Aller en bas
Lion F. Ishtarr
Lion F. Ishtarr
DATE D'INSCRIPTION : 06/02/2016 MESSAGES : 1075 CELEBRITE : Jaden Smith COPYRIGHT : Walt M. (ava) ; anaëlle (signa) METIER/APTITUDES : Orientation & Combat // Serveur, voleur à ses heures perdues TRIBU : Rahjak POINTS GAGNES : 0

RED DAWN // ft. roan Empty RED DAWN // ft. roan

le Sam 12 Jan - 20:47




RED DAWN


JANVIER 2119 - ROAN + LION
La nuit est lourde. La cité ne connaît pas la fraîcheur de l’hiver. Il y fait chaud toute l’année, même lorsque le soleil fait mine de se cacher. Même quand c’est la lune qui se décide à briller. Sa présence n’apaise pas la chaleur des vagues invisibles qui submergent les hommes vivant plus bas. Et elle s’affiche dans le ciel tel un sourire narquois, défiant les habitants du désert d’implorer sa clémence. Comme pour se donner davantage d’importance. Comme pour faire un pied de nez à son cousin vénéré. Mais elle restera à tout jamais celle qui apporte l’obscurité. Celle qui laisse la lumière s’effacer. Celle qui invite les ténèbres à gouverner. Celle qui, en silencieuse spectatrice, voit se jouer un théâtre d’atrocités.

La nuit est lourde. La cité ne connaît pas le repos. Le jour, la nuit, il y a toujours du bruit, des cris. Des marques de vie qui sont un moyen pour autrui d’échapper à l’ennui. De grosses voix marchandes qui s’approprient les rues brûlantes. Des murmures assassins proférés en toute clandestinité. Des soupirs arrachés aux amants se laissant aller à la bestialité. Des rires alcoolisés qui s’échappent des tavernes bondées. Une flamboyante cacophonie qui fait l’âme de la cité de feu.

La nuit est lourde. Elle est pleine de crasse et des vices qui ont bercé l’enfant. Dès que les lumières s’éteignent, le côté obscur de l’Homme refait surface. La poussière des rues étroites se teinte de la rougeur du sang d’un type qu’on égorge à l’abri des regards. Les portes fermées taisent les bruits sourds des coups portés à un esclave insatisfaisant. Et celui qui mène une double vie quitte le lit pour goûter aux plaisirs de l’interdit. Le ciel noir avale l’humanité des innocents et les transforme en animaux répugnants. Des immondices qu’on devrait éloigner des enfants. Surtout ne pas les leur coller sous le nez, de peur de les voir perdre foi en l’humanité à un âge indécent.

La nuit est lourde. La sueur lui colle à la peau. Il l’ignore, bien trop débordé, bien trop habitué pour lui prêter attention. Ça s’agite dans tous les sens, il se voit obligé d’esquisser des pas de danse pour ne pas s’entrechoquer avec ces corps tout énervés. Mais il est habitué. Habitué à supporter ces rires gras, ces regards ivres, ces gueules cassées qui viennent ici se retrouver et oublier à quel point la vie les a amochés. Ce paysage désolé, désespéré, c’est son quotidien. Et c’est étrange d’en voir transpirer de la tristesse alors que les habitués complètement bourrés cèdent à l’ivresse pour rire à gorge déployée. On dirait qu’aucun malheur ne peut plus les effleurer. Les verres que Lion sert sont des échappatoires. De petits morceaux d’un bonheur temporaire, illusoire, mais nécessaires à ceux qui broient du noir. Le gamin, il s’en fiche. Il tue le temps, il tue la nuit. Il est là presque par dépit. Mais c’est toujours mieux que d’être livré à lui-même dans l’univers impitoyable du désert. Alors il reste ici, guettant la moindre occasion de se divertir. L’ennui, très peu pour lui. Et ainsi entouré de joyeux lurons éméchés, il n’a même pas l’occasion de souffler. En plus d’assurer le service pour ne pas craindre les représailles de son patron, le gamin se laisse facilement prendre à part pour refaire le monde en compagnie de ces amis d’une nuit. Et ça lui convient, comme vie. Peut-être pas pour toute la vie ; mais demain, pour lui, c’est déjà trop loin.

La nuit est longue. Elle l’épuise, le vide de ses forces. Ce soir, il se retrouve vite seul. Ses collègues ont le droit d’écourter leur soirée. Il ne va pas les en priver, seulement un peu les envier. Mais ce repos, ils l’ont bien mérité. La vie ne les a pas gâtés plus que lui. Alors leurs frêles épaules d’enfants peuvent bien s’affaisser quelques instants. Lion assure leurs arrières. Il a de l’énergie à revendre, et est plus qu’heureux de pouvoir s’épuiser à la tâche. En dépit de son corps qui maigrit de jour en jour, consumé par le train de vie de ce rescapé. Rien de bien méchant, pour le moment. Rien qui puisse effrayer ce garnement. Il n’a rien remarqué, bien loin de s’inquiéter de telles futilités. Son corps n’est pas bien important. C’est juste un instrument. Un gabarit qui lui permet de se faufiler n’importe où, une vitesse qui lui permet de semer n’importe qui, une énergie qui lui permet d’échapper au danger. Il a tout ce qu’il lui faut. Et si ses capacités physiques ne changent pas, c’est que lui ne change pas non plus.

Enfin vient le bout de la nuit. La lune entame sa course vers l’horizon. Le ciel ne va pas tarder à s’éclaircir. Dans quelques heures déjà, le soleil reprendra sa place de divinité au cœur de la voûte sacrée. Alors il est temps de refermer la parenthèse nocturne. Peu à peu, la taverne se vide. Les âmes égarées s’éloignent du temple du vice pour tenter de retrouver leur existence terne. Une chaude journée va succéder à ce voyage, et voir les hommes redevenir humains, se laver du manteau des péchés commis à la nuit tombée. Et le cycle reprendra la nuit suivante, et celle qui lui succédera, et celle encore après. Les hommes sont faits ainsi. Ils trompent l’ennui mais s’enferment dans un monotone cycle de vie. Comme c’est étrange, un être humain. Pas étonnant qu’ils se soient pratiquement tous éteints il y a un siècle de ça.

Après l’orage, le calme plat. Si le jour et la nuit semblent identiques, le temps du petit matin est unique. Il a cela de différent qu’il accueille le silence, la paix, le calme. C’est parce qu’il est trop tôt, ou qu’il est trop tard. Désœuvrés, les habitants de la cité s’arrêtent de chanter. C’est là qu’on peut profiter des rues vides, de la grande place tranquille, du silence frénétique qui bourdonne aux oreilles de ceux qui ne dorment pas. Lion fait partie de ceux-là. Sans qu’il s’en rende compte, la tranquillité le repose déjà. Mais elle n’est qu’éphémère pour cet hyperactif qui ne s’arrête jamais. Alors que les gosiers brûlés rentrent se coucher, Lion envoie valser les débris de verre éparpillés, nettoie tables et chaises malmenées, réinstaure le chaos dans ce lieu clos pour y insuffler sa propre mélodie. Celle qui sonne la fin du calvaire, et le point de départ des folles expériences de sa journée. Habitué à régner sur cette courte période de transition entre deux vies, il remarque aussitôt qu’un intrus tente de pénétrer son royaume bien gardé. La porte s’ouvre en émettant le râle usé qui les caractérise, elle et ses années de loyaux services. Le gamin sursaute et dévisage l’homme qui vient se perdre dans les méandres de cette salle évidée. Il le reconnaît aussitôt, ayant trop côtoyé le mercenaire dépité. Lion se rembrunit. Son visage se ferme et son corps se raidit. Inconsciemment, il se redresse, comme pour lui donner l’illusion d’en imposer plus qu’il n’en est en réalité. Il repose sur la table encore humide le tabouret qu’il astiquait dans un geste un peu trop brutal. Mais c’est plus fort que lui. La présence du colosse maussade n’est jamais de bon augure pour ce gamin impulsif. Nombreux sont les coups qu’il a reçus de cette tempête imprévisible. Ce type croit pouvoir en faire son esclave et le marquer avec des bleus indélébiles. Mais Lion n’est pas du genre à se laisser docilement adopter.

- On est fermé, qu’il lance à son interlocuteur.

L’indésirable n’est pas chez lui. Lion, si. Et il aime à le lui rappeler. Roan n’est pas le maître, ici. Il n’a aucun droit. En dépit de sa force et de son âge plus avancé, c’est Lion qui gouverne entre les murs de la taverne. L’enfant sait pertinemment que le mercenaire n’aime pas qu’on lui rappelle à quel point il est impuissant. C’est précisément pour ça qu’il ne peut s’empêcher d’en rajouter. Voyant que son grand ennemi ne fait pas mine de rebrousser chemin, il insiste.

- Ça veut dire que t’es pas l’bienv’nu et que tu dois t’casser, putain. Ramasse ta sale gueule de cadavre et sors de là.

Haaa, ça y est, il a élevé la voix. C’est l’excitation qui le fait bouillonner. Avec Roan, il est sûr de bien s’amuser.


[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]

Roan Ezeriel
Roan Ezeriel
DATE D'INSCRIPTION : 12/01/2018 MULTICOMPTES : Aucun MESSAGES : 161 CELEBRITE : Zach McGowan COPYRIGHT : Bazzart METIER/APTITUDES : Mercenaire. Combat & maniement des armes TRIBU : Rahjak POINTS GAGNES : 10

RED DAWN // ft. roan Empty Re: RED DAWN // ft. roan

le Mar 22 Jan - 15:36

Red dawn
Lion & Roan

« Game on. »
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]Ramener des esclaves en fuite, du moins ceux qui n’allait pas plus loin que le désert. Les ramener sans se soucier de leur sort. Comme au début. Mais, ce n’était pas le début. C’était plutôt sa descente aux enfers. Une réputation brisée, il ne récoltait que les petits contrats histoire de la réparer. C’était pénible. Puis, les entraînements où il redoublait d’ardeur. Il comptait mettre autant d’efforts qu’à ses débuts. À son âge… la chute était douloureuse. Ce qu’il avait pris du temps à bâtir, à solidifier, tout s’était effondré à cause d’une esclave. D’une foutue esclave ou peut-être par des sentiments qu’il préférait taire. Après tout, c’était sa faute s’il avait mis plus de temps pour la retrouver. Espérer qu’elle meure dans ce monde sauvage, laissée à elle-même ou pour qu’elle paie. Pour qu’elle espère vivre la fin de ses jours libre, pour qu’elle entrevoit cette liberté juste assez longtemps pour qu’une fois cette liberté ravie, l’effet serait celui d’un poignard. De plusieurs coups de fouets. Un châtiment pire que celui qu’elle avait vécu sur la place publique. Néanmoins, il passait pour un faible. Même si elle était finalement brisée. Tout le mérite était pour son bourreau. Elle était enfin brisée après tant d’années. Ce n’était pas pour autant que ses frustrations s’étaient atténuées.

L’aube était tombée depuis plusieurs heures déjà, cependant le mercenaire ne s’en était pas vraiment préoccupé. Il avait terminé sa journée en nettoyant chacune de ses armes. C’était pour cette raison qu’il avait un peu perdu conscience du temps. Trop absorbé par son travail. Un esprit si concentré qu’il en oubliait la présence d’Ezra. L’esclave avait perdu de tout son intérêt. Il s’en rendait compte. Il passait tout de même le plus clair de son temps à l’extérieur, mais à chaque fois qu’il la croisait, il avait une impression étrange. Il ne savait dire ce qu’il en était exactement. Quelques ordres donnés et il sortit. Cette fois pour prendre un verre. Prendre du bon temps. Il fut toujours un habitué de la taverne, mais ces temps-ci, il passait souvent ses soirées là. À boire, à manger, à fêter. Il y avait ce jeune garçon qui travaillait là-bas. Un jeune garçon qu’il malmenait sans vergogne afin de se défouler. Il était la cible parfaite. Lui qui avait presque autant de caractère que lui. Il avait de la chance qu’Ezra se porte à sa défense, elle savait parfois calmer ses ardeurs, sachant qu’elle pouvait prendre cher elle aussi. Ensuite, elle s’enfuit. Laissant tout derrière elle. Plus aucune barrière entre lui et ce jeune serveur. Depuis sa disparition sa patience était mince et les coups soudains plus rapides et plus rudes. Il lui rappelait Radoslav quand il était lui-même gamin, avec le même tempérament. Radoslav. Putain ce gamin simplement par sa présence lui rappelait ce vide laissé par ce dernier. Roan ne ménageait pas le garçon pour cette raison. Il se foutait bien que ce n’était pas sa faute et qu’il n’en avait sans doute pas conscience. Il voulait simplement faire de sa vie un enfer.

L’ambiance près de la taverne était éteinte. Il n’y avait plus âme qui vive. Il était trop tard. L’établissement avait fermé ses portes. Certes, pas assez longtemps pour qu’elles soient barricadées. Il poussa la porte et entra sans gêne, sans subtilité par le bruit des charnières usées. Il n’avait pas à être ici. Il n’avait aucun droit et pourtant il était entré. Son regard se posa aussitôt sur Lion qui avait capté sa présence, certainement sans difficulté. « On est fermé. » Ce n’était pas pour autant que le mercenaire rebroussa chemin. « Ça veut dire que t’es pas l’bienv’nu et que tu dois t’casser, putain. Ramasse ta sale gueule de cadavre et sors de là. » Il était sur son territoire, ça il le savait bien et c’était bien ce qui l’irritait. « Tu es de mauvais poils dis donc. » Préférant jouer la carte de l’indifférence. « Je ne compte pas partir avant que tu ne me serves, histoire que je sois pas venu pour rien, tu vois ? » Il s’approcha du comptoir, puis fouilla dans sa bourse. Il sortit quelques pièces d’or, un peu plus que le prix des consommations. Il jeta quelques piécettes avec nonchalance sur la surface de bois. « T’as pas envie d’un extra ? » Montrant entre ses doigts l'or restant. Un léger sourire malicieux aux coins des lèvres. S’il aimait lui en faire baver, il aimait l’emmerder également.

(c) DΛNDELION
Lion F. Ishtarr
Lion F. Ishtarr
DATE D'INSCRIPTION : 06/02/2016 MESSAGES : 1075 CELEBRITE : Jaden Smith COPYRIGHT : Walt M. (ava) ; anaëlle (signa) METIER/APTITUDES : Orientation & Combat // Serveur, voleur à ses heures perdues TRIBU : Rahjak POINTS GAGNES : 0

RED DAWN // ft. roan Empty Re: RED DAWN // ft. roan

le Dim 27 Jan - 18:53





RED DAWN


JANVIER 2119 - ROAN + LION
Alors que le garnement se sent tout frémissant, impatient de voir quelle tournure vont prendre les événements, le colosse reste distant. Froid, inaccessible, il ne tressaille même pas à l’attaque de l’enfant. Un adulte comme lui sait pertinemment que l’ignorance est un comportement des plus méprisants, et qu’il suffira à pousser Lion dans ses retranchements. Il a bien compris que le petit m’as-tu-vu fait de son mieux pour paraître intéressant. Pour se donner une importance toute illusoire, lui qui ne vaut guère mieux qu’un bâtard. Le petit rescapé des rues sales et violentes a simplement envie d’exister. Une idée qui ne semble pas plaire au mercenaire. Car pour lui, le petit vaurien est le fantôme de quelqu’un. Un fantôme qu’il n’apprécie pas de retrouver en ce petit insolent. C’est pour ça qu’il le déteste autant. Une explication dont le petit Lion ignore tout. La tête brûlée ne cherche pas à comprendre les motivations secrètes de son bourreau, et se contente de répondre aux coups par les coups. Des coups qui ne valent pas la puissance des assauts de son brutal adversaire. Mais un jour, il s’est promis de le mettre à terre. Un jour il sera fort comme cet abruti. Un jour on cessera de le voir comme une chétive brindille. Un jour on accordera une vraie valeur à sa misérable existence.

Loin d’être impressionné par l’agressivité du petit bouffon qui l’accueille, Roan Ezeriel toise son interlocuteur avec un regard vide. Ni amusé, ni hargneux. Simplement vide. Vide de sens, vide d’émotions, vide de reconnaissance à l’égard du petit effronté. C’est comme s’il balayait du regard une salle entièrement vide, sans rien y voir. Sans même le voir. Et ça, Lion, ça le met en pétard. Le sang afflue à ses poings qui se crispent d’eux-mêmes ; sale habitude chez les gens qu’on malmène. Son regard se fait dur, perd l’étincelle d’hostilité qui le faisait briller. Ça aurait pu s’arrêter là. Quelques secondes de silence de plus, et la bombe pleine de fierté aurait explosé, déversant la rage de son égo blessé. Mais le mercenaire a décidé de jouer. Il laisse à Lyon le temps de se sentir vexé. Et puis il accepte de le laisser exister. Il ouvre la bouche et s’adresse à lui pour la première fois de la soirée. Il ne rentre pas dans son jeu – du moins pas tout à fait. Les règles, c’est lui qui les dicte. Jamais il ne se laissera berner par ce gamin brisé. Alors il poursuit sur sa lancée. Pour irriter le jeune serveur, il adopte un ton indifférent, nullement écorché par les propos de l’enfant. Une remarque moqueuse, négligente, pas tellement affolante. Mais tout ce qui franchit ces lèvres sauvages est interprété comme une insulte déguisée. Pourtant, le ton reste léger, détaché. L’enfant est un peu perturbé. Le mercenaire n’a pas l’air d’humeur à le cogner. Mais combien de fois a-t-il pensé être en sécurité avant de se faire happer dans les filets de sa cruauté ?

- Je ne compte pas partir avant que tu ne me serves, histoire que je sois pas venu pour rien, tu vois ?

Le type annonce la couleur. Il ne se laissera pas intimider. Il n’a pas fait le trajet pour repartir le gosier desséché. Et si Lion compte s’interposer, grand bien lui fasse. Le mercenaire a forcément remarqué que les lieux sont déserts. Lion est seul dans sa taverne, et personne ne lui portera secours pour déloger le client autoproclamé. Pas non plus de témoin si l’un décide de refaire le portrait de l’autre. L’atmosphère se charge d’une tension toute électrique. Alors que Lion est aux aguets, Roan reste impassible. Le mercenaire prend ses aises. Comme s’il ne venait pas de se faire jeter dehors, il s’avance au niveau du comptoir, s’y accoude comme un habitué des lieux. Tout est calme dans ses gestes, et son visage empreint d’un rictus sournois n’indique pourtant aucune nervosité. Avec un calme olympien et un air supérieur, le mercenaire fouille dans sa poche. De là où il se tient, Lion ne devine rien. Jusqu’à ce que quelques pièces d’or se déversent dans un fracas métallique des plus satisfaisants.

- T’as pas envie d’un extra ? demande le mercenaire, acceptant pour quelques secondes de se défaire de sa froide indifférence au profit d’un sourire trop malicieux pour être honnête.

Lion est bête, mais pas trop con. Un coup d’œil lui suffit pour remarquer que la somme avancée dépasse le prix d’une consommation. Le garçon ne peut s’empêcher de lorgner longuement sur ce petit butin inattendu. Pourtant, comme il voudrait ne pas y prêter attention. Ne pas laisser Roan se douter qu’il se laisse appâter. Car c’est un piège, assurément. L’or n’est qu’un moyen de parvenir à ses fins. L’agiter sous le nez de ceux qui en sont privés, c’est se garantir d’être satisfait, peu importe ce qu’on demande en échange. Et le petit voleur a cruellement soif de richesse. Quelques pièces d’or sont autant de pas de plus vers l’émancipation. Vers une liberté qu’il n’a jamais pu qu’effleurer. Vers un rêve auquel ne s’autorise pas à songer. Alors forcément, son regard s’attarde sur ces petits espoirs brillants, bruyants. Un peu trop longtemps. Puis le voleur sort de sa torpeur, avec aux lèvres un sourire moqueur.

- Pour si peu j’ai même pas envie d’te donner une chaise où poser ton cul, réplique-t-il sans se laisser démonter. S’tu veux rester, va falloir allonger, le vieux.

Provocateur comme pas deux, l’enfant se détend un peu. Il a soudain envie de jouer. Il sait qu’il saute à pieds joints dans le manège de Roan. Mais il a trop confiance en lui pour en avoir peur. Lui se voit déjà mener la danse, tromper le mercenaire et lui prendre bien plus que ce qu’il peut imaginer. Mais Lion n’est pas de ces voleurs réfléchis qui élaborent des stratégies. Il est celui qui agit. Il est celui qui bondit. Il est celui qui risque sa vie. Trop aveuglé par son égo surdimensionné, il est incapable de se rendre compte qu’il est trop proche du feu et qu’il va se brûler. D’ordinaire, ses compagnons sont là pour le lui rappeler. Leur calme et leur intelligence compensent la précipitation et l’excitation de leur ami Lion. Un équilibre qui leur sauve la mise dans bien des situations. Mais ce soir, Lion est seul. Il n’a personne pour le ramener à la raison. Personne pour tempérer ses actions. Personne pour freiner ses pulsions. A quoi bon ? Le voleur n’a pas conscience de l’aide que pourraient lui apporter ses amis. Il peut très bien exister sans qu’ils soient à ses côtés. Il ne peut pas disparaître dès qu’ils ont le dos tourné. A ses yeux, il est le loup solitaire qui s’en est sorti tout seul. Certainement pas le parasite qui survit en soutirant de l’aide à autrui. Si ça dégénère à nouveau, il survivra de nouveau grâce à lui-même. Et, comme pour se le prouver, il tente d’allumer la dynamite.

- En plus de t’faire rare, tu t’ramènes à des heures pas possibles, ça va pas l’faire ce cirque, râle le garnement, invitant tacitement son client à rester un peu plus longtemps. A croire qu’t’oses plus sortir en public. Mais j’comprends. Moi non plus j’la ramènerais pas trop si j’dev’nais l’esclave d’mon esclave.

Le feu aux poudres.


[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]

Richard Coben
Admin
Richard Coben
DATE D'INSCRIPTION : 23/05/2015 PSEUDO/PRENOM : avengedinchains MULTICOMPTES : baelfire/astrid/elias/meeka MESSAGES : 1652 CELEBRITE : Andrew Lincoln COPYRIGHT : ava : blake. sign by beylin METIER/APTITUDES : Chef de secteur devenu chef de la garde après le crash. POINTS GAGNES : 40
Admin

RED DAWN // ft. roan Empty Re: RED DAWN // ft. roan

le Ven 21 Juin - 16:57
Ce rp est archivé suite à 3 mois sans réponse.
Si vous souhaitez le faire archiver, n'hésitez pas à contacter un membre du staff RED DAWN // ft. roan 484338566
Contenu sponsorisé

RED DAWN // ft. roan Empty Re: RED DAWN // ft. roan

Revenir en haut
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum