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Hécate Pankara
Hécate Pankara
DATE D'INSCRIPTION : 06/04/2017 PSEUDO/PRENOM : Aenah / Marie MESSAGES : 315 CELEBRITE : Mimi Elashiry COPYRIGHT : Blossom. (av), poésies cendrées.(sign), Gingerbread (gif) METIER/APTITUDES : Guerrière et chasseuse TRIBU : Kovarii, aujourd'hui chez les Naoris POINTS GAGNES : 0

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le Lun 26 Nov - 16:25
De nombreux nuages cachaient le soleil depuis plusieurs jours. Ce temps gris et maussade reflétait parfaitement l’état d’esprit d’Hécate. Cela faisait plusieurs mois que la jeune femme arborait une mine fermée et soucieuse. Elle n’en avait parlé à personne, préférant s’isoler dans la forêt et chasser loin de ses amis Kovariis. Un rien l’insupportait et pouvait la mettre dans une rage folle. Hécate était pourtant connue pour sa patience et sa douceur. Mais aujourd’hui tout était différent. C’était cette douleur sourde dans la poitrine qui la faisait réagir comme un animal blessé. Le premier a trop s’aventurer risquait un coup de griffe ou une belle morsure.

Il y a encore quelques mois, elle flottait pourtant sur un petit nuage de douceur et d’amour. Tout lui semblait possible, elle se sentait forte et invincible. La jeune femme s’était mise à nue, avouant ses sentiments. Elle avait laissé tomber son armure pour mieux se faire poignarder. Elle se sentait trahi et pourtant… Cela ne lui ressemblait pas, à Ćiro. Elle ne pouvait pas s’être trompée à ce point sur ce qu’il semblait ressentir pour elle ! Pourtant, elle ne l’avait plus revu depuis le mois de juin. Cela avait été brusque, sans qu’elle n’obtienne aucune raison. Bien sûr, elle avait tenté de se rassurer au départ. La grande sœur de Ćiro était venue lui parler très peu de temps avant qu’elle n’ait plus de nouvelle du jeune homme. Elle avait fait le lien au départ, en se disant que sa sœur l’empêchait peut-être de la voir. Hécate avait pourtant été claire. Il n’était pas question qu’elle cesse de voir Ćiro, quand bien même cela déplairait à Madame. Hécate avait sans doute été un peu fort. Elle ne supportait pas qu’on s’immisce ainsi dans sa vie et qu’on lui dise quoi faire. Alors elle avait réagi et depuis elle était sans nouvelle de lui…

Une autre théorie avait doucement germé dans sa tête. Ćiro s’était lassé d’elle ou bien s’était rendu compte qu’il ne partageait pas ses sentiments, tout simplement. Trop gentil, il se sentait incapable de le lui dire, préférant l’éviter.  C’était une théorie qu’Hécate ne pouvait pas écarter. Elle s’était présentée plusieurs fois devant la petite cabane de la famille Aldarim. La mère de Ćiro était la seule personne qu’elle parvenait à voir. Chaque fois, elle s’était retrouvée face à un mur. Aucun de ces arguments n’avaient fonctionné et elle n’était pas parvenue à soutirer d’information. Hécate avait néanmoins noté un changement, l’éloignement de la grande sœur de Ćiro. La jeune femme sentait que quelque chose lui échappait mais elle ne parvenait pas à assembler les pièces du puzzle. Elle se sentait complètement démunie par l’absence de nouvelle et l’impossibilité de le voir.

Aujourd’hui ne faisait pas exception, elle s’était levée du mauvais pied et était d’une humeur de panthère. Hécate prit l’arc que Ćiro avait confectionné pour elle et ses flèches réalisées par un artisan Naori puis elle se dirigea vers l’extérieur du village. Elle étouffait et marcher au sein de la forêt était la seule solution qu’elle avait trouvée pour s’apaiser. Cela marchait habituellement, elle n’avait qu’à faire quelques pas et entendre les bruits caractéristiques des animaux pour oublier ses problèmes. Sa concentration était alors entièrement tournée vers la nature qui l’entourait.

Les pas d’Hécate crissaient légèrement sur la gelée du matin. Son pas était rapide, elle était guidée par une seule idée fixe : fuir. Fuir ce qu’elle était devenue, fuir sa souffrance. Complètement perdue dans ses pensées, il lui fallut quelques secondes pour s’apercevoir qu’elle n’était plus seule. Une silhouette avançait doucement devant elle. Une silhouette qu’elle aurait pu reconnaitre entre mille et pourtant elle avait dû mal à y croire. Elle sentit son cœur accéléré, tout comme sa respiration tandis qu’elle fixait sans bouger l’homme qui se tenait à quelques mètres d’elle. Il ne l’avait pas encore repéré. Elle l’observa ainsi quelques instants. Hécate ne voyait pas son visage mais il semblait chercher du bois. Elle l’avait déjà vu faire auparavant et le voir s’atteler à une telle tâche signifiait qu’il allait bien. Elle était rassurée de pouvoir le constater de ses propres yeux.

Hécate mourrait d’envie de l’appeler, de voir son visage, de croiser son regard et pourtant elle se sentait totalement effrayée. Effrayée par ce qu’elle pourrait lire sur son visage, par ce qu’il pourrait lui dire. Sa bouche était sèche. Pourtant elle avança de quelques pas dans sa direction, incapable de lutter plus longtemps. Elle s’arrêta à quelques mètres de lui. « Ćiro ? » Sa voix manquait d’assurance, elle était légèrement cassée comme si cela faisait trop longtemps qu’elle n’avait pas parlé. Mais c’était cette boule qu’elle avait dans la gorge qui l’empêchait de s’exprimer. De dire tout ce qu’elle ressentait. En le voyant, sa colère s’était complètement évanouie. Elle avait tout simplement peur. Peur de ce qu’il allait lui annoncer.
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le Dim 2 Déc - 16:31



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26 NOVEMBRE 2118

Son cœur s’est endurci. Il y a comme un voile par-dessus, l’empêchant d’être aussi libre qu’autrefois. Toutes ses journées, allongé dans un lit, à n’écouter que sa mère raconter quelques informations sur les autres, ne voire que les mêmes murs… Ćiro n’est plus même. Il ne parle quasiment pas et attend. Quoi ? Lui-même ne sait pas. Ce qui est certain, c’est qu’il avait besoin de temps. D’une part, il devait comprendre ce qui lui était arrivé, comprendre comment s’était arrivée et pourquoi. Il est encore difficile pour lui de saisir ce qui a déclenché tant de haine chez sa sœur, mais au fond, il est persuadé que sa simple existence a toujours été un obstacle à ses yeux. Pendant, longtemps, il croyait qu’elle avait besoin de lui malgré tout. Qu’il restait un bouc-émissaire sur lequel elle se défoulait. Il se disait toujours qu’au moins, après lui avait donné un coup, elle se sentait mieux. Il se considérait alors comme le seul pouvant apaiser la jeune femme, mais désormais, il se rend compte à quel point il s’était trompé. Toutes ses années, Ćialla a accumulé en elle une haine atroce envers son propre frère. Une haine qui a grandi à chaque fois que leurs regards se croisaient. Une haine qui a poussé celle-ci à vouloir le seul homme de sa famille mort. Ćiro serait sans doute mort si personne ne l’avait trouvé dans la forêt. Il se serait étouffé dans son propre sang, faible, brisé, seul. Quel triste mort ! Et au fond, c’est bien là le problème… il a l’impression d’être mort ou de l’avoir été. Comme si la blessure était trop profonde pour pouvoir disparaître.

Quelque part, cette mort, elle a brisé à jamais le masque qu’il a toujours porté. Plus jamais il ne fera l’idiot, plus jamais il ne gardera sa langue dans sa poche. La vision qu’il a du monde n’est plus la même et puisqu’il est incapable de comprendre sa propre sœur, qui lui dit qu’il n’a pas eu tort, toutes ses années, à renier l’homme qu’il était ? Non, c’est fini. Le Ćiro qu’elles ont toutes connu est mort, voilé. Décédé dans ses illusions, dans ses petites joies.

Il croit pourtant encore à la Déesse, il croit en ces femmes avec qui il a grandi et qu’il admire encore aujourd’hui. Il croit en sa tribu, en ses règles, mais il ne croit plus devoir se montrer plus faible qu’il ne l’est en réalité. Il ne baissera plus les yeux. Il ne gardera plus ses mots pour lui-même et il cessera de prétendre être ce qu’il n’est pas. Il se sent froid, désabusé et frustré. Ses doigts prennent du temps à guérir et il ne peut rien faire, rien accomplir. Il se sent faible, en fait et ça… ça c’est le pire. Il refuse alors de se montrer dans cet état, il ne le supporte pas. Sa seule consolation réside dans sa respiration, car une fois qu’il ira mieux, il prendra son sac et partira à l’aventure. Oui, il ira faire ce voyage jusqu’aux montagnes découvrir le savoir-faire des Athnas. C’est décidé. Mais c’est un rêve encore lointain et pour l’instant, sa mère est la seule personne qui s’occupe de lui. Elle prend soin de chacun de ses blessures, comme si elle regrettait de ne pas l’avoir plus tôt. En quelques mois, il a reçu plus d’amour de sa part, que durant ses trente dernières années. C’est inattendu, mais c’est ce lien qui finalement lui permet d’envisager un lendemain.

Et en parlant d’amour, il a écarté la Hécate. Elle s’était rapidement dévoilée à la porte de chez lui, inquiète, sans nouvelle. Il ne pouvait pas. D’une part, parce qu’il était dans un tel état qu’elle ne l’aurait probablement pas reconnue. D’une autre, parce qu’il ne sait pas quoi lui dire. Il ne sait toujours pas. Il espère surtout la protéger comme ça. De quoi ? Sans doute de lui-même et du malheur dont il est le symbole. L’éloignement, fut la seule option à ses yeux. Les jours passèrent, puis les mois et pourtant, Hécate est toujours le seul rêve qui le fait sourire. Malgré ça, il ne peut se résoudre à la croiser. Il commence à peine à sortir de chez lui, à peine à marcher – il est encore très lent, à cause de sa hanche qui le fait parfois souffrir. Sa main droite est encore bandée et il ne peut se servir que de la gauche – pour l’instant simplement pour ramasser du bois. Il a une cicatrice sur la joue droite et une petite au-dessus de sa lèvre. Il a souffert et il souffre encore. Parfois, il en pleure tellement, il ne le supporte pas. Tellement c’est difficile. Il doit pourtant travailler, faire quelques choses. Il est lent, mais avec de la patience, il avance.

Son corps s’immobilise lorsqu’une voix prononce son prénom. Il sait parfaitement qui se trouve juste derrière lui. Il a l’impression que le souffle d’Hécate lui frôle les épaules. Mince. Mince… Il ne sait pas quoi faire, il n’ose même pas se retourner. Il lève les yeux aux ciels, priant pour que la Déesse lui vienne en aide, puis range un morceau de bois dans son sac et se retourne, un peu lentement, effrayé par le visage qu’il va croiser.

« Hécate… » Tous ces mois à l’éviter et là voilà, sous ses yeux. Toujours aussi belle, toujours aussi parfaite. Que doit-il dire maintenant ? Que doit-il faire ? « Tu as fini par me trouver. » Il se penche alors, l’air indifférent, attrapant un autre morceau de bois, alors que son cœur ne cesse de battre à la folie. « J’ai du travail, désolé. » Comme si c'est aussi simple...


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le Dim 23 Déc - 18:31
Les sentiments ne peuvent se contrôler, qu’ils soient approuvés ou non par les autres. Ce qui comptait pour Hécate, c’était le bien être que Ćiro lui apportait quand ils avaient partagé des moments de complicité. Elle s’était toujours sentie bien en sa présence et elle était persuadée que lui aussi aimait sa compagnie. Si toutes ces certitudes avaient volé en éclat depuis quelques mois, elle se raccrochait à une idée fixe : jamais il n’aurait voulu lui faire du mal. Elle le connaissait, il était bien trop gentil et avait tendance à s’oublier en se préoccupant des femmes de la tribu. Quel évènement avait pu changer Ćiro à ce point ? Pour quelles raisons la fuyait-il depuis autant de temps ?

Hécate avait besoin de réponses. Si la vérité peut être douloureuse, les secrets tuent à petit feu. Pourtant elle avait renoncé depuis quelques semaines à obtenir un quelconque signe de la part de Ćiro. Trouver porte close chaque fois qu’elle se présentait pour lui parler lui faisait plus de mal que de bien. Le savoir si proche d’elle et pourtant si inaccessible l’avait rendu folle… Elle s’était posée la question de partir. De quitter le village pour un temps. La jeune femme avait toujours apprécié découvrir le monde et rencontrer de nouvelles personnes. Rien ne la retenait vraiment. Sa mère saurait se débrouiller sans elle, elle était encore en pleine forme malgré son âge. Elle n’avait certes plus la condition physique pour faire de longue marche à travers le continent mais elle saurait se rendre utile pour la tribu. Mais elle n’avait pas trouvé le courage pour partir. Quelque chose la retenait encore ici. Hécate s’était attachée à lui, bien plus qu’elle ne le pensait.

Alors quand elle le vit devant elle, à quelques mètres, il lui fallut du temps avant de comprendre que celui qu’elle avait essayé de voir pendant des mois, était juste là. Cela faisait longtemps qu’elle ne s’était pas sentie aussi nerveuse. La jeune Kovarii pleine d’assurance était complètement démunie face à l’homme qui se trouvait devant elle. Il avait changé. Maintenant qu’il s’était retourné au son de sa voix, elle pouvait le constater. Sa manière de se tenir était différente, son physique aussi. Ses yeux balayèrent le visage de Ćiro, elle croisa tout d’abord son regard avant de voir les cicatrices. Il était toujours aussi beau, même avec les vestiges de ses blessures. Ses cicatrices n’étaient pas récentes. Celles-ci avaient pris une teinte rosée. Cela devait dater de plusieurs mois. Elle continua l’examen visuel du corps du jeune homme à la recherche d’autres blessures. Sa main droite était bandée. Les sourcils d’Hécate se froncèrent d’anxiété, d’incompréhension. La lenteur de ses mouvements laissait supposer que les blessures n’étaient pas toutes visibles.

La voix de Ćiro l’obligea a relevé les yeux vers son visage. Son prénom avait été prononcé avec froideur, comme s’ils se connaissaient à peine. Il constata à voix haute qu’elle l’avait trouvé. La présence de la jeune femme semblait presque le déranger. Hécate se fit la réflexion que jamais il n’aurait réagi ainsi autrefois, peu importe la personne qui venait le voir. Il s’était passé quelque chose avant qu’il ne disparaisse, quelque chose de grave. Mais elle ne s’attendait pas à la suite. Elle eut l’impression de se prendre un véritable coup de poing dans l’estomac. Il avait dû travail… Cela faisait des mois qu’elle voulait lui parler, comprendre, et tout ce qu’il trouvait à dire était qu’il devait travailler. Il se fichait d’elle ? La colère d’Hécate se raviva immédiatement, préférant cacher la tristesse et l’humiliation qu’elle ressentait en étant ainsi rejeté. « Tu as du travail… C’est tout ce que tu as à me dire. » Hécate peinait à cacher son énervement mais elle tenta de prendre sur elle. « Je suis venue tous les jours frapper à ta porte, pendant des semaines… » Et il ne lui avait jamais ouvert. La mère de Ćiro avait fait barrage les fois où elle avait ouvert. Elle ne lui avait donné aucune information, la renvoyant tout simplement. Sa seule certitude était qu’il était en vie. Mais visiblement, il avait souffert et souffrait encore.

« Comment…tu t’es fait ça ? » Elle avait dû mal à croire que toutes les blessures de Ćiro étaient accidentelles. Celles-ci semblaient être localisées du côté droit et son absence prolongée laissaient supposées que ses blessures avaient été suffisamment graves pour qu’il reste enfermé. Le cerveau d’Hécate tournait à plein régime, essayant de se rappeler des jours qui avait précédé la disparition de Ćiro. Mais rien ne lui venait. Elle ne trouvait pas d’explication. S’il s’agissait bien de coups, qui aurait pu vouloir frapper Ćiro ? Elle ne comprenait pas. Ou peut-être était-ce simplement qu’elle refusait de comprendre et de lier certaines évènements entre eux…
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le Dim 20 Jan - 16:20



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26 NOVEMBRE 2118

Il doit l’admettre, dans la solitude, Ćiro a dû se faire face. Difficile pour lui de ne penser qu’avec lui-même, tant, il est habitué à aider les autres, à faire ce qu’il est censé faire pour sa famille et son confort. Toutes ses années de sacrifice volontaire pour sa tribu, et le voilà réduit à ne rien faire. Le repos lui a apporté le silence et surtout un point de vue différent. Le Kovarii a donc pris du recul, il a observé de loin toutes ses années de son existence, jugeant alors que son sort était probablement scellé depuis longtemps. Il ne mérite sans doute pas ce qui lui est arrivé, mais lui, il pense autrement. Comme si c’était normal, comme si n’importe lequel de ses choix l’auraient forcément conduit à cet instant précis. Il n’a pas choisi dans quelle famille naître, ni sa mère, ni sa sœur. Il les aime de tout son coeur, car elles partagent son sang, son nom. C’est un garçon, il le sait. Il aurait pu ne jamais accepter l’homme qui l’était sans son père, il aurait pu remettre en question sa sexualité, son corps, mais non. Il a toujours positivé, compris, accepter. Il s’est peut-être fait des illusions, qui sait ? À force d’admirer les femmes de son quotidien, il a oublié de prendre en compte les défauts flagrants qu’elles possèdent aussi. À force de croire en leur perfection, il a omis les défauts. Et sa sœur, elle en a plein des défauts ! Surtout, quand il s’agit de sa relation avec son frère. Ce n’était rien de nouveau, pour personne. En revanche, qu’elle aille si loin dans sa haine, ça, c’est étonnement pour tous ceux qui ignorait les coups que Ćiro se prenait chez lui. En même temps, c’était devenu un secret de famille, sans vraiment l’être. C’était devenu une normalité pour lui, et pourtant, il n’en parlait à personne comme conscient des faux pas commis par sa propre sœur. Comme s’il savait qu’elle avait tort, qu’elle ne devrait pas se montrer si dur, si violente.

Ce qui s’était produit, dans la forêt, est maintenant un souvenir douloureux qui hante Ćiro. Il n’en parle pas, il ne parle presque plus d’ailleurs. Il s’est fermé au point où il refuse de croiser le regard des autres. Au fond, il a peur. Peur de découvrir de nouvelle facette, des regards plus durs encore, il ne sait pas. Il est égaré dans des pensées sombres et il semble incapable d’en sortir. Il ne veut être aux côtés de personne, vraiment personne. Pas même à ses côtés à elle.

Il doit être différent à ses yeux. Les marques des coups de sa sœur ne sont pas encore complétement invisibles. Impossible d’ignorer qu’il a maigri, aussi, à force de rester allongé sur un lit et d’attendre que ses os se remettent du pire. Souvent, des gestes simples lui paraissent plus compliqués et douloureux. Le fait de ne pas pouvoir utiliser ses mains comme avant, de se tenir comme avant, pour l’artisan qu’il est, c’est de la torture. Raison de plus pour s’éloigner d’elle. Parce qu’il n’est même pas la moitié de ce qu’il était avant. Parce qu’elle mérite un homme qui soit plus fort que ça. Ćiro se sent misérable et il ne peut pas l’approcher, la prendre dans ses bras. Il ne peut pas agir sans une certaine honte, posé sur ses épaules, aussi lourde que le monde. Jamais, auparavant, il n’a vécu de situation pareil. C’était tellement plus simple, avant, de jouer les idiots et de dire des bêtises. De faire sourire les autres.

« J’avais besoin d’être seul. Je pensais que tu l'avais compris. » Dit-il froidement, essayant de garder son calme. Il ressent sa colère, il la comprend. Il n’a pas envie qu’elle soit dans cet état, mais il n’a pas envie que ce moment s’éternise. Il n’a pas envie de lui parler, en fait. Ses doigts s’agrippent aux bois qu’il ramasse, évitant Hécate du regard, mais quand elle lui demande pourquoi il est dans cet état, il ne sait pas quoi dire.

« Ce n’est pas important. C’est arrivé, c’est tout. » Le pauvre fait un faux mouvement qui réveille une douleur à ses côtés. Déséquilibré, il s’accroche à un tronc d’arbre, essayant de contrôler à la fois le feu en lui et sa respiration. « Laisse-moi tranquille, Hécate. » Il ne fixe que des pauvres plantes, plus loin, essayant de contrôler ses émotions. « Je n’ai pas besoin de toi. » Et ses mots sonnent tellement faux, que son cœur se serre, affreusement. « Tu me déranges, je travaille ! » Cette fois, il pose ses yeux sur elle, convaincu de ce qu’il dit. Ses yeux sont rouges pourtant. D’une part, à cause de sa blessure, d’une autre, parce qu’il lui fait du mal. Il le sait.


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Hécate Pankara
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le Ven 8 Mar - 16:47
Ce n’était plus face à la porte close de la cabane de Ćiro qu’Hécate se heurtait. Désormais, c’était face au visage fermé du jeune homme qu’elle se trouvait. Elle ne savait pas ce qu’elle préférait. Ne pas savoir et continuer à espérer ou bien être rejetée. Maintenant qu’il se tenait face à elle, Hécate s’était imaginée qu’il lui expliquerait son absence, qu’elle n’était pas la cause de tout ça. Pas encore. Les images de sa sœur en train de se noyer, le regard dévasté de sa mère, les non-dits, les reproches, les chuchotements sur son passage… Elle n’avait amené que du malheur à sa mère et à sa tribu. Elle était une chasseuse modeste, sans exploit. Pourtant, tout cela s’était progressivement effacé en présence de Ćiro. Elle lui avait avoué ses faiblesses, ses sentiments. Elle s’était mise à nue, offrant une confiance presque aveugle à cet homme qu’elle avait d’abord vu comme un ami avant de l’aimer plus encore. Elle s’était sentie spéciale à ses yeux.

Hécate parvint difficilement à quitter des yeux les blessures de Ćiro. Elle avait l’impression que c’était sa propre chair que l’on avait meurtri. Elle aurait d’ailleurs préféré que ce soit elle, mais pas Ćiro. Il était si doux et prévenant, vénérant chaque femme de la tribu, faisant passer le bien-être des autres avant le sien. Ce changement de comportement n’était pas dû à une simple chute, même impressionnante.

Le regard fuyant, il lui répondit d’une voix froide qu’il souhaitait être seul. Même le ton de sa voix était méconnaissable. Hécate fronça légèrement les sourcils et secoua négativement la tête même s’il ne la regardait pas. Elle ne le croyait pas, elle ne pouvait pas le croire. Il l’envoya sur les roses, ne répondant pas à sa question sur la cause de ses blessures. Elle ouvrit la bouche pour répliquer, quand elle le vit légèrement tanguer, sans doute déséquilibrer en raison de ses blessures. Par réflexe, Hécate se rapprocha pour l’aider mais elle n’eut pas le temps de le toucher qu’il continua sur sa lancée. Les mots de Ćiro étaient comme des coups de poing, assenés les uns après les autres. Hécate encaissa, sans broncher, alors que les larmes menaçaient de déborder et que sa gorge se serrait.

Enfin, il parvint à la regarder franchement dans les yeux et elle comprit. Quelque chose s’était brisé en lui. Il avait cette douleur qu’elle connaissait, celle que l’on ne parvenait pas à exprimer et qui rongeait de l’intérieur, grignotant chaque parcelle d’espoir et de bonheur. Elle connaissait cette abîme de noirceur. Elle avait tué sa sœur, peu importe les circonstances atténuantes qu’elle se répétait en boucle. Ils n’avaient pas la même histoire, pas les mêmes blessures mais elle refusait de voir souffrir Ćiro. Ancrant son regard au sien, elle tenta de prendre une voix calme et posée, cachant le tumulte intérieur qui faisait rage et réfrénant son impulsivité. « Tu mens. » Elle espérait ne pas se tromper. Elle espérait qu’il ne pensait pas vraiment ce qu’il disait. « Tu peux essayer de me repousser Ćiro. Mais sache une chose, je ne t’abandonnerais pas. Peu importe si tu ne veux pas de mon aide et même si tu ne m’aimes pas, je ferais avec. Mais je refuse de te regarder souffrir sans rien faire. » Une larme solitaire coula le long de la joue d’Hécate, qu’elle essuya rapidement. Ce n’était pas le moment d’être faible, pas face à Ćiro qui semblait au plus bas. Elle se rapprocha de lui, prête à reculer s’il la repoussait. « Tu as été là pour moi, c’est à moi d’être là pour toi. » Levant les yeux vers lui, Hécate leva la main pour caresser sa joue barrée de la cicatrice tout en craignant qu’il n’arrête ton geste. Le choix lui appartenait, il pouvait décider de la rayer de sa vie. Mais il savait désormais qu’Hécate n’abandonnerait pas si facilement.

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le Dim 14 Avr - 16:35
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