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Saoirse Crowley
DATE D'INSCRIPTION : 13/04/2016 PSEUDO/PRENOM : Mystery Light MULTICOMPTES : Liam, Near, Elijah, Cassandre MESSAGES : 2328 CELEBRITE : Taissa Farmiga COPYRIGHT : jenesaispas. & Signa : ishtar ÐVÆLING, Soan METIER/APTITUDES : Esclave Rahjaks, ancienne Pikuni (botaniste, soin) TRIBU : Ancienne Pikuni POINTS GAGNES : 68
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le Lun 7 Jan - 3:12


Here come the voices again

The world was on fire and no one could save me but you. It's strange what desire will make foolish people do. I'd never dreamed that I'd meet somebody like you. And I'd never dreamed that I'd lose somebody like you.


Elle hésitait. Elle se souvenait bien de ce chemin tant de fois emprunté et si peu à la fois. Elle était revenue vers le sorcier qui l’avait aidée d’une façon bien particulière mais particulière elle l’avait tout autant été et elle s’était remise. Lui devait-elle quelque chose ? Elle n’en savait rien, lui était-elle redevable même si cela n’avait pas été fait de son propre chef. Elle n’aurait pas demandé à être sauvée mais s’en était sortie. Chose étrange, elle ne lui en voulait pas pour autant. Elle était restée longtemps là-bas pour guérir dans cet endroit dont seul le sorcier semblait trouve une certaine paix qui n’en était pourtant pas une. Elle se souvenait aussi lorsqu’il était parti, dix mois plus tôt. Elle n’avait pas trop saisi, pas  trop cherché à savoir comment fonctionnait cette tête blonde mal soignée et elle doutait qu’il l’aurait laissé faire si elle avait ne serait-ce qu’essayé de comprendre sa façon de fonctionner. Avant d’arriver chez Astrid, elle était chez une noble de la famille du Saada puis elle a atterrit ici. Elle ne sait pas si l’endroit doit lui paraitre familier.

Il l’est.

Et pourtant cela fait bien des mois qu’elle n’est pas venue parce qu’elle n’en voyait tout simplement plus l’utilité. Elle ne se liait pas facilement, se demandait encore comment nommer ce lien étrange à tous les deux, n’avait pas de réponse à cette question. Elle le trouvait étrange mais tous étaient étranges pour elle dans cette tribu, tous étaient étrangers sauf peut-être lui et quelques rares personnes qui se comptaient sur le doigt d’une main. Elle hésitait à venir comme elle avait rebroussé chemin la première fois qu’elle était venue. C’était déstabilisant cet endroit. Tant de choses s’étaient écoulées depuis le temps. Elle n’était plus cette Saoirse suicidaire avec une double fracture du tibia et du péroné. Elle était simplement là sans vraiment l’être, avait l’impression d’être redevenue fantôme dans la tribu même si elle était utile et cela changeait de beaucoup par rapport à cette première famille de noble. Si elle était soulagée d’avoir atterrit chez la rousse, il s’était passé des choses à la cité, des pas très joyeuses mais elle s’en était sortie sans que cela fut le cas pour d’autres moins chanceux. Elle n’avait jamais apprécié cette tribu mais elle avait toujours préféré ne pas se mêler des affaires qui ne la concernaient pas et lors du solstice d’été elle avait choisi d’aider une Naori dans la mêlée. Elle ne risquait rien bien évidemment mais cela l’amenait à se poser toujours beaucoup de questions, de ces questions qu’elle n’aurait pas aimé avoir à se poser comme lors de la punition de cette folle d’esclave qui avait fuit des mois pour se voir ramenée de force.

Eux savaient tous que la liberté ne s’obtenait qu’une d’une seule manière.

Elle l’avait su autre fois. Elle n’y pensait plus. Dommage. Il y avait bien évidemment l’affranchissement mais il n’y avait qu’une poignée d’entre eux qui avaient cette chance de pouvoir rentrer chez eux. Le pourrait-elle ? Le voudrait-elle ? Voudrait-elle pour autant aller quelque part ? Pourquoi lui a-t-il fuit ? Elle avait retenu famille. Elle ne l’avait pas pensé famille, enfin si mais pas à ce point. Il y avait surement autre chose qui l’avait poussé à agir ainsi et maintenant qu’elle était là, à nouveau devant sa porte sans rebrousser chemin comme quelques jours auparavant elle ne se voyait pas le lui demander. Il était surement occupé, avait des explications à donner, des méthodes curieuses à donner dans la façon d’être sorcier, de soigner. Elle ne savait pas si elle l’acceptait lui avec toutes ses bizarreries mais elle avait comme une envie d’essayer du moins de le cerner, elle lui devait au moins ça, de ne pas se laisser berner par cette façade qu’il montrait, qui n’en était peut-être pas une. Elle n’en savait rien.

Cassian Saada était quelqu’un de frustrant.

Elle était encore adossée sur le mur de la ruelle à essayer de se décider. Si elle y entrait maintenant, elle ne savait pas ce qu’elle espérait trouver, peut-être pas une porte claquée à peine l’avoir ouverte, peut-être juste ça, ça serait déjà pas si mal. S’il était l’un des rares qu’elle appréciait croiser de temps à autres, dans les aléas du hasard de la vie, c’était l’un de ceux avec qui elle trouvait bien difficile d’aborder les choses parce qu’elle doutait savoir un jour comment s’y prendre avec lui. Toquer, ne pas toquer, ouvrir la porte et attendre de voir s’il serait déjà au moins présent, si elle pouvait compter sur la présence Avogadro. Ce rat qu’elle aimait bien parce qu’il était tout aussi abimé qu’eux.



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Dernière édition par Saoirse Crowley le Dim 24 Mar - 16:40, édité 2 fois
Cassian Saada
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le Jeu 31 Jan - 23:55
Un matin au Noctarium, sans chant d’oiseau, sans percée de lumière, sans montée d'air pur. Le cycle des jours et des nuits ne fait pas grande manière ici, dans le huis clos de l’Empoisonneur. On se croirait baigné par une pénombre veule où fraient de rares créatures nocturnes, aveugles et sourdes. On se croirait dans un espace troglodyte, dans une panse fossile dont les boyaux et les renflements forment des enfilades de galeries et de pièces confondantes. Le bâtiment se dessine en hauteur, un peu à la façon d’un phare, d’une fusée de vieilles pierres qui aurait fini sa course enfoncée de moitié dans une terre meuble.

Dans les sous-sols, c’est l’Enfer qui travaille sans relâche. Ce sont les fourneaux de l’horreur qui exhalent fumées argentines et langoureuses vapeurs. C’est la vie, la mort et la maladie qui parlementent, qui se querellent et se réconcilient au font de creusets à demi-calcinés. Au rez-de-chaussée, le vestibule, accessible au tout-venant, trempe dans une obscurité grise, à peine rompue par les interstices de la porte, ainsi que par une unique fenêtre dont la tenture rougeoie comme un brandon sous les assauts du soleil. Un rideau vaporeux, situé derrière le comptoir, mène à la salle de chirurgie, certainement la plus vaste pièce du complexe, surmontée en son centre d’une table d’opération aux allures de catafalque. Des collections d’outils cliquetants sommeillent sur les plans de travail, dans des coffrets de bois exotiques. De là, une petite coursive s’envole tel un brin d’ADN pour atteindre un premier étage, puis un second, peut-être le seul espace consacré au repos. Trois yeux-de-bœufs y coulent une lueur orangée, elle-même réverbérée par les façades du vis-à-vis.

Un confort bien chiche, à peine plus équipé que le réduit d’une chambrière. Depuis que Cassian a déserté le manoir des Saada, il a dû se résoudre à investir cet espace qui servait à l’origine de dépotoir, d’archives. Sans transition, il a tourné le dos au luxe ostensible de la grande demeure, à ses palmeraies, à son mobilier d’acajou, à ses hauts plafonds, ne ponctionnant que de petits éléments pour son quotidien. Un grand coffre à la marqueterie fine, dans lequel il a rangé ses belles étoffes, un unique service à thé, de fonte ouvragée, quelques toiles de maître qu’il a adossées trivialement contre le mur, ainsi qu’une armoire à persienne dans laquelle il a entassé toute sa vie. Reliquats d’une vie bourgeoise. Presque des pièces de contrebande, qui jurent dans la petitesse des lieux. Tout, plutôt que de remettre les pieds là-bas.

La matinée est déjà bien avancée, non ? Il n’en a pas la moindre idée. Après avoir verrouillé toutes les issues du Noctarium, Cassian s’en est allé prendre un peu de repos dans la mansarde. Il ne comptait pas dormir, non, mais simplement fermer les paupières sur ses sclérotiques enflammées par la longue veille de la nuit. Offrir à son dos qui criait grâce, après de longues heures passées, la silhouette ramassée sur ses manuscrits, sur ses études, sur l’onde de ses chaudrons, un peu d’horizontalité. Il ne dort plus depuis longtemps, certes, mais parfois, la fatigue cumulée vient le prendre par surprise et l’attire dans une somnolence imprévisible. Une ou deux heures, grand maximum. Une seule oreille, bien entendu. Il suffit d’un son inhabituel et il bondit du lit à l’instar d’un soldat en embuscade. Impossible toutefois pour lui de deviner la présence hésitante de Saoirse, sur le pallier de sa porte, depuis son demi-sommeil.

Le rat, en revanche, ne dort pas.

Avogadro a senti une vibration dans l’air, a reconnu une odeur familière. Telle une oriflamme, il brandit dans l’espace son museau pointu, hérissé de moustaches chafouines. La venue de la petite blonde lui semble une véritable fête, car le voilà ruant vers la grande porte qui le sépare de Saoirse. Ses pattes minuscules fouaillent le panneau de bois en vain. Personne ne répond à ses petits cris aigus, étouffés par l’épaisseur de la porte. Mais le nuisible est du genre coriace, aussi fait-il volte face et s’élance t-il à travers le vestibule, la salle de chirurgie, les escaliers en colimaçons, vif comme un coup de sabre. Il fait le bruit d’une petite horloge détraquée. Ses griffes jaunies cliquètent impitoyablement contre le plancher, le hissent par-delà les marches, un véritable miracle compte tenu de sa masse adipeuse. Il déboule dans le lit de son maître en petite météorite hirsute, et lui chatouille le visage de ses moustaches tordues. Cassian déteste ça.

« Avogadro ! » Se rebiffe l’Empoisonneur, qui repousse l’indésirable du dos de la main. Le gros rat valdingue dans les draps de lin, ergotant son mécontentement. « On a dit : pas-le-lit. Tu ne fais aucun effort. » C’est sans doute le lot des grands solitaires que d’entretenir des conversations, plus ou moins profondes, avec leurs familiers, leurs plantes, parfois de parfaits objets. Le Sorcier s’assoit au bord du lit, avec une main sur son cœur qui décélère à peine. Au milieu de la pièce, le gros rongeur esquisse des cercles frénétiques, comme le ferait un sale corniaud en mal de promenade. Comprenant immédiatement l’origine de ce comportement, Cassian se lève tout en s’étirant, semblant un lion tant par sa tignasse ébouriffée comme une meule de foin que par le long bâillement qui fracture son visage impassible. Il s’approche aussitôt de la lucarne, repousse le volet rond, et se hisse sur la pointe des pieds pour passer la tête à travers la baie. De là, il aperçoit le vertex d’une chevelure blonde, dont les mèches longues ballotent sous l’effet de l’incertitude. Elle a du entendre la fenêtre grincer. Leurs regards se croisent, pour la première fois depuis presque une année.

« Ah. Euh… J’arrive. » Marmonne t-il mécaniquement, sans trop savoir pourquoi il met un point d’honneur à l’accueillir à chaque fois qu’elle vient le voir. Il saisit une chemise de soie grège, qu’il enfile tout en descendant les volées de marches. Avogadro le talonne de près, et finit par agriffer l’ourlet de son pantalon, se hissant jusqu’à son épaule au moyen de ses griffes converties en petits piolets. Cassian traverse l’accueil de la boutique à la façon d’un fantôme, tire les trois verrous qui condamnent l’unique accès dans un tintamarre d’artilleur, et s’il a coutume de lorgner ses visiteurs impromptues à travers une fine embrasure, cette fois ci ouvre t-il franchement l’huis. Une folle cataracte de lumière s’engouffre dans le Noctarium, agressant sa prunelle noctambule. La silhouette frêle de Saoire met bien quelques secondes à se détacher du jour criard.
 
« Bonjour. Saoirse. » Articule t-il péniblement, tout en frottant ses paupières endolories. Si ses traits fleurent bon l’antipathie à l’état brut, ce réveil brutal magnifie plus encore la sinistrose qu’il émane tout entier. Pourtant, malgré toutes les apparences du monde, il est assez content de la voir. Elle est devenue une constante dans son quotidien, une visiteuse régulière, et l’exaltation qui anime Avogadro fait office de baromètre humain. Les animaux sentent l’hostilité, la menace, la catastrophe toute proche. Les animaux sont sensibles aux vibrations infinitésimales qui modèlent les chairs, qui hérissent les poils, qui portent les muscles et lèvent les squelettes. L’horrible rat est un vrai garde du corps dans sa version miniature, et à son comportement vis-à-vis des clients, Cassian s’adapte, réajuste le niveau de sa méfiance. Lui qui perçoit des menaces aux bouches ingénues, se fie uniquement à la vermine pour baisser sa garde, ne serait-ce qu’un peu. Saoirse ne lui veut aucun mal. Jamais, depuis qu’elle s’est éveillée pour la première fois, sur la planche de dissection.

Une année est passée. Et il est vrai qu’il l’a soupçonné furieusement d’avoir permis une intrusion dans sa boutique, elle qui a passé tant de temps entre ces murs, elle qui connaît si bien l’agencement de son univers. A-t-elle eu vent du scandale qu’il a fait chez Astrid ? Est-elle venue pour le plaisir de sa compagnie, ou pour l’admonester, pour faire étalage de ses déceptions, pour lui dire qu’elle ne viendra jamais plus ? Cassian ne sait pas. Il aime redouter le pire. De l’eau à son moulin catastrophique. Pendant plusieurs mois, les petites gens ont ouïe-dire qu’il était mort, qu’il s'était volatilisé, comme le reste de sa fratrie. Et lui a laissé ces rumeurs prospérer comme du chiendent, plusieurs mois avant de les démentir publiquement. Alors elle aurait bien des raisons de lui jeter la pierre, et c’est sans doute pour cela qu’il se tient devant elle aussi fermement. Pour frapper le premier, au cas où il lui prendrait de lancer les hostilités, à Saoirse.

« Hm ? » Un raclement de gorge qui interroge. Si d’ordinaire, Cassian lui dégage le passage afin qu’elle puisse entrer, cette fois ci demeure t-il campé sur ses jarrets, à la surplomber largement, ses pupilles aiguisées prêtes à l’éplucher comme une pomme. Il la sonde en silence. Comme à chaque fois qu’il ne sait pas quoi faire. Tandis qu’Avogadro bondit d’une épaule à une autre, pour partir s’éprendre des cheveux bien peignés de l’esclave, prêt à y semer une ruée de nœuds. « Ta… Présence ? » Deux mots, qui affleurent, du brouhaha de sa tête. Deux mots, qui taillent l’atmosphère chaude de la matinée.

Spoiler:
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Saoirse Crowley
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le Ven 10 Mai - 1:18
Here come the voices again

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Elle était sur le pas de la porte, pas trop certaine de vouloir être là, pas certaine d’avoir le droit d’être là. Elle s’était adossée sur le coté comme pour réfléchir un peu, se donner les arguments qui lui donneraient ce droit légitime de se trouver là et n’en voyait aucun. La situation n’était pas si compliquée pourtant. Saoirse prenait des nouvelles de façon étrange en restant de côté. Elle n’était pas certaine qu’il soit là, pas certaine qu’il la reçoive, pas certaine de savoir quoi faire ni quoi dire s’il la recevait. C’était assez étrange en réalité de se trouver là. Elle attendait et les secondes devenant minute, elle se disait que c’était mieux de rebrousser chemin et en même temps, ce n’était pas des rumeurs qu’elle avait entendues sur son retour à la cité. Il y avait bien une raison comme il y avait une raison sur tout. Elle l’avait appris à ses dépends, elle l’avait appris en apprenant à vivre du mieux qu’elle pouvait à la cité, il y a toujours une raison sur tout. Pour une absence, pour un départ. Elle ne savait pas comment interpréter l’inquiétude de le savoir parti si loin, si longtemps. Il était quelqu’un d’atypique de tout ceux qu’elle avait pu rencontrer et pourtant c’était vers lui qu’elle choisissait d’aller la plupart du temps. Oh elle n’y allait pas souvent, ce n’était pas tous les jours, pas à chaque fois qu’elle avait besoin d’une présence peu importe qu’elle soit rassurante ou non. Elle aimait bien l’avoir à ses côtés et qu’il fut parti si longtemps avait créé comme un vide qu’elle n’avait pas cherché à expliquer. Elle avait simplement attendu, profitant de ces moments pour aller à la rencontre d’autres esclaves comme elle alors qu’elle n’agissait pas ainsi avant, elle n’avait jamais vraiment cherché à se lier d’amitié avec eux.

Ce retour était-il vrai ? Elle le supposait. Il n’y avait pas de rumeurs sans raison à la cité. Chaque acte aurait sa conséquence et elle espérait bêtement qu’il n’y en ait pas pour le sorcier. Le savoir de retour était rassurant même s’il n’avait rien de tel. Il agissait toujours de façon étrange, d’une façon qu’elle ne comprenait pas toujours mais il était l’un de ceux qui restait lui-même aussi bizarre soi il et surement qu’elle l’appréciait pour ça dans toute cette fausseté qu’elle ressentait dans la cité il y en avait un qui semblait être dans le moule sans pour autant y être. Etrange n’est-ce pas ? Elle le savait pro royauté, l’avait pressenti dans sa façon d’agir, d’être avec les autres malgré son attrait sordide plus pour la mort que pour la vie. Elle se demandait si ce voyage à travers l’île l’avait changé, elle se demandait ce qu’elle lui dirait, comment elle réagirait comme elle supposait qu’il n’y aurait rien de transcendant parce qu’elle serait simplement contente de le savoir présent sans pour autant savoir quoi lui raconter sur le moment, surement n’avait-il pas besoin qu’une esclave lui porte un quelconque intérêt. Voilà ce qu’elle n’appréciait pas chez eux.
Tout était compliqué.

Toujours.

Ils ne savaient pas faire les choses de façon simple. Rien ne pouvait être simple avec eux.

Elle est nerveuse quand elle entend ce bruit distinctif de celui qui n’ouvre pas tout de suite la porte. Elle est venue comme pour voir s’il était vraiment là, si son imagination ne lui avait pas joué des tours dans la cité. Non. C’est vrai. Elle est trop terre à terre pour ça et tout aussi loquace que celui baragouine trois mots.  « Ah. Euh… J’arrive. » Caché par la tignasse, un timide sourire lui répond. Si  ces derniers mois l’ont changé, elle ne le sait pas, cette habitude en revanche reste la même alors qu’il aurait pu la laisser dehors. La première chose qu’elle voit c’est qu’il a besoin de sommeil et bizarrement d’un peu de soleil aussi. Les traits blafards du sorcier renforcent son allure fatiguée de celui qui aurait du retourner dormir quelques heures au lieu de se lever. « Bonjour Cassian. » Elle ne sait pas quoi lui répondre d’autre maintenant qu’il est là. Elle n’avait pas besoin de preuve de son retour à la cité quelque part, elle le savait déjà mais c’est comme une habitude qui revient lorsqu’elle vient le voir comme aujourd’hui, une habitude qui reprendra le cours de sa vie à la cité, comme d’une routine pour une fois rassurante alors qu’il n’en a pas toujours été ainsi concernant Cassian, alors qu’elle ne sait pas toujours que penser de lui. Ce qu’elle sait, c’est qu’il ne lui inspire pas la peur. Depuis le départ malgré leurs répliques parfois cassantes des débuts, parfois désobligeantes vu la façon dont ils se sont rencontrés, toujours cet homme l’a intrigué plus qu’autre chose. Il est différent, a ce côté hypnotique peu import la situation, ce qu’il fait, s’il est en forme ou non comme ce matin.

Elle remarque tout de suite Avogadro qui ne passe pas inaperçu à un degré différent. Elle n’aurait jamais pensé avant lui qu’un rat puisse devenir une sorte de familier. C’était assez curieux au début, elle n’a pas su tout de suite l’apprécier à sa juste valeur celui qui a souvent été bien content de la voir. Cela se voit dans ses gestes et c’est la contradiction bien nette avec Cassian qui est toujours difficile à déchiffrer. Elle entre comme hésitante dans cet endroit qu’elle connait pourtant bien et comme pour la rassurer, Avogadro lâche un moment l’épaule du sorcier pour venir sur la sienne. « Avogadro, tu es en pleine forme, il te l’a pas encore dit pas vrai ? » Elle parle au rat comme pour savoir quoi dire à Cassian pour la suite. C’est plus facile, il aide à la communication mais elle doit bien avouer qu’elle n’aide pas non plus parce qu’elle a beau avoir eu envie de voir s’il allait bien, une fois sur place, les mots lui manquent et pourtant, elle s’est toujours montrée franche avec lui, du moins, aussi franche qu’elle peut l’être sans le payer par la suite. Il attend une réponse, elle ne la lui donne pas encore, comme si répondre allait la mener vers un aller sans retour, elle ne sait pas du tout comment cela va se passer. Cela dépendra d’elle mais aussi de lui, ça a toujours été ainsi. Elle fait attention mais n’a pas envie de toujours faire attention, elle a fait attention pendant des mois à faire ce que l’on attendait d’elle. « Je … voulais voir comment tu allais. » Elle voulait voir s’il était de retour, si ce n’était pas un bref passage pour s’en aller à nouveau. Il ne lui devait rien, elle lui en devait peut-être beaucoup plus. Cette routine rassurante c’était simplement installée et il lui avait manqué. « Tu as surement beaucoup de choses à faire, dormir ou récupérer mais ça fait du bien te de savoir à la cité. » Elle n’a jamais été aussi franche depuis des mois. « C’est un peu la maison de ma deuxième vie chez toi. » Elle ne ment pas, elle y a survécu quelque part à cette fin qu’elle s’était donnée. C’est comme un rappel de ne pas recommencer lorsqu’elle vient, comme une pause dans cette cité : un rappel qui lui a manqué ces derniers mois.

@Cassian Saada



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Cassian Saada
DATE D'INSCRIPTION : 03/12/2018 PSEUDO/PRENOM : Anticarde. MULTICOMPTES : Néant. MESSAGES : 664 CELEBRITE : Evan Peters COPYRIGHT : Nexus (avatar). METIER/APTITUDES : Sorcier. (apothicaire, chirurgien) TRIBU : Rahjak. POINTS GAGNES : 329
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Here come the voices again (Cassian) Empty Re: Here come the voices again (Cassian)

le Sam 27 Juil - 15:19
« Bonjour Cassian. » Dit-elle. Simplicité déconcertante qui effrite tous les soupçons nauséabonds dont il a pu l’affubler au moment d’ouvrir son huis. Il s’imaginait alors qu’elle était là pour vilipender son anicroche avec Astrid, pour lui porter un message de sa maîtresse, tout fumant de griefs et de vendetta. A présent qu'il se tient face à elle, il comprend qu'il n'en est rien. Elle est égale à elle-même, forte de cette retenue diffuse et murmurante qui la caractérise et dont il a appris à déchiffrer les silences appuyés, les regards à la dérobée. Il se sent gauche d’avoir pu lui incriminer de telles intentions d’emblée, sans réfléchir, balloté par les transports de sa paranoïa. Par ailleurs, s’il existait l’ombre d’une hostilité en son cœur, le rat l’aurait sans nul doute subodoré, n’est-ce pas ? Il n’aurait jamais accouru de la sorte à sa rencontre. Il aurait marqué un périmètre flottant, érigé ses follicules sensibles, comme il peut bien le faire à l’égard des visiteurs du Noctarium, qui exsudent tour à tour la peur, le désespoir ou la haine.

D’une main un peu gourde, le Sorcier s’essaie à ordonner le capharnaüm de ses boucles emmêlées, en vain. Le trio fraîchement recomposé se dérobe de la lumière limpide du petit jour pour retrouver la pénombre empoussiérée du Noctarium. Avogadro ne tarit pas d’enthousiasme. Tel un électron azimuté, il cavale en tous sens, décrit de folles sarabandes, file d’une épaule à une autre, longe les bras et le cou de l’esclave. Il élit domicile temporaire un recoin de sa nuque, où il peut disparaître à loisir derrière des pans entiers de sa chevelure qui retombent telles des cataractes de blé fauché. Cassian observe pareilles retrouvailles avec une mauvaise grâce flagrante, bras croisés sur sa poitrine, le visage de guingois. « Eh bien. Il a du croire que tu étais morte. » Serine t-il. Piment vert jaillissant dans le lit de sa voix maussade. Le fin rongeur semble bien décidé à s’octroyer un repos de quelques minutes, mussé contre la gorge pulsatile de l’esclave. Saoirse et Cassian se retrouvent alors en tête à tête, sans plus aucun atout pour échapper à une confrontation formelle. Le silence retombe, léger et poisseux, comme s’il était composé d’une nuée de spores soporifiques.

Elle voulait le voir, confie t-elle. Le Sorcier bat des paupières. C’est un peu la maison de sa deuxième vie, ici, renchérit t-elle. Son visage déjà si inamovible de nature semble achever de se minéraliser. Cette réponse paraît le désarçonner. Son austérité naturelle perd l’équilibre. L’éclat granitique qui sied dans ses prunelles chaloupe intimement. A vrai dire, Cassian ignore comment il doit réagir au-devant de cet aveu. Doit-il se réjouir, qu’une autre âme se sente bien ici, à ses cotés, ou envahi à son corps défendant ? Ses prunelles punaisent l’esclave. Fixité-crucifix. Trois secondes dissonantes, écharpées. Et puis, il réalise qu’à l’endroit de son diaphragme se propage une onde tiède, éthérée, comme un siroco qui alanguit un peu ses muscles zélés, qui déploie un peu son squelette perclus. Il se détend, tout simplement. Il respire mieux. « Je crois… que je suis content que tu te sentes bien ici, Saoirse. » Souffle t-il, dans le grand vestibule noyé d’ombres bleuâtres. « Viens. Je vais te préparer un thé. » Il lui saisit alors le poignet dans une détente fauve. Elan dont l’imprévisibilité flirte avec la rudesse, avec les lisières de la brutalité. Il l’entraîne dans son sillage sans autre forme de procès, avisant les escaliers, lourdes marches de grès, parfois jalonnées de piles de manuscrits entassés, qui forment d’authentiques stalagmites parfois couronnées de bobèches de céramique.

Ils laissent l’accueil de la boutique derrière eux. Jamais encore ne l’avait-il introduit ici, au deuxième niveau, précédemment utilisé en tant qu’archives privées. Le Sorcier lâche prise pour lui indiquer du menton un petit espace garni de coussins kilim, aux nuances mordorées et bleu de phtalo, afin qu’elle y prenne place. « J’ai décidé de vivre ici. La demeure des Saada est devenue trop grande. Trop vide. J’en ai cédé la gérance à l’une de mes esclaves. » Explique t-il tout en s’affairant dans son rôle d’hôte. Il tire une longue tenture sur l’espace consacré au repos, dérobant ainsi des regards l’intimité de sa literie, afin de transformer l’espace de vie en pièce de réception. Le rideau, tiré à-demi, laisse entrer quelques faisceaux cristallins, qui ne parviennent pas à chasser tout à fait la pénombre qui règne ici en maître.

« Je vais ouvrir une parenthèse désagréable, et puis nous la refermerons une bonne fois pour toute. Il faut. » Parenthèse crénelée, décorée de mâchicoulis et de meurtrières. Parenthèse onduleuse comme un sourire ambigu. « Je suppose que tu es au courant de mes différends avec Astrid. Elle n’est plus la bienvenue ici. » Plus jamais. Ou seulement son cadavre. Bien livide. Bien roide. « Je ne t’emmènerai plus dans mon laboratoire à ce titre, au cas où elle t’ait chargé de quelque mission de reconnaissance, au cas où elle t’interroge, au cas où elle compte se servir de toi pour m’atteindre. » Paroles verglacées. Le laboratoire, c’est l’endroit où ils se sont réellement rencontrés. C’est l’endroit étrange où ils ont regardé de nombreuses heures s'écouler, où ils ont partagé d’inextinguibles tasses de thé, parfois sans piper mot, parfois en lisant des ouvrages pris au hasard, dans la première étagère qui venait. Les nouvelles règles qu’il est en train de lui exposer n’ont rien d’anodines. Elles tranchent. Et son air sérieux, proche de l'accablement, laisse supposer qu'il aurait préféré faire fi de ce moment pénible pour profiter de sa présence sans réserve.

L’empoisonneur ignore tout de l’allégeance qui cheville Saoirse à la voleuse, du degré de son dévouement comme de ses propensions à la trahir. Bien sûr, l’idée de l’attirer de son coté du conflit et de s’en servir pour piéger la scélérate lui a bien effleuré l’esprit. Mais pour l’heure, faute de plan réellement charpenté, il renâcle à sortir de son expectative calfeutrée, prudente. Un-deux-trois Soleil. Le premier qui bouge est mort. Astrid est sans doute au courant de cette visite, qui plus est. Peut-être même a-t-elle anticipé le fait qu’il s’essaie à la corrompre. Son crâne boue de pensées torréfiées. Il ne peut s’empêcher de passer au crible les expressions de Saoirse, de décomposer le moindre de ses mots. « Mon propre sang m’a trahi, Saoirse. » Noah enfui. Scylla évanouie. Malgré leurs promesses de demeurer auprès de lui. « Je ne peux pas. Prendre. Le moindre risque. » Sa paranoïa étincelle, resplendit, fraîchement couronnée. Elle foudroie ses fades dispositions à se montrer indulgent et compréhensif. Et pour le reste, s’il comptait s’épancher au sujet de sa solitude sans fond, de ses multiples liens qui continuent de se déliter, s’il comptait lui faire le récit de ses voyages, de ses projets nouveaux, quelque chose le retient. Lui enserre le larynx. Un étau invisible, qui imprime des salves électriques dans sa chair. Un instant, alors qu’il s’occupait de préparer le service à thé, Cassian s’immobilise. Il lui coule un regard oblique, qui roule comme un mécanisme d’automate. « Si tu étais à ma place, est-ce que tu parviendrais à te faire confiance ? »
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