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Theodore-Charles Jones
DATE D'INSCRIPTION : 16/09/2018 PSEUDO/PRENOM : Totoro's Child. MULTICOMPTES : Wyatt Sheperd MESSAGES : 251 CELEBRITE : Dominic Cooper COPYRIGHT : avengedinchains ♥ - sial - metallica ; nothing else matters METIER/APTITUDES : Marchand - Orientation, Diplomate. TRIBU : Pikuni. POINTS GAGNES : 639
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le Ven 28 Sep - 22:21
As my memory rests but never forgets what I lost
« Here comes the rain again falling from the stars drenched in my pain again becoming who we are as my memory rests but never forgets what I lost wake me up when September ends Summer has come and passed The innocent can never last Wake me up when September ends Ring out the bells again Like we did when spring began Wake me up when September ends. »


Septembre, le mois le plus difficile de l’année. Celui où les tracas et les questions reviennent en force dans le crâne du Pikuni. Quelques années pourtant que son père est mort, quelques années pourtant qu'il fait comme si de rien n’était. Alors cette année n'a aucune raison d’être différente. Pour lui c’est acté, clair et net. Cette histoire là fait partie de ce qu'il est vraiment et ce qu’il est vraiment c’est enfoui très loin en dedans. Alors lorsqu'il s'éloigne de sa tribu pour s'approcher du bord de la mer le marchant n'a aucun doute sur la suite des événements. D'abord il y aura ces marchandages, toujours, Bren qui parlera trop, racontera tout et n’importe quoi et lui dira qu'il a pas l’air en forme. Puis il se souviendra. De ces moments, de ce moment, de l'absence de TC auprès de son père et de sa présence auprès de lui, son mentor seulement. Alors il lui tapera dans le dos, un peu trop fort, et puis ils poursuivront leur route jusqu’à ce fameux moment, celui qui arrive toujours.

TC qui a l’impression soudaine d’étouffer, de ne plus être capable d'avancer, que le poids de la culpabilité devient tellement lourd qu'il ne peut plus le porter. Alors c’est à son tour de donner une tape dans le dos de son ami, lui dire qu'il le rejoint dans quelques jours. Le brun veut longer la côte, seul. Parce que si les Pikunis sont proches de la terre, s'ils enterrent leurs morts comme ils l'ont fait avec son père, lui s'est toujours senti partir, défenseur de sa tribu mais un pied dehors toujours. Alors il a ce rapport avec la mer que sa tribu ne comprendrait pas, que personne ne comprendra. Le vent qui souffle l'air marin dans ses narines, qui lui donne des claques et fait rougir ses joues. Cet air qui lui enlève le poids qu'il porte seul. Cet air au goût salé qui finalement lui rappelle l'amertume de son passé. C'est probablement trop philosophique pour lui, trop philosophique tout court. Lui, tout ce qu'il voit, c’est que seul face à l’immensité de l'océan il peut hurler sans que personne ne réponde. Crier sa déstresse, dans le bruit comme dans le silence.

Sa solitude n'a d’ailleurs qu’un réel sens dans ses moments. Lui qui s’est toujours cru à part, cassé, un Pikuni raté. Lui qui tente tous les jours de se rattraper, qui laisse sa voix et ses mensonges le définir, défiler dans sa bouche jour et nuit, lui qui ne laisse jamais le temps à son crâne de se poser il n'y a que là, réellement, qu'il est seul avec lui-même. Alors après avoir donné sa tape dans le dos à son ami marchand, après avoir pris quelques vivres et de quoi se couvrir un peu du vent, TC entame la marche annuelle qui le ramène à la réalité, au fait d’être en vie et d'exister, d’être réel. Bren lui dirait qu'il est stupide d’en faire autant, pour savoir si on est réel suffit d’être vivant. Un peu trop terre à terre le marchand fait pourtant rire TC alors qu'il sait qu'il devra passer l'hiver sans lui. C'est peut-être pour ça qu'il a l’impression que le poids est un peu plus lourd cette année. Le vieux l'accompagnera pas, pas cet hiver là. Est-ce qu'il va le décevoir aussi ? Est-ce qu'il va le perdre sans réellement le connaître aussi ? Des questions qui lui trottent dans la tête alors qu'enfin, il sent cet air unique, celui de la mer qui vient fouetter son visage. Dans un silence d’or, un silence que tous ceux qui le connaissent rêveraient de vivre au moins une fois, il soupire et va s'installer sur le sable froid.

Le temps de la marche et le soleil se couche déjà. Les jours raccourcissent et l'hiver prend lentement sa place. Il ne peut pas rester là pendant des jours mais ça, c’est une question pour un autre jour justement. Pour le moment, dans le calme environnant, il s'allonge dans le sable, bercé par le bruit des vagues. Les mots, les rires, le visage de son père de plus en plus flou, la culpabilité comme une chaîne autour du cou qui serre et serre encore. Il s'en veut, chaque année un peu plus, chaque année différemment aussi. Ce n'est plus insupportable, comme la première année, il n'a pas envie de s’arracher les entrailles ou le visage. Ce n’est plus violent, comme la deuxième année où il savait plus s'il allait pouvoir respirer. Plus comme l’an passé non plus d'ailleurs, où il se demandait si son père l'avait jamais aimé. Cette année il écoute juste les vagues et il s'en veut d'oublier, d'avoir tellement jamais raconté son histoire à lui qu'il l'a peu a peu oublié. Son père, sa famille, cet homme fort et grand dont il ne sait plus rien, plus même le visage, plus même le rire lourd et franc.

Les mains sur les yeux, seul le vent et les vagues comme compagnes il n'entend pas les pas qui se dessinent lentement dans le sable. Du moins, pas tout de suite. Sa gorge violemment serrée dans sa culpabilité et sa tête perdue dans des souvenirs qu'il s’efforce de chercher, qu'il supplie d'exister. Il fait un bond, se relève et vacille lorsque les pas très proches le ramène à la réalité. Il a loupé des battements mais le cache plutôt habilement, en exagérant, comme d'habitude. Acteur de sa propre vie, auteur de ses propres ennuis. Une main sur le cœur et un essoufflement qu’il caché sous son jeu, là où réellement il tente de respirer. Une main sur le genou, il s'abaisse, comme s'il avait couru un marathon, un truc à la con et puis ses billes brunes se plantent dans celles de l'Iskaar reconnu. «Tu m’as fait une de ces frayeurs Lothar. T'as oublié qu'on était plus en guerre ? Ou c’est juste moi que t'as décidé de tuer avec une blague de merde ? » Il reprend enfin son souffle autant qu'il reprend son jeu. Dans un sourire taquin, il lui tend la main, cette fois-ci de manière réellement amicale. « Ravi de te revoir l'ami, mais si tu cherches de la marchandise tu vas être déçu, je suis là pour méditer tu vois. » Tout à fait son genre, le sourire s'agrandit, l'étau se desserre et son cerveau se concentre sur tout autre chose que son défunt père. « Mais que fais-tu sur les plages du continent ? Il fait déjà trop froid chez toi ? »

» 28 septembre 2118


Dernière édition par Theodore-Charles Jones le Jeu 4 Avr - 0:48, édité 2 fois
Lothar S. Halfdanarson
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le Jeu 8 Nov - 15:26

As my memory rests but never forgets what I lost
Lothar & TC






Lothar était souvent désigné par plusieurs termes. Paresseux, laconique, mystérieux, chiant... oui, le mot chiant revenait souvent, notamment pour qualifier l'humour douteux de l'Iskaar ou cette horripilante manie qu'il avait de toucher à tout et surtout à ce qui ne lui appartenait pas. Mais s'il avait l'air d'un ours un brin taciturne, on n'imaginait difficilement Lothar avec la mine déprimée qu'il arborait malgré lui depuis quelques jours. Lorsqu'il était sorti de chez lui ce matin-là, il avait croisé des regards, tantôt curieux, tantôt inquiets, mais nul n'était venu le voir. Tous savaient, après tout, pourquoi il était comme ça. Lothar avait bon fond mais mieux valait ne pas l'importuner lorsqu'il n'allait pas bien et ce matin-là, il allait très mal. Alors il était sorti, silencieux, avec un seul objectif en vue : la plage, cette foutue plage qui le fascinait autant qu'il l'exécrait, cette plage qu'il aurait dû fuir plutôt que de chercher à la rallier. Mais c'était plus fort que lui, il fallait qu'il y aille, il fallait qu'il se rassure, qu'il laisse l'espoir de voir un navire bien particulier à l'horizon mourir pour la énième année de suite. Il avait besoin de cela, c'était cathartique malgré tout le mal qu'il pouvait éprouver chaque année.

Seulement, la perspective de voir Rodrick à l'horizon était plus tentante que la raison et chaque mois de septembre, Lothar se laissait guider ici sans même y réfléchir. Parfois, dans l'année, il parvenait à oublier, à vivre avec tout ça, à accepter le passé pour mieux profiter de l'avenir, parfois tout allait bien. Le reste du temps, il était nostalgique ou en colère. Il avait envie de se donner des claques pour n'avoir pas su arrêter son frère, envie de l'avoir en face de lui pour lui refaire le portrait en lui hurlant qu'il n'était qu'un traître, envie de le serrer dans ses bras, aussi. Parce qu'au fond, comment pouvait-il être sûr que son frère soit encore en vie ? C'était bien ça, le problème. Lothar était dans l'ignorance la plus totale et s'en rendait malade.

Tandis qu'il marchait vers la plage, ses pensées s'égarèrent du côté de la jolie blonde qu'il avait aidé à traverser l'océan en direction de l'île de Iskaars. Un caractère bien trempé et une demoiselle qui n'avait pas sa langue dans sa poche, c'était certain. Avec un sourire, il convainc avec lui-même qu'il l'aimait bien, malgré les réprimandes qu'elle lui avaient jetées au visage comme du vieux poisson. Une fille intéressante. Qui avait probablement dû le trouver insupportable, mais il en fallait plus que cela pour vexer Lothar.

Il faisait frais ce matin-là et Lothar n'était pas étonné de ne croiser personne sur son chemin. À cette heure, les siens préféraient généralement la chaleur tiède et rassurante du foyer. C'était le bon moment pour sortir et espérer être tranquille. Lorsqu'il pris la mer, il ne croisa pas plus de monde. C'était vraiment tranquille. Enfin tranquille... lorsqu'il se retrouva sur la plage, Lothar fut incapable de s'arrêter et de se laisser tomber dans le sable. Marcher le rassurait alors il continua sa progression, ignorant les grains qui s'infiltraient dans ses chaussures. Bercé par les flots, il ne vit pas le temps passer mais lorsqu'une forme sombre à l'apparence humaine se dessina au loin, il fronça les sourcils. Quel abruti pouvait bien être sorti de chez lui à cette heure ? Au départ, l'Iskaar envisagea de rebrousser chemin pour garder intact son écrin de solitude et arpenter son petit bout de plage personnel. Mais à mesure qu'il s'approchait, il dut se rendre à l'évidence : il connaissait ce type-là. Et il avait tout autant de raisons que lui de se trouver là.

Alors Lothar repris sa route, ses pas étouffés par les volutes de sable et le remous incessant des vagues. Sans un mot, soucieux de préserver les pensées de l'autre, il s'approcha silencieusement. Il aurait pu s'asseoir près de lui, sans rien dire, pour partager sa méditation mais visiblement, Lothar avait oublié un détail : surgir dans le dos de quelqu'un aussi silencieusement, c'est plus souvent synonyme d'attaque que d'autre chose. Surpris, l'Iskaar regarda Theodore se relever et manquer de tomber, comme s'il venait de voir un monstre. Incapable de se contenir, Lothar pouffa de rire en voyant son ami friser la crise cardiaque et fini par hausser les épaules avec un sourire amusé.

« Je m'suis dis que ça te secouerait un peu les puces... »

Nonchalant, Lothar se laissa tomber dans le sable à ses côté et tourna les yeux vers la mer.

« J'suis pas un grand bavard... et puis t'avais l'air tellement fasciné par la mer que ça m'aurait emmerdé de briser ce beau moment. »

Il laissa le temps au Pikuni de calmer son pauvre cœur de grand-père tout en continuant d'observer la mer. Rien. Il n'y avait strictement rien à l'horizon. Des vagues, un ciel grisâtre, deux ou trois oiseaux qui cherchaient du poisson au large, mais aucun navire. Rien. Définitivement rien.

« Le temps n'est pas très différent chez moi. C'est maussade et gris, en ce moment, l'été touche à sa fin. J'ai eu envie de venir faire un tour pour... comme ça. »

Il ne savait pas vraiment ce qu'il était venu faire, il savait simplement qu'il n'avait pas pu résister à cette incontrôlable pulsion.

« Et toi ? Qu'est-ce que tu viens faire ici, tout seul ? J'ai comme l'impression qu'toi et moi on cherche à fuir la compagnie, j'me trompe ? »

Compagnie qu'ils avaient pourtant fini par provoquer, finalement.


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le Jeu 10 Jan - 20:30

L'iskaar ne manque pas de répartie. Il n'en a jamais vraiment manqué, et quelque part, c'est tant mieux, ça donne le temps à TC de souffler un peu. Dans un regard faussement noir et un sourire réellement doux, il ne peut pas s'empêcher de dire que oui, évidemment, il les lui a bien secouées, les puces. Non mais franchement, il est trop tôt pour ces conneries, non ?

Mais rapidement le tout est oublié, le vieil ami s'échoue sur le sable aux côtés du pikuni qui s'installe un peu plus confortablement le temps que son cœur retrouve un rythme normal de battements. Le marin continue sur sa lancée et sans attendre une seconde, sans avoir retrouvé tous ses esprits, le marchand répond quand-même naturellement. « C'est plus sympa de briser mon pauvre palpitant ouais. » Et puis il sourit, la mer en face d'eux, face à eux. La mer comme seule alliée, seule amie à l'écoute de ces deux vieux cons un peu paumés, un peu perdus. Pour une fois, le brun se tait, il retrouve la mer qui le berce de nouveau, à deux doigts de retomber dans ses propres pensées. Mais la voix de son ami le tire de là et ses billes brunes viennent le fixer lentement. Si le début de ses mots n'a rien d'anormal, la suite, elle, fait tiquer celui qui passe plus de temps sur terre qu'en mer. Un sourcil levé, il ne relève pas tout de suite cette fin de phrase un peu mystique, comme les vagues qui s'enchaînent devant eux. Un soupir et puis il passe l'une de ses mains sur son visage, s'arrête sur son nez et le pince lentement alors qu'il se demande ce qu'il va se passer.

Lothar est quelqu'un de confiance, l'a plus ou moins toujours été. Si les deux hommes n'ont pas fait cas de leurs origines et du passé, ils ont su trouver l'un en l'autre un ami, un allié. Peut-être parce qu'ils n'arrivent qu'à se faire rire eux, ou peut-être pour quelque chose qu'ils ne comprennent pas encore vraiment, pas même eux. Le blond reprend, pose les questions les plus dures, celles qui ne font ni rire ni sourire. Celles qui mettent les deux pieds dedans, font plonger la tête en avant. Il ferme les yeux quelques secondes et puis il perd toute cette hésitation, tout ce doute d'honnêteté. Tout ce qui fait qu'il est lui, soudainement, disparaît.

Peut-être parce qu'il est trop tôt pour la raison, peut-être parce que les vagues envoûtent l'horizon. Y a pas vraiment de réponses à toutes ces questions mais y en a étrangement de très claires à celles de son ami, son ami qui a osé dire des mots que beaucoup auraient fui. « Non, tu ne te trompes pas vraiment pour une fois. » Un peu de taquinerie pour alléger tout le reste, toutes les pensées, tous les maux qui restent coincés et qui pèsent. Un regard furtif vers le pêcheur et puis ses yeux viennent se poser face à l'immensité de l'eau qui les regarde, les observe dans ce silence impossible à décrire et tellement puissant à ressentir. « Je ne sais pas si tu es au courant mais mon père est décédé. Ça ne date pas d'hier, pas même d'avant-hier, et pourtant aujourd’hui j'ai le cœur un peu plus lourd qu'il ne l'a jamais été. » Un haussement d'épaules, l'honnêteté brute c'est pas trop son truc, il ne sait pas vraiment comment s'y prendre ni même s'il fait bien de déballer tout ça, même à un ami, même à Lothar.

« J'ai l'impression que le monde est en train de changer, Lothar. Je sais pas, y a quelque chose qui me plaît pas. Peut-être que c'est juste moi qui change, qui comprends enfin tout ce que j'ai raté et que je retrouverais jamais. » Son père, sa mère, Nuna. Et tous les autres aussi. « Mais j'étouffais au village, j'étouffais dans tous ces gens qui s'aiment, s'unissent et se sourient. J'étouffais dans ce monde où tout le monde semble avoir trouvé une place parfaite pour lui. Alors j'suis venu ici. » Il a les yeux un peu lourds, un peu humide, comme si la mer avait caressé sa joue et puis il sourit, discrètement. « La mer tu la connais mieux que moi, mieux que personne, mais elle m'apporte ce petit quelque chose qui me dit que j'suis pas seul. Que quelque part, si elle, aussi grande, aussi terrifiante qu'apaisante, elle a sa place, alors un jour je trouverai la mienne, tu vois ? Une connerie comme ça. » Un petit rire qui s'échappe d'entre ses lèvres alors qu'il quitte l'océan du regard pour s'étaler de nouveau de tout son long dans le sable, yeux rivés vers le ciel.

Pourquoi il lui dit tout ça ? Pourquoi il lui dit comme ça ? Putain, il va le prendre pour un fou, c'est sûr et certain. Mais c'est trop tard, il aurait beau se mettre à rire aux éclats et lui dire 'ah ! Je t'ai bien eu !' Lothar est loin d'être aussi con que ça. Y a plus de retour en arrière, y a plus de chance de faire semblant. Alors il prend le peu de courage qu'il a dans les mains et il se tourne vers son ami, un œil moitié fermé, aveuglé par la lueur matinale. « Tu me prends pour un taré, pas vrai ? T'en fais pas, j'comprendrais. » Et puis il élance son bras un peu à l'aveugle jusqu'à trouver celui du blond et le tapoter amicalement.

Quelques secondes passent, des secondes rythmées par les vagues qui ne rient pas, ne pleurent pas. Les vagues qui sont juste là, qui témoignent de ce grand hasard, ce petit n'importe quoi et ce tout, tellement important, qui se produit en cet instant. « Pourquoi tu fuis la compagnie ? » Une simple question, une qui veut tout dire et rien dire, que Lothar peut choisir de prendre au pied de la lettre ou à l'ironie. Tout peut basculer. De ces secrets jamais vraiment avoués à un départ précipité et faire comme si de rien n'était, comme si rien de tout ça ne s'était passé.

Redevenir seul, comme il l'a toujours été. Faut dire qu'il n'a jamais manqué de rien, TC, sauf d'honnêteté. Alors quand il en use, y a tout qui bascule, tout qui perd sens et qui devient comme de la fumée impossible à attraper. Mais c'est pas grave, si Lothar se lève et laisse ses pas dans le sable. C'est pas grave, s'il attrape pas la main que l'autre a tendue, parce qu'il n'a jamais manqué de rien, TC, sauf peut-être d'un véritable ami.
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