Aller en bas
Cassian Saada
DATE D'INSCRIPTION : 03/12/2018 PSEUDO/PRENOM : Anticarde. MULTICOMPTES : Néant. MESSAGES : 388 CELEBRITE : Evan Peters COPYRIGHT : Nexus (avatar). METIER/APTITUDES : Sorcier. (apothicaire, chirurgien) TRIBU : Rahjak. POINTS GAGNES : 117
Voir le profil de l'utilisateur

Alchimie des blanches colères. Empty Alchimie des blanches colères.

le Mar 15 Jan - 0:34
Alchimie des blanches colères.
Astrid & Cassian.


Qui a proféré que l’homme est un loup pour l’homme ? Cassian est revenu de ses lointains voyages, et il a observé bien des loups. Il a scruté le noble animal, déferlant en une meute plus synchronisée qu’une phalange, se faisant de la nuit un manteau de velours, glissant comme une ombre d’aquarelle sur les palettes des collines et des vallées. Il a vu bien des loups, et leurs yeux d’escarbilles, et leurs griffes de fantassins, et leurs crocs sordides. Ils sont sauvages, attaquent leurs proies tièdes par l’arrière-train, mais leur ennemi droit dans les yeux, toujours. Lorsqu’un chef de meute se voit défié par l’un de ses fils présomptueux, s’ensuit alors une mêlée brutale sans sauf-conduit possible. Et nombres d’animaux, entre ennemis, s’affrontent de la sorte, à la régulière, qu’il s’agisse de loups, de cerfs, de bisons ou d’oiseaux.

Les hommes n’agissent pas ainsi. Les hommes sont roués, tartuffes, et règlent leurs différends sur des plates bandes qui n’ont rien de belles lices ou de terrain dégagé. Mensonge, trahison et tromperies sont au rendez-vous. Parce qu’on a la faconde, on tire les ficelles. Parce qu’on a la bourse, on s’allège de bakchichs. Parce qu’on a les charmes, on promet de pures fumisteries. Parce qu’on a les muscles, à défaut de brandir le sabre, on préfère maintenant l’intimidation et la gloriole. Tandis que les barbares et les animaux continuent à se déchirer dans des franches passes d’armes, les hommes les plus civilisés semblent immaculés, du haut de leurs doctes pourparlers. Rares sont les effusions de sang sur la place publique. Ce sont de terribles bavures qu’on s’empresse de panser, de garrotter, de cautériser impitoyablement. Toute confrontation doit se dérouler dans les ombres, dans le pays des murmures et des faux-semblants. Et surtout, que la personne en joue ne découvre le pot aux roses qu’au dernier moment, lorsque tout est joué.

« Astrid. »

Elle ne vaut pas mieux que les autres. Elle ne vaut pas mieux que les hommes. Elle ne vaut pas mieux que lui. Elle souriait, la dernière fois. Elle minaudait dans sa robe vaporeuse. Elle riait, la dernière fois, et son rire semblait vrai, une chanson de perles qui s’entrechoquent dans les mains malhabiles d’une enfant. Cela semblait clair et limpide, cela semblait sans échardes ni tessons, sans chausse-trape ni collet volant. Comme si leur complicité d’enfant avait tressailli, intacte et potelée, comme si elle avait réussi à transpercer les fantoches d’adultes désabusés qu’ils étaient devenus. Cela était beau, mais cela était faux. Elle jouait, mais pas de manière innocente. Elle avait déjà un coup d’avance, elle ne faisait que répartir ses pions, sonder le terrain de son futur larcin, elle ne faisait que récolter des renseignements avant de pouvoir commanditer le cambriolage de sa boutique. Elle savait, du reste, et plus que quiconque, que sa boutique lui importait plus que sa propre vie. Mais les temps sont durs. Trahir un ami pour quelques deniers n’a rien d’un manquement, ces jours ci. Pas vrai, Astrid ?

« Astrid ! »

On lui a rapporté, tout ce qu’il s’est passé. Des bruits qui courent dans les tavernes, dans les tripots, dans les auberges et dans les lupanars. Des bruits colportés par les rats et les corniauds, qui finissent tôt ou tard par arriver au comptoir du Noctarium. Des clients distraits qui n’imaginaient pas être les premiers dépositaires d’un pareil bobard, qui s’imaginaient que le Sorcier avait déjà eu vent de l’évidence-même. Il n’y a que la petite voleuse rousse qui a pu crocheter la serrure de son échoppe et semer le chaos dans ses étagères minutieuses. Il n’y a qu’elle, et son esclave Saoirse, qui peuvent s’enorgueillir de le connaître un tant soit peu. Qui d’autre, sinon, pour parvenir à déjouer les pièges que Cassian a scrupuleusement mis en place ? Qui d’autre, pour réussir à s’introduire dans son sanctuaire jusque là inviolée, alors que personne en dix ans, n’a jamais réussi ce tour de force ? Il fallait chercher dans les proches du Sorcier, bien sûr. Dont le tissu se réduit comme peau de chagrin alors que tombent tels des couperets les années. Il fallait chercher parmi les esprits les plus fallacieux, les plus perfides, les plus renards, et non pas dans ces brutes gaillardes qui viennent bigorner à coups de poings sa porte vaillante, qui n’a jamais cédé.

« ASTRID !!! »

Cela lui a pris comme un coup de sang. Et Cassian n’est pas candidat aux coups de sangs. D’ordinaire, il a la colère plus froide, plus verte, plus urticante. Ses colères sont des décoctions qui infusent lentement, pour porter en bouche une sensation âcre qui vous crispe les lèvres et vous enserre la trachée. Ses colères sont des encens méphitiques, qui au début vous incommodent légèrement avant d’envahir tout votre espace et de vous suffoquer. Ses colères sont un poison délicat, une neurotoxine dosée à minima, qui file dans vos veines telle une anguille onduleuse. Au début, quelques crispations au bout des doigts, et puis rapidement, une douleur, une fulgurance électrique qui point en plein cœur, radiant, vrillant chair et os. Si le monde est un vaste désert de cendre, si les hommes sont des esprits frappeurs, si le jour cuit, si la nuit engloutit, il existe toujours une porte ouverte dans la tourmente. Son atelier. Le seul endroit au monde où il se sente bien. Les quatre murs du Noctarium, sa chandelle qui n’en finit pas de se consumer, ses grimoires et ses encyclopédies dégringolantes, ses bocaux globuleux, ses créatures chassieuses et ses curiosités sinistres. Il fallait qu’elle vienne profaner cet endroit là. Sa seule retraite de par le monde. Son vernix caseosa.

« Je me vengerai, Astrid. Tu devrais te mettre à compter… Tes jours, tes nuits, tes abattis. Compte, Astrid… Compte, tes doigts, tes yeux, le moindre de tes cheveux. »

Cela sonne comme une comptine funeste. Il se tient là, devant son huis, et se résout à la menacer bassement après avoir tambouriné comme un forcené. Cela ne lui ressemble pas, de ne pas prendre de gants, d’agir sous le joug d’une pulsion première, de s’élancer à faire pâlir un seigneur de guerre, de se montrer presque chevaleresque dans son ire. Mais s’en prendre à son échoppe, à son laboratoire, à ses murs, à la dernière membrane qui le garde du monde, est bien pire qu’un coup de surin. Et elle ne répond pas, gage de lâcheté, aveu médiocre. Déjà d’obscurs scénarios ruent dans l’imagination de l’empoisonneur. Cent manières de la tordre lui passe par la tête. Quand soudain, les gonds se mettent à gémir.
Astrid Helgusson
DATE D'INSCRIPTION : 28/07/2015 PSEUDO/PRENOM : avengedinchains MULTICOMPTES : Baelfire, Meeka, Elias & Richard MESSAGES : 1451 CELEBRITE : Rose Leslie COPYRIGHT : ava by chrysalis METIER/APTITUDES : Mercenaire et voleuse TRIBU : Rahjak. Sa famille est Iskaar mais elle ne le sait pas encore. POINTS GAGNES : 31
Voir le profil de l'utilisateur
Admin

Alchimie des blanches colères. Empty Re: Alchimie des blanches colères.

le Mer 16 Jan - 14:43
Alchimie des blanches colères

15 janvier 2119 ;; Astrid est une voleuse, c’est vrai. Ses victimes sont nombreuses et leurs soupçons sont fondés. Pourtant, personne n’est jamais venu la trouver. En réalité, personne ne peut être réellement sûr. Un mouvement, un passage, parfois sans rien sentir, parfois à cause d’une petite bousculade. Il n’a jamais été question de plus. Puisqu’elle n’a jamais été prise sur le fait, elle n’a jamais eu besoin de se défendre d’une quelconque façon. Cette réputation de voleuse lui colle pourtant à la peau. On le sait, on se méfie mais en fin de compte, on se fait quand même berner. Petite fleur aux mains baladeuses, elle n’y peut rien si c’est plus fort qu’elle. Elle a envie, elle joue, elle s’amuse et elle profite. Si elle peut gonfler le contenu de ses poches sans avoir à rendre de compte, pourquoi est-ce qu’elle ne le ferait pas ? Oh peut-être que par soucis de bonne volonté, elle pourrait de temps à autre ne pas glisser sa main dans la poche de l’autre. Parfois c’est par réflexe, parfois c’est sans faire réellement exprès. Bah quoi ? La main qui tombe comme ça nonchalamment dans la poche du vêtement de l’autre, ce n’est pas de sa faute, si ? Elle n’y peut rien, elle fait ce qu’elle peut et fait de son mieux. Bon, okay, elle abuse un peu. Bien sûr qu’elle a conscience qu’elle ne fait pas les choses correctement. Elle se gourre, régulièrement, prend les mauvaises décisions. Elle n’a jamais eu un bon fond, elle n’a jamais prétendu être capable de faire les bons choix et ça ne risque pas de changer. A quoi bon ?

La douceur de sa peau empêche les autres de faire face à la réalité du venin de ses veines et elle en joue à chaque seconde. Elle a compris, Astrid, qu’en manipulant son peuple, elle était disposée à faire les choses comme elle le veut, disposée à tromper son monde et à leurs faire croire n’importe quoi. Et elle se plaît dans ce jeu. Elle aime les tromper et leurs donner des illusions sur elle. Ils s’imaginent qu’elle n’est que fragilité et maladresse. Et pourtant, la maladresse est très loin de faire parti de ses traits de caractère. Elle ne l’a jamais été. Oh bien sûr, au coeur de la cité, les choses sont différentes, bien sûr que ça se passe différemment. On la connaît un peu plus, on sait qu’elle n’est pas ce qu’elle veut paraître. On sait que la fleur est pleine d’épines. Et si elle en joue en extérieur, dans la cité, elle fait en sorte de rester discrète. La mercenaire est réputée, connue pour ses capacités. Elle ne peut évidemment pas nier tout ce qu’elle a fait pour devenir celle qu’elle est aujourd’hui. Pour faire fuir les mauvaises personnes, il a fallu qu’elle se forme, qu’elle devienne quelqu’un de fort pour affronter les gens. Et elle y est parvenue parce qu’elle en avait besoin. Mais ça a malheureusement pris trop de temps.

Bref.

Installée dans son lit, chez elle, la rousse ne dort pas. Rêveuse, elle songe à demain, elle a une nouvelle fois prévu de quitter la cité pour prendre l’air, souffler une bonne fois, s’amuser un peu aussi. Elle aime les gens qu’elle y croise, elle peut agir comme elle veut quand elle est là-bas. Et puis elle a fait de belles rencontres aussi, des gens avec qui elle peut être elle-même sans avoir à paraître plus forte pour qu’on la respecte, comme ça arrive assez régulièrement au coeur du désert. C’est parfois trop compliqué.

Non, elle n’entend pas son prénom la première fois, ni la deuxième. Bien sûr que les murs ne sont pas très épais et qu’il n’y a pas de bruits chez elle, mais puisqu’elle ne s’y attend pas, elle ne fait pas attention aux voix qui se font entendre dehors. Très souvent, les cris ne concernent personne, juste quelques hommes ou femmes qui ne supportent pas l’alcool et qui finiront par se taire de gré ou de force. Mais la dernière fois, son prénom est crié si fort qu’elle voit bien que l’intention est de la faire sortir. Une voix qui lui semble un peu connu, un timbre de voix plein de colère. Des personnes qui la détestent ? Il y en a tellement qu’elle ne pourrait plus les compter. Alors quand elle s’habille, elle fait en sorte de mettre des habits fluides dans lesquels elle se sent bien et qui lui permettront de se battre si besoin. Un couteau attaché à la taille, son fouet également.

Lorsqu’elle s’approche de la porte, elle l’entend à nouveau parler et elle reconnaît la voix de Cassian. Combien de temps s’est écoulé depuis la dernière fois qu’elle l’a vu ? Elle ne saurait le dire. Ils ont à nouveau pris leurs distances et elle n’a pas cherché à se rapprocher. Elle n’a jamais couru après les gens et les a toujours laissé s’éloigner, s’ils en avaient envie. Tant pis. Et là, en tout cas, elle ne comprend pas, il débarque, se met à crier en pleine rue. Bien sûr, il n’est pas excessivement tard, bien sûr qu’il ne crie pas non plus si fort que ça. Et ce n’est pas la première fois que les gens s’énervent dehors. Pour autant, puisqu’il est en train de prétendre qu’elle a fait quelque chose, il serait bon pour elle de comprendre ce qui peut bien se passer. Elle fait des erreurs, a ses torts et a déjà fait des choses peu respectables. Pour autant, pourquoi est-ce qu’elle ne voit pas de quoi on l’accuse ? Qu’est-ce qu’elle a fait exactement ? Parce qu’elle en a fait des choses mais elle n’est pas stupide et à ce point insensible. Astrid n’a jamais rien fait à Cassian. Elle ne vole pas ses proches, ne les blesse pas par volonté. Alors quand elle ouvre la porte, malgré son entente avec lui, elle reste sur la défensive, elle garde ses distances.

Tout ce qu’il faut, maintenant, c’est comprendre ce qu’il est en train de se passer. " Avant que je ne me mette à compter, il faudrait me dire ce que j’ai visiblement fait. ". Parce qu’elle reste persuadée qu’elle n’a rien fait. Mais bien sûr, on ne sait pas toujours, et il est préférable de tenter de comprendre. Ce n’est juste pas facile.
AVENGEDINCHAINS
Cassian Saada
DATE D'INSCRIPTION : 03/12/2018 PSEUDO/PRENOM : Anticarde. MULTICOMPTES : Néant. MESSAGES : 388 CELEBRITE : Evan Peters COPYRIGHT : Nexus (avatar). METIER/APTITUDES : Sorcier. (apothicaire, chirurgien) TRIBU : Rahjak. POINTS GAGNES : 117
Voir le profil de l'utilisateur

Alchimie des blanches colères. Empty Re: Alchimie des blanches colères.

le Sam 16 Fév - 18:11
Echaudé de rage, Cassian s’apprête à rebrousser chemin, bredouille, sans avoir pu déchaîner les foudres de son ire. A ses yeux, ce silence qui lanterne si longuement est un irréfutable chef d’accusation, un mépris de haut vol, un véritable crachat d’indifférence et de crânerie. Mais soit. Si Astrid se refuse à le voir, à lui accorder au moins le retour d’une maigre plaidoirie, alors il prendra des dispositions qui collent davantage à ses modes opératoires. Il agira de manière détournée et fausse, comme elle. Il grenouillera dans les ombres et les impasses, il chuchotera à couvert d’une main brandie, il glissera quelques bourses bien rondelettes dans des mains crasses, des mains noueuses, des mains calleuses. Il passera par des mercenaires armés jusqu’aux dents, si d’aventures elle ne répond plus qu’aux appels châtiés de la menace et du danger. Mais elle entendra ce qu’il a à lui dire, bon gré mal gré, elle sentira les remous de sa vendetta au plus profond de sa chair, elle la voleuse, la fille de l’air, la petite ombre dans la Cité Rouge. Elle servira d’exemple, et sa carcasse refroidira les ardeurs de tous les autres gibiers de potence qui couveraient quelque velléité de mise à sac, à l’endroit de sa boutique. Laisser cette bravade impunie ne revient-il pas à convier tous les monte-en-l’air à la ronde chez lui, à devenir une ostensible victime ? Chose que ne peut se permettre nul Rahjak, dans cette cité où les idéaux les plus noirs sont de mise.

C’est à l’instant où il fait volte-face, ruminant de bilieux griefs, que les gonds de la maisonnée se mettent à piauler. L’empoisonneur s’immobilise, hiératique, s’attendant presque à tomber nez-à-nez avec Saoirse, jetée en pâture comme la bonne esclave qu’elle est, un appât parfait pour désamorcer la colère du Sorcier. Mais il n’en est rien. C’est bien la silhouette filiforme d’Astrid qui se profile dans l’entrebâillement de la porte, et ses tâches de son, mêlées à la pénombre ambiante, donnent l’illusion qu’elle jaillit d’une broussaille mouchetée. Sauvage. Fauvesque. Du reste, l’éclat métallique de ses yeux achève de la confondre avec un animal hostile surgi du monde de l’invisible. La voleuse est sur la défensive, le scrute avec une méfiance douceâtre dont elle semble avoir coutume, évoluant dans un univers furtif où ses sens sont constamment en exergue. Mais plus loin que cette méfiance patente, il y a aussi dans son attitude une interrogation tapie. Comme si elle ignorait pertinemment la raison de sa présence ici, à tambouriner, à fanfaronner devant son huis. Chose qui attise plus encore l’irritabilité de Cassian, qui voit en cette étourderie apparente une ridicule simagrée d’innocence. Cerise sur le gâteau, cette harangue tépide, dépouillée à souhait, qu’elle lui offre à titre d’amuse-gueules.

« Eh bien, Astrid ? Si tu n’avais rien à te reprocher, n’inviterais-tu pas un vieil ami à entrer ? » Réplique t-il sans se démonter, s’inscrivant dans un parfait face-à-face. Sa voix semble le souffle d’un crotale, enfiellé. Les inflexions qui glissent de sa gorge résonnent tel un vent prudent, qui déambulerait entre les tranchants et les piquants d’une forêt de verre. Si à l’accoutumée, le Sorcier est une créature timorée, qui agit toujours après une longue phase d’observation, le feu sacré qui le porte aujourd’hui jure avec sa nature profonde. Une soupape a lâché. Il se sent capable de commettre n’importe quoi, et après lui le déluge. Lui rirait-elle au nez qu’il lui fondrait dessus sans l’ombre d’une hésitation, sans autre tactique martiale qu’une cognée primaire et frénétique, au mépris du retour de flammes. Il la fixe sans peur, cherchant en vain la plus petite étincelle rieuse qui tremblerait dans ses yeux.

« Je suis rentré, Astrid. Définitivement rentré. Mes affaires ont repris. J’ai entendu, la rumeur. Les clients… Mes clients, ils parlent de tout, sans détour, sans prendre de pincette. Parfois, quand je pars chercher une potion, quand je finis d’ausculter ou d’opérer un morveux, ils se figurent que je ne les écoute pas… et ils jabotent, et ils critiquent, et ils parlent de leurs voisins. » Entonne t-il, puisqu’elle veut jouer au plus idiot, puisqu’elle fait admirablement bien semblant de rien. Nerveusement, ses phalanges roulent dans le vide, comme si la ligne de ses métacarpes était continuellement bousculée par une onde tellurique. Quant à sa mâchoire à moitié vissée, elle ne laisse passer que des syllabes qui grondent, qui crispent, qui feulent, dans lesquelles il délaye longuement colère et déception. Il ignore pourquoi il retient ainsi ses élans destructeurs. Certainement pas au nom de cette amitié d’antan qui respire aujourd’hui la charogne, mais peut-être parce qu’il aimerait comprendre où il a fauté, qu’est ce qu’il n’a pas vu, quels signes n’a-t-il pas identifiés pour se faire ainsi rouler dans la farine.

« C’est comme ça que j’ai appris la nouvelle. » Dit t-il, se refusant à livrer une explication claire et fournie, car elle prendrait certainement bien du plaisir à écouter une version biaisée et incomplète de ses hauts faits, preuve des limites bien tangibles de ses sources d’information. Le flou de son discours lui confère un maigre atout : celui de devenir aussi cachotier, aussi abscons, aussi imprévisible qu’elle. Néanmoins, il ne compte guère s’éterniser à jouer les devinettes, aussi se résout-il à lui céder la moelle chaude de l’information, juste pour défraîchir ses airs d’ingénue. « Tu as vandalisé le Noctarium, Astrid. » Crache t-il, vindicte qui taille dans le vif, qui lapide comme le silex, avant que sa voix ne prenne des accents plus doux, miellat de ciguë. « Vu que tu n’as quasiment rien volé, j’imagine que c’était juste de l’esbroufe, en fait ? Tu voulais impressionner tes petits copains ? C’est toujours les mêmes qu’à l’époque, d’ailleurs ? Avec leurs gros bras, leurs trognes couturées, leurs cervelles de ver à soie ? Ca les a fait rire grassement, j’espère ? » Renchérit t-il, prostré dans une condescendance magnifique. Il évoque sans conteste cet âge d’or qu’ils avaient connu tous deux, traînant avec des aigrefins de première catégorie, qui respectaient tous particulièrement Tom. Mais Cassian n’avait jamais réellement trouvé bonne place dans cette communauté chahuteuse, qui trouvait à s'illustrer dans le sang, dans l’usage de la force et de la filouterie. Aujourd’hui, il les déteste particulièrement, des ressentis tout droit issus d'une vieille rancœur rancie. Il les méprise, et s’est habitué à voir la force brute dont ils font étalage, comme la dernière arme dont on dispose après une fortune colossale ou un esprit retors. Astrid ne vaut peut-être pas mieux qu’eux.
Astrid Helgusson
DATE D'INSCRIPTION : 28/07/2015 PSEUDO/PRENOM : avengedinchains MULTICOMPTES : Baelfire, Meeka, Elias & Richard MESSAGES : 1451 CELEBRITE : Rose Leslie COPYRIGHT : ava by chrysalis METIER/APTITUDES : Mercenaire et voleuse TRIBU : Rahjak. Sa famille est Iskaar mais elle ne le sait pas encore. POINTS GAGNES : 31
Voir le profil de l'utilisateur
Admin

Alchimie des blanches colères. Empty Re: Alchimie des blanches colères.

le Mer 10 Avr - 13:42
Alchimie des blanches colères

15 janvier 2119 ;; Tu as été coupable de bien des choses. En fin de compte, t’es presque coupable à chaque fois qu’on t’accuse de l’être. Mais t’es douée pour mentir, pour prétendre que tout va bien et que cette fois, t’as rien fait. En général, du moins. C’est vrai que t’es intenable, insupportable et irresponsable aussi. Tu agis comme quelqu’un qui ne sait pas toujours ce qu’elle fait et ça marche à chaque fois ou presque. La preuve, tu es toujours libre, et ça prouve bien que tout va bien, n’est-ce pas ? Tu n’as juste pas envie de te tracasser à propos de tout ça parce que ça ne servirait pas à grand chose. Et de toute manière, tu fais bien ce que tu veux. La mercenaire que tu es se permet bien des choses qui ne devraient pas lui être permises. Qu’est-ce que ça pourrait bien te faire hein ? Ca ne concerne absolument personne. Mais dans la situation immédiate, les choses deviennent tout de suite un peu plus… Etrange, disons.

Parce que dans le cas présent, Astrid, t’as vraiment rien fait.

Et c’est certainement pour cette raison que la situation a dégénéré. Innocente pour une chose dont on te juge coupable, tu n’as aucune idée quant à l’idée de régler cette histoire. Cassian semble convaincu que les choses se sont passées ainsi, certain que tu as tort et qu’il est le seul à avoir raison. Et ça n’a rien à voir. Tu n’as aucune idée sur comment arranger la situation. Il ne va jamais te croire, n’est-ce pas ? Il est pourtant hors de question pour toi d’agir différemment et de prendre la culpabilité d’un “crime” que tu n’as pas commis. Au début de l’échange, tu ne sais même pas encore de quoi il peut bien être en train de parler. Cet imbécile semble convaincu de ce que tu as fait et c’est ce qui te dépasse le plus. Comment peut-il être à ce point certain que c’est toi le coupable ?

Bien sûr que tu es méfiante quand tu ouvres la porte, comment pourrait-il en être autrement ? Ce n’est même pas envisageable. Quelqu’un débarque, frappe à ta porte et t’accuse de quelque chose, pourquoi est-ce que ce serait différent ? Alors bien sûr, tu ne te vois franchement pas l’inviter chez toi. Innocente ou non, puisqu’il semble vouloir que toute la cité sache que tu lui as visiblement volé un truc, il est hors de question pour toi de le laisser délibérément entrer chez toi. Qu’il s’imagine que c’est une preuve de culpabilité ou non. " Si tu ne me mettais pas plein de reproches dans la gueule, peut-être que tu pourrais entrer. ". Certes, ce n’est pas non plus malin de ta part de le laisser dans l’entrée comme ça. C’est le meilleur moyen d’attirer davantage l’attention sur toi. Mais au moins, tu auras des témoins si tu dois te servir de tes poings et qu’il se retrouve en mauvaise posture. Il est l’agresseur, d’une certaine manière. Alors tu continues de le dévisager et non, tu ne le laisses pas entrer chez toi.

Il se met à te raconter une histoire, à te dire quelque chose que tu es censée comprendre, visiblement. Il parle de voisin, de bruits de couloir, de rumeurs. Et tu ne vois toujours pas où il veut en venir puisque de toute manière, tu ne lui as rien pris. Tu n’as pas de coeur, quand il est question d’acquérir quelques objets de valeurs. Mais tu respectes tes proches, aussi rares soient-ils. Et de ce fait, tu ne te serais jamais permis de voler Cassian. Il est le seul à ne pas s’en rendre compte. Tu te contentes de continuer à le dévisager, attendant qu’il reprenne la parole et qu’il te crache le morceau. Au final, tu ne sais toujours pas ce que tu as fait. C’est bien ça le problème.

Donc tu aurais vandalisé le Noctarium. Voici le crime dont on t’affuble. C’est là bien mal te connaître, tu ne vandalises pas. En réalité, on ne voit même pas que tu es passé, à moins de chercher quelque chose, l’objet précis du vol. T’es pas une putain de débutante, t’as presque fait ça toute ta vie et en fait, il est presque en train de t’insulter. " Les années passent mais tu ne grandis pas, hein Cassian ? Moi oui, et je me suis perfectionnée dans les choses que je fais. Je ne vandalise pas, on ne voit jamais que je suis passée. Je ne suis pas.. Une débutante. ", craches-tu, tant tu détestes qu’on minimise ses capacités.

Entre vous, ça a été compliqué puis ça s’est arrangé avant qu’il ne disparaisse plus ou moins. Le voilà de retour et il se permet de te cracher dessus en t’accusant de choses dont tu n’es même pas coupable. Totalement minable. " Tu es minable Cassian. Je ne t’ai rien fait. ". Tu croises les bras, l’affrontant du regard. Qu’il pense ce qu’il veut. Tu attends de voir ce qu’il a à te répondre et s’il persiste, tu n’auras qu’à fermer la porte. Stupide homme faible d’esprit.
AVENGEDINCHAINS
Contenu sponsorisé

Alchimie des blanches colères. Empty Re: Alchimie des blanches colères.

Revenir en haut
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum