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Gen Deng
DATE D'INSCRIPTION : 04/10/2014 PSEUDO/PRENOM : neko MULTICOMPTES : Eirik Thorvald, Skylar Rees, Leary Wrath, Cyd Raye MESSAGES : 1428 CELEBRITE : Godfrey Gao COPYRIGHT : AVENGEDINCHAINS.(avatar), tumblr (gif), northern lights.(code signature) METIER/APTITUDES : cavalier, archer TRIBU : Athna POINTS GAGNES : 17
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Les explorateurs du dimanche | Nuna Empty Les explorateurs du dimanche | Nuna

le Jeu 22 Nov - 10:33
Des rumeurs circulaient, des esprits habiteraient le phare abandonné sur des terres bien loin de la montagne. Gen avait entendu ces rumeurs lors d’un de ses voyages et avait fait un pari fou avec lui-même, allez voir cela. Sauf qu’il ne voulait pas aller seul et c’était pour cela qu’il toquait à la porte de la maison de Nuna. Une amie d’enfance très importante pour lui. Ils avaient traversé bien des années ensemble, mais aussi des épreuves. Nuna n’était pas la personne la plus courageuse du village, mais Gen avait envie de partir avec elle, de lui faire découvrir l’extérieur. Ce fut ainsi qu’il fut chez elle et à dire ceci ; « tu verras, je serai avec toi et ce sera super ! » Et qu’il se retrouva à lui préparer une monture, en plus de Yuki qui attendait sagement son départ. Il n’avait pas parlé des esprits, elle ne le suivrait jamais s’il venait à dire cela. Non, elle aurait trop peur et il la comprendrait. Mais Gen voulait la convaincre que sortir était une bonne chose. Ils sortaient à peine de la montagne, que le cavalier se dit qu’il devrait être un bon parleur pour l’empêcher de fuir. « On va faire une sacrée route, mais tu vas voir, on fera quelques pauses. Tu vois, il faut oser parfois. » Il lui fit un sourire des plus angéliques pour tenter de la rassurer. Il savait qu’elle se douterait rapidement que quelque chose ne tournait pas rond. « On peut s’arrêter parmi les pikunis, manger et on en aura encore pour quelques heures. Je veux t’emmener voir les vestiges de l’ancien temps. »

Il espérait qu’elle apprécierait. Ils avaient pris de quoi manger, de la viande de leur montagne, quelques légumes séchés et du pain sans levain. C’était un repas parfait pour tenir malgré les températures. Même si en plaine, clairement il faisait beaucoup plus frais que dans la montagne. Leur montagne si rude qui les forgeait. En plaine, il avait l’impression qu’il faisait chaud et cela lui donnait presque l’impression qu’ils étaient en printemps. Le brun décida de faire une pause non loin des champs des pikunis et partagea ce repas avec Nuna, silencieux. Il réfléchissait encore à comment lui dire que le phare était soi-disant hanté. Oh, il trouverait bien une manière de lui en parler tôt ou tard. « Prête ? On y va ? On sera arrivé avant le coucher du soleil. » Et il avait hâte. Il était impatient comme un petit enfant. Gen remonta en selle, vérifia qu’il avait tout emporté et pressa les flancs de Yuki. Ils devaient passer à travers les bois, traverser quelques bois et longer les marécages. Ils avaient encore de la route, mais Gen était tout excité à l’idée de voir le phare. Son regard foncé pétillait comme s’il arrivait à la période des grandes fêtes et des banquets. Il redevenait un enfant à cet instant. « Je suis content que tu m’aies accompagné. Tu vas devenir une vraie exploratrice. » Dit-il avec toujours son petit air canaille.

Il imaginait mal Nuna en tant qu’exploratrice, mais pourquoi pas après tout ? C’était une piste à explorer. Gen était surtout content qu’ils n’aient pas croisé le peuple du ciel. Même s’il y avait deux tribus du ciel et que le cavalier connaissait certaines personnes de ce peuple, il n’avait pas envie de les croiser. Mais peut-être que les rumeurs avaient attiré des gens d’autres tribus. Il se le demandait bien. Le phare se dessina bientôt au loin, à travers quelques arbres, objet en ruine qui tenait étrangement malgré son état de délabrement. « Impressionnant n’est-ce pas ? J’ai toujours été très curieux des monuments de l’ancien temps. » Il avait visité bien des ruines et c’était posé bien des questions. Ces lieux le fascinaient énormément. Le temps semblait s’être arrêté et Gen descendit de Yuki, commençant à attacher sa jument à l’abri des regards.
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Nuna Cortez
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le Ven 23 Nov - 23:19


les explorateurs du dimanche

Nuna Cortez & Gen Deng


(22 novembre 2118 / intrigue Halloween)


Nuna n'était pas connue pour son courage et ses choix impulsifs. Elle aimait l'exploration, passionnément, mais seulement à travers le prisme des autres. Elle aimait écouter les histoires de ceux qui parcouraient le monde, autant qu'elle aimait en inventer pour elle et pour tous les gamins qui buvaient ses paroles. Mais quitter son village trop longtemps allait à l'encontre de ses aspirations, et quitter ses montagnes était source d'angoisses. Il en fallait beaucoup pour la convaincre de quitter son cocon; souvent, ça passait par la promesse de quelques trésors, d'une pierre ou deux qui inspireraient son imagination débordante. Quand Gen s'était pointé chez elle pour lui proposer de descendre au sud de l'île, Nuna l'avait regardé d'un air dubitatif, était restée silencieuse quelques instants en cherchant par tous les moyens à refuser son offre de la façon la plus polie et respectueuse possible. Il était hors de question de quitter son volcan, surtout maintenant que les premières neiges menaçaient de se pointer. Quand elles arrivaient, il n'y avait rien de plus réconfortant que leur village, les hautes flambées dans les maisons et les fourrures dans lesquelles on se lovait. Mais il avait argumenté, et même bien argumenté, le bougre. Il n'avait pas su accepter un refus trop poli, s'était glissé dans les failles de sa bienséance pour en faire sortir toutes les bonnes raisons pour elle de le joindre dans sa virée.

Elle était faible, Nuna, et la voilà, quelques jours plus tard, aux premières heures du jour, à flatter l'encolure du cheval que Gen avait préparé pour elle. Elle le regarda droit dans les yeux, lui sourit un peu timidement, avec beaucoup de respect, comme à chaque fois qu'elle confiait ses fesses à l'un de ses collègues. Elle lui glissa à l'oreille quelques politesses un peu tendres, de celles que l'on offrait d'ordinaire à des amis d'amis, juste parce que les circonstances donnaient l'impression que l'on était fait pour s'entendre, et que si les choses n'étaient pas évidentes au premier abord, il faudrait les rendre évidentes au second. Pendant un certain nombre d'heures, elle dépendrait de l'étalon. Une telle alliance devait commencer par quelques instants de partage et ne pouvait naître que dans une confiance réciproque. Avec un de ces petits sourires qui éclairaient toujours son visage, Nuna enfourcha enfin la monture et avec Gen, ils quittèrent le volcan. Dans la besace de la brune, de quoi tenir deux journées, voire trois jours si les choses prenant un tournant non planifié. Sur son dos, plusieurs couches de fourrure desquelles dépassaient un visage aux airs peu convaincus. Et derrière elle, déjà, les hauteurs des montagnes qu'ils laissaient pour deux jours.

A Gen, elle répondait par des sourires un peu polis, surtout inquiets. Le froid saisissait les doigts et le visage laissés nus, et si perdre en altitude faisait grimper la température d'un ou deux degrés, s'éloigner de leur foyer engendrait chez Nuna une préoccupation qui ne les valaient pas, ces quelques degrés. Elle le savait, qu'il sentait son inquiétude. Elle pouvait le voir aux regards qu'il lui lançait de temps à autres et surtout aux arguments qu'il continuait d'énumérer, même maintenant qu'ils étaient en route. « Tu oses, je suis. C'est bien aussi ! » Elle tentait l'enthousiasme mais peu convaincue, elle jeta un dernier coup d'oeil aux montagnes qui se dressaient maintenant derrière eux. « Pourquoi le phare ? Pourquoi aussi loin ? » Ses doigts gelés s'agrippaient aux brides de cuir alors qu'elle cherchait le regard de son ami, attendant peut-être un peu malgré elle qu'il lui annonce un changement de plan, pour visiter quelque chose de plus proche, peut-être un marché où elle trouverait une jolie pierre à monter sur un des métaux qu'elle choisirait avec soin plus tard. Elle se pencha finalement par-dessus l'encolure de son cheval pour lui souffler quelques encouragements et releva son regard, étrangement brillant, vers Gen, qui parlait de s'arrêter chez les Pikunis pour prendre une pause. « Tu m'as réservé une surprise au village ? » Du genre : une pierre ? Une turquoise, peut-être, un grenat, une pyrite ? Un saphir, un rubis, une opale ? Des métaux, des métaux précieux ? Peut-être de l'argent ? Ou quelques miettes d'or ?

Mais le voyage, la majorité du temps, restait silencieux. Nuna s'enfonçait dans ses questionnements autant qu'elle les oubliait. Un paysage, une image, quelques collines au loin, le village des Pikunis; tout lui rappelait qu'elle ne sortait pas assez du volcan, que ces visions étaient trop occasionnelles pour qu'elle ne parvienne à s'en satisfaire. Elle faisait entièrement confiance à Gen, peu importent les motivations qui le poussait si loin de chez eux -car il avait un objectif, elle en restait persuadée. « Ca va ? » demanda-t-elle en se délectant du goût de viande qui restait sur ses doigts. Le repas avait été calme et glacial -l'un et l'autre étaient probablement liés, mais Nuna préférait en avoir le cœur net. Pendant qu'ils remballaient sagement leurs affaires, Nuna jeta un coup d'oeil au village au loin. Pas de pierres par ici -et les souvenirs d'une fête estivale lui revenaient vaguement, à la fois brumeux et oniriques. « Tu sais où on va dormir ? » La question, inquiète, fusa alors qu'elle réalisait pour la première fois qu'ils allaient passer la nuit loin de chez eux, très loin de chez eux, et au milieu d'un terrain qu'ils ne connaissaient que trop peu. Chaque chose en son temps, avait-elle pensé jusqu'à présent.

En reprenant la route, Nuna pouvait presque sentir physiquement l'éloignement de son volcan. L'appréhension et l'excitation de la perspective de la découverte gagnaient du terrain à la même vitesse. Elle était contente d'avoir Gen à ses côtés -elle n'aurait guère pu rêver meilleure compagnie pour un voyage dont elle ne savait pas grand chose d'autre que sa seule condition de voyage. C'était peut-être pour cette simple raison d'ailleurs, qu'elle n'avait que peu protesté face aux arguments de son ami et abdiqué si vite. Avec lui, elle se sentait en sécurité. Si elle avait glissé une lame dans ses affaires, c'était pour rassurer ses inquiétudes paniquées et pas une seule seconde dans la perspective de s'en servir. S'ils devaient rencontrer un ou des dangers, elle comptait entièrement sur toutes les capacités de Gen, toutes celles qu'elle n'avait pas et qui la faisaient tant admirer son ami. « Exploratrice ? » répéta-t-elle en lui jetant un regard dubitatif, un sourire en coin. « T'as plus besoin d'enjoliver les choses, je suis venue... » Elle rit une seconde, observant la forêt hivernale qui se dressait à perte de vue, maintenant. Les arbres ici n'avaient pas grand chose à voir avec ce qui tapissaient les hauteurs des montagnes. Les résineux avaient laissé place aux arbres à feuilles caduques, nus en cette période de l'année. Leur maison était désormais bien loin derrière eux, et Nuna n'avait plus guère de choix que d'accepter que leur destination puisse valoir un tel sacrifice. « Je suis contente d'être avec toi, moi aussi. » Mais d'être ici ? Peut-être pas tant. Trop de mystère entourait encore cette envie qui animait l'Athna. Au moins, Nuna se considérait chanceuse du calme qui accompagnait leur déplacement. Ils n'avaient croisé personne -les temps étaient peut-être trop frileux pour ça. Elle resserra sa fourrure sur ses épaules et ses doigts sur les brides alors que déjà, au loin, entre les arbres, se dressait le vieux monument. La voix fascinée de Gen la fit fixer un peu plus les vieilles pierres, comme si elle attendait qu'il en sorte un arc-en-ciel, ou n'importe quoi qui justifierait un tel voyage. « T'es déjà venu ici ? » Les chevaux continuaient de dépasser arbres sur arbres et lorsque les deux amis les eurent tous laissés derrière eux, Nuna se décida à descendre de son allié à quatre pattes. Elle pouvait entendre l'océan non loin de là caresser violemment les côtes rocailleuses. C'est d'elles qu'elle s'approcha en premier, faisant doucement suivre son cheval, dominant la mer en contrebas des roches. Elle avait laissé le phare à sa gauche. La mer, ici, semblait à la fois incroyablement semblable et bizarrement différente de celle qu'ils connaissaient là-haut. « Qu'est-ce qu'il a de si exceptionnel, ce monument ? Il cache des pierres précieuses ? » Glissant un regard interrogatif par-dessus son épaule, Nuna se décidait doucement à se laisser porter par les motivations de Gen, quelles qu'elles puissent être. « Tu veux monter ? On laisse les chevaux ici ? » Et un bref regard désolée à la bête qui l'avait portée toute la journée. La bruine et le sel de la mer rendaient l'endroit plus inconfortable que ne l'avaient jamais été les plages du nord. Ici, pas de soleil; juste un drôle de gris qui enveloppait tout et un froid qui saisissait les os des visiteurs.
Gen Deng
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le Jeu 3 Jan - 21:15
Gen ne savait pas combien de temps ni même s’il arriverait à se taire suffisamment longtemps sans rien dire. Il ne préférait pas dire toute la vérité car il était convaincu que Nuna partirait en courant. « Il paraît que le coin du phare est sympa. » Il mentait un peu, il s’en voulait, mais tint bon. Gen sentait bien que Nuna ne voulait pas aller trop loin et il avait comme l’impression qu’elle allait se transformer en glaçon sur son cheval. « Pas que je sache. » Et il aurait peut-être dû. Il voyait bien son regard briller en pensant à quelque chose. Gen n’osa pas demander quoi car il n’avait rien prévu d’acheter à l’aller. Peut-être au retour, pour la féliciter de son courage. Ils s’arrêtèrent pour manger et la voix de Nuna résonna. L’archer se fit la remarque qu’il était bien trop silencieux, mais c’était une sale habitude qu’il avait pris au fil des voyages solitaires. « Oui et toi ? Tu n’as pas trop froid ? » Quelle idée il avait eu de la sortir du volcan en cette saison. Ils avaient beau avoir froid dans leur montagne, dedans, il faisait moins cru qu’ici où le vent balayait la plaine. Gen n’avait pas pensé à une chose, où dormir. Il s’était dit qu’ils dormiraient bien tard compte tenu du fait qu’ils profiteraient de la nuit pour explorer le phare. « On trouvera bien, mais on dormira dehors, cela va aller. » Ils étaient élevés à la dure, dormir dehors ne risquait pas de faire peur à Nuna, non ? Peut-être l’avait-il sous-estimée.

Peut-être bien finalement. Il tenta de rester calme pour ne pas inquiéter son amie qui avait un tempérament si différent du sien. Le cavalier tenta de la détendre en disant qu’elle deviendrait une vraie exploratrice. Il vit bien son regard, mais n’en perdit pas son sourire. « Je suis content que tu sois venue alors. C’est beaucoup pour toi, je le sais. » Il préférait le souligner pour qu’elle sache qu’il savait tout le courage dont elle faisait preuve. Le courage était important chez les athnas et elle faisait parti de leur fière tribu la petite Nuna, même si elle n’était pas si petite. Il fut touché quand elle lui dit être contente d’être ici avec lui et Gen lui sourit. C’était sa manière de dire merci compte tenu du fait que pour lui, dire merci était très difficile. « Oui, mais il y a très longtemps et je n’étais pas entré dedans. » Il avait juste regardé de loin, très méfiant à l’époque. Aujourd’hui, Gen avait changé d’avis et avait envie d’explorer plus en profondeur le phare. C’était probablement fou de sa part, mais tant pis. Il avait envie d’essayer. Normalement, ils ne risquaient rien.

Ah voilà, elle lui demandait pourquoi c’était exceptionnel ici et Gen se dit qu’elle méritait de savoir. Il s’appuya contre Yuki alors qu’il voyait Nuna proche de la mer. Risquait-elle de se jeter à l’eau par peur ? Il espérait bien que non. « Non pas de pierres précieuses. Il paraît que des esprits rôdent. » Et c’était mentir que de dire que son regard brillait, vraiment curieux. « On ne risque rien. » Il l’espérait du moins, mais normalement cela devrait aller. C’était ce qu’il se disait. Il regarda les chevaux alors que clairement, Nuna ne semblait pas prête à laisser sa monture. « Ils ne risquent rien et ils nous avertiront si quelque chose ne va pas. J’ai toujours laissé Yuki et regarde-la, elle n’a pas l’air bien ? » Il flatta sa monture. Oui il avait toujours laissé sa fidèle Yuki, celle qui représentait le passé de sa vie d’avant perdu depuis plus de dix ans. Une bonne étoile veillait sur elle. Gen espérait que Nuna n’allait pas se dégonfler et venir avec lui. Il ne savait pas comment la retenir à dire vrai. « Tu n’as pas fait tout ce chemin pour rester ici, n’est-ce pas ? J’ai besoin de toi. » Clairement, il la prenait par les sentiments, mais qui ne le faisait pas ? C’était un peu déloyal ce qu’il faisait, mais il tentait le tout pour le tout.
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Nuna Cortez
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le Jeu 10 Jan - 23:18


les explorateurs du dimanche

Nuna Cortez & Gen Deng


(22 novembre 2118 / intrigue Halloween)


Sur le trajet, Nuna avait eu tout loisir d'être déchirée entre fierté d'avoir quittée le volcan, crainte du voyage et de ce qu'ils comptaient trouver si loin de chez eux, et joie de ce tête-à-tête avec son ami. Elle passait de longues minutes calmes et silencieuses à admirer le paysage qui défilait, puis s'inquiétait quelques temps de ce qu'ils étaient censés trouver en fin de parcours. Quand elle pensait à des petites récompenses matérielles, Nuna ne se mettait pas le doigt dans l’œil : elle savait qu'aucune pierre précieuse ne l'attendrait au bout du chemin. Ils ne faisaient pas une chasse au trésor -sinon, Gen aurait sans conteste commencé par ce seul argument lorsqu'il l'avait invitée à le joindre dans cette aventure. La perspective de jolies pierres ou de majestueux métaux était probablement l'un des seules arguments qui pouvaient la pousser hors de son volcan sans que quiconque n'ait à lui donner un coup de pied au cul. Mais Gen le lui avait confessé : pas de trésor à trouver lors de leur halte au village pikuni, mais pas plus de trésor à trouver une fois leur destination atteinte. La destination était-elle le trésor lui-même ? Le plan semblait de plus en plus décousu, et un frisson parcourut l'échine de la brune lorsque son ami annonça l'air de rien qu'il n'avait pas de plan pour passer la nuit. Dormir dehors, Nuna n'aimait pas tellement ça. On était à découvert, totalement soumis au hasard et à quiconque passerait par là pendant qu'on piquait un somme. Nuna était de ceux qui dormaient comme des masses ou ne dormaient pas du tout. La condition sine qua non pour qu'elle puisse tomber dans les bras de Morphée était le sentiment de sécurité. Il était maximal lorsqu'elle dormait chez elle, avec le feu crépitant dans la cheminée un peu plus loin. Dès qu'elle quittait ce cocon intime et rassurant, il devenait plus difficile pour elle de trouver le sommeil. Seul l'alcool pouvait parer à cet inconfort, mais ces nuits-là étaient loin d'être les plus ressourçantes. Et de l'alcool, Nuna était à peu près sûre que Gen n'en avait pas caché dans ses affaires. Elle voyait déjà se profiler la nuit blanche au clair de lune.

Elle essayait de s'inspirer du calme de Gen. Les voyages aussi longs, lui devait y être habitué. Et avec ça, aux nuits solitaires en pleine nature, sans aucune autre protection que ses sens restés à l'affût, même quand il dormait. Comment pouvait-on faire ça ? Pouvait-elle se laisser reposer entièrement sur son ami ? Ne serait-ce pas à la fois déshonorable, ridicule et puéril de porter cette responsabilité sur quelqu'un d'autre qu'elle-même ? « N-non... » souffla-t-elle en espérant à demi qu'il ne l'entende pas essayer de défendre le peu d'honneur qu'il pouvait rester à quelqu'un d'aussi trouillard qu'elle. Bien sûr que oui, c'était beaucoup pour elle, de quitter son petit nid douillet -et spécialement en ce mois de décembre, alors qu'on préférait de loin se lover au coin d'un feu de cheminée ou de l'âtre d'une forge. De toute façon, tout était vite beaucoup pour elle. Mais rester enfermée dans sa zone de confort ne la rendrait jamais heureuse. Partagée entre le besoin de ses habitudes et celui de s'en échapper, Nuna se retrouvait souvent forcée par sa conscience à changer les choses, à aller un peu plus loin dans ses habitudes, juste un tout petit peu plus loin. Il était trop facile pour elle de refuser les aventures qui promettaient les complications. A rester dans ses zones de confort, Nuna ne risquait pas grand chose. Pour qu'elle aille plus loin, il fallait souvent s'accrocher, bien argumenter, lui tenir la main. Gen était de ceux qui avaient bien compris comment elle fonctionnait. S'il insistait, c'était parce qu'il la connaissait. Leurs fonctionnements étaient aux antipodes l'un de l'autre mais ils se comprenaient. Quand il lui disait qu'il avait conscience que c'était beaucoup pour elle, il n'y avait aucune condescendance. La condescendance que Nuna entendait, c'était elle qui l'inventait. Ou qui la retranscrivait pour tous ceux qui n'étaient pas là mais n'auraient pas manqué de l'exprimer à la place de son ami. « Je veux pas paraître malpolie, mais je vois pas ce que tu lui trouves, à ce phare... » Le bâtiment circulaire se dressait devant eux et Nuna essayait bien de comprendre ce qui pouvait avoir tant donné envie à Gen de traverser le continent. C'était un aventurier, mais quand même... on aventurait jamais sans raisons valables, n'est-ce pas ? Et est-ce que ce phare était vraiment une raison valable ? Il était curieux, mystérieux, plutôt charmant si on s'intéressait aux vieilles pierres qui appartenaient aux temps anciens et racontaient des histoires révolues. Il était entouré d'une atmosphère automnale à en coller des frissons de peur aux plus courageux. Alors en s'avançant vers la mer, son cheval à suite, Nuna essayait de comprendre les motivations de Gen. Pas de pierres précieuses, précisait-il. Elle aurait peut-être eu le temps d'être un peu déçue s'il n'avait pas ajouté que les esprits rodaient. Elle se tourna subitement vers lui, les yeux écarquillés, serrant un peu plus la bride de son cheval sans s'en rendre compte. On ne risque rien, on ne risque rien ? Au regard qu'elle lui lançait, il était évident qu'elle n'accrochait pas à cette tentative de la rassurer. « On rigole pas avec ces choses-là, Gen... » Il lui sembla soudain entendre un bruit à l'intérieur du phare, et elle tourna le nez sur sa droite, guettant le mur de pierres érodées par le temps comme s'il saurait lui dire ce qui se passait à l'intérieur. « Je... je suppose qu'ils seront mieux dehors qu'on le sera dedans... » Elle avala sa salive avec difficultés, le regard sévèrement froncé par l'inquiétude. Gen voulait rentrer à l'intérieur du phare, et il argumentait plutôt bien. En fait, elle n'était pas venue ici pour chasser les esprits ou visiter un vieux bâtiment. Si elle était venue ici, c'était pour son ami. Mais il marquait un point : rester dehors, c'était rester dans sa zone de confort, éviter l'aventure. Et puis, il usait du meilleur argument de tous, lui prouvant si besoin en était qu'il la connaissait un peu trop. Il avait besoin d'elle. Même s'il mentait, Nuna ne pouvait empêcher son cœur se serrer et sa sensibilité abdiquer. Il savait très bien qu'elle allait être un handicap pour lui, et pourtant, il voulait toujours qu'il l'accompagne à l'intérieur. Rien que pour ça, elle allait combattre toutes les peurs qui la faisaient présentement trembler comme une feuille morte. Sans un mot, la mine un peu déconfite à l'idée de ce qui l'attendait, elle attacha la bride de son cheval à l'arbre le plus proche et, aux côtés de Gen, fit face à l'imposant bâtiment. « Je... j'ai que ça pour me défendre... » Elle dégaina, tremblante, le couteau qu'elle avait glissé à sa ceinture. « Et puis ça sert pas à grand chose face à des esprits... » Du regard, elle le suppliait de passer devant. Au moins ça ! Elle suivrait. Et quand ils poussèrent le reste de porte de bois et s'engouffrèrent à l'intérieur du phare, la première impression de Nuna fut terrorisante. Il fallait que ses prunelles s'habituent à l'obscurité du haut escalier en colimaçon. En attendant, elle était plongée dans le noir. « Gen... t'es toujours là ? » Sa voix raisonna d'une drôle de façon dans l'architecture du lieu, et, sans rien voir, elle chercha le bras de Gen pour gagner un repère.
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le Dim 20 Jan - 21:46
Gen ne voulait pas déshonorer Nuna et la mettre en porte à faux. Il préférait l’encourager et ne pas relever les signes qu’il voyait qu’elle n’était pas si à l’aise. Mais après tout, n’était-ce pas à lui de l’encourager un peu ? De toute manière, il ne tolérait pas si quelqu’un venait à la juger, il la défendrait. Bien entendu, elle ne trouva pas ce qu’il trouvait au phare. Avec le soleil couchant, le lieu avait plus l’air hanté qu’accueillant. Clairement, l’immensité de pierre tombait en ruine et ce n’était probablement pas sans risque. Il décida de pas le dire car il voyait bien que Nuna avait déjà bien peur. Peut-être en dit-il trop, peut-être bien. Quand il parla des esprits et du fait qu’apparemment, certains avaient été vu ici, mais qu’ils ne risquaient rien. Il grimaça légèrement en voyant la tête de son amie. Serait-elle capable de l’engueuler car clairement, il dépassait les limites ? Il préférait ne pas vraiment y penser. « Je sais qu’on ne rigole pas avec ça. » Dit-il calmement, mais un poil penaud pour le coup car il ne se sentait vraiment pas malin. Un bruit leur fit tourner la tête et pour ne rien arranger, cela venait du phare. Il se sentit clairement maudit pour le coup. Peut-être que le phare ne voulait pas être visité. Il aurait bien voulu exposer cette théorie, mais le cavalier aurait parié que Nuna en aurait profité pour fuir et il voulait y aller. Il n’avait pas dit toute la vérité. Il cherchait quelqu’un et il espérait que ce phare était une porte ouverte pour cela… Il avait perdu bien des gens dans sa vie et il se disait que si les esprits se manifestaient ici, il pourrait revoir quelqu’un.

Oui les chevaux seraient mieux qu’avec eux dedans et les chevaux étaient des animaux trop sensibles. Quand Gen laissa Yuki et la caressa, il pensa à Enako. Peut-être que la jument sentirait ici son ancienne propriétaire. Nuna montra son arme au cavalier et il ne se sentit pas mieux qu’elle. « Je n’ai qu’une dague et un arc, mais cela ira. » Et en effet, les esprits risquaient de leur rire au nez. Il passa devant elle, décidant de passer devant elle en voyant son regard terrifié. Normalement, cela devrait aller, non ? Le noir les engloba et il se figea quelques secondes avant de reprendre son souffle et d’entendre la voix de son amie. « Je suis là. » Et il sentit une main sur son bras. Lentement, il se retourna, main tendue et sentit des cheveux sous ses doigts. « Nuna, c’est toi ? » Il aurait dû être honnête avec elle et peut-être risquait-il de le regretter. « Je t’ai menti Nuna, désolé. » Vraiment, mais peut-être qu’elle le comprendrait… Il l’espérait de toute son âme. « Si je suis venu ici, c’est parce que je voulais voir Enako. » Sa femme était morte aux premiers mois de vie d’Ephraim, cela allait faire treize ans qu’il était veuf. La douleur était moins forte avec les années, mais elle était là dans un coin de son âme. Son amie allait-elle comprendre sa raison ? Il voulait juste effleurer Enako et lui dire que leur fils allait bien. Il ne doutait pas que des fois, elle les observait, les regardait dans la montagne, mais là et si c’était sa chance de la croiser ?

« Je… Je n’ai aucune excuse. » Vraiment, il avait agi en solitaire, comme d’habitude et avait embarqué son amie dans l’aventure. Nuna avait connu Enako, Enako avait été là depuis l'adolescence de Gen et avait ravi son cœur de jeune archer. Ils avaient eu un fils, s’étaient mariés avant, avaient reçu Yuki comme cadeau de mariage, l’avaient gardé même si elle était déformée par la radiation et Enako était morte. Depuis, la vie de Gen était particulière, il avait à peine vu son fils grandir. Il avait laissé Dai sa sœur et d’autres le gérer, car au début il était furieux, furieux que le petit soit vivant et pas sa femme. Une odeur monta à ses narines et il aurait juré que ce n’était pas l’odeur de Nuna, non, une odeur bien trop familière et lointaine à la fois. Un tressaillement descendit le long de son échine. « Elle est là. » Gen aurait peut-être dû préciser qu’Enako n’était pas son seul fantôme, mais bien d’autres, des gens qu’il avait vu mourir et d’autres, qu’il avait tué, comme un fameux gamin du ciel devenu fou…
Il avait parlé en croyant que c'était Nuna à ses côtés, mais était-ce réellement son amie qui se tenait là ?
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le Lun 21 Jan - 23:30


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Nuna Cortez & Gen Deng


(22 novembre 2118 / intrigue Halloween)


Pendant le voyage, Nuna avait eu tout loisir d'émettre des épisodes sur les raisons qui guidaient Gen si loin de leur foyer à une période pareille de l'année. Mais elle lui faisait confiance, se répétait-elle pour se réchauffer le cœur et s'apaiser l'esprit. Pourtant, une fois qu'ils se retrouvèrent devant le phare, la confiance qu'elle avait en lui se retrouva à doucement s'évaporer dans l'air humide de l'océan. Quand il lui avoua qu'il avait entendu parler d'esprits qui peuplaient les lieux, le peu de courage dont elle s'était armée pendant le trajet s'évanouit. On ne rigolait pas avec ça, dit-elle un peu trop abruptement. Et puisqu'il confirmait qu'il ne plaisantait pas, Nuna se recroquevilla un peu sur elle-même, redoutant les prochaines heures et pire encore, la nuit à venir. On ne rigolait vraiment pas avec les esprits. Ils étaient capables du meilleur comme du pire. Elle ne voulait pas finir embrochée sur une vieille tige de fer parce qu'elle s'était trouvée au mauvais endroit au mauvais moment et en mauvaise compagnie.

Un bruit la fit sursauter, non sans tendre à confirmer les ouï-dire qui étaient parvenus à Gen. Et lui, il voulait rentrer, visiter l'intérieur du phare. C'était bien un truc d'aventurier et de courageux, ça. Elle, ses réflexes lui hurlaient de courir dans la direction opposée, jusqu'à en perdre haleine ou à trouver un refuge protecteur et rassurant. Mais ce n'était pas ses instincts de survie qu'elle devait écouter en cette fin d'après-midi hivernale. Elle avait été là pour honorer Gen et l'amitié qu'ils partageaient; il était hors de question de faire demi-tour, même avec la frousse qui prenait le contrôle de ses pensées. Ses gestes, par contre, elle ne la laisserait pas les dominer. C'était à elle de les dompter et de dompter ses peurs. D'un regard, elle fit ses adieux au cheval qui l'avait portée jusque-là, non sans se demander ce qu'il allait vivre de son côté lorsqu'ils allaient être séparés. Fallait-il mieux rester dehors ou s'aventurer à l'intérieur de la ruine de pierres ? Un peu tremblante, non sans se sentir parfaitement ridicule à prétendre être ce qu'elle n'était pas, Nuna avait dégainé la seule arme dont elle s'était parée pour le voyage. Sa voix seule transmettait tout le doute qui était le sien. Même si elle se persuadait que tous les entraînements qu'elle avait subis pouvaient lui suffire à se défendre, elle n'était pas convaincue que le peu d'adresse qui pouvait lui rester pourrait faire l'affaire face à un adversaire, qui qu'il soit -et spécialement un esprit, qui faisait sans doute partie des êtres les moins sensibles à ce genre de menaces. Et en glissant ses inquiétudes à Gen, elle avait attendu malgré elle qu'il se montre armé jusqu'aux dents et près à les défendre tous les deux si besoin en était. Au lieu de ça, il avoua n'être guère plus équipé qu'elle. Un arc dans un lieu clos comme le phare ne leur serait d'aucune aide, mais au moins, elle pouvait se rassurer en se convaincant qu'il était sans aucun doute meilleur au combat de corps à corps qu'elle ne le serait jamais. Elle préférait ignorer la mine un peu déconfite de son ami, mais c'est d'un sourire un peu forcé et peu rassuré qu'elle lui répondit. D'un regard apeuré, elle l'invita à passer devant elle. Elle était prête à s'aventurer à l'intérieur du phare, mais pas d'y faire le premier pas. Puisque le sien semblait s'être fait la malle quand elle avait compris ce qui les attendait, elle comptait sur le courage de l'homme pour les accompagner tous les deux. C'était donc le frisson de possibles rencontres avec des esprits qui avait guidé les pas de Gen jusque-là ? A quel point avait-il était sérieux en lui présentant les choses de cette façon ?

Dans le noir, Nuna n'était plus très sûre de vouloir savoir ce qui les avait menés jusqu'ici. Elle, c'était Gen qui l'avait menée jusqu'ici; mais indirectement et malgré elle, elle suivait une motivation d'où elle n'était pas encore sûre de tout comprendre et savoir. Bloquée sur une des premières marches de l'escalier en colimaçon, Nuna avait perdu tous ses repères. Elle ne pouvait plus compter sur sa vue, alors elle s'accrochait à ce qui lui restait -littéralement et figurativement. Gen lui indiquait sa présence en lui répondant, et c'est à son tour sa voix qui raisonna dans la haute et étroite cage d'escalier. Nuna tendit sa main pour le trouver devant lui et évaluer les distances, essayer de savoir s'il fallait continuer à avancer, lever la jambe pour attraper la marche suivante ou s'ils marquaient ensemble une pause dans l'obscurité peu rassurante de la prison de pierres. Un autre contact que celui qu'elle avait cherché et trouvé la surprit violemment et elle étouffa un hoquet de peur. « Oui, je crois que c'est moi... » répondit-elle d'une petite voix en suppliant silencieusement son ami de reprendre la progression dans les escaliers. Mais au lieu de bouger, il lui donna une raison de se pétrifier sur sa marche. Mentir ? Voir Enako ? Dans la noirceur des lieux, il ne pouvait pas voir les sourcils qu'elle avait froncés. Son sang s'était glacé en même temps que son cœur s'était enflammé de tristesse pour celui qu'elle avait accompagné malgré elle dans un tel voyage, dans de telles recherches. Enako, elle l'avait connue et aimée. Sans qu'elle n'ait jamais réellement osé l'avouer à son ami, sa défunte femme lui manquait tous les jours. Elle aimait Ephraim pour elle autant que pour Gen. Et quand il ne parlait plus d'elle, Nuna voulait croire que c'était parce qu'il avait accepté, fait la paix avec sa disparition; qu'il s'était relevé et reconstruit. Mais pouvait-on vraiment se relever d'une telle chute ? Pouvait-on vraiment se reconstruire sans la personne qui avait représenté l'une des ancres les plus solides à ce monde ? Gen, il l'avait prise par surprise. Pendant de longues secondes silencieuses, Nuna en oublia toute la frousse que lui inspirait les lieux et les minutes à venir. Elle pensait à Enako, à Gen, à son mensonge et à ses excuses, mais surtout à ce qui l'avait guidé jusqu'ici. Elle avait enfin la réponse qu'elle avait tant attendue, et il lui semblait maintenant qu'elle avait toujours été évidente. Enako n'était jamais très loin de lui et très loin d'eux. Aujourd'hui ne dérogeait pas à la règle.

Le regard baissé dans le noir, comme par respect pour son amie disparue, Nuna chercha silencieusement l'épaule de Gen pour le réconforter. « T'aurais dû me dire tout ça... » Elle souffla, peinée de la nouvelle signification que venait de prendre cette escapade. « Je suis contente que tu aies voulu que je sois avec toi » souffla-t-elle en grimpant sur la même marche que lui pour se dresser sur la pointe des pieds et déposer un baiser sur sa joue. Elle posa finalement son front sur son bras, comme pour lui transmettre tout le courage qu'elle n'aurait jamais soupçonné utile pour ce jour-là. « Tu sais qu'elle est toujours avec toi... » Y avait-il besoin de voyager si loin pour la trouver ? Elle vivait encore dans son cœur, dans son âme et dans tous les souvenirs qu'ils avaient construits ensemble. Elle vivait à travers le fils qu'elle lui avait laissé. Mais il voulait plus, Gen, et elle ne pouvait pas l'en blâmer. C'était sans doute ce que la disparition d'une âme-soeur pouvait créer de pire comme manque. Mais s'ils ne la trouvaient pas aujourd'hui ? Si les ouï-dire n'étaient rien d'autres que des rumeurs créées, transmises et déformées par des ivrognes, des conteurs, des menteurs ? C'était de la déception dont Nuna voulait le préserver. Le préparer au pire pour que le pire ne fasse pas si mal et que le meilleur apparaisse comme un miracle inespéré. Dans le noir se développait quelque chose d'intime et Nuna n'osait rien briser. C'est Gen qui brisa le silence alors qu'elle décollait le front de lui pour lever la tête sans réellement voir ce qu'elle essayait de trouver du regard. Ses lèvres s'entrouvrirent à plusieurs reprises sans qu'elle ne sache quoi répondre. Elle ferma les yeux silencieusement en tentant de faire taire ses peurs et de s'ouvrir à la possibilité d'une troisième présence ici. Enako lui manquait; elle aurait aimé la trouver ici aujourd'hui. Mais elle était trop parée à la déception pour y croire et elle hocha la tête dans le noir, désillusionnée avant même de s'être autorisée à se laisser emporter par quelconque illusion. « Tu veux que... que je vous laisse ? Que je monte ? » Elle n'attendit pas sa réponse et le contourna à tâtons, le lâchant pour s'accrocher aux murs glacés et tenter de dessiner son trajet. Sans plus aucun repère que ceux qu'elle cherchait sous ses doigts, Nuna se retourna vers lui, des quelques marches qu'elle avait gravi après lui. « Je... je t'attends là-haut. Dis lui que je l'embrasse. Et si elle m'entend... » Sa voix se brisa parce que sans y croire, à ce moment précis, c'était ce qu'elle souhaitait le plus au monde. « Enako, tu peux être fière de ton homme et de ton fils. Ils suivent le guide que tu leur as laissé, tu sais... » Elle étouffa un soupir attristé et non sans regrets et  réticences, laissa Gen derrière elle une bonne fois pour toutes en tournant autour du colimaçon. Sa main tendue droit devant elle serrait son poignard aussi fort que possible. L'autre était accrochée à la pierre comme seule guide que le noir lui laissait. Ce n'était pas le courage qui la poussait à dépasser ses peurs, c'était son amour pour ses amis. Mais il lui tardait d'enfin trouver la verrière de laquelle les lumières salutaires en avaient autrefois émané, lien entre mer et terre, entre mort et vie, entre océan et Homme.
Gen Deng
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le Dim 17 Fév - 16:59
Gen était bloqué sur une des marches à se demander quoi faire et il décida de dire la vérité. Il ne savait pas vraiment si c’était Nuna derrière lui, mais il partait du principe que oui. Il se demandait comment elle allait le prendre. Ils avaient connu Enako et au début, ils étaient un trio d’amis avant que Gen tombe fou amoureux d’Enako. Il sentit une présence sur son épaule et sut que c’était son ami. L’homme ne bougeait pas, même si c’était inconfortable d’être arrêté au plein milieu de l’escalier en colimaçon. Il avait besoin de parler. « C’était délicat. » Délicat de parler des émotions qui le traversaient régulièrement. Gen était très pudique sur ce qui le traversait et il n’osait pas forcement tout partager. Il avait peur ensuite de paraître pour quelqu’un de faible et il détestait cela. Même si c’était Nuna, jamais il ne tolérait de passer pour faible. « Je suis content que ce soit toi et pas un autre. » Elle était importante pour lui la petite Nuna. Elle n’était pas une guerrière, mais c’était exactement pour cela qu’il l’affectionnait. Elle était authentique dans sa manière d’être selon lui. Il la sentit bouger et accepta le baiser sur la joue, ferma quelques secondes les yeux. Il enroula un bras autour des épaules de la brune et la serra contre lui. Oui il savait qu’elle était toujours avec lui car les morts ne vous abandonnaient jamais complètement selon lui.

Il ressentit la présence d’Enako et ne manqua pas de le signifier à Nuna. Il ne voulait pas la chasser, mais à peine eut-il le temps de réagir qu’elle se décala de lui pour commencer à monter les marches. Il leva sa tête vers le son de la voix de Nuna alors qu’elle lui confia un message à transmettre avant de parler directement à la défunte. L’archer sentit l’émotion serrer sa gorge et il resta silencieux alors qu’il entendit Nuna s’éloigner et le laisser dans l’obscurité complète avec Enako. « Enako ? » Il se retourna sur sa pauvre marche à la recherche de sa défunte femme. Il aurait aimé une réponse, mais rien. Il descendit les marches, allant au sens inverse de Nuna. Plus il descendait, plus une étrange impression l'envahit et étreignit son cœur. Une fois en bas des marches, il se stoppa net. Il avait un très mauvais pressentiment. Lentement, Gen dégaina sa petite dague. Il aurait été plus doué avec son arc, mais impossible de viser dans l’obscurité. Un souffle froid toucha sa nuque et il fit volte-face rapidement. Son regard se posa sur les marches et il se glaça d’effroi, Nuna ! Il rangea sa dague et se mit à courir aussi vite que possible, grimpant les marches deux par deux. « NUNA ! » Ils n’étaient pas seuls ici, mais ce n’étaient pas des esprits bienveillants qui étaient ici et encore moins Enako. Gen le sentait dans ses os, on leur voulait du mal, clairement.

Le souffle rauque, l’archer arriva en haut des marches. « Nuna, où es-tu ? » Il n’osait lui dire que les esprits devaient les guetter, prêts à leur sauter dessus et leur faire du mal. Il détestait cette sensation atroce d’être observé. Il s’était trompé sur toute la ligne, jamais il n’aurait dû venir ici, non jamais. L’athna s’était trompé sur toute la ligne et le regrettait amèrement à présent. Il avait été trop naïf, d’habitude il ne l’était pas, mais là clairement, il avait sous-estimé les mauvais esprits que lui-même avait créé en tuant certaines personnes. Tout était sa faute si son amie subissait quelque chose. Son cœur se serra. Il n’avait pas été un vrai ami sur ce coup-là, vraiment pas. Il put voir l’immense verrière qui permettait de voir la mer en contre-bas. Il espérait trouver son amie saine et sauve. Il distingua une silhouette et supposa que c’était Nuna. « Nuna, tout va bien ? » Il s’approcha de la silhouette.

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Si tu manques de rebond, n'hésite pas à le dire^^
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Nuna Cortez
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le Mer 27 Fév - 0:36


les explorateurs du dimanche

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(22 novembre 2118 / intrigue Halloween)


En fait, si elle avait su la vérité dès le début, Nuna n'aurait sans doute pas hésité une seule seconde. Si Gen ne lui avait pas proposé de l'accompagner, elle se serait très probablement portée volontaire elle-même. Pour son ami, pour le soutenir dans ce genre de quête et d'épreuve, elle aurait puisé un courage qu'elle avait jusque-là pensé inexistant –le genre de courage qui se terre dans l'invisible, et n'apparaît que dans les pires circonstances, celles qui ne pouvaient rien exiger d'autre que lui, le courage ultime. Exit les peurs d'accidents, les angoisses de l'inconnu et celles de la mort imminente. Elle se serait imaginée tenir la main de Gen avant l'apparition d'une quelconque menace, parce que c'était tout ce qui comptait, être là pour ceux que l'on aimait. Même s'il s'agissait de voyager jusqu'à l'autre bout du continent, même s'il s'agissait de braver le brouillard opaque du début d'hiver, même s'il s'agissait de s'enfoncer dans les profondeurs glauques et sombres d'un bâtiment qui appartenait à la fois à un autre monde et à un autre temps. C'était tellement marqué, chez elle, l'importance de l'autre et plus spécifiquement d'un ami comme Gen, que même face aux menaces de l'obscurité qui s'étendait devant elle, Nuna ne pouvait s'empêcher de ressentir un brin de soulagement, comme si elle venait d'être libérée du poids d'une menace. La peur se faisait moins tangible, parce qu'elle était là pour Gen. Le reste ne comptait plus vraiment. Alors oui, c'était délicat pour Gen de formuler ce besoin étrange de chercher sa femme disparue jusque dans les recoins les plus inattendus de ce monde. Nuna savait qu'elle ne connaîtrait probablement jamais ce manque de l'autre comme Gen ressentait celui d'Enako. Depuis la disparition de son amie, elle avait été à la fois l'épaule et la béquille de son veuf, mais elle savait qu'elle ne pouvait pas prétendre comprendre pour de vrai. Ce besoin de chasser la présence de l'autre jusqu'ici, ça lui appartenait totalement. Elle était là, elle serait là, et c'était ce qui comptait : c'était elle qu'il avait choisie pour l'accompagner. Lui le solitaire, lui le secret, c'était elle qu'il avait choisie pour être son soutien. A la confession de son ami, Nuna demeura respectueux silencieuse, esquissa un petit sourire tendre dans l'obscurité de l'escalier. « Tu sais que je suis toujours là pour toi, même dans des endroits qui font peur… » répondit-elle simplement, volontairement sans s'étendre sur un sujet qu'elle devinait sensible pour Gen. Confesser rechercher la présence de sa défunte femme, confesser avoir besoin de quelqu'un à ses côtés pour ça, ça ressemblait trop peu aux habitudes de son ami pour qu'elle se permette d'insister ne serait-ce qu'un peu trop. Il savait qu'elle était là, et c'était ce qui comptait. Affectueusement, pour lui et pour l'Enako dont ils cherchaient quelques traces ici, elle déposa un baiser sur sa joue. Elle sentit Gen lui répondre d'un geste tendre lui aussi, et sourit pour tous les êtres qui rôdaient ici et étaient capables de voir dans le noir.
Mais pourquoi ce jour-là, et pourquoi ici ? Nuna ne se posa que brièvement les questions. Elle n'avait pas besoin des explications techniques, des détails qui ne comptaient que pour atteindre cet objectif tant désiré. Elle avait juste besoin de savoir les raisons de ce voyage; Gen s'était chargé du reste pour eux. Elle était la béquille émotionnelle, et elle était fière et touchée de tenir ce rôle. Peut-être que leurs souvenirs communs n'étaient pas pour rien dans tout ça. Ils avaient été trois amis avant d'être ceux qui restaient, les deux amis endeuillés, avec rien d'autre que ce gouffre laissé par Enako et leur tendre amitié à construire et à reconstruire pour le combler. Ils ne se seraient peut-être jamais rencontrés s'ils n'avaient pas connu Enako l'un et l'autre; tout semblait les opposer, même aujourd'hui. Mais après tout, tout semblait opposer Nuna à beaucoup des siens, et pour des raisons qui lui échappaient, elle trouvait parfois le chemin de certains Athnas pour lesquels elle n'aurait jamais pensé ça possible. Les choses étaient un peu comme ça, avec Gen. Leur amitié s'était tissée doucement, des rires et de l'innocence de la jeunesse, avant de s'alourdir du poids du deuil commun. Et c'était comme ça qu'ils s'étaient trouvés pour de vrai, les deux amis. Parce que maintenant, ces souvenirs construits à trois, ils avaient le devoir de les entretenir à deux. Mais sur ce que le couple avait vécu, Nuna n'avait guère de pouvoir. Elle ne pouvait pas prétendre panser ces plaies-là, réconforter l'époux éploré. Leur relation à Enako n'était pas la même : il avait perdu l'amour de sa vie; elle avait perdu une précieuse amie. Et même si ce n'était pas la seule amie qui avait quitté sa vie, Nuna ne se faisait pas à ces disparitions. Comment pouvait-on avait été si proche de quelqu'un et accepter de le voir s'évaporer ? Comment pouvait-on accepter de vivre avec une absence qui y laissait un trou béant ? Parce qu'on avait pas le choix; Nuna l'avait appris à ses dépends. Le monde continuait à tourner même sans ceux qui comptaient, alors la vie devait continuer, elle aussi. On devait s'y adapter, réapprendre certaines choses, se créer de nouvelles habitudes qui n'impliquaient plus l'être disparu. C'était dramatiquement inaccessible et pourtant ça finissait toujours par le devenir, accessible. Et qu'y avait-il de pire que de réaliser qu'on pouvait vivre sans celui qui avait tant représenté ? On remplaçait une peine par une autre, et le réconfort, on le trouvait dans l'idée de le retrouver, même quelques instants, sous la forme d'une âme esseulée au milieu de la forêt ou d'une présence lors d'une nuit trop sombre.

Après toutes ces années et après les deuils accumulés, Nuna avait pourtant compris une chose : chacun accueillait les siens d'une façon qui lui était propre. Certains se muraient dans le silence, d'autres hurlaient. Certains encaissaient la nouvelle immédiatement, d'autres niaient pendant des semaines, des mois, des années. Certains pleuraient, d'autres se forgeaient une carapace coriace. Peu importait la façon dont on pouvait gérer ses deuils, on en était le seul maître, le seul décideur. Et c'était ce que Nuna avait compris, ce qu'elle respectait à présent au milieu de cette cage d'escalier qui tournait à l'infini. Gen sentait Enako à leurs côtés, alors elle les laisserait, tous les deux, se retrouver. Peut-être qu'ils venaient d'atteindre leur objectif, enfin, et qu'ils pourraient dormir avec le satisfaction d'avoir croisé leur amie défunte dans une autre dimension. Que pensait-elle d'eux ? Les reconnaissait-elle seulement ? Réalisait-elle le temps qui avait passé ? Se posait-elle des questions sur son fils ?

Ce n'était pas à elle de répondre à ces questions. Pas encore, pas maintenant. Elle chargea simplement son ami de transmettre un message à la disparue, et gravit l'escalier tranquillement. Ce n'est qu'en se retrouvant seule, perdue autour du colimaçon, que Nuna réalisa que le lieu n'avait pas changé, même malgré Enako, même malgré la douceur des intentions de Gen. Elle était toute seule, maintenant, incroyablement seule. Seule à en oublier que Gen n'était que quelques dizaines de marches derrière elle. C'était le silence qui résonnait dans la cage d'escalier, les battements de son sang qui résonnaient dans ses tympans. Il fallait en finir avec ces escaliers, les gravir vite pour retrouver un brin de stabilité et deux brins de lumière. Le pas de l'Athna se fit pressant et pressé, sa main tremblante serrée autour du manche d'une lame qu'elle se savait quasiment incapable d'utiliser si une situation catastrophique devait l'y contraindre. Lorsqu'enfin elle déboucha sur le dernier étage et sa vigie de verre, elle eut du mal à y croire. La lumière ici était brûlante du soleil qui se couchait par-delà les brumes de l'océan, doux de cette douceur filtrée que seul permettaient les nuages de condensations maritimes. Ca sentait l'iode et le sel comme si on était dehors, ici, et elle avança doucement, le regard alerte, espérant malgré elle et à tout moment qu'enfin Gen réapparaisse dans son dos. Elle n'était pas courageuse, elle avait juste été contrainte à avancer seule, et ça faisait toute la différence. Elle aurait aimé la présence d'Enako à ses côtés. Elle l'aurait protégée, et puis elles auraient eu des dizaines de choses à se raconter. Mais pourquoi serait-elle ici, plus qu'auprès de son mari ? Pourquoi serait-elle dans ce phare, plus que dans leur volcan ? Malgré elle, Nuna ne parvenait à croire ou à espérer que son amie puisse être là ou puisse les rejoindre. Elle voulait y croire, peut-être même plus pour Gen que pour elle-même, mais elle avait appris que les disparus restaient disparus. On ne cherchait pas le contact; c'était lui qui nous trouvait, parfois au cœur d'une nuit d'insomnie, parfois au détour d'un bref et fade moment qui faisaient notre quotidien.

Alors Nuna fuyait l'obscurité peu rassurante du couloir et des premières pièces de vie pour chercher à se lover au creux des lumières descendantes qui caressaient encore l'intérieur du phare, à travers les verres disparus, éclatés, brisés et craquelés. Elle fit le tour de ce qui avait dû émettre la lumière miraculeuse autrefois. A la place demeurait une grande structure métallique où trônaient des bris de verre que le vent et les intempéries n'avaient pas emportés. Elle s'avança près des rebords du phare, là où une porte de verre à demi explosée permettait de rejoindre une promenade étroite autour de la structure de verre. Elle poussa la porte dans un bruit grinçant sans parvenir à totalement l'ouvrir et enjamba le verre pour arriver dehors. Ici, on ne pouvait pas vraiment avoir peur. L'océan ne serait jamais ses montagnes natales, mais il avait de quoi les concurrencer. C'était un autre infini qui s'étendait sous ses yeux. Un infini froid que rencontrait la chaleur d'un soleil descendant; une brume légèrement opaque y ajoutait un charme étrange ça et là près des côtes. Elle posa ses mains sur la frêle barrière de fer qui émit un bruit peu rassurant. Elle n'attendait probablement plus énormément de provocations de la météo pour tomber en contrebas. Nuna, elle, la laisserait tranquille. Sans s'en rendre compte, elle avait abaissé son couteau et son bras était tombé le long de son corps. La mer qui s'échouait des mètres plus bas faisait un bruit furieux. Un vent glacé la fit réajuster ses fourrures mais c'est en se retournant vers l'intérieur du phare qu'un frisson violent la saisit. Elle n'était plus rassurée, plus apaisée. La menace du vide à un pas à peine n'existait plus. Les rayons chauds du soleil éclairaient l'intérieur d'une bien drôle de façon. Il y avait le feu à l'intérieur. Il y avait quelque chose de grave à l'intérieur. Elle s'avança un peu le long de la paroi de verre, apeurée comme un animal à l'idée de rentrer avant de savoir ce qui la terrifiait autant. Ses doigts se posèrent sur une paroi de verre encore entière, même si craquelée à plusieurs endroits. Elle se pencha doucement pour essayer de voir au travers et se démarqua de la lumière rougeâtre une silhouette sombre et étrange. Nuna eut un mouvement de recul réflexe, peu réfléchi et totalement déraisonnable. Il lui fallut une seconde pour réaliser qu'elle faisait mieux de continuer sur le côté que de tenter de fuir en arrière. La seule fuite possible de ce côté-là impliquerait sa mort. Elle glissa donc sur sa gauche, refusant de regarder la silhouette tant qu'elle n'avait pas disparu dans une ombre elle-même. Ce n'est qu'en entendant son prénom soufflé à quelques mètres d'elle à peine que Nuna osa enfin lever le regard vers la vitre explosée et, de l'autre côté, un Gen affolé. « Oui... Je... je suis là... » se reprit-elle, la voix chevrotante. « Je suis désolée, j'ai eu une drôle de sensation. Tu vas... tu vas bien ? » Elle leva le nez par-dessus les vitres encore présentes pour chercher son regard sans le filtre d'un verre fêlé. « Tu... t'as réussi à parler à Enako ? »

Spoiler:
Ta réponse est géniale Les explorateurs du dimanche | Nuna 484338566 j'espère que la mienne te conviendra, je t'ai pas donné trop de jeu je crois, donc hésite pas si tu veux que je rajoute quelques trucs Les explorateurs du dimanche | Nuna 171928021
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le Mar 26 Mar - 10:35
Gen sentit son cœur se serrer en voyant Nuna si proche de la baie vitrée. Il s’approcha lentement d’elle. Sa voix tremblante ne le rassura absolument pas. « Tout va bien ? » Il n’aimait pas ce qu’il entendait et l’angoisse gonfla encore plus en lui. Il n’aurait jamais dû la laisser seule. Elle n’était pas une guerrière et même si elle était compréhensive, il était du rôle de Gen de veiller sur elle. Il avait été égoïste sur ce coup-là. Le guerrier s’insulta encore plus mentalement quand Nuna avoua avoir senti une drôle de sensation. Enako, la cause de tout ceci. L’athna courait derrière un fantôme sans même s’en rendre compte. Il poussa un bref soupir. « Je me suis trompé, ce n’était pas elle. » L’homme s’approcha lentement de son amie, réduisant la distance entre eux deux. Il avait comme un étrange pressentiment qui serrait son cœur. « Non, je ne vais pas bien. Il y a quelque chose de mauvais ici. Ta drôle de sensation… Tu pourrais me l’expliquer ? » Il avait l’impression que des yeux étaient braqués sur eux et observaient leur moindre fait et geste. Gen avait cru que c’était une bonne idée de venir ici quand il avait entendu les rumeurs sur les esprits. Mais il s’était lourdement trompé et il le regrettait.

« Elle n’était pas là. Elle n’a jamais été là. » Il ne précisa pas qu’il pensait que son âme était restée dans la montagne, sa terre natale. Qu’irait-elle faire dans un phare proche de l’eau ? Rien. Il avait été aveuglé par son amour défunt. Gen avait pensé tout ce temps être passé à autre chose. Sa rencontre avec Ozvan, son attirance, il avait pensé tomber amoureux et c’était le cas. Mais Enako aurait toujours une partie de son cœur, le hanterait et il tenterait encore pendant longtemps de la retrouver, malgré les années depuis sa mort. Il se sentait idiot, stupide. L’athna s’approcha de son amie et l’attrapa par le poignet, ayant soudainement peur pour elle. « Tu es trop proche du bord. » Et si la vitre explosait et qu’elle tombait dans le vide ? Il ne supporterait pas de la perdre. Il n’osa pas le formuler, se contentant de la regarder. « On doit sortir d’ici avant qu’il nous arrive malheur. » Et un tressaillement de peur courut le long de son échine. Le mauvais pressentiment le dévorait progressivement. Il avait peur, tellement peur. C’était une peur irrationnelle qui lui soufflait de courir le plus vite possible. Le seul problème, il fallait passer par l’escalier en colimaçon. Il avait un très mauvais pressentiment.

Comme si quelque chose les attendait dans cet escalier. Il ne voulait pas y descendre, absolument pas. Il avait la bouche sèche soudainement. Sa tête tourna et Gen lâcha le poignet de Nuna, s’appuyant contre une colonne de pierre en ruine qui tenait encore. Une goutte de sueur coula le long de son échine. Sa peur était complètement irrationnelle. L’archer n’avait pas peur habituellement, mais là, il était pétri de peur, littéralement. Il avait honte, il n’avait jamais aussi peur habituellement. Mais là, c’était primitif et il était convaincu qu’ils n’étaient pas seuls. Devenait-il fou ? Avoir autant la mort dans son entourage avait-il fini par le rendre complètement fou ? Gen sortit sa dague de sa ceinture, la tenant d’une main ferme, prêt à se défendre et à défendre Nuna s’il le fallait. Jamais il n’aurait dû l’entraîner si loin de leur montagne. Il avait peur de ne jamais revenir et de ne pas être capable de la ramener en un seul morceau.

Spoiler:
Pas de souci^^ désolé de la réponse courte, j'espère que cela t'ira, sinon mp-moi Les explorateurs du dimanche | Nuna 171928021
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le Mar 2 Avr - 3:30


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Nuna Cortez & Gen Deng


(22 novembre 2118 / intrigue Halloween)


En fait, en haut de son phare, Nuna n'était pas plus fière. Elle avait recherché la salvation du ciel tant qu'il se parait encore de lueurs rassurantes, mais elle le savait, la nuit tomberait bien trop vite à son goût et il faudrait alors composer avec l'obscurité, en plus des lieux inconnus. Comment était-elle censée être capable de trouver le sommeil ici ? C'était une question laissée à plus tard, mais une question à laquelle elle devrait faire face tôt ou tard. C'était probablement une nuit blanche qui se profilait pour l'Athna. En attendant, elle grappillait chaque minute de lumière comme si c'était la dernière, consciente que le semblant de calme qui était encore le sien laisserait bien assez vite place à des inquiétudes -fondées ou non. En attendant, le mieux à faire était sans doute de repérer un peu les lieux pour ne pas s'y perdre complètement dans le noir. La mer dont les rouleaux d'écume venaient mourir quelque part en contrebas avait quelque chose d'aussi rassurant que d'inquiétant. Elle était belle sous ces lueurs vermeil de fin de journée, mais l'obscurité de la nuit la rendrait menaçante et son infini prometteur se transformerait en infini de dangers.

Mais la quiétude n'avait pas besoin de la nuit pour s'envoler. Quand elle se retourna vers l'intérieur du phare, Nuna se pétrifia. C'était une sensation, c'était un sentiment, c'était physique et ça attaquait l'esprit. Il y avait quelque chose de soudain et de menaçant, et ça n'avait rien à voir avec le soleil qui s'apprêtait à les laisser pour la nuit. C'était brûlant de couleurs, brûlant de chaleur. L'intérieur du phare se calcinait dans une noirceur invisible et l'être de Nuna était consumé avec. Quelque chose qu'elle ne pouvait pas identifier se saisissait sa gorge, de sa poitrine, et sa respiration se faisait saccadée, comme si son être entier ressentait une menace imperceptible à l’œil nu. Les lèvres entrouvertes, Nuna cherchait l'air partout où elle pouvait le trouver, s'abreuvait de la moindre particule qui parvenait à ses poumons. Elle s'inquiéter de l'ami qu'elle avait laissé derrière elle. Elle avait peur de la cage d'escalier dont elle pouvait à peine voir à l'ouverture de là où elle était. Elle avait peur que Gen y soit coincé, que quelque chose se passe. Le silence devenait lourd d'un sens qu'elle lui donnait malgré elle. Mêmes les vagues en contrebas se faisaient discrètes et seul le vent des hauteurs sifflait encore dans ses boucles d'oreilles.

Quand elle reconnut Gen, enfin, de l'autre côté des vitres fendues et cassées, son cœur manqua un battement avant d'enfin s'offrir une accalmie. Gen était là, vivant, en face d'elle. Pour l'instant, tout allait bien. Pour l'instant, tout allait bien...

Mais il y avait quelque chose chez Gen qui n'allait pas si bien. Ce n'était pas le filtre du verre cassé qui déformait ses traits; ils étaient tiraillés par quelque chose d'autre et pendant un instant, Nuna crut y voir le reflet de ses propres inquiétudes. En répondant à son ami, c'était elle qu'elle cherchait à rassurer. Elle avait eu une drôle de sensation mais elle s'était évaporée lorsque Gen était réapparu, n'est-ce pas ? Au moins, maintenant, ils étaient ensemble. Encore séparés par une vitre qui avait résisté à l'épreuve du temps et des voyageurs comme elle l'avait pu, mais ensemble. Elle n'avait plus à s'inquiéter pour lui comme elle s'était inquiétée de lui quelques instants plus tôt, parce qu'elle allait pouvoir surveiller le moindre de ses faits et gestes. Elle ne le quitterait plus du regard, maintenant qu'elle l'avait retrouvé. S'il devait leur arriver quelque chose, ça leur arriverait à tous les deux. « Je... je crois que oui ! » Nuna tentait de rassurer son compagnon avant de se rassurer elle-même, mais elle avait délibérément choisi d'accompagner sa réponse d'une forme d'enthousiasme pour les encourager à passer à autre chose. Pourtant, de l'autre côté du verre brisé, Gen semblait retenu par le phare et par ce qui s'y cachait de leurs regards de montagnards inexpérimentés. « Je suis désolée, Gen... » Elle pencha la tête sur le côté, les sourcils froncés par le chagrin et les lèvres pincées par la compassion. Elle ne pouvait pas imaginer l'espoir des retrouvailles et la déception de l'échec. Ou peut-être que si, elle pouvait l'imaginer, à sa façon, avec ses propres fantômes. Si elle avait traversé le continent, portée par le simple et précieux espoir de retrouver @Makenna Askaywen, l'échec l'aurait probablement fait s'écrouler de chagrin. Les disparus étaient ceux qui possédaient le plus de pouvoir sur nos espoirs avoués et inavoués. « Qu'est-ce que tu veux dire par 'ce n'était pas elle' ? » Les paroles de Gen la frappèrent subitement d'une toute autre façon et la terreur remplaça la tristesse dans ses traits. Gen s'était avancé vers elle et la paroi de verre abîmée qui les séparait, et le reste de ses explications n'allèrent pas en la rassurant. Un frisson glacial s'empara de son échine quelques instants avant que la sueur froide ne prenne le relais. Malgré le vent d'hiver qui frappait violemment ses joues, il commençait à faire drôlement chaud sous cette fourrure. « Je... j'ai l'impression qu'on est pas seuls. » D'être observés, d'être épiés. Elle avait l'impression d'un quelqu'un ou d'un quelque chose qui s'accrochait à eux, brûlant de quelque chose, de bienveillance ou de malveillance. Elle avait l'impression d'intensité, de grandeur de quelque chose. A nouveau, elle sentit son corps devenir victime et proie de cette présence qu'elle ne savait pas expliquer. Son regard se perdait derrière Gen, redoutant d'y trouver de quoi justifier leurs inquiétudes. « Mais c'est sûrement rien, tu sais que j'ai peur de mon ombre... » tenta-t-elle de plaisanter sans parvenir à n'esquisser ne serait-ce que l'ombre d'un sourire. Mais Gen s'inquiétait et n'avait de cesse de l'inquiéter davantage. Des deux, c'était elle qui le faisait le plus facilement; s'il s'inquiétait, alors il justifiait les peurs qu'elle cherchait tant bien que mal à étouffer. En attrapant son poignet à travers la vitre explosée, il l'angoissa plus que ce qu'elle pouvait supporter. Il y avait dans le geste quelque chose qui rendait la situation urgente et presque désespérée. « Ca va... ça va aller », tenta-t-elle de le persuader, peu convaincue elle-même, en posant une main sur celle que Gen avait posée sur la sienne. De l'autre, elle serrait toujours fermement ce ridicule couteau qui ne pourrait sous doute pas grand chose contre une chute ou un esprit vengeur. Il était là pour la rassurer, mais il échouait clairement et lamentablement à sa mission de couteau protecteur.

« J'arrive... » Doucement mais tremblante, Nuna glissa ses doigts au milieu de ceux de Gen pour le forcer délicatement à la lâcher. Prudemment, elle fit le tour de la coursive pour rejoindre la porte de verre laissée entrouverte par des visiteurs ou des coups de vents rageurs. En la passant, elle fixa Gen du regard. « T'es sûr que c'est une bonne idée de sortir ? » Elle rejoignit son amie pour se planter à ses côtés et fixer la cage d'escalier qui semblait disparaître dans l'obscurité, à quelques longs mètres d'eux, de l'autre côté de ce qui avait autrefois du être la structure éclairante du phare. Sans s'en rendre compte, Nuna avait continué à frissonner depuis qu'il lui avait pris la main. Ca devenait insupportable. Ses dents claquaient soit l'effet du froid et du vent, soit sous celui de l'inquiétude du danger imminent. « Tu me fais peur à avoir peur... je crois que je pourrai pas dormir ici, mais tu veux qu'on dorme où ? » Dans la forêt ? Tout serait sans doute une meilleure idée qu'ici, surtout lorsqu'on comprenait que même Gen, le guerrier et l'explorateur des deux, n'avait aucune confiance en ces lieux et en ce qui l'habitait. Face à eux, la cage d'escalier noire semblait exiguë, un piège pour quiconque l'emprunterait. « Tu... tu sens quelque chose, toi ? Il s'est passé quoi, quand je t'ai laissé ? » Malgré elle, Nuna s'était collée à Gen et attrapé sa main. L'autre serrait toujours le malheureux couteau qui ne servait plus à rien depuis longtemps. A l'atmosphère indescriptible de la pièce s'était rajouté quelque chose d'oppressant et Nuna n'avait pas besoin de jeter un seul regard à Gen pour comprendre que son état n'était probablement pas très éloigné du sien. L'oppressant, c'était l'oppressé ; l'angoisse et l'inquiétude étaient parmi les sensations les plus communicatives qui existaient. Nuna était envahie par un mélange de celles qui lui parvenaient de Gen et de celles qui naissaient de ses propres entrailles. « Quand t'as dit que c'était pas elle qui était là, tu voulais dire que... qu'il y a quelqu'un d'autre ? » Un vent glacial s'engouffra dans la pièce, s'insinuant sous la fourrure de la brune, qui tremblait de son être entier. Nuna ne pouvait pas rester une seconde de plus ici, mais elle ne pouvait pas concevoir l'idée de s'enfoncer dans l'obscurité du sinistre escalier. « Gen... il faut qu'on reste calme et qu'on pense de façon sensée. Si on peut pas passer la nuit ici, il faut qu'on sorte maintenant, avant que la nuit ait fini de tomber. On pourra pas faire un feu dans le noir. » Penser de façon sensée, elle en était encore à peine capable. Elle réunissait le peu de concentration qui lui restait et ça réquisitionnait bien plus de ses forces que ce qu'elle aurait souhaité. Mais penser de façon sensée, c'était la seule arme qu'elle était capable de brandir à cet instant précis. Le couteau, on l'a compris, ne leur serait probablement d'aucune utilité. De toute façon, Nuna n'était pas une combattante. « T'as entendu ?? » La main de Nuna serra celle de Gen au-delà du raisonnable. Elle était persuadée d'avoir entendu un souffle étrange du côté de l'escalier. Il était hors de question qu'elle l'emprunte. Il était hors de question qu'elle l'emprunte de nuit, mais peut-être un peu moins hors de question qu'elle l'emprunte de jour. Il ne leur restait probablement que quelques minutes pour profiter des derniers rayons du soleil. Mais de nuit ou de jour, l'escalier serait toujours raide et étroit, toujours inatteignable par les lumières qui venaient de la pièce principale, toujours une menace tant qu'elle se sentait menacé. Sans s'en rendre compte, Nuna avait un mouvement de recul qui l'effrayait presque autant que la perspective qu'ils ne soient pas seuls. Ils ne pouvaient pas rester pétrifiés de la sorte encore longtemps, ne serait-ce que pour les raisons qu'elle avait avancées à son ami. S'ils devaient dormir dehors, il faudrait assurer une source de chaleur, et faire un feu dans le noir complet n'avait jamais été l'un des points forts de l'être humain. Ils ne pouvaient pas se permettre le luxe d'hésiter encore longtemps. Il fallait bouger. Il fallait prendre une décision. Maintenant. Alors dans un soupir qui mêlait courage et terreur, d'un pas décidé, Nuna lâcha la main de Gen et passa devant lui, son éternel couteau tendu devant elle. C'était une démarche désespérée, stimulée par une lassitude qu'elle avait d'elle-même, la présence d'un ami qu'elle souhaitait protéger des angoisses et des menaces, et le besoin de mettre fin à ce calvaire qui tétanisait jusqu'au moindre de ses muscles. C'était la raison qui parvenait à prendre le pas sur les sensations d'habitude bien plus fortes. Pour Gen, pour le préserver de cette peur qu'elle ne connaissait que trop, pour lui ôter le poids de cette dernière qui se rajoutait à celui de l'absence de sa défunte femme, Nuna était prête à braver ses pires cauchemars. Même s'ils se présentaient sous la forme de souffles à peine audibles, même s'ils se présentaient sous la forme d'une obscurité opaque, même s'ils se présentaient sous la forme d'angoisses qui ne naissaient que de son inconscient et de ses expériences passées. Il fallait affronter ses terreurs pour Gen. Il fallait affronter ses terreurs pour ouvrir une suite, quelle qu'elle soit, à ces instants qui terrassaient l'esprit et le corps. « On peut pas rester plantés là » se justifia-t-elle en avançant vers l'escalier. Ses tripes se retournaient violemment mais elle affronta l'obscurité de l'escalier comme dans un dernier élan de courage. « S'il doit m'arriver quelque chose ce soir, alors j'y peux rien. » Les paupières closes dans l'obscurité, une main posée sur le mur de pierre, elle s'adressait à cette présence qu'ils étaient deux à avoir ressentie. « Mais je crois qu'on veille sur nous, quelque part. Gen et moi, on est pas censés vous rejoindre aujourd'hui. Laissez-nous passer, s'il-vous-plait. »

Spoiler:
Jcrois qu'il y a juste eu une petite incompréhension sur la localisation de Nuna donc je me suis arrangée, j'espère que ça ne te dérange pas ? Elle est sur la coursive qui fait le tour de la verrière du phare, donc elle s'adressait à Gen à travers les vitres à moitié pétées ** sinon c'était parfait, comme d'habitude Les explorateurs du dimanche | Nuna 171928021
Gen Deng
DATE D'INSCRIPTION : 04/10/2014 PSEUDO/PRENOM : neko MULTICOMPTES : Eirik Thorvald, Skylar Rees, Leary Wrath, Cyd Raye MESSAGES : 1428 CELEBRITE : Godfrey Gao COPYRIGHT : AVENGEDINCHAINS.(avatar), tumblr (gif), northern lights.(code signature) METIER/APTITUDES : cavalier, archer TRIBU : Athna POINTS GAGNES : 17
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le Dim 19 Mai - 14:45
Quelque chose clochait ici. Quelque chose qui se glissait dans son esprit, qui le contaminait progressivement. Il voyait bien que son amie tentait de le rassurer, mais l’athna ne se sentait pas à l’aise. Lui aussi était désolé. Désolé d’avoir espéré, de l’avoir entraîné dans ce guêpier sans fond. L’angoisse lui tordait l’estomac et il avait le souffle court. Quand elle demanda une explication quant au fait qu’il dit que ce n’était pas Enako, il décida d’être clair. « C’était un mauvais esprit. » Il en était convaincu à présent. Le dire à voir haute rendit la menace encore plus réelle, mais il ne rajouta rien.  Il était vraiment nerveux et cela devenait difficile de se contrôler. Il avait l’impression que le monde tournait autour de lui et que bientôt, il allait tomber dans les pommes. « On ne l’est pas, non. » Dit-il en réponse à Nuna qui venait de dire qu’elle avait l’impression qu’ils n’étaient pas seuls. Oui elle avait souvent peur de son ombre, mais ce n’était pas rien selon lui, pas maintenant. Il avait passé sa main à travers la vitre cassée pour atteindre son amie. Le bout tranchant de la vitre érafla légèrement son poignet. La voix de la femme l’atteignit dans sa peur et il se rendit compte qu’il exagérait, surtout quand elle le força à la lâcher. « Désolé. » Il défit son emprise et secoua la tête comme pour se sortir d’une brume invisible.

Il était inutile de paniquer de la sorte. Normalement, même un mauvais esprit ne pouvait pas trop leur faire du mal, du moins c’était ce qu’il espérait. « C’est toujours mieux que d’être ici. » Il était inquiet de voir Nuna claquer des dents de la sorte, pourtant elle devait être habituée au froid. Ils étaient de la montagne après tout. Il se dirigeait vers la cage d’escalier. « On dormira dans la forêt. » A l’abri des prédateurs, en hauteur ou alors caché entre deux arbres épais. Il l’avait déjà fait et il savait qu’ils risquaient moins dans la forêt qu’ici. L’athna se dit qu’ils devaient avoir l’air si jeune, collés l’un à l’autre comme des enfants, mais il avait besoin de réconfort. « Oui, il y a quelqu’un d’autre. » Penser de manière sensée ? C’était difficile, c’était clairement son côté animal qui dirigeait en ce moment. Mais il ne dit rien, il garda la bouche close. Elle avait raison, ils devaient sortir avant que la nuit soit là, mais il était incapable de bouger. Il était complètement figé, le corps lourd. Il redressa la tête quand elle serra sa main après avoir dit une phrase qu’il n’avait pas entendu. Il secoua la tête. Il fut impuissant quand Nuna lâcha sa main et Gen se demanda ce qui se passait. Il la vit approcher des escaliers. Ils ne pouvaient pas rester là. Lentement, il se redressa. Il suivit son amie. « Il n’arrivera rien. » Il l’espérait très fort en tout cas. Gen regarda son amie qui parlait aux entités et son cœur se serra. Il posa à son tour sa main sur le mur de la maison.

Il ferma les yeux et pensa à Enako, repensant à son odeur de plantes de la montagne. « Protège-nous. » Murmura-t-il en espérant que le fantôme de sa défunte épouse serait ici et pourrait les aider. Il ouvrit les yeux, ayant l’impression de respirer le souffle frais de la montagne. Gen se sentait galvanisé et il se dit qu’ils avaient très peu de temps. « Il faut qu’on se dépêche, vas-y. » Quelque part, il aimait croire qu’Enako les protégeait en ce moment-même, ou des esprits de la montagne qui avaient entendu son appel et les protégeaient. Il descendait les marches rapidement, le souffle court. Il avait un sentiment d’urgence terrible. Ils devaient se dépêcher pour survivre, vraiment. Une fois les escaliers descendus, il ne restait pas beaucoup de mètres avant la sortie. « On y est presque. » Gen était sûr, ils n’avaient plus beaucoup de temps. Il franchit la sortie du phare et put respirer convenablement. Il se sentait vivant, l’esprit clair, comme s’il venait de sortir de quelque chose de poisseux. Ils l’avaient échappé belle. L’athna regarda son amie, ne sachant pas quoi dire. Survivre était déjà énorme, non ?  

Spoiler:
oups j'avais mal compris Les explorateurs du dimanche | Nuna 480477335 pas de souci et hésite pas à me dire si je me retrompe Les explorateurs du dimanche | Nuna 171928021
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Nuna Cortez
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le Sam 25 Mai - 2:40


les explorateurs du dimanche

Nuna Cortez & Gen Deng


(22 novembre 2118 / intrigue Halloween)


Il y avait quelque chose de lourd dans l'atmosphère, qui était devenue presque orageuse. Nuna était habituée au poids de ses peurs et angoisses ; même si elle les évitait, les situations qui la poussaient dans ses retranchements ponctuaient sa vie, parce que c'était ainsi que la vie était faite. A ce moment précis, ce n'était pas la peur qu'elle reconnaissait. Alors peut-être était-ce la déception de Gen, celle d'avoir mené ce voyage pour rien et celle, encore plus terrassante, d'avoir espéré l'inespérable. Mais dans le regard de son ami, pire que la déception, il y avait la peur; la peur ultime, animale, l'horreur de la menace immédiate et accablante, l'incapacité à y faire face autant que le besoin de la fuir le plus vite possible. Comme une éponge, Nuna emmagasinait tout ce qui envahissait silencieusement l'être de son compagnon de voyage. Elle en oubliait presque l'atmosphère qui les environnait, parce que c'était les tempêtes dans les prunelles de Gen qui étaient les plus violentes. Nuna ne l'avait jamais vu paniquer ou pris de court ; elle le savait courageux et fonceur, valeureux et aguerri. Il y avait quelque chose aujourd'hui, dans cette semi-pénombre de fin de journée d'hiver, qui semblait avoir raison de tous les attributs qu'elle lui connaissait. Alors, sans s'en rendre compte, Nuna avait laissé un courage dont elle n'avait jamais soupçonné l'existence s'éveiller dans ses tripes. Elle l'avait puisé dans la paume de la main de Gen, qu'elle avait serrée de ses frêles forces. Il avait parlé de mauvais esprit, lui avait dit qu'ils n'étaient pas seuls. Il avait mis des mots sur ses propres ressentis et les craintes que le silence étrange de l'endroit avait réveillées. Mais Nuna était une peureuse, et Nuna savait qu'elle était une peureuse. Si Gen rejoignait ses rangs, il justifiait l'existence de ce qui tordait ses boyaux et prenaient possession de son échine frissonnante. Il faisait à la fois beaucoup trop froid et un peu trop chaud. Pour la brune, il était inconcevable de passer ne serait-ce qu'une heure ici. La nuit ? Impossible. Elle préférait dormir dans une forêt qu'elle ne connaissait pas que prétendre de ce phare qu'il pouvait représenter un abri à quoi que ce soit. Ce phare était une menace. Il l'avait été dès qu'il s'était dressé face à eux, fier, dans les brumes glaciales des bords d'océan. Elle aurait dû être soulagée de trouver son abri lorsqu'elle avait grimpé dans la cage d'escalier; à chaque marche de gravie pourtant, il avait semblé quelque chose alourdissait son cœur et son être, jusqu'à atteindre l'insoutenable. Ce n'était pas juste la brume et le froid; ce n'était pas les hauteurs qui surplombaient la mer agitée; ce n'était pas la fin de journée ou les verrières brisées qui menaient de couper les peaux imprudentes; ce n'était pas le vent qui soufflait à travers les fissures et toutes les lésions laissées par le temps dans les pierres et les carreaux de verre. Nuna connaissait les hauteurs; elle connaissait le vent, le soleil qui brûlait le monde avant de disparaître pour une nuit entière. Elle connaissait le froid des hivers les plus rudes que seules les montagnes subissent, l'opacité de l'air blanchi par les neiges et les gouttelettes d'eau glacées. Ce n'était pas dans tous ces stimulus exposés aux sens qu'elle trouvait la menace. C'était dans l'indescriptible, dans le cœur, dans le frisson de l'être, dans l'inconfort de l'âme. C'était dans l'invisible de l'air, loin des millions de gouttelettes que laissaient en suspend le moindre de leurs souffles. « On dormira dans la forêt... » confirma-t-elle avec un hochement de tête qu'elle souhaitait plus convaincu par apeuré. Elle savait ce qu'ils laisseraient derrière eux s'ils quittaient les lieux. Pourtant, Nuna ne pouvait pas affirmer qu'elle se sentirait plus en sécurité à l'extérieur. Et si c'était juste elle qui avait contaminé Gen avec ses frousses insensées ?

C'était la main de Gen qu'elle serrait dans la sienne qui rappelait à Nuna qu'elle était encore vivante. Il zonait ici une sensation de néant, qui n'appelait pas sans rappeler la mort. Nuna, comme la majorité des Athnas, avait une spiritualité qui lui interdisait de contredire les affirmations de Gen. Mais s'ils ne voyaient pas leur ennemi, ils n'étaient probablement pas seuls. C'était une présence qui, au lieu de se voir, se ressentait jusque dans les os. A la vie après la mort, à celle qui laissait une trace dans ce monde, Nuna croyait. Elle avait toujours vu dans cette croyance une forme de poésie et d'onirisme, mais surtout un idéal qui lui permettait de côtoyer une mère et un frère disparus avant qu'elle n'ait eu le temps d'ancrer leur souvenir dans sa mémoire. Alors, qu'est-ce qui pouvait bien la retenir de croire à ce moment là à des esprits mal intentionnés ? Ils avaient imprégné l'atmosphère de leur animosité.

Mais ils ne pouvaient pas rester sur place. Pas une minute de plus, et certainement pas pour la nuit qui commençait à prendre ses marques, plongeant progressivement les lieux dans une semi-obscurité sinistre. Presque doucement mais dans élan brutal, Nuna lâcha la seule ancre qui la liait encore à ce monde. Elle laissait Gen derrière elle et avançait sous l'ancienne coupole de verre, vers la cage d'escalier qui les séparait de la liberté et de l'apaisement.

La pénombre l'envahit subrepticement. La cage d'escalier ne laissait plus entrevoir aucune autre forme de lumière que celle qui lui parvenait de la verrière derrière elle. Les quelques reflets qui en parvenaient dessinaient sa silhouette sur la tige de vieilles pierres autour de laquelle s'enroulait le colimaçon des marches. Confrontée à l'obscurité qui réveillait ses peurs, Nuna décidait de ne pas se laisser envahir par ce qui avait le pouvoir de la tétaniser. Sa propre voix la rassurant, parce qu'elle l'ancrait à nouveau dans cette réalité qu'elle avait quittée en lâchant la main de Gen. Mais c'était à ces présences invisibles qu'elle s'adressait. Elle ne pouvait croire qu'elle était unique ou que toutes étaient malveillantes. Nuna était protégée par sa famille, où qu'elle soit, et c'était à elle qu'elle faisait appel. Son frère et sa mère voyageaient constamment à ses côtés. Elle attendait qu'ils la couvent de leur bouclier affectueux. Elle entendait à peine Gen qui la suivait, ne remarqua que l'ombre de sa silhouette s'ajouter à la sienne alors qu'elle descendait les premières marches. L'atmosphère était toujours aussi pesante, mais il semblait s'y ajouter quelque chose de nouveau, d'un peu plus frais, quelque chose qui allégeait le poids sur les épaules de Nuna. C'était peut-être le courage ou l'instinct de survie; c'était peut-être la présence de Gen qu'elle sentait quelques marches derrière elle; c'était peut-être la présence d'une mère ou d'un frère venu épauler les deux amis prisonniers de leurs peurs. C'était peut-être une combinaison de tous ces moteurs qui la dirigeaient vers le bas et la sortie de ce phare. Derrière elle, finalement, Gen la pressait. Elle se retourna vers lui mais ne vit que le noir de cette cage d'escalier dans laquelle ils s'étaient déjà trop enfoncés pour que les lueurs de l'extérieur puissent continuer à leur parvenir. « Je vois rien... » s'excusa Nuna, un peu penaude de mal faire les choses. Avancer, ce n'était peut-être déjà pas si mal. Sa main était accrochée aux pierres autour desquelles s'enroulaient les marches et elle reprit calmement la marche.

Les encouragements de Gen résonnèrent entre les pierres, poussant la brune à accélérer la cadence. La descente de cet escalier semblait interminable. Elle ne parvenait pas à se représenter les distances ou hauteurs. Quand est-ce qu'ils retrouveraient la terre ferme ? Nuna prenait son mal en patience, parce qu'elle savait que laisser ses inquiétudes prendre le dessus pendant une seule seconde la clouerait sur place, persuadée d'être coincée dans une cauchemar et incapable d'en sortir.

Quand enfin la porte encore entrouverte se dressa devant elle, la brune sauta les deux dernières marches et s'accrocha à la vieille poignée de fer rouillée pour l'ouvrir largement dans un mélange de grincements et de raclement. Même si la nuit était en partie tombée sur la forêt qui entourait le bâtiment, la clarté des lieux contrastait avec l'intérieur du phare de façon presque salutaire. Elle franchit les premiers mètres dans l'herbe les bras grands ouverts, un sourire en coin, embrassant le monde qu'elle avait été persuadée, quelques minutes plus tôt, ne plus jamais pouvoir côtoyer. « On est vivants... » souffla-t-elle en se tournant vers Gen. Elle sourit, soulagée, avant qu'un hennissement n'attire son attention. Elle se tourna vers les chevaux, accrochés à un arbre à quelques mètres de là, et jeta un coup d'oeil inquiet à Gen. Le danger, ils étaient censés l'avoir laissé à l'intérieur. Si les âmes qui étaient ici pouvaient suivre de choisir un visiteur, elles l'auraient fait depuis longtemps. Elles étaient coincées, enfermées, prisonnières; c'était peut-être d'ailleurs ce qui les rendait si amères, si jalouses de la liberté des vivants. Nuna rejoignit la monture que Gen lui avait choisie pour la route et lui flatta l'encolure quelques instants, soufflant à son oreille quelques phrases, questions et affirmations secrètes. Elle rejoignit son amie pour prendre sa main et la serrer dans les siennes, le regard planté dans le sien. « Je suis désolée pour Enako... tu ne te dis pas qu'elle nous a protégés, quand on est descendus ? » Un petit sourire tendre plus tard, Nuna avait répondu elle-même à cette question. C'était leurs morts à eux, qui les avaient protégés, là-dedans. Ceux qui étaient coincés à l'intérieur n'avaient probablement aucun cœur vivant auquel s'accrocher. Ils erraient sans but, sans amour; rien d'autre qu'une haine croissante pour le monde qu'ils voulaient quitter plus que tout. Nuna déposa tendrement sa main sur la joue de son amie pour essayer de faire naître un sourire au coin de ses lèvres. Tout n'avait pas été perdu, dans cette aventure. Ils n'avaient pas été tout seuls, mais ils n'avaient pas été baignés que dans la malfaisance. Ils étaient vivants, ils étaient ensemble, ils avaient fuit le danger.

Pourtant, il semblait que ce n'était pas fini, pas encore, pas tout à fait. Un bruit strident, qui ressemblait à un cri humain, s'éleva des hauteurs du phare, dans le dos de Gen. Effarée, Nuna leva le nez, comme si elle s'attendait à trouver une horreur dans les airs ou contre les pierres de ce bâtiment centenaire. Sa respiration se saccadait à nouveau et sa main se crispa sur le visage de Gen avant de le quitter. Derrière elle, l'un des chevaux hennit à nouveau. Ce n'était pas fini. « Tu... tu crois qu'on peut faire quelque chose pour... ce qui est coincé à l'intérieur ? » demanda-t-elle, les yeux embués par la panique, les lèvres entrouvertes. Ce qui était mort avait été vivant. Ca avait été un parent, un enfant, un frère ou une soeur, un amant ou une amante; ça avait été un ami, une amie, un confident ou une confidente. Ca avait été humain, ça avait aimé, ça avait connu la peine et la détresse, la joie, l'espoir et puis ça connaissait maintenant le terrassement auquel il ne semblait y avoir aucune porte de sortie. Pour toutes ces raisons, ce qui était mort devait avoir à le droit à la paix, à ne pas connaître l'horreur de la haine comme seule destinée. Dans sa poitrine, Nuna sentait son cœur s'emballer, parce qu'elle-même possédait la réponse à cette question. Nuna était de ceux qui étaient nés pour aider, pour emmagasiner la détresse et y répondre avec une sensibilité exacerbée, saleté de sensibilité qui la bouffait comme une maladie. Ce qui l'avait tant effrayée avait peut-être cherché l'attention, une issue à ce calvaire que les vivants ne pouvaient imaginer. Mais ce qui l'avait tant effrayée les avait laissés sortir -sans doute pas sans l'intervention de quelques uns de leurs disparus, mais peut-être aussi parce que ces êtres n'étaient pas si maléfiques que désespérés. Et au désespoir, Nuna voulait toujours s'opposer. C'était son combat éternel. Il suffirait de quelques mots, peut-être; d'autre chose qu'une peur panique -une considération humaine, un respect, un calme que peut-être personne n'avait voulu ou pu leur offrir jusque-là. Il suffirait de quelques instants et ses boucles au vent, humidifiées par la bruine salée et opaque de bord de mer, Nuna redoutait autant qu'elle espérait l'aval de son ami.

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le Mer 26 Juin - 21:24
Gen sentit la panique l’envahir quand Nuna lâcha sa main et avança devant lui. Elle semblait bien, habitée par une nouvelle énergie, mais clairement, il eut peur. Peur de la perdre, peur qu’un esprit ait pris son contrôle. Dans les escaliers, dans l’obscurité, il osa la presser, qu’elle avance. Elle s’excusa de ne rien voir et le guerrier si dur s’adoucit. « Pardon Nuna. » Il oubliait parfois qu’il exigeait trop des vivants, comme pour se venger de leur présence alors que ceux qu’il aimait étaient loin. Ils furent enfin dehors et l’archer souffla un grand coup. Il se laissa même à sourire quand il vit son amie marcher les bras grands ouverts. On aurait dit une divinité et c’était presque amusant. Gen en aurait presque oublié qu’ils avaient vécu un moment difficile. Il hocha la tête alors qu’elle affirma qu’ils étaient vivants. Il lui sourit en retour. Le bruit des chevaux lui fit tourner la tête et il capta l’inquiétude de Nuna. « Les chevaux ressentent les choses. » En tout cas selon lui, cela expliquait bien le tempérament de ces bêtes. Ils étaient intuitifs et ressentaient les choses de l’au-delà. C’était une des théories de Gen. Il s’approcha de Yuki et la caressa pour l’apaiser. Il passa sa main sur sa double-mâchoire due à la radioactivité et se rappela qu’elle était un cadeau de mariage.

Avait-elle ressenti la présence d’Enako, sa propriétaire d’origine ? Il ne le saurait jamais. Il tourna la tête vers son amie quand elle parla de sa défunte femme. « Elle et les autres de la montagne. Je leur ai demandé de veiller sur nous. » Et il était sûr qu’ils l’avaient entendu. Il ignorait que son amie pensait pareil. Même en plaine, il avait l’impression de porter la montagne en lui. Sa tendre et chère montagne ne le quittait jamais vraiment, même en voyage. Il sentait toujours la froideur de la neige quelque part au fond de lui comme pour lui rappeler d’où il venait. Gen sourit quand la main de Nuna fut sur sa joue. Elle était si douce avec lui, si patiente alors qu’il était un amas de froideur, de rancœur, de tristesse. Il savait que plus les années passaient, mieux il allait. C’était à peine s’il parlait quand Enako était morte et encore moins s’il prenait soin de lui ou de son fils. Dai avait dû tout gérer, lui y comprit. Il était parfois triste d’avoir fait souffrir Nuna qui avait perdu une amie, mais aussi lui. « Je suis désolé Nuna, je ne suis pas toujours facile. » Ils avaient des tempéraments si différents, mais ils arrivaient à s’entremêler et à s’entendre. De plus, il n’oubliait pas que Nuna avait toujours été présente dans la vie d’Ephraim pour s’occuper de lui, lui raconter des histoires quand Gen se sentait débordé.

Il ne pourrait jamais apporter ce qu’une femme apportait à son enfant et il savait que son fils avait besoin de la douceur de Nuna. Dai était plus douce que lui, mais restait une Deng, forgée dans la dureté de leurs parents, dans l’honneur, dans le savoir-faire. Ephraim ressemblait énormément à Enako, rêveur, doux, mais si intelligent. Son regard brillait constamment et Gen ne s’étonnerait pas si un jour, son fils décidait de faire un travail en rapport avec son intelligence. Un cri rompit ses pensées et il leva la tête vers le phare. Une sueur froide coula le long de sa nuque et il se demanda ce qui rôdait là-dedans. Il sentit la main de Nuna se crisper sur son visage. « Comment on pourrait l’aider ? » Car franchement, lui ne voyait pas. Il la regarda, il la savait très sensible et altruiste. Ce trait de caractère l’avait toujours fasciné. « Tu as de quoi le libérer ? » Il pensait à des herbes. C’étaient les seules méthodes qu’il connaissait et qu’ils avaient vu effectuer par certains spécialisés dans l’herboristerie.
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Nuna Cortez
DATE D'INSCRIPTION : 12/10/2018 PSEUDO/PRENOM : Lux Aeterna MULTICOMPTES : Murphy Cavendish MESSAGES : 1649 CELEBRITE : Zazie Beetz COPYRIGHT : Avengedinchains ♥ (avatar), Lux Aeterna (sign, gifs) METIER/APTITUDES : Forgeronne et orfèvre (joaillière) TRIBU : Athna POINTS GAGNES : 208
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le Ven 5 Juil - 1:43


les explorateurs du dimanche

Nuna Cortez & Gen Deng


(22 novembre 2118 / intrigue Halloween)


En ce qui semblait avoir été quelques minutes à peine, la balance avait basculé. Et c'était parce qu'elle avait compris qu'ils pouvaient rester paralysés de nombreuses et précieuses secondes encore que Nuna avait pris les devants. Foutu pour foutu, se disait-elle... Si les lieux étaient habités par une présence malveillantes, foncer maintenant ou plus tard ne changeait rien. S'il y avait la moindre chance, au contraire, qu'ils s'en tirent, il fallait la saisir maintenant. Les probabilités n'auraient de cesse de se réduire dans les prochains instants et il serait bien trop vite trop tard. S'ils voulaient défier cette angoisse de la mort, s'ils voulaient mettre au défi cette drôle d'entité qui les poussait tous les deux dans leurs retranchements, c'était maintenant ou jamais.

Lorsque la lumière de l'extérieur avait commencé à s'infiltrer dans le colimaçon, Nuna avait su que la libération était proche. Elle n'attendait que ça, de retrouver le semblant de clarté qui baignait encore les extérieurs du phare. Tant qu'elle serait à l'intérieur, l'ambiance serait lourde et oppressante. Tant qu'elle serait à l'intérieur, elle ne serait pas en sécurité. Dehors c'était clair, dehors c'était libre, dehors c'était hors de danger. Mais un chemin ne lui avait jamais paru aussi long que sur ces derniers mètres, un obstacle ne lui avait jamais paru si infranchissable que ces dernières marches. Gen était quelque part derrière elle, à la fois pressé et désolé de la presser, et Nuna n'avait qu'une hâte : quitter les lieux et lui offrir cette sécurité, à lui aussi. Qui aurait cru qu'elle serait celle des deux à foncer droit au cœur du danger ? Ce n'était pas son courage qui l'avait dirigée; au contraire, c'était sa crainte de chaque seconde qui passait, de chacune des menaces qui y puiserait un peu plus de cette énergie menaçante. Ce n'était pas de la bravoure qui la faisait avancer, c'était la perspective d'enfin se sortir de là et sortir son ami de là. Pourquoi ? Parce que pour l'une des premières fois, l'équilibre avait basculé. Pour l'une des premières fois, elle avait été témoin de la peur de Gen. Elle avait accepté cette virée à l'autre bout de leur petit monde parce qu'elle comptait sur son ami pour assurer sa sécurité. C'était lui l'aventurier, lui qui avait l'expérience du dehors. Ca ne laissait pas la plus agréable des impressions, de s'en remettre totalement à quelqu'un d'autre. Nuna savait que c'était à elle-même qu'elle devait accorder sa confiance, mais lorsqu'il s'agissait de telles aventures, elle avait toujours su que d'autres étaient bien mieux armés qu'elle. Et à ses plus proches, elle avait toujours pu accorder son entière confiance. A Gen, Nuna confiait sa vie sans hésiter.

Dehors, enfin ils étaient dehors. L'air était plus respirable, ici, mais l'humidité du bord de mer lui faisait manquer ses montagnes. Ils vivaient, ils avaient retrouvé leur liberté et laissé derrière eux les lourdes menaces qui les avaient assommés. La porte pouvait bien se refermer lourdement derrière eux, peu lui importait. Tout ça, c'était derrière eux, maintenant. N'importe où serait mieux qu'ici pour passer la nuit. Dormir dehors, au milieu de la forêt, paraissait d'un coup bien engageant. Les sensations de libération et de liberté étaient presque physique et Nuna envahissait l'espace qui lui était rendu, un sourire au coin des lèvres. Maintenant, tout allait bien. Maintenant, tout irait bien. Mais c'est l'un des deux chevaux qui la ramena sur Terre, lui rappelant qu'ils n'étaient pas si loin de la haute tour, que ce n'était pas tout à fait terminé. Ils avaient franchi une porte, mais est-ce qu'une porte suffisait à retenir le mal ? Était-il enfermé là-dedans, condamné à y rester sans en franchir les limites physiques imposées par le monde des vivants ? Elle jeta un coup d'oeil inquiet au bâtiment et à Gen. « C'est ce qui m'inquiète... » Que les chevaux ressentent les choses, c'était ce qui l'inquiétait. Parce qu'ils ne semblaient guère plus sereins qu'ils l'avaient été, les deux Athnas, à l'intérieur du phare. Nuna était soulagée mais ça n'avait peut-être pas tout à fait, pas encore lieu d'être. Mais Yuki semblait s'apaiser sous les caresses de Gen, et peut-être que c'était tout ce dont elle avait besoin, du contact de son humain. Peut-être qu'elle avait besoin de le sentir en vie à ses côtés, de le savoir sain et sauf, tangible, dans ce monde qui n'avait pas grand chose à voir avec celui dans lequel on plongeait en mettant le pied dans cette antre infernale qu'était la tour qui se dressait devant le groupe. « Oui... » souffla doucement Nuna en jetant un coup d'oeil au phare. C'était eux qui les avaient guidés jusqu'à la sortie, sans doute. C'était eux qui les avait tirés de là. Et le cœur de la brune se serrait en réalisant qu'il fallait vivre de pareils cauchemars pour sentir la présence de ceux qui manquaient à ce monde et à leurs vies. Et s'ils étaient coincés là, eux aussi ? Enako, et puis sa mère, et puis son frère ? « Tu crois qu'on a vraiment besoin d'aller aussi loin pour les retrouver ? Enako et tous les autres ? » Sa gorge se serrait à cette simple pensée. Elle était persuadée d'avoir déjà senti la présence de disparus à ses côtés, mais peut-être était-ce son esprit qui lui avait joué des tours. Elle avait toujours considérée comme acquise la proximité avec ceux qui n'étaient plus de ce monde, mais peut-être que c'était juste un jeu de l'esprit qui essayait tant bien que mal de se réparer, de se réconforter des absences forcées.

La main apaisante de Nuna était venue se poser sur la joue de son ami, comme pour le rappeler à ce monde. S'ils étaient là, dehors, tous les deux, alors tout allait bien. Ils avaient laissé derrière eux tout ce qui n'allait ou pouvait ne plus aller. Mais... « Pourquoi tu dis ça ? » Ses traits avaient pris un air sévère alors qu'elle cherchait une réponse dans le regard de Gen. De quoi s'excusait-il, au juste ? De l'avoir amenée ici ? Elle pencha la tête sur le côté, prête à l'assommer de remontrances. « Eh », ajouta-t-elle finalement en s'adoucissant, sa main délicate exprimant à nouveau toute sa tendresse sur la joue de l'homme. « T'excuse de rien avec moi. » Certains devaient parfois se demander ce qui pouvait bien lier deux êtres aussi différents. Mais aussi facilement que ceux qui se ressemblaient s'assemblaient, les opposés s'attiraient; ou peu importaient les règles qui pouvaient gouverner l'humain et les liens qu'il pouvait tisser dans le long couloir de son existence, parce qu'on n'avait pas besoin d'expliquer ces choses-là. Lorsqu'on pouvait les expliquer, alors c'est qu'elles n'étaient peut-être pas si magiques que ça. Rationaliser, c'était abandonner tout le mystère qui faisait le charme de ce qui prenait naissance dans la fraîcheur de la spontanéité. Avec, Gen n'avait jamais cherché à rationaliser les choses. C'était peut-être le temps et les épreuves qui les avaient rendus si proches; peut-être que sans Enako et plus tard Ephraïm, leur amitié aurait été vouée à disparaître. Mais elle demeurait ce qu'elle était depuis tout ce temps : forte et indélébile, ancrée dans les années et dans les cœurs. Pour lui, Nuna serait toujours là. Pour lui, elle était capable de traverser le continent, s'il avait une seule once d'espoir d'entrapercevoir sa défunte femme ou de sentir sa présence dans les sillages d'un air qui porterait sa tendresse.

C'est un cri qui la ramena à cet espace et à ce temps. Elle se cripa malgré elle, réalisant que la menace n'était pas réellement derrière eux. Pas complètement. Tant qu'ils n'auraient pas décampé, elle serait toujours là à les veiller, à guetter leur retour. Si son instinct de survie lui hurlait de prendre la fuite dès maintenant, il y avait quelque chose d'autre qui la dirigeait. C'était ce qui la dirigeait toujours, ce qui l'alourdissait d'un poids inconcevable pour les autres, ce qui l'enfermait si souvent dans une drôle de solitude. Ce cri n'avait duré qu'un instant, une ou deux secondes tout au plus, mais il semblait à Nuna qu'elle y avait entendu toute la détresse d'une vie et d'une après-vie, d'un temps infini et d'une infinité de temporalités. Hésitante, elle laissa sa question se libérer dans l'atmosphère lourde de menaces et de bord de mer. Elles étaient tremblantes, la question et celle qui l'avait émise. Elle était terrifiée, Nuna, terrifiée qu'il lui réponde par la positive et qu'ils soient contraints par sa sensibilité à se replonger là-dedans, dans la peur incontrôlable, dans la lourdeur angoissante de ce qu'ils ne parvenaient pas tout à fait à saisir. La réponse de Gen, pourtant, n'en était pas vraiment une. Elle l'était à demi-mots, comme s'il se méfiait d'elle, mais elle suffisait à Nuna pour saisir l'essence de ce qu'il essayait de lui dire. De quoi libérer ce qui avaient été faits prisonnier du monde là où il s'arrêtait, aux abords d'une mer qui pouvait tout emporter en quelques vagues ? Nuna n'avait rien sur elle. Aucune des herbes dont se paraient habituellement ceux qui s'attelaient à ce genre de tâche, préparaient ce genre de séparations. Ses lèvres s'entrouvrirent alors qu'elle cherchait à répondre, le regard fuyant du côté des chevaux qui, pour une raison obscure, semblaient s'être un peu apaisés. « Je... j'ai rien... » Paniquée en confessant cet aveu, elle chercha le regard rassurant de son ami, les doigts nerveusement entremêlés les uns aux autres. Mais ce n'était pas tout à fait faux : elle s'avait elle, aussi insignifiante puisse-t-être cette possession, aussi ridicule puisse-t-elle être. Elle avait sa drôle de sensibilité qui lui faisait ressentir ce que pouvait ressentir ce ou ceux qui étaient enfermés dans la haute tour; elle avait cette empathie qui lui interdisait de quitter les lieux immédiatement, sans réfléchir à ce qu'ils pourraient laisser derrière eux. Combien de temps avant que quelqu'un d'autre ne repasse ici ? Combien de temps avant une opportunité de libération ? Si c'était quelqu'un qu'elle aimait qui vivait pareil enfer éternel, Nuna espérait que quelqu'un prendrait la peine et le temps de briser le cycle de torture. Fuir était plus facile; ce serait la fin pour eux. Ce ne serait pas la fin pour ce qui se cachait à l'intérieur. « Peut-être que je peux... parler ? » Ses idées lui paraissaient encore plus stupides lorsqu'elle s'entendait les proposer. Elle ne voulait pas replonger là-dedans. Ils s'en étaient sortis la première fois mais rien ne prouvait que ça n'avait pas été de justesse. Elle ne voulait plus remonter là-haut; là-haut était insupportable, invivable. En jetant un dernier regard à son ami, Nuna lui caressa le bras comme si elle lui disait au revoir. « Je... je vais essayer.... je peux pas laisser ça comme ça, tu sais... t'es pas obligé de me suivre. Je... quoiqu'il se passe, j'assumerai. » Elle n'osa plus le regarder. Elle avait peur de trouver dans ses prunelles le reflet de sa propre folie. Elle fit volte-face sans attendre et retrouva la haute tour. Elle avait laissé un mètre entre elle et la lourde porte qu'elle avait franchi avec tant de soulagement quelques instants auparavant. Ses gestes étaient toujours nerveux et elle s'était mise à ronger ses lèvres sans s'en rendre compte. C'était un regard de détresse qu'elle lançait à la porte de bois. Celle-ci s'était refermée derrière eux, comme si quelque chose cherchait à maintenir cette séparation entre deux mondes, entre l'intérieur et l'extérieur, la lourdeur et le plus léger, la prison et la liberté, la mort et la vie. Doucement, elle tendit le bras en s'avançant pour ouvrir la porte et resta là, un pied dedans et un pied dehors, s'adossant à l'épaisseur du mur. Plus serait fou. Moins serait inutile. « Vous... vous êtes là ? » La question était timide et fut suivie d'un silence de quelques secondes qui poussa Nuna à jeter un coup d'oeil à la cage d'escalier sombre. Elle ne voyait rien. Rien d'autre que... dans un soubresaut, elle constata quelques lueurs étranges, à peine perceptibles, qui brillaient là, au milieu du noir. « Je... On est désolé, on voulait pas vous déranger, on était juste... on cherchait quelqu'un. » Elle chercha du regard Gen pendant une seconde. « Je veux toujours pas vous déranger, je... je me demandais juste si vous étiez heureux, ici. Si vous vouliez pas passer à la suite. Ca doit être solitaire, ici, et puis vous devez vous faire embêter régulièrement... » Elle sourit toute seule pendant une seconde. C'était des gens comme eux, qui les embêtaient. « Y'a rien qui mérite que vous passiez votre seconde vie ici, je pense... » Apeurée à chacun de ses mots, Nuna n'osait plus regarder dans les escaliers. Elle avait peur de constater une différence dans les petites lueurs. Elle était peur de trouver une menace immédiate; elle avait peur d'y trouver la mort elle-même. Alors elle s'enfermait dans ses pensées, dans son univers, et s'adressait à ces inconnus comme elle aurait aimé qu'on s'adresse aux siens, inconnus d'autres apeurés.
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