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˜˜˜˜˜˜Sleeping Powder ▬ Wyatt
maybe life should be about more than just surviving


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11/09/2018 kamo 17 Joseph Gilgun lux aeterna - Exordium Solitaire, originairement Athna 10


Sujet: Sleeping Powder ▬ Wyatt
Ven 14 Sep - 2:20


Sleeping Powder
Engloutir la distance. Tirer sur le licol en corde de la mule, dans l'espoir qu'elle se décide enfin à avancer. Cela ne faisait que quelques mois qu'ils cohabitaient, Falk et Enya. Quelques mois d'incompréhensions, à tenter de comprendre le fonctionnement l'un de l'autre. De s'apprivoiser. Bien plus habituée à la plaine que son maître, la bête peinait à avancer. Alors elle restait rivée en position, droite et impassible, malgré les hurlements de Sullivan. Une posture qu'ils avaient appris à connaître, tous les deux. Celle de la volonté ferme, un message bien plus efficace que la moindre des paroles. Non, elle ne risquerait pas de se fouler une patte en gravissant le tronc d'arbre qui barrait le chemin. Elle ferait des concessions, peut-être, si Falk, déjà à terre, l'aidait à contourner l'obstacle pour reprendre la piste. Mais s'il continuait à s'obstiner, à tirer sur la corde en maugréant, placé qu'il était derrière le tronc, non, elle ne bougerait pas.

La fatigue était palpable, entre l'homme et la bête, aussi Falk finit-il par céder. Cela faisait des jours qu'ils étaient perdus dans cette forêt, des jours depuis qu'ils avaient croisé âme qui vive. Les rations s'amenuisaient à vue d'oeil, et, s'il faisait mauvaise chère depuis un moment, le muletier consacrait une bonne partie de ses rations d'eau à sa monture. Mais elle commençait à manquer, elle aussi. Peut-être aurait-il dû être plus précautionneux. Peut-être n'aurait-il pas dû prendre le large, comme toujours, parce que sa clientèle n'était pas convaincue par ce qu'il lui proposait. Penser à sa propre survie n'avait jamais été un problème, en ce qui le concernait. A croire que c'était instinctif. En revanche, s'occuper d'un autre être vivant demandait une certaine acclimatation à laquelle il n'arrivait pas encore à se faire.
Ca commençait doucement. Mais cette foutue mule ne voulait quand même pas avancer.

-Bon, Enya, t'as fini de me prendre pour un jambon ?

La mule tapa du sabot en le fixant droit dans les yeux. Contrairement au défi habituel qui passait dans ses iris sombre, Falk y lut de la lassitude. Tout du moins l'interpréta-t-il comme ça. Alors il relâcha la bride. Contourna le tronc, pour rejoindre sa compagne, et l'attraper par le mors pour la guider. Un pas devant l'autre. Un sabot devant l'autre. La bête n'exerça aucune résistance, suivant son guide comme si elle eut été aveugle. Peut-être que c'était ça, au final, qu'ils avaient encore du mal à admettre tous les deux. Ils étaient seuls, ensemble. Il était temps qu'ils se fassent enfin confiance.

De retour sur la piste, de retour sur le chemin. Des compagnons de beuverie, chez les Pikunis, lui avaient parlé d'une tribu cachée entre les arbres vers l'Est. Se repérant via l'orientation de la mousse sur l'écorce, Falk était certain de ne pas s'être trompé de direction. Ces inconnus, ils n'avaient encore jamais vu sa marchandise. Si la perspective de nouvelles affaires était intéressante, le camelot avait sous-estimé la distance nécessaire pour trouver ses futurs clients... Tout comme leur aptitude à être planqués. Une erreur de débutant.
Flattant sa mule au col, il glissa sa main libre dans les sacoches qu'elle transportait. En saisit une vesse remplie d'eau. Tout du moins l'était-elle lors de son départ. Versant le liquide dans une écuelle, il réalisa que de ce côté aussi il avait été particulièrement présomptueux. Les dernières gouttes tintèrent contre le métal. Les toutes dernières de ses réserves.

-Bois ça, Jambon, on trouvera bien un ruisseau quelque part...

Ou une flaque. Ou quelque chose, du moment que ce soit rapidement. Voir la mule récurer l'écuelle lui donnait déjà soif, et son corps tout entier lui rappelait à quel point il avait fait ceinture de ce côté-là. Présomptueux, oui. Bien trop présomptueux...

S'enfoncer encore dans la forêt. Toujours plus loin, toujours plus à l'Est. Depuis combien de temps ? Des minutes ? Des heures ? La cime des arbres, s'élevant comme à perpétuité au-dessus de son crâne, barrait presque les rayons du soleil. Il faisait encore jour, mais depuis combien de temps ? Combien de nuits ? Et toujours pas le son cathartique d'un ruisseau...
Progressant à côté de sa monture, sur la terre ferme, le camelot ne remarqua pas tout de suite qu'elle s'était arrêtée, trop préoccupé par sa propre inconstance. Ce ne fut qu'au bout de quelques pas qu'il se retourna, prêt à l'invectiver grossièrement. Ces habitudes-là, elles, avaient été prises dès les premiers jours. La seule chose qui le retint, pourtant, ce fut de la voir aussi concentrée. Ses oreilles étaient dressée. Ses naseaux s'ouvraient et se refermaient, comme si elle avait flairé quelque chose d'anormal. Et, avant qu'il n'ait le temps d'ouvrir la bouche pour lui poser une question à laquelle il n'aurait jamais de réponse, elle sortit de la piste et s'enfonça plus profondément dans la forêt.

-Enya ! Reviens ici, saleté !

Elle n'en avait cure. La démarche chaloupée, son maître sur les talons, elle progressa rapidement à travers les bosquets, n'éprouvant aucune gêne particulière à franchir les racines noueuses qui dépassaient du sol. Falk jura en sautillant derrière elle. Cette saloperie n'avait aucun mal avec la forêt. Elle n'avait juste aucune envie d'être là. Ce ne fut que quand elle finit sa course à travers une ouverture entre deux arbres qu'il comprit pourquoi elle avait été aussi prompte à le fuir.
Ils venaient de déboucher sur une clairière, baignée par les rayons orangés du soleil couchant. Une petite hutte trônait comme un ilôt au milieu d'un océan de verdure, sillonnée par quelques rangées de terre retournée. Ce qui avait tout l'air d'être une ferme, perdue au milieu de tout. Et qui disait ferme disait forcément flotte. La boucle était bouclée.

Enya soupira lourdement au-dessus de l'épaule de son maître. A tâtons, encore surpris par la découverte, Falk fourra ses doigts dans les poils rêches de la bête.

-Je retire tout ce que je viens de dire...

Travailler de concert, ce n'était finalement pas une si mauvaise idée. Reprenant toutefois les rênes de sa mule pour s'assurer qu'elle ne s'enfuie pas une nouvelle fois, le camelot entreprit de traverser la clairière en direction de la hutte. Un bâtiment étroit mais d'assez bonne facture, qui devait protéger tant des pluies acides que du froid. Tout autour d'eux, plusieurs rangées de terre retournée. Meuble. Humide. Falk renifla. Si le fermier espérait faire pousser quelque chose rapidement, il allait avoir besoin au moins de glisser du compost de feuilles dans ses sillons. Une base que le propriétaire des lieux semblait avoir oubliée.
Ce dernier, il en aperçut la silhouette en se rapprochant. Une figure longiligne, des épaules étroites, une petite taille. Un adolescent ? Il n'en était pas certain.

-Eh ! Eh toi !

Adoptant spontanément le Trigedasleng, il approcha à grandes foulées de la silhouette. A y voir de plus près, et s'il avait une figure et une posture d'enfant, son interlocuteur semblait être un homme. Le visage de Falk s'illumina d'un sourire bancal. Qui disait homme, jeune, de surcroît, signifiait propriétaire des lieux. Et s'il se plantait, il pouvait toujours tenter sa chance.
Après tout, il paraît bien qu'elle sourit aux audacieux.

-C'est à toi tout ça ? Parce qu'on s'est perdus dans la forêt, avec ma mule. Pas de chance, on n'a plus d'eau. Est-ce que tu crois pouvoir nous donner un peu de la tienne ?

La technique du pied dans la bouche. Maladroite, mais souvent terriblement efficace, pour peu que l'effet de surprise soit suffisant. Et, clairement, pour avoir choisi de vivre au milieu de nulle part, le jeune homme n'avait pas l'intention de fréquenter beaucoup d'autres humains. Peut-être même qu'il aurait envie d'aider un de ses pairs ? Ca le changerait des créatures sauvages.
Une grimace contrite passa sur le visage du camelot.

-Bien sûr, un service n'est pas sans paiement. Je suis herboriste. Besoin d'un baume pour les ampoules sur les mains ? D'une décoction pour soulager le mal de dos ? Je peux te l'offrir en échange.

Un mouvement emphatique de la main vers la mule et son chargement. Une courbette de l'échine et un sourire en coin vers son potentiel client. Tout dépendait de l'effet de surprise. L'état de choc fait des merveilles sur certains humains.
Et, d'autres fois, les pousse à chasser les importuns à coups de fourche.
La chance sourit aux audacieux, non ?

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01/08/2018 Totoro's Child. TC Jones. 351 Rami Malek Ma Reine d'amour ♥ - imaginarium - ariana grande, breathin Conseiller Odysséen. - Botanique & Zoologie. Dana 763
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Sujet: Re: Sleeping Powder ▬ Wyatt
Ven 14 Sep - 17:49


☁️ 23 mai 2116

Il soupire, Wyatt. Voilà déjà trois mois qu'il arpente les forêts et autres paysages seuls. Il se perd volontairement, s'enfonce droit dans l'inconnu sans jamais penser à demain. Il ne réfléchit pas, non, tout ce qui importe pour lui c'est juste d'en savoir plus, d'en apprendre plus. Le biologiste prend toujours deux ou trois jours pour se poser et établir un campement de fortune. Parfois, c'est au milieu de rien, au milieu des arbres ou camouflé par terre, seulement un sac de couchage si on peut appeler ça comme ça et son nécessaire de survie. Dans son sac à dos, il transporte des graines, quelques unes vestiges de la serre éclatée de l'Odyssée et autres, cadeaux des Naoris, ainsi, il joint l'utile à l'agréable en se servant de ses jours de pause pour retourner la terre autour de lui et vérifier sa fertilité. Wyatt a parfaitement conscience que vivre dans une carcasse de fer écrasée au sol ne durera pas éternellement, alors il prévoit sans doute un peu grand.

Le camp n'ira jamais aussi loin que lui durant son voyage. Il a testé des terres là où certains d'entre eux ne foutront jamais les pieds. Mais qui sait, ça pourrait être utile à quelqu'un, quelque chose, un jour peut-être. En vérité, il s'en fout un peu de tout ça. Ça le fascine juste d'être sur terre. Enfin, il a pu respirer l'air de l'amour de sa vie. Enfin il peut profiter de l'oxygène et tenter de l'apprivoiser à sa manière. Trois mois qu'il est plus heureux qu'il ne l'a jamais été. Wyatt ne pense absolument plus à rien, fini les jérémiades et les morts qu'on pleure. Finies les engueulades complètement stupides avec des gamins qui foulent cette Terre depuis bien plus longtemps qu'eux. Il a pris ses clics et ses clacs, il a les dires d'Harlan qui se répètent en boucle dans son petit crâne et ça suffit. Harlan lui a dit les limites à ne pas franchir, la mer, par exemple. Ne pas monter dans le bateau d'un inconnu. C'est comme tout apprendre à un gosse, en fait. Ne fous pas tes doigts sur le feu sinon tu vas te brûler. Ne fais pas ça sinon tu vas tomber. Harlan, bien que plus jeune que l'Odysséen, lui sert de repère et de père spirituel. Il lui a donné les consignes à respecter et Wyatt tente de le faire du mieux possible.

Il serait bien malvenu de déclencher une nouvelle guerre mondiale parce que l'idiot a foutu les pieds dans l'eau. Alors il tente de repérer où il se balade, mesure la moindre de ses rencontres avec une attention toute particulière. Pendant les mois passés, il a harcelé Harlan et Rowena à tour de rôle pour qu'ils lui apprennent leur langue. Alors certes, il ne le parle pas parfaitement, certes, son accent est dégueulasse mais il se débrouille. S'il n'a pas pu bouger du camp entre leur crash et février, il a rendu ce temps utile. Pour les autres, certes, mais surtout pour son aventure à venir. Pour ce jour où il s'est pointé vers l'un des siens et qu'il a dit « Je pars explorer, je sais pas quand je reviens. »

Et la vérité, c'est que trois mois après, il a tout, sauf envie de revenir. Chaque jour est une nouvelle aventure. Il a passé des moments horribles, s'est rendu malade à croire qu'il ne s'en sortirait pas, il a des cicatrices partout, il est abîmé par celle dont il rêve depuis qu'il est gamin mais il s'en fout. Il s'en fout complètement, parce que chaque blessure, chaque instant où la Nature le frôle même pour l'écorcher vif lui rappelle qu'il est sur Terre. Enfin, fini la cage de fer. C'est peut-être aussi pour ça qu'il a du mal à se faire à l'idée d'un réel retour au camp. Cette foutue cage en fer, elle l'oppresse rien qu'en existant encore, même moitié morte. Alors il se dit qu'il y pensera demain. Pour le moment il a encore trop de choses à voir et à faire pour s'imaginer revenir, arrêter l'aventure.

Sac à dos en main, il tire les bretelles comme par réflexe, probablement un truc qu'il a lu dans un livre lorsqu'il était là haut. Un truc d'aventurier ou quelque chose comme ça. Il s'avance et s'enfonce une fois de plus dans la forêt, celle vers laquelle il revient toujours. S'arrêtant à une rivière, il remplit ses gourdes et note désormais les pas entre cette dernière et là où il prévoit de s'arrêter pour quelques jours. Un pas. Il avance et réfléchit aux derniers jours qu'il vient de passer. Des jours en demi teinte, faut bien l'avouer. L'idiot est tombé sur des marécages. Il ne lui a pas fallu bien longtemps pour comprendre qu'il fallait décamper et suite à ça, il s'est complètement perdu. Si depuis son départ il gardait une vague idée des chemins qu'il empruntait, là, c'est clairement parti en fumée. Alors il soupire, ses gourdes pleines et son sac à dos bien léger.

Dans la main, le couteau que Harlan lui a offert, histoire qu'il meurt pas stupidement, un truc du genre. Wyatt se détourne de la rivière, un peu trop peureux de revenir sur ses pas et finir engloutit par un crocodile ou quelque chose du genre. Deux pas. Il avance lentement pour finalement voir au loin des bois éclaircis, un petit trou au milieu de ce flot d'arbres qui le fascine. Il avance la tête souvent en l'air, rarement vers devant et pourtant, la lumière que dégage le lieu, doucement éclairé par le soleil l'attire comme un papillon vers la lumière. Alors il s'y dirige. Trois pas. Quatre pas. Douze pas. Vingt pas. Trente. Quarante. Il s'arrête de compter et se retrouve à marcher pendant presque une heure avant de trouver ce bout de soleil au milieu de tout, ou de rien, selon qui regarde.

Le débarqué resserre son emprise sur les lanières de son sac à dos fatigués et des étoiles plein les yeux, c'est un « wow. » qui lui échappe. Un trou dans les bois, petit, certes, mais il a été créé pour une raison, un moment, comme tout sur cette Terre. Il n'a juste pas la moindre idée du pourquoi, du comment. Mais il s'en fout, il tourne sur lui même pour regarder ce bout de terre, se fasciner de l'herbe verte à ses pieds et de cette odeur, Dieu qu'il aime cette odeur. Il en tombe même par terre à se donner le tournis tout seul comme un abruti. Mais il s'en fout, il en rit. Peut-être que rester seul le rend fou ? Ou alors qu'il l'a toujours été, au fond, qui sait. Toujours est-il que sa chute lui offre la vue sur un abri qui semble beaucoup plus accueillant que tout ce qu'il saurait construire. Wyatt s'avance prudemment, vérifiant si le lieu n'est pas habité, par un humain ou autre animal, qu'importe. Mais non, soulagement. L'abri est abandonné depuis ce qui semble une éternité. Peut-être un vestige d'une vie d'avant, avant la sienne, avant même que des humains se perdent à survivre dans l'espace. Il pose ses doigts sur les murs de ce qui va devenir son abri pour les jours à venir avec un sourire qui percerait presque son visage tellement il est prononcé.

Alors il s'installe rapidement, le soleil couchant approchant. Il pose ses affaire et s'effraie à retourner la terre qui l'entoure. Trois jours, une rivière plus ou moins à portée. Il avait tout ce qu'il fallait pour tester la Terre dans les conditions idéales cette fois-ci. Ce qui était loin d'être toujours le cas lorsqu'il décidait de se poser comme ça, là, au milieu de tout et rien à la fois. Mais il s'en fout, l'homme du ciel, il est heureux. Heureux de découvrir encore une nouvelle de sa Terre, sa bien aimée. Alors ce soir là, il s'endort avec le sourire aux lèvres, sans penser à personne, à rien et surtout pas au danger. Il pense rarement au danger.

Le lendemain matin, il se lève heureux, comme depuis le premier jour de son aventure. Même les jours où il a été malade comme un chien, s'est fait attaquer par des bestioles non identifiable, à cumuler les cicatrices ou les emmerdes jusqu'à en chialer, Wyatt n'a jamais eu un moment de doute, un moment où il a regretté son choix. Il est heureux, tente d'imprimer la moindre chose qu'il voit. Et s'il prévoit de dormir encore là ce soir, il profite de cette journée de printemps pour visiter les alentours de ce précieux endroit. Quelque chose de calme et de doux, quelque chose qui lui semble rien qu'à lui, fait pour lui, dans sa folie. Il s'enfonce dans les bois, tente de retenir quelques distances, savoir d'où il entend la rivière et d'où il ne l'entend pas. Et sans s'en rendre compte, comme à son habitude, ce qui devait être une petite promenade devient rapidement une journée entière de marche à explorer et explorer encore les alentours. Lorsqu'il se dirige de nouveau vers son abri, le soleil commence lentement à souhaiter la bonne nuit. Et rester sans ses affaire et sans protection dans la forêt c'est une des première choses qu'Harlan l'a supplié de ne pas faire, de ne jamais faire. Alors il écoute, les yeux un peu fatigué, les bras qui le tiraillent et des petites entailles nouvelles ci et là sur son corps d'homme qui découvre encore tout sur tout de cette planète.

Mais s'il pensait être seul, Sheperd s'était bien trompé en vérité. Une voix qui perce le silence qui l'entoure et lui fait hausser un sourcil. Putain pourvu qu'il ait pas fait une connerie. Putain pourvu qu'il ait pas déclenché une guerre en habitant la cabane de l'ancêtre de truc qui était en fait le cousin de bidule et qui un jour avait dit que la Terre était plate ou une connerie du genre. Parce que c'était un peu comme ça, que ça sonnait dans la tête de Wyatt lorsque Rowena ou Harlan lui expliquait ce qu'il fallait faire ou ne pas faire. Mais bon, le cœur un peu serré, il s'avance lentement vers l'homme qui lui, tout à son contraire, mord la terre tellement ses pas sont francs. Déjà, ça part pas très bien, qu'il se dit. Il a vraiment du faire une grosse connerie. Mais finalement, le sourire de l'homme lui laisse s'en dessiner un très maladroit. Peut-être qu'il a fait un truc pas si grave que ça ?

Et puis voilà que l'autre parle, et pas en anglais. Il parle et il débite. Si Wyatt est capable de comprendre, clairement la traduction dans sa tête est loin d'être instantanée. Alors du coup il répond pas, pas parce qu'il veut pas, simplement parce qu'il traduit, avec les voix des naoris fatigués qui répètent encore et encore les mêmes mots pour que l'autre apprenne enfin. Et puis il en rajoute en plus, et ça l'agace, Wyatt, parce qu'il va probablement oublier la moitié de ce qu'il dit s'il continue sur sa lancée mais lui dire stop serait pas franchement poli, d'autant qu'il est toujours pas vraiment sûr de pas avoir fait une vraie grosse connerie.

Alors il attend. Il attend que l'autre se taise. Ce qui miraculeusement, finit par arriver à un moment. Hallelujah, n'est-ce pas ? Wyatt respire, tente de se rappeler d'un peu tout, traduire un peu tout, cet air perplexe au coin du nez qui lui colle à la peau depuis qu'il n'a plus ses traducteurs officiels sous le coude. L'homme montre une mule, bel animal qu'il n'avait pas encore croisé jusque là et puis il sourit à nouveau. Alors il réfléchit, vraiment. S'écorche dans cette langue qui n'est pas la sienne. « Attends, moi venir du ciel. Je... comprends. Mais attends. » Attends que je traduise, laisse moi deux minutes pour savoir si tu me proposes de manger ta mule, que ta mule me tues en me marchant dessus ou complètement autre chose. Un doigt levé, entre eux deux, pour montrer qu'il réfléchit et qu'il se rend évidemment compte qu'il a oublié une bonne partie de ce que l'autre a dit. Ceci dit, rien ne le choque donc il ne veut probablement pas sa mort.

Soulagement, ou presque, parce qu'ils sont loin de se comprendre vraiment pour le moment. Alors toujours dans la langue des natifs, le débarqué s'aventure comme il peut. « Juste de passage. J'ai eau. Vous rester ? » Bon, c'est pas parfait, pas du tout même mais, eh, il essaie. Et puis lui vient l'idée folle que l'autre parle peut-être anglais et qu'au lieu de lui arracher les oreilles ils peuvent peut-être vraiment communiquer. Alors c'est sa langue natale à lui qui reprend le dessus, il articule parfaitement cette fois-ci, sans un accroc, rien. « Parles-tu ma langue ? » Au moins, il aura une réponse claire et net.

Oui ou non.
Galère ou pas galère. À voir. Mais il a pas l'air méchant, le bougre, et puis l'animal a vraiment l'air d'avoir besoin d'un peu de repos alors bon, pourquoi pas. Tant qu'il veut pas le mettre au cachot et que Wyatt ne doit pas annoncer à Harlan qu'il a foutu le Prince du fils de la tante de truc en colère, c'est bien. C'est vraiment bien.

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11/09/2018 kamo 17 Joseph Gilgun lux aeterna - Exordium Solitaire, originairement Athna 10


Sujet: Re: Sleeping Powder ▬ Wyatt
Dim 16 Sep - 1:51


La situation n'était déjà pas bien enviable. Perdu au milieu de nulle part, dans une forêt aussi dense que ses poils pubiens, avec une mule qui refusait d'avancer et sans une goutte d'eau, Falk savait parfaitement qu'il ne partait pas sur de bonnes bases. Mais ça ne l'avait pas empêché de tenter le coup avec le jeune homme dans ses cultures. Le type avait une hutte, des semis en cours, il devait bien avoir un peu d'eau pour le dépanner non ? Pour peu qu'il le comprenne. Et, au vu du vide intersidéral qu'il constata dans ses immenses yeux clairs au moment précis où il ouvrit la bouche, Falk sut.
Ce fut à ce moment-là qu'il sut qu'il avait merdé.

Encore une fois, sa propre présomption lui revenait en pleine figure. S'adapter, oui, pourquoi pas. Mais le type en face de lui venait de répondre à ses paroles avec un seul et unique index dressé vers le ciel. Placé entre eux deux, le doigt lui sembla aussi grossier que si l'autre l'eut insulté. Le camelot se tendit, refréna un grognement entre ses dents serrées. De toute évidence, il était tombé sur l'idiot du village, et ce dernier, constatant son incapacité à tolérer quelqu'un d'aussi plat, l'avait soumis à une vie d'exil loin de la communauté. On abattait bien les enfants difformes à cause d'une surexposition à la radioactivité, après tout. Peut-être que celui-là était passé entre les mailles du filet, quand il était petit. Ce qui expliquerait beaucoup de choses. La hutte qui, de près, faisait bien mauvaise mine. Les planches de la façade revêtaient quelques trous critiques, d'usure. La toiture de chaume avait vu des jours meilleurs, clairement mal entretenu. Et si le gringalet à l'index impérieux qui se tenait devant lui était effectivement le propriétaire des lieux, il n'en prenait clairement aucun soin.
Toutes ces pensées virevoltaient sous les mèches brunes, éparses, du camelot. Comme pour le tirer de ses contemplations, Enya poussa un lourd soupir, ayant bien compris le fonctionnement de son maître. Il commençait à trop croire à ses propres réflexions.
Puis l'autre parla.
Un étranger.
Ce qui expliquait beaucoup de choses.

Reprenant une attitude purement commerçante, Falk se pencha vers lui. L'autre butait contre les mots, les prononçait avec une lenteur effroyable, chacune de ses syllabes se perdant dans l'hésitation et rendant l'élocution particulièrement difficile. Les sourcils froncés, son égo toujours chatouillé par l'impolitesse de ce doigt levé, l'Athna finit par croiser les bras contre son torse.

-J'attends. C'est pas comme si j'avais autre chose à faire...

Un marmonnement dans sa barbe, soupiré avec lassitude, prononcé trop rapidement pour que l'autre le coupe ou prenne la peine de déchiffrer ce qu'il venait de dire. De temps à autres, il lui arrivait de faire l'effort envers ceux qui avaient des difficultés à s'exprimer. Une grandeur d'âme toute commerciale, parce qu'il y avait quelque chose à la clé. Mais là, avec toute la fibre commerciale du monde, il n'y arrivait pas. Parce que le type en face de lui, avec ses grands yeux qui lui bouffaient tout le village, ce n'était pas un des siens. Les skaïrus, il s'y était frotté quelques semaines plus tôt. Pour ainsi dire, c'étaient les derniers visages humains qu'il avait croisés avant de s'enfoncer dans la forêt. Et ça ne s'était pas particulièrement bien passé pour les mêmes raisons qui le poussaient à présent à faire preuve de recul vis à vis de son sauveur potentiel. Ces types n'avaient aucune éducation.
L'impatience commençait à le serrer à la gorge. Ses longs bras tombèrent le long de son corps, tripotèrent ses poches, le bas de son t-shirt, n'importe quoi, le temps que l'étranger ait fini de faire toutes les conversions métaphysiques d'une simple demande d'un peu d'eau dans ce qui lui servait de caboche. Le regard sombre de Falk s'échappa vers les alentours. Que faisait-il aussi loin de son campement, des siens ? Est-ce qu'il était dangereux pour sa communauté, ou juste trop con pour qu'ils le tolèrent longtemps ? Et ces sillons de terre travaillée, c'était pour quoi, au juste ? Il bascula d'un pied sur l'autre, se balança d'avant en arrière, la nervosité grimpant progressivement le long de ses muscles puis de sa raison.
Et si Tête de Lune, là, était dangereux ? Enya soupira plus fort dans son dos, et, comme d'un commun accord, Falk se calma. D'accord Jambon, pas de sanquette aujourd'hui, on a trop soif toi et moi pour nous permettre un excès de prudence.

C'est là que l'autre dit le mot magique. Ou plutôt les mots magiques. Il avait de l'eau, et c'était tout ce que Falk demandait. Mieux, il n'avait pas l'air de s'arrêter sur la proposition du marchand de troquer ses denrées contre d'autres biens. Finalement, tout bien considéré, ce garçon lui plaisait. Toutes proportions gardées, bien entendu.

-Je resterai aussi longtemps que tu me toléreras, mon ami !

Un ricanement secoua ses épaules. Le doigt avait fini par retomber entre eux, libérant les deux hommes à défaut de la barrière de la langue, au moins de la barrière de l'impolitesse. Plus à même de tolérer l'individu en face de lui, Falk fit l'effort d'attendre que tombe sa prochaine phrase. A ce rythme, la conversation n'allait pas être très enflammée, ou rapide. Mais eh, il avait obtenu son eau. D'un hochement de la tête, il incita son nouvel ami à prendre confiance. Jusqu'à ce que tombe une question si stupide qu'elle prit le camelot de court.

-T'es tombé sur la tête quand t'es tombé du ciel ou bien... ?

Parler Anglais ? La langue des étrangers, de ceux-là même qui l'avaient accueilli avec un oeil torve quelques semaines plus tôt ? Celle de ces envahisseurs venus non pas des terres mais du ciel ? Il le prenait pour qui, pour cette créature mythique que les anciens nommaient Mère Thérésa ? Jamais il n'apprendrait leur langue. Le Trigedasleng était le langage courant, dans ces terres. Qu'ils s'y plient, ou qu'ils reprennent leurs ailes en métal pour aller détruire la nature sur un autre continent !
Mais il devait faire un effort. Prendre sur lui. Ce type pouvait potentiellement lui filer toute sa flotte sans contrepartie, et ce n'était pas le moment de ruiner une si belle occasion avec un sursaut de patriotisme. Falk passa une main sur son visage, inspirant un grand coup. Fais-le pour l'eau, Sullivan. Au pire, si jamais l'envahisseur est trop con, tu pourras toujours l'assommer une fois qu'il t'aura filé ce que tu veux.

-Pardon, non, je. Pas. Parler. Ta. Langue.

Une pause à chaque mot. De grands gestes, plus du mime qu'autre chose, et suffisamment de lenteur pour que le message soit clair. Si l'Athna savait que son accent montagnard n'était déjà pas évident pour les populations plus éloignées de son propre village, il prit sur lui pour qu'il ressorte le moins possible. Allez savoir où et avec qui Crétin des Plaines avait appris le Trigedasleng. Et dire qu'il avait accepté de rester...

Il était temps de faire quelque chose. Conserver la sympathie relative de l'individu, le raccrocher sur quelque chose qu'il aime, ou qu'il sait faire. Embrassant les alentours du regard, il considéra les potentielles sources de conversation qu'il pourrait aborder. Pas la hutte. Elle était en piteux état, et le type ne venait-il pas de dire qu'il était de passage ? Ses yeux gris s'arrêtèrent sur les sillons de terre retournée. Une interrogation qui trottait dans sa tête depuis son arrivée dans cette fichue clairière.

-Si tu es de passage, que fais-tu ici ?

Surtout, combien de temps restes-tu ici, au cas où j'aurais besoin de t'assommer et m'enfuir avec toutes tes possessions ? Un nouveau soupir de sa mule. Falk haussa les épaules en guise de réponse. L'animal était parfois trop intelligent pour son propre bien. Et elle semblait tolérer l'envahisseur, elle. Peut-être devrait-il suivre son exemple.

Ecoutant d'une oreille distraite les explications bien trop lentes de son nouvel ami, Falk finit par se diriger vers ce dernier. Il se tenait non loin d'un des sillons. Non seulement ces derniers étaient irrigués, mais la terre avait été retournée avec tellement de soin qu'elle courait le risque d'être bien trop oxygénée. S'accroupissant, il effleura l'herbe de ses doigts longs. Puis la terre. Faisant rouler une motte humide entre la pulpe de son pouce et celle de son index, il finit par la porter à son nez. Non, l'étranger n'avait pas pensé à mettre quoi que ce soit dans ses cultures pour en favoriser la pousse. A moins qu'il n'ait une passion dans la vie, et que ce soit de jouer les apprentis fermiers sans garantir une forme X ou Y de rendement à la clé.
Se redressant, il jeta la motte là où était sa place. Fit claquer ses mains et les essuya sur son pantalon déjà crotté du voyage, puis renifla un grand coup. C'était ça, la grosse avarie dans tout ce tableau. L'air était trop pur.

-Si tu veux que ce que t'as planté pousse plus vite, tu vas devoir nourrir ton sol. Et crois-moi, j'y connais un rayon en plantes

Il n'était pas agriculteur. Les travaux manuels, ce n'était pas particulièrement son rayon. Mais il s'agissait là non pas d'une question d'herboristerie, plutôt de bon sens. Et Falk en connaissait un rayon, là-dessus.
Donner quelques conseils à Crétin des Plaines contre sa flotte n'était au final pas une si mauvaise idée. Le jeune homme avait l'air complètement perdu, dans sa clairière, avec sa hutte qui tombait en décrépitude. Et si le camelot n'était pas particulièrement altruiste, il avait le sens du commerce. Revenant à la hauteur de l'étranger, il finit par presser sa main contre son propre torse.

-Je m'appelle Falk. Je peux t'aider.

Donnant donnant. Et au moins, comme ça, il n'aurait rien de très effectif à lui donner. Rien de physique, en tous cas.
Un deal qui lui plaisait bien. Rien de mieux que l'échange de vent contre quoi que ce soit de matériel. C'était les deals qu'il préférait.



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01/08/2018 Totoro's Child. TC Jones. 351 Rami Malek Ma Reine d'amour ♥ - imaginarium - ariana grande, breathin Conseiller Odysséen. - Botanique & Zoologie. Dana 763
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Sujet: Re: Sleeping Powder ▬ Wyatt
Dim 16 Sep - 17:03

Ça tourne en boucle dans la tête du débarqué. Y a tout qui s'emmêle et qui se démêle, un bordel sans nom qu'il veut faire taire à tout prix. Il faut qu'il retrouve les mots de l'homme en face de lui au milieu du bordel constant de sa vie. C'est pas tant qu'il a perdu l'habitude de parler avec un inconnu, il en a croisé quelques uns ci et là, c'est surtout qu'il a été pris par surprise et il a jamais trop été ça. Faut dire que depuis qu'ils sont sur Terre chaque instant n'est que surprise et qu'il aurait quand même pu s'y habituer. Mais si le brun s'est bien habitué à la surprise de la Nature, à se vautrer dans des mini ravins ou tomber sur des marécages et partir en courant, il s'est avant tout bien habitué à sa solitude. Celle qui est la plus salvatrice de toutes. Il en rêvait depuis tout petit, lui qui n'a connu qu'un seul monde, celui où on se marche un peu dessus parce qu'on manque quand même un peu de place.

Et là, il a toute la place pour lui. Rien que pour lui. La veille quand il a fait ses sillons de Terre il était seul, personne pour lui parler, le faire chier. Bon, du coup, c'est plus tellement vrai, y a le mec en face de lui qui s'est pas présenté. Sans doute l'effet baroudeur de la Nature depuis quoi, trois mois déjà ? Qui a laissé pensé à l'autre qu'il faisait partie des siens. La déception se lit sur son visage d'ailleurs, ou l'agacement. Enfin un truc qui fait que c'est pas forcément bien parti entre eux. Il baragouine juste après Wyatt, quelque chose auquel le venu du ciel ne fait même pas gaffe. S'il doit écouter ce qu'il dit alors qu'il lui a demandé d'attendre on est vraiment pas sorti. Il fait comme il peut, le surpris, il dit des mots, cherche à se souvenir, enclencher des mécanismes un peu rouillés avant de voir l'autre changer de tête. Cool, il va pas lui en coller une on dirait. Pas tout de suite ? Son accent est différent de ceux qu'il a croisé jusque là, son parlé aussi mais Sheperd s'évertue comme il peut pour garder une mine relativement neutre et surtout cacher en lui cette peur qui reste un peu là, de faire exploser le monde selon qui se trouve face à lui.

Mais la phrase de réponse il la comprend plus vite. Parce que lentement ça lui revient. Lentement il se réhabitue à la langue des natifs et il comprend que l'autre est d'accord avec ça, rester, du moins. Rester là, un autre comme longtemps qu'il dit. Il s'en fout de ça vu que lui il reste pas. Mais ça il lui dit pas, pas vraiment comme ça. Et puis c'est une autre question qui vient, question de facilité, faciliter la vie de Wyatt, tout du moins. Savoir si l'autre parlait sa langue. Et clairement vu la tête du gars face à lui, il avait peut-être pas créé une nouvelle guerre mondiale mais c'était pas loin. Alors il se mordille la lèvre, cherche à se souvenir de ce que Harlan lui a appris. Qui n'était pas trop pour leur présence ici. Beaucoup de monde en vérité. Bon, ça s'était bien calmé depuis leur arrivée mais il avait peut-être pas reçu le message. Il allait vraiment mourir comme ça, le con qui avait rêvé de la Terre toute sa vie ? Par un mec complètement hasardeux, qui n'avait pas reçu le message de pas les tuer ? Ce serait quand-même sacrément dommage, mais bon. Si c'est ainsi, tant pis comme on dit. Il soupire, ceci dit, quand l'autre le prend légèrement pour un con en ajoutant les gestes à ses mots. Vraiment entre eux, on pouvait sentir une sacrée alchimie. Celle du premier qui coupera la tête de l'autre.

Wyatt se raidit, il serre les mâchoires comme à son habitude lorsque quelque chose lui déplaît et il prend sur lui. Parce qu'il sait toujours pas qui l'autre est. Alors il soupire et il se permet d'ajouter à la fin de la phrase bien clichée et bien moqueuse de son nouvel ami. « Oui, c'est bon. » Dans la sienne, de langue. Plus d'anglais. C'est acté. Et bizarrement le fait d'être en colère lui permet d'articuler plus rapidement. Sans doute parce qu'il prend moins le temps de réfléchir, qu'il cherche pas à bien faire et qu'en plus, sur le coup, il s'en fout même un peu. Le tout accompagné d'un soupir, le brun s'apprête à faire demi-tour, chercher l'eau promise et surtout, surtout ne plus l'entendre parler. Mais ça aurait été trop beau, parce que l'autre parlait déjà trop depuis le début et parce que Wyatt avait toujours peur de pas pouvoir lui dire de la fermer sans faire la plus grosse connerie du siècle. Alors il attend les quelques instants qui séparent sa dernière phrase qui le prenait pour l'abruti du village et la prochaine qui est incroyablement intrusive. Wyatt soupire encore, il fait semblant mais un peu moins bien qu'au début quand-même, faut pas déconner. Fils de je sais pas qui peut-être mais sale con sans doute permis. « Je voyage. Et toi ? » Qu'il dit, sans y penser plus que ça, ses billes se plantant dans celles de l'interlocuteur face à lui. Bon, il avait fini de le prendre pour un con ou ça allait durer encore longtemps ?

La mule a ses côtés était d'ailleurs bien expressive et si l'inconnu semblait pas foutu d'être agréable avec le débarqué, il avait pas manqué de noter cette relation bizarre et privilégiée qu'il entretenait avec l'animal. Au demeurant bien plus agréable que son maître, d'ailleurs. Mais c'était pas le sujet, et lorsque l'homme face à Wyatt s'avançait vers ses sillons il était sur le point de hurler. À la place, il se contente de grincer des dents. Il le regarde faire sans dire un mot, détourne même les yeux pour pas lui sauter à la gorge et tente de se convaincre de se détourner tout court pour aller lui chercher sa foutue eau. Mais l'inconnu le coupe dans son élan, encore. Il lui parle de la terre et de ce qu'il vient de faire. Sur le point de rouler les yeux au fur et à mesure qu'il comprend ce que l'autre dit, Wyatt se retient pourtant, il ne dit rien. La seule chose qu'il s'autorise c'est un léger sourire quand l'autre lui demande de le croire sur parole. S'il avait bien retenu quelque chose depuis le tout début de sa vie c'est que croire un inconnu sur parole, dans une cage de fer ou sur Terre c'était pas forcément une brillante idée. Mais bon, s'il voulait, après tout. Ils ne se reverraient sans doute jamais.

Puis vint un geste que Wyatt connait. Une main sur le torse, une sorte de signe de paix, quelque chose d'habituel pour se présenter plutôt que hurler à des kilomètres en une langue qui n'est plus universelle. Il desserre les dents, l'Odysséen, soupire et laisse son agacement se remplacer par un peu de soulagement. Falk. Qu'il dit s'appeler. Très bien. Alors il pose sa main sur son torse en retour, geste facile qu'il a répété un milliard de fois et qu'il exécute à la perfection. « Wyatt. » Et je n'ai pas besoin d'aide. Qu'il aurait bien rajouté mais qu'il se contente de garder pour lui. Il laisse sa main descendre le long de son corps pour ajouter non sans difficultés. « Je vais chercher eau. » Un geste de la tête discret vers la monture qui n'a pas besoin de leur combat débile et d'attendre qu'ils se mettent d'accords pour boire. Alors il attend plus, se détache enfin de l'autre qui clairement, malgré la clairière qui les entoure l'oppresse avec sa façon de faire. Il se dirige dans la maison de fortune et ressort avec deux gourdes une qu'il tend à Falk et une qu'il verse dans une coupelle trouvée à l'arrache en retournant la moitié des meubles de la bâtisse. Essuyée d'un coup de t-shirt déjà dégueulasse, il toussote de la poussière mais offre son eau à la bête qui n'avait rien demandé de tout ce qui vient de se passer.

Toujours à genoux, versant l'eau avec parcimonie, le débarqué tourne la tête vers Falk et commence à reprendre leur conversation, mais d'abord, la question qui lui importe le plus. « Elle s'appelle comment ? » Il savait dire ces mots là à la perfection, faut dire que c'était un peu la base de demander le nom des gens, ou des bêtes apparemment. Bref, il se relève non sans continuer d'observer l'animal, la gourde presque vide toujours entre les mains et il reprend, cette fois-ci vraiment pour l'autre humain face à lui. « Je regarde juste si terre fertile. » Qu'il dit. Vrai qu'il n'a pas l'intention de regarder les plantes pousser, ni même de rester plus de quelques jours. Il verra ce que ça donne sur le chemin du retour, si jamais il revient un jour. Mais il hausse quand-même les épaules, sans conviction réelle. « Si tu veux terre, prends la. » Elle ne lui appartient pas de toutes façons, il a planté deux trois graines et ne compte pas en faire d'avantage, alors il lui montre les sillons de la paume de la main, le regard réellement honnête et il continue. « Là pour peu de jours. Vraiment. Vas-y. » Il insiste presque, il a pas vraiment envie de se battre avec le mec qui l'a pris pour le dernier des cons sans même savoir son prénom.

Alors il soupire une fois de plus et il ajoute, vu qu'ils vont devoir au moins passer une nuit ensemble, hors de question de partir si tard pour le débarqué. « Il y a lapins, là bas. » Qu'il dit en montrant la forêt, pointant la direction précise des terriers repérés. « J'ai de quoi faire feu. » Bon, il sait que l'autre va le prendre pour un con mais là, il peut pas faire mieux. Alors il affiche cet air désolé, celui qui lui colle à la peau à chaque fois qu'il se sent pas assez, qu'il a l'impression qu'il pourrait décrocher la lune qu'on lui dirait encore qu'il en fait pas assez. « Désolé pour oreilles. » En pointant ces dernières du doigts. « J'essaie. » Qu'il ajoute avec le regard triste.

Et puis ça aurait pu s'arrêter là. Du moins pour ce round là, mais Wyatt réalise un truc. L'autre lui a pas dit d'où il venait. Ni fait mention de sa tribu, quelque chose d'habituel pourtant lorsqu'on se présente. Alors il hausse un sourcil un peu curieux et demande, dans toute sa naïveté. « D'où toi être ? » Il est loin de connaître la carte mais normalement il connaît les tribus de nom, Rowena les lui a apprise et faites répéter. Notamment pour celles à ne surtout pas emmerder. Et ce serait un comble que l'autre face partie de l'une d'elle, un prince Rahjak en pleine forêt, y a bien qu'à lui que ça pourrait arriver.

Définitivement, galère. Cette-fois ci c'est acté et il peut plus revenir en arrière. Du moins pour ce soir et cette nuit. Même si l'autre était le mec le plus important de cette foutue planète. Bon, y a plus qu'à prier, hein. Encore une fois. Pas une nouvelle guerre. Pas faire sauter le cœur d'Harlan quand il le reverra.

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Sleeping Powder ▬ Wyatt

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