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le Ven 30 Nov - 20:03

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Ayiana s’arrêta deux minutes pour souffler. Bon sang, l’île des Iskaars n’avait pas un climat facile. Mais la montagne Athna, c’était quelque chose. Des kilomètres de marche. Il fallait vouloir aller là-haut. Il fallait presque le mériter. Alors chaque fois, Ayiana était contente d’arriver et de reconnaitre la végétation familière annonçant, bientôt, l’entrée du village.

Elle ne venait pas très fréquemment chez les Athnas, peut-être tous les deux ou trois mois. L’entente entre cette tribu et la sienne étaient bonnes, commerciales surtout. Les Athnas aimaient le bois bleu pour faire leurs armes, les Iskaars avaient besoin de plantes médicinales qui ne poussait pas sur l’île, entre autres. Mais le chemin était long, et la jeune femme n’avait pas toujours la possibilité de prendre le temps de venir jusqu’ici. Cela rendait chaque arrivée encore plus belle, d’une certaine manière. Comme si elle redécouvrait presque le village et ses habitants. Et aujourd’hui, elle venait pour affaires, certes : le stock de plantes médicinales manquait de certains éléments, et le capitaine cherchait des clients. Mais elle venait aussi, surtout peut-être, pour le plaisir. Car chez les Athnas, il y avait Nuna.

Elle salua les sentinelles postées devant l’entrée du passage souterrain, qui lui répondirent par un signe de tête à peine visible. Ayiana leur confia ensuite ses armes. Elle n’aimait pas tellement cette tradition. Elle n’aimait pas se sentir désarmée au milieu de gens qui, s’ils n’étaient pas hostiles, restaient des inconnus pour la plupart. Mais les Athnas étaient méfiants et se protégeaient ainsi, et il ne lui viendrait jamais à l’idée de violer leurs coutumes. Elle se délesta donc, sans faire d’histoire, de ses deux dagues, et les sentinelles la laissèrent passer. Elle avait toujours trouvé fascinant ce village caché au creux de la montagne, comme protégé par les éléments naturels. Les Iskaars aussi l’étaient, d’une certaine façon. Il fallait être bien accroché pour traverser la mer et affronter le froid. Il fallait connaitre la mer pour ne pas sombrer, aussi. Mais chez les Athnas, cette protection naturelle avait une certaine beauté, une élégance mystique qu’appréciait tout particulièrement Ayiana.

Certains visages familiers la saluèrent ou lui sourirent alors qu’elle entrait. Elle ne s’attarda pas cependant, se dirigeant droit vers l’atelier de Nuna. A cette heure-ci, son amie devait probablement travailler encore. Elle entra doucement ; l’endroit n’avait pas vraiment changé en trois mois.
« Hei », dit-elle avec un sourire, pour attirer l’attention de Nuna. La jeune femme non plus n’avait pas changé. Toujours la même peau mate, ces mêmes grands yeux, ces cheveux qui n’en faisaient qu’à leur tête.

La relation entre Nuna et Ayiana n’avait pas démarré du bon pied, pourtant. A l’époque, il y a plusieurs années, Ayiana accompagnait encore Kal quelques fois dans ses escapades diplomatiques. Il se sentait mieux accompagné de son épouse, disait-il. Ils s’étaient rendus chez les Athnas pour discuter politique et toutes ces choses auxquelles Ayia ne prêtait que peu d’intérêt. Nuna n’était qu’une Athna parmi d’autres. Mais elle avait eu le malheur de bousculer Kal sans le vouloir. Il s’était alors mis dans une rage folle, avait hurlé sur la jeune femme. Une réaction franchement disproportionnée. Ayiana l’avait calmé, sur le coup, invoquant l’idée que créer un incident diplomatique inter-tribal n’était peut-être pas l’idée du siècle. La vérité, c’est qu’elle avait trouvé l’attitude de Kal détestable. Et elle avait bien vu que la jeune femme inconnue avait été terrifiée. Elle s’était confondue en excuses, en vain. Une fois rentrée chez eux, Ayiana avait dit à Kal sa façon de penser. Ca avait mené à une énième dispute. Mais elle n’avait jamais oublié la jeune inconnue Athna.

Alors quelques semaines plus tard, elle était montée au village et l’avait retrouvée. Pour s’excuser à la place de son con de mari, trop fier pour le faire lui-même. Et elle lui avait apporté une pierre, un caillou trouvé lors d’un voyage. Elle avait remarqué que Nuna portait un bijou, elle s’était dit que ce serait un maigre cadeau de consolation pour ce qui s’était passé. Par chance, Ayiana n’y connaissait rien en cailloux, mais Nuna si, et il s’avéra que la pierre avait plus de valeur que prévu. Alors, d’un évènement fâcheux et d’une pierre surprise, naquit une amitié qui durait depuis plus de six ans maintenant. Ayiana et Nuna avaient traversé beaucoup ensemble. L’arrivée des Débarqués, les tensions qui en avaient résulté, les tentatives de couture d’Ayiana, la descente aux Enfers de son couple. Les joies comme les peines, Ayiana avait pu les partager avec la jeune Athna, parce que Nuna était une formidable oreille, un formidable soutien. Et elle avait une perspective pacifiste et douce, là où Ayiana avait tendance à brusquer et réagir. Peut-être la matelote s’était-elle adoucie au contact de la forgeronne. Peut-être avait-elle laissé parler la sentimentale en elle. Quoiqu’il en soit, elle savait que la présence de Nuna dans sa vie était un cadeau, qui la rendait meilleure. Raison de plus pour prendre son courage à deux mains et se farcir le trajet jusqu’au village Athna.

« Je te dérange ? Je peux repasser plus tard, si tu veux »
Nuna était artisan. Elle vivait de ce qu’elle créait dans son travail. Forgeronne comme son père. Joaillière par passion. Mais il n’était donc pas question qu’Ayiana l’empêche de finir son œuvre.

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Nuna Cortez
Nuna Cortez
DATE D'INSCRIPTION : 12/10/2018 PSEUDO/PRENOM : Lux Aeterna MULTICOMPTES : Murphy Cavendish MESSAGES : 2131 CELEBRITE : Zazie Beetz COPYRIGHT : Lux Aeterna (vava, sign, gifs) METIER/APTITUDES : Forgeronne et orfèvre (joaillière) TRIBU : Athna POINTS GAGNES : 196

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le Sam 1 Déc - 19:45


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Nuna Cortez & Ayiana Solak

(20 novembre 2118)


L'hiver se préparait. Ca se sentait dans l'air glacé qui les réveillait au petit matin, dans les feux qui grondaient férocement partout dans le volcan et dans les fourrures qu'ils accumulaient pour dormir. Pourtant, dans sa forge, Nuna n'avait jamais vraiment froid. Été ou hiver, la sueur dégoulinait de son front quand elle s'entêtait sur les matériaux pour leur donner la forme qu'elle en attendait. Si les saisons changeaient quelque chose, c'était à l'accalmie que les plus fraîches d'entre elles pouvaient apporter dès qu'elle s'éloignait du foyer où les métaux fondaient. Au mois de novembre, les différences de températures étaient aussi sévères qu'agréables. Nuna les appréciait parce qu'elle les avait toujours connues. Avec un père forgeron, on n'était jamais loin des flammes. Le regard froncé sous la concentration, Nuna frappait sans relâche ce qui était censé devenir un plat pour l'un de ses concitoyens. C'était d'une banalité qui en affligerait plus d'un, mais la brune y trouvait une forme de mission qui faisait plus que lui convenir. La famille qui lui avait commandé ce plat se réunirait à table, de part et d'autre de ce qu'elle avait passé des heures à forger et à faire naître sous ses doigts. L'objet ferait partie de leur quotidien au point de se faire oublier, de devenir une valeur fidèle sur laquelle ils compteraient pendant des années, qui serait peut-être même hérité au fil des générations. A travers ses travaux, Nuna laissait une part d'elle un peu partout au cœur de ce volcan, au sein des familles qui y grandissaient. Elle fabriquait des armes à ceux qui savaient s'en servir; elles les accompagnaient parfois sur des centaines de kilomètres, à l'autre bout de l'île, parfois même jusque d'autres terres. Les lames devenaient, en plus d'être des outils nécessaires, une démonstration de leur fierté d'Athnas. Elles étaient des fidèles compagnes des guerriers et des explorateurs, des alliés auxquels ils devaient parfois leur vie. Il n'y avait pour Nuna pas plus belle façon d'honorer les siens et de leur prouver toute la valeur qu'ils avaient à ses yeux, même si elle, elle était à peine capable de brandir une arme. Elle se glissait dans leur existence à sa façon, laissait sa marque, participait de façon intime à ce qui rendait les Maunkru si grands, insubmersibles comme elle ne le serait jamais.

Elle frappait son assiette, à bout de souffle, alors que son père avait quitté la forge des heures auparavant, bien décidé à tester lui-même cette hache sur laquelle il avait passé tant de temps. Ses boucles d'oreilles en laiton tintaient inlassablement dans ses oreilles, rythmant chacun des coups portés à la matière magmatique qui prenait forme sur son plan de travail. En dehors de l'échoppe, le monde vivait. On pouvait entendre les enfants jouer; de temps en temps, certains d'eux passaient la tête par la porte laissée ouverte pour faire un signe de la main à leur narratrice préférée, et déguerpissaient sur ordre d'un parent impatient, ou inquiet de déranger Nuna dans ses tâches aussi physiques que délicates. Elle trouvait toujours quelques secondes pour leur faire un signe de main et un sourire, pourtant, et leur promettait de leur conter une histoire folle une fois la soirée venue. Elle en profitait pour s'éponger le front, parfois prendre l'air devant son échoppe, dans la rue, et se ressourcer auprès de la fourmilière à laquelle ressemblait son volcan en pleine journée. Elle aimait bien avoir la forge pour elle toute seule; ça arrivait de plus en plus souvent, avec un père qui préférait diversifier ses activités, maintenant que les armes devenaient presque superflues et que la relève était assurée. C'était sans lui qu'elle pouvait faire de l'atelier son repère. Elle pouvait s'étaler comme elle le souhaitait, et les enfants qui passaient par là étaient moins timides, sans la figure sévère du guerrier pour guetter.

Quand elle frappait le métal, Nuna se perdait dans son monde, le regard accrochant à chaque irrégularité du matériel comme si elle en faisait partie. Il lui en fallait beaucoup pour la sortir de là et lui faire lever la tête; il lui arrivait parfois de travailler bien au-delà des heures raisonnables sans s'en rendre compte. C'était l'obscurité tombante ou les grommellements de son estomac qui lui rappelaient qu'elle était encore un sujet de ce monde et qu'elle n'appartenait pas au cuivre dont elle tentait de faire quelque chose. Tournée dos à la porte pour travailler son assiette sous un autre angle, Nuna n'entendit qu'un vague salut au loin, qu'elle attribua à des voisins qui traînaient près de sa porte. Sur l'enclume, le métal prenait une forme qui lui plaisait et sans tarder, elle attrapa la pince posée à côté pour attraper l'assiette et la plonger dans le bac d'eau froide. Elle s'éloigna en regardant une partie de la masse d'eau s'évaporer sous l'effet du choc thermique et d'un revers de gant de cuir, s'épongea le front, l'autre main posée sur le plan de travail, épuisée. C'est une voix qui raisonna derrière elle qui la fit enfin se retourner, et un grand sourire se dessina aussitôt sur son visage fatigué. « Ayia ! » s'exclama-t-elle en arrachant ses gants pour les jeter dans ses affaires. L'air émerveillé d'une telle surprise, elle se rua vers la blonde pour la serrer dans ses bras. Ces moments faisaient partie de ce qui rendait cette drôle d'amitié si tendre et si belle. Les séparations engendraient les retrouvailles et donnaient toujours matière à raconter. Nuna aimait se perdre dans les narrations de l'Iskaar et devait admettre y puiser de l'inspiration pour toutes les histoires qu'elle tricotait chaque jour à l'attention des jeunes qui aimaient l'écouter. Il y avait chez la blonde quelque chose d'un port d'attache que l'on retrouvait toujours avec plaisir, un confort rare dont on faisait volontiers son foyer. « Dis pas de bêtises, tu sais que tu me déranges jamais ! » Elle s'éloigna d'elle avec un sourire tendre, les mains posées sur ses épaules pour observer son aînée, la couvrant du regard affectueux qui la caractérisait. « Je pensais plus te revoir avant l'hiver... ! » Elle la lâcha pour dénouer son tablier en jetant un coup d'oeil au bac d'eau qui achevait de figer son assiette dans l'état dans lequel elle l'avait laissée. En passant sa protection de cuir par-dessus son épaule, Nuna avait une idée derrière la tête. « J'ai un truc pour toi, mais il est à la maison. » Le tablier posé sur le plan de travail, elle poussait Ayiana vers la sortie de l'atelier d'un air taquin. Elle avait désespéré de lui offrir cette petite attention avant que l'hiver n'arrive, mais l'avait gardé en évidence sur sa table pour être sûre de ne pas laisser filer l'occasion lorsqu'elle se présenterait. « T'as fait bon voyage ? » Elle ferma la porte derrière elle et poussa Ayiana par les épaules, malicieuse, avant de saluer d'un clin d'oeil une jeune fille d'à peu près six ans qui croisait leur chemin. « Ils sont les bienvenus ce soir » invita-t-elle la mère qui courait après la gamine à lui confier ses deux enfants pour la soirée. En remontant la rue, elle glissa à l'oreille de son amie des mers que « comme d'habitude, tu es la bienvenue pour dormir... » Et profiter de la fraîcheur des enfants, elle aussi, si elle le souhaitait.


Dernière édition par Nuna Cortez le Dim 16 Déc - 19:52, édité 1 fois
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le Lun 10 Déc - 14:39

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« Ayia ! »
Nuna était une des rares personnes à appeler Ayiana « Ayia ». Sa mère l’appelait comme ça, avant. Sa sœur aussi. Ayiana, comme son père, n’était pas spécialement férue de surnoms. Après tout, ses parents avaient choisi un prénom, ce n’était pas pour l’entendre décortiqué, modifié, détourné, amputé. Fut un temps où la blonde refusait qu’on l’appelle autrement qu’Ayiana. Et puis, elle s’était ouverte, avec l’âge. Elle avait compris que les surnoms étaient, pour certains, une marque d’affection et pas simplement un raccourci flemmard de prononciation. Nuna avait fini par l’appeler Ayia, elle ne se rappelait plus quand. Elle ne lui avait jamais rien dit. Parce qu’elle savait que chez Nuna, c’était effectivement une marque de leur amitié. Parce qu’au fond, cela correspondait au personnage de Nuna. Et parce qu’Ayiana avait appris à laisser passer ce genre de détails. Ayia, c’était un joli surnom, après tout.

Elle rendit son étreinte à Nuna, qui faisait preuve d’une sacrée montre d’affection. Il faut dire qu’elles ne s’étaient pas vues depuis un moment. Chaque visite était un peu spéciale, parce que les deux jeunes femmes étaient bien incapables de prédire quand la suivante aurait lieu. Les éléments naturels, le travail d’Ayiana, les caprices de l’Histoire pouvaient espacer les visites de l’Iskaar à l’Athna de plusieurs mois. Alors chaque fois qu’elles se retrouvaient, c’était une petite fête, pour elles deux. Et chaque fois qu’elles devaient se quitter, c’était un déchirement silencieux dans le cœur de la matelote. Elle n’avait pas beaucoup d’amies comme Nuna. Elle aurait aimé, intérieurement, qu’elles ne soient pas séparées par autant de distance. La mer, la montagne, cela faisait beaucoup. C’était presque un challenge d’entretenir une amitié pareille. Mais elles s’accrochaient. Et chaque fois, ça payait. Ayiana rendit à l’Athna son sourire plein d’affection et la laissa la toiser quelques secondes. Elle avait probablement vieilli, une ride par ca, une par là. Ayiana approchait dangereusement des 40 ans et cela commençait à se voir sur son visage.

« Je pensais plus te revoir avant l'hiver... ! »
La blonde haussa les épaules en souriant. « J’ai besoin d’acheter des choses », répondit-elle simplement. Et le stock de plantes médicinales des Iskaars ne tiendrait peut-être pas tout l’hiver. Pour sûr, elle aurait pu aller voir Baelfire, probablement plus accessible que la montagne. Mais l’idée de revoir Nuna l’avait convaincue de se lancer dans l’ascension. Et puis, elle pourrait peut-être repartir aussi avec de nouvelles armes et crochets pour la pêche. L’hiver isolait pas mal les Iskaars, la saison rendant la navigation encore plus complexe que d’habitude. Alors il fallait s’organiser, prévoir, faire des réserves des choses que les Iskaars ne pouvaient pas obtenir sur l’île. Bien sûr, quelques bateaux partaient encore pour le continent en hiver. Ayiana en faisait souvent partie, ne supportant pas l’idée d’être coincée sur son caillou pendant trois ou quatre mois. Mais mieux vaut prévenir que guérir, comme dirait l’autre. Une année, il s’était passé trois semaines sans qu’aucun bateau ne quitte le port, à cause d’une violente tempête de neige.


Nuna avait quelque chose pour Ayiana. L’Iskaar se laissa docilement pousser vers la sortie de l’atelier et suivit son amie dehors. Elle se contenta de hocher la tête avec un « hm hm » affirmatif quand Nuna lui demanda si elle avait fait bon voyage. Un voyage sans rien d’exceptionnel, une mer calme. L’ascension de la montagne mettait toujours les jambes d’Ayiana à rude épreuve, elle qui avait plus l’habitude du plat qu’autre chose. Mais elle ne se plaignait pas. Les Athnas devaient constamment descendre et remonter le flan de la grande dame.

La blonde suivit doucement du regard les enfants qui passèrent devant elle. Nuna les invita sans même hésiter. Ayiana ignorait si elle le faisait naturellement, ou si elle y mettait un point d’honneur justement parce qu’elle était là. Il faut dire que Nuna avait saisi très vite l’attitude d’Ayiana face aux enfants. Une attitude qui s’amplifiait d’année en année, bien qu’elle restait très discrète. Chaque enfant qu’elle croisait lui rappelait celui qu’elle n’aurait jamais, celui qu’elle aurait pu avoir. Un enfant d’une autre vie, d’une autre elle. Nuna était douée avec les enfants, à la différence d’Ayiana. La blonde avait remarque que les gamins aimaient la joaillière, presque naturellement. Elle aurait aimé être aussi douée avec eux, mais elle se sentait d’une maladresse formidable. Trop directe, trop impatiente, trop…elle manquait d’instinct maternel. Pourtant, elle crevait d’envie d’élever un enfant. Seulement voilà, quand on vivait le couple qu’elle vivait, cela devenait vite un beau rêve qui ne se réaliserait jamais. Alors elle vivait par procuration, s’occupant parfois de la fille d’Einar, ou des enfants que Nuna accueillait chez elle. Ce n’était pas parfait. C’était mieux que rien. C’était pire que tout, peut-être.

Les deux jeunes femmes arrivèrent chez Nuna. La maison n’avait pas changé. Ayiana sourit malgré elle. Elle se sentait chez Nuna presque comme chez elle. Et c’était parce que Nuna l’avait accueillie tellement de fois qu’au final, c’était presque une extension de chez elle dans la montagne. Sa mémoire était emplie de souvenirs nés entre ces murs.
« Je t’ai ramené du bois bleu, d’ailleurs. Si ça t’intéresse. »
Le bois bleu était apprécié pour sa solidité et les Athnas l’utilisaient pour faire des armes, parfois. Ayiana se baladait rarement sans bois bleu, qui était la monnaie d’échange principale des Iskaars. Cette fois-ci, elle en avait pris un peu plus, pour pouvoir en échanger avec Nuna.
« Comment tu vas ? Tout se passe bien ? », dit-elle en enlevant son sac de son épaule et son gros manteau, les posant dans un coin comme d’habitude.


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Nuna Cortez
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le Dim 16 Déc - 23:50


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Nuna Cortez & Ayiana Solak

(20 novembre 2118)


Avec l'hiver qui se profilait, Nuna savait que les dernières chances de communication avec l'extérieur et les plaines s'amenuisaient. Elle n'était pas contre; elle aimait son cocon de volcan, et elle aimait l'intimité des siens, la solitude presque poétique qui découlait de l'isolement imposé par les éléments et les saisons. Mais l'hiver venait avec quelques petits chagrins; ceux de ne plus voir certaines têtes, d'avoir à patienter jusqu'au retour des beaux jours pour retourner chasser les matières nobles et un peu moins nobles, s'évader un peu de ses montagnes bien-aimées, et surtout laisser les autres venir à eux. Avec l'hiver, les montagnards avaient appris à chérir leurs sommets enneigés et leur propre compagnie. Nuna avait toujours aimé les hivers et ce dont ils étaient synonymes, mais peut-être un peu moins depuis qu'elle s'était ouverte au monde et qu'elle avait laissé le monde s'ouvrir à elle. L'hiver, c'était aussi l'attente du retour des journées plus douces.

Et l'hiver, tout autant que les au revoir qui les précédaient, ne pouvaient pas vraiment être prévus d'avance. On se laissait piéger subitement parfois, ou on attendait jusqu'à s'en lasser d'autres fois. On essayait de sentir dans l'air quel jour il choisirait pour se transformer en glace, mais la vérité, c'est qu'on dépendait d'une forme d'aléatoire à laquelle on ne pouvait que s'adapter. Et la plupart du temps, la prudence était de mise; si on était raisonnable, on se refusait à courir le risque de se laisser piéger par des congères et des vents glacés au milieu de la montagne.. Passé le début du mois de décembre, les natifs des hauteurs sortaient de moins en moins. Seuls les plus irréductibles, casse-cous et ceux dont les principales activités en dépendaient continuaient à s'aventurer dehors, priant pour que les premières neiges et températures glaçantes arrivent le plus tard possible. Nuna, elle, demeurait spectatrice. Son cœur se serrait quand la dernière limite du raisonnable était franchie et qu'ils se retranchaient tous dans leur volcan protecteur, y compris les plus aventuriers. C'était alors le début de quelques mois aussi réconfortants qu'isolants. Se retrouver autour d'un feu et se raconter des histoires, attendre patiemment que le solstice d'hiver passe pour qu'enfin on puisse voir les jours se rallonger; c'était un mélange de poésie et d'angoisses, de tranquillité et d'attente impatiente.

Alors quand on repoussait un peu cet isolement, on en profitait. Une journée de soleil, une absence de neiges et rien que de voir l'activité du village continuer à mener chacun à l'extérieur en oubliant presque ce que les semaines suivantes étaient censées amener avec elles contribuait à retarder l'inexorable. Elle n'était pas bête, pourtant, Nuna, et savaient que ceux qui venaient de loin commençaient probablement à repousser leurs prochaines visites dans le coin. Etre pris dans une tempête de neige en plaine était une chose; être piégé dans une tempête de neige en pleine montagne pouvait être fatale en quelques minutes à peine. Alors, quand elle glissa à Ayiana qu'elle n'osait plus espérer la voir depuis quelques temps déjà, Nuna révélait tout le bonheur qu'elle avait à constater sa présence ici. « Alors j'aime bien que t'aies besoin d'acheter des choses » dit-elle avec un de ces sourires qui faisaient briller ses yeux. Elle laissa derrière elle ses affaires de forgeronne et des braises qui, en l'absence de quoi les raviver, s'atténueraient probablement jusqu'à mourir.

La présence d'Ayiana ici était inespérée. Les pensées de Nuna en bouillirent un instant, le temps de se remémorer le petit paquet qui trônait chez elle depuis quelques temps déjà. En remontant la rue vers sa petite maison, la jeune femme pensait déjà à ce qu'elles auraient à se dire -pas encore à la séparation qui effriterait un peu son cœur. Au passage, elle réitéra au passage une invitation déjà faite d'accueillir deux frère et soeur pour libérer leurs parents. Ayiana pourrait en profiter un peu, elle aussi, et Nuna se faisait une joie de commencer à organiser silencieusement toute la soirée à venir. Lorsqu'elle poussa la porte de sa maison, l'Athna invita d'un signe de la main son amie à s'installer et à se débarasser de tout ce qui l'avait chargée pendant le voyage. Dans la petite cheminée, quelques braises continuaient tant bien que mal de réchauffer l'espace, mais l'absence de la propriétaire de lieux avait laissé la maison se rafraîchir. Nuna se dirigea vers le foyer pour tenter de raviver le reste de feu de quelques coups de tisonnier. Des lueurs chaudes vinrent réchauffer le tas de cendres, décidant la brune à attraper un morceau de bois stocké à côté de la cheminé pour le poser là et y ajouter un peu de petit bois. « Oh ! » Elle se retourna brièvement au milieu de sa manœuvre pour répondre par un sourire à son amie. « T'es adorable. Il faudra que tu passes à la forge, voir si quelque chose t'intéresse. » De quelques gestes habitués, elle continua à provoquer les braises pour faire ressusciter le feu qu'elle avait laissé le matin en partant à la forge. Le bois bleu, elle s'en servait parfois dans la fabrication d'armes ou d'autres accessoires, mais elle devait admettre l'apprécier pour ce qui lui était plus personnel. Lorsqu'elle le travaillait pour ses bijoux, Nuna savait qu'il ne s'agissait pas d'un métal que l'on pouvait fondre et refondre à volonté. C'était un exercice différent que celui du bois bleu, et il n'avait pas grand chose à voir avec ses travaux d'orfèvre; à mesure des années et de l'expérience, elle avait appris à sculpter et travailler de bois bien particulier dont elle aimait orner ses trésors joailliers, et particulièrement les boucles d'oreilles, auxquelles il offrait une légèreté dont aucun métal ou aucune pierre n'était capable. « Ca va ! On se prépare pour l'hiver... Et toi ? » En se redressant devant sa cheminée, après un dernier regard inquiet au feu dont elle espérait qu'il allait réussir à reprendre, Nuna se dirigea vers sa table à manger pour prendre une petite boîte de bois entre ses doigts, un sourire un peu intimidé dessiné sur ses lèvres. « Tu peux installer tes affaires près du lit si tu veux », désigna-t-elle du menton la zone de nuit cachée derrière un paravent et quelques tentures. Elle s'approcha d'un pas vers la blonde d'une manière presque enfantine, le regard brillant, en lui tendant la petite boite de bois. A l'intérieur, une chaîne de laiton au bout duquel était accroché un pendentif circulaire de quelques centimètres de diamètre, bleuté par un traitement vinaigré et quelques ajouts de cette matière précieuse qu'était le bois bleu. Après la dernière visite d'Ayiana, Nuna s'était affairée de nombreuses semaines à imaginer des motifs qui pourraient représenter cette mer que son amie aimait tant, et le laiton bleuté prenait des formes de vagues calmes par endroits, affolées à d'autres, entrecoupées de sœurs dessinées par des inserts de bois. Le tout était encerclé par un trait doré auquel était accroché la chaîne. Puisqu'elle destinait le collier à une aventurière, elle avait choisi les matériaux pour leur solidité, leur résistance aux éléments mais aussi et notamment pour le bois bleu, à l'identité qu'ils représentaient. Lorsqu'elle avait été satisfaite de son travail, elle avait enfermé le bijou dans une petite boîte et y avait jeté de réguliers coups d'oeil, comme pour s'assurer qu'elle en était toujours satisfaite, et que le petit cadeau était toujours à la hauteur de celle qui en devrait propriétaire. « Tu restes combien de temps ? Quand est-ce que tu dois acheter tes choses ? » Dans ses questions en étaient sous-entendues d'autres : combien de temps aurons-nous ensemble ? est-ce que tu seras là, ce soir ? qu'est-ce qu'on a le temps de faire ? « Tu veux quelque chose à boire ? J'ai fait de l'infusion que t'aimes bien, je peux en réchauffer ! » Tilleul, sureau, thym, sauge, centaurée; Nuna avait préparé son hiver, elle aussi.
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le Ven 11 Jan - 19:07

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La maison était plutôt bien isolée. Il faisait bon, presque chaud. Il faut dire qu’Ayiana avait chaud plus ou moins partout sur le continent ; quand on était habituée au climat très froid de l’île Iskaar, on devenait moins frileuse. Mais la blonde apprécia quand même que Nuna remue les braises pour raviver le feu dans la cheminée. Rien de tel que la douce chaleur des flammes pour raviver les membres et les cœurs.

« T'es adorable. Il faudra que tu passes à la forge, voir si quelque chose t'intéresse. »
Ayiana acquiesca avec un sourire. Les deux jeunes femmes, en plus de leur relation d’amitié, avaient forgé une relation commerciale très sympathique. Ayiana trouvait facilement de nouvelles lames pour elle-même, ou de quoi ravitailler ses compatriotes, chez Nuna. Le travail de forgeronne de l’Athna était en général très apprécié. En échange, Nuna n’était pas une acheteuse franchement difficile. Les deux femmes se faisaient suffisamment confiance pour commercer quasiment les yeux fermés. L’une des deux armes qu’Ayiana avait laissé à l’entrée du village provenait d’ailleurs du stock de Nuna. Ayiana n’était pas une fan particulière d’armes blanches. Elle savait néanmoins apprécier la qualité d’un travail de forge, parce qu’on lui avait appris lorsqu’elle était plus jeune. Au-delà de ça, elle choisissait surtout des armes pratiques, faciles à porter et à manier. Elle avait demandé des conseils à des Iskaars plus experts qu’elle, au début. Elle avait été vite rassurée sur la capacité de forgeronne de Nuna, même si elle appréciait beaucoup plus son talent pour la joaillerie. On sentait que Nuna mettait du cœur dans ces deux activités, néanmoins son âme se ressentait plus dans les bijoux. Comme si elle avait été mise sur cette Terre pour cela. Les pierres et les matériaux se transformaient en merveilles sous ses doigts, et c’était une vraie chance qu’elle en fasse profiter d’autres qu’elle.

C’était d’ailleurs assez ironique, quand on y pensait, qu’une tribu si douée pour forger des armes les interdisent dans son enceinte. Ayiana comprenait bien le désir de sécurité que les Athnas avaient. Interdire l’entrée des armes, c’était réduire drastiquement le risque de se faire attaquer chez soi. Les Iskaars avaient une philosophie différente. Si tout le monde est armé, cela peut être dissuasif, surtout quand on sait que les membres de sa tribu sont formés au combat dès leur jeunesse. Elle ne savait pas quelle tactique fonctionnait le mieux. Elle savait simplement qu’elle se sentait un peu sans défense lorsqu’elle entrait ici. Si on l’attaquait, elle, elle aurait du mal à riposter. Heureusement, elle ne s’était jamais sentie réellement en danger avec les Athnas.

« Ca va ! On se prépare pour l'hiver... Et toi ? »
« Idem », répondit Ayiana en haussant les épaules. « C’est la même chose tous les ans. » A force, elle s’était habituée. Quand on était enfant, l’hiver pouvait paraître effrayant. Les bateaux ne naviguaient presque plus, les Iskaars se retrouvaient comme enfermés sur leur île pendant un moment. Elle se rappelait de son père qui tournait en rond certains jours, comme un lion en cage. Elle comprenait cette frustration, cette envie de remonter à bord et de naviguer. Mais elle savait aussi les dangers de l’hiver. Alors elle prenait son mal en patience. De temps en temps, si elle était chanceuse, un bateau partait quand même et elle était embauchée à son bord. Sinon, elle cousait. Elle se rendait utile. Elle patientait. Elle supposait que les rituels chez les Athnas étaient les mêmes. Préparer la tribu. Faire des réserves. Se préparer à attendre. Espérer que ça ne dure pas trop longtemps.

A la proposition de Nuna, elle prit ses affaires et les posa près du lit. Quand elle se retourna, son amie était là devant elle. Une boite dans ses mains, les yeux brillants. Nuna pouvait parfois avoir les attitudes d’une enfant. Emerveillée par le monde. Pacifiste. Idéaliste parfois. Innocente. Et excitée de montrer les choses aux autres. Avec un sourire ému, la blonde saisit la boite et l’ouvrit. Un pendentif était lové à l’intérieur. Ayiana vit d’abord le bleu, étrangement familier et en même temps si étranger, comme venant d’un autre monde. La joaillière arrivait à rendre les choses plus belles encore que dans la nature. Ayiana s’empara de la chaine pour la porter devant son visage. Son sourire n’avait pas quitté ses lèvres. Le pendentif avait comme des vagues. Elle ignorait pourquoi, mais elle ressentait beaucoup d’émotion. Peut-être parce que c’était beau. Peut-être parce que c’était un cadeau. Peut-être parce que ce bijou parlait à une partie d’elle ancrée profondément.
« C’est magnifique », dit-elle simplement, d’une voix douce, en reportant son attention sur Nuna. « Merci ». Et elle prit son amie dans ses bras quelques secondes, avant de remettre délicatement le pendentif dans son contenant, non sans y jeter un dernier coup d’œil admiratif.

« Tu restes combien de temps ? Quand est-ce que tu dois acheter tes choses ?  Tu veux quelque chose à boire ? J'ai fait de l'infusion que t'aimes bien, je peux en réchauffer ! »
Ayiana retint un rire. Ca faisait beaucoup de questions d’un coup. Pour elle qui parlait assez peu, c’était toujours surprenant et drôle de voir les gens poser tant de questions sans attendre les réponses.
« Je veux bien l’infusion si tu la partages avec moi », dit-elle en rangeant la petite boîte dans son sac, dans un compartiment où le bijou serait protégé. Puis elle s’attela à répondre aux autres questions, qui étaient probablement celles dont les réponses importaient le plus à Nuna.
« Je reste quelques jours. Trois maximum, sinon je louperai le bateau de retour, et j’ai promis au capitaine de travailler pour lui sur le trajet. Il a des clients importants et voudrait quelqu’un de plus…présentable que lui. » Elle avait failli lui dire qu’elle n’était pas là pour faire des relations publiques, et qu’elle n’était de toute façon pas très douée pour ça. Mais après tout, il le savait pertinemment, ce n’était pas la première fois qu’il l’embauchait. Donc il avait ses raisons. Et elle avait besoin de travailler. Elle n’allait pas faire la fine bouche. « Je pensais aller faire un tour dès demain, pour voir ce qui manquerait éventuellement et qu’il faudrait aller chercher chez les Pikunis ou chez les Solitaires. Mais je fais aussi en fonction de toi, si tu as prévu des choses je peux m’éclipser avant. Je ne veux surtout pas être un boulet. »


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Nuna Cortez
Nuna Cortez
DATE D'INSCRIPTION : 12/10/2018 PSEUDO/PRENOM : Lux Aeterna MULTICOMPTES : Murphy Cavendish MESSAGES : 2131 CELEBRITE : Zazie Beetz COPYRIGHT : Lux Aeterna (vava, sign, gifs) METIER/APTITUDES : Forgeronne et orfèvre (joaillière) TRIBU : Athna POINTS GAGNES : 196

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le Dim 13 Jan - 19:48


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Nuna Cortez & Ayiana Solak

(20 novembre 2118)


Traverser l'hiver, c'était vivre reclus. Sur la vie de quelqu'un comme Nuna, ça n'avait guère d'incidence. Ca serait pourtant mentir de dire que ça ne lui faisait ni chaud ni froid. L'hiver était un cocon protecteur, mais personne ne pouvait y pénétrer. On s'isolait, en hiver, et les rares nouvelles de l'extérieur qu'on pouvait lui apporter le reste de l'année disparaissaient. Pendant ces quelques mois, elle était encore plus isolée du reste du monde. Ca lui plaisait autant que ça l'attristait. Etre coupée du reste du monde, ça voulait aussi dire se contenter de quelques lettres, de temps en temps, à ceux qui ne pouvaient plus la rejoindre dans son volcan. Quant à voyager elle-même, ça lui paraissait encore plus inconcevable. Elle faisait quelques tours dans sa montagne lorsque le temps et les neiges le permettaient, mais ne s'écartait alors jamais trop des sentiers battus. Et la montagne, peu importe l'absence de courage qui la caractérisait, elle la connaissait comme sa poche. Qu'il pleuve ou qu'il souffle, que les vents s'abattent dans des blizzards opaques ou les neiges manquent d'emporter les visiteurs imprudents, Nuna connaissait ses montagnes aussi bien que son volcan. Mais pendant l'hiver, son volcan devenait son seule repère et les montagnes, elle ne les abordait que lorsqu'elle n'avait à craindre ni avalanches, ni tempêtes. Alors il lui fallait se préparer à cet isolement imposé par l'environnement et sa prudence, sa méfiance peut-être, sa trouille sans aucun doute.

Malheureusement, on ne pouvait pas tout prévoir comme on le souhaitait. On pouvait mettre de côté du bois pour se chauffer, faire attention à ce que les murs de sa maison étaient aussi bien isolés que l'année précédente, retrouver toutes ses fourrures ou vérifier que la cheminée était bien dégagée, mais on ne pouvait pas organiser les derniers au revoir avant l'hiver comme on l'aurait aimé. Lorsque l'automne se pointait, on savait que c'était peut-être la dernière fois que l'on voyait certains de ses amis avant l'année suivante et le retour de jours plus propices aux longs voyages et à l'ascension des montagnes. Quand c'était l'hiver qui commençait à s'installer, c'était accepté qu'il ne fallait plus se faire d'illusions. A mesure que novembre avançait, les visiteurs se faisaient de plus en plus rares et pour Nuna, il était logique de remettre à plus tard certaines retrouvailles. Alors la présence d'Ayiana était une surprise autant qu'un bonheur, et c'était peut-être le mélange des deux qui remplissait le cœur de l'Athna d'une telle chaleur. En reconnaissant son amie, les idées de la brune s'étaient violemment bousculées. Immédiatement, elle s'était imaginé des dizaines de façons de passer les prochaines heures et les prochains jours avec elle. Mais la visite n'était pas seulement une visite de courtoisie, elle le savait. Si elle avait gravi les montagnes dans des températures aussi peu clémentes, ce n'était pas seulement pour ses beaux yeux. Il suffisait de les voir parler commerce pendant quelques instants pour comprendre que c'était comme ça que tout avait commencé. C'était peut-être un prétexte pour se voir le plus souvent possible, de marchander entre elles. Quand elle avait Ayiana en face d'elle, Nuna, c'était bien la dernière chose à laquelle elle pensait. Avec elle, elle voulait parler, rire, vadrouiller ça et là; peu importait, quand elle s'imaginait passer du temps avec elle, depuis des années, ça n'avait plus grand chose à voir avec des échanges matériels quelconques. Mais elle devait l'admettre, pourtant; quand son amie quittait le village, les stocks de bois bleu étaient gonflés et elle se sentait le pouvoir de celle qui pouvait à nouveau l'utiliser à toutes les sauces. Elle pensait moins souvent aux armes qui partaient vivre leur propre aventure, loin du volcan où elles étaient nées. Peut-être un jour retrouverait-elle un de ses couteaux à l'autre bout du continent, entre les mains de quelqu'un qu'elle n'avait jamais rencontré mais qui avait fait de l'arme une prolongation de son être. Elle s'imaginait la vie de ses lames acérées comme celle d'enfants lâchés au monde. Mais ce n'était jamais avec Ayiana qu'elle laissait son esprit voguer à de telles idées. Quand elle voyait quelques armes partir avec elle, c'était Ayiana qu'elle voyait partir. Quand elle se retrouvait de nouveau seule dans sa forge, c'était la pile de bois bleu qu'elle retrouvait et qui la consolait de la séparation. « Alors je suis contente que te préparer à l'hiver implique que tu reviennes une dernière fois par ici » répondit Nuna avec un petit sourire, laissant derrière elle le feu ravivé par ses quelques provocations.

Et les retrouvailles avec Ayiana, elle les avait préparées depuis leur dernière séparation. Elle avait longtemps espéré qu'elle n'aurait pas à attendre que l'hiver passe pour lui tendre cette petite boîte, mais les semaines avaient défilé et les températures chuté. Elle s'était fait une raison et regardait de moins en moins la petite boîte, qui se fondait à son mobilier. Mais elle ne l'avait pas oubliée. Maintenant, sur la table en bois, elle ne voyait plus qu'elle. Et en la tendant à Ayiana, Nuna sentit une boule se former dans son ventre, comme si elle attendait ce moment depuis des mois -et elle l'attendait depuis des mois, ce moment. C'était le moment où son imagination et sa créativité allaient être mis à l'épreuve. On ne pensait pas à ça, quand on créait. On pensait à ce qu'on voulait soi-même, ce qu'on attendait du travail de ses mains, et on pensait au regard des autres un peu après. Maintenant, subitement, alors que son amie prenait la boîte entre ses doigts, Nuna remettait en doute le moindre de ses choix. Le collier, était-ce une bonne idée ? Ayiana portait-elle seulement des colliers ? Le matériel, avait-elle choisi les bons matériaux ? La longueur de la chaîne lui conviendrait-elle ? Et le motif, n'était-il pas complètement maladroit, hors de propos ? L'envie de lui arracher la boîte des mains avant qu'elle n'ait eu le temps de l'ouvrir la titilla mais immobile, la respiration en suspend, Nuna se contenta de regarder son amie découvrir le bijou.

Et quelque chose d'étrange se passa. Ses boyaux se tordirent une seconde sous l'angoisse et son corps entier brûla soudainement de soulagement, de tendresse et de fierté. Les traits d'Ayiana étaient doux, apaisés, heureux peut-être, et des larmes d'émotions s'emparèrent des prunelles de Nuna. Elle était belle, Ayiana, et ce moment lui donnait une nouvelle radiance qui rendait fière l'Athna, comme si elle venait d'offrir à son amie quelques secondes simples de paix et de calme. Les mots de la blonde vinrent accompagner ces émotions et Nuna la serra contre elle pendant quelques instants, partagée entre le soulagement et le bonheur simple d'avoir su matérialiser un peu d'elles deux dans une création de métal et de bois. « Je sais pas si tu le reconnais, mais c'est ton bois bleu... » souffla-t-elle alors que les deux amies brisaient doucement leur étreinte. « Normalement il peut résister à tout, mais fais peut-être attention à l'eau de mer. » Le regard brillant, avec un petit sourire, elle fixait son amie, comme si elle ne revenait pas encore de sa réaction. Elle était simplement heureuse que le cadeau lui plaise, mais ça, elle ne lui dirait jamais vraiment. Sa plus belle récompense résidait dans le regard de l'Iskaar.

Mais même si elle lui avait sauté dessus avec sa petite boîte, Nuna n'oubliait pas tout le voyage qu'elle avait fait jusque-là. Elle brisa le moment d'émotions de peur qu'il ne dure un peu trop longtemps et qu'elle finisse submergée. Elle devait avoir soif, faim et être éreintée, Ayiana. Elle lui proposa de cette décoction qu'elle avait préparée quelques jours auparavant non sans penser à celle qui aimait tant en profiter chez elle. Maintenant, elle était là, et Nuna attrapa le récipient métallique qui la contenait pour doucement aller la place sur le feu. « Présentable ? » Les mains plantées sur les hanches, Nuna se redressa de sa cheminée pour jeter un coup d'oeil à son amie. Son regard était triste et impuissant. Ce n'était pas la première fois que la blonde lui partageait ce genre de choses. « Et si t'attends un jour de plus, tu peux pas travailler pour un capitaine plus correct ? » La question était naïve mais Nuna ne l'était pas. Même si elles auraient dû l'être, les choses étaient loin d'être aussi simples. La mine déconfite, elle s'avança vers sa table pour y poser deux gobelets métalliques un peu maladroitement façonnés, parmi ses premières créations, qu'elle gardait pour la valeur sentimentale qu'ils avaient. « Comme d'habitude, tu restes autant que tu veux. J'ai pas de grosse commande, ces jours-ci. Organise au mieux tes visites. T'as toujours ta place chez moi. » De la main, elle invita Ayiana à s'asseoir autour de la table et retourna près du feu vérifier l'état de leur tisane. Elle récupéra prudemment le contenant sur la grille métallique et l'apporta près des gobelets, dans lesquels elle versa prudemment, dans des grimaces un peu craintives, la boisson chaude. « J'espère que j'ai bien dosé, j'ai pas encore goûté cette fournée » confessa-t-elle en s'asseyant à son tour. « Il y a les deux enfants Mikona qui viennent ici ce soir, tu seras de la partie ? » Ceux dont elles avaient croisé la mère un peu plus tôt. Ayiana avait déjà rencontré le petit garçon et la petite fille à plusieurs reprises. Les enfants avaient gardé un bon souvenir d'elle. « Ils ont demandé de tes nouvelles, la dernière fois. J'ai raconté de grandes histoires sur tes aventures en mer. Faudra qu'on se mette au point, et puis tu pourras aussi leur raconter tes vraies histoires. » A eux et puis à moi, aussi. Elle leva son gobelet fumant vers son amie. « A l'hiver qui nous a pas encore séparées ! »
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le Mar 22 Jan - 19:03

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L’envie de retourner dans son sac pour reprendre le collier prenait Ayiana. Pour l’admirer encore. Nuna lui avait dit de faire attention, notamment avec l’eau de mer. Ayiana avait failli lui rétorquer que l’eau de mer était son principal fonds de commerce et qu’elle passait une bonne partie de son temps sur un bateau, qui était quand même bien exposé à l’eau de mer. Mais elle se contenta de sourire et hocher la tête. Elle ferait attention. C’était une des plus belles choses qu’on ne lui ait jamais offertes, alors bien sûr, elle ferait attention. Il n’arriverait rien à ce bijou. Mais pour l’instant, il resterait dans sa petite boîte, au chaud. Ayiana n’osait pas le porter tout de suite. Elle préférait attendre un peu. Le porter tout de suite, c’était comme briser la magie. Elle se laissait le plaisir de redécouvrir le collier sur elle, demain par exemple. Pour faire durer le plaisir. Kal ne lui avait jamais offert un bijou depuis leur mariage. Elle n’avait plus eu le plaisir de découvrir un bijou sur elle depuis des années. En tout cas, pas un qu’elle n’avait pas choisi et acheté elle-même. Elle se sentait un peu comme une adolescente. C’était stupide, probablement. Mais elle voulait savourer le moment. Et actuellement, elle voulait surtout boire une boisson chaude et retrouver son amie.

Nuna ne semblait pas ravie de ce qu’Ayiana lui expliquait pour le bateau. Pas contre elle, évidemment. Mais contre le capitaine. La culture des Athnas était différente de celle des Iskaars. Ici, les femmes n’étaient pas empêchées de faire certains métiers par la seule raison de leur sexe. Le mariage était le plus souvent consenti entre deux époux. Ayiana avait déjà expliqué à son amie qu’elle était le cygne noir, une femme qui naviguait envers et contre tout. Qu’elle serait toujours matelote parce que c’était ainsi, alors qu’elle était meilleure que certains capitaines. Et cela semblait toucher Nuna, ce dont l’Iskaar lui était reconnaissante. Elle-même se battait un peu contre ces traditions, refusant de s’y plier complètement. Elle avait choisi la navigation. Elle s’était mariée par obligation mais respectait peu les obligations du mariage. Elle tentait d’être quelqu’un qui faisait, et pas juste une femme qu’on écoutait mais qui ne faisait que ça, être écoutée. Malheureusement, parfois, sa condition de femme lui était rappelée. Les mœurs sont ancrées tellement profondément, difficile de les faire disparaitre.
« Et si t'attends un jour de plus, tu peux pas travailler pour un capitaine plus correct ? »
Ayiana sourit et secoua la tête doucement.
« Je ne suis pas sûre qu’il y ait d’autres bateaux qui passent par le continent en ce moment. Et j’ai donné ma parole. Je ne vais pas la briser parce que le capitaine est un rustre qui pense qu’une femme sera bonne pour ses relations publiques. »
Même si ce n’était pas l’envie qui manquait, soyons honnêtes. Mais le capitaine, malgré ses manières parfois peu diplomates envers Ayiana et son désaccord clair sur le fait qu’elle navigue, la respectait. C’était une attitude un peu paradoxale. Il pensait qu’une femme ne devait pas naviguer, mais il avait été forcé d’admettre qu’Ayiana était une bonne matelote et donc l’embauchait régulièrement. Il y avait un respect un peu spécial entre eux. Ce n’était pas un mauvais capitaine. Juste….pas son préféré.

Ayiana s’assit à table, pour faire face à Nuna lorsqu’elle apporterait son infusion. Les odeurs commençaient déjà à remplir la pièce, des odeurs agréables, tendres et douces. Ayiana saisit son gobelet et lâcha un sourire un peu nostalgique. Elle avait souvent bu dans ces gobelets. C’étaient des créations anciennes de Nuna, avant qu’elle acquière l’expertise qu’elle avait aujourd’hui. Pour Ayiana, ils lui rappelaient tous les soirs passés avec son ami à parler de tout, à refaire le monde, à apprendre l’une de l’autre.

Nuna n’avait pas de commande et, comme souvent, lui dit qu’elle pouvait rester tant qu’elle voulait. Ayiana hochait la tête en signe de remerciement. Elle savait où se trouvait l’herboriste qu’elle souhaitait voir. Le village Athna n’était pas non plus immense. Mais elle ne comptait pas rester enfermée chez Nuna toute la journée non plus. Chacune de ses visites était l’occasion de redécouvrir un peu le village Athna, voir ce qui avait changé, se balader dans la montagne. Prendre l’air. La montagne était toujours pleine de surprises. D’animaux sauvages, de plantes magnifiques. De rencontres impromptues. Ayiana aurait pu être heureuse chez les Athnas. Elle aimait son île, mais la montagne l’emplissait d’un sentiment de sérénité différent.

Portant le gobelet à ses lèvres, la boisson chaude lui emplit vite le corps et elle sentit ses cellules prendre cette chaleur pour elles. Ca faisait un bien fou. Même si elle était habituée aux températures rudes, la chaleur était toujours bienvenue.
« Elle est parfaite », répondit-elle à Nuna qui, comme trop souvent au goût de l’Iskaar, s’inquiétait d’avoir assez bien fait. Nuna semblait chaque fois se plier en quatre pour Ayiana, qui n’en demandait pas tant. Elle ne disait trop rien non plus, parce qu’elle savait pertinemment qu’elle en ferait de même si les rôles étaient inversés. Mais Nuna était en plus affligée d’un manque de confiance en elle qu’Ayiana essayait de compenser en la rassurant sur sa capacité à l’accueillir. Après tout, si elle revenait aussi souvent, c’est qu’elle se sentait bien avec son amie. Ayiana n’était pas du genre à s’emmerder avec des hypocrisies et des mensonges diplomatiques. C’était la spécialité de Kal, ça.

« Il y a les deux enfants Mikona qui viennent ici ce soir, tu seras de la partie ? »
Ayiana hocha la tête. « Evidemment », répondit-elle avec un petit sourire. Nuna avait un don avec les enfants, il n’y avait pas d’autre mot. Ils l’aimaient, naturellement. Les enfants avaient cette innocence, ils jugeaient avec leurs propres critères, et ils étaient sincères, ils ne savaient pas être autrement. Et en général, ils aimaient Nuna. Peut-être parce qu’elle irradiait la gentillesse et la douceur. Peut-être parce qu’elle faisait attention à eux et les écoutait, pour de vrai.
Ayiana rit quand Nuna lui dit qu’elle avait raconté des histoires. Les Iskaars étaient réputés pour être de vrais conteurs. Le gène s’était perdu quelque part chez Ayiana qui, certes, aimait raconter des histoires, mais ne se trouvait franchement pas douée pour ça. Elle leva son verre à la suite de Nuna.
« Et au prochain printemps qui nous réunira », dit-elle doucement avant de boire une nouvelle gorgée.

L’infusion fut trop vite terminée. Et elle amena une sensation de chaleur mais aussi de lourdeur chez Ayiana. Elle se frotta la nuque rapidement, puis sourit.
« Je crois que je vais aller faire un tour. Si je reste ici, je vais m’endormir, et ce serait dommage. Je reviens pour quand les enfants Mikona seront là, au plus tard, d’accord ? »
La blonde prit son manteau et sortit. Elle n’emmena pas de quoi acheter les herbes, ceci dit. Le commerce attendrait. Elle préférait acheter ses choses le matin, quand les gens étaient encore frais et pressés de vendre quelque chose. Et puis, elle avait envie que cette après-midi soit pour elle, après son long voyage. Elle flâna plus qu’autre chose, pendant des heures, dans le village, puis aux alentours proches. L’hiver approchant modifiait l’environnement. Elle en profita, inspirant longuement, s’imprégnant de la grandeur des lieux où elle se trouvait.

Elle revint quelques heures plus tard, frappant à la porte de chez Nuna avant d’entrer.
« C’est moi », dit-elle en entrant, afin de ne pas effrayer son amie. « Je peux t’aider pour le repas ? », demanda-t-elle en posant ses affaires près du lit, sans même vérifier que son amie était en train de préparer quoi que ce soir.


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Nuna Cortez
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le Dim 27 Jan - 4:58


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Nuna Cortez & Ayiana Solak

(20 novembre 2118)


Lorsqu'il s'agissait de décrire Nuna, certains, trop nombreux, pourraient dire d'elle qu'elle était casanière. Enfermée dans ses montagnes, elle ne s'aventurait en contrebas que contrainte et forcée, par les circonstances ou des proches; parfois par elle-même, lorsqu'elle se rappelait que le confort était l'ennemi du progrès. Les sommets étaient son jardin; le volcan sa maison. Elle y était bien. Pourquoi vouloir s'arracher à un bonheur aussi simple ? Pour l'aventure, peut-être, pour explorer, pour apprendre, pour découvrir, pour chasser expériences et matériaux, nouveaux paysages et nouvelles rencontres. On pensait Nuna incapable de défier son habitude des montagnes pour s'aventurer par-delà leurs sommets, s'aventurer dans les plaines jusqu'à ce que les massifs ne soient plus visibles. Mais la vérité ne faisait pas d'elle une casanière. Elle fréquentait plus la forge que n'importe quel autre endroit, sans doute, mais c'était ses occupations qui le voulaient. Nuna n'aimait pas tant rester chez elle, coincée entre quatre murs, que ce qu'on tentait de lui faire croire à travers les regards empreints de ce jugement de ceux qui voyaient plus qu'elle. Elle aimait les flambées dans sa cheminée en plein hiver, et puis la fraîcheur que le granit permettait de conserver en hiver. Elle aimait imaginer et travailler ses bijoux et autres petits trésors qui naissaient de son esprit et du travail de ses doigts agiles, et elle aimait que sa maison s'emplisse du parfum des plats qu'elle préparait et offrait de bon cœur au visiteur. Mais on ne vivait pas à l'intérieur, pas même Nuna. C'était du monde dont elle s'enrichissait, auprès de lui qu'elle trouvait l'inspiration qui affolait parfois son esprit au point de passer des nuits entières à créer un objet. Ce monde n'avait pas besoin d'être de l'autre côté du continent ou constitué d'éléments que les montagnes ne connaissaient pas. Elle avait juste besoin d'étendre ses perspectives, d'ouvrir ses horizons. D'apprendre d'autres personnes, de nouvelles rencontres humaines ou inhumaines, de puiser dans des recoins inexplorés de ses montagnes ce que le foyer de sa cheminée ne lui offrirait jamais. Alors Nuna n'était pas une casanière, pas réellement. Elle vivait pour la montagne, par-delà les remparts naturels de son volcan. Elle gravissait les hauteurs comme un chamois, visait les sommets pour se rapprocher du ciel et gagner une vue unique sur ces plaines qu'elle fréquentait si peu. Elle explorait les grottes, les lacs, les sources d'eau brûlantes qui jaillissaient des roches mères. Dans ses montagnes elle n'avait pas d'inconnu, pas d'ennemis, pas d'inquiétudes. C'était son monde, son foyer.

Mais ses deux refuges étaient ceux d'une casanière. C'était la forge qu'elle partageait avec son père, et puis la maison dans laquelle elle prenait plaisir à entretenir sa solitude et sa créativité. Le bâtiment la reflétait autant que possible : le feu flambait dès que les premiers froids arrivaient et les cendres ne refroidissaient que lorsque les beaux jours revenaient enfin. Quelques créations métalliques ornaient ça et là la maisonnée, parfois accompagnées d’étrangetés taillées dans du bois bleu. Tout était à peu près rangé, à l'exception de deux cas particuliers. Quand elle accueillait des enfants, elle ne pouvait se résoudre à calmer leurs ardeurs et pulsions créatives, et rangeait de bon cœur après que la tempête soit passée et les gamins retournés à leurs parents. Quand elle créait, on pouvait retrouver des feuilles de papier griffonnées sur sa table et jusque sur le sol, sur plusieurs mètres carrés, et elle avertissait le premier visiteur qui viendrait l'interrompre qu'il devait rester sur le pas de la porte, ou se contenter de la première chaise qu'elle pourrait lui apporter. Le sol alors reflétait ses idées et ses pensées, tout le cheminement qui l'avait conduite à une image finale et définitive à laquelle elle tenterait de donner vie quelques heures ou quelques jours plus tard, une fois décidée à rendre à son foyer son état d'autrefois. Sa maison était un reflet de sa personne : elle accueillait autant de visiteurs qu'elle en laissait entrer dans son cœur, et elle se faisait un honneur d'offrir à chacun le meilleur accueil dont ils auraient pu rêver. Juste pour ça, son garde-manger n'était jamais vraiment vide. Il y avait toujours au moins un peu de viande, des céréales, des produits laitiers, du pain, des plantes diverses prêtes à être transformées en infusions autour desquelles on pouvait parler des heures de tout et de rien.

Ayiana était sans doute l'une des personnes qu'elle avait le plus de plaisir à recevoir chez elle. Leur relation s'était construire progressivement, tellement progressivement que Nuna ne pouvait pas réellement lui donner d'âge. Elle savait juste que sa vie avant ces visites avait dû être un peu plus triste. Il suffisait de voir ses yeux briller lorsqu'elle voyait son amie arriver, franchir le pas de la porte de sa forge ou la muraille naturelle du volcan, pour en être convaincu. Elle était devenue une confidente d'ailleurs, qu'elle prenait plaisir à retrouver comme certains retrouvaient des membres de leur famille une fois de temps en temps, retenus le reste de l'année par des contraintes ici et ailleurs. Elles avaient appris à organiser les visites d'Ayiana autant que possible, souvent par écrit, au point où Nuna n'attendait plus vraiment de la revoir tant qu'aucune date n'était fixée sur papier. La joie des retrouvailles était donc doublée de celle de la surprise, et dès qu'elle avait reconnu les traits de son amie sur le pas de la porte de sa forge, l'Athna avait commencé à se remémorer les mets qui les attendaient chez elle.

La tisane avait été la première proposée, mais Ayiana se rendrait bien vite compte que l'orfèvre avait fait le plein de viande quelques jours plus tôt à peine. A s'afférer comme elle le faisait, à s'imaginer tout ce qu'elle pouvait lui promettre de chouette pour les jours à venir, la brune en oubliait presque sa convive, et elle ne put trouver de réponse décente à l'aveu qu'elle lui faisait. Elle se contenta de soupirer un peu tristement, consciente de ce qui régissait ce monde autant que de ce qui caractérisait son amie et la rendait si chère à son cœur. Ayiana était une matelote à l'âme et au cœur d'une capitaine, contrainte de se plier à ceux qui en portaient le titre. Sa parole et ses compétences étaient ses meilleures armes, mais elles rappelaient régulièrement à Nuna que jamais elle n'obtiendrait ce qui lui revenait de droit. Des deux amies, l'Iskaar était pourtant la plus travailleuse et fiable des deux; elle aurait dû être celle qui n'avait pas à se battre quotidiennement pour obtenir un quart de ce qu'on lui devait. La reconnaissance ne nourrissait pas, mais le respect avait un pouvoir qu'on oubliait trop souvent. Ayiana n'était pas un gage de bonnes relations publiques. Elle était une capitaine à laquelle on omettait volontairement ce titre. A tout ça, Nuna n'avait pas grand chose à répondre. Au moins, se disait-elle, son amie pouvait fréquenter l'océan comme elle le souhaitait. C'était peut-être pas si mal, comme compromis.

Pour fuir cette réalité injuste, Nuna se déporta à nouveau du côté de la cheminée, là où commençait à bouillir la décoction qu'elle avait préparée quelques jours plus tôt. Quelques instants plus tard, la vapeur d'eau s'échappait des gobelets métalliques et les deux amies se faisaient face, prêtes à organiser les jours à venir et à rattraper les derniers mois. « Tant mieux ! » Elle laissa de côté son grand sourire pour boire quelques gorgées de l'infusion. En dégageant son nez du gobelet, elle exposa à son amie les premiers plans sur lesquels il serait bon de s'attarder, à savoir ceux de la fin de journée qui se préparait doucement. L'approbation d'Ayiana la fit hocher vigoureusement de la tête alors qu'elle se mordait la lèvre, s'imaginant déjà la soirée parfaite qui s'annonçait. Les parents Mikona confiaient régulièrement leur progéniture à Nuna; suffisamment, en tout cas, pour qu'ils ne soient pas inconnus à son amie Iskaar.

Les minutes passées autour de l'infusion furent consacrées aux histoires que Nuna avait contées aux enfants. Elle était très sérieuse à ce sujet : l'imaginaire des plus jeunes ne les rendait pas bêtes. Il fallait que les choses restent cohérentes, et assez vite Ayiana comprit qu'il lui faudrait sans doute décrire cette drôle et immense bête qui avait surgi de la mer lors d'un récent voyage. C'était ce qui avait le plus intéressé les petits Mikona quand elle avait imaginé ces aventures à son amie, et nul doute qu'ils l’assailliraient de questions à ce sujet. Elles ajustèrent quelques nouveaux détails à ces histoires, organisant les récits de la soirée à venir à la seule aide de leurs imaginations débordantes.

Nuna se releva en même temps qu'Ayiana et la regarda partir en lui faisant un signe de la main chaleureux. Elle resta debout pendant quelques instants, les deux mains serrées l'une dans l'autre un peu bêtement, se demandant à quoi elle pourrait consacrer ses prochaines heures. La réponse s'imposa à elle suffisamment violemment pour qu'elle se sente bête de ne pas l'avoir trouvée avant. Elle tapa dans ses mains d'un air enthousiaste, un grand sourire collé aux lèvres, et se retourna vers sa petite cuisine.

Quelques heures plus tard crépitait dans sa cheminée une marmite qui embaumait la maison du parfum aigre doux qui caractérisait la viande cuite au miel. Nuna avait volontairement abusé des doses parce qu'ils seraient quatre à dîner. Enfin, peut-être trois. Elle leva le nez de la marmite pour guetter, inquiète, la porte d'entrée qui restait tristement close. « Je vous ai fait comme la dernière fois. Vous allez aimer ! » promit-elle avec un sourire aux deux enfants sagement assis sur une banquette, non loin du feu. Odina, six ans, et Tadi, quatre ans, regardaient leur aînée avec de grands yeux sages et fascinés. « Elle vous racontera la licorne des mers mieux que moi... mais moi, je peux vous parler du frère et de la soeur qui ont trouvé une île inexplorée ! » Elle laissa la marmite derrière elle pour se ruer sur les gamins et les chatouiller, taquine, en s'installant entre eux.

En entendant la porte s'ouvrir, les trois compagnons se retournèrent dans un accord stupéfiant. La main qu'elle avait posée sur l'épaule d'Odina retomba sur les coussins alors que la petite fille se ruait vers Ayiana. Le petit garçon, plus timide, restée lovée dans les bras de Nuna. « Rapproche-toi et dans deux secondes je te donne l'occasion de me reposer la question », lâcha-t-elle avec un haussement de sourcils malicieux, avant de pointer son nez de son index, comme pour la prévenir que quelques indices se cachaient dans l'air de la pièce. En regardant Odina chercher les câlins de l'Iskaar, Nuna se redressa, son petit frère dans ses bras. La table était dressée pour quatre. La viande au miel n'attendait qu'à être dégustée. « Ils voulaient connaître l'histoire de la licorne des mers... j'ai pas tous les détails, du coup on t'attendait ! » Elle installa Tadi sur une chaise. Il ne quittait pas la blonde du regard, attendant sans aucun doute qu'elle développe l'histoire dont il n'avait eu que des prémices. Nuna laissa les deux enfants à la surveillance de son amie et récupéra la marmite lourde et brûlante qu'elle ramena prestement au centre de la table. Elle dégaina une cuillère de service forgée par ses soins des années auparavant et servit tour à tour les assiettes de ses invités. « Dis, Ayia, t'as entendu parler de ces enfants qui ont découvert une nouvelle île, il y a des années ? » La question de Nuna se perdit dans l'air alors qu'elle voyait Odina se concentrer sur la découpe de la viande, et se penchait par-dessus l'épaule de son frère pour la découper à sa place. Elle s'interrompit dans la manœuvre une seconde pour capter le regard de son amie et lui faire comprendre qu'elle avait fait germer une nouvelle histoire dans l'esprit des deux enfants. Il n'y avait plus seulement la licorne des mers, maintenant. « Ils étaient à peine plus âgés qu'Odina et Tadi, c'est bien ça ? Je sais plus qui m'avait parlé de ça, mais je me demande si ce n'était pas un Iskaar... peut-être que les enfants étaient des Iskaars ? » Ils n'étaient plus probablement ni Iskaars ni Athnas, puisque parfaitement inventés. Mais c'était toujours l'heure de faire rêver des enfants à des grandes aventures qui ouvraient les perspectives d'avenir. Ceux qui découvraient des îles des années plus tard se comptaient probablement sur les doigts d'une main d'estropié, mais ceux qui apprenaient des promesses de ces histoires rêvées étaient multitude. Les histoires de Nuna n'était pas des histoires qu'elle racontait pour aider les gamins à dormir; c'était pour qu'ils rêvent d'un bel avenir, qu'ils le façonnent en piochant dans les récits ce qu'ils y trouvaient de mieux, de plus juste, de plus personnel. Les contes n'étaient pas tout à fait ou juste des contes imaginés; si les adultes les écoutaient, ils pouvaient y lire des métaphores et des allégories. C'était à chacun d'y trouver les réponses à ce qu'il cherchait. L'idée d'apprivoiser une licorne des mers n'était peut-être pas si éloignée de celle d'apprivoiser un enfant tombé du ciel, par exemple.
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le Mar 12 Fév - 16:27

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De toute évidence, Ayiana était arrivée trop tard pour aider au repas. Son nez lui donna la réponse dès qu’elle eut fait deux pas dans la maison. La blonde se pinça les lèvres, un peu coupable d’avoir trop laissé le temps passer. Elle s’était perdue dans le village, errant au gré des rencontres, des discussions, et des découvertes. Le village Athna était comme tous les villages : en constante ébullition. Ayiana aimait ça, un peu paradoxal pour la solitaire qu’elle était. Mais elle aimait voir l’énergie, tant que c’était un peu de loin.
Néanmoins, Nuna ne semblait pas lui tenir rigueur de cette arrivée tardive. Et les deux enfants, arrivés avant elle, non plus. Les enfants Mikona étaient souvent chez Nuna. Ils semblaient l’adorer, et les parents saisissaient fréquemment l’occasion de confier leurs deux progénitures à la jeune forgeronne. De fait, Ayiana avait souvent eu l’occasion de passer des soirées avec les deux jeunes enfants. Odina semblait développer un sacré caractère. Une bonne chose, selon l’Iskaar. Une perspective peut-être biaisée par la culture de son île, d’ailleurs, où on apprenait aux femmes tout autant qu’aux hommes à être fortes. Tadi était plus timide, mais gardait les yeux grands ouverts. Il était plus en dedans. Plus comme Nuna, peut-être.

La blonde accueillit avec surprise Odina dans ses bras. Elle n’était pas habituée à ce que les enfants lui courent dans les bras. Ni que qui que ce soit lui coure dans les bras. Mais une fois la surprise passée, elle posa ses mains sur la jeune fille et sourit. Un sourire empli de bonheur sincère. L’instinct maternel contrarié d’Ayiana ressortait chaque fois qu’elle était en compagnie des enfants Mikona, et il pouvait s’exprimer un minimum. Son esprit se mettait à s’accorder, juste un peu, la pensée d’un enfant qui viendrait l’accueillir ainsi tous les soirs, et qui aurait ses yeux. La partie rationnelle de son cerveau faisait bien vite taire cette pensée, en rappelant que la blonde avait loupé le coche. Mais ça faisait du bien, d’avoir de nouveau ces pensées, même pour un court moment. Nuna le savait peut-être. Peut-être était-ce d’ailleurs pour ça que les enfants Mikona étaient souvent chez elle en même temps qu’Ayiana. La blonde n’avait jamais posé la question à son amie. Parce qu’au fond, elle se fichait bien de la réponse. Intentionnelle ou non, la présence des enfants était un cadeau de Nuna à Ayiana.


« Ils voulaient connaître l'histoire de la licorne des mers... j'ai pas tous les détails, du coup on t'attendait ! »
L’Iskaar rit doucement. Nuna avait inventé une histoire de licorne des mers, et avait chargé Ayiana de raconter la suite. Bien entendu, il n’y avait jamais eu de licorne des mers, et les deux amies avaient donc passé un bon moment à s’accorder sur leurs versions. Comme deux coupables qui accordent leurs alibis avant le passage de la milice. Le crime n’était pas bien grand, et les victimes ravies d’être ainsi dupées. Il fallait bien faire rêver les enfants. Sinon, ils ne grandissent pas. Ils vieillissent juste. Et c’est triste. Ayiana se contenta donc de hocher la tête et lancer un clin d’œil à Odina qui lui accorda un regard émerveillé.
« Elle n’était pas très grande. Un peu plus grande qu’un cheval qu’on trouve dans les plaines. Mais elle était….d’une blancheur impeccable ! Comme si on l’avait lavée juste avant. Et sur sa tête, une corne, aussi grande que mon bras. Magnifique et majestueuse, là, sur son front », dit la jeune femme en mettant son point sur son front entre ses deux yeux. « Et elle nageait, comme si elle galopait dans l’eau. Bon sang, ce qu’elle allait vite ! Elle a dépassé notre bateau. Le capitaine faisait une tête dépitée. » Bon, là, elle en rajoutait. Mais en voyant les deux enfants captivés par ce qu’elle racontait, Ayiana s’était prise au jeu. Stigandr serait fier d’elle.
« Et d’un coup, elle a plongé et POUF ! Elle a disparu. On ne l’a jamais revue. Elle est sûrement repartie dans son terrier sous la mer. Elle ne sort que quelques jours par an. »

Le temps qu’elle finisse, le repas était sur la table. La viande sentait tellement bon que cela arracha un soupir content à Ayiana. Les assiettes furent rapidement servies, et comme l’estomac a ce genre de pouvoir, les enfants avaient quasiment oublié l’histoire de la licorne de mer et étaient tout attentionnés envers la nourriture


« Dis, Ayia, t'as entendu parler de ces enfants qui ont découvert une nouvelle île, il y a des années ? »
La bonde releva subitement la tête de son assiette, lançant des yeux grand ouverts à Nuna. Non, elle n’en avait pas entendu parler, jamais. Elle s’apprêtait à donner cette réponse, mais le regard de Nuna l’en empêcha. C’était une autre histoire. Une qu’elles n’avaient pas préparé, pour le coup. Si son acolyte se mettait à lancer des histoires sans la prévenir, comment allaient-elles pouvoir accorder leurs alibis ? Ayiana comprit que ses talents d’oratrice allaient être mis à rude épreuve. Raconter en inventant, c’était quelque chose. Elle sourit néanmoins. Elle ne pouvait pas blâmer Nuna. Non seulement la jeune Athna émerveillait les enfants, mais elle faisait d’Ayiana la star du spectacle. La matelote se racla la gorge, avala un bout le temps de rassembler ses esprits, puis se tourna vers les enfants.

« C’est une vieille histoire qui se transmet sur mon île. Deux enfants Iskaar, plus téméraires et plus courageux que les autres, qui ont découvert une toute nouvelle île. Ils avaient…un peu plus de votre âge, oui. Et ils s’appelaient…Oda et Tani. »
Bon Dieu, ce que c’était inventif. Ayiana lança un regard qui était à mi-chemin entre l’appel au secours et les excuses, avant de reporter son attention sur les enfants. Qui, étrangement, avaient délaissé leurs assiettes.
« Un jour, Oda poursuivait un animal sauvage, et elle se perdit dans la forêt Iskaar. Son petit frère, Tani, n’écoutant que son courage, partit à sa recherche alors que tous les adultes avaient décidé d’attendre le lever du jour. Il marcha longtemps, encore et encore, appelant sa sœur. Et puis…il la trouva enfin ! Elle s’était réfugiée dans une grotte au bord de la mer. Mais il était trop tard pour retourner au village, il faisait nuit noire et les enfants ne savaient pas dans quelle direction aller. Ils dormirent donc là, dans cette grotte. Oda fit un petit lit à Tani, et elle ne dormit pas de la nuit, pour veiller sur son frère, et faire fuir les animaux qui pourraient s’approcher. Elle entretint aussi le feu parce qu’il avait peur du noir. Et le lendemain… »
Elle s’arrêta quelques secondes, pour ménager le suspense.
« La lumière du jour s’était levée et le brouillard aussi. Et ils aperçurent quelque chose d’incroyable. Un point au loin dans la mer, qui ressemblait à une île. Quand les adultes les trouvèrent, ils leur montrèrent ce point. Et les adultes étaient décontenancés, parce qu’ils n’avaient jamais vu cela. Une expédition en bateau partit voir, et ils découvrirent une île entière, pleine d’animaux et de bois bleu. Oda et Tani furent comme des héros. Mais les adultes se demandaient pourquoi personne ne l’avait vue avant, cette île. »
Les enfants avaient oublié leur repas, à ce stade. Et Ayiana aussi.
« Les Anciens donnèrent la réponse. Une vieille légende Iskaar disait qu’une île magnifique pleine de trésors existait, mais qu’elle était invisible aux yeux des adultes. La légende disait que seuls deux enfants liés par un amour très fort pourraient la trouver. Et comme Tani a affronté toutes ses peurs pour Oda, et qu’elle l’a protégé ensuite dans la grotte, ils avaient prouvé qu’ils s’aimaient plus que tous les dangers. Alors l’île s’est dévoilée. »
Ayiana sourit. Les deux enfants se regardèrent et sourirent. C’était le but. Une histoire est meilleure si elle a une morale. Si elle peut apporter quelque chose au monde réel.

La blonde reporta son attention sur son assiette, lançant un sourire à Nuna au passage.
« C’est délicieux. Merci. »
Puis elle fronça les sourcils.
« Mais j’en ai trop dit. Normalement, l’histoire de Oda et Tani est un secret Iskaar. On ne le raconte pas aux étrangers. D’ailleurs, je suis surprise que tu la connaisses, Nuna. Seuls Oda et Tani sont autorisés à raconter leur histoire. »
Elle ouvrit de grands yeux. Le surjeu était à peine palpable.
« Mais….mais ça veut dire que tu as rencontré Oda, ou Tani ? »
Les deux enfants ne mirent pas longtemps à saisir la perche. Avec une exclamation, ils réclamèrent que Nuna raconte à quoi ressemblait la personne qui lui a raconté cette histoire. Ayiana lança un sourire amusé à Nuna. Chacun son histoire à raconter.

»
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Nuna Cortez
Nuna Cortez
DATE D'INSCRIPTION : 12/10/2018 PSEUDO/PRENOM : Lux Aeterna MULTICOMPTES : Murphy Cavendish MESSAGES : 2131 CELEBRITE : Zazie Beetz COPYRIGHT : Lux Aeterna (vava, sign, gifs) METIER/APTITUDES : Forgeronne et orfèvre (joaillière) TRIBU : Athna POINTS GAGNES : 196

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le Lun 25 Fév - 0:14


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Nuna Cortez & Ayiana Solak

(20 novembre 2118)


Les bonheurs les plus simples étaient les plus heureux, Nuna en était convaincue. Il lui suffisait d'un bon repas, d'un peu d'alcool peut-être, mais surtout de chouettes compagnies pour qu'elle se sente chez elle, pour qu'elle éprouve ce sentiment de complétude dont elle était persuadée qu'il lui était envié par des éternels insatisfaits, chasseurs d'un bonheur trop compliqué. Avec un enfant Mikona de chaque côté d'elle, tous installés confortablement en brochette, le cœur de l'Athna était rempli d'une affection qui brûlait doucement, comme les profondeurs d'un volcan tranquille. Elle rêvait trop souvent aux grandes échappées qui lui semblaient aussi enviables inaccessibles, mais ces moments semblaient dessinés pour elle. Les rires d'enfants et d'amis, un feu qui crépitait dans la cheminée, un bon repas qui mijotait... ce serait tant de belles histoires à raconter sans avoir besoin d'être enjolivées pour éveiller l'intérêt des foules. Les bonheurs simples étaient si doux parce qu'ils étaient réels et tangibles, et qu'on pouvait s'accorder quelques secondes de recul lorsque l'on vivait un de ces moments heureux. Le quotidien de Nuna était rempli de ces moments et c'était eux les seuls capables de lui offrir ce sentiment d'accomplissement que ses regrets de rêves inavoués d'exploration semblaient vouloir lui voler. Avoir une place dans l'existence des autres, de ceux qui lui étaient chers, y jouer un rôle, apporter quelques sourires, quelques services ou faire rire, faire s'illuminer quelques regards, voilà ce qui l'enrichissait vraiment. Certains ne comprenaient pas ce qui pouvait la rendre si heureuse en si peu de choses; on l'imaginait sans doute parfois résignée, malheureuse, freinée dans ses ambitions par tout ce qui en elle était opposé au mode de vie athna. Ce qu'on ne savait sans doute pas, alors, c'est qu'elle était capable de trouver du bonheur, même un tout petit peu de bonheur, dans la moindre raison que le ciel lui donnait de le faire. Elle aimait explorer ses montagnes et revenir sous la pluie, se sécher et se réchauffer au coin de sa cheminée avant de passer une nuit d'un sommeil opaque et rempli de rêves qui entretenaient son imagination. Elle aimait discuter des heures avec de la famille, ses voisins, des proches, des amis. Elle aimait ne pas voir la nuit tomber et être contrainte à se coucher seulement parce qu'il lui faudrait être à la forge le lendemain. Ceux qui étaient incapables d'apprécier ces moments étaient les vrais malheureux. C'était eux qu'il fallait plaindre.

Le retour d'Ayiana fit l'effet d'une bombe au sein du trio. Sous le regard tendre de Nuna, Odina se soustrayait déjà à son étreinte pour se ruer vers la nouvelle arrivée. Son amie avait probablement eu des repérages à faire pour ses affaires, et aussi quelques retrouvailles à honorer. Nuna se considérait privilégiée et après toutes ces années, elle n'imaginait plus les choses autrement : elle était la première qu'Ayiana venait voir lorsqu'elle entrait dans leur volcan. Mais elle n'emprisonnait pas son amie pour autant, et elle savait qu'elle n'était jamais là seulement pour ses beaux yeux. Toutes les deux s'étaient rencontrées justement parce que les voyages de la blonde étaient ce qui la faisait vivre. Avec Nuna, elle avait trouvé un endroit sûr et stable où jeter son ancre lorsqu'elle gravissait le volcan, mais la brune savait que les raisons qui la poussaient à rejoindre les sommets du monde ne se réduisaient pas exclusivement au seul lit qu'elle lui proposait au village. Elle n'était pas ici pour le plaisir; elle était ici pour le travail. Tout le reste, tout ce que Nuna pouvait lui offrir en fin de journée, c'était du bonus. Un bonus duquel elle se saisissait toujours avec bonheur, prête à offrir à son amie de jolis souvenirs communs, des raisons de plus de gravir leurs hautes montagnes à chaque fois qu'elle faisait le déplacement.

Cette soirée promettait d'être à la hauteur de tout ce que Nuna pouvait en attendre. Le calme du trio avait été abandonné dès que la blonde avait franchi le pas de la porte. Odina avait filé comme une flèche dans la direction de cette dernière, laissant Nuna et son petit frère en retrait quelques instants. L'Athna annonça directement la couleur à son amie : elle n'avait pas attendu son retour pour préparer les enfants aux histoires qui avaient été sagement et habilement préparées en amont par les deux femmes. Ayiana serait celle qui décrirait cette licorne des mers qu'elle avait peut-être ou peut-être pas aperçue, il y a peut-être longtemps ou peut-être moins longtemps. Laisser son imagination déborder était l'un des loisirs préférés de la brune, mais les loisirs du genre étaient encore plus savoureux lorsqu'ils étaient partagés. Avec les enfants qui buvaient ses paroles et ses histoires, développaient tout un imaginaire autour de celui de Nuna, mais aussi avec les adultes qui se prêtaient bien volontiers à son jeu et y apposant à leur tour la marque de leurs propres onirismes. C'était à ça qu'une partie de la soirée s'apprêtait à être consacrée, et Nuna lançait à Ayiana la première graine prête à prendre vie autour du repas.

Alors que tous se préparaient à manger, les mots de l'Iskaar imposaient le silence dans la maisonnée. Un sourire à la fois tendre et amusé s'était dessiné sur les lèvres de Nuna alors qu'elle apportait la gamelle à table. Elle avait été faite pour raconter des histoires, Ayiana. Elles s'étaient à peine accordées sur quelques faits pour ne pas manquer de trop de logique, mais la blonde ne cillait pas une seule fois, assurée dans son histoire comme si elle l'avait réellement vécue, au point même de donner quelques doutes à son amie. C'était une narratrice née, et Nuna se surprit à vouloir la voir de ses propres yeux, la licorne des mers. Mais elle n'était jamais réapparue aux yeux humains, et elle se terrait dans les fonds sous-marins, là où personne ne pouvait l'embêter. C'était peut-être une raison supplémentaire pour Nuna de prendre le bateau au moins une fois dans sa vie, mais elle le savait d'avance : devant ce genre de créatures, elle n'aurait rien de fier ou d'honorable. Une bête qui allait plus vite qu'un bateau et qui avait une corne de la taille du bas d'Ayiana au sommet du crane, c'était sûrement terrifiant en face à face. Les enfants, par contre, semblaient bien loin de ces considérations prudentes et craintives. Captivés par le récit de l'Iskaar, ils en avaient probablement oublié de respirer pendant quelques secondes. La brune, quant à elle, leva un regard ravi vers son amie lorsque celle-ci soupira de contentement devant le repas. Elle venait de gagner un point, et elle espérait en gagner encore beaucoup d'autres pendant la soirée.

Les voilà donc tous les quatre assis autour de la table et du repas. Les éclats de jeunesse dans les yeux des deux gamins restaient vifs, sans doute perdus entre la licorne des mers et la viande dont la préparation faisait la fierté modeste de Nuna. En balançant sa question, ce n'était pas piéger Ayiana qu'elle souhaitait : c'était lui donner l'occasion de se prouver qu'elle était à la fois une excellente conteuse et tendrement appréciée par les petits Mikona. Si un doute subsistait, peut-être que les minutes à suivre allait l'annihiler. Peut-être aussi qu'à cette raison louable s'agitait une motivation un peu plus égoïste dont elle ne parvenait tout de même pas à avoir honte : Nuna aimait entendre Ayiana raconter des histoires. Peu importe la tourne que pourrait prendre l'improvisation qu'elle lui imposait avec sa question, elle savait qu'elle allait être pendue à ses lèvres au moins autant que les deux jeunes enfants. En trouvant le regard d'Ayiana, pourtant, Nuna comprit qu'elles n'étaient pas tout à fait -pas encore- sur la même longueur d'ondes. Ses prunelles se firent un peu insistantes, comme pour lui interdire de prendre l'échappatoire facile de la réponse négative. Elle forçait un peu les choses, réalisait-elle en même temps qu'elle le faisait, mais elle savait que c'était pour la bonne cause. Un bref silence résonna au-dessus de la table, alors qu'Odina et Tadi avaient levé la tête de leur assiette, l'air aussi en suspend que le demeurait la question de Nuna.

Un sourire satisfait se dessina sur le visage de l'Athna quand elle comprit que son amie abdiquait devant son insistance un peu lourde. Même si Nuna était la seule à avoir une idée de ce qui était vraiment en train de se tramer dans la tête de l'Iskaar, les trois spectateurs attendaient patiemment qu'elle réunisse ses esprits pour commencer sa narration. Les gamins avaient serré leurs petits poings autour des couverts; Nuna avait sagement posé les siens de chaque côté de son assiette.

Enfin, le récit commença. La brune posa ses deux coudes sur la table et son menton sur sa main, toute prête à écouter le récit qui se dessinait dans l'esprit de la blonde après les seuls quelques indices qu'elle lui avait donnés. Nuna, elle, n'en avait pas plus avancé auprès des enfants. Ca laissait une sacrée marge de manœuvre à son amie. Le seul but de ce bref résumé qu'elle avait fourni à son amie était que les petits Mikona puissent s'y reconnaître, s'y projeter. On ne racontait pas des histoires juste pour raconter des histoires. On racontait des histoires pour construire son imaginaire et ses rêves; car c'était des rêves que naissaient les envies, les idéaux, les objectifs. La vie d'adulte devait être rêvée pour être belle. Sinon, elle perdait de ses couleurs, et le fade n'avait rien que l'on pouvait envier.

Et Ayiana, elle l'avait rêvée, sa vie. Elle la rêvait probablement encore un peu. Elle était de ces adultes que Nuna admirait : de ceux qui avaient gardé une part de cette enfance auquel tout le monde liait l'imagination et la créativité. Ce n'était pas censé être des choses d'adultes, l'imagination et la créativité. Mais c'était ce qui faisait les adultes les plus heureux et les plus accomplis. Ils ne vivaient pas dans les regrets de leur enfance disparue, ces adultes-là. Ils avançaient dans la une balance parfaite entre l'enfant et la grande personne. C'était ces adultes-là qui comprenaient vraiment les enfants. Lorsque le lien entre les générations se rompait, c'était signe que l'on s'était soi-même un peu perdu en chemin. Et Ayiana, elle, était loin de s'être perdue. Elle commençait son histoire doucement, non sans appuyer sur un parallèle que pouvaient saisir les enfants. Nuna capta son regard sans s'en émouvoir une seule seconde, persuadée qu'il lui suffisait de se lancer pleinement dans son récit pour se rendre compte qu'elle était largement capable de captiver les enfants et de se rendre elle-même fière de ses récits. Elle n'avait pas besoin de consulter Nuna en amont pour s'en sortir. Il suffisait de la voir s'embarquer et embarquer les trois spectateurs comme elle le faisait pour en être persuadée. Nuna voyait les deux petits Mikona comme Oda et Tani et une larme émue perla au coin de son œil à mesure qu'Ayiana développait leur histoire. C'était une histoire de fraternité terriblement tendre, qui n'allait pas sans lui rappeler son grand frère disparu, à peine connu. Peut-être qu'ils auraient pu avoir ce genre de relation, tous les deux. Le temps du récit, tout le monde avait oublié la viande; c'était bel et bien signe qu'Ayiana avait rempli le défi. La gorge un peu nouée, un peu sonnée par la beauté de l'histoire, Nuna remercia d'une petite voix le compliment que venait de lui faire son amie. Si les enfants n'avaient pas été là, nul doute que Nuna l'aurait félicitée du conte qu'elle avait inventé en quelques instants à peine. Elle le ferait plus tard, entre quatre yeux. En attendant, il lui fallait prétendre qu'elle connaissait cette histoire presque sur le bout des doigts -après tout, c'est ce qu'elle avait prétendu tout ce temps, même si Ayiana était l'incollable des deux.

Nuna récupéra silencieusement un de ces couverts, prête à reprendre sagement son repas, lorsque ce fut au tour de son amie de l'embarquer dans la construction improvisée d'histoires. Sa fourchette resta plantée dans son morceau de viande alors qu'elle regardait son amie, un peu plus paniquée que ce qu'elle aurait aimé. Elle avait été prise par surprise et la pression lui faisait oublier toute l'assurance de laquelle elle savait si bien se parer d'habitue lorsqu'elle embarquait les autres dans ses aventures narratives. L'air surpris et effaré d'Ayiana sous-entendait qu'il fallait qu'elle mette le paquet pour justifier que cette histoire lui soit venue aux oreilles. « Non, je... j'ai pas eu la chance de les rencontrer » admit-elle un peu tristement en reposant sa fourchette, dans les pics de laquelle était encore enfoncé le morceau de viande fumant. « C'est quelqu'un de l'île qui me l'a racontée. Il -ou elle- m'avait fait promettre de pas la répéter, mais j'ai pas pu m'en empêcher. Je savais que vous l'aimeriez. Je me trompe ? » Elle lança un petit regard brillant aux deux enfants qui la regardaient. Ils approuvèrent d'un hochement de tête vigoureux, un petit sourire fasciné au coin des lèvres. « Je peux vous faire confiance, vous la répéterez pas ? » Et cette fois, c'est le regard de son amie qu'elle chercha. « Tu l'as mieux racontée qu'on me l'a racontée. Je savais qu'on avait bien fait de t'attendre. Mais je peux pas te dire qui m'en a parlé. J'en ai déjà trop dit... » s'excusa-t-elle dans un petit sourire presque sincèrement désolé. « On m'a juste pas dit quel âge ils ont, maintenant. Ils doivent être adultes, non ? » Emballée par l'histoire d'Ayiana, Nuna ne réalisait qu'à peine qu'elles parlaient de personnes qui n'existaient que dans quatre imaginations. Peut-être que l'histoire allait se répandre comme une traînée de poudre au sein de la jeunesse du volcan, si les enfants étaient incapables de garder un secret; peut-être qu'elles venaient de faire naître une histoire qui se propagerait des années, des décennies, se déformerait des dizaines de fois. Nuna récupéra enfin sa fourchette et avala son morceau de viande. « Mangez pendant que c'est encore chaud », conseilla la jeune femme avec un petit sourire dont elle essayait d'ôter toute forme d'autorité. Elle n'était pas leur mère, après tout.

Le repas fut calme, sans doute parce que l'esprit des enfants était encore dans les histoires qui venaient de lui être racontées. Les deux adultes échangèrent bon nombre de regards entendus et amusés. Elle avaient bien travaillé leur première histoire, et la seconde, improvisée par Ayiana, avait fasciné tout le monde encore au-delà de ce que Nuna avait pu en attendre. Une fois leurs assiettes terminées, les enfants quittèrent la table dans les cris et les rires pour retourner sur la banquette qu'ils avaient quittée plus tôt, près du feu. A côté, par terre, étaient restés quelques figurines de bois et de métal que Nuna avait accumulées au fil des années. Certaines avaient maladroitement été sculptées dans du bois bleu qu'Ayiana ou Einar lui avaient ramené. Elle gardait toujours un peu de la matière précieuse pour ses propres besoins. Nuna empilait la vaisselle alors que les enfants appelaient les deux adultes pour qu'elles se joignent à leurs jeux. « Je nettoierai plus tard » abandonna Nuna en laissant les restes de repas en plan, non sans jeter un regard amusé à Ayiana pour qu'elles se joignent à eux pour le reste de la soirée. Les parents ne tarderaient sans doute plus vraiment à venir chercher les petits, mais Nuna savait qu'il était toujours bon pour eux de récupérer des enfants épuisés que débordant d'énergie, comme c'était présentement le cas. Inventer des vies aux figurines qu'elle avait récupérées des quatre coins de sa maison, c'était imparable. « La maman ours a toujours pas rencontré le petit renard ! Il faut y remédier ! » s'avança Nuna en s'asseyant par terre, entre le feu et la banquette, récupérant les deux animaux dans chaque main, le premier de métal, le second de bois.
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