question de temps avant les retrouvailles.

On la frôlait bizarrement. Une douce chaleur se blottit contre son flanc mais il faisait beau, au village, et le soleil tapait. Ce n'était pas le soleil qui venait se lover contre elle. C'était un autre monde.

Le sable venait taquiner ses orteils et le vent frais sa peau. Elle inspira profondément de surprise; elle retrouva la larme sèche qui tirait sur sa joue et tenta de l'essuyer d'un revers de main. A côté d'elle, elle n'avait même pas besoin de tourner la tête, il y avait Hyacinthe. Elle avait compris en une seconde que tout s'était mélangé, et qu'il n'y avait que quelques fractions de son rêve qui s'implantaient dans le réel. Sa respiration se tranquillisa doucement mais de nouvelles larmes silencieuses s'échappèrent de ses prunelles encore à semi endormies. Isdès ne rencontrerait jamais Richard et ce village auquel elle avait rêvé n'était encore qu'un rêve un peu fou. « Tu dois avoir plein de gens qui se perdent ici... c'est un petit coin de paradis. » Elle soufflait d'une voix rauque, endormie et triste. La mélancolie reprenait l'assaut. Tout ce qu'elle avait cru si réel, ou ce dont elle s'était persuadée de l'existence, n'avait jamais eu lieu. La vie ici et maintenant n'était pas si terrible, mais pas aussi légère et facile que ce qu'elle avait été dans ses rêves. Peut-être que cette vie là leur était réservée, aux rêves ; ce genre de perfection n'existait que dans les idéaux naïfs ou désespérés. Il n'avait pas de place dans le réel, qui mélangeait toujours lumière et obscurité. Le bonheur, c'était d'arriver à composer avec tout ce que l'existence portait de meilleur et de pire. Ce rêve ne verrait jamais le jour mais le bonheur se dessinait dans le combat quotidien pour s'en approcher au plus près. Elle le toucherait du bout des doigts, un jour. C'était peut-être ça, le vrai bonheur : être en phase avec le présent, son présent, en s'autorisant à penser à un avenir pour lequel on se battait avec une ténacité ancrée dans ce qu'on vivait aujourd'hui. Il fallait juste accepter que la perfection n'existait pas et que le bonheur ne s'imposait pas un jour par surprise. C'était le plus grand combat d'une vie, le bonheur. Aucun bonheur ne ressemblait à son voisin. C'était à chacun de le créer pour soi et il reflétait la personne que l'on était. Le bonheur pouvait être matériel pour les plus superficiels ; il était souvent d'amour et de compagnie, car c'était eux qui nourrissaient l'âme, le cœur et l'esprit en même temps, et qu'ils étaient les seuls capables d'accoucher de cette conception étrange que l'on appelait le bonheur. Celui de Murphy ne se dessinerait pas avec Isdès ; c'était l'une des choses les plus difficiles, apprendre à l'effacer des esquisses qu'elle avait dessinées de ses lendemains. Antarès bougea contre son flanc et elle passa tendrement la main dans son pelage, comme pour l'assurer de sa présence et de son éveil. « Je suis désolée, je voulais pas t'embêter, mais je suis arrivée ici et... je sais pas, c'était comme une évidence. » C'était un repère au milieu de ce terrain infini dans lequel Isdès s'était évanoui. Et puis la mer avait retrouvé quelque chose de l'apaisant qu'elle lui avait trouvé avant tout ça, avant le Kraken, avant la noyade. Mais le réveil était rude et la confrontait au monde cru, à nouveau. Isdès n'était pas là et l'océan qui venait s'échouer dans des vagues paisibles à quelques mètres en contrebas se faisait à nouveau incroyablement sinistre, sombre dans la nuit que les étoiles ne parvenaient pas tout à fait à rassurer. « Tu dois rentrer d'un long voyage, je veux pas t'emmerder longtemps, mais j'avoue que j'ai un peu froid... » Un feu peut-être, ou une boisson chaude, ou une couverture - peu importait, en réalité, Murphy n'avait pas besoin de grand chose. Malgré l'invitation qu'il lui avait faite, elle ne voulait pas s'imposer. Elle filerait dès le lendemain. Elle avait encore de l'errance à faire, des espaces à ne pas explorer et des larmes à ne pas verser.
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