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Nuna Cortez
DATE D'INSCRIPTION : 12/10/2018 PSEUDO/PRENOM : Lux Aeterna MULTICOMPTES : Murphy Cavendish MESSAGES : 1825 CELEBRITE : Zazie Beetz COPYRIGHT : Lux Aeterna (vava, sign, gifs) METIER/APTITUDES : Forgeronne et orfèvre (joaillière) TRIBU : Athna POINTS GAGNES : 674
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le Mer 29 Mai - 17:19


Every little piece in your life

Nuna Cortez & @Elias Caroll

(29 mai 2119 / post départ d'Isdès,)


Si on parlait de sa famille à Nuna, la brune pensait à son village. Les habitants de son volcan, c'était eux, sa famille. Celle du sang était partiellement disparue. Il y avait un père pour qui elle ne serait jamais assez, et puis un oncle qui lui avait toujours offert plus de sourires. Pas de mère qu'elle aurait été toute disposée à décevoir, elle aussi, et pas plus de ce frère qui était tombé à la guerre, preuve de la vaillance et de la détermination que glorifiait tant le peuple des montagnes. Pas de frère pour l'aider à grandir et à devenir à l'adulte qu'elle ne parvenait pas à être, pas de grand frère pour la protéger, la consoler; pour lui offrir cette compagnie constante dont elle avait désespérément besoin pour l'épauler. Mais elle avait un cousin, Nuna : fils du frère de sa défunte mère, Isdès avait été pour elle le grand frère que Naldo n'avait pas pu être, et s'ils ne se comprenaient pas toujours, il existait entre eux un lien patient, affectueux et indéfectible. Ils passaient parfois des journées ou semaines entières sans parvenir à échanger ne serait-ce que quelques mots, mais quand ils se retrouvaient, le temps ne comptait plus vraiment. Ils ne se comprenaient pas toujours mais ils étaient faits du même bois et on pouvait deviner que c'était le même sang qui coulait dans leurs veines. Isdès était l'Athna dans toute sa somptuosité, tout ce qu'elle imaginait de Naldo.

Mais son sang avait quitté le volcan. Deux mois sans le voir, deux mois sans nouvelles, deux mois à se demander s'il reviendrait, quand il reviendrait. Deux mois sans qu'il ne lui amène son courrier, deux mois à passer devant sa maison en constatant la cheminée éteinte, deux mois à sentir le manque d'un frère de cœur. C'était long, deux mois, surtout lorsque des vivants revenaient d'entre les morts. C'était long, deux mois, quand on se sentait déjà perdue et que ses derniers repères s'écroulaient en quelques jours. La chute d'Isdès, Nuna l'avait vue se faire. Elle n'avait pas retrouvé son cousin quand ils avaient rencontré les Débarqués et les Montagnards étaient remontés sans lui. Elle ne s'était pas tout de suite inquiétée, la forgeronne, parce qu'elle connaissait son cousin et qu'elle le savait aventurier. Peut-être avait-il pris un chemin de traverse ou s'était-il perdu dans des rencontres; peut-être avait-il des projets avant de retrouver leurs montagnes. Mais quand elle avait retrouvé leur volcan, Nuna avait aussi retrouvé Isdès. C'était un fantôme qui se tenait là, et elle avait vite compris. Il avait perdu son père. Timidement, Nuna avait imposé sa présence. Impossible pour elle de le laisser seule, mais il ne demandait que ça. Elle avait cuisiné tous les jours pour lui, lui avait répété des dizaines de fois qu'il n'était pas seul et que ça irait mieux. Mais il ne mangeait pas vraiment et l'entendait à peine. Il avait perdu son modèle. En son fort intérieur, Nuna ne pouvait s'empêcher de l'envier d'avoir connu et été aimé de et par ses deux parents, lui. Les départs de ceux que l'on aimait faisaient partie de la vie. Le disparu n'était pas l'oncle de sang de Nuna, mais il avait été un second père pour elle, plus souriant que celui avec qui elle partageait sa forge. La peine de Nuna avait été décuplée lorsqu'elle avait vu le corps de l'homme flamber dans les hautes montagnes, mais elle avait pris le bras d'Isdès, solide comme le roc qu'elle n'était pas, pour le roc branlant qu'il était devenu. Elle s'était imposée lorsqu'avec sa tante, il avait abandonné les cendres à la liberté des montagnes. En retrait avec son père, Nuna avait malgré elle laissé ses prunelles s'humidifier de chagrin pour le disparu et ceux qu'il avait laissé derrière eux. Elle avait quitté le volcan l'esprit rempli d'espoirs et de projets pour les siens, sans savoir que son volcan verrait s'éteindre une de ses lueurs en son absence. C'était ce qu'Isdès n'avait pas supporté, sans doute : de ne pas avoir été là pour aider son père ou lui faire ses adieux. De toutes les façons possibles, Nuna avait essayé de lui expliquer que ça n'aurait rien changé, qu'il savait l'amour de son fils pour lui et qu'ils n'étaient tous qu'humains, assujettis aux lois basiques de la vie et de la mort. Mais Isdès ne voulait pas l'entendre, accablé par une culpabilité qui avait tout, elle aussi, des caractéristiques de l'Homme.

Quelques jours d'un enfer personnel s'étaient transformés en quelques semaines. La détresse d'Isdès avait laissé place à une violence verbale qui avait impressionné Nuna autant qu'elle l'avait inquiétée. Elle n'avait jamais vu son cousin dans cet état-là et elle était désemparée, noyée dans ce sentiment d'impuissance qui était l'un des plus désagréables pour l'orfèvre. Elle l'avait regardé, horrifiée, lui reprocher ses attentions, et puis s'était contentée de lui laisser quelques repas devant chez lui, non sans jeter un regard à la fois consterné et attristé à la lourde porte de bois qui séparait les deux cousins. Quelques jours plus tard, Nuna avait compris toute son inutilité. Elle était incapable de changer la donne. Elle était incapable d'apporter du réconfort à Isdès. Le voilà qui jetait ses affaires dans un sac, porte ouverte. Nuna avait essayé de le retenir mais elle avait su dès les premiers mots que c'était peine perdue. Isdès n'était pas de ceux que l'on pouvait retenir; il n'était pas de ceux qu'on pouvait faire changer d'avis. Elle avait crié, Nuna, avait essayé par tous les moyens de le raisonner. Silencieusement, à travers un regard trempé, elle avait essayé de lui demander ce qu'elle allait faire, sans lui; et ce que sa mère allait faire, sans lui. Il n'avait pas de réponse à lui donner et en réalité, ce qu'il lui disait sans mots, c'était qu'il n'avait plus de réponses à grand chose. En hurlant intérieurement, Nuna comprenait. Elle avait fini par se taire et le regarder quitter sa maison. « Je m'occuperai de ta maison pendant ton absence... » avait-elle finalement soufflé avant qu'il ne dépose un baiser d'adieu sur son front. Pendant son absence... jusqu'à ce qu'il revienne, car il reviendrait, n'est-ce pas ?

Mais deux mois et il n'était pas revenu. Deux mois et pas un courrier. Il avait pris sa fidèle buse avec lui, pourtant. Où était-il ? Était seulement encore vivant ? Trouvait-il les réponses et ce repos dont il avait tant besoin ? Elle avait demandé à sa tante, Nuna, et avait passé le reste de l'après-midi à la réconforter autour de plusieurs infusions réconfortantes. Elle n'avait rien reçu, elle non plus. Alors si elles deux n'avaient aucune nouvelle, peut-être restait-il un dernier espoir. Ca lui coûtait, à Nuna, de considérer cette option. Elle n'avait jamais vraiment compris leur lien mais s'il y en avait un, c'était qu'il y avait quelque chose entre eux. Elias, dans toute l'étrangeté de leur concurrence, avait peut-être eu le privilège de recevoir un courrier d'Isdès.

Alors la voilà, un peu hésitante, devant la porte d'Elias. Elle avait quitté la forge tard et le soleil s'était déjà couché derrière les hauteurs verticales des limites du volcan, plongeant le village dans une semi-obscurité qui n'était pas encore tout à fait la nuit. Elle leva la main plusieurs fois pour frapper à la porte, cherchant tant bien que mal ses mots et la façon dont elle pourrait expliquer la situation et poser la fameuse question à Elias. La cheminée de la maison laissait s'échapper des volutes épaisses de fumée, révélant la présence de l'homme à l'intérieur. Nuna redoutait déjà d'interrompre une soirée et de s'attirer les foudres de celui dont il fallait plutôt les éviter. En prenant son courage à deux mains, elle frappa timidement, puis un peu plus fort, à la porte. Quand celle-ci s'ouvrit, la brune resta coite quelques instants, un peu impressionnée par le regard qu'Elias posait sur elle. « Désolée de te déranger, j'ai un truc à te demander... je... je peux rentrer ? » Elle jeta un coup d'oeil à la rue dans son dos, déserte à une heure pareille où les soirées étaient déjà bien engagées. Malgré le printemps, une fois les heures chaudes de la journée passée, il faisait encore bien frais. « Mais si t'es occupé je peux repasser un autre jour », se pressa-t-elle de proposer. Bien loin d'elle l'idée de s'imposer, surtout auprès de quelqu'un qu'elle côtoyait si peu le reste du temps. Avait-il seulement idée des raisons qui la poussait à frapper chez lui ? Probablement. Elle priait secrètement les disparus qu'il ait une réponse positive à lui donner, mais surtout des nouvelles de son cousin à lui compter. Dans le silence, elle s'imaginait le pire. Il n'avait jamais quitté le village si longtemps. Il était Athna greffé à sa montagne, comme chacun d'eux. Quand on naissait ici, on y vivait tout jusqu'à y laisser son corps et son âme. Puisqu'il n'était pas de retour, Nuna s'imaginait que c'était quelque chose de grave qui l'avait retenu loin d'eux et de sa mère et d'elle. Et parmi les choses graves, c'était les pires qu'elle considérait les plus sérieusement. Qu'est-ce qui pouvait l'empêcher de donner des nouvelles, de griffonner quelques mots sur un morceau de papier et de le confier à sa buse ?

Il fallait qu'Elias ait des nouvelles, parce que si ce n'était pas le cas, son dernier espoir d'en avoir s'effondrerait et ses pires suppositions prendraient doucement vie sous ses yeux. Alors ses grandes prunelles brunes fixaient le guerrier comme s'il savait déjà ce qu'elle espérait de lui et de cette rencontre. « Je... je sais pas si t'as déjà mangé mais j'ai fait une tarte aux mûres... » Avec un petit sourire encourageant, elle dressa devant elle le plat couvert d'un petit torchon propre.
Elias Caroll
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le Jeu 30 Mai - 17:28
" Si on partait, où est-ce qu’on irait ? ". La question était tombée sans raison. Il ne s’y attendait pas. Assis à table alors qu’ils venaient de finir de manger, Moïra était enceinte de quelques mois à peine et son ventre n’avait pas encore pris une réelle forme marquée. Il s’amusait d’ailleurs à poser la main dessus mais bien sûr, il était trop tôt. L’euphorie de la vie qui grandit, l’envie de voir l’enfant à naître et de l’aimer toute sa vie. Mais bien sûr, l’attente était trop longue. Il n’avait jamais été père, n’avait jamais ressenti ce que ça pouvait être et se demandait s’il serait digne de ce rôle. En réalité, il avait peur tout autant qu’il était excité et c’est sur ça qu’il n’arrivait pas à avancer. Trop focalisé sur la possibilité d’un échec et rassuré par les mots de sa femme. Sauf quand il est question de quitter la montagne parce qu’autant le dire, il ne s’y attendait pas. Il n’envisage pas de quitter la montagne en réalité. C’est même une chose qu’il n’a pas envisagé une seule seconde, pas un seul instant. Persuadé que tout se ferait ici, que toute sa vie continuerait ici, ça ne changerait pas. Mais… D’un seul coup, on lui apportait l’idée que peut-être les choses changeraient. Qu’il ne resterait pas là où il a toujours existé, là où il se voyait vraiment vieillir et élever ses enfants. Il l’a regardée, un peu perplexe face à la demande, totalement pris au dépourvu et s’est dit qu’elle allait dire autre chose, qu’elle allait continuer sa phrase. Mais elle n’a rien ajouté, elle a continué à nettoyer ce qu’elle avait dans les mains, comme si elle n’avait rien dit. Sauf qu’elle avait parlé et que ça ne pouvait pas s’arrêter là. " Pourquoi quitter la montagne ? N’es-tu pas bien ici ? ". Elle n’était pas née ici, elle venait de la plaine mais dans sa tête, en venant ici, elle savait qu’elle resterait ici pour le reste de sa vie. Pas un seul instant il n’avait envisagé qu’elle reviendrait sur tout ça. Ce n’était même pas envisageable. Mais forcément, face à sa question, il ne savait pas quoi répondre ni quoi faire. La prendre au sérieux ? Prétendre n’avoir rien entendu ? Les options n’étaient pas nombreuses et son temps était limité. " Tu n’as jamais voulu voir autre chose que ta montagne ? ". Tournée vers lui, il savait qu’il n’allait pas pouvoir éviter cette question. Mais quelle serait sa réponse ? Il n’en avait qu’une en tête. Une seule et c’était sans doute le problème au milieu de tout ça. Pris au piège face à une situation qui pouvait lui échapper à tout instant, il a juste grimacé. Et ce n’était pas la réponse qu’elle attendait puisqu’elle a juste baissé le regard. " Ici c’est chez moi. "

Est ce qu’il serait encore en mesure de dire ce genre de chose aujourd’hui ? Il est certain que les choses ont changé et pris une tournure un peu compliqué. Il n’est en réalité jamais facile de faire la part des choses en fonction de l’évolution de la vie. Il a tout perdu, suite à une catastrophe. Sa femme et l’enfant qui a fini par naître. N’ayant plus rien, il s’est réellement demandé pendant quelques jours s’il ne serait pas mieux pour lui de quitter cette montagne qu’il ne parvenait pas à laisser derrière lui pour refaire sa vie, pour tout reconstruire ailleurs et repartir de zéro. Est-il vraiment facile de tirer un trait sur la vie qu’on a mené pour tout recommencer avec une telle facilité ? Impensable. Il ne le pourrait pas. Incapable de tourner la page, il ne lui serait pas possible de partir. La montagne, c’est toute sa vie, toute son existence et plus encore. Il n’envisage pas une seule seconde de partir parce que pour lui ce serait une trahison.

Alors quand il découvre que son rival est parti, il ne sait pas quoi en penseR. Bien sûr que ce n’est pas à lui de le juger et il n’est pas non plus disposé à le connaître. Il ne cherche pas à en savoir plus sur lui, tout ceci ne le concerne pas ou presque. Il n’a pas envie de se tracasser pour aussi peu de chose. A quoi bon ? Mais c’est plus compliqué, c’est ça le problème. Elias se sent trahi et il est incapable de déterminer pour quelle raison. Il ne sait pas pourquoi il ressent ça au fond de ses tripes mais il n’apprécie pas l’idée qu’il soit parti sans prévenir. En réalité, il ne connaît que les petites lignes et il trouve lâche le comportement de celui contre qui il s’est battu toute sa vie. Parce que c’est un peu de ça qu’il a été question dès le départ. Il y a un lien étrange entre eux, quelque chose qui s’est développé presque dès la naissance. Il n’ira jamais dire qu’ils étaient amis mais il y a peut-être quelque chose qui y ressemble, quelque chose qui n’en est pas tant éloigné qu’on ne peut le penser. Ce n’est pas facile à voir, pas facile à entendre mais ça ne peut être que ça. Dans le fond, il ne voit même pas ce que ça pourrait être d’autre. Cette sensation d’abandon alors que le lien n’en était même pas là et tout s’écroule. Il ne sait pas sur quoi il doit s’appuyer pour tenir le coup. Ni sur qui, vu qu’il est seul désormais. Le fait que Isdès soit parti, ça ne change rien. Il ne compte pas vraiment, en lui-même. Le problème véritable demeure dans le fait que tout le monde, autour de lui, finit par disparaître. Et aujourd’hui, il n’y a plus personne. Voilà pourquoi ça devient si compliqué. Il ne prétend pas compter sur les gens, n’imagine pas une seule seconde que cela changera grandement son existence mais c’est un fait, il ne peut plus prétendre que Isdès était un être éloigné, loin de son environnement. Ils se voyaient de temps en temps et se confrontaient. Alors ce n’est pas de la tristesse qui s’est glissé en lui mais de la déception et de l’agacement. Sans doute un peu de colère aussi. Mais il n’en parle pas, n’évoque même pas les choses auprès des gens. Il ne voit pas à quoi ça pourrait bien servir.

Il est parti depuis deux mois, n’a donné aucune nouvelle, a juste disparu. Dans le fond, Elias ne peut pas lui en vouloir. Qu’il ait disparu, ça n’a rien de surprenant, qu’il ne donne pas de nouvelle non plus puisque c’est plus ou moins la suite logique à tout ça. Dans le fond, il ne sait même pas s’il n’est pas mort, là dehors quelque part. Et peut-être ne le sauront-ils jamais. Sans doute pas, de toute manière, aux yeux de l’Athna, il ne reviendra sans doute pas. Et il se fera à l’idée parce qu’ils n’étaient pas si proches que ça. Il s’agace juste à l’idée de ne plus pouvoir faire face à un égal comme ça. Ils ont grandi ensemble, se sont entraînés l’un contre l’autre et ils ont évolué. Ensemble. Il aura beau dire ce qu’il voudra, c’est une sorte de pilier qui s’écroule à côté de lui. Et il est difficile de l’admettre, déjà pour lui. Il se demande également si Murphy, la jeune débarquée, sait où il se trouve, si elle sait  ce qu’il fait aussi. Peut-être une curiosité déplacée, une information qui ne lui est pas nécessaire aussi. Il ne lui posera sans doute jamais la question.

Terminant son repas, il en jette les petits ossements. Lorsqu’on frappe à sa porte, il n’attend pas de visiteur et reste perplexe un instant. les options ne sont pourtant pas nombreuses et ça ne peut pas être n’importe qui. Lorsqu’il ouvre la porte en tout cas, il reste interdit un instant. Son visage à elle, il ne s’attendait pas à le trouver à sa porte et il ne sait pas comment réagir. Famille de Isdès, du moins, s’il ne se trompe pas. Il n’est pas toujours facile de se souvenir de tout. Elle se tient là, quelque chose dans les mains caché par un maigre tissu. Il attend qu’elle parle et voilà qu’elle évoque l’idée d’avoir un truc à lui demander. A lui, alors qu’ils n’ont jamais vraiment échangé. Autant dire qu’il ne s’y attend pas du tout. Pourtant, il s’écarte, intrigué par ce qu’elle pourrait avoir à lui dire. La nuit a déjà pointé le bout de son nez et ce n’est pas une heure pour les visites inattendues. Pour autant, le fait qu’elle soit là le laisse suffisamment perplexe pour qu’il la laisse entrer chez lui. " Eh bien entre. ". Il n’ajoute rien. Il n’est pas occupé, il ne fait rien de spécial et il n’a guère grand chose à faire par la suite. En réalité, il s’apprêtait à se coucher, comme souvent quand le soleil se couche et qu’il n’a pas envie de s’attarder. La nuit ne le dérange pas mais il se sent mieux dans la lumière et préfère lorsque ça passe vite. Un détail dont bien sûr, il ne parle pas. Ce n’est pas qu’il en a peur mais il ne lui court pas après. Il ne fait pas parti de ces gens qui se précipite dans l’obscurité et oublie que s’ils ne voient pas le danger, ils ne seront pas en mesure de l’éviter correctement. La stupidité, la naïveté et la bêtise, à n’en pas douter. Un risque qui n’est pas nécessaire mais ils n’en ont pas assez conscience.

Elle lui tend le plat, lui avoue qu’il s’agit d’une tarte aux mûres et en réalité, c’est le genre de chose qu’il n’aime pas, le genre de repas dont il se passe volontier. Il l’examine, relève le nez vers elle et ne sait pas comment le lui dire. Elle semble fragile, déstabilisée et perdue. Sans doute vient-elle lui parler de Isdès et il n’est pas certain d’en avoir envie. En réalité, il préfère le rayer de son existence plutôt que d’avoir à évoquer le fait qu’une nouvelle personne de son entourage a disparu. Même si pour lui, c’est de sa propre volonté, cette fois. Ce repas, en réalité, c’est un leurre, une tentative détournée pour lui demander quelque chose tout en laissant entendre qu’elle vient en paix, vient en ami. Il se moque de cette tarte qu’il ne touchera pas. Il n’est pas de ceux qui font dans la politesse pour faire plaisir. C’est une chose qu’il faisait parfois avec sa femme mais qu’il a fini par laisser de côté. " Qu’est-ce que tu veux, Nuna ? "
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Nuna Cortez
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le Sam 1 Juin - 1:48


Every little piece in your life

Nuna Cortez & @Elias Caroll

(29 mai 2119 / post départ d'Isdès,)


On ne pouvait pas dire que les rapports de Nuna avec Elias étaient bons. En fait, on ne pouvait même pas dire qu'ils existaient. Nuna l'avait toujours côtoyé de loin, comme beaucoup d'Athnas dont elle devinait qu'ils ne devaient pas la porter dans leur cœur. Si Isdès et lui partageaient ce lien si particulier, pourtant, c'était qu'il ne pouvait pas être une personne si mauvaise. Pourtant, l'air taciturne et sombre qu'il arborait à chaque instant n'était pas de ceux qui inspiraient une confiance parlante à la jeune femme. Il ne faisait pas de lui quelqu'un de mauvais, mais quelqu'un qui impressionnait Nuna au point où sans s'en rendre compte, elle avait classé l'homme dans la catégorie de ceux dont elle préférait se préserver. Elle l'imaginait capable des pires jugements, de ceux auxquels elle ne voulait pas être confrontée. Comme Isdès, il était l'image rocailleuse de l'Athna par excellence. Et elle, Nuna, demeurait celle dont personne ne parierait qu'elle appartenait aux montagnes. Dès le plus jeune âge, cette image qu'elle se traînait l'avait fait dresser des barricades et instaurer une distance de sécurité avec ceux qu'elle consdiérait capables de la juger la plus sévèrement. Avec le temps, Nuna avait appris à s'entourer des bonnes personnes; car, après tout, elle n'avait besoin de personne pour comprendre à quel point elle n'était qu'une moitié d'Athna, une moitié d'honneur, une moitié de fierté et une moitié de tout ce qu'on aurait pu espérer d'elle.

Mais si Isdès et lui avaient été ces espèces d'amis pendant toutes ces années, Elias ne pouvait pas être ce mur qu'elle avait imaginé pendant si longtemps. Si Isdès et lui s'étaient trouvés et opposés pendant des années comme des concurrents auxquels aucun Athna n'osait se frotter, c'est qu'ils n'étaient pas si différents. Ils se faisaient face comme deux égaux, deux egos. Isdès était une montagne indéfectible, une fierté, un protecteur vif, violent, déterminé, mais au-delà de ce qui rendrait l'homme si proche de ses montagnes natales, il y avait quelque chose en lui que Nuna avait toujours aimé. Sous les roches de garde, il y avait un homme capable de la consoler de quelques gestes, mots ou sourires qui semblaient réservés aux moments d'intimité. Les rocs qui naissaient au cœur des montagnes n'étaient pas moins humains que les Hommes qui naissaient en contrebas, dans les plaines libres d'une liberté que les montagnards n'avaient pas à leur envier. D'Elias, pourtant, Nuna ne parvenait pas à imaginer ce genre de sourires si rares et si précieux. Dans le village, tout le monde connaissait son histoire. Tout le monde avait connu Moïra. Personne n'était, depuis, réellement parvenu à approcher l'homme qu'elle avait laissé derrière elle. Lorsqu'elle s'était pris des reverts d'Isdès deux mois auparavant, Nuna avait compris à quel point le deuil pouvait changer un Homme. C'était difficile d'accepter son impuissance face à la fin de l'autre, et probablement encore plus le départ d'une personne qu'on avait tant aimée. La forgeronne était familière avait l'idée de perte, mais pas tant avec celle du deuil. Elle avait toujours connu le père d'Isdès : c'était sa famille, et il avait un second père, peut-être même plus abordable que son père de sang. Mais sa peine n'était rien comparée à celle que traversait Isdès, au point même où elle s'était forcée à la faire taire pour pouvoir prendre soin de son cousin. On venait de lui arracher quelque chose et lui, il s'effritait progressivement sous ses yeux. Elle l'avait étouffé, sans doute. La dureté avec laquelle il avait fini par la pousser dehors n'avait pas été sans lui rappeler ce qu'elle pouvait imaginer du moindre contact qu'elle pourrait avoir avec Elias. Mais voilà, c'était là, maintenant. C'était le moment.

Nuna avait besoin de réponse, d'une dernière réponse, d'une ouverture, d'une certitude. Et pour ça, il fallait confronter celui qu'elle avait pris tant de soin à éviter.

Isdès lui avait-il seulement parlé de son envie de départ, de son besoin d'évasion ? Qu'avait-il su, lui, de ce deuil impossible ? Nuna n'avait aucune idée, en fait, de la réelle teneur de leur relation. Peut-être qu'Elias n'avait rien eu à faire du départ de son cousin; ou peut-être qu'il en avait aussi touch qu'elle, même si lui avait été plus doué pour couvrir sa peine et la rendre invisible aux yeux d'autrui.

Tout ça, tous ces changements, c'était trop pour Nuna. Le retour de @Makenna Askaywen d'entre les morts, la mort de son second père, et maintenant le départ d'Isdès, ça faisait trop pour l'équilibre qu'elle avait mis tant de temps à créer. Faire face à Elias, c'était peut-être la suite logique des choses. On explorait les inconnus; poser une question aussi importante que celle qu'elle allait poser à Elias n'était peut-être pas grand chose comparé à tout ce qui s'était succédé ces derniers mois. Elle avait besoin d'une trêve, mais la vie ne semblait pas encore prête à la lui accorder. Alors en attendant, Nuna faisait tout pour gérer les choses au jour le jour. En souriant au monde comme elle l'avait toujours fait, elle parvenait à trouver que le monde continuait à lui sourire, encore. C'était plus timide, plus masqué, mais il lui suffisait de voir un arc-en-ciel se peindre dans le ciel tourmenté qui dominait ses montagnes pour qu'elle se rende compte que le monde était toujours aussi beau. Makenna n'était plus morte, et cet arc-en-ciel, c'était peut-être un clin d'oeil du père d'Isdès qui cherchait à la rassurer, de là où il était. Lui devait savoir où était son fils; il allait bien, il avait juste besoin de temps et de nouvelles choses. Il reviendrait. Peut-être pas dans la semaine, le mois ou l'année mais il reviendrait, parce que la montagne était sa maison, son foyer, sa mère.

Mais elle avait besoin de certitudes, Nuna, de réels éléments, d'un petit quelque chose qui lui ôterait les doutes qui subsistaient et n'avaient de cesse de gagner du terrain au fil des semaines. C'était bien par nécessité qu'elle se tenait devant la porte d'Elias à une heure pareille et avec l'une des tartes qui faisaient sa réputation. Elle aurait sans doute dû mieux réfléchir au temps au lieu, mais elle le réalisait seulement après avoir frappé à la porte. Il était sans doute occupée, à une heure pareille. Qui ne l'était pas ? Il suffisait de jeter un coup d'oeil aux rues presque désertes du village pour se rendre compte que la soirée était déjà bien entamée chez tout le monde. Mais quel aurait pu être l'endroit ? Quel aurait pu être le temps ? Le capter au détour d'un entrainement n'aurait pas été plus malin. Elle faisait comme pouvait, Nuna, mais elle espérait secrètement qu'il ne daigne pas lui ouvrir la porte. Elle se dégonflait, et c'était sur le dos de l'homme qu'elle voulait remettre l'échec de cette rencontre.

Mais dans un appel d'air qui laissait suggérer une certaine vigueur dans le geste, la porte de bois s'était bel et bien ouverte. Elias se tenait devant elle, immobile, à peine expressif. Il n'était pas beaucoup plus grand qu'elle, réalisait-elle subitement. Pourtant, il ne l'impressionnait pas moins. Tout ce qu'hurlaient les non-dits de l'instant, c'était qu'elle le dérangeait. Mais elle ne se démonta pas, Nuna. Chaque seconde de silence était une silence qui voyait sa panique doubler. Les excuses furent pourtant les premières à franchir ses lèvres, petite chose apeuré et sincèrement désolée d'avoir troublé l'ordre d'une soirée en apportant le chaos qu'elle semblait promener partout à bout de laisse. L'invitation à entrer d'Elias n'était pas engageant, et Nuna sentit un vide d'anxiété se creuser dans ses tripes. Elle était forcée : c'était elle qui l'avait forcée, cette invitation. On lui avait souvent répété, pourtant, qu'il fallait savoir demander les choses pour les obtenir d'autrui. Mais comment accepter de les demander si elles ne lui étaient accordées qu'à contrecœur, dans ce qui semblait être une souffrance chez son interlocuteur ? Alors comme pour essayer de faire basculer les choses, Nuna tendit son plat. C'était une offrande, presque, un signe de sa bonne volonté, une preuve de toute la bienveillance dont elle était capable. Mais Elias, lui, observait la tarte d'un drôle d'air, curieux et méfiant, et progressivement, la brune pouvait jurer sentir le plat s'alourdir dans ses bras. Dès les premières secondes, elle avait fait des bêtises.

Alors, dans un silence qui avait quelque chose à voir avec sa gêne, Nuna se glissa à l'intérieur, non sans frôler Elias, qui lui laissait à peine la place pour passer. Elle n'avait que rarement dans sa vie eu autant la sensation de déranger. Sans se faire prier, elle trouva une place à son plat sur une petite table non loin de là. Soudainement, ses mains ne savaient plus quoi faire. Ses doigts s'entremêlaient nerveusement alors qu'elle cherchait ses mots. « Je suis désolée de te déranger à une heure pareille. Je savais pas à quelle heure ce serait le mieux pour toi... » introduisait-elle indéfiniment, comme pour tenter encore et encore d'arracher un sourire à Elias, ou au moins un petit signe qui lui montrerait qu'elle dérangeait au moins un peu moins que ce dont elle était convaincue. Les mains liées devant elle par l'agitation, elle restait plantée devant la porte comme pour rassurer son hôte sur l'intention qu'elle avait de rendre cet échange aussi bref que possible. Elle se mordait la lèvre, le regard fuyant, avant de se rendre compte que ça rendait ses prunelles intrusives, presque curieuses de la tanière dans laquelle elle avait été invitée à contrecœur. Elle n'était pas là pour visiter les lieux, encore moins pour les envahir de sa présence malvenue. Alors elle se força à retrouver le regard d'Elias et à le soutenir. Ca paraissait être la seule façon de ne pas paraître intrusive et pourtant, maintenant, Nuna avait l'impression de forcer encore plus sa présence. Ce qu'elle voulait ? La question était posée simplement car elle était simple. Mais la réponse, elle, ne l'était pas. Alors les lèvres de l'Athna s'entrouvrirent pour se refermer à plusieurs reprises, hésitantes, à mesure que des tentatives de phrases maladroites parvenaient à se dessiner dans son esprit. Il savait qu'Isdès et elle étaient de la même famille : dans ce volcan, tout le monde connaissait les liens familiaux de tout le monde. Elle redoutait plein de choses d'Elias, mais il était loin d'être bête. Dès qu'il l'avait vue sur le pas de sa porte, il avait dû faire le rapprochement entre la disparition récente d'Isdès et sa présence à elle, ici et maintenant. « J'ai... j'ai jamais trop compris ce qui vous liait avec Isdès, mais... je sais pas, il y a quelque chose entre vous. » Quoi, exactement ? De la rivalité, de la violence ? Certainement. Mais elles n'étaient pas nées de rien. S'ils se confrontaient si souvent l'un à l'autre, c'était que quelque chose accrochait. Un échec n'en était jamais vraiment un; une victoire n'en était jamais vraiment une. C'était l'affrontement, qui comptait. Ils étaient faits de la même roche. C'était ça, ce qu'il y avait entre eux, non ? Mais le regard de Nuna s'était à nouveau échappé de l'emprise des prunelles claires de l'homme, et il tomba sur la tarte laissée à portée de main. « Tu veux que je la coupe ? Je l'ai cuite il y a pas très longtemps, elle est encore tiède... » Pour fuir tout le reste, voilà que Nuna détaillait les motifs du torchon qui recouvrait le met. Les lèvres entrouvertes, elle savait qu'il fallait qu'elle en vienne à la réponse qu'Elias attendait. Elle était tout ce qu'il n'aimait pas; elle était tout ce qu'elle avait évité d'être à côté de lui jusque-là. Hésitante, lâche, bavarde. Alors dans un élan de courage, elle releva ses prunelles vers Elias et se lança. Prête ou non à recevoir la réponse qu'elle craignait, peu importait. Elle ne voulait pas torturer Elias plus longtemps par sa présence, et elle espérait que lorsqu'elle serait partie, sa tarte saurait le consoler de ces quelques minutes interminables. « Sa mère et moi, on a aucune nouvelle... en partant, il avait vaguement parlé de nous écrire, mais on a rien. Ca fait quasiment deux mois, Elias... » Sa voix se brisa sur le prénom de son interlocuteur et elle porta brièvement le revers de sa main à ses lèvres pour essayer de marquer sa détresse. Mais dans ses prunelles naissaient déjà quelques larmes et elle inspira une grande bouffée d'air pour tenter de se reprendre. « Est-ce que t'as des nouvelles, toi ? »
Elias Caroll
DATE D'INSCRIPTION : 20/01/2016 PSEUDO/PRENOM : avengedinchains MULTICOMPTES : Milo, Richard, Astrid & Meeka MESSAGES : 1070 CELEBRITE : Tom Hardy COPYRIGHT : ava by calaveras. ; signa by beylin METIER/APTITUDES : guerrier TRIBU : Athna POINTS GAGNES : 72
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le Jeu 6 Juin - 11:20
En réalité, si Elias en veut autant à Isdès, c’est sans doute parce qu’il n’imaginait pas que son départ pourrait le retourner à ce point. Il ne sait pas, il ne comprend pas non plus et il ne cherche pas non plus à comprendre. En réalité, l’Athna est perdu face à des émotions quelques peu contradictoires. Caché derrière cette sensation étrange qui lui tire l’échine et lui laisse entendre que l’autre homme lui manquera, il ne peut pas s’empêcher de faire face à une sensation de victoire. C’est déplacé, étrange et ça lui arrache le bide mais il ne peut pas s’empêcher d’y faire face. Le départ de son rival fait de lui le vainqueur, sans doute l’homme le plus fort de la montagne. Et c’est un plaisir qu’il a bien du mal à teinter derrière le reste. Il ne peut se résoudre à mettre totalement ça de côté, cette jouissance lui permet peut-être d’affronter son départ d’une façon un peu plus posé. Mais… Seulement un peu. le reste du temps, il ne peut se résoudre à oublier le fait qu’il n’est plus là et qu’il n’a rien dit. C’est détestable comme comportement mais il ne peut rien y faire. Il n’a plus personne, perdu au milieu de gens à qui il ne doit rien et qui ne lui doivent rien, des personnes qu’il n’apprécie même pas forcément, ou qui ne lui apporte qu’indifférence évidente. Alors il a évolué sans se soucier de ces gens et sans y porter de réel intérêt. Quelques personnes se sont souciées de lui, d’autres ont fini par s’éloigner parce qu’ils avaient peur de lui. Les gens n’hésitent pas à venir vers lui quand les choses ne vont pas et qu’ils ont besoin de vengeance, de sécurité ou juste de faire peur à quelqu’un. Mais à côté de ça, on ne viendra pas délibérément vers lui sans la moindre raison.

Bref. Il n’a pas particulièrement envie de se retourner au milieu de la sensation un peu étrange qui lui tiraille le bide parce que c’est déjà bien assez complexe comme ça, d’une certaine manière. Il s’est fait à l’idée que les gens avaient du mal à venir vers lui et que ce n’est jamais forcément dans un sentiment de réconfort ou une volonté de lui parler propre. On sait ce qu’il a vécu, mais… De manière générale, ce qu’on aimait chez lui, c’est sa femme. Puis sa fille. Les choses ne se sont pas du tout bien passées mais… C’est comme ça désormais et il a l’habitude. En réalité, il s’est mis seul dans cette situation puisqu’il n’aimait pas les gens. S’éloigner des gens, ça ne rend pas la chose plus facile par la suite et on ne peut donc pas leurs reprocher d’avoir choisi de ne pas revenir vers vous par la suite. C’est comme ça. Et de manière générale, il ne s’en plaint pas. Jusqu’à maintenant, en plus, il avait quelqu’un à ses côtés. Mais ce n’est plus le cas.

Il n’y a pas d’heure pour le déranger en réalité, pour rebondir à ce que Nuna peut bien dire. Elle avait peur de le déranger et la meilleure manière de ne pas le faire aurait été de ne pas venir le voir. Surtout qu’il sait pourquoi elle est là et que ça rend la situation un peu plus compliquée. Beaucoup trop compliquée aussi. Il ne sait pas quoi lui dire et en lui ouvrant la porte, il ne savait déjà plus quoi lui dire. Lui, ça le met un peu mal à l’aise et… Il sait qu’il ne pourra pas l’aider. Il est incapable de la réconforter parce que c’est une chose qu’il ne sait pas faire mais à côté de ça, il ne voit pas ce qu’il pourrait dire. Il n’a rien à dire. Bien sûr que les intentions de la jeune femme sont louables. Elle a fait de son mieux pour ne pas l’ennuyer. Mais puisqu’ils n’ont jamais parlé ensemble, ça rend la situation un peu plus compliquée, déjà. " Il n’y a pas d’heure miracle. S’il fallait que tu me voies, tu pouvais venir. ". Il ne voit pas ce qu’il pourrait lui dire d’autre. De toute manière, ce n’est pas non plus à lui de lui faire la leçon. Ce serait étrange, un peu.

Il ne voit pas ce qu’il pourrait dire et en même temps, il a aussi l’impression que les choses sont un peu plus compliquées que ça. Nuna, c’est un être pur, si on peut le dire ainsi et il n’est pas certain de le pouvoir. Elle semble douce, un peu fragile aussi. A son contact, il a parfois peur qu’elle prenne feu et s’envole, peur qu’elle disparaisse. Il n’a jamais vraiment eu besoin de lui parler. N’en a jamais éprouvé un réel besoin mais c’est un maigre détail, finalement. Disons que c’est le genre d’individu qu’il ne voit pas à sa porte, qu’il n’imagine pas venir lui parler de quelques banalités. C’est une affaire un peu délicate, disons mais qu’est-ce qu’il pourrait dire. Il ne se voit pas non plus l’envoyer voir ailleurs, l’inviter à s’éloigner juste parce qu’il imagine son contact nocif. Il ne se voit pas comme un individu qu’on veut pleinement côtoyer, il ne s’imagine pas comme une personne qu’on veut voir entrer dans son périmètre mais il comprend que les gens puissent éprouver un quelconque problème à ce sujet. Mais elle est pourtant là, devant sa porte et il ne peut rien faire contre ça. Il l’invite même à rentrer parce que c’est tout ce qu’elle demande et qu’il ne se voit pas l’envoyer chier. Même si ça le tiraille un peu, lui en donne l’envie puisque finalement… Ce serait plus facile.

Il sait pourquoi elle est là, le devine avec une aisance déconcertante. Il ne peut rien faire contre ça bien sûr. Qu’est-ce qu’il pourrait dire ? Et en même temps, peut-être qu’elle imagine qu’il a quelques réponses, voilà pourquoi ça devient presque plus difficile à comprendre. Il ne saurait le dire et dans le fond, il n’y a sans doute pas de solution évidente. C’est une affaire compliquée. Elias est persuadé que sa famille aurait eu des nouvelles, après son départ. Il imaginait avec une facilité évidente que ça irait. La montagne, c’est sa famille et ses prochs sont importants. Il n’y a rien de plus à en dire, ou à faire.

En réalité, il n’a jamais compris non plus l’idée qu’ils aient pu être aussi liés. A son départ, Elias n’aurait jamais imaginé qu’il serait aussi touché. Et il ne parvient même pas à mettre de réels termes sur cette douleur qu’il ressent dans l’échine. Il n’y a rien à faire. Mais les choses sont comme elles sont et il n’est jamais nécessaire de chercher plus loin. Ce n’est pas facile et parfois, c’est pire encore. Cette rivalité a toujours existé, elle a toujours fait partie de lui et il n’a jamais été capable d’aller contre ça. Et en réalité, ça lui allait très bien puisqu’il était amené à se mesurer à un égal. Tout était différent, alors. Un coup il gagnait, un coup il perdait et il revenait plus fort. Aujourd’hui, il a l’impression que ce face à face n’aura plus jamais lieu et tout est alors plus compliqué. On peut néanmoins confirmé qu’il y a bien quelque chose entre eux. Ca a toujours existé, ça a toujours été une partie de lui, quoi qu’il puisse en dire ou en faire. Il n’a jamais regretté, n’a jamais éprouvé un quelconque problème avec ça. Mais il sait que ce n’est pas toujours facile. D’un point de vu extérieur, les gens ont toujours eu un peu de mal à comprendre et il le sait. Il n’y porte pas d’intérêt, puisque ce que les autres ressentent ne le concerne pas mais c’est un fait.

Bref.

Elle reparle de la tarte, il se retient de grimacer. Il n’en veut définitivement pas, cela ne l’intéresse même pas une seule seconde. Il comprend qu’elle n’ait pas voulu venir les mains libres mais avec de la viande, ça aurait eu un impact bien plus intéressant. Mais ce n’est pas le genre de chose qui l’intéresse, en réalité. Il n’en mange jamais. c’est le genre de repas qu’il trouve sans intérêt. Il laisse ça aux autres, sait très bien que ça leurs plaît. Ce n’est pas son cas. Mais il n’est pas du genre à se forcer à manger quelque chose si le repas en question ne l’intéresse pas. Il ne se forcera jamais l’ingurgiter juste pour ne pas la blesser. Et pourtant, avec Nuna, il serait sans doute préférable de ne pas trop la heurter. Elle semble capable de fuir à tout moment, il le voit bien. C’est le genre de comportement qu’il attire auprès de tout le monde. " Si tu as faim, n’hésite pas à manger oui. ". Ce n’est pas son cas. Outre le fait qu’il n’a pas faim, il ne mangerait pas ça si c’était le cas.

La mère d’Isdès et Nuna n’ont pas la moindre nouvelle. Il s’en doutait, l’a imaginé en voyant la jeune femme se présenter à sa porte. Bien sûr qu’il imaginait que ce serait autre chose mais quelle aurait bien pu être la raison de sa présence hein ? Il n’y en aurait sans doute pas eu. Il sait que ça fait deux mois, il s’en rend compte. Il sent qu’il n’est plus là et il n’apprécie pas cette sensation de trahison qui refuse de le laisser. Il sait de quoi il s’agit mais ce qu’il ne sait pas, c’est qu’il ignore comment ça va évoluer. Sans doute ne reviendra-t-il pas. C’est comme ça qu’il voit les choses évoluer en tout cas. Pas un seul instant il n’imagine les choses différemment. Il est parti, refera sans doute sa vie ailleurs et les choses deviendront compliquées. Il comprend la détresse de sa famille mais qu’est-ce que ça change ? Elle a du mal à prononcer le nom d’Isdès et il le comprend. Mais il ne peut rien faire. C’est bien le problème. Lui parler ne lui facilitera pas la sensation. L’échange ne permettra pas à Nuna de se sentir mieux. Peut-être même que c’est le contraire qui va se produire. " Je n’ai pas la moindre nouvelle. Je suis désolée Nuna mais s’il ne vous contacte pas, il ne me contactera pas davantage. ". Il n’a aucune raison d’envoyer sa buse pour lui parler à lui. Il comprend que ce ne sera pas facile. Il comprend que cette histoire soit instable et fragile. Isdès est un grand garçon, un homme responsable et intelligent. Elias sait qu’il ne lui est rien arrivé. Qui voudrait s’attaquer à quelqu’un d’aussi fort ? Personne. A part lui.

Remuer le sujet là, c’est compliqué aussi. Il aurait aimé que les choses se passent autrement. Mais… Maintenant qu’elle est là il ne peut sciemment pas la foutre dehors. Peut-être que ce serait plus facile, pourtant. " C’est un homme fort, il va bien. ". C’est vraiment une manière de la rassurer, du moins, il essaie de le faire mais ça n’a strictement rien d’évident.
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Nuna Cortez
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le Ven 7 Juin - 2:18


Every little piece in your life

Nuna Cortez & @Elias Caroll

(29 mai 2119 / post départ d'Isdès,)


Nuna ne savait plus vraiment si c'était le tête-à-tête avec Elias ou la perspective de la sentence qui l'effrayait le plus. Si elle prenait le temps de réfléchir, c'était sans doute la synergie des deux qui la terrassait. Mais elle n'avait pas le choix : si elle voulait faire mourir les derniers espoirs d'avoir des nouvelles d'Isdès plutôt que d'espérer ce qui est était déraisonnable d'espérer, Nuna devait faire face à Elias, peu importe tout ce qu'il l'impressionnait. Quand la porte s'ouvrit sur lui, pourtant, la brune était persuadée que l'une des deux raisons qui la poussaient à se décomposer dominait l'autre. Le visage d'Elias était aussi fermé que sa porte l'avait été plus tôt. Elle avait l'impression de faire face à un mur. Elle se posait plein de questions à la seconde : savait-il qui elle était ? Savait-il ce qu'elle voulait ? Que savait-il d'elle, au juste ? Savait-il qu'elle renoncerait à sa question s'il la brusquait un peu trop ?

Il était brusque, rustre, mais poli. Il était son opposé : là où elle s'efforçait de toujours mettre ses interlocuteurs à l'aise à l'aide de longs discours et grands sourires, lui était taciturne, mesuré. Il lui faisait penser à un prisonnier et à sa prison en même temps, esseulé, coupé des relations humaines qu'il considérait superficielles, coupé des relations humaines qui elle, lui apportaient tout son souffle. Avec son antre sombre qui s'étendait derrière lui, Nuna avait l'impression de se préparer à plonger dans un autre monde où elle serait scrutée, étrangère qui s'imposait là sous seul prétexte de s'inquiéter pour un être aimé. Elle n'avait pas sa place ici mais elle devait en emprunter une, le temps de voler cette réponse, de choper un peu d'espoir ou de laisser mourir celui qui trottait encore quelque part dans son cœur de cousine abandonnée. Elle n'avait besoin que de quelques minutes, ou de quelques secondes si on forçait les choses. Oui, il fallait qu'elle le voie, Elias, et elle comprenait bien que c'était la seule raison qui le poussait à ne pas lui claquer la porte au nez. Elle s'imposait et il acceptait à contrecœur qu'elle s'impose, seulement parce qu'il devait connaître le sujet de cette visite. Il savait que c'était pour Isdès. Était-il peiné, lui ? Était-il blasé, furieux, vexé, indifférent ? Pouvait-il deviner son chagrin, à elle ? « Eh bah, heu... je suis là » répondit-elle simplement, un peu décontenancé par la réponse d'Elias qui sonnait en deux temps. Il acceptait sa présence en même temps qu'il souhait la repousser de toutes ses forces. C'était fort peu engageant. Elle en oubliait presque sa tristesse et ce qu'elle redoutait de la réponse qu'il aurait à lui donner quand elle serait enfin parvenue à lui poser la question. Il y a trop de non-dits dans l'air pour Nuna et ce poids là s'ajoute à tous les autres. Elle ferait avec, mais avait déjà hâte de retrouver l'air libre et frais de l'extérieur. Tant qu'elle serait avec Elias et forcée à côtoyer sa froideur, elle ne respirerait qu'à moitié.

Avec les deux pas qu'elle fit pour rentrer à l'intérieur de la caverne de l'ours, elle se sentit passer dans un monde où la densité se faisait croissante. Elle était incroyablement intrusive et envahissante. C'est son regard fuyant qui la renvoya à cette réalité à chaque fois qu'il se surprenait à traîner sur un détail qu'il n'était pas supposé voir; à chaque fois qu'il se posait sur autre chose pour fuir la première, dans un cercle sans fin, jusqu'à ce qu'enfin elle ne se décide à regarder Elias. Elle devait se confronter à lui, de toute façon. Elle redoutait de lire dans son regard de la colère ou de la pitié, tout ce qu'elle imaginait qu'un homme comme lui pouvait ressentir face à quelqu'un comme elle. Ils étaient si différents, tous les deux, et rappelait à la trentenaire tout ce qu'elle n'était pas et qu'on avait pourtant tant attendu d'elle -tout ce qu'elle avait déçu, en somme; toute la honte qu'elle représentait pour un père dont elle était devenue la seule famille par la force des choses.

C'est sans doute pour toutes ces raisons que Nuna ne parvint pas à énoncer sa question de but en blanc. Il créait un pont, parce que c'était toujours ce qu'elle faisait. Elle introduisait les choses, parce que la brusquerie n'avait jamais été sa marque de fabrique. Mais elle s'enfonçait dans cette image qu'il avait sans doute dessinée d'elle depuis longtemps déjà. En hésitant et en faisant traîner le but de sa visite comme ça, elle lui offrait sur un plateau d'argent toutes les raisons de la jeter dehors. Elle ne savait pas être efficace et elle ne savait pas se départir de ses émotions de fille trop sensible.

Ce qu'il y avait entre Isdès et Elias ? Nuna ne pouvait pas prétendre le savoir. Elle résumait ça simplement, parce qu'on ne lui avait jamais rien dit. Isdès était quelqu'un de secret, même pour sa cousine. Son lien avec Elias avait toujours été alors il avait toujours été évident. Elle ne les avait jamais connus l'un sans l'autre. Pour cette seule raison, elle avait tendance à penser qu'il ne devait pas être totalement indifférent face au départ de son rival -mais aussi qu'il était peut-être le seul à avoir eu des nouvelles d'Isdès. Ils s'étaient accompagnés à travers les décennies et ça, ça laissait des traces, même s'ils étaient les seuls à les voir et à les comprendre. C'était à ce lien que Nuna voulait croire, peu importait si elle en connaissait l'essence. Deux mois après le départ de son cousin, il était le seul à pouvoir lui donner une réponse. Mais l'orfèvre fuyait encore, et elle retrouva l'échappatoire de sa tarte. Elle sauta sur l'occasion pour lui proposer de le servir -ou du moins, ce qu'elle pensa être une proposition à le servir. Deux secondes s'égrainèrent et la réponse fut sans appel, à l'image de tout ce qu'elle pouvait attendre d'Elias. Elle pouvait se servir si elle le souhaitait. Bouche bée, elle laissa malgré elle son regard outré se lever vers lui. Elle ne lui avait pas proposé directement de le servir, mais elle venait de se prendre un rejet en plein visage. Il ne voulait pas de sa présence comme il ne voulait pas de sa tarte; il tolérait à peine leur présence, et Nuna se retint de lui hurler dessus non sans ironie qu'elle s'excusait d’empuantir sa maison avec sa cuisine. C'était presque insultant, et il donnait raison à toute la méfiance de laquelle elle s'était entourée en se traînant jusqu'ici. Mais face à Elias, la défiance de Nuna se dégonfla en quelques secondes et elle soupira tristement en abdiquant. « Je l'ai faite pour toi. Si t'en veux pas, tu peux la donner à quelqu'un d'autre... » et elle grommela la fin de sa phrase sans oser le regarder : « ... si tu côtoies des êtres humains de temps en temps. » Mais la tarte n'était pas la raison de sa présence, et elle se contenterait de retenir à son sujet qu'il n'en voulait pas et qu'il n'avait pas la décence de mettre la moindre des formes à son refus.

Il ne fallait plus y aller par quatre chemins et après tout, à sa façon, c'était ce qu'Elias venait de lui rappeler. Alors la question fusa, et les épaules de Nuna s'affaissèrent sous son poids, oubliant immédiatement le rejet auquel sa tarte aux mûres venait de faire face. L'énonciation de l'interrogation était douloureuse, mais pas autant que les secondes suivantes, que Nuna passa accrochée au regard de l'homme. Doucement naissait dans ses entrailles l'impression qu'il lui offrait dans ce bref silence la réponse qu'elle avait tant cherchée. Son regard, habituellement si dur et peu expressif, semblait asséner à la jeune femme la sentence qu'elle avait tant redoutée. Mais elle se faisait des idées, se disait-elle; elle sur-analysait, mettant dans l'éclat des prunelles claires des intentions qui n'y étaient sûrement pas. Peut-être hésitait-il à garder le secret d'une lettre; peut-être qu'il voulait faire durer le plaisir de l'annonce qui la soulagerait. Ou peut-être que non...

Mais non. La sentence était là, réelle, lourde, et elle venait de prendre forme concrète à travers les mots d'Elias. Sonnée, Nuna fit un pas en arrière et manqua de renverser une petite table à laquelle elle se rattrapa le temps de la stabiliser. « Je... d-désolée... Je pensais qu'il t'aurais peut-être écrit, à toi. » Elle lâcha la table et jeta un coup d'oeil triste à sa tarte laissée un peu plus loin. « Je suis désolée si le raccourci est un peu facile, mais je croyais que vous étiez amis ou quelque chose comme ça. » Quelque chose comme ça -quelque chose qui les liait, quelque chose qui empêcherait Isdès de couper avec lui aussi. Elias, il l'avait choisi dans sa vie. Sa mère et elle, elles étaient sa famille. C'était au nom de sa famille qu'il avait quitté ses montagnes, pour la mémoire de son père et le refus de sa disparition. Mais c'était bien sa famille qu'il avait quittée, laissant Nuna en proie à toutes les contradictions qu'il avait ainsi laissées derrière lui. Il aimait trop sa famille pour rester; il ne l'aimait pas assez pour rester. Si Elias n'avait pas de nouvelles, en auraient-ils jamais un jour ? Deux mois déjà, deux mois de silence, deux mois sans rien savoir d'autre qu'il ne pouvait pas rester ici.

Nuna s'était pourtant attendue à cette réponse. Malgré ce qu'elle avait voulu croire en venant ici, elle avait été la plus probable. Maintenant, elle était éliminée. Où était Isdès ? Était-il encore vivant ? Devait-elle s'inquiéter ? Ou plutôt : ses inquiétudes étaient-elles fondées ? Donnerait-il des nouvelles un jour, comme il le lui avait promis avant de partir ? Et puis... reviendrait-il un jour... ? Comptait-il rester dans leurs vies, comptait-il les garder dans sa vie ? Ces inquiétudes-là gagnaient en concret. Et dans la maison d'Elias, les secondes s'égrainaient.

C'est lui qui reprit la parole, pourtant. Quelques mots seulement, quelques mots destinés à compléter sa réponse, quelques mots pour la rassurer. Nuna leva vers lui un regard un peu humidifié. Elle eut un petit rire jaune avant de lui répondre. « Tu sais mieux que personne que l'un et l'autre vont pas forcément ensemble. » D'un geste brusque, elle essuya ses prunelles et soutint son regard. « Je suis désolée de t'avoir embêté pour ça. Tu dois déjà avoir oublié Isdès. » Encore un petit rire et le regard retomba sur sa tarte qui ne devait plus être très chaude. « Il t'as parlé avant de partir ? Il t'a dit où il allait ? » Mais ces questions-là, elles, étaient désinvoltes. Elle n'en attendait rien. Quand elle l'avait croisé avant son départ, Isdès avait plus fermé qu'il l'avait jamais été. Il n'avait pas voulu lui dire où il allait, sans doute parce qu'il ne le savait pas lui-même. Peut-être était-il quelque part dans leurs montagnes, ou peut-être s'était-il perdu à l'autre bout de leur monde, là où aucun montagnard n'était susceptible de le trouver. Était-il seul ? Se sentait-il seul ? Était-ce ce qu'il recherchait, la solitude ? Pensait-il à ses montagnes, des fois, à ceux qu'il avait laissés derrière lui, à sa mère, à sa cousine, à son rival ? La vérité, en fait, c'est que Nuna commençait à comprendre et réaliser qu'elle n'aurait peut-être jamais de réponse. Il n'avait peut-être jamais compté revenir, et n'avait pas osé le lui dire. Elle regrettait, Nuna. Elle regrettait tout, tout ce qu'elle avait mal fait, tout ce qu'elle l'avait étouffé quand il était au plus mal et tout ce qu'elle s'était éloignée quand il était au plus mal. Si elle avait fait les choses différemment, il serait peut-être encore là, à épauler sa mère dans le deuil, à accepter d'être lui-même épaulé dans le deuil. Mais la voilà, la vérité qui se dessinait sous ses yeux : son voyage était peut-être sans retour... et eux, ils n'auraient qu'à s'y faire.
Elias Caroll
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le Lun 17 Juin - 9:36
Peut-être aurait-il fallu qu’il grandisse dans une autre tribu, un autre village, une autre situation et il en passe. En réalité, Elias ne sait pas ce qu’il aurait fallu qu’il fasse pour s’entendre avec les gens, pour réussir à les comprendre et à aller vers eux. Parce que finalement, les choses ne sont pas évidentes, pas évidentes du tout. On fait ce qu’on peut, on avance comme on peut et encore, c’est un peu plus compliqué que ça. Il ne saurait le dire et en réalité, il n’a pas non plus envie de trop se poser la question. Il a grandit ainsi, il a été comme ça toute sa vie, d’ailleurs. Il n’a jamais été en mesure d’aller vers les gens parce que mine de rien, les choses sont catastrophiques aux yeux de certains. Trop nombreux sont ceux qui le plaignent, en réalité. Il ne les entend pas mais il n’en doute pas une seule seconde. Il sait que c’est toujours comme ça, que les gens ne peuvent pas s’en empêcher. S’il avait évolué différemment, peut-être aurait-il été en mesure de faire preuve de compassion, de sympathie et d’autres choses de ce genre. Non qu’on puisse prétendre que Elias est exécrable, mais il ne respire pas la sympathie ou même l’empathie. Ce n’est pas le genre de personne vers qui on se tourne lorsqu’on ne va pas bien. Il n’a jamais cherché à être à l’écoute des gens, n’a jamais éprouvé le besoin de voir les gens se tourner vers lui. Il n’aime pas qu’on lui raconte ses malheurs, il déteste déjà qu’on s'apitoie sur son sort, ce n’est pas pour le faire lui-même. Hors de question. Jusqu’à maintenant, il ne s’en est jamais plaint. Peut-être que ça lui aurait fait du bien, de parler, justement. Mais c’est difficile à dire. Il n’a jamais eu de véritable amis, n’a jamais eu l’impression de pouvoir pleinement compter sur quelqu’un quand ça n’allait pas.

Sauf Isdès. Mais encore une fois, en parler est un peu compliqué et il n’a pas vraiment envie d’aborder le sujet. C’est une histoire bancale, étrange et délicate. Les gens qui s’éloignent de lui, il y en a beaucoup trop. Mais il y en a et de ce fait, il n’y a rien à ajouter. Rien à en dire. Pas la peine d’y penser. Alors depuis deux mois, son nom est évité, depuis deux mois, il fait de son mieux pour ne pas y penser mais ça ne peut pas être si simple évidemment. Il faut qu’on vienne frapper à sa porte pour lui faire la conversation et pour lui demander quelque chose. Et il faut qu’il s’agisse d’un membre de la famille de son rival, en plus. Ce qui rend la chose plus complexe encore. Il n’a pas envie d’y penser mais c’est souvent plus fort que lui. Il n’y a rien à en dire, bien sûr. On ne peut pas revenir en arrière parce que… Elle est là et la foutre à la porte alors qu’elle ne semble pas bien aller, ce serait un acte de monstre, de ce qu’il a pu apprendre. Et encore une fois, Nuna, elle lui paraît fragile, délicate. Elle ne sait pas toujours comment il faut se comporter mais elle espère sincèrement qu’elle fait les choses comme il faut, qu’elle ne souffre pas trop, qu’elle avance à son rythme sans trop regarder derrière elle. Parce que dans le cas actuel, il doit lui être difficile de faire face aux événements de la vie si elle ne parvient pas à vraiment faire attention à elle. Si elle se concentre sur ce qui ne va pas, ça doit être plus dur encore. Comment savoir.

En réalité, Elias est persuadé qu’il n’y a rien de clair dans la relation qu’il entretenait avec Isdès. Leurs échanges paraissaient brutaux pour les autres mais à force de se retourner constamment l’un vers l’autre, les choses étaient un peu plus compliquées. Il n’est pas facile de voir les choses se faire comme elles sont. Déjà que pour lui, les choses ne sont pas faciles, il ne faudrait pas qu’en plus ça paraisse clair pour les autres hein. Il ne saurait le dire. Ils étaient rivaux mais à côté de ça, il savait que d’une certaine manière, il pouvait compter sur elle. Impossible de déterminer à quel niveau mais ils étaient là l’un pour l’autre et c’est tout ce qui comptait. A l’époque. Avant qu’il ne parte. Les échanges rassurant étaient un peu compliqués bien sûr. Ca n’a rien de surprenant.

Cette tarte, c’est une histoire compliquée aussi. Et cela l’agace quelque peu. Il n’ira pas en manger pour la satisfaire parce qu’il n’a jamais été question de ça et ça ne risque pas d’évoluer. Il n’aime pas ce genre de plat, non qu’il n’aime pas les petites attentions mais même de ce côté-là, il n’y est simplement pas habitué. Il ne cherche pas non plus à l’être et n’en est pas déçu. Il se moque des gestes de ce genre, il part du principe qu’il n’a pas besoin d’être nourri par quelqu’un d’autre, il en est tout à fait apte. Par le passé, Moïra s’occupait des repas, et puisqu’elle n’est plus là, plus personne n’a besoin de le faire. Mais c’est une broutille, un comportement d’enfant immature peut-être même. Disons juste qu’on peut s’arrêter au fait qu’il s’agit là d’un repas qui ne l’intéresse pas et on n’aura pas besoin de chercher davantage. Il n’aime pas les tartes, les fruits cuits, le goût que ça a. Mais il sait que la donner à quelqu’un d’autre n’est pas non plus une option envisageable. Comment le prendrait-elle s’il le faisait ? Accepterait-elle qu’il lui fasse un tel affront ? Tant de douceur et d’innocence, il n’y est pas préparé, il ne sait pas comment il faut agir ni comment il faut se comporter. Il trouve ça un peu touchant mais… Ce n’est pas dans ses habitudes et ce n’est pas le comportement qu’il comprend. Il n’y est juste pas préparé, de manière générale. Et quand il ne parvient pas à gérer la situation correctement, il le fait mal et peut être désobligeant. Clairement. Mais ce n’est pas volontaire et c’est bon aussi d’y faire référence. Ce n’est pas toujours facile mais de temps à autre, ça peut être intéressant.

Peut-être qu’un jour, à force de voir des gens acceptables et des personnes gentilles, peut-être qu’il n’en sera plus choqué, peut-être qu’il parviendra à l’accepter et à ne plus se sentir gêné. Mais bien sûr, c’est encore une autre histoire. Et bien qu’il ait sincèrement envie de voir les choses se passer comme il faut, il ne sait pas forcément comment il faut fair.

Pour l’heure, visiblement, elle le prend mal, n’accepte pas vraiment le refus et se braque. Bien sûr, chez elle, sa colère est quelque peu amusante et discutable. Elle est vexée et tente de le lui faire comprendre, mais cela n’a rien d’évident. Quant à voir des êtres humains de temps en temps, parfois, il s’en passerait. " Cela m’arrive parfois. Il arrive même qu’on frappe à ma porte… Avec une tarte. ". Il hausse les épaules. Il s’en fout en réalité mais cela l’agace quelque peu.

Mais la tarte n’est pas le sujet. Elle n’est pas venue pour lui ramener à manger et passer à autre chose. Elle est ici présente dans l’intention de lui poser des questions sur Isdès et ça ne le surprend absolument pas. Le problème ? Il n’a aucune nouvelle, il ne sait rien, n’a aucune information à lui donner. Et c’est agaçant. Il le voudrait, il le voudrait vraiment mais les choses ne se passent jamais comme on pourrait le vouloir. C’est ainsi, si on peut le dire ainsi. Son rival n’aurait pas eu la moindre raison de lui écrire, à lui. La preuve, il n’en a rien fait. S’il a besoin d’un peu de solitude, il restera sans doute dans l’ombre. La véritable question serait de savoir s’il en donnera un jour. Sauf s’il a évoqué le fait qu’il le ferait et dans ce cas, il comprend qu’elle puisse s’inquiéter. Mais encore une fois, c’est un peu plus compliqué que ça. Il ne peut juste rien y faire et il serait peut-être temps de se concentrer sur ça. Ce n’est pas facile, il le sait et c’est même une grosse prise de tête, à bien y réfléchir. Mais encore une fois, il ne peut rien y faire et il ne peut pas non plus l’aider. Mais il faut bien se concentrer sur le fait qu’ils ne sont pas amis. C’est un lien étrange, un peu perturbant mais ils ne sont pas amis. C’est compliqué parce qu’il n’a jamais été capable de faire le point vis à vis de tout ça. Il n’a jamais cherché à comprendre non plus. " Nous ne sommes pas amis. Il est mon rival. ". Bien sûr, il n’est pas du genre à chercher le sentimentalisme et c’est plus facile comme ça, en général. Mais ce n’est pas toujours le cas. C’est compliqué entre eux mais ça ne le dérange pas vraiment. Il ne s’est juste jamais questionné sur tout ça et c’était plus facile. Aujourd’hui, le fait qu’il soit à ce point touché par la disparition d’Isdès, ça le perturbe quelque peu mais qu’est-ce qu’il y peut ? Et le fait qu’il n’ait pas parlé à sa famille récemment, ça énerve un peu Elias, c’est vrai. Il faut dire que ça n’a pas vraiment de sens, de ne pas parler à sa famille. C’est la part la plus importante d’un homme, et c’est nécessaire également. Il n’aurait jamais été capable d’un tel silence radio.

Il ne doute pas du fait que l’homme va bien, qu’il est là quelque part et que la solitude qu’il s’est imposé est un besoin nécessaire. Mais il comprend aussi qu’il ne puisse rien y faire et que ce n’est pas à lui d’y porter une quelconque attention. Elle doute de ce qu’il dit, forcément, puisque ce n’est pas lui qui ira contre ça, ça n’a strictement rien de vraiment étonnant. Il la regarde s’essuyer les yeux, se sent un peu inutile puisqu’il ne peut pas l’aider. En réalité, il se le reproche grandement. Il n’aime pas vraiment l’idée de ne pas pouvoir lui venir en aide. Peut-être pourrait-il partir à la recherche de l’homme ? Peut-être pourrait-il être en mesure de faire ce qu’il faut pour que cela se passe bien ? Mais comment vraiment savoir hein ? Il ne saurait même pas où chercher, finalement. Et ne serait-ce pas une manière de lui donner un espoir un peu compliqué ? " Tu ne m’embêtes pas Nuna. Je ne peux juste pas t’aider. Je ne saurais même pas où le chercher. ". Parce que ça aussi c’est un problème. Il ne sait pas où le chercher, il ne sait pas comment s’y prendre et n’a pas particulièrement envie de réfléchir à ce sujet. Il se sent trahi mais il aimerait que ça se passe bien.

Maladroit, il pose une main sur son épaule, un peu mal à l’aise. Il aimerait l’aider. Le problème, c’est qu’il ne sait pas ce qu’il faudrait qu’il fasse pour cela. " J’aimerais t’aider mais il ne m’a rien dit. Il n’est même pas venu me dire au revoir. ". Peut-être est-ce aussi une des raisons de sa colère à son égard. Lui, il n’a pas eu de dernier mot, il l’a entendu, le lendemain. Il a su qu’il était parti par les échos de la ville. Et ça s’est arrêté là. C’est agaçant parce qu’on ne sait pas comment le prendre, finalement. " Je ne sais pas comment t’aider. J’en suis désolé. ". Peut-être va-t-elle lui demander quelque chose ? Tant qu’il ne s’agit pas de manger la tarte, peut-être sera-t-il en mesure de le faire ?
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Nuna Cortez
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le Sam 22 Juin - 2:05


Every little piece in your life

Nuna Cortez & @Elias Caroll

(29 mai 2119 / post départ d'Isdès)


En fait, la réponse d'Elias n'avait pas grand chose de surprenant. Si on s'épargnait toute la forme dans laquelle était présentée l'annonce, tout paraissait maintenant évident au point d'avoir été prévisible dès les premiers instants. Si la mère d'Isdès n'avait pas eu de nouvelles, personne ne pouvait pas en avoir. Pas sa cousine, pas son meilleur rival; personne. Mais elle se battait, Nuna, parce qu'elle ne pouvait pas continuer à arroser ce petit espoir tous les jours, en espérant que quelqu'un au village ait des nouvelles, même si ce n'était pas elle. Maintenant, elle savait. Isdès avait promis, pourtant, mais ce n'était pas encore le moment qu'il avait choisi pour honorer sa promesse. Un jour peut-être; un jour sûrement. Juste pas maintenant. Et Nuna, elle devait accepter ça, accepter que sa famille ne comptait plus autant que ça, accepter qu'il faisait passer son deuil avant la nécessité que sa mère pouvait avoir de lui, accepter d'avoir été laissée derrière comme le poids qu'elle avait dû représenter avant qu'il ne parte. Oh, elle voulait son bien-être, ce n'était même pas sujet à débat ; elle le voulait apaisé, si ce n'était heureux. Mais une part d'elle ne pouvait s'empêcher d'être touchée par le fait que s'il cherchait de la vie aujourd'hui n'avait plus rien à voir si avec leurs montagnes, ni avec elle. Il avait pourtant toujours défendu son volcan et sa famille comme si sa vie en dépendait... Aujourd'hui, il semblait à des années-lumière de ce qui l'avait construit et de ce qu'il avait construit. C'était peut-être ça, son deuil. Peut-être qu'il avait besoin de se perdre pour mieux se retrouver... mais se retrouverait-il seulement un jour s'il était si loin de ses sources ? Ne continuerait-il pas simplement de se perdre s'il voguait comme il lui avait laissé entendre qu'il le ferait ? C'était le meilleur qu'elle souhaitait pour lui, mais elle se demandait si c'était le bon chemin qu'il avait pris...

Tout ça, pourtant, ce n'était pas à elle de le juger. Elle avait laissé partir Isdès parce que c'était sa vie et qu'elle ne voulait être une prison pour personne. Elle l'avait laissé partir parce que c'était sa décision à lui, qu'il était libre et responsable, et qu'elle n'était personne pour juger qu'il faisait une erreur. Même lorsqu'elle lui reprochait silencieusement son départ, Nuna ne parvenait pas à laisser gagner cette rancoeur contre son cousin qui avait crée son nid dans ses entrailles lorsqu'elle l'avait vu empaqueter ses affaires. Elle savait qu'il était parti pour des raisons qui lui semblaient justes. Mais, et maintenant ? Maintenant quoi, la famille qu'il avait laissée ici était censée s'armer de patience ? Avait-il oublié que s'il avait perdu son père, sa mère avait perdu son époux ? Avait-il oublié que s'il avait perdu son père, elle avait perdu son oncle ? Oh, elle savait qu'il n'était pas égoïste, mais dans son quotidien s'insinuaient des moments de doute. Chaque jour qui avait passé depuis son départ semblait l'éloigner un peu plus de ce qu'elle savait de son cousin; de ce qu'elle avait su de lui. Ses valeurs, ses combats, ses amours et ses passions ; qu'en restait-il, maintenant qu'il avait tourné le dos à tout son univers ? Que restait-il de ce qu'il avait construit ici s'il allait oublier ailleurs ? Leurs montagnes n'étaient-elles pas son roc ? Sa famille... sa famille n'était-elle pas son roc ?

De toutes les personnes à qui Nuna aurait aimé s'adresser pour poser cette question finale, Elias ne faisait pas partie. Parce que ça touchait une de ses cordes sensibles à elle; parce que ça touchait le tas de cordes sensibles qu'il était, lui. Mais parce qu'elle voulait désespérément une réponse, elle affrontait l'une des personnes dont elle se sentait la plus éloignée au village. Il lui avait suffi de le voir ouvrir la porte et la reconnaître pour comprendre que l'accueil qu'il lui réservait était bel et bien celui qu'elle avait prédit. Pas de sourire ou d'accolades; même les politesses desquelles Nuna aimait trop s'embarrasser étaient hors du décor. La tarte qu'elle avait préparé à peine plus tôt ? Elle était évincée d'un refus désinvolte qui eut le don de lui hérisser le poil. Si elle n'était pas venue les mains vides, ce n'était pas parce qu'elle considérait le plat comme une monnaie d'échange. Ce n'était pas non plus pour le brosser dans le sens du poil ou se vanter de ses talents de cuisinière. Si elle était venue avec sa tarte aux mûres, c'était parce qu'elle voulait faire quelque chose pour cet inconnu qui le serait juste un peu moins quelques heures plus tard. Ce n'était pas de la politesse; c'était l'envie authentique de partager quelque chose avec lui, quelque chose d'autre que la disparition d'un homme auquel ils tenaient chacun à leur façon. Si elle était venue avec sa tarte aux mûres, c'était parce que c'était sa marque de fabrique, parce qu'elle voulait faire plaisir avec des petites attentions qui pouvaient rendre curieuses les narines et réveiller les papilles. Sa présence, elle voulait la lier à quelque chose d'agréable, à quelque chose dont on pouvait se souvenir -un petit sourire, un excès de gourmandise et un peu de ces petits bonheurs qu'il était si simple d'offrir. Alors Elias, en une seconde, c'était tout ça qu'il avait rejeté : son attention et elle avec, pauvre Athna qui décidément, faisait bien honte à son peuple de montagnards endurcis par les hivers ardus. Mais quand elle parvint à exprimer sa frustration, ce ne furent que quelques grommellements fuyants qui sortirent de ses lèvres. L'agacement se lisait sur son visage, mais il était accompagné du regard fuyant de celle qui n'assumait qu'à moitié de s'agacer de si peu. S’il offrait la tarte à un tiers, tout ne serait peut-être pas perdu ; quelqu’un en profiterait à sa place, et lui montrerait qu’il avait au moins le respect de ne pas laisser sa pâtisserie se perdre. La réplique d’Elias, pourtant, la dérouta au point pour elle de chercher son regard pour savoir de quoi il pouvait vraiment en retourner. Pendant une seconde, Nuna avait cru qu’il se tentait à un trait d’humour. Pourtant, ses traits demeuraient figés dans la même expression désinvolte et dans ses yeux brillaient le ton du jugement. Cette rencontre ne se présentait pas sous les meilleurs auspices. « T’as pas l’air habitué à ce qu’on t’offre une tarte, pourtant. » Elle se permit de répondre avec une forme d’insolence qui, dans d’autres circonstances, aurait tout eu de la taquinerie. Avec lui, elle ne savait décidément pas sur quel pied danser. Soit il était totalement neutre vis-à-vis d’elle mais la voulait dehors le plus vite possible; soit il la détestait et la voulait dehors le plus vite possible. Dans tous les cas, Nuna savait qu’elle était loin d’être la bienvenue ici. Et malgré ses premières excuses, elle savait que c’était le cas maintenant comme ça l’aurait été à n’importe quel autre moment.

Alors Nuna ne comptait pas s’éterniser et la question, si elle fut contournée pendant quelques instants, finit par fuser dans les airs avec la vitesse et la conviction des flèches les plus décidées. Son visage perdit le peu de dureté que la déception lui avait fait prendre quelques instants plus tôt. Ce n'était pas de la déception de la tarte à laquelle on ne touchait pas; c'était le désespoir de la cousine qui s'inquiétait viscéralement pour son cousin. Et c'était ridicule, se rendait-elle compte, d'avoir demandé des nouvelles Elias. C'était indélicat, surtout, de mettre l'homme dans une situation pareille. Même si une part d'elle lui soufflait qu'il se moquait d'Isdès comme de sa première dent de lait, elle ne pouvait s'empêcher de se dire que ce n'était peut-être pas tout à fait et complètement le cas; peut-être qu'elle venait de lui rappeler que lui non plus, des nouvelles, il ne les avait pas. Alors elle s'excusa maladroitement pour cet espace qu'elle avait pris chez lui et dans cette drôle d'amitié. « Oui, rival... » souffla-t-elle sans trop y croire. Entre les deux gaillards, les choses n'avaient jamais été si claires et binaires; si ça avait été le cas, elle ne se serait jamais posé ces mille questions en choisissant de venir ici. Si ça avait été le cas, elle n'aurait jamais choisi de venir ici.

Mais dans les mots d'Elias s’immisçaient quelque chose de nouveau et d'à peine perceptible. Elle s'excusait encore, Nuna, de l'avoir dérangé pour si peu -de lui avoir rappelé qu'Isdès n'était plus là, et que lui non plus n'avait pas de nouvelles. Mais lui cherchait à la rassurer. Il allait bien, c'était un homme fort. Le rire de la brune fut jaune ; lui-même savait bien qu'être un homme fort ne préservait pas de tous les maux. Elias était un homme fort. Personne ne pouvait plus pénétrer sous sa carapace. Mais était-ce vraiment cette force-là que l'on pouvait envier aux autres ? Qu'est-ce qu'était la force physique si l'enveloppe charnelle se vidait de ce qui faisait sourire, de ce qui faisait aimer ? De ce qui faisait vivre ? Ses rares larmes étaient de peine, de frustration et d'inquiétude. « T'inquiète pas, va » se surprit-elle à essayer de le rassurer elle-même. « Je... je sais pas où chercher non plus. » Car si elle avait su, Nuna aurait emprunté l'un des chevaux les plus endurants du village pour tenter de pister son cousin et s'assurer qu'il allait bien -et lui remonter les bretelles, aussi. Pour Isdès, elle était prête à quitter le volcan seule s'il le fallait. Mais pour aller où ? Il avait volontairement été des plus vagues quand à sa destination. Il comptait errer entre quelque part et ailleurs, voilà tout ce qu'elle avait perçu de ses objectifs. C'était trop léger pour organiser des recherches. « Tu me diras s'il t'écrit ? Je te promets la même chose. » Elle se racla la gorge, le regard à nouveau fuyant, les doigts jouant nerveusement les uns avec les autres devant elle. « Il t'a dit quoi avant de partir, à toi ? Je... Tu sais, il m'aurait rien dit si j'étais pas tombée sur lui en train de faire ses bagages. Et il a presque rien voulu me dire. » Elle lui en voulait tellement, merde, qu'est-ce qu'elle lui en voulait. Mais cette rancoeur parvenait à être étouffée par l'inquiétude que ces deux mois d'absence laissaient derrière eux. « Je sais même pas s'il compte rentrer un jour... tu t'imagines, ça, d'Isdès ? J'ai l'impression de plus le connaître. » Isdès, où es-tu ? Isdès, qui es-tu ?
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le Mar 16 Juil - 14:36
Que ferait-il, à sa place ? Il est bien incapable de le dire. Le jour où Moïra et Clara ont disparu, ça a été pour toujours. Un véritable départ, une mort, une fin de tout. Et il ne lui aurait servi à rien de partir quelque part pour les chercher. Il n’aurait absolument rien trouvé. Pour autant, Elias ne cache pas le fait qu’il aurait aimé avoir une chance, une sensation d’espoir d’un jour les revoir. Il aurait voulu que quelque chose se produise et que cela lui donne la chance et l’occasion de les voir. Mais ça n’a pas été le cas et ils ont été contraints de faire avec. Quoi qu’ils auraient pu en dire, la situation n’aurait pas évolué. Elles sont mortes et de ce fait, les retrouver n’est pas possible et il ne peut pas se mettre à place de Nuna. Pour autant, bien qu’il ne puisse pas prendre sa place, il ne peut pas cacher le fait qu’il ne supporte pas vraiment ce qui a pu se produire et n’a pas non plus envie d’y réfléchir. Il ne veut pas se mettre à sa place, il ne veut pas réfléchir aux options. Et en même temps, il n’a pas particulièrement envie de faire le point sur tout ça. il ne la trouve pas suffisamment puissante, c’est sans doute ça le gros du problème dans tout ça. Il ne la trouve pas assez forte, assez courageuse. Elle ne fait pas les choses comme elle le devrait. Plutôt que de venir le trouver, lui, en sachant qu’il n’aurait pas été en mesure de l’aider, pourquoi n’est-elle pas juste partie en forêt pour chercher un peu ? Bien sûr que ça demande un certain courage, et peut-être qu’elle n’en fait pas suffisamment preuve. Mais c’est bien de ça qu’il est question ici, non ? Bien sûr qu’à côté de ça, ce n’est pas vraiment à lui d’en juger ou d’en décider. Tout ceci ne le concerne pas vraiment. S’il est touché par le départ de Isdès, il s’est presque fait une raison. Le perdre est difficile mais on s’habitue à tout et on n’a pas besoin d’en faire une fixette. Ca ne sert réellement à rien.

Bien sûr, à côté de l’inquiétude de Nuna, il pourrait faire un effort de compréhension et se montrait un peu plus agréable. Le problème, c’est que c’est le genre de comportement dont il est un peu incapable. Il ne fait pas preuve d’empathie, il n’en a jamais été capable et c’est sans doute le gros du problème dans tout ça. Bien sûr qu’on pourrait espérer de lui qu’il fasse les choses correctement. Il pourrait lui dire qu’il comprend qu’elle puisse s’inquiéter. Il pourrait lui dire aussi qu’il est désolé et que ça ne se passe pas du tout comme il aurait pu le vouloir. Mais les choses sont comme elles sont et il n’a pas besoin de prétendre savoir ce qu’il faut dire ou ne pas dire. Les choses sont juste comme elles sont. Pas besoin de chercher plus loin. Au moins, il ne prétend pas être quelqu’un d’autre et ne se met pas à jouer un rôle. Il est qui il est et s’en contente. Les autres devraient être capables d’en faire de même, non ?

Est-ce qu’il a l’habitude qu’on lui offre des tartes ? Non. Même Moïra ne faisait pas de dessert. Les gâteaux ce n’était pas son genre du tout. Ce qu’elle aimait, c’était chasser et de temps en temps, elle faisait d’autres trucs. Mais de manière général, c’était surtout de la viande. Et ça lui convenait en fait. Il n’a jamais eu besoin de plus de choses. Il n’a jamais éprouvé le besoin de plus, d’ailleurs. En plus de ça, la situation ici est particulière. Il ne s’agit pas d’un simple cadeau, d’une attention par plaisir. C’est un geste dirigé vers lui dans le but d’obtenir des informations en échange. Les cadeaux intéressés ne sont pas vraiment plaisants. Bien qu’il n’y prête pas vraiment attention. Dans le fond, si elle n’avait rien voulu en échange, elle n’aurait jamais frappé à sa porte. Donc tout aurait été considérablement différent. Tout est plus compliqué. " En effet. Les gens savent que… Je n’aime pas ça. ". Mensonge éhonté avec un sourire en coin. Pas un vrai, bien sûr puisque ça n’arrive presque jamais. Il s’agit plutôt d’une grimace évidente. Il n’a vraiment pas envie d’épiloguer sur cette histoire de tarte. Même elle, elle n’est pas venue pour ça. C’est juste un symbole de paix, une trace afin de lui faire comprendre que les choses ne sont pas évidentes. Elle veut savoir où se trouve son cousin et elle le comprend. Pourtant, ça ne veut pas dire que la situation est facile. Au contraire.

Isdès a disparu de son plein gré. Il a pris ses affaires, est parti et il est parfaitement impossible de déterminer s’il reviendra un jour. D’ailleurs, il n’a lui-même absolument pas envie d’y réfléchir. En réalité, Elias se sent trahi, il n’apprécie pas la situation et ne le supporte même pas un peu. Il n’apprécie pas le fait que la personne la plus proche de lui puisse le laisser tomber. Pourtant, ça n’a pas vraiment de sens, n’est-ce pas ? Il n’a pas vraiment le droit de mal le prendre, il n’a pas non plus le droit de prétendre que tout ceci est facile parce qu’en vrai, ce n’est pas le cas. Et ça n’a jamais été le cas. Tout ceci n’est pas facile mais ils sont malgré tout contraints de faire avec. Leurs options sont inexistantes. Et en vrai, il ne servirait à rien de lui courir après. S’il prétend que ça aurait été une forme de courage, ça aurait aussi été complètement stupide. S’il ne veut pas être retrouvé, ils n’y parviendront pas. C’est bien ça le problème. Et il lui est assez difficile de l’admettre à sa cousine qui semble réellement s’inquiéter. Pour la simple et bonne raison qu’il ne sait même pas ce qu’il pourrait lui dire. Ni comment le lui dire sans qu’elle ne panique ou ne le prenne mal.

Pourtant, il essaie, il tente même de la rassurer avec ses mots, avec ses tentatives. Il essaie même l’empathie, finalement. Et il n’a pas l’impression de trop mal s’y prendre puisque finalement, elle semble ne pas mal le prendre. C’est une bonne chose non ? C’est tout ce qu’il voulait, c’est que ça ne se passe pas trop mal. Bon, bien sûr, lorsqu’elle lui dit de ne pas s’inquiéter, il ne sait pas vraiment quoi dire ni comment le dire. Il ne le prend pas très bien, si on peut le dire comme ça mais il n’en dit rien. N’en parle pas à voix haute. A quoi ça pourrait bien servir hein ? A rien sans doute. Il ne s’inquiète pas. S’il est blessé, ça ne change strictement rien à la situation. Il est parti volontairement. Et pour cette raison, le chercher ne rimerait à rien. Comme elle dit toutefois, il est impossible de vraiment savoir où chercher, de toute manière. " Il ne veut pas être trouvé, tu ne le trouverais pas. ". Pas la peine de perdre trop de temps, pas la peine de disparaître, pendant plusieurs jours et pas la peine de risquer un quelconque accident si cela ne s’avère pas nécessaire. Autant éviter de prendre le moindre risque tant que c’est possible.

Elle demande à établir une promesse. Il ne dit rien le temps d’une seconde. Il sait parfaitement qu’il ne va pas écrire et s’il le fait, ce ne sera jamais à lui. A quoi ça pourrait bien servir hein ? Il ne risque pas de le faire parce qu’ils ne sont pas suffisamment proches. A moins que ce ne soit pour un quelconque service et ça ne les avancera pas du tout. Dans le fond, il s’en moque aussi un peu. Qu’il écrive à Nuna, c’est sa famille, c’est la seule chose qui ait de l’importance. Que lui, ne soit au courant de rien, ça n’a rien de vraiment étonnant. Et… Il le comprend, malgré tout. Ce n’est pas facile mais il le comprend, quoi qu’il en dise. Ce n’est pas facile quand on n’a pas beaucoup de monde autour de nous, c’est vrai. Mais la réalité est ainsi et il en a l’habitude. " Je te le promets. ". Mais il n’en croit rien. Ils ne se sont jamais écrits. Pourquoi est-ce que ça arriverait maintenant.

Il ne l’a pas vu partir,e n réalité. Il ne l’a su que bien plus tard en ne le voyant pas plusieurs jours de suite. Il est passé chez lui, et c’est là qu’il a vu qu’il était parti. Par sa fenêtre, il a pu voir que bien des choses n’étaient plus à leurs places. Et il est parti avec son oiseau. Il n’a pas laissé grand chose derrière lui. En réalité, il n’avait pas grand chose. Un peu comme Elias. Mais ils n’ont pas parlé. C’est sans doute aussi ça qu’il lui reproche. Le fait qu’il n’ait pas pris le temps de lui dire qu’il partait, le fait de voir qu’il n’avait pas tant d’importance que ça. Il ne saurait dire pourquoi il est parti. Il est incapable de le comprendre. Peut-être que ça a quelque chose à voir avec Murphy mais dans ce cas, qu’est-ce qu’il pourrait bien dire à sa cousine hein ? Il n’a pas vraiment de disposition quant à dire ce qui va et ce qui ne va pas. De toute façon, il ne sait pas non plus ce qu’il pourrait dire pour que la situation se passe correctement. " Je ne l’ai pas vu. Il ne m’a rien dit. ". Il est parti sans le prévenir et c’est peut-être là qu’il s’est vraiment senti trahi. Il ne savait rien, il ne s’y est pas préparé et il a tout pris en pleine gueule. Il n’a pas apprécié tout ça mais est-ce qu’il a le choix ? Est-ce qu’il a le droit de s’en formaliser ? Certainement pas. Il est contraint de faire avec, justement. Et que ce soit facile ou non, il n’a pas d’autres options.

L’impression de ne plus le connaître ? Oui, sans doute. Le fait qu’il ait cotoyé une débarquée comme ça… Disons que ça dépasse un peu Elias. Du moins… Ca le dépassait avant que sa route ne croise celle de Mila. Bien que les choses soient compliquées, bien qu’il n’y comprenne absolument rien, il ne peut pas nier que cette histoire soit étrange. Très étrange même. Mais il n’y a rien à faire contre ça. Murphy est… Ce qu’elle est, et s’il se sentait bien à son contact, ce n’est certainement pas lui qui va aller contre ça. Il est libre de ses choix, disons. Quant à savoir s’il a rentrer ou non, c’est difficile à dire. Elias n’a pas la réponse. " Je ne sais pas s’il reviendra. Nous ne pouvons pas nous avancer. Il faut juste… Attendre. ". Et il ne peut strictement rien faire contre ça.
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Nuna Cortez
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le Jeu 25 Juil - 2:30


Every little piece in your life

Nuna Cortez & @Elias Caroll

(29 mai 2119 / post départ d'Isdès)


C'était un chemin sinueux que de l'accepter, mais le plus dur n'était même pas la séparation ou l'absence : c'était de ne pas savoir. De ne savoir ni où il était ou dans quel état, ni s'il comptait revenir un jour. Pour ce qu'elle savait, Isdès pouvait être sur une plage en train de commencer une collection de coquillages ou avoir pris pour une pirogue en opposant tribord et bâbord jusqu'à tomber sur une île inconnue. Il pouvait avoir combattu ce kraken, encore, dont il lui avait déjà raconté quelques images lorsqu'il était revenu de cette rencontre avec les Débarqués l'été précédent. Peut-être que cette fois-ci avait été réelle et peut-être qu'il avait rejoint les bas-fonds d'une mer qui n'avait jamais été la sienne, parce qu'elle n'avait jamais eu le charme de leurs montagnes natales. Peut-être qu'en mettant les voiles c'était dans le rhum qu'il avait plongé, qu'il avait fini par se noyer; peut-être qu'il était devenu un de ces pirates qui oubliaient à la fois passé et avenir et ne trouvaient leur identité qu'à travers le tricorne qu'ils arboraient fièrement comme la seule famille qui leur restait, celle de la mer, celle de l'oubli, celle d'une indépendance solitaire qui n'avait plus grand chose de la vie que Nuna aimait tant. Qu'était devenu Isdès ? Qu'avait-il dans la tête ? Pensait-il à elle, à eux, à leur volcan, à ce monde qu'il avait tant aimé, duquel il avait claqué la porte sur ce qui semblait être un coup de tête ? Il pouvait être perdu au milieu de la mer ou dans les profondeurs d'une caverne, Nuna n'en saurait rien. Et le plus dur, c'était d'être incapable d'exclure la pire possibilité de toutes : celles qui l'absenterait définitivement de ce monde et rentrait toutes retrouvailles impossibles. Comment s'étaient-ils quittés ? Elle repensait beaucoup trop souvent à leurs derniers mots pour sa santé mentale. Ca la bouffait au point de réécrire certaines répliques, dont le fantasme se mélangeait aux réels souvenirs, ne laissant dans l'esprit de Nuna qu'une nuée floue de quelques échanges qui ne signifiaient plus grand chose. Elle l'avait engueulé mais elle ne voulait plus s'en souvenir. Ce dont elle voulait se souvenir, c'était de cette dernière brève étreinte. Si elle avait su qu'elle n'était pas prête de le revoir, elle aurait volé quelques secondes supplémentaires dans ses bras. Maintenant, elle ne pouvait plus que ressasser et prétendre que les séparations avaient été un peu plus douces. Il y avait des choses qu'elle ne lui avait pas dites, ou pas dites comme elle aurait aimé les lui dire. En les répétant dans son esprit, Nuna n'avait pu que constater la maladresse des mots qu'elle avait choisis sous l'effet de la surprise. Elle aurait pu le retenir, si elle les avait mieux choisis. Peut-être que ça n'avait été qu'un appel à l'aide désespéré et qu'elle n'avait pas su saisir les perches tendues; peut-être qu'elle avait loupé quelque chose, peut-être qu'elle aurait pu faire quelque chose. Probablement qu'elle avait failli à son cousin.

Mais maintenant qu'elle faisait face à Elias, Nuna ne sentait que le chagrin et l'incompréhension. Il n'y avait même plus cette rancoeur et cette colère qui la rongeait régulièrement par à-coups, il n'y avait plus la culpabilité qui se dessinait lorsque se réécrivait les derniers moments avant la séparation. Il y avait juste la simple constatation de son absence et toutes les questions qui entouraient l'instant et celui d'après, et l'instant d'après, et les semaines et les mois à venir, et la perspective de ne plus jamais le revoir.

Nuna, par contre, ne pouvait pas prétendre comprendre la façon dont Elias vivait les choses. Elle ne connaissait la relation qu'il entretenait avec Isdès qu'à travers ce qu'ils avaient laissé voir, à travers ce qu'ils avaient exposé comme une fierté à la vue de tous. Elle avait toujours connu leur rivalité et elle faisait partie de la vie du village. Quand elle pensait à ce qui lui manquait le plus de son cousin, c'était sa présence et ses sourires discrets, c'était sa rudesse et la douceur dont il pouvait faire preuve avec sa famille. Mais face à Elias, elle se surprenait à penser à cette rivalité aussi, à ces entrevues qui ponctuaient la vie du village comme bien d'autres choses le faisaient. Alors elle pensait à Elias et c'était une forme de peine qu'elle ressentait à sa place, une peine un peu orgueilleuse, une peine définitivement colérique. Elle n'était pas ici tout à fait à sa place mais il y avait l'absence d'Isdès qui les unissait, qu'ils l'acceptent ou non. Les proches d'Isdès sur le village se comptaient sur les doigts d'une main; ils étaient deux doigts de cette main. « Oh oui, les gens te connaissent par cœur » répondit-elle au sarcasme d'Elias avec un petit sourire amusé qui se transforma bien vite en un sourire plus triste. Sa tarte n'avait pas grande importance -elle n'avait plus grande importance. A ce moment-là, Nuna espérait encore que ceux qui se profilaient lui apportaient quelques réponses ou un semblant d'espoir.

La chute était inévitable et sa violence ne surprit pas Nuna. La seule réponse qu'il était capable de lui donner rejoignait toutes ses inquiétudes. Naturellement optimiste, elle n'en était pas pour autant stupide ou aveugle aux évidences. Si sa mère n'avait pas de nouvelles d'Isdès, alors personne n'en aurait, pas même elle, pas même Elias. Et l'Athna qui lui faisait face, lui aussi, avait conscience de la rudesse de la réalité. Il savait comme elle que de ne pas avoir de nouvelles après tout ce temps était mauvais signe : signe d'un mauvais état psychique ou physique, signe d'une catastrophe fatale dont ils ne sauraient rien, signe d'un choix de rupture totale avec sa vie d'avant et a fortiori, avec eux deux, deux débiles restés là à espérer au moins un peu se tromper. « Je sais... » admit-elle, le regard fuyant et chagriné. Si elle avait le courage de partir à sa recherche seule, elle ne saurait même pas par où commencer. Leur monde paraissait bien petit aux plus grands explorateurs; lorsqu'il s'agissait de retrouver quelqu'un, c'était un monde infini qui s'étendait sous les yeux des inquiets. « Jpeux te demander autre chose ? » demanda-t-elle en relevant son regard vers lui, le bout des doigts s'entremêlant nerveusement. « Laisse tomber, jvais te demander. » Impatiente peut-être, sans aucun doute apeurée qu'il ne lui réponde par la négative, Nuna se lança la tête la première. « S'il revient pas, tu iras le chercher ? Si... dans un mois ou dans six mois ou dans un an... est-ce qu'il y a un moment où tu partirais le chercher ? Et est-ce que... » Cette fois, du regard d'Elias elle n'osait plus se détacher, comme si elle voulait être sûre d'y percevoir le moindre indice, la moindre bribe d'une réponse tue. « Est-ce que si tu pars le chercher un jour, je pourrai venir avec toi ? » C'était une double inquiétude qui accompagnait la question, parce que si Nuna était prête à accepter qu'Elias ne se donne pas le mal de parcourir le monde pour retrouver quelqu'un qui ne voulait pas être retrouvé, elle était moins encline à recevoir l'image qu'il se faisait d'elle. Elle n'était pas une courageuse ou une aventurière; ce n'était pas un secret d'état, tout le monde au village le savait. C'était Nuna, elle était comme ça, Nuna. Elle construisait des armes mais elle ne les utilisait pas. Elle aimait trop ses montagnes pour leur offrir la concurrence d'autres paysages. Mais au regard de ceux qui habitaient le volcan, Nuna n'était qu'une demi-athna, à sa place sans tout à fait l'être, aussi serviable que quelqu'un qui ne combattait pas pouvait l'être. Une fausse athna, lui avait-on déjà tant de fois répété à travers les mots ou les regards. Si elle devait parier sur ce qu'Elias pensait d'elle, Nuna ne parierait pas sur la bienveillance. Pas sur la méchanceté non plus, mais sur ce qui était les valeurs des Athnas, presque innées chez eux, sur ce qui définissait Elias dans son entièreté et ne pouvait guère être plus loin de ce que Nuna représentait aux yeux d'autrui.

Auprès d'Elias, pourtant, Nuna n'était pas très sûre de savoir ce qu'elle recherchait. Sûrement pas du soutien; parce que si lui se faisait probablement déjà une idée assez précise de qui elle était, la réciproque n'était pas totalement fausse non plus. Ce n'était jamais auprès d'Elias Caroll qu'un Athna sensé viendrait chercher du réconfort. Pourtant, pendant une demi-seconde, Nuna ne parvint pas à trouver d'autres raisons de s'accrocher à lui comme ça. Lui aussi, il faisait partie de ce cercle très fermé des proches qu'Isdès avait laissés derrière lui. Ils se comptaient sur les doigts d'une main et quelque part, le chagrin de ce départ les propulsait alliés dans l'adversité. Alors peut-être que si, c'était un peu de réconfort, ou au moins de compréhension, qu'elle recherchait auprès d'Elias. Et s'ils étaient alliés, ils pouvaient sceller leur envie de retrouver le disparu dans une promesse. « Merci », répondit-elle avec le petit sourire triste de celle qui savait qu'ils n'étaient pas prêts, l'un comme l'autre, de recevoir de ces nouvelles qu'elle espérait tant. Mais avec un allié on ne faisait pas que des promesses. On volait aussi quelques instants de répit auprès de celui qui vivait la même situation, parce qu'il était le seul qui avait une chance de côtoyer de plus ou moins près ce qui nous, nous bouffait de l'intérieur. « Il t'a rien dit ? » répéta-t-elle, hébétée, en fixant Elias un peu plus longtemps que ce qu'elle aurait aimé. « C'est con mais pour me rassurer, je me disais que... » Elle haussa les épaules en détachant enfin son regard de l'homme. « que si j'étais pas tombée sur lui avant qu'il parte, il serait quand même venu me voir. » Elle n'était pas bête; elle savait que tout pointait vers des probabilités pessimistes vis-à-vis de ce scénario. Mais une autre donnée venait s'ajouter au reste, et le pessimiste devenait très pessimiste. Isdès avait donc été capable de quitter le village sans rien dire à Elias. Malgré tout ce que pourrait défendre ce dernier, ce n'était pas rien. Parce qu'ils n'étaient pas rien l'un pour l'autre. S'il avait osé ce traitement du silence auprès d'Elias, il l'aurait sans douté osé auprès d'elle aussi. « Je suis désolée, Elias. » Elle trouva son regard une seconde avant de continuer, même si elle ne savait pas si les graines qu'elle s'apprêtait à germer prendraient racine quelque part. « Si t'as besoin de... je sais pas, d'en parler, à un moment... Enfin tu fais cque tu veux de la proposition, je veux pas être intrusive, juste que... de l'extérieur, tu donnes toujours l'impression que tu te suffis à toi-même et c'est peut-être le cas, mais si pendant une heure ou deux t'as besoin d'une autre paire d'épaules, je... Enfin, je suis là, quoi. » Elle haussa les épaules une nouvelle fois, comme pour donner un air de pas grand chose à la proposition, mais elle en pensait chaque mot. Elle ne voulait pas être là où sa place n'était pas, mais s'il ressentait le besoin de lui en donner une, même pendant un très bref moment, alors elle lui offrirait tout ce qu'elle était capable d'offrir à quelqu'un qui demandait une oreille attentive ou une simple présence.

Cette drôle d'alliance n'enlevait pourtant pas grand chose à toute la rancoeur qui habitait Nuna depuis le départ de son cousin. Depuis deux mois, elle avait l'impression de chercher un étranger et si elle essayait parfois de retracer le cours des choses et d'imaginer le chemin qu'il aurait pu prendre, c'était de plus en plus difficile pour elle d'y voir clair. Son départ n'était accompagné que de contradictions qui dénotaient avec la personne qu'elle avait côtoyée depuis trente ans. Si on souffrait tant de la perte d'un proche, pourquoi quittait-on ceux qui étaient encore là ? « Mmh » grommela-t-elle pour admettre qu'elle n'en savait rien non plus, elle, de s'il comptait rentrer à un moment. « Ca fait déjà deux mois qu'on attend. Pour Isdès, je trouve ça incroyablement long. » Mais Elias avait raison : eux, ils n'y pouvaient pas grand chose. Se ronger les sangs ne leur ramènerait pas le montagnard. Ce qu'il faisait de sa vie, en ce moment, ils ne pouvaient pas le savoir. Juste émettre des suppositions et vivre avec ces seules suppositions. Alors, avec un petit sourire taquin, comme pour désamorcer la situation, Nuna releva le nez vers Elias et glissa : « Tout quitter et devenir marin, c'est un bon plan ? » Elle haussa finalement les épaules encore une fois, pour s'excuser de la stupidité de sa blague. « Pardon. Des fois j'essaie d'imaginer ce qu'il fait de si important ailleurs, et j'ai de drôles d'idées. »
Elias Caroll
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le Lun 29 Juil - 12:22
Cet échange n’est pas vraiment bon pour Elias. Il ne dit rien, continue de lui répondre et tente de l’aider mais il réalise avec une facilité étrange que ce n’est pas évident. La perte d’un rival qui l’aidait à canaliser toute sa colère ne risque pas de lui faire du bien. Bien sûr qu’il ne s’en rend pas vraiment compte encore. Il tente de faire la part des choses mais il n’y arrive qu’à demi-mot. Il se sent minable parce qu’il réalise que les choses vont devenir un peu plus compliquées avec le temps et il va sincèrement falloir reprendre le contrôle derrière tout ça. Et ce ne sera pas facile parce qu’il n’y a pas de réel mode d’emploi pour arranger les choses. D’une certaine manière, on fait avec ce qu’on a, que ce soit facile ou non. Et là pour le coup, les choses vont devenir de plus en plus complexes. Il faut sincèrement considérer le fait qu’il est prise au piège. Toute sa vie il a tenté de comprendre et de contrôler la colère qui irradiait dans ses veines. S’il y est parvenu la majorité de son temps, ça n’a pas toujours été facile et certains jours, il lui fallait frapper dans quelque chose pour aller mieux. La plupart du temps, ça finissait en bagarre avec Isdès et tout était plus “facile”. Si demain, sa colère vient à un peu trop irradier, il ne sait pas ce qu’il pourrait faire, et il se retrouverait alors pris au piège dans une situation perturbante et incontrôlable. Sans doute se retrouverait-il à tuer quelqu’un. Et il n’y est pas préparé. Il verra bien en temps et en heure, mais… Il craint que le résultat ne soit pas beau. Et il s’en satisfera sans doute parce que le sang coulant sur ses mains, c’est une sensation assez agréable.

Face à elle, il ne sait pas quoi dire, comment le formuler et quoi faire de ses mains. Il pourrait l’enlacer, poser une main rassurante sur son épaule mais ça ne fonctionne malheureusement pas. Il ne sait pas s’y prendre et ne veut pas non plus passer pour un abruti. Parce que c’est un peu de ça qu’il pourrait être question s’il s’y prend mal ou qu’il lui fait mal d’une façon ou d’une autre. Même s’il aimerait ne pas en arriver là.

Il grimace quand elle dit que tout le monde le connaît par coeur. Dans le fond, il n’est même pas certain qu’une seule personne de ce village le connaisse vraiment. Au contraire. Mais ils sont persuadés de tout savoir sur lui. Ils le prétendent parce qu’ils voient une certaine version de lui et s’y arrêtent. Il ne rebondit pas sur sa remarque. C’est plus facile. Il hausse les épaules et préfère ignorer une possible réponse. Qu’est-ce qu’il pourrait dire ? Il ne risque pas de passer pour un quelconque abruti dépressif qui se plaint du comportement des autres. Ce n’est pas son genre et il s’y refuse. Il est fort et le guerrier refuse de se plaindre d’une quelconque façon. Il n’apprécie pas la pitié, et a même un peu de mal avec la compassion. Il n’apprécie pas qu’on se penche sur son cas et qu’on vienne à être désolé pour lui. hors de question pour lui de se faire berner pour aussi peu de chose.

Lorsqu’elle évoque le fait qu’elle veut lui demander quelque chose d’autre, il voit un peu où elle veut en venir. Ce n’est pas facile en réalité. C’est une situation assez étrange même. Que pourrait-il lui dire ? Elle ne tarde pas à lui poser la question tant attendue et il ne sait pas quoi en dire. Est-ce qu’il partirait à sa recherche si Isdès venait à disparaître près de six mois ? Sans doute serait-ce une bonne idée. Mais il ne peut y donner une réponse positive. Il faut bien avouer que la situation est compliquée. S’il n’est plus là, c’est parce qu’il a pris la décision de ne plus être là. Ce n’est donc pas à lui de partir à sa recherche pour venir l’emmerder. D’ailleurs, si la situation était différente, il ne voudrait pas qu’on vienne le chercher. " Je ne peux pas Nuna. Je ne voudrais pas qu’on vienne me chercher si moi, je venais à partir. Je ne peux donc pas le faire moi-même. ". C’est une affaire complexe évidemment vu qu’il ne veut pas voir la situation évoluer dans le mauvais sens. Il ne veut pas perdre l’illusion que bientôt, Isdès reviendra, que les choses seront à nouveau comme avant. Et en même temps, il a du mal avec l’idée qu’un être comme lui puisse lui manquer. Il est désormais l’homme le plus fort de la montagne. Le poste était divisé par deux jusque là et tout a changé désormais. Est-ce plus facile ? Ce n’est qu’une faible manière de le dire, à n’en pas douter. Mais les choses sont comme elles sont. Il n’y a rien de plus à en dire. Quant à l’idée de la prendre avec lui si ça venait à arriver, ce n’est même pas envisageable. Elias ne s’aventure pas dehors avec une innocente qui pourrait entraver ses déplacements. Bien sûr, il ne le lui dit pas à voix haute, considérant qu’il lui a simplement dit que ce n’était pas nécessaire. Qu’il n’irait pas. Ce n’est pas facile à entendre mais il ne sert à rien de donner de vulgaire espoir inutile.

Il est difficile de savoir quelles étaient les intentions de Isdès à son départ. Qu’il ne soit pas venu voir Elias n’a rien de vraiment surprenant. C’est déplaisant pour le concerné mais dans le fond, il n’a de compte à rendre à personne. Peut-être aurait-il pu tout de même aller voir sa famille pour en parler avec eux mais pour le reste, il ne voit pas vraiment pourquoi il serait venu le voir, lui. Et ça ne l’atteint même pas, pour tout dire. Il s’en moque un peu. D’une certaine manière, du moins, parce qu’il aurait quand même apprécié qu’on se tourne un minimum vers lui un peu. Pour que les choses se passent un peu mieux. Pour qu’il l’accepte un peu plus facilement. En fait, Elias est une affaire un peu compliquée et il ne le fait pas exprès, c’est juste plus fort que lui. Disons qu’il fait de son mieux pour que ça se passe bien mais ce n’est malheureusement pas le cas comme il le faudrait. Ca l’atteint sans trop l’atteindre. C’est ça le pire dans tout ça. Une chose qu’il ne peut s’expliquer. Cela ne l’intéresse pas vraiment parce qu’il n’a rien à voir avec tout ça et en même temps, il voit bien que c’est une histoire compliquée. Trop compliquée. Il tenait à Isdès comme il n’y tenait pas. C’est une affaire difficile. Son rival, une personne qu’il voit et côtoie depuis une trentaine d’années. Forcément que ça ne s’oublie pas. Ne plus l’avoir dans son sillage, ce sera bizarre mais c’est aussi une chose à laquelle on peut s’habituer. Tout est complexe, disons. Forcément, puisqu’il n’est plus là et qu’on ne lui a rien dit, c’est compliqué. Il a juste appris la nouvelle par les autres et ça n’a strictement rien de facile parce que tout ceci ne le concerne qu’à moitié. Dans le fond, qui est-il pour réellement juger tout ça ? Personne certainement. Mais les choses sont juste comme elles sont. Il doit juste encaisser, dans un sens. Et les choses s’arrêtent là. Quant à l’idée de se confier à Nuna, ça pourrait presque le faire rire. Comme s’il était le genre de personne à se confier comme ça. A parler des choses qui ne vont pas. Ce n’est jamais arrivé, ça n’a jamais été son genre. Même avec Moïra, il ne parlait pas vraiment. Peut-être que ça pourrait lui faire du bien mais il ne voit pas comment il faudrait agir. Alors il ne préfère pas. Il passerait sans doute pour un fou, pour un psychopathe. Surtout s’il venait à parler de cette rage en lui qui ne demande qu’à arracher la tête du premier passant. Nuna n’est pas prête pour ce genre d’information. Autant éviter de l’évoquer. " Je ne suis pas ce genre de personne Nuna. Je ne suis pas de ceux qui se confient dès que quelque chose ne va pas. Je n’ai… Rien à dire. ". Et ce n’est sans doute pas bon non plus. Mais c’est une autre histoire. Son but n’est pas de la blesser en lui disant ça comme ça. Mais disons qu’il n’y a pas vraiment de manière différente de le dire ici. Son but n’est pas de prétendre que sa présence est déplaisante. Nuna est innocente, agréable et douce. Disons plutôt que c’est le genre de compagnie à laquelle elle n’est pas habituée.

Deux mois à attendre quelque chose, c’est long, il n’en doute pas une seule seconde. Disons que malgré ça, vu comme c’est parti, il y a fort à parier que ça prenne davantage de temps encore. " Tu ne dois pas compter les mois, ça pourrait prendre beaucoup plus de temps. ". Bien sûr que ce n’est pas ce qu’elle doit vouloir entendre. Mais qu’est-ce qu’il pourrait dire ? Devenir marin ? Pas trop son délire. Explorer le monde pourquoi pas ? Peut-être serait-il davantage un pirate. C’est le genre de chose à laquelle il n’a jamais vraiment réfléchi. " Peut-être. Plutôt un pirate je pense. Explorer le monde, découvrir de nouvelles choses en continuant de montrer qui est le plus fort. ". Oui, clairement le genre de Isdès. A vouloir montrer qui est le patron, à cause de son égo et de cette fierté étrange. Fierté qu’ils ont tous les deux. Voilà pourquoi ils s’entendaient bien. Et un jour, cette relation reprendra comme si elle ne s’était jamais arrêté.
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Nuna Cortez
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le Lun 5 Aoû - 23:11


Every little piece in your life

Nuna Cortez & @Elias Caroll

(29 mai 2119 / post départ d'Isdès)


Même deux mois après le départ d'Isdès, il y avait encore des jours où Nuna se réveillait, persuadée qu'elle croiserait son chemin d'une manière ou d'une autre sur le village, comme ça avait été le cas de si nombreuses fois depuis qu'elle était gamine. Il était toujours dans les parages, jamais très loin d'elle et de leurs; si on ne croisait pas plusieurs jours de suite alors on le croiserait la semaine suivante, lorsqu'il s'ancrerait à nouveau au creux du volcan pour rattraper le temps qu'il avait passé à explorer les extérieurs. Isdès faisait partie des montagnes et les montagnes faisaient partie de lui. Mais depuis des mois l'un s'était arraché aux autres et Nuna n'était plus très sûre de ce qui était réel ou fantasmé dans ce bas-monde. En quittant les montagnes, son cousin lui avait arraché parmi les plus grandes de ses certitudes. Ce lien qui unissait l'Athna à la montagne n'était pas inaltérable. Ce lien qui unissait l'Homme à ses proches n'était pas éternal. Le plus solide des rocs pouvait flancher, lui aussi -ce n'était pas une caractéristique des plus faibles, comme elle. Lorsque l'on volait à l'humain l'un de ses points cardinaux, il ne fallait pas s'étonner de le voir se perdre. Car Nuna en était persuadée, c'était tout ce qui attendait Isdès en dehors de sa famille et des monts rocheux : la perdition. Comment pouvait-il espérait des réponses en s'arrachant à toutes les constantes que la vie lui avait offertes ? Oh, elle voulait croire de tout son être qu'il trouverait de quoi s'apaiser, dehors, mais la montagne qui était gravée dans sa chair lui soufflait constamment que c'était une idée absurde. Il avait quitté toutes les réponses qu'il avait été incapables de voir. Pour accepter la perte de son père, il avait quitté la famille qui lui restait; celle qui était encore là, sur cette Terre, et qui finirait elle aussi par partir, tôt ou tard. Il avait choisi de se lamenter sur celui qui n'était plus là, alors que le présent lui offrait encore une mère, à ce chanceux. Nuna le savait, pourtant, elle ne pouvait pas prétendre comprendre la peine qu'il vivait. Orpheline de mère, elle n'avait d'elle que des souvenirs qui lui restaient probablement plus de toutes les histoires que son père et d'autres proches lui avaient racontées que de sa propre mémoire. Tout était fabriqué, rien ne lui appartenait totalement. Sa mère était un fantôme qu'elle avait construit mais dont l'absence ne l'avait jamais réellement triste; pas comme la disparition du père d'Isdès avait pu le rendre triste, lui. Elle ne savait pas, Nuna, ce que c'était d'avoir une mère. Elle enviait les familles  à deux parents autant qu'elle était curieuse de leur dynamique. Sa famille à elle, elle se résumait à son père -et à Isdès. Et peu importait la relation qu'elle pouvait avoir avec le forgeron, il lui avait suffi. Car sa famille n'était pas seulement de sang; c'était les siens, c'était les Athnas et ses amis, ceux qu'elle avait choisis, ceux qui appartenaient à sa vie parce qu'elle leur avait volontairement laissé une place. Elle n'avait jamais vraiment ressenti le manque d'une mère, pas comme Isdès avait pu ressentir le manque de son père lorsqu'il avait si abruptement disparu. Et même elle, Nuna, ressentait le manque de l'oncle parti trop tôt. Mais elle savait la différence. Et pour les mêmes exactes raisons, elle savait le précieux que pouvait représenter le parent qui restait. Elle savait à quoi pouvait ressembler le raz-de-marée de l'épreuve d'être celui des deux qui restait. Son père n'avait jamais pu totalement se reconstruire après avoir perdu sa femme. Isdès, lui, avait laissé sa mère derrière lui. Pour ça, elle lui en voudrait probablement éternellement. Rien ne pouvait justifier de laisser la famille derrière.

Mais face à Elias, Nuna ne savait plus réellement ce qui comptait vraiment. La colère ? Le chagrin ? L'incompréhension ? L'incrédulité ? C'était sans doute un mélange de tout ça qui apparaissait à l'homme. Et elle devait le reconnaître, l'accueil qu'il lui avait réservé était bien moins pire que ce qu'elle avait tant redouté. Elle avait sa réponse et cette réponse était loin de lui plaire mais tout aussi loin d'être inattendue. Ce qu'il lui offrait malgré lui, c'était un petit espace de réconfort et d'écoute. Ce n'était pas à la mère du disparu que Nuna pouvait exprimer son mélange de chagrin et de rancoeur; pour elle il était évident qu'il fallait rester optimiste. En évitant d'être alarmante auprès d'elle, l'orfèvre parvenait parfois à se faire berner par sa propre sérénité. Mais ça ne durait jamais suffisamment longtemps pour l'apaiser vraiment. Ici, dans l'antre d'Elias, elle rencontrait une forme d'écoute nouvelle, un peu rustre mais profondément salvatrice. En lui ouvrant sa porte de la sorte, Nuna réalisait qu'ils le connaissaient sans doute encore moins que ce dont ils étaient tous persuadés. On ne s'approchait pas d'Elias sans qu'il nous ait invité à le faire; alors on ne le connaissait pas mais aujourd'hui, Nuna avait l'impression d'avoir capté une petite part de lui que d'autres ne soupçonnaient sans doute pas, ne soupçonneraient peut-être jamais.

Malgré cette forme de quiétude que lui offrait l'écoute et le partage, Elias ne lui donnait pas les réponses qu'elle aurait aimée. Il était défaitiste pour eux deux -ou réaliste, sans doute, car dans ses réponses résidaient tout ce dont Nuna avait pourtant conscience. S'il ne voulait pas être retrouvé, Isdès ne le serait ; s'il ne voulait pas être retrouvé, alors c'était presque injurieux d'aller contre sa volonté. Mais Nuna ne pouvait s'empêcher de se demander s'il avait pensé une seule seconde, lui, quelle pouvait être leur volonté ? Il ne fallait pas se fier aux apparences : Nuna savait être égoïste et égocentrée à ses heures. Elle ressentait la douleur et le désespoir d'Isdès aussi fort qu'elle ressentait sa propre douleur et son propre désespoir. Lui avait choisi lesquels il combattrait, et ce n'était pas ceux de sa famille. C'était anodin, sans doute, pour lui. Pour ceux qui restaient, c'était destructeur, un mélange de solitude, d'abandon et d'une inquiétude vicieuse. « Je sais... » admit-elle donc de la petite voix de celle qui s'exprimait à contrecœur, forcée à reconnaître l'évident. Ca avait été clair pour le début, pourtant : si un Athna avait des nouvelles d'Isdès un jour, ce serait parce qu'Isdès le souhaitait. Ce ne serait pas aujourd'hui, pas demain, mais ce serait peut-être un jour, et c'était tout ce à quoi Nuna pouvait aujourd'hui se raccrochait. Eux, ceux qui restaient, étaient dos au mur, contraints à se contenter d'attendre et à continuer de vivre avec la même conviction, même s'il n'était plus là. « Je suis désolée... » répéta-t-elle sans savoir exactement de quoi elle s'excusait ; de son intrusion, de sa présence, de ses requêtes déraisonnables ou du pessimisme qu'elle remuait pour eux deux. Probablement de tout en même temps.

Mais elle tendait une main, Nuna, parce que l'inverse aurait été contraire à son entière personne. Qu'il la saisisse ou pas, ça relevait de ses envies et besoins à lui. Mais elle était là et le serait, s'il en avait besoin. S'il avait besoin de parler ou de se taire, s'il avait besoin de compagnie ou de solitude, elle répondrait avec le plus de justesse possible à ce dont il pourrait avoir besoin. Elle ne se faisait pas d'idées pourtant; même si elle découvrait quelques plus douces facettes d'Elias ce soir, elle doutait qu'il rapplique à la première occasion pour pleurer son épaule. Elle la lui offrirait volontiers, son épaule, s'il en ressentait le besoin. Mais ce qu'elle lui offrait avant toute autre chose, c'était sa présence ou son absence, c'était les réponses qu'il pouvait demander à quelqu'un comme elle, à la fois inconnue et subitement alliée dans l'adversité. Elle serait présente ou absente, calme ou bavarde, disponible ou invisible. Alors à la réponse d'Elias Nuna s'était totalement attendue, et elle haussa les épaules d'un air de dire que ce n'était pas grave, que ce n'était qu'une proposition, mais que « eh bah si un jour, t'as des choses à dire et besoin de les dire... » Elle ne finit pas sa phrase. Il aurait une paire d'oreilles pour l'écouter, des épaules pour le soutenir et même quelques tartes qu'il refuserait poliment, et peut-être que ça lui arracherait un sourire. Mais si elle lui proposait sa présence, peut-être que Nuna, maintenant, se réconfortait de celle d'Elias. Elle avait eu sa réponse en quelques secondes seulement. La logique aurait voulu qu'elle n'aurait pas polémiqué, mais elle restait là, parce que là il y avait Elias et que l'absence d'Isdès était un peu moins lourde à porter lorsqu'on était deux pour le faire. C'était sans doute prendre un risque inconsidéré auprès d'Elias. Les conversations à cœur ouvert comme celle que Nuna avait lancée malgré elle n'étaient pas le point fort d'Elias, et ça, même si personne ne pouvait se targuer de réellement connaître le guerrier, tous les savaient. Mais le risque inconsidéré était un réflexe et un besoin, parce que c'était la première fois, aussi étrange que ça puisse paraître, qu'elle trouvait un lieu sûr pour exprimer ses doutes et ses craintes, sa rancoeur et son chagrin. Il lui renvoyait tout comme un miroir, justifiant ce qui la rongeait depuis deux mois, désamorçant tout ce qui avait eu le temps de grandir dans le silence de celle qui ne voulait pas remuer les peines des autres, à commencer par celles de la mère d'Isdès. « J'y peux rien, les mois se comptent tout seuls... » tenta-t-elle de se justifier avec un petit sourire triste et un peu enfantin. « Tu... tu penses qu'il pourrait prendre combien de temps à nous donner des nouvelles ? Tu penses qu'il finira par en donner ? Tu crois que... qu'il va bien ? » Elle voulait croire à des réponses positives mais c'était de plus en plus dur. C'était dur de s'imaginer Isdès en proie à une quelconque difficulté dehors, et pourtant... deux mois, dehors, c'était incroyablement long. Deux mois sans donner de nouvelles à personnes, ça donnait le vertige. Alors elle préférait plaisanter et s'imaginer que son cousin avait pris la mer, parce que ça expliquerait peut-être un peu plus le manque de nouvelles. Et Elias lui répondait sans qu'elle ne sache vraiment s'il plaisantait ou non, s'il avait déjà pensé lui aussi à ce que pouvait devenir leur ami commun depuis ces deux mois. La mer n'avait jamais été le truc d'Isdès, et depuis ce qu'il avait vécu au village calusa, ça l'était probablement encore moins. La théorie du montagnard devenu marin ne tenait donc pas, mais l'imagination de Nuna était tout ce qui lui restait pour se contrer elle-même, fantaisiste flippée des scénarios les plus dramatiques. Il fallait mieux plaisanter du peu probable que se laisser ensevelir sous les lourdes inquiétudes qu'il pouvait susciter. C'était un choix de chaque instant, l'optimisme. « Oui, ça lui collerait bien, pirate » sourit-elle, plaisantine, sans savoir si lui aussi cherchait à alléger un peu l'atmosphère. Peut-être que de s'imaginer ce qui pourrait coller à l'Isdès qu'elle connaissait, c'était tenter de se rapprocher un peu de celui qui n'était plus là, c'était tenter de le retrouver, de le comprendre, de reconnaître celui qu'elle avait toujours connu. « Je crois qu'il aime pas assez la mer... il doit être quelque part dans les plaines. J'espère au moins qu'on lui manque... » Elle haussa les épaules pour prétendre que ça ne comptait plus vraiment, ce qu'il pensait, mais c'était tout l'inverse. Elle n'arrivait plus à se glisser dans sa tête. Elle ne le comprenait plus, n'arrivait plus à prédire quoi que ce soit, et c'était le meilleur terreau pour les peurs les plus extrêmes. « en continuant de montrer qui est le plus fort... » répéta-t-elle finalement sur le ton de la plaisanterie, avec un sourire taquin qui faisait presque oublier la gravité de ce qui les avait réunis ce soir. « T'avoues quelque chose, là ? » Son sourire espiègle creusait ses fossettes taquines sans qu'elle se demande une seule seconde comme il pourrait accueillir la légère mutinerie. Il fallait toujours mieux rire de bêtises que pleurer de choses trop sérieuses.
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