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˜˜˜˜˜˜Like old friends [Nuna & Ayiana]
maybe life should be about more than just surviving


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13/08/2018 Lyndi 123 Anna Torv Lux Aeterna <3 Matelot sur un bateau Iskaar 133


Sujet: Like old friends [Nuna & Ayiana]
Ven 30 Nov - 20:03


Like old friends

Ayiana s’arrêta deux minutes pour souffler. Bon sang, l’île des Iskaars n’avait pas un climat facile. Mais la montagne Athna, c’était quelque chose. Des kilomètres de marche. Il fallait vouloir aller là-haut. Il fallait presque le mériter. Alors chaque fois, Ayiana était contente d’arriver et de reconnaitre la végétation familière annonçant, bientôt, l’entrée du village.

Elle ne venait pas très fréquemment chez les Athnas, peut-être tous les deux ou trois mois. L’entente entre cette tribu et la sienne étaient bonnes, commerciales surtout. Les Athnas aimaient le bois bleu pour faire leurs armes, les Iskaars avaient besoin de plantes médicinales qui ne poussait pas sur l’île, entre autres. Mais le chemin était long, et la jeune femme n’avait pas toujours la possibilité de prendre le temps de venir jusqu’ici. Cela rendait chaque arrivée encore plus belle, d’une certaine manière. Comme si elle redécouvrait presque le village et ses habitants. Et aujourd’hui, elle venait pour affaires, certes : le stock de plantes médicinales manquait de certains éléments, et le capitaine cherchait des clients. Mais elle venait aussi, surtout peut-être, pour le plaisir. Car chez les Athnas, il y avait Nuna.

Elle salua les sentinelles postées devant l’entrée du passage souterrain, qui lui répondirent par un signe de tête à peine visible. Ayiana leur confia ensuite ses armes. Elle n’aimait pas tellement cette tradition. Elle n’aimait pas se sentir désarmée au milieu de gens qui, s’ils n’étaient pas hostiles, restaient des inconnus pour la plupart. Mais les Athnas étaient méfiants et se protégeaient ainsi, et il ne lui viendrait jamais à l’idée de violer leurs coutumes. Elle se délesta donc, sans faire d’histoire, de ses deux dagues, et les sentinelles la laissèrent passer. Elle avait toujours trouvé fascinant ce village caché au creux de la montagne, comme protégé par les éléments naturels. Les Iskaars aussi l’étaient, d’une certaine façon. Il fallait être bien accroché pour traverser la mer et affronter le froid. Il fallait connaitre la mer pour ne pas sombrer, aussi. Mais chez les Athnas, cette protection naturelle avait une certaine beauté, une élégance mystique qu’appréciait tout particulièrement Ayiana.

Certains visages familiers la saluèrent ou lui sourirent alors qu’elle entrait. Elle ne s’attarda pas cependant, se dirigeant droit vers l’atelier de Nuna. A cette heure-ci, son amie devait probablement travailler encore. Elle entra doucement ; l’endroit n’avait pas vraiment changé en trois mois.
« Hei », dit-elle avec un sourire, pour attirer l’attention de Nuna. La jeune femme non plus n’avait pas changé. Toujours la même peau mate, ces mêmes grands yeux, ces cheveux qui n’en faisaient qu’à leur tête.

La relation entre Nuna et Ayiana n’avait pas démarré du bon pied, pourtant. A l’époque, il y a plusieurs années, Ayiana accompagnait encore Kal quelques fois dans ses escapades diplomatiques. Il se sentait mieux accompagné de son épouse, disait-il. Ils s’étaient rendus chez les Athnas pour discuter politique et toutes ces choses auxquelles Ayia ne prêtait que peu d’intérêt. Nuna n’était qu’une Athna parmi d’autres. Mais elle avait eu le malheur de bousculer Kal sans le vouloir. Il s’était alors mis dans une rage folle, avait hurlé sur la jeune femme. Une réaction franchement disproportionnée. Ayiana l’avait calmé, sur le coup, invoquant l’idée que créer un incident diplomatique inter-tribal n’était peut-être pas l’idée du siècle. La vérité, c’est qu’elle avait trouvé l’attitude de Kal détestable. Et elle avait bien vu que la jeune femme inconnue avait été terrifiée. Elle s’était confondue en excuses, en vain. Une fois rentrée chez eux, Ayiana avait dit à Kal sa façon de penser. Ca avait mené à une énième dispute. Mais elle n’avait jamais oublié la jeune inconnue Athna.

Alors quelques semaines plus tard, elle était montée au village et l’avait retrouvée. Pour s’excuser à la place de son con de mari, trop fier pour le faire lui-même. Et elle lui avait apporté une pierre, un caillou trouvé lors d’un voyage. Elle avait remarqué que Nuna portait un bijou, elle s’était dit que ce serait un maigre cadeau de consolation pour ce qui s’était passé. Par chance, Ayiana n’y connaissait rien en cailloux, mais Nuna si, et il s’avéra que la pierre avait plus de valeur que prévu. Alors, d’un évènement fâcheux et d’une pierre surprise, naquit une amitié qui durait depuis plus de six ans maintenant. Ayiana et Nuna avaient traversé beaucoup ensemble. L’arrivée des Débarqués, les tensions qui en avaient résulté, les tentatives de couture d’Ayiana, la descente aux Enfers de son couple. Les joies comme les peines, Ayiana avait pu les partager avec la jeune Athna, parce que Nuna était une formidable oreille, un formidable soutien. Et elle avait une perspective pacifiste et douce, là où Ayiana avait tendance à brusquer et réagir. Peut-être la matelote s’était-elle adoucie au contact de la forgeronne. Peut-être avait-elle laissé parler la sentimentale en elle. Quoiqu’il en soit, elle savait que la présence de Nuna dans sa vie était un cadeau, qui la rendait meilleure. Raison de plus pour prendre son courage à deux mains et se farcir le trajet jusqu’au village Athna.

« Je te dérange ? Je peux repasser plus tard, si tu veux »
Nuna était artisan. Elle vivait de ce qu’elle créait dans son travail. Forgeronne comme son père. Joaillière par passion. Mais il n’était donc pas question qu’Ayiana l’empêche de finir son œuvre.

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12/10/2018 Lux Aeterna Murphy Cavendish 187 Zazie Beetz Lux Aeterna (vava, sign, gifs) Forgeronne et orfèvre (joaillière) Athna 502


Sujet: Re: Like old friends [Nuna & Ayiana]
Sam 1 Déc - 19:45



Like old friends

Nuna Cortez & Ayiana Solak

(20 novembre 2118 / fête des récoltes chez les Pikunis)


L'hiver se préparait. Ca se sentait dans l'air glacé qui les réveillait au petit matin, dans les feux qui grondaient férocement partout dans le volcan et dans les fourrures qu'ils accumulaient pour dormir. Pourtant, dans sa forge, Nuna n'avait jamais vraiment froid. Été ou hiver, la sueur dégoulinait de son front quand elle s'entêtait sur les matériaux pour leur donner la forme qu'elle en attendait. Si les saisons changeaient quelque chose, c'était à l'accalmie que les plus fraîches d'entre elles pouvaient apporter dès qu'elle s'éloignait du foyer où les métaux fondaient. Au mois de novembre, les différences de températures étaient aussi sévères qu'agréables. Nuna les appréciait parce qu'elle les avait toujours connues. Avec un père forgeron, on n'était jamais loin des flammes. Le regard froncé sous la concentration, Nuna frappait sans relâche ce qui était censé devenir un plat pour l'un de ses concitoyens. C'était d'une banalité qui en affligerait plus d'un, mais la brune y trouvait une forme de mission qui faisait plus que lui convenir. La famille qui lui avait commandé ce plat se réunirait à table, de part et d'autre de ce qu'elle avait passé des heures à forger et à faire naître sous ses doigts. L'objet ferait partie de leur quotidien au point de se faire oublier, de devenir une valeur fidèle sur laquelle ils compteraient pendant des années, qui serait peut-être même hérité au fil des générations. A travers ses travaux, Nuna laissait une part d'elle un peu partout au cœur de ce volcan, au sein des familles qui y grandissaient. Elle fabriquait des armes à ceux qui savaient s'en servir; elles les accompagnaient parfois sur des centaines de kilomètres, à l'autre bout de l'île, parfois même jusque d'autres terres. Les lames devenaient, en plus d'être des outils nécessaires, une démonstration de leur fierté d'Athnas. Elles étaient des fidèles compagnes des guerriers et des explorateurs, des alliés auxquels ils devaient parfois leur vie. Il n'y avait pour Nuna pas plus belle façon d'honorer les siens et de leur prouver toute la valeur qu'ils avaient à ses yeux, même si elle, elle était à peine capable de brandir une arme. Elle se glissait dans leur existence à sa façon, laissait sa marque, participait de façon intime à ce qui rendait les Maunkru si grands, insubmersibles comme elle ne le serait jamais.

Elle frappait son assiette, à bout de souffle, alors que son père avait quitté la forge des heures auparavant, bien décidé à tester lui-même cette hache sur laquelle il avait passé tant de temps. Ses boucles d'oreilles en laiton tintaient inlassablement dans ses oreilles, rythmant chacun des coups portés à la matière magmatique qui prenait forme sur son plan de travail. En dehors de l'échoppe, le monde vivait. On pouvait entendre les enfants jouer; de temps en temps, certains d'eux passaient la tête par la porte laissée ouverte pour faire un signe de la main à leur narratrice préférée, et déguerpissaient sur ordre d'un parent impatient, ou inquiet de déranger Nuna dans ses tâches aussi physiques que délicates. Elle trouvait toujours quelques secondes pour leur faire un signe de main et un sourire, pourtant, et leur promettait de leur conter une histoire folle une fois la soirée venue. Elle en profitait pour s'éponger le front, parfois prendre l'air devant son échoppe, dans la rue, et se ressourcer auprès de la fourmilière à laquelle ressemblait son volcan en pleine journée. Elle aimait bien avoir la forge pour elle toute seule; ça arrivait de plus en plus souvent, avec un père qui préférait diversifier ses activités, maintenant que les armes devenaient presque superflues et que la relève était assurée. C'était sans lui qu'elle pouvait faire de l'atelier son repère. Elle pouvait s'étaler comme elle le souhaitait, et les enfants qui passaient par là étaient moins timides, sans la figure sévère du guerrier pour guetter.

Quand elle frappait le métal, Nuna se perdait dans son monde, le regard accrochant à chaque irrégularité du matériel comme si elle en faisait partie. Il lui en fallait beaucoup pour la sortir de là et lui faire lever la tête; il lui arrivait parfois de travailler bien au-delà des heures raisonnables sans s'en rendre compte. C'était l'obscurité tombante ou les grommellements de son estomac qui lui rappelaient qu'elle était encore un sujet de ce monde et qu'elle n'appartenait pas au cuivre dont elle tentait de faire quelque chose. Tournée dos à la porte pour travailler son assiette sous un autre angle, Nuna n'entendit qu'un vague salut au loin, qu'elle attribua à des voisins qui traînaient près de sa porte. Sur l'enclume, le métal prenait une forme qui lui plaisait et sans tarder, elle attrapa la pince posée à côté pour attraper l'assiette et la plonger dans le bac d'eau froide. Elle s'éloigna en regardant une partie de la masse d'eau s'évaporer sous l'effet du choc thermique et d'un revers de gant de cuir, s'épongea le front, l'autre main posée sur le plan de travail, épuisée. C'est une voix qui raisonna derrière elle qui la fit enfin se retourner, et un grand sourire se dessina aussitôt sur son visage fatigué. « Ayia ! » s'exclama-t-elle en arrachant ses gants pour les jeter dans ses affaires. L'air émerveillé d'une telle surprise, elle se rua vers la blonde pour la serrer dans ses bras. Ces moments faisaient partie de ce qui rendait cette drôle d'amitié si tendre et si belle. Les séparations engendraient les retrouvailles et donnaient toujours matière à raconter. Nuna aimait se perdre dans les narrations de l'Iskaar et devait admettre y puiser de l'inspiration pour toutes les histoires qu'elle tricotait chaque jour à l'attention des jeunes qui aimaient l'écouter. Il y avait chez la blonde quelque chose d'un port d'attache que l'on retrouvait toujours avec plaisir, un confort rare dont on faisait volontiers son foyer. « Dis pas de bêtises, tu sais que tu me déranges jamais ! » Elle s'éloigna d'elle avec un sourire tendre, les mains posées sur ses épaules pour observer son aînée, la couvrant du regard affectueux qui la caractérisait. « Je pensais plus te revoir avant l'hiver... ! » Elle la lâcha pour dénouer son tablier en jetant un coup d'oeil au bac d'eau qui achevait de figer son assiette dans l'état dans lequel elle l'avait laissée. En passant sa protection de cuir par-dessus son épaule, Nuna avait une idée derrière la tête. « J'ai un truc pour toi, mais il est à la maison. » Le tablier posé sur le plan de travail, elle poussait Ayiana vers la sortie de l'atelier d'un air taquin. Elle avait désespéré de lui offrir cette petite attention avant que l'hiver n'arrive, mais l'avait gardé en évidence sur sa table pour être sûre de ne pas laisser filer l'occasion lorsqu'elle se présenterait. « T'as fait bon voyage ? » Elle ferma la porte derrière elle et poussa Ayiana par les épaules, malicieuse, avant de saluer d'un clin d'oeil une jeune fille d'à peu près six ans qui croisait leur chemin. « Ils sont les bienvenus ce soir » invita-t-elle la mère qui courait après la gamine à lui confier ses deux enfants pour la soirée. En remontant la rue, elle glissa à l'oreille de son amie des mers que « comme d'habitude, tu es la bienvenue pour dormir... » Et profiter de la fraîcheur des enfants, elle aussi, si elle le souhaitait.
 

Like old friends [Nuna & Ayiana]

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