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˜˜˜˜˜˜Tell me something (Ćiro)
maybe life should be about more than just surviving


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06/04/2017 Aenah / Marie 200 Mimi Elashiry BALACLAVA Guerrière et chasseuse Kovarii 60


Sujet: Tell me something (Ćiro)
Lun 26 Nov - 16:25

De nombreux nuages cachaient le soleil depuis plusieurs jours. Ce temps gris et maussade reflétait parfaitement l’état d’esprit d’Hécate. Cela faisait plusieurs mois que la jeune femme arborait une mine fermée et soucieuse. Elle n’en avait parlé à personne, préférant s’isoler dans la forêt et chasser loin de ses amis Kovariis. Un rien l’insupportait et pouvait la mettre dans une rage folle. Hécate était pourtant connue pour sa patience et sa douceur. Mais aujourd’hui tout était différent. C’était cette douleur sourde dans la poitrine qui la faisait réagir comme un animal blessé. Le premier a trop s’aventurer risquait un coup de griffe ou une belle morsure.

Il y a encore quelques mois, elle flottait pourtant sur un petit nuage de douceur et d’amour. Tout lui semblait possible, elle se sentait forte et invincible. La jeune femme s’était mise à nue, avouant ses sentiments. Elle avait laissé tomber son armure pour mieux se faire poignarder. Elle se sentait trahi et pourtant… Cela ne lui ressemblait pas, à Ćiro. Elle ne pouvait pas s’être trompée à ce point sur ce qu’il semblait ressentir pour elle ! Pourtant, elle ne l’avait plus revu depuis le mois de juin. Cela avait été brusque, sans qu’elle n’obtienne aucune raison. Bien sûr, elle avait tenté de se rassurer au départ. La grande sœur de Ćiro était venue lui parler très peu de temps avant qu’elle n’ait plus de nouvelle du jeune homme. Elle avait fait le lien au départ, en se disant que sa sœur l’empêchait peut-être de la voir. Hécate avait pourtant été claire. Il n’était pas question qu’elle cesse de voir Ćiro, quand bien même cela déplairait à Madame. Hécate avait sans doute été un peu fort. Elle ne supportait pas qu’on s’immisce ainsi dans sa vie et qu’on lui dise quoi faire. Alors elle avait réagi et depuis elle était sans nouvelle de lui…

Une autre théorie avait doucement germé dans sa tête. Ćiro s’était lassé d’elle ou bien s’était rendu compte qu’il ne partageait pas ses sentiments, tout simplement. Trop gentil, il se sentait incapable de le lui dire, préférant l’éviter.  C’était une théorie qu’Hécate ne pouvait pas écarter. Elle s’était présentée plusieurs fois devant la petite cabane de la famille Aldarim. La mère de Ćiro était la seule personne qu’elle parvenait à voir. Chaque fois, elle s’était retrouvée face à un mur. Aucun de ces arguments n’avaient fonctionné et elle n’était pas parvenue à soutirer d’information. Hécate avait néanmoins noté un changement, l’éloignement de la grande sœur de Ćiro. La jeune femme sentait que quelque chose lui échappait mais elle ne parvenait pas à assembler les pièces du puzzle. Elle se sentait complètement démunie par l’absence de nouvelle et l’impossibilité de le voir.

Aujourd’hui ne faisait pas exception, elle s’était levée du mauvais pied et était d’une humeur de panthère. Hécate prit l’arc que Ćiro avait confectionné pour elle et ses flèches réalisées par un artisan Naori puis elle se dirigea vers l’extérieur du village. Elle étouffait et marcher au sein de la forêt était la seule solution qu’elle avait trouvée pour s’apaiser. Cela marchait habituellement, elle n’avait qu’à faire quelques pas et entendre les bruits caractéristiques des animaux pour oublier ses problèmes. Sa concentration était alors entièrement tournée vers la nature qui l’entourait.

Les pas d’Hécate crissaient légèrement sur la gelée du matin. Son pas était rapide, elle était guidée par une seule idée fixe : fuir. Fuir ce qu’elle était devenue, fuir sa souffrance. Complètement perdue dans ses pensées, il lui fallut quelques secondes pour s’apercevoir qu’elle n’était plus seule. Une silhouette avançait doucement devant elle. Une silhouette qu’elle aurait pu reconnaitre entre mille et pourtant elle avait dû mal à y croire. Elle sentit son cœur accéléré, tout comme sa respiration tandis qu’elle fixait sans bouger l’homme qui se tenait à quelques mètres d’elle. Il ne l’avait pas encore repéré. Elle l’observa ainsi quelques instants. Hécate ne voyait pas son visage mais il semblait chercher du bois. Elle l’avait déjà vu faire auparavant et le voir s’atteler à une telle tâche signifiait qu’il allait bien. Elle était rassurée de pouvoir le constater de ses propres yeux.

Hécate mourrait d’envie de l’appeler, de voir son visage, de croiser son regard et pourtant elle se sentait totalement effrayée. Effrayée par ce qu’elle pourrait lire sur son visage, par ce qu’il pourrait lui dire. Sa bouche était sèche. Pourtant elle avança de quelques pas dans sa direction, incapable de lutter plus longtemps. Elle s’arrêta à quelques mètres de lui. « Ćiro ? » Sa voix manquait d’assurance, elle était légèrement cassée comme si cela faisait trop longtemps qu’elle n’avait pas parlé. Mais c’était cette boule qu’elle avait dans la gorge qui l’empêchait de s’exprimer. De dire tout ce qu’elle ressentait. En le voyant, sa colère s’était complètement évanouie. Elle avait tout simplement peur. Peur de ce qu’il allait lui annoncer.

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11/03/2017 ELOW ; DEVOS, IRINA & JONAS ; 483 MATHIAS LAURIDSEN ELOW ; CRÉATEUR D'ARCS ET DE FLÈCHES, HOMME DE MAIN ET DE FOI DÉVOUÉ. FAUX IDIOT AUX PENSÉES PRONONCÉS. KOVARII ; 81
— hand gon wamplei —


Sujet: Re: Tell me something (Ćiro)
Dim 2 Déc - 16:31




tell me something
26 NOVEMBRE 2118

Son cœur s’est endurci. Il y a comme un voile par-dessus, l’empêchant d’être aussi libre qu’autrefois. Toutes ses journées, allongé dans un lit, à n’écouter que sa mère raconter quelques informations sur les autres, ne voire que les mêmes murs… Ćiro n’est plus même. Il ne parle quasiment pas et attend. Quoi ? Lui-même ne sait pas. Ce qui est certain, c’est qu’il avait besoin de temps. D’une part, il devait comprendre ce qui lui était arrivé, comprendre comment s’était arrivée et pourquoi. Il est encore difficile pour lui de saisir ce qui a déclenché tant de haine chez sa sœur, mais au fond, il est persuadé que sa simple existence a toujours été un obstacle à ses yeux. Pendant, longtemps, il croyait qu’elle avait besoin de lui malgré tout. Qu’il restait un bouc-émissaire sur lequel elle se défoulait. Il se disait toujours qu’au moins, après lui avait donné un coup, elle se sentait mieux. Il se considérait alors comme le seul pouvant apaiser la jeune femme, mais désormais, il se rend compte à quel point il s’était trompé. Toutes ses années, Ćialla a accumulé en elle une haine atroce envers son propre frère. Une haine qui a grandi à chaque fois que leurs regards se croisaient. Une haine qui a poussé celle-ci à vouloir le seul homme de sa famille mort. Ćiro serait sans doute mort si personne ne l’avait trouvé dans la forêt. Il se serait étouffé dans son propre sang, faible, brisé, seul. Quel triste mort ! Et au fond, c’est bien là le problème… il a l’impression d’être mort ou de l’avoir été. Comme si la blessure était trop profonde pour pouvoir disparaître.

Quelque part, cette mort, elle a brisé à jamais le masque qu’il a toujours porté. Plus jamais il ne fera l’idiot, plus jamais il ne gardera sa langue dans sa poche. La vision qu’il a du monde n’est plus la même et puisqu’il est incapable de comprendre sa propre sœur, qui lui dit qu’il n’a pas eu tort, toutes ses années, à renier l’homme qu’il était ? Non, c’est fini. Le Ćiro qu’elles ont toutes connu est mort, voilé. Décédé dans ses illusions, dans ses petites joies.

Il croit pourtant encore à la Déesse, il croit en ces femmes avec qui il a grandi et qu’il admire encore aujourd’hui. Il croit en sa tribu, en ses règles, mais il ne croit plus devoir se montrer plus faible qu’il ne l’est en réalité. Il ne baissera plus les yeux. Il ne gardera plus ses mots pour lui-même et il cessera de prétendre être ce qu’il n’est pas. Il se sent froid, désabusé et frustré. Ses doigts prennent du temps à guérir et il ne peut rien faire, rien accomplir. Il se sent faible, en fait et ça… ça c’est le pire. Il refuse alors de se montrer dans cet état, il ne le supporte pas. Sa seule consolation réside dans sa respiration, car une fois qu’il ira mieux, il prendra son sac et partira à l’aventure. Oui, il ira faire ce voyage jusqu’aux montagnes découvrir le savoir-faire des Athnas. C’est décidé. Mais c’est un rêve encore lointain et pour l’instant, sa mère est la seule personne qui s’occupe de lui. Elle prend soin de chacun de ses blessures, comme si elle regrettait de ne pas l’avoir plus tôt. En quelques mois, il a reçu plus d’amour de sa part, que durant ses trente dernières années. C’est inattendu, mais c’est ce lien qui finalement lui permet d’envisager un lendemain.

Et en parlant d’amour, il a écarté la Hécate. Elle s’était rapidement dévoilée à la porte de chez lui, inquiète, sans nouvelle. Il ne pouvait pas. D’une part, parce qu’il était dans un tel état qu’elle ne l’aurait probablement pas reconnue. D’une autre, parce qu’il ne sait pas quoi lui dire. Il ne sait toujours pas. Il espère surtout la protéger comme ça. De quoi ? Sans doute de lui-même et du malheur dont il est le symbole. L’éloignement, fut la seule option à ses yeux. Les jours passèrent, puis les mois et pourtant, Hécate est toujours le seul rêve qui le fait sourire. Malgré ça, il ne peut se résoudre à la croiser. Il commence à peine à sortir de chez lui, à peine à marcher – il est encore très lent, à cause de sa hanche qui le fait parfois souffrir. Sa main droite est encore bandée et il ne peut se servir que de la gauche – pour l’instant simplement pour ramasser du bois. Il a une cicatrice sur la joue droite et une petite au-dessus de sa lèvre. Il a souffert et il souffre encore. Parfois, il en pleure tellement, il ne le supporte pas. Tellement c’est difficile. Il doit pourtant travailler, faire quelques choses. Il est lent, mais avec de la patience, il avance.

Son corps s’immobilise lorsqu’une voix prononce son prénom. Il sait parfaitement qui se trouve juste derrière lui. Il a l’impression que le souffle d’Hécate lui frôle les épaules. Mince. Mince… Il ne sait pas quoi faire, il n’ose même pas se retourner. Il lève les yeux aux ciels, priant pour que la Déesse lui vienne en aide, puis range un morceau de bois dans son sac et se retourne, un peu lentement, effrayé par le visage qu’il va croiser.

« Hécate… » Tous ces mois à l’éviter et là voilà, sous ses yeux. Toujours aussi belle, toujours aussi parfaite. Que doit-il dire maintenant ? Que doit-il faire ? « Tu as fini par me trouver. » Il se penche alors, l’air indifférent, attrapant un autre morceau de bois, alors que son cœur ne cesse de battre à la folie. « J’ai du travail, désolé. » Comme si c'est aussi simple...


 

Tell me something (Ćiro)

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