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˜˜˜˜˜˜Don't want to find I've lost it all
maybe life should be about more than just surviving


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21/12/2018 ΛURORΛ BOREΛLIS MILA SWANN 47 NADIA HILKER SWEETPOISON, ENDLESSLOVE, RILÈS ESCLAVE AFFRANCHIE LES ENFANTS DE LA FORÊT 95


Sujet: Don't want to find I've lost it all
Mar 8 Jan - 23:09

Someone told me that I want more. That I'll feel half empty, ripped and torn. They say there'll be plenty other hands to hold. Now I wish they'd told me long ago. Ooh, I don't want this to break you. Ooh, but I've got no one else to talk to. (@birdy// beerus)


Il fait froid, terriblement froid. Pourtant, tu demeures immobile devant les portes du temple. Forcée de contenir les tremblements qui parcourent ton corps frigorifié. Parce que tu veux sentir le bout de tes doigts te picoter. Jusqu'à ce qu'ils se crispent de douleur. Tu as besoin de cette sensation, pour ne pas oublier que tu es en vie. La douleur est devenue, malgré toi, une ancre. Capable de te ramener à la réalité quand ton esprit disparaît dans les résidus de ta mémoire fragmentée. Tu repars là-bas, au milieu des dunes dorés. Près de la marre de sang que tu as tracé. Autour des cadavres juxtaposés comme un totem. Pourquoi ? La question t'obsède sans relâche. Ce secret est littéralement en train de te dévorer de l'intérieur. Bientôt il aura raison de toi. Complètement raison. Alors tu viens de recueillir ici, devant ce lieu sacré mais n'oses pas entrer, estimant que tu ne mérites pas de franchir le seuil. Ton âme est souillée. Ton humanité égarée. Voilà la vérité qui t'accompagne à chaque instant.  

Perdue dans tes pensées, tu ne l'entends pas arriver derrière toi. Pourtant, tu connais parfaitement la démarche qu'il emploie, la manière dont son talon effleure le bois. C'est une information inutile, futile dans les environs. Tu ne crains plus rien, pauvre enfant. Alors pourquoi les battements de ton coeur s'accélèrent quand tu détectes un bruit suspect ? Le déni est ton pire ennemi. Il te retient, quelques instants supplémentaires, prisonnière de ton passé. Cette liberté que tu espères tant t'appartient. Hélas, tu n'en as pas conscience. Malgré les efforts des uns et des autres pour t'extirper de ta cécité. Il en est le premier, le plus dévoué. TC représente un pilier de ton existence, sur lequel repose une lourde responsabilité. Celle de t'épauler envers et contre tous, en dépit du bien fondé. Nul doute que s'il découvrait le monstre qui habite à tes côtés, il serait répugné. Profondément chamboulé que tu sois coupable, capable d'une telle atrocité. Pour toi, cela ne fait pas l'ombre d'un doute. Qui voudrait s'occuper d'une abomination ?

En proie à tes démons, tu ne détectes pas la venue de ton ami. Alors quand il effleure délicatement ton épaule, tu ne peux t'empêcher de sursauter sous l'effet de la surprise. La peur est ton leitmotiv. Ni une ni deux, ton instinct de survie prend le relais. Et sans que tu ne réfléchisses, tu cherches à te défendre. Immédiatement. Ton premier réflexe est littéralement d'attaquer. A peine retournée, ton poing est propulsé en avant, dirigé vers cette cible familière. Heureusement, cette dernière anticipe ta réaction prématurée et évite le coup facial. A force, il commence à te connaître. Tu ramènes ton bras dès que tu réalises ton erreur. Une nouvelle fois. Malheureusement, tu n'arrives pas encore à te comportement normalement. La norme te fait terriblement défaut. Et tu crains de ne parvenir à l'atteindre. « Pardon. » Un mot. Un seul pour soutenir le poids qui pèse sur toi. Cependant, il ne vaut pas le regard que tu lui lances à cet instant. Le chagrin qui effleure ta rétine à chaque battement de cils.


→ theodore-charles, entrée du temple sacré, fin décembre 2118

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16/09/2018 Totoro's Child. Wyatt Sheperd 110 Dominic Cooper Ma Nuna ♥ - metallica ; nothing else matters Marchand - Orientation, Diplomate. Pikuni. 238
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don't want to find i've lost it all
« Will you come along cause I'm about to leave this town In my eyes a waterfall and I can hear a siren call Could you be waiting by the shore Or I could drown without you Will you be holding out the line when I fall I'll never let you down Never let you down Have you ever had to be the one to sail away Have your heart torn apart feel your love float astray Do you remember all the sounds, when I found you by the lake? And how the water seemed to call your name I'll never let you down Never let you down


Cet hiver est différent de tous les autres. Cet espèce de sentiment qui tiraille les tripes, retourne le cerveau et nous explique, qu'importe à quel point on ne l'écoute pas, que plus rien ne sera jamais pareil. La virée chez les Iskaars comme une bulle intemporelle, une pause dans le début de la fin, dans les prémices d'une vie que le brun n'est pas prêt à accepter. Les souvenirs plein la tête, lorsqu'il part seul vers chez les Naoris son cœur se serre d'une manière de dire, ne pars pas, pas maintenant, pas comme ça. Mais il n'a pas vraiment le choix. Alors les larmes ravalées et la fierté qui prend toute la place, il dit au revoir à sa mère, un au revoir au goût d'adieu, qu'il sent plus qu'il ne l'a jamais senti mais qu'il refuse de croire vrai.

On ne peut pas s'imaginer perdre les gens qu'on aime. On ne peut pas s'imaginer que tout change tout d'un coup, pour quelques semaines, mois, d'absence. On voudrait que le temps s'arrête, et que lorsqu'on revienne, tout soit comme avant, encore un peu hors du temps. À cheval, les kilomètres parcourus semblent toujours plus courts. L'animal sur lequel le brun traverse les plaines et les montagnes ne s'offusque pas du silence qui les accompagne. Juste eux deux, des produits qui font cling, cling partout dans des sacoches. Parce qu'il est parti le cœur lourd mais la besace légère. TC n'a pas envie de partir pendant la moitié d'une année. Pas d'une traite, pas comme ça. Alors il s'est dit qu'il commencerait par quelques semaines chez les Naoris. Deux, trois, et puis le retour au village, le retour à sa mère dont le visage vit dans ses yeux fatigués.

La forêt, elle, a laissé place à sa fourrure d'hiver depuis bien longtemps. Les pas n'ont plus le même bruit sur le sol, le vent chante différemment dans les arbres. Le froid fait frissonner même les feuilles, les dernières, qui s'échouent lentement au sol tandis que la rivière se glace lentement. Dans un regard lointain, un peu absent, le Pikuni voit le monde changer et se demande si tout n'est pas un signe de ce qui arrive. Ou plutôt, de ce qui est déjà arrivé.

Makenna. La belle Athna brisée, torturée, abîmée. Le regard presque froid, sans plus de flammes. Lorsqu'il l'a rencontrée, la fille de la montagne n'était pas encore aussi brisée. Elle avait probablement peur mais était loin de s'imaginer que les années allaient défiler ainsi, sans que rien ne change, sans qu'elle ne s'en sorte jamais. Le brun l'a vue changer, se renfermer, se perdre, et puis disparaître. Dans les tavernes Rahjaks, on lui a soufflé qu'elle avait été envoyée au palais, et lui, il voulait juste la voir, savoir si ça allait. Combien de fois a-t-il envisagé de la sauver ? Combien de fois, au lieu de lui glisser un souvenir de son village d'origine, il aurait voulu la prendre dans ses bras et s'enfuir, lui offrir ce que ses yeux avaient oubliés. La liberté. Mais il est trop lâche, TC. Trop peureux pour avoir eu le courage de risquer sa vie pour la gamine. Il s'en veut, chaque jour, qu'elle ait des marques et pas lui. Son plus grand regret, son plus gros secret. Makenna. La fille des montagnes qui a survécu au désert. Celle qui a le courage qu'il n'aura jamais, la force d'esprit dont il rêvait. L'héroïne de ses histoires qu'il conte certains soir sans jamais la nommer. Celle qu'il aurait voulu protéger sans avoir jamais osé.

La petite sœur que son cœur a adopté. Mais ça, il ne l'avouera jamais. Personne n'en sait rien. Pas même Bren, pas même sa mère. Pas même son propre esprit par moment. L'importance de Makenna, de sa vie, de sa liberté et de son bonheur. Secret que même Nuna n'a pas réussi à lui faire avouer. Sa plus triste part d'humanité. Celle qui lui renvoie tout ce qu'il n'est pas et qui lui donne malgré tout envie d'essayer. Être un peu mieux, un peu plus franc, un peu plus lucide face à ses propres peurs. Makenna. Celle qu'il n'aurait jamais du rencontrer et qui pourtant, n'a jamais vraiment quitté son cœur. Comme une cicatrice qui tire à chaque fois qu'il bat, comme un pontage qui lui a donné une deuxième vie. Celle dont il voudrait sauver corps et esprit. À tout prix, maintenant qu'il est trop tard, maintenant qu'elle a déjà les yeux remplis de sang et de sable.

Arrivé chez les Naoris, TC ne va pas tout de suite voir la réfugiée. D'abord, il sourit, prend des nouvelles et distribue les quelques babioles qu'il avait ramenées. De grands sourires, quelques accolades et même des rires. Des invitations, des demandes sur ses proches. Une famille qui n'est pas la sienne mais qu'il estime plus que personne. Parce qu'ils ont sauvé sa grande blessée. À bras ouverts ils ont pris la jeune Athna et lui ont appris à marcher de nouveau. À respirer de nouveau. Plus reconnaissant qu'il ne le sera jamais, TC laisse les heures défiler en prenant à cœur d'écouter tout ce qu'on lui dit. Plus de place pour ses histoires à lui, il s'en fout ici. Pas besoin de masque, pas besoin d'une image quand on a que de la reconnaissance au fond de nous.

Et puis vient le moment redouté, attendu. Celui qui lui serre le cœur. Parce qu'il se dit qu'un jour Makenna ne sera plus si reconnaissante de le voir. Elle le regardera droit dans les yeux, une fois ses blessures suffisamment guéries, et elle lui dira pourquoi tu m'as laissée crever là bas ? , et lui, il lui dira quoi ? Parce que je suis lâche, stupide et qu'un homme. Parce que je n'aurais jamais le courage que tu as. Parce que Mak, moi, je ne suis pas toi. Et puis elle se retournera, sa chevelure de lionne pour l'accompagner et à lui, il ne restera que ses larmes pour pleurer.

D'un souffle pour se donner du courage, d'une seconde pour serrer ses poings, le conteur s'avance lentement vers la brune. Doucement, d'un geste tendre, répété, encore et encore, il lui effleure l'épaule, refusant de lui faire plus peur que nécessaire. Lorsqu'elle sursaute, il se recule d'un pas, d'un sourire tendre te chaleureux, pour dire que ce n'est que lui. Et puis le poing fermé, serré et mécanique de l'ancienne esclave s'élance à deux doigts de sa joue. Comme à chaque fois, comme depuis toutes ces années. Ces années où elle a été blessé et lui, n'a fait que regarder. D'un geste réflexe, il esquive le coup et ne perd pas son sourire. Pourtant, à l'intérieur c'est un énième coup de poignard. Celui du témoignage de son visage traumatisé, de ses réflexes de femme battue, apeurée, et de celui qui n'a rien fait. Désolé, qu'il ne dit pas, qu'il ne dit plus. Que ses yeux disent encore un peu pour lui. Mais c'est Makenna qui prend la relève et s'excuse là où elle n'a rien fait, comme à chaque fois.

« T'as pas à t'excuser, tu sais bien. » Qu'il dit dans un sourire un peu tendre avant de casser le peu de distance qui les sépare. Il le voit dans ses yeux, la douleur et la tristesse. Tout ce qu'elle renferme sans jamais rien laisser paraître. Et lui, il se retient d'être encore lâche, d'être encore trop con. Alors il ravale tous ses sentiments, il efface tout ce qui pourrait la rendre un peu plus triste et puis il fait quelque chose qu'il ne fait qu'avec peu de gens, très peu de gens. Il la prend lentement dans ses bras, sans la serrer, sans la brusquer, la laisse déposer sa tête contre son épaule alors qu'il regarde le temple devant lequel elle se trouvait. Les mains dans son dos qui l'effleurent sans jamais réellement la toucher. Refusant de lui faire mal ou de lui enlever ce sentiment de liberté. Qu'un jour elle puisse sortir de ses bras, qu'elle est libre et que jamais, il ne l'obligera à rien. Pas même à rester dans ses bras.

Mais TC le sait, avec Mak il ne faut pas rester dans un silence trop long. Sinon elle doute, elle se demande ce qu'il fait, se dit qu'il n'est d'ordinaire pas comme ça. Et ça, il ne veut pas. Alors il s'éloigne un peu, les bras contre les siens et lui sourit un peu plus taquin. « T'es venue prier pour que je ramène mes fesses ici ? » Un léger rire s'échappe d'entre ses lèvres et puis il regarde un peu autour d'eux. « Je ne suis pas trop sûr que j'ai vraiment le droit d'être ici, si tu veux on se retrouve plus tard, je t'ai ramené quelques trucs qui m'ont fait penser à toi. » Et puis il lui accorde une moue faussement triste et commence à s'éloigner doucement du temple sacré. « Ou alors tu veux plus de moi et tu vas me laisser seul avec mes babioles. T'en fais pas, je comprendrais. Comparé aux garçons d'ici, je fais pas le poids ! » Un clin d'oeil. La fierté ravalée, tous les coups qui s'enchaînent à l'intérieur ignorés. Il a mal, de tout ça, de la voir comme ça. Mal de tout, mal de lui.

Mais il ne montre rien. Parce qu'elle mérite mieux que lui, elle aurait du trouver un autre sauveur que lui. Mais la vie est pas toujours bien faite. Alors il peut au moins faire semblant. Semblant d'être un peu mieux que ce qu'il est réellement.
» fin décembre 2118

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21/12/2018 ΛURORΛ BOREΛLIS MILA SWANN 47 NADIA HILKER SWEETPOISON, ENDLESSLOVE, RILÈS ESCLAVE AFFRANCHIE LES ENFANTS DE LA FORÊT 95



Someone told me that I want more. That I'll feel half empty, ripped and torn. They say there'll be plenty other hands to hold. Now I wish they'd told me long ago. Ooh, I don't want this to break you. Ooh, but I've got no one else to talk to. (@birdy// beerus)


Theodore. C'est cet étrange commerçant qui t'apporte des présents. Pour te rappeler l'ancien temps. Chaque fois, il te cherche dans la cité, demande la fille du volcan. Elle est encore là, quelque part, sous les coups de fouet. Il est capable de la voir, à travers les cicatrices infectées. Quand les autres n'aperçoivent qu'une carcasse vide, futile. C'est le coeur lourd que tu le regardes partir parce qu'il transporte avec lui ce qui te fait défaut : la liberté. Charles. C'est cet étrange sauveur qui te ramasse dans la forêt, tente de guérir tes plaies. Pour rétablir ce corps usé par la traversée. Il devine les grains de sable incrustés sous ta peau, découvre le sang agglutiné sous tes ongles. Pourtant, rien ne peut le distraire de sa mission actuelle. Déterminé à te sauver quoi qu'il advienne. Pour une raison qui t'échappe, il s'acharne, refuse de t'abandonner. Jones. C'est cet étrange gardien qui te rend visite régulièrement. Ayant décidé de garder un oeil sur toi, sans que tu ne saches pourquoi. Il vient prendre de tes nouvelles avant de disparaître quelques semaines. Ainsi de suite. Et tu n'oses pas lui demander, ce qui peut bien le pousser à agir de la sorte. Peut-être que tu as peur de ce qu'il va dire, de ce qu'il va faire. Ou au contraire, de ce qu'il ne dira pas, de ce qu'il ne fera pas. Peur qu'il ne revienne pas.

Trois personnes dans un même corps. Trois histoires dans un même regard. Trois rencontres dans une même vie. Quelle est la probabilité ?

Peu importe les mots qu'il emploie pour te rassurer, tu demeures gênée, épuisée de vivre dans cette crainte perpétuelle. « Je... » Tu t'arrêtes brutalement quand il vient te prendre dans ses bras comme une enfant. C'est inattendu, inédit. Tu ne sais pas trop. A cet instant précis, tes sentiments sont terriblement mitigés. Une partie de toi trouve cela perturbant, l'autre réconfortant. Encore quelques secondes et tu t'effondres littéralement. Parce que tu n'en peux plus d'être comme ça, de te sentir comme ça. Écorchée à vif, dépouillé de l'intérieur. Endommagée en plein coeur. Est-ce qu'il parviendra à fonctionner de nouveau ? Tu as l'impression qu'il ne pompe plus rien, incapable de soutenir le poids de ton chagrin. Les larmes débordent de chaque valve, veine, artère. A défaut de parvenir au bout de tes cils. De goûter à la saveur de tes lèvres. De rencontrer la pulpe de tes doigts. Elles n'en font rien, demeures prisonnières au fin fond de ta poitrine, entre tes poumons asphyxiés qui te soutiennent à peine. Tu ne respires pas. Tu suffoques. L'air te manque cruellement mais tu ne sais comment le dire. Il n'y a rien à dire. Seulement, aide-moi. Il tente de t'aider de toutes ses forces mais il est entravé, de la même façon que tu l'es, par le poids de la culpabilité. Ce poison invisible à l'oeil nu qui frappe dans le noir, afin de rendre l'être vulnérable.

C'est dans le silence que vous communiquez finalement. Sans un mot. Sans un geste. Juste immobiles, l'un contre l'autre. Pour effacer les fautes du passé. Pardonner.

Il finit par te relâcher pour aborder ce rictus figé, presque vrai, que tu ne parviens à exécuter. Tes lèvres ont beau s'étirer, chacune d'un côté, elles gardent cette expression rigide, froide. « Quelque chose comme ça. » Contrairement à ce que pensent la plupart des Naoris qui te voient traîner dans les parages, tu ne cherches pas la rédemption. Tu viens ici pour recevoir la punition que tu mérites. Ce temple te rappelle tout ce que tu as perdu, tout ce que tu n'auras plus. « Attends. » Tu le rattrapes avant qu'il ne t'échappe, consciente que c'est une question de temps. Tôt ou tard, il finira par partir. Tu te demanderas alors, quand est-ce qu'il va revenir ? Tu attendras au petit matin d'apercevoir sa monture. Puis, les semaines passeront, elles se ressembleront mais tu parviendras à les différencier car tu sentiras au fond de toi, cette peine amplifiée. Celle de l'avoir perdue. Définitivement. Et tu réaliseras que tu ne l'as pas vraiment connu. Tu as seulement aperçu un fragment de lui. La vérité c'est que tu ne sais presque rien de TC et cela ne te dérange pas actuellement mais un jour, tu le regretteras. Et ce jour-là, tu ne pourras plus revenir en arrière. Les moments passés en sa compagnie seront des souvenirs enfouis. « Raconte-moi, ce que tu as vu, ce que tu as fait. » La vie qui est sienne loin de toi.

→ theodore-charles, entrée du temple sacré, fin décembre 2118

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16/09/2018 Totoro's Child. Wyatt Sheperd 110 Dominic Cooper Ma Nuna ♥ - metallica ; nothing else matters Marchand - Orientation, Diplomate. Pikuni. 238
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Makenna a cette fragilité palpable, cette douleur qui nous traverse et nous transperce sans même nous appartenir. Elle a cette violence au fond des pupilles qui fait qu'on a peur pour elle, tout le temps, vraiment. On a peur qu'elle s'effondre, qu'elle éclate, qu'elle tombe sans plus jamais se relever. Et le pire, c'est que TC a été témoin de cette chute sans fin. La chute de l'athna à l'esclave, de l'âme pleine de vie à l'âme qui erre, attendant la mort, attendant le rien. Il a vu les rêves devenir poussière, s'envoler dans les tempêtes de sable. Il a vu les étincelles s'éteindre dans les brasiers du désert et il n'a rien su faire.

Rien osé faire. Lâche. Pathétique. Le cœur jusque dans la gorge il souffre de la voir peiner à articuler. La prend dans ses bras pour tout arrêter, ne plus avoir à la regarder, ne plus devoir l'affronter. Parce qu'elle va se réveiller, la belle âme des montagnes. Elle va retrouver ses étincelles et sa tendresse, elle va retrouver l'amour qui fait battre son cœur et elle verra qui il est vraiment. Celui qui a assisté à sa descente aux Enfers en la regardant, sans bouger d'un cil. Elle ne verra pas les larmes qui ne coulent jamais, elle ne verra pas les chaînes que son cœur s'est peu à peu mis.

Elle ne verra que le lâche, celui qui l'a laissée mourir. Mais la culpabilité est de nouveau trop pesante, comme tout, autour de ces deux là. Parce qu'il y a ses remords à lui et ses regrets à elle. Il y a le silence et tout ce qui ne se dit pas, ne peut pas se dire. Y a la peur de se perdre dans cet équilibre fragile et bousillé qu'ils ont créé. Perdre un repère dans un monde qui n'a pas de sens. Un repère qui blesse, qui harponne le cœur constamment mais qui existe, qui rend malgré tout vivant. Alors Jones s'éloigne lentement, sous un ton léger, celui d'une tonne de masques qui effacent le poids des maux. Mais la brune le rattrape par le bras et il s'arrête immédiatement. Il a beau être mal à l'aise face à un temple, face à quelque chose qui lui rappelle tout ce qu'il n'est pas, tout ce qu'il est sensé être, pour Makenna, il y foutrait les pieds si elle le lui demandait. Le pikuni déglutit et la regarde sans plus rien dire. Il attend la sentence, ce moment où il n'y aura plus de retour en arrière, où elle aura compris ce qu'il valait vraiment.

Ce moment qui arrive peut-être maintenant. Mais la demande qui s'échappe d'entre les lèvres de l'ancienne esclave le surprend, elle le prend à la gorge comme un coup violent. Il s'attendait à tout, sauf à ça, un peu comme à chaque fois. Un sourire fin se dessine sur son visage alors qu'il attrape la main de la réfugiée dans la sienne. Doucement, il pose ses doigts sur les siens, pour ne pas la brusquer et surtout ne jamais l'obliger. Mais peut-il vraiment lui dire ce qu'il est, qui il est ? L'acceptera-t-il pour ce qu'il vaut vraiment ? Pas grand chose, finalement. Mais il ne peut rien lui refuser, pas après leur passé, son passé. Alors il lui dit doucement « D'accord, si tu veux, mais on va marcher un peu en même temps, viens, je connais des endroits sympas. » Lui montrant la direction dans le bois vers laquelle il compte l'amener, TC lui sourit tendrement. Les chaînes ne sont plus là et pourtant, la jeune femme n'ose plus s'aventurer nulle part, de peur de tout, de rien, de son propre chemin. Il le sait très bien. Alors il fait ce qu'il sait faire de mieux, occuper la tête des gens, accaparer son esprit par sa voix, par ses mots, pour finalement qu'elle le suive sans même réaliser qu'elle ne le fait, et enfin avancer. Sans faire un pas, juste avec sa main sur celle de la blessée, il commence à parler. « Alors... Je te l'ai déjà dit mais je viens de chez les Pikunis. Ma maman, Luana c'est un femme que tu aimerais beaucoup je crois. » En fait, il n'en sait rien mais lui, il l'aime sa maman. « Elle a une chevelure un peu comme la tienne, et puis, elle veut toujours savoir ce que je fais. Donc tu vois, déjà, vous vous ressemblez un peu. »

Un léger rire et un sourire et puis il fait un pas dans la fameuse direction. « Mon papa, tu l'aurais peut-être un peu moins aimé. Il avait une grosse voix, même moi je faisais pas trop le malin quand il me gueulait dessus, c'est dire s'il était impressionnant. » Et puis un autre pas, sans quitter ses doigts. « Et puis y a Bren, tu l'as rencontré plein de fois. C'est le vieux monsieur qui m'accompagnait partout, tu sais. Il m'appelait tout le temps gamin et il disait que j'allais m'attirer des problèmes. Mais tu vois, j'ai pas trop eu de problèmes, donc on va dire qu'il disait un peu n'importe quoi. Mais cette année il fait pas le tour du monde avec moi, il a trop mal au dos. Alors parfois je m'ennuie un peu. Non pas que mon cheval soit pas un bon compagnon mais il est pas très bavard, tu vois. » Un autre sourire et deux pas, puis trois. Une pause, petite, un souffle, et puis il la regarde avec toute la tendresse dont il est capable. « Mais tu veux savoir quoi exactement, dis-moi ? Pose-moi des questions, ce sera plus simple comme ça. » Et puis il attend, quelques secondes, pour qu'elle puisse parler elle aussi. S'occuper l'esprit alors que la forêt les attend à bras ouverts et qu'il n'a pas la moindre idée de ce qu'il fout.

Assumer ce qu'il est, il l'a toujours plus ou moins fait avec Makenna. Jamais d'histoire, jamais de connerie, mais c'était juste parce qu'ils s'étaient jamais trop rien dit. S'il lui parle aujourd'hui, comment il fera demain ? Comment elle le verra demain ? Il sait pas, vraiment pas. Mais il refuse de la laisser comme ça.

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21/12/2018 ΛURORΛ BOREΛLIS MILA SWANN 47 NADIA HILKER SWEETPOISON, ENDLESSLOVE, RILÈS ESCLAVE AFFRANCHIE LES ENFANTS DE LA FORÊT 95



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C'est étrange non ? Tu ne lui pas confiance, incapable de l'accorder depuis ta captivité. Ayant enduré la trahison des uns et des autres dans cet enfer interminable. Pourtant, tu ne te sens pas en danger à ses côtés, sans pour autant te l'expliquer. Simplement, tu as le sentiment d'être en sécurité, l'espace d'un instant. Tu ignores combien de temps cela va durer. Privilège éphémère. Tôt ou tard, ils vont venir te chercher pour te ramener. Là-bas, où la pluie ne tombe pas, où le sable brûle la peau, où l'espoir semble n'avoir jamais existé. A croire qu'il est interdit dans les rues de la cité parce qu'il pourrait inspirer la liberté. « D'accord. » Tu lui donnes la permission qu'il attend patiemment, conscient des précautions à prendre en ta présence. Parce que tu es devenue, en un sens, vulnérable. Portant les stigmates de l’esclave, les souvenirs de l’insoumise, les peines de la mortelle. Tu dois supporter ces trois entités et parfois il te semble que c’est beaucoup trop pour une même personne. Beaucoup trop pour toi.

Tu n’as plus la force d’assumer toutes ces femmes qui vivent à travers ton âme, qui respirent au rythme de tes poumons. Pourtant, elles font parties intégrantes de ce que tu es, de qui tu es : une survivante. « J’imagine. » Quand ils mentionnent ses parents, tu penses instantanément aux tiens, imaginant qu’ils ont reconstruit leur vie après ta disparition. Comment ? Tu l’ignores. C’est une question à laquelle il n’existe supposément ni bonne, ni mauvaise réponse. La perte d’un enfant est une épreuve que même le temps ne peut effacer. Tu le sais. Pourtant tu refuses de leur rendre visite pour éponger la souffrance qu’ils portent comme un fardeau. Parce que tu ne veux pas en provoquer une nouvelle quand ils se rendront compte que tu n’es plus la même. Leur fille est bel et bien morte, paix à son âme. « Je me rappelle de Bren. » C’est tout ce que tu dis. Quelques mots à peine et tes lèvres se ferment aussitôt. Tu ne ressens pas le besoin d’en prononcer plus, estimant qu’ils suffisent amplement.

Parce que toi, tu préfères l’écouter parler. Y’a quelque chose de fascinant chez lui. Cette faculté de faire disparaître le monde entier, d’un simple claquement de doigts. Comme si vous étiez seuls au milieu des bois. Tu as l’impression que personne ne peut t’atteindre et n’éprouve guère l’envie qu’il s’arrête, bien au contraire. Tu veux continuer d’arpenter les différents aspects de sa vie pour mieux occulter les tiens, prétendre qu’ils ne sont rien. « J’ai bien une ou deux questions. » Tu le regardes quelques instants, imaginant tout ce qu’il vient de te décrire avec précision. Cette mère qu’il aime tant, ce père qui lui manque, cet ami qui vit désormais reclus. Et puis, ce village dont il parle souvent, le sourire aux lèvres. Tu ne veux pas lui dérober alors qu’il paraît en déprendre. Cependant, tu as besoin de comprendre ses motivations. Alors tu oses formuler ta pensée à voix haute : « Pourquoi tu es parti de chez toi ? » Tes doigts se referment doucement sur les siens parce que tu ne souhaites pas qu’il se braque. Réflexe inconscient. Quelques restes de ton humanité.


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