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Theodore-Charles Jones
DATE D'INSCRIPTION : 16/09/2018 PSEUDO/PRENOM : Totoro's Child. MULTICOMPTES : Wyatt Sheperd MESSAGES : 242 CELEBRITE : Dominic Cooper COPYRIGHT : avengedinchains ♥ - sial - metallica ; nothing else matters METIER/APTITUDES : Marchand - Orientation, Diplomate. TRIBU : Pikuni. POINTS GAGNES : 639
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le Mer 26 Sep - 2:15
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I'm okay. You're a bitch.
« Once you begin to appreciate the structure of the mind, there's no reason anything about us can't be changed. Pain can be destroyed. [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]


L’hiver a été long et rude cette année. TC a passé trois long mois loin de chez lui, loin de sa tribu. Tous les hivers, plusieurs marchands arpentent les alentours et les horizons pour aider leurs confrères à survivre au froid de la saison. S'il a beau être habitué à ces trafiques depuis son enfance, enfin, du moins depuis que la paix est installée le brun ne s’y est jamais vraiment fait. Non pas que ce soit quelque chose de négatif, au contraire mêmes, les Pikunis apportaient des ressources dont le monde entier avait besoin. Et si le garçon avait appris le métier et à se repérer contre vents et marées ce n’était pas pour se dégonfler dès qu'un hiver s’avérait un peu plus rude que le précédent.

Alors il avait passé ces trois derniers mois à traverser les forêts, les plaines et les paysages enneigés. S'enfoncer jusqu'au genou et peu à peu voir le printemps prendre place. Toujours avec son maître d’apprentissage, Bren, ils faisaient en sorte que chaque échange, chaque troc fonctionne bien. Il était dans leur intérêt ainsi que dans celui de la tribu que de maintenir une bonne réputation. Encore plus avec les doutes qu'Edmond suscitait. Mais ignorant les murmures et toujours souriants, les deux marchands continuaient leur quête coûte que coûte. Pourtant, à mesure que les jours passaient TC semblait perdre de sa superbe. L'homme qui avait toujours une histoire pour fasciner, toujours une autre pour impressionner et une dernière pour obtenir une main serrée dans la sienne était resté silencieux bien plus que d’ordinaire durant les derniers accords passés entre les hommes et leurs clients.

Évidemment, Bren connaissait le gosse comme sa poche et si le vieillard lui, scellait son dernier hiver à accompagner TC dans ses aventures il ne s’empêcherait pas pour autant de lui dire et lui répéter ce qu’il pensait, en l'occurrence « T'as marché dans la merde ou t’as pas chié en te levant ? C'est quoi cette gueule gamin, et puis tu parles pas. Impossible de te la fermer d'ordinaire. Qu'est-ce qui va pas ? » Le Pikuni roule des yeux, subtile, cette attention. Il soupire et regarde autour d'eux. La neige fondue et à seulement quelques heures de marchés de leur village si le vieux lui clamse pas dans les bras d'ici là. « Je m’inquiète pour maman. J’espère que l’hiver n'a pas été trop dur pour elle. » Une énorme tape dans le dos qui fait tousser le marchand et le rire de son compagnon pour venir donner une petite mélodie à son agonie. Non, l’homme ne va pas lui offrir plus de réconfort que ça. Il n'est pas comme ça, ne l'a jamais été et puis après tout, avant la mort de son propre père TC n'aurait jamais eu une telle pensée dans l'esprit.

Pourtant, lorsqu’ils arrivent au village c’est à son tour de donner une tape dans le dos du vieux Bren pour courir chez lui, voir sa mère. La vieille dame en pleine forme qui semble préparer une mixture et un soulagement palpable du côté du fils. Elle se retourne, le serre dans ses bras et commence à faire ce qu’elle fait toujours lorsque TC revient de ces longs voyages : lui raconter ce qu'il a manqué. Des histoires de village, de vieille dame, des mots ponctués par des « si ton père avait été là », une routine que TC chérissait énormément. Assis par terre il l’écoutait parler pendant des heures. Et d’ailleurs, parfois, son discours marquait quelques incohérences, probablement dues à son âge, ou quelque chose comme ça. La seule récurrence de ces incohérences c’est qu'elles étaient uniques. Son petit éléphant rose à elle en quelque sorte, rien de bien méchant.

Pourtant, lorsque Luana continue de raconter ces histoires il y en a une qui fait se relever son fils. TC essuie ses mains et s'approche de sa mère qui continue encore et encore. Souviens toi, qu’elle dit, ce voyageur qui était passé il y a de ça quelques années, le voilà de nouveau en ville. Tu l'adorerais, tu sais, je crois qu’il est encore là, va donc lui rendre visite. Falk, je crois.

Fils protecteur, fils ayant peur, il sort de chez lui non sans avoir partagé un moment à raconter ses propres aventures à sa mère pour finalement se rendre dans le village et se renseigner. Une légère boule au ventre de la voir halluciner le même fou deux fois et une légère envie qu’il soit vrai et surtout moins bien qu’elle le disait. Clairement jaloux, TC a beau avoir passé quelques décennies il ne supporte pas de savoir sa mère préférer un autre à lui. Encore moins un voyageur, qui semblerait-il est incroyablement intéressant. Oh comme ça lui tiraille en dedans, comme il a besoin de savoir si ce Falk existe vraiment.

Et il ne tarde pas à avoir sa réponse. Falk Sullivan, enfant des tribus sœurs, ami, charmeur et de bons conseils. Sa langue se glisse sur ses dents pour faire ce bruit désagréable avec sa salive alors que définitivement, plus il en apprend sur le charlatan moins il est réellement content. Encore plus s'il s’approche de sa mère dès qu’il foule le village de ses pieds de montagnard. Mais TC se retient, il préfère observer que rentrer dedans, le chercher partout, dans les moindres recoins du village.

Probablement à cause de sa fatigue suite au long voyage, à ces mois de négociation teintés d’inquiétude pour sa mère. Alors il abandonne sa quête pour ce soir, il veut juste dormir. Mais quelle n'est pas sa surprise lorsqu'en passant son entrée un homme est à sa table. Le regard noir sur inconnu, il n’écoute pas vraiment les mots de sa mère, prenant naturellement la place de son défunt père. « Sullivan n'est-ce pas ? » Qu'il dit, tandis que Luana papote et leur sert à boire tout en vivant sa vie, à dix mille lieues de réaliser la tension que son fils est en train d'installer. « On t’a pas appris que ça ne se faisait pas de profiter de la bonté des vieilles dames, de là où t'es ? »

» 13 mai 2117


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le Mer 24 Oct - 19:32

La sensation d'avoir passé mille lunes à arpenter les sentiers. Mille lunes toutes différentes et pourtant identiques sous bien des aspects. Jusqu'à ce que l'une d'entre elles sorte de l'ordinaire.

Cette lune, elle s'était produite bien des mois auparavant. La Terre n'ayant pas l'air de se satisfaire des seuls chaos provoqués par les Hommes -et, qu'ils soient du Ciel ou du Sol ne changeait pas grand chose-, elle avait décidé de se redresser contre ses habitants. A son approche du camp Pikuni, bien des jours plus tôt, il avait croisé le sillon d'un cyclone impressionnant. La deuxième catastrophe climatique à lui avoir frôlé les poils des moustaches. Sauf que celle-là, au lieu de lui arracher des semaines entières de marche et de risquer de le tuer, il s'en était tenu éloigné.
Lorsqu'ils furent décidés à se rapprocher du village, le cyclone avait achevé sa course depuis belle lurette. Les lieux en eux-mêmes ne semblaient pas avoir été excessivement touchés, mais les terres, elles. Les terres avaient vécu des jours meilleurs.

Une chose à considérer, c'était que Falk et Enya aussi. Le duo, après des mois, voire des années à battre la lande à la recherche du pigeon le plus idéal, commençaient à accuser le coup. A bien des égards, ils n'étaient pas mieux lotis que s'ils avaient fini dans l'oeil du cyclone lui-même. Epuisés, rompus par des kilomètres de marche. Affamés. Las. Les commerces avaient du bon, quand on avait l'énergie pour les assurer. Mais en cet instant précis, presque sans vivres ni marchandises, il était temps de lever le pied.
Alors tout s'était enchaîné avec un naturel terrifiant. Les Pikunis avaient beau être une population fière de se satisfaire à elle-même, ils ne furent pas difficiles à convaincre. Falk n'était pas l'homme le plus solide de l'univers, mais il était malin. Et il avait une mule. Gravitant de ferme en ferme, il prêtait généreusement les service de sa compagne à quatre pattes moyennant une bonne assiette de soupe, une paillasse dans un hangar ou un paiement. Un bon samaritain, comme ils le disaient dans les légendes des temps jadis. L'image même de l'homme bourré d'abnégation, à la générosité débordante.
Certes, tout le monde n'était pas forcément de cet avis, en ce qui le concernait. Nombre d'entre eux avaient déjà fait affaire au camelot, et son faciès particulier leur avait laissé un sacré souvenir. Plutôt, son bagout et son intérêt pour la vente de produits pas toujours des plus efficaces. C'étaient ceux-là qui avaient été les plus difficiles à convaincre de sa bonne volonté. Parce que rien n'y faisait, ça ne passait pas. Et s'ils acceptèrent eux aussi son aide, ce n'était clairement qu'à contre-coeur.

Le manège dura quelques jours, deux bonnes semaines tout au plus, le temps de se mettre une bonne parti de la population locale dans la poche. Enya travaillait dur, et lui aussi, pour la première fois de sa vie. Et, contre toute attente, il aimait bien les Pikunis. Certes, c'était une population de fourbes fainéants dans l'ensemble, mais certains d'entre eux sortaient du lot.
Comme Luana Jones. Un petit bout de femme menu, le cheveu grisonnant et la bouille hilare. Une petite mamie qui vivait clairement dans un tout autre monde que le commun des mortels, qui lui avait décidé de le prendre sous son aile et qui l'appelait TC de temps à autres. Falk était certain que ça lui échappait, vu que son cerveau était branché sur une toute autre fréquence que le sien. Mais est-ce que ça l'empêcherait de jouer dans son jeu ? La pauvre femme semblait relativement seule. Ca ne pouvait pas faire de mal de se faire passer pour son fils les rares fois où elle grillait ses derniers neurones.

Et ce fut comme ça qu'il finit chez les Pikunis, ces derniers mois. Alternativement chez les uns, chez les autres, jusqu'à trouver un petit coin de terre où poser sa mule et son chargement. Oh il ne resterait pas longtemps, il en était persuadé. Mais les affaires allaient bon train, la tambouille qui l'attendait chez la Mère Jones était relativement digeste pour de la cuisine traditionnelle Pikuni, et il réussissait à mettre quelques marchandises de côté pour préparer ses prochaines expéditions.

Ce jour-là ne faisait pas exception à toutes ces habitudes sédentaires qu'il pensait ne jamais retrouver. Après avoir éreinté Enya dans un champ, il avait prévu de faire un crochet par chez la mère Jones. L'hiver avait été particulièrement difficile, et il l'avait passé pour la majeure partie du temps chez elle, à donner un coup de main à la bonne femme et se réchauffer devant sa cheminée. Ca coûtait moins cher que construire la sienne. Les températures s'adoucissant, il avait lâché du lest auprès de la mémé. Mais cette fois-ci, il lui avait promis de passer pour partager avec elle un ragoût insipide traditionnel. Les Pikunis ne savaient vraiment pas comment relever leurs plats.

La petite vieille semblait particulièrement en forme, ce jour-là. Elle babillait, impossible à arrêter, sur le retour hypothétique de son fils prodige. Un délire auquel Falk s'était fait, lui aussi. Des fois ça lui prenait. Alors, douceâtre et obligeant, il la laissait faire. Le fameux TC n'était jamais là, à ces moments-là. Tout du moins physiquement, pour quiconque avait toute sa tête. Pour la bonne-femme, l'illusion était bien concrète, et le camelot n'avait pas à cœur de la détromper. Il aimait bien voir sa figure parcheminée s'illuminer sous sa propre illusion.
D'un geste leste, il se pencha par dessus la table et attrapa une miche de pain qu'il rompit. Mamma Jones, comme il l'appelait, gesticulait dans tous les sens, lui racontant des histoires de voyages qu'il n'avait encore jamais entendues. Un rictus au creux des lèvres, il coupa le pain en tranches et en glissa une proche de l'écuelle de la mamie. A bouger dans tous les sens, elle allait en oublier son ragoût.

-C'est bien tout ça, Mamma Jones, mais s'il est revenu au pays vot' fils, il est où ?

La petite femme s'interrompit aussitôt. Hagarde, elle prit quelques secondes pour se ressaisir. Son esprit vagabondait dans des strates inconnues de l'existence, ça se voyait à son regard vitreux.
Comme un signe des Dieux, les gonds de la porte d'entrée grincèrent sinistrement. Luana s'illumina aussitôt !

-Il est rentré ! TC !

Falk plissa les yeux. Probablement le facteur. Sans prêter attention à la porte, il attrapa le plat et servit généreusement la vieille femme. On entrait et sortait comme dans un moulin, chez les Jones. Il allait bien finir par monter un loquet sur sa porte, un de ces jours.
Des pas lourds, presque sévères, claquèrent le sol sur sa droite. Une voix rauque, ombrageuse, qui aboya son nom dans son dos. Surpris, l'Athna se retourna vers son interlocuteur.
C'était un bel homme, assurément. Grand. Musclé. Sombre comme la nuit, et avec des mains qui risquaient très certainement de lui arracher la moitié du visage pour peu qu'il se décide à gifler le camelot. Sur son visage fermé, il pouvait voir les traces de celui tout en rides de Mamma Jones. Falk pâlit.
Alors c'était ça, TC Jones. Ça avait pas l'air commode.

La petite femme, à des lieues de réaliser la tension qui s'instaurait entre son vrai fils et son faux fils, babillait. Comme si elle valsait entre table et chaises, elle se dépêcha d'attraper des gobelets et une jarre remplie d'un liquide ambré dont Falk savait parfaitement qu'il s'agissait d'un tord boyaux local pour en avoir fait les frais. La voix ombrageuse du fils prodige tonna une nouvelle fois.
Et le camelot se fendit d'un sourire crâne de circonstance. Il pouvait gronder autant qu'il voulait, il ne se mettrait pas entre lui et son assiette de ragoût.

-Aaaah, c'est lui vot' fameux TC, Mamma Jones ? Vous avez fait du beau boulot !

La petite vieille s'arrêta pour jeter une oeillade pleine d'amour à son rejeton, fière comme un coq sur son tas de fumier. Jusqu'à ce qu'une connexion se fasse quelque part sous ses mèches grises, qu'elle pousse un petit cri et qu'elle file à la cuisine chercher quelque chose. S'adossant plus confortablement contre le dossier de sa chaise, toujours tout sourire, le camelot toisa son double légitime. Haussa les épaules.

-C'est avec des menaces que tu salues le type qui s'est occupé de ta mère pendant que t'étais pas là, le Fils Prodige ?

Il avait toujours pensé que les Pikunis étaient des rustres, et c'était dire, pour un montagnard. En tous cas, TC entrait parfaitement dans son joli stéréotype. Ses doigts agiles se faufilèrent jusqu'à sa cuillère, et il siffla posément une bonne gorgée de ragoût. Il était autant chez lui que l'autre, ici. Peut-être même plus.

-J'vous croyais plus hospitaliers chez les Pikunis.

Pourquoi agissait-il avec autant de panache alors que l'autre pouvait très bien le terrasser d'un regard ? Il n'en savait rien. Peut-être un soubresaut de fierté mal placée, justement à cause du fait qu'il avait vraiment aidé -occasionnellement- la vieille femme. Son regard se planta dans celui, sombre, du fameux TC. Le toisant, il héla la vieille femme.

-Tout va bien pour vous, Mamma Jones ?

La voix étouffée de la petite vieille leur parvint depuis la cuisine. Ca avait l'air d'aller. Elle avait zappé ce qu'elle faisait, mais ça avait l'air d'aller. Son regard toujours ancré dans celui du fils prodige, Falk lui répondit du tac au tac.

-Vous avez essayé le tiroir du haut ?

Un fracas émana de la pièce d'à côté. Un fracas qui dura des plombes, au moins aussi longtemps que le duel de regards que se partagèrent les deux hommes. Falk ne comptait pas céder. Apparemment, TC non plus.
Un marmonnement, entre ses dents, uniquement adressé au fils. Il ne servait à rien que la mère les entende.  

-T'as p'tet' oublié comment elle fonctionne, depuis le temps. Si tu me frappes, tu vas lui briser le coeur, et elle a pas besoin de ça tout de suite. On va prétendre être de braves petits, toi et moi, et s'il faut qu'on joue aux cons, on fera ça après qu'elle soit couchée. Deal ?

Falk savait, au fond, dans quoi il s'embarquait. En prenant TC pour l'imbécile qu'il présupposait que le gars était, il signait son arrêt de mort. Mais pas avant d'avoir un ragoût bien chaud dans le ventre. C'est pas cool de mourir le ventre vide. D'autant qu'avec un peu de chance, l'alcool que la bonne femme tentait de sortir apaiserait un peu sa colère.
Et même. Il ne voulait pas provoquer d'esclandre devant la petite vieille. Il l'aimait bien, malgré tout. Il ne voulait pas qu'elle souffre plus que nécessaire.

Theodore-Charles Jones
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le Mar 6 Nov - 20:24

Luana a cet espèce d'aura lunaire qui lui colle à la peau. Personne ne sait jamais vraiment si elle marche ou flotte. Personne ne sait jamais vraiment si son esprit est là ou ailleurs. TC adore sa mère mais parfois il a peur que son esprit mène à sa perte. C'est sans doute pour ça qu'il se méfie autant du gringalet à leur table. Le regard noir posé sur lui, il en oublie de profiter de sa tendre mère. Il oublie d'intégrer les moments, faire de nouveaux souvenirs comme il s'était promis de le faire. Complètement obnubilé par l'intrus à leurs côtés, sa voix s'éclate entre eux comme un défi, histoire de tâter le terrain et mesurer l'ampleur des dégâts.

Le sourire de l'autre l'agace, en quelques secondes les doutes deviennent des confirmations. Le pikuni n'avait pas forcément prévu de laisser le droit à l'erreur à l'autre mais il était loin d'imaginer que son esprit réagirait aussi vite et fermement. Pourtant il n'en démord pas, oubliant totalement la pauvre femme qui se débat de tous les côtés pour satisfaire son fils bien aimé. Quel con, pense-t-il sans l'articuler alors que Falk se permet de l'ignorer, parlant à sa mère comme s'il n'était qu'un gamin, un moins que rien qui ne mérite pas toute l'attention du monde. Et si le fils prodige adorait avoir toute l'attention du monde il espérait surtout avoir un minimum d'impact et d'emprise sur la tension de l'athna assis à sa table. Le regard du brun ne quitte pas celui de l'autre, pas même quand il sent sa mère poser des yeux tendre sur lui, pas même quand il l'entend pousser ce petit cri tout en s'éloignant de lui. La chaise craque sous le poids du maigrelet et l'autre roule des yeux d'agacement. Peut-être va-t-il enfin lui adresser la parole ? Cesser de jouer au plus con rapidement au risque de s'en prendre une ? Mais c'était évidemment trop en demander à un mec de ce genre là. Le sourire du camelot lui donne des envies de meurtres, ses poings se serrent tandis qu'il daigne enfin ouvrir la bouche.

Et pour dire quoi ? Encore plus de conneries. Le regard déjà noir de quarantenaire devient presque une arme tellement il le regarde mal. Le surnom lui fait serrer les dents, ses ongles courts s'enfonçant dans ses paumes pour se retenir de laisser le coup partir. Être plus malin que ça, plus intelligent que ça. Ne pas répondre aux provocations débiles d'un gamin qui a abandonné sa propre tribu. Les paupières du brun se referment quelques secondes, le temps qu'il retrouve la maîtrise de lui-même et laisse sa colère se transformer en ce qu'il maîtrise le mieux. Dans ce silence d'or qu'il maintient le temps de trouver le juste équilibre, histoire de ne pas éclater la tête de l'autre contre la table avant d'avoir fini une phrase, TC observe. Il regarde le solitaire bouger ses doigts, atteindre la cuillère et lui offrir le plus grand des mépris. Tant par son geste que par le son horrible qu'il inflige à ses oreilles. Le pikuni cache un frisson qui lui parcourt tout le dos avant de laisser un rire échapper d'entre ses lèvres. Si l'autre agissait comme un con, il parlait aussi comme le derniers des cons. Si la paix avait pu avoir lieu entre les tribus ça n'était clairement pas grâce au duo détestable qui se dessinait autour de la table. Sans lui accorder quelque chose de plus que ce rire froid et dur, il se délecte de ce jeu idiot de regard. Les deux hommes ont passé l'âge de faire de telles gamineries et pourtant tout semble trop naturel, tant pour l'un que pour l'autre.

Le squatteur lui rentre sous la peau, comme un parasite, quelque chose de désagréable qui gratte et qui tâche. Sa remarque adressée à la mère de famille agace un peu plus le fils unique. Ce dernier s'avance lentement, déposant l'un après l'autre ses poings sur la table qui supporte le repas du soir. Sans un bruit aucun, il observe la douce mascarade qui se dessine sous ses yeux. Falk, fils suppléant, qui prétend tout savoir mieux que lui, cherche à lui montrer qu'il a désormais plus sa place que lui ici. Puis le ton baisse, l'atmosphère en profite pour s'alourdir tandis que l'autre glisse des mots qui ne volent que jusqu'aux oreilles du marchand. TC ne retient pas un rire, cette fois-ci beaucoup plus franc, de ceux qui éclatent les tympans et mettent mal à l'aise. Luana, elle, n'entend qu'un rire sortir de la bouche de son fils. Au loin, on peut l'entendre rire en écho alors que l'enfant unique lui, ne détourne toujours pas le regard de sa cible. Et de cette voix parfaitement maîtrisée, de ce ton glacial qui ne franchira que les oreilles du concerné il articule, lentement.

« Peut-être que t'as oublié que t'étais pas chez toi, Sullivan. Mais si t'es capable de fermer ta gueule jusqu'à ce qu'elle aille se coucher, alors ça peut se jouer. » Froid et provocateur, c'est à son tour d'attraper calmement sa cuillère pour venir la porter lentement à sa bouche. Laisser ce bruit de succion désagréable envahir l'air avant de reprendre dans un sourire incroyablement faux, immensément grand. « Je trouve ça fascinant qu'un mec comme toi arrive à duper autant de gens. C'est quoi ton secret, charlatan ? Parce que c'est clairement pas ta gueule qui va convaincre les gens. »

Avant que TC ou l'autre aient pu rajouter ne serait-ce qu'un seul mot, Luana débarque de nouveau, s'impose entre eux comme une trêve entre deux rounds. La vieille femme offre à son fils une main remplie d'amour, laissant ses doigts attraper sa nuque pour lui rappeler combien il lui manquait. Les yeux du brun lâchent immédiatement ceux de l'autre pour retrouver ceux de sa mère. Un sourire beaucoup plus doux et plus sincère aux coins des lèvres, il pose à son tour une main sur celle de la femme et lui offre même un baiser des plus sincères. Avec tout ça, il avait failli en oublier sa vieille mère. Ce moment aussi simple qu'éphémère suffit à calmer temporairement les pulsions violentes du fils prodige. Pourtant, comme tous ces moments-là, celui-ci n'était pas fait pour durer. Luana se décale et offre un geste amical à l'homme de trop, dans cet esprit égalitaire dont ils ne veulent pas, ni lui, ni l'autre. Mais la vieille dame s'en fout, elle n'aurait sans doute pas pu être plus heureuse qu'en ayant ces deux hommes à sa table. Alors TC se retient, laisse sa mère se glisser à ses côtés, face à Falk. Son poing se desserre naturellement alors que son bras se tend pour atteindre la main ridée et abîmée de celle qui l'a élevé. « Je suis content de te voir, maman. » Qu'il dit, dans un sourire en laissant volontairment l'autre de côté. Et Luana enchérit, lui tapote les doigts et tend sa deuxième main vers l'athna face à elle. « Moi aussi mon chéri. Tu m'as manqué. Et je suis tellement contente que tu rencontres enfin Falk. » Le conteur d'histoires se raidit, détourne naturellement le regard vers l'insolent et serre les mâchoires avant de répondre d'un ton trop doux pour ce qu'il pense vraiment. « Moi aussi maman, je ne pouvais pas passer plus longtemps à côté de cet inconnu qui s'occupe si généreusement de toi. » La vieille dame rit, tapote les mains des deux garçons et se relève une fois de plus.

Quelques secondes et la voilà qui disparaît dans la cuisine, cherchant probablement encore quelque chose qu'elle avait oublié avant même de se lever. Laissant aux hommes le temps d'entamer la deuxième manche de leur ridicule combat. Le dos droit et le menton dressé, les billes noires de TC se posent dans celles de Falk avec plus de dédain qu'il ne l'avait fait jusque là – comme quoi, tout était possible. « Je te préviens, si tu joues aux cons avec elle, tu peux dire adieu au lever du soleil. » Des menaces dîtes avec une froideur sans pareille alors que dans la cuisine tout s'écroule une fois de plus. « Troisième tiroir à droite, maman. » Que TC articule naturellement tout en se tournant légèrement vers l'athna, afin que pour un instant il n'existe qu'eux deux. « Tu comptes rester longtemps encore ? Tu veux pas plutôt retourner faire chier ta propre famille ou peu importe qui tu as dans ta vie qu'il te reste à décevoir ? » Un frisson qui se glisse à nouveau dans la nuque de l'absent de la famille. Peut-être que s'il arrive à être aussi froid et distant, peut-être que s'il arrive à être aussi violent, peut-être que si Falk lui fait autant peur c'est simplement parce qu'il a salement l'impression de voir un faux double face à lui. Et sa mère a besoin de tout, sauf un deuxième lui. Il lui brise suffisamment le cœur et l'esprit, un second fils avec une telle vie la tuerait, et il le sait.


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le Jeu 14 Fév - 0:41

La tension latente, qui planait si bien dans l'air qu'elle donnait l'impression de faire trembler le brouet dans les écuelles, faisait se dresser les poils de Falk sur sa nuque. A moins que ça n'ait été le regard charbonneux, dur comme le roc, que lui adressait le Fils Prodige. Etrange, comme lorsqu'il faisait sa tête de cochon, toute trace du visage doux et lunaire de Luana fondait comme neige au soleil. Etrange, comme les Pikunis avaient tous le même faciès quand ils boudaient. Une particularité locale, peut-être. Ca n'empêcherait pas le camelot de profiter de sa pitance, dans tous les cas. Les manœuvres de la journée avaient creusé un gouffre sans fond au creux de l'estomac du gringalet, et même s'il risquait de devoir avaler rapidement, il était prêt à souffrir le martyre de ballonnements toute la nuit plutôt que de manquer la moindre miette. Et tant pis si à ceux-là s'ajoutait un ou deux yeux au beurre noir. Le beurre était comestible lui aussi, après tout.

Dans toutes ses considérations, une notion bousculait toutefois toutes les autres. La langue de TC était acide, pleine de fiel, mais elle était juste dans ce qu'elle n'avouait qu'à demi-mot : Falk lui faisait un certain effet. Pas le plus plaisant, mais un effet que le camelot connaissait parfaitement bien. Il l'irritait, au fils prodige. Il lui sortait par tous les pores, il avait si bien gratté le point sensible qu'il exsudait la hargne. Une odeur feule qui s'immisçait entre eux, que Falk sentait parfaitement. Pas celle habituelle des Pikunis, bien que toute aussi désagréable, non. Mais une odeur que l'Athna aima particulièrement sentir sur le moment. Le musc revanchard, le cédrat belliqueux. La sciure de l'ébène, réputé difficile à couper, et qui pourtant ployait bel et bien sous la colère. Son sourire s'était étiré sous la première saillie verbale de son concurrent. Il avait ouvert la bouche, s'apprêtant à rétorquer qu'il ne s'agissait pas de grand chose, mais bien de talent, mais le pas léger de Luana le coupa dans son élan.

Luana. Luna. Lune. Ses traits arrondis sillonnés par l'âge, et ce sourire radieux qu'elle adressait à son ingrat de fils en le tirant par la nuque. Un geste d'une douceur si naturelle qu'il serra le cœur de l'Athna, juste l'espace d'une minute. C'était injuste, ce que faisait TC Jones. Injuste vis à vis de sa mère, trop perdue dans les vestiges de sa propre mémoire pour se souvenir du mal qu'il lui faisait. Mais elle l'aimait tout de même, inconditionnellement, si fort qu'elle en oubliait volontairement ses trop nombreuses et trop longues absences. Le visage fermé, Falk plongea de nouveau le nez dans son bol de soupe. Ne s'illumina que lorsque la petite bonne-femme approcha une main tendre vers lui, qu'il saisit aussitôt, délicatement, entre ses doigts. Sans réfléchir, il porta les phalanges parcheminées contre ses lèvres, leur offrit la caresse d'un baiser, et se fendit d'un sourire en entendant la petite femme glousser. Un geste obséquieux devenu réflexe entre eux, après tout ce temps passé ensemble. Une preuve de respect pour lui, un compliment pour elle. Un rappel, en quelque sorte. Tu es belle, Luana. Tu mérites bien plus de respect que ce que l'on daigne t'accorder.
Tu mérites bien plus de respect que ce que ton rejeton ingrat te donne.


Oh, il n'avait pas besoin de toiser TC avec cette ombre de sourire narquois, juste après ce geste. Tout comme il n'avait pas besoin d'en rajouter une couche avec ce léger haussement de sourcils suggestif. Lunaire comme à son habitude, Luana ne le remarqua bien évidemment pas. Mais son fils, lui. Son fils avait tout vu, c'était une évidence. Ca s'entendait à ce ton douceâtre avec lequel il se plia aux courtoisies d'usure. Oui Maman, je suis content de rencontrer cet homme ô combien formidable, Maman.

-Mais c'est qu'il cause bien en plus vot' fils, Mamma Jones ! Enchanté, plus qu'enchanté même.

Un léger salut militaire, du bout des doigts contre son large front. Qu'on n'aille pas dire non plus que les Athnas sont des rustres, du fin fond de leur volcan, quand ce sont les Pikunis qui manquent le plus clairement d'hospitalité. Ou d'éducation, en ce qui concernait TC Jones. Pareille à elle-même, Luana finit par s'envoler dans un froissement de tissu. Une disparition à son image, belle et triste à la fois, comme un soleil caché par des nuages chargés de pluie. Car ce fut cette ambiance qui retomba entre les deux hommes, lourde d'électricité, malgré les crépitements nerveux du feu. A peine plus forte que ce dernier, la voix du bienheureux disparu s'immisça dans les oreilles du camelot. Il y avait une promesse, dans ce ton ombrageux. La promesse qu'au moindre écart de conduite, à la moindre parole mal placée, il ne reverrait plus jamais ses montagnes natales.
Ce qui tombait plutôt bien, à y réfléchir, Falk n'ayant aucune intention de remettre un pied là-bas.

Le sourire mesquin retrouva sa place au creux de ses lèvres. Posément, avec une assurance feinte et une lenteur toute calculée, il reprit sa cuillère et la plongea dans son bouillon. En sirota bruyamment le contenu pendant de longues secondes, le bruit devenu insupportable même pour ses propres oreilles. Reposant la cuillère dans l'écuelle, il fit claquer sa langue, les paupières résolument fermées. Jaugea les questions, pour y apporter la réponse la plus sensée, la plus diplomatique qu'il soit.

-Tout dépend de toi, mon grand. Parce que tu es de toute évidence un Maître en la matière de la déception familiale. Je serais bien con de passer à côté d'un apprentissage pareil.

Ses iris gris se plantèrent dans ceux, d'un noir d'encre, de son comparse. Il n'y avait pas que son estomac qui semblait être un gouffre sans fond. Il y avait le regard de TC Jones. Un regard qui semblait capable d'aspirer l'âme toute entière de Falk, de la digérer trois fois avant d'en recracher quelques misérables fragments. Dans un sursaut de bravoure qu'il ne se connaissait pas, il parvint à maintenir le contact oculaire sans ciller. L'ego du type avait beau être admirable, il n'en était pas moins handicapant. Il l'empêchait de toute évidence de considérer que cette pauvre mère qui s'échinait dans la cuisine, à la recherche du temps perdu, puisse être malheureuse comme les pierres à chaque fois qu'il disparaissait. De prime abord, TC Jones n'avait pas eu l'air commode. Maintenant que Falk s'attardait sur son cas, il révisait son jugement : il n'était rien d'autre que pathétique.

-L'honneur, c'est quand même un concept que vous avez du mal à saisir chez les Pikunis. Et pourtant j'en ai vus, des cons. Mais rarement autant que dans cette baraque, à l'exception de Mamma Jones.

Qui pensait-il impressionner ? Lui-même, probablement. Parce qu'il était plus que certain que son fiel entrerait par une des oreilles légèrement décollées de son double illusoire pour ressortir par son cul. Un reniflement dédaigneux, et Falk s'adossa avec nonchalance sur son dossier. Il ne manqua rien de la kyrielle d'émotions qui passait sur le visage de TC Jones. Ne manqua rien du noir de ses yeux qui parut s'assombrir encore plus. Ne put ignorer la tension extrême dans les muscles du cou de son comparse, une tension qu'il éprouvait lui-même jusqu'au tréfonds de ses entrailles. Les doigts longs du camelot glissèrent le long de la table, s'enroulèrent autour de sa fourchette. Histoire d'être prêt à se défendre pour peu que l'autre ait le réflexe maladroit.

Il lui sembla voir TC se pencher dans sa direction, prêt à mettre ses menaces à exécution. Peut-être que ce ne fut qu'une impression, peut-être que c'était vrai, il n'en sut trop rien. Ses paupières s'étaient fermées par réflexe, sa lâcheté, non, son instinct de préservation ayant repris le contrôle. Il retint son souffle
Par chance, un piétinement familier se rapprocha d'eux.
Luana. Luna. Lune. Débarquée de son ciel, ses mains tremblantes enroulées autour d'un flacon, ses yeux clairs observant ce dernier avec incertitude. Falk en profita pour ravaler une goulée d'air, et reporter l'attention de son molosse de fils sur sa vieille mère.

-Tout va comme vous voulez, Mamma Jones ?

Coissa-t-il, la voix bien plus rauque que d'ordinaire. Dubitative, la petite bonne-femme souleva son flacon vers lui, le regard vide. Il était là, le moment que le camelot redoutait. Cet instant où Luana se perdait entre deux mondes, celui du passé et celui du présent, tous ses repères dispersés bien trop loin pour qu'elle ne sache comment les retrouver. Le menton tremblant, elle resta figée dans l'embrasure de la porte, marmonnant quelques mots aux fantômes de sa mémoire. Par réflexe, Falk bondit de sa chaise. Heurta l'épaule du fils prodige avec la sienne sur son passage. Un message qui se passait du moindre mot. Vois, garçon. Vois ce que tu ignores délibérément.
Précautionneusement, il approcha de la vieille femme. Déposa des mains douces sur ses épaules toutes fines, toutes maigres, et envahit son champ visuel de sa carrure malingre, cherchant à accaparer toute son attention. Un filet de voix, entre ses mâchoires serrées. Un ronronnement doux, rauque, apaisant.

-Tout va bien, Mamma Jones. Z'êtes chez vous, regardez.
-Mon... Mon mari... Où est mon mari ?
-Allons, vous savez où est votre mari, souvenez-vous. Il est... ?
-Il est... Il est parti chercher du bois. Je l'ai vu partir chercher du bois.
-Exactement, Mamma Jones. Il revient bientôt.


Caressant doucement les frêles épaules de la petite femme, le camelot laissa glisser ses doigts le long de son bras pour la débarrasser du flacon qu'elle semblait à deux doigts de lâcher. Pendant un instant, elle parut se calmer. Conforter les âmes perdues dans leurs illusions n'était pas dans les prérogatives de Falk. Ca n'avait jamais été sa passion, le social. Mais Luana était différente. Appliquer du baume sur ses plaies, même s'il était illusoire, même s'il n'était que temporaire, et voir son visage noueux creusé par l'inquiétude s'illuminer juste un peu lui suffisait. Elle pouvait lui répondre n'importe quoi. Des fois, elle était même capable de lui dire que son époux se trouvait six pieds sous terre. Mais l'épisode n'était jamais entièrement fini. La question suivante, il la connaissait par cœur. L'intonation inquiète, rompue de tristesse, cette légère fluctuation dans la voix mélodieuse de la petite vieille. Où est...

-TC ? Où est mon fils ?

Et, pour la première fois depuis qu'ils se connaissaient, elle et lui, Falk n'eut pas besoin de mentir. Un soupir échappa ses lèvres, alors qu'il se retournait vers l'ingrat.

-Il est pas loin, Mamma Jones. Il est juste là, regardez.

Le coeur serré, il guida le bout de femme vers son rejeton. A petits pas, les bras tendus, elle le rejoint aussitôt. Falk, lui, resta immobile dans l'embrasure de la porte. Caressa distraitement le bouchon du flacon, son regard gris planté dans celui de TC Jones.
Vois, ingrat. Et continue de prétendre que c'est moi l'intrus dans cette maison.


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