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Murphy Cavendish
DATE D'INSCRIPTION : 06/12/2015 PSEUDO/PRENOM : Lux Aeterna MULTICOMPTES : Nuna Cortez MESSAGES : 39258 CELEBRITE : Sophia Bush COPYRIGHT : Avengedinchains ♥ (vava) Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) METIER/APTITUDES : Conseillère diplomate; militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. POINTS GAGNES : 1381
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Remember, we were building the sky (Elias) Empty Remember, we were building the sky (Elias)

le Ven 28 Juin - 3:16


Remember, we were building the sky

Murphy Cavendish & Elias Caroll

(27 juin 2119 / recherche d'Isdès dans les montagnes)


C'était quand son monde s'était écroulé que Murphy avait compris tout ce qu'elle avait bâti, avec lui. C'était une lettre, juste une lettre, qui lui avait tout volé : ses rêves et ses projets, ses espoirs, son réconfort, son cœur, sa réponse à tout. Le morceau de papier avait été enterré au fond d'une boîte métallique qui contenait ses objets les plus précieux, puis exhumé pour être relu, encore et encore, juste parce qu'elle avait peut-être mal compris la première fois, la deuxième fois, et toutes les fois suivantes. En une lettre, il avait semblé à Murphy qu'on lui avait arraché tout ce pour quoi elle s'était battue, tout ce qui lui avait donné envie de découvrir l'autre, tout ce qui l'avait propulsée conseillère. Oh, c'était égocentrique et simpliste de limiter ses envies de diplomatie à sa relation avec lui, mais ce serait naïf de penser qu'il n'avait jamais pesé dans son amour qu'elle avait de ce monde et de ce qu'il avait à offrir. Deux mois de silence après une lettre pareille, c'était long. Alors à la colère avait succédé le chagrin, car elle comprenait. La décision d'Isdès était irrémédiable. Il ne s'agissait pas d'une rupture comme ils en avaient tant connu dans leur relation, quoi qu'elle ait pu être. C'était une rupture d'attachement, une preuve d'affection ultime, et ça faisait encore plus mal. Il devait penser à lui, avait-il argumenté. Elle avait attendu l'été si longtemps : elle voulait le rendre fière, la conseillère, et ils auraient tant de choses à se dire, tant de choses à faire. Mais cet été ne serait pas comme les précédents. Ce serait un été sans ses bras, ce serait une chaleur qui ne serait pas la sienne, et Murphy était désemparée. Il lui avait fallu le perdre pour comprendre qu'il était une partie intégrante de son microcosme. Il était son univers. Murphy aimait un homme qui avait choisi de disparaître. Mais le pire, c'était que la colère était totalement hors de propos. Parce que cette fois-ci, Murphy n'avait pas le droit d'être égoïste. Parce qu'il avait perdu un être cher et qu'il avait raison, c'était à lui qu'il devait penser. Yu laik ai skaifaya. Yu na shan ai skai. Moba, yu na gon fleim ai op. Taim ai komba, ai na hon yu daun. Otaim. Mais des pensées lui traversaient l'esprit, et c'était le chagrin qui l'envahissait. Si c'était à lui qu'il pensait, pourquoi n'était-elle pas là ? Quand elle avait perdu Thaïs, ça avait été dans les bras qu'elle avait trouvé du réconfort. Il avait été son armure contre le reste du monde, le temps que son cœur se revigore un peu. Quand elle pensait à elle, Murphy pensait à lui. Ils s'étaient promis, pourtant, ils se l'étaient promis, de ne plus se quitter, de ne plus s'autoriser à être l'un sans l'autre. Ce n'était pas de la colère, alors ; c'était de l'incompréhension, de la déception. Comment pouvait-elle avoir besoin de lui s'il avait besoin de tout sauf d'elle ?

Les mois auraient dû atténuer les cicatrices; c'était ce qu'elle avait espéré en enterrant la lettre. Mais les mots continuaient de virevolter dans son esprit et elle les réécrivait jusqu'à les relire, et c'était un cycle infini. Les cicatrices se creusaient, les plaies s'infectaient. Elle n'avait pas eu d'adieux, pas eu de dernier mot, pas eu d'ultime étreinte. Leurs dernières rencontres avaient laissé présager de tout sauf de ça. Elles avaient laissé voir des grandeurs qui semblaient si solides et si belles; trop belles pour être vraies. Elles avaient été anéanties si vite et voilà Isdès qui naviguait loin d'elle, loin de l'idée d'elle, loin du besoin d'elle.

Essaie pas de me trouver. Tu as jamais été une bonne chercheuse ici. Reste ici. Construis-toi. Prends soin de ton peuple. S'attendait-il une seule seconde à ce qu'elle lui obéisse ? Il la connaissait mieux que ça, pourtant. Elle avait voulu se plonger dans tout le reste, pourtant, comme elle savait si bien le faire; mais le reste ne suffisait plus vraiment, parce qu'elle avait besoin de bouger, besoin de comprendre, besoin de... elle ne savait pas trop de quoi elle avait tant besoin. De faire ses adieux au monde qu'ils avaient bâti ensemble, sans doute. De faire ses adieux à celui qui avait été une partie trop importante de son monde. Elle avait besoin de lui crier des dizaines de choses, aussi, et de lui en souffler quelques autres, plus secrètes, dont il deviendrait seul possesseur. Alors il fallait qu'elle remonte là-haut, dans ses montagnes natales, et peut-être trouverait-elle quelques indices, des témoins de son départ, quelqu'un qui saurait la rediriger, lui offrir quelques mots qu'Isdès avait laissés derrière lui. Peut-être trouverait-elle quelque chose de plus que cette seule lettre qui ne lui suffisait plus, objet de son chagrin et de demi-promesses laissées là, devant l'impuissance de celle qui n'avait pas été choisie pour accompagner Isdès dans ce qui semblait être l'un de moments les plus difficiles de son existence.

C'était un miracle, avait-elle pensé en recevant l'approbation de Richard pour s'éclipser quelques jours du village. Ca avait toujours été délicat de disparaître quelques jours mais avec un peu d'organisation, ça avait toujours envisageable. Mais pour une conseillère, les choses allaient-elles changer ? Murphy pouvait toujours brandir la carte de la diplomatie de laquelle elle avait été rendue responsable : c'était ces escapades qui la faisaient connaître ce monde, c'était elles qui lui permettaient de ramener un peu du dehors au village. C'était elles qui lui avaient offert cette place parmi le Conseil. Pour illustrer l'utilité de ces quelques jours qu'elle voulait s'offrir loin d'ici, Murphy avait brandi la petite carte qu'elle tenait pour sa propre sécurité et laissait parfois aux cartographes du village. Elle aurait sans doute de quoi la compléter; ils connaissaient encore trop peu des montagnes et si Murphy savait que c'était un territoire qui demeurait privé et réservé aux Athnas, elle savait aussi qu'il arrivait de se perdre... ou d'y chercher quelque chose de particulier. Mais ça, ses recherches et envies personelles, elle les avait tues. Compléter une carte, des recherches, des connaissances, ça, par contre, c'était plus que bienvenu pour quelqu'un qui avait été décrété responsable de la diplomatie et a fortiori, des relations aux extérieurs. Alors en fait, ça n'avait pas fait plus débat qu'auparavant; il avait suffi d'organiser les horaires de ses patrouilles pour que son absence ne se répercute sur la quantité de travail d'aucun de ses collègues.

Sous les températures de ce mois de juin, la marche avait été un calvaire. Les moustiques n'avaient pas tardé à accompagner Murphy et Antarès dans leur progression, et la brune avait regretté la petite potion d'Isdès, non sans soupirer rien qu'à l'idée que quelque chose d'aussi absurde puisse lui faire penser à lui. Elle était aussi dénudée que possible, mais la décence la forçaient à se couvrir un minimum et Murphy ne rêvait que de la récompenser de la fraîcheur des montagnes. Peut-être retrouverait-elle le lac où tout avait commencé ; peut-être se perdrait-elle du côté d'autres coins de fraîcheur, elle ne demandait que ça. Sa seule certitude, c'était sa volonté à rester discrète : elle savait les montagnes d'Isdès secrètes, réservées seulement à ceux qui en avaient gagné les clés. Murphy n'y avait jamais gagné ses entrées. Elle avait été une invitée, rien de plus. Maintenant, elle serait une visiteuse timide et surtout, respectueuse.

Sa boussole voguait de ses mains moites à la poche de son short et elle se dirigeait vers le nord, nord-ouest, toujours. Antarès s'occupait aux alentours comme il le faisait dès qu'ils quittaient le village odysséen. Il s'absentait parfois de longues minutes avant de réapparaître pour accompagner son humaine sur des kilomètres. Elle était heureuse de l'avoir à ses côtés. Ses doigts, nerveusement, venaient régulièrement trouver la chaîne qui accompagnait l'autre depuis presque un an. La petite lune en améthyste n'avait pas encore quitté sa poitrine parce que c'était sa façon de le garder auprès d'elle et contre elle. Il ne serait pas là pour son prochain anniversaire. Il ne serait plus là pour aucun de ses anniversaires, et pour plus rien d'autre. Mais la lune en améthyste, elle, se laissait chauffer par le soleil contre sa peau, aux côtés des souvenirs d'autres vies qu'on avait arrachées à la sienne. Avait-il seulement gardé près de lui le cadeau qu'elle lui avait fait, elle ?

Le début de l'ascension fut le plus difficile. Les kilomètres commençaient à se faire ressentir dans les pattes et la chaleur terrassante dans l'aisance physique. Le lever avait été bien matinal parce qu'elle avait refusé l'idée de devoir s'arrêter à mi-chemin pour installer un camp. Elle ne dormirait que dans un coin tranquille des montagnes. Et maintenant que ça grimpait, Murphy s'accrochait à l'idée d'un repos bien mérité. La végétation était encore dense et elle comptait restait à l'abri des conifères le plus longtemps possible. A mesure de son ascension, l'air se faisait de plus en plus respirable et c'était plus que bienvenu. Antarès, à ses côtés, ralentissait aussi la cadence. Il ne prenait même plus la peine de vadrouiller à droite à gauche et restait fidèlement auprès d'elle, preuve ultime de la fatigue qui commençait à poindre.

Murphy ne s'autorisa à reprendre son souffle que lorsqu'elle atteint un point entre les arbres qui culminait sur une étendue turquoise en contrebas. Son cœur se serra en reconnaissant la cascade de l'autre côté. Ils n'étaient pas arrivés du même côté avec Isdès mais ils avaient fait le tour après leur première nuit ici. La brune réalisa brusquement que c'était l'endroit dont elle avait cherché le chemin depuis qu'elle avait commencé à gravir les hauteurs. Mais maintenant, ici, qu'est-ce que ça changeait ? Elle n'allait pas trouver Isdès derrière la cascade. Elle n'y trouverait que la roche marquée de son prénom et la partie d'elle qu'elle y avait laissée. Dans un soupir, elle tourna le dos et reprit déjà sa marche, incapable de rester là plus longtemps pour aujourd'hui. Elle reprendrait son souffle plus tard -reviendrait peut-être dans le coin le lendemain, après une bonne nuit de sommeil.

Alors elle grimpa, encore, pendant de trop longues minutes. La forêt de conifères commençait à prendre des teintes mordorées et son souffle se faisait court : il lui fallait trouver un endroit accueillant pour passer la nuit. Un peu reculé, aussi, si elle voulait s'assurer de ne pas déranger les habitants de ces montagnes dont elle était, elle ne l'oubliait, qu'une simple visiteuse.

Elle finit par arriver au bord d'une falaise de pierre claire et brute. Prudente, elle s'avança pour ne voir en contrebas que ce lac, encore et toujours. Elle avait fait le tour sans le vouloir -preuve peut-être, de sa perte de repères ici, de son incapacité à écouter son sens de l'orientation. Tout la dirigeait ici, aux origines de tout. Derrière elle, au milieu des arbres, résonnait l'écoulement de sources qui devaient continuer leur course dans ce dédale de cours d'eau qui finissait en contrebas pour se mélanger au eaux claires. Pour la première fois depuis qu'elle avait reçu la lettre, Murphy laissa le raz-de-marée de sentiments l'envahir. Le soleil se reflétait dans la multitude de larmes silencieuses qui coulaient le long de ses joues déjà un peu roussies en ce début d'été. Elle était profondément triste, en fait. Pas en colère, pas même réellement déçue de ne pas être des nécessités d'Isdès alors qu'il s'avérait être des siennes. Lui manquait-elle, à lui ? Pensait-il à elle ? Avait-il trouvé d'autres bras pour le réconforter ? Ses doigts étaient encore venu trouver le pendentif violet et elle se laissa tomber par terre, sur la pierre encore brûlante, en plein devant ce paysage majestueux et mélancolique. Antarès était resté quelques mètres derrière elle, là où les sapins protégeaient encore le sol. Il avait essayé de profiter de l'une des sources pour se désaltérer mais avait fini par trotter vers un fin cours d'eau qui filait entre des roches claires, petites sœurs de celle sur laquelle Murphy s'était installée. L'eau y était plus fraîche. La brune, elle, comprenait ce qu'était destinée à être sa vie sans Isdès. Elle serait comme ce lac sans lui : plus tout à fait la même, maintenant qu'elle avait été habillée de lui. C'était un au revoir. Les teintes froides se moiraient doucement de teintes ardentes et affreusement mélancoliques. La nuit commençait à recouvrir leur lac.
Elias Caroll
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Remember, we were building the sky (Elias) Empty Re: Remember, we were building the sky (Elias)

le Lun 22 Juil - 13:05
Lorsque le regard d’Elias se pose sur Murphy, il réalise qu’il s’attendait à la voir débarquer plus tôt. Il est vrai que la disparition d’Isdès est difficile pour bien des gens. En réalité, il s’est parfois demandé s’il en serait de même pour lui. Est-ce qu’il parviendrait à inquiéter des gens ? Est-ce que des individus viendraient trouver son peuple pour poser des questions ? Il est sans doute préférable pour lui de ne pas s’en inquiéter. En réalité, il sait très bien que personne ne viendrait le voir, il sait très bien qu’on ne s’inquiéterait pas et qu’on ne le chercherait pas non plus. Et c’est presque plus facile comme ça. Presque, parce que dans le fond, il est plus facile de ne pas y porter trop d’intérêt. C’est douloureux, un peu, que de prétendre qu’on ne manquera à personne si on venait à partir. S’il n’était pas un guerrier digne de ce nom, il aurait sûrement pris le parti de s’ôter la vie. Mais… Il n’a pas envie de périr et de perdre le respect qu’on pourrait lui accorder s’il faisait ça comme un homme. S’il venait à mourir comme un guerrier et non comme un être faible. Enfin bref.

Il pensait vraiment la voir plus tôt, croiser son regard et y voir la vulnérabilité, la tristesse et plus encore. Il faut dire que la moindre émotion se lit dans son regard, quand elle est à son paroxysme. Il comprend son ressenti, cette douleur qui doit irradier de son corps. Il ne sait pas vraiment ce qu’il pourrait lui dire mais il imagine assez facilement que peu importe les mots qu’il utilisera, ça ne facilitera rien à cet échange. Il sera difficile, surtout pour elle. Mais il fera vraiment de son mieux pour lui faire comprendre les choses à sa manière. Bien que ça puisse être la mauvaise. Son but n’est pas de la brusquer ou de lui faire du mal. Son intention est uniquement de lui faire comprendre qu’il ne sert à rien de le chercher, qu’Isdès a disparu là, quelque part, et qu’il lui sera impossible de le retrouver s’il ne veut pas l’être. Il connaît l’île comme sa poche, alors il sera parfaitement en mesure de se rendre dans un endroit où il pourra être tranquille. Elias ? Sans doute pourrait-il le retrouver s’il le cherchait vraiment. Cela prendrait du temps, et de l’énergie mais puisqu’ils se connaissent vachement bien l’un et l’autre. Mais il n’ira pas et il n’a même pas songé une seule seconde à partir à sa recherche. S’il était lui-même parti, il ne supporterait pas qu’on vienne le chercher. Il n’en fera donc rien. Quant aux autres, il comprend où ils veulent en venir mais il n’ira pas pour les rassurer. Il n’aidera pas Nuna, tout comme il n’aidera pas Murphy. Ni qui que ce soit. Il comprend qu’ils puissent s’inquiéter mais ça s’arrête là.

Elle est là, en larmes et il ne sait pas comment l’aborder. Pour tout dire, il n’ose même pas l’approcher tout comme il ne voit pas ce qu’il pourrait lui dire. Il ne veut pas lui faire de mal, il ne veut pas la blesser ou même la vexer. Il n’y a strictement rien à faire. En réalité, même s’il lui propose son épaule pour qu’elle puisse l’innonder de larmes, ça ne changera rien du tout. De toute manière, il ne sait même pas vraiment comment on est censé rassurer ou consoler les gens. Lorsque Moïra n’allait pas bien, déjà, il ne savait pas comment il était supposé s’y prendre pour que ça puisse bien se passer. Il était juste là, près d’elle, à ne pas oser al toucher, sans trop savoir quoi lui dire non plus. Il était maladroit. Trop et en général, ça finissait par l’agacer ou bien la faire rire. Ca dépendait des jours disons. Mais bon, tout ça pour dire que là, tout de suite, il ne sait absolument pas quoi lui dire. D’ailleurs, il est même persuadé qu’à tout moment, il pourrait partir sans qu’elle n’ait pu le voir. Mais c’est encore une autre histoire. Et bien sûr, ça ne peut pas être si simple. Ce n’est jamais simple, d’ailleurs. Et là, en l’occurrence, c’est même plus compliqué que prévu, justement.

Partir serait plus facile et sans doute n’aurait-il pas hésité à le faire, s’il l’avait pu. mais il est trop tard et bien qu’il dira tout le contraire si on lui pose vraiment la question, Elias réalise qu’il l’apprécie bien trop pour prendre le risque de partir. Et ça compte déjà beaucoup parce qu’il n’aurait pas fait ça pour grand monde. Les larmes le mettent mal à l’aise, le perturbe et lui tiraille l’estomac. Il ne sait jamais ce qu’il pourrait leurs dire tout comme il ne sait jamais comment réagir. Il inspire un grand coup, ne sait pas quoi faire mais finit par avancer vers elle. Il est dans son dos, elle ne l’a même pas remarqué, plongé dans ses songes les plus noirs, sans doute. Et il comprend que ce ne soit pas facile, il comprend que ce soit un peu le bordel. Que la situation soit facile ou non, ils sont juste censé faire avec. Que ce soit facile ou non, ils n’ont pas beaucoup d’options. Posant la main sur son épaule, Elias grimace. S’il ne prend pas la parole tout de suite, c’est avant tout pour prendre le temps de mesurer la situation, de voir si elle a envie de l’entendre ou non. Pourtant, il n’attend pas bien longtemps et sans trop savoir il finit par prendre la décision de parler. A quoi bon attendre, il est là pour elle. Qu’elle le veuille ou non. Et que ce soit rôle ou non. mine de rien, il sait très bien que ça ne se passera pas comme ils pourront le vouloir.

Pour la première fois depuis que ce peuple est tombé du ciel, il prend le temps, réfléchit, mesure ses mots. " Tu ne devrais pas être là. ". L’accent est horrible, les mots sont hâchés mais pour la première fois, sa phrase est correcte. Tout change, prend une tournure plus agréable ou presque. Il fait l’effort et pourtant, il sait très bien que ça ne sert pas à grand chose, il sait très bien que ça ne mènera nul part. Autant ne pas trop se prendre la tête, autant ne pas trop réfléchir à la suite des choses. D’une certaine manière, ça pourrait presque paraître plus facile. Mais… Ce n’est jamais facile, en réalité. Et c’est peut-être bien ça le problème. Bien sûr, il ne s’agit pas non plus d’une accusation hein. Il n’est pas en train de lui dire qu’elle doit partir.. Disons plutôt que la situation risquerait de lui faire bien plus de mal que nécessaire. Et c’est bien ça le problème, justement. La situation n’est pas facile et il comprend que ce soit bien trop dur. C’est compliqué. Et… En fin de compte il n’y a rien à faire pour que ça puisse s’améliorer.

Elle souffre et lui… Il ne sait pas ce qu’il est supposé faire pour que ça puisse s’arranger. Il ne veut pas non plus être porteur de mauvaise nouvelle mais dans le fond… Que pourrait-il bien lui dire pour la rassurer hein ? C’est bien ça le problème. Il n’y a rien à faire pour que ça puisse s’arranger. Et il devra le lui dire. A un moment ou un autre.
Murphy Cavendish
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Remember, we were building the sky (Elias) Empty Re: Remember, we were building the sky (Elias)

le Ven 2 Aoû - 0:01


Remember, we were building the sky

Murphy Cavendish & Elias Caroll

(27 juin 2119 / recherche d'Isdès dans les montagnes)


En fait, quand elle y réfléchissait, Murphy réalisait qu'elle ne savait pas pourquoi elle était là. Dans sa lettre aussi révoltante que brève, Isdès lui avait clairement demandé, si ce n'était ordonné, de ne pas partir à sa recherche. Ce que cette requête traduisait, en plus d'un besoin d'avoir le dernier mot, c'était tous les obstacles qu'il mettait sur le chemin de quiconque souhaiterait retrouver sa piste. Mais il ne fallait pas dire à Murphy ce qu'elle pouvait faire et ne pas faire, et encore moins la contraindre à quelque chose sans lui donner le droit de parole. Elle devait agir. Et elle avait pris sur elle trop longtemps, s'était forcée trop longtemps à accepter l'irrémédiable. Car elle n'était pas folle ou bête : si Isdès ne voulait pas être retrouvé, elle ne le retrouverait pas. Même toute sa bonne volonté et les capacités de traque d'Antarès ne feraient jamais le poids face à la détermination de l'Athna. Alors oui, quand elle prenait le temps d'y réfléchir, Murphy ne comprenait pas ce qui pouvait avoir poussé sa stupidité à lui faire prendre le chemin des montagnes. C'était hors de sa raison et de sa maîtrise mais au fond, et elle l'avait toujours su, il fallait qu'elle passe par là. Rester statique au village ou quitter celui-ci en prétendant ne pas retrouver Isdès au moins par hasard, au mieux volontairement, ça aurait été s'embourber dans un déni qu'elle n'était plus prête à affronter. Ils avaient trop enduré, tous les deux. Ils avaient trop résisté, tous les deux. L'un à l'autre, et puis côte à côte, face au monde. Alors maintenant, quoi ? Maintenant il n'y avait plus qu'elle, dans un océan de néant, qui attendait qu'il lui tende une main selon son bon vouloir, et il n'y avait pas pire sensation que celle de dépendre entièrement d'une seule personne, que celle de s'être laissée dépendre entièrement d'une seule personne.

Ca aurait peut-être dû rendre les choses plus faciles, mais ça les rendait encore plus difficiles. Elle se contraignait toute seule à ne pas passer à autre chose alors qu'il lui avait donné toutes les cartes pour le faire. Comment pouvait-elle mettre tant d'énergie à le chercher pour lui faire ses adieux alors qu'il avait à peine pris quelques minutes pour lui écrire une lettre et passer lui-même à autre chose, à une autre vie de réconfort qui n'avait pas besoin d'elle ?

C'était tout ça qui l'assaillait au bord de sa falaise, au-dessus de ce lac qui les avait vus se trouver pour la première fois. Les souvenirs des bons moments et des mois plus cruels avec eux; les souvenirs d'un avenir qui n'avait pas eu le temps de voir le jour; les souvenirs des bras qu'elle ne retrouverait jamais plus, parce qu'il avait choisi d'en trouver d'autres, ailleurs, loin d'elle. En fermant les yeux, elle rêvait à sa présence derrière elle. Elle pouvait presque l'imaginer là, à l'observer dans le silence, et avec tous ses espoirs naïfs, elle lisait dans ses pensées tout le manque et le besoin qu'il avait d'elle. Mais il n'y avait que le vent qui soufflait dans les résineux d'altitude, il n'y avait que les bourrasques qui s'engouffraient dans le vide à quelques mètres d'elle. Il n'y avait que les sources qui coulaient dans la forêt derrière elle et le soleil de début d'été qui caressait sa peau pâle comme si de rien n'était, comme si rien n'avait changé. Il n'y avait que la certitude de la seule présence d'Antarès derrière elle. Il n'y avait qu'elle mais c'était l'absence de lui qui prenait toute la place.

Elle était perdue hors du temps, Murphy, et ne voyait plus la nuit qui ne tarderait plus à pointer le bout de son nez, et ne voyait plus les prochains jours à errer ici, et ne voyait plus le retour au village ou tout ce qui pourrait se passer après. Elle ne voyait plus sa place au Conseil et tout ce qui aurait dû être capable de lui faire oublier la seule chose qui lui manquait. Les larmes étaient presque évanescentes, perles salées qui s'échappaient de prunelles profondément tristes et incroyablement pudiques. Il lui fallait quelques minutes ou quelques heures, le temps que le soleil s'enflamme de ses teintes écarlates ou s'évanouisse par-delà les montagnes qui se découpaient en dentelles sur le fond de ciel derrière le lac. Il lui fallait du temps et de la solitude, il lui fallait une paix qu'elle ne savait plus réellement où trouver, maintenant que les bras d'Isdès lui avaient été volés. Les hauteurs autrefois si paisibles ne l'étaient plus vraiment. Elles portaient dans chaque pore de leurs roches les souvenirs qu'ils y avaient construits à deux.

Murphy ne savait pas combien de temps était passé depuis qu'elle était là. Elle ne savait pas où s'était égaré son esprit, non plus, à la fois juste là et incroyablement loin dans l'espace et le temps. Mais même si ses larmes semblaient dire l'inverse, c'était un petit havre de paix, un drôle de havre de paix. Ce bord de falaise se présentait maintenant comme le seul endroit pour faire ses adieux à quelqu'un qui les avait fait depuis longtemps. C'était là que tout avait commencé et là où tout se finirait. C'était sans doute cette évidence qui l'avait menée jusqu'à ce point précis sans qu'elle s'en rende compte, qui l'avait fait tourner encore autour de ce seul lac alors que les montagnes s'étendaient probablement sur des dizaines de kilomètres par-delà l'étendue d'eau. Elle n'était pas là parce qu'elle jouait la sécurité des coins qu'elle connaissait le mieux; elle était là parce que c'était là qu'une partie de son cœur était restée et c'était là qu'elle devait en reprendre possession. Mais il n'y avait pas de recettes pour ça, pas de plans détaillés pour retrouver ce petit quelque chose qu'on avait offert à l'autre. Est-ce que c'était entre elle et elle, ou entre elle et la montagne ? La vérité, c'était que c'était entre elle et la Montagne, mais celle dont elle avait besoin ne se dressait plus devant elle, et il lui faudrait faire avec ce que ce monde lui offrait d'autre. Et ce qui lui restait, c'était son monde à lui, son environnement, celui qu'il avait choisi, comme elle, de laisser derrière lui pour reconstruire une vie ailleurs. Ce qui lui restait c'était ces montagnes et ce lac, et tous les souvenirs qu'il fallait accepter de laisser à un autre temps.

C'était toutes ces idées qui traversaient son esprit qui tiraient des larmes de ses prunelles émues. Ca passerait, sans doute, même s'il fallait attendre que la nuit recouvre le lac de son manteau sombre. Ca passerait même si elle devait passer trois jours au-dessus du lac, à se remémorer ce qu'elle ne s'autoriserait plus à se remémorer plus tard, lorsqu'elle aurait repris le cours d'une vie à laquelle Isdès n'appartiendrait plus.

Elle sursauta violemment, posant une main sur la roche dans un mouvement de recul étrange qui ne lui aurait permis d'échapper à aucun danger. Pendant un bref instant, elle oublia la distance de sécurité qu'elle s'était imposée avec le bord de la falaise et fut effrayée du vide qu'elle imaginait plus près d'elle qu'il ne l'était. Frissons de frousse et de panique, et elle leva le regard pour trouver Elias là. C'était lui qui avait posé sa main sur son épaule, qui l'avait réveillee, ramenée sur Terre et dans le présent. Elle cligna des yeux quelques brèves secondes, le temps de reprendre ses esprits et de réaliser les quelques larmes qui avaient glissé le long de ses joues. Elle les essuya de façon pressée en se raclant la gorge, et se releva un peu gauchement pour lui faire face de la plsu digne des façons. Mais son regard ne trompait personne, pas plus que les doigts qu'elle craquait nerveusement un par un. Ses lèvres s'entrouvraient pour se refermer aussitôt; elle cherchait ses mots mais ne les trouvait, et c'est lui qui prit la parole le premier. « Je sais... » abdiqua-t-elle sous le poids des évidences, alors que ses épaules s'affaissaient de désespoir. Elle ne devrait pas être là, elle ne devait pas être là. Isdès avait été celui qui lui avait ouvert les portes de ses montagnes. Sans lui, elle n'avait plus aucune légitimité à fouler ce sol qui n'était pas le sien. Alors son regard se fuyant comme il avait été si rare qu'il le soit jusque-là avec Elias. Sans le regarder, elle s'approcha de lui et le surprit dans une étreinte douce et triste. Elle le serra contre lui pendant une seconde ou un peu plus; juste pour... juste parce que...

Parce qu'elle n'était plus tout à fait toute seule, et qu'il était le seul qui pourrait l'aider ? Qu'il était le seul qui pouvait la comprendre ? En tout cas, il était le seul qui avait connaissance de ce qui avait pu la lier à Isdès -si on omettait la folle dingue @Mila Swann qui les avais surpris, vicieuse comme elle l'était. Il était donc le seul qui pouvait avoir un aperçu réel de ce qu'elle traversait dans son coin, pauvre amante abandonnée à sa seule solitude. « Je suis désolée... » s'excusa-t-elle platement en lui rendant sa liberté, bien consciente que c'était une proximité qui devait hérisser le poil de l'Athna. Mais à ce moment précis, ce n'était plus seulement l'ours ou le cyclone qui les liait, c'était une disparition commune. Il en savait peut-être plus qu'elle - il en savait peut-être autant ou moins qu'elle; peu importait. Ils avaient perdu la même personne lorsqu'Isdès avait décidé que son chemin se dessinait ailleurs, maintenant, aussi loin d'eux que possible. « Je sais que je devrais pas être là - je sais même pas comment je suis tombée sur le... lac... » Elle désigna vaguement derrière elle d'un pouce tendu dans son dos. Elle bégayait, fuyait un peu plus le regard perçant d'Elias qu'elle ne l'aurait souhaité, mais elle n'y pouvait plus grand chose. Elle avait été surprise la main dans le sac, atterrée, affaiblie, endeuillée. Elias n'avait probablement aucune idée de ce que représentait cet endroit particulier. Pour lui, c'était probablement comme pour Isdès : la maison, un terrain de jeu qui n'appartenait qu'à ceux qui étaient nés dans ces montagnes. Elle se retourna à nouveau pour faire face au lac en contrebas et tourna malgré elle le dos à Elias, les bras croisés sous sa poitrine. C'était plus facile comme ça, sans avoir à soutenir son regard. « Tu sais pourquoi je suis là, hein ? » demanda-t-elle, question rhétorique et défaitiste alors qu'elle essuyait une nouvelle fois son visage. Comme s'il venait d'être appelé par le désespoir de son humaine, Antarès rappliqua doucement derrière, faisant une fois sagement le tour de l'Athna avant de se poster devant Murphy pour chercher à capter son attention. Elle lui jeta un regard doux avant de partiellement se retourner vers son interlocuteur. « Ecoute, je veux pas déranger... Je... je pensais passer la nuit ici, je connais pas assez le coin pour m'aventurer ailleurs dans le noir, mais si je dérange je peux... tenter ailleurs. » Elle soupira. Pendant ces quelques secondes, elle ne pensait plus à Isdès mais juste à la perspective de la soirée qui pointait le bout de son nez. Elle n'avait jamais voulu s'imposer ici; elle n'avais voulu déranger les montagnards et encore moins Elias. Mais elle retenait la sensation de sa main posée sur son épaule, et elle se sentait épaulée pour la première fois, parce que pour la première fois, elle était avec quelqu'un qui savait qu'elle avait besoin d'être épaulée. A lui il n'y avait rien besoin d'expliquer. Il savait ce qu'elle faisait là sans qu'elle n'ait besoin de chercher les mots; elle n'avait pas à justifier son chagrin parce qu'ils se connaissaient l'un et l'autre plus qu'aucun des deux n'aurait probablement aimé l'admettre. « Il m'a interdit de le chercher, tu sais... » Elle eut un petit rire jaune et essuya une larme en fixant l'horizon au loin, bien incapable de soutenir le regard d'Elias. « Quel connard », conclut-elle en haussant les épaules pour essayer de se convaincre elle-même que la situation était aussi simple qu'une insulte.
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