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Cassian Saada
DATE D'INSCRIPTION : 03/12/2018 PSEUDO/PRENOM : Anticarde. MULTICOMPTES : Néant. MESSAGES : 518 CELEBRITE : Evan Peters COPYRIGHT : Nexus (avatar). METIER/APTITUDES : Sorcier. (apothicaire, chirurgien) TRIBU : Rahjak. POINTS GAGNES : 419
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le Lun 17 Déc - 15:44
Cassian l’ignore mais bientôt, il franchira ses dernières limites. Pour l’heure, en roi-soleil du déni, il se complaît dans l’illusion que tout va bien. Tout va bien depuis dix mois, pas vrai ? Ces tribulations acharnées par monts et par vaux n’ont rien d’une éperdue fuite en avant. L’immensité fourvoie les démons qui le poursuivent. La solitude purge le brouhaha dans son crâne, marqué par les cymbales des corps armés rahjaks, amplifié par le fourmillement de la Cité dans le Désert. Ces percées en pleine nature sauvage sont un moyen de faire une pause. De s’oublier un peu en tant qu’homme civilisé pour devenir un animal parmi les animaux. De mettre sa vie sur le fil du rasoir pour mieux sentir les menues attaches qui l’accrochent ici bas. Alors peu importe le cuir râpé de ses bottes, les coutures lâches de son aumônière, l’aspect décousu de sa vieille cape de voyage. Peu importe la fatigue dans ses os craquants, la lassitude dans ses muscles fourbus, les décrochements inopinés de son cœur, les estafilades et les pelures de sa peau qui n’en peut plus des échardes, des giboulées, des nuits glaciales et des pierriers traîtres. Peu importe le corps à bout d’os, à bout de tendons, à bout de nerfs.

Ces dix derniers mois, sa pharmacopée s’est enrichie tant et si bien que Cassian ne vit plus que pour ses recherches. Pour les épais herbiers qui pèsent atrocement, dans son viatique. Pour les carnets de croquis et pour les études écrites qui lestent péniblement son dos. Il mange de manière si frugale que quelques côtes saillent à ses flancs, que son visage s’est abîmé dans des arêtes isocèles. Il vit de manière si monacale que ses sporadiques retours à la Cité lui sont d’une extrême violence. C’est qu’il se montre oublieux des codes qui régissent les rapports humains, qu’il ne supporte plus ni les yeux curieux ni les bouches jacasses. Ces relâches ne durent jamais plus d’un mois, le temps de décharger ses cervicales des précieuses denrées fauchées en chemin. Et puis il repart derechef, traversant les places et les artères de la Cité aux heures creuses.

Depuis des cycles de lunes, il bat donc la poussière du continent, vagabonde telle une âme en peine dans les combes de vallées ombreuses, le long de rivières troubles, dans des massifs stériles et lunaires, dans le cœur de jungles filandreuses. Incessamment, il observe la course des astres et la montée des ombres. Il étudie le comportement des lichens et les stratégies des insectes. A la manière d’un incorrigible orpailleur, il tamise la terre pour en extraire de nouveaux bulbes et tubercules. Telle une filandière infatigable, il passe au peigne les halliers et les prairies pour se saisir d’herbes folles et de lianes rasoirs. Les journées sont d’une répétitivité mortelle. La routine du bivouac a pris une place envahissante dans son quotidien. Mais toutes les attentions qu’il doit porter à son environnement, à la géologie des reliefs, aux dangers qui guettent, aux intempéries qui menacent au dessus de la ramée, sont autant de sujets qui le détournent de songeries plus obscures. Sa famille éclatée. Le blason périclitant des Saadas.

Devant ses yeux, une belle langue de terre sinue entre des troncs centenaires. Quelques flèches de soleil percent la canopée. Une ombre mouchetée tombe sur ses épaules comme un sortilège de protection. Depuis quelques heures, le Sorcier a pris la route. La nuit a été courte. Son sommeil, entrecoupé par des angoisses, chauffée à blanc par des cauchemars. Des ombres profondes et bleuâtres cavent ses yeux qui semblent deux anfractuosités inhabitées dans une roche crayeuse. Malgré sa nature de désertois et sa vie au grand air, sa peau n’en fini pas d’arborer cette pâleur fiévreuse, injectée par l’insomnie et les hallucinoses. Si la fatigue physique l’assène parfois plus efficacement qu’un coup de gourdin, son esprit suspicieux glisse dans ses veines des filées de cortisol qui le maintiennent perpétuellement sur le qui-vive. Une nervosité usante, qui lui fait entrevoir dans la pénombre des forêts des esprits mauvais, infiltrés dans les corps de grands élaphes malbâtis. La lumière crue de jour devient agressive, pour ses conjonctives irritées, si bien qu’il préfère aux sentiers découverts les petits layons, écarts de routes commerciales.

De fait, à l’ordinaire, Cassian a l’art et la manière de ne jamais croiser âme qui vive. De ne jamais croiser une âme humaine, tout du moins. Aussi, alors qu’il perçoit à l’autre bout du chemin le bruit distinct de gravas qui crépitent sous la semelle d’une chaussure, il croit avoir à faire à un grand animal monté sur sabots. Mais la foulée est celle d’un bipède, presque identique à la sienne. Il n’a pas le temps de se mettre à couvert que l’inconnu apparaît, à l’autre bout de la sente, à une distance d’un jet de pierre. Le Rahjak se tient immobile, scrutant la silhouette du promeneur de ses yeux noirs. Non pas un mercenaire. Pas un guerrier. Pas un chasseur lourdement armé. Peut-être pas une menace ostensible, après tout. Ralentissant un brin la cadence, Cassian poursuit son chemin-faisant comme si de rien n’était, glissant imperceptiblement sa main à hauteur de ceinture. Là, dans un repli de sa cape, le contact froid d’une lame. Le croissant de métal de sa serpe de cueilleur. Méfiant, la distance entre les deux inconnus s’amenuise jusqu’à ce qu’un doute réfrène l'empoisonneur dans son avancée. Cet inconnu est-il vraiment un inconnu ?

« William. » Souffle bassement le Sorcier qui ignore parfaitement ce qu’il est sensé éprouver.

La dernière fois, c’était juste un regard échangé aux pourparlers Pikunis, alors que l’ambiance était à couper au couteau. Si l’on remonte encore plus loin, c’était au fin fond de ces cachots malodorants qui s’étendent dans les galeries souterraines de la Cité Rahjak. Chez lui, en somme. William, ce Skaïkru blessé dont il s’était occupé, et avec qui il avait passé des heures interminables. Des heures parfois trop courtes, aussi. Les circonstances ont toujours fait d’eux des ennemis, des antagonistes. Aujourd’hui en a décidé autrement. Aujourd’hui, il n’y a que la forêt pour les observer. La forêt, entité neutre par excellence, reine impartiale qui semble curieuse du mélange que va former ces deux ingrédients incongrus, qui ont toujours eu des masques, sinon des rôles à remplir, lors de leurs précédentes rencontres. Cassian émerge du tourbillon de ses pensées au bout de laborieuses minutes. Il réalise qu’un épais silence règne entre les deux hommes, que même la forêt a mise sa rumeur sylvestre en sourdine, qu’il serait décent de lâcher quelques mots. Ou de passer sa route.

« Comment va… » tu ? « … ta plaie ? »
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Liam Cohen
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le Jeu 27 Déc - 1:20




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Il ne comprend pas tout de suite qu’il part pour si loin, si tôt. Il a prévu de quoi passer la nuit dehors, a l’intention de loger dans la carcasse du reste de leur vaisseau mais lorsqu’il déambule comme ça dans le campement des Odysséens, le nouveau si proche du leur, ce n’est généralement pas pour penser que ce n’est qu’une étape pour aller plus loin. S’il ne peut pas vraiment changer le passé, il peut tenter de profiter de l’instant présent, des proches qu’il retrouve au fil du temps qui passe, qui défile sans qu’ils puissent y faire quelque chose, qui les force à réfléchir aussi, de façon différente. Si au début il pensait qu’il y avait une grande différence entre les deux groupes venus du ciel, ce n’est plus trop le cas aujourd’hui. De ce qu’il sait, il y a partout sur cette terre des lois qu’il faut respecter, c’était différent de là-haut. Pas qu’il accepte facilement ce qu’il s’est passé, ce qui les a poussé à les larguer ici mais il comprend la démarche, comprend aussi qu’il fallait réglementer pour que le vaisseau n’explose pas, les tuant tous. Alors même s’il n’est pas à agir pour le bien du plus grand nombre, sa façon de voir les choses est différente, il comprend qu’ils n’avaient pas le choix, que la vie aurait pu être plus difficile, les lois plus contraignantes qu’elles ne l’étaient en réalité s’il y avait eu d’autres personnes au pouvoir.

Il aime bien d’ailleurs aller au campement des deuxièmes descendus du ciel pour avoir des avis différents, plus diversifiés que ceux qu’il peut entendre parfois de ceux qu’il côtoie depuis quatre ans. Certains ont peut-être changé d’avis mais la rancune est tenace pour ceux ne voient pas plus loin que leur propre vie. Oh il comprend. Il n’a pas si facilement accepté au début, n’a pas non plus digéré ce qu’il avait fait même si la version de l’accident reste encore dans sa tête. Accident ou pas un mort reste sur la conscience et c’est probablement pour cette raison qu’il a toujours essayé de rester loin des conflits, même s’il peut s’agacer tout seul comme un idiot face aux comportements de certains et parfois même par rapport au sien, il n’en sait rien. Il suppose que c’est lié. Pas parce qu’il ne veut pas retourner comme dix ans en arrière à l’époque de sa condamnation mais parce qu’il y a tout simplement d’autres façons de faire pour résoudre les conflits, qu’il faut toujours essayer d’abord puis laisser à ceux qui ont l’envie de se battre dans le sang et prendre la fuite. Oui, c’est beaucoup plus sa façon de faire ça.

Sauf qu’il ne fuit pas les Odysséens au moment où il décide de partir juste comme ça, de prendre la route vers ce qu’il pense être bien les marécages alors qu’il prend un détour pour aller vers l’ancien vaisseau de l’Odyssée. C’est beaucoup plus sur par ici. Il sait que non loin se trouvent le territoire des Naoris, de ceux qui les ont aidé il y a de ça quelques années plus tôt, c’est aussi eux qui ont aidé leurs aînés à s’en sortir sur terre, l'endroit aussi où Alaska est restée pendant tout un temps. C’est étrange d’avoir ainsi plein de liens qui le relie à cette tribu alors qu’il ne les connait pas, qu’ils restent cette tribu étrange qu’il a rencontré pour la première fois dans le désert et pour la seconde lors de cette sorte de meeting ou rien ne s’est passé finalement chez les Pikunis et d'autres encore hors des rencontres organisées dans cette même forêt : point de rencontre universel. Il ne les connait pas très bien, il a simplement l’impression qu’ils viennent que lorsque ça les arrange, quand ça les arrange. Il ne sait pas trop qu’en penser, il les trouve trop étranges que pour donner un avis sur eux juste sur quelques informations ci et là. Un jour peut-être parviendra t-il a les comprendre juste un peu. Il a envie en fait pour eux et les habitants de cette planète, les Naoris ne sont pas les seuls qu'il peine à comprendre.

Il a eu le temps de cogiter depuis le désert. Ce n’est pas si souvent qu’il se retrouve ainsi seul avec ses pensées dans un endroit qui lui est encore étranger. Il connait la forêt sans la connaitre. Il s’est toujours débrouillé pour y aller avec d’autres comme cette fois-là où il est allé avec Morgan vers le vieux phare. Ils ont pris la même route, se sont dirigé vers le vaisseau en première halte pour mieux poursuivre les kilomètres qui sont bien moins long aujourd’hui. Il ne se doute pas qu’il se dirige vers cet endroit mais c’est curieux de voir comme l’inconscient fait bien les choses quand il y a comme une zone d’ombre vers un endroit en particulier, par un événement qu’il ne parvient pas encore à vraiment définir. Que s’est-il passé avec Lucie et Morgan, avec cette odysséenne dans cet endroit ? Il ne sait pas vraiment. Il y a des réponses qui lui traversent l’esprit mais c’est la logique qui lui souffle cette réponse pour tout venir balayer d’un geste : les fantômes n’existent pas.

Quand il se réveille le lendemain, c’est l’esprit un peu brumeux qui le dirige, il ne se pose pas de question. Ce n’est pas comme s’il était perdu, il est déjà allé par-là, il a même une carte vaguement dessinée et plus ou moins juste puisque pour le moment il est arrivé à bon port. Il sait qu’il ne restera pas bien longtemps, qu’il ne fera pas l’explorateur plus loin parce qu’il sait très bien ce qui se cache dans les dunes, un endroit qu’il n’a jamais franchi à nouveau de son plein gré et c’est très bien comme ça. La forêt n’est peut-être pas reposante, a son lot de pièges mais ce n’est pas le désert et la cité qui se cache plus loin comme à l’abris des regards de leurs coutumes vaseuses. Il préfère ne pas y penser et c’est là qu’il repense à ses possibilités, à ce vieux phare qui le nargue comme pour lui dire qu’il n’oserait pas y aller une deuxième fois juste pour vérifier, pour se prouver à lui-même que ce qu’il s’était passé là-bas n’était qu’une farce collective de leur esprits fatigués. Il à bien entendu parler de ce qu’il s’est passé sur la plage, c’est dans la même veine pas vrai ? Il n’en sait rien, s’apprête faire demi-tour quand une forme se distingue au loin.

Et Merde.

Quatre ans passés ici ne lui a pas appris à ne plus se perdre dans ses pensées comme ça même pour se dire ce qu’il faut faire. Être toujours en alerte, la base. N’a-t-il donc rien retenu ?

Apparemment pas.

Il hausse les épaules. Il ne fait que deviner pour le moment : c’est juste une forme et une forme ne peut pas être vraiment bien dangereuse. Si elle l’avait été : il sait d’avance que la personne aurait agit sans attendre d’avantage. La forme face à lui semble s’avancer et Liam hésite parce qu’il ne sait toujours pas quelles sont ses intentions même si pour le moment elles ne peuvent pas être mortelles, quoique…  il regarde l’objet que le pas si inconnu tient dans ses mains : il n’en sait rien. Il n’a pas l’habitude de le croiser, lui, celui qu’il pensait ne jamais croiser en dehors de la cité. Celui qu’il a déjà croisé brièvement une fois, et celle-ci. Le problème avec lui c’est qu’il ne sait jamais vraiment comment cela va se passer et qu’il n’est pas drogué cette fois alors, oui, c’est l’imprévisibilité qui risque d’être l’acteur de cette rencontre pour le moins inattendue. « William. » Il hoche la tête en faisant signe qu’il le reconnait qu'il l'a entendu. Il prend son temps, va lui répondre. C'est juste tellement inédit de le trouver là qu'il ne sait pas trop comment s'adresser à celui qui a une mine à faire peur. Il ne va pas mentir en disant que la surprise n'est pas au rendez-vous. Aujourd'hui pourtant le contexte est différent. Cassian est spécial mais il ne l'a jamais menacé. Il n'a rien à craindre de celui qu'il observe depuis un moment dans le silence le plus total juste parce qu'il hésite encore. Sa blessure, il n'a pas vraiment envie d'en parler même s'il pressent qu'il ne va pas pouvoir évincer le sujet  juste comme ça. Aussi étrange soit-il, Cassian est médecin, sorcier, c'est plus ou moins la même chose dit de façon différente. « Elle se porte bien, Cassian. » Hésitation. Il n’est plus prisonnier ici, ne devrait pas hésiter face à ce qu’il veut dire comme il a l’habitude de faire maintenant, pas comme avant sur l’Odyssée, avant, au début de sa découverte de la terre. « T’as une sale gueule tu sais ? » C’est une façon de dire les choses. Lui ne doit pas avoir la tête des meilleurs jours, comme l’autre fois avec Morgan, comme lors de ses explorations de la terre, c’est rare s’il dort, s’il dort bien en tout cas. « J’pensais pas te croiser un jour au détour d’un sentier entouré… » Il hésite un peu, c’est con cette situation pour celui qui pensait que Cassian serait vraiment le dernier des derniers de s’aventurer ainsi hors de sa cité. Il tourne autour de lui-même comme pour observer la forêt qui les entoure. « D’arbres. » Il a un sourire amusé de sa propre connerie. C’est sur : des heures de sommeil il lui en manque des tas. C’est même certain pour qu’il lui demande aussi ça comme s’il était en droit de l’interroger ainsi. « Tu vas où ? »

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Cassian Saada
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le Sam 5 Jan - 0:15
A mesure que les deux billes noires de Cassian roulent sur les traits de William à la façon d’un rouleau-compresseur, émergent en son crâne des interrogations. La plus criante : pourquoi est-ce que le souvenir du Skaïkru est-il demeuré si net dans sa mémoire, alors que deux années denses se dressent entre leurs rencontres respectives ? Certes, l’empoisonneur a les sens affûtés, et son œil razzie les moindres détails de son environnement. Mais le temps a le don d’édulcorer les rencontres les plus colorées, les aigreurs vertes, les émotions les plus furieuses. Et là, l’anecdote rayonne en sa mémoire, pôle magnétique et vibratoire, fourmillante de détails. Et là, l’anecdote ramenée à la surface possède encore le teint de pêche du moribond, fraîchement évaporé. Comme si c’était hier, Cassian se rappelle l’humidité pénétrante des cachots, sa bisbille avec les gardes, l’emplacement de la cellule parmi les centaines d’alcôves à perte de vue, le coloris bilieux de la plaie, aux berges gâtées, et le regard obtus du prisonnier, si renfrogné aux premières secondes de leur rencontre. Il se souvient aussi les rares paroles qui ont franchi ses lèvres, à ses moments d'égarements, aux divagations qu'il a formulé, acculé par les substances psychotropes. Et puis aussi la manière un peu fortuite dont le cours de leurs entretiens s'est rompu, sans adieux, sans la moindre prévenance, sans rien. Un beau matin, Cassian n’est pas venu s’occuper des plaies de William. Le suivant non plus. Un de ses subalternes a repris le flambeau, sans fournir la moindre excuse quant au faux bond du Sorcier. Qui avait certainement mieux à faire, Ailleurs.

William l’a reconnu. Il opine du chef tièdement, comme si ce coup fourré du destin n’avait rien d’invraisemblable. Il a l’air aussi paisible que s’il croisait un collègue durant une ronde coutumière. Rien n’a bien changé depuis deux ans, et William est toujours un palimpseste, plaçant ses émotions sous scellés, déposant ses réflexions dans les replis veloutés d’un coffre-fort. Du reste, Cassian n’est pas plus expressif, quand bien même la surprise foudroie son assiette, qu’une pellicule de givre semble cristalliser le pourtour de ses iris, que ses lèvres se resserrent à blêmir. Un œil extérieur ne peut qu’imaginer une rencontre convenue et méticuleusement planifiée. Un œil extérieur ne peut qu’imaginer un nombre incalculable d’échanges intermittents, entre prémices et présent, afin de justifier cet élan naturel qui les porte jusqu’au face à face, tant ils semblent ballotés par le courant languide d’un méandre.

Sa blessure se porte bien. Il est guéri. Il n’y a même pas l’ombre d’un sourire pour couronner les lèvres de l’empoisonneur. A la satisfaction et l’ivresse des réussites, on dirait qu’il préfère s’ulcérer pour les quelques bévues qui jalonnent son parcours. Ses succès sont autant d’affaires classées qu’il balaye d’un geste de la main, tandis que ses méprises peuvent le mortifier des cycles de lunes entiers, s’immisçant dans l’empire sépulcral de ses songes. Bien sûr, il compte demander au Skaïkru à voir les derniers reliefs de son estafilade, mais une main impalpable le retient pour l’heure. Cassian ignore tout à fait de quoi l’enfant du ciel est capable, défait de ses fers, loin de sa cellule étriquée, fringant, sans le moindre témoin pour retenir ses velléités vengeresses. A ce titre, Cassian le toise fixement, décillé. Le brocard de William résonne longuement avant de voir aux traits du Sorcier, l’ersatz d’une réaction. Une sale gueule, qu’il a dit. Une courbure torse aux lèvres du Rahjak, qui laisse filer une vrille d’éther, à mi-chemin entre un éclat de rire caustique et un soupir austère.

« Les temps sont durs. Non ? » Répartit-il, appuyant son œillade plus encore. Une façon de lui retourner le compliment à la façon du diplomate qui verse dans l’allusif. « Moi non plus, William. » Poursuit-il, d’une voix songeuse, sans bouger d’un iota. Qui-vive paralytique. Créature à découvert, attendant que son immobilité la confonde au décor. Seule la bise apporte un peu de vitalité au tableau qu’il offre, brassant quelques boucles fauves, gondolant les étoffes fines de ses vêtements qui semblent suspendues à des os de pierre. « Moi non plus, je ne pensais pas te revoir. C’est… Etrange. » Comme si la courbure du temps avait produit un accroc, comme si la trame régulière des années présentait un ourlet brutal, une déchirure, une erreur. Un instant, la prunelle du Sorcier se met à parcourir les futaies, les trouées mordorées des chablis, les ronceraies blotties à l’ombre des souches, les bouffissures des frondaisons, les feuilles denticulées des buissons. Il semble chercher une tierce personne, peut-être toute une équipée qui les épierait à couvert, dans les nuances du décor qui paraît sous un visage plus dangereux. Ses sens semblent faire fi des rais de lumière, du vert vif des feuillages, des odeurs agréables de tanin et d’humus. L’espace d’un instant, il se focalise sur les ombres bleuâtres ramassées au sol, sur les nœuds des bois, sur les parterres de feuilles mortes qui semblent si épais, ragaillardis par l’automne, qu’ils pourraient recouvrir cadavres et chausse-trape à la pelle. Sa ronde faite, il revient à William. « Tu es seul ? » Voix lapidaire, aimable comme à l’accoutumée.

« J’allais au Phare. J’y ai perçu de l’animation. Je crois qu’on m’a appelé. » Répond l’empoisonneur, survolant les détails de son périple et de ses motivations. « Et toi ? Petite reconnaissance de chasseur ? Tu pistes les bêtes où tu repères les hommes ? » Ajoute le désertois, sur la défensive, et de l’acide caustique sembler enfieller les bas octaves de sa voix. Jusqu’à preuve du contraire, l’autre est hostile et malintentionné. L’autre est un péril, l’autre court à sa perte, l’autre l’épie et le compromet. Tant que le doute persiste et taraude, tant que le doute le pousse dans ses retranchements, Cassian ne se sent pas capable d’honorer les échanges les plus succincts, fusse-ce de demander à voir la cicatrice de celui qui fut son lointain patient, de proposer au Skaïkru de cheminer de conserve ne serait-ce que quelques minutes. Il doit conjurer les doutes et les demi-teintes de cette atmosphère. Il doit tailler dans le vif.

« Est-ce que nous sommes ennemis ? » Demande t-il, le plus simplement du monde, le plus crûment du monde, aussi. Sa question est une fronde qui troue l’espace, une sagaie qui écharpe les couches d’oxygène. Il doit savoir. Il doit saisir les plus infimes ressauts qui épingleront le visage de William à cette seconde précise. Il doit guetter les commissures de ses lèvres, le miroitement de sa rétine, le nœud de sa gorge, la trémulation de sa mâchoire, la saillie de ses clavicules. De tout temps, les Rahjaks et les enfants du Ciel ont frayé au cœur de la tension, la bousculade et l’adversité. Pourquoi William s’émanciperait-il d’une suspicion légitime ? Pourquoi serait-il fou, en fait ?
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Liam Cohen
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le Sam 19 Jan - 2:22



Laisse allumé pour les fantômes.





Il l’observe tout en lui balançant ces mots. Que dire au Rahjak ? Il ne sait pas. Il ne le connait pas et ce même s’ils se sont croisés plusieurs fois, même s’il l’a soigné. C’est compliqué cette situation parce que même s’ils se sont brièvement croisés chez les Pikunis, le voilà ici non loin de lui alors qu’il n’aurait jamais pensé une seule seconde avoir à le rencontrer. C’est étrange. Il a l’impression d’être un idiot à parler comme ça mais c’est la surprise qui le fait dire des paroles stupides dénudées de sens. Enfin, cela à du sens à ne pas s’attendre à le trouver ici, au milieu d’arbres de verdure, de vie même s’il n’y a personne d’autre qu’eux, du moins pour le moment ou de ce qu'il peut voir dans ce soin : il n’y a pas âme qui vive même s’il doit y en avoir des tas. Ils ne les voient tout simplement pas.

Il est curieux d’avoir des réponses même si le blond peut très bien l’envoyer paître et partir comme il est arrivé. Liam hésite, c’est une situation nouvelle que de se retrouver face à quelqu’un d’autre du désert, face à quelqu’un d’autre que la rousse qui voulait le ramener. Il ne sait pas si c’est toujours d’actualité, n’a pas envie que ça le soit. Il vient tout juste de retrouver les siens, sa famille, ce n’est pas pour qu’on l’emmène à nouveau dans cette cité de feu. Ils n’ont plus le droit. C’est ce qu’il se dit pour se rassurer, se doute que ce n’est pas la cause de la présence de Cassian mais si le sorcier est là c’est qu’il y en a peut-être d’autres. Le silence de la forêt le laisse mitigé, ne l’inquiète mais ne le rassure pas pour autant. Il est coincé. Il est coincé avec Cassian.

Comme avant.

« Les temps sont durs. Non ? » « Non. » Il hausse les épaules. Pas plus que d’habitude. Les blessures se sont cicatrisées, celles visibles et non visibles. Il n’a pas oublié Thaïs.

Etrange. C’est le mot qu’il place en tête pour décrire le fait de le retrouver là, de le rencontrer dans un lieu bien différent de ce à quoi ils ont été habitué. C’est … bien ? Il n’en sait rien. Il ne sait que penser de celui qui se trouve en face de lui et pourtant il n’a pas peur, il est juste curieux.

Indéniablement curieux comme il l’a été aussi là-bas.

Cassian l’intrigue. Il est différent de tous ceux qu’il a pu rencontrer sur terre comme à l’époque sur l’Odyssée.

Il hoche simplement la tête, en se demandant comment cela va se passer à présent. Cassian pourrait partir comme s’il avait vu un mirage et étrangement là aussi, Liam n’en a pas envie. Il veut savoir ce qui l’amène même s’il n’en a pas le droit. C’est la curiosité qui parle en premier.

« Tu es seul ? » « T’en vois d’autres toi ? Tu sais généralement on est groupé. »

Comme …  Il secoue la tête, n’a pas envie de se remémorer de son séjour là bas avec ceux qui soit ne sont plus parmi eux soit se sont trouvés changés depuis l’épisode de la cité. Lui ne déroge pas à la règle, il a juste plus de facilité peut-être à faire comme si rien ne s’était passé. Il avance plus facilement ainsi, il ne se mine pas inutilement le moral. Il s’en est sorti, il est en vie : c’est tout ce qui compte.

C’est tout ce qui devrait compter.

« J’allais au Phare. J’y ai perçu de l’animation. Je crois qu’on m’a appelé. » Il ne réalise pas tout de suite que c’est le blond qui parle, qui a l’intention d’aller au phare. Il le regarde comme s’il cherchait à savoir s’il venait de lui sortir un beau mensonge juste pour qu’il lui fiche la paix et le laisse s’en aller. C’est stupide. Cassian est libre d’aller où il veut. « On t’a appelé ? » Il ne va pas lui répondre, comme il hésite à lui répondre en retour. Il se demande s’il n’y a pas d’autres Rahjaks pas loin. Les Rahjaks appellent les Rahjaks pas vrai ? C’est qu’il ne comprend pas très bien comme d’habitude la façon de s’exprimer du sorcier. Ca l’embête un peu mais il parviendra à le comprendre à force, c’est obligé. Ca l’embêterait pas mal sinon, c’est vrai qu’il a toujours préféré comprendre. « Non et non. » Il est un peu désarçonné par la question par cette envie aussi d’aller au phare. De l’animation ? On peut l’dire ouais. Il ne sait pas s’il doit lui donner plus d’explication, non. Il n’est plus le même qu’il y a presque quatre ans, c’est différent. Tout est différent et c’est une chose à laquelle il n’est pas habitué. Cassian ne lui a rien fait pourtant. Ce n’est pas lui qui l’a emmené de force dans le désert. Il devrait pouvoir être capable de lui parler comme lors de ces premiers mots malhabilement lancés comme pris par surprise. « Est-ce que nous sommes ennemis ? » Il sursaute un peu. La question fait écho à ses pensées, à son envie de savoir comment se comporter envers lui.

Il n’en sait rien.

« Je ne pense pas ? » Il a l’air de réfléchir en parlant, n’arrive pas à donner une réponse satisfaisante pour les deux. « Je n’ai rien contre toi. » Il ne va pas l’englober avec ceux qui enlèvent encore des personnes dans le désert. Il ne le connait peut-être pas mais ça au moins il suppose qu’il ne le fait pas. Il n’a pas envie de se tromper sur ça. « Sauf si tu comptes ramener quelqu’un dans le désert, t’es pas mon ennemi non. » Le problème est, il ne sait pas ce que Cassian fait ici, pour de vrai. Le phare, ça veut tout et rien dire. « Quelqu’un est au phare ? » Il préfère être prudent même si quelqu’un effectivement est au phare, peut-être que Cassian ne le sait pas. « Si tu crois que des esprits vivent encore après la mort ne va pas là-bas. » Le prévient-il ? Peut-être. Rahjak ou pas, il sait qu’il se serait senti mal en ne lui disant rien de ce qu’il sait ou croit savoir sur l’endroit.  


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Cassian Saada
DATE D'INSCRIPTION : 03/12/2018 PSEUDO/PRENOM : Anticarde. MULTICOMPTES : Néant. MESSAGES : 518 CELEBRITE : Evan Peters COPYRIGHT : Nexus (avatar). METIER/APTITUDES : Sorcier. (apothicaire, chirurgien) TRIBU : Rahjak. POINTS GAGNES : 419
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Laisse allumé pour les fantômes. Empty Re: Laisse allumé pour les fantômes.

le Ven 15 Mar - 18:00
« Non. » Assène William, sans appel. Tonalité d’airain. Inflexion concave. Cassian reconnaît cette désinvolture cuisante que le Skaïkru aime à adopter au-devant des complications. Elle résonne et remonte le temps. Il en était de même dans les cachots, quelques étés en arrière. Là-bas aussi, il respirait cet espèce de fatalisme diffus, il se fendait de quelques molles rebuffades quand le désespoir ambiant implantait ses compagnons telle une sangsue. Pour autant, Cassian ne veut commettre la méprise de croire William insensible. Chez lui, les rictus et les moues ombragent des émotions plus vives, qui renâclent à paraître en plein jour. Il en a vu quelques unes fleurir, par le passé, lorsque l’élan des drogues le bringuebalait. Il avait été surpris, par certaines de ses questions et de ses attentions, qui révélaient un certain sens de l’observation ainsi qu’une sensibilité vibrante. Mais ce ne furent que des jaillissements disparates et incertains, des trébuchements. Aujourd’hui, en pleine possession de ses moyens, William semble avoir retrouvé toute la fiabilité de son assise. Il est le roseau qui courbe au gré des salves de vent, et si les tempêtes abîment sa matrice profonde, l'écorce est intacte.

Le Skaïkru confirme être seul. De manière assez cocasse, il étaye sa réponse de quelques précisions, comme s’il était question de rasséréner le Rahjak, qui ne peut s’empêcher de le darder de son œil suspicieux. Quelques passes verbales plus tard, la méfiance reptilienne de Cassian retombe en soufflet. L’enfant du ciel n’émane aucune hostilité, malgré leur passif malaisé. Qu’il soit prisonnier, plus ou moins condamné à mort, ou alors libre de toute entrave, faisant la cavale le long de sentiers forestiers, William est exactement la même personne. Troublante euthymie. Egalité d’âme miraculée au coeur de la houle et du nuancier des temps. Le Sorcier a l’habitude des comportements versatiles, des tromperies qu'on travaille de longues années, des masques qui volent lorsqu’on redistribue les cartes. Il a vu des esclaves a priori benêts devenir des maîtres chanteurs ambitieux, comme des têtes couronnées user d’une condescendance de vitrine pour mieux couver des doutes branlants. Il est dans la nature de l’homme d’être changeant et calculateur. Mais il y a William, qui existe et qui semble échapper à ces travers, remettant en question toute l’équation. C’est étrangement reposant, de se trouver en sa compagnie.

« Je n’ai rien contre toi. » Se risque t-il, avec l’air de marcher sur des œufs. Son hébétude première à l’énonciation de la question laisse présager une réponse dénuée de filtre, de fioriture, la matière première de ses pensées. « Sauf si tu comptes ramener quelqu’un dans le désert, t’es pas mon ennemi non. » A ces mots, Cassian ne peut s’empêcher de lui couler un long regard désabusé, comme si l’enfant du ciel venait de lui adresser quelque lazzi. Lui a toujours vu les mercenaires et les chasseurs d’esclaves comme des esprits frustres, qui n’ont d’autres choix que de mettre à contribution leurs muscles et leurs pognes pour subsister, ivraie de la société brillante des Rahjaks qui trouve son utilité dans d’ingrats travaux de force et de logistique. Difficile alors pour lui de dissimuler le tiède mépris qu’il porte à l’égard de ses congénères, tandis qu’un éclat de rire bien vert écorche ses lèvres. « Rassure-toi, je ne suis pas un mercenaire. Je voyage en tant que botaniste et cueilleur, et les affaires de mes petits camarades ne m’intéressent pas le moins du monde. » Une honnêteté tranchante aux entournures, qui ne lui fait pas condamner les actes de ses semblables pour autant. Loin s’en faut, ce que Cassian s’abstient d’ajouter, c’est qu’il fait partie de ceux qui achètent les esclaves, et non de ceux qui les traquent. « Nous ne sommes pas ennemis, alors. Je suis d’accord. » Assertion métallique, qui semble hisser de simples mots au rang de formules magiques passibles de mauvais sorts si elles se voient bafouées. Et parce qu’il a besoin de signer cet étrange état des lieux, il s’approche d’une nouvelle foulée et lui tend une sobre main. Pacte de non-agression à défaut d’ébauche d’amitié.

« Oui, William, il y a quelqu’un au phare. » Reprend derechef le Rahjak une fois l’effet de surprise inhérent à leurs retrouvailles passé. D’un regard, il poinçonne le petit chemin de terre qui s’en va en riant en direction de ce phare, nimbé d’un folklore dont l’empoisonneur ignorait tout. Des fantômes, alors ? Cassian voit sa curiosité piquée à vif, et scrute de longues secondes l’azimut maudit qui aimante ses pas. Un léger silence, dans lequel le vent grince et se love, et puis ses deux billes noires reviennent à son non-ennemi. Est-ce bien une once d’appréhension, qui tend la voix si indolente de William ? Redoute t-il le moindre danger, pour, au lieu de lui faire part des rumeurs en vogue sur cette bâtisse oubliée, transmuer cela en un avertissement invitant à faire volte face ? Si Cassian n’a jamais été un grand téméraire, tout ce qui touche aux mystères de la mort exacerbe ses sens, parmi les plus abjectes. Une lueur falote s’est éveillée, dans le creux de sa prunelle. Un feu-follet aride. Une chandelle de caveau. « Est-ce que tu insinues que le phare est hanté ? Tu y es déjà allé ? » Brame t-il, bien conscient de tailler dans le vif, et particulièrement curieux de la réaction de son homologue qui a les pieds si fermement ancrés au sol. « Tu y crois, toi, à ces rumeurs ? » Ajoute t-il, et les résonances grégoriennes de sa voix ne parviennent pas à étouffer tout à fait cette légère provocation qui rebique, insolente. Il s’adresse à lui comme s’il le connaissait, comme s’il devançait ses considérations si tangibles. Les circonstances atroces de leurs premières rencontres semblent avoir eu un drôle de bienfait ; celui de les confronter l’un à l’autre sans chant de flûte, sans bonnes dispositions trompeuses, révélant tout de suite leurs essences brutes.

« Je ne crois pas à proprement parler aux fantômes. Mais je suis persuadé que nos sens étroits ne nous permettent pas de tout voir, de tout sentir, de tout entendre. Et puis nous n’avons pas tous la même acuité… William. » Dit-il, avec l’impression de maquiller des pensées criardes. William ne le croirait pas, si Cassian lui disait qu’il entend des voix, qu’il voit les royaumes cachés dans les ombres, qu’il est sans cesse escorter de monstres et de spectres sans parentée humaine. Il n’en parle jamais, à personne. C’est un tabou qui l’emmure, l’isole, qui l’embastille. Pour ne l’avoir jamais évoqué ni avec Scylla, ni avec Noah, ni avec quelque familier qu’il comporte à la Cité de feu, c’est pour le moins inattendu d’effleurer du bout des doigts cet interdit avec le Skaïkru. Cassian enchaîne, entraînée par sa curiosité naturelle. « En tout cas, j'ignorais que les Skaïkrus croyaient aux fantômes. A moins que tu tiennes cette information des natifs ? Qu'est ce que tu as entendu, précisément ? »
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Liam Cohen
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le Lun 15 Avr - 10:55
C’est étrange de se trouver là. Il ne sait pas trop comment faire par rapport à Cassian en réalité. Ce n’est pas son ennemi mais il est dans l’incapacité d’énoncer ce que Cassian devient alors. C’est la question qu’il se pose alors qu’ils sont là à s’observer comme pour voir quels sont les prochains gestes de l’autre à leur égard. La situation est totalement différente, l’univers aussi. Le désert. La forêt. C’est radicalement différent, les lois ne sont pas les mêmes. En réalité, ils sont tous les deux sur un terrain neutre et pourtant Liam ne sait pas comment s’y prendre tout en s’y prenant paradoxalement presque de la même façon que dans la cité. Il ne change pas qu’il soit ici ou là-bas. Il est le même. La seule différence c’est par rapport à là-haut. La terre l’a-t-il changé ? Il ne suppose pas, il n’y a pas qu’elle. Passer par la case prison en se disant qu’il allait de toute façon mourir ne l’a pas aidé. Enfin si, ça l’a fait grandir.

Il a du mal à le cerner Cassian, il aura toujours du mal. Après tout ils ne se connaissent pas. Mais il a dans la façon de s’exprimer des façons de faire qui déstabilisent un peu. C’est comme s’il s’attendait à ce que tous comprennent sa façon d’être, de s’exprimer alors que ce n’est pas si simple. Il ne comprend pas lui ce que Cassian veut dire par ‘on l’a appelé’ Il suppose que c’est une sorte de métaphore, un pressentiment ou quelque chose d’assez flou de ce genre. Il lui donne une réponse un peu hasardeuse. Il sait le sorcier soigneur, pas mercenaire mais c’est toujours un questionnement que Liam aura à chaque fois qu’il croisera l’un de ceux qu’il reconnaitra en tant que Rahjak ou qu’il supposera venant du désert même s’il peut bien évidemment se tromper.

Il ne sait pas pourquoi il lui a balancé ça, cette phrase sur les esprits et la mort. Il sait le sorcier étrange par bien des façons mais ne le connaitra jamais assez bien que pour savoir ce qu’il pense de tout ça. Il a beau être étrange, un peu plus bizarre que les autres, cela ne suffit pas à le cataloguer dans ces gens un peu morbides enfin peut-être qu’il l’est un peu. Peut-être oui mais Liam n’a pas envie de s’arrêter à ça, à cet aspect chez lui. Il est borné le Cohen, parce qu’il ne veut pas faire dans la simplicité : il ne veut pas mettre les gens dans des cases. Il hausse les épaules au regard du Rahjak. Bah quoi ? Était-il sensé savoir à l’avance qu’il n’était pas de temps à autres mercenaire à ses heures perdues, juste comme ça ? Peut-être. Il n’en sait rien. Cassian n’est pas son ennemi mais il ne le connait pas non plus, pas assez pour ne pas se méfier même si la méfiance est déjà redescendue par rapport à la cité. L’endroit est différent, leurs rôles aussi. « Rassure-toi, je ne suis pas un mercenaire. Je voyage en tant que botaniste et cueilleur, et les affaires de mes petits camarades ne m’intéressent pas le moins du monde. » Il ne dit pas qu’il est contre pour autant mais Liam hoche a tête, pour le moment ça sera suffisant et le débarqué espère peut-être un peu que cela sera toujours autant suffisant avec lui. Il n’a pas envie de se méfier tout le temps de tout.  

« Pas ennemi. » Qu’il répète un ton plus bas comme s’il n’avait pas envie qu’on puisse les entendre alors qu’il n’y a personne d’autre qu’eux. Cassian ne lui donne pas de raison de se méfier sauf l’étrangeté qui lui a sauvé la vie, peut-être. Avec une telle blessure, il ne  sait pas comment cela se serait passé pour lui par la suite. Il lui tend la main de façon hésitante pour serrer la sienne. Il a l’impression de prendre une décision personnelle pour tous les débarqués à propos d’une personne. C’est bien la première fois qu’il agit ainsi, juste pour lui. « Est-ce que tu insinues que le phare est hanté ? Tu y es déjà allé ? » Il hoche la tête, un peu surpris sans doute de le voir aborder le sujet de cette façon-là si directe et après tout pourquoi pas. C’est peut-être mieux ainsi, d’agir avec toute la franchise dont ils sont capables. « Quelqu’un qui n’y croirait pas du tout ne dirait pas les choses ainsi. » Il y a quelque chose de troublant chez Cassian là tout de suite, comme ça l’était là-bas. « De quoi parles-tu alors, plutôt de don ? » Il a du mal là, c’est la partie terrienne qu’il redoute un peu par rapport à celle très terre à terre des débarqués même s’ils apprennent à avoir l’esprit ouvert sur tout ce qui les entoure depuis bien quatre ans.  « En tout cas, j'ignorais que les Skaïkrus croyaient aux fantômes. A moins que tu tiennes cette information des natifs ? Qu'est ce que tu as entendu, précisément ? » « Je ne pensais pas te trouver ici et pourtant te voilà toi. » C’est une façon de ne pas répondre même s’il peut, il ne sait pas tellement où ça va les mener mais il veut bien voir jusqu’à ce que ce qui les différencie trop les sépare pour de bon. Parce que c’est ça aussi deux cultures qui s’entrechoquent, tentent de se comprendre jusqu’à ce qu’il y ait l’impossible à comprendre parce qu’ils sont différents. Trop différents ? Juste comme ça il ne peut pas le dire. « Il y a eu des rumeurs. Le principal à retenir était que le phare était hanté. J’suis plutôt du genre curieux. » Curieux d’un peu tout même si ça le dépasse parfois. Les rumeurs sont parfois bien déformées de la réalité mais pas cette fois-ci. Il se souvient juste de ce qui est revenu, phare hanté, il ne pourrait lui en dire d’avantage sur ce qu’il a entendu mot pour mot.

« Je ne sais pas si j’y crois. » Il ne sait toujours pas si la personne qu’il a pu voir est une déformation de son esprit fatigué ou un fantôme ou cette sorte de don qu’il aurait de pouvoir voir au-delà de ce qui est visible pour les autres. Il a du mal à croire à tout ça, il a du mal à se mettre dans la peau de quelqu’un qui a vécu toute une vie différente de la sienne. C’est difficile à assimiler. « J’suis pas certain de savoir ce qu’il s’est passé là-bas. On a jamais eu à croire en quoique ce soit là-haut. » Alors penser à la fatigue est sans doute plus raisonnable que d’insinuer la folie. Il n’est pas fou, sait la différence, ce qu’il voit, ce qu’est l’hallucination d’un trop plein de fatigue, de crainte et de peur qu’il a pu ressentir à la cité sans pour autant partir dans des délires partis de lui seul. Il se souvient de la claustrophobie qu’il pensait avoir oublié un moment depuis son arrivée sur terre et même là le besoin de contrôle est venu des effets dévastateurs que peuvent avoir parfois les crises de panique. « Je ne suis pas fou, Cassian. Je n’ai simplement pas l’esprit conçu pour comprendre ce qu’il s’est passé là-bas. » Mais toi peut-être que tu comprendras. Il n’a pour autant pas envie de lui demander cette sorte d’aide à laquelle il songe, d’aide à la compréhension de ce monde qu’ils ont trop longtemps oublié là-haut, qu’ils ont du mal à comprendre aujourd’hui. « Tu vas y aller, je suppose ? » Il lui a semblé plutôt curieux dans les cachots, sans nul doute que la curiosité le frappera une fois de plus jusqu’au phare. « Si tu veux bien que je t’encombre un moment, j’ai bien envie de vérifier. » C’est qu’il n’attend pas vraiment de réponse le Cohen en l’annonçant sans attendre de savoir si le Saada compte vraiment prendre la direction du phare. Il le saura bien vite de toute façon. Il a juste envie de voir si tout tourne encore bien rond chez lui.

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Cassian Saada
DATE D'INSCRIPTION : 03/12/2018 PSEUDO/PRENOM : Anticarde. MULTICOMPTES : Néant. MESSAGES : 518 CELEBRITE : Evan Peters COPYRIGHT : Nexus (avatar). METIER/APTITUDES : Sorcier. (apothicaire, chirurgien) TRIBU : Rahjak. POINTS GAGNES : 419
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le Mar 4 Juin - 22:21
Après quelques prémices délicates, des regards chiens de faïence, voilà que les échanges se dénouent et ruissellent. Une poignée de main étrange vient sceller un accord à la sémantique douteuse, bâti autour d’une négation monolithique. Non-ennemi. Un terme peu sourcilleux, ouvert à mille mésinterprétations, mais qui semble les contenter bien facilement. Dans sa paranoïa profondément enracinée, jamais Cassian ne s’est montré si peu regardant envers les termes d’un pacte, mais cette fois-ci semble t-il se satisfaire de la portion congrue. C’est comme s’il pressentait que cette formalité médiocre renfermait quelque chose de bien plus sécure qu'il n'y paraît. Comme si pour d’obscures raisons, le terme d’amis, ou ne serait-ce que de piètres sympathisants, restait prohibé. Politiquement incorrect en regards des tensions émulsionnant leurs tribus. Un terme qui n’a certes pas le pouvoir d’enterrer leurs méfiances intrinsèques, mais qui leur permet de dépasser un impitoyable statu quo.

Le dialogue s’arbore. Dans ses réponses, William affectionne allusions et périphrases, un procédé qui laisse toujours Cassian sur sa faim tout en répondant partiellement à ses interrogations. Ils marchent sur des charbons ardents. Passer de présumés ennemis à de potentiels amis relève d’un tour d’alchimiste qui les exposent à de virulentes déflagrations, mais pour l’heure, l’expérience semble plutôt satisfaisante. Lorsque Cassian évoque furtivement l’appel qu’il a perçu, voilà que le Skaïkru le questionne à deux reprises. Un élan qui dénote, chez William, qui lui a toujours paru d’une nature plus contemplatrice qu’investigatrice, et qui trahit une authentique curiosité. Un instant, le Sorcier se demande s’il est judicieux pour lui d'entrer dans des explications plus poussées. Ne le prendrait-il pas pour un esprit braque, pour un dément ? Son regard d’onyx s’immobilise sur lui, comme s’il s’attachait à décrypter les traits si sobres, si cunéiformes qui composent le faciès de William. Enfant du ciel si terre-à-terre. Esprit grandi dans la tôle anonyme, dans l’acier sans entrailles. Cassian observe un long silence, qui semble courber l’atmosphère de son lest invisible.

« Hum… Non. Pas un don. Il n’y a rien de miraculeux à cela. Je pense qu’il s’agit bel et bien de perceptions. » Amorce t-il. Sa respiration s’amplifie, comme s’il prenait le temps de sonder la teneur infinitésimale des molécules d’air qu’il inspire en son sein, les retenant certainement de trop longues secondes dans les abîmes sanglantes de ses alvéoles. Et puis son diaphragme redescend. Creux de la vague. Collapsus bienfaisant. Et les mots lui viennent aussi aisément que filent les notes déliées d’une lyre. « Les chasseurs distinguent mieux qui quiconque les irrégularités d’une piste ou d’un buis, qui indiquerait le passage d’un gibier. Les doigts des tisserands développent un sens de la précision rare. Moi, je passe ma vie avec des moribonds et des cadavres. Ne crois-tu pas que j’ai pu développer mes propres perceptions ? » Questionne t-il, auréolé de mystères. Le Sorcier relève la tête un peu tardivement pour retrouver la ligne de force qui lie leurs regards, comme s’il s’était péniblement extirpé d’une fondrière de pensées. Un étrange sourire vient sertir ses lèvres, bleui par ses bronches lésées. Un sourire guère seyant, qui semble ne pas lui appartenir, qui dépareille à ses traits livides, paralytiques. Et qui s’efface étourdiment.

William évoque les rumeurs grossissantes autour de ce phare. A sa façon de rôder autour du sujet, Cassian devine son malaise, son manque d’assiette face au monde des superstitions. Vraisemblablement, à l’en croire, il n’existait nulle croyance, même pas le moindre dogme prôné dans le monde d’où il vient, ce qui ne manque pas d’interpeller le Rahjak. Est-ce l’objectif primaire de la survie, qui a pu détourner à ce point les enfants du ciel des grands questionnements métaphysiques qui ont de tout temps obnubilés les élites savantes humaines ? Même lui, scientifique rigoureux de son état, ne peut pas croire décemment que les atomes et les molécules n’interagissent que de manière froide et hasardeuse. Il ne peut pas croire que tout soit offert en pâture à l’œil attentif. Perplexe, il garde néanmoins ses interrogations pour lui. « Je sais, que tu n’es pas fou, William. Tu as bien plus de sang-froid que la plupart des personnes que je connaisse. » Répond l’empoisonneur avec l’assurance d’un prédicateur. Il penche de la tête, presque frondeur dans son attitude, alors que son vis-à-vis lui confie à demi-mots douter de la fiabilité de ses yeux, faisant allusion à une hallucination. « Et tu as peut-être réellement vu quelque chose, d’ailleurs. Pourquoi tes sens te tromperaient-ils ? A moins que tu n’aies développé un quelconque penchant pour les antalgiques, depuis notre dernière rencontre ? » Cassian ne devrait jamais s’essayer à l’humour. Cela sonne caustique, grinçant, sardonique, alors qu’il n’y a nul objectif de le désarçonner ou de le renvoyer à cet épisode cauteleux. Et comme s’il avait été mandaté à dessein, le vent vient siffler entre les troncs massifs à la manière aiguë d’une voix humaine stridente. « Avec plaisir. » Lâche Cassian alors que le Skaïkru propose de l’accompagner sur le chemin du phare. « Ta compagnie n’est pas si insupportable. » Ajoute t-il, tout en esquissant une foulée en direction de la petite sente, qui sinue dans la futaie sous le vent.

Leurs pas se synchronisent alors qu’ils cheminent de conserve. De profil, leurs flancs se doublent incessamment à l’instar d’une lente bielle mécanique. Et comme le silence s’instaure, et que les pensées du Sorcier vont bon train, il reprend naturellement la parole : « Comme nous évoquons les choses mystérieuses de la vie, sache que chez moi, on célèbre le Dieu-Soleil. Le feu, l’image-même de la vie qui se nourrit et qui se consume, qui se meurt faute d’attention, qui se répand faute de contrôle. Gourmand, lunatique, susceptible, agressif… C’est peut-être le seul élément qui ressemble de manière aussi confondante à nous autres, les hommes. Aussi, à la Cité, nous rendons hommage à l’énergie sous sa forme la plus pure, sans nous embarrasser de fantasmagories ridicules. » Dit-il, occultant merveillement toutes les fariboles que peuvent proférer les devins, mystiques que Cassian s'est toujours ingénié à esquiver, mi-dédaigneux, mi-effarouché.

Ses explications suintent une morgue bien propre aux Rahjaks, si farouches, si fiers de leurs acquisitions, si insensibles à la critique et aux outrages. Tribu brillant au firmament de la civilisation et déchaînant les passions. Tribu raffinée et dont la Cité reste un joyau architectural, au milieu des huttes misérables qui composent les autres villages. « Que disent les Skaïkrus des Rahjaks, William ? » Lâche alors Cassian, avec un intérêt véritable. Que pensent ces enfants du ciel, forts de savoirs sophistiqués et confisqués par les déboires de leur aventure, de leur civilisation aux mœurs si particulières, si sujettes à débat ? Bien sûr, il sait que des conflits politiques sévissent, que les pratiques cautionnées par les désertois soulèvent horreur et indignation chez leurs pairs humains. Mais sa question a une portée bien plus vaste.
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