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Wyatt Sheperd
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Wyatt Sheperd
DATE D'INSCRIPTION : 01/08/2018 PSEUDO/PRENOM : Totoro's Child. MULTICOMPTES : TC Jones. MESSAGES : 684 CELEBRITE : Rami Malek COPYRIGHT : avengedinchains ♥ - kane. - sleeping at last ; earth - pando METIER/APTITUDES : Conseiller Odysséen. - Botanique & Zoologie. TRIBU : Dana POINTS GAGNES : 183
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le Mer 26 Juin 2019, 02:34
« The smartest thing i've ever learned is that i don't have all the answers, just a little light to call my own. though it pales in comparison to the overarching shadows, a speck of light can reignite the sun and swallow darkness whole.»


» 19 mars 2119

Wyatt n'était pas du genre à se mêler des choses. En ces temps d'élection, le conseiller n'avait pas réellement pris part aux débats qui pouvaient se glisser entre les odysséens. S'il était sûr de ces convictions, il n'était pas forcément du genre à les afficher. Lorsque Joe a été élu, l'ancien Conseil et le nouveau ont été mis au courant de la rébellion. S'ils sont venus se dénoncer et rendre les armes, comme on dit, Wyatt n'a pas vraiment eu d'avis sur le sujet. Les rumeurs étaient bien trop présentes pour ne pas être fondés et les membres qui se sont dévoilés n'avait pas vraiment quelque chose de surprenant. Après tout, peut-être que s'il avait été un peu plus courageux, lui-même aurait rejoint la rébellion là-haut, trop en désaccord avec certaines décisions prises. Pourtant, ça n'avait jamais été le cas, un mélange de foutisme et d'égoïsme, tant qu'on le laissait faire ce qu'il voulait, le brun balayait ses états d'âme vis à vis de tout ce qui pouvait bien arriver.

Si le botaniste était très en accord avec les idées du nouveau Chancelier au pouvoir, il n'avait pas la moindre idée de s'il allait conserver son poste ou non. Wyatt n'était pas forcément du genre à inspirer la confiance chez les autres. Sans doute parce qu'il était trop perché, trop dans son monde à lui. Même s'il avait fait ses preuves avec l'ancien Conseil, rien ne laissait prédire si ce temps de renouveau lui laisserait sa place. Lorsque Joe lui a offert sa place dans son nouveau Conseil, contrairement à quelques années plus tôt, le biologiste n'a pas hésité une seconde. Non pas qu'il ait fondamentalement eu quelque chose contre son prédécesseur mais il fallait reconnaître à McOrish des qualités qui manquaient cruellement à l'ancien Chancelier. Une nouvelle motivation gagnait le fraîchement nommé alors qu'il se voyait enfin de nouveau accomplir de belles choses aux côtés d'un Conseil dans lequel il se sentait pleinement à sa place. La dernière année avait été particulièrement difficile et s'il sortait enfin la tête de l'eau, une tête nouvelle n'en restait pas moins un énorme plus pour les mois, les années à venir. Il ne faut pas longtemps pour que tous les nommés se réunissent et se concertent. Les têtes connues s'accumulent autour de la table et Wyatt a l'impression d'avoir un rêve en face de lui alors que Richard, Nadja et Murphy sont présents. Il est réellement heureux de les voir et a enfin l'impression d'avoir une place qui a du sens dans un monde qu'il ne saisit pas forcément complètement.

Les présentations officielles sont faites et les deux amis d'enfance, eux, se laissent rendez-vous quelques jours après pour discuter. Le matin est encore frais, en mars, pourtant Wyatt est heureux de se lever à l'aube, profitant du calme qui ne dure jamais et des quelques étoiles qui vivotent encore dans le ciel bleuté. S'éloignant volontairement du camp, il ne tarde pas à trouver le petit coin calme auquel ils ont prévu de se retrouver. Incroyablement en avance, il s'installe sur l'herbe et observe le ciel, la tête rivé vers ce dernier, les bras croisés sur ses genoux pliés. Murphy ne tarde pas à le rejoindre et le sourire du Conseiller s'élargit à la vue de cette dernière. Dieu qu'il est heureux de l'avoir retrouvée, putain qu'elle lui a manqué durant toutes ces années. Il tapote calmement la terre à ses côtés pour l'inviter à s'asseoir et lui offre un « Hey » d'accueille doux, peut-être un peu endormi.

Son regard croise le sien et il l'observe quelques instants, tellement fier de la voir placée au Conseil à ses côtés. « Bien dormi ? » Qu'il lui dit avec une douceur d'enfant, alors qu'il lui pointe le ciel du doigt et les quelques étoiles qu'il regarde depuis un bon nombre de minutes maintenant. « Regarde, elles sont encore là. » Il y avait une certaine nostalgie dans sa voix. La nostalgie ce n'est pas quelque chose que l'on entend trop souvent des lèvres du biologiste. Faut dire que là-haut, ça ne lui a jamais vraiment manqué. Toujours enfermé, trop serré dans leur jolie cage argentée, Wyatt n'avait commencé à respirer qu'à la seconde où il avait posé un pied sur sa Terre, leur Terre. Mais aujourd'hui, c'est un peu différent. Peut-être parce que durant leur enfance, ces deux-là avaient des rêves, des tonnes de rêves qu'ils avaient partagé. Murphy, elle rêvait toujours d'un monde meilleur, un monde plus doux et plus beau. Et Wyatt, lui, rêvait de terre, de ces odeurs et du vent frais. Aujourd'hui, ils ont les deux, et ça, ça lui fait quelque chose d'un peu particulier. Peut-être qu'il aurait dû se battre un peu plus là haut, peut-être qu'elle aurait pu atteindre son rêve plus tôt s'il l'avait poussée dans la bonne direction. Sa mère aurait vu sa fille atteindre un poste magnifique et mérité, leurs mères auraient été fières, de la voir aujourd'hui. Elles doivent être fières, de la voir ainsi. Le sourire tendre du brun ne s'efface pas alors qu'il donne un coup léger dans l'épaule de celle assise à ses côtés et lui demande, doucement. « Alors... madame la Conseillère ? » Il a des étoiles dans les yeux alors que son regard capte le sien quelques instants et qu'il ajoute, d'un murmure pour elle, qu'il ne partage pas même avec les étoiles encore dans leur ciel. « Elle est fière de toi, j'espère que tu le sais. » Il lui redonne un léger coup dans l'épaule et attend sagement d'avoir enfin ses sentiments, ses impressions, après tout ce temps. Tout ce temps qu'il a passé à croire en elle, qu'elle soit au courant ou non. Tout ce temps, où elle ne voyait pas toujours ce qu'il voyait mais qu'il lui répétait qu'un jour, elle comprendrait. Il espérait qu'enfin, ce jour était arrivé.

Parce que ce jour était un jour tout particulier. Sa sœur était Conseillère, et encore mieux, il était à ses côtés pour l'observer.
Murphy Cavendish
Murphy Cavendish
DATE D'INSCRIPTION : 06/12/2015 PSEUDO/PRENOM : Lux Aeterna MULTICOMPTES : Nuna Cortez MESSAGES : 39923 CELEBRITE : Sophia Bush COPYRIGHT : Avengedinchains ♥ (vava) ; Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) METIER/APTITUDES : Conseillère diplomate; militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. POINTS GAGNES : 375
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le Mer 03 Juil 2019, 02:30


we craved sweetness with a fear of heights

Murphy Cavendish & Wyatt Sheperd

(19 mars 2119 / post élections du Chancelier et nomination du Conseil)


La nouvelle l'avait assommée. Ils avaient voté, c'était déjà énorme; les rebelles avaient enfin l'argument ultime qui confirmait que leur dissolution était tout sauf une erreur, qu'elle était la réponse la plus adaptée à ce qui se passait chez eux. Eux qui hurlaient que la démocratie était morte en avaient la preuve sous les yeux : elle était toujours vive, elle avait toujours été là. Il y avait eu des raisons de douter du Conseil, si on voulait être honnête : qu'est-ce que des bonhommes de là-haut connaissaient à ce monde ? Ils venaient de naître ici et apprenaient à peine à marcher. Mais cet argument ne tenait plus qu'à moitié la route lorsqu'on considérait que ce qui le brandissaient étaient les mêmes bonhommes que ceux qui venaient de là-haut. Ils apprenaient, tous, à leur rythme. Ils étaient empêtrés là-dedans ensemble. Et la solution, la seule qui paraissaient à la fois raisonnable et capable d'enrichir tout le monde, c'était le partage. Partage d'expériences, partage de connaissances, partage de projets réalistes ou moins réalistes, partage de tout ce que chacun pouvait apprendre ici de son côté. Le Conseil avait avancé trop lentement, pendant tout ce temps, mais c'était l'avis d'une exploratrice qui ne tenait pas en place, qui voulait bouger autant qu'installer profondément ses racines dans cette Terre qui ne leur appartenait pas vraiment mais leur appartiendrait peut-être un peu plus, un jour, parce qu'ils y auraient construit des choses. C'était ce qui avait été son moteur quand elle avait rejoint la rébellion : la lenteur des choses aux plus hautes marches de la hiérarchie, l'impression de faire du sur-place constant, celle d'espérer des changements qui n'arriveraient jamais, des projets qui ne verraient jamais le jour. Il y avait eu Faust, aussi, ce besoin de tenir la flamme de la disparue le temps qu'elle revienne, et puis cette douche froide lorsque le temps lui avait fait comprendre qu'elle ne reviendrait pas et que personne ne viendrait reprendre sa place. Murphy n'était pas tout à fait rebelle pour les bonnes raisons, et il lui avait suffi d'écouter les discours des autres membres pour se rendre compte qu'elle n'appartenait pas à ce groupe qui semblait vivre d'une méfiance revigorante, comme s'ils possédaient des vérités invisibles à tous ceux qui ne leur appartenaient pas, pauvres moutons aveugles. Mais elle savait, Murphy; elle savait le monde qui les entourait, celui dans lequel ils baignaient, celui duquel ils se nourrissaient parce que c'était la seule façon qu'ils avaient de survivre et surtout, de vivre. Elle savait l'angoisse des explorations qui faisait battre le palpitant à l'en arracher de la poitrine, elle savait le bonheur des découvertes qui pouvaient changer la donne, si ce n'était pour des mois, des années ou toujours, au moins pour quelques jours. Elle savait ce que représentait la responsabilité totale de sa propre survie au milieu de nulle part, la menace des dangers visibles, prévisibles et invisibles. Elle savait l'adaptation à ce monde et tout le temps et l'engagement qu'elle avait demandée; apprendre à faire un feu, à éviter les embûches du sol, à s'adapter aux revirements brusques de météo lorsqu'on était perdu au milieu des bois, loin des siens et des abris connus. Elle savait l'adrénaline des explorations les plus lointaines, l'admiration des paysages les plus majestueux ou inattendus, mais elle savait aussi la sensation de la perte des êtres chers, et puis celle de sa propre disparition, de son enlèvement au monde. Elle savait l'envie viscérale de vivre qui émergeait du corps noyé quand celui-ci émergeaient de la mer cruelle. Elle savait tous les dangers et dévouements, tout l'apprentissage de ce monde qui devait être fait constamment, et c'était précisément pour ça qu'elle savait l'espoir et le rêve des racines qui s'ancrent profondément au sol. Un toit qui ne serait pas provisoire, un terrain à cultiver, un village à aimer et à choyer, une vie qu'on se surprendrait à aimer parce qu'elle n'aurait plus grand chose de la survie désespérée des premiers instants de ceux qui avaient survécu à la première épreuve de toutes. Une vie de sourires et de rencontres, de partages, loin d'être naïve pourtant, une vie d'humain. Parce qu'elle savait tout ça, parce qu'elle ne comprenait pas qu'on puisse être aveugle à toutes ces choses-là, Murphy avait violemment claqué la porte de la rébellion. Son rôle n'avait jamais été de materner un groupe à peine capable de relever une erreur stratégique basique. Son rôle, depuis le début, avait été de tenir le flambeau pour une femme qui n'avait sans doute pourtant jamais autant cru à toutes ces batailles que sa mère. Mais son rôle, son premier rôle, c'était celui de se répondre à elle-même, de s'observer sans rougir, de dresser fièrement ses convictions même si on essayait de la faire taire, par la peur ou par la stupidité. C'était lui, son premier rôle : elle le tenait dans le théâtre de sa propre existence et en était à la fois actrice et scénariste. En quittant le mouvement rebelle, Murphy avait repris possession de sa propre vie et de toutes les convictions qui avaient semblé lui échapper depuis si longtemps.

Mais se retrouver seule sur les planches, ça lui avait donné l'impression de tout perdre. C'était sombre, sans les autres. Elle avait l'impression d'avoir perdu tout son pouvoir à changer les choses, avec les autres.

Un jour, peut-être, retrouverait-elle la parole.

Ce n'était pas une urgence.

Les élections avaient mis en tête du village celui pour lequel elle avait voté, et puis c'était un accomplissement. Pour qui avaient pu voter les autres rebelles ? Ce n'était plus vraiment ses affaires, mais elle se posait parfois la question, et celle-ci s'accompagnait d'autres questions plus ténues : se réunissaient-ils encore dans ce bunker, en dehors du village ? Qui disaient-ils, que racontaient-ils ? Avaient-ils eu un candidat favori -avaient-ils tous voté pour le même ? S'étaient-ils mis d'accord sur leurs votes, achevant toute idée de démocratie dans le groupuscule ?

Elle n'avait pas compris tout de suite, Murphy, quand McOrish était venu la voir. Avait-il besoin de quelque chose, de quelqu'un, d'un coup de main de militaire ? Alors elle l'avait félicité pour son élection, lui avait glissé entre les mots qu'il avait été de loin son premier choix, qu'elle avait été heureuse de lui donner sa voix, et qu'elle avait hâte de voir ce qu'il allait faire pour le village. Lui était demeuré silencieux le temps qu'elle se taise, et avait fini par lui faire une offre qui était de celles qu'on ne refusait pas. Comme il était si rare que ça lui arrive, Murphy était restée sans voix, et le nouveau Chancelier l'avait laissée là, en lui indiquant qu'elle avait quelques jours pour y réfléchir, que l'officialisation des entrées en fonction se ferait bientôt, mais que dans tous les cas, il aurait besoin à ce moment-là d'un conseiller en diplomatie. Elle l'avait regardé s'éloigner, sonnée. On venait de lui asséner un coup de massue, mais il n'y avait jamais eu coup de massue plus valorisant. Et ça faisait beaucoup trop d'informations à gérer. Et si c'était l'ouverture à laquelle elle n'avait jamais osé rêver ? Et si @Isaïah Stowaway avait eu raison depuis le début, et si c'était son chemin, celui de conseillère ? Et si McOrish, en lui tendant la main, s'apprêtait à changer le cours de sa vie ? Et si c'était ce qu'elle avait attendu tout ce temps, ballottée entre les coups de gueule solitaires et une rébellion qui ne l'entendait pas ? Et si ça la libérait, et si ça l'enfermait ? Et si en s'ancrant dans les hiérarchies odysséennes, elle perdait son monde, le reste de son monde ? Et si elle était incapable de tout ça, de satisfaire son Conseil, de satisfaire ses Odysséens, et si elle était incapable d'être celle qu'elle aimerait tant être ? Et si elle était incapable d'apporter des solutions là où s'imposeraient les problèmes ? C'était @Devos Acciaro, le premier, qui avait recueilli ces états d'âme. Il l'avait trouvée apathique dans un coin, alors que son imagination avait crée des colonnes et des tableaux pour tenter de trier et de pondérer ses idées et arguments; pour tenter de parvenir à une conclusion, et à une décision. A chaque fois qu'il lui semblait s'être arrêtée sur un choix, elle revenait en arrière. Il lui était impossible de choisir, parce que chacun des choix n'allait pas sans des renoncements, des contraintes ou des inquiétudes. Mais il fallait avancer, et il avait fallu avancer, et Murphy avait joué le tout pour le tout.

Voilà donc Murphy, plus seulement garde ou patrouilleuse, plus seulement lieutenant de la garde, mais conseillère. Murphy était conseillère diplomatique, celle que l'on avait choisi parmi tout le village pour représenter les extérieurs auprès d'eux et les représenter auprès des extérieurs. Son opinion compterait auprès des plus hauts, maintenant, parce que... merde, parce qu'elle faisait partie des plus hauts. Et s'il y avait bien une place qui permettait de faire bouger les choses, c'était celle-ci. Elle s'était évertuée à le répéter aux rebelles : c'était avec le Conseil qu'il fallait travailler. Et maintenant... elle était un petit morceau du Conseil. Murphy avait été choisie pour ses expériences et ses envies, pour ses projets, pour tout ce qu'elle avait tenté de construire sûrement, pour tout ce qu'elle était ou n'était pas - peu importait, on l'avait choisie pour être l'un des liens les plus solides avec les relations extérieures au village et au final, c'était sûrement ça, la réponse à toute la résignation qui s'était emparée d'elle lorsqu'elle avait quitté le mouvement rebelle. Ce départ n'avait pas été une fin; c'était ce qu'il avait été depuis le début, un nouveau départ. Ca avait été une première marche vers la suite, prête à accueillir l'offre qui lui était tombée dessus parce qu'elle ne lui était pas tombée dessus totalement par hasard. Qu'est-ce qu'Ofelia penserait d'elle, si elle la voyait siéger au Conseil de leur Odyssée ? Elle serait probablement fière d'elle, très fière d'elle, et elle lui rappellerait les raisons qui l'avaient menée à ce siège. Elle était là pour construire quelque chose, pour se battre aussi férocement que toujours, pour ses convictions et tout ce qu'elle projetait pour eux tous. Elle ne serait jamais là pour s'empâter dans le fauteuil confortable du conseiller.

Mais c'était une drôle de chose, pourtant, que de se réveiller du jour au lendemain avec ce nouveau statut qui changeait à la fois tout et presque rien. Ses paupières s'étaient ouvertes sur la petite maison qu'elle avait réinvestie depuis quelques jours à peine. Il y faisait encore frais et elle remonta sa fourrure jusqu'à son nez le temps de réaliser qu'aujourd'hui encore, comme la veille et l'avant-veille, elle était bien conseillère. Murphy Cavendish était conseillère odysséenne.

Du coin de l'oeil, elle guettait les étoiles qui s'éteignaient progressivement dans le ciel, par la fenêtre qui surplombait son couchage. Le soleil les éclipsait dans ses premiers rayons brûlants qui laisseraient place au jour. Elle s'arracha à la chaleur de sa couverture alors qu'Antarès se redressait à côté de son lit; il avait compris que c'était l'heure d'émerger, l'heure d'aller pisser, l'heure de manger, peu importe --il avait compris que c'était l'heure où sa maîtresse s'activait et où il était susceptible d'obtenir quelque chose d'elle. Elle enfila un jean et son fidèle pull trop grand, qui ne portait plus depuis longtemps l'odeur de son premier propriétaire, puis se rafraîchit dans la petite bassine d'eau qu'elle avait laissée sur sa table. Elle quitta finalement sa maison, son chien derrière elle, et s'étira une multitude de fois pendant son petit détour, en tentant d'émerger avant de retrouver son ami.

Et puis il était là, il l'attendait, comme si ça faisait déjà des heures qu'il l'attendait. Il avait les pieds et le cul sur Terre, alors qu'elle était restée coincée dans les étoiles de ses songes endormis. Elle le regarda d'un œil morne en lui faisant un geste mou de la main. C'est Antarès qui réagit le premier à l'invitation de l'homme et qui trotta jusqu'à l'emplacement qu'il avait désigné à ses côtés. Murphy jeta un regard las à son chien avant de sourire d'un sourire fatigué. Elle sentait son vieux chignon s’écrouler progressivement et quelques mèches tombaient déjà devant son regard. Elle devait avoir fière allure, la conseillère, les deux mains tendues devant elle avec deux armes dont elle savait qu'elle ne devait pas détourner l'attention. On lui avait assuré en cuisine que les boissons étaient bouillantes, et elle pouvait sentir la chaleur traverser les gobelets. « Tu sais que j'ai toujours préféré me coucher tard à me lever tôt... » râla-t-elle en s'avançant pour Wyatt pour se laisser tomber du côté duquel Antarès n'avait pas pris possession. Elle posa devant chacun d'eux chaque gobelet. « C'est l'infusion du jour, je sais pas ce qu'ils avaient sous la main mais ça sent pas trop mauvais... » Avec un sourire en coin, Murphy renifla les relents d'herbes qui parvenaient à ses narines. « Ouais... et toi ? » En réalité, son lit lui manquait. Elle s'était déjà levée incroyablement tôt la veille pour une de ces patrouilles aux horaires indécents, et la journée derrière avait été longue. Elle n'aurait pas été contre quelques heures de sommeil supplémentaire, mais Wyatt était de ceux capables de l'arracher à son lit juste en promettant leur présence. « Ouais, c'est vraiment signe que je me suis levée trop tôt... » Elle râlait et râlait, Murphy, mais se lova un peu plus dans son pull bien trop grand, assise en tailleur, et posa sa tête sur l'épaule solide de son ami. Elle était heureuse d'être là, de le retrouver. Une petite secousse la fit marmonner quelques insanités contre l'épaule de Wyatt. « Mademoiselle ! » Elle avait laissé ses lèvres émerger du pull de l'homme juste le temps de s'assurer qu'il comprendrait bien sa correction. Oh, elle râlait beaucoup, beaucoup trop, mais elle était heureuse d'être là. Pendant une seconde, elle capta le regard de Wyatt et elle put prédire les quelques instants qui suivirent. Wyatt ne disait pas son nom, à Ofelia, mais son regard brillant l'avait hurlé à sa place. « Je... je sais pas. » Elle haussa les épaules, les bras toujours croisés sur son ventre pour enfermer la chaleur dans son pull, et se redressa pour jeter un coup d'oeil aux fameuses étoiles. « C'est con mais j'arrive toujours pas à réaliser ou à comprendre. C'est ptete lié, d'ailleurs. » Elle soupira et frotta son visage fatigué en essayant de dégager quelques unes des mèches foncées qui l'envahissaient. « Jsuis contente que tu sois avec moi. Et @Nadja Wolkoff aussi, et @Richard Coben aussi !  Mais... » Mais quoi, Murphy ? Mais, et si je merdais tout ? Et si j'y avais pas ma place, et si Joe s'était trompé ? Et si moi, je m'étais trompée, en acceptant son offre ? Avec son arrivée dans le Conseil, Murphy avait appris que les rebelles avaient finalement choisi de se dévoiler. Par soucis de transparence, elle avait confessé son ancienne appartenance à Joe. Mais s'il avait su avant, l'aurait-il choisie ? Et si Wyatt savait, serait-il toujours aussi confiant ? Serait-il seulement encore son ami ? « Comment t'avais vécu ta première nomination ? » Est-ce que t'avais hésité, toi aussi ? Est-ce que t'avais eu besoin de plusieurs jours, de conseils; est-ce que t'y avais passé plusieurs nuits blanches, est-ce que t'avais reconsidéré tout ton avenir, est-ce que t'avais douté de tes capacités ? Et ces questions, parmi tout le reste, rappelaient à Murphy que leurs chemins s'étaient démêlées trop longtemps l'une de l'autre. Ils étaient amis, ils étaient la famille, et maintenant ils étaient collègues... alors le sentiment qui s'était emparé d'elle lorsqu'elle avait découvert ses co-conseillers, quelques jours auparavant, vint alléger son cœur. Le Conseil d'aujourd'hui n'était même pas le Conseil dont elle aurait osé rêver quelques mois ou années auparavant. Ce Conseil, c'était sa famille et ses rêves, c'était tous ses projets et les promesses qu'elle s'était faites en arrivant dans ce monde.
Wyatt Sheperd
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Wyatt Sheperd
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le Ven 20 Sep 2019, 01:14
« Fly »

La main tendrement tendue vers Antarès, Wyatt ne peut pas quitter des yeux sa sœur de cœur, son amie d'enfance. Dieu sait qu'il a toujours été fier d'elle mais il l'est particulièrement aujourd'hui, et au fond, il croit qu'Antarès aussi. La remarque de Murphy fait sourire le conseiller qui lui répond, instinctivement. « Je t'ai toujours dit que dire bonne nuit aux étoiles était aussi gratifiant que de leur dire bonjour. » Un clin d’œil alors qu'elle s'assoit à ses côtés, gobelet fumant devant leurs pieds. L'intention touche le brun, alors qu'il aurait dû s'en douter. Sourire aux lèvres, il la remercie et laisse ses mains frôler le gobelet, pour sentir la chaleur dans la pulpe de ses doigts.

Alors que la brunette continue de râler sur l'heure de son lever, Wyatt lui, souriait toujours un peu plus. La tête brune calée contre son épaule avait quelque chose d'apaisant, bien plus que des heures de sommeil qu'il aurait pu tenter de voler. Peut-être que c'était égoïste de tirer quelqu'un de son lit parce qu'on n'aimait pas tellement dormir. Mais si c'était pour vivre ce moment, alors une fois de temps en temps, Wyatt se disait que la belle lui pardonnerait. Son cœur se calme et avec la nuit qui s'éteint, il respire tendrement, les étoiles et leur vie d'avant, tellement loin. Alors que la brunette encore un peu endormie surgit du fond de son pull pour le corriger, le brun ne peut s'empêcher d'éclater de rire. Même moitié consciente, elle ne se laissait pas marcher sur les pieds. « Pardon, pardon. » Qu'il dit avec ce sourire qui ne quitte pas son visage un instant.

Pourtant, l'instant qui suit retrouve cet entre-deux, entre rêve et réalité, sommeil et éveil. Volontairement, Wyatt ne répond pas et laisse son amie s'étendre sur ses doutes et ses pensées. Les yeux rivés dans le ciel qui lentement change de couleur, laissant place à ces semblants de couleur au milieu de la noirceur. Les étoiles s'éteignent une à une et Murphy, elle, comme à son habitude, ajoute un mais à tout ce qui est trop beau pour être vrai. Demi sourire dans un silence tendre, alors que le brun pense à la mère de cette dernière et avant même qu'il ne puisse lui répondre, voilà qu'elle lui retourne la question. Il aurait dû s'en douter, Murphy avait besoin d'être rassurée. La femme forte et déterminée, celle qui ne devait sa réussite qu'à son dur labeur et toutes ses capacités doutait, constamment, de si ce qui lui arrivait été mérité. En vérité, c'est faux. Murphy ne remettait pas le mauvais en cause, seulement le bon. Avait-elle assez travaillé ? Allait-elle décevoir on ne sait qui, on ne sait comment ? Derrière cette façade dure et froide de militaire bien postée, se cachait une enfant qui manquait cruellement de confiance, peut-être parce qu'il lui manquait ce regard, celui d'Ofelia, de cette mère qu'elle aimait tant, pour lui dire tout ce qu'elle était fière directement.

« C'est pas vraiment comparable, tu sais. » Il laisse une de ses mains un peu plus attraper le gobelet et le glisser jusqu'à ses lèvres sans bousculer la position de Murphy à ses côtés. « Mais si ta question c'est est-ce que j'ai hésité avant d'accepter ? La réponse est oui, bien évidemment. » Il repose le gobelet entre ses jambes après une gorgée et appuie à son tour sa tête contre celle de son amie. « J'ai jamais été très politique, tu le sais. En plus de ça, je revenais de nombreux mois seul. » Il hausse doucement les épaules, observant les derniers points de lumière dans le ciel qui résiste en ajoutant. « Mais en même temps, j'avais attendu trente ans qu'on défende la terre, qu'on lui laisse une place au milieu des hommes et pour la première fois, c'est ce qu'on me demandait de faire. » Il soupire et ajoute. « Rien n'est jamais parfait et on ne sera jamais sûrs de nous à cent pour cent, Murph, mais tout ce que je sais, c'est que si on ne se bat pas, personne ne le fera. »

Wyatt avait durement appris la leçon, que ce soit là haut, ou ici. S'il n'avait jamais eu l'impression d'avoir sa place dans un monde d'adulte, la vérité c'était qu'il avait toujours trop cru en ses idées pour être capable de resté sur le côté. Et il le savait, Murphy était sans doute pire que lui sur ce sujet. Des choses à dire, elle en avait des milliers, des âmes à défendre et à sauver. « On a de la chance, tu sais. » Qu'il ajoute tendrement, déposant un baiser sur son front avant de détacher de nouveau sa tête pour attraper sa boisson et en enfiler plusieurs gorgées. « Les élections nous donnent carte blanche, un avenir aussi beau qu'une nuit noire, sans lune. Il n'y a rien, on doit tout construire. C'est terrifiant mais c'est tellement rassurant. À nos côtés, il y a des gens avec des idées et des valeurs qui ne pourront que nous servir. Bientôt la nuit ne sera plus noire mais remplie d'étoiles, qu'on aura tous posé là. » Il sourit à l'idée et reprend, dans une grimace mi-sourire mi-étonnée.

« C'est vraiment pas mauvais ce truc. » Et puis il sourit de nouveau et continue, calmement. « C'est pas grave, Murph, si tu doutes de toi, j'y croirai jusqu'à ce que tu vois ce qu'on a tous vu en toi. » Les yeux toujours dans le ciel, il laisse ses paupières se fermer quelques secondes et murmure, plus doucement. « J'aurais juste aimé qu'on change les choses plus tôt. »

Qu'on évite tous ces gens à la dérive, ces enfants balancés sur terre. Qu'on évite ce regard dans les yeux d'Eris et ce crash qui a tué nos familles. J'aurais aimé qu'on nous laisse la parole là haut, quand il était encore temps de sauver tous ces gens. J'aurais aimé qu'on nous voit, avant qu'on ait plus le choix. J'aurais aimé qu'on ne se quitte pas, toi et moi. J'aurais aimé être là, pour que t'aies confiance en toi. Parce que peut-être que ça n'était pas à moi d'être Conseiller si tôt, peut-être que c'était à toi. J'aurais aimé qu'elles voient ça, que tout le monde voit ça. J'aurais aimé te hurler de te battre plus tôt, là haut. J'aurais aimé être moins lâche, moins triste, moins fatigué. J'aurais aimé avoir les mains immaculées. Pardon, de pas avoir su les protéger, nous protéger, te protéger. Pardon d'avoir mis autant de temps et de pas avoir les réponses même après ces années. Pardon, d'avoir du sang partout sur les mains. Je te jure, Murph, j'ai essayé.  « J'suis content que tu sois à mes côtés. »
Murphy Cavendish
Murphy Cavendish
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le Dim 29 Sep 2019, 22:57


we craved sweetness with a fear of heights

Murphy Cavendish & Wyatt Sheperd

(19 mars 2119 / post élections du Chancelier et nomination du Conseil)


Les moments suspendus entre jour et nuit étaient de tendresse; tendresse de la Terre pour ses habitants, tendresse de ses habitants les uns pour les autres. C'était quelques instants à peine baignés d'une lumière unique, de ces lumières qui subjuguaient les rétines et l'esprit, noyaient l'esprit d'un amour inconditionnel pour le monde. Il fallait beaucoup pour ôter à ces moments la magie qui les accompagnait; aujourd'hui, quelque chose était en passe de le faire.

Les étoiles partaient dans leur danse cosmique quotidienne, s'échappant pour quelques heures à la vision de l'habitant terrestre comme elle l'avait fait depuis la nuit des temps. C'était les derniers instants de la nuit pour le frère et la soeur, les derniers instants pour admirer leurs tendres amies de toujours. Mais ce n'était pas ce qui préoccupait Murphy; à dire vrai, les glorieuses nominations des derniers jours n'avaient pas été sans réveiller de vieux démons cachés chez la militaire. On ne pouvait pas laisser derrière soi un secret si lourd alors qu'on accédait à l'une des marches les plus hautes de la hiérarchie du village. C'était la dure loi de la justesse à laquelle elle aspirait tant : elle devait s'y plier, elle aussi, sinon elle ne valait pas plus que n'importe quel autre mensonge scandé sans fond véritable. Elle devenait victime de ses propres valeurs mais c'était le prix de l'impartialité, sans doute, et elle se considérait incapable de faire les choses autrement. Devenir ce qu'on mettait tant d'énergie à détester, c'était le point ultime d'un abandon qu'elle espérait ne jamais frôler. Murphy savait ce qui se préparait; l'orage menaçait, commençait doucement à gronder au-dessus d'eux. Elle n'avait pas retrouvé son frère pour le perdre sur la confession d'une erreur.

Assise à côté de Wyatt, pourtant, la brune s'autorise quelques instants à oublier l'aveu. Le réveil la laissait encore à moitié dans les nuages et c'était plus doux de laisser les choses se faire seules. La voix de son ami était douce, presque comme si elle se calquait sur la tranquillité apparente des boules de feu lointaines qui parsemaient l'encre du ciel de points dorés. Mais comme elle le savait des étoiles les étoiles, Murphy savait que cette quiétude n'était qu'apparente. Les astres stellaires n'étaient que réactions nucléaires violentes et Wyatt, sous ses airs apaisés, était un être fait de questionnements et de convictions, de passions et de doutes. Il n'avait rien du lisse qu'on avait tendance à envier à ce qui exhibaient leur vie comme un apparat ; il était tout le contraire, fait de sinuosités, de monts et de crevasses qui étaient les seuls, en fait, qu'on pouvait envier à un être humain. La tranquillité de ce petit matin était presque contagieuse, et Murphy parvenait à oublier qu'il fallait confesser l'inconfessable. « C'est mes paupières qu'il faut convaincre, elles sont encore collées... » répondit-elle avec un petit rire en se frottant les yeux pour énième fois. Son lit ne lui manquait plus autant que ce moment lui apportait d'une douceur bienvenue. Les moments, tous les deux, ils devaient les voler au monde et à leur quotidien fou. Ils se voyaient trop peu, pour de vrai. Ils se croisaient, souvent, très souvent, mais pour deux amis qui avaient passé leur jeunesse à construire des rêves et à gambader dans un monde idéal ensemble, se croiser n'était jamais tout à fait suffisant. Il fallait laisser le temps aux conversations, aux vraies conversations. Il fallait offrir de la liberté à leur amitié, sans qu'elle ne soit contrainte par un temps pressant, toujours affolé par les urgences. Et en acceptant l'offre de McOrish, Murphy savait qu'elle avait volé encore plus de temps au temps. Il leur faudrait être ingénieux, tous les deux, mais ils y parviendraient. Si le rythme effréné des journées ensoleillées ne savait pas les réunir, les étoiles y parviendraient toujours. C'était leur ciel, c'étai leur univers, c'était leur monde et c'était leur temps. A une heure aussi matinale, le village était encore endormi et il lui semblait presque retrouver le calme des heures passées près des baies vitrées de l'Odyssée. Juste eux deux et l'univers; juste eux deux et une infinité de possibilité. Ici, en ce matin naissant, on pouvait oublier les patrouilles et les appels qui rythmaient le quotidien sur le village. Le monde dormait encore alors eux, ils pouvaient vivre cette vie un peu à part, même si pendant quelques instants seulement. C'était ça, voler le temps. « C'est pas bien grave, va. » Elle haussa les épaules avec un petit sourire en coin, les prunelles levées vers la voûte céleste, d'un air de dire qu'elle disait un peu plus que ça. Il lui tardait d'apprendre la nouvelle à Isdès. Il ne serait probablement pas fier d'elle une seconde; au mieux, il serait soulagé d'apprendre qu'il connaissait un des leaders du village odysséen. Il râlerait sûrement dans sa barbe, les sourcils froncés, mais elle arriverait à le dérider - et elle serait même suffisamment convaincante pour parvenir à le faire avouer qu'il était fier, au moins un peu.

C'était si étrange, pourtant, de s'imaginer aussi subitement conseillère. Elle avait tellement ri lorsqu'Isaiah avait imaginé cette possibilité. C'était inatteignable, le poste de conseillère, pour Murphy - elle était lieutenant et c'était sa grande fierté. Elle avait bossé comme une forcenée pour se démarqué  de ses égaux et grimper les barreaux hiérarchiques un à un. Maintenant, elle ne voulait plus continuer son ascension, parce qu'au-dessus d'elle il n'y avait que @Richard Coben et @Skylar Rees, et qu'il n'était même pas envisageable qu'ils puissent quitter leurs postes. Alors Murphy était une heureuse lieutenante, ancienne rebelle désabusée, mais conseillère ? Ca n'avait toujours été accessible qu'aux autres, à ceux qui avaient des idées et les défendaient férocement. Ce n'était accessible que des grandes personnes et elle, elle n'était qu'une amatrice qui avait réussi à se frayer un chemin parmi les rangs de la garde - dans la hiérarchie du village, c'était tout autre chose. La tête posée sur l'épaule de son ami, Murphy laissait son regard vagabonder jusqu'au gobelet laissé à terre. Il fumait dans les premières lueurs du jour. « Je sais, je sais... » Elle soupira sans être pleinement convaincue par les réponse que Wyatt venait de lui donner. « On est jamais mieux servi que par soi-même, mais... est-ce que ma place dans le conseil c'est vraiment ce qu'il y a de mieux pour le village ? Je sais ce que je veux, mais je sais pas ce que les autres veulent. J'ai peur de parler à la place des autres. » Probablement encore plus depuis qu'elle avait vu à quel point il était aisé de se laisser glisser du côté de cette facilité ; ne pas prendre la température du côté de ceux qui nous entouraient, c'était tellement plus facile que de prendre la peine de discuter, de comprendre, et d'avoir peut-être à accepter d'abandonner. Alors Murphy était terrorisée à l'idée de se laisser perdre par l'objectivité à laquelle elle aspirait tant. Combien étaient-ils de leaders à s'être perdus en cours de route ? Combien avaient pris leur place pour les bonnes raisons, combien s'y étaient installés trop confortablement ? « On m'a trop dit ou fait comprendre que j'étais un élément perturbateur. Devos m'a convaincue que je pouvais pas refuser, mais jme demande ce qui m'a pris. » Elle soupira et tendit le bras pour attraper son gobelet. Il semblait s'être un peu rafraîchi. « Tu te sentais à ta place dans l'ancien conseil ? Et... et celui-là, tu le sens comment ? Toi qui as de l'expérience de l'intérieur... » En réalité, Murphy était un tas de contradictions ; puisqu'elle voulait tant changer les choses, puisqu'elle avait tant de choses à dire et s'était épuisée à hurler sans qu'on l'écoute, n'y avait-il pas d'autre fin heureuse que celle de la place privilégiée de conseil ? Quand elle avait repris les rebelles dans leur façon de faire, n'avait-elle pas poussé vers le conseil ? N'avait-elle pas considéré, au fond, depuis toujours, que la seule réponse résidait en lui ?

Oui, mais.

Et si elle n'était pas prête ? Et si son rôle était destiné à n'être éternellement qu'un second rôle ?

Elle n'était pas prête.

Le baiser tendre qu'il déposa sur son front la sortit de son état de semi-torpeur, la faisant lever les yeux vers lui pour retrouver cette réalité à laquelle ils n'étaient que deux à appartenir. Elle porta à son tour son gobelet à ses lèvres et s'apaisa. Wyatt avait toujours eu ces pouvoirs sur elle : il était capable de la tranquilliser comme la puissante des drogues, de la rassurer des autres et du monde qui était capable d'engloutir les plus perdus. Il était capable de voir en elle tout ce dont elle doutait et d'y croire pour deux, jusqu'à ce qu'elle prenne le relais pour elle-même. Il parlait de chance, maintenant, et Murphy savait qu'il avait raison. Elle parvenait à se plaindre, privilégiée comme elle l'était, de ce qu'elle avait tant souhaité si longtemps. « Tu sais que je suis la première à y croire, à tout ça... à construire un monde ensemble. » Avec eux; avec lui, peut-être, aussi. « Mais j'ai l'impression que tout est trop fragile... et que tout pourrait voler en éclat juste à cause d'une gaffe. Jveux pas que les autres fassent de conneries, mais je veux pas en faire non plus. Je supporterais pas d'être celle qui fait tout partir en couille. » Mais, la joue posée sur l'épaule de Wyatt, elle souriait paisiblement. Il croyait en elle, comme il avait toujours si bien su le faire. Ce serait probablement lui qui lui donnerait cette force, avec le Devos qui avait su la convaincre du bien-fondé de cette proposition qui lui avait été faite. « Mieux vaut tard que jamais. » Car après tout, même s'ils étaient plein d'idéaux et d'envie et de projets, qu'est-ce qui pouvait les faire affirmer qu'ils feraient un meilleur travail dans ce conseil que l'ancien n'en avait fait un ? Certes, ils avaient été choisis pour ce monde. En élisant McOrish, les Odysséens avaient élu quelqu'un qui s'était montré taillé pour cette Terre. En choisissant ses conseillers, McOrish avait choisi ceux dont il estimait qu'ils connaissaient le terrain, ce terrain et pas celui de là-haut. Avec ce nouveau conseil, ils mettaient officiellement derrière eux tout ce qui avait fait leur vie d'avant et le système d'avant; ils étaient hors de propos, dépassés depuis trop longtemps déjà. Si Murphy n'avait aucun doute sur les autres experts qui avaient été nommés comme conseiller, elle ne pouvait en affirmer de même lorsqu'il s'agissait de diplomatie. Elle vadrouillait, elle échangeait, elle découvrait. Elle avait construit sa propre carte mentale, sur laquelle elle avait basé une carte écrite qu'elle complétait peu proprement de temps à autres. Elle s'était fait des liens dans les villages alentours; elle savait bégayer quelques mots dans cette langue qui n'était pas la sienne. Mais qui pouvait lui assurer que quelqu'un, sur ce village, n'avait pas une carte parfaitement exacte de ce monde ? Qui pouvait lui assurer qu'il n'y avait pas un Odysséen plus discret qu'elle qui s'était lié à des villages entiers de terriens, qui était devenu bilingue, qui était digne d'une confiance qu'elle n'obtiendrait jamais de quiconque. Elle pouvait toujours admettre être une bonne candidate, elle ne parvenait pas à se mettre en tête qu'elle pouvait avoir été la meilleure. « Moi aussi, Wyatt... J'ai tellement envie qu'on change le monde, tu sais... dehors, y'a... y'a des gens, des trésors humains, y'a... » Y'avait Isdès, putain. Y'avait les menaces du désert et tout ce que le nature pouvait apporter de pire à ceux qui n'étaient pas habitués à ses humeurs, mais pour un cauchemar il y avait dix rêves, et pour un malheur il y avait dix bonheurs. Dehors il y avait Isdès et Murphy, elle rêvait du jour où ils n'auraient plus à se trouver quelque part dans la forêt ou au bord d'un lac. Elle voulait lui montrer sa maison, qu'il dorme dans son lit; elle voulait le voir le regard perdu dans le feu de cette cheminée qu'elle parviendrait à remettre d'aplomb. Il avait tant perdu, tant souffert... maintenant, il fallait reconstruire. Maintenant, il fallait dessiner le bonheur.
Wyatt Sheperd
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Wyatt Sheperd
DATE D'INSCRIPTION : 01/08/2018 PSEUDO/PRENOM : Totoro's Child. MULTICOMPTES : TC Jones. MESSAGES : 684 CELEBRITE : Rami Malek COPYRIGHT : avengedinchains ♥ - kane. - sleeping at last ; earth - pando METIER/APTITUDES : Conseiller Odysséen. - Botanique & Zoologie. TRIBU : Dana POINTS GAGNES : 183
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« we craved sweetness with a fear of heights » Murphy&Wyatt Empty Re: « we craved sweetness with a fear of heights » Murphy&Wyatt

le Mar 08 Oct 2019, 01:14


Alors que Murphy lui rétorque que ce n'est pas son esprit mais son corps qu'il faut convaincre, Wyatt lui sourit tendrement. Petit, il lui aurait probablement décollé les paupières lui-même, d'un geste du pouce, posé contre ses doigts, tirant la langue pour montrer qu'il se concentrait sur son job. Ouvrir les yeux aux étoiles, qu'elles disent bonjour ou bonne nuit. Il n'y a pas de meilleur moment. De toutes façons, quand il s'agit d'étoiles, il n'y a que des bons moments. Les deux amis en étaient la preuve depuis presque quatre décennies. La conversation ne tarde pas à prendre une tournure un peu trop sérieuse et les deux amis ne sont plus des enfants mais deux adultes qui croulent sous les responsabilités. Le plus haut responsable de leur peuple leur avait tendu la main, offert une chance dont beaucoup rêvent mais que peu atteignent : avoir une parole, une voix dans un monde où tous se sentent facilement invisibles. Même si les choses avaient radicalement changées depuis leur arrivée sur Terre, Sheperd avait conscience que la méfiance et ce sentiment d'oppression restait présent chez certains des leurs. Comme certains des premiers débarqués les considéraient encore tous comme des monstres, pas capable de voir que la plupart d'entre eux se sont brisés à cette foutue annonce.

Mais la situation est un peu différente pour les deux nouveaux conseillers. Si Murphy a toujours été celle qui avait le plus de leadership des deux, c'est Wyatt qui s'était retrouvé à cette place en premier. C'était le hasard qui avait voulu ça, une question de timing et d'opportunité. Un choix qui l'avait mené là plus vite que les choix de son amie. Pourtant, le brun n'avait jamais réellement douté qu'elle rejoigne les rangs un jour ou l'autre. Parce que si lui ne manquait pas d'idée, elle, ne manquait pas de voix. L'énergie de la militaire pour se défendre et combattre ce en quoi elle croit avait toujours impressionné son aîné. Lui, qui avait passé des années dans le silence à taire ses passions, parce que personne ne voulait les écouter, n'avait découvert que tard qu'il pouvait aussi défendre ce qui le faisait vibrer. S'il ne lui a jamais dit, au vu des circonstances lorsque c'est arrivé, il est certain que le biologiste avait accepté ce poste en pensant à elle. La première fois encore plus que la seconde. Et alors qu'ils se trouvaient là, côte à côte, à regarder les étoiles, il avait enfin l'impression que ces dernières s'alignaient. Le souffle de la conseillère contre son épaule, il se sent pour la première fois plus ou moins légitime dans ce fameux conseil. Alors qu'il lui sort son discours parfaitement rôdé qu'il s'est répété depuis sa première nomination, Wyatt baisse les yeux. Lui non plus, n'est pas vraiment convaincu de ses propos. Et c'est comme un miroir impitoyable que Murphy lui renvoie toute son inquiétude et ses doutes qui durent depuis ce premier oui, il y a presque trois années. Pourtant, la question qui trotte entre les lèvres de son ami lui laisse un large sourire alors qu'elle lui rappelle une fois de plus combien elle est meilleure que lui. « C'est pour ça que t'es à la diplomatie et pas moi. » Qu'il répond d'abord tout simplement, se pinçant le bout du nez avant de reprendre plus sérieusement. « Tu t'inquiètes tellement de ce que pensent les autres que je ne doute pas que tu n'hésiteras pas à leur demander encore et encore ce qu'ils veulent. » Faire passer le bien des autres avant le sien. Si Wyatt n'était pas fondamentalement contre il n'était pas non plus totalement pour. Lui, il voulait que la planète passe avant chacun d'entre-eux, mais clairement, il avait fini par comprendre que c'était un peu trop radical pour ses congénères. « Tout le monde te fait confiance ici, Murph'. » Qu'il lui rajoute. Parce que même s'ils ont passé des années sans se parler, le brun n'a pas cessé de l'observer de loin, du coin de l’œil. La jeune Cavendish avait toujours été respectée, et si elle avait choisi un des métiers les plus difficiles là haut, elle n'avait cessé de prouver et gagner le respect des uns et des autres. Que ce soit par son travail ou sa bienveillance. Que ce soit là haut, ou ici. Qu'importe que les gens n'aient pas toujours été d'accord avec elle, Wyatt le sait, tous, pensent que c'est une bonne personne.

« Devos a eu raison. » Il lui sourit une fois de plus et reprend. « C'est justement parce que tu es un élément perturbateur pour tous ceux qui là-haut, faisaient trop peur pour qu'on leur tienne tête malgré leurs idées détestable, que tu as ta place dans ce Conseil. » Il joue avec la tasse entre ses doigts et l'observe tenir son propre contenant avant de reprendre calmement. « Je ne me suis jamais réellement senti à ma place dans des situations sociales, tu le sais très bien. » Qu'il lui avoue sans honte, elle qui le connait depuis trop de temps pour que ce soit un secret. « Tout le monde a toujours été très gentil mais Nadja et moi on était quand-même des pièces rapportées. C'est pas qu'on était pas écoutés, c'est juste que parfois c'est difficile d'avoir l'impression que sa voix porte autant que celle des autres alors qu'ils avaient établi une dynamique sans nous. » Une gorgée d'infusion et les yeux rivés sur le ciel alors qu'il pense à Nadja et tout ce qu'ils ont traversé, combien ils auraient dû communiquer mieux et plus tôt et toutes les raisons pour lesquelles il ne l'a pas fait. « J'avais peur qu'être moi-même ne soit clairement pas à sa place dans l'ancien Conseil. On ne peut pas dire que mon mode de vie et mes idées étaient en parfait alignement avec tout ce qu'ils avaient pu faire avant qu'on soit là. » Avant qu'ils arrivent sur Terre, quand ils ont décidé de balancer des enfants dans l'inconnu. « Mais ils ont fait de leur mieux pour s'adapter et nous aussi, je crois. » Il hausse un peu les épaules et rajoute, toujours du même ton. « Je me sens mieux, avec ce nouveau Conseil. » C'est une affirmation qui ne contient pas le moindre doute, pas la moindre vibration dans le timbre de sa voix fatiguée. « On part tous de zéro, tous avec nos idées, prêts à s'écouter et à prévoir une vie sur Terre. Entre nous, c'est un terrain tout neuf, il n'y a pas de précédent. McOrish a choisi des gens qui parlent au peuple, il a choisi des gens qui peuvent nous tourner vers l'avenir tous ensemble, sans s'encombrer inlassablement dans le passé. » Il soupire et continue, encore. « L'ancien Conseil avait un passif bien trop ancré, que ce soit pour lui, pour nous ou pour tout le peuple. C'est celui qui a tué une partie d'entre nous et ça, certains ne pourront jamais l'oublier. » Eux, ils ont les mains propres. Du moins pour le moment.

Et puis il en remet une couche, déposant un baiser sur son front pour appuyer ses propos. Parce qu'il en est persuadé, c'est la meilleure occasion pour tourner la page, faire table rase du passé. S'il est plus du genre Nature qu'Humains, il n'empêche que ceux qui l'accompagnent dans cette nouvelle aventure lui vont à lui aussi. Des gens avec des valeurs, des gens prêts à se battre et à y croire, même quand il fera noir. Et enfin, la douce lâche tous ses doutes pour laisser glisser un peu d’optimisme. Le brun ne peut s'empêcher de sourire lorsqu'elle lui avoue être la première à croire en cet avenir. Il a son cœur qui se réchauffe un peu plus alors qu'elle lui parle du pire des scénarios possibles. Et cette fois-ci, c'est par le rire que lui répond son ami. Un rire tendre, vraiment. Un rire et une tête qui se secoue tandis qu'il lui dit, de la même manière qu'il l'a toujours fait. « T'es pas croyable. » Posant son gobelet, il lui répète une fois de plus combien il croit en elle. Il lui dit aussi comme il aurait voulu que tout arrive plus tôt, dans un monde idéal, et elle lui répond qu'au moins, ça arrive. C'est pour cela qu'il l'aime autant. Parce que malgré sa capacité à toujours imaginer le pire et se remettre en cause constamment, à la seconde où c'est lui qui plonge la tête dans les ombres, elle l'en ressort d'un simple geste de la main. Alors il dépose sa tête contre la sienne et ferme les yeux un instant pour reprendre ce qu'elle lui disait juste avant. « T'es comme ma planète, Murph'. T'es aussi dangereuse que fascinante. Tu nous offres le meilleur et nous rappelle que le pire n'est jamais loin. T'es notre équilibre, tout le temps. Mais tu seras jamais celle qui fait tout claquer, parce que tu ne seras jamais seule. » La joue contre son crâne il ajoute, doucement. « On est tous ensemble et on se lâchera pas. Je te lâcherai plus. Je te l'ai promis. »

Ça devient beaucoup plus personnel mais pourtant, tout est vrai dans ce qu'il a énoncé. Quoiqu'il se passe, jamais il ne la laissera, jamais il ne la quittera. Elle est sa sécurité, celle qui tient le fin fil qui le tient en vie depuis toutes ces années. C'est sans doute pour ça qu'il prend la peine de lui dire une fois de plus qu'il est content qu'elle soit là, en cet instant et puis pour tous les autres à présent. Et la belle lui répond par une réciproque, tellement évidente mais nécessaire à entendre. Et de la Murphy qui doute de tout, on passe à la Murphy rêveuse. Celle qui n'a pour limites que ses propres rêves. Elle parle de changer le monde, de dehors, des autres, de ces gens qu'ils ont pu croiser, que ce soit au détour d'une conversation ou d'un feu de camp bien allumé. Elle parle de trésors humains et le brun lui sourit. Il n'en avait pas croisé beaucoup, faut dire que pour que Wyatt voit un humain comme un trésor, il fallait que ce dernier le marque particulièrement. Et en quatre ans de vie ici, un seul avait réussi à faire ça. Si beaucoup de terriens avaient eu toute sa tête, toute son attention et toute son admiration, une seule avait retourné son cœur. Au bord d'une rivière. Le sourire rien qu'en y pensant, le brun décolle une fois de plus sa tête délicatement et avale une nouvelle gorgée du gobelet de nouveau attrapé. Il y a un silence, un silence qui dure et qui s'installe, comme un lit confortable. Un silence alors que le brun décide enfin de le couper, passant une main dans le dos de Murphy pour la serrer un peu plus contre lui alors qu'il se met à parler. « On changera le monde, Murph'. Et on verra tous les trésors que renferme ma belle planète, j'te promets. »

Il relâche sa prise et avale la dernière gorgée de son gobelet tout en reprenant, sourire aux lèvres. « Tu te rends compte que ça va bientôt faire cinq ans qu'on est là ? Cinq ans qu'on a quitté le ciel. » Il soupire et lui dit, tout en lui donnant un léger coup d'épaule. « J't'ai raconté la fois où je suis tombé d'une montagne ? » Qu'il lui balance accompagné d'un rire un peu taquin. « Non parce que peut-être qu'il y a des trésors humains, mais les trésors rocailleux, j'aurais pu m'en passer, tu vois... » Et puis il lui dit, toujours aussi doux. « Ceci dit, mon petit doigt m'a dit que je n'étais pas le seul à m'aventurer au delà du raisonnable... Il paraît que tu as de quoi me rendre jaloux. Alors j'écoute, ma planète t'a offert quoi, qu'elle n'a pas encore voulu me montrer ? » Joueur, il se cale de nouveau un peu plus contre elle. Hors du temps. Hors de tout. Juste des gamins et des rêves trop grands.

Parce que ça fait du bien de rêver.
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