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˜˜˜˜˜˜Nuna → Someway, baby, it's part of me, apart from me.
maybe life should be about more than just surviving

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12/10/2018 Lux Aeterna Murphy Cavendish 19 Zazie Beetz Lux Aeterna (vava, sign, gifs) Forgeronne et orfèvre (joaillière) Athna 59



Code:
✜ [color=firebrick]Zazie Beetz[/color] → Nuna Cortez

SURNOM
Luna, pour la tête qu’elle donne l’impression d’avoir souvent dans la Lune
ÂGE
30 ans
ORIENTATION SEXUELLE
tout ce qui touche son cœur
SITUATION AMOUREUSE
ne s'aime pas suffisamment pour être aimée
MÉTIER / FONCTION
forgeronne et orfèvre reconnue (joaillière discrète). Il lui arrive aussi que ses compétences humaines soient mises au service de la diplomatie intratribale ou de la garde d’enfants, qui raffolent de son imagination débordante.
APTITUDE(S)
Maniement (fabrication) des armes et artisane joaillière
TRIBU
Maunkru
Nuna est une bonne personne. C’est l’une des premières choses qui saute aux yeux lorsque l’on vient à échanger quelques mots avec elle. Empathe, droite, honnête, respectueuse, protectrice. Souriante, joviale, rieuse, patiente, sociable, elle est la première à proposer son aide, et elle aide toujours de bon coeur. Elle aimerait se penser altruiste, mais si ce n’est pas pour contenter les autres, c’est au moins pour se contenter elle-même. Franche, elle l’est tant qu’elle peut adoucir ses vérités. Elle n’aime pas blesser les gens, et il lui arrive souvent de repenser la nuit aux mots qu’elle a utilisés le jour, juste parce qu’elle a peur de les avoir choisis avec maladresse. Elle aime son prochain, elle croit à son prochain. Elle croit que tout le monde peut être bon et ça l’empêche parfois de se méfier de personnes dont il faudrait mieux se méfier. Vive et intelligente, elle est aussi observatrice : si vous comptez lui cacher quelque chose, ne vous fiez pas à son silence. Il ne veut pas dire que ses pensées ne se bousculent pas sous ses boucles foncées. On peut se jouer de sa gentillesse une fois, mais Nuna n’est pas naïve. Elle apprend vite, et elle apprend aussi de ses erreurs. Elle fait confiance mais pas au point d’être stupide. Elle sait reconnaître le danger quand il pointe le bout de son nez. Elle ne remettra jamais en cause toute forme de hiérarchie, tant qu’on ne lui donne pas de raisons de le faire. Mais c’est une peureuse : le conflit, elle l’évite tant que possible. Se mettre à dos quelqu’un, qu’il lui soit cher ou non, est l’une de ses pires peurs. Elle aime contenter ceux qui l’entourent, parce qu’elle préfère les sourires aux cris, les rires aux larmes. Voir quelqu’un pleurer est l’une de ses pires faiblesses. Les larmes de l’autre sont les siennes. Certains pourraient en déduire son hésitation constante, mais elle est l’une des plus personnes les plus déterminées qui soient. Plus guidée par ses émotions que par sa raison, elle les laisse devenir le moteur de ses décisions et ne se trompe que rarement. Le cheminement de la prise de décision est difficile, mais une fois convaincue, ses idées sont tenaces. Taquine, malicieuse, elle n’est pas la dernière à embêter ceux avec qui elle sait qu’elle pourra partager un ou deux fous rires. Maîtresse dans l’art du jeu de mots, il lui arrive d’être raillée par ceux qui y sont le moins sensibles. Mais ceux qui savent rire et ajouter un peu de légèreté à la vie sont la meilleure compagnie dont elle puisse rêver. Sa bonté n’en fait pas qu’un de naïf : si vous lui cherchez des noises, elle sait sortir les griffes. Les répliques cinglantes sont sa meilleure défense. Incapable de prendre les armes, elle maîtrise la réplique acerbe au point de mortifier ceux à qui elle avait si bien caché son jeu. Mais pour elle, la violence, quelle qu’elle soit, est toujours un dernier recours. Elle la regrette souvent -et lorsqu’elle ne la regrette pas, c’est que les choses sont vraiment sérieuses. Certains diront d’elle qu’elle est une grande enfant, perdue dans son monde de rêves, mais ce que ceux-là ne comprennent pas c’est que c’est un choix, les yeux qui brillent. Si elle protège ceux qu’elle aime, ce n’est pas parce qu’elle est incapable de voir leurs failles : c’est parce que malgré elles, elle les aime. Et si elle voit la vie avec des étoiles dans les yeux, c’est parce que malgré ses revers, elle aussi, elle l’aime. Spirituelle, elle n'en est pas moins sensée. Elle veut croire à un juste retour des choses, à une sorte de karma qui puniraient ceux qui font du mal dans et à ce monde. Mais au fond, elle sait que nos actes nous définissent plus qu'ils ne nous condamnent vraiment. C’est une optimiste, mais pas indéfectible. Il lui arrive parfois de plier sous le poids des aventures et des mésaventures, de pleurer son désespoir et de blâmer sa naïveté. Elle se relève toujours, parce qu’elle se rappelle que ce sont les contrastes de la vie qui la font si belle. Certains pourraient dire d’elle que cette confiance qu’elle a en les autres est toute qu’elle n’a jamais eu avoir en elle-même. Elle le masque derrière les sourires, mais c’est probablement le manque de confiance en elle-même est probablement l’une des choses qui la caractériseraient le mieux, s’il fallait la décrire en quelques mots seulement. Construite autour d’un modèle idéal qui n’a jamais été le sien, Nuna a encore du mal à comprendre qui elle est vraiment, hors des sentiers que l’on a tracés pour elle. Artiste dans l’âme, très certainement; soigneuse, probablement. Guerrière, pas du tout. Comme tous les Athnas, elle sait manier les armes mais réserve cet exercice aux pires situations. Ce n’est pas une leadeuse non plus. Plutôt discrète, elle reste en retrait tant que possible, bien incapable de s’exposer au regard des autres. Elle lui accorde encore beaucoup trop d’importance, à celui-là. Pourtant bornée, il est presque impossible de la faire changer d’opinion. Si elle avorte un débat, ce n’est pas parce que vous l’avez convaincu, c’est parce qu’elle évite le conflit. Les débats stériles ne méritent pas son énergie. Il est impossible de plaire à tout le monde, mais on peut toujours s’en approcher. Ne pas faire de vagues, ne pas s’imposer, ne pas donner d’ordres. Appliquant ces préceptes jusqu’à elle-même, il lui est presque impossible de prendre des décisions, même si elles ne concernent qu’elle. En forêt, si elle doit choisir entre le sentier de gauche et celui de droite, elle ne fait confiance ni à son instinct ni à sa raison. Elle peut rester immobile de longues minutes jusqu’à fermer les yeux et à s’en remettre au seul hasard. Elle est des compromis, et si elle pouvait foncer tout droit pour ne pas avoir à choisir entre la droite et la gauche, elle le ferait sans hésitation. Ni intro ni extravertie, elle aime la compagnie des autres autant que la sienne. Avec son imagination et ses bijoux au bout des doigts, elle n’est jamais réellement seule. Sa passion de la forge n’en est pas vraiment une. Elle l’a héritée de son père, ne l’a donc jamais construite par elle-même. Elle transforme le métal liquide en tout ce qu’on lui demande. Efficace, précise, elle se fait un point d’honneur à donner au client le meilleur de ce dont elle est capable. Mais les armes et les assiettes de cuisine, ça ne nourrit que les doigts hâtifs. Ce qui fait battre son coeur, ce qui nourrit l’esprit, ce qu’elle a construit toute seule, c’est son univers de joaillière. Elle cherche les métaux les plus précieux et se contente souvent des moins précieux. Elle récupère les pierres semi-précieuses quand elle peut se le permettre et leur recherche est sans doute l’une des raisons les plus valables qui puissent la pousser à quitter son village. Pour un beau rubis, elle serait capable de traverser le continent ou la mer. Les mains abîmées par le façonnage du métal et quelques brûlures accidentelles, elle est maîtresse de son univers décoratif, qu’elle porte à la fois comme un fier étendard et le témoin de son esprit créatif. Si elle est l’une des seules à porter ses créations, il lui est déjà arrivé à quelques reprises -qui se comptent sur les doigts d’une main- de fabriquer des pièces spéciales et personnelles pour les fiançailles et mariages de proches. Elle a aimé être une des premières à faire partie de ces belles confidences. Avec tous les bijoux dont elle reste propriétaire, elle offre à ses matières premières un cycle de vie sans fin, faisant fondre les pièces encore et encore, dès qu’elles ont fait leur temps, comme des fleurs fanées.
+ Quelle est la pire chose que tu aies faite ? Des regrets quelconques sur ta vie ?


Certains diraient que ce serait d’avoir déçu ses parents, combattants, guerriers, Athnas jusqu’au bout de la lame. C’est sans doute ce qu’elle dirait, si on lui demandait. Etre incapable de s’aligner sur l’image qu’ils avaient de la fille parfaite. Mais Nuna est une femme sage. Elle a toujours été studieuse, curieuse et obéissante. Les grands écarts ne sont pas pour elle. Elle ne regrette pas les faits, elle regrette ce qui font les faits. Elle regrette qui elle est, elle qui aurait aimé porter l’étendard des siens aussi fièrement que ses parents et son frère, elle qui aurait aimé se battre comme sa mère, jusqu’à la mort s’il le fallait. Elle regrette de ne pas avoir connu son frère, de ne pas avoir pu lui dire combien elle l’admirait, même sans le connaître; combien elle aurait aimé se souvenir de ses petites attentions de grand frère. Elle regrette de ne pas pouvoir lui dire combien il lui manque, et combien la famille est détruite, sans lui et sans leur mère.

Elle regrette sa douceur, son pacifisme, l’image lisse qu’elle renvoie. Elle regrette de représenter l’opposé de ce que sa mère aurait aimé d’elle. Elle regrette toutes les méchancetés qui ne lui ressemblent pas et qui ont pu lui échapper. Elle regrette les maladresses accidentelles. Elle regrette quand l’alcool annihile ses inhibitions, et plus encore, elle regrette les lendemains, quand les remords apparaissent en même temps que les souvenirs de la veille. Elle regrette de ne jamais avoir rien fait qui puisse lui porter préjudice, mais ça fait partie d’elle, et seules les années lui apportent un peu de réconfort et d’assurance dans cette peau et dans cette tête.


+ Ton opinion sur les cents ? En as-tu déjà rencontré ? Face aux récents événements (cf intrigues) ta première impression depuis leur arrivée a t-elle changée ? D'autres personnes sont également tombées du ciel (Odyssée), que penses-tu de ça ? Est-ce que tu te sens menacé ? Fasciné ? Penses-tu qu'il y en aura d'autres ?


Les Débarqués ? Rien pour, rien contre. Qu’ils viennent du ciel ne change rien à leurs intentions. Mais avec les années, elle a appris qu’avec eux, ce n’est pas tout à fait comme avec les autres. La confiance doit se gagner, et tant que ce n’est pas fait, c’est la méfiance qui prévaut. Elle n’oublie pas cette fameuse journée où elle a cru faire ses adieux à son père, où elle a cru y passer elle aussi, où elle a revu les corps de sa mère et de son frère brûler sur les sommets montagneux, des années plus tôt. Ca leur a pris un peu de temps pour commencer à se comprendre, à comprendre leurs projets, leurs aspirations, et surtout les potentiels risques qu’ils avaient à tisser quoi que ce soit ensemble. Elle en croise aujourd’hui régulièrement, et une fois les intentions clarifiées, elle les traite presque comme n’importe qui d’une tribu qui n’est pas la sienne. Ils se fondent de mieux en mieux au paysage. Ils prêtent main forte à ceux qui en ont besoin, démontrant de leurs bonnes intentions lorsque l’occasion se présente. Les premiers arrivés ou les seconds, peu importe.

Il a juste fallu un peu de temps et quelques dégâts pour trouver un équilibre. De ce qu’on lui a raconté, pas besoin d’être plus méfiant qu’avec certains de leurs voisins. Et les ennemis de nos ennemis sont nos amis, n’est-ce pas ? Faire subir à des jeunes pousses de la Terre le traitement que leur ont fait subir les Rahjaks est une insulte aux capacités d’accueil de cette dernière. Elle peut bien recevoir une centaine, maintenant quelques centaines de nouveaux enfants. Le peuple du désert s’est avéré fidèle à la réputation que ses compatriotes leur ont construite. C’est un principe qui est presque ancré jusque dans son ADN : ne jamais mettre un seul orteil dans le sable du désert. Tant qu’elle respectera cette consigne, elle sait qu’elle n’aura rien à redouter des Rahjaks. Mais tout ça, Nuna le regarde de loin, presque comme si c’était une fiction. C’est presque devenu réel quand elle a vu son père redevenir le guerrier qu’il avait été des années plus tôt. Ca devient vraiment réel quand elle croise un ou des Débarqués, comme lors des trocs. Ils ne parlent pas la même langue mais l’universalité de l’humanité est probablement ce qui les aidera à se comprendre et à construire un avenir commun. Nuna n’échange avec eux pas grand chose d’autre que des gestes, des griffonnages, des sourires, des regards et… quelques mots baragouinés dans un anglais qu’elle ne maîtrise que superficiellement. Ce sera peut-être eux, ses découvertes. Les Débarqués sont de nouveaux venus mais elle n’oublie jamais qu’ils sont humains. Et rien que pour ça, elle leur offre une chance. Ils sont leurs défauts et leurs qualités; leur zones d’ignorance et leurs connaissances; leurs mauvaises graines et leurs bons éléments. Comme n’importe lequel d’entre eux, ils sont faits de contradictions. Des guerres, elle n’en veut plus. Et au final, c’est ce qui prévaut sur toutes les autres questions et les autres dilemmes, pour Nuna. Tant que le dialogue est possible, c’est lui qu’elle préférera à tout le reste. Et les rencontres récentes la rassurent, comme si le fantôme des guerres passées s’évaporaient doucement de leur coin de continent. Ca prend du temps mais on tend la main au nouveau venu. La confiance naît d’une seule étincelle d’espoir.


+ As-tu déjà envisagé de quitter la tribu dans laquelle tu évolues ? Si oui, pour quelle(s) raison(s) et pour faire quoi ?


Sa tribu, c’est sa vie. Quoi que puisse en penser son père, quoi qu’aurait pu en penser sa mère. Elle n’a jamais envisagé de vivre parmi un autre groupe. Pourtant, ça ne l’empêche pas de rêver d’évasions, de grands voyages, de grandes découvertes. Mais c’est un interdit. L’extérieur, c’est bourré de surprises, et les surprises, si elles ne sont pas emballées dans un joli tissu pour célébrer une année supplémentaire au calendrier, alors elle n’en veut pas. Elle aime son village, son volcan, ses congénères. Elle aime ses montagnes et les connaître par coeur n’est pas pour lui déplaire. Elle rêve de découvertes autant qu’elle les redoute. Ca ne l’empêche pas de voyager en groupes pour quelques rencontres ou se procurer de la matière première, mais ce n’est pas à ces voyages-là que ressemblent ses rêves de liberté. Ses rêves de liberté sont voués à ne rester que de grands rêves un peu fous. Quitter le volcan, elle ne le fait que pour des raisons pratiques et de façon parfaitement orchestrée. Descendre seule dans la plaine, elle le fait quand elle a un objectif bien précis. Les découvertes, ça ne rentre pas dans ces cases. On ne gagne pas grand chose à découvrir quelque chose dont on a jamais eu besoin, si ? Sa maison, c’est son volcan. Sa tribu, c’est sa famille. Elle a baigné et grandi dans des valeurs qui sont devenues les siennes. Malgré ses idéaux, malgré ses envies de paix et de paisible, il suffirait lui ôter tous les conforts des traités et trêves pour révéler à quel point elle aime son peuple. Son volcan, c’est son premier amour. Si les circonstances la poussaient à défendre son premier amour, elle prendrait les armes, consciente qu’elle aurait de bonnes chances d’y laisser la peau. Si elle pouvait ne jamais quitter son volcan, elle serait l’une des plus heureuses. Mais il y a un monde extérieur. Et on ne se sent jamais plus à la maison chez soi que quand on la quitte, paraît-il… Après avoir fait le tour du monde, tout ce qu’on veut c’est être à la maison.


+ Quelle place accordes-tu à ta famille, tes proches ? Te sens-tu bien intégré(e) parmi les tiens? D'ailleurs, dans quelles activités t'épanouis-tu ?


Sa famille, contrairement à ce qu’on pourrait penser si on s’approche un peu de ses pensées contradictoires, elle y tient comme à la prunelle de ses yeux. Elle a toujours porté le poids de la mort de sa mère et de son frère, comme si elle était née sans deux de ses membres. Même si elle a hérité de ses images à travers le regard de son père, voir leurs corps brûler au sommet des montagnes est l’une des images qui a le plus marqué sa tendre jeunesse. Ce qu'elle sait de sa mère et de son frère, ce qu'elle aime d'eux, elle le doit à son père. A trois ans et quelques mois d’intervalle, elle avait perdu frère et mère. Quelque part dans les tréfonds de son être, Nuna a toujours été persuadée que sa mère avait provoqué sa propre mort, inconsolable après la disparition de son premier enfant et seul fils, du guerrier qu'elle avait entraîné. La guerrière respectée qu’elle était maîtrisait trop le combat pour que Nuna ne pense pas à cette éventualité. Dans la montagne de non-dits qui caractérise aujourd'hui sa relation avec son père, elle sait que se cache cette idée. Elle ne s’évaporera jamais. Peut-être même son père a-t-il eu vent du fin mot de l’histoire d'une façon ou d'une autre, auquel cas ce qu'elle prend pour la douleur des doutes est en fait celle de la certitude. Mais elle ne peut pas en vouloir à sa mère, Nuna. Naldo lui manque terriblement, à elle aussi. Elle vit avec le fantôme d'un frère, ses propres souvenirs mélangés à ceux de son père. Aujourd'hui, elle n’est plus sûre des traits de son frère. On lui a dit qu’il ressemblait à leur père, fier guerrier au sourire qui faisait fondre toutes les femmes de son âge. Mort dans la fleur de l’âge, il a laissé derrière lui une petite soeur au cœur brisé, une petite soeur qui s'est construite avec une image rapiécée du frère qu'elle n'aura côtoyé que trop peu de temps. Personne pour rire de son anglais. Personne pour lui donner secrètement quelques leçons de combat et espérer bluffer les parents. Nuna a grandi une maison familiale vide, silencieuse, portant le poids du deuil d’un père qui avait perdu le grand amour de sa vie et d’une fille qui avait perdu l’un des plus grands alliés qu’elle aurait pu avoir dans cette vie.

Elle bénit le ciel de lui avoir laissé son père, pourtant, seul survivant de sa famille après la guerre qui a opposé leur tribu à ses voisines, seule famille auprès de laquelle elle peut encore faire ses preuves. Les deux ne se sont jamais vraiment compris mais ils sont tout ce qu’il reste l’un à l’autre. Elle croit qu’il l’aime, des fois. D'autres fois, elle est persuadée qu’il regrette qu’elle soit la seule survivante aux horreurs d’il y a vingt ans. Il ne s’est jamais remis de la perte de la moitié de la famille Cortez. Il ne le lui a jamais dit mais ça se lit dans son regard à chaque instants, dans ses traits tirés, dans les longs silences qu’elle encaisse par respect pour lui, et par crainte d’empirer la situation. Elle veut se racheter une estime auprès de lui. Il l’a ratée, doit-il penser. Il a bien essayé de l'entraîner, le forgeron guerrier. Elle en a tiré une cicatrice sur le flanc mais pas la leçon qu’il a tant espérée de cet accident. Elle redoute les armes dès qu’elles quittent la forge. Elles n'ont pas leur place dans ses mains. Lui, il aime les concevoir et les manier. Elle, une fois les armes prêtes à la violence, elle les pose là où elle ne feront pas de mal, en attendant de trouver leurs propriétaires. Il a abandonné l’idée de faire d’elle une guerrière quand elle est devenue femme, qu’il a compris que ça ne faisait pas partie d’elle. L’entraînement était l’une des dernières choses qui les liaient -maintenant, que leur reste-t-il ? La déception et la solitude dans le regard du père, la conscience de ne pas être assez dans l’esprit de la fille. Mais elle l’aime, son père. Si elle devait prendre une arme un jour, ce serait pour lui. Si elle devait mourir de la main d’un autre, ce serait pour lui. Pour lui ou pour les Athnas. Peut-être parviendrait-elle à rendre son père fier, ce jour-là.

Pour les siens, elle est celle qui prend soin, celle qui réconforte, l’épaule solide qui engage à un peu de vulnérabilité, l’oreille discrète à qui on se confie sans s’en rendre compte. C’est les siens qui lui apprennent à s’accepter, jour après jour, en lui montrant qu’elle regorge d’autres richesses que la rudesse et la fermeture. Les plus grands l’apprécient pour son écoute, sa patience et ses conseils calmes, objectifs et avisés; les plus jeunes admirent son imagination, dont les histoires fusent au coin du feu comme des feux d’artifice et se répandent comme une traînée de poudre. On la connaît aussi pour la forge qu’elle tient avec son père, mais la Nuna travailleuse et concentrée est moins avenante. Douée, indubitablement; mais quand elle travaille les matières premières, quelles qu’elles soient, elle ferme les écoutilles et se concentre sur l’histoire qu’elle tisse avec l’objet qui naît sous ses doigts.


+ Des angoisses/craintes/phobies/problèmes de santé à signaler?


Ses pires craintes : la violence et l'inattendu. Une peur l’accompagne toujours, celle de la guerre, du retour à ce monde virulent où rien d’autre que la haine n'était nourri. Elle aimerait vivre dans une bulle protégée de tous dangers extérieurs, un peu comme ceux qui se sont isolés toutes ces années dans le ciel. Aujourd'hui, leur vie ressemblerait presque à ça. Ils n’ont pas été en paix depuis longtemps comme c’est maintenant le cas. Quand elle est née, on ne pouvait pas quitter le volcan comme on le fait maintenant. C’est une forme de confort à laquelle elle ne veut pas renoncer. Elle ne veut pas connaître la peur adulte de la perte des êtres chers. A trois ans, elle ne se rendait pas compte. Marquée au fer rouge par quelque chose qu’elle n’avait pas compris, elle s’est construite autour de cette cicatrice qui demeurait, persuadée que sa mère et son frère étaient morts d’une belle mort guerrière, comme ce que son père lui a tant répété, cherchant sans doute plus à se convaincre qu’à convaincre sa petite fille. Mais maintenant, elle connaît le poids de l’amour. Elle sait que les souvenirs disparaissent, qu’on n’a pas d’autre choix que d’apprendre à vivre sans l’autre, et qu’on oublie ce que la vie a pu être avec lui. Elle ne veut pas redouter ça avec la conscience qu’elle en a aujourd'hui de l'autre et surtout, de ce qu'est la mort. Elle ne veut plus voir partir son père ou les parents des gamins dont elle s’occupe de temps à autre. Elle ne veut pas voir souffrir du même mal qu’elle ces petits qui s’émerveillent de grandes histoires, l'esprit apaisé, loin des implications des grandes guerres.

Elle redoute la solitude, aussi, beaucoup trop. Elle l’aime seulement quand elle la choisit. Elle fait vite son temps, la solitude. Elle aime trop partager, trop parler, trop écouter, trop rire pour survivre à une longue vie de solitude. Elle la redoute autant que de ne pas être aimée; les deux peurs sont finement entrelacées. Mais aimer de cet amour qui a brisé le cœur de son père n’est pas dans ses projets. Elle ne veut pas rendre son palpitant aussi vulnérable et risquer de le voir voler en éclats. Le contraire d’une vie de solitude n’est pas forcément une vie de couple. Sa vie de conteuse, de fabricante, d'artiste, de créatrice, de confidente; c'est ça qu'elle veut, pour toujours. Elle refuse le rejet et la perte de ses amis et de sa famille. Elle craint les regards en coin, les moqueries, les jugements; elle a peur de voir disparaître l’admiration dans les yeux des enfants, de voir s’évaporer les confidences des adultes, et avec elles, de voir périr la seule image d’elle qu’elle a jamais aimé voir se refléter dans le regard des autres.

Elle a une bonne santé mais sa peau a été marquée, comme son inconscient. Elle porte sur la hanche une longue cicatrice foncée qui lui rappelle tous les jours qu’elle n’est pas ce qu’on attendait d’elle. Un accident, a dit son père, persuadé de pouvoir le transformer en une leçon qu'elle retiendrait toute sa vie. La preuve de son incompétence, aurait sans doute dit sa mère, la grande guerrière que rien ne pouvait terrasser -sauf la mort de son fils. Elle n’a pas honte de sa rayure, la porte comme une part d’elle-même. La leçon, elle l'a retenue. Elle n’est jamais devenue cette combattante que son père aurait aimé avoir. Ne pas susciter chez lui la moindre once de fierté est une blessure plus sévère encore que celle qui a marqué sa hanche. Sa mère n’est pas là pour lui décrire la force de la nature qu’elle aurait aimé avoir pour fille. Mais elle n’est pas une force de la nature, Nuna. Elle ne se plaît pas dans le combat, elle redoute le pouvoir des armes, ose à peine les toucher lorsqu'elles deviennent armes sous ses doigts. Derrière sa crainte de ne pas satisfaire autrui, il y a celle de ne jamais satisfaire la seule famille qui lui reste. Et si son père la quittait, persuadé de n’avoir enfanté qu’une déception, incapable d’honorer sa tribu, sa famille ? Et s’il pensait jusqu'à la mort toutes les horreurs qu’elle pense d'elle-même ? Mais comment un être humain peut tant aspirer à la destruction, alors qu’il y a tellement à imaginer, à créer, à fabriquer ? Ses doigts préfèrent la douceur des pierres semi-précieuses et des métaux nobles. Leur poésie est infiniment plus riche que les tintements de morts que les armes qui se rencontrent font résonner. C’est comme ça qu’elle honore les siens, en révélant des beautés insoupçonnées. Et parmi ses angoisses les plus profondes, celle de ne jamais voir une lueur de fierté éclairer le regard de son père.


+ Quelle est ton opinion sur les autres tribus ? Face aux récents évènements (cf intrigues), ton avis a-t-il changé sur l'une ou l'autre tribu ?


Loyale jusqu'à la moelle, Nuna ne considérera jamais aucune autre tribu que l’Athna comme la sienne et digne des plus grands sacrifices.

Les Pikunis et les Calusas, c’est ceux qui ont volé sa jeunesse, c’est ceux lui ont volé sa famille et ça, ça l’a marquée à vie. Malgré tout ce qu’ils peuvent démontrer depuis des années, malgré les mains tendues, les célébrations, les retrouvailles, elle ne parviendra jamais à leur faire confiance, pour de vrai. Ce n'est pas faute de le vouloir, pourtant. Mais c'est inscrit dans son âme, dans sa chair, dans l'absence de sa mère et de son frère. La reconnaissance est mélangée à une méfiance latente qu’elle craint de ne jamais parvenir à complètement dissiper. Ce n’est pas faute de souhaiter oublier cette histoire commune entachée, mais c’est marqué en elle. Il y aura toujours la crainte d’un retour de bâton, comme si le temps finirait par justifier tous les sacrifices faits des trois côtés. Elle envie les gamins dont elle s’occupe, ceux qui n'ont pas connu cette époque-là, ceux qui grandissent dans l’alliance entre les tribus, qui apprennent la confiance et le partage dès le plus jeune âge, qui ne connaissent pas la perte d’un être cher tombé à la guerre.

Mais la paix est toujours fragile. Il suffit de se remémorer cette fameuse journée face à ces nouveaux adversaires venus du ciel pour s’en convaincre. Une journée qui a détruit de nouvelles familles, marqué de jeunes enfants, encore. Pendant ces quelques heures, Nuna s’est tenue en arrière, la gorge nouée, l’estomac retourné à l’idée de prendre les armes. Personne ne s’est vraiment étonné de la voir pétrifiée, mais elle se demande parfois combien de temps il lui aurait fallu pour courir à ce sacrifice qu’elle avait toujours été prête à faire pour les siens. C’était une drôle d’idée, aussi, que celle de se battre aux côtés de ceux qui avaient tué la moitié de sa famille proche vingt-cinq ans plus tôt. Mais l’équilibre avait été brisé et il semblait ne plus y avoir à récupérer, à reconstruire. Le jour où elle reprendrait les armes pour aller pour la première fois sur le champ de bataille, ce serait par désespoir, dans un élan de courage porté seulement par la conviction que le dialogue ne pouvait plus ouvrir aucune porte. Ce jour, elle l’avait cru venu. Mais il s'est terminé presque aussi vite qu’il est arrivé.

Elle ne l’oublie pas, pourtant. Le souvenir reste menaçant, comme une épée de Damoclès suspendue au-dessus de sa tête.

Tout ça, c’est son cercle de voisinage, son quotidien. C’est déjà un bordel et une angoisse suffisants, mais ce n’est pas tout, et surtout, ce n’est pas le pire.

Au milieu de tout ça, comme une parenthèse de douceur, il y a les Naoris. Ils entretiennent d’une certaine façon une image presque idéale pour elle. Malins, posés, fin observateurs, esprits brillants, âmes bienveillantes, ils semblent être tout ce en quoi elle se reconnaît. Elle le voit à ceux qu’elle a rencontrés. Elle envie leur forêt dense mais les plaint du manque de reliefs. Lorsqu'elle entend certains compatriotes Athnas rire de leurs façons d’être ou de faire, Nuna se recroqueville dans sa carapace, penaude, comme si elle cachait un terrible secret, mais surtout parce qu’elle prend les moqueries de plein fouet.

Et puis, surtout, et malheureusement, il y a la menace par-delà le désert. C’est une règle que son père lui insufflée dès son plus jeune âge : n’envie pas le sable et la chaleur du désert, ne te laisse pas perdre dans son mirage, et tu n’auras pas à craindre les scorpions qui l’habitent. Mais il existe plus d’histoires à leur sujet que de grains de sable dans leur désert. Nuna a toujours essayé de démêler le vrai du faux mais les deux se sont mélangés au fil des années et des générations. La seule certitude qu’elle a, c’est celle dont elle a été témoin il y a quelques années. Attaquer des nouveaux venus pour les faire subir les pires des traitements, c’était insulter tous ceux qui peuplaient le continent. Et les histoires qui paraissaient rocambolesques à la jeune adulte raisonnable sont redevenues envisageables. Nuna restera loin du désert.


+ Que penses-tu de la radioactivité, de tes ancêtres ayant détruit leur habitat un siècle plus tôt ? Quelle est ta relation avec la nature ?


La nature, c’est leur mère à tous. Ils en font partie, comme des cellules d’un grand organisme. Ils se nourrissent d’elle, grandissent grâce à elle. Ils lui doivent leur existence. Mais à trop savourer tout ce qu’elle peut apporter, on peut oublier que c’est à elle que l’être humain doit sa grandeur. C’est dans la force de la nature qu’il puise la sienne. De ses trésors cachés il a fait une malédiction, et les esprits avaient oublié les premiers jours de leurs ancêtres lointains. Les cellules de l’organisme sont devenues cancéreuses. Mais la nature se relève toujours. Elle coupe ce qui cause le tort et recommence un cycle d’existence. Ce qui aurait dû se refaire sans eux s’est fait avec eux, à nouveau. Par accident, probablement, parce que le cancer a dépassé l’hôte. L’Homme a abusé de ses privilèges une dernière fois, dans le désespoir, et s’est propulsé en orbite pour se donner une chance de survivre à l’apocalypse qu’il avait causée. Ceux restés sur place payaient pour tous les inconscients des générations précédents, qui ont ignoré les alertes, les appels à l’aide et les menaces de leur mère nourricière. Mais le prix ultime n’était pas la mort. C’est ceux qui ont survécu qui l’ont payé. Les terres rases, l’atmosphère irrespirable, le monde transformé dans sa chair, et puis les quelques survivants qui n’étaient plus sûrs de vouloir y évoluer. Peut-être qu’abandonner aurait été plus simple. Admettre leur défaite et leurs conneries pour laisser à la nature une chance de renaître de ses cendres, sans ceux qui l’avaient brûlée.
La nature, c’est leur mère à tous. Ils en font partie, comme des cellules d’un grand organisme. Ils se nourrissent d’elle, grandissent grâce à elle. Ils lui doivent leur existence. Mais à trop savourer tout ce qu’elle peut apporter, on peut oublier que c’est à elle que l’être humain doit sa grandeur. C’est dans la force de la nature qu’il puise la sienne. De ses trésors cachés il a fait une malédiction, et les esprits avaient oublié les premiers jours de leurs ancêtres lointains. Les cellules de l’organisme sont devenues cancéreuses. Mais la nature se relève toujours. Elle coupe ce qui cause le tort et recommence un cycle d’existence. Ce qui aurait dû se refaire sans eux s’est fait avec eux, à nouveau. Par accident, probablement, parce que le cancer a dépassé l’hôte. L’Homme a abusé de ses privilèges une dernière fois, dans le désespoir, et s’est propulsé en orbite pour se donner une chance de survivre à l’apocalypse qu’il avait causée. Ceux restés sur place payaient pour tous les inconscients des générations précédents, qui ont ignoré les alertes, les appels à l’aide et les menaces de leur mère nourricière. Mais le prix ultime n’était pas la mort. C’est ceux qui ont survécu qui l’ont payé. Les terres rases, l’atmosphère irrespirable, le monde transformé dans sa chair, et puis les quelques survivants qui n’étaient plus sûrs de vouloir y évoluer. Peut-être qu’abandonner aurait été plus simple. Admettre leur défaite et leurs conneries pour laisser à la nature une chance de renaître de ses cendres, sans ceux qui l’avaient tuée. Mais sans les plus endurcis et courageux, les Hommes ne seraient plus là.

Nuna vénère cette nature fracturée, encore cicatrisante, dans laquelle elle évolue. Elle aime ses montagnes nées de chocs des centaines de fois millénaires. Elle aime admirer les ingéniosités de la nature et de la vie, les tactiques intelligentes qui découlent des millions d’années d’une évolution lente et soignée. Sans l’Homme, les contraintes n’auraient pas été les mêmes. Des centaines d’espèces aujourd'hui disparues peupleraient encore le continent. Mais sans l’Homme, ces nouvelles bêtes qu’ils côtoient régulièrement n’auraient pas vu le jour. On dit que les animaux et les plantes sont marqués jusque dans leur plus pure essence par l’apocalypse. La nature a donné des armes à ses enfants. Ils ont fait de cette fin un nouveau commencement. Leur présence à eux, Hommes annihilateurs, demeure un hasard accidentel. Ils ne devraient plus être là. Ils devraient avoir laissé leur place à ceux qui avaient appris depuis longtemps que la nature vivait en osmose avec ses enfants et refusait toute compétition avec eux.

La présence de tous les êtres vivants est un accident heureux. Celles des Hommes, aujourd'hui, est un accident malheureux. A eux de profiter de cette nouvelle chance qu’ils n’auraient jamais dû avoir, de faire les choses différemment, et de se faire pardonner de leur bienveillante mère nourricière.
+ Le QCM THien pour vérifier que tout est bien compris. Pour cocher la bonne réponse, mettez checked après "checkedbox" (comme ceci : "checkbox" checked>), dans le code. Il n'y a qu'une seule bonne réponse par question. Veuillez ne pas enlever les balises hide.


Le temps était encore lourd. Spécialement lourd en plaine, et spécialement lourd pour celle qui avait passé les mois d’été là-haut, dans son volcan protecteur. Elle était toujours surprise par les différences de températures. Si elle était descendue chez les Pikunis ce soir, ce n’était qu’à moitié par choix. Ca faisait partie de leur vie, maintenant, à tous. C’était un terme de la paix qu’ils avaient si difficilement réussi à instaurer. Mais Nuna y pensait chaque année : sa mère et son frère n’étaient pas morts pour qu’ils oublient. Et dans ses tripes, elle sentait encore le poids de ces pertes, et pire encore, celui de l’omission que tous semblaient embrasser. Son père, assis à côté d’elle sur le long banc, semblait voir les choses différents. Elle ne comprenait pas comment il pouvait oublier son chagrin aussi facilement, même le temps d’une seule soirée. Si elle parvenait à étouffer son amertume le reste du temps, cette soirée dérogeait toujours à la règle. Les années passant aidaient à rendre la célébration un peu plus tolérable chaque fois, mais c’était toujours le sens du devoir qui l’appelaient ici. On ne pouvait pas souhaiter la paix sans la célébrer, et Nuna n’était pas une hypocrite. Les lèvres pincées dans un rictus dubitatif, elle observait ceux qui l’entouraient au milieu de la longue table qui regorgeait de mets variés. Tout le monde hurlait, riait, bouffait, buvait. Les visages reflétaient les flammes qui dansaient ça et là pour éclairer les festivités. Après un regard à son père, qui bavassait avec son voisin de droite, elle glissa doucement la main vers son verre, dont elle finit le contenu d’une traite. Les années n’étaient pas les seules à rendre cette soirée plus tenable ; le vin aidait aussi -et les derniers crus étaient plutôt agréables au palais.

Le repas se finissait tranquillement. Les plats étaient presque vides, et ceux qui ne l’étaient pas encore voyaient les plus gourmands les assaillir fièrement. L’alcool avait coulé à flot et ça s’entendait aux rires sonores, se voyait aux danses improvisées. Au loin, Nuna avait échappé à cette ébullition quelques instants. Le vin avait aussi ses travers. Mais loin du banquet, le village était calme, plongé dans une semi-obscurité presque rassurante. On croisait de temps en temps un animal domestique perdu ou quelques fêtards. Réajustant la toile claire de sa robe, Nuna hésita une seconde à s’accorder un peu plus de temps ici. Non, c’était ridicule. Elle voulait rire et danser, elle aussi. Avec un petit sourire qu’elle se destinait à elle-même, elle reprit le chemin de la fête. En suivant les lumières et les éclats de voix et on remontant le gradient de foule, on ne pouvait pas vraiment se perdre. Mais son ouïe fut attirée par un bruit qui ne se fondait pas dans le reste. Son instinct la poussa à s’arrêter, une main accrochée à la longue jupe de sa robe, et à tourner la tête du côté d’une rue plus étroite, où était recroquevillée une forme humaine. Lentement, les sourcils froncés, Nuna s’approcha de la silhouette dont elle reconnut quelques courbes féminines. Derrière elle passait un groupe de jeunes gens éméchés, auquel elle n’accorda qu’un très bref coup d’oeil. Au niveau de l’inconnue, elle se pencha et souleva d’un index sa longue chevelure brune. « Trop bu ? » Un sourire bienveillant et respectueux se dessina sur ses traits pour répondre au regard vitreux mais presque courroucé de celle qui rendait une partie de son festin. « T’inquiète, moi aussi. Je me souviendrai pas de toi demain. Laisse-moi t’aider. » La brune ne se fit pas prier et reprit là où elle avait été interrompue. Silencieusement, Nuna attrapa sa tignasse pour la maintenir dans son dos. Pour laisser un peu d’intimité à l’alcoolisée, elle laissa son regard se perdre sur la large ruelle d’où elle venait. L’éclairage laissait entrevoir l’ombre des passants avant qu’ils n’arrivent dans son champ de vision. C’était paisible. L’alcool parlait à la place de sa raison : elle trouvait du charme au village et à ceux qui le fréquentaient. A cette inconnue qui vomissait devant elle, à cette voix masculine qui s’approchait doucement, à ce rire féminin qui l’accompagnait. Avec une mine un peu plus dégoûtée que ce qu’elle aurait considéré respectueux, elle tira sur le bas de sa robe pour la remonter au-dessus de ses genoux et tenter de la préserver de quelconques dommages collatéraux. A quelques mètres d’elles s’arrêtait le duo qu’elle avait entendu un peu plus tôt. Cachée dans l’ombre, elle réalisa qu’elles étaient sans doute trop discrètes pour percer leur bulle. L’homme parlait, un peu, beaucoup. Beaucoup trop. D'exploits de guerre, d'héroïsme, de grands et majestueuses choses qui semblaient faire mouche. La fille buvait ses paroles. Un mouvement sous sa main tira Nuna de ses observations silencieuses. La brune cherchait à s'asseoir contre le mur et respirait lourdement, les paupières closes. Nuna l’accompagna dans ses gestes. Derrière elle, le silence. Le couple avait dû être dérangé et déguerpir. De toute façon, ce n’était clairement au coin d’une rue un peu sombre qu’ils comptaient finir leur soirée; c’était au moins contre le mur d’une rue sombre. « Je vais te chercher de l’eau, t’as besoin de boire. De l’eau. De boire de l’eau. » La malade eut un tic avec ses lèvres que Nuna interpréta comme un accord silencieux.

En se relevant brusquement, elle réalisa qu’elle était elle aussi loin d’être sobre. Les murs et la rue perpendiculaire devinrent flous et tanguèrent pendant un instant. Elle se serait presque crue en mer. Par réflexe, elle s’était accrochée aux briques du mur. En clignant des yeux deux ou trois fois, elle réalisa que les deux autres étaient encore là; juste devenus aussi silencieux qu’elle. Ils la regardaient d’un drôle d’air. Leurs traits étaient découpés bizarrement par les lueurs au loin. Il avait l’air plus vieux qu’elle; dix ans de plus, peut-être. Son regard la transperçait. La jeune femme à ses côtés avait les traits fins et doux, presque enfantins. « C’est les concombres », Nuna tenta de plaisanter en reprenant ses esprits. « Fais ce que tu veux des concombres mais tout de même, pas dans la rue, c'est indécent. » La blonde à côté de l’homme rit bêtement alors que Nuna encaissait le sarcasme. Elle lui jeta un coup d'oeil sonné, comme si elle ne revenait pas du seul vide qui semblait peupler le crâne de la belle jeune femme. Elle n’était même pas sûre de l’avoir entendu prononcer un mot entier depuis qu’ils étaient dans les parages. Rire avait ses limites. Ca arrivait, de ne pas tout avoir. « Heu… elle leur rend leur liberté, t’es contre ça ? » Elle planta sa main au creux de sa taille pour se donner de l’assurance et en lâchant sa jupe ses pieds, réalisa qu’elle avait pris un peu d’humidité. Elle ferma les paupières une seconde pour encaisser l’information peu ragoûtante et reprit, portée par l’euphorie de l’alcool. « Mais c’est pas toi qui es marchand ? Retourne vendre tes tapis au lieu de t’imaginer guerrier » Son bras battit l’air alors qu’il vociférait quelque chose, comme un signe d’abdication alors qu’elle faisait volte-face pour rejoindre le lieu de fête. Ce n’était pas avec l’esprit alcoolisé qu’elle arriverait à tenir une conversation, et encore moins une conversation respectueuse, et encore moins une conversation respectueuse avec un menteur. Dans ces cas-là, il fallait mieux battre en retraite -et puis la brune attendait toujours son eau.

Lorsqu'elle retrouva la petite ruelle, l’amatrice de concombres -et un peu d’alcool, devrait-on admettre- était seule et endormie. « Tu dors où ? Tu devrais rentrer chez toi -ou peu importe où tu restes pour la nuit. » Sa voix était douce, comme pour ne pas la brusquer. La brune ouvrit un petit œil et sourit du sourire de celle qui a bu trop de vin. « C’est ma maison... » D'un geste lourd de la main, elle désigna le mur derrière elle. Nuna eut un mouvement de recul surpris. « Tu viens de vomir sur ta maison ? » Un faible rire secoua son interlocutrice. « C’est mieux dehors que dedans. » Sans être sûre de vouloir savoir à quel niveau devait être interprétée cette déclaration, Nuna aida la femme, d’une dizaine d’années plus âgée qu’elle, à se relever et à rejoindre l’intérieur de sa maison. « Je te laisse l’eau ici... » Elle posa la carafe remplie sur la petite table près de la porte d’entrée, sur le pas de laquelle elle était poliment restée. « Bonne nuit », souffla-t-elle en refermant silencieusement la porte de bois. La fête l’attendait -ou peu importe ce qu’elle avait pu devenir à une heure aussi avancée de la nuit.

Par un miracle que Nuna ne saurait expliquer, le vin coulait toujours à flots. Pour ceux qui restaient, en tout cas -qu’ils en soient encore en mesure de vraiment le savourer ou à peine en état de l’avaler sans s’étouffer. Son père dansait avec de la famille, des amis et des inconnus, preuve ultime que tout pouvait se produire dans ces célébrations des dernières récoltes. Sans prendre le temps ou la peine de s’asseoir, Nuna se saisit d’un pichet de vin dont elle but plusieurs gorgée au goulot. Elle épiait son père, qu’elle n’avait pas vu se lâcher de la sorte depuis des mois, peut-être des années. Sans le vouloir ou s’en rendre compte, elle sourit. Ils étaient des dizaines, encore, à danser au cœur de la nuit, à la seule lumière des flammes virevoltantes, créant un microcosme que rien ne pouvait atteindre, au moins pour quelques heures. Ni le poids du passé, ni les angoisses de l’avenir. Croiser le regard de son père lui fit l’effet d’un électrochoc; elle laissa nonchalamment le vin sur la table, rejoignant la piste de danse qui jouxtait les musiciens, et n’entendit que d’une oreille les marmonnements. Elle se perdit sur la piste sans retrouver son père ou quiconque dont le visage lui était familier. Au milieu des inconnus, elle sourit, elle rit, elle papillonna ; attrapa des mains, tournoya, chanta. Quand elle s’éloigna de la foule dansante et chercha une place assise, à bout de souffle, elle se retrouva face à l’homme aux concombres installé sur un banc et s’immobilisa. Il la fixait comme s’il lui reprochait tous les malheurs du monde. OK, elle avait peut-être fait capoter sa partie de jambes en l’air, mais ça, il ne le devait qu’à ses mensonges. De toute façon, coucher avec un corps vide de toute pensée, c’était comme le faire avec de l’air. Personne ne voulait de ça, n’est-ce pas ? L’air lui manquait encore, mais l’alcool ne manquait pas à son sang. Une main en l’air comme si elle avait été arrêtée en plein élan, elle fronça les sourcils et pencha la tête sur le côté. « Le vin rouge, ça tache » lâcha-t-elle l’air de rien en riant, avant d’aller s’avachir à côté de lui en cherchant du regard de quoi boire, encore un peu. « Autant que les concombres ? » Adossée à la table comme lui, elle lui jeta un regard en coin un peu perdu, comme si elle cherchait de quoi répliquer. Mais elle ne se leurrait pas; elle entendait encore un peu la part d’elle-même polie et respectueuse qui se noyait dans l’alcool. Demain, elle regretterait d’avoir bousillé ses chances avec cette nana écervelée; peut-être plus encore de s’être attiré les foudres d’un homme qu’elle ne connaissait pas; définitivement d’avoir jugé une nana écervelée en quelques secondes à peine. « Ca tache, les concombres ? » Les sourcils ne furent froncés qu’une demi-seconde. En levant une fesse, elle poussa l’assiette derrière elle pour s’étaler sur la table et attraper une carafe de vin presque terminée. « T’as noyé ta solitude dans le vin ? Y’a plus rien sur cette table ? » Après un soupir, comme si on venait de lui voler un jouet, elle termina ce qu’elle venait de trouver et reposa la bouteille derrière elle. Le sol tournait un peu, la fatigue se faisait ressentir. Le retour dans les montagnes allait être difficile. Sans un mot de plus, elle se leva pour trouver son père dans la foule de danseurs pour lui souhaiter une belle nuit, pour ce qu’il en restait.
DERRIÈRE L’ÉCRAN

Je m'appelle presque comme Wonder Woman en vrai, comme une musique de Requiem for a Dream en faux et j'ai un âge quelque part entre celui de ma dernière manucure et celui de Michel Drucker. Vous pouvez donc vous en douter, je suis un individu porteur d'un chromosome X inactivé. J'ai connu le forum grâce à internet et je le trouve en le cherchant. Si possible, j'aimerais grave avoir un parrain afin de m'aider à l'intégration et la compréhension.


Mon personnage est un inventé et je vous ne vous autorise pas à en faire un scénario si mon compte se retrouve supprimé.





Nuna Cortez
You gotta keep it, the love, you know. It's all you have to lose and they will use it all.


Dernière édition par Nuna Cortez le Jeu 18 Oct - 23:42, édité 20 fois

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16/09/2018 Totoro's Child. Wyatt Sheperd 32 Dominic Cooper morphine - sial - metallica ; nothing else matters Marchand - Orientation, Diplomate. Pikuni. 52



Bon, alors je commence par où ?
Je sais même pas te dire à quel point je suis contente de voir Nuna en vie, qui existe, qui est là, juste là Je te dirai bien bon courage pour ta fiche mais heu... bin non, je vais m'en passer
Je vais juste te dire de te dépêcher parce que j'ai tellement hâte de la voir en jeu
Je l'aime presque autant que toi (donc pas tout à fait quand même )

PS : PREUM'S, à moi.
PS2 : T'es quand même vachement belle
PS3 : Et puis heu... bin j'te réserve toute ma vie en RP (comment ça je me tais ? )
PS4 : She's aliiiiiiiiive
PS5 : Ça n'existe pas, faut suivre.

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06/12/2015 Lux Aeterna Nuna Cortez 35606 Sophia Bush class whore (vava) ; Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) ancienne militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. 534



HANNN FILLEULE @Theodore-Charles Jones, je vais être jalouse
Bienvenue dans les parages, hâte de découvrir ton personnage qui, j'en suis sûre, sera splendide

Spoiler:
 

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12/10/2018 Lux Aeterna Murphy Cavendish 19 Zazie Beetz Lux Aeterna (vava, sign, gifs) Forgeronne et orfèvre (joaillière) Athna 59



@Theodore-Charles Jones oui, je suis en vie, le papillon (la papillonne ? écriture inclusive !) sort de son cocon ! Je suis belle ! J'ai rajouté le caractère pour l'instant (j'ai rajouté un truc, à toi de jouer au jeu des sept différences), le reste viendra au compte-goutte, juste parce que j'ai envie (et que je dois retravailler des trucs je pense). Je suis contente d'apporter une Nuna à TC, j'ai vraiment hâte qu'on puisse jouer tout ça !  Pour le reste, Nuna est trop gênée pour ajouter quoi que ce soit d'autre.




@Murphy Cavendish Désolée, je pensais vraiment pas briser une relation marraine/filleule ! Mais promis je serai (à peu près) sage Et merci d'avance pour le compliment, j'avoue que Murphy a l'air très cool aussi ! On pourra peut-être se trouver un lien, qui sait

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04/10/2014 neko Eirik Thorvald, Skylar Rees, Leary Wrath, Cyd Raye 1254 Godfrey Gao AVENGEDINCHAINS.(avatar), tumblr (gif), northern lights.(code signature) cavalier, archer Athna 25



re-bienvenue par ici ^^ et je crois que t'as presque fini ta fiche xD donc bon courage pour la fin et réserve-moi un lien

Accro des points
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11/05/2018 Laenai / Alicia Jude & Lulu ♥ 1985 Willow Shields Laenai Princesse ~ Apprentie Sorcière Rahjak 216
Accro des points



Bienvenue parmi nous, Nuna Bon courage pour la rédaction de la fin de ta fiche

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18/09/2018 Lexis 165 Francisco Lachowski Avatar - Laenai / Code sign - Wild heart / Gifs sign - MONTCLAIRE Esclave domestique / cuisinier Rahjak 205
The future can be built



Bienvenuuuu
Bon courage pour finir ta fiche

Admin △ I of the Storm
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11/08/2018 Electric Soul Harlan Tikaani & Kayden Elwood 127 Chris Hemsworth Lux Aeterna & bat'phanie Commerçant de bois bleu | Navigation & Artisanat Iskaar 110
Admin △ I of the Storm



Je sors mon vert pour l'occasion

Rahlala tu le sais déjà mais je me remets toujours pas que tu craques enfin pour un DC Mais ça fait super plaisir en tout cas Pis ta Nuna est cool et j'ai déjà une petite idée de lien avec Einar Pis Kay la kifferait too je pense Bref, tu sais que je viendrais squatter tout ça Pis c'est cool de voir Zazie jouée et pis une VERTE on en manque tellement

Tu connais la maison et j'imagine que la fiche est déjà finie dans un coin mais juste au cas où : t'as une semaine pour la fiche et t'as nos moyens de contact anyway

avatar
18/12/2017 Léonard // Phoebus Raphaël D. Ansvor 607 Michael Fassbender Zoologie // Orientation Naori 72



Re bienvenue sur le forum il promet ce perso

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19/12/2017 mika. Teagan S. Peverell 708 Jared Leto A: Schizophrenic Animiste pour la vie & Des aptitudes en Notions de soins, Zoologie mais aussi Gardien du Savoir. Naori 42



Re-Bienvenue Bon courage pour la suite de ta rédaction!

Admin - Supermassive Black Hole
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04/11/2014 Mystery Light Elijah & Near & Saoirse & Cassandre & Jade 27866 Thomas B.-Sangster luxaeterna Signa perséphone Aaron Ancien kidnappé des Rahjaks. ancien traqueur, co leader. Cent 260
Admin - Supermassive Black Hole



@Nuna Cortez Oooh j'aime ton Athnaaa Puis ce prénom j'aime beaucouup ** Devrait y'en avoir plus souvent des Athnas comme ça J'suis curieuse d'en savoir pluuus en tout cas. Rebienvenue chez toiii

@Murphy Cavendish Love ya

avatar
20/12/2016 ELOW ; ĆIRO + IRINA + JONAS ; 1157 JAI COURTNEY ; ELOW ; INFORMATICIEN ET LIEUTENANT REBELLE / SPECIALISTE EN INTELLIGENCE ARTIFICIELLES, NOTIONS EN MÉCANIQUE ET ELECTRONIQUE, GÉNIE INCOMPRIS ; 11
— Chi cerca, trova —



I'm so prouuuuuuuuuuuuuuuuuud !!! Nuna is here ! YAY !!!!
Je suis tellement contente

avatar
04/05/2018 LOLITA CLIO ELLCRYS 345 AMBER HEARD RIDDLER ; CRACKINTIME MECANICIENNE 65



Re-bienvenue par ici Je ne peux que valider le choix d'avatar, j'ai hâte d'en lire plus sur ton personnage

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20/04/2016 AMNESIS AEDAN + SAM + ANDREW + KARAH 8733 ADELAIDE KANE AVATAR - BIGBADWOLF • SIGNA - ASTRA + VOCIVUS • GIF - CASSINI CARTOGRAPHE + PATROUILLEUR DE DANA 80
✣ Speedy Gonzales ✣



Re-bienvenue dans le coin. Ces choix sont juste à tomber J'ai hâte de voir ce personnage passer à l'action

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01/11/2015 Glacy Ezra 2286 Brett Dalton Murphouille (avatar), Frimelda (signature) ancien militaire - maniement des armes - statège 92
- Whatever it takes -



Rebienvenue, amuse-toi bien parmi les athnas

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