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Alaska C. Burckley
Alaska C. Burckley
DATE D'INSCRIPTION : 04/11/2018 PSEUDO/PRENOM : Authenticity MULTICOMPTES : Demyan MESSAGES : 56 CELEBRITE : Cara Delevingne COPYRIGHT : @noralchemist. METIER/APTITUDES : Médecin : herboristerie & notions médicales POINTS GAGNES : 10

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le Lun 19 Nov - 19:54
NEVER SAY GOODBYE
Harlan

 
I love fairy tales because of their haunting beauty and magical strangeness. They are set in worlds where anything can happen. Frogs can be kings, a thicket of brambles can hide a castle where a royal court has lain asleep for a hundred years, a boy can outwit a giant, and a girl can break a curse with nothing but her courage and steadfastness.
Kate Forsyth

Elle n'a entendu que quelques mot, murmurés. Au coin du feu, pendent quelques instants. On se raconte ça comme une vieille histoire, comme si c'était quelque chose d'anodin, de stupide. Alaska n'est pas dupe, elle ne croît pas aux fantômes. Elle ne croit pas qu'on puisse parler aux morts. Simplement parce que quand ils sont partis : ils sont partis. Elle n'a pas de raisons d'y croire, elle ne veut pas entendre grand chose des rites et des cultes qui feraient descendre les âmes sur la Terre. Eux-aussi, ils étaient là-haut. Et plus haut que là-haut, il n'y a pas grand chose.

Elle y était. Elle a vu, l'espace. Grand et envoûtant. C'est tout ce qu'il y a là-haut, pour elle. Les astres, les lunes, les planètes, les soleils. Ils ont été un point de raccord, à un moment, pour elle. Quand elle ne voyait plus la Terre. quand sa vision du monde était minuscule, quand elle n'avait que quelques mètres pour regarder le ciel. Elle a eu l'habitude des grandes fenêtres de l'Odyssée, qui montrait la Terre, en bas. Belle et chaleureuse. Ça, ça avait été un mythe. Elle avait observé les étoiles, appuyée sur la pointe des pieds, à travers le hublot de sa cellule. Elle vacillait, un peu, attirée par le bleu profond de la nuit. Elle ne voyait pas la Terre, elle voyait d'autres choses, mais elle ne voyait pas grand chose.

Alors ces rumeurs, elle n'y croit pas trop non plus. Mais elle est curieuse, Alaska. Elle se demande ce que c'est, ce qui en est vraiment l'origine. Elle pense qu'il faut toujours une raison derrière les symptômes, qu'il y a toujours quelque chose à soigner. Même si parfois, c'est juste dans la tête des gens. Elle ne connaît pas tout de l'esprit, mais elle connaît beaucoup de choses du corps et des maladies. Elle pense, qu'elle en connaît beaucoup. A l'échelle de leur nouvelle vie sur la Terre, elle sait déjà faire beaucoup de choses. Alors elle ne sait pas encore ce qu'elle va trouver, quand elle sera arrivée là-bas, mais elle y pense. Elle ne croisera probablement personne, ou juste des petits curieux. Elle ne voit pas encore le vieux phare, mais cela ne saurait tarder. Elle mal aux pieds et le petit froid automnal lui refroidit les oreilles. Elle n'aime pas vraiment les températures trop froides, mais elle fait l'effort d'essayer d'apprécier les changements de saisons. A vrai dire, c'est quelque chose qu'elle a l'impression de découvrir encore constamment. C'est tellement subtil, et c'est tellement inédit pour elle, qu'elle se fascine de ce petit cycle de la vie qui tourne sans l'aide de personne. C'est beau, mais Alaska ne sait pas se contenter de ça. Elle a l'impression qu'un jour, quelque chose viendra briser ce petit bonhomme de chemin de la nature. que tout dégénérera.

Elle n'avance pas vraiment avec prudence. Même si elle ne connaît pas parfaitement ce coin de forêt, elle est beaucoup moins apeurée qu'elle ne l'était par ces endroits. Il lui semble que la rivière n'est pas loin, et qu'elle ne devrait pas tarder à l'apercevoir. Avant ou après le Phare, elle n'en sait trop rien. Elle a un mauvais sens de l'orientation sur la Terre, c'est trop vaste, trop grand. Elle s'est perdue lus d'une fois. Ce ne sont jamais ses intentions, mais elle perd souvent son chemin, perdue au milieu de plantes et d'arbres qu'elle ne reconnait plus. Elle se souvient, comment c'était si simple de se retrouver là-haut, et comment c'est si difficile, ici. Elle a l'impression de toujours ramer dans un océan infini.

Elle voit enfin le phare, devant-elle. Il es beau. Abîmé, mais beau. Alaska s'arrête quelques instants et garde les yeux rivés dessus. Qu'es-ce qu'elle vient faire là, après tout ? Est-ce qu'elle cherche quelque chose ? Un coup de frayeur, peut-être. Elle en croit pas qu'il soit hanté, mais elle avait envie de voir par elle-même ce qui causait ces rumeurs. Elle se dit qu'elle n'a rien à perdre à découvrir de nouveaux endroits. Qu'est-ce qui peut se passer, après tout ? Un fantôme, elle sera plus que ravie d'en rencontrer un. si c'était l'un de ceux de son passé.

Elle arrive devant la porte, la pousse, doucement. Alaska respire un peu précipitamment. C'est rare qu'elle explorer des vestiges anciens, comme ça, mais elle ne peut s'empêcher d'être curieuse. « Il y a quelqu'un ? » Probablement que non, mais elle ne veut pas déranger. Peut-être que dans un coin de vieux bâtiment, des terriens se sont rassemblés pour faire un culte satanique, habités par les rumeurs du vieux phare. Elle ne sait pas ce qu'elle va trouver ici, mais elle avance tout doucement. Un pas après l'autre, elle entre dans le phare.
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Harlan Tikaani
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DATE D'INSCRIPTION : 06/12/2015 PSEUDO/PRENOM : Electric Soul MULTICOMPTES : Kayden Elwood & Einar Helgusson MESSAGES : 9546 CELEBRITE : Jon Kortajarena COPYRIGHT : Lux Aeterna & izabellagifs (tumblr) METIER/APTITUDES : Conseiller druide | Soigneur & orateur/diplomate TRIBU : Naori POINTS GAGNES : 221
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le Dim 25 Nov - 0:59
Tu ne sais pas ce qui te pousse par là.

Il y a tellement de tracas, tellement d'inquiétudes. Tu as l'impression que le sort de ta tribu, que la vie des tiens, ne tient qu'à un fil. Une folie d'Arkhip, un ordre donné à l'armée de fidèles dont il dispose et c'en sera fini de vous. C'est dans ce pessimisme et ce fatalisme que tu baignes depuis des mois. Tu cherches des solutions, des autres moyens, mais la diplomatie te fait défaut quand tout en toi n'est que vengeance presque aussitôt étouffée et paralysée par ta conscience. C'est toujours comme ça que tu as fonctionné – toi, d'ordinaire si calme, tu cherches à attaquer sans modération et à nuire, quand on te fait un affront. À toi ou à ceux à qui tu tiens. C'est facile de presser tes boutons, quand on sait tes faiblesses. C'est facile de te provoquer à conduire à la perte de tous quand tu es si facilement enflammé par la haine. Tes murailles ne tiennent pas une seconde, quand la rage te guide et tu pourrais tout aussi bien être un fanatique radical tant, dans ta haine, tu ne vois plus que ta justice à toi. Colère et arrogance ont toujours été tes pires défauts.

Mais non, tu t'es juré que tu ne commettrais plus ces erreurs. Car tous tes calculs, tes manigances, ta soif de vengeance, c'est ce qui vous a mené là, aujourd'hui. C'est ce qui t'a mené, toi et d'autres Naoris, à goûter aux cachots rahjaks. C'est ce qui a conduit à la mort d'un des vôtres. Au vol de liberté de deux autres. Tu as tout ça sur la conscience. Les enfermements, les morts, une guerre qui se pointe à l'horizon. Tes nuits sont agitées, depuis lors. Tu résistes à l'envie de t'enfermer dans tes vieux travers, dans tes exils volontaires et tes échappées vaporeuses. Tu vaux mieux que ça. Tu as appris, parfois rudement appris, parfois plus doucement, mais tu as retenu la leçon. Tes anciens mécanismes ne te mèneront à rien de bon. Tu dois travailler de concert avec Caleb, Rowena, Ashiri, Karah, Rürik. C'est à vous de gérer cette crise et pas à toi seul. Mais il n'est pas facile pour toi de regarder les autres membres du Conseil en face quand tu t'estimes responsable de ce fiasco.

Alors, tu as fui. Tous ces mois, tu es resté au village, par sens de la responsabilité, par crainte inavouée de commettre un nouvel impair, aussi. Mais cette rumeur de fantômes au phare ? Des âmes en peine ? Ça ne devrait pas tant te parler que ça. Les morts dus à la mer – car tu ne doutes pas que c'est de cela qu'il s'agit – ne sont pas courant, chez vous, vous qui êtes si enfoncés dans les terres, au coeur de la forêt. Mais ces murmures, oh, ils enflamment les consciences de tout le village. Peut-être encore plus loin, qu'en sais-tu ? Et tu te dis que le phare n'est pas si loin, qu'en quelques heures, tu peux y être. Tu pourrais prendre un cheval pour te faciliter le trajet, mais tu préfères y aller à pied. Ça te prendra une partie de la journée pour l'atteindre et tu pars au zénith, avec toutes tes affaires prêtes. Le soleil se couche tôt, en cette saison, et tu sais qu'il faudra sans doute la nuit là-bas, si ce n'est plus. Ça ne t'effraie pas, tu as tout ce qu'il te faut. Tu n'es pas bon chasseur, mais tu sais parfaitement ce qui est comestible ou non et tu as des réserves. Le froid sera peut-être dérangeant, mais ce n'est rien que tu n'aies déjà éprouvé lors de tes trente-cinq années sur cette terre. Être druide et fréquenter régulièrement des malades a au moins l'effet positif de te rendre moins susceptibles aux infections courantes. Pour autant, par précaution, tu prends des vêtements plus chauds avec toi, ainsi qu'une fourrure. L'air marin est autrement plus dur, loin de la protection offerte par les arbres.

Les heures s'égrènent, et au fil des pas, une partie de tes tracas est assourdie. Pas disparue, non, mais tu t'émerveilles devant le changement de couleur automnal, tu notes l'état de la nature, tu cueilles quelques éléments qui pourront te servir pour tes remèdes. Pour quelques heures, pour un trajet, tu n'as pas envie d'être conseiller. Tu as juste envie d'être un druide, curieux, s'en allant investiguer ce qu'il se passe, au vieux phare. Tu pars vérifier si les rumeurs de fantômes sont vraies.

Comme tous les Naoris, tu crois aux esprits. Même si tu es plus rationnel que nombre des tiens, tu penses qu'un esprit tourmenté, par exemple par une mort violente, peut garder une manifestation sur terre. Rowena s'y connaîtrait certainement mieux que toi et pourrait peut-être aider ces âmes en peine mais toi, tu n'es pas là pour aider. Tu peux aider les vivants, pas les morts. Non, tu es juste...curieux. Intrigué. Tu veux te sortir de tes idées noires, pour quelques heures, pour quelques jours. Arrêter de penser à la guerre et résoudre un mystère, à la place.

Ce n'est pas régulièrement que tu te rends vers le vieux phare, mais tes pas restent sûrs, tandis que tu prends le chemin vers la côte. Tu connais la forêt comme ta poche et sait lire le soleil et, quand elles se lèvent, la lune et les étoiles, pour te guider.

Tu arrives au phare sans encombre, et c'est la nuit. Mais la nuit tombe si tôt, ces temps-ci, et il n'est pas encore l'heure où le sommeil te gagne, habituellement. Sans sa lumière, éteinte depuis longtemps, le phare se dresse comme une ombre imposante, sur l'horizon. Une œuvre d'un autre temps, quand les hommes utilisaient encore des matériaux morts et non-naturels.

Une fois devant la porte, tu n'hésites pas longtemps avant de la pousser. Elle résiste moins que tu ne l'aurais cru, mais c'est probablement l'oeuvre de tous les curieux venus s'assurer de la véracité des rumeurs. Peut-être en croiseras-tu, d'ailleurs ? Sont-ce là les vrais fantômes ? Des badauds que d'autres badauds ont surpris ?

Quand tu pénètres dans le lieu, tout sent le renfermé, la poussière. L'inhabité. Ce n'est pas surprenant, mais cela reste désagréable et te fait même éternuer. Tu fais quelques pas à l'intérieur du lieu avant de te rendre à l'évidence : ici, la lumière est bien trop faible pour que tu te repères sans encombres. Si tu veux vraiment explorer les lieux, il te faut une torche. Avec un soupir, tu rebrousses chemin pour te diriger vers l'entrée du phare avant d'entendre une voix humaine, féminine. Familière. Un instant, ton coeur et ta gorge se serrent. Follement, tu songes un instant que les esprits du phare te jouent peut-être un tour. Ou pire encore. Mais tu secoues bien rapidement la tête, éloignant ces idées saugrenues de ton esprit. Tu es trop rationnel pour céder à ces folies.

Tu t'avances en direction de l'entrée et il ne te faut guère longtemps  pour tomber sur le visage pâle – trop pâle ? – d'Alaska.

Plus d'un an. Tu ne pensais pas qu'elle reviendrait dans le coin. Elle avait retrouvé les siens et tu t'étais dit que c'était mieux comme cela. Que tu n'avais pas à interférer ou la déranger. C'était plus simple. C'était moins dangereux.

La voix hésitante, te demandant à moitié s'il s'agit là d'un des fantômes du phare, tu demandes : « Alaska ? »
Alaska C. Burckley
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le Sam 2 Mar - 20:04
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L'édifice respire la splendeur du passé. Souvent, elle s'est demandée comment les choses auraient été différentes si elle était née ailleurs. Dans une autre époque, un autre temps. Elle a tellement de regrets, qu'elle aurait aimé tout changer et vivre autrement. Parfois, elle pose les yeux sur des vestiges de temps passés. Sur des choses qu'elle pensait effacés depuis des millénaires. Elle s'imagine le bonheur, l'amour et la joie des gens qui vivaient là. Elle aurait peut-être été plus heureuse, Alaska. Elle n'aurait jamais vécu de telles pertes dans un autre monde. Mais peut-être que si le monde avait été différent, elle aurait été différente aussi. Elle n'aurait jamais eu le courage et la force qu'elle a aujourd'hui. Elle ne se sent pas plus téméraire que les autres, mais elle n'abandonne pas. Elle. Ce sont les autres qui l'abandonnent. Pas un seul instant, en observant la grandeur du phare, elle ne pense aux esprits qui y vivent. Elle ne voit que des traces d'un passé joyeux. Guider les esprits, voilà à quoi servait le phare. Peut-être que si elle peut grimper, tout là-haut, elle pourra s'envoler. Elle est hantée par des fantômes qui ne la quittent jamais. Si peut-être elle pouvait trouver un autre chemin et se libérer de ses poids qui ralentissent son ascension, elle serait différente.

Un pas de plus dans le phare, et elle respire la poussière à plein nez. Toutes les sensations l'enivrent un instant. Des secondes auparavant, elle pensait au bonheur de "la vie d'avant", et elle se sent d'un coup submergée par le changement. Les yeux lui piquent, tandis qu'elle passe un bras devant sa bouche pour tousser. Le peu de lumière lui fait encore plus plisser les yeux, le temps que ses pupilles s'habituent à l'obscurité.

Quelque chose bouge, plus loin. Les mouvements sont flous, paraissent irréguliers dans cette obscurité poussiéreuse. Quelque chose se retourne. C'est grand, c'est plus grand qu'elle, pour sûr. Courir ? S'éloigner ? Ses doigts effleurent le cadran de la porte. Le contact du bois rugueux remonte le long de son bras et hérisse ses poils. Elle fixe quelques instants interdite ce qui bouge. Ça ne peut pas être un esprit, les grains de poussière volent avec ses pas. Elle est muette, paralysée. Elle ne croit pas seul instant que cela peut être un esprit. Parce que ça n'existe pas. Les esprits, ça n'existe pas. Les gens morts, ils sont morts. Ils ne reviennent jamais. Elle pourrait prier qui elle veut, personne ne revient jamais des enfers. Alors, c'est vivant. Bien vivant, bien réel. C'est quelqu'un.

« Alaska ? »

Elle l'entend, comme un murmure. Elle est persuadée que ce n'est pas un fantôme, et pourtant, tu surgis. Comme un esprit, venant au gré du vent, elle reconnaît ta voix entre milles. Elle l'a entendue si souvent, en a rêvé plus que de raison. C'est son prénom, que tu as prononcé.

Elle voit ton visage. La lumière douce de la lune n'éclaire pas grand chose, mais elle discerne doucement tes traits. Un à un. Elle les connait par cœur, sans jamais l'avouer. Elle n'en a pas oublié un seul, et petit à petit son cœur s'emballe. Est-elle allée aussi loin dans la forêt ? Elle n'aurait jamais pensé que quelqu'un d'autre s'aventurerait ici. Mais si, toi, Harlan, tu aimes les drôles d'aventures. Alaska aussi, curieuse comme elle est, elle aime les histoires. Moins celles qui parlent de fantômes, mais celle-ci ne lui avait pas paru si effrayante.

Comme un écho lointain à tes lèvres qui prononcent son nom, Alaska soupire. « Tu n'as pas l'air d'être un fantôme », avance-t-elle prudemment. Elle n'a pas bougé d'un pas, fantomatique dans l'encadrement de l'entrée du phare, éclairée par la lune. Et si ce n'était pas vrai ? Si c'était un mauvais tour ? Si des mauvaises plantes avaient poussé dans la phare, lui créant des pensées hallucinatoires ? Elle jette un coup d’œil craintif derrière toi, se demandant si c'est une farce. Après tout, maintenant qu'elle y réfléchit, il y avait plein intelligent à dire. Si c'est vraiment toi, Harlan, tu ne vas pas être déçu. Alaska en chair et en os, un peu plus usée que la dernière fois que tu l'as vue. Toujours aussi téméraire, mais plus imprévisible, moins droite. Elle fait du mieux qu'elle peut, pour essayer de tenir le rang et d'aider tout le monde, mais elle n'est pas devenue quelqu'un d'autre. Elle reste perdue, toujours, seule, abandonnée. Finement laissée pour elle-même dans une jungle infinie qui lui demande de se battre tous les jours pour survivre.

Alors elle avance, doucement. Rien ne pourra lui arriver de pire. Que peuvent faire les fantômes ? Elle écoute chaque son autour d'elle. Se rapproche de toi, ou de ce qui ressemble à toi. Elle prend son temps doucement, vous n'êtes jamais pressés. « Tu respires. » Elle effleure ton bras, dans un geste infiniment lent, s'assure que tu es vrai. « Tu es en chair. » Elle te sourit, alors, et dit : « Il n'y a pas donc pas de vrais fantômes ici ? ». Un éclat de rire, de joie, passe sur son visage. Si c'est vraiment toi alors, elle n'a pas de meilleure raison de sourire.

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le Ven 5 Avr - 0:12
Ta voix te paraît faible, lointaine, presque. Tu ne te reconnais presque pas dans ce timbre hésitant. Tu hésites si rarement. Tu ne peux pas tergiverser bien longtemps, dans ta position, tu ne peux pas te permettre de ne pas adopter des positions fermes et résolues. On pense déjà votre tribu faible, alors tu refuses catégoriquement de te plier à l'image qu'on a des Naoris, de donner raison à tous ceux qui vous critiquent. C'est justement ton inflexibilité qui a été à l'origine de nombreux maux. Trop dur, Harlan, trop catégorique. Le temps et les épreuves t'ont appris tes erreurs, et tu t'es adouci, d'une certaine manière, tu as appris à voir les choses autrement. Mais hésiter n'est pas vraiment dans tes gènes.

Et pourtant, tu as l'impression d'être si peu sûr de toi, à cet instant. Tu doutes. Doutes de la réalité, doutes de tes sens. Est-ce un rêve, une illusion, un cauchemar ? Un fantôme, de ceux que les visiteurs jurent avoir vu ? Tu ne sais pas, ton esprit rationnel ne veut pas croire à de telles histoires alors même que ton éducation naori soutient que c'est totalement possible. Alors son nom t'échappe, hésitant, incertain. Dans la faible lumière qui règne ici, tu ne devrais pas pouvoir distinguer les pupilles bleues. C'est purement un effet de ton imagination. Ton esprit qui confond souvenir et réalité.

Elle reste tout aussi interdite que toi, et vraiment, tu songes que ça ne doit être qu'un esprit. Non, une création de ton imagination. Pourtant tu n'arrives pas à bouger, toi non plus. Tu restes là, paralysé à ton tour, partagé entre la volonté de faire s'évaporer l'illusion et...non. Non, l'irréel n'a jamais rien apporté de bon. Tu as trop fui dans des paradis artificiels par le passé. Confronter la réalité est sale et douloureux mais c'est encore ce qu'il y a de plus préférable sur le long terme.

Et pourtant, le fantôme soupire. Le fantôme parle. Et soudain, tu n'es plus si sûr qu'il s'agit d'une fabrication de ton esprit. Soudain, tu n'es plus si sûr que tout ça est irréel. Serais-tu capable de créer des échos si élaborés ? Si détaillés ? Tu en doutes. L'imagination n'a jamais été ton point fort – tu as toujours trop été ancré dans la réalité.

Ta respiration se bloque dans ta gorge, un instant. Parce que ça ne peut pas être vrai, n'est-ce pas ? Ça ne peut pas être vrai. Et pourtant, tout paraît trop réel et à la fois...tellement impossible. Alaska ne devrait pas être là. Elle est chez les siens, dans son camp, bien plus au nord, désormais. Elle n'aurait aucune raison d'être ici. Sauf peut-être si la rumeur s'est propagée jusqu'aux Skaikru ? Peut-être les murmures que des fantômes hantent le phare se sont répandus jusqu'à eux. Peut-être croit-elle, comme toi, que tout ça n'est qu'hallucination ?

Tu devrais parler. Tu devrais répondre. Tu devrais chercher un contact, pour prouver la véracité de sa présence. Tout ça, intellectuellement, tu le sais. Et pourtant, c'est comme si ton corps ne voulait pas répondre à ta tête, comme si tu avais été frappé par la foudre.

Tout ça doit être réel. Aussi fou que cela puisse paraître. Car il y a des différences, par rapport à la dernière fois que tu l'as vue. Et tu ne pourrais imaginer ces différences, tu n'y songerais pas. Car Alaska a l'air...fatiguée. Triste, aussi, tu as l'impression. Perdue. Ça ne correspond pas tout à fait aux souvenirs que tu en as. Ne devait-elle pas être plus heureuse, là-bas ? De retour auprès de ceux qu'elle aimait ?
Elle avance et tu es toujours incapable de bouger. Tu devrais, et pourtant, tu ne peux rien faire. Rien que suivre des yeux ses mouvements, comme un animal aveuglé. Mais l'approche n'est pas rapide, pas violente. Comme si, elle aussi, n'était pas sûre que tout ça soit réel. Tu as une impression de flottement. Comme une bulle à l'écart du temps.

Tu frissonnes quand elle te touche. Et oui, c'est réel. Aussi impossible que ça puisse l'être, c'est réel. Tu ne peux pas halluciner de telles choses.

« Je... »

Ta langue se décolle enfin de ton palais, mais la seule syllabe qui t'échappe veut à peine dire quelque chose. En vérité, tu ne sais même pas ce que tu voulais dire. Tu hésites, encore, et ça ne te ressemble pas, d'hésiter ainsi.

Et puis un sourire fend son visage. Un rire sort de sa gorge. Son rire t'a manqué. Tu ne t'en étais pas rendu compte, avant.

« Que fais-tu ici ? » demandes-tu, quand tu reprends enfin le contrôle de tes fonctions motrices. Et probablement aurais-tu pu trouver meilleure phrase à dire, parce que ça paraît presque accusateur alors que ce n'est pas ce que tu veux. Mais t'as toujours été maladroit quand il s'agissait d'affaires personnelles, quand tu dois penser en tant que toi, Harlan, et pas en tant que conseiller druide.

Tu fermes les yeux un instant, comme si ça pouvait t'aider à retrouver un semblant de normalité. Tu ne sais pas vraiment ce que tu espères. Ou n'espères pas. Crois-tu qu'elle s'envolera, si tu fermes les yeux ? Peut-être. Tu ne sais pas.

« Désolé je...tu m'as surpris. Je ne m'attendais pas à te voir ici. » Tu tends la main vers son visage, hésites, te ravises. Non. Trop familier. Alors tu détournes les yeux un instant, te rappelles pourquoi tu es ici. Te rappelles ses propos. Il n'y a donc pas de vrais fantômes, ici ?

« Tu es venue pour le phare. » finis-tu, en la fixant dans les yeux. Plus une affirmation qu'une question.
Alaska C. Burckley
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le Jeu 9 Mai - 21:45
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Vous êtes deux silhouettes. Perdues dans une histoire, tissés petit à petit par des mots imprimés. Deux ombres qui se font face à face. Vos gestes, sont d'une lenteur infinie. A peine osés, à peine des frissons, vous avez l'impression de vivre un rêve, probablement. Alaska ne croit pas aux fantômes. Elle n'y a jamais cru. Si elle avait pu en voir, elle les aurait cherché. Sans relâche, sans connaître la fatigue. Chaque seconde, elle aurait voulu leur parler. Dans ses rêves, parfois, elle tend la main. La referme sur du vide. Elle se sent seule, plus qu'elle ne l'imagine. Elle parle à son esprit, pour soigner ses blessures. Elle parle à elle-même, finalement.

Pour être sûre que quelqu'un l'écoute.

Son rire, c'est ce qui brise tous les froids. Il lève le voile entre-vous. Elle rit, elle brise le silence. Un petit éclair de vie dans le ciel sombre. Elle réactive toute la beauté de ces moments à deux. Elle vous redonne vie, comme des silhouettes sorties d'un livre d'image. Vous vous mouvez, chacun votre tour. Vous savez, maintenant, que vous êtes réels. Parce que ni toi ni elle n'avez jamais cru aux fantômes, hein ? « Que fais-tu ici ? » Ta voix, elle l'entend. Beaucoup plus claire, beaucoup plus réelle que lorsqu'elle était au loin, devant elle. Tu lui parles, son étrangement familier. Elle reconnaîtrait ta voix entre mille, maintenant qu'elle y pense. Ce genre de choses que la mémoire peut faire, elle n'en connaît pas tous les secrets. Elle ne connaît pas beaucoup de secrets, en fait. Les gens partent souvent avec. Peut-être qu'elle ne te connaît pas si bien, toi.

Elle ne réponds pas tout de suite. Les mots, ne lui viennent pas. Alaska, au fond, ne sait peut-être même pas ce qu'elle vient faire ici. Ce qu'elle espérait chercher. Elle vient sans questions, mais elle sait qu'elle va repartir avec des réponses. Les enfantillages et les histoires ne lui ont jamais fait peur. Peut-être, qu'au fond, elle se sentait rassurée à penser que, si elle allait voir d'elle-même, elle trouverait peut-être quelque chose. Mais maintenant qu'elle a trouvé, elle ne sait plus comment s'y prendre. « Désolé je...tu m'as surpris. Je ne m'attendais pas à te voir ici. » Elle non plus. Ce petit instant entre-vous brise tous les codes. Aucune de vous n'avait osé effleurer l'idée de vous voir, l'un et l'autre, dans un vieux phare - soit-disant - hanté. Elle dit, doucement : « Je ne pensais voir personne ici. » Alaska hausse les épaules, imperceptiblement.

Elle ne cherchait pas la solitude. Elle ne cherchait pas non plus la compagnie. Parfois, Alaska ne se sent pas seule quand personne n'est à ses côtés. Elle parle à d'autres, elle les voit et les entend. Elle n'a jamais l'impression d'halluciner, parce que ce sont ses images. Elle sait que ce sont ses images. Ce sont les gens qu'elle a envie de voir, qu'elle voit quand elle ferme les yeux. Elle leur parle, doucement, à chacun d'entre-eux. Comme si la vie était plus facile à supporter à leurs côtés. Comme si, d'un coup, tout devenait différent. Alors pourquoi est-elle si muette devant toi ?

« Tu es venue pour le phare. » Tu ne lui demandes pas.  Vos visages à peine éclairés s'évitent, quelques secondes. Vous baissez les yeux dans ce face à face imprévu. Que peut-elle dire de plus ? Elle est venue voir si les histoires sont celles qu'on lui a racontées. C'est ce dont elle essaie de se persuader, en tous cas. « Je voulais voir si ce sont vraiment des fantômes. ». Sa voix est presque muette, inaudible. Pâle reflet de son éclat de rire passé. Bien sûr, qu'elle veut rire. Elle veut être heureuse elle veut vivre, elle veut chanter. Elle veut être de ceux qui célèbrent la vie et ce que leur descente sur la Terre leur a apporté. Enfin, elle aurait bien voulu, être de ces gens-là. Mais ce n'est pas ce qu'elle est. Elle est complètement à part, loin, dans les nuages. Elle n'a rien de tous ces gens, qui tentent de la persuader que la vie est plutôt rose, en fait.

« On m'a raconté des... histoire sur cet endroit. J'ai pensé... » Alaska s'arrête, nette dans ses pensées. Peu importe ce qu'elle a pensé. Si elle doit partir, ce ne sera pas avec toi. Elle s'est persuadée que tu es réel, maintenant. Elle fuit le camp à toutes ses idées saugrenues qui lui sont venues sur ce phare. Sur ce qui peut arriver aux gens, ici. De bien comme de mauvais. Un instant, elle avait pensé que peut-être c'était moins douloureux. Mais elle préfère l'ignorer. Ses yeux, qui scrutent les tiens, l'obligent à l'ignorer. « Je n'ai rien pensé », ajoute-t-elle avec plus d'aplomb. Après tout, peu t'importes probablement.

« Tu es loin de chez toi », affirme-t-elle. Vous semblez si distants, d'un coup. Si éloignés. Vous ne savez pas comment vous y prendre, vous êtes las de toutes relations probablement. Doit-on laisser les choses avancer ou revenir aux souvenirs douloureux des derniers adieux. Peut-être, dans un élan complètement fou, a-t-elle envie de se jeter sur toi. Te serrer, un infime instant, dans tes bras. Avant que la noirceur du phare vous aspire, tous les deux.

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Harlan Tikaani
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le Sam 25 Mai - 0:31
Tu ne sais pas comment agir.

Tu es perdu, Harlan, incertain, et ce n'est pas un sentiment agréable. Tu es venu pour échapper à tes pensées trop agitées, à ces questions auxquelles tu ne trouves ni réponse, ni offre de paix. Tu pensais, peut-être, trouver un mystère simple, ou du moins autre, ici. Au lieu de quoi, tu as l'impression de plonger directement dans des sables mouvants. Tu n'arrives pas à trouver pied. Tu t'enlises et tu ne sais pas comment t'en tirer.

Tu n'as jamais bien réagi aux surprises. Toi qui analyses et anticipes des tas de scénarios, tous plus pessimistes les uns que les autres, tous plus catastrophiques les uns que les autres, pour toujours être préparé au pire, tu n'aimes pas être pris de court ainsi. Tu n'as pas l'habitude. Alors, devant une situation face à laquelle tu ne t'es pas préparé, tu ne sais pas quoi faire. Tu perds le peu de tact que tu possèdes déjà, tes paroles se font trop brutales, malgré toi.

La blesses-tu, par tes propos trop brusques ? Peut-être. Peut-être est-ce pour cela qu'elle ne te répond pas de prime abord quand tu lui demandes ce qu'elle fait là, comme si tu interrogeais une criminelle.
Tu essaies de rattraper ta maladresse et peut-être y parviens-tu, un peu. L'aveu est étrange, dans sa bouche, presque nonchalant. Elle ne pensait voir personne ici. C'est si banal, si normal, et pourtant, quelque chose te dérange dans cette simple phrase, sans que tu ne parviennes à l'expliquer. Il y a quelque chose de changé, chez Alaska, et tu n'arrives pas à savoir quoi.

Tu essaies de comprendre, maladroitement. Tu déduis, car après tout, venir dans ce lieu si étrange autour duquel les murmures s'accumulent, n'est-ce pas justement pour voir la source de ces rumeurs ? Pour peut-être résoudre un mystère, étancher la soif de curiosité ?

Et tu déduis justement, mais ce n'est pas tant une surprise. Tu essaies de retrouver tes marques. Essaies de retrouver ta logique implacable car c'est elle qui t'aide depuis toujours, à démêler le vrai du faux, à t'en tirer entre les tourbillons de mensonges et de fausses promesses. Tu te raccroches à ce que tu sais, pour mieux combler les trous de ce que tu ne sais pas.

L'éclat de rire soudain d'Alaska semble envolé, désormais, triste, muet. Glacé par l'air, glacé par toi, peut-être. Sa voix te semble faible, triste peut-être. Tu t'en veux un peu. Elle avait eu l'air heureuse de te voir et toi, qu'as-tu trouvé d'autre à faire que de rester là, interdit, et de réagir presque violemment, parce qu'elle bouleverse tes idées préconçues et tes plans ?  Tu te mords légèrement les lèvres, tandis que tu l'écoutes dire pourquoi elle est là.

« Il y a toujours des esprits partout. » Ton regard se porte vers la mer, que tu devines à son ressac. « Mais je ne sais pas si c'est ceux que tu veux voir. »

Tu préfères parler d'esprits et pas de fantômes. Ce n'est peut-être pas tout à fait la même chose, les esprits pouvant appartenir à à peu près tout pour toi, aussi bien hommes qu'animaux qu'arbres. Fantômes, esprits errants, esprits maudits, ce sont des histoires qu'on n'aime pas chez vous, des histoires qui font peur, des histoires qu'on raconte aux enfants pour leur apprendre à quel point il est important de vénérer les esprits de vos ancêtres, à quel point il est important de respecter la nature. Alaska est-elle venue chercher ce frisson, comme les enfants craignent les esprits qui n'ont pas été purifiés ?

Elle dit qu'elle pensait quelque chose, mais son regard plongé dans le tien te force à ne pas trop poser de questions. À ne pas l'interroger davantage. Aimeras-tu ce que tu entendras ? Tu n'oses pas demander, n'oses pas entendre la réponse. Tu as l'impression qu'elle essaie de dévier le sujet, en disant que tu es loin de chez toi, et oui, c'est vrai, mais elle aussi, n'est-ce pas ? Elle non plus, tu ne l'attendais pas ici, si loin de ses terres, trop près des tiennes. Tu n'étais pas prêt.

« Bien moins loin que toi. » fais-tu, avec un minuscule sourire. Il peut peut-être paraître déplacé, mais tu t'amuses de la voir toujours si peu douée avec les distances. « Ton sens de l'orientation ne s'est pas beaucoup amélioré, on dirait. »

Et puis, tu cèdes à l'impulsion, oublies l'hésitation, la retenue. Tes doigts se posent doucement sur son épaule, pour lui laisser l'occasion de se détacher, si elle le souhaite. Tu ignores la sensation étrange qui parcoure ton bras à ce contact, comme un nerf en sommeil depuis trop longtemps qui vient de se réveiller.

« Tu vas bien ? » demandes-tu doucement, discernant son visage du mieux que tu peux à la lumière de la lune et des étoiles. Une lumière trop froide.
Alaska C. Burckley
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le Dim 2 Juin - 11:17
NEVER SAY GOODBYE
Harlan

 
I love fairy tales because of their haunting beauty and magical strangeness. They are set in worlds where anything can happen. Frogs can be kings, a thicket of brambles can hide a castle where a royal court has lain asleep for a hundred years, a boy can outwit a giant, and a girl can break a curse with nothing but her courage and steadfastness.
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Elle parle, peut-être pour ne rien dire. Mais elle sait que tu l'écoutes, toujours. Elle pose des affirmations, comme s'il n'y avait pas besoin de se comprendre pour savoir. Après tout, peu importe les raisons qui vous ont chacun mené à ce phare. N'est-ce pas le ensemble qui compte le plus ? Elle n'ose pas trop y penser. Alaska, elle a l'impression d'être seule, tout le temps. A chaque pas qu'elle fait, elle peut regarder derrière et voir des personnes, mais chaque fois qu'elle regarde vers devant, elle est seule. Personne pour marcher à côté d'elle, personne pour la porter sur ses épaules. Elle s'y est fait, maintenant. Et parfois, quand quelqu'un fait un as vers sa petite bulle, elle ne sait si celle-ci va résister ou éclater en lambeaux. Elle a peur. Elle a peur qu'on envahisse de trop près les petites murailles qu'elle a forgé autour d'elle. Que sa petite bulle éclate, sans prévenir.

« Il y a toujours des esprits partout. » Elle se mord la lèvre. Oui, peut-être, qu'il y a des esprits partout. Toi, tu le penses, c'est certain. Mais Alaska n'a que l'impression que tout ceci est une vaste blague. On peut prétendre tout ce qu'on veut, elle n'a jamais vu aucun esprit. Ni aucun fantôme. Et ses espoirs d'en voir ici s'évaporent petit à petit. « Mais je ne sais pas si c'est ceux que tu veux voir. » Elle croise ton regard, mais le fuit. Tu sais très bien ce qu'elle et venue chercher, n'est-ce pas ? Tu sais qui elle aurait voulu voir ici. Tes mots lui semblent tout à coup amer. L'air lui manque, elle a l'impression de suffoquer. Son souffle s'accélère, et elle ferme les yeux. Non, ce ne sera jamais ceux qu'elle veut voir. Mais ça fait mal, ça fait très mal de se l'entendre dire. Que tu lui dises. Elle ne réponds pas, parce qu'elle ne veut pas te blesser. elle voudrait crier d'aller au diable, et que peut-être que tu as tord. Qu'elle peut trouver ici ce qu'elle cherche; mais elle se tait.

Tu souris. Mais tu es distant, absorbé par autre chose, peut-être. Tu n'as pas l'air d'être toi, pourtant tu es là. Que se passe-t-il, entre-vous ? A ce moment, elle est perdue. Elle ne sait plus comment réagir. Les rires semblent s'effacer dès que vous élevez un peu trop la voix. Est-ce cet endroit qui vous étouffe ? Qui veux vous bâillonner ? Si ce ne sont des fantômes ou des esprits qui hantent les lieux, alors peut-être qu'ils ne veulent voir le bonheur. Qu'ils ne veulent voir ce qui se passe chez les vivants. « Ton sens de l'orientation ne s'est pas beaucoup amélioré, on dirait. » Elle te rends ton léger sourire. Bien loin de l'éclat de rire qui a illuminé son visage quelques instants plus tôt. Elle est sereine, mais elle a l'impression qu'un fossé entier vous sépare. Préférerais-tu ne pas être là ? Ne pas la voir, ne pas remuer le passé ? Elle sait que tout est différent, maintenant. Mais n'est-ce pas l'occasion d'ouvrir une petite brèche dans vos erreurs ? Dans ton absence ? « Je n'ai jamais vu tous ces détails qui vous permettent de vous repérer », ajoute-t-elle. « Je vais toujours devant, peu importe où ça me mène, maintenant. Je ne suis jamais déçue. » Ta main se pose sur son épaule. elle sent la légère pression, mais elle ne dit rien. Le contact l'électrise, mais elle ne sait quoi en faire. Alors elle reste là, évasive, un poil fatiguée. Elle ne sait pas quoi dire de plus.

« Tu vas bien ? » Oui. Non. C'est peu dire. Un instant, elle aurait tendance à penser qu'elle n'ira jamais bien. Qu'elle ne pourra jamais être autre chose que l'ombre des autres. Elle vit dans la peur, depuis qu'elle a posé un pied sur ta terre. Elle est si belle, et voudrait se sentir si bien, ici. Chaque fois qu'elle regarde les étoiles, elle voit tous les mauvais choix qu'elle a fait. Elle voit tout ce qu'elle a regretté. Tout ce qui lui as échappé. Elle voit ton visage, à la douce lumière de la lune, et elle se demande si elle regrette ça aussi. Regrette-t-elle ton absence ? Regrette-t-elle ta présence ? Elle n'a pas de mots pour décrire ce qui lui traverse l'esprit. Les sentiments contradictoires se confondent avec une telle facilité, que ça lui coupe le souffle. Va-t-elle bien ? Elle ne veut pas mentir à elle-même. Mais elle ne connaît pas la réponse. « Oui », dit-elle avec un petit sourire contrit. Tu la connais probablement assez pour savoir qu'elle n'est pas sûre, quand elle te réponds. Ton contact la rassure, un peu. cela fait tellement longtemps qu'elle n'a pas senti ton odeur, ton toucher, ta présence. Elle est tellement sereine, que le geste vient tout seul. Elle pose une main sur ta joue, presque aussi brusque de douce. « Peux-tu en dire autant ? Tu sembles pâle, mais ce n'est que la lune ? » Une décharge, voilà ce que lui fais ton contact. Le bout de ses doigts brûle, sur ta peau, et elle retire sa main aussi vite qu'elle l'a posée. Mais elle est plus proche de toi, maintenant. Bien plus proche qu'elle ne l'avait été depuis longtemps.

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le Ven 7 Juin - 20:42
Tu es si maladroit.

Tu ne te rends pas compte, de prime abord, de ton erreur, en parlant des esprits. Tu ne songes pas aux esprits des morts, des fantômes. Car même si tu n'y crois pas absolument, pas comme les autres Naoris, chez vous, on croit au principe de la réincarnation. On est jamais totalement mort, on prend juste une autre forme. Ton mentor s'est peut-être réincarné en son totem, peut-être hante-t-il la forêt ainsi. Tu ne sais pas. Mais si elle t'a rempli de colère et de chagrin pendant très longtemps, sa mort t'est désormais moins pénible. Elle fait partie de la vie, et tu ne penses pas qu'un jour tu chercheras à nouveau vengeance. Peut-être, dans ton chagrin, as-tu vraiment imaginé ce coup monté. Peut-être Rowena et Caleb ont-ils vraiment eu raison de t'arrêter, avant que tu ne conduises votre tribu au massacre.

Mais tu ne penses pas suffisamment à Alaska, aux pertes que elle a vécu. Elles sont plus nombreuses que les tiennes, plus profondes aussi. Et quand tu parles des esprits qui ne sont peut-être pas ceux qu'elle veut voir, tu ne songes pas à ces morts en particulier, seulement à des âmes perdues qui hanteraient les lieux, selon la rumeur. Tu n'as pas songé à son deuil et tu t'en veux, quand tu vois son regard qui te fuit, quand tu la vois doucement suffoquer. Tu la vois souffrir, et c'est ta faute. Parce que tu n'as pas pensé à elle avant tout, parce que tu as oublié.

« Je...je suis désolé, je ne pensais pas... » t'excuses-tu, confus, contrit.

Si maladroit, si gauche. Tu n'avais pas envie de lui faire mal, mais il semble que tu n'arrives qu'à ça. Tu la blesses par ta froideur, par ton indélicatesse. À chaque mot que tu prononces, tu as l'impression de creuser un fossé et tu ne sais comment le réparer. Ce n'était pas ton but. Tu ne voulais pas l'éloigner. Tu ne voulais pas la blesser. Tu ne sais juste pas comment réagir, comment faire, comment lui parler. Ça fait si longtemps, tu n'étais pas prêt.

Est-elle aussi perdue que toi ? Ou est-ce toi qui la perds, par ton comportement trop froid ? Est-ce qu'une année a suffit à vous faire perdre toute langue commune ? Tu donnes la sensation de parler à une étrangère alors qu'elle est tout sauf ça. Tu te préserves, à ta façon, mais tu ne songes pas à ce que tes murailles font aux autres. Tu n'as jamais assez pensé aux autres.

Pourtant, elle n'insiste pas, comme si elle ne voulait pas briser le fragile équilibre que vous peinez à trouver. Et tu essaies de ramener de la légèreté, de dévier le sujet. Tu réussis à moitié, tu retrouves son sourire, même s'il est si fin, même s'il semble si triste.

Ses mots te perturbent. Y a-t-il un double sens ? Les comprends-tu bien ? Ton coeur s'emballe légèrement et tu te traites d'idiot. Vraiment, quel âge as-tu ?

« Au moins, tu finis toujours en sécurité. » fais-tu, avec un léger sourire, avec une légère pression sur son épaule. Tu n'oses pas penser que ces mots s'appliquent seulement à toi.

Mais son état t'inquiète, et tu lui demandes si elle va bien. Et même si elle te répond oui, tu n'arrives pas vraiment à la croire. Peut-être veut-elle aller bien. Mais va-t-elle bien ? C'est autre chose. Tu pensais qu'elle serait mieux, parmi les siens, avec ceux qu'elle chérissait, avec Liam. Tu pensais que c'était pour le mieux. Vivre éternellement en marge de votre société n'était pas possible, et tu ne pouvais décemment l'accueillir dans ta tribu, quand elle n'était pas terrienne, pas ainsi. Mais as-tu bien fait de la laisser partir ? Non pas que tu aurais dû la retenir, ce n'est pas toi, ça n'a jamais été toi de forcer les gens. Mais peut-être aurais-tu dû insister, pour une fois, t'assurer qu'elle serait vraiment bien là-bas ? Tu ne sais pas. Tu ne pouvais pas prévoir. Tu n'étais même pas sûr de la revoir.

Quand elle te touche à son tour, tu n'es pas vraiment surpris. Comme si en initiant le premier contact, tu lui avais permis implicitement de se rapprocher. Le contact reste étrange, et pourtant curieusement familier. Tu lui réponds par un léger sourire quand elle s'inquiète pour toi et te retourne la question. Parais-tu si pâle que ça ?

« J'ai connu de meilleurs jours. » admets-tu, tandis qu'elle te relâche. Un contact si bref peut-il vraiment te manquer ? C'est ridicule. « C'est juste...la tribu, tu sais. » continues-tu, évasif, ne voulant pas l'encombrer du fardeau des relations des Naoris avec les autres tribus. Avec un soupir, tu ajoutes : « J'avais besoin de m'échapper un peu, me changer les idées. » Tes yeux se tournent vers le phare éteint, et un mince sourire étire tes lèvres : « Je me disais que ce serait peut-être un mystère simple à résoudre, de savoir s'il y a vraiment des apparitions ici ou non. »

Tu tournes à nouveau ton regard vers elle et ses yeux semblent si clairs, sous la lune, d'un éclat plus argent que bleu. Ont-ils toujours été comme ça ?

« Tu sembles...triste, Alaska. » murmures-tu, en éloignant une mèche de cheveux de ses yeux du bout des doigts. « Je pensais que tu serais plus heureuse, là-bas. Ce n'était pas le cas ? »
Alaska C. Burckley
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le Mar 27 Aoû - 20:51
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Harlan

 
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« Je...je suis désolé, je ne pensais pas... » Tu as l'air si sincère. Quand tu dis ça. Elle veut te croire, ou peut-être veut-elle oublier. Elle ne veut pas penser que ce que tu dis est vrai. S'il y a vraiment des esprits, alors pourquoi aucun ne vient jamais la voir ? Aucun. Jamais. Elle pense ces mots tellement fort que sa respiration s'y accroche. Elle se coupe le souffle, un instant. Ne te regarde plus. Elle ne sait quelle excuse t'accorder. Elle respire, doucement. Elle tente de chasser au loin ces pensées qu'elle a entretenu toute la journée. Chacun des pas qu'elle a fait jusqu'ici était motivé par une chose. Et tu sais pourquoi. Même si tu as oublié. Elle se surprend à penser que peut-être elle aussi tu l'avais oubliée. Si tu avais pu oublier quelque chose d'aussi important que ça, pourquoi n'aurais-tu pas oublié le reste alors ? N'est-ce pas ? Mais elle, elle se souvient de tout. De chacun de tes gestes, chacun de tes regards. Chacun de ces souvenirs, elle les a chéri. Parce que des amis, elle en a perdu beaucoup. Et chacun d'entre-eux est devenu un souvenir. Chacun d'entre eux. Sauf toi, et elle a prié chaque étoile pour que tu ne deviennes jamais l'un d'entre-eux.

Tu changes de sujet. Probablement parce que tu veux faire oublier ton erreur. Tu restes distant, mais Alaska remarque ton sourire. Le sien s'imprime comme un écho lointain sur ses lèvres. Elle a peur de t'éloigner encore plus si elle ne te suit pas. Elle ne dit pas qu'elle sera joyeuse, mais elle restera au moins mélancolique. « Au moins, tu finis toujours en sécurité. » C'est vrai. Elle, elle est toujours en sécurité. Peut-être est-ce ça, sa malédiction. eut-être qu'elle est amenée à toujours suivre le bon chemin, tandis qu'elle voit les autres faire les mauvais choix. Plus le temps passe, plus elle arrive à s'en convaincre. « Je suis peut-être sous une bonne étoile », murmure-t-elle. Alaska tait les frissons qui lui parviennent d'images qu'elle veut effacer. Celles de cauchemars des nuits sans étoiles. Ceux où elle revit tous les moments qu'elle sait être de sa faute. Comme si elle poussait chaque personne qui s'approche trop d'elle de sa barque. Irrémédiable solitude.

Elle te demande si tu vas bien. Elle sait que tout n'est pas rose. Alaska est de bonne écoute, elle baisse les yeux quand tu parles de ta tribu. Peut-être qu'elle est partie depuis longtemps maintenant, mais elle n'a oublié aucun des moments où elle t'a écouté. Elle sait te prêter une oreille, quand tu en as besoin. Bien que ça fasse longtemps qu'elle n'en ai pas eu l'occasion. « Je me disais que ce serait peut-être un mystère simple à résoudre, de savoir s'il y a vraiment des apparitions ici ou non. » Tu sembles bien plus humain, quand tu te laisses parler de tes émotions. Tu soupires, souris, tu es bien plus vivant dans ces moments là. Une petite étincelle éclaire ton regard, et tu fais revenir tes yeux vers elle. Elle les baisse, comme pour te cacher quelque chose. Elle a probablement peur que tu lises dans les siens. Mais que pourrait-elle te cacher ?

« Tu sembles...triste, Alaska. » Tes mots sont loins, murmurés. Elle entend à peine le chuchotement, et pourtant, elle se mord la lèvre doucement. Elle est presque déçue que tu aies remarqué que tout allait si mal. Elle ne pensait ps que tu pouvais lire en elle aussi bien. Elle pensait pouvoir se faire statue de cire. Elle ne verse aucune larme, plus jamais. Elle est dure, fière, inatteignable. Et pourtant, elle reste elle-même. Fragile, douce, blessée. Tu remets une mèche de ses cheveux, et elle relève les yeux vers toi. Comment pourrait-elle ne pas croire aux esprit ? Tu es un fantôme, dans ce phare mystérieux. Tu es un souvenir. Tu sembles réel, et pourtant, elle est convaincue que tu es un rêve. Plus aucun ange ne vient vers elle. Alors que fais-tu là ? « Je pensais que tu serais plus heureuse, là-bas. Ce n'était pas le cas ? » Elle détourne à nouveau les yeux de toi. Que peut-elle te dire ? Qu'elle a l'impression d'être un extraterrestre aux yeux des autres parfois ? Qu'elle est partie trop longtemps, qu'elle a brisé ses liens avec le peuple du ciel trop longtemps pour être l'une des leurs parfois ? Trop jeune, trop invisible, elle ne sait pas trop ce qu'elle est à leurs yeux. Personne ne semble lui accorder plus d'importance que cela. Elle s'est surprise à vouloir être de l'autre côté, avec ceux qui sont tombés en premier sur la Terre. Ceux qui ont été enfermés, et libérés dans ce nouveau monde pour l'expérimentation. Peut-être aurait-elle eu moins de problèmes, au moins.

« Qu'est-ce que c'est, être heureuse ? » Elle demande, comme crédule face à ce genre de sentiments. Chacune de ses pensées ne serait peut-être pas un doute, au moins. Chacun de ses mots est ponctué d'un peut-être, d'un et si. Elle est si éloignée de la réalité, elle est si indécise face à chacun des choses qu'elle fait. Elle s'emmure elle-même dans son malheur, elle se croit maudite. Elle ne se donne pas le droit d'être heureuse. Simplement parce que elle ne sait plus ce qu'elle veut.

« C'est... différent. Je suis triste et je suis heureuse. Les deux, peut-être. Je n'en sais rien. » Ses lèvres se tordent en une triste grimace. « C'est difficile. Tu sais. » Elle ne sait pas où elle en est. « Je crois que là-bas n'est pas plus chez moi qu'ailleurs. »

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le Mar 17 Sep - 16:12
Toute respiration sonne trop fort, dans cet air silencieux. Tout souffle paraît amplifié, réverbéré entre les arbres. La mer n'est pas loin, pourtant, elle devrait noyer le bruit de vos respirations, mais ce n'est pas le cas. Tu entends chaque souffle qui s'accroche, en sortant de ses lèvres. Tu entends chaque saccade, chaque hésitation, chaque léger étranglement. Te concentres-tu inconsciemment dessus, est-ce pour cela que tu les entends, malgré les vagues, malgré le vent ? Tu ne sais pas. Peut-être.

Tu sais que ces brèves interruptions sont ta faute. Et tu cherches à rétablir la normalité, un souffle tranquille, qui ne t'évoque pas tant la sensation de larmes ou de cris ravalés. Tu ne sais pas ce qui serait le pire. Que tu évoques chagrin ou colère ? Tu es davantage habitué à la colère. Ça ne veut pas dire que tu aimes ça pour autant. Et tu ne veux pas imaginer que tu provoques sa tristesse. Tu n'as pas envie de rendre Alaska triste, jamais.

Tu changes de sujet, essaies d'amener légèreté. Tu sens Alaska qui saisit la perche tendue, mais il reste une trace de tristesse dans son regard, dans son expression, dans sa voix. Tu ne sais comment la faire partir.

Tu souris légèrement quand Alaska murmure qu'elle est peut-être sous une bonne étoile. Peut-être bien, oui. Pourtant, tu as l'impression que l'aveu n'est pas si léger que ça, qu'il cache autre chose. Y a-t-il quelque chose qui t'échappe ? (Tout t'échappe, Harlan, n'as-tu pas encore compris ?)

Elle t'inquiète, Alaska. Son rire premier s'est tu, sa mine s'est faite plus sombre, plus mélancolique, plus distante. Son regard t'évite. Est-ce toi le responsable, tes erreurs ? (C'est sûrement toi, si maladroit avec les émotions.) Est-ce cet endroit, lugubre malgré tout ? Est-ce le froid, qui pénètre peu à peu jusqu'à vos os ?

Tu t'inquiètes pour elle, et tu n'as jamais bien su comment réagir, face à des soucis que tu ne comprends pas. Le réconfort physique, silencieux, des bras qui enlacent, un poids qui rassure, ça t'a toujours semblé plus facile, avec les rares personnes dont tu t'estimes assez proche pour te permettre ce genre de démonstration d'affection. C'est comme une autre forme de guérison. Examiner les plaies, les nettoyer, les panser, masser les muscles endoloris, faire craquer les articulations récalcitrantes, replacer correctement les os. Le physique est ton quotidien et c'est ce qui te vient toujours d'instinct. Car Alaska est blessée, pas physiquement, mais psychiquement, et tu ne sais que faire d'autre qu'offrir un léger contact, un effleurement, comme une prémisse à une tentative de guérison. Quand tu touches ses cheveux, ses prunelles reviennent vers toi, et même s'il n'y a pas de larmes, là, tu as l'impression d'y voir un océan de tristesse et ton coeur se brise un peu en voyant cela. Et quand tu murmures que tu pensais qu'elle serait plus heureuse, là-bas, les yeux azur s'éloignent à nouveau, et tu as l'impression qu'elle est si frêle, à cet instant, Alaska, si facilement brisable.

Qu'as-tu raté, Harlan ? As-tu totalement mal compris, alors ? Aurais-tu dû la retenir, tout compte fait ? (Même si ce n'est pas toi, si peu toi. Tu ne peux pas être égoïste et irréfléchi.)

Chacun de ses mots creuse un peu plus profondément dans ta cage thoracique. Chacune de ses interrogations, hésitations. Elle est si pleine de doute,  Alaska. Si malheureuse, Alaska. Tu ne pensais pas que ça arriverait. Tu pensais qu'elle serait mieux là-bas. Qu'elle aurait des gens qui l'aimaient et l'entoureraient, là-bas. Pas juste toi. Tu n'étais pas assez, tu le sais. Tu ne pouvais pas l'enfermer dans une situation si précaire, sans avenir défini, entre deux eaux. Alors tu l'as laissée s'en aller. C'était le mieux à faire, n'est-ce pas ?

C'est ce que tu pensais. Aujourd'hui, tu n'en es plus si sûr.

« Oh. » Une si simple syllabe, un simple soupir qui s'échappe de tes lèvres. Bête, si bête. Ne peux-tu rien lui offrir de mieux ? Un sourire tremblant prend place sur tes lèvres. Sincère. « Je suis désolé de l'apprendre. » Tu prends une légère inspiration, saisis son visage doucement entre tes doigts. Léger comme les ailes d'un papillon. « Veux-tu...veux-tu revenir ici ? Pour un temps ? » Ici ne désigne pas le phare, désigne tes terres, mais tu te rappelles à temps qu'Alaska semble chercher des fantômes et...non, non, ce n'est pas le sens que tu veux donner à cette phrase. « Je veux dire, près de la tribu Naori. Si ça peut t'aider, pour un temps ? »

Tu n'es pas sûr que ça l'aide. Tu n'es sûr de rien. Mais si elle est si malheureuse là-bas, peut-être… ?
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