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Mila Swann
DATE D'INSCRIPTION : 26/08/2017 PSEUDO/PRENOM : ΛURORΛ BOREΛLIS MULTICOMPTES : MAKENNA ASKAYWEN MESSAGES : 906 CELEBRITE : ANNA SPECKHART COPYRIGHT : ELECTRIC SOUL // ENDLESSLOVE // FEVER RAY METIER/APTITUDES : TU CULTIVES LA TERRE SELON LES SAISONS (BOTANIQUE & AGRICULTURE) POINTS GAGNES : 124
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le Jeu 13 Déc - 19:43
What if I said I would break your heart. What if I said I had problems that made me mean. What if I knew I would just rip your mind apart. Would you let me out ? Maybe you can see that I just may be too crazy to love and all of the pieces were torn and thrown. (@banks// beerus)
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Cela fait désormais six mois, pourtant tu as l’impression de lui avoir parlé hier. Il faut dire que tu as perdu la notion du temps depuis qu’une vague de chaleur s’est abattue sur Terre. L’été qu’ils l’appellent. Toi, tu considères que c’est un test se répétant chaque année, ni plus ni moins. Parce qu’il faut pouvoir supporter la température mortelle qui règne ici-bas. Tu as bien envisagé de vivre essentiellement la nuit pour dormir quand la canicule frappe de plein fouet mais tu as besoin du soleil pour effectuer correctement ton travail. Alors tu endures, sans rien laisser paraître de ta condition, trompant les esprits éreintés par une façade à toute épreuve. Ainsi ils pensent naïvement que tu vas les aider, tentent de te persuader, te sensibiliser. C’est qu’ils fatiguent, à force d’enchaîner les allées et venues compte tenu de la distance parcourue chaque semaine. Tu ne comprends pas ce qui les motive, ils ne comprennent pas que le drame des Calusas t’indiffère à ce point. C’est un discours à contre sens. Et ton silence ne pourrait être plus éloquent. Tu te contentes de les regarder, de cet air perplexe qui te sied à merveille, avant de tourner les talons. Tu préfères voguer à tes occupations personnelles qui gravitent un peu, beaucoup, trop, autour de Devos. Pour la simple et bonne raison qu’il ne quitte pas le campement, comme toi.

Et Dieu sait que tu as le fâcheux penchant de suivre les gens qui t’interpellent. De le suivre, lui. Discrètement, inlassablement. Des centaines de fois, tu aurais pu lui adresser la parole, venir réclamer son attention, voler quelques instants de son précieux temps. Et plus récemment, le questionner sur sa petite réunion dans les bois avec d’autres. Sauf que tu n’en vois pas l’intérêt. Si leur groupe avait effleuré ta curiosité, ça ferait longtemps que tu aurais cherché des réponses auprès de Chris. Tu ne les veux pas. Pas encore. Pour l’instant, tu le veux lui, mais une part de toi refuse la tentation. Tu flaires le danger, la chute… la mort qui rôde tout autour. Alors tu restes à distance, ne cesses de l’observer, évites d’être à proximité quand tu n’es pas dissimilée. Parfois, tu croises son regard, au milieu du réfectoire. Au milieu des brouhahas incessants et des voix qui troublent ta pensée. Ton visage reste stoïque comme figé dans la pierre mais ton cœur manque un battement. Il te rappelle Thalia. Est-ce pour cette raison que tu lui as volé un furtif baiser ? Tu l’ignores, continues de l’examiner d’un œil curieux quand il passe près des plantations pour s’en aller au métro souterrain. Enfin, ce qu’il en reste. D’après ce que tu as entendu, les dégâts causés n’ont pas fini d’empêcher l’accès complet.

Tu pourrais aussi filer un coup de main pour effacer les dommages de l’écoulement de terrain mais comment dire… cela ne te viendrait pas à l’idée. Pourquoi diable aurais-tu envie de faire cela ? Le Docteur Wolkoff dit que tu réagis comme une enfant, focalisée sur ton propre monde… elle n’a pas tort, elle ignore simplement à quel point celui des autres t’intéresse. La manière dont tu t’approches, tel un prédateur se préparant à décimer sa proie, prenant le temps de l’étudier pour mieux l’attraper, la torturer, la tuer. Et ce matin, le loup est allé chasser l’agneau pendant que la bergerie se repose paisiblement, profitant de la fraîcheur de l’aurore pour sommeiller quelques heures supplémentaires. Ils sont tous à ta portée, si fragiles et vulnérables à ce moment présent. Cependant, un seul captive ton attention. Alors sans faire de bruit, tu te rends près de la belle au bois dormant avant de t’installer à ses côtés. A croire que tu ne connais pas la notion d’intrusion ou pis encore, de violation personnelle. Et comme si la situation n’était pas assez étrange, tu perds le fil de la raison, seconde après seconde. Tes prunelles transcendantes tentent de percer le mystère du corps humain, à savoir, celui de Devos. En effet, tu essaies d’évaluer la vitesse à laquelle son sang s’écoulerait de sa carotide si tu la tranchais, là tout de suite. Tu n’as pas le temps de finaliser le calcul que la princesse se réveille. « Bouh. »


→ devos, dans les dortois, début août 2118
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Devos Acciaro
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le Lun 24 Déc - 14:17


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AOUT 2118

Dormir, très peu pour lui. Le plus souvent, c’est son corps qui fatigue et qui décide. C’est lui qui interpelle l’esprit toujours agité de l’informaticien pour lui dire qu’il a besoin de repos. Que même les plus grands génies peuvent prendre une pause. Ce n’est pas très compliqué, en plus. Il suffit de s’allonger, de tout déconnecter et de laisser le temps agir comme un vieux remède d’antan. Sauf que l’inactivité lui fait horreur. Devos est le genre d’homme à toujours faire quelque chose de ses dix doigts. Juste dormir, c’est sans doute la tâche la plus difficile à ses yeux. Rester là, dans le dortoir, à attendre un sommeil qui, souvent, lui fait défaut. Pas de rêve, pas d’heures qui disparaissent de sa conscience. Devos n’arrive pas à se laisser porter par ce monde que tous adorent. Dès que le soleil laissera filer ses premiers rayons, il se lèvera et retournera dans son antre, près du métro abandonné. Il s’y sent davantage libre et chez lui que là, entouré d’âme dont il ne connaît que vaguement le nom. Après toutes ses années, c’est toujours aussi compliqué pour lui d’avoir une vraie vie sociale. Son père ne cesse de lui faire remarquer – et récemment, il a même repris ses discours sur l’héritage Acciaro et la nécessité pour Devos de devenir papa. Oui, papa. Il faut un fils. Une nouvelle génération. Le pauvre ne se rend pas compte que c’est demander l’impossible. Déjà sur l’Odyssée, c’était compliqué et pourtant, ils avaient bien essayé ces parents. Maintenant que le deuil du Padre Acciaro est passé, il peut enfin se focaliser davantage sur l’avenir de son fils, ce qui le rend légèrement collant. C’est son père d’ailleurs qui est allé le chercher pour le forcer à retourner au dortoir. C’est toujours lui qui le pousse aussi à aller manger un bout avant que l’épuisement total ne le trouve.

Devos s’est habitué à un rythme qui n’appartient qu’à lui. S’il mange moins, ça fera plus pour les autres. S’il ne dort pas, ça fera plus de place pour les autres. Et s’il travaille bien, alors il y aura peut-être de l’électricité pour les autres. Un meilleur mode de vie. Il possède des objectifs précis qu’il n’arrive pas à écarter. Même après trois heures à observer un plafond qui aurait bien besoin d’un peu de rénovation, il continue de réfléchir. Son cerveau ne tourne qu’autour de la mécanique et l’électrotechnique. Il sent bien que le monde autour de lui poursuit sa route et ça l’énerve encore plus de devoir se reposer. C’est frustrant, mais il patiente. Les bras croisés, les yeux fermés, le souffle lent, il essaye de ne plus imaginer ce plafond ou tout autre élément qui aurait besoin de son intervention.

C’est alors que quelqu’un s’allonge à ses côtés. Il ne s’en fait pas, dans peu de temps, il s’en ira. Il calcule en silence les minutes qui passent, toujours fidèle à l’horloge interne qui bourdonne dans sa tête.

Il n’est même pas surpris lorsque son regard tombe sur Mila. Il est tout de suite captivé par ses yeux, refusant d’observer quoi que ce soit d’autres. Il se tourne même vers elle, prenant alors une tout autre position - ce qui ne fait pas de mal à son corps.

« Tu sais que tu ne ressembles pas à un fantôme ? » Chuchote-t-il, seulement à moitié curieux de savoir ce qui a conduit Mila à agir ainsi aujourd’hui. Après tout, ils ne sont plus vraiment parlé depuis longtemps. Cela ne veut pas dire qu’ils n’avaient pas eu d’occasion pour se croiser, au contraire. Mila est difficile à ignorer, même à l’autre bout d’une pièce. « Qu’est-ce que tu veux ? » Il y a encore d’autres qui dorment, paisiblement. Il reste un instant plonger dans la profondeur de ses prunelles, se demandant ce qui a bien pu traverser son esprit durant toutes ses minutes à ses côtés. « Elle te manque ? » Il pense tout de suite à Thalia, parce qu’il ne peut pas faire autrement. Il a toujours associé Mila à son amie, dans la vie comme dans la mort.

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Mila Swann
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le Mar 25 Déc - 17:08
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Tout est calme dans le dortoir, trop calme. Tu ne supportes pas ce silence agonisant qui te pétrifie. C’est étouffant. Heureusement, cela ne dure pas longtemps. Devos finit par te faire face. Vos regards se croisent une nouvelle fois. Un rictus effleure tes lèvres alors qu’il captive ton attention à sa façon. Il y a quelque chose en lui qui t’interpelle. Probablement cette désinvolture qui te pointe du doigt.  « Contrairement à toi. » Le manque de sommeil tire ses traits. Pourtant, il conserve bonne allure. Sauf que toi, tu préfères souligner la pâleur de son teint. Sans vraiment savoir pourquoi. Tu ne cherches pas forcément à le froisser. Dans le fond, tu commences à l’apprécier. « Tu ne dors pas assez. » Le constat est neutre, relève un simple fait réel. Tu l’observes depuis un moment, par conséquent tu sais qu’il fuit le repos. C’est récurent. A moins qu’il ne souhaite s’éloigner de son inconscient, tentant en vain d’échapper aux sombres recoins de son esprit. Pourquoi serais-tu la seule à vivre avec cette noirceur ? Souvent, tu te demandes ce qui fait défaut chez les autres. S’ils sont aussi le résultat d'un drôle de mélange qui dysfonctionne. Reviens. « Qu'est-ce que tu veux dire ? » Toi aussi, t’as ta propre façon d’interagir avec lui. De ne pas comprendre le sens qu’il peut donner à ses mots. Puis, pour tout dire, tu ne saurais répondre à sa question. Tu ignores la raison de ta présence. Cela fait des mois que tu l’évites alors pourquoi chercher son contact ce matin ?

Et puis, il mentionne Thalia. Tu ne sens plus ton cœur se serrer quand tu entends son nom. Elle est devenue un fantôme, un spectre qui rôde tout autour. Tu peux déceler sa présence, à croire qu’elle vous observe sans répit. Alors, à nouveau, tu interroges son raisonnement. « Pourquoi elle me manquerait ? » C’est assez brutal et tu ne réalises même pas que ta remarque peut défier sa logique. Pour la simple et bonne raison que tu ne parviens à penser de sa manière, à voir les choses de son point de vue. Vous êtes bien trop différents et semblables à la fois pour que cela fonctionne. « Je l’entends toujours chuchoter à mon oreille. » Comme vous le faîtes actuellement. Même si tu ne voies pas vraiment l’intérêt d'agir ainsi. Eviter de réveiller les autres est le dernier de tes soucis. T'es certaine que la plupart font des cauchemars, ils ne seraient pas malheureux de s'en retrouver extirpés. « Toi, il te manquera ton père ? » Quand il sera mort. Tu as remarqué leur complicité. Ils ne sont pas très expressifs mais les gestes ne trompent pas. Tu veux savoir comment ça se passe dans sa tête. Parce que de toute évidence, il n'entend pas les voix, lui. Tu as bien du mal à imaginer la solitude dans laquelle il est perpétuellement plongé. Avant, au moins, il pouvait compter sur ses machines pour communiquer. Maintenant, qu'est-ce qu'il lui reste hormis le souvenir d'un passé éteint ?

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le Dim 30 Déc - 13:57


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AOUT 2118

Il n’y a autour d’eux que les respirations de quelques survivants épuisé. Des corps immobiles, allongés, des paupières fermées et des cœurs apaisés. Ce n’est pas un endroit propice aux rencontres et pourtant, Mila est là. Souvent, il pense à elle comme aux étoiles plus loin. Si distant, mais dont la lumière froide parvient toujours à éclairer les égarés. Un phare dangereux qui ne garantit pas la survie de ceux qui l’approchent. Ici, chacun se laisse tomber dans le silence pour disparaître avant qu’un nouveau jour ne commence. Comment parviennent-ils à le faire ? Aucune idée. Devos lui, est tellement encré dans la réalité qu’il ne saurait s’aventurer dans les songes nocturnes. Un jour, peut-être, apprendra-t-il à respirer sans que le poids de ses pensées ne vienne embrumer son sommeil. Un jour, peut-être, mais pas aujourd’hui. Mila est comme une alarme, toujours vive, toujours présente. Elle lui affirme que lui, contrairement à elle, ressemble davantage à un fantôme. Il se demande si dans le noir du dortoir, elle parvient sérieusement à voir les traits de son visage, où c’est simplement parce que son regard n’est jamais aussi expressif que celui des autres.

« Le sommeil m’est étranger. » Il laisse échapper un soupire, lassé d’être là. D’être entouré de tous ceux qui profitent d’un repos long et revigorant. Il aimerait presque se lever maintenant, s’éloigner le plus possible. Sentir ses os craquer pour que ses muscles se réveillent. Sauf qu’à sa question, elle lui en pose une autre et Devos sourit. Il se doute bien que d’elle, c’est tout ce qu’il aura. Encore et toujours plus d’énigmes qui resterons dans un coin de sa tête. Inutile de dire que leur précédent échange ne s’est pas effacé de son être. Oh non, il peut encore sentir le contact de ses lèvres sur les siennes, de ses mots contre sa tête. Elle n’est qu’un secret, Mila. Un secret dangereux, suspendu au bord d’un précipice qui lui est familier. Alors, comme elle ne parviendra pas à répondre à sa question, il essaye de deviner.

Face à sa réponse, il est dubitatif. Ses yeux se perdent sur le plafond de la pièce désormais. Évidemment qu’elle ne lui manque pas, évidemment… puisque Thalia est encore là. Encore présente, comme jamais disparue. Jamais morte. Il ressent alors un frisson le parcourir. Cette mort, elle lui parait toujours invraisemblable, comme si son amie allait apparaître au détour d’un chemin pour mieux l’embêter et lui dire que ce n’est qu’un crétin. C’est une absence étrange qu’elle a laissée derrière elle. Il avait vu son corps, pourtant. Il n’entend plus sa voix, ne sent plus sa présence dans le village, et pourtant, c’est comme si Thalia était indissociable de Mila. Qu’elle vie à travers elle. Est-ce que Faust vie à travers lui ? Non. Personne ne sait, tout le monde ignore, et son corps est perdue quelque part, à moins qu’elle soit en vie dans un autre continent, dans une autre tribu, loin de tous, loin de lui.

« Non. » Il se lève, dégageant la pauvre couverture qui camoufle son corps. Il a toujours trop chaud quand il est entouré par les autres. Il ne se couvre que légèrement pour ne choquer personne – même si la nudité ne le dérange absolument pas.

Il n’a même pas eu besoin de réfléchir pour répondre à sa question. Il ne sait pas, en réalité, l’impact que ça pourrait avoir sur lui. Il sait que la mort frappera forcément un jour, alors il se détache de ce futur. « Il dit toujours, la morte mi trovera vivo. » Il se fraye désormais un chemin parmi quelques inconnus, retrouvant dans une pièce à côté où se trouve ses chaussures et le reste de ses vêtements. Il commence déjà à se vêtir, sans doute parce qu'il veut sortir d'ici vite...

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Mila Swann
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le Mar 8 Jan - 21:58
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Un mot. Un seul. Il lui suffit d'une syllabe pour te surprendre. Retourner tes pensées dans tous les sens. Devos est une énigme que tu ne tentes ni de résoudre, ni de comprendre. Au contraire, tu souhaites qu'il demeure un véritable mystère pour te délecter de son effet. « C'est fascinant. » Imprévisible, il l'est. Parce qu'il ne se comporte pas comme tous les autres. Tu ne peux anticiper ses réactions, seulement ses mouvements. Et quand il t'abandonne, tu devines ce qu'il prépare. Encore. Nul n'ignore l'intérêt qu'il manifeste pour le gouffre du métro. C'est devenu une obsession. Cependant, tu as l'impression que son comportement est motivé par autre chose. Tu ignores quoi. Il semble agité; alors tu te lèves à ton tour. La pénombre t'empêche de distinguer clairement sa silhouette mais tu devines aisément sa position. Il n'est pas connu pour sa discrétion. C'est une carrure imposante. Chaque pas est lourd, pesant. Comme s'il transportait le monde entier sur ses épaules. Et tu te demandes, la charge qui l'empêche de respirer. Celle qui fait pencher la balance.

« Pourquoi tu t'agites dans tous les sens ? » Toi t'es calme, étrangement calme. Ce n'est pas du sang-froid. Pour prétendre en avoir, il faudrait encore que tu sois capable de paniquer. Seul le silence est capable de te perturber. De posséder une emprise quelconque sur ta personne. Le bruit te maintient en vie, à la surface, t'empêche de te noyer dans le flux de tes pensées assourdissantes. Elles vont et viennent, sans permission. Ça fait longtemps que tu leur accordes trop d'importance. Tu n'es plus en mesure de les ralentir, les radoucir. La violence de leur écho perce presque tes tympans. « Ton esprit aussi fulmine ? » Tu te demandes si dans le fond, il n'est pas en proie aux mêmes troubles que toi ? Certainement pas. Cependant, tu restes persuadée qu'au sein de vos différences émanent des ressemblances. Troublantes. T'as remarqué, la dernière fois. Tu n'as pas oublié. La tension. L’altercation. La proximité. Le baiser. Une succession d’événements qui s'est estompée aussi vite qu'elle a commencé.

« Comme un brasier qui jamais ne s'éteint. » Il ne peut pas le voir mais ton regard est lointain, ton esprit ailleurs. T'as décampé en l'espace d'une seconde. Propulsée au fin fond de ton être, là où personne ne peut t'entendre crier. Souvent, tu demeures coincée un bon moment, n'ayant pas encore trouvé un moyen de revenir. Un bouton de rappel. Une pression. T'es piégée dans ta tête, victime et bourreau à la fois. Tu occupes les deux rôles à la perfection. Dynamique idyllique. Qui s'estompe brutalement, sans prévenir.  Au milieu du chemin, tu gênes le passage. Ils essaient en vain d'attraper leurs affaires mais tu ne réalises pas que tu leur rends la tâche difficile. Quelqu'un finit par te bousculer à défaut de t'éviter, tentative échouée. Tu ne dis rien, n'ayant pas le temps de réaliser ce qu'il s'est passé. Une absence supplémentaire. Une évasion éphémère. C'est ainsi que tu les appelles, ces minutes intemporelles. Tu te dis que là-bas, dans ce recoin, t'es libre mais le mensonge coule dans tes veines. C'est pas ça, la liberté.

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Devos Acciaro
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le Lun 14 Jan - 21:13


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Il sait bien que personne ne le comprend, que personne ne cherche à le comprendre et que lui-même à cesser, depuis longtemps, de s’expliquer pour un oui ou pour un non. En revanche, ce à quoi il n’est pas habitué, c’est elle. Il peu sentir sur sa peau, sa respiration. Elle est proche, sans être envahissante. Allongée juste là, comme à attendre quelque chose – ou peut-être même quelqu’un. Il ne se fait d’illusion, si elle illumine ne lui des questions, il ne veut pas entendre les réponses. Pas maintenant. Ce n’est pas forcément le lieu idéal pour ce genre d’échange, c’est un dortoir. Ici, il y a un parfum de sécurité si familier que tout le monde l’adopte sans broncher. Ils s’endorment, s’évadent et disparaissent, sans craindre une nouvelle guerre ou un couteau au-dessus de leur cœur. Devos, lui, il craint bien assez la mort pour ne pas oublier qu’elle peut arriver n’importe quand, n’importe où. Que ça soit dans le métro, quand il est seul et enfermé, ou dans la plaine, avec le ciel pour seul allié. Et peut-être bien maintenant, et peut-être bien que la mort possède les traits de celle qui se trouve à ses côtés. Debout, désormais, il ne sait pas ce qu’il veut si ce n’est retourné là où son esprit trouve la paix. En s’occupant, il s’assure des heures bien utilisé. Il n’y a rien de plus important pour lui que d’avancer. Dans ses recherches, comme dans la vie, un pas en avant est toujours important. Il ne l’a pas encore fait, d’ailleurs, ce pas de génie. Peut-être bientôt, oui, ça lui semble réalisable. Pour l’instant, il persiste à faire des allers et retours inévitables pour créer l’impossible. C’est un visionnaire, en fait. Il caresse des doigts un futur qu’il aura été capable de modeler lui-même.

Il s’arrête, tee-shirt encore enroulé dans les bras, posant son regard sur Mila. Il croit presque là voire un peu mieux, peut-être bien qu’il y a un rayon de lumière qui l’éclaire légèrement. Puis elle reprend la parole et le mécanisme qui se trouve en lui redémarre.

« Toujours. » Oui, son esprit fulmine. C’est horrible, c’est dangereux en fait. Personne ne sait à quel point, il s’envole parfois, dans un tourbillon de mots sans sens. Quand il voit Mila, il se dit qu’elle sait. Il y a quelque chose dans sa voix, un ton, qui lui indique un déjà-vécu étrange. Il ne se doute pas qu’en elle, tout est un peu trop sombre pour lui. Et elle, sans doute, n’as pas la moindre idée de l’orage coloré et lumineux qui alimente son quotidien. Lui aussi, il se retrouve piéger parfois. Coincé entre des idées et des envahis, incapable de bouger ou d’écrire, incapable de mettre en place quoi que ce soit. Désormais vêtu proprement, il reste là, debout, devant elle. Le silence est de nouveau là, laissant place aux battements de leurs cœurs. Dans quel gouffre est-elle tombé pour ne plus rien dire ? Il se le demande. Elle lui manquerait presque, sa voix, maintenant. D’autres arrives, et il l’observe elle, vague silhouette. Elle n’est plus là, alors un imbécile la pousse comme si elle n’était qu’un meuble de plus. Avec sa carrure, inutile d’essayer de faire la même chose avec Devos, de toute manière, il est là lui. Et le chemin, il se libère devant son ombre, inévitable. Il en profite pour éloigner la jeune femme, ses mains sur ses épaules, la guidant vers une pièce parallèle.

« Reviens. » Lui demande-t-il, désormais en face d’elle, le visage pencher, ses yeux plongés dans les siens, à la recherche d’une lueur quelconque. « Qu’est-ce qui ne vas pas ? » Dans quel monde s’est-elle enfuie et surtout, pourquoi est-elle partie sans lui ?

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le Mar 15 Jan - 19:35
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Est-ce qu’il peut entrevoir le gouffre en toi ? Si profond et proche à la fois. Toi tu le sens, grandir dans les tréfonds de ton être, comme un enfant dans le ventre de sa mère. Tu le portes depuis si longtemps, te demandant parfois si tu n’es pas née avec. Cette particularité. Ce trouble. Personne n’a pu t’aider. Personne ne le pourra. Parce que tu refuses d’abandonner ce qui te rattache, d’une façon étrange, aux vestiges de ton passé. Les souvenirs s’effilochent au fil des semaines, des mois, des années. Les débris, eux, demeurent. Identiques, ils te rappellent ce que tu as perdu ; te donnant l’illusion de le posséder encore. Tu te raccroches à ce doux mensonge pour ne pas affronter la douloureuse vérité. Un équilibre bancal, un mécanisme automatique bien ancré, ficelé. Tu n’as plus aucun contrôle dessus mais ça fait longtemps que tu t’es résignée. Préférant le bruit chaotique de ces voix qui s’enchaînent les unes après les autres que le silence meurtrier de ta solitude persistante. Elle te fait peur. « De quoi tu parles ? » Tu comprends le sens de sa question mais souhaites obtenir des précisions. La liste des problèmes est longue, beaucoup trop longue pour tenir dans une réponse. « Oh, ça. » Pourtant, tu devines ce dont il parle. Ce dont ils parlent tous quand tu reviens avec eux, parmi eux. Tu n’as pas besoin de les entendre, tu imagines aisément le contenu de leur conversation aux nombreux chuchotements qu’ils s’échangent. C’est inscrit sur leurs lèvres. Sur les siennes.

Tu le dévisages quelques instants. Est-ce qu’il s’inquiète pour toi ? Il devrait s’inquiéter pour lui. Te fuir tant qu’il le peut, t’oublier tant qu’il le veut. Effacer complètement de sa mémoire ton existence, mais tu sais que cela n’arrivera pas. Oh non. Tu as fait le calcul. Thalia vous raccroche, vous rapproche. Si elle avait su… « C’est un secret. » Que tu ne peux lui révéler même si tu es tentée, tu dois bien l’avouer. Partager tes émotions, tes sentiments, tes pulsions, c’est te libérer d’un poids conséquent. Sauf que tu as la vague impression de ne pas être en mesure de contrôler ses réactions. Devos demeure hors de ta portée. Trop imprévisible. Il n’est pas comme votre cher et dévoué médecin, menotté à ton sort pour le meilleur et surtout pour le pire. Est-ce sa plus grande erreur d’avoir voulu de te protéger ? Elle en doute encore, pourtant le piège se referme progressivement et bientôt, il sera trop tard. Tu ne pourras plus la sauver. Âme condamnée. « Tu as des secrets Devos ? » Tout le monde en possède. C’est le propre de l’humanité, passée sa vie à les collectionner, les cacher. Tu aimes deviner ceux des autres, prends un plaisir malsain à les débusquer sans prévenir. Cavendish doit probablement s’en souvenir. Et toi dont. Tu serais curieuse de savoir ce qui rend le génie aussi agité. Découvrir les pensées qui l’empêchent de s’abandonner, les plaies qui continuent de saigner sous sa peau. Ce qui le rend définitivement unique en somme.


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le Dim 20 Jan - 17:05


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Son regard est vide. Il le sait. Elle s’est égarée, un peu comme lui s’égare face à l’écume de ses pensées quand il est dans le métro. Mais il y a quelque chose d’autres, quelque chose de plus profond encore, comme le néant d’un gouffre plus grand encore, invisible, mais présent, réel. Devos ne sait pas quoi faire, mais son instinct penche pour la protection. Impossible de laisser Mila debout, face aux autres, immobile telle une poupée qui peut être brisé. Non, il n’a pas envie de voir sa beauté s’écraser contre le sol, maltraité par des inconnus, incompris par d’autres. S’il doit jouer les boucliers, il n’y a pas de problème. Imposant et impassible, laissant l’univers s’épuiser contre lui. Ce n’est pourtant pas le genre d’homme à se sacrifier pour les autres, mais il sait que l’impact sera toujours moins pénible pour lui. Il peut encaisser.

Elle revient alors, retrouvant le chemin qui la mène à la réalité. Il sait qu’elle ne veut pas lui répondre, qu’elle use et abuse des questions pour ne jamais entrer dans le vif du sujet. Elle effleure de ses mots chaque conversation, sans jamais complétement plonger. C’est normal, elle est comme ça, distante. Peut-être proche, physiquement, car elle est là, son visage à quelques centimètres du sien, mais quelque part, c’est comme si son âme avait besoin de hurler pour se faire entendre. Comme si un filtre l’empêcher de tout dire, de tout sortir. Il se demande bien ce qui la retient, là-bas. Est-ce qu’elle s’y trouve seul, dans ce recoin inconnu. Quand elle disparaît, où va-t-elle, avec qui, est-elle ? S’en souvient-elle, également ? Quel est donc le mécanisme si particulier qui guide ses pas ? Il aimerait presque l’étudier, en savoir plus, décortiquer chacune de ses réactions pour mieux saisir ce qu’elle est. Inutile, se dit-il ensuite, car il est loin d’être le mieux placé pour comprendre. Lui, il va dans un autre monde encore, régit par la logique et les chiffres.

Face à sa réponse, il recule et soupire. Des secrets.

« Des secrets que j’emporterais dans la tombe. » Crache-t-il. Rapidement, il retourne près de ses affaires et pose sur son épaule son sac. « Un peu comme toi, j’imagine. » Il la regarde, là, debout, et se demande toujours. Le nom de Thalia le hante à chaque fois, comme si quelque chose l’empêche de trouver la paix. « Tu n’as rien à faire aujourd’hui ? Exister, c’est déjà trop dur ? » Il attend une seconde, puis, entendant d’autres personne se lever, décide de partir. Il sort du dortoir, tapant non sans violence la porte d’entrée – le fracas ayant sans doute réveillé le tiers de la population encore endormis. Il grogne face à ceux qui osent poser sur lui un regard incompris, enclenchant d’énormes pas vers la sortie la plus proche. Il ne veut pas retourner au métro tout de suite, il doit d’abord faire quelques étirements.

Il s’arrête alors, hésite une seconde. S’il se retourne, sera-t-elle là ? Derrière lui ? Elle l’a probablement suivi, cet échange ne peut pas se finir ainsi. Mais qu’est-ce qu’il y a donc chez Mila qui l’attire tel un aimant sans conscience ? Ses yeux glissent alors légèrement, une partie de son âme cherchant à tout prix à apercevoir ses beaux yeux-là, un peu plus loin. Il se dit alors : Ogni cosa ha cagione.


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Mila Swann
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le Lun 21 Jan - 21:44
What if I said I would break your heart. What if I said I had problems that made me mean. What if I knew I would just rip your mind apart. Would you let me out ? Maybe you can see that I just may be too crazy to love and all of the pieces were torn and thrown. (@banks// beerus)
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En une fraction de secondes, vos chuchotements se dissipent dans l’air. Devos semble avoir perdu son sang-froid mais tu ne dis rien. A l’évidence, la colère est une constante chez lui. Pourquoi ? Tu n’éprouves pas le besoin de comprendre ce qui le met dans cet état. Il fonctionne de cette façon et tu l’acceptes, tenant compte de cette agressivité subite qui s’exprime souvent à ton encontre. En es-tu la cause ? Non, pour une fois il semble que l’origine de ce tourment soit autre. Tu peux composer avec du moment qu’il t’en donne l’opportunité. Et même si l’informaticien tourne les talons afin de quitter le dortoir, érigeant une distance entre vous, tu perçois les mouvements contradictoires de son buste qui tend à se tourner mais résiste. S’il savait. Tu comprends mieux que personne la difficulté de vivre avec un dilemme, une dualité. Alors non, tu ne vas pas l’abandonner au tumulte de ses pensées. Si tu es venue le trouver ce matin, ce n’est pas pour disparaître au moindre obstacle. Tu veux passer du temps avec lui. Mauvaise idée. A croire que tu les collectionnes en ce moment. Sans rien dire, tu marches dans ses pas avant de t’arrêter brutalement. La clarté extérieure t’éblouit les premières secondes mais tu finis par t’en acclimater. « Tu pars dans la mauvaise direction ! » Et tu attends qu’il se retourne pour t’accorder son attention. Tu n’as pas l’intention de le suivre à travers tout le campement même s’il t’arrive parfois de le faire.

« La rivière se trouve de l’autre côté… » Avec la chaleur de ce mois d’été, tu aimes te rendre là-bas. La plupart du temps, tu te contentes de tremper les pieds au niveau le plus bas. Parfois, tu t’allonges entièrement mais ton corps demeure en contact avec le sol. Tu as besoin de ressentir ce sentiment de sécurité, ignorant tout bonnement les bases de la natation. Ainsi, tu ne t’aventures pas dans les zones profondes qui représentent un risque non négligeable. Et bien que tu puisses faire preuve d’insouciance dans certaines situations, celle-ci n’en fait guère partie « Tu attends une invitation ? »  Tu sais pertinemment ce que les autres racontent à propos de cet endroit, ayant entendu les histoires sur la dite créature. Paraît qu’un monstre marin rôde dans les parages et tente de croquer les quelques aventureux à la surface. Pour l’instant, tu ne peux en dire autant. Toi, tu ne l’as pas encore vu cette bête féroce. « Allez viens. » Tu demeures immobile, exposée au soleil, supportable à cette heure de la matinée. C’est presque agréable mais bientôt, la chaleur deviendra difficile à tolérer. Faut dire que tu préfères largement le froid de l’hiver et la beauté de la neige à la terrible canicule et la sécheresse menaçante. Pourtant, t’es une enfant du soleil, venue au monde à cette période de l’année. Faut croire que t’es l’exception qui confirme la règle, ne te sentant pas du tout en phase avec cette saison.    



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le Sam 26 Jan - 11:23


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C’est un paradoxe étrange. Devos est confronté à son besoin d’éloignement et retenu par celui de proximité. C’est effroyable ce pouvoir que Mila a sur lui, il ne s’en était pas rendu compte. Plus il passe du temps avec elle, plus elle se glisse dans son esprit, murmurant des mots nouveaux à son cerveau fermé. Il entrevoit avec elle un chemin différent, nouveau, chargé d’aventures et d’un gouffre sans nom. Il ne la comprend pas, ou peut-être un peu quand même. Il ne sait jamais ce qu’elle va faire ou dire. Il ne peut la ranger dans aucune case, si ce n’est dans celui de Thalia. Pendant, longtemps, c’était simplement ça : la copine de Thalia. Une femme qui avait séduit son cœur, qui lui avait apporté autant de bien que de mal. Lui, qui est-il dans l’histoire ? Que peut-il devenir maintenant sans ce lien commun qu’était son amie ? C’est peut-être ça, qui est effrayant. L’hypothèse étrange que Mila pourrait très bien être sienne comme elle l’a été pour l’âme décédée. Qu’il pourrait craquer pour ses beaux yeux, goûtés à sa chair pour le simple plaisir. Il n’en a pas très envie, mais en même temps, peut-il contrôler un instinct aussi primaire ? Ce n’est pas Devos qui va s’inonder de principe, remettant en question une envie par des phrases trop lourdes comme « elle est trop jeune » ou encore « elle n’est pas faite pour toi ». Ridicule. Les barrières, il n’en a pas vraiment, pourquoi, il peut en dessiner une flagrante entre eux : Thalia. Ne serait-ce pas une trahison d'apprécier ce qu’elle a apprécié par le passé ? Même si elle n’est plus de ce monde ? D’ailleurs, pourquoi n’est-elle plus là, commente est-elle morte… Que s’est-il vraiment passé.

Lorsqu’il l’aperçoit, là, toujours derrière, et qu’elle affirme qu’il va dans la mauvaise direction, il sait que cette rencontre n’est pas la dernière. Que ce moment n’est qu’un début, une suite sans fin. Il hésite, regard autour de lui. La rivière, pourquoi pas. Qu’il s’entraîne là-bas ou ailleurs, ça ne change rien. Il finit par accepter en silence, se rapprochant et suivant Mila. Plus loin, son regard semble apercevoir une tête aux cheveux bouclé et, quelque part, quelque chose, le pince. Comme une alerte. Comme si ce qu’il allait faire, maintenant qu’il suivait Mila vers la rivière, était un danger. Un danger par forcément pour lui, mais pour les autres. N’importe quoi. Il balance ce doute dans une poubelle, avec un clic invisible pour ne plus y songer.

Il attend qu’ils soient dehors, enfoncé dans la forêt en direction de l’eau claire pour reprendre la parole. Lui, ce n’est pas le silence qui le gêne, au contraire. Il aime entendre les bruits qui l’entourent, rassurés de ne pas apercevoir de bête foncer vers eux. Il est rassuré par le son des feuilles, par le vent qui se glissent entre les branches.

« La dernière fois, je t’ai vu, tu sais. » Il maintient son regard devant lui, sans ralentir. « Je t’ai vu me suivre. » Une fois, ou peut-être deux. Il ne sait pas si elle l’a fait souvent, si elle trouve quelque chose d’intéressant à le regarder s’enfoncer dans le métro ou s’entraîner dans la forêt. Il doute qu’elle ait vu l’emplacement du bunker, ou peut-être que si. Ce n’est pas Devos le génie de la discrétion, surtout avec sa carrure. Mais peu importe. Il se demande surtout d’où viens se nouveau passe-temps…



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Mila Swann
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le Dim 27 Jan - 1:00
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Devos entreprend de t'accompagner. Pour combien de temps ? Tu sais pertinemment qu'il peut faire demi-tour à tout moment. Pourtant, t'as l'impression que ce n'est pas son intention, bien au contraire. Il avance d'un pas décidé, déterminé, à croire que rien ne peut l'arrêter. L'informaticien doit probablement avoir conscience de son erreur à l'heure actuelle. Alors pourquoi continuer, pourquoi avancer, tu l'ignores. Bien que la question effleure ton esprit, elle ne franchit pas la cloison de tes lèvres. A vrai dire, le silence qui s'installe progressivement entre vous n'est pas gênant. Y'a quelque chose de rassurant qui s'en dégage car d'une certaine façon, vous communiquez sans un mot, sans une syllabe. C'est différent, comme un sentiment, une sensation partagée, difficile à expliquer, impossible à nommer. Alors que tu bifurques pour retrouver le sentier familier qui mène à la rivière, il t'interpelle. Tu lui lances un regard curieux. Parce que ses propos te semblent bien mystérieux. A nouveau, tu ne perçois pas le sens qui émane de sa remarque. Quand il finit par t'en dévoiler la signification. « Evidemment. » La réponse frôle à peine tes pensées qu'elle écorche d'ores et déjà tes lippes. Tu n'es pas surprise qu'il aborde ce sujet, vous semblez partagez un intérêt commun l'un pour l'autre. Depuis que Thalia n'est plus, les frontières se sont progressivement volatilisées entre vous, laissant un passage d'usage. Un passage dangereux. « Je t'ai dit que je t'entendrai, tu te rappelles ? » Votre dernière conversation remonte à plusieurs mois, néanmoins tu t'en souviens parfaitement.

Et s'il semble avoir oublié ta promesse, toi tu la respectes de la seule manière que tu connaisses. Étrangement. Parce que tu ne fonctionnes pas comme les autres. Parfois c'est à se demander si tu fonctionnes tout simplement. « Tu ne t'attendais pas à ça ? » Evidemment. Sauf que tu veux l'entendre de sa bouche, avoir son opinion claire et nette, qu'il te balance son venin à la figure ou te frôle avec douceur. Peu t'importe sa réaction pourvue qu'il en ait une. Devos te paraît bien calme, presque trop calme pour tout dire. Tu n'as pas l'habitude le voir ainsi, découvres une autre facette de sa personnalité complexe. Il semble vouloir comprendre, déchiffrer un problème, une méthode. La tienne. Comme si tu étais une de ces vulgaires machines de l'espace qui lui faisaient oublier sa vie dans les étoiles. Sauf que t'as pas de mode d'emploi. C'est bien ça le souci avec toi. T'es venue au monde sans rien, sans amour, sans futur. Il a fallu se battre dès les premières secondes, anticiper les prochaines alors que le chagrin s'est abattu sur tes frêles épaules. Personne ne t'a dit que la vie serait aussi dure, que la mort serait aussi tentante, que le silence serait aussi dangereux. Tu as découvert chaque sommet du triangle, pourtant tu ne saisis toujours pas ce qui te fait défaut. Et la plupart des gens tentent d'en découdre mais ils ne réalisent pas: tu es devenue une énigme pour toi-même. La seule que tu ne pourras jamais résoudre.


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le Dim 27 Jan - 19:59
(erreur de manip What if...  Icon_arrow )


Dernière édition par Devos Acciaro le Sam 23 Mar - 17:44, édité 2 fois
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le Dim 27 Jan - 21:56
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« Peut-être bien. » Tu peux être si vague et précise à la fois que ça donne le vertige. Quand tu réponds à une question, tu en engendres automatiquement une autre. C'est un cercle vicieux, sans fin. Tu en as conscience dans le fond mais c'est ta façon d’interagir. Et surtout, de maintenir cette forteresse que représente ton esprit, impénétrable et pourtant ô combien vulnérable. Parce que t'as conservé la fragilité de l'enfance, un coup de vent et tout part en éclat. Le seul moyen d'empêcher cette catastrophe c'est en alimentant le poison qui coule dans tes veines, en nourrissant le démon qui sommeille dans tes entrailles. « J'en ai vu suffisamment Devos. » Sur ces mots, ton regard lorgne la rivière à quelques mètres de là. Tu peux deviner la fraîcheur de l'eau sans avoir besoin de la goutter. Alors sans plus attendre, tu enlèves tes chaussures pour retrouver le contact du sol avec ta voûte plantaire. Quelle sensation délicieuse. Tu reportes finalement ton attention sur l'informaticien, ayant probablement considéré que tu n'en dirais guère plus. « J'ai bien des choses à te demander... » Sauf que tu ne comptes pas en rester là. Effectivement, tu le suis depuis des mois sans ressentir le besoin de mettre fin à cette activité. Peut-être car tu ne le comprends pas vraiment et ça te permet de l'apprivoiser progressivement. Tu ne saurais expliquer les raisons qui te motivent. Tu sais pertinemment que la plupart des gens n'agissent pas ainsi, ils apprennent à connaître leurs semblables en parlant, échangeant. Sauf que ces notions te parlent peu.

La preuve, ta conversation avec Devos tourne en rond. Et ce depuis votre première interaction. Les choses n'ont pas vraiment évolué. Alors qu'en le traquant jour et nuit, tu as fini par développer un intérêt étrange à son égard. « Pourquoi t'es seul ? » C'est rude, brutal, direct. Y'a pas de filtre pour rendre ta question plus douce. Y'a que tes mots, tranchants, pour rappeler la réalité.  « Pourquoi tu partages ta vie avec personne ? » Cette fois, tu prends la peine d'apporter des précisions. Désireuse de savoir ce qui l'empêche de s'abandonner complètement à une autre âme. Tu trouves ça étrange, les gens qui voguent sans ancre. Toi c'est différent, tu l'as tuée la tienne. Mais lui, il ne doit probablement pas être en proie à des pulsions meurtrières. Sur cette pensée, tu ne te fais pas prier pour enlever les vêtements qui te collent à la peau avant de les laisser tomber à terre. Tu t'aventures vers la rivière, un pied à la fois. Tu avances jusqu'à ce que le niveau de l'eau vienne imbiber le tissu de tes dessous noirs comme l'ébène. Tes cheveux remontent à la surface, si légers, si foncés. Tu te laisses doucement basculer en arrière pour finir par flotter et là tu fermes les yeux. T'as l'impression d'être en apesanteur, de t'envoler presque. Seule la voix de ton acolyte te ramène ici bas, au milieu de la forêt, à cet instant précis.

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le Sam 23 Mar - 17:44
(encore une erreur de manip What if...  2666259645 )


Dernière édition par Devos Acciaro le Sam 20 Avr - 17:16, édité 2 fois
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le Sam 6 Avr - 20:25
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L'espace d'un instant tu n'entends plus rien ; pas même le frottement de l'eau contre ta peau ne parvient à résonner au creux de ton tympan. Tu es ailleurs, encore une fois, mais aucune voix à l'horizon pour t'accompagner. C’est calme, étrangement calme. Une sorte de silence se répand tout autour, sauf qu’il ne t’effraie pas comme à son habitude. Tu ne le fuis guère, pourtant ce comportant est devenu instinctif. Tu ignores le pourquoi du comment, demeurant simplement immobile, inerte. Et l’espace d’un instant, tu as l’impression de n’être plus et d’être tout à la fois. Une sensation inédite que tu expérimentes avant qu’elle ne prenne brutalement fin. Tu es happée par la réalité quand les vibrations à la surface finissent par t’atteindre. Il est entré dans la rivière. Seuls quelques centimètres de sa peau sont immergés mais c’est un bon début. Tu le regardes du coin de l’œil, finis par te relever lorsque ses lèvres se mettent à remuer. Tu veux entendre sa réponse, tu as besoin de l'entendre. Il semble te dévoiler la vérité, sa vérité sans chercher à se cacher. Cependant, tu es bien placée pour savoir qu’il existe plusieurs vérités pour chacun. « Oh le pauvre petit garçon. » Loin d’être délicate dans tes propos, tu ne le ménages pas. Jamais. Devos est capable de te faire face, sinon il ne se tiendra pas si près. Ca fait bien longtemps qu’il mesure le danger que tu représentes, cela ne l’empêche pas d’être ici à ce moment même en ta présence. A croire qu’il aime prendre des risques.

Alors non, tu n’es définitivement pas convaincue par les propos qu’il avance. « Tu es certain que ce n’est pas plutôt l’inverse ? » Pour toi, c’est un comportement d’évitement. Persuadée que le problème ne vient pas des autres finalement, mais de lui. Le problème vient toujours de soi, du plus profond de l’âme. Il n’est pas étranger à ta pensée compte tenu de ses dernières paroles. A l’évidence, un trop plein de souffrance l’étouffe. Et surtout, une solitude fataliste qui le plonge dans un état d’esprit bien sombre. Tu as presque de la peine pour l’homme qui se cache derrière ses traits, le cœur éreinté qui bat sous cette poitrine, le môme incompris qui a grandi sans s’épanouir. « Ce n’est pas une raison pour négliger les sentiments, c’est une excuse. » Il a raison, évidemment, les gens finissent par disparaître et il ne reste que les souvenirs d’eux pour se remémorer leur passage. Des fragments que le temps emportera, tôt ou tard. Cependant, tu ne peux décemment l’admettre. Cela reviendrait à reconnaître tout le chagrin que tu transportes, à lui donner une réalité que tu n’es pas prête à supporter. Tu as passé ton existence à la fuir, ce n’est pas un simple mécanisme, c’est pratiquement devenu une entité à part entière. « Ca fait du bien d’aimer, tu devrais au moins prendre la peine d’essayer. » Parce que t’es certaine que sous ses airs rigides, son regard se perd parfois dans celui d’une autre qui embrase son corps tout entier.


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