Aller en bas
Alaska C. Burckley
DATE D'INSCRIPTION : 04/11/2018 PSEUDO/PRENOM : Authenticity MULTICOMPTES : Demy le magnifique MESSAGES : 47 CELEBRITE : Cara Delevingne COPYRIGHT : @Applestorm METIER/APTITUDES : Médecin : herboristerie & notions médicales POINTS GAGNES : 120
Voir le profil de l'utilisateur

Never say goodbye (Harlan) Empty Never say goodbye (Harlan)

le Lun 19 Nov 2018 - 19:54
NEVER SAY GOODBYE
Harlan

 
I love fairy tales because of their haunting beauty and magical strangeness. They are set in worlds where anything can happen. Frogs can be kings, a thicket of brambles can hide a castle where a royal court has lain asleep for a hundred years, a boy can outwit a giant, and a girl can break a curse with nothing but her courage and steadfastness.
Kate Forsyth

Elle n'a entendu que quelques mot, murmurés. Au coin du feu, pendent quelques instants. On se raconte ça comme une vieille histoire, comme si c'était quelque chose d'anodin, de stupide. Alaska n'est pas dupe, elle ne croît pas aux fantômes. Elle ne croit pas qu'on puisse parler aux morts. Simplement parce que quand ils sont partis : ils sont partis. Elle n'a pas de raisons d'y croire, elle ne veut pas entendre grand chose des rites et des cultes qui feraient descendre les âmes sur la Terre. Eux-aussi, ils étaient là-haut. Et plus haut que là-haut, il n'y a pas grand chose.

Elle y était. Elle a vu, l'espace. Grand et envoûtant. C'est tout ce qu'il y a là-haut, pour elle. Les astres, les lunes, les planètes, les soleils. Ils ont été un point de raccord, à un moment, pour elle. Quand elle ne voyait plus la Terre. quand sa vision du monde était minuscule, quand elle n'avait que quelques mètres pour regarder le ciel. Elle a eu l'habitude des grandes fenêtres de l'Odyssée, qui montrait la Terre, en bas. Belle et chaleureuse. Ça, ça avait été un mythe. Elle avait observé les étoiles, appuyée sur la pointe des pieds, à travers le hublot de sa cellule. Elle vacillait, un peu, attirée par le bleu profond de la nuit. Elle ne voyait pas la Terre, elle voyait d'autres choses, mais elle ne voyait pas grand chose.

Alors ces rumeurs, elle n'y croit pas trop non plus. Mais elle est curieuse, Alaska. Elle se demande ce que c'est, ce qui en est vraiment l'origine. Elle pense qu'il faut toujours une raison derrière les symptômes, qu'il y a toujours quelque chose à soigner. Même si parfois, c'est juste dans la tête des gens. Elle ne connaît pas tout de l'esprit, mais elle connaît beaucoup de choses du corps et des maladies. Elle pense, qu'elle en connaît beaucoup. A l'échelle de leur nouvelle vie sur la Terre, elle sait déjà faire beaucoup de choses. Alors elle ne sait pas encore ce qu'elle va trouver, quand elle sera arrivée là-bas, mais elle y pense. Elle ne croisera probablement personne, ou juste des petits curieux. Elle ne voit pas encore le vieux phare, mais cela ne saurait tarder. Elle mal aux pieds et le petit froid automnal lui refroidit les oreilles. Elle n'aime pas vraiment les températures trop froides, mais elle fait l'effort d'essayer d'apprécier les changements de saisons. A vrai dire, c'est quelque chose qu'elle a l'impression de découvrir encore constamment. C'est tellement subtil, et c'est tellement inédit pour elle, qu'elle se fascine de ce petit cycle de la vie qui tourne sans l'aide de personne. C'est beau, mais Alaska ne sait pas se contenter de ça. Elle a l'impression qu'un jour, quelque chose viendra briser ce petit bonhomme de chemin de la nature. que tout dégénérera.

Elle n'avance pas vraiment avec prudence. Même si elle ne connaît pas parfaitement ce coin de forêt, elle est beaucoup moins apeurée qu'elle ne l'était par ces endroits. Il lui semble que la rivière n'est pas loin, et qu'elle ne devrait pas tarder à l'apercevoir. Avant ou après le Phare, elle n'en sait trop rien. Elle a un mauvais sens de l'orientation sur la Terre, c'est trop vaste, trop grand. Elle s'est perdue lus d'une fois. Ce ne sont jamais ses intentions, mais elle perd souvent son chemin, perdue au milieu de plantes et d'arbres qu'elle ne reconnait plus. Elle se souvient, comment c'était si simple de se retrouver là-haut, et comment c'est si difficile, ici. Elle a l'impression de toujours ramer dans un océan infini.

Elle voit enfin le phare, devant-elle. Il es beau. Abîmé, mais beau. Alaska s'arrête quelques instants et garde les yeux rivés dessus. Qu'es-ce qu'elle vient faire là, après tout ? Est-ce qu'elle cherche quelque chose ? Un coup de frayeur, peut-être. Elle en croit pas qu'il soit hanté, mais elle avait envie de voir par elle-même ce qui causait ces rumeurs. Elle se dit qu'elle n'a rien à perdre à découvrir de nouveaux endroits. Qu'est-ce qui peut se passer, après tout ? Un fantôme, elle sera plus que ravie d'en rencontrer un. si c'était l'un de ceux de son passé.

Elle arrive devant la porte, la pousse, doucement. Alaska respire un peu précipitamment. C'est rare qu'elle explorer des vestiges anciens, comme ça, mais elle ne peut s'empêcher d'être curieuse. « Il y a quelqu'un ? » Probablement que non, mais elle ne veut pas déranger. Peut-être que dans un coin de vieux bâtiment, des terriens se sont rassemblés pour faire un culte satanique, habités par les rumeurs du vieux phare. Elle ne sait pas ce qu'elle va trouver ici, mais elle avance tout doucement. Un pas après l'autre, elle entre dans le phare.
(c) DΛNDELION
Admin △ Underneath it's just a game
Harlan Tikaani
DATE D'INSCRIPTION : 06/12/2015 PSEUDO/PRENOM : Electric Soul MULTICOMPTES : Kayden Elwood & Einar Helgusson MESSAGES : 8664 CELEBRITE : Jon Kortajarena COPYRIGHT : Avengedinchains ♥ & tearsflight METIER/APTITUDES : Conseiller druide | Soigneur & orateur/diplomate TRIBU : Naori POINTS GAGNES : 1031
Voir le profil de l'utilisateur
Admin △ Underneath it's just a game

Never say goodbye (Harlan) Empty Re: Never say goodbye (Harlan)

le Dim 25 Nov 2018 - 0:59
Tu ne sais pas ce qui te pousse par là.

Il y a tellement de tracas, tellement d'inquiétudes. Tu as l'impression que le sort de ta tribu, que la vie des tiens, ne tient qu'à un fil. Une folie d'Arkhip, un ordre donné à l'armée de fidèles dont il dispose et c'en sera fini de vous. C'est dans ce pessimisme et ce fatalisme que tu baignes depuis des mois. Tu cherches des solutions, des autres moyens, mais la diplomatie te fait défaut quand tout en toi n'est que vengeance presque aussitôt étouffée et paralysée par ta conscience. C'est toujours comme ça que tu as fonctionné – toi, d'ordinaire si calme, tu cherches à attaquer sans modération et à nuire, quand on te fait un affront. À toi ou à ceux à qui tu tiens. C'est facile de presser tes boutons, quand on sait tes faiblesses. C'est facile de te provoquer à conduire à la perte de tous quand tu es si facilement enflammé par la haine. Tes murailles ne tiennent pas une seconde, quand la rage te guide et tu pourrais tout aussi bien être un fanatique radical tant, dans ta haine, tu ne vois plus que ta justice à toi. Colère et arrogance ont toujours été tes pires défauts.

Mais non, tu t'es juré que tu ne commettrais plus ces erreurs. Car tous tes calculs, tes manigances, ta soif de vengeance, c'est ce qui vous a mené là, aujourd'hui. C'est ce qui t'a mené, toi et d'autres Naoris, à goûter aux cachots rahjaks. C'est ce qui a conduit à la mort d'un des vôtres. Au vol de liberté de deux autres. Tu as tout ça sur la conscience. Les enfermements, les morts, une guerre qui se pointe à l'horizon. Tes nuits sont agitées, depuis lors. Tu résistes à l'envie de t'enfermer dans tes vieux travers, dans tes exils volontaires et tes échappées vaporeuses. Tu vaux mieux que ça. Tu as appris, parfois rudement appris, parfois plus doucement, mais tu as retenu la leçon. Tes anciens mécanismes ne te mèneront à rien de bon. Tu dois travailler de concert avec Caleb, Rowena, Ashiri, Karah, Rürik. C'est à vous de gérer cette crise et pas à toi seul. Mais il n'est pas facile pour toi de regarder les autres membres du Conseil en face quand tu t'estimes responsable de ce fiasco.

Alors, tu as fui. Tous ces mois, tu es resté au village, par sens de la responsabilité, par crainte inavouée de commettre un nouvel impair, aussi. Mais cette rumeur de fantômes au phare ? Des âmes en peine ? Ça ne devrait pas tant te parler que ça. Les morts dus à la mer – car tu ne doutes pas que c'est de cela qu'il s'agit – ne sont pas courant, chez vous, vous qui êtes si enfoncés dans les terres, au coeur de la forêt. Mais ces murmures, oh, ils enflamment les consciences de tout le village. Peut-être encore plus loin, qu'en sais-tu ? Et tu te dis que le phare n'est pas si loin, qu'en quelques heures, tu peux y être. Tu pourrais prendre un cheval pour te faciliter le trajet, mais tu préfères y aller à pied. Ça te prendra une partie de la journée pour l'atteindre et tu pars au zénith, avec toutes tes affaires prêtes. Le soleil se couche tôt, en cette saison, et tu sais qu'il faudra sans doute la nuit là-bas, si ce n'est plus. Ça ne t'effraie pas, tu as tout ce qu'il te faut. Tu n'es pas bon chasseur, mais tu sais parfaitement ce qui est comestible ou non et tu as des réserves. Le froid sera peut-être dérangeant, mais ce n'est rien que tu n'aies déjà éprouvé lors de tes trente-cinq années sur cette terre. Être druide et fréquenter régulièrement des malades a au moins l'effet positif de te rendre moins susceptibles aux infections courantes. Pour autant, par précaution, tu prends des vêtements plus chauds avec toi, ainsi qu'une fourrure. L'air marin est autrement plus dur, loin de la protection offerte par les arbres.

Les heures s'égrènent, et au fil des pas, une partie de tes tracas est assourdie. Pas disparue, non, mais tu t'émerveilles devant le changement de couleur automnal, tu notes l'état de la nature, tu cueilles quelques éléments qui pourront te servir pour tes remèdes. Pour quelques heures, pour un trajet, tu n'as pas envie d'être conseiller. Tu as juste envie d'être un druide, curieux, s'en allant investiguer ce qu'il se passe, au vieux phare. Tu pars vérifier si les rumeurs de fantômes sont vraies.

Comme tous les Naoris, tu crois aux esprits. Même si tu es plus rationnel que nombre des tiens, tu penses qu'un esprit tourmenté, par exemple par une mort violente, peut garder une manifestation sur terre. Rowena s'y connaîtrait certainement mieux que toi et pourrait peut-être aider ces âmes en peine mais toi, tu n'es pas là pour aider. Tu peux aider les vivants, pas les morts. Non, tu es juste...curieux. Intrigué. Tu veux te sortir de tes idées noires, pour quelques heures, pour quelques jours. Arrêter de penser à la guerre et résoudre un mystère, à la place.

Ce n'est pas régulièrement que tu te rends vers le vieux phare, mais tes pas restent sûrs, tandis que tu prends le chemin vers la côte. Tu connais la forêt comme ta poche et sait lire le soleil et, quand elles se lèvent, la lune et les étoiles, pour te guider.

Tu arrives au phare sans encombre, et c'est la nuit. Mais la nuit tombe si tôt, ces temps-ci, et il n'est pas encore l'heure où le sommeil te gagne, habituellement. Sans sa lumière, éteinte depuis longtemps, le phare se dresse comme une ombre imposante, sur l'horizon. Une œuvre d'un autre temps, quand les hommes utilisaient encore des matériaux morts et non-naturels.

Une fois devant la porte, tu n'hésites pas longtemps avant de la pousser. Elle résiste moins que tu ne l'aurais cru, mais c'est probablement l'oeuvre de tous les curieux venus s'assurer de la véracité des rumeurs. Peut-être en croiseras-tu, d'ailleurs ? Sont-ce là les vrais fantômes ? Des badauds que d'autres badauds ont surpris ?

Quand tu pénètres dans le lieu, tout sent le renfermé, la poussière. L'inhabité. Ce n'est pas surprenant, mais cela reste désagréable et te fait même éternuer. Tu fais quelques pas à l'intérieur du lieu avant de te rendre à l'évidence : ici, la lumière est bien trop faible pour que tu te repères sans encombres. Si tu veux vraiment explorer les lieux, il te faut une torche. Avec un soupir, tu rebrousses chemin pour te diriger vers l'entrée du phare avant d'entendre une voix humaine, féminine. Familière. Un instant, ton coeur et ta gorge se serrent. Follement, tu songes un instant que les esprits du phare te jouent peut-être un tour. Ou pire encore. Mais tu secoues bien rapidement la tête, éloignant ces idées saugrenues de ton esprit. Tu es trop rationnel pour céder à ces folies.

Tu t'avances en direction de l'entrée et il ne te faut guère longtemps  pour tomber sur le visage pâle – trop pâle ? – d'Alaska.

Plus d'un an. Tu ne pensais pas qu'elle reviendrait dans le coin. Elle avait retrouvé les siens et tu t'étais dit que c'était mieux comme cela. Que tu n'avais pas à interférer ou la déranger. C'était plus simple. C'était moins dangereux.

La voix hésitante, te demandant à moitié s'il s'agit là d'un des fantômes du phare, tu demandes : « Alaska ? »
Alaska C. Burckley
DATE D'INSCRIPTION : 04/11/2018 PSEUDO/PRENOM : Authenticity MULTICOMPTES : Demy le magnifique MESSAGES : 47 CELEBRITE : Cara Delevingne COPYRIGHT : @Applestorm METIER/APTITUDES : Médecin : herboristerie & notions médicales POINTS GAGNES : 120
Voir le profil de l'utilisateur

Never say goodbye (Harlan) Empty Re: Never say goodbye (Harlan)

le Sam 2 Mar 2019 - 20:04
NEVER SAY GOODBYE
Harlan

 
I love fairy tales because of their haunting beauty and magical strangeness. They are set in worlds where anything can happen. Frogs can be kings, a thicket of brambles can hide a castle where a royal court has lain asleep for a hundred years, a boy can outwit a giant, and a girl can break a curse with nothing but her courage and steadfastness.
Kate Forsyth

L'édifice respire la splendeur du passé. Souvent, elle s'est demandée comment les choses auraient été différentes si elle était née ailleurs. Dans une autre époque, un autre temps. Elle a tellement de regrets, qu'elle aurait aimé tout changer et vivre autrement. Parfois, elle pose les yeux sur des vestiges de temps passés. Sur des choses qu'elle pensait effacés depuis des millénaires. Elle s'imagine le bonheur, l'amour et la joie des gens qui vivaient là. Elle aurait peut-être été plus heureuse, Alaska. Elle n'aurait jamais vécu de telles pertes dans un autre monde. Mais peut-être que si le monde avait été différent, elle aurait été différente aussi. Elle n'aurait jamais eu le courage et la force qu'elle a aujourd'hui. Elle ne se sent pas plus téméraire que les autres, mais elle n'abandonne pas. Elle. Ce sont les autres qui l'abandonnent. Pas un seul instant, en observant la grandeur du phare, elle ne pense aux esprits qui y vivent. Elle ne voit que des traces d'un passé joyeux. Guider les esprits, voilà à quoi servait le phare. Peut-être que si elle peut grimper, tout là-haut, elle pourra s'envoler. Elle est hantée par des fantômes qui ne la quittent jamais. Si peut-être elle pouvait trouver un autre chemin et se libérer de ses poids qui ralentissent son ascension, elle serait différente.

Un pas de plus dans le phare, et elle respire la poussière à plein nez. Toutes les sensations l'enivrent un instant. Des secondes auparavant, elle pensait au bonheur de "la vie d'avant", et elle se sent d'un coup submergée par le changement. Les yeux lui piquent, tandis qu'elle passe un bras devant sa bouche pour tousser. Le peu de lumière lui fait encore plus plisser les yeux, le temps que ses pupilles s'habituent à l'obscurité.

Quelque chose bouge, plus loin. Les mouvements sont flous, paraissent irréguliers dans cette obscurité poussiéreuse. Quelque chose se retourne. C'est grand, c'est plus grand qu'elle, pour sûr. Courir ? S'éloigner ? Ses doigts effleurent le cadran de la porte. Le contact du bois rugueux remonte le long de son bras et hérisse ses poils. Elle fixe quelques instants interdite ce qui bouge. Ça ne peut pas être un esprit, les grains de poussière volent avec ses pas. Elle est muette, paralysée. Elle ne croit pas seul instant que cela peut être un esprit. Parce que ça n'existe pas. Les esprits, ça n'existe pas. Les gens morts, ils sont morts. Ils ne reviennent jamais. Elle pourrait prier qui elle veut, personne ne revient jamais des enfers. Alors, c'est vivant. Bien vivant, bien réel. C'est quelqu'un.

« Alaska ? »

Elle l'entend, comme un murmure. Elle est persuadée que ce n'est pas un fantôme, et pourtant, tu surgis. Comme un esprit, venant au gré du vent, elle reconnaît ta voix entre milles. Elle l'a entendue si souvent, en a rêvé plus que de raison. C'est son prénom, que tu as prononcé.

Elle voit ton visage. La lumière douce de la lune n'éclaire pas grand chose, mais elle discerne doucement tes traits. Un à un. Elle les connait par cœur, sans jamais l'avouer. Elle n'en a pas oublié un seul, et petit à petit son cœur s'emballe. Est-elle allée aussi loin dans la forêt ? Elle n'aurait jamais pensé que quelqu'un d'autre s'aventurerait ici. Mais si, toi, Harlan, tu aimes les drôles d'aventures. Alaska aussi, curieuse comme elle est, elle aime les histoires. Moins celles qui parlent de fantômes, mais celle-ci ne lui avait pas paru si effrayante.

Comme un écho lointain à tes lèvres qui prononcent son nom, Alaska soupire. « Tu n'as pas l'air d'être un fantôme », avance-t-elle prudemment. Elle n'a pas bougé d'un pas, fantomatique dans l'encadrement de l'entrée du phare, éclairée par la lune. Et si ce n'était pas vrai ? Si c'était un mauvais tour ? Si des mauvaises plantes avaient poussé dans la phare, lui créant des pensées hallucinatoires ? Elle jette un coup d’œil craintif derrière toi, se demandant si c'est une farce. Après tout, maintenant qu'elle y réfléchit, il y avait plein intelligent à dire. Si c'est vraiment toi, Harlan, tu ne vas pas être déçu. Alaska en chair et en os, un peu plus usée que la dernière fois que tu l'as vue. Toujours aussi téméraire, mais plus imprévisible, moins droite. Elle fait du mieux qu'elle peut, pour essayer de tenir le rang et d'aider tout le monde, mais elle n'est pas devenue quelqu'un d'autre. Elle reste perdue, toujours, seule, abandonnée. Finement laissée pour elle-même dans une jungle infinie qui lui demande de se battre tous les jours pour survivre.

Alors elle avance, doucement. Rien ne pourra lui arriver de pire. Que peuvent faire les fantômes ? Elle écoute chaque son autour d'elle. Se rapproche de toi, ou de ce qui ressemble à toi. Elle prend son temps doucement, vous n'êtes jamais pressés. « Tu respires. » Elle effleure ton bras, dans un geste infiniment lent, s'assure que tu es vrai. « Tu es en chair. » Elle te sourit, alors, et dit : « Il n'y a pas donc pas de vrais fantômes ici ? ». Un éclat de rire, de joie, passe sur son visage. Si c'est vraiment toi alors, elle n'a pas de meilleure raison de sourire.

(c) DΛNDELION
Admin △ Underneath it's just a game
Harlan Tikaani
DATE D'INSCRIPTION : 06/12/2015 PSEUDO/PRENOM : Electric Soul MULTICOMPTES : Kayden Elwood & Einar Helgusson MESSAGES : 8664 CELEBRITE : Jon Kortajarena COPYRIGHT : Avengedinchains ♥ & tearsflight METIER/APTITUDES : Conseiller druide | Soigneur & orateur/diplomate TRIBU : Naori POINTS GAGNES : 1031
Voir le profil de l'utilisateur
Admin △ Underneath it's just a game

Never say goodbye (Harlan) Empty Re: Never say goodbye (Harlan)

le Ven 5 Avr 2019 - 0:12
Ta voix te paraît faible, lointaine, presque. Tu ne te reconnais presque pas dans ce timbre hésitant. Tu hésites si rarement. Tu ne peux pas tergiverser bien longtemps, dans ta position, tu ne peux pas te permettre de ne pas adopter des positions fermes et résolues. On pense déjà votre tribu faible, alors tu refuses catégoriquement de te plier à l'image qu'on a des Naoris, de donner raison à tous ceux qui vous critiquent. C'est justement ton inflexibilité qui a été à l'origine de nombreux maux. Trop dur, Harlan, trop catégorique. Le temps et les épreuves t'ont appris tes erreurs, et tu t'es adouci, d'une certaine manière, tu as appris à voir les choses autrement. Mais hésiter n'est pas vraiment dans tes gènes.

Et pourtant, tu as l'impression d'être si peu sûr de toi, à cet instant. Tu doutes. Doutes de la réalité, doutes de tes sens. Est-ce un rêve, une illusion, un cauchemar ? Un fantôme, de ceux que les visiteurs jurent avoir vu ? Tu ne sais pas, ton esprit rationnel ne veut pas croire à de telles histoires alors même que ton éducation naori soutient que c'est totalement possible. Alors son nom t'échappe, hésitant, incertain. Dans la faible lumière qui règne ici, tu ne devrais pas pouvoir distinguer les pupilles bleues. C'est purement un effet de ton imagination. Ton esprit qui confond souvenir et réalité.

Elle reste tout aussi interdite que toi, et vraiment, tu songes que ça ne doit être qu'un esprit. Non, une création de ton imagination. Pourtant tu n'arrives pas à bouger, toi non plus. Tu restes là, paralysé à ton tour, partagé entre la volonté de faire s'évaporer l'illusion et...non. Non, l'irréel n'a jamais rien apporté de bon. Tu as trop fui dans des paradis artificiels par le passé. Confronter la réalité est sale et douloureux mais c'est encore ce qu'il y a de plus préférable sur le long terme.

Et pourtant, le fantôme soupire. Le fantôme parle. Et soudain, tu n'es plus si sûr qu'il s'agit d'une fabrication de ton esprit. Soudain, tu n'es plus si sûr que tout ça est irréel. Serais-tu capable de créer des échos si élaborés ? Si détaillés ? Tu en doutes. L'imagination n'a jamais été ton point fort – tu as toujours trop été ancré dans la réalité.

Ta respiration se bloque dans ta gorge, un instant. Parce que ça ne peut pas être vrai, n'est-ce pas ? Ça ne peut pas être vrai. Et pourtant, tout paraît trop réel et à la fois...tellement impossible. Alaska ne devrait pas être là. Elle est chez les siens, dans son camp, bien plus au nord, désormais. Elle n'aurait aucune raison d'être ici. Sauf peut-être si la rumeur s'est propagée jusqu'aux Skaikru ? Peut-être les murmures que des fantômes hantent le phare se sont répandus jusqu'à eux. Peut-être croit-elle, comme toi, que tout ça n'est qu'hallucination ?

Tu devrais parler. Tu devrais répondre. Tu devrais chercher un contact, pour prouver la véracité de sa présence. Tout ça, intellectuellement, tu le sais. Et pourtant, c'est comme si ton corps ne voulait pas répondre à ta tête, comme si tu avais été frappé par la foudre.

Tout ça doit être réel. Aussi fou que cela puisse paraître. Car il y a des différences, par rapport à la dernière fois que tu l'as vue. Et tu ne pourrais imaginer ces différences, tu n'y songerais pas. Car Alaska a l'air...fatiguée. Triste, aussi, tu as l'impression. Perdue. Ça ne correspond pas tout à fait aux souvenirs que tu en as. Ne devait-elle pas être plus heureuse, là-bas ? De retour auprès de ceux qu'elle aimait ?
Elle avance et tu es toujours incapable de bouger. Tu devrais, et pourtant, tu ne peux rien faire. Rien que suivre des yeux ses mouvements, comme un animal aveuglé. Mais l'approche n'est pas rapide, pas violente. Comme si, elle aussi, n'était pas sûre que tout ça soit réel. Tu as une impression de flottement. Comme une bulle à l'écart du temps.

Tu frissonnes quand elle te touche. Et oui, c'est réel. Aussi impossible que ça puisse l'être, c'est réel. Tu ne peux pas halluciner de telles choses.

« Je... »

Ta langue se décolle enfin de ton palais, mais la seule syllabe qui t'échappe veut à peine dire quelque chose. En vérité, tu ne sais même pas ce que tu voulais dire. Tu hésites, encore, et ça ne te ressemble pas, d'hésiter ainsi.

Et puis un sourire fend son visage. Un rire sort de sa gorge. Son rire t'a manqué. Tu ne t'en étais pas rendu compte, avant.

« Que fais-tu ici ? » demandes-tu, quand tu reprends enfin le contrôle de tes fonctions motrices. Et probablement aurais-tu pu trouver meilleure phrase à dire, parce que ça paraît presque accusateur alors que ce n'est pas ce que tu veux. Mais t'as toujours été maladroit quand il s'agissait d'affaires personnelles, quand tu dois penser en tant que toi, Harlan, et pas en tant que conseiller druide.

Tu fermes les yeux un instant, comme si ça pouvait t'aider à retrouver un semblant de normalité. Tu ne sais pas vraiment ce que tu espères. Ou n'espères pas. Crois-tu qu'elle s'envolera, si tu fermes les yeux ? Peut-être. Tu ne sais pas.

« Désolé je...tu m'as surpris. Je ne m'attendais pas à te voir ici. » Tu tends la main vers son visage, hésites, te ravises. Non. Trop familier. Alors tu détournes les yeux un instant, te rappelles pourquoi tu es ici. Te rappelles ses propos. Il n'y a donc pas de vrais fantômes, ici ?

« Tu es venue pour le phare. » finis-tu, en la fixant dans les yeux. Plus une affirmation qu'une question.
Alaska C. Burckley
DATE D'INSCRIPTION : 04/11/2018 PSEUDO/PRENOM : Authenticity MULTICOMPTES : Demy le magnifique MESSAGES : 47 CELEBRITE : Cara Delevingne COPYRIGHT : @Applestorm METIER/APTITUDES : Médecin : herboristerie & notions médicales POINTS GAGNES : 120
Voir le profil de l'utilisateur

Never say goodbye (Harlan) Empty Re: Never say goodbye (Harlan)

le Jeu 9 Mai 2019 - 21:45
NEVER SAY GOODBYE
Harlan

 
I love fairy tales because of their haunting beauty and magical strangeness. They are set in worlds where anything can happen. Frogs can be kings, a thicket of brambles can hide a castle where a royal court has lain asleep for a hundred years, a boy can outwit a giant, and a girl can break a curse with nothing but her courage and steadfastness.
Kate Forsyth

Vous êtes deux silhouettes. Perdues dans une histoire, tissés petit à petit par des mots imprimés. Deux ombres qui se font face à face. Vos gestes, sont d'une lenteur infinie. A peine osés, à peine des frissons, vous avez l'impression de vivre un rêve, probablement. Alaska ne croit pas aux fantômes. Elle n'y a jamais cru. Si elle avait pu en voir, elle les aurait cherché. Sans relâche, sans connaître la fatigue. Chaque seconde, elle aurait voulu leur parler. Dans ses rêves, parfois, elle tend la main. La referme sur du vide. Elle se sent seule, plus qu'elle ne l'imagine. Elle parle à son esprit, pour soigner ses blessures. Elle parle à elle-même, finalement.

Pour être sûre que quelqu'un l'écoute.

Son rire, c'est ce qui brise tous les froids. Il lève le voile entre-vous. Elle rit, elle brise le silence. Un petit éclair de vie dans le ciel sombre. Elle réactive toute la beauté de ces moments à deux. Elle vous redonne vie, comme des silhouettes sorties d'un livre d'image. Vous vous mouvez, chacun votre tour. Vous savez, maintenant, que vous êtes réels. Parce que ni toi ni elle n'avez jamais cru aux fantômes, hein ? « Que fais-tu ici ? » Ta voix, elle l'entend. Beaucoup plus claire, beaucoup plus réelle que lorsqu'elle était au loin, devant elle. Tu lui parles, son étrangement familier. Elle reconnaîtrait ta voix entre mille, maintenant qu'elle y pense. Ce genre de choses que la mémoire peut faire, elle n'en connaît pas tous les secrets. Elle ne connaît pas beaucoup de secrets, en fait. Les gens partent souvent avec. Peut-être qu'elle ne te connaît pas si bien, toi.

Elle ne réponds pas tout de suite. Les mots, ne lui viennent pas. Alaska, au fond, ne sait peut-être même pas ce qu'elle vient faire ici. Ce qu'elle espérait chercher. Elle vient sans questions, mais elle sait qu'elle va repartir avec des réponses. Les enfantillages et les histoires ne lui ont jamais fait peur. Peut-être, qu'au fond, elle se sentait rassurée à penser que, si elle allait voir d'elle-même, elle trouverait peut-être quelque chose. Mais maintenant qu'elle a trouvé, elle ne sait plus comment s'y prendre. « Désolé je...tu m'as surpris. Je ne m'attendais pas à te voir ici. » Elle non plus. Ce petit instant entre-vous brise tous les codes. Aucune de vous n'avait osé effleurer l'idée de vous voir, l'un et l'autre, dans un vieux phare - soit-disant - hanté. Elle dit, doucement : « Je ne pensais voir personne ici. » Alaska hausse les épaules, imperceptiblement.

Elle ne cherchait pas la solitude. Elle ne cherchait pas non plus la compagnie. Parfois, Alaska ne se sent pas seule quand personne n'est à ses côtés. Elle parle à d'autres, elle les voit et les entend. Elle n'a jamais l'impression d'halluciner, parce que ce sont ses images. Elle sait que ce sont ses images. Ce sont les gens qu'elle a envie de voir, qu'elle voit quand elle ferme les yeux. Elle leur parle, doucement, à chacun d'entre-eux. Comme si la vie était plus facile à supporter à leurs côtés. Comme si, d'un coup, tout devenait différent. Alors pourquoi est-elle si muette devant toi ?

« Tu es venue pour le phare. » Tu ne lui demandes pas.  Vos visages à peine éclairés s'évitent, quelques secondes. Vous baissez les yeux dans ce face à face imprévu. Que peut-elle dire de plus ? Elle est venue voir si les histoires sont celles qu'on lui a racontées. C'est ce dont elle essaie de se persuader, en tous cas. « Je voulais voir si ce sont vraiment des fantômes. ». Sa voix est presque muette, inaudible. Pâle reflet de son éclat de rire passé. Bien sûr, qu'elle veut rire. Elle veut être heureuse elle veut vivre, elle veut chanter. Elle veut être de ceux qui célèbrent la vie et ce que leur descente sur la Terre leur a apporté. Enfin, elle aurait bien voulu, être de ces gens-là. Mais ce n'est pas ce qu'elle est. Elle est complètement à part, loin, dans les nuages. Elle n'a rien de tous ces gens, qui tentent de la persuader que la vie est plutôt rose, en fait.

« On m'a raconté des... histoire sur cet endroit. J'ai pensé... » Alaska s'arrête, nette dans ses pensées. Peu importe ce qu'elle a pensé. Si elle doit partir, ce ne sera pas avec toi. Elle s'est persuadée que tu es réel, maintenant. Elle fuit le camp à toutes ses idées saugrenues qui lui sont venues sur ce phare. Sur ce qui peut arriver aux gens, ici. De bien comme de mauvais. Un instant, elle avait pensé que peut-être c'était moins douloureux. Mais elle préfère l'ignorer. Ses yeux, qui scrutent les tiens, l'obligent à l'ignorer. « Je n'ai rien pensé », ajoute-t-elle avec plus d'aplomb. Après tout, peu t'importes probablement.

« Tu es loin de chez toi », affirme-t-elle. Vous semblez si distants, d'un coup. Si éloignés. Vous ne savez pas comment vous y prendre, vous êtes las de toutes relations probablement. Doit-on laisser les choses avancer ou revenir aux souvenirs douloureux des derniers adieux. Peut-être, dans un élan complètement fou, a-t-elle envie de se jeter sur toi. Te serrer, un infime instant, dans tes bras. Avant que la noirceur du phare vous aspire, tous les deux.

(c) DΛNDELION
Admin △ Underneath it's just a game
Harlan Tikaani
DATE D'INSCRIPTION : 06/12/2015 PSEUDO/PRENOM : Electric Soul MULTICOMPTES : Kayden Elwood & Einar Helgusson MESSAGES : 8664 CELEBRITE : Jon Kortajarena COPYRIGHT : Avengedinchains ♥ & tearsflight METIER/APTITUDES : Conseiller druide | Soigneur & orateur/diplomate TRIBU : Naori POINTS GAGNES : 1031
Voir le profil de l'utilisateur
Admin △ Underneath it's just a game

Never say goodbye (Harlan) Empty Re: Never say goodbye (Harlan)

Hier à 0:31
Tu ne sais pas comment agir.

Tu es perdu, Harlan, incertain, et ce n'est pas un sentiment agréable. Tu es venu pour échapper à tes pensées trop agitées, à ces questions auxquelles tu ne trouves ni réponse, ni offre de paix. Tu pensais, peut-être, trouver un mystère simple, ou du moins autre, ici. Au lieu de quoi, tu as l'impression de plonger directement dans des sables mouvants. Tu n'arrives pas à trouver pied. Tu t'enlises et tu ne sais pas comment t'en tirer.

Tu n'as jamais bien réagi aux surprises. Toi qui analyses et anticipes des tas de scénarios, tous plus pessimistes les uns que les autres, tous plus catastrophiques les uns que les autres, pour toujours être préparé au pire, tu n'aimes pas être pris de court ainsi. Tu n'as pas l'habitude. Alors, devant une situation face à laquelle tu ne t'es pas préparé, tu ne sais pas quoi faire. Tu perds le peu de tact que tu possèdes déjà, tes paroles se font trop brutales, malgré toi.

La blesses-tu, par tes propos trop brusques ? Peut-être. Peut-être est-ce pour cela qu'elle ne te répond pas de prime abord quand tu lui demandes ce qu'elle fait là, comme si tu interrogeais une criminelle.
Tu essaies de rattraper ta maladresse et peut-être y parviens-tu, un peu. L'aveu est étrange, dans sa bouche, presque nonchalant. Elle ne pensait voir personne ici. C'est si banal, si normal, et pourtant, quelque chose te dérange dans cette simple phrase, sans que tu ne parviennes à l'expliquer. Il y a quelque chose de changé, chez Alaska, et tu n'arrives pas à savoir quoi.

Tu essaies de comprendre, maladroitement. Tu déduis, car après tout, venir dans ce lieu si étrange autour duquel les murmures s'accumulent, n'est-ce pas justement pour voir la source de ces rumeurs ? Pour peut-être résoudre un mystère, étancher la soif de curiosité ?

Et tu déduis justement, mais ce n'est pas tant une surprise. Tu essaies de retrouver tes marques. Essaies de retrouver ta logique implacable car c'est elle qui t'aide depuis toujours, à démêler le vrai du faux, à t'en tirer entre les tourbillons de mensonges et de fausses promesses. Tu te raccroches à ce que tu sais, pour mieux combler les trous de ce que tu ne sais pas.

L'éclat de rire soudain d'Alaska semble envolé, désormais, triste, muet. Glacé par l'air, glacé par toi, peut-être. Sa voix te semble faible, triste peut-être. Tu t'en veux un peu. Elle avait eu l'air heureuse de te voir et toi, qu'as-tu trouvé d'autre à faire que de rester là, interdit, et de réagir presque violemment, parce qu'elle bouleverse tes idées préconçues et tes plans ?  Tu te mords légèrement les lèvres, tandis que tu l'écoutes dire pourquoi elle est là.

« Il y a toujours des esprits partout. » Ton regard se porte vers la mer, que tu devines à son ressac. « Mais je ne sais pas si c'est ceux que tu veux voir. »

Tu préfères parler d'esprits et pas de fantômes. Ce n'est peut-être pas tout à fait la même chose, les esprits pouvant appartenir à à peu près tout pour toi, aussi bien hommes qu'animaux qu'arbres. Fantômes, esprits errants, esprits maudits, ce sont des histoires qu'on n'aime pas chez vous, des histoires qui font peur, des histoires qu'on raconte aux enfants pour leur apprendre à quel point il est important de vénérer les esprits de vos ancêtres, à quel point il est important de respecter la nature. Alaska est-elle venue chercher ce frisson, comme les enfants craignent les esprits qui n'ont pas été purifiés ?

Elle dit qu'elle pensait quelque chose, mais son regard plongé dans le tien te force à ne pas trop poser de questions. À ne pas l'interroger davantage. Aimeras-tu ce que tu entendras ? Tu n'oses pas demander, n'oses pas entendre la réponse. Tu as l'impression qu'elle essaie de dévier le sujet, en disant que tu es loin de chez toi, et oui, c'est vrai, mais elle aussi, n'est-ce pas ? Elle non plus, tu ne l'attendais pas ici, si loin de ses terres, trop près des tiennes. Tu n'étais pas prêt.

« Bien moins loin que toi. » fais-tu, avec un minuscule sourire. Il peut peut-être paraître déplacé, mais tu t'amuses de la voir toujours si peu douée avec les distances. « Ton sens de l'orientation ne s'est pas beaucoup amélioré, on dirait. »

Et puis, tu cèdes à l'impulsion, oublies l'hésitation, la retenue. Tes doigts se posent doucement sur son épaule, pour lui laisser l'occasion de se détacher, si elle le souhaite. Tu ignores la sensation étrange qui parcoure ton bras à ce contact, comme un nerf en sommeil depuis trop longtemps qui vient de se réveiller.

« Tu vas bien ? » demandes-tu doucement, discernant son visage du mieux que tu peux à la lumière de la lune et des étoiles. Une lumière trop froide.
Contenu sponsorisé

Never say goodbye (Harlan) Empty Re: Never say goodbye (Harlan)

Revenir en haut
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum