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˜˜˜˜˜˜We just got to hold on [Roan]
maybe life should be about more than just surviving


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28/02/2016 Glacy Chris Wilson 1587 Jessica Parker Kennedy balaclava (avatar) esclave de Roan (de retour) ▲ métier ingrat ▲ ancienne couturière, esclave domestique, prostituée Rahjak 188
† Game of survival †


Sujet: We just got to hold on [Roan]
Mar 18 Déc - 20:54



We just go to hold on
Ezra & Roan

« Long is the way and hard, that out of hell leads up to light. - John Milton »
Le crépuscule était tombé depuis bien longtemps désormais. L'obscurité s'était frayé un passage dans chaque ruelle dans la cité. Les commerçants avaient été poussés à fermer leur porte. Les étalages qui avaient été montés sur la grande place qui était désormais déserté de tous vivres. Chacun qui était rentré chez soi. Les portes de la cité s'étaient refermées comme chaque jour au même horaire. Il n'y avait plus que les gardes pour veiller au grain. Enfin... plus exactement une majorité des activités commerciales avait pris fin mais cela ne voulait pas dire que la cité n'était toujours pas vivante au coeur de la nuit. Une autre atmosphère qui prenait forme lorsque le crépuscule tombait. Le moment pour allumer des feux. Le moment pour rejoindre les tavernes et boire un verre. Là où les uns et les autres se retrouvaient pour boire, pour jouer aux cartes, pour converser. Mais ce n'était pas seulement là-bas que la vie semblait battre son cours que dans les établissements clos, dans les bordels où les hommes et femmes venaient dépenser leur argent à la recherche de la chair et du plaisir. Au sein de la cité de feu, il y avait toujours des moyens pour dépenser son or. De nouvelles idées étaient toujours trouvées pour acheter de nouveaux produits aux abords du marché ou l'utiliser à d'autres fins. La cité qui n'était pas un simple village mais un de ces lieux où rien ne cessait jamais. Cité qui se divisait entre le palais royal, l'arène située à son opposée, la grande place à son centre mais là ne faisait pas toute la cité alors que les ruelles plus ou moins étroites entouraient les échoppes, les demeures plus luxueuses des uns des autres.

De là demeure dans laquelle je me trouvais il n'était nullement possible de voir la grandeur de la cité. La cité qui n'était pas tant magnifique qu'une cage à mes yeux. Une cité dans laquelle j'étais prisonnière. Ne pouvant fuir. Ou le pouvant encore moins maintenant que je n'avais plus deux orteils. Pourtant cela n'était pas comme si je ne m'étais enfuie auparavant mais maintenant je n'imaginais qu'un nouveau échec. Cette idée de fuir qui ne m'avait pas de nouveau traversé l'esprit. Une idée qui ne m'avais pas traversée l'esprit à cet instant alors même que j'étais seule. La porte qui était close mais qui n'était pas fermée. Seule à l'intérieur de ces murs alors que Roan s'était absenté. Le champs qui était libre. Ce que j'aurai fait avant. Plus maintenant.

S'il n'avait pas été là avant, j'aurai profité de chacune de ses secondes pour moi pour la plupart du temps, pour m'éclipser et retrouver Shanareth ou pour profiter de ces quelques moments de répit. Mais maintenant je semblais plus seule que jamais. Shanareth qui m'avait rayée de la carte. Notre histoire qui s'était éteinte. La mercenaire aux cheveux bruns qui avait disparu dans l'ombre. Seule désormais. Arméthyse qui n'était pas non plus là. L'ancienne garde et ma soeur de coeur qui se trouvait bien loin de la cité, en direction de la plage, bien plus au nord. Là où elle était en sécurité. Ariane que je ne pouvais pas non plus trouver. La jeune femme semblait s'être envolée, ayant disparue de la cité. Ceux qui m'étaient les plus proches, les plus chers qui n'étaient plus là. Et quant à mes autres amis, le nombre s'était réduit. Ne pouvant non plus retrouver Kieran alors que ce dernier était désormais devenu esclave au palais royal. Comptant encore moins le mettre en danger comme j'aurai pu le faire avant avec les autres. Ceux que je connaissais d'avant qui semblaient en effet s'être envolés. Shell qui quand bien même je ne la portais pas dans mon coeur, qui était morte, assassinée pour avoir comploté contre le roi. Radolsav qui avait connu le même sort auparavant, envoyé sur une mission suicide. Non pas que ce dernier était mon favori, alors même que je l'avais connu bordel. Et la jeune femme à la crinière blonde ne l'était pas non plus, mais il ne restait pas moins que nombre des silhouettes familières que je connaissais comme celle de Skyra, Avinashi ou même Ozvan qui semblaient être devenus invisible. Il n'y avait personne à qui parler. La solitude qui paraissait me peser plus que jamais alors que je me sentais en effet seule. Seule et en proie à des pensées que sombres depuis cette humiliation sur la place publique.

Devenue cette esclave docile auquel Roan ne s'attendait pas. Lui qui ne pouvait désormais que donner ses ordres sans aucun doute avec une certaine lassitude. Aucune braise qui s'était rallumée. Aucune trace d'insolence alors que tour à tour, je n'avais pu qu'exécuter ses ordres sans un mot de travers. L'ancienne Ezra qui avait simplement disparue. Alors, non cette fois-ci je ne fus pas tentée de prendre la fuite. L'idée ne me traversant pas l'esprit quand bien même la porte aurait été grande ouverte. Ne pouvant que croire qu'alors le dieu du soleil semblait m'avoir abandonné, je ne pouvais qu'échouer de nouveau. Après tout il n'y avait eu que des échecs avant. Perdant la foi. Et au lieu de penser à m'enfuir, je ne pouvais qu'au contraire me demander où était Roan. Me surprenant même à ressentir pendant une brève seconde un sentiment d'inquiétude alors qu'il n'était pas encore rentré. Si l'ancienne Ezra s'en serait satisfaite, aurait pris chaque seconde de plus comme une victoire, je n'en faisais plus rien. Lui qui n'était toujours pas rentré. Ce qui ne pouvait que signifier qu'il était sans doute au bordel ou dans les bras d'une autre. Idée que je chassais. Il n'y avait aucune preuve, que mon esprit qui s'amusait à me torturer un peu plus.

Et soudain les coups qui retentissaient à la porte, me faisant à revenir à la réalité. Ne tardant à me diriger vers la porte, sans doute dans une démarche plus raide que celle que j'aurai pu adopter avant. Une porte que j'empressais d'ouvrir pour découvrir avec une certaine surprise une silhouette que je n'avais pas revue depuis des années. La silhouette d'Ilyana. Silhouette que je reconnus aussitôt. Reconnaissant ses cheveux bruns qui lui tombaient jusqu'aux hanches. Reconnaissant la cicatrice sur son visage, trace d'un coup de couteau donné par un homme saoul au bordel. Là où nous nous étions connus alors qu'elle n'était encore qu'une gamine que j'avais pris sous mon aile. Une gamine que j'avais revu après. Sublime et pourtant il était facile de voir que les années là-bas l'avaient vieilli. Ayant aussi là-bas vieilli plus vite que je n'aurai jamais pu le faire ailleurs. La vie là-bas qui nous abîmait, ôtant toute trace d'innocence. Ses bras qui se refermaient autour de moi et je la laissais faire, ne tardant à refermer mes bras autour d'elle par la suite. Ne sachant ce qu'elle était devenue, mais elle était en vie. J'aurai pu dire que c'était tout ce qui comptait mais je ne le pensais car parfois être en vie était un sort bien plus cruel que d'être mort. Me reculant légèrement pour l'observer alors que déjà elle prenait la parole, rapidement. « Ez tu dois venir avec moi tout de suite ! » Les expressions de mon visage qui ne pouvaient que trahir mon incompréhension alors que déjà elle reprenait la parole, me noyant sous un flot de paroles dans un débit trop rapide. Des mots que je ne perçus pas tout si ce n'était qu'il en ressortait que Roan se trouvait au fond d'une taverne, d'un état pitoyable, que je devais venir le chercher. Finissant par hocher la tête alors que déjà elle s'approchait de moi pour me prendre par la main et m'entraîner dans les ruelles de la cité.

Avançant moins rapidement qu'elle mais ne pouvant que la suivre du mieux que je pouvais jusqu'à la taverne où il se trouvait. Un baiser déposé sur sa joue devant la porte de la taverne. Déjà elle s'éclipsait, me laissant seule pour l'affronter. Reprenant mon souffle avant de franchir le seuil de la taverne, à la recherche de mon maître.
(c) DΛNDELION

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12/01/2018 Aucun 127 Zach McGowan Bazzart Mercenaire. Combat & maniement des armes Rahjak 65


Sujet: Re: We just got to hold on [Roan]
Mer 19 Déc - 4:38


 
We just got to hold on
Ezra & Roan

 
« Numbing the pain for a while will make it worse when you finally feel it. »
Plus loin il était, plus heureux il s’en portait. Plus loin de ses quatre murs qu’offrait sa demeure. Plus loin d’Ezra. Plus loin des ordres qu’il donnait et qu’elle exécutait à la seconde près. Au début, à son bon plaisir, puis petit à petit l’ennui. Un ennui mortel. Il venait à chercher désespérément une mission qui lui permettrait de voyager pendant un moment à l’extérieur de la cité. Malheureusement pour lui, il n’était restreint qu’à rattraper les esclaves en fuite dans le désert. En attendant que sa réputation batte de l’aile de nouveau. Il payait cher les deux ans de liberté de l’esclave. Sans parler de l’humiliation de la voir être punie publiquement. Ils savaient que les mercenaires parlaient, ils parlent toujours, c’est plus fort qu’eux. La compétition. Voilà tout. Une réputation de mercenaire cruel et intransigeant qui venant à être questionné. Soudain perçu comme un mercenaire qui en était à ses débuts. Exaspérant. Les erreurs n’étaient pas permises. Bon. Qu’il en soit ainsi, il comptait briller de nouveau parmi les mercenaires respectés de la cité. Bonne excuse pour récolter des missions et se retrouver loin de son esclave. Une fuite bien camouflée.

Il y avait aussi des moments où le nombre de mission était réduit. Or, seuls les entraînements pouvaient le garder en dehors de son chez soi si ce n’était d’aller au marché. Délaissant peu à peu les tâches domestiques. Ezra pouvant désormais sortir un peu plus. Démarche toujours aussi incertaine, mais elle arrivait à se déplacer. C’était ça l’important, pour qu’elle ne soit pas complètement inutile. Observer la populace au marché, dans l’ombre comme il s’amusait à faire plus jeune dans ces temps libres, ne l’intéressait plus. Un vieux passe-temps. Ayant grandi, la taverne était devenue son lieu de prédilection. D’autant plus appréciable ces derniers temps. Le bordel l’était également. Ce n’était pas comme s’il y allait souvent, ayant Ezra qui ne s’occupait pas que des tâches domestiques… Cependant, cherchant à briser l’ennui, il y était allé à quelques reprises.

Ce soir. Ce soir était particulièrement difficile. Ses pensées le torturaient et l’entraînement n’y changeait rien ni même entretenir ses armes, ce qu’il se plaisait à faire d’habitude. Un seul moyen d’y remédier. Un seul moyen de mettre sa vie sur pause et passer du bon temps; la taverne. De bonnes heures passées là-bas, du temps qu’il ne voyait pas passer. Jouant aux cartes, faisant des paris, perdant, mais gagnant parfois. Un verre terminé, un autre servi aussitôt. De bons rires. Du bon temps. Un esprit devenant embrouillé plus la soirée avançait. Plus de questionnement, plus de remise en question… du moins pour l’instant. Cette nouvelle situation oubliée. Son comportement qu’il essayait d’expliquer par une raison autre que les sentiments. Essayant de se convaincre que finalement une Ezra obéissante était tout ce qu’il avait toujours voulu. Essayant de se convaincre que l’ancienne Ezra ne lui manquait pas le moindre. Essayant de se convaincre que sa relation avec elle n’était pas ambigue et ne se résumait qu’à celle ordinaire entre un maître et son esclave. Ce qui était réellement beaucoup plus que ça. Oh oui. Beaucoup plus. Un attachement. Un désir inconscient qu’elle puisse voir en lui plus qu’un monstre. Un désir qu’elle puisse voir derrière toutes ses façades. Un peu comme Arméthyse l’avait fait avant, mais elle avait eu la tâche bien plus facile, car il n’avait pas autant à cacher mis à part son sang. Fils d’esclave. Fils d’affranchis. Fils d’une mère incapable de s’occuper de lui, une loque qu’il ignorait ce qu’elle était devenue. Espérant qu’elle soit morte de faim dans les ruelles les plus infâmes de la cité. Un sort bien mérité. Un père qui était mort, combattant illégalement sous les ordres de son maître. Racines reniées, racines haïes. Racines dont il détestait discuter ou même évoquer. Se rappelant cette fête à la taverne d’Orion où Arméthyse avait osé aborder ce sujet. Un couteau vite placé sous sa gorge, menaçant de la tuer. Cette même femme qui aborda le sujet encore quand il lui rendit visite pour avoir des explications quant à leur passé houleux.

L’alcool venant à affecter sa démarche. Chancelante autant que son humeur. Tantôt enjoué, tantôt colérique. Tient. Le ton monte soudain entre lui et un autre client. Reconnu comme étant le maître qui n’a pu punir son esclave lui-même. Un mercenaire faiblard. Une insulte. Un coup rapidement décroché pour faire taire ce con. Une riposte qu’il ne put esquivée. Tombant avec fracas sur le plancher. Désorienté, le verre qu’il tenait en main fracassé à côté de lui. Se relevant du mieux qu’il put pour mettre ce connard K.O. Le propriétaire des lieux se frustrant et des clients qui les retinrent. Se dégageant de leur emprise, il se résout à aller s’asseoir au fond de la pièce non sans tituber. Une impulsivité bien plus dangereuse, bien plus redoutable quand il avait bu. Oh il avait abusé ce soir. Beaucoup trop. Le lendemain allait être difficile et douloureux. Assis là, il ne pensait même pas à retourner chez lui, trop embrouillé. Au pire, quand la taverne fermerait ses portes, il se laisserait choir dans une ruelle. Un misérable saoulard à ce moment. Empestant l’alcool, saignant du coin de la lèvre dû au coup qu’il s’était pris. Complètement mal en point, trop ivre pour en avoir quelque chose à foutre. Les paupières devenant lourdes, le sommeil voulait s'emparer de lui, mais il luttait. À demi conscient.
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Sujet: Re: We just got to hold on [Roan]
Mer 19 Déc - 18:29



We just go to hold on
Ezra & Roan

« Long is the way and hard, that out of hell leads up to light. - John Milton »
Reprenant mon souffle avant de finir par pousser la porte qui menait à l'entrée de la taverne. Ce moment d'hésitation, de silence qui précédait la tempête ou l'ambiance tonitruante qui existait à l'intérieur. Les conversations qui allaient bon train. Restant un instant sur le pas de la porte alors que je manquais de replonger dans d'autres souvenirs tout aussi animés avant de faire un pas en avant. Elle m'avait dit qu'il était ici. Je n'avais aucun doute sur la question. J'étais certaine qu'elle n'avait pas menti. Elle savait qui était mon maître. Et au-delà de cela, je lui faisais confiance. Lui faisant confiance sans même discuter. Un passé qui nous unissait. Il était ici. Forcément. Alors je ne pouvais que tenter de l'apercevoir. Cherchant à reconnaître sa silhouette bien qu'aussitôt avant même de pouvoir faire quoique ce soit, j'étais obligée de me plaquer contre le mur. Un des clients de la taverne qui sortait d'un pas furieux, le sang qui coulait le long de son visage. Un de ces indices qui ne pouvait que sauter aux yeux. Certes cela pouvait être l'oeuvre d'un autre mais j'en doutais. Ce qui signifiait qu'il pouvait être là encore à ce moment ou qu'il avait déjà été expulsé en dehors de la taverne. Espérant toutefois que cela ne fut pas le cas, qu'il était toujours là quoiqu'en vue de son potentiel état, il n'était pas obligé qu'il soit allé bien loin. Il y a de plus fortes probabilités qu'il soit dans un état lamentable, incapable de marcher si ce n'était de tituber. Espérant toutefois ne pas avoir à affronter l'obscurité de la nuit pour partir à sa recherche, quand bien même il serait sans doute plus facile de le laisser décuver si comme je pouvais l'imaginer il était saoul. Consciente que comme à chaque fois je ne pourrai qu'aviser et improviser. Ce que je faisais le plus souvent. Ce que j'allais faire de nouveau ce soir alors que je n'avais aucune idée de ce qui pourrait m'attendre.

Au lieu de cela, je ne pouvais qu'avancer un peu plus dans l'établissement non sans rester proche des murs. Me faisant toujours discrète. Me faisant d'autant plus discrète maintenant. Cette fois-ci, je n'avais pas de raisons particulières de me dissimuler de la vue des autres non moins. Je ne cherchais pas cette fois-ci à échapper à Roan ou à retrouver Shanareth. Toutefois, j'avais appris que dans la plupart des situations, il était préférable de rester discret. Ce que l'ancienne Ezra n'avait pas forcément tendance à faire. Ce que je n'avais jamais réellement fait en petit comité, et il avait pu m'arriver qu'en tentant de me faire discrète dans la foule, les choses ne se soient pas déroulées comme prévu. Il était préférable de rester méfiant. Et parfois il était bien plus préférable de raser les murs surtout quand on était un esclave. Une préférence pour ne pas attirer l'attention, pour ne pas chercher les ennuis. Des ennuis que je n'avais pas cherché depuis des mois, depuis ce châtiment sur la place publique. Et des ennuis que je ne cherchais pas non plus ce soir mais ce qui ne voulait pas dire que je voulais attirer les attentions de chaque client de la taverne.

Ne doutant déjà pas vu les dires d'Ilyana qu'il avait déjà fait le travail pour nous deux. Ce qui n'arrangerait sans aucun doute pas sa réputation. Ne l'ayant pas à vrai dire arranger alors que j'avais sans doute été l'une des plus piètres esclaves qu'il ait jamais eu. Sa première expérience alors que c'était la première fois qu'il avait décidé d'acheter un esclave. N'étant toujours pas réellement certaine de ce qui l'avait poussé à réaliser cette action. Mais si je n'avais pas aidé à améliorer sa réputation alors que je m'étais enfuie, il ne restait pas moins que je n'avais rien fait pour de nouveau entraîner vers le bas sa réputation. Lui-même qui avait provoqué cette descente aux enfers alors qu'il m'avait avoué ne pas avoir chercher à me retrouver de toutes ses forces. Des mots qui avaient été prononcés avant sur lesquels nous n'étions toujours pas revenus. Personne qui n'avait rien dit. Chacun qui avait fait comme si la situation n'avait jamais existé. Et n'ayant rien fait pour changer le cours de la situation alors que je m'étais contentée par la suite de m'exécuter. Accomplissant chacune des tâches. Et maintenant là pour le retrouver. Une tâche qu'il ne m'avait pas ordonnée de faire mais qui ne changeait rien au fait que j'étais désormais là.  

Continuant d'observer la foule des clients, mon regard qui suivait chaque silhouette avant que j'en vienne finalement à le repérer. Il se tenait dans le fond de la pièce, dans un recoin. L'un des recoins le plus obscur même. M'approchant de lui doucement. Avançant doucement comme on tenterait de mesurer le degré de dangerosité. Ce que je faisais alors que je tentais bel et bien de mesurer le degré de dangerosité. Il était seul, assis dans son coin. Il n'y avait aucune bouteille vide à ses côtés ni aucune bouteille entamée mais cela ne voulait pas dire que tout était dit au premier regard. M'approchant un peu plus toujours aussi doucement en faisant de petit pas. Me surprenant à ne pas avancer à reculer. N'avançant pas en reculant, non, mais cela ne voulait pas non plus dire que j'envisageais la situation sous un bon angle. Avancée jusqu'à me retrouver à ne serait-ce qu'un pas de lui. Ses paupières étaient alors closes. Pourtant il n'était pas mort pouvant voir sa respiration. Il était bel et bien vivant, sans doute désormais dans un état entre deux. Cet état comateux dans lequel il s'était pour ainsi dire déjà retrouvé avant. Nombreux qui expérimentaient l'alcool ne pouvaient qu'en découvrir les effets autant destructeurs. Des situations qu'il fallait parfois gérer avant qu'elles ne dégénèrent pas tant au sein de la taverne qu'au sein des bordels. Situation face à laquelle je m'étais déjà rencontrée. Et il semblerait que de nouveau j'allais de voir de nouveau comment m'en sortir et le sortir de là oui. La nuit qui promettait d'être particulièrement longue.

L'un des points que je me permettais de réaliser alors que je l'observais pendant l'espace d'un instant. En profitant alors que ses paupières étaient encore closes. A cet instant, il ne paraissait pas réellement vulnérable. Au contraire, il paraissait au fond du gouffre. L'un des rares moments où les masques pouvaient tomber, où il pouvait devenir vulnérable mais aussi un des moments où il ne pouvait qu'être plus violent si la colère, la rage prenait le dessus. Mais pas moins je ne pouvais que franchir la distance qui nous séparait pour me positionner près de lui. Ma main qui se posait délicatement sur son épaule comme si je tentais de le réveiller, ce qui pouvait être aussi le cas. « Roan... » Ma voix qui était avant tout un murmure, non réellement certaine s'il était encore conscient ou endormi. « Roan... on doit y aller, tu ne peux pas rester là. »  
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Sujet: Re: We just got to hold on [Roan]
Mer 19 Déc - 20:00


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Ezra & Roan

« Numbing the pain for a while will make it worse when you finally feel it. »
La fatigue qui voulait prendre le dessus sur lui, avait presque réussit. Le mercenaire fermait les yeux, un seul instant pour se reposer. L’impression que le monde entier tournait autour de lui. La tête qui tournait, il n’osa rouvrir les yeux tout de suite. N’étant pas la première fois qu’il en était venu à cet état. N’étant certainement pas la dernière. Ne pouvant que ressentir cet étrange sentiment de tournoiement à en donner mal au cœur. Il n’avait pas remarqué cette femme qui l’avait vu. Inquiète ? Pourtant il n’était pas la première épave à s’échouer là. Puis cette même femme qui disparut d’un pas rapide l’ayant reconnu. L’homme qui ne se doutait pas une seconde qu’Ezra serait alertée. Ne se doutant pas une seconde qu’elle le rejoindrait. Sa respiration était profonde, sombrant dans le sommeil. Cependant, les battements rapides de son cœur l’empêchaient de sombrer complètement. Cette désagréable sensation. Il avait largement dépassé le stade où l’alcool permettait de se relâcher. Il allait sans doute être malade au courant de la nuit. Toujours les paupières closes, il perçut une main étrangère sur son épaule. Hallucination ? Son prénom qui retentit loin dans son esprit. La voix d’une femme. Il doutait que ce soit réel. N’ayant aucune réaction apparente mise à part un plissement du front. « Roan… on doit y aller, tu ne peux pas rester là. » Non, c’était bel et bien la réalité. « Foutez-moi la paix. » Grogna-t-il ne reconnaissant pas tout de suite la voix de l’esclave. Une bête qui ne voulait être dérangé. Ses muscles se relâchèrent, prêt à retourner à cet état de mi-conscience. Mais, il sentait toujours cette présence près de lui alors qu’il avait clairement exprimé son désir d’être seul. Soudain plus réveillé, sa mâchoire crispée, l’impatience montrait le bout de son nez. Résonnant aussi dans sa voix rauque. « J’ai dit foutez-moi la… Ezra. » Un mouvement esquissé pour retirer brusquement cette main de son épaule. Un mouvement arrêté à la dernière seconde alors qu’un regard vers la femme suffit à réaliser que c’était elle. Son prénom qui fut presque murmuré sous la surprise. Ne comprenant pas pourquoi elle était là, à cette taverne. Ne comprenant pas comment elle avait su où il se trouvait. « Comment… Qu’est-ce que tu fous ici ? » Son regard qui lui intimait des explications le plus tôt possible. Dangereux. Instable. Imprévisible. Le mercenaire qui avait déjà oublié les précédentes paroles de l’esclave. Ne les ayant pas vraiment écoutées en fait. Ah ouais, peut-être allaient-ils être bientôt jetés dehors par le propriétaire ? Il ignorait combien de temps il avait passé là, mais certainement plusieurs heures. Elle était la pour le ramener ? Idée complètement risible alors qu'elle peinait à le faire avant son châtiment.

Le rahjak qui ne pouvait fuir alors qu'elle était là. Voulant l'éviter le plus possible depuis leur dernière altercation, depuis que sa colère avait explosée non pas envers l'esclave, mais envers lui-même. Sachant que même si l'ancienne Ezra était disparue, rien ne pouvait l'empêcher de se poser des questions. Lui-même en venait à se poser des questions. Des questionnements qu'il avait préféré faire taire ce soir. Certes, au prix d'une sale gueule. À quoi bon.

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Sujet: Re: We just got to hold on [Roan]
Jeu 20 Déc - 10:11



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Ezra & Roan

« Long is the way and hard, that out of hell leads up to light. - John Milton »
Main que j'avais délicatement posée sur son bras, me demandant encore s'il m'entendait. Peut être était-il déjà profondément plongé dans les abysses pour entendre ma voix ou pour faire face à la réalité. « Foutez-moi la paix. » Grognement. Il ne m'avait pas reconnu. Ce qui nem'étonnait pas. Me demandant combien de verres il avait bu. Me demandant combien de litres d'alcool il avait ingurgité. Me demandant combien d'esclandres il avait pu provoqué ou provoqué. Main que je ne retirais toutefois pas. Ne me reculant pas non plus alors que j'attendais au contraire qu'il reprenne contact avec notre monde. « J’ai dit foutez-moi la… Ezra. » S'il s'impatientait, ayant manqué de provoquer de nouveau une esclandre, ayant manqué d'attirer les regards de nouveau, il s'était figé soudainement. Mon prénom qui avait été murmuré plus que prononcé. Me demandant s'il me voyait réellement. Son visage qui trahissait la surprise. Aucun masque. Aucun masque qu'il portait cette fois-ci. L'impossibilité en vue de l'état dans lequel il se trouvait. Démuni de toutes armes alors que pour une fois, il devenait facile de lire les expressions de son visage, de peut être comprendre ce qu'il ressentait. Peut être que cette fois-ci il serait plus facile de comprendre ce qu'il pensait ou où il voulait en venir. Ce qui était certain, c'était qu'il ne s'y attendait pas. Ce qui aurait presque pu me faire sourire furtivement. Et peut être que pendant l'éclat de quelques secondes un sourire s'était dessiné sur mon visage sans que je m'en aperçoive moi-même. Une fraction de secondes. Une illusion tout probablement qu'il considérerait. Mon regard qui s'attardait sur les traits de son visage. Ayant toujours eu des beaux traits. Ne pouvant se méprendre sur l'attirance physique ressentie. Ce type de beauté qu'on ne pouvait qu'entrevoir parmi les hommes de la cité rahjak. Une beauté face à laquelle il était facile de succomber, mais qui pouvait être que bien souvent une erreur alors qu'au sein de la cité, chaque personne restait dangereuse. Certains qui savaient manier les armes plus facilement que les hommes. Ce qui ne rendaient pas moins les autres moins dangereuses. Mon regard qui s'attardait sur son visage peut être trop longtemps avant de se poser sur cette main que j'avais laissée sur son épaule. Main que je finissais par retirer peut être désormais hâtivement. Le rose qui me montait légèrement aux joues sans que je n'en comprenne la raison. La chaleur qui était ressentie au sein de la pièce principale de l'auberge qui n'aidait pas forcément à être plus l'aise. Mais ce qui comptait au moins était que maintenant j'avais attention. Il était réveillé ou il était un tant soit peu conscient. N'ayant besoin d'attraper une cruche remplie de liquide eau ou alcool pour le déverser sur sa tête et le réveiller. Une situation que je préférais éviter alors que c'était l'un des réveils brutal qui ne risquait que de le rendre plus violent alors qu'il était sous l'emprise de l'alcool. Ce que je préférai éviter. Préférant autant éviter d'attirer les attentions des autres personnes ou clients de la taverne. Regards qui s'étaient posés sur notre duo. Ce qui était d'ordinaire au sein des tavernes, bordels, commerces que d'examiner le nouveau client qui passait le seuil. Ce qui s'était produit brièvement ici aussi bien que les conversations avaient continué leur cours. Ne pouvant que vouloir que ce fait continue. Et cherchant encore les bons mots pour lui faire comprendre qu'il était bel et bien le temps de partir. Mais aussi je ne pouvais que vouloir lui laisser quelques minutes de plus pour qu'il comprenne que j'étais bien là, réelle, en chair et en os.

« Comment… Qu’est-ce que tu fous ici ? » Me suffisant de le regarder pour voir qu'il voulait des explications. Il ne partirait pas sans explication. Bien entendu les questions qui défilaient. Cette fois-ci ce n'était pas moi qui cherchait des réponses mais lui. « Je suis venue te chercher. » Ce qui était une évidence. Repoussant une mèche de mes cheveux bruns. Je savais que cette réponse ne lui suffirait pas. Il suffisait autant de le regarder pour comprendre qu'il était en ce moment trop instable pour pouvoir juste le faire partir ainsi. Il n'était pas un enfant qu'on pouvait prendre par la main. Il n'était pas non plus un ami qu'on pouvait entraîner plus loin. Non, il était mon maître. Ce qui changeait tout. Devant obéir à ses ordres, ce que je n'avais jamais toujours fait. Ce que j'avais non moins fait pendant ces quelques mois. Et cet ordre ne figurait pas dans la liste de ceux qu'il m'avait ordonné. Il ne m'avait pas ordonné de venir pu le trouver. Et bien entendu j'aurai pu le laisser là décuver son vin et tout l'alcool qu'il avait ingurgité. J'aurai pu le laisser là sans me soucier de lui. Mais au contraire je me trouvais là. Venue en effet le chercher. Une des réponses que des plus honnêtes. Une réponse qui était sincère et tellement simple.

Ne pouvant que me douter qu'il y avait de fortes probabilités qu'il n'y croit pas un mot. Ce qui pouvait être une possibilité. Peut être se mettrait-il à chercher une réponse plus compliquée. Une réponse plus compliquée que je ne pouvais lui donner. Pourtant il pouvait paraître difficile de croire autrement, de croire que pour une fois c'était une réponse toute simple qui attendait une question. Il y avait toujours eu tant de complications, tant de non dit. Rien n'avait jamais été simple. Rien n'avait jamais été simple et limpide dans les réponses que nous nous étions à tour de tour donnés. Rien n'avait jamais été simple et facile dans notre relation. Dès le début, rien n'avait été simple alors que j'avais tenté de m'enfuir de la cité pour la première fois et que lui m'avait acheté sur un coup de tête. Des caractères qui avaient été depuis le début opposés. Sans parler qu'au final nous ne savions rien l'un de l'autre. Nous étions toujours deux étrangers l'un envers l'autre. Je ne savais toujours rien de lui. Et il y avait encore tellement d'informations qu'il ne connaissait pas à mon sujet. Bien entendu, j'avais tenté d'en savoir plus. Au fil des années, j'avais réussi à obtenir quelques informations mais ce n'était pas pour autant que la tâche avait été aisée. Ne sachant toujours rien à vrai dire de son passé d'esclave. Ne sachant rien de cette haine qui s'était transformée chez lui, cette haine qui s'était retournée peut être en quelque sorte contre lui-même alors qu'il avait été avant esclave. Si je savais qu'il avait connu Arméthyse ou plutôt Erika ce n'était pas pour autant qu'elle m'avait tout dit, et que j'avais cherché à en savoir plus. Sachant parfaitement que certains secrets méritaient d'être tus. A mes yeux, il était devenu ce mercenaire violent avec lequel j'avais tenté de jouer avec le feu, que j'avais sans aucun doute aussi tenté de duper auparavant pour fuir la cité. Je l'avais dupé et j'étais désormais de retour. Mais cela ne voulait pas non plus dire que je le connaissais mieux qu'avant. La vérité était que je ne le connaissais toujours pas, et lui ne me connaissait toujours pas non plus. Partant de là, il semblait difficile de construire une relation de confiance. Il semblait difficile de construire une relation positive. Les relations entre maître et esclave qui étaient toujours compliquées. Ayant toujours estimé qu'il fallait être chanceux, que le dieu qui protégeait la cité soit de notre côté pour s'en sortir. Ceux qui étaient encore plus chanceux ceux qui étaient affranchis. Ce qu'espérait réussir à faire Kieran. Lui qui travaillait désormais au palais. Pouvant espérer pour lui mais n'espérant plus pour moi. Et en regardant Roan à cet instant il semblait encore plus difficile de croire que le futur pouvait s'annoncer sous un profil plus scintillant.

Peut être qu'à cet instant il me faisait presque même pitié. Son regard toujours posé sur moi alors que pendant l'instant j'avais perdu le contrôle de la réalité, me perdant dans mes pensées. Regard que j'avais ensuite reposé sur lui. Alors qu'il m'observait, je savais qu'il faudrait que je lui fournisse d'autres réponses à sa précédente question alors qu'il voulait aussi savoir comment je l'avais trouvée. Poussant un soupir. Avant de tirer l'une des chaises de l'autre côté de la table. Ne tardant à m'y installer. Lèvre inférieure que je mordillais sans m'en rendre compte alors que je n'étais pas certaine encore d'avoir envie de répondre à ses questions. Mais je ne pouvais que prévoir que c'était quelques mots qui seraient échangés avant que je puisse espérer le faire sortir de la taverne. Préférant autant mettre quelques centimètres entre nous alors que face à toute personne sous l'emprise de l'alcool, il était difficile de savoir comment elle réagirait. Préférant éviter toute violence et garder une certaine distance de sécurité ne serait-ce que pour cette nuit. Mon regard qui s'était ensuite posé sur le tavernier qui s'était approché sans aucun doute pour s'assurer que la situation était sous contrôle, que la situation ne dégénérerait pas de nouveau. Autant là pour espérer gagner un nouveau client et proposition que j'acceptais. Peut être un mouvement risqué alors que je prenais cette initiative mais il y avait aussi de grandes possibilités qu'il ne puisse rien se rappeler de cette conversation par la suite. Ne pouvant que penser que j'aurai besoin de ce verre pour me donner un peu de force. Son regard qui je ne pouvais qu'ignorer alors que je faisais tourner le verre entre mes mains sans savoir comment il réagirait face à cette situation. Peut être était-il en train de perdre le contrôle ou encore de lutter pour rester éveillé, pour discerner la réalité des illusions. Gorgée de vin que j'avalais avant de reposer mon regard sur lui. Le temps de répondre à sa question.

Ne tardant à reprendre la parole. « J'ai su où tu étais grâce à Ilyana. » Ne m'étant pas attendue à la revoir. Ce qui avait été un choc. Ce qui faisait remonter les souvenirs bien plus que je n'aurai pu l'imaginer. Me forçant à rester concentrée. Si lui risquait de se perdre, luttant pour ne pas devenir inconscient, je risquais tout autant de me perdre dans le passé. Ce que je préférai éviter. Et bien entendu je ne pouvais que reprendre la parole, pour devancer ses questions, parce que je n'avais aucun doute qu'il ne la connaissait pas. Bien plus souvent, il était aussi facile de ne pas se faire remarquer. Doutant encore plus qu'il ait fait attention aux catins qui avaient pu croiser sa route ce soir, ou aux autres esclaves. Devenant souvent invisibles à moins d'être soudainement objet de toute attention. Bien que dans le cas du bordel, ces attentions n'avaient souvent rien de plaisant. « Elle sait qui tu es, elle t'as vu et elle est venue me prévenir. » Ce qui n'expliquerait sans doute pas pourquoi à ses yeux elle avait fait cela. Ce qui ne lui permettrait pas non plus de se faire une raison du pourquoi du comment je me trouvais là. « J'imagine qu'elle a jugé qu'il était préférable que je vienne te chercher. Elle a raison bien entendu... Enfin, elle est venue me trouver. » Sachant en effet où nous habitions. Des questions muettes que je pouvais imaginer qu'il se posait auquel je répondais non moins, tentant de les devancer et d'éviter peut être ainsi que la conversation ne s'éternise non plus. « Elle savait où j'habitais désormais. Elle me connaissait d'avant... du bordel. » Point que je précisais bien qu'il pouvait s'en douter quoiqu'il aurait pu aussi penser que je la connaissais de l'époque de mon premier maître. Basile auquel je préférai éviter de penser. Ou préférant éviter de penser à la fin de cette époque. Toujours ces mêmes démons. N'ayant jamais réussi à les surmonter totalement et coupe de vin que je portais à mes lèvres de nouveau comme si l'alcool pouvait chasser les ombres. Ce qu'il était sans doute venu chercher, voulant éviter de se retrouver à affronter ses démons. Regard que je plongeais dans le sien. « Et je suis venue te chercher. » Une réponse simple qu'il n'était obligée de croire mais qui était la vérité.
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Sujet: Re: We just got to hold on [Roan]
Jeu 20 Déc - 18:14


We just got to hold on
Ezra & Roan

« Numbing the pain for a while will make it worse when you finally feel it. »
Alors que son regard la détaillait, il semblait que celui de l’esclave aussi. Il venait à se demander s’il était bien réveillé. Doutant de nouveau de la réalité. Ce qu’il ne pouvait douter, en revanche, était de voir son doux visage. Un visage qu’il appréciait. Tentant de se convaincre du contraire alors qu’il cherchait à la fuir. Elle et ses démons. Ses démons voraces auxquels il n’avait su faire face ce soir. Démons qu’il avait noyé dans l’alcool. Néanmoins, ce ne serait que pour un temps. Décuver allait être pénible. Il crut percevoir ses lèvres s’étirer en un sourire quasi imperceptible, mais il n’était sûr de rien. La regardant, mais ayant cette impression de lourdeur, de tournoiement. Il perçut la pression de sa main sur son épaule se retirer. D’accord… si les gens autour sont réels, alors elle aussi. Venant à se demander pourquoi elle était ici, comment elle l’avait trouvé. Une réponse qui ne le satisfaisait pas et qui laissait planer le mystère. Plusieurs fois il s’était retrouvé dans cet état, rarement elle était venue le chercher. Si elle était présente à ces moments un peu trop festifs, alors cette tâche lui incombait. Aucun ordre ne lui avait été donné. Si elle était là, c’était par choix. Choix qu’il ne comprenant d’ailleurs pas. Sachant qu’avant elle s’en serait fait une joie. Il savait que ses moments d’absence lui était profitable. Certes, c’était avant. Avant. Avant qu’elle ne s’enfuit et soit brisée. Soumise. L’interrogeant encore du regard, lui faisant savoir que sa précédente réponse n’était pas suffisante. Elle prit le temps de s’asseoir et d’accepter cette offre du tenancier. Le mercenaire qui fronça les sourcils. « Tu me coûtes ma réputation et maintenant quelques piécettes. » Quelques piécettes qui n’étaient rien s’il comptait tout ce qu’il avait dépensé cette soirée-là. Une goutte d’eau dans l’océan. Il entreprit les lèvres pour arguer davantage, mais les paroles d’Ezra le coupèrent. Ilyana ? Ce nom qui ne faisait pas écho dans sa mémoire. Le distrayant aisément de son désaccord quant à la liberté prise de l’esclave. Toujours pas suffisant. Réponses qui venaient aussitôt pour compléter la précédente. Cherchant aussi une raison qui avait poussé cette femme à prévenir Ezra. Une femme qui devait se faire du souci pour lui alors même qu’il ne semblait pas la connaître. Un événement qui ne faisait aucun sens, mais dont il ne cherchait pas tant que ça. Limité dans ses réflexions pour la soirée. « Et je suis venue te chercher. » « Rien ne t’y obligeais. » Balayant la salle du regard pendant quelques secondes. Il se passa une main sur le visage, ferma les yeux, essayant de reprendre ses esprits. « Je fais si pitié que ça ? » Mots qui avaient quitté sa bouche trop vite. Ne réfléchissant qu’à moitié avant de parler. Un rire qui se déclencha pour une raison encore inconnue. Raison qu’il venait à exprimer. « Tellement pitié qu’on jugeait bon que je sois raccompagné par une estropiée ? » Une situation qu’il trouvait plus que risible. Il remarqua en ce passant une main sur le visage le sang séché du coin de sa lèvre. Il l'enleva alors que son rire se taisait.

Le regard de Roan croisa celui de l’esclave. Une chaleur qui lui montait le long de la colonne. Des muscles qui se tendirent. Réalisant la situation. Ne la trouvant soudainement plus aussi risible. Une aide qu’il acceptait avant qui maintenant lui faisait honte. Trop fier pour se laisser aider dans cet état par une esclave à qui on avait coupé des orteils. Cette chaleur toujours plus intense qui ne venait pas tant de celle ambiante, mais du plus profond de ses entrailles. Une chaleur qui ne lui était pas inconnue alors qu’il l’avait ressenti d’innombrable fois. C’est alors qu’il en vint à frapper la surface de la table. « Putain ! » Cette fois-ci, il avait attiré les regards, la tension palpable autour qui était revenu alors que certains devaient se demander s’il n’allait pas être foutu dehors. « Je n’ai pas besoin de toi. » grogna-t-il de nouveau. Il se leva rapidement, trop rapidement peut-être. L’environnement qui tournait le temps que son organisme s’habitue à cette nouvelle position.  Debout. Accrochant la table au passage. Des étourdissements qui le forcèrent à se pencher au-dessus de cette dernière, les paumes appuyées contre sa surface. Le mercenaire prenait de grandes respirations, voulant calmer ces effets indésirables. Fermant les yeux et baissant la tête en espérant que celle-ci arrête de tourner. Il en oubliait la présence d’Ezra et des regards indiscrets posés sur eux.

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28/02/2016 Glacy Chris Wilson 1587 Jessica Parker Kennedy balaclava (avatar) esclave de Roan (de retour) ▲ métier ingrat ▲ ancienne couturière, esclave domestique, prostituée Rahjak 188
† Game of survival †


Sujet: Re: We just got to hold on [Roan]
Jeu 20 Déc - 19:56



We just go to hold on
Ezra & Roan

« Long is the way and hard, that out of hell leads up to light. - John Milton »
Verre de vin accepté. Pensant que j'en aurai besoin alors que la conversation ne serait pas forcément aisé, pouvait être longue. De forte probabilité que je sois obligée d'attendre qu'il décuve un tant soit peu. Bien trop imposant pour que je puisse l'aide à faire le chemin du retour à moi toute seule. Et avant tout, c'était des réponses qu'il voulait. Ce qui restait compréhensible. Des réponses que je pouvais au moins lui donner. « Tu me coûtes ma réputation et maintenant quelques piécettes. » « Tous les trésors ne sont pas d'or et d'argent. » Un point sur lequel il ne serait sans doute pas d'accord. Les mercenaires qui étaient sans doute reconnus comme les personnes de la cité qui faisaient partis des plus cupides. L'échange de l'or qui était monnaie courante ici. Des mines dans lesquels les esclaves devaient creuser à la recherche des métaux précieux. Des métaux précieux qui faisaient vivre plus d'uns dans la cité, permettant d'acheter de vivre, permettant aussi créer de somptueuses pièces d'art. Des métaux précieux qui étaient arrachés à la sueur du front et à la force des bras. Les mines, l'un des derniers endroits où les esclaves pouvaient finir. Ne pouvant que frissonner face à cette idée. Ce qui pouvait risquer de m'attendre. Et bien entendu je ne pouvais presque que suffoquer face à cette idée, car là-bas, il serait impossible de revoir le soleil. Etre envoyé aux mines était une condamnation à une mort rapide et une fin de vie dans l'obscurité. Là où de nombreux trimaient encore bien qu'une révolution s'était déclenchée comme je l'avais pu comprendre alors que j'étais en fuite. Les choses qui semblaient évoluer un petit peu mais pour autant le système ne changeait pas réellement. Le système était toujours le même. Les Draghsteel étaient toujours en force. L'or était toujours un des symboles d'échange, de la cité. Or qu'il ne pouvait que rechercher. Un métal précieux que je savais qu'il était bien nécessaire ne serait-ce que pour espérer survivre. Une bourse que m'avait donné Ozvan, m'aidant par ainsi à fuir à la cité. Une pensée pour le vieil homme que j'avais en partie manipuler, me prétendant sa fille et en venant aussi à éprouver de l'affection pour ce marchand solitaire. Une bourse d'or qui n'avait pas suffit pour que je ne revienne jamais ici, bien qu'elle avait aidé. Et de l'or qui n'avait pu qu'être avant accumulé, car si Ozvan n'avait pas été considéré comme un pigeon, d'autres clients du bordel un peu trop crédule l'étaient devenus. Un juste retour de pièce de monnaie, peut être une petite vengeance personnelle à juste titre. Néanmoins autant que ce métal précieux était nécessaire dans la vie de chaque rahjak, encore plus si on souhaitait être affranchi en tant qu'esclave, il ne restait pas moins que l'or ne faisait pas tout. Et il était certain que désormais il ne me restait plus rien. De retour à zéro. Il était certain que ce n'était pas cette fois-ci que je pourrai vendre mon corps pour acquérir quelques piécettes, idée que je n'envisageais pas. Idée que je n'aurai jamais pu concrétiser alors que j'étais désormais de nouveau sous sa garde. Il était tout aussi certain que ce n'était pas non plus de lui que je recevrais un quelconque salaire. Si je me décidais de nouveau à faire fortune, ou avoir un plan b, il me faudra trouver d'autres alternatives. Des alternatives que je n'envisageais pas pour le moment. Toutefois, il était certain que je préférai croire qu'il y avait de choses bien plus importantes. L'amour éprouvé pour d'autre ou ressenti qui était sans doute bien plus important. Ce qu'il ne pensait sans doute pas. La difficulté d'imaginer un mercenaire qui n'était pas en poursuite de piécettes d'or. Et ce n'était pas ces quelques piécettes qui suffiraient à le ruiner quand bien même sa réputation en avait prix un coup, que le nombre de missions avait du diminué suite à ses échecs. Et désormais sa bourse ne pouvait que s'être vidée un peu plus alors qu'il n'avait bu qu'un peu plus d'alcool, saoul désormais ou proche de l'être s'il ne l'était déjà. Alors non, nous ne partagions sans doute pas le même avis sur cette question. Mais là encore ce n'était pas un débat qui paraissait à l'ordre du jour et que je doutais encore plus d'avoir envie d'aborder.

En venant au lieu de cela à répondre à chacune de ses questions à tour de tour. S'il n'avait poser qu'une seule question, je ne pouvais que devancer celles qui suivraient ou je ne pouvais que tenter de le faire. Ce que j'estimais comme préférable bien que je semblais autant le noyer de questions. Lui confirmant que j'étais venue le chercher. Rien de plus, rien de moins. Etant juste venue là pour le raccompagner. Ne m'étant pas à vrai dire poser une multitude de questions alors qu'Ilyana était intervenue, avait surgi. Je l'avais juste suivie jusqu'à là sans me préoccuper plus du pourquoi et du comment. Aide dont il avait de toute manière besoin alors qu'il ne pourrait rentrer par soi-même là-bas. « Rien ne t’y obligeais. » « Non. » Il avait raison sur ce point. Rien ne m'y obligeait. Il n'avait pas donné d'ordre, j'aurai pu le laisser là. J'aurai pu rester là-bas et profiter de chaque seconde sans sa présence mais j'étais désormais là. Les situations qui changeaient. Désormais là. Tout ce qui semblait compter, et ce qu'il allait devoir si accepter. Déjà il reprenait la parole, trop rapidement. « Je fais si pitié que ça ? » Réponse que je ne savais lui donner. Réponse que je n'eus besoin de lui donner alors qu'il ne pouvait que soudainement se mettre à rire de la situation. Peut être était-il bel et bien préférable qu'il se mette à rire de la situation, qu'il soit encore perdu dans ce brouillard alcoolisé. Je doutais que la réponse pouvait lui plaire. Il aurait alors fallut que je me décide si j'allais lui mentir ou non.  Mais sans doute avait-il lui même consciente de la situation, ou plutôt de la vérité. Il faisait en effet pitié. Il n'y avait pas d'autres mots. Ne sachant encore si à cet instant j'éprouvais réellement à mon tour un semblant de compassion pour lui comme l'avait sans doute fait mon amie. L'ancienne Ezra qui se serait certainement réjouie de la situation au fond d'elle alors qu'enfin les rôles se seraient inversés, qu'il se mettrait à perdre tout air d'arrogant. Cet air d'arrogant qu'il avait perdu. Son ego qui ne pourrait qu'en prendre un coup tout au long de la soirée et le lendemain aussi s'il en venait à se souvenir de cette nuit. Peut être même que son ego serait marqué au fer rouge par cette nuit, qui le savait. Chacun qui portait des marques physiques ou d'autres invisibles à l'oeil nu mais qui étaient pourtant bien existantes. « Tellement pitié qu’on jugeait bon que je sois raccompagné par une estropiée ? » Et mon visage qui se fermait soudainement. S'il parlait sans aucun doute sous l'effet de l'alcool, il ne restait pas moins que ses mots étaient crus et faisaient mal. Eclat de tristesse qui passait dans mon regard alors que soudainement j'étais blessée. Peut être encore plus à l'idée que même dans ces moments, il puisse me faire mal. Ce que je savais pourtant capable d'arriver alors que l'alcool ne pouvait aussi que le rendre plus cruel. Doigts qui se refermaient un peu plus sur la coupe de vin alors que je détournais le regard pour ne pas croiser le sien. Aimant encore moins qu'il me rappelle cette situation. Deux orteils de pieds en moins. Mais le châtiment qui n'avait juste consister en cela. Paraissait parfois que difficile de prétendre d'être de glace comme lui pouvait si bien le faire.

Son coup de poing qui s'abattait de la table qui me sortait de on état. Menaçant de manquer le vin sur la table. Me demandant pourquoi je manquais d'être étonnée par ce soudain acte de violence. Juste habituel. N'arrivant toujours pas à se contrôler ses nerfs. « Putain ! » Les regards qui se posaient dans notre direction. Le regard du tavernier qui se faisait plus insistant bien que je secouais la tête légèrement pour lui faire comprendre que ce n'était pas la peine. Toujours ainsi. Juste une nouvelle tempête face à laquelle il fallait faire face. Juste une nouvelle tempête parmi laquelle il fallait manoeuvrer. Ce n'était pas la première fois que cela se produisait et je savais que cela ne serait pas la dernière. Ses éclats de colère qui surgissaient toujours ainsi soudainement. La colère qui se prenait forme. La table qui n'avait rien, ce qui ne serait pas le cas de ses jointures de main s'il recommençait. Mais ce n'était pas la première fois que je devais le soigner suite à cela et le mur en gardait toujours des traces. Juste un fait à accepter. Stoïque pendant l'espace d'une seconde avant de me lever alors qu'il faisait de même trop brusquement. « Je n’ai pas besoin de toi. » Mais bien sûr. Son comportement qui prouvait le contraire alors qu'il s'appuyait contre la table pour rester debout. Il ne manquerait plus qu'il vomisse ou s'effondre par terre et tout serait gagné. Etrangement c'était à mon tour d'en rire. S'il voulait de la pitié, il avait désormais gagné. « Non tu as raison, tu n'as clairement pas besoin de mon aide. » Ne lui jetant pas un regard de plus alors que j'attrapais la bourse qui traînait à côté pour jeter quelques piécettes sur la table. Me penchant non moins légèrement vers lui. Ma voix qui était presque un murmure bien que je ne pouvais m'empêcher de cracher ses mots. « J'aurai pu te conseiller de t'asseoir mais comme tu préfères l'enfant, je vais suivre tes ordres et te laisser tranquille. » Ce n'était pas une ancienne flamme qui s'allumait dans mon regard, ne comptant alors simplement rester là. Il m'avait ordonné de partir et c'était ce que j'avais soudainement décidé de faire. S'il voulait décuver seul, qu'il le fasse et ne vienne se plaindre après de n'avoir pas retrouvé le chemin ou de s'être fait jeté dehors par le tavernier. Si j'aurai pu l'aider, je n'en venais pas moins à m'exécuter peut être avec un certain empressement soudainement, n'en venant qu'à vouloir quitter la taverne plus rapidement. Pivotant sur moi-même non sans jeter un rapide coup d'oeil à la coupe de vin en partie consommée mais pour quoi j'avais payé certes avec ces piécettes avant de commencer à lui. Consciente que les regards des autres clients continuaient de suivre la scène qui se déroulaient là, et comptant bien garder la tête haute quand bien même j'en venais à m'exécuter de nouveau. Ne faisant au final que suivre ses ordres sans même tenter de le forcer à s'asseoir et de lui lancer un peu plus quelques répliques sarcastiques. J'étais venue pour le chercher aussi simplement qu'il soit et tout aussi simplement, je ne pouvais que désormais venir à m'en aller.
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12/01/2018 Aucun 127 Zach McGowan Bazzart Mercenaire. Combat & maniement des armes Rahjak 65


Sujet: Re: We just got to hold on [Roan]
Jeu 20 Déc - 22:33


We just got to hold on
Ezra & Roan

« Numbing the pain for a while will make it worse when you finally feel it. »
« Tous les trésors ne sont pas d’or et d’argent. »  Phrase qui ne pouvait qu’être articulée par aucun mercenaire rahjak digne de ce nom. L’or qui valait bien plus que tout le reste pour eux, pour lui. Fut une époque où il aurait peut-être acquiescé à cette phrase. Une époque qui était maintenant révolue puisqu’il avait pris goût à la notoriété, au luxe et à la richesse. Deux visions bien distinctes, deux rangs complètement différents. L’un étant l’opposé de l’autre. Difficile à croire qu’ils puissent un jour réussir à s’entendre. À l’origine, pas aussi différent de l’esclave. Ne l’ayant jamais été, mais vivant dans la misère qu’avait offert l’affranchissement de sa mère. Si ce n’était de ça, il n’aurait pas vécu. Tué à la naissance, les maîtres ne voulant pas d’un gamin sur les bras. Un accident. Une chance… dans cette malchance qu’il avait pu grandir au sein de la cité. Une mère libre qui n’était pas contrainte d’abandonner son nourrisson aux bras de la mort. Les années en tant que prostitué ne l’avait pas outillée face à la maternité. L’élevant pour qu’il prenne soin d’elle. Se frustrant contre lui s’il ne lui rapportait rien à manger, car elle était trop faible, trop lâche pour se procurer des vivres elle-même. Sans ambition. Une coquille vide qui avait perdue espoir de jours meilleurs, décidant délibérément de sombrer dans le pessimisme et ne faisant rien pour s’en sortir. Aucun espoir. Même pas pour lui. Alors, jeune garçon qu’il était, ne pouvait compter que sur lui-même pour survivre. Personne ne pouvait le protéger.  

Non, rien ne l’obligeait et elle le confirmait. Une nouvelle différence qu’il relevait. Une parmi plusieurs autres. Un aspect plutôt positif en fait, mais difficile d’accepter son aide alors qu’aucun ordre n’avait donné. Une arrogance disparue dans les tréfonds de l’alcool, mais qui ne pouvait que pointer le bout du museau à cet instant. Disparaissant encore tandis qu’il prenait de plus en plus conscience de son état lamentable. Sa réputation écorchée qu’il n’aidait guère à rétablir à l’instant. Le mercenaire qui avait complètement perdu le contrôle. Se ridiculisant lui-même. Riant de lui-même alors que son égo venait de s’effacer pour revenir brusquement. Ne manquant pas de déclencher un excès de colère. Il ne voulait pas être aidé par son esclave alors qu’il ne lui avait rien demandé. « Non tu as raison, tu n’as clairement pas besoin de mon aide. »  Ce à quoi il resta muet. Un sarcasme qui ne manqua pas de l’affecter, de le coincer. Oui, il avait besoin d’aide et cette maudite fierté qui l’empêchait d’accepter. Ne voulant pas s’abaisser à être aidé par elle, une esclave estropiée comme il lui avait si violement rappelé. Accepter cette aide… autant il en avait besoin autant son égo était meurtri. Son état d’ébriété qui le contraignait à ce sentiment d’infériorité face à elle. Lui, le mercenaire, qui devait être soutenu par son esclave mutilée. Il tombait bien bas. Ce n’était pas comme s’il ne l’avait pas cherché, au contraire. Devant faire face à l’évidence : son aide qui serait précieuse s’il voulait retourner chez lui, à l’abri des regards. « J’aurai pu te conseiller de t’asseoir mais comme tu préfères l’enfant, je vais suivre tes ordres et te laisser tranquille. »   Non ! Ce n’était pas comme s’il se ridiculisait davantage, venant à être comparé à un enfant. Prenant un coup encore plus dur qu’avant. Voulant se résigner au contraire à accepter. Voulant baisser les bras et pour une fois s’avouer vaincu, trop épuisé pour se battre, trop épuisé pour continuer, trop embrouillé aussi. Ne pouvant pas se résoudre à dire à Ezra que c’est bon, il accepte. Fin de la partie. Pas devant tous ces regards. Restant là. Silencieux tandis qu’elle s’en allait. Il n’allait pas la retenir. La chaleur qui commençait à le faire suffoquer alors qu’il ne l’avait pas remarquée jusque-là. Les tournoiements toujours présents, mais qui avaient un tant soit peu diminués, lui laissant une chance de pouvoir sortir de l’établissement. L’air frais qui ne pouvait que lui faire le plus grand bien.

Roan qui vint à se redresser, tenant de quitter à la suite de l’esclave avec le peu de fierté qui lui restait. Se concentrant de toutes ses forces pour ne pas trop tanguer. Se concentrant de toutes ses forces pour arriver à garder son masque de mercenaire cruel, confiant et arrogant. Il lui était souvent arriver d’avoir terminé dans un état aussi lamentable, en compagnie de Radoslav, les deux bougres qui s’amusaient et se soutenaient. Se foutant de tout, même de se faire jeter dehors. Ayant bu uniquement pour se distraire, alors que ce soir, c’était bien différent. Que la raison de cet abus soit bien plus douloureuse que toutes celles avant. Un parcours qui lui sembla durée une éternité alors qu’il franchissait les portes. Enfin l’air frais qui le heurta. Se sentant tout-à-coup un peu mieux. Moins oppressé par la chaleur qui faisait perler la sueur sur sa peau. Un mal qui reprit aussitôt, ayant eu un petit répit pour sortir. Maintenant, ces étourdissements auxquels venaient s’ajouter une sensation de pression sur son estomac. Cette sensation qui empirait et sur laquelle il ne pouvait que centrer son attention. Semblant errer sans but jusqu’à un coin plus sombre où ce goût acide venait le saisir. Quelques secondes plus tard, se penchant rapidement, une main appuyée contre le mur qu’il longeait, il rendit le contenu de son estomac. Le foie ne pouvant plus fournir à la tâche quant à ce trop plein d’alcool. Une solution possible si ce n’était que l’évacuation immédiate. Le rahjak ne pouvait que se sentir un peu mieux. S’essuyant la bouche du poignet pour sauvegarder les apparences même s’il n’en avait plus à l’instant. « Retiens-toi de me sortir mes quatre vérités, s’il te plaît. »  Lança-t-il sans même savoir si elle était toujours là. Une politesse qui sonnait faux, une politesse qui sonnait davantage comme une menace dissimulée. Ne sachant même pas si elle s’apprêtait à le faire. Ne voulant pas prendre le risque. Ayant quand même adopté un ton, non pas d’ordre, mais comme s’il parlait d’égal à égal avec elle. Une phrase qu’il aurait répliquée à n’importe quel mercenaire avec bien plus de hargne. Non pas une supplique qu’il lançait pour protéger le peu d’égo qui lui restait, mais voulant lui signifier qu’il n’avait pas besoin de ça. Des mots qui n’avaient pas de sens en fait, car aucun esclave ne pourrait se permettre de dévoiler ses quatre vérités à leur maître. Il avait oublié que ce n’était pas cette Ezra-là. Celle qui ne se serait pas gênée. Celle qui malgré ses menaces sourdes les lui aurait remises en pleine figure.


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Sujet: Re: We just got to hold on [Roan]
Lun 24 Déc - 11:01



We just go to hold on
Ezra & Roan

« Long is the way and hard, that out of hell leads up to light. - John Milton »
Ayant suivi ses ordres. J'étais sortie dehors. Ignorant le regard des clients ou du tavernier tandis que je traçais mon chemin sans pour autant jeter de nouveau un coup d'oeil en arrière. Je n'avais aucun doute qu'il serait toujours assis à sa table ou de nouveau assis là-bas. Ce qui serait fort probable à moins qu'il ait décidé de tenter de se lever ou de provoquer une nouvelle scène. Ayant non moins annoncé que je devais sortir. Et si j'étais désormais en dehors de la taverne, il ne restait pas moins que pendant quelques minutes je restais là. Je restais là, hésitante. Hésitante à savoir si je devais attendre car il était aussi possible qu'il se mette en colère parce que j'aurai dû rester au final. Agaçant l'imprévisibilité des maîtres ou d'autant plus cet état imprévisible dans lequel il se trouvait désormais maintenant qu'il était ivre.

Faisant non moins quelques pas alors que je m'éloignais de l'entrée de la taverne, de l'écho des bruits pour faire quelques pas dans la nuit. Les températures avaient de nouveau chuté. Si le soleil était là pour réchauffer nos os tous les jours, les nuits pouvaient être glaciales. Ayant oublié ces moments-ci. Ayant oublié la caresse du soleil. Une dont je me lassais pas alors que malgré la chaleur étouffante, j'étais habituée à vivre dans ce monde, à sentir le sable sous mes pieds. Il était certain que le soleil m'avait manqué, ne brillant pas aussi intensément de l'autre côté du continent. Une cité du feu. Son nom. Ainsi que nous appelions la cité, ses habitants protégés par le dieu du soleil. Néanmoins, chaque habitant ne croyait pas en ce dieu et si j'avais été une fidèle fervente, j'en venais désormais à avoir l'impression d'avoir perdu la foi. Reprenant mon souffle alors que je frissonnais. L'étoffe que j'avais placée sur mes épaules qui ne serait pas forcément suffisante pour me protéger de la fraîcheur de la nuit.

Quelques pas qui se faisaient entendre derrière moi. Reportant mon attention derrière que pour entrevoir la silhouette de Roan. Il m'avait suivi. Il m'avait suivi en dehors de la taverne non sans difficulté. Pivotant silencieusement sur moi-même pour l'observer alors qu'il s'appuyait aussitôt contre le mur, s'aidant à marcher. Ce qu'il ne pouvait que faire alors qu'il était incapable de marcher réellement droit en vue de son état. Le regardant tituber que pour rendre le contenu de son estomac l'instant d'après. Au moins il ne tomba pas dedans par la suite bien qu'il était certain que cette situation n'avait rien de glorieuse pour lui. Esquissant une grimace sans dire un mot. Je me contentais alors de le regarder. Le clair de lune qui permettait d'éclairer la scène bien que j'étais alors en partie plongée dans l'ombre. Il ne m'avait pas encore vu. Si cela se trouvait, il n'avait pas non plus conscience de ce qui se passait autour. Pourtant il n'hésitait pas à prendre la parole. « Retiens-toi de me sortir mes quatre vérités, s’il te plaît. » La première fois qu'il me parlait d'égal à égal réellement. La première fois presque bien que son ton était resté hargneux. N'ayant pas esquissé un mouvement. Peut être que l'ancienne Ezra aurait pris la parole mais celle-ci n'en fit rien. N'en faisant rien à vrai dire. Ne prenant pas la parole à mon tour. Ce n'était pas un ordre pourtant qu'il m'avait donné cette fois-ci. En effet, il ne m'avait pas ordonné de me taire ou de faire quoique ce soit. Mais j'en venais non moins à respecter son désir qu'il avait. De toute manière, ce n'était pas comme s'il ne savait pas déjà la vérité. L'image qu'il rendait à cet instant était loin d'être sublime. Simplement une autre image, une autre réalité sans doute plus triste. Il y avait toujours un double tranchant, deux vérités. Il y avait toujours une partie immergée et une autre submergée de l'iceberg. Il y avait que trop souvent des masques qui étaient portés, pour ne pas montrer qui on était réellement. A cet instant, il faisait en effet un peu pitié. Ce dont il se doutait sans doute déjà. Non pas qu'un esclave avait réellement le droit de dire ce qu'il pensait réellement à moins que la vérité soit demandée. Pour cela que la tâche pouvait être difficile. Chaque famille de maître qui était différente, certains qui traitaient avec plus d'égard leur esclave que d'autre. Il était certain aussi qu'auparavant j'avais déjà dépassé les bornes, en allant trop loin avec lui. Il était certain qu'en tant qu'esclave là n'était pas ma place. Ce que j'avais fait avant mais ce qui n'était pas le cas maintenant. Etant resté à ma place ou peut être que j'avais trouvé justement ma place. Une place qui ne me convenait pas avant, que je n'avais pas accepté avant. Peut être que maintenant si. N'en sachant trop rien. Perdue dans mes pensées de nouveau bien que je ne pouvais que laisser mon regard dérivé dans la ruelle avant de se poser de nouveau sur la lune. Une autre vision du monde.
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Sujet: Re: We just got to hold on [Roan]
Jeu 10 Jan - 16:50


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Ezra & Roan

« Numbing the pain for a while will make it worse when you finally feel it. »
Son égo s’était éclipsé, sûrement pour ne pas être davantage blessé. Pourtant, il avait bien résisté jusqu’à maintenant. Seulement, l’ivresse l’avait affaibli au point où il préférait se cacher. Un homme dénué d’égo. C’était ce qu’il était… Malgré les embrumes des spiritueux, il savait qu’il était dans un état misérable. Un homme qui était affaibli, certes tout autant dangereux si on en venait à le provoquer. Un silence. Des quatre vérités qui ne venaient pas de sa part. Autant pour lui.  Le nombre incalculable de silences qu’il y avait eu entre eux, depuis son retour, devenait de plus en plus lourd. Des silences qu’autrefois il aurait perçu comme une victoire. Maintenant, il ne savait plus trop. Ce n’était pas aussi satisfaisant. Plutôt d’un ennui. Impossible de raviver cette flamme.

Après avoir repris un certain contrôle sur son estomac, il en vint à s’éloigner un peu du mur. Persuadé qu’il n’avait pas besoin d’un appui. Un pas devant l’autre, ce n’était pas compliqué, si ? Oh là. Ça tanguait encore. Les tentatives étaient vaines. Son regard qui s’était concentré à marcher droit, se releva sur l’esclave. Ses yeux qui étaient rivés sur la lune. Il approcha avec prudence. Il voulait rentrer. Loin des regards de la taverne, il pouvait accepter son aide. S’il voulait rentrer seul, impossible. Ezra était son seul renfort. Maudit soit Radoslav ! Il lui aurait été d’une bien meilleure aide, mais ce bougre avait accepté cette fichue mission suicide.

« Viens donc m’aider au lieu de rêvasser. Tu auras tout le temps quand nous serons rentrés. »

Une voix rauque qui brisa l’ambiance. Une impatience notable et un ton qui avait reprit plus de contenance. Entrevoyant quelques moments de lucidité. Entrevoyant aussi le mauvais quart d’heure qu’il allait subir à son réveil. Il espérait bien ne garder aucun souvenir de cette soirée. Même si Ezra, elle, allait se souvenir des moindres détails, il savait qu’au moins, elle allait se taire. Seul réconfort dans la situation actuelle.


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Sujet: Re: We just got to hold on [Roan]
Sam 12 Jan - 16:25



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Ezra & Roan

« Long is the way and hard, that out of hell leads up to light. - John Milton »
Et le ton de sa voix qui me faisait de nouveau retourner à la réalité. Mon regard qui se reposait automatiquement sur lui alors que de nouveaux ordres étaient donnés. « Viens donc m’aider au lieu de rêvasser. Tu auras tout le temps quand nous serons rentrés. » Manquant d'esquisser une grimace bien qu'il reconnaissait non moins d'une certaine manière avoir besoin de mon aide. Ce que nous savions tous deux qu'il allait avoir besoin alors qu'il ne tenait pas suffisamment sur ses pieds. Ce qu'il reconnaissait finalement. Radoslav qui n'était pas là cette fois-ci pour le soutenir. Aucun des deux qui n'était là pour rattraper l'autre. Il n'y en avait pas un pour rattraper à l'autre. Maintenant cela était impossible. Radoslav qui était mort. Il n'était plus là. Et je ne devrai sans aucun doute pas cracher sur sa mémoire comme je m'apprêtais à le faire quand bien même j'avais manqué de le faire, ne le portant pas de mon coeur. Me retenant de justesse. Me retenant de justesse pour ne pas prononcer un discours outragé sur son meilleur ami. Son meilleur ami qui avait aussi été mon client, et qui était loin d'être le plus noble des hommes. Non pas qu'il y en avait un seul ici que je réussissais à dépeindre comme noble. Ils étaient tous à peu près les mêmes à quelques détails près. Ce dont je ne pouvais que me faire réflexion alors que je m'approchais de lui.

Remarque qui n'était remplacée à vrai dire que par une autre. Celle dans laquelle se percevait ses notes d'impatience alors qu'il voulait désormais rentrer. L'ombre d'une voix portée d'égal à égal qui semblait à disparaître. « Et dire que je pensais que nous faisions des progrès.... » Murmures que j'espérai perdus dans le vent mais dont je doutais. Non pas un acte de rébellion ou un acte d'insolence seulement une remarque. Quand bien même cette petite flamme de vie semblait s'être éteinte, il ne restait pas moins que dans un sens j'étais soulagée que notre relation se soit améliorée. Enfin il n'y avait pas de certitude qu'elle s'était améliorée mais elle ne s'était pas non plus dégradée. Non, elle avait atteinte un stade de bizarrerie même. Des ordres qui n'étaient plus donnés avec violence et arrogance. Non, les ordres qu'ils donnaient été presque donnés parfois avec un côté désormais trop humain qui me faisait autant peur. Ce que j'avais espéré. Presque à vouloir qu'il se délaisse de ce ton lassant qu'il employait parfois désormais en voyant m'exécuter machinalement autant que je ne pouvais qu'espérer qu'il continue de s'ouvrir. Ce que j'aurai pu croire possible dans la taverne avant que son sang ne fasse qu'un tour. Repoussant une mèche de mes cheveux bruns gênés alors que je continuais de m'avancer non sans moins reprendre la parole. Parole que j'aurai pu m'empêché de reprendre mais je ne pouvais qu'avoir l'impression qu'il avait bel et bien entendu les mots que j'avais prononcé dans un rare éclat de lucidité. Mais peut être que dans un sens peu importait ce que je racontais maintenant alors qu'il avait sans doute atteint un stade où le monde était plus flou que réel et compact. Une soirée qu'il aurait du mal à souvenir. Un réveil qui ne serait que plus brutal et difficile le lendemain. Ne pouvant sans doute être que la seule à me rappeler de ce qui se passerait ce soir. Pourtant ce n'était pas l'arrogance qui me poussait à prendre la parole, peut être plus les gorgées de vin que j'avais avalé pour me donner un peu de courage, peut être. Presque même un sourire qui se dessinait sur mon visage comme une note d'amusement. « Au moins tu as finalement reconnu avoir besoin de mon aide... à croire que l'aide d'une estropiée n'est pas si terrible au final ? » Presque une note de taquinerie perceptible dans le ton de ma voix qui pouvait me reprendre la parole. Pas d'arrogance cette fois-ci, seulement de l'amusement. Car, il en était là en effet à avoir besoin de l'aide  d'une estropiée et je ne pouvais que vouloir pour une fois l'aider. Ayant bel et bien voulu m'assurer qu'il aille bien quand j'avais décidé de me laisser guider jusqu'à la taverne. Une chance de l'avoir trouvé là et non au bordel. C'était au moins cela. Presque un soulagement même s'il restait toujours difficile de gérer des situations où l'alcool coulait à flot.

Ce qui ne m'inquiétait pas tant encore que le fait que je restais un poids plume et comme il avait dit une estropiée. Consciente que je ne serai pas capable à moi toute seule de l'aider à se relever s'il tombait soudainement. Je ne pouvais que le soutenir, le laisser s'appuyer sur moi pour parcourir les ruelles qui menaient jusqu'à la demeure. Au moins la marche ne serait pas rapide, ce qui me rassurait et ne me forcerait à tirer sur ma jambe. Me positionnant près de lui alors que je m'assurai qu'il puisse prendre appui sur lui. Esquissant un premier pas non sans m'être assurée qu'il allait à son tour le premier pas, qu'il suivrait le même mouvement. Et presque le soudain désir de briser ce silence, de briser le silence de la nuit alors que je reprenais la parole doucement. « Je crois que c'était la première fois que tu me parlais d'égale à égale. » Encore marquée par ses mots. Rectifiant ma phrase non sans tarder tout aussi simplement sans une note de reproche cette fois-ci. « C'était la première fois... » Consciente que ce n'était qu'à raison de l'événement qui s'était produit dans la forêt, que tout avait commencé à changer. « Pourquoi tu t'es mis à boire ? » Note de curiosité alors perceptible. Ayant des raisons qui se dessinaient dans mon esprit mais je ne pouvais qu'attendre ses réponses s'il acceptait de me les donner. Ce qu'il ferait peut être une nouvelle fois. L'alcool qui permettait d'autant de délier les langues. Et de l'alcool, il en avait bu en quantité. Restant curieuse et pour une fois presque à en vouloir doucement à l'apprivoiser.

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Sujet: Re: We just got to hold on [Roan]
Lun 14 Jan - 2:08


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« Numbing the pain for a while will make it worse when you finally feel it. »
« Et dire que je pensais que nous faisions des progrès…. » Une phrase murmurée. Il saisit quelques mots lointains, mais sans plus. Incertain s’ils tenaient de la réalité ou du rêve. Le mercenaire était dans un état un peu mieux. Sa tête avait, au moins, arrêtée de tourner. En revanche, son état comateux le guettait toujours. Silence. Ses yeux rivés sur elle alors qu’elle approchait. Sa voix qui résonna. Sa voix qui, dénuée d’insolence, venait à démontrer quelques notes d’amusement. « Au moins tu as finalement reconnu avoir besoin de mon aide… à croire que l’aide d’une estropiée n’est pas si terrible au final ? » Un sourire rapidement esquissé. Un fait qui put le détendre une parcelle de seconde pour en venir à crisper sa mâchoire. La réalité qui lui revenait en pleine figure; accepter l’aide d’une estropiée. Une réplique qu’il tentait d’articuler dans son esprit, entraînant un délai. « C’est terrible. Mais, ça le saura davantage pour toi si je tombe. » Une réplique pas aussi amère. Une réplique qui pouvait porter à interprétation. À beaucoup d’interprétation. Néanmoins, le ton de sa voix dénotait l’ombre d’une taquinerie. Terrible d’accepter son aide, mais d’autant plus terrible s’il venait à tomber et, peut-être, l’entraîner dans sa chute. Ou, encore, s’il venait à tomber, il lui ferait payer. Tout simplement. Un esprit trop embrouillé pour se soucier des messages sous-entendus.  

Le rahjak prit appuie sur Ezra et suivit son mouvement un peu en retard. Devant s’habituer au rythme de la marche. Un équilibre qui était un peu mieux avec cette aide. « Je crois que c’était la première fois que tu me parlais d’égale à égale. » Un instant, il ne comprit pas, puis l’autre il se souvint de ce qu’il avait dit il y a quelques minutes. Ses quatre vérités. En voilà une à bien y réfléchir. Une vérité qu’elle venait de nommer tout haut. C’était la première fois. Ces mêmes mots qu’elle répétait en écho. Puis, radicalement, elle dévia sur un autre sujet. « Pourquoi tu t’es mis à boire ? » Des questions, encore et toujours. Des réponses qu’elle analyserait sans doute. Elle sema la réflexion dans son esprit. Des réflexions floues qui demandaient de la concentration. Pour quelles raisons il avait abusé de la bouteille ce soir ? Qu’est-ce qui était différent de ces autres soirées où il était dans un état similaire ? Il avait perdu sa réputation, il avait perdu Radoslav, puis il avait perdu l’ancienne Ezra. Il avait peut-être même perdu encore plus que ce qu’il avait arrivé à lister. « J’ai perdu. » Deux mots qui s’étaient faufilés au travers de sa bouche. Une question qu’elle avait posée et qu’il avait répondu sans filtre. Ne sachant pas non plus pourquoi il répondait. Plus ouvert à la suite des consommations qui s’étaient enchaînées durant la soirée. « J’ai beaucoup perdu. » Des mots qui devenaient nettement plus réels dits à voix haute. La réalité qui prenait forme; une solitude plus marquée. Une détermination qui s’était estompée pour ce soir, mais qui allait revenir d’assaut le lendemain. Un moment où ses faiblesses semblaient émergées. Un moment où il en prit conscience. « Puis, en quoi ça te regarde ? » La lucidité passagère qui lui permit de reprendre le contrôle sur ce qu’il ne voulait laisser paraître. « C’est encore loin ? » Un grommèlement. Il était impatient de retrouver le confort de son lit, cependant il ne reconnaissait pas les ruelles empruntées. Désorienté. Pourtant, il n’avait aucun mal à se promener dans la cité. Peu importait, il préférait mettre ses efforts là où ils étaient utiles; son équilibre. Son orientation lui faisant défaut, au moins Ezra pouvait le mener à bon port.


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Sujet: Re: We just got to hold on [Roan]
Lun 14 Jan - 20:20



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« Long is the way and hard, that out of hell leads up to light. - John Milton »
Et un sourire qui se dessinait sur son visage. Pendant un instant, j'avais juste l'impression qu'un instant de complicité se formait entre nous quand bien même tout était étrange. « C’est terrible. Mais, ça le saura davantage pour toi si je tombe. » « C'est vrai. Cela serait terrible. » N'ayant pas pu m'empêcher de sourire à vrai dire. Cela serait terrible s'il tombait alors que je serai incapable de le relever, sans doute incapable de le faire. Doutant pouvoir obtenir beaucoup d'aide de sa part s'il tombait. Non il fallait espérer autant pour lui que pour moi qu'il en vienne à tomber sur le sol. Alors nous ne pouvions que continuer d'avancer, espérant arriver finalement à destination.

«  J’ai perdu. »Sa réponse finalement là. Il avait raison. Il avait perdu. Il avait perdu sa réputation. Il avait perdu précédemment son esclave. Il avait perdu son honneur. Son ego avait été piétiné. Il était certain que les dernières années n'avaient pas été clémentes à son égard. Mais si je savais qu'il avait perdu, ce n'était pas pour autant que je réussissais à déterminer ce qu'il estimait être ses pertes. Après tout, il avait de nouveau retrouvé son esclave. Esclave que j'étais. Bien plus docile auparavant. Ce qui n'était que censé l'enchanter bien qu'il ne semblait l'être à vrai dire. En parallèle, il commençait petit à petit rebâtir sa réputation. Alors certes il avait perdu mais ce n'était pas ce que j'appelais avoir complètement touché le fond. Ayant du mal à comparer ses épreuves au même degré de ce que certains pouvaient vivre. Toutefois je parvenais à comprendre que selon lui il puisse en effet avoir perdu. Son moral qui en prenait désormais un coup. L'alcool n'aidant sans doute pas à faire disparaître les soudaines pensées noires qui l'envahissaient. Ne sachant alors quoi exactement dire. Cela n'était pas comme si je voulais particulièrement le réconforter ou peut être qu'une part de moi voulait. Mais ce n'était pas comme si j'étais particulièrement en état de le réconforter alors que je n'arrivais à entrevoir la lueur dans ma propre vie. Peut être que l'autre Ezra se serait autant moquée de lui, lui disant qu'il ne savait rien des véritables épreuves qu'il pouvait vivre mais je ne pipais un mot. Et lui ne pouvait que reprendre la parole. « J’ai beaucoup perdu. » « Mais tu n'as pas tout perdu. » Un constat d'autant. Des mots qui avaient été prononcés d'une voix calme, tout aussi tranchant que les siens prononcés dans un moment de lucidité. Lucide, il l'était pour l'instant sans qu'il soit possible pour lui ni comme pour moi de déterminer à quel moment il replongerait de nouveau dans les vapes de l'alcool, de l'inconscience.

Soudainement sur la défensive alors qu'il reprenait la parole. « Puis, en quoi ça te regarde ? » « Je... » Phrase que je n'achevais pas. Les questions étaient censées être posées dans l'autre sens. Je n'étais pas censée poser de questions bien que je l'avais déjà fait avant, sans avec toutefois autant d'ardeur, sans toutefois obtenir de réponses aussi transparentes. Des mots que j'avais laissé retomber alors que je cherchais soudainement la raison du pourquoi. Il y avait une pointe de curiosité c'était certain mais je doutais qu'il apprécie cet élan de curiosité. Pourtant là restait le cas que j'avais l'opportunité d'en savoir plus sur lui, que je n'avais pu que saisir cette perche alors que maintenant il était vulnérable. Ce qui était rare. Il était rare de voir les masques tombaient, de le voir s'ouvrir. Des sentiments contradictoires alors que j'étais censée le haïr. Plus tellement certaine de le faire encore alors que c'était parce que je voulais m'assurer qu'il était bien que j'étais venue. Désormais plus confuse. Et tentée de lui répondre d'autant qu'il avait raison que cela ne me regardait pas. Mais je craignais autant que si je prononçais ses mots, le silence en viendrait à retomber. N'ayant pas non plus idée si la carte de la sincérité fonctionnerait, que je lui posais ses questions car je voulais savoir aussi simplement qu'il en soit. Au lieu de cela je ne pouvais que prétendre, sortir une excuse qui sonnait faux. « Cela ne me regarde pas mais en tant que ton esclave, j'ai besoin de savoir à quoi m'attendre... » Prétendant que ces réponses devaient être données pour que je sache quoi faire alors qu'il était dans cet état. Ne pouvant que penser qu'il n'y croirait pas un mot, mais il y avait aussi la possibilité qu'il se conforme de cette excuse avec un peu de chance en raison de l'alcool qu'il avait absorbé. Ce que j'espérai maintenant bien que mes joues rougies trahissaient aussi le contraire.

Reprenant mon souffle alors que je continuais de m'avancer tandis qu'il grommelait de son côté.  « C’est encore loin ? » « Oui. » Ce qui était véridique. Une distance qui restait assurée et lointaine alors que nous avancions à pas de tortue. Chaque pas était petit à petit. Ce qui était véridique alors que nous formions un duo étrange, avançant clopin clopin. Ce qui était le cas. En soit la demeure ne se situait pas non plus à des lieux d'ici mais il ne restait pas moins que le chemin restait encore long. Des rues que je connaissais non moins, certains que j'avais même parcouru avec Arméthyse petite. Des rues que j'avais parcouru pour m'éclipser. Aussi sans doute l'une des premières fois que je rentrais volontairement en sa compagnie jusqu'à sa demeure. Des mots que je ne prononçais toutefois pas à voix haute, ayant déjà l'impression d'en avoir trop dit. Préférant assurer ma prise et m'assurer qu'il n'allait pas tomber non sans continuer notre chemin. Après tout il l'avait dit lui-même, mieux valait qu'il ne tombe pas autant pour lui que pour moi.
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