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Cyd Raye
DATE D'INSCRIPTION : 12/03/2017 PSEUDO/PRENOM : Ponyta MULTICOMPTES : Gen Deng, Eirik Thorvald, Leary Wrath, Skylar Rees MESSAGES : 167 CELEBRITE : Ruby Rose COPYRIGHT : Angie METIER/APTITUDES : notion de soin, orientation, guérisseuse TRIBU : ex-Kovarii chez les naoris POINTS GAGNES : 115
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Un souffle d'air dans les feuilles | Maori Empty Un souffle d'air dans les feuilles | Maori

le Sam 22 Juin - 22:19
Cyd tentait de s’intégrer à la tribu naori, mais ce n’était pas si facile. Elle avait son poste de druide, elle soignait les naoris, tout allait pour le mieux. Alors pourquoi ressentait-elle ce décalage ? Elle n’était pas toujours à l’aise alors que tout le monde l’avait bien accueillie. On ne la dénigrait pas, on l’acceptait comme elle le désirait, elle, sa sœur et sa nièce. Elles pouvaient reconstruire une vie ici et avec l’aide de leur Déesse, tout allait pour le mieux. Oui, mais Cyd étouffait. Elle regardait régulièrement les hauts arbres qui la surplombaient, songeuse. Elle évitait de trop traîner dans les arbres, mais comme les autres habitants, elle avait hérité d’une cabane en hauteur. Elle n’appréciait pas être en hauteur, mais elle s’y faisait. Elle essayait de bien s’y intégrer, de s’habituer aux mœurs que les naoris avaient. Cela était différent de sa croyance pour la déesse Di’anada. Malgré tout, elle s’intégrait dans un esprit d’apaisement et de bienveillance. Elle avait décidé de sortir aujourd’hui, d’explorer les alentours. C’était important pour elle. Cyd passa une main dans ses cheveux courts. Elle ajusta sa tenue qui n’était plus en cuir comme celle des Kovariis, mais en tissu comme ceux des locaux. Il faisait plus frais ici que sur son île.

Depuis un an qu’elle était ici, elle s’était progressivement faite à l’idée que le climat était différent et moins chaud. Elle ajusta son sac pour aller chercher des plantes spécifiques. Elle soupira un grand coup et alla jusqu’à la zone pour sortir du camp. Elle salua les gardiens cachés qui surveillaient jalousement l’entrée et s’enfonça dans les bois. Au début, elle s’était un peu perdue dans la forêt avant d’en cartographier précisément les divers chemins alentours. Elle alla longer la rivière. Elle appréciait la texture des vêtements sur elle, légers, mais chauds et bouffants qui masquaient ses formes. Elle qui ne se sentait pas vraiment femme, ni homme, elle était à l’aise plus que jamais dans cette tenue qui ne soulignait pas son sexe biologique. Cyd avait parlé avec certains naoris du fait qu’elle ne se sentait pas femme et aucun ne l’avait mal-jugé contrairement aux anciennes de sa tribu. C’était triste à dire, mais elle était plus en sécurité ici qu’elle ne l’avait été sur son île natale. Cyd redressa la tête en entendant un oiseau et tendit l’oreille. L’oiseau avait été terrifié par quelque chose, ou quelqu’un. La druide décida de prendre la direction inverse de l’oiseau. Elle marcha sur plusieurs kilomètres avant de voir peut-être quelque chose. Elle s’accroupit lentement, silencieuse.

Elle voyait une silhouette se déplacer. Elle était loin de la tribu naori, ayant auparavant marché sur des kilomètres. Cyd regarda la femme, car c’était une femme, elle en était sûre, suivre une bête avec un arc. Lentement et par curiosité, elle la suivit, se demandant si elle chassait. Elle aimait bien voir les gens en mouvement et c’était plus fort qu’elle que de regarder à cet instant. Elle se demandait si cette fille était du ciel et supposait que oui vu sa manière de bouger. Les gens du ciel avaient une manière d’appréhender la vie ici différemment et cela se voyait dans leurs mouvements subtils, mais bien là. Cyd s’avançait lentement, se demandant si la fille du ciel allait tuer la proie et soudainement, elle vit l’arc céder. Elle se mordit l’intérieur de la joue et décida d’intervenir. Elle se plaça de sorte que l’inconnue la voit de suite et ne se fasse pas surprendre. Elle marcha bruyamment. « Bonjour. » D’office, elle parla l’anglais et non pas sa langue natale. « Je suis Cyd, je vous ai vu casser l’arc. » Et potentiellement, elle s’était probablement blessée, mais elle n’en dit pas plus. Elle avait vécu avec des guerrières la majorité de sa vie et savait manier les âmes les plus susceptibles. « Je peux regarder ? Je sais soigner. » Peut-être que l’inconnue refuserait, mais vu les saletés qui trainaient ici, ne pas soigner de suite une plaie, même petite, pouvait être dangereux.
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Maori K. Ho'oname
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le Dim 23 Juin - 16:02

     
Quelquefois, il te faut te perdre avant de te trouver, te traquer avant de t'atteindre. Errer, vagabonder, se détourner ; atteindre, rejoindre, s'aborder.
Maori & Cyd

     

     
Un souffle d'air dans les feuilles

     
Œil aux aguets, à la recherche de la moindre trace. Arc bandé, corde tirée, flèche encochée. Muscles tendus. Ouïe à l'affût du moindre son. Pas discret, discrètement appliqué sur le sol et s'appliquant à la discrétion. Cœur emballé, accéléré par l'adrénaline, l'approche de la fin de la traque. Kairos, le moment fatidique, l'instant inéluctable où il n'y avait que deux options : elle atteignait sa proie, ou non. Depuis des heures, Maori traquait dans la forêt, avec précaution. Elle était partie tôt, le matin même, mais n'avait trouvé une piste qu'en début d'après-midi. Et quelle piste ! Assez fraîche pour la laisser espérer atteindre sa proie avant la fin du jour. Maori s'était alors lancée sur les traces de sa biche, pendant des heures et des heures, avec acharnement, sans s'arrêter. C'était ce même acharnement qui la poussait à s'approcher un peu plus de la tribu naori, bien qu'elle en soit encore loin. C'était ce même acharnement qui l'empêchait de faire demi-tour, quand bien même il lui serait à présent difficile de rejoindre son camp avant la nuit. Elle évitait autant que possible de rester hors du camp la nuit, d'autant plus qu'elle était seule, mais il lui était arrivé d'être partie trop loin et de devoir rester sous les étoiles dans une nature plus ou moins hostile. Cette nuit, elle devrait peut-être se trouver une grotte ou autre abri naturel pour dormir peu et léger, mais en cet instant, elle n'y pensait. La jeune femme était concentrée sur sa traque. Et elle l'était un peu plus, à chaque pas qu'elle posait sur le sol, car les traces devenaient de plus en plus fraîches. Ses yeux abandonnèrent de plus en plus fréquemment le sol pour remonter devant elle, sur sa gauche, sur sa droite, à percer les feuillages du regard, à voir entre les feuilles agitées d'une légère brise. Une petite tache de brun. Elle cherchait, espérait une petite tache de brun au milieu de cet océan de verdure. Son pas s'était fait encore plus discret, Maori s'était tassée sur elle-même pour ne pas être vue par sa proie. Sa petite taille l'avantageait, dans ces endroits denses, où elle devait se faufiler entre fourrés et branchages. Pour autant, elle n'était pas invisible, et elle le savait ; mais si elle pouvait se faire de plus en plus petite…

Maori s'arrêta subitement, mais en douceur. La biche broutait, au pied d'un arbre, et la traqueuse pouvait voir sa robe beige rouler sous le soleil. Maori entreprit de se rapprocher, toujours avec précaution, jusqu'à atteindre une distance plus confortable pour son tir. Son cœur tonnait un peu plus fort, mais depuis le temps elle s'était habituée à la sensation et n'y faisait plus attention. La jeune femme leva son arc, son arc usé par la paume de ses mains, par le frottement des flèches et de la corde, son bon vieil arc. Elle banda la corde, amena l'empennage de la flèche près de son œil, visa, et jura vertement et fortement. Au moment où elle lâchait la flèche, son arc se brisa net dans sa main, la biche détala, et Maori se plia en deux. La paume de sa main gauche était écorchée, sans compter quelques échardes, mais surtout un morceau de bois avait volé jusqu'à frapper son arcade sourcilière. La plaie n'était pas profonde, mais saignait bien, et surtout faisait un mal de chien. La jeune femme posa sa paume vierge de toute entaille au-dessus de son œil, et resta pliée en deux, grimaçante. Néanmoins, malgré la douleur qui détourna son attention du monde extérieur, ses sens captèrent un mouvement, tout proche, et plus gros qu'une biche. Aussitôt, Maori se redressa, et saisit une flèche d'une main. Il aurait probablement été plus judicieux d'attraper son couteau, mais tant pis, tant qu'elle avait une arme à la main…

AA quelques mètres d'elle, un humain déboucha d'un buisson, et s'approcha doucement, faisant bien attention à être vu et entendu. Cela ne détendit qu'à peine Maori, méfiante, et surtout horrifiée : depuis combien de temps était-elle suivie ?! Elle n'avait rien perçu, ne s'en était pas doutée un seul instant... Heureusement que cette personne n'avait pas voulu la tuer, sinon elle n'aurait rien vu venir... Maori plissa les yeux, enfin, un œil, la paupière de l'autre étant obligée de se fermer pour cause de ruisselets de sang, afin d'ausculter la silhouette. Homme, femme ? Elle n'arrivait pas à se décider. Les vêtements amples de l'inconnu cachaient ses formes, s'il y en avait, mais sa silhouette était fine et nerveuse. Quant à ses cheveux, qu'ils soient courts n'était d'aucune aide pour identifier son sexe avec certitude. Homme efféminé, femme garçon manqué, quoi qu'il en soit, Maori avait un problème plus urgent : y en avait-il d'autres ? Et qu'est-ce qu'on lui voulait, là, maintenant ? Clairement, ce n'était pas le moment d'aborder la jeune femme, qui était déjà d'ordinaire sujette à un caractère fort et mauvais… « Bonjour. […] Je suis Cyd, je vous ai vu casser l'arc. » Personne polie, c'était déjà un plus. Prénom et ton sympathiques. Et qui faisait l'effort de parler anglais. L'appartenance de Maori au peuple du ciel semblait assez voyante, puisqu'il n'y avait eu aucune hésitation de la part de Cyd à passer à l'anglais. A tous les coups, ses vêtements l'avaient trahie. Ou alors, elle était vraiment mauvaise en traque, du type d'erreur que seul un peuple qui n'avait jamais connu la forêt auparavant pouvait faire. « Je peux regarder ? Je sais soigner. » Maori haussa un sourcil de surprise, et bien mal lui en prit puisqu'il s'agissait du sourcil ensanglanté. Agacée par elle-même, la jeune femme se redressa, raffermit sa prise sur sa flèche et jeta un regard alentour. Elle savait d'ores et déjà que sa curiosité allait l'emporter. Allait-elle faire montre de sa méfiance ? La traqueuse aux cheveux bruns décida que non, qu'elle n'avait pas envie de perdre de l'énergie à lancer des regards en coin à Cyd puis aux arbres. Alors, elle rangea sa flèche dans son carquois, et acquiesça doucement, les lèvres hermétiquement pincées.
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le Sam 20 Juil - 21:47
Cyd se dit qu’elle était tombée sur un drôle de numéro qui ne semblait pas de bonne humeur. Elle la trouvait sauvage, avec son arcade ouverte, la flèche dans sa main. Elle n’osait rien dire. La druide leva calmement ses mains en signe de paix. Elle ne voulait aucun mal à la native du ciel, mais espérait que l’autre femme le comprendrait. L’androgyne prit même la peine de parler en anglais, langue qu’elle avait appris enfant. C’était la langue des guerriers et sa mère, dans son espoir qu’elle serait un jour une guerrière, avait veillé à ce qu’elle l’apprenne. Mais Cyd n’était jamais devenue une guerrière, juste la honte de sa famille, rien de plus. Elle chassa ses pensées qui n’avaient rien à faire là. Elle ne reçut aucune réponse à ses douces paroles pour apaiser. L’ancienne Kovarii avait un peu l’impression d’avoir parlé pour rien. Elle avait parfois des bouffées de colère qui disparaissaient bien vite car jamais, elle ne les laissait s’installer. Cyd refusait de se laisser guider par ses sombres pensées qui pouvaient la hanter de la sorte. Elle vit l’inconnue arquer un sourcil quand elle osa demander pour regarder et soigner.

Elle vit son regard aux alentours. « Je suis seule. » Elle n’aurait jamais dû le dire, mais Cyd s’en fichait bien. Elle ne pensait pas risquer quelque chose. Elles étaient à plusieurs kilomètres de la tribu cachée des naoris, mais la brune restait convaincue que si elle rencontrait le moindre problème, elle pourrait compter sur les membres discrets de sa nouvelle tribu. L’androgyne s’approcha de l’autre femme en la voyant ranger sa flèche dans son carquois. « Assieds-toi. Ce sera plus facile pour moi de t’examiner. » Elle avait l’habitude des patientes récalcitrantes et méfiantes. La femme savait poser sa voix de manière calme. Elle avait eu bien des guerrières sous ses doigts et franchement ce n’étaient pas les patientes les plus collaborantes. Mais Cyd savait rester elle aussi hermétique, un peu comme les lèvres de son inconnue qui n’avait toujours pas parlé. La brune décida de regarder l’arcade. Elle savait bien que c’était juste impressionnant car c’était une zone qui saignait énormément, mais en général ce n’était pas grand-chose. Elle sortit un tissu de sa besace, ainsi qu’un flacon de plantes distillées et le remua avant de commencer à nettoyer la zone. « Je vais appuyer. » Elle appuya pour tenter de stopper l’hémorragie. Elle était bien proche de l’autre femme, mais cela ne la faisait pas réagir. Du moins, juste au moment où elle leva son regard bleu clair électrique et son regarda croisa celui de celle qui ne parlait pas.

C’était presque à se demander si elle souffrait d’une pathologie qui l’empêchait de parler. Hum, non, vu comment elle se pinçait les lèvres, c’était plus le comportement de quelqu’un qui savait parler. « T’as un prénom ? J’aime toujours savoir le nom de ceux que je soigne. » La taquina-t-elle un peu pour voir sa réaction. Cyd ignorait si elle faisait une bonne blague en anglais, maîtrisant moyennement cette langue, mais pourquoi pas, elle n’y perdait rien. C’était la première fois qu’elle s’occupait d’une fille du ciel et elle se demandait si elle nécessitait des soins spécifiques contrairement à un natif. Le plus discrètement possible, elle l’observa, inscrivant ses traits dans son esprit. Clairement, elle se laissait à vagabonder. Cyd s’était occupée des siennes et de sa nouvelle tribu depuis des mois, ne s’intéressant plus à grand monde. Elle qui aimait tant les femmes, elle s’était un peu coupée de toutes celles qui l’entouraient. Aujourd’hui c’était différent, elle rencontrait une autre femme d’une autre culture et c’était fascinant. L’androgyne n’en oubliait pas son rôle, soigner une arcade et elle aimerait bien jeter un coup d’œil à cette paume de main qu’elle voyait aussi blessé, mais chaque chose en son temps.
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le Sam 20 Juil - 23:50

   
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Un souffle d'air dans les feuilles

   
La terrienne avait lentement levé les mains, signe universel de paix. Elle lui assura également qu'elle était seule, ce de quoi Maori n'avait aucune preuve ; il ne lui restait plus qu'à accorder foi à ses paroles. Les lèvres toujours pincées, à la fois de douleur et d'encore un peu de méfiance, la jeune femme abdiqua, et s'installa à même le sol de la forêt. Les arbres s'élançaient vers le ciel, sans torsade ou moignon capable de l'accueillir. Pas de souche non plus, aucun siège miraculeux sur le sol de ces bois, alors elle s'assit par terre, en tailleur, pile au même endroit où elle se donnait debout il y a quelques instants. Cela obligea Cyd à s'approcher, à se positionner face à elle, à même le sol elle aussi. La voix de la terrienne était calme, posée, expérimentée. Maori n'était vraisemblablement pas la première personne méfiante qu'elle avait à soigner. « Je vais appuyer. » La jeune femme lui lança un regard indigné, et se retint de répondre vertement. Quoique, ça se marierait avec les tons de la forêt. Autour d'elles, la vie avait repris, les oiseaux pépiaient et se pourchassaient dans les branchages, les buissons froissaient leurs feuilles et les arbres contemplaient du haut de leur cime. La frayeur de la biche, puis la colère de Maori, et les mouvements des deux humaines, n'avaient que suspendu l'affairement des animaux sylvestres.

Alors que Cyd compressait sa plaie au-dessus de l’œil, Maori examina de son iris libre la décoction contenue dans la fiole de la guérisseuse. Elle n'avait aucune idée de ce qui la composait, et hésita à demander. Encore une fois, le dilemme fut plutôt de savoir si elle laissait transparaître sa curiosité maintenant, ou un peu plus tard, dans quelques instants. Cyd la sauva de ce choix cornélien, en la taquinant avec ce même humour flou qu'avait Maori :  « T’as un prénom ? J’aime toujours savoir le nom de ceux que je soigne. » Entre taquinerie et pique, tout à fait son type d'humour. Un sourire fleurit à peine sur les lèvres de Maori, qui lança un regard goguenard à Cyd, et ne put s'empêcher de faire preuve d'effronterie : « Bien sûr que j'en ai un. » Et elle n'en dit pas plus. Dans ses yeux brillait une lueur malicieuse, insolente ; la lueur du « et tu ne sauras pas à moins de demander et encore si je veux ». Maori soutint le regard bleu clair de Cyd sans ciller. Elle la provoquait, sciemment, elle avait envie de jouer avec elle. Ce n'était qu'un jeu innocent pour l'instant, un m'as-tu-vu futile, sans importance. Ce n'était qu'un nom. Maori n'avait aucun problème à divulguer son nom, elle en était fière. Malgré les moqueries, ou même grâce à ces moqueries de ses camarades de jeu il y a quelques années, elle le portait avec fierté. Elle avait un nom de langue, un nom de civilisation, presque un nom de tribu. C'était un beau nom, un nom fort, et il se méritait. Alors elle garda les yeux électriques de la grounder prisonniers des siens, la mettant au défi de continuer à l'interroger, afin de raviver son tempérament joueur, un peu acariâtre sur les bords, afin d'attirer et d'attiser Cyd.
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Cyd Raye
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le Jeu 8 Aoû - 18:08
Difficile de percer cette femme qui ne parlait absolument pas. Elle ne semblait pas vouloir parler. Pour l’instant, Cyd ne s’en offusquait pas. Elle avait tendance à apprécier le silence et si c’était pour entendre des mauvaises choses, non merci. Ou peut-être que la native du ciel avait des choses intéressantes à raconter. Cyd n’avait pas rencontré énormément de gens du ciel, elle les avait plutôt observés de loin. S’occuper de sa vie actuelle était suffisamment pénible sans en rajouter une couche et se mêler des relations inter-tribus. Cela ne la regardait pas. Elle, elle devait soigner les corps et les âmes, s’assurer de la bonne santé des membres de la tribu naori, rien de plus. Elle laissait le soin aux diplomates et aux dirigeants de la tribu de se charger des relations. Néanmoins, elle tenta de créer un lien, de poser une question. Elle vit l’autre femme sourire, discrètement. Cela passa comme un coup de vent et la brune se demanda si elle rêvait. Ah, enfin une voix. Cyd ne réagit pas, surtout quand l’autre lui répondit que oui, elle avait un prénom, mais qu’elle ne l’énonça pas. La Kovarii au caractère bien trempée avait bien envie de lui faire mal à sa blessure, mais ses mains restèrent douces et sûres.

« J’imagine que tu as l’habitude qu’on te supplie ? » S’occuper des guerrières lui avait appris à ne pas se faire complètement marcher sur la tête. On pouvait donner la main et se faire prendre le bras, mais non. Elle ne cillait pas, continuait de la fixer. Elle pouvait aussi jouer. En tout cas, elle comptait bien la faire attendre aussi. Elle bougea légèrement la bande et constata avec satisfaction que le sang avait cessé de couler. « Tu ne devrais pas avoir une cicatrice trop voyante. » Elle sortit un pot d’onguent de son sac et en appliqua légèrement avant de refermer le pot et le tendre à l’inconnue. « Deux fois par jour, matin et soir, jusqu’à que la croûte tombe. » Elle regarda ensuite la main. « Ta main sera plus facile. » Ce n’était qu’une écorchure et elle rinça avec sa bouteille d’eau avant d’appliquer une bande qu’elle serra soigneusement. « T’es comme neuve, madame l’inconnue. » La taquina-t-elle encore plus. Elle restait curieuse de savoir comment elle s’appelait, mais attendait encore avant de demander. L’androgyne se recula légèrement, accroupie sur ses pieds en position confortable grâce à la souplesse des muscles de ses jambes. Elle sortit quelques fruits séchés de sa besace, en prit quelques-uns avant d’en tendre à l’inconnue. « Tu peux en prendre si tu veux. Même si je ne sais toujours pas ton prénom. »

Une petite pique bien sentie, une demande discrète. Peut-être qu’une fois soignée, le ventre un peu plein, l’inconnue se porterait mieux et parlerait. Il fallait l’espérer. Cyd ne savait pas à quel moment elle devait partir, ni même si elle devait parler de sa technique de chasse qu’elle avait entrevue. Oh, probablement pas. Elle aurait bien quelques conseils à donner, elle savait un peu chasser, mais elle pressentait que cela ne serait pas forcément bien pris. Autant éviter une dispute avec une inconnue envoûtante, non ? L’androgyne avait mille questions, que faisait une fille du ciel dans la forêt si profonde ? Elle était bien la première que Cyd croisait. Visiblement, ce peuple prenait confiance et explorait de plus en plus. Est-ce que cela la dérangeait ? Absolument pas, bien au contraire, quelque part, elle s’en fichait. Difficile de dire que cela la touchât. Elle restait plutôt indifférente, enfermée dans son petit monde, sauf qu’elle venait de croiser le chemin d’une fille franchement intéressante et cela la réveillait de sa torpeur et indifférence habituelles.
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le Ven 9 Aoû - 17:45

   
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« J’imagine que tu as l’habitude qu’on te supplie ? » Maori manqua d'éclater de rire, et se retint en pinçant les lèvres, une lueur franchement amusée dans le regard. Elle répondit à cette question détonante par un sourire tout à fait angélique, cligna des paupières pour en rajouter une couche, et ne répondit pas. Cyd continuait de la fixer, se prit au jeu des regards elle aussi. Maori, détendue, insolente, resta plongée dans ses yeux ; et ce temps de suspension de l'instant, elle le passa à s'émerveiller des yeux bleu clair de Cyd. Elle garda sa fascination pour elle, mais ce bleu de glace, elle le trouvait magnifique. Envoûtant, malgré ou grâce à sa froideur, alors qu'elle voyait presque des banquises et des icebergs s'y former. Et malgré le sang qui coulait et perlait entre ses cils, Maori garda les yeux ouverts, pour ne pas en perdre une miette. « Tu ne devrais pas avoir une cicatrice trop voyante. » Un sourire victorieux, puéril, étira les lèvres de Maori, alors que Cyd détournait le regard en premier, même si c'était pour vérifier sa plaie. A l'entente du mot cicatrice, Maori haussa les épaules, et répliqua d'un ton léger : « Dommage. Il paraît que les filles aiment ça. » De nouveau, un sourire angélique décoché à Cyd, puis elle se laissa faire, écouta les recommandations avec attention, surprise de se retrouver avec un pot d'onguent entre les mains alors qu'elle ne s'attendait pas à temps de générosité. Et une phrase qui sortait, dépassait le passage à niveau de ses lèvres avant qu'elle n'ait pu en baisser les barrières : « Ça t'arrive souvent d'offrir tes remèdes à des inconnues ? » Interloquée, et question rhétorique, tandis que Cyd continuait sa besogne, nettoyait et bandait sa main avec délicatesse, puis s'accroupissait en face d'elle, tranquille comme toujours. Imperturbable, malgré ses petites piques bien senties, qui ne firent qu'amuser un peu plus Maori. « T’es comme neuve, madame l’inconnue. » Maori s'empressa aussitôt de parodier une courbette, moulinant de la main et pliant le buste, prenant un ton châtié : « Mille mercis, ma chère lady. » Une pointe d'accent, encore une expression goguenarde sur le visage. Elle s'amusait follement.

« Tu peux en prendre si tu veux. Même si je ne sais toujours pas ton prénom. » La jeune femme récupéra doucement une amande, et la grignota du bout des dents. « Tu es déjà si généreuse avec une inconnue, je n'ose pas imaginer ce que ce sera quand tu sauras mon nom. » fit-elle remarquer, quand même impressionnée et prise au dépourvu. Néanmoins, elle fit encore attendre Cyd, le temps de récupérer les bouts de bois qui avaient précédemment constitué son arc, et de lâcher un « Tssss » agacé, avant de les reposer à terre. Elle ne pourrait même pas récupérer la corde, majoritairement intacte, car quelques fibres avaient cédé sous la détente brusque. Une fois ces brefs instants passés et son amande finie, Maori se retourna vers Cyd, et lui sourit, poliment cette fois-ci, sans une once de moquerie ou de sarcasme. « Je m'appelle Maori. Pas comme la tribu, avec un M. » Et elle réalisa brièvement le tracé de la lettre, en l'air, histoire d'appuyer ses propos. Le quiproquo était possible ; et certains terriens pouvaient s'offusquer qu'elle porte le nom de leur tribu, et même leur opposer l'ignorance de ses parents ne servirait à les convaincre. Elle préférait donc préciser, histoire d'éviter tout malentendu. Soudainement, Maori tendit le cou vers Cyd, les mit nez à nez, leurs faces à proximité l'une de l'autre, et lâcha « T'as de beaux yeux, tu sais. » d'un ton neutre. Les interprétations sont ouvertes, my dear.
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le Mer 14 Aoû - 21:40
Cyd était captivée par l’air amusé de Maori. Elle ne pouvait détacher son regard d’elle, comme un papillon aspiré par la lumière. Elle se sentait un peu comme une enfant et d’un côté, elle se sentait un peu bête sans pouvoir se l’expliquer. Elle la vit cligner des paupières, avoir un sourire angélique et secoua la tête, franchement amusée. Elle l’amusait énormément. Ces airs auraient pu agacer plus d’une, mais absolument pas elle. La Kovarii se sentait scruté, observé, mais elle réagissait à peine. Cela ne la gênait absolument pas. Elle ne vit pas le sourire victorieux de Maori, trop occupée à la soigner avec expertise. Quand elle devait travailler, le reste passait en second plan, elle devenait concentrée et minutieuse. Elle réfléchissait à peine à ce qui se passait autour d’elle. Les paroles de l’inconnue lui firent lever les yeux sur elle quand Maori affirma que les cicatrices plaisaient aux filles. « Je ne le savais pas. » Dit-elle de manière mystérieuse, sans relever le fait qu’elle aussi, aimait les filles. C’était encore plus intéressant que prévu. C’était toujours délicat de draguer une femme quand on ne savait pas si elle était homosexuelle ou pas. Chez les Kovariis, l’homosexualité était une pratique courante, voire encouragée tellement les femmes étaient dégoûtées par les hommes, sauf pour la reproduction. C’était une société basée sur les femmes, pour les femmes et les femmes restaient ensemble.

De toute manière, selon Cyd, les femmes n’avaient aucun souci avec l’homosexualité, c’étaient les hommes qui semblaient mal le prendre quand un soupçon d’homosexualité s’effectuait à leur égard. Cette inconnue allait vraiment lui plaire et à son tour, un sourire peignit son visage. C’était vrai, elle donnait bien facilement ce pot d’onguent, mais elle se sentait d’humeur généreuse. Elle voulait aussi plaire. Elle avait tendance à offrir tout et n’importe quoi aux femmes qui attiraient son regard. Cyd pouvait les couvrir de fleurs, de bijoux, de bracelets et de remèdes car c’était important de prendre soin de son corps, la maison de son âme. « Quand l’inconnue me semble le mériter, oui. » Elle voulait voir sa réaction, voir si elle était intéressée par sa présence ou si c’était un genre qu’elle se donnait. Cyd se montrait prudente car c’était la première fois qu’elle tentait de conquérir une native du ciel, en plus dans une langue qui n’était pas la sienne. La femme avait de suite titillé son intérêt grandissant. Un rire lui échappa quand Maori fit une courbette et elle secoua la tête, franchement amusée.

L’androgyne décida de partager son petit goûter l’air de rien, en s’asseyant, peut-être qu’elle obtiendrait enfin son prénom si elle attaquait d’une autre manière. « Je peux être très généreuse quand on est proche de moi. Une alliée c’est toujours utile. » A voir si l’inconnue serait intéressée par ce genre de paroles. Cyd devait tester plusieurs méthodes pour être sûre d’elle. La brune l’observa ramasser les morceaux de l’arc. « Il devait être usé pour se briser de cette manière. » Peut-être qu’elle pouvait se garder ce genre de commentaire, mais cela avait été vraiment plus fort qu’elle. Pour elle, un bon arc devait tenir des années, sinon cela était signe de sa mauvaise qualité. Elle ne savait pas où l’inconnue avec eu son arc, mais elle connaissait des bons artisans qui venaient au duty-free pour le troc. L’ex-Kovarii sortit de ses pensées quand Maori lui sourit poliment, il ne s’y attendait pas. Maori, quel nom étonnant, mais il sonnait tellement bien. « Maori. » Cyd le répéta pour tester le son à l’oreille et avec son accent, il sonnait différemment que dit avec l’accent anglais. Elle aimait bien ce prénom. Elle fut surprise de voir Maori soudainement si proche de son visage, mais ne bougea pas. Peut-être était-ce une technique d’intimidation, mais non. A sa grande surprise, la fille du ciel lui fit un compliment sur ses yeux.

Cela ne manqua pas de faire sourire Cyd malgré l’air neutre de Maori. Elle ne savait pas forcément comment le prendre, mais probablement comme une technique de drague comme une autre. Elle tendit sa main et du bout des doigts, toucha sa joue. Était-ce une invitation à plus ? Difficile à dire avec son air. « Les tiens aussi sont pas mal. » Dit-elle avec un clin d’œil taquin. Cyd décida de tenter le coup et rapprocha encore plus son visage jusqu’à que leurs lèvres s’effleurent tout en douceur. Elle laissait le choix à Maori de se dérober en toute discrétion, sans vexer l’androgyne. Cyd détestait forcer, elle préférait toujours s’assurer que sa partenaire soit d’accord.
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Maori K. Ho'oname
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Un souffle d'air dans les feuilles | Maori Empty Re: Un souffle d'air dans les feuilles | Maori

le Jeu 15 Aoû - 14:57

   
Quelquefois, il te faut te perdre avant de te trouver, te traquer avant de t'atteindre. Errer, vagabonder, se détourner ; atteindre, rejoindre, s'aborder.
Maori & Cyd

   

   
Un souffle d'air dans les feuilles

   
Cyd avait l'air de s'amuser autant qu'elle, répondait du tac au tac et avec la même étincelle malicieuse dans le regard. Étincelle malicieuse, intrigante, étincelle mystérieuse également, alors que Cyd répondait « Je ne le savais pas. » d'un ton lourd de non-dits, lourd de secrets et de pensées cachées. Un ton que Maori connaissait bien ; elle avait joué la comédie pendant quelques mois, d'abord surprise par ses sentiments, puis débordée, déboussolée, jusqu'à ce qu'elle assume complètement, à la limite de pousser une gueulante pour que ce soit fait une bonne fois pour toutes. Finalement, elle avait fait son coming-out avec calme auprès de ses parents, et les gueulantes étaient arrivées après, devant chaque injustice dont elle était témoin. La jeune femme jeta un regard par en-dessous à Cyd, moment de connivence où deux êtres semblaient se reconnaître sans s'être jamais croisés. Pour autant, elle ne dit rien, se contenta de supposer, tout en gardant en tête qu'elle pouvait se faire des idées, ou, pire, que Cyd pouvait jouer la comédie pour la faire tomber dans ses filets. Auquel cas, tout ne serait qu'une mascarade, mais Maori n'y croyait pas. Il n'y avait qu'à voir l'amusement sur la visage de la guérisseuse, alors que la jeune fille du ciel semblait balancer stupidité sur stupidité. « Je peux être très généreuse quand on est proche de moi. Une alliée c’est toujours utile. » Ou peut-être que si. Peut-être qu'elle ne faisait tout ça que parce qu'elle voulait se la mettre dans la poche. Il restait un bon bout de chemin à faire, avant que la confiance ne règne entre terriens et Débarqués. Maori resta pensive quelques instants, pesa le pour et le contre, puis la voix de Cyd l'en tira avant qu'elle n'ait pu arriver à une conclusion éclairante : « Il devait être usé pour se briser de cette manière. » Son regard s'abaissa de nouveau sur son arc, et elle fit la moue, haussa les épaules. « Pas tant que ça. Je ne sais plus. » Elle y faisait attention, c'étaient ses affaires, mais elle ne tenait pas les comptes, année par année, mois par mois et jour par jour, du temps de vie de ses possessions. « 2 ans, 6 mois, 4 jours, 13 heures, 26 minutes et 4 centièmes je crois. » Elle s'amusait de nouveau, fit une tête étrange en disant cela.

Puis une deuxième tête étrange, lorsque Cyd riposta aussitôt à sa réplique de Jean Gabin, avec un clin d’œil en prime ! Et ses doigts sur sa joue, un frisson électrique qui la parcourut. Les yeux de Maori se baissèrent de nouveau, tombèrent sur les lèvres de Cyd, lèvres qui disparurent vite de son champ de vision pour, presque aussitôt, effleurer ses lèvres. La jeune femme s'était figée, surprise, encore un peu méfiante, mais aussi paralysée par une tension électrisante, tension qui était née de ce toucher sur sa joue. Lentement, sa main se leva, et vint effleurer la mâchoire de Cyd, passant sous son menton, tandis que Maori tendait le cou, pour capturer discrètement les lèvres de la terrienne, à peine quelques instants, quelques instants de douceur avant de se reculer lentement, bien qu'elle pouvait encore sentir le souffle de Cyd sur son cou. Maori se mordilla la lèvre inférieure, pour retarder de quelques secondes un sourire naissant, et haussa un sourcil. Bien mal lui en prit, car il s'agissait encore de son sourcil blessé, mais elle fit comme si de rien n'était, cessant même de mordiller sa lèvre pour laisser le sourire fleurir sur ses lèvres : « Yu hod in emo skaron. » Elle avait utilisé la langue native de Cyd d'une voix un peu rauque, les syllabes un peu hachées par manque d'habitude. Bien que ce ne soit pas la première fois qu'elle l'utilise, elle le faisait si rarement qu'il lui fallait toujours quelques phrases ou quelques minutes pour se remettre dans le bain, retrouver un peu de fluidité, autant dans la traduction que dans la prononciation. Mais c'était une fierté, que de savoir aligner quelques mots de cette langue si étrange pour elle, langue qu'elle ne prenait le temps d'apprendre que parce qu'elle était curieuse et souhaitait faciliter ses rares contacts avec les terriens qui ne parlaient pas sa langue... ou n'en prenaient pas la peine, cachaient soigneusement ce talent afin de mieux les prendre sur le fait. Bref. Il restait encore un long chemin avant que la confiance ne règne. Mais ce genre de petites attentions, c'était un progrès de plus, un pas de plus, une base un peu plus solide dans leurs relations ; somme toute, c'était tout ce que Maori souhaitait. Plus de contacts, plus de curiosité satisfaite, Maori contente.
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