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˜˜˜˜˜˜This is the night when these woods sigh. | ft. Morgan
maybe life should be about more than just surviving


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16/09/2018 mika. Güzis T. Cinksi 124 Dylan O'Brien avengedinchains ♥ Cartographie/Orientation & Informatique/mécanique - Ingénieur en énergie 95



This is the night when these woods sigh.
Teagan || Morgan


Emmitouflé jusqu’aux oreilles, tu te fais la réflexion, pour la énième fois que, nom d’un chien, tu as bien du mal à gérer le froid. Elle arrive presque à te manquer l’ambiance tempérée de l’espace, mais c’est une idée que tu essaies de ne pas trop ressasser: tu n’es pas si mal sur Terre, n’est-ce pas? Tu ne parviens pas vraiment à t’en convaincre non plus, mais tu te dis que ça aurait pu être pire. Tes mains sont enfoncées aussi profond que possible dans tes poches et tu te trouves bien désœuvré alors que tous autour de toi semblent s’agiter à ci, à ça. Tu n’es pas d’un grand secours pour qui que ce soit, c’est vrai, déjà avec des températures clémentes, mais si en plus tes doigts sont à moitié gelés, c’est la catastrophe assurée, tu en es persuadé. Et tu n’es certainement pas le seul, c’est peut-être pour cela d’ailleurs que personne n’est venu quérir ton aide.. Pour ça ou parce que tu as feinté d’être occupé à autre chose dès lors que l’on a posé le regard sur toi. Mais qu’est-ce que tu y peux, tu as l’impression d’être un vase prêt à déborder, et à la place de l’eau, c’est le stress qui te grignote avec appétit, un appétit que toi, tu as perdu depuis le matin. Tu cogites trop Teagan, si seulement tu pensais un peu moins, tu t’en sortirais peut-être un peu mieux, mais qu’est-ce que tu y peux, c’est pas comme si ton cerveau te demandais ton avis de toute façon. Toi, tout ce que tu peux faire, c’est faire avec et espérer que cela ne se remarque pas de trop.

Tu as hésité un long moment avant d’accepter de te rendre à ce repas avec le campement des cents. Oh, tu ne t’imagines pas que quoi que ce soit de bien terrible puisse se passer, tu te dis que si ça devait arriver, il faudrait que l’un, ou les deux camps soient profondément stupides. Ce n’est vraiment pas le moment pour une esclandre n’est-ce pas? Et tu espères de toute ton âme que chacune des personnes présentes seront de ton avis, quoi que tu ne penses pas avoir le plaisir de t’entretenir avec beaucoup d’entre eux aujourd’hui. A vrai dire, tu n’as pas prévu de parler à qui que ce soit… Tu viens pour faire acte de présence, voir du paysage peut-être, te changer d’air, tester l’ambiance… Tu es bien trop couard pour faire le moindre pas envers ceux qui sont arrivés sur cette Terre avec un peu d’avance par rapport à vous. Tu préférerais clairement rester à votre campement, tu essaies de te dire que de toute façon, tu n’as personne à voir là-bas, et pourtant te voilà à te préparer à faire la route avec les autres Odysséens pour une soirée comme on n’en fait plus depuis bien longtemps. Peut-être parce que dans le fond tu t’en veux, que tu espères quelque chose que tu n’oseras pas voir se réaliser, et ça, tu le sais très bien.

***

S’il y a bien une chose dans leur campement qui est similaire au vôtre, c’est la température. Tu as l’impression que tu n’as pas mis assez d’épaisseurs mais tu te dis aussi que plus aurait semblé déplacé. Tu as tenu promesse, tu es venu, mais tu es aussi resté à l’écart, sans t’approcher ni chercher le moindre contact visuel avec qui que ce soit. Qu’est-ce que tu aurais fait si on était venu te voir, si quelqu’un de connu t’avait abordé? Tu secoues la tête pour éviter d’y réfléchir. Toi, tu es resté assez loin pour que l’on ne pense pas à regarder dans ta direction, tu l’espères du moins, et tu as vu à peu près tout ce que tu étais venu voir, tout ceux que tu étais venu voir, de loin, pour ne pas faire d’histoire. Ça c’est la version officielle, celle que tu te répètes en boucle pour ne pas te dire que tu n’es qu’un imbécile. Tu préfères pester contre le froid, les intempéries, n’importe quoi qui te fasse penser à autre chose qu’à tout ce que tu ne fais pas. La boule d’inquiétude dans le fond de ton estomac te pèse, mais tu commences à sentir aussi, que ton dernier repars remonte au matin, et encore, ce n’est certainement pas les quelques calories ingérées qui t’auront tenu compagnie plus d’une heure ou deux. Tu commences à regretter ton manques de bonne volonté, ou de compétences de survie, peu importe: tu as faim, que tu veuilles ou non le reconnaître. Mais au lieu de ça, tu as préféré t’éloigner encore pour ne pas avoir à prendre part à la bataille de boules de neige qui s’est tranquillement installée dans les rangs des deux camps présents. Tu as déjà bien assez froid, loin de toi l’envie de goûter à la poudreuse, même pour t’amuser.

Tu frisonnes dans ton coin, les mains enfoncées peut-être encore plus profondément dans tes poches qu’auparavant sans que cela ne parvienne à vraiment te réchauffer. C’est ce qui arrive lorsque l’on se borne à se tenir loin du feu, et loin de la compagnie, de surcroît: personne pour t’occuper, tu t’es enfermé dans une immobilité qui ne te ressemble pas. Ton regard parcoure les visages connus et inconnus de ton refuges un peu trop à l’écart, et tu renfonces dans ton écharpe ton nez au moins aussi rose que tes joues, agressé par la morsure de cette froideur dont tu te passerais volontiers. Tu les vois un peu plus loin s’adonner à un repas digne d’un sacré banquet si l’on veut ton avis. Et tu ne parviens plus vraiment à te voiler la face cette fois: tu crèves de faim, mais tu es comme l’animal soumis qui n’ose pas s’approcher pour réclamer pitance. Tu es ridicule, à les regarder, à tourner en prétextant de bouger pour lutter contre le froid, t’approcher un peu pour faire quatre pas en arrière contre deux en avant. Oh que oui, tu es ridicule. Mais ton estomac grognes et l’odeur de la nourriture n’aide en rien à te faire oublier ce creux béant dans ton estomac.

Quelques pas vers le buffet qu’ils ont tous préparé comme s’il s’agissait de l’évènement de l’année… Puis tu pestes tout seul en secouant la tête, te renfrognes et retourne vers ton arbre, celui qui te tient compagnie depuis de longues, très longues minutes déjà. C’est dans une plainte emplie de désarroi que tu te laisses tomber assis, ou plutôt avachi, au pied de ce pauvre arbre mort, passant tes deux mains sur tes yeux que tu frottes avec force, comme pour te réveiller. « La vache Teagan, t’aurais du rester chez toi. » Tu le penses presque sincèrement: tu n’apportes rien à personne ici, tu t’es certainement fait remarqué comme le type tout seul là bas, et tes efforts pour ne pas te faire remarquer se sont certainement échoués comme des merdes dans la neige qui colle à tes vêtements. Et le pire, c’est que tu ne te sens pas à rentrer seul, alors tu restes là, à attendre que ce soit fini. Joyeux Noël.
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15/05/2018 shiranui Machar 218 tom holland eilyam & bat'phanie Cuisinier, aptitudes en botanique et cuisine. 271




“this is the night when these woods sigh” & Il laisse tomber les casseroles dans l'évier avec un peu trop de force. La vaisselle s'entrechoque et il peut sentir le regard desapprobateur des autres personnes travaillant aux cuisines, mais pour une fois, Morgan s'en fiche. Il fait bien attention à ne croiser le regard de personne, et continue ses petites affaires dans son coin. Ils se sont tous surpassés, aujourd'hui. Quand il voit la quantité de plats qu'ils ont préparé, il ressent certes une petite pointe de fierté, mais elle est rapidement étouffé par un sentiment d'agacement. Ce repas, ce banquet est un cadeau pour l'Odyssée, une main tendue au cœur de l'hiver. Et ça l'agace. Ça l'agace, parce qu'il sait que c'est la meilleure chose à faire. Si chacun restait bouder dans son coin, même lui ne donne pas cher de leur peau. Les odysséens sont désormais des rescapés, des débarqués comme eux, leur précieuse arche gisant piteusement à l'autre bout de la forêt. Morgan sait ce qu'ils ressentent, étant donné qu'il a été dans leur cas. Personne ne lui a demandé son avis, mais la situation était désespérée. Il le sait. Et il ne peut pas prétendre savoir quelles décisions il aurait pris si ça avait été lui à la tête de l'Odyssée. C'est facile pour lui, il lui suffit de suivre les ordres en espérant qu'ils soient bons. Morgan sait que le traitement qu'il a reçu de la part de l'Odyssée n'avait rien de personnel. Mais savoir tout ça ne calme pas la colère qu'il a, quelque part au fond de lui. Il a besoin de la diriger contre quelque chose, contre quelqu'un de plus tangible que le hasard ou le destin. Alors c'est facile de leur mettre tous ses problèmes sur le dos. Après tout, c'est comme ça qu'on lui a appris à penser. Lorsqu'il était enfant, il ne s'est pas dit une seule seconde que ce qu'il faisait était mal. Ses parents lui assuraient que non, et il les croyait, parce que les parents semblent toujours détenir tout le savoir du monde.
« J'ai fini, » maugré-t-il en remettant son manteau. Personne ne le retient. Après tout, il a fait son travail toute la journée, et il ne reste plus grand chose à faire aux cuisines. L'envie de laisser tomber un sachet d'épices fortes dans les desserts avait été très tentante, mais même lui n'est pas assez stupide pour gâcher de la nourriture en plein hiver. Si on lui demande, cet étalage de plats est presque irresponsable vu la saison, mais au fond, Morgan sait qu'il fait preuve de mauvaise foi.
Il sort des cuisines et l'écart de température lui coupe le souffle pendant quelques secondes. Il se précipite d'enfoncer ses mains dans ses poches, tout en observant l'arrivée des odysséens. Il reste en arrière pendant que d'autres viennent les accueillir, tout sourire. Tss. Il sait bien qu'il n'a pas droit de ressentir tout ça. De se demander lesquels d'entre eux ont appuyé sur le bouton d'ouverture du sas, lesquels ont envoyé des enfants en prison. Des temps désespérés appellent à des mesures désespérées. Mais c'est presque pire, de savoir que si les choses s'étaient passées différemment, il aurait pu finir comme eux. Et quand il dit eux, Morgan pense aux dirigeants. Il n'a rien contre la majorité des odysséens, contre les familles ou ceux qui essayent juste de vivre leur vie. Il en veut à ceux qui prennent les décisions, tout en sachant qu'ils n'en avaient pas forcément d'autres. Sa colère, ce soir, est presque là uniquement par principe. Ça l'énerve encore plus. Comme un serpent qui se mord la queue, il laisse échapper un grognement de mécontentement, autant envers lui-même que dirigé vers le monde entier.

Au bout d'un moment, alors que quasiment tout le monde est servi et que des groupes se forment autour des différents feux de camp, Morgan va tout de même se servir avant qu'il ne reste plus rien. Il peut être en colère, ça ne lui servira à rien d'aller se coucher avec le ventre vide. Surtout qu'il a aidé à préparer tout ça, et qu'il ne va quand même pas leur laisser tout engloutir. Question de principe.
Il va se servir en faisant attention à ne croiser le regard de personne, n'ayant absolument pas envie de devoir faire la conversation à qui que ce soit. Il se sert peut-être un peu trop et son assiette menace de se renverser à tout moment, mais il s'en fiche, et espère bien que personne ne lui fera de remarque. Il s'éclipse aussi vite qu'il est arrivé, et son regard tombe sur un autre garçon à l'air un peu perdu, qui fait mine de s'avancer avant de repartir précipitamment s'asseoir au pied d'un arbre. Il est emmitouflé dans son écharpe et à l'air de savoir ce qu'il fiche ici autant que Morgan. Il ne l'a jamais vu, peut-être sur l'Odyssée, mais même lorsqu'il était sur l'arche, ses années de liberté remonte à très loin. C'est un odysséen, mais Morgan n'a aucune raison personnelle d'en vouloir ou de se méfier de celui-là. Il a l'air jeune, il n'a pas l'assurance d'un garde ou d'un militaire, et il a l'air assez isolé. Morgan reste à le fixer de loin pendant quelques secondes avant de prendre sa décision. Il est intrigué, et il n'a pas envie de passer toute la soirée à mariner dans ses pensées parasites. Il s'approche, son assiette toujours entre les mains.  « Hey. » Dit-il simplement, pas certain de comment aborder l'odysséen.  « T'avais l'air un peu perdu. Et l'air d'avoir faim, aussi. » Il lui présente son assiette, espérant au fond que l'autre garçon ne soit pas affamé.  « J'm'appelle Morgan. » Marmonne-t-il, sans grande conviction. Peu importe ce qui peut se passer, il n'approuve définitivement pas ces petites retrouvailles.  
 
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Dernière édition par Morgan Frye le Dim 14 Oct - 19:22, édité 2 fois

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16/09/2018 mika. Güzis T. Cinksi 124 Dylan O'Brien avengedinchains ♥ Cartographie/Orientation & Informatique/mécanique - Ingénieur en énergie 95



This is the night when these woods sigh.
Teagan || Morgan


Tu regardes la scène de loin comme un spectateur qui ne serait qu’à moitié présent. Dans le fond, tu aimerais vraiment t’approcher du groupe, pour manger au moins, rien que ça, voir du monde, peut-être pas vraiment… Tu n’aimes pas la solitude, mais tu ne te vois pas vraiment, voire même pas du tout venir faire connaissance avec toutes ces têtes, revoir des gens connus autrefois; connaissances, amis peut-être… Non, tu te sens comme un Alien là au milieu et tu ne peux t’empêcher d’imaginer toutes les possibilités qu’aurait ce scénario de mal tourner.  Pourtant toutes ces personnes ont un jour partagé l’Odyssée avec toi, comme une fourmilière géante avec toutes ses petites mains, vous étiez un tout, un tout décousu et avec ses problèmes, mais un tout quand même. Tu te demandes comment les choses se seraient passées s’il n’y avait pas eu ces prisonniers envoyés sur Terre avant que votre vaisseau ne vienne s’écraser à son tour… Si vous aviez réellement tous été « dans le même bateau », au lieu de vous retrouver là, ce soir, à faire une petite fête fictive où la moitié des protagonistes, tu en es certain, sont comme toi: là pour l’acte de présence, ni pour ni contre une trêve d’une soirée où chacun pourra manger et se divertir comme si de rien n’était. Mais pas vraiment sûr de ce qu'ils sont sensés faire ici ou pas. Enfin, pour ceux qui, à l’inverse de toi, savent faire semblant. Parce que toi, tu as l’impression d’être de plus en plus mauvais à ce petit jeu là. Enfin, tu n’as jamais été le meilleur pour mentir, cacher des choses, faire semblant, tu es trop impulsif, anxieux, tu ne te contrôles pas assez bien pour paraître crédible, mais tout de même: tu avais l’habitude de faire mieux que ça. Mieux que ce type qui s’est assis… Non, s’est laissé mollement glisser le long d’un tronc d’arbre au moins aussi froid que le sol qui t’accueille, résigné à devoir attendre de rentrer à la maison pour pouvoir avaler un truc, si ton estomac n’est pas trop noué par le regret à ce moment là. Tu les regardes s’activer là bas, manger, parler; de loin, c’est presque comme si tout était normal, tu n’entends pas les sujets de conversation, tu ignores si les rares cents que tu connais t’ont vu ou pas, et tu espères que non. Une chose est certaine si c’est le cas cela dit: personne n’a l’air d’avoir trouvé utile de venir te voir. N’y penses pas ou tu vas te mettre à pleurer, parce qu’évidemment, il te parait tout à fait impossible que ce soit toi qui fasses le premier pas, pas vrai?

Tu es en train de ruminer à haute voix la tête dans les mains quand une voix inconnue t’interpelle, t’arrachant un sursaut tout à fait démesuré au vu de la situation, accompagné de l’amorce d’un juron que tu ne termines pas… La surprise… Tu te reprends aussi rapidement que possible et tes grand yeux d’ambre remontent sur la silhouette qui t’a rejoint dans la pénombre. Non, tu ne le connais pas celui-là, ou du moins tu n’en as pas le souvenir et pourtant, si tu n’as pas la mémoire eidétique, tu lui fais assez confiance pour savoir que si tu ne reconnais pas un visage, c’est que tu n’as pas aperçu cette personne depuis au moins des années: bref, tu n’as aucune sainte idée de son identité, et de fait, ce jeune homme ne peux être que l’un de ceux que vous venez visiter ce soir. L’air perdu? Tu donnes réellement cette impression de loin? Ton regard glisse vers le banquet et un soupir glisse de tes lèvres, pas agacé, non, plutôt presque désemparé. Par contre, tu ne peux le contre-dire quant au fait d’avoir faim, ton estomac te donne l’impression de n’être qu’une grosse crampe tant tu rêves d’avaler quelque chose, alors quand il te tend son assiette, c’est sans perdre une seconde que tu la récupères. « Je sais pas comment te remercier, j’ai l’impression que j’arriverai jamais à me relever si j’avale pas quelque chose. » Tu plaisantes en parlant un peu trop vite pour évacuer un peu de pression. Tu ne commences pourtant pas à manger immédiatement, hochant la tête lorsqu’il se présente. « Moi c’est Teagan. En général on m’appelle Tea’. » Pourquoi est-ce que tu prends toujours la peine de préciser ça, même envers les purs inconnus? La plupart des gens n’acceptent pas vraiment les familiarités sans connaitre un minimum leur interlocuteur, alors à quoi ça te sert mh? Peut-être que dans le fond, tu espères que tous s’accorderont à t’appeler Tea, parce que dans ton esprit, Teagan, c’est pour ton psy’… Et ton père.

Tu t’apprêtes à commencer à avaler le contenu de cette assiette sans vergogne, mais c’est sans compter sur tes sales habitudes, ces choses que ton esprit fait sans te demander ta permission… Tu jettes un regard au dit Morgan, puis au banquet, et enfin à la nourriture dans l’assiette dont le fumet te mettrait presque en tremble tant ton estomac réclame son du. Oui mais non. Quelque chose ne va pas, peut-être parce que tu ne te souviens pas avoir vu ce garçon autour de la table, et surtout parce qu’il s’est ramené avec juste cette assiette. Tout le monde là-bas est en plein repas, pourquoi ce garçon se serait-il infligé de t’amener à manger sans en prendre une part pour lui? « Mh… T’as pas faim toi, Morgan? » Tu lui glisses alors que ton regard sonde encore un peu plus loin, à la recherche de celui que t’aurais bien été voir sans en trouver ni le courage, ni la dévotion. Tu préféreras te lamenter une fois de retour à votre camp. « Non parce que, j’voudrais pas que tu manges pas par ma faute. J’aurais sans doute du rester chez moi, alors ça me collerait mal que tu te prives de manger à cause de moi en plus du reste. » Mais non de Dieu, tu as l’estomac dans les talons… Et tu parles beaucoup trop vite aussi, mais ça, tu t’en rends toujours compte trop tard. Tu regardes ton assiette comme si elle s’apprêtait à répondre à la place de ton nouvel ami… Ou quoi qu’il puisse être. C’est qu’il n’a pas l’air bien emballé par le fait d’être à tes côtés, alors tu ne sais pas trop s’il s’est forcé à venir te voir ou s’il y a autre chose… Tu préfères ne pas y penser, ça t’éviteras de tomber dans des tendances paranoïaques que tu essaies déjà de taire sans succès. « Je veux dire… Elle est bien pleine, y a sans doute assez pour picorer à deux aussi. Enfin, si tu veux. » Tu te dis que tu n’es vraiment pas le plus habile pour ce genre de bavardages, mais ça te parait une idée pas si bête, un bon compromis pour que l’un de vous ne risque pas de finir le ventre vide. Tu es même plutôt fier de ton idée dans le fond, quand bien même se voir proposer de partager son assiette avec un inconnu aurait pu paraître embarrassant, tu te dis que sur terre, il y a certainement bien pire concession.

Tu t'éclaircis la gorge derrière ton écharpe, visiblement angoissé avant de lâcher, comme un aveux. « C’est que je peux pas trop me permettre d’aller là-bas. J’pensais que je trouverais un moment tranquille, mais y a un peu trop de monde. » Que nenni, ça ne t’a jamais posé de problème qu’il y a ait du monde, mais juste parce que tu pourrais croiser le regard de ton père, ou pire de Liam, te voilà à te planquer dans la pénombre comme un écureuil qui attendrait de pouvoir venir voler quelque chose sur une table hors d’atteinte. C'est presque narcissique, quand on y pense. Et tu continues avec un ton qui ressemble vaguement à une pointe d’humour, mais pas très habile. « Je sais pas qui a eu l’idée de cette soirée, mais il a jamais eu de problèmes, ça se voit. » Tu relèves les yeux vers lui, l’assiette aussi. « Alors t’en dis quoi? On partage? » Parce que tu n’es pas un petit con, mais qu’en revanche, tu es têtu et c'est certainement l'acte le plus altruiste et brave que tu te sois accordé de faire depuis des mois, qu'il en profite, même s'il n'en sait rien.
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“this is the night when these woods sigh” & Morgan observe le jeune homme assis par terre, essayant tant bien que mal de ne pas le dévisager ouvertement. C’est toujours étrange de revoir les gens de l’Odyssée, parce que de nombreuses têtes lui sont familières. Il ne leur a probablement jamais parlé, mais il se rappelle de telle ou telle personne, qu’il a pu croiser dans les couloirs de l’arche de métal. Ce sont des souvenirs anciens, qui s’effacent petit à petit, mais un visage ou une voix réussissent parfois à les faire ressurgir. C’est assez rare, étant donné que cela fait presque quatre ans qu’il est sur Terre, et qu’il a été enfermé pendant trois ans avant cela. Et pour couronner le tout, Morgan était surtout en contact avec les gens de l’aile Waldon, et pas forcément les plus recommandables. La majorité des gens qu’ils connaissaient ont été éjectés, et le reste a fini en prison. Il ne reste que ceux qui ne se sont pas fait prendre, mais il n’en a pour l’instant croisé aucun.
Tout ça pour dire, il n’a aucun souvenir de celui qui se trouve juste en face de lui. Sa mémoire peut lui jouer des tours, mais il est quasiment persuader qu’il ne lui a jamais parlé avant aujourd’hui. Ils se sont sûrement croisés à l’époque, après tout, on a vite fait le tour d’une arche. Mais il n’avait à l’époque aucune raison de s’attarder sur un adolescent qui semble un peu plus âgé que lui. Et étant donné que la capacité de ses parents à rester en vie reposaient sur sa capacité à lui à réussir à se fondre dans la foule et à se faire oublier... Ça a bien marché, pendant un temps. Et puis il a fini en prison. Et il se dit qu’après ça, il n’a définitivement pas pu croiser le chemin de l’autre garçon.
En tout cas, il a vraiment l’air de ne pas savoir ce qu’il fait là. Il jette un nouveau regard vers le banquet, et Morgan est bien content de lui avoir apporter à manger, d’un coup. Il a beau venir de l’Odyssée, il n’est aucunement responsable du bordel que c’était, là-haut. Une petite voix essaye de lui dire que la majorité des gens ici présents n’ont rien à voir avec les éjections non plus, et que de toute façon, ils n’avaient pas le choix. Il la repousse au loin. Il n’est définitivement pas d’humeur pour admettre ses torts, et ça n’arrivera pas de sitôt, de toute façon. « Je sais pas comment te remercier, j’ai l’impression que j’arriverai jamais à me relever si j’avale pas quelque chose. » Morgan sourit en lui tendant l’assiette. Une partie de lui espère qu’il lui en laissera un peu, mais bon... Il sait très bien que rien ne l’empêche d’aller se resservir. « Moi c’est Teagan. En général on m’appelle Tea’. » Cette fois, il laisse échapper un petit rire, et il hoche la tête. Au moins, il a l’air sympathique... Même s’il parle un peu trop vite pour avoir l’air complètement détendu. Non pas que Morgan ait quoi que ce soit à dire à ce sujet, on lui répète sans arrêt qu’il mâche ses mots, lui aussi. « Okay, Tea’, » il répond en hochant la tête. « Tous les diminutifs de mon nom sont ridicules, mais ça empêche jamais les gens d’essayer. » Il continue, pour détendre l’atmosphère. Il ne saurait vraiment dire si c’est lui qui est encore tendu après avoir passer des jours à ronchonner, ou s’il veut juste que Teagan soit à l’aise. Peut-être un peu des deux. Il a juste envie d’oublier toutes les personnes qui se trouvent juste derrière lui.
Malgré tout, Teagan semble toujours aussi perdu, même avec une assiette dans les mains. Son regard passe du banquet à Morgan, puis à l’assiette, comme s’il ne savait pas quoi faire avec. « Mh… T’as pas faim toi, Morgan? » Il hausse les épaules, comme si ça n’avait pas d’importance. Au moins, il est poli, mais... S’il n’avait eu aucune envie de partager son repas, il serait simplement aller se cacher dans son dortoir avec son assiette. « Non parce que, j’voudrais pas que tu manges pas par ma faute. J’aurais sans doute du rester chez moi, alors ça me collerait mal que tu te prives de manger à cause de moi en plus du reste. » Il a vraiment l’air stressé... Morgan décide de s’asseoir en tailleur juste en face de lui, essayant de ne pas faire attention au sol froid. Ça lui rappellerait presque la sensation sur l’Odyssée, s’il n’y avait pas tous ces cailloux et brindilles pour lui piquer les fesses. Au moins, en hiver, il n’y a pas d’insectes pour venir essayer de lui grignoter un bout de repas. « Non, t’inquiète. J’ai passé la journée à préparer tout ce banquet, alors j’en suis un peu écœuré pour l’instant. J’irais me resservir un peu plus tard. » S’il reste quelque chose à manger, rajoute-t-il intérieurement, mais il n’a pas envie d’inquiéter un peu plus Teagan. Et puis de toute façon c’est vrai, il n’a pas spécialement faim, étant donné qu’il a passé la journée à grappiller des ingrédients. Même s’il n’irait pas forcément jusqu’à réellement être écœuré. « Je veux dire… Elle est bien pleine, y a sans doute assez pour picorer à deux aussi. Enfin, si tu veux. » Il n’a pas tort, cela dit... Alors il sourit à nouveau. Ça n’a beau être que par gourmandise, il peut tout de même en prendre un bout. Il se demande si on l’a forcé à venir. Peut-être un parent, ou quelque chose dans le genre... Il a vraiment l’air de juste vouloir rentrer chez lui. S’il considère l’endroit où il dort comme étant chez lui. Morgan sait qu’il a mis du temps avant de se faire à la Terre, un temps qui peut se compter en mois, voire en année. Ce campement est finalement devenu son chez-lui, et il s’y sent en sécurité, malgré tout ce qui a pu s’y produire.
« C’est que je peux pas trop me permettre d’aller là-bas. J’pensais que je trouverais un moment tranquille, mais y a un peu trop de monde. » Son choix de mots intrigue Morgan. Se permettre ? Qu’est-ce qui l’en empêcherait, concrètement ? À part peut-être de l’anxiété, mais c’est plutôt comme si quelqu’un ne voulait pas le voir. Ou s’il voulait pas voir quelqu’un. Morgan peut comprendre, à la différence qu’il n’a envie de voir personne. Teagan semble être l’exception, probablement parce que lui non plus n’a pas l’air de savoir ce qu’il fout là. « Je sais pas qui a eu l’idée de cette soirée, mais il a jamais eu de problèmes, ça se voit. » Morgan sourit à nouveau, amusé. Qui a eu l’idée... En soit, un rapprochement ne peut pas être une mauvaise chose, sur cette Terre ou tout semble être contre eux, et qu’ils sont littéralement tombés du ciel en plein milieux de tribus de natifs. C’est un miracle qu’il reste encore des membres des cents en vie. Décidément, il ne sait pas trop de quoi Teagan parle, lui, mais il a l’impression de le comprendre. Un peu. Ou alors, il a juste envie d’avoir quelqu’un avec qui râler, pour une fois. Quelqu’un qui lui dit pas sans arrêt de faire des efforts, même si ça lui ferait pas mal.
« Alors t’en dis quoi? On partage? » Il hoche la tête, et attrape un morceau qui dépasse, pour faire bonne mesure. « Un petit peu alors. Mais te prive pas. » Il grignote un bout, n’ayant franchement pas plus faim que ça, maintenant qu’il s’en rend compte. La colère, ça creuse l’estomac, mais maintenant qu’il est posé par terre et qu’il n’est plus en train de ruminer, il se rend compte qu’il pourrait tout aussi bien aller se coucher maintenant. « Du coup, Tea’... C’est quoi tes problèmes, à toi ? » Il se rend compte au moment où il parle qu’il aurait peut-être mieux fait de la fermer, encore une fois. Il n’a sûrement aucune envie d’en discuter avec un parfait inconnu. Et qu’il aurait sûrement pu le formuler en ayant moins l’air d’un imbécile. « Enfin... Pourquoi tu peux pas aller au banquet, quoi ? T’avais pas envie de venir ? » Si c’est le cas, Morgan comprend parfaitement. Si cette petite fête c’était passée chez les odysséens, il n’y aurait certainement pas mis un pied.
 
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This is the night when these woods sigh.
Teagan || Morgan


Tu souris lorsqu’il te dis que tous les surnoms que l’on pourrait lui trouver sont ridicules. Tu y réfléchis en vitesse, et en effet, tu ne peux t’empêcher un léger hochement de tête et de lui répondre « Mh, je vois. Je comprends, pas de surnom alors, t’en fais pas. » D’ailleurs tu ne l’obliges pas non plus à en user pour toi, mais tu as tellement l’habitude, que c’est un peu comme un second prénom pour toi, qui aurait pris le pas sur le premier. Généralement, ce sont les adultes, les plus « haut gradés » que toi qui utilisent encore ton prénom complet ou ton nom de famille pour communiquer avec toi. Ces gens là tu n’en es de toute façon pas vraiment proche alors tu préfères ne pas trop y songer. C’est qu’un nom après tout… Ouais, mais c’est fou parfois ce qu’un simple nom peut avoir comme connotations dans l’esprit de tout un chacun. Et ce Morgan même s’il n’en sait rien a l’air d’avoir décidé de t’appeler Tea, et tu ne peux que lui en être reconnaissant: tu pourrais même presque dire que ça te détend, au moins un tout petit peu. S’il a su s’adapter à ça, il est peut-être assez ouvert pour au moins passer une soirée un peu moins longue que prévue, et avec le ventre plein de surcroît.

En parlant de ventre plein, il te dit qu’il n’a pas si faim que ça, et malgré toi tu as un peu de mal à le croire… Il te parait sincère pourtant, mais tu ne peux t’empêcher d’insister. Surtout maintenant qu’il t’a glissé avoir préparé, ou aidé à préparer ça toute la journée, peu importe, tu t’en voudrais encore plus de le laisser crever de faim. T’es un couard, un lâche sans courage, mais c’est pas pour autant que tu es un sale con, pas vrai? Ça, t’essaies de te le rentrer dans le crâne tous les jours, mais c’est dans des jours comme celui-ci que le sentiment d’égoïsme et de culpabilité se ramène au grand galop et que tu te sens au fond du trou. Est-ce que c’est visible de l’extérieur, assez pour qu’un inconnu vienne te proposer une assiette remplie à ras bord? Tu te le demandes. Tu pourrais le lui demander, mais pour le coup tu te dis que ce serait juste une bonne façon de te mettre à découvert, et évidemment, ce serait plutôt mal te connaître. Toi, tu vas toujours te contenter de lancer des petits cailloux pour voir si d’aventure on les ramasse. Y aller de front comme ça, c’est pas ton truc à toi, sinon, évidemment que cela ferait déjà un bon moment que tu serais assis autour de cette table avec tout ce beau monde plutôt que planqué dans l’arrière plan comme un petit animal effrayé. Les fantômes du passé te font si peur que ça? Il faut croire que oui.

Finalement, ton nouvel ami d’une soirée a décidé de s’asseoir à tes côtés et tu as du mal à cacher ton soulagement. Vous êtes tous deux à l’écart certes mais dans ton esprit, deux bonshommes assis à l’écart sont moins remarquables qu’un pauvre abruti le cul dans la neige à attendre que ça se passe. Au moins, le temps passe moins vite, tu n’es pas seul, et sur cette idée: tu ne paraît plus aussi louche. Égoïste va. Tu souris quand il accepte de grignoter un morceau avec toi, te soulignant tout de même de ne pas te priver, et c’est un regard presque espiègle que tu lui renvoies sans attendre. « T’en fais pas pour ça, le jour où j’aurai plus d’appétit, il faudra s’inquiéter. » Tu ne voulais juste pas être tout seul à picorer dans cette assiette, et d’ailleurs tu ne perds pas de temps pour te mettre à grignoter, en prenant tout de même attention à ne pas jouer les goulus non plus… Tu ne le connais pas assez pour ça, pas vrai?

« Du coup tea’… C’est quoi tes problèmes, à toi? » Tu sentirais presque ton sang se glacer l’espace d’un instant, arrêtant de mâcher pour tourner tes grands yeux d’ambre vers le jeune homme. Tu aurais presque pu t’étouffer à ses mots mais tu y as échappé belle et tu te sens juste terriblement con l’espace d’un instant, avec tes neurones qui se mettent à s’agiter dans tous les sens comme pour préparer une apocalypse sans fondement. Heureusement, il se reprend et reformule avant que tu n’aies pu complètement perdre tes moyens, et tu recommences à mâcher, pour finir ta bouchée presque frénétiquement. Tu secoues la tête. « Non… » Tu jettes un énième regard vers le banquet plus loin, sans trop savoir ce que tu peux ou pas te permettre de lui raconter. Tu es bien content en un sens que ce Morgan soit l’un des délinquants envoyés sur Terre avant que vous n’arriviez ici… Avant que tout ne dérape pour toi. Un poids en moins, même s’il s’agit d’un mensonge… Non, d’une omission de plus. « Non, c’est pas que je voulais pas venir… Enfin. J’ai hésité ouais. Je savais pas si je pouvais trop me permettre de me ramener ici comme si de rien n’était tu vois… » Non, il ne doit pas voir grand chose le pauvre, toi même tu te demandes comment goupiller ta réponse pour que cela ressemble à quelque chose. Tu parles toujours trop, trop vite , et tu n’es pas toujours des plus intelligibles, pas vrai? « Y s’est passé un tas de trucs là-haut quand on vous a envoyé sur Terre… Enfin, j’veux dire, j’y suis pour rien là dedans, j’en savais rien mais… Ouais, y avait des gens que j’connaissais. » Tu lâches sans oser en dire plus… T’es certains qu’il le connait au moins de nom, ils doivent certainement tous plus ou moins se connaître après tout, ça fait un moment qu’ils sont là tous ensemble dans ce trou à rats.

Ton regard s’est plongé dans une soudaine admiration en direction de tes grandes mains que tu tortures machinalement entre tes genoux, t’as les doigts glacés à force d’être inactif. Faudrait que tu bouges un peu. Pas tout de suite. « Là-bas y a des gens que j’connais. » Et ce serait trop facile, pas vrai, de juste aller demander des nouvelles, montrer que t’es en vie quoi, parce que bon, tout le monde n’a pas survécu à votre arrivée fracassante sur cette Terre peu accueillante, tu en es bien conscient pas vrai? « J’ai hésité à rester au campement, mais j’voulais voir… ‘Fin, comment ça allait. » Tu maugrées soudain beaucoup moins fort et de manière presque inaudible. Il t’as demandé, au moins, tu as répondu, et aussi surprenant que cela puisse paraître, tu as été honnête. De toute façon, tu ne sais pas mentir, pas vrai? Tu relèves quand même les yeux vers lui, au moins un peu. « T’as jamais eu l’impression qu’un truc que t’as fait, ou pas fait, te donnes plus le droit à certaines choses? » Non, définitivement, tu refuses d’aller là as, comme si de rien n’était pour te réjouir autour d’un banquet avec une partie de la population de l’Odyssée qu’en plus d’avoir fichu en prison, vous avez lâché dans la nature sans la moindre certitude de leur chances de survie. Il y a en plein, tu le sais, qui se rassurent avec un tape dans le dos en se disant qu'après tout, c'était juste des délinquants, et qu'ils étaient de toute façon voué à la mort, et que quelque part, ça leur a un peu sauvé la vie, mais tu es peut-être un pleutre, toi tu n'es pas comme ça. Parce que si ça se trouve, t’y es pour rien, mais à force, t’as réussi à te convaincre que si, en ne faisant rien, t’as plutôt bien contribué à voir ton ancien voisin dans le camp des délinquants alors que toi, t’as jamais eu de soucis… Enfin, pas avant que tout ne dérape évidemment. Parce que tu arrive pas non plus à l’oublier, qu’aux yeux de tous les tiens, tu restes un foutu meurtrier. Mais ça, Morgan là, il n’a pas besoin de le savoir.
code par EXORDIUM.

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15/05/2018 shiranui Machar 218 tom holland eilyam & bat'phanie Cuisinier, aptitudes en botanique et cuisine. 271




“this is the night when these woods sigh” & « T’en fais pas pour ça, le jour où j’aurai plus d’appétit, il faudra s’inquiéter. » Morgan sourit, amusé. En vérité, il faudrait s’inquiéter pour lui si ça lui arrive un jour également. Il ne peut pas s’empêcher de grignoter, tout le temps. Il a même eu la sale habitude de manger les ingrédients pour le repas qu’il était en train de préparer lorsqu’il a commencé à cuisiner pour les gens du campement, même s’il s’est un peu calmé avec les années. Il ne réussit pas toujours à s’en empêcher si personne ne le regarde, cela dit. Même ce soir en réalité, il pourrait manger normalement, mais il a comme une boule dans l’estomac, et elle n’est pas liée au fait qu’il ait préparé le dîner entier, contrairement à ce qu’il a dit à Teagan. C’est tout ce qu’il ressent autour des gens présents autour des tables, des sentiments contradictoires et illogiques, qui l’énervent presque autant que les gens en question. Comme si tout son corps se révoltait contre cette absence totale de cohérence.
Lorsque Morgan lui pose la question stupide de la soirée, Teagan s’arrête de mâcher pendant un instant et fixe sur lui un regard aussi perplexe que perdu. Morgan se contente de lui renvoyer ce qui peut passer pour une pitoyable tentative de sourire, comme si ça pouvait rattraper ce qu’il vient de dire. Si Tea’ ne le prend pas pour un parfait crétin après ça, il aura de la chance. Il ne lui en voudrait même pas s’il décidait de se lever pour partir, mais il ne peut pas vraiment retourner chez lui comme ça, dans la nuit, et d’après ce qu’il dit, il n’a vraiment nulle part où aller dans ce campement-ci. Il finit par secouer la tête, jetant un regard vers le banquet, et Morgan l’imite presque inconsciemment. Tout le monde semble s’amuser là-bas, tiens. Il se demande de quoi ils ont l’air, assis comme ça dans la neige alors que tout le monde se rapproche le plus possible du feu. C’est vrai qu’ils vont finir par avoir froid, au bout d’un moment, mais tant pis.
Il s’est mis à croire que Teagan n’allait pas lui répondre – ce qu’il aurait totalement compris également – lorsqu’il marmonne un mot, avant de continuer. « Non, c’est pas que je voulais pas venir… Enfin. J’ai hésité ouais. Je savais pas si je pouvais trop me permettre de me ramener ici comme si de rien n’était tu vois… » Morgan ne voit pas grand-chose, non, mais il se contente de manger un morceau et de le laisser finir. Il sent quelque part que Teagan est de ceux qui ont besoin de chercher leurs mots, mais qui avancent mieux si on les laisse finir et qu’on ne les interromps pas toutes les cinq minutes. Mais encore une fois, ce terme, se permettre, que Morgan ne comprend définitivement pas. « Y s’est passé un tas de trucs là-haut quand on vous a envoyé sur Terre… Enfin, j’veux dire, j’y suis pour rien là dedans, j’en savais rien mais… Ouais, y avait des gens que j’connaissais. » Il parle toujours trop vite, mais ce n’est pas la raison pour laquelle Morgan a du mal à suivre. Il ne voit pas pourquoi Teagan devrait s’en vouloir pour ce qu’il s’est passé. Ça peut sembler étrange, venant du garçon qui met un point d’honneur à détester l’Odyssée en tant qu’institution, mais il ne sait pas pourquoi, il a immédiatement décidé que Teagan n’était pas ‘‘l’un d’entre eux’’. Ça n’a pas de logique non plus, il l’a juste décidé, parce qu’il le sentait bien. Probablement parce qu’il est jeune, assis par terre tout seul et qu’il a l’air paumé. Peut-être que y a des gens avec qui il s’entendait pas ou à qui il a fait du mal ? Après tout, Morgan n’en sait rien. Il a appris à ne pas jauger les gens sur leur apparence, de toute façon. Il vit avec une bande de criminels depuis plus de trois ans, bande dont il fait partie. Encore une fois, la seule exception à la règle, ce sont les adultes de l’Odyssée. Pour lui, ils n’ont pas d’excuses. Il est plutôt tolérant, d’habitude, mais cette colère qu’il a en lui ne semble suivre aucune règle précise, aucune logique.
« Là-bas y a des gens que j’connais. » Il continue, comme pour s’expliquer. Morgan ne sait pas trop si son silence l’arrange ou le met mal à l’aise, mais il décide de le laisser finir de toute façon. « J’ai hésité à rester au campement, mais j’voulais voir… ‘Fin, comment ça allait. » Ça, c’est gentil. Morgan a tendance à oublier qu’il y a de nombreuses personnes qui se connaissaient, entre les cents et les odysséens, que certains ont même des membres de leur famille qu’ils vont revoir, d’anciens amis... Il ne peut même pas imaginer revoir sa famille, et les rares amis qu’il avait, c’était des connaissances de prison. Ils n’ont pas tous été envoyés sur Terre avec les cents, et il doit bien en connaître certains qui sont là ce soir, mais il ne voit pas quoi leur dire. Il ne sait même pas s’il pouvait réellement les qualifier d’amis, ou plutôt de connaissances. « T’as jamais eu l’impression qu’un truc que t’as fait, ou pas fait, te donnes plus le droit à certaines choses? » Ça le prend un peu par surprise, parce qu’il ne s’était pas vraiment attendu à recevoir une question en réponse. C’est à son tour de rester silencieux quelques secondes, pensif. Il a du mal à vraiment comprendre la question, bien trop vague, mais il comprend bien que ça veut dire quelque chose par rapport à Teagan. Quelque chose qu’il aurait fait – ou pas – ne lui donnerait pas le droit... d’aller parler à certaines personnes qu’il connaît ici ? Du coup il serait venu les voir de loin, pour s’assurer qu’ils vont bien sans avoir à leur parler ? « Je sais pas trop. J’ai pas vraiment d’exemples en tête, mais j’crois que je peux voir. Si j’estimais... avoir fait du mal à quelqu’un je crois que j’oserais plus trop aller le voir, ouais. » Il ne sait pas du tout si c’est ça, il a l’impression de jeter un gros pavé dans la mare en espérant toucher quelque chose. Il a envie de poser plus de questions, ça le démange presque. « Tu penses que les gens que tu connais là, ils ont pas envie de te voir à cause d’un truc que t’as fait ? Ou pas fait ? » Il a l’impression de s’embrouiller le cerveau tout seul, tiens. « Enfin, à cause du fait qu’on nous a envoyé sur Terre ? Mais comme t’as dit, c’était pas ta décision. T’as pas appuyé sur le bouton. » Il sait absolument pas si ce qu’il dit le rassure ou pas. Il ne connaît pas Teagan ni ses problèmes, du coup chaque tentative qu’il fait lui donne l’impression d’avancer en tâtonnant, en espérant sincèrement ne pas encore mettre les pieds dans le plat. Il semble avoir un talent pour dire n’importe quoi aux pires moments. Ça lui semble bizarre aussi que quelqu’un qui n’avait rien à voir avec leur envoi sur Terre aient des remords pour eux. Morgan ne s’est jamais imaginé les dirigeants de l’arche avoir des remords. Pour eux, c’était même une seconde chance qu’on leur donnait. On leur disait qu’ils étaient peut-être pas si inutiles que ça, on pouvait au moins les utiliser comme crash test. Il meurt d’envie de lui demander de qui il s’agit, mais à la place, il se contente de manger pour s’empêcher de parler. Il a le sentiment que Teagan ne lui dira pas, et il n’a pas envie de le mettre encore plus mal à l’aise. Il ne sait pas trop pourquoi, mais il lui donne l’impression d’être un faon apeuré qui pourrait s’enfuir ou se renfermer à la moindre question trop intrusive. « T’sais, j’suis le premier à en vouloir aux gens de l’arche. Peut-être même un peu trop, mais c’est pas le problème, ça. J’veux dire... C’est toujours plus compliqué que ce que l’on pense, et je sais pas si y a une réponse toute faite  à ton problème, mais j’pense que tu devrais essayer d’aller lui parler quand tu te sentiras prêt. Ça a pas besoin d’être aujourd’hui, mais c’est déjà assez compliqué comme ça, faudrait pas que t’aies des regrets à propos de ce sujet, en plus du reste. » C’est fou à quel point il a l’impression de parler pour ne rien dire. Faut dire que c’est assez compliqué de rassurer quelqu’un à propos d’un problème qu’il ne connaît pas, quand il sent qu’il ne peut pas poser de questions sur ledit sujet. Il a l’impression qu’il doit ajouter quelque chose, mais au lieu de dire encore plus de bêtises, il se contente de reprendre une part de gâteau dans l’assiette. À ce train-là, il devra aller les resservir plus tôt que prévu.
 
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This is the night when these woods sigh. | ft. Morgan

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