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˜˜˜˜˜˜After the storm (Jonas)
maybe life should be about more than just surviving


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12/10/2018 Lux Aeterna Murphy Cavendish 187 Zazie Beetz Lux Aeterna (vava, sign, gifs) Forgeronne et orfèvre (joaillière) Athna 502


Sujet: After the storm (Jonas)
Sam 24 Nov - 19:35



after the storm

Nuna Cortez & Jonas Webber

(27 avril 2118 / intrigue entre les Débarqués et les Terriens du Nord)


Elle n'avait aucune idée des raisons de sa présence ici. Ici, en retrait, derrière touts les autres, à regarder les présentations et négociations de loin, si. Ici, au village pikuni, face aux Débarqués et à écouter tout le monde faire l'état des dégâts endurés pendant l'hiver et le cyclone duquel il s'était accompagné, pas du tout. Elle avait voulu être courageuse, vaillante, représenter les siens, alors elle s'était persuadée d'être et d'être capable tout ce qu'elle n'était pas et tout ce dont elle ne serait jamais capable. Elle faisait partie des rares personnes qui étaient venues sans armes, d'ailleurs, et on l'avait regardée d'un drôle d'air hébété quand elle l'avait confié à ceux postés à l'entrée du village, chargés de les récupérer. C'était un premier signe qu'elle n'avait pas sa place ici, mais ce n'était vraiment pas le dernier.

A regarder tous ceux qui se reniflaient, tentaient de communiquer, de partager et de s'apprivoiser, Nuna se sentit particulièrement hors de propos. Se tordant les mains contre le mur d'une petite maison, elle n'arrivait pas à s'avancer, ne serait-ce que pour grappiller un truc à manger sur l'une des tables de buffets installées pour accueillir les invités. Elle se mordillait les lèvres, observait les autres en espérant devenir invisible, n'attendait que la fin des événements. Qu'est-ce qu'elle faisait là ? Un élan de courage qui n'avait jamais existé, et le besoin d'être aux côtés des siens dans un moment aussi important. Au loin, là où tout se jouait, elle avait repéré @Isdès Hakantarr et ne pouvait s'empêcher de redouter que quelque chose lui tombe dessus -la maladresse d'un Débarqué ou une hache bien acérée, un truc de ce genre. Les choses semblaient calmes, par là-bas, mais tout était en ébullition. Les invités et les hôtes se mélangeaient, comme pour montrer toute leur bonne foi et leur motivation à changer les choses. Si elle voulait changer les choses, Nuna ? Elle ne le savait pas trop bien. Elle voulait ce que les siens voulaient; elle, de son volcan, ça ne lui changerait sûrement pas grand chose. Ce qu'elle voulait par-dessus tout, c'était écarter au maximum le moindre risque de litiges qui pourraient mener à des combats, à des guerres, à des morts par dizaines. Elle craignait qu'un incident aujourd'hui puisse mener à ce genre de cauchemars, mais elle espérait de tout son cœur qu'il conforterait chaque parti dans ses idées qu'ensemble, c'était mieux que les uns contre les autres. Elle n'était pas dupe ou stupide : elle savait qu'elle ne servait à rien. Elle n'était pas téméraire, pas grande parleuse. Lorsqu'elle quittait son volcan, c'était aux autres qu'elle s'en remettait. C'était eux qui savaient au mieux gérer l'étranger et la diplomatie que la plupart des rencontres pouvait nécessiter. Si elle était là, c'était parce qu'elle ne pouvait pas ne pas être là. Elle ne pouvait pas ne pas assister à un moment si important, peu importe la tournure que devaient prendre les choses. Mais elle restait en retrait parce que ce n'était définitivement pas le courage qui l'avait menée ici mais la curiosité. La curiosité et l'inquiétude. Son cousin était là, garde rapprochée des chefs, et son père n'était guère plus loin de lui. Il avait été hors de question de voir sa famille quitter le volcan sans les accompagner. Nuna n'acceptait le retrait que lorsqu'il n'en n'était pas tout à fait un et qu'elle pouvait garder un œil sur ce qui se passait, peu importe le sentiment d'impuissance que ça pouvait faire germer dans ses tripes. Alors elle regardait les échanges de loin, cherchant presque à se fondre parmi les pierres du mur auquel elle était adossé. Elle observait plus qu'elle ne se sentait observée et c'était tout ce qui lui convenait. Ce qu'elle faisait là ? En réalité, elle ne le savait toujours pas vraiment. Elle était probablement la présence la plus effacée et inutile pendant ces négociations. Elle n'avait même pas idée de ce qui se disait là-bas, à la table où les choses se construisaient. Tant qu'il n'y avait pas de grands gestes, d'airs effarés ou coléreux, tant qu'aucun cri ne dominait sur les bavardages alentours, alors c'est que tout allait bien -ou en tout cas, pas trop mal.

Il sembla à une ou deux reprises qu'on la regardait, Nuna, alors elle se déplaça, juste de quelques mètres, le regard fuyant. Elle voulait se faire oublier, parce que si on s'adressait à elle, qu'est-ce qu'elle pourrait dire, devrait dire ? Sans s'en rendre compte, la brune avait fini détachée de tout l'attroupement et le regardait d'une distance qui la rassurait, pas loin de là où on avait laissé les chevaux. Son regard vif ne cessait d'observer, pourtant, s'accrochant au moindre mouvement étrange, au moindre rire un peu trop fort. Aux conversations dont elle saisissait des bribes ça et là, elle ne comprenait pas tout; des fois à cause de la distance, d'autres fois parce que son niveau d'anglais se rapprochait de ses capacités à dire non à un enfant qui lui demanderait de raconter une petite histoire -à savoir, presque nul.

Son regard trouva finalement une flèche au milieu de ce calme. Un jeune homme venait de se glisser hors des groupes et se dirigeait vers elle -vers les chevaux, peut-être, vers l'entrée du village. Elle se redressa, les mains toujours nerveusement liées devant elle, et chercha à capter son regard en fronçant très fort le sien. « Eh... psst... » Elle fit un pas un en avant pour l'apostropher en cours de route, un main levée en l'air comme si elle voulait lui saisir le bras pour être sûre de le retenir. « Yu na nou bants ! » Et la voilà, vivante alors qu'elle aurait voulu demeurer inanimée tout le temps, fondue à son mur. Il lui fallut quelques secondes pour se rendre compte qu'elle venait d'apostropher quelqu'un de l'autre parti, et que c'était loin d'être la chose la plus maligne qu'elle aurait pu faire aujourd'hui. « Tu... pas... aller... ! » tenta-t-elle, plus qu'hésitante, le sang lui montant aux joues alors qu'elle cherchait à minimiser l'impulsivité de son geste. Elle eut un mouvement de recul, plus assimilé à une forme de respect qu'elle essayait de prouver qu'à une réelle méfiance. Ses deux mains se retrouvèrent devant son bas-ventre, signe de l'effacement qu'elle cherchait à retrouver. « Tu... manger ! » Elle désigna avec un petit sourire gêné une table de banquet à une dizaine de mètres de là, comme l'argument imparable qui allait le faire retrouver le reste du groupe. Les choses devaient bien se passer, c'était une obligation. Peu importe ce qui pouvait se construire aujourd'hui, rien ne devait être détruit, pas même pas une petite maladresse, pas même par le geste volontaire de quelqu'un qui voudrait foutre la merde là elle n'avait plus sa place.

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26/06/2018 ELOW ; DEVOS, ĆIRO & IRINA ; 111 GEORGE MACKAY ; ELOW ; JARDINIER & CUEILLEUR, VOUS LE TROUVEREZ AUSSI SOUVENT PRÈS DU GRAND FEU (IL AIME S'EN OCCUPER). 78
— BETWEEN TRUTH AND WEAKNESS


Sujet: Re: After the storm (Jonas)
Mar 27 Nov - 22:17



after the storm
27 avril 2118

Oh non, il n’aurait pas dû venir. Oh non, non, non. Alors que les autres le quittent petit à petit, Jonas se sent ralentir. Il se fige presque sur place alors que la foule grandis. Chacun trouve un peu sa place, discute avec d’autres, écoute attentivement des informations qui échappent complètement au garçon. La seule raison de sa présence, c’est parce que son petit potage a subi des dégâts et que, pour une fois, lui aussi, il veut participer à quelque chose. Lui aussi, il veut trouver une solution pour ne pas se retrouver sans rien à cultiver. Lui aussi, il veut faire entendre sa petite voix. Sauf qu’il aurait très bien pu laisser les autres le faire à sa place, comme toujours. Très vite durant la marche, il désire retourner dans son petit espace tranquille. Dans sa zone de sécurité. Premièrement parce que le chemin vers le village, il ne l’a jamais pris auparavant. Il traîne donc des pieds, étant l’un des derniers à fermer la marche. Il hésite tellement qu’il regarde trop derrière lui et, qu’il manque de perdre l’équilibre face à une racine surprise. Vraiment, quel crétin. Il ne représente pas les siens, il est tellement loin d’être un exemple… Sauf qu’il est trop tard pour faire marche arrière, alors il résiste à ses envies et suit le mouvement essayant le plus possible que ses épaules ne touchent personne. Le moindre effleurement le fait sursauter, comme une bête qui n’est pas à l’aise. Évidemment, il n’a pas d’arme. Jamais. Il s’est encore coupé en essayant de déraciner des carottes, une semaine plus tôt. Ridicule.

Il ne lui faut pas plus d’une minute pour étudier la situation, ne pas la supporter, et s’écarter. Une minute. Rien à faire, il n’est pas captivé par les échanges, ni par le buffet. Peut-être que s’il fait le tour du village, il pourra trouver des indices sur leurs façons de faire ? Un champ ou des cultures ? Peu importe ? Est-ce qu’il peut ? Aucune idée. Les bras croisés, le dos collé à un arbre, il espère que les branches le préservent d’être remarqué. Comme si une ombre peut avoir un tel pouvoir, il peut rêver. D’ailleurs, c’est sa spécialité. Il n’écoute plus rien et se laisse envahir par sa curiosité vis-à-vis des… c’est quoi leur nom déjà ? Pikoni ? Pikani ? Pikachu ? Ce n’est pas important. Il regarde une petite pousse à ses pieds et regrette d’avoir mis ses chaussures. Quand il fera plus chaud, il pourra de nouveau marcher et sentir la terre. Ce n’est qu’une question de jour encore, il fait meilleur et Jonas adore cette saison où tout, autour de lui, reprend vie. Il regarde la feuille et le la fleure dont les pétales sont encore renfermés sur elles-mêmes. Peut-être que s’il regarde attentivement, il pourra la voir éclore. Ce serait tellement magnifique ! Soudain, un Terrien passe devant lui, grignotant quelque chose et parlant dans une langue étrangère. Il écrase la petite fleur et poursuit sa route, accompagné d’autres grands hommes. Ils sont grands, ils sont plutôt puissants et effrayants. Pourtant, tout ce que Jonas retient, c’est l’action de cette inconnue. La pauvre petite plante est toute écrasée, anéanti par les pas d’un géant. Étrangement, il se sent alors lui-même écrasé par ce si grand nombre de personne. C’était trop stupide de sa part de croire qu’il pourrait, aujourd’hui plus qu’un autre jour, dire quelque chose. Alors, un peu dans la panique, il cherche à s’en aller. Il sait pourtant qu’il risque de se perdre à chercher le campement, n’ayant aucun sens de l’orientation, mais qu’il advienne que pourra. Peut-être qu’en restant aux alentours, @Andrew Harrington pourra le retrouver lorsqu’ils s’en iront tous ? Oui, voilà, mais d’abord, Jonas doit respirer et pour ça, il doit partir.

Ce qui est bien, c’est qu’il passe parfaitement inaperçu. Qui se soucie d’un pauvre gamin comme lui ? Personne. Avec sa tête de chien battu, il donne l’air d’avoir encore seize ans et aucune expérience. Surtout, ceux qui croisent son regard a tendance à vite chercher quelque chose de plus intriguant. Il fait pitié, Jonas. Pour une raison qu’il ignore, il voit ce monde avec des yeux tristes. Des yeux qui en ont trop vus et qui ne sont plus capable d’admirer grand-chose en dehors de la simplicité de la nature. Ni une, ni deux, il file. Il trouve une direction à l’opposé des autres et s’avancent. Si les Pikunis l’ont laissé entrer, sortir ne doit pas être si compliqué. Oui, voilà. Sauf qu’une femme lui barre si soudainement la route que Jonas bondit en arrière, les yeux plus ouverts qu’il ne le devrait. Choqué, il reste sans voix, incapable de bouger, incapable d’articuler le moindre mot. Que dire, de toute façon ? Il regarde alors autour de lui, le cœur lourd. Où est @Charlie Solomons pour l'aider ? Le rassurer ? Lui dire que ce n'est rien, qu'il ne va rien se passer. Ses yeux rougissent d’inquiétude, alors que la femme s’éloigne à son tour. Sans doute, s’est-elle rendu compte de l’impact que ça avait eu sur lui ? Peut-être peut-elle voir maintenant qu’il est au bord des larmes… oui, si vite, pour si peu. Son regard se pose vers la table qu’elle désigne et, pendant une seconde il l’observe.

« Je n’ai pas faim. » Il se demande alors si, plutôt que de lui dire de manger, elle ne lui demanderait pas de lui ramener quelque chose alors. Il hésite, fait un pas en avant, puis un pas en arrière, se gratte la tête, marmonne des mots que lui seul entend puis se décide. Il se retourne, se dirige vers la table, attrape quelques aliments dans ses mains, puis retourne face à l’inconnue. Il lui tend alors ses deux mains et les ouvrent. Peut-être qu’elle a faim et que cela suffira à le laisser passer. Il regarde alors ce qu’il a apporté, puis avoue : « Je ne sais pas si c’est bon, mais si tu veux manger… »


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Sujet: Re: After the storm (Jonas)
Sam 1 Déc - 1:21



after the storm

Nuna Cortez & Jonas Webber

(27 avril 2118 / intrigue entre les Débarqués et les Terriens du Nord)


Sur le chemin du village pikuni, Nuna n'avait pas pensé une seule seconde à faire demi-tour. Ce chemin, elle le connaissait par cœur; elle l'avait fréquenté de jour ou de nuit, pas beaux temps et temps apocalyptiques. Lorsqu'elle se décidait à quitter son volcan, c'était l'un de ceux qu'elle empruntait le plus souvent. Et ce jour-là, malgré les enjeux des prochaines heures, ne changeait rien à la donne. Elle n'avait pas réfléchi bien longtemps, quand on lui avait annoncé cette rencontre. Il avait suffi qu'elle comprenne que son père et son cousin seraient de la partie pour entériner sa décision. Même si sa présence avait un intérêt plus que limité, son absence était hors de question. C'était étrange, pour quelqu'un de nature aussi tempérée et inquiète qu'elle pouvait l'être; mais c'était instinctif. Pas une seule fois, entre l'annonce de la rencontre et ces longues minutes passées en retrait du rassemblement, Nuna n'avait considéré que sa décision puisse être une erreur. Mais postée contre son mur de pierres, elle n'avait maintenant d'autre choix que de constater toute sa passivité et la crainte qu'elle avait de la tournure que pourraient prendre les choses. Les laisser entièrement entre les mains d'autres personnes, c'était à la fois le soulagement de n'avoir à prendre aucune responsabilité, et l'angoisse de laisser une part de son avenir à quelqu'un qui n'était pas soi-même.

Ce n'était pas de l'ennui ou de la lassitude qu'elle ressentait, c'était une forme latente d'inquiétude qu'elle percevait à peine, juste quand elle comprenait que sa mâchoire serrée n'avait rien d'habituel. Elle se redressait alors contre son mur, se raclait la gorge, se forçait à observer ailleurs que là où tout se passait et où leur avenir à tous se dessinait sans qu'elle ne parvienne à en voir les premières teintes. Mais les minutes défilaient et elle finissait toujours pas retrouver le groupe au loin, par contracter la mâchoire d'angoisse, par froncer les sourcils pour essayer de percevoir l'imperceptible, essayer d'envoyer un optimisme sans fin à des diplomates qui étaient bien loin de ces choses-là, eux qui affrontaient le concret pour avancer, vraiment. Nuna, dans son coin, ne pouvait s'empêcher d'attendre et d'espérer une fin. Le temps défilait sans qu'elle ne sache réellement s'ils s'agissaient encore de minutes ou déjà d'heures; elle voulait juste que le groupe se disperse, lire des sourires et le soulagement sur les visages de ceux qui étaient au cœur des négociations. Lorsqu'elle parvenait à voir le visage d'Isdès ou de son père, qui jouaient à cache parmi la marée humaine, elle essayait de lire dans les expressions qu'elle connaissait par cœur un quelconque indice sur la tournure que prenaient les choses. Plusieurs fois, Nuna se surprit à se demander si elle n'aurait pas sa place, là-bas, même en retrait. Peut-être qu'elle pourrait se glisser au milieu de tout ce beau monde et qu'on ne la remarquerait pas; elle était assez effacée pour ça. Mais elle savait aussi que se glisser au cœur de l'action, c'était prendre le risque de tout faire déconner. Et Nuna n'avait pas assez confiance en son éloquence ou à son aisance pour prendre de tels risques. Il y avait des gestes qui pouvaient être mal perçus, des sourires qui pouvaient être malvenus, des réactions qui pouvaient être maladroites, des mots qui pouvaient être mal choisis -d'autant plus lorsqu'il n'appartenaient pas à sa propre langue. Nuna ne se faisait pas assez confiance pour prendre de tels risques. Il y avait des gens, de toutes les parties, qui en faisaient leur fer de lance. Les diplomates vivaient pour ce genre de discussions. Ca les faisait vibrer, sans doute -ce que Nuna ne comprendrait jamais, mais ce qu'elle admirerait toujours. Ce qui lui donnait envie de rejoindre le cœur de l'action, ce n'était pas de faire partie de l'action mais d'en être témoin. Collée à son mur, c'était tout ce qui lui manquait. A quoi pouvait bien lui servir d'être venue si elle n'approchait même pas de la table où tout se jouait ?

Elle n'en avait pas le courage, et elle pestait intérieurement de ne pas le trouver, ce courage. Mais quelque chose bouger et d'un pas pressé, quelqu'un quittait ce centre de tout, passait à une dizaine de mètres devant, s'approchait dangereusement de la sortie du village. Sans se poser une seule question, avec une imprudence qui ne lui ressemblait pas, Nuna fit quelques pas en avant, le bras tendu dans un geste qui cherchait à retenir le fuyard, le regard hurlant la panique qui s'emparait d'elle. Cet homme, elle le suppliait de rester. Parce que si elle avait peur d'éternuer de travers près des adultes, de ceux qui faisaient que tout pouvait arriver, alors qu'est-ce que pourrait déclencher une fuite, un abandon ? Peu importe le côté duquel elle était, Nuna savait qu'il suffisait parfois de pas grand chose pour tout faire déraper. De loin, postée encore à quelques mètres de lui, elle souffla à l'inconnu de ne pas partir, le regard suppliant, faisant appel à tout ce qu'il avait d'humanité en lui. Elle fit encore un pas, puis deux, pour s'approcher de lui, pour s'assurer qu'il ne prendrait pas la poudre d'escampette sans qu'elle ne puisse rien y faire. Mais de qui se moquait d'elle, hein ? S'il continuait sa course vers la sortie, elle ne lui sauterait pas dessus pour le retenir. Elle le regarderait partir, paralysée, n'oserait pas crier de peur d'attirer l'attention de ceux qui pouvaient peut-être encore passer à côté de cette maladresse. Ce n'est que lorsqu'il s'immobilisa, à quelques pas d'elle, qu'elle comprit que ce n'était pas sa langue qu'il parlait. Et Nuna puisa dans toutes ses ressources pour parvenir à articuler quelques mots d'un language qu'elle était loin de maîtriser. Lui, il la regardait d'un drôle et elle ne savait plus vraiment quoi dire. Il avait l'air effaré -aussi effaré qu'elle. Ils s'observèrent en chiens de faïence pendant quelques secondes et Nuna, polie, inquiète, se décida à faire un pas en arrière. Elle allait merder, elle avait merdé, peu importait. Tout ça ne sentait pas très bon, et c'était de sa faute. Il lui répondit quelque chose d'une petite voix et Nuna le regarda, interloquée, bouchée bée, cherchant en repassant la phonétique de sa phrase en boucle si elle pouvait y déceler un mot connu, mais rien. Elle ouvrit et ferma la bouche plusieurs fois, se sentant plus bête que ça avait été le cas depuis un bon moment. « Je... pas... connaître... tu... » De l'index, elle désigna ses lèvres hésitantes pour essayer de lui faire comprendre qu'elle ne comprenait pas un traître mot de ce qu'il disait. Lui ne semblait pas plus dans son élément qu'elle et elle trouva dans ses gestes hésitants quelque chose d'incroyablement humain qui la délesta d'un poids étrange. Elle fronçait les sourcils en essayant de comprendre ce qu'il disait, mais rien à faire. Ils ne se comprenaient pas. « Tu... pas... aller... » Bornée, de pouce, elle désigna à nouveau la sortie du village, à une dizaine de mètres de là, et fit jouer index et majeur dans les airs pour mimer les pas, la marche, le départ, la fuite -quelque chose qu'il pourrait comprendre.

Mais sans qu'elle ne parvienne à le retenir ou à savoir si elle voulait le faire, Nuna le vit faire volte-face pour retourner du côté de là où tout se passait. Soulagée, persuadée que la mésaventure s'achevait là, elle se recula de quelques pas pour retrouver son mur et se sentir respirer à nouveau. Peut-être que son geste avait été un petit acte héroïque à lui tout seul -ou peut-être qu'ils avaient frôlé la crise diplomatique à cause d'elle. Un peu perdue dans ses pensées, Nuna ne réalisa pas tout de suite que l'homme était un boomerang et qu'il s'apprêtait à revenir à la charge. Elle se décolla à nouveau de son arbres et ses bras croisés tombèrent le long de son corps alors qu'elle le regardait s'approcher et dévoiler quelques fruits qu'il venait de cueillir sur l'une des tables du banquet. Les lèvres ouvertes comme si elle cherchait ses mots, elle cligna plusieurs fois des yeux, totalement perdues. « Non » répondit-elle plus sèchement que ce qu'elle se serait permis dans sa langue natale. « mer...ci ? » Son regard se faisait fuyant, comme si elle cherchait la moindre aide extérieure pour l'extirper de cette situation délicate. Elle n'était pas faite pour ça. Elle allait gaffer, il allait partir et faire un scandale, et elle aurait une guerre sur la conscience. « Toi ? » Elle le désigna encore de son index, comme pour lui demander pourquoi il ne mangeait pas, lui, et répéta une ultime fois, comme une supplique : « Tu pas aller ! »

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