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Harlan Tikaani
DATE D'INSCRIPTION : 06/12/2015 PSEUDO/PRENOM : Electric Soul MULTICOMPTES : Kayden Elwood & Einar Helgusson MESSAGES : 8664 CELEBRITE : Jon Kortajarena COPYRIGHT : Avengedinchains ♥ & tearsflight METIER/APTITUDES : Conseiller druide | Soigneur & orateur/diplomate TRIBU : Naori POINTS GAGNES : 1031
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le Ven 4 Jan - 13:44
L'air embaume le pin sylvestre, le romarin et autres huiles purificatrices. Les feux du village sont allumés, à la fois pour chasser le froid de l'hiver, apporter éclairage et diffuser ces huiles dans l'air. Avec la froide saison viennent toujours les maladies et si tu y es relativement immunisé, grâce à ta bonne condition et au fait que tu y sois si souvent exposé, ce n'est pas le cas de tout le monde. De nombreux villageois et, cette année, pas mal de Kovariis, découvrent ou redécouvrent les symptômes trop bien connus : toux, frissons, gorge enrouée, fièvre, nez qui coule ou nez bouché, douleurs articulaires, respiration sifflante. L'infection est rarement grave chez les adultes mais peut s'avérer dangereuse pour les enfants en bas âge et les personnes âgées et c'est vers eux que tu tournes tes soins en tout particulier. Heureusement, peut-être, cet hiver semble pour le moment moins rude que celui auquel vous avez été exposés l'an dernier, mais vous n'êtes qu'au début du premier mois de la nouvelle année – tout peut encore changer, tu le sais pertinemment.

Les druides s'affairent, dans le village, ainsi que les guérisseuses kovariis. Si l'harmonie n'est pas complètement parfaite, elle fonctionne relativement bien, les deux communautés n'étant pas complètement séparées, des interactions fréquentes ayant lieu entre elles. En tout cas, ta soif de savoir a été récompensée avec l'arrivée de ces amazones et tu as pu découvrir de nombreux remèdes que tu ignorais jusqu'alors. Malheureusement, plusieurs de ceux-ci sont totalement dépendants de l'île natale des femmes guerrières et tu sais qu'il est trop difficile et dangereux de s'y rendre. Alors, pour l'instant, tu préfères te cantonner à ce que tu as appris et ce que tu enseignes : la médecine traditionnelle naori.

Tes pas font craquer la fine couche de neige sous tes pieds, tandis que tu te déplaces dans le village quelque peu léthargique. Avec les basses températures, il est bien plus facile de rester calfeutré chez soi que de rester dehors, même si quelques enfants se risquent forcément à vouloir profiter des quelques pentes qui existent, pour leurs jeux. Un sourire étire tes lèvres en les voyant s'exercer et tu espères qu'ils ne tomberont pas malades, une fois rentrés chez eux. Ils vont bien pour le moment, et c'est le principal.

Non, cette fois, tes pas se dirigent vers une autre maison. Autrefois située au sommet de l'arbre de vie, désormais déracinée par le cyclone. Tu as hésité, avant de prendre cette décision, et à vrai dire, tu hésites encore. Tu n'es jamais sûr de rien en ce qui concerne Rowena. Oh, la haine toxique est effacée depuis des années maintenant, a laissé place au fil du temps à une hostilité voilée, puis à une neutralité nécessaire pour atteindre une relation pacifique depuis un peu plus d'un an. Tu ne sais pas vraiment si tu peux parler d'amitié retrouvée, le terme serait peut-être trop optimiste, quand tu as l'impression de parfois encore tellement devoir marcher sur des oeufs. Mais au moins vous pouvez travailler en paix et de concert. À faire cavalier seul et jouer la voix d'opposition toutes ces années, tu avais oublié qu'il était tellement plus facile de diriger quand la situation est plus harmonieuse. Ça ne veut pas dire que toi, Rowena et Caleb êtes d'accord sur tout pour autant, il faut bien que vous ayez chacun votre opinion, mais il vous est désormais plus facile de discuter librement et arriver à un compromis. Il t'a fallut longtemps pour comprendre tes erreurs et que ton comportement entêté et belliqueux faisait plus de mal que de bien. Le chemin n'a pas été simple, mais il était nécessaire, et tu peux remercier Rowena de t'avoir obligé à prendre conscience de tes torts.

Mais tu n'es pas là pour parler de politique, non. La situation est floue et dangereuse et honnêtement, tu crains pour ta tribu et ce qui pourra advenir dans les prochains mois. Mais ce sont des débats que vous avez sans cesse et tu n'as pas envie d'importuner Rowie avec ça. Pas quand tu sais que justement, elle fait partie de ces nombreux malades, même si elle refuse de l'avouer. Tu as toujours respecté et admiré la force de caractère de Rowena – même quand tu la détestais justement pour ces raisons – mais même la grande chamane doit parfois s'avouer vaincue par une grippe tenace. Officiellement, tu viens seulement vérifier qu'elle se repose bien comme elle doit le faire – tu la soupçonnes capable de sortir en douce et prétendre que tout va bien, comme si ignorer la maladie la ferait disparaître par pure obstination – mais plus égoïstement, tu dois admettre vouloir t'enquérir davantage sur son bien-être mental que sur son bien-être physique. Tu n'oublies pas ces mots fatidiques prononcés dans le désert, il y a de cela plus d'un an, maintenant. Tu n'as jamais trop osé aborder le sujet de façon frontale, ne sachant honnêtement pas comment l'amener. Des sujets aussi délicats n'ont jamais été ton fort, toi toujours trop maladroit avec les sentiments des autres. Et même si c'est à toi que s'est ouvert Rowena en premier, tu as préféré remettre ça sur le dos de la fatigue, des blessures, de la douleur. Car assurément, d'autres parmi ses proches pourraient mieux l'aider que toi, Caleb, Güzis, Rürik, même Ashiri. Alors tu as préféré compter sur le soutien de ces autres, te dire que Rowena était suffisamment entourée et qu'elle n'avait pas besoin de toi. Qu'en réalité, elle préférerait probablement être bien loin de toi. Car tu es conscient que tu es en partie responsable de ces pensées sombres, et ce savoir te rend malade. Alors tu ne voulais juste...pas aggraver la situation. Espérer que Rowena irait mieux, loin de l'influence néfaste que tu pouvais avoir, parfois malgré toi.

Mais désormais ? Peut-être que tu te sers de cette grippe comme un simple prétexte, c'est vrai. Mais tu t'inquiètes. Tu t'es toujours inquiété, tout ce temps. Mais tu as préféré observer, de loin, te contenter des rapports et des dires des autres. Tu sais que Cyd a aidé Rowena autant qu'elle le pouvait et tu ne peux qu'en remercier la Kovarii. Mais tu ne peux ignorer la recommandation qu'elle t'a fait, alors. Peut-être que vous devriez parler. Peut-être que ça l'aiderait.

Tu étais juste trop lâche, à fuir cette responsabilité pendant des mois.

Tu frappes doucement à la porte de la chamane et attends quelques secondes avant d'entendre une quelconque confirmation. Peut-être que ladite confirmation que tu entends ressemble davantage à une vilaine toux qu'à un oui, mais tu n'es pas trop regardant aujourd'hui.

Quand tu entres dans la pièce, c'est la pénombre qui règne, et tes yeux mettent un temps à s'habituer au manque de luminosité. Heureusement, des points de lumière sont présents ici et là, un feu qui doit être ravivé, une bougie allumée. Tu te diriges en premier vers le feu pour le faire partir de plus belle et augmenter quelque peu la température de la pièce. Puis tu t'approches du lit dans lequel Rowena se repose. Au moins, songes-tu, elle ne s'est pas échappée à tenter une excursion dans le froid alors qu'elle est malade.

« Rowie ? » demandes-tu à voix basse, ne souhaitant pas trop la déranger si elle est plus endormie qu'éveillée. « Je voulais venir voir comment tu allais. Comment te sens-tu ? »
Rowena Chakraan
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le Mer 23 Jan - 17:47

WHY COULDN'T WE JUST SAY


Les flammes avaient fini par diminuer en intensité dans l’âtre, depuis le temps qu’elle n’avait pas ravivé le feu. Cependant, elle n’avait pas envie de quitter la chaleur des draps dans lesquels elle s’était emmitouflée. Rowena avait toujours eu plus de mal avec l’hiver que les autres saisons. La fraîcheur de la température tendait à la faire tomber malade plus facilement, elle qui aimait se perdre dans la méditation sous les branches des arbres, installée contre un tronc. Quand la neige venait recouvrir une partie de l’herbe, et qu’elle s’asseyait quand même dedans, elle prenait des risques, et les druides n’avaient de cesse de lui répéter de faire attention. Ce n’était pas sa faute pour autant, si elle avait tant besoin de cette connexion avec la Nature, sous peine de se sentir nauséeuse après quelques jours. Finalement, c’était une habitude qu’elle avait pris avec Yuma, de se plonger dans une introspection et une sérénité totale quelques minutes, quelques heures chaque jour, chaque matin, avant que la vie s’empare du village, et que les enfants courent sur la place principale. Rassemblement de tous, dans les rires et la joie, mais qui entraînait des complications pour se concentrer. Alors qu’au lever du jour, à l’aurore, peu venaient la déconcentrer ou lui faire part de leurs questions.

Et désormais, la voici clouée au lit, grippe s’accrochant au corps malgré le repos pris, les jours défilant. Elle avait déjà été malade par le passé Rowena, quand on oubliait de prendre soin de soi, c’était ce qui arrivait. Cependant, avant, elle parvenait à garder sa place, et son rôle. Elle pouvait se déplacer, réfléchir, se tenir debout sans que tous ses muscles tremblent et menacent de la lâcher. Aujourd’hui, tout était impossible. Elle ne pouvait que se rouler en boule sous les couvertures, prendre les herbes et infusions qu’on lui avait indiquées pour son traitement, et prier les esprits pour que tout finisse par se calmer, sans savoir si elle s’en sortira. Fallait garder la foi, en toutes circonstances… Et se souvenir, pour la prochaine fois, de ne pas méditer dans le froid, ou de prendre soin d’elle. Chose qu’elle avait laissé tomber, depuis le temps. Ignorance dans laquelle elle s’était plongée. Œillères posées sur les iris, voiles devant les pupilles, pour définitivement s’oublier…

L’aurore avait disparu depuis longtemps, éclipsée par le soleil de Décembre, froid, puis la disparition de celui-ci, derrière les nuages. Les volets de la masure s’étaient refermés, pour préserver les yeux et la tête fragiles de la chamane. Pénombre agréable, permettant de se ressourcer loin de tout. Elle n’entendait presque plus les bruits à l’extérieur finalement, à force de rester entre quatre murs. Pourtant, ça finissait par lui manquer, de discuter, de vivre en communauté. Un instant, elle avait voulu se lever, retrouver les siens. Peine perdue, maladie bien trop tenace pour la chamane, qui s’avoua définitivement vaincue après quelques minutes d’essais infructueux. Heureusement, juste à temps puisque trois coups furent portés à la porte. Visite impromptue qui aurait pu mal tourner si elle n’avait plus été là. Quelques mots sortirent de ses lèvres, rapidement bouffés par une quinte de toux. Finalement, la personne derrière la porte prit sa réponse pour un oui, réalité qui se cachait derrière la toux. Bien.

Le corps se déplaça jusqu’à l’âtre, ravivant le feu, et elle suivit la silhouette de ses iris sombres. La voix s’éleva peu de temps après, confirmant l’impression qu’elle avait. Léger sourire sur les lèvres gercées, et elle se redressa doucement, quittant les multiples couches de plaids et couvertures. Le corps frissonna, fraîcheur sur la peau fiévreuse. « Harlan. » Répondre, pour lui montrer qu’elle était réveillée, qu’elle tenait quand même le coup. Refuser la faiblesse du corps, malgré tout ce qu’il avait déjà vu… « J’aurais bien dit que ça allait mais je pense que tu peux voir de toi-même que ce n’est pas forcément vrai… » Sourire contrit, nouvelle quinte de toux, à s’en arracher les poumons. Bon Dieu, elle n’aurait jamais pensé être aussi atteinte. Et encore, il était de se rappeler que ce n’était pas aussi pire que l’année dernière… « Je n’ai même pas réussi à quitter ma chambre depuis le début de la crise. » Elle aurait presque pensé à une malédiction, si elle avait pu, plutôt que de se dire qu’elle était juste sujette aux maladies saisonnières, comme n’importe quel Naori. Un soupir quitta ses lèvres alors que le corps reprenait doucement sa place sous la chaleur des draps. « Comment vas-tu toi ? » Pourquoi tu continues de t’inquiéter pour les autres avant toi-même, Rowena ? Enfin, Harlan devait avoir pas mal de travail ces derniers jours, semaines…  







Dernière édition par Rowena Chakraan le Dim 24 Mar - 23:10, édité 2 fois
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Harlan Tikaani
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le Lun 11 Fév - 15:36
Même avec le feu ravivé – il lui faudra encore un peu de temps avant que les flammes ne reprennent vraiment, désormais tout encore plutôt à l'état de braises – c'est la pénombre qui domine dans la petite masure, avec les volets fermés, pour chasser le froid, chasser la lumière qui peut blesser les yeux et la tête, aussi. Tu ne touches pas à ces volets, même si tu aurais eu tendance à vouloir aérer, faire circuler un air plus frais. Ce n'est pas bon pour Rowena, dans son état, et puis, ce n'est pas tout à fait ta place.

Au moins, te dis-tu, tandis qu'une quinte de toux précède ton prénom et qu'une forme se meut sous les draps, tu ne penses pas avoir réveillé Rowena. Tu crois décerner un léger sourire sur ses lèvres, mais il est difficile de clairement distinguer ses traits, quand il fait encore si sombre. Tu entends presque plus que tu ne vois les multiples couvertures bouger, tomber. Tu as presque envie de protester, de dire qu'il faudrait mieux qu'elle reste au chaud, mais si elle se sent capable de bouger, peut-être qu'il vaut mieux la laisser. Peut-être la chamane se rétablit-elle ?

Mais bien vite, Rowena répond que ça ne va pas tant que ça, la voix enrouée par la maladie, suivi par une vilaine quinte de toux. Tu grimaces légèrement, désolé pour elle.

Tu as à moitié envie de lui dire qu'à l'avenir, il lui faudrait éviter ces excursions dont elle est coutumière, quand la saison froide est là. Tu sais qu'elle médite fréquemment dehors, et ce peu importe que la terre soit recouverte de neige ou non. Et ça ne peut pas être bon pour son organisme, certainement. Tu ne médites pas, ce n'est pas ton domaine, mais tu sais que l'esprit a tendance à se détacher du corps dans ces cas-là, à ne plus vraiment concevoir l'environnement autour de soi. Seulement le corps reste là, attaqué par tout ce qui l'entoure, les parasites, la faim, le froid, la chaleur, les maladies. À force de se perdre, la tête dans les étoiles, Rowena a oublié ses racines.

Mais tu ravales ces mots, ne sachant pas s'ils seraient bienvenus. Tu es druide, oui, mais tu es plus que ça aussi, un collègue, un ancien amant, un ancien opposant, et tes propos n'auraient peut-être pas la neutralité dont il faudrait que tu fasses preuve. Alors tu les gardes, coincés dans ta gorge, par peur d'être trop moralisateur.

Presque comme si elle lisait dans ton esprit, Rowena indique qu'elle n'a même pas réussi à quitter sa chambre depuis le début de la crise. Tu es partagé entre la résignation et l'amusement.

« Hmm, tu ferais mieux de ne pas trop sortir. Écoute ton corps, si ça ne va pas, il ne faut pas le pousser. Et surtout, reste au chaud et repose-toi, permets-toi de récupérer. » réponds-tu, le ton doux mais sérieux, avant d'indiquer de la main les couvertures que la chamane a plus ou moins délaissé pour te saluer. Le message silencieux est clair : retourne sous les couvertures.

Heureusement, la chamane retrouva d'elle-même le cocon chaud, à ton soulagement. Les changements de température ne pourraient pas lui faire de bien. Mais malgré son état, elle arrive encore à s'inquiéter du tien, alors qu'entre vous deux, c'est elle qui est clouée au lit par une vilaine grippe. Rowena tout craché.

« Je vais bien, je résiste aux maladies qui circulent pour le moment, elles n'ont pas encore réussi à m'atteindre. » Tu t'autorises un minuscule sourire.

Puis, parce que tu demeures un druide avant tout, et que tu es quand même un peu venu pour vérifier que Rowena va bien, tu portes une main à son front. La peau sous tes doigts est brûlante, légèrement couverte de sueur. Pas bon signe. Cela fait déjà plusieurs jours, il devrait y avoir une amélioration – c'est une grippe tenace qui a pris la chamane entre ses griffes. Tu fronces les sourcils. « Ta fièvre n'a toujours pas baissé. Tu prends bien les infusions ? »

Tu ne penses pas Rowena inconsciente ou têtue au point de se dire qu'elle n'en a pas besoin, mais on ne sait jamais. Peut-être devrais-tu passer à d'autres plantes, d'autres remèdes plus forts. Ceux-là n'ont pas trop l'air de faire effet.

Avec une légère hésitation, ne sachant pas trop comment aborder le sujet si délicat, ne sachant pas vraiment non plus si c'est le bon moment, quand Rowena a l'air si mal physiquement, tu finis par prendre une voie plus ou moins détournée. T'enquérir sur les blessures physiques de cet événement mènera peut-être la discussion à la douleur morale. Ton intérêt n'est pas totalement vain. Il est coutumier que des vieilles blessures puissent irradier de douleur, dans des conditions de froid ou d'humidité. Tu te renseignes, c'est tout.

« Pas d'autres..douleurs ? Ton dos ? » demandes-tu, d'un ton circonspect.
Rowena Chakraan
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le Mar 26 Fév - 17:11

WHY COULDN'T WE JUST SAY


La présence d’Harlan ne la dérangeait pas finalement. Au contraire, elle apportait un peu de mouvements dans cette masure quelque peu laissée à l’abandon. Ce n’était pas faute de vouloir bouger, ranger, ouvrir les différents volets… Elle avait essayé Rowena, quand elle avait cru aller mieux, grâce à ce pic d’adrénaline au milieu de la maladie. Ca ne l’avait que renvoyer sous les couvertures plus rapidement. Un instant, elle avait craint plus grave qu’une grippe, un de ces virus que les peuples d’aujourd’hui n’étaient plus en mesure de soigner. Il y avait déjà eu une épidémie, il y a quelques années, chez les Rahjaks, alors il fallait se rendre à l’évidence : certaines maladies ne pourraient être soignées. Ou alors, un remède serait trop long à être trouvé, à agir. Y’avait tellement de questions, de doutes qui pervertissaient l’esprit, au fur et à mesure que l’épuisement la gagnait, qu’il fallait arrêter d’y penser, arrêter de lui donner de l’importance. Sinon, le cerveau finissait gangréner par tout cela, comme cela avait déjà été le cas par le passé. Elle laissa ses paupières obstruer sa vision un instant, pour calmer la douleur, méditer quelques secondes comme elle aimait le faire depuis son enfance.

Y’eut un léger rire qui quitta sa bouche, aux propos d’Harlan, alors qu’effectivement elle faisait déjà ce qu’il lui conseillait et demandait. C’est-à-dire, retourner au chaud, se cacher sous un tas de couverture tenant en équilibre au-dessus d’elle par on ne savait quel miracle. « Tu as raison. Il faut définitivement que j’arrête d’essayer de forcer. » En réalité, elle avait déjà commencé. Depuis quelques jours, les visites étaient réduites à leur minimum, pour éviter à de nouveaux germes de venir dans sa maison, et elle avait abandonné les idées de faire du sport ou méditer de trop. Ou alors, tout avait lieu collé au feu qui brûlait en permanence, maintenu en vie grâce à elle ou à plusieurs âmes charitables se glissant dans la masure durant ses – longues – heures de sommeil. Peut-être même qu’Harlan l’avait fait, non ? « Je suis contente si ça va. Ca enlève une inquiétude parmi les multiples qui tournent dans mon esprit. » Mais que serait Rowena si elle n’était pas en permanence inquiète pour les autres ? C’était dans sa nature, dans son caractère, et peut-être était-elle trop empathique, faisait-elle trop passer les autres avant elle-même… « C’est étonnant alors que tu nous soignes tous. » Nouveau sourire. L’organisme d’Harlan avait dû s’y habituer, à toutes ces maladies qui voletaient en hiver…

Et elle le laissa vérifier sa température, son état. C’était son travail après tout, son métier. Et si elle cherchait à s’y opposer, cela laisserait à penser qu’elle avait quelque chose à cacher. Ce qui n’était absolument pas le cas aujourd’hui, et ce sur quoi elle travaillait depuis un peu plus d’un an. Il y avait eu des événements marquants dans sa vie, et au-delà de la mort d’Hakon, elle pouvait sans hésitation y inclure son passage chez les Rahjaks, et les blessures qui en avaient découlé, autant physiques que mentales. « Oui, je suis bien tout ce qu’on m’a dit. » Les pupilles s’accrochèrent à celles de l’homme, comme pour prouver ce qu’elle disait. Pour une fois qu’elle suivait scrupuleusement les remèdes, leurs doses, qu’elle prenait les infusions à intervalles réguliers… Pourtant, il est vrai qu’elle avait tendance à éviter cela en temps normal. Il fallait croire que tout le monde pouvait changer, un jour ou l’autre. « Penses-tu que c’est suffisant ? » Que lui conseillait-il, lui ? Evidemment, la chamane avait confiance envers les autres druides, et guérisseurs l’ayant examinée. C’était juste différent avec Harlan. Ca l’avait toujours été.

Puis la conversation dériva sur les vieilles blessures, celles dont les cicatrices plus pâles étaient toujours présentes dans le dos. Elle les garderait certainement longtemps, les marques des flèches qui avaient transpercé ses chairs… Léger soupir qui quitta les lèvres de la conseillère. « Ca va mieux ces derniers temps. Je continue de ressentir quelques douleurs de temps à autre, mais je me demande si ce n’est pas inventé par mon esprit. » Car tout était bien sinon. Mais peut-être Harlan souhaitait-il qu’elle explicite plus ? Qu’elle parle d’autres choses ? Une question sous-jacente qu’elle ne percevait pas ? Et elle finit par la chercher dans les iris, y mettre une grande partie de sa concentration. « Je pense que j’ai réussi à faire la part des choses depuis. Et le reste s’est arrangé depuis. » Oui, les relations avaient eu un impact sur sa vie. Plus saines, moins toxiques. Moins de remises en cause, ou de combats perpétuels. « Mais j’imagine que tu avais d’autres questions par rapport à ça, non ? » Quand les réflexions ne suffisaient pas, autant demander directement, non ? Cela évitait à l’esprit de sur-analyser, et à l’angoisse de s’installer… A moins qu’elle ait déjà répondu sans le vouloir. Mais là encore, il le lui signifiera.  







Dernière édition par Rowena Chakraan le Dim 24 Mar - 23:09, édité 1 fois
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Why couldn't we just say △ Rowena Empty Re: Why couldn't we just say △ Rowena

le Dim 24 Mar - 23:04
L'air est surchauffé, dans la pièce, renfermé. Mais c'est une sensation à laquelle tu es habitué, ces dernières semaines, et heureusement l'odeur des huiles essentielles et autres potions flotte aussi dans l'air, tentant de le purifier. Il faut du temps pour que la maladie parte. Pour que le mal parte.

Rowena a l'air de comprendre qu'elle doit arrêter d'essayer de forcer. Ou peut-être se rend-t-elle compte qu'elle n'a pas vraiment d'autre choix, peut-être qu'elle est vaincue par l'inéluctabilité. Qu'importe la raison, tu es au moins soulagé qu'elle ne pousse pas trop ses limites.

« Je suis plus ou moins immunisé aux maladies les plus communes, justement à cause de l'exposition. Ou du moins, plus résistant. Ne t'en fais pas pour moi. » réponds-tu, avec un léger sourire aux lèvres. Tu as presque envie de secouer la tête, de la voir s'inquiéter pour ton état de santé alors qu'entre vous deux, c'est elle qui est clouée au lit, mais elle a toujours été plus empathique que toi. C'est ainsi que sont les choses.

Il n'y a bien eu que la grippe qui a frappé les Rahjaks il y a trois hivers de ça, qui a réussi à réellement t'atteindre, ces dernières années. Une souche venue d'ailleurs, d'un autre temps, contre laquelle ton corps n'a jamais pu construire de défenses. La maladie t'avait poussé à des extrêmes, risquant ta vie, celle d'autres aussi. Tu n'as jamais très bien su raisonner quand des émotions étaient en jeu. Trop de contrôle au quotidien qui fait que tu exploses lors de tes moments de dérapage. Et les conséquences peuvent être désastreuses.
Tu essaies de chasser cette pensée noire de ton esprit, tandis que tu prends la température de Rowena et vérifies ses signes vitaux. Des gestes automatiques, quotidiens, mais dont les résultats ne te rassurent pas tellement. La fièvre de Rowena n'a pas baissé, et apparemment, elle a bien pris ses remèdes comme il faut depuis plusieurs jours. Tu ne doutes pas de sa sincérité quand tu croises son regard et tu hoches la tête silencieusement. Il faut probablement que tu tentes une autre solution.

« Peut-être que ce n'est pas assez. Tu peux tenter un autre remède, je le prescris moins souvent car il a un goût désagréable mais il est efficace. » Tu n'en as pas sur toi, évidemment, mais aller en chercher sera rapide, tes quartiers ne sont pas bien loin de ceux de Rowie. Et puis, si elle a pris les infusions comme il faut, il faudrait probablement attendre quelques heures avant qu'elle ne puisse changer de traitement. « Je peux t'en apporter un peu plus tard, si tu veux. »

Sûrement est-ce bête mais tu es réticent à l'idée de partir dans l'immédiat. Bien sûr, tu te soucies de l'état de Rowena, bien sûr, tu veux qu'elle aille mieux. Mais tu te soucies aussi de son état mental et il t'est difficile de t'enquérir à ce sujet. Ça n'a jamais été ton point fort en médecine et ça l'est encore moins dans la vie sociale. Tu n'as jamais été le plus doué pour trouver les mots qu'il fallait, préférant souvent les gestes pour rassurer, réconforter, mais tu ignores comment cela serait perçu par Rowena. Tu n'oses pas trop t'avancer, dépasser les limites invisibles. Tu as déjà fait tellement de mal par le passé et tu ne veux pas aggraver la situation. Tu as parfois la sensation qu'un rien peut te faire retourner au statut d'ennemi. Même si c'est toi-même qui t'es mis dans ce rôle, tant d'années auparavant.

Tes lèvres se pincent, quand tu entends que Rowena a encore des douleurs de temps à autres, et qu'elle se demande si ce n'est pas un tour de son esprit. C'est possible. Tu sais que l'esprit est une force puissante, qu'il peut fabriquer une douleur là où il n'y en a pas, pour répondre à un mal-être profond. C'est entièrement possible avec la chamane, et tu te rappelles trop bien de ces mots maudits emportés par le vent du désert.

« J'examinerais tes blessures pour voir s'il y a encore des dommages, quand tu iras un peu mieux. » commences-tu. Te concentrer sur le physique et le tangible, d'abord. Ça a toujours été plus simple. Plus direct.

Mais peut-être que Rowena te connaît trop bien, car tu as l'impression qu'elle comprend que ce n'est pas que ça que tu veux. Ou du moins, pas entièrement. Ses propos te rassurent, d'un côté, desserrent une boule dans ton ventre que tu essayais d'ignorer jusque là. Mais...pas tout à fait. Pas entièrement. Il faudrait jouer carte sur table, mais c'est difficile, avec Rowie. Ton regard se dévie un instant.

« Je m'inquiète pour toi. » avoues-tu à voix basse. « Avec ce que tu as dit ce jour-là. Je ne sais juste...pas vraiment comment en parler. »

À une époque, tu mentais comme tu respirais. Tu trompais et manipulais à l'envi. Même tes proches, même tes amis. Mais tu as l'impression de ne plus en être capable, maintenant. Y'a que la sincérité qui t'écorche la langue.
Rowena Chakraan
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le Mer 24 Avr - 17:39

WHY COULDN'T WE JUST SAY


C’était toujours étonnant de voir Harlan aussi bien se porter physiquement, en cette période où lui-même restait au chevet des malades, apportait soins et soutien à ceux frissonnant de fièvres à longueur de journées. Et lui… Rien. C’était mieux d’un côté, qu’il puisse continuer à soigner sans lui-même finir au fond d’un lit, sous plusieurs couches de couvertures. « Je suis contente si ça va alors. » Elle ne devrait pas s’inquiéter pourtant, alors qu’elle-même était clouée au lit. Un soupir s’échappa doucement, rapidement remplacé par un sourire. Elle aurait aimé pouvoir s’inquiéter autant pour elle-même, néanmoins, malgré tous les changements de l’année précédente… Elle n’y parvenait pas. Penser à elle en premier lieu, voilà un étrange comportement à ses yeux. Même si elle l’avait promis. Même si elle avait tout fait pour ne plus être aussi empathique, aussi altruiste quand cela signifiait s’autodétruire. Dans le fond, Rowena était incapable de changer, de ne pas aller vers les autres, de ne pas s’inquiéter pour ceux qu’elle considérait comme sa famille, ses proches. « Et c’est plutôt utile tout ça. » Après, pour le coup, la chamane l’avait cherché. Méditer malgré la neige et les températures négatives, il ne fallait pas s’étonner si la maladie la frappait.

La suite lui arracha un nouveau sourire, bien qu’elle percevait la réalité de la chose. Un remède plus fort pour lutter contre la maladie, cela signifiait que celle-ci avait peut-être muté, s’était renforcée. Enfin, la conseillère ne s’y connaissait pas réellement, cependant, elle ne put empêcher son sourcil de s’arquer à cause de l’inquiétude, avant de détourner le regard un instant, paupières se fermant devant les pupilles. Profonde inspiration, pour chasser les mauvais esprits sifflant dans son esprit, dans le creux de ses oreilles. « Si ce n’est que le goût, je pense pouvoir le supporter. » Pause. « Il est temps que je me débarrasse de cette maladie, je ne vais pas supporter de rester enfermée encore longtemps. » Même sa patience finissait par atteindre ses limites. Pourtant, elle l’avait cultivée, au fur et à mesure des années… Juste, elle avait besoin de sortir, de respirer, de parler avec d’autres êtres humains, pas de rester entre quatre murs pour éviter de contaminer les autres. « Je veux bien tester alors. » Les paupières se rouvrirent, le regard capta celui de son comparse. De toute façon, elle n’avait guère le choix. C’était ça ou rien. Ca ou attendre que la maladie ne soit purgée par son organisme. Ce qui pouvait prendre des jours, des semaines… Ou l’impacter à vie.

Elle hocha doucement la tête. Cela ne servait à rien de s’attarder sur les douleurs. Actuellement, elle n’en avait aucune la chamane. Peut-être que la maladie empêchait l’esprit de fabriquer une nouvelle souffrance… Après tout, la femme savait que les cicatrices disparaissaient, n’étaient plus que de vagues souvenirs dans ses chairs. Il n’y avait aucune raison qu’une infection se soit déclenchée, plus d’un an après. « D’accord. »

Elle sentit le changement dans l’atmosphère, et les pupilles s’accrochèrent aux traits d’Harlan. Il détourna le regard, refusa de soutenir le sien. Dérangé, stressé, cela faisait longtemps qu’elle n’avait pas perçu de telles émotions chez lui. Il ne savait pas comment s’y prendre, depuis leur retour dans le désert. Parce qu’elle avait parlé Rowena, avait déliré à cause de la fatigue, des drogues utilisées pour endormir les douleurs. Et elle l’avait inquiété le druide, avec ses propos, avec cette vulnérabilité qu’elle avait toujours tenté de masquer. Il était si simple de faire semblant, si facile d’ignorer tous les signes avant-coureurs. Elle l’avait fait la chamane, tout comme Harlan. Elle avait détourné les yeux de sa propre situation, des sables mouvants sur lesquels elle avait longtemps marché. Elle n’avait plus voulu l’inquiéter, mais finalement, peut-être s’était-elle trompée une fois de plus. Il était impossible de revenir en arrière, de faire oublier les échanges au milieu du désert. Même avec toute sa volonté.

« Je… » Pause. Réflexion. « Je ne saurais pas dire si je vais bien de ce point de vue-là. Il y a eu tellement d’évènements ces derniers temps que je n’ai pas eu le temps de m’y attarder. » Maelstorm dans lequel elle s’était perdue, les Rahjaks et les Kovarii ayant occupé une bonne partie de ses pensées. « Mais je suis toujours là. Et je pense que ça s’arrange. » Nouvelle pause. Les mots avaient du mal à se frayer un chemin sur sa langue. « Ca m’a fait du bien d’en parler à l’époque. » Murmure empreint de vérité. « Mais ce n’était peut-être pas ce dont tu souhaitais parler, ou la question que tu avais en tête ? » Rowena n’en savait rien après tout. Alors, autant lui tendre une perche, après avoir tenté de le rassurer. A voir si cela était suffisant…





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Harlan Tikaani
DATE D'INSCRIPTION : 06/12/2015 PSEUDO/PRENOM : Electric Soul MULTICOMPTES : Kayden Elwood & Einar Helgusson MESSAGES : 8664 CELEBRITE : Jon Kortajarena COPYRIGHT : Avengedinchains ♥ & tearsflight METIER/APTITUDES : Conseiller druide | Soigneur & orateur/diplomate TRIBU : Naori POINTS GAGNES : 1031
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Why couldn't we just say △ Rowena Empty Re: Why couldn't we just say △ Rowena

le Jeu 16 Mai - 15:18
Tu souris doucement devant la remarque de Rowena.

« Ça a ses avantages. Il faut bien que quelqu'un prenne soin des malades. »

Il n'y a pas que toi, c'est vrai. Les druides compétents sont nombreux, présents pour aider les malheureux, prodiguer les soins nécessaires. Tu sais que ça en surprend certains, surtout ceux des autres tribus, de te voir à l'oeuvre comme un druide lambda alors que tu es membre du Conseil. Mais qu'est-ce qu'un membre du Conseil naori si ce n'est l'expert de la tribu en sa matière ? Et à quoi sert un expert s'il ne peut apporter son aide ? À chaque saison froide, c'est la même rengaine, les corps plus fragilisés par les températures trop basses, la nourriture fraîche plus difficile d'accès. Les gestes sont habituels, mais ne manquent pas d'attention pour autant.  Préserver les vôtres, n'est-ce pas là ton devoir ?

Tu as l'impression que la mention d'un autre remède inquiète quelque peu Rowena, mais tu comprends sa fatigue à lutter contre une maladie qui ne veut pas la laisser tranquille, comme un démon ayant planté ses griffes dans sa chair. Vouloir s'en débarrasser au plus vite est humain.

« Je te l'amènerais un peu plus tard, pour éviter que les effets ne se cumulent avec l'infusion que tu as déjà prise. » Trop d'éléments actifs pourraient être dangereux, après tout, et tu ne veux pas rendre la chamane plus malade qu'elle ne l'est déjà. Tu souris doucement : « Ce n'est que le goût, ne t'inquiète pas. Peut-être que tu as été touchée par une souche un peu plus résistante, qui répond moins bien à ton traitement actuel. Mais on en viendra à bout et tu pourras ressortir certainement bientôt...bien emmitouflée, cette fois, par contre. » ajoutes-tu, avec une minuscule pointe de réprimande, quand elle rencontre ton regard.

Entre vous deux, c'est peut-être davantage Rowena qui a toujours dû retenir tes impulsions les plus dévastatrices et dangereuses (parfois à un lourd tribut, parfois suscitant ta colère et ta haine), mais quand il s'agit de santé, tu es encore celui qui a le dernier mot. Tu espères qu'à l'avenir, la chamane fera attention à elle-même, au moins un peu.

Techniquement, tu n'as plus de raisons pour rester ici. Tu es venu voir comment Rowena allait, tu es venu prendre de ses nouvelles. Le nouveau remède, tu ne pourras le donner que dans quelques heures, voir ses cicatrices, uniquement quand elle ira mieux. Pourtant, tu rechignes à partir, à laisser passer cette occasion. Occasion de quoi ? Tu ne sais pas. Peut-être es-tu lâche, peut-être es-tu trop calculateur, à attendre que Rowena soit mal en point pour lui parler de ces choses. Comme si une part de toi se disait qu'il lui serait plus difficile de mentir, sous la douleur, qu'elle ne pourrait pas prétendre que tout va bien, comme elle le fait quotidiennement, comme elle l'a fait pendant des années. Il y a tant de blessures que tu n'as pas vues, ignorées. Peut-être parce que certaines ont été sciemment causées par toi, quand tu étais si vindicatif, si haineux, si rageur. Ça te semble loin, maintenant, mais tu ne peux ignorer les dégâts que tu as causés. Est-il trop tard pour essayer de réparer ça ? Pour te repentir ? Le pardon ne t'est jamais venu facilement, ni envers les autres, ni envers toi-même. Tu ne peux pas nier que tu te sens coupable, que certains mots t'ont empêché de te reposer, tournant sans cesse dans ton esprit. Ce n'était peut-être pas le but de Rowena, peut-être qu'elle avait seulement besoin d'extérioriser ce mal qui la ronge depuis longtemps. Tu étais juste présent au mauvais endroit, au mauvais moment. Mais d'une étrange façon, tu ne peux pas vraiment le regretter. Tu n'es pas la meilleure personne pour ça, tu ne le seras probablement jamais. Mais tu peux essayer d'aider, au moins un peu. Réparer le mal que tu as causé.

Tu mets un temps, avant de retrouver son regard. Tu es mal à l'aise, maladroit. Tu n'as jamais été doué pour ces choses-là. Mais c'est nécessaire, c'est vital, alors tu dois prendre sur toi. Aborder un sujet qui n'est simple pour aucun de vous, mais que vous pouvez difficilement ignorer plus longtemps.

Rowena met du temps avant de te répondre, pèse ses mots. Ses propos ne te rassurent pas, font enfler la boule dans ta gorge. En effet, il y a eu beaucoup d'événements, trop peut-être, pour que la conseillère puisse penser à elle-même. Pour se permettre de guérir psychologiquement aussi. La chamane dit qu'elle pense que ça s'arrange, mais tu ne sais s'il s'agit là de propos véridiques ou d'une fausse piste pour t'éloigner de la vérité, te rassurer pour que le sujet ne soit plus jamais abordé.

Tu hoches la tête, toutefois. Tu veux croire qu'elle dit la vérité. Que vous avez dépassé le stade des mensonges.

« Je suis content si ça s'arrange. » murmures-tu à voix basse. Puis tu retrouves son regard, essaies de lui adresser un sourire, même si déjà, tu le sens vacillant, incertain. « Je veux juste... » Tu hésites, déglutis, essaies de faire franchir la barrière de tes lèvres à ces mots récalcitrants. « Je veux juste que tu saches que je suis là. Si ça ne va pas, si tu as besoin de parler. » Tu t'autorises une minuscule pointe d'humour. « Ou même si tu veux juste quelqu'un sur qui crier parce que tout te semble de trop. Tu n'as pas à porter ça toute seule. Je n'ai pas envie de te voir sombrer. » finis-tu, serrant brièvement ses doigts, à travers les draps.
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