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˜˜˜˜˜˜Les explorateurs du dimanche | Nuna
maybe life should be about more than just surviving


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04/10/2014 neko Eirik Thorvald, Skylar Rees, Leary Wrath, Cyd Raye 1320 Godfrey Gao AVENGEDINCHAINS.(avatar), tumblr (gif), northern lights.(code signature) cavalier, archer Athna 82


Sujet: Les explorateurs du dimanche | Nuna
Jeu 22 Nov - 10:33

Des rumeurs circulaient, des esprits habiteraient le phare abandonné sur des terres bien loin de la montagne. Gen avait entendu ces rumeurs lors d’un de ses voyages et avait fait un pari fou avec lui-même, allez voir cela. Sauf qu’il ne voulait pas aller seul et c’était pour cela qu’il toquait à la porte de la maison de Nuna. Une amie d’enfance très importante pour lui. Ils avaient traversé bien des années ensemble, mais aussi des épreuves. Nuna n’était pas la personne la plus courageuse du village, mais Gen avait envie de partir avec elle, de lui faire découvrir l’extérieur. Ce fut ainsi qu’il fut chez elle et à dire ceci ; « tu verras, je serai avec toi et ce sera super ! » Et qu’il se retrouva à lui préparer une monture, en plus de Yuki qui attendait sagement son départ. Il n’avait pas parlé des esprits, elle ne le suivrait jamais s’il venait à dire cela. Non, elle aurait trop peur et il la comprendrait. Mais Gen voulait la convaincre que sortir était une bonne chose. Ils sortaient à peine de la montagne, que le cavalier se dit qu’il devrait être un bon parleur pour l’empêcher de fuir. « On va faire une sacrée route, mais tu vas voir, on fera quelques pauses. Tu vois, il faut oser parfois. » Il lui fit un sourire des plus angéliques pour tenter de la rassurer. Il savait qu’elle se douterait rapidement que quelque chose ne tournait pas rond. « On peut s’arrêter parmi les pikunis, manger et on en aura encore pour quelques heures. Je veux t’emmener voir les vestiges de l’ancien temps. »

Il espérait qu’elle apprécierait. Ils avaient pris de quoi manger, de la viande de leur montagne, quelques légumes séchés et du pain sans levain. C’était un repas parfait pour tenir malgré les températures. Même si en plaine, clairement il faisait beaucoup plus frais que dans la montagne. Leur montagne si rude qui les forgeait. En plaine, il avait l’impression qu’il faisait chaud et cela lui donnait presque l’impression qu’ils étaient en printemps. Le brun décida de faire une pause non loin des champs des pikunis et partagea ce repas avec Nuna, silencieux. Il réfléchissait encore à comment lui dire que le phare était soi-disant hanté. Oh, il trouverait bien une manière de lui en parler tôt ou tard. « Prête ? On y va ? On sera arrivé avant le coucher du soleil. » Et il avait hâte. Il était impatient comme un petit enfant. Gen remonta en selle, vérifia qu’il avait tout emporté et pressa les flancs de Yuki. Ils devaient passer à travers les bois, traverser quelques bois et longer les marécages. Ils avaient encore de la route, mais Gen était tout excité à l’idée de voir le phare. Son regard foncé pétillait comme s’il arrivait à la période des grandes fêtes et des banquets. Il redevenait un enfant à cet instant. « Je suis content que tu m’aies accompagné. Tu vas devenir une vraie exploratrice. » Dit-il avec toujours son petit air canaille.

Il imaginait mal Nuna en tant qu’exploratrice, mais pourquoi pas après tout ? C’était une piste à explorer. Gen était surtout content qu’ils n’aient pas croisé le peuple du ciel. Même s’il y avait deux tribus du ciel et que le cavalier connaissait certaines personnes de ce peuple, il n’avait pas envie de les croiser. Mais peut-être que les rumeurs avaient attiré des gens d’autres tribus. Il se le demandait bien. Le phare se dessina bientôt au loin, à travers quelques arbres, objet en ruine qui tenait étrangement malgré son état de délabrement. « Impressionnant n’est-ce pas ? J’ai toujours été très curieux des monuments de l’ancien temps. » Il avait visité bien des ruines et c’était posé bien des questions. Ces lieux le fascinaient énormément. Le temps semblait s’être arrêté et Gen descendit de Yuki, commençant à attacher sa jument à l’abri des regards.

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12/10/2018 Lux Aeterna Murphy Cavendish 646 Zazie Beetz Lux Aeterna (vava, sign, gifs) Forgeronne et orfèvre (joaillière) Athna 797


Sujet: Re: Les explorateurs du dimanche | Nuna
Ven 23 Nov - 23:19



les explorateurs du dimanche

Nuna Cortez & Gen Deng


(22 novembre 2118 / intrigue Halloween)


Nuna n'était pas connue pour son courage et ses choix impulsifs. Elle aimait l'exploration, passionnément, mais seulement à travers le prisme des autres. Elle aimait écouter les histoires de ceux qui parcouraient le monde, autant qu'elle aimait en inventer pour elle et pour tous les gamins qui buvaient ses paroles. Mais quitter son village trop longtemps allait à l'encontre de ses aspirations, et quitter ses montagnes était source d'angoisses. Il en fallait beaucoup pour la convaincre de quitter son cocon; souvent, ça passait par la promesse de quelques trésors, d'une pierre ou deux qui inspireraient son imagination débordante. Quand Gen s'était pointé chez elle pour lui proposer de descendre au sud de l'île, Nuna l'avait regardé d'un air dubitatif, était restée silencieuse quelques instants en cherchant par tous les moyens à refuser son offre de la façon la plus polie et respectueuse possible. Il était hors de question de quitter son volcan, surtout maintenant que les premières neiges menaçaient de se pointer. Quand elles arrivaient, il n'y avait rien de plus réconfortant que leur village, les hautes flambées dans les maisons et les fourrures dans lesquelles on se lovait. Mais il avait argumenté, et même bien argumenté, le bougre. Il n'avait pas su accepter un refus trop poli, s'était glissé dans les failles de sa bienséance pour en faire sortir toutes les bonnes raisons pour elle de le joindre dans sa virée.

Elle était faible, Nuna, et la voilà, quelques jours plus tard, aux premières heures du jour, à flatter l'encolure du cheval que Gen avait préparé pour elle. Elle le regarda droit dans les yeux, lui sourit un peu timidement, avec beaucoup de respect, comme à chaque fois qu'elle confiait ses fesses à l'un de ses collègues. Elle lui glissa à l'oreille quelques politesses un peu tendres, de celles que l'on offrait d'ordinaire à des amis d'amis, juste parce que les circonstances donnaient l'impression que l'on était fait pour s'entendre, et que si les choses n'étaient pas évidentes au premier abord, il faudrait les rendre évidentes au second. Pendant un certain nombre d'heures, elle dépendrait de l'étalon. Une telle alliance devait commencer par quelques instants de partage et ne pouvait naître que dans une confiance réciproque. Avec un de ces petits sourires qui éclairaient toujours son visage, Nuna enfourcha enfin la monture et avec Gen, ils quittèrent le volcan. Dans la besace de la brune, de quoi tenir deux journées, voire trois jours si les choses prenant un tournant non planifié. Sur son dos, plusieurs couches de fourrure desquelles dépassaient un visage aux airs peu convaincus. Et derrière elle, déjà, les hauteurs des montagnes qu'ils laissaient pour deux jours.

A Gen, elle répondait par des sourires un peu polis, surtout inquiets. Le froid saisissait les doigts et le visage laissés nus, et si perdre en altitude faisait grimper la température d'un ou deux degrés, s'éloigner de leur foyer engendrait chez Nuna une préoccupation qui ne les valaient pas, ces quelques degrés. Elle le savait, qu'il sentait son inquiétude. Elle pouvait le voir aux regards qu'il lui lançait de temps à autres et surtout aux arguments qu'il continuait d'énumérer, même maintenant qu'ils étaient en route. « Tu oses, je suis. C'est bien aussi ! » Elle tentait l'enthousiasme mais peu convaincue, elle jeta un dernier coup d'oeil aux montagnes qui se dressaient maintenant derrière eux. « Pourquoi le phare ? Pourquoi aussi loin ? » Ses doigts gelés s'agrippaient aux brides de cuir alors qu'elle cherchait le regard de son ami, attendant peut-être un peu malgré elle qu'il lui annonce un changement de plan, pour visiter quelque chose de plus proche, peut-être un marché où elle trouverait une jolie pierre à monter sur un des métaux qu'elle choisirait avec soin plus tard. Elle se pencha finalement par-dessus l'encolure de son cheval pour lui souffler quelques encouragements et releva son regard, étrangement brillant, vers Gen, qui parlait de s'arrêter chez les Pikunis pour prendre une pause. « Tu m'as réservé une surprise au village ? » Du genre : une pierre ? Une turquoise, peut-être, un grenat, une pyrite ? Un saphir, un rubis, une opale ? Des métaux, des métaux précieux ? Peut-être de l'argent ? Ou quelques miettes d'or ?

Mais le voyage, la majorité du temps, restait silencieux. Nuna s'enfonçait dans ses questionnements autant qu'elle les oubliait. Un paysage, une image, quelques collines au loin, le village des Pikunis; tout lui rappelait qu'elle ne sortait pas assez du volcan, que ces visions étaient trop occasionnelles pour qu'elle ne parvienne à s'en satisfaire. Elle faisait entièrement confiance à Gen, peu importent les motivations qui le poussait si loin de chez eux -car il avait un objectif, elle en restait persuadée. « Ca va ? » demanda-t-elle en se délectant du goût de viande qui restait sur ses doigts. Le repas avait été calme et glacial -l'un et l'autre étaient probablement liés, mais Nuna préférait en avoir le cœur net. Pendant qu'ils remballaient sagement leurs affaires, Nuna jeta un coup d'oeil au village au loin. Pas de pierres par ici -et les souvenirs d'une fête estivale lui revenaient vaguement, à la fois brumeux et oniriques. « Tu sais où on va dormir ? » La question, inquiète, fusa alors qu'elle réalisait pour la première fois qu'ils allaient passer la nuit loin de chez eux, très loin de chez eux, et au milieu d'un terrain qu'ils ne connaissaient que trop peu. Chaque chose en son temps, avait-elle pensé jusqu'à présent.

En reprenant la route, Nuna pouvait presque sentir physiquement l'éloignement de son volcan. L'appréhension et l'excitation de la perspective de la découverte gagnaient du terrain à la même vitesse. Elle était contente d'avoir Gen à ses côtés -elle n'aurait guère pu rêver meilleure compagnie pour un voyage dont elle ne savait pas grand chose d'autre que sa seule condition de voyage. C'était peut-être pour cette simple raison d'ailleurs, qu'elle n'avait que peu protesté face aux arguments de son ami et abdiqué si vite. Avec lui, elle se sentait en sécurité. Si elle avait glissé une lame dans ses affaires, c'était pour rassurer ses inquiétudes paniquées et pas une seule seconde dans la perspective de s'en servir. S'ils devaient rencontrer un ou des dangers, elle comptait entièrement sur toutes les capacités de Gen, toutes celles qu'elle n'avait pas et qui la faisaient tant admirer son ami. « Exploratrice ? » répéta-t-elle en lui jetant un regard dubitatif, un sourire en coin. « T'as plus besoin d'enjoliver les choses, je suis venue... » Elle rit une seconde, observant la forêt hivernale qui se dressait à perte de vue, maintenant. Les arbres ici n'avaient pas grand chose à voir avec ce qui tapissaient les hauteurs des montagnes. Les résineux avaient laissé place aux arbres à feuilles caduques, nus en cette période de l'année. Leur maison était désormais bien loin derrière eux, et Nuna n'avait plus guère de choix que d'accepter que leur destination puisse valoir un tel sacrifice. « Je suis contente d'être avec toi, moi aussi. » Mais d'être ici ? Peut-être pas tant. Trop de mystère entourait encore cette envie qui animait l'Athna. Au moins, Nuna se considérait chanceuse du calme qui accompagnait leur déplacement. Ils n'avaient croisé personne -les temps étaient peut-être trop frileux pour ça. Elle resserra sa fourrure sur ses épaules et ses doigts sur les brides alors que déjà, au loin, entre les arbres, se dressait le vieux monument. La voix fascinée de Gen la fit fixer un peu plus les vieilles pierres, comme si elle attendait qu'il en sorte un arc-en-ciel, ou n'importe quoi qui justifierait un tel voyage. « T'es déjà venu ici ? » Les chevaux continuaient de dépasser arbres sur arbres et lorsque les deux amis les eurent tous laissés derrière eux, Nuna se décida à descendre de son allié à quatre pattes. Elle pouvait entendre l'océan non loin de là caresser violemment les côtes rocailleuses. C'est d'elles qu'elle s'approcha en premier, faisant doucement suivre son cheval, dominant la mer en contrebas des roches. Elle avait laissé le phare à sa gauche. La mer, ici, semblait à la fois incroyablement semblable et bizarrement différente de celle qu'ils connaissaient là-haut. « Qu'est-ce qu'il a de si exceptionnel, ce monument ? Il cache des pierres précieuses ? » Glissant un regard interrogatif par-dessus son épaule, Nuna se décidait doucement à se laisser porter par les motivations de Gen, quelles qu'elles puissent être. « Tu veux monter ? On laisse les chevaux ici ? » Et un bref regard désolée à la bête qui l'avait portée toute la journée. La bruine et le sel de la mer rendaient l'endroit plus inconfortable que ne l'avaient jamais été les plages du nord. Ici, pas de soleil; juste un drôle de gris qui enveloppait tout et un froid qui saisissait les os des visiteurs.

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04/10/2014 neko Eirik Thorvald, Skylar Rees, Leary Wrath, Cyd Raye 1320 Godfrey Gao AVENGEDINCHAINS.(avatar), tumblr (gif), northern lights.(code signature) cavalier, archer Athna 82



Gen ne savait pas combien de temps ni même s’il arriverait à se taire suffisamment longtemps sans rien dire. Il ne préférait pas dire toute la vérité car il était convaincu que Nuna partirait en courant. « Il paraît que le coin du phare est sympa. » Il mentait un peu, il s’en voulait, mais tint bon. Gen sentait bien que Nuna ne voulait pas aller trop loin et il avait comme l’impression qu’elle allait se transformer en glaçon sur son cheval. « Pas que je sache. » Et il aurait peut-être dû. Il voyait bien son regard briller en pensant à quelque chose. Gen n’osa pas demander quoi car il n’avait rien prévu d’acheter à l’aller. Peut-être au retour, pour la féliciter de son courage. Ils s’arrêtèrent pour manger et la voix de Nuna résonna. L’archer se fit la remarque qu’il était bien trop silencieux, mais c’était une sale habitude qu’il avait pris au fil des voyages solitaires. « Oui et toi ? Tu n’as pas trop froid ? » Quelle idée il avait eu de la sortir du volcan en cette saison. Ils avaient beau avoir froid dans leur montagne, dedans, il faisait moins cru qu’ici où le vent balayait la plaine. Gen n’avait pas pensé à une chose, où dormir. Il s’était dit qu’ils dormiraient bien tard compte tenu du fait qu’ils profiteraient de la nuit pour explorer le phare. « On trouvera bien, mais on dormira dehors, cela va aller. » Ils étaient élevés à la dure, dormir dehors ne risquait pas de faire peur à Nuna, non ? Peut-être l’avait-il sous-estimée.

Peut-être bien finalement. Il tenta de rester calme pour ne pas inquiéter son amie qui avait un tempérament si différent du sien. Le cavalier tenta de la détendre en disant qu’elle deviendrait une vraie exploratrice. Il vit bien son regard, mais n’en perdit pas son sourire. « Je suis content que tu sois venue alors. C’est beaucoup pour toi, je le sais. » Il préférait le souligner pour qu’elle sache qu’il savait tout le courage dont elle faisait preuve. Le courage était important chez les athnas et elle faisait parti de leur fière tribu la petite Nuna, même si elle n’était pas si petite. Il fut touché quand elle lui dit être contente d’être ici avec lui et Gen lui sourit. C’était sa manière de dire merci compte tenu du fait que pour lui, dire merci était très difficile. « Oui, mais il y a très longtemps et je n’étais pas entré dedans. » Il avait juste regardé de loin, très méfiant à l’époque. Aujourd’hui, Gen avait changé d’avis et avait envie d’explorer plus en profondeur le phare. C’était probablement fou de sa part, mais tant pis. Il avait envie d’essayer. Normalement, ils ne risquaient rien.

Ah voilà, elle lui demandait pourquoi c’était exceptionnel ici et Gen se dit qu’elle méritait de savoir. Il s’appuya contre Yuki alors qu’il voyait Nuna proche de la mer. Risquait-elle de se jeter à l’eau par peur ? Il espérait bien que non. « Non pas de pierres précieuses. Il paraît que des esprits rôdent. » Et c’était mentir que de dire que son regard brillait, vraiment curieux. « On ne risque rien. » Il l’espérait du moins, mais normalement cela devrait aller. C’était ce qu’il se disait. Il regarda les chevaux alors que clairement, Nuna ne semblait pas prête à laisser sa monture. « Ils ne risquent rien et ils nous avertiront si quelque chose ne va pas. J’ai toujours laissé Yuki et regarde-la, elle n’a pas l’air bien ? » Il flatta sa monture. Oui il avait toujours laissé sa fidèle Yuki, celle qui représentait le passé de sa vie d’avant perdu depuis plus de dix ans. Une bonne étoile veillait sur elle. Gen espérait que Nuna n’allait pas se dégonfler et venir avec lui. Il ne savait pas comment la retenir à dire vrai. « Tu n’as pas fait tout ce chemin pour rester ici, n’est-ce pas ? J’ai besoin de toi. » Clairement, il la prenait par les sentiments, mais qui ne le faisait pas ? C’était un peu déloyal ce qu’il faisait, mais il tentait le tout pour le tout.

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Sujet: Re: Les explorateurs du dimanche | Nuna
Jeu 10 Jan - 23:18



les explorateurs du dimanche

Nuna Cortez & Gen Deng


(22 novembre 2118 / intrigue Halloween)


Sur le trajet, Nuna avait eu tout loisir d'être déchirée entre fierté d'avoir quittée le volcan, crainte du voyage et de ce qu'ils comptaient trouver si loin de chez eux, et joie de ce tête-à-tête avec son ami. Elle passait de longues minutes calmes et silencieuses à admirer le paysage qui défilait, puis s'inquiétait quelques temps de ce qu'ils étaient censés trouver en fin de parcours. Quand elle pensait à des petites récompenses matérielles, Nuna ne se mettait pas le doigt dans l’œil : elle savait qu'aucune pierre précieuse ne l'attendrait au bout du chemin. Ils ne faisaient pas une chasse au trésor -sinon, Gen aurait sans conteste commencé par ce seul argument lorsqu'il l'avait invitée à le joindre dans cette aventure. La perspective de jolies pierres ou de majestueux métaux était probablement l'un des seules arguments qui pouvaient la pousser hors de son volcan sans que quiconque n'ait à lui donner un coup de pied au cul. Mais Gen le lui avait confessé : pas de trésor à trouver lors de leur halte au village pikuni, mais pas plus de trésor à trouver une fois leur destination atteinte. La destination était-elle le trésor lui-même ? Le plan semblait de plus en plus décousu, et un frisson parcourut l'échine de la brune lorsque son ami annonça l'air de rien qu'il n'avait pas de plan pour passer la nuit. Dormir dehors, Nuna n'aimait pas tellement ça. On était à découvert, totalement soumis au hasard et à quiconque passerait par là pendant qu'on piquait un somme. Nuna était de ceux qui dormaient comme des masses ou ne dormaient pas du tout. La condition sine qua non pour qu'elle puisse tomber dans les bras de Morphée était le sentiment de sécurité. Il était maximal lorsqu'elle dormait chez elle, avec le feu crépitant dans la cheminée un peu plus loin. Dès qu'elle quittait ce cocon intime et rassurant, il devenait plus difficile pour elle de trouver le sommeil. Seul l'alcool pouvait parer à cet inconfort, mais ces nuits-là étaient loin d'être les plus ressourçantes. Et de l'alcool, Nuna était à peu près sûre que Gen n'en avait pas caché dans ses affaires. Elle voyait déjà se profiler la nuit blanche au clair de lune.

Elle essayait de s'inspirer du calme de Gen. Les voyages aussi longs, lui devait y être habitué. Et avec ça, aux nuits solitaires en pleine nature, sans aucune autre protection que ses sens restés à l'affût, même quand il dormait. Comment pouvait-on faire ça ? Pouvait-elle se laisser reposer entièrement sur son ami ? Ne serait-ce pas à la fois déshonorable, ridicule et puéril de porter cette responsabilité sur quelqu'un d'autre qu'elle-même ? « N-non... » souffla-t-elle en espérant à demi qu'il ne l'entende pas essayer de défendre le peu d'honneur qu'il pouvait rester à quelqu'un d'aussi trouillard qu'elle. Bien sûr que oui, c'était beaucoup pour elle, de quitter son petit nid douillet -et spécialement en ce mois de décembre, alors qu'on préférait de loin se lover au coin d'un feu de cheminée ou de l'âtre d'une forge. De toute façon, tout était vite beaucoup pour elle. Mais rester enfermée dans sa zone de confort ne la rendrait jamais heureuse. Partagée entre le besoin de ses habitudes et celui de s'en échapper, Nuna se retrouvait souvent forcée par sa conscience à changer les choses, à aller un peu plus loin dans ses habitudes, juste un tout petit peu plus loin. Il était trop facile pour elle de refuser les aventures qui promettaient les complications. A rester dans ses zones de confort, Nuna ne risquait pas grand chose. Pour qu'elle aille plus loin, il fallait souvent s'accrocher, bien argumenter, lui tenir la main. Gen était de ceux qui avaient bien compris comment elle fonctionnait. S'il insistait, c'était parce qu'il la connaissait. Leurs fonctionnements étaient aux antipodes l'un de l'autre mais ils se comprenaient. Quand il lui disait qu'il avait conscience que c'était beaucoup pour elle, il n'y avait aucune condescendance. La condescendance que Nuna entendait, c'était elle qui l'inventait. Ou qui la retranscrivait pour tous ceux qui n'étaient pas là mais n'auraient pas manqué de l'exprimer à la place de son ami. « Je veux pas paraître malpolie, mais je vois pas ce que tu lui trouves, à ce phare... » Le bâtiment circulaire se dressait devant eux et Nuna essayait bien de comprendre ce qui pouvait avoir tant donné envie à Gen de traverser le continent. C'était un aventurier, mais quand même... on aventurait jamais sans raisons valables, n'est-ce pas ? Et est-ce que ce phare était vraiment une raison valable ? Il était curieux, mystérieux, plutôt charmant si on s'intéressait aux vieilles pierres qui appartenaient aux temps anciens et racontaient des histoires révolues. Il était entouré d'une atmosphère automnale à en coller des frissons de peur aux plus courageux. Alors en s'avançant vers la mer, son cheval à suite, Nuna essayait de comprendre les motivations de Gen. Pas de pierres précieuses, précisait-il. Elle aurait peut-être eu le temps d'être un peu déçue s'il n'avait pas ajouté que les esprits rodaient. Elle se tourna subitement vers lui, les yeux écarquillés, serrant un peu plus la bride de son cheval sans s'en rendre compte. On ne risque rien, on ne risque rien ? Au regard qu'elle lui lançait, il était évident qu'elle n'accrochait pas à cette tentative de la rassurer. « On rigole pas avec ces choses-là, Gen... » Il lui sembla soudain entendre un bruit à l'intérieur du phare, et elle tourna le nez sur sa droite, guettant le mur de pierres érodées par le temps comme s'il saurait lui dire ce qui se passait à l'intérieur. « Je... je suppose qu'ils seront mieux dehors qu'on le sera dedans... » Elle avala sa salive avec difficultés, le regard sévèrement froncé par l'inquiétude. Gen voulait rentrer à l'intérieur du phare, et il argumentait plutôt bien. En fait, elle n'était pas venue ici pour chasser les esprits ou visiter un vieux bâtiment. Si elle était venue ici, c'était pour son ami. Mais il marquait un point : rester dehors, c'était rester dans sa zone de confort, éviter l'aventure. Et puis, il usait du meilleur argument de tous, lui prouvant si besoin en était qu'il la connaissait un peu trop. Il avait besoin d'elle. Même s'il mentait, Nuna ne pouvait empêcher son cœur se serrer et sa sensibilité abdiquer. Il savait très bien qu'elle allait être un handicap pour lui, et pourtant, il voulait toujours qu'il l'accompagne à l'intérieur. Rien que pour ça, elle allait combattre toutes les peurs qui la faisaient présentement trembler comme une feuille morte. Sans un mot, la mine un peu déconfite à l'idée de ce qui l'attendait, elle attacha la bride de son cheval à l'arbre le plus proche et, aux côtés de Gen, fit face à l'imposant bâtiment. « Je... j'ai que ça pour me défendre... » Elle dégaina, tremblante, le couteau qu'elle avait glissé à sa ceinture. « Et puis ça sert pas à grand chose face à des esprits... » Du regard, elle le suppliait de passer devant. Au moins ça ! Elle suivrait. Et quand ils poussèrent le reste de porte de bois et s'engouffrèrent à l'intérieur du phare, la première impression de Nuna fut terrorisante. Il fallait que ses prunelles s'habituent à l'obscurité du haut escalier en colimaçon. En attendant, elle était plongée dans le noir. « Gen... t'es toujours là ? » Sa voix raisonna d'une drôle de façon dans l'architecture du lieu, et, sans rien voir, elle chercha le bras de Gen pour gagner un repère.

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Sujet: Re: Les explorateurs du dimanche | Nuna
Dim 20 Jan - 21:46

Gen ne voulait pas déshonorer Nuna et la mettre en porte à faux. Il préférait l’encourager et ne pas relever les signes qu’il voyait qu’elle n’était pas si à l’aise. Mais après tout, n’était-ce pas à lui de l’encourager un peu ? De toute manière, il ne tolérait pas si quelqu’un venait à la juger, il la défendrait. Bien entendu, elle ne trouva pas ce qu’il trouvait au phare. Avec le soleil couchant, le lieu avait plus l’air hanté qu’accueillant. Clairement, l’immensité de pierre tombait en ruine et ce n’était probablement pas sans risque. Il décida de pas le dire car il voyait bien que Nuna avait déjà bien peur. Peut-être en dit-il trop, peut-être bien. Quand il parla des esprits et du fait qu’apparemment, certains avaient été vu ici, mais qu’ils ne risquaient rien. Il grimaça légèrement en voyant la tête de son amie. Serait-elle capable de l’engueuler car clairement, il dépassait les limites ? Il préférait ne pas vraiment y penser. « Je sais qu’on ne rigole pas avec ça. » Dit-il calmement, mais un poil penaud pour le coup car il ne se sentait vraiment pas malin. Un bruit leur fit tourner la tête et pour ne rien arranger, cela venait du phare. Il se sentit clairement maudit pour le coup. Peut-être que le phare ne voulait pas être visité. Il aurait bien voulu exposer cette théorie, mais le cavalier aurait parié que Nuna en aurait profité pour fuir et il voulait y aller. Il n’avait pas dit toute la vérité. Il cherchait quelqu’un et il espérait que ce phare était une porte ouverte pour cela… Il avait perdu bien des gens dans sa vie et il se disait que si les esprits se manifestaient ici, il pourrait revoir quelqu’un.

Oui les chevaux seraient mieux qu’avec eux dedans et les chevaux étaient des animaux trop sensibles. Quand Gen laissa Yuki et la caressa, il pensa à Enako. Peut-être que la jument sentirait ici son ancienne propriétaire. Nuna montra son arme au cavalier et il ne se sentit pas mieux qu’elle. « Je n’ai qu’une dague et un arc, mais cela ira. » Et en effet, les esprits risquaient de leur rire au nez. Il passa devant elle, décidant de passer devant elle en voyant son regard terrifié. Normalement, cela devrait aller, non ? Le noir les engloba et il se figea quelques secondes avant de reprendre son souffle et d’entendre la voix de son amie. « Je suis là. » Et il sentit une main sur son bras. Lentement, il se retourna, main tendue et sentit des cheveux sous ses doigts. « Nuna, c’est toi ? » Il aurait dû être honnête avec elle et peut-être risquait-il de le regretter. « Je t’ai menti Nuna, désolé. » Vraiment, mais peut-être qu’elle le comprendrait… Il l’espérait de toute son âme. « Si je suis venu ici, c’est parce que je voulais voir Enako. » Sa femme était morte aux premiers mois de vie d’Ephraim, cela allait faire treize ans qu’il était veuf. La douleur était moins forte avec les années, mais elle était là dans un coin de son âme. Son amie allait-elle comprendre sa raison ? Il voulait juste effleurer Enako et lui dire que leur fils allait bien. Il ne doutait pas que des fois, elle les observait, les regardait dans la montagne, mais là et si c’était sa chance de la croiser ?

« Je… Je n’ai aucune excuse. » Vraiment, il avait agi en solitaire, comme d’habitude et avait embarqué son amie dans l’aventure. Nuna avait connu Enako, Enako avait été là depuis l'adolescence de Gen et avait ravi son cœur de jeune archer. Ils avaient eu un fils, s’étaient mariés avant, avaient reçu Yuki comme cadeau de mariage, l’avaient gardé même si elle était déformée par la radiation et Enako était morte. Depuis, la vie de Gen était particulière, il avait à peine vu son fils grandir. Il avait laissé Dai sa sœur et d’autres le gérer, car au début il était furieux, furieux que le petit soit vivant et pas sa femme. Une odeur monta à ses narines et il aurait juré que ce n’était pas l’odeur de Nuna, non, une odeur bien trop familière et lointaine à la fois. Un tressaillement descendit le long de son échine. « Elle est là. » Gen aurait peut-être dû préciser qu’Enako n’était pas son seul fantôme, mais bien d’autres, des gens qu’il avait vu mourir et d’autres, qu’il avait tué, comme un fameux gamin du ciel devenu fou…
Il avait parlé en croyant que c'était Nuna à ses côtés, mais était-ce réellement son amie qui se tenait là ?

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Nuna Cortez & Gen Deng


(22 novembre 2118 / intrigue Halloween)


Pendant le voyage, Nuna avait eu tout loisir d'émettre des épisodes sur les raisons qui guidaient Gen si loin de leur foyer à une période pareille de l'année. Mais elle lui faisait confiance, se répétait-elle pour se réchauffer le cœur et s'apaiser l'esprit. Pourtant, une fois qu'ils se retrouvèrent devant le phare, la confiance qu'elle avait en lui se retrouva à doucement s'évaporer dans l'air humide de l'océan. Quand il lui avoua qu'il avait entendu parler d'esprits qui peuplaient les lieux, le peu de courage dont elle s'était armée pendant le trajet s'évanouit. On ne rigolait pas avec ça, dit-elle un peu trop abruptement. Et puisqu'il confirmait qu'il ne plaisantait pas, Nuna se recroquevilla un peu sur elle-même, redoutant les prochaines heures et pire encore, la nuit à venir. On ne rigolait vraiment pas avec les esprits. Ils étaient capables du meilleur comme du pire. Elle ne voulait pas finir embrochée sur une vieille tige de fer parce qu'elle s'était trouvée au mauvais endroit au mauvais moment et en mauvaise compagnie.

Un bruit la fit sursauter, non sans tendre à confirmer les ouï-dire qui étaient parvenus à Gen. Et lui, il voulait rentrer, visiter l'intérieur du phare. C'était bien un truc d'aventurier et de courageux, ça. Elle, ses réflexes lui hurlaient de courir dans la direction opposée, jusqu'à en perdre haleine ou à trouver un refuge protecteur et rassurant. Mais ce n'était pas ses instincts de survie qu'elle devait écouter en cette fin d'après-midi hivernale. Elle avait été là pour honorer Gen et l'amitié qu'ils partageaient; il était hors de question de faire demi-tour, même avec la frousse qui prenait le contrôle de ses pensées. Ses gestes, par contre, elle ne la laisserait pas les dominer. C'était à elle de les dompter et de dompter ses peurs. D'un regard, elle fit ses adieux au cheval qui l'avait portée jusque-là, non sans se demander ce qu'il allait vivre de son côté lorsqu'ils allaient être séparés. Fallait-il mieux rester dehors ou s'aventurer à l'intérieur de la ruine de pierres ? Un peu tremblante, non sans se sentir parfaitement ridicule à prétendre être ce qu'elle n'était pas, Nuna avait dégainé la seule arme dont elle s'était parée pour le voyage. Sa voix seule transmettait tout le doute qui était le sien. Même si elle se persuadait que tous les entraînements qu'elle avait subis pouvaient lui suffire à se défendre, elle n'était pas convaincue que le peu d'adresse qui pouvait lui rester pourrait faire l'affaire face à un adversaire, qui qu'il soit -et spécialement un esprit, qui faisait sans doute partie des êtres les moins sensibles à ce genre de menaces. Et en glissant ses inquiétudes à Gen, elle avait attendu malgré elle qu'il se montre armé jusqu'aux dents et près à les défendre tous les deux si besoin en était. Au lieu de ça, il avoua n'être guère plus équipé qu'elle. Un arc dans un lieu clos comme le phare ne leur serait d'aucune aide, mais au moins, elle pouvait se rassurer en se convaincant qu'il était sans aucun doute meilleur au combat de corps à corps qu'elle ne le serait jamais. Elle préférait ignorer la mine un peu déconfite de son ami, mais c'est d'un sourire un peu forcé et peu rassuré qu'elle lui répondit. D'un regard apeuré, elle l'invita à passer devant elle. Elle était prête à s'aventurer à l'intérieur du phare, mais pas d'y faire le premier pas. Puisque le sien semblait s'être fait la malle quand elle avait compris ce qui les attendait, elle comptait sur le courage de l'homme pour les accompagner tous les deux. C'était donc le frisson de possibles rencontres avec des esprits qui avait guidé les pas de Gen jusque-là ? A quel point avait-il était sérieux en lui présentant les choses de cette façon ?

Dans le noir, Nuna n'était plus très sûre de vouloir savoir ce qui les avait menés jusqu'ici. Elle, c'était Gen qui l'avait menée jusqu'ici; mais indirectement et malgré elle, elle suivait une motivation d'où elle n'était pas encore sûre de tout comprendre et savoir. Bloquée sur une des premières marches de l'escalier en colimaçon, Nuna avait perdu tous ses repères. Elle ne pouvait plus compter sur sa vue, alors elle s'accrochait à ce qui lui restait -littéralement et figurativement. Gen lui indiquait sa présence en lui répondant, et c'est à son tour sa voix qui raisonna dans la haute et étroite cage d'escalier. Nuna tendit sa main pour le trouver devant lui et évaluer les distances, essayer de savoir s'il fallait continuer à avancer, lever la jambe pour attraper la marche suivante ou s'ils marquaient ensemble une pause dans l'obscurité peu rassurante de la prison de pierres. Un autre contact que celui qu'elle avait cherché et trouvé la surprit violemment et elle étouffa un hoquet de peur. « Oui, je crois que c'est moi... » répondit-elle d'une petite voix en suppliant silencieusement son ami de reprendre la progression dans les escaliers. Mais au lieu de bouger, il lui donna une raison de se pétrifier sur sa marche. Mentir ? Voir Enako ? Dans la noirceur des lieux, il ne pouvait pas voir les sourcils qu'elle avait froncés. Son sang s'était glacé en même temps que son cœur s'était enflammé de tristesse pour celui qu'elle avait accompagné malgré elle dans un tel voyage, dans de telles recherches. Enako, elle l'avait connue et aimée. Sans qu'elle n'ait jamais réellement osé l'avouer à son ami, sa défunte femme lui manquait tous les jours. Elle aimait Ephraim pour elle autant que pour Gen. Et quand il ne parlait plus d'elle, Nuna voulait croire que c'était parce qu'il avait accepté, fait la paix avec sa disparition; qu'il s'était relevé et reconstruit. Mais pouvait-on vraiment se relever d'une telle chute ? Pouvait-on vraiment se reconstruire sans la personne qui avait représenté l'une des ancres les plus solides à ce monde ? Gen, il l'avait prise par surprise. Pendant de longues secondes silencieuses, Nuna en oublia toute la frousse que lui inspirait les lieux et les minutes à venir. Elle pensait à Enako, à Gen, à son mensonge et à ses excuses, mais surtout à ce qui l'avait guidé jusqu'ici. Elle avait enfin la réponse qu'elle avait tant attendue, et il lui semblait maintenant qu'elle avait toujours été évidente. Enako n'était jamais très loin de lui et très loin d'eux. Aujourd'hui ne dérogeait pas à la règle.

Le regard baissé dans le noir, comme par respect pour son amie disparue, Nuna chercha silencieusement l'épaule de Gen pour le réconforter. « T'aurais dû me dire tout ça... » Elle souffla, peinée de la nouvelle signification que venait de prendre cette escapade. « Je suis contente que tu aies voulu que je sois avec toi » souffla-t-elle en grimpant sur la même marche que lui pour se dresser sur la pointe des pieds et déposer un baiser sur sa joue. Elle posa finalement son front sur son bras, comme pour lui transmettre tout le courage qu'elle n'aurait jamais soupçonné utile pour ce jour-là. « Tu sais qu'elle est toujours avec toi... » Y avait-il besoin de voyager si loin pour la trouver ? Elle vivait encore dans son cœur, dans son âme et dans tous les souvenirs qu'ils avaient construits ensemble. Elle vivait à travers le fils qu'elle lui avait laissé. Mais il voulait plus, Gen, et elle ne pouvait pas l'en blâmer. C'était sans doute ce que la disparition d'une âme-soeur pouvait créer de pire comme manque. Mais s'ils ne la trouvaient pas aujourd'hui ? Si les ouï-dire n'étaient rien d'autres que des rumeurs créées, transmises et déformées par des ivrognes, des conteurs, des menteurs ? C'était de la déception dont Nuna voulait le préserver. Le préparer au pire pour que le pire ne fasse pas si mal et que le meilleur apparaisse comme un miracle inespéré. Dans le noir se développait quelque chose d'intime et Nuna n'osait rien briser. C'est Gen qui brisa le silence alors qu'elle décollait le front de lui pour lever la tête sans réellement voir ce qu'elle essayait de trouver du regard. Ses lèvres s'entrouvrirent à plusieurs reprises sans qu'elle ne sache quoi répondre. Elle ferma les yeux silencieusement en tentant de faire taire ses peurs et de s'ouvrir à la possibilité d'une troisième présence ici. Enako lui manquait; elle aurait aimé la trouver ici aujourd'hui. Mais elle était trop parée à la déception pour y croire et elle hocha la tête dans le noir, désillusionnée avant même de s'être autorisée à se laisser emporter par quelconque illusion. « Tu veux que... que je vous laisse ? Que je monte ? » Elle n'attendit pas sa réponse et le contourna à tâtons, le lâchant pour s'accrocher aux murs glacés et tenter de dessiner son trajet. Sans plus aucun repère que ceux qu'elle cherchait sous ses doigts, Nuna se retourna vers lui, des quelques marches qu'elle avait gravi après lui. « Je... je t'attends là-haut. Dis lui que je l'embrasse. Et si elle m'entend... » Sa voix se brisa parce que sans y croire, à ce moment précis, c'était ce qu'elle souhaitait le plus au monde. « Enako, tu peux être fière de ton homme et de ton fils. Ils suivent le guide que tu leur as laissé, tu sais... » Elle étouffa un soupir attristé et non sans regrets et  réticences, laissa Gen derrière elle une bonne fois pour toutes en tournant autour du colimaçon. Sa main tendue droit devant elle serrait son poignard aussi fort que possible. L'autre était accrochée à la pierre comme seule guide que le noir lui laissait. Ce n'était pas le courage qui la poussait à dépasser ses peurs, c'était son amour pour ses amis. Mais il lui tardait d'enfin trouver la verrière de laquelle les lumières salutaires en avaient autrefois émané, lien entre mer et terre, entre mort et vie, entre océan et Homme.

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Les explorateurs du dimanche | Nuna

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