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Mila Swann
DATE D'INSCRIPTION : 26/08/2017 PSEUDO/PRENOM : ΛURORΛ BOREΛLIS MULTICOMPTES : MAKENNA ASKAYWEN MESSAGES : 889 CELEBRITE : ANNA SPECKHART COPYRIGHT : ULTRAVIOLENCES // ENDLESSLOVE // FEVER RAY METIER/APTITUDES : TU CULTIVES LA TERRE SELON LES SAISONS (BOTANIQUE & AGRICULTURE) POINTS GAGNES : 123
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The day we met (ft Wyatt) Empty The day we met (ft Wyatt)

le Dim 9 Juin - 13:20


I am not the only traveler who has not repaid his debt. I've been searching for a trail to follow again and then I can tell myself what the hell I'm supposed to do. I don't know what I'm supposed to do. (@lord huron // beerus)


Tu attends ce moment depuis si longtemps. Ils redoutent ce moment depuis si longtemps. Parce que c’est leur dernier espoir de t’extraire du noir dans lequel tu es plongée. Pendant des années, ils ont tout mis en œuvre afin de t’aider. L’un comme l’autre s’est démené pour faire taire les voix que tu entends dans ta tête. Tu n’es pas sensée les entendre Ludmila, pourtant, elles sont encore là. Tu prétends le contraire lorsqu’ils te demandent parce que tu sais, au plus profond de toi, ce qu’ils veulent entendre. Ce qu’ils ont besoin d’entendre. Tu ne comprends pas pourquoi c’est mal. Tu ne comprends pas ce que tu fais de mal. Alors tu leur caches la vérité, craignant qu’ils ne t’abandonnent en découvrant la réalité. Durant des mois, tu les trompes de la sorte, prenant soin de leur faire avaler tes bobards. Tu ne réponds plus à ta mère, à ton père. Tu tentes de les ignorer de toutes tes forces. Pourtant tu as envie de leur parler mais c’est trop risqué. Eux aussi ont besoin de te parler. Alors ils cherchent une façon de t’atteindre. Tu ne t’en rends pas compte mais bientôt, la nuit, tu les retrouves aux portes du sommeil, près de tes rêves, encore plus de tes cauchemars. Au début, tes pères pensent naïvement que tu parles quand tu dors. Pourquoi s’inquiéter ? Tu sembles aller beaucoup mieux.

Puis, ils réalisent que ce ne sont pas de simples paroles dénuées de sens. Ce sont des conversations dont tu n’as même pas conscience. Terrifies à l’idée de te perdre davantage, ils décident de tenir leur promesse. Tu iras dans la serre. Tu iras près de la Terre. Puisses-tu trouver le salut. Parce qu’ils n’ont pas d’autres solutions. Parce que c’est la seule solution. Après celle-ci, ils ne savent plus quoi faire, quoi dire, quoi imaginer pour t’aider à guérir. Pour effacer de ton cœur, le chagrin que tu ressens en permanence. Tu ne le montres pas, c’est probablement ça le pire. Tu souffres tellement que tu ne peux l’exprimer. Et ils ont peur que cette tristesse ne finisse par te ronger… entièrement.  Toi, tu es excitée, impatiente, de te rendre là-bas. Tu as imaginé ce lieu des centaines de fois. Pourtant, tu demeures persuadée qu’il est bien plus fabuleux en vrai. Cela ne fait aucun doute. Face à ce trop plein d’émotions, tu ne trouves pas le sommeil cette nuit. Tu restes éveillée dans ton petit lit, regardant le plafond, quand tu les entends. Ils sont là, près de toi, si près de toi. Tu pourrais presque leur tenir la main. Et c’est dans le creux de leur paume que tu trouves un peu de repos, de répit. Au creux du déni causé par la disparition brutale de tes parents.

Quand tu émerges au petit matin, tu n’attends pas tes pères adoptifs pour te lever. Tu enfiles tes vêtements à toute allure et dévales dans le vaisseau comme une fusée propulsée depuis la Terre. Tu vas la voir, enfin. Tu vas la toucher, enfin. Tu ne prends pas la peine de manger un bout, tu n’as pas faim. Tout ce que tu souhaites, c’est découvrir leur promesse. La promesse qu’ils t’ont faite, cinq ans auparavant. Tu te retrouves devant la porte en l’espace de quelques minutes. Essoufflée, tu reprends ton souffle alors que tu observes ce qui t’attends derrière la vitre. Pourquoi personne n’est là ? Pourquoi personne ne t’ouvre ? « Tu dois être la petite Swann. » Tu tournes la tête pour découvrir un vieux monsieur qui te tend la main. Tu ne réponds pas. Tu ne lui serres pas la main. Sa main semble rugueuse, elle ne t’inspire pas confiance. Il ne s’offusque pas de ta réaction, parfaitement au courant de la raison de ta venue. En partie. Tes parents sont venus se présenter au cours de la semaine. Le thérapeute est venu avant eux. Et ce, pour établir un programme avec lui. Sauf que toi, tu l’ignores. Toi, tu veux simplement rentrer. Le vieux monsieur finit par t’ouvrir la porte. L’émerveillement se lit dans tes prunelles azures que la luminosité de la serre accentue. Tu t’approches délicatement, n’osant pas toucher, de peur de les voir disparaître comme tes parents. A croire que tout ce que tu touches, fane subitement…


→ Wyatt, dans la serre, début avril 2102
Wyatt Sheperd
DATE D'INSCRIPTION : 01/08/2018 PSEUDO/PRENOM : Totoro's Child. MULTICOMPTES : TC Jones. MESSAGES : 602 CELEBRITE : Rami Malek COPYRIGHT : poésies cendrées - kane. - sleeping at last ; earth - pando METIER/APTITUDES : Conseiller Odysséen. - Botanique & Zoologie. TRIBU : Dana POINTS GAGNES : 122
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le Dim 9 Juin - 21:57

« Sheperd, t'oublies pas, demain y a la gamine qui débarque à la serre. » Un geste de la main pour dire qu'il a compris et Wyatt franchit les portes de la serre avec une tablette à la main, en train de continuer une étude qu'il a commencée plus tôt dans la journée. Concentré, il traverse les couloirs du vaisseau comme un fantôme et ignore complètement la population qui l'entoure. Pour être tout à fait franc, il a tellement la tête dans son dossier qu'il ne se souvient ni avoir mangé, ni quoi que ce soit d'autre qui n'est pas lié directement à ce fameux dossier. Il ne se rend évidemment pas compte de l'heure qui passe et du couvre feu qui le prend par surprise. S'il s'écoutait il ne dormirait pas vraiment, travaillant jusqu'au petit matin – enfin, ce qu'ils considèrent comme le matin, et il irait bosser comme ça, au moins jusqu'à avoir fini ce qui l'obsède. Mais comme le dit son mentor, le souci avec lui c'est qu'il y a toujours quelque chose qui l'obsède et qu'avec cette logique, il ne dormirait jamais. Faut dire qu'il a déjà essayé cette technique et qu'il a fini par s'écrouler de fatigue et tomber malade. Ça n'a pas duré longtemps et ce n'était rien de grave mais ça a suffisamment inquiété ses parents et ses proches pour qu'on lui ordonne de ne pas recommencer.

Wyatt n'aimant pas contrarier ceux qui tiennent à lui, il a écouté, et c'est donc pour cela qu'il se frustre, prend sur lui et dort avec le couvre feu qui débarque. Évidemment, même si le jeune adulte est prêt à faire des efforts pour rassurer ses proches, il ne faut pas trop lui en demander. Debout à la seconde où le couvre feu se termine, il attrape ses affaires, déjeune en quatrième vitesse et se retrouve devant la serre avant pratiquement tout le monde. La tête dans son dossier, il est déjà prêt à ignorer de nouveau tout le monde et continuer ses expériences pour les journées à venir. Pourtant, son superviseur lui tapote l'épaule et le sort de sa bulle dans un sursaut plus ou moins contrôlé. « Sheperd, t'as oublié, pas vrai ? » La question lui fait hausser un sourcil alors qu'il relève les yeux derrière l'homme pour apercevoir une jeune fille, haute comme trois pommes, qui observe la serre avec les yeux remplis d'étoiles. Cloué sur place, le brun regarde le chef avec un air très perplexe avant de creuser sa mémoire et de se souvenir. Pour le sortir de ses obsessions et de tout ce qui le détachait un peu trop de la réalité, on lui avait collé une gamine dans les pattes. D'après ce qu'on lui avait dit il fallait lui accorder énormément d'attention et être patient, délicat et diplomate avec elle. Autant dire que ce n'était pas vraiment les qualités les plus connues du biologiste. Soupirant et s'apprêtant à faire les yeux doux à son superviseur pour qu'il le sorte de là. L'autre l'en empêche en le poussant directement vers la petite et lui enlevant sa tablette des doigts. Serrant légèrement les dents et les poings, il soupire lentement avant de s'avancer vers la brunette.

Wyatt ne dit rien, il la regarde pendant quelques instants. Elle qui n'ose rien approcher, rien toucher et dont pourtant les yeux s'illuminent plus qu'il ne l'aurait imaginé. Il se voit en elle, il se revoit, traverser pour la première fois cette serre et ne pas savoir comment s'y prendre ni par où commencer. Peur de mal faire ou peur de faire du mal. Quelque chose entre les deux, peut-être même un peu des deux. Le brun s'accroupit pour se mettre à hauteur de la jeune fille et il se dit qu'il doit agir d'instinct. De toutes façons il n'a jamais été doué avec les autres, ni pour les formules de politesse ni pour les mettre à l'aise. Alors peut-être que s'il lui parle simplement de ce qui semble lui créer des étoiles dans les yeux ça suffira. Et puis sinon, il aura tenté. « Tu vois ce qu'on a en face de nous, c'est un plan de carottes. » Il lui pointe du doigt, en appui sur ses chevilles, d'une voix plus douce qu'il ne s'en savait capable et il continue. « Derrière il y a des pommes de terre. Toute cette rangé c'est de la nourriture. » Son doigt pointe une autre direction, plus au fond. « Là bas ce sont des plantes médicinales. Et là, qu'il dit en montrant quelque chose sur leur droite, des arrières petits-enfants de plantes emportés de la terre. Elles sont là pour le souvenir, celles-ci on ne les étudie pas. » Il laisse son bras retomber contre sa cuisse et se tourne pour observer le visage de la petite. « Tu veux aller voir quoi, en premier ? » Qu'il lui demande tout simplement.

Et maintenant, y a plus qu'à voir si la petite lui répond ou si ça va être la journée la plus longue de toute sa vie.
Mila Swann
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le Dim 23 Juin - 16:39


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L’émerveillement. C’est l’état d’esprit dans lequel tu te trouves actuellement sans même t’en rendre compte. Pour toi, ça ressemble à un drôle de rêve dont tu ne saisis pas totalement la logique. A vrai dire, tu ignores quel mot peut le mieux décrire ton ressenti. Celui que tu cherches est tout simplement l’apaisement. Tu te sens apaisée. A cet instant précis, il n’y a plus qu’une voix dans ta tête. La voix de Ludmila. La tienne. Tes pensées t’appartiennent pour quelques secondes qui te semblent suspendues dans le temps. Tu ne sais pas trop comment te positionner face à cela. Tu n’as plus l’habitude d’être seule dans ta tête, complètement seule. Tu te retrouves un peu prise au désarroi. Quand une voix attire subitement ton attention, une voix réelle, proche. Tes prunelles vrillent dans sa direction pour découvrir un visage inconnu, nouveau à tes côtés. Tu l’observes en silence alors qu’il te présente les différentes plantations et plantes qui siègent au sein de la serre. Ton regard finit par suivre le cheminement de son doigt, te désignant chaque fois les semences dont il parle. Lorsque le botaniste se tourne finalement vers toi pour t’interroger, tu pivotes instinctivement vers la droite. « Pourquoi personne ne les étudie ? » Voilà la question qui te perturbe pour la simple et bonne raison que tu ne comprends pas.

« Elles ont fait quelque chose de mal ? » J’ai fait quelque chose de mal ? C’est bien cette question, finalement, que tu te poses sans cesse. J’ai fait quelque chose de mal pour que mes parents m’abandonnent ? J’ai fait quelque chose de mal pour que ma mère se suicide ? J’ai fait quelque chose de mal pour que mon père en fasse de même ? J’ai fait quelque chose de mal pour entendre ces voix ? C’est mal d’entendre ces voix ? C’est mal d’avoir constamment peur ? C’est mal de ne pas vouloir être seule ? Une question pour en englober des centaines qui ne cessent de trotter dans ton esprit. Encore et encore. Tu ne peux pas les poser. Tu n’es pas prête d’entendre les réponses car tu penses être responsable. Pourtant, le thérapeute te rappelle incessamment que ce n’est pas ta faute. Ce n’est pas faute si ta mère aimait moins la vie qu’elle ne t’aimait toi. Ce n’est pas ta faute si ton père aimait plus ta mère plus qu’il ne t’aimait toi. Alors c’est la faute à qui ? Parce que dans cette histoire, il ne reste qu’une personne. Qu’une enfant. Toi. L’abandonnée, la mal aimée, l’exilée. Est-ce que ces fleurs sont comme toi ? Est-ce qu’elles sont responsables de quelque chose d’horrible ? Est-ce qu’ils vont les garder ainsi ou finir par s’en débarrasser ? Est-ce que tes pères vont finir par se débarrasser de toi ? Tu tournes la tête vers ton précepteur, cherchant la réponse sur ces traits figés que tes iris bleutés parcourent de bas en haut. Puisse-t-il d’apporter un peu d’espoir au milieu de l’obscurité.

→ Wyatt, dans la serre, début avril 2102
Wyatt Sheperd
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le Dim 23 Juin - 23:35


Le silence de la petite n'a rien de vraiment rassurant. Même si Wyatt la sent attentive, à l'écoute, il sait qu'il ne pourra pas tenir une journée à faire un monologue. Il n'a jamais été de ces gens qui meublent les conversations, il n'est pas non plus de ces gens à l'aise avec les êtres humains en général, alors un enfant. Mais finalement, la brunette ouvre la bouche pour lui poser une question qui le surprend. Sur le coup, il n'est pas capable de dire si c'est la question ou simplement le soulagement d'entendre sa voix qui le prend de court. D'un sourire tendre, il l'observe alors qu'elle enchérie avec une question, qui, cette fois-ci, lui fait perdre son équilibre incertain pendant une demi-seconde. S'il retrouve rapidement l'équilibre sur ses chevilles, il observe la petite avec tout le questionnement dont il sait faire preuve.

Wyatt n'est pas du genre à traiter les enfants différemment des adultes. Pour lui, un humain est un humain et ça s'arrête là. Aussi, lorsque ce petit bout lui pose une question aussi dure, aussi violente que celle qu'elle vient de lui articuler, le biologiste ne sait pas comment y répondre. Un instant il détourne le visage pour tenter de trouver son supérieur mais son regard a beau balayer les alentours, il semblerait qu'on les ait laissé tous les deux, là, seuls face à eux-mêmes. Se mordant l'intérieur de la lèvre, il prend sur lui et réunit ses mains au dessus de ses genoux, les fixant afin de se concentrer sur la réponse. Son crâne se sépare en deux, il y a tout ce monde qui lui répète depuis toutes ces années de simplifier les choses et ne pas partir dans ses explications farfelues, encore moins avec les enfants. Et puis il y a cette partie, celle qui lui dicte de continuer à fonctionner à l'instinct avec cette petite et de ne surtout pas lui mentir, encore moins la prendre pour une idiote. Ce n'est ni l'âge ni la taille qui reflète l'intelligence et la patience de quelqu'un. Il est bien placé pour le savoir, constamment bousculé dans son enfance par ceux qui cherchaient à éviter ces questions par pur égoïsme. Cet égoïsme d'adulte, qui mêle fierté et ego, celui qui n'est pas capable de dire qu'il n'a pas la réponse à la question, ou qui doit prendre le temps de s'expliquer pour être clair.

Wyatt a détesté ça. C'est probablement pour ça que c'est finalement la deuxième option qui lui arrive tout naturellement et que dans un soupir, il commence à parler, toujours aussi doux, toujours aussi calme. « Personne ne les étudie parce que l'on sait déjà tout, d'elles. » Il retrouve le regard de l'enfant et lui offre un sourire un peu désolé. « Elles nous ont dévoilé tous leurs secrets et personne n'a envie de les abîmer, alors on les garde précieusement, un peu comme un trésor, finalement. » Il le pense sincèrement et lorsque son regard dévie vers ces dernières, il a son palpitant qui brûle dans sa poitrine, parce qu'il se demande souvent si la Terre leur manque autant qu'à lui. « Elles n'ont rien fait de mal, je pense même que c'est tout l'inverse. » Normalement, c'est à ce moment précis que tout le monde lui demande de s'arrêter, de surtout pas continuer. « Elles ont été enlevées de la Terre pour survivre, comme nos ancêtres. Et elles aussi, sont les petits-enfants de celles qui ont connu la vraie planète sous leurs racines. Je crois qu'on essaie de les protéger, de rendre le traumatisme un peu moins violent, à défaut de pouvoir le faire sur nous. En tous cas, c'est ce que j'essaie, moi. »

Il lui avoue ça à demi-mot, avec un haussement d'épaule alors qu'il regarde les longues allées devant eux. « Est-ce que tu veux toucher la terre ? » qu'il lui dit avec un sourire un peu plus fin. Lui offrant la paume de sa main, il ne la force à rien, ne cherche même pas à l'amener plus près si elle n'est pas encore prête. Ne bougeant pas d'un pouce, il attend que le premier pas vienne de la petite, déjà conforté dans l'idée que sa journée – et probablement les prochaines aussi, seront rythmées aux envies et besoins de la petite à ses côtés. La seule chose qu'il tente, si on peut appeler ça tenter, c'est une approche pour qu'elle ait un repère au milieu de ce monde trop fou, trop serré et trop abîmé. « Je m'appelle Wyatt, au fait. Ça te va si je reste avec toi toute la journée ? » Encore une fois, il ne la force pas. Si elle est mal à l'aise avec lui, il lui offre une porte de sortie – si tant est qu'elle le lui avoue. Mais on peut pas dire qu'il essaie pas, il a d'ailleurs probablement jamais autant essayé de toute sa vie. Du moins avec un autre être humain.

Mais il saurait pas l'expliquer, elle a quelque chose, dans la voix, dans le regard, dans ce qu'elle dégage. Ce quelque chose qui le prend aux tripes et lui donne finalement cette bouffée d'air frais sur laquelle il aurait jamais parié. Parce qu'il étouffe, Sheperd, depuis trop d'années. Cette serre est trop petite, cette cage métallique trop grise et les étoiles s'éteignent toutes peu à peu autour de lui. Peut-être qu'il avait trouvé une nouvelle étoile dans un ciel trop noir depuis ces années. Peut-être que c'était la brunette qui allait le faire à nouveau respirer.
Mila Swann
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le Ven 28 Juin - 0:13


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Tu lui lances ce regard, plein d’espoir, qui l’affable d’une lourde pression. Comme si le monde entier reposait sur ses frêles épaules. Ton monde, à toi, dans toutes ses dispositions particulières. Ton monde décousu, éparpillé, rafistolé. Ton monde à moitié brisé, à moitié lacéré, à moitié guéri. Il est à ton image. Alors quand il finit par prendre la parole, par te dévoiler la vérité à défaut de te mentir, tu sens une pointe de soulagement parcourir ton corps. En réalité, tu ignores ce qu’il se passe mais subitement, tu as l’impression d’être plus légère. Parce que tu ne peux t’empêcher de te sentir comme ces plantes : en permanence mise à l’écart. Maintenant tu sais pourquoi, ils veulent te protéger. De quoi ? Du traumatisme violent, de l’abandon brutal, du chagrin pathologique. Des termes qui n’ont aucun sens à l’heure actuelle. Seul le temps te dévoilera l’impact qu’ils auront sur toi. Quand il sera trop tard pour en effacer les séquelles. « Alors, vous les aimez, finalement ? » Finalement. Finalement elles ne sont pas destinées à l’abattoir. Finalement, elles ne sont pas vouées à l’échec. Finalement, quelque chose de bon en ressort. Ce mot, c’est un discours à lui tout seul, une confession à cœur ouvert. Finalement, tu n’es pas aussi coupable que tu le penses. Finalement, tu n’es pas aussi mauvaise que tu le croies. Finalement, ils vont te garder avec eux. Ils t’aiment, finalement ?

Tu ne devrais probablement pas être aussi surprise considérant qu’ils te le répètent souvent mais c’est difficile à concevoir. Ta mère aussi te le disait, ton père aussi te le disait. Pourtant ils ont choisi de te laisser, alors à quel point faut-il aimer quelqu’un pour rester avec lui ? C’est probablement ça, la véritable question à tes tourments.

« Je peux ? » Tu te tournes vers lui, émerveillée. A croire qu’il vient de t’annoncer le retour de tes défunts parents en personne. Bien que ce ne soit pas aussi merveilleux, sa proposition ne te laisse pas indifférente, loin de là. Depuis le temps que tu rêves de la toucher, véritablement. Pas seulement dans un petit pot, pas un seulement un petit lot. Tu veux toucher des êtres vivants, nés de la Terre. Des tiges, des épines, des pétales, des graines, des feuilles. Tous les infants de mère nature. « Pour l’instant oui. » C’est avec un naturel déconcertant que tu lui réponds. Pour l’instant, tu te sens bien à ses côtés car il dégage quelque chose de rassurant qui te met à l’aise. Cependant, tu ne t’avances pas trop. Tu sais combien les gens peuvent être imprévisibles, versatiles. Tu en as fait la douloureuse expérience. Alors tu préfères attendre avant de te prononcer. Bien que tu ne te braques pas, au contraire. « Ludmila. Je m’appelle Ludmila. » Et tu lui serres la main, comme le font les adultes maintes fois. Parce que t’es pas comme tous ces mômes qui serrent les gens dans leur bras. Ils n’ont rien compris eux. La vie n’est pas douce et tranquille, câline et bienveillante. La vie est rude et dure, cruelle et féroce. Personne ne va t’aider à te relever quand tu tombes. Parce que quand tu tomberas, peut-être qu'il n'y aura personne ce jour-là, pour t'aider à te relever.


→ Wyatt, dans la serre, début avril 2102
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