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˜˜˜˜˜˜So foul and fair a day I have not seen... –Pv Wyatt–
maybe life should be about more than just surviving


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18/12/2017 Léonard // Phoebus Raphaël D. Ansvor 652 Michael Fassbender Zoologie // Orientation Naori 198




So foul and fair a day I have not seen
Wyatt & Caleb

La torpeur de l’hiver commence lentement à perdre du terrain, ça et là on découvre le printemps dessiné de pousses claires traversant le givre matinal. L’ouragan semble loin derrière vous mais encore si proche. Tu le ressens à cette habitation quia. Les pieds au sol, loin de vos demeures du haut des cimes, celle qui t’offrais la forêt sur un lit de brume au matin, celle où tu étais en sécurité. Plus encore qu’au sol. Plus encore que dans ce village caché au coeur de la forêt, entouré de pièges, de sentinelles, yeux invisibles de votre tribu. Et alors que la forêt s’éveillera u’elle reprends lentement ses droits sur un paysage dévasté encore hier, tu le redécouvre, ton ombre se dresse dans le soleil levant entre les arbres dont de nombreuses branches jonchent encore le sol, les insectes xylophages n’ayant pas encore eut le loisir d’y faire de nouveaux oeufs, de nouvelles larves pour les transformer en ce qui sera le sol de demain. D’ici quelques semaines les branches seront molles, défaites, partiront en lambeaux… Aujourd’hui encore tu dois les enjamber.

Silence est père de toutes choses.

Tes pas dans le sous bois sont à l’image de ces grands fauves que tu vois parfois passer au loin. Ils sont silence, comme si chaque brindille s’éloignait pour laisser place à la mousse. Parfois tu imagines ne pas être seul dans ces bois, observé par plus silencieux que toi, plus discret encore. Tu sais que des dizaines d’yeux se fondent dans les recoins des sous bois pour échapper à toute vision ; Comme si leur respiration se ralentissait, comme s’ils oubliaient l’espace d’une seconde que leur seule chance de survie face aux prédateurs est la fuite.
Alors aujourd’hui encore tu traverse les bois, derrière le silence de tes pas la fine couche de givre fondant laisse apparaitre des pas que tu ne tentes pas tant de dissimuler sachant très bien que d’ici moins d’une heure, ils auront disparus. Absorbés par les plantes naissantes… La nature avait cette force qui lui permettait d’avancer, toujours, alors même que le monde semblait dévaster. Au détour d’un sous bois c’est ton flair qui te fait grimacer. Là bas, un peu plus loin gît une carcasse, en t’approchant tu remarques qu’il s’agit de celle d’un grand cerf dont les bois n’avaient pas encore eut le temps de tomber. Défunt vestige des torrents d’eau et de vent qui ont secoués la forêt aujourd’hui blanchit par les intempéries, bientôt dispersé dans ce monde pour retourner à la terre… Silence respectueux, tu te souviens que tu avais faillis y rester alors que tu cherchais à sauver Güzis de ses démons cette nuit là, chaman cherchant les fantômes, ombres gigantesques dans la noirceur de la tempête, cherchant le cerf blanc. Tu frisonnes, secoues la tête et avance d’un pas plus soutenu au travers des arbres denses.
Sur toi il y a de quoi passer la nuit et celle d’après, selon les vivres que tu trouveras c’est une bonne semaine que tu pourrais passer au coeur des bois sans retourner chez les tiens. Peaux animales, toisons, sacoches de cuir à la ceinture contenant gourdes, cahiers et autre matériel utiles en forêt. À la ceinture encore, deux dagues portant l’emblème des Noari. Vous êtes un peuple pacifique mais bien qu’en harmonie avec la nature, tu es très bien placé pour savoir que cette dernière n’offre aucun répit, elle cache en son sein des pièges bien plus dangereux qu’un puma de grande taille ou qu’une panthère pourvue d’une cinquième patte parfaitement fonctionnelle. Non. Ici vous êtes insignifiants et quoique tu sois en paix avec cette Nature qui vous nourrit, vous offre le gite et avec laquelle vous cohabitez simplement, tu es toujours méfiant.
Méfiant contre ce peuple, loin dans le désert qui tient une laisse invisible au bout de laquelle une armée est prête à exploser.
Méfiant envers ces hommes et ces femmes tombés il y a maintenant quatre ans, pas si loin de chez vous et dont tu ne connais presque rien.
Méfiant envers toi même, de ces images fantomatiques guidant tes pas, reflets de toi même ou cauchemars, hallucinoses, visions ou délires…
Il y a de quoi s’armer, où que l’on regarde. Tu n’es pas de ceux qui utilisent leurs armes pour prouver leur valeur mais il te faut bien avouer que ces dernières sont utiles quand ta vie est menacée.

Tu as déjà parcouru de nombreux kilomètres, les arbres sont un peu plus éparses par ici et tu remarques le sol qui ça et là montre des signes de neiges… Lorsque tu arrives au niveau de ce vaisseau tombé du ciel, ce dernier est recouvert d’un manteau glacé, le figeant plus encore dans ce paysage qu’est le votre, ressemblant du plus en plus aux vestiges d’une civilisation qui n’est plus là pour voir ce qu’est devenu le monde qu’ils ont détruit. Plutôt que de t’avancer dans la direction de ce cadavre d’Odyssée, tu le contourne soigneusement restant à la lisière des arbres, entre deux ombres. Tes pas silencieux ont perdus de leur discrétion, la croute de fine poudreuse s’écrase sous ton poids. Elle ne tardera pas à fondre pour que l’hiver ne tire définitivement sa révérence mais en cette période la nuit est encore froide et la nature devient une chambre froide à échelle gigantesque.
Tu as dépassé les lieux depuis quelques minutes lorsqu’un son lointain attire ton attention et t’immobilise. D’instinct ton regard se plonge au travers des bois à la recherche du prédateur épiant ta présence. Le calme ne te quitte pas, tu es ici chez toi, maître d’un terrain qui a malgré tout su changer assez pour que des pièges se crées ça et là. Le son s’est arrêté et où que tu ne regardes, aucun mouvement ne trahit d’animal, aucun débarqué perdu ne erre autour de son ancien vaisseau. Le froid de cette fin d’hiver semble avoir gelé le monde sur place cette nuit… C’est pourtant méfiant que tu reprends ta route, la main posée sur le manche de bois d’une dague, l’autre repoussant ça et là une paire de branchages ou quelques plantes.

Pourtant il réapparait. Plus fort. Plus proche. Loin d’être jeune tu ne perds pas une seconde pour passer sur le mode défense, t’approcher d’un arbre pour y poser ton dos, cette fois ci ce sont tes deux mains qui sont prêtes à se défendre. Peut-être est-ce simplement l’un de ces Débarqués perdus, blessés ou encore un animal cherchant son chemin au travers des bois mais si le hasard peut amener un animal à ne pas être remarqué, il ne le fera pas deux fois de suite.
Sourcils froncés tu essaies de comprendre, ton ouïe t’indique clairement la présence d’une créature marchant en sous bois, le son de la neige qui s’écrase est clair, rebondissant d’arbre en arbre. Derrière ton calme apparent et ta respiration sereine, tout tes sens sont aux aguets.
Et c’est là, à une trentaine de mètres, que tu remarques l’ombre. Loin des fantômes de plusieurs mètres de haut décris par Güzis, loin de ces êtres qu’il qualifie d’aussi pacifique que dangereux, cette ombre là est bien réelle. Palpable. Ses pas sont lourds et sans discrétion aucune si bien que tu comprends rapidement qu’il ne s’agit pas d’un homme en chasse d’un quelconque gibier. Pourtant les mouvements répétés de sa tête de gauche à droite indiquent qu’il n’est pas là pour une simple balade.
Tu serres les dents. Rares sont ceux qui s’aventurent dans la neige l’hiver pour une simple balade. La conclusion te frappe aussi rapidement qu’un éclair : Tu dois fuir, mettre le plus de distance possible entre toi et la chose.
T’abaissant à hauteur de végétation tu entames de contourner le danger, un oeil pour toi, un oeil pour lui. Plus tu le surveilles plus il te semble distinguer les difformités d’un visage rongés par feu le monde des Hommes, la vengeance de la planète. Ils sont peu nombreux ceux qui atteignent l’âge adulte mais vous savez qu’ils existent. Ils sont contes et légendes pour apprendre aux enfant à rester au village… Ils sont une face cachée de ce monde, pièces d’échec que l’on préfère ne pas surveiller, surveillant seulement le roi.

Tu aimerais retenir ta respiration pourtant cette dernière te prends à la gorge lorsqu’au détour d’une pierre, ancienne grotte effondrée, tu tombes nez à nez avec ce frankeinstein d’un autre monde, vingt centimètres plus grand que toi, le visage crasseux, sauvage, défait. Sa respiration est rauque comme celle d’un sanglier et son regard aussi vide qu’il n’est fou. S’il te faut une seconde pour te remettre, c’est une seconde de trop alors qu’un poing te semblant immense s’abat en ta direction. Tu l’esquive de peu, arrachant ce qui ressemble à un grognement animal à la chose en face de toi. Des frissons parcourent chaque parcelle de ton épiderme alors que l’adrénaline descend dans tes jambes, réchauffe tes poings et t’anime d’un instinct de survie peu connu.
Là tu ne recherches plus le silence. Ils ne devraient pas être là mais le cyclone n’a pas atteint que votre vaillance, la forêt entière a été touchée. Du désert à la mer, chaque parcelle s’est vue modifiée ; Ces monstres tu n’en avais pas croisé en forêt depuis des années, certainement cachés plus haut dans les montagnes ils avaient du redescendre pour palier à une faim qu’ils ne réussissaient pas à assouvir dans les hauteurs.
Tes jambes te guident, tes poumons les alimentent en air. Un coup sec vient te frapper à la gorge, t’arrêtant dans ta course ; La corde serrée autour de ton cou a été bien trop précise, tu glisses les doigts dessous alors que ton dos frappe le sol, tu prends une grande inspiration avant que la corde ne se resserre. Il ne faut qu’une fraction de seconde pour que tu n’attrapes la dague à ta ceinture, déchirant la corde d’un coup sec pour te relever. Et tu leur fait face, deux montagne de muscle, de sauvagerie, l’un dont la moitié du visage est couverte d’un tissu à moitié déchiré, l’autre dont l’épaule semble disloquée tant le dimorphisme de son corps est fort…
Ils ne cherchent pas à comprendre, toi non plus. Tout les trois savez qu’ils veulent voir tes entrailles tâcher le sol, et que tu aimerais voir leur corps reposer dans un brasier. C’est une dague dans chaque main que tu encaisses les coups. Seul contre deux colosses dont la force semble égale au châtiment qu’ils veulent t’infliger, tu pares, tu recules. Et tu profites d’une seconde de répit pour faire volte face et prendre tes jambes à ton cou.

Ta course est effrénée, tu as l’impression d’avaler les kilomètres alors que les zigzag faites pour les perdre t’ont peut-être fait avancer de seulement quelques centaines de mètres pour remarquer avec horreur qu’ils ne sont pas si loin. C’est seulement à cet instant que tu te dis qu’il s’agit peut-être de tes dernières minutes sur Terre. Instant figé où c’est une lame que tu sens perforer tes fourrures, arrachant une part de peau et de sang. Entaille profonde fait à l’arrière de ton dos tu perds l’équilibre, quand l’un d’eux attraper la fourrure qui te sert de capuche, te jetant au sol comme un simple lapin de garenne.

C’en est fini.

Voilà ce qui te passe par la tête avant que tu ne te reprennes. Tu n’as pas vécus toutes ces années pour laisser les Reapers gagner. Un coup d’oeil un peu plus loin t’offre une porte de sortie, tu te remets sur pied, un gémissement rauque répondant à la douleur qui travers la plaie. Plus que quelques pas et tu y es. Là, face à toi se dessine le bord d’un petit ravin de pierres, plusieurs mètres te sépares du sol mais tu ne réfléchis plus, tu ne jettes pas un seul regard en arrière pour t’y jeter. La chute est douloureuse, arrêtée en partie par les arbres, de l’autre par la fine couche de poudreuse. Tu es sonné et il te faut du temps pour retrouver tes repères… Pourtant il n’y a autour de toi aucun corps, rien. Ils n’ont pas sauté. Tu. Te redresses, repousse les branches brisées tandis que tu craches tes poumons sur la neige boueuse. Tu es en vie mais tu n’as pas de temps à perdre lorsque tu te relève… Il te faut fuir la zone.

Combien de temps as-tu marché? Pas tant que ça, mais assez pour que la forêt ai repris son silence seulement ponctué d’oiseaux. Ton souffle est court et ta main n’arrive pas à stopper le sang aussi bien que tu ne le désirerais… Tes pieds t’ont pourtant menés le long d’une berge, l’eau n’est plus gelée et sa couleur limpide est de bonne augure. Les glaces fondent et l’alimente, tu tombes à genoux au bord de l’eau. Dans des grognements rauques tu retires ce que tu porte. Fourrure, sacoches, vêtements désormais déchirés… Un regard à la plaie t’indique qu’elle fait une longueur d’environ quinze à vingt centimètres, tu ne saurais le dire exactement, la course effrénée n’a en rien aidé, la laissant s’élargir à sa guise… L’eau froide est un soulagement autant qu’elle est douloureuse, tout ton corps réclame son due entre le froid, la douleur et tes mouvements. Tu es conseiller. Ton rôle n’est pas de te laisser aller pour si peu alors tu continues ce que tu as commencé, vidant la gourde glacée sur ton dos, trempant pantalon et reste de vêtement, le sang coulant le long de ton dos avec flegme. Devant toi tu as ouvert ce qui semble être un nécessaire à soin. Une peau roulée dans laquelle se cachent des aiguilles, du fil, des bandes et des plantes séchées. Le travail est complexe, douloureux… Tu dois pourtant le faire, rentrer chez toi en un seul morceau…

Pourtant le calme se rompt, un son que tu comprends immédiatement être des pas, sort des sous bois. Tu es à découvert. Aussitôt tu lâche ce que tu tenais, te relevant la lame à la main, visiblement peu affecté par la plaie béante qui cisaille tes mouvements… Il est là, l’animal sauvage que tu es, prêt à tout pour survivre. « Nou sen yu fut daun nowe. » Ta voix est dure, semblable aux râles d’un vieil animal blessé.  « Chon yu bilaik? Hakom yu kamp raun hir? »
Tu n’aurais jamais menacé un débarqué dans ton état normal. Ta perception pourtant était altérée par la douleur, ton regard cherchant la personne que tu avais entendue, la sachant sous les cimes des arbres alors que le ciel couvert t’empêchait de voir autour de toi… Il aurait tout autant pu être là pour finir le travail… Ton corps était tendu, d'apparence immobile.. Pourtant ton tu savais que tu ne tiendrais pas longtemps, la chute t'avais fragilisé, des égratignures basanaient ton corps et la lame qu'on avait plantée dans tes côtes avait non seulement fait perdre beaucoup de sang à ton être, mais elle te rendais faible.
S'il était l'un des leurs, tu n'aurais pas d'échappatoire.

©️ FRIMELDA



Spoiler:
 


Dernière édition par Caleb A. Hakara le Jeu 18 Oct - 14:30, édité 2 fois

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01/08/2018 Totoro's Child. TC Jones. 347 Rami Malek Ma Reine d'amour ♥ - imaginarium - ariana grande, breathin Conseiller Odysséen. - Botanique & Zoologie. Dana 759
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« I hurt myself today to see if I still feel I focus on the pain the only thing that's real the needle tears a hole the old familiar sting try to kill it all away but I remember everything »

☁️ 25 mars 2118

Wyatt allait mal, affreusement mal depuis le cyclone. Pas un pas dehors, enfermé à nouveau dans une cage qu'il se crée lui-même. Il a toujours détesté cette foutue cage dans laquelle il a grandi, et pourtant, le voilà là, à la recréer seul comme un grand alors qu'il y a tout un monde dehors. Oui, mais le monde dehors il est abîmé, brisé. Le monde hurle sa douleur dès que quelqu'un fout un putain de pied sur la Terre. Elle a mal, elle s'est faite mal. Les branches qui craquent, les animaux qui agonisent et les humains aussi. Tout le monde pleure depuis des mois et Wyatt ne comprend pas. Dans les faits, il est plus que capable de comprendre un cyclone et même pourquoi il arrive mais en vérité, son cerveau est beaucoup trop embrouillé pour être factuel.

De temps à autres, Harlan ou Rowena passent encore, il vient les saluer. Mais ce n'est pas comme avant. Il ne cherche plus ni enseignement, ni conseil. Il ne cherche plus rien, en vérité. Pire qu'un animal blessé, il ne rugit plus, pendant un temps, il attend juste la mort, persuadé qu'elle va finir par passer le pas de sa porte. Mais elle n'arrive pas, bien évidemment. Qu'importe la souffrance et l'envie terrible de s'arracher le cœur lui-même. Qu'importe la douleur qui semble grandir et encore grandir. La Mort, cette fourbe, ne compte pas le prendre lui, pas maintenant, c'est pas dans ses plans. Non, il va souffrir, s'enfoncer comme on enfonce un corps dans la neige pour plus jamais le retrouver. Se gêler de ses émotions et de ses sentiments pour s'en remettre comme un mec qu'on aura mis trop de temps à retrouver. Plus jamais le même, plus jamais pareil.

Wyatt a beau tourner en boucle, rien ne change. Il a beau tourner en rond dans sa cage de fer et piquer ses colères, rien ne change. Il essaie, en vain, d'appeler la Mort qui se moque de lui, le rendant plus égoïste que jamais pendant quelques temps. Trop occupé à attirer l'attention de celle qui rit de lui, l'idiot ne voit pas ceux qui pleurent autour de lui. Il ne voit rien, un aveugle dans un monde qu'il ne connaît pas. Une claque énorme dans la figure pour l'homme qui pensait toujours aller de l'avant. Le cyclone l'a repoussé en arrière, encore plus en arrière qu'il ne l'était en arrivant et ça, il sait pas comment s'en sortir. Il sait plus comment faire, il arrive plus à respirer correctement alors sortir dehors ? Affronter, pluie, neige et vent ? Affronter ce monde qui parfois lui a causé des cicatrices qu'il n'aurait jamais eu s'il était resté sagement en place ?

Il n'a jamais eu peur du danger, du moins, pas de cette manière. Jamais non plus eu peur de se faire engueuler, encore moins de cette manière. Non, son seul frein, c'est cette corde qui semble tenir sa gorge pour l'étrangler, cette corde qu'il s'est mise lui-même sans que personne n'ait rien demandé. Mais c'est justement cette corde qui le fait réagir trop brusquement, trop violemment. Cette sensation qu'on lui attrape la gorge par derrière pour venir l'étrangler lentement. Il n'arrive plus à respirer, il étouffe. Alors il enfile le premier truc chaud qui lui passe sous la main, un couteau de fortune dans sa poche et il s'en va. Lorsqu'il croise des gens ce ne sont que des fantômes. Des fantômes qui n'ont plus rien à voir avec lui. Plus vraiment vivant, il a l'impression que tous ces gens sont là sans plus l'être vraiment. Il devient fou, à rester seul avec lui-même, complètement timbré à se fier à ses propres pensées.

Alors lorsqu'enfin, il pose un pied dehors, Wyatt brise la corde. Respire à nouveau. Le souffle trop fort, trop prononcé, presque épuisé d'avoir seulement traversé le bâtiment avec des battements de cœur si forts qu'ils lui donnaient le tournis. Il prend le temps de reprendre sa respiration. Et deux choix s'offrent à lui : soit il fait demi-tour, retourne dans sa solitude. Traverse ce couloir de la mort, rempli de vivants dont il ne fait plus partie, soit il se casse. Une bonne fois pour toutes. Il confronte la Nature, lui parie qu'il va gagner. N'importe quoi, en fait. N'importe quoi tant qu'il ne reste pas là. Alors c'est ce qu'il fait, sans un regard en arrière, sans écouter les voix de sa propre tribu qui l'appellent. Wyatt s'en va, il passe les portes sans un mot, un seul. Il a eu l'habitude de le faire pendant longtemps, alors personne ne s'en fait vraiment.

Et puis comment s'en faire pour un mec qui est déjà presque mort, plus vraiment vivant ? Il a les larmes aux yeux le brun, lorsqu'il s'enfonce dans la neige qui semble ne pas vouloir fondre. Laisser place au printemps et à nouvelle ère. Il se fait mal à chaque fois qu'une branche craque sous ses pieds, se confond en excuse dès qu'il croise un morceau de sa Mère Nature dévastée. Complètement paumé, il ne sait même plus s'il veut continuer. Il ne sait plus contre qui être en colère, sinon lui-même. Alors il avance, tête baissé, sans doute pour une fois de plus voir la Mort en face, se foutre en danger comme il a toujours su si bien le faire. Il déglutit, parce que pour la première fois il a peur. Peur des bruits de la forêt ou plutôt de l'absence de ces derniers. Wyatt a passé deux années à s'habituer à chaque petit bruit, reconnaître ce que tout était aux côtés des Naoris et autres rencontres de fortunes. Normalement, son cerveau est capable de cette analyse mais cette fois-là, c'est pas le cas. Capable de rien d'autre que d'avoir peur. Avoir peur de tout, de rien. De ses propres pas lorsqu'il tourne la tête, du bruit de sa propre respiration. Et puis du reste. De tout le reste. Harlan lui a appris à reconnaître les animaux, surtout les dangereux. Rowena lui a appris à reconnaître les autres. Les deux ont parlé de légendes et tout s'emmêle dans le crâne du conseiller. Il soupire, cherche à se rappeler pourquoi on lui a dit de ne pas faire ce qu'il était en train de faire. Les dangers principaux, surtout l'hiver, surtout après un tel changement. Mais ça lui revient pas, de toutes façons, ces temps, rien lui revient à part sa propre peine.

Donc il avance, il traverse les terrains réellement connus et se dirige sans réellement savoir pourquoi vers une autre terre connue. Peut-être pour trouver des réponses qu'il ne trouve plus nulle part, peut-être parce que sa vraie cage de fer aura quelque chose de rassurant, même en ruines. Mais il ne faut pas qu'il y aille, il ne faut pas passer le pas de quelque chose d'abandonné, qui n'a rien à faire là. Les vestiges attireront bien des choses, qu'on lui a dit et répété. Les ruines vont être hantées, et pas par vos morts. Wyatt entend les phrases de ses amis comme il entend le vent qui se claque contre ses oreilles. Il n'y fait pas attention, et lorsque dans la neige, il voit des pas, qu'il entend des bruits, il ne réagit pas, il ne réagit plus. Avant le cyclone, il aurait fait preuve de prudence, aurait étudié la situation, mais là, il s'en fout, il s'en fout réellement. Alors il prend pas le temps de réfléchir plus longtemps, prend un chemin qu'il connaît par cœur et où les traces n'existent plus, les bruits non plus. Peut-être ne s'est-il pas fait repérer. Peut-être a-t-il seulement rêvé. Toujours est-il qu'il est désormais plus bas, le long de la rivière. Cette rivière qu'il a parcouru maintes et maintes fois, qu'il connaît de long en larges et en travers. Un repère ici, un repère pour lui. Pour retrouver les siens, toujours retrouver les siens. Mais cette fois c'est différent, ce n'est pas vers l'un des siens qu'il se dirige. Au fond de lui, il le sait très bien. Personne n'est assez stupide parmi les débarqués pour fuir en plein hiver. Alors il se décale un peu, s'éloigne de la visibilité pour se fondre dans les bois. Ceux qui sont à hauteur de la rivière, certes, mais lui laisse l'avantage sur quiconque lui fera face dans quelques pas.

Pour une fois, il aurait aimé être discret. Venir observer l'homme sans qu'il vienne à le remarquer. Mais c'était sans compter sur la Nature qui souffre et hurle sa douleur lorsqu'un homme pose les pieds sur elle. Une branche morte, recouverte par une fine couche de neige, le craquement qui résonne et laisse même quelques oiseaux s'envoler. Et merde. Qu'il se dit sans le prononcer. Mais l'avantage, minime, reste là, l'homme se relève, clairement blessé, les traces rouges tâchant un peu tout ce qui se trouve autour de lui et dans une position qui ne révèle rien d'autre que la peur. Un instant, l'Odysséen hésite. Évidemment, si Harlan était là, il lui dirait de faire tout sauf s'approcher, pas avant d'en savoir plus, d'en connaître plus sur celui qui lui fait plus ou moins face. Mais Wyatt est seul, désespéré et trop de voix se mêlent dans sa tête pour qu'il puisse réellement écouté celui à qui il doit la vie à chacune de ses sorties. Donc il avance, d'un pas ou deux. Mais l'homme l'entend, bien évidemment. Il parle cette langue qui n'est pas celle de Wyatt mais que pourtant, sur l'instant il comprend encore. Peut-être la situation fait que son cerveau n'a pas le temps de réfléchir, de se dire que ces quelques mois l'ont réellement fait tout oublier ou alors peut-être simplement parce que ce sont des mots qu'il a entendu et ré-entendu un nombre de fois tellement nombreux qu'ils en deviennent un automatisme dans la tête du biologiste.

Il s'arrête donc, sous l'ordre de l'autre. N'avance plus, le fixe de ses yeux bruns dans l'ombre, caché par les arbres et cette forêt qu'il aime autant qu'il la déteste. Sa voix est rauque, trop rauque. Wyatt saisit qu'il souffre, bien plus qu'il ne le montre. Son visage reflète ce côté dur, incassable tandis que le sang et les mots qui s'échappent de lui, eux, reflètent la douleur. Il veut l'aider, l'idiot. C'est tout ce qu'il veut. Alors il soupire et cherche comment se faire entendre mais l'autre lui pose de nouvelles questions. Et le débarqué, lui, naturellement, veut répondre en anglais. Pas quelque chose qu'il fait tout le temps mais plus pour un nouveau pari. Pari Naori. Il les connaît presque tous, certes, mais quand-même. Peut-être qu'il a oublié des visages. Et puis vu là où il se trouve, vu le temps, vu la fourrure à ses pieds, vu tout le reste. Il a ce sens qui lui rappelle ceux qui lui ont toujours tendu la main. Une deuxième famille, la première et la seule sur Terre. Des gens sans qui il n'aurait pas pu accomplir la moitié de ce qu'il a accompli. Donc Wyatt ne bouge pas, il ne compte pas l'effrayer plus que nécessaire et il dit, simplement, d'une voix la plus neutre possible. « Wyatt, je viens de l'Odyssée. Et je me baladais seulement, je ne te veux aucun mal. » Il s'avance suite à ses propos, sans en attendre plus de la part de l'autre, du blessé.

Il laisse sa silhouette se découvrir au devant des arbres, les deux mains en l'air, prouvant qu'il n'a rien d'hostile, comme quoi, il lui reste quelques réflexes. « Tu es blessé. » Qu'il fait remarquer sans chercher réellement plus loin, ni le pourquoi du comment. Il tourne sa tête un peu par réflexe, cherche d'où viennent les pas de l'homme et surtout, pourquoi il est dans cet état. « Qui es-tu ? » Qu'il ajoute, lentement, ne bougeant plus, laissant le temps à l'autre de le voir et de l'analyser. Laissant du temps avant de réellement s'approcher. « Tu es vraiment beaucoup blessé. » Qu'il continue à dire, pas tant pour l'autre mais surtout pour lui en voyant de plus près l'état de tout ce qui se trouve autour de lui. Il laisse une moue se dessiner sur son visage avant de dire machinalement. « Je peux t'aider ? »

Même si la question qui lui taraude réellement le crâne, celle qui prend la place de tout le reste, c'est qui lui a fait ça. Qui lui a infligé ça ? Qui l'a mis dans cet état ? Étrangement, ça ne semble pas réellement animal comme attaque. Mais ça semble un peu trop précipité pour qu'il puisse aborder le sujet, alors à la place, il finit par ajouter. « Tu devrais t'asseoir, tu vas te faire encore plus de mal à rester aussi tendu. Tu perds trop de sang. » Combien de fois Wyatt était-il tombé dans les pommes parce qu'il avait continué à marcher malgré une plaie bien ouverte qui saignait en se disant, bêtement mais non ça va aller ? Trop de fois pour que sa voix dans sa dernière phrase ne se transperce pas d'honnêteté. Il avait un peu peur, ceci-dit. Pas de l'homme face à lui mais bel et bien de ce qui l'avait attaqué, de l'odeur de son sang et du fait d'être à découvert. Même sans avoir toute sa tête et la voix d'Harlan bien cachée dans un coin de sa tête, Wyatt était capable de se souvenir que ça allait à l'encontre d'à peu près tout ce qu'on lui avait enseigné depuis son arrivée ici. Mais une chose à la fois, pas vrai ? D'abord on établit un contact, il nous transforme pas en charpie et ensuite, on voit pour l'essentiel de survie.
doctor sleep | quote : Nine Inch Nails, Hurt.


Dernière édition par Wyatt Sheperd le Mer 24 Oct - 19:14, édité 3 fois

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18/12/2017 Léonard // Phoebus Raphaël D. Ansvor 652 Michael Fassbender Zoologie // Orientation Naori 198




So foul and fair a day I have not seen
Wyatt & Caleb

Tu as commis une erreur, pensant qu’en ces bois tu serais de nouveau seul. Que personne ne sortirait alors que les dernières neiges recouvraient le sol, mettant à nu chaque passage, chaque trace, camouflant les odeurs du sous bois mais mettant en avant celles du voyageur s’aventurant sur ce manteau immaculé. Tu as baissé ta garde parce que la douleur est puissante dans le creux des côtes, qu’elle engourdie bras et respiration. Tu as baissé ta garde comme un animal blessé parce que c’est ce que vous êtes : des animaux. Ni plus ni moins, et qu’à l’instar de ces derniers, être faible au milieu d’une forêt est une aubaine pour tout les prédateurs.
La forêt en hiver est un piège à elle seule. Le cyclone a modifié considérablement sa topographie, dévêtu ses arbres, noyés ses sols, alors tout est différent. C’est ainsi, malgré tout, qu’elle t’as permis de remarqué que tu n’étais pas seul, que quelque part dans ces bois sombres quelque chose était là. Loin de te rassurer cela tends même à mettre tout tes sens en alerte, bannissant le moindre comportement avenant, paré à en découdre plutôt qu’à baisser l’échine.

S’il y a une chose que tu as en horreur, c’est d’être épié. Découvert. Mis à nu.

Le froid semble le cadet de tes soucis dans cette situation, manteau blanc tâché de tes pas et du sang qui y coule lentement, glaçant ton odeur et ta personne au sein de la forêt. Ta voix sonne comme un écho au coeur de la forêt, un écho sans réponse, qui ricoche sur les arbres. Le son lointain des oiseaux disparait peu à peu et le froid revient à la charge, la neige étouffant les sons, endormant les bois.
Tu l’entends, tu reconnais cette langue sans problème, mais tu ne le crois pas.
Et tu le vois sortir du bois tellement une biche solitaire, éloignée des autres lors d’une attaque. Ses grands yeux t’observent et tu ne veux même pas savoir depuis combien de temps il est là, tes iris posées sur lui entre colère, douleur et appréhension. Tu sais reconnaître les débarqués, ce n’est pas bien difficile. Leurs vêtements, leur façon d’être, leur naïveté apparente et leur chance plus que supérieur de finir dans la gueule du loup… Tu les as toujours regardé comme s’il ne passerait pas l’hiver et pourtant, ils ont réussit bien plus que ça. Sous estimés, tu n’as pourtant jamais voulu revoir ton jugement et tes brèves rencontres n’ont pas toujours été assez fructueuses pour que tu t’autorise à baisser ta garde.
Alors oui, tu ne le crois pas, pour toi on ne se promène pas en forêt sans raison, sans but. T’observait-il comme on étudie des animaux? Était-il perdu, espérant qu’en bon samaritain, tu le ramènerais chez lui? Que voulait-il exactement? Tu imagines l’espace d’un instant qu’il pourrait tenter de prendre le dessus, récupérer fourrures et autres accesoires, quoique la paix règne entre vous, l’hiver ne fait pas de cadeaux… Mais ses mains levées prouvent au moins qu’il vient en paix, pour le moment.
Tu l’observe sans lui répondre, le déshabille du regard à la recherche d’une arme, d’un couteau ou de tout objet contendant qui pourrait attenter à ta personne -quoiqu’il n’aurait pas besoin de grand chose vu ton état- , il semble avoir sur lui des affaires suffisantes pour y cacher des objets mais tu doutes qu’il n’ait l’expérience nécessaire pour dégainer avant que tu ne puisses te défendre. Même au bord de la mort tu tiendrais trop à la vie.

Tu grimaces à sa remarque, blessé, en effet, tu l’es et à mesure que les minutes passent, la plaie que tu avais soigneusement nettoyé avec l’eau qui coule derrière toi semble ouvrir sa gueule béante, laissant le sang courir le long de ta peau. Difficile de cacher ça à quiconque, pourtant tu te tourne par réflexe, toujours sur la défensive. Montrer tes faiblesses est une chose qui ne te ressemble pas.
« Qui es-tu? »
Tu fronces les sourcils. Il est vrai u’alors que les autres conseillers avaient fait plusieurs fois le voyage jusqu’aux débarqués tu avais toujours été catégorique sur le fait de rester au village, te demandant quand votre bonne étoile viendrait à vous jouer des tours avec ces gens venus d’ailleurs… Alors tu ne réponds pas, imagine clichée parfaite du vrai sauvage tu sembles même te refermer un peu plus à chaque seconde, analysant non seulement l’homme en face de toi, mais aussi les éventuels échappatoires que t’offre la nature. Tu sais qu’ils ne sont pas loin, ceux qui t’ont fait ça, ou plutôt, ces choses qui t’ont fait ça. Ils pourraient arriver d’une minute à l’autre et tu sais que sacrifier un débarquer pour sauver ta peau serait la dernière bonne idée pour protéger les tiens… Il ne sait pas où il est tombé, loin de chez lui, seul dans une forêt dont il ne connaît que la croûte visible… Qui est-il d’abord? Son nom te dis quelque chose et peut-être que tu as déjà entendu ça lors d’une réunion avec les autres conseillers, peut-être que tu aurais du être plus attentif au lieu de te borner…

Et voilà que dans tonte son honnête, l’autre te propose son aide. Tu ne le lâche pas du regard et tu es sans nul doute à ses yeux l’un de ces natifs que vous ne savez mettre dans tel ou tel camp. Que ferait-il si tu ne parlais pas sa langue? Il a pour le moment affaire au silence en guise de réponse et à la méfiance en guise d’acceptation, pourtant il ne fuit pas. Tu ne sais pas s’il s’agit de bêtise ou de courage, si son idée de t’aider est altruiste ou purement idiote. S’il connait les tiens, ne lui ont-ils pas indiqué de rester à distance des inconnus? Ici bas, la confiance est quelque chose de rare et l’hiver est une période où chaque prise, chaque vêtement, chaque outil, est un trésor à voler. Qui dit que tu n’es pas l’un de ces voleurs errants aux subterfuges aguerris pour arriver à leurs fins?

Tu laisses encore le silence s’installer alors qu’il se tait pour de bon, dague toujours en main. Le pire dans tout ça c’est qu’il avait raison. Tu voyais comme lui le sol aux teintes carmin, tu sentais la plaie palpiter au rythme de ton coeur, ta respiration est loin d’être aussi calme et silencieuse qu’à l’accoutumée et si tu ne te le dis pas, les mots qui sortent de la bouche de l’homme du ciel sont pure vérité…
Pourtant tu n’obéis pas, tu ne sais pas ce qu’il faut faire. Tout ton être réclame de l’aide mais ta fierté est là, bien présente et il s’écoule bien quelques minutes avant que tu ne décrètes qu’il ne semble pas hostile, alors seulement tu daigne abaissé l’arme avec laquelle tu comptais te défendre, la gardant tout de même en main. « Comment un débarqué pourrait-il y faire quoique ce soit?.. »
Enfin son pari a fonctionné, ton anglais est fluide comme si le trigedaslend d’il y a quelques minutes n’était pas ta langue maternelle. Loin d’être un gamin, tu avais eus toute une vie pour le perfectionné, vie qui apparemment ne s’arrêterait pas aujourd’hui, ne donnant pas ta place au conseil à la jeune Karah. C’est en pensant à elle que tu abats lentement tes défenses. Tu la sait prête à prendre ta place mais toi, tu n’es pas prêt à la laisser seule, à la perdre. Quoique tu ne dises avoir un coeur de pierre, tu as déjà perdu une fille… Voudrais-tu réellement disparaitre de la même façon pour ton apprentie? Pour tout les autres? Tu le toise, reculant d‘un pas pour te rapprocher de la rivière sans lui tourner le dos alors que tu pose un genoux à terre, puis deux, find e plonger la main dans l’eau glacée, évacuer le sang et engourdir la douleur en serrant les dents.
« …Caleb Hakara. » Conseiller animiste Naori, et fervent absent de toutes vos petites rencontres. Tu ne t’étales pas cette fois, inutile de lui apprendre ton rang s’il ne le connait pas déjà, ce serait te mettre en danger pour rien. S’il le connait grâce à tes collègues, alors peut-être comprendra-t-il que le fait de te croiser ainsi blessé en forêt signifie que le danger qui rôde est bien plus important qu’il n’y parait, qu’il faudrait qu’il prenne ses jambes à son cou pour retourner parmi les siens… À moins que sa promenade en forêt n’ait pour but de ne pas rentrer.
« On ne se ‘balade’ pas en forêt l’hiver… Pour quelle raison es-tu ici? Les tiens sont à des kilomètres… C’est long, pour une simple balade. »
Toujours méfiant, tu as pourtant malgré toi daigné t’asseoir, posant la dague à portée de main au cas où quelque chose viendrait à se passer… Sans pour autant penser que cela viendrait du Débarqué, ne lui montrant pas la lame comme une menace. « Après tu seras tout seul. » Tu l’as soufflé, baissant assez ta garde pour qu’il puisse si le coeur lui chantait, enfin s’approcher. Façon silencieuse d’accepter son aide… S’ils reviennent, tu n’auras qu’un seul choix : Celui de fuir.
Et il n’y a pas besoin de réfléchir longtemps pour dire que celui de Wyatt serait le même.
Si seulement il se rendait compte du danger dans lequel il venait de tomber… Tu pourrais lui dire, lui expliqué… Mais quelque part, ton instinct te dicte de d'abord le laisser panser tes plaies avant de le faire fuir… L’égoïsme est parfois une bonne manière de rester en vie ici bas.
©️ FRIMELDA


Dernière édition par Caleb A. Hakara le Jeu 18 Oct - 14:30, édité 1 fois

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La tension est palapable entre les deux hommes. Enfin, plutôt entre l'autre homme et tout ce qui l'entoure et donc par défaut Wyatt. Si le débarqué sort des bois en pacifiste il n'est pas suffisamment idiot pour réaliser que quelque chose ne tourne vraiment pas rond dans le tableau qui s'affiche face à lui. Alors il parle, calmement, langue natale, pari risqué mais bon, sait-on jamais. Il réfléchit, observe un peu les lieux et ce qui les entoure, s'évertue à dire quelques mots plutôt que simplement les penser. Il répond aux questions, des restes de souvenirs lointains, des cours qui datent d'il y a trop longtemps maintenant. Le brun ne ment pas, parfaitement honnête avec l'homme face à lui, il finit d'ailleurs par lui offrir son aide, simplement, peut-être un peu trop brutalement.

Et puis Wyatt se tait, finalement. Lui qui n'a jamais su trouver les mots n'en a définitivement plus aucun pour combler le silence de celui qui se tient en face de lui. Alors il soupire, lentement, il regarde toujours un peu l'environnement et se demande juste pendant un instant si c'était réellement une bonne idée de s'avancer à ce point. Se mettre à découvert aux côtés de l'animal blessé dont il ne connait rien. Ni tribu, ni nom. C'est peut-être un piège à la con. Des mois d'autarcie pour finir bouffé par des cannibales ou une connerie du genre, y a bien qu'à lui que ça pourrait arriver. On peut pas dire qu'il n'a pas été prévenu, pourtant, le Conseiller. De ne jamais trop s'avancer, jamais trop s'éloigner. S'il n'a clairement pas intégré ce conseil dans son crâne, il se demande si finalement ça n'aurait pas été une meilleure idée de rester encore un peu enfermé. Et puis il se perd dans ses pensées, imaginant ses morts, plus atroces les unes que les autres. Imaginant que sa vie se termine maintenant, parce qu'il est stupide, à tendre la main à un humain alors que c'est ceux en qui il a le moins de confiance. Mais tout a changé depuis le cyclone, et puis l'autre est salement blessé. Il serre les mâchoires, perd son regard entre l'homme et la neige, le sang et le bruit de la rivière.

Une éternité plus tard, l'inconnu abaisse son arme et Wyatt, lui, se détend enfin un peu et retrouve le regard de l'autre qui parle sa langue. Un soupir de soulagement, discret mais palpable qui traverse le corps entier du débarqué. Les mots, bien qu'en anglais, sont pourtant une agression pure et dure. Le biologiste n'y répond pas, il hausse les épaules, ses billes brunes toujours dans celles de l'autre. Peut-être qu'il peut rien faire mais ça coûte rien de demander, pas vrai ? Il se tait, à son tour, laisse toute la place à celui qui va se vider de son sang s'il continue à jouer au plus con.

Mais le blessé semble s'apaiser lentement, malgré son hostilité. Il baisse la garde et ses muscles se détendent, Sheperd le regarde faire sans rien dire jusqu'à ce qu'un nom vienne percer ses tympans fragiles. Caleb Hakara. Il acquiesce, toujours dans son silence, laissant toute la place à l'inconnu qui n'en est plus vraiment un. Le nom, lui, lui reste en tête. Comme une idée qui germe lentement, qui ouvre tous les tiroirs de sa mémoire défaillante pour trouver pourquoi ça le fait tiquer. Il ne lui est pas inconnu, cet homme et pourtant son visage, sa voix, rien ne lui rappelle quelque chose qu'il connaît. Alors ça doit être son nom, c'est forcément son nom. Il réfléchit dans ce silence qui semble devenir un troisième membre de leur rencontre et Caleb reprend la parole pour douter de lui, une fois de plus. Il pourrait rouler des yeux, hurler son innocence tellement il retient de la colère et de la tristesse depuis des mois mais au lieu de ça il esquisse un demi-sourire, laisse échapper un petit rire. Personne ne lui avait dit ça depuis des mois, qu'il était inconscient. Sous-entendu certes mais fallait pas être né de la dernière pluie pour comprendre ce que Hakara lui disait en parlant comme ça.

On l'a souvent pris pour un suicidaire ou suicidé. Un inconscient qui n'avait aucune notion du danger. Harlan et Rowena avaient passé de longs mois à lui expliquer, lui répéter et lui lister les dangers et lui, qu'est-ce qu'il avait fait ? Il avait pris ses clics et ses clacs et s'était tiré pendant six mois sans jamais se retourner, simplement pour vivre, pour essayer. Alors ça lui rappelle un peu ce temps où son cœur lui arrachait pas la poitrine, où sa gorge ne lui triturait pas l’œsophage comme s'il allait vomir à chaque fois qu'il respirait. Le blessé s'assoit enfin et Wyatt s'avance doucement, toujours en silence. Ses pas comme seul bruit, cassant la neige qui hurle la fin de sa vie, la fin de l'hiver aussi. Peu à peu les pas qui les séparent s'amenuisent et le Conseiller prend malgré tout le temps d'observer tout ce qui les entoure. Il regarde autour de lui d'un automatisme déconcertant, prêt à un danger grand. Parce qu'à chaque fois que ses yeux noirs trouvent le grand blessé il lui semble un peu plus amoché. Alors son cœur se serre, d'une façon différente de celle qui le torture et l'homme le coupe dans son élan, lui soufflant qu'il serait seul après. Après quoi ? Sa mort ? La leur ? Wyatt s'en fout un peu en vérité, quand n'est-il pas seul ? Sans chercher à comprendre plus, il finit de couper la distance entre eux et se pose à côté de Caleb.

Toujours en train de fouiller silencieusement sa mémoire, il s'approche de la rivière afin d'y glisser ses doigts. Elle est glacée mais s'il doit toucher les plaies du blessé il doit le faire correctement. Des réflexes qu'il n'a plus utilisés depuis des mois et qui reviennent sans même qu'il n'ait à y penser. Un frisson lui parcourt le corps entier alors qu'il secoue ses mains pour les sécher, finalement prêt, prêt à suivre des consignes, faire ce que l'autre lui dictera il plante ses billes dans les siennes et commence à nouveau à parler. « Je suis inconscient, paraît-il. Mais j'aime la nature et tant pis si elle y cache des dangers. » Il se coupe, jette un œil, attentif aux bruits de la forêt et reprend, son regard se concentrant plus sur les plaies que sur le visage de l'autre. « Et je suis toujours seul, de toutes façons. Alors ce n'est pas un problème. »

Des paroles qui s'envolent, fracassent l'air et le silence, fracassent la distance et la froideur entre eux. Il lui tend les mains, propres, glacées et sèches. « Dis-moi ce que je dois faire, je t'écoute. » Il ne cherchera pas à le contrer, ne cherchera pas à montrer une quelconque dominance en aucun genre. Pas de son style et puis surtout, pas en cette situation. Il veut réellement l'aider, du fond des tripes, ça s'entend dans ses mots, sa sincérité. Et puis ça lui revient, comme un éclair foudroyant. Ça lui revient brusquement alors avant que l'autre ait le temps de répondre il pose à nouveau ses yeux dans les siens. « Naori. » Caleb Hakara. Conseiller Naori, celui qui n'a pas voulu se présenter, celui qui n'a jamais trop apprécié les débarqués. Il pourrait lui dire, Wyatt, qu'il sait qu'il est Conseiller, qu'il connaît son rang et qu'il a compris qui il était. Mais dans sa tête ça ne fait qu'un tour, si l'homme qui a refusé d'assister à des rencontres, il n'est certainement pas en proie à accepter les remarques et les critiques d'un débarqué. Ça doit même lui coûter, d'accepter l'aide de celui venu du ciel, celui qu'il a rejeté depuis trois longues années. Alors maladroitement, Wyatt se reprend, il se rattrape dans un sourire un peu maladroit. « Ton accent, quand tu ne parlais pas ma langue. Je cherchais d'où tu venais. Pardon, il m'arrive de penser à voix haute. » Une excuse et un détour de conversation pour que celui qui se vide de son sang ne parte pas en courant. Il ne mentionne donc pas son poste et ne parlera pas de son camp ou ses petits camarades. Maladroit mais pas totalement stupide, le Conseiller sourit à l'autre, prêt à exécuter des directives et changer aussi radicalement de sujet avant que les choses ne tournent mal de son côté. « Je ne sais pas ce qui t'a fait ça mais clairement, ça t'a pas raté... » Une observation alors que son regard se glisse une fois de plus sur les plaies et les tuméfactions qui commencent à se former. Dans un soupir Wyatt avoue tristement à l'autre. « Je ne suis pas médecin, alors je m'excuse d'avance mais tu devras sans doute te refaire soigner en arrivant chez toi. Mais si tu me donnes des directives précises, je suis capable de les suivre. Je pense que ça devrait aller pour que tu puisses au moins rentrer. » Dans toute sa sincérité l'odysséen ne se pose pas plus de question, n'en pose pas vraiment à l'autre.

Pourquoi avoir été autant sur la défensive ? Pourquoi ne jamais avoir voulu au moins les rencontrer ? Les pensées ne traversent qu'à peine la tête de Wyatt tandis qu'il commence à appliquer les ordres de l'autre sans sourciller. Ses plaies sont vilaines mais ce qui l'inquiète le plus, c'est le sang qu'il a perdu. Ils ne sont pas à côté de sa tribu et il va devoir marcher, blessé, rafistolé, seul, dans le froid, alors tiendra-t-il ? Dans sa naïveté, celle qui passe au delà de la raison, le biologiste finit par dire doucement. « J'ai quelques baies dans mon sac si ça peut te redonner un peu d'énergie. » Sans chercher à s'imposer ou mieux savoir que l'autre, au contraire même. Il dit ça d'un ton incertain, comme tout le reste. Et malgré tout ça, il ne peut s'empêcher de penser à ce qui lui a fait ses blessures. Il ne peut s'empêcher de penser à une chose capable d'infliger ça dans les bois qu'il a traversé probablement en parallèle de l'homme à ses côtés. Alors il déglutit, sursaute tandis qu'une branche se brise violemment. Son regard se porte sur cette dernière pour n'y voir qu'une branche morte qui a du céder. Heureusement, à cet instant précis, ses mains n'étaient pas sur les plaies du Naori. Le menton bas, une moue désolée qui s'affiche, Wyatt s'incline. « Désolé, je ne peux pas me sortir de la tête que ce qui t'a attaqué risque d'être attiré par l'odeur du sang. Mais je vais me concentrer. »

Une promesse sous un silence qui s'installe en quelques secondes à peine, prend toute la place là où la confiance s'entend à peine. Il a le cœur qui lui triture le torse mais il ne dit rien, la peur dans le regard, il a finalement encore un instinct de survie, encore envie d'y croire à la vie. Quelque part, non loin, tout au fond de lui. Mais ce n'est pas sa priorité, sa priorité c'est rarement réellement lui et en l’occurrence, c'est Caleb, sa priorité. Le sortir du danger et l'aider, le plus vite et le plus efficacement possible. Histoire que le Conseiller Naori rentre sain et sauf auprès des siens. Mais pour ça, il ne dit rien. Y a juste son visage et son regard qui changent, ses expressions qui oublient les dangers et la forêt, ses yeux qui ne voient que le blessé et ses oreilles qui n'écoutent que ses paroles. Pour le reste, on verra après.

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18/12/2017 Léonard // Phoebus Raphaël D. Ansvor 652 Michael Fassbender Zoologie // Orientation Naori 198





So foul and fair a day I have not seen
Wyatt & Caleb

Le temps parait toujours plus long lorsque l’on est menacé. C’est peut-être parce que l’être humain cesse tout mouvement dès lors qu’une arme est pointée envers lui au lieu de réagir, par peur d’être blessé, peur de perdre un avantage qu’il n’a déjà plus. Pour lui comme pour celui qui le menace, le temps semble alors se ralentir. D’un sens le cerveau envoie les signaux divers d’une centaines de scénarios menant à la tombe, de l’autre, il se demande sous quel angle attaquer pour ne pas se faire avoir à son tour.
C’est peut-être pour cela que tu as sorti les armes aussi rapidement, pour te laisser le temps non pas de te vider de ton sang, mais de ne pas en perdre encore plus. Alors les minutes se transforment en des secondes lentes le temps de te décider… Et tu aurais aimé trouvé en ton interlocuteur quelque chose qui te donne raison, qui te pousse à le haïr comme tu haïs ceux qui ont entaillé ta chair, qui ont éveillé la colère d’avoir été ainsi impuissant face à des êtres qui, s’ils vous ressemblent, n’ont plus rien en commun avec vous, des fantômes palpables…

Et tu les entends, ses pas qui s’approchent de toi comme un enfant qu’on autoriserait enfin à entrer, ni lent, ni agressif, ni décidé… Si tu ne te trouve pas idiot de l’avoir accueilli armé, acte on ne peut plus logique dans une situation telle que la tienne, tu déterre un peu ta prise sur la dague à tes côtés, ne la gardant alors qu’à portée de main, prêt à sauter dessus si quelque chose venait à déraper, sans doute le débarqué pensera-t-il encore que tu te méfies de lui, qu’il risque quelque chose, qu’il a tout intérêt à éviter de te mettre en colère… S’il savait que ce n’est pas pour te défendre de lui que tu est ainsi sur tes gardes. Lui, il n’est rien, au vue de sa carrure le mettre au sol serait aisé. Sans le tuer, un coup sec au niveau de sa pomme d’Adam l’enverrait au sol en te donnant le temps nécessaire pour fuir sans pour autant déclencher une guerre. Non. Contre lui tu aurais toutes les clefs en mains pour t’en sortir. Toi et ton orgueil.
Mais ce qui se cache dans ces bois, c’est autre chose. Peu de choses te font peur, peu de choses n’attisent ton coeur de la sorte. Mais ces créatures affublées d’un corps humain… Un frisson parcoure ta nuque alors que tu le voit s’asseoir à tes côtés. Tu tourne un regard vers lui, d’ici il est plus simple de distinguer ses traits marqués, ses cernes apparentes et son teint mat. Il n’a pas le regard de quelqu’un prêt à se trahir, ses yeux semblent honnêtes. Tu as posé tes conditions et suppose que s’il est venu jusqu’à toi quand même, alors il les a accepté.
N’es-tu pas à ce m-point mauvais pour le laisser rentrer seul chez lui après qu’il t’ait aidé tout en sachant qu’il y a dans le périmètre ces repars qui n’hésiteraient pas une seule minute à se servir de lui pour garnir leur garde manger? La culpabilité t’étranglera un jour Hakara. Et l plus triste dans tout cela est certainement de l’entendre t’approuver et accepter alors qu’il semble prendre conscience de l’étendue des dégâts causés par l’attaque. Plaies profondes et nettes, saignantes et saillant les muscles, ecchymoses dues à la chute en cours d’apparition, si tu tiens encore debout, le lendemain matin risque d’être bien difficile…

«  Dis-moi ce que je dois faire, je t’écoute. » Tu fronce les sourcils à l’idée. Un dur à cuire peut-être, mais il n’en reste pas moins que tu es un être humain et imaginer l’aiguille s’enfoncer dans ta peau n’a rien de ravissant. Tu allais ouvrir la bouche pour lui signifier d’aller chercher dans tes affaires de quoi suturer la plaie -quoiqu’il sauterait sans doute au plafond, vos soins n’étant pas les mêmes que les leurs, vous ne pouviez vous permettre de n’avoir que des outils non réutilisables- Maisie a fallut qu’il parle encore, et au nom de ta tribu c’est un regard presque meurtrier qui se tourne vers lui ; Comme s’il s’agissait là d’une agression pure. Et tu réalises rapidement qu’il vous a certainement déjà côtoyé puisque bon nombre des tiens sont partis à leur rencontre il y a des mois de cela… Ses excuses sont pleines de sens et ton regard s’abaisse comme troublé, serrant les mâchoires en détournant la tête en direction de la rivière. Tu gardes le silence mais les questions commencent à naître dans ton esprit : Pourquoi avoir cherché à savoir d’où tu venais, pourquoi cela aurait-il de l’importance? Cependant tu dois acclamé sa mémoire, tout les débarqués que tu as croisé jusque là n’ont pas été capables d’une telle réflexion. Quelque part il y a cette petite voix qui te dit qu’il t’as reconnu, que peut-être ton nom a-t-il été évoqué lors de la rencontre au campement mais tu ne l’écoutes pas pour le moment.. Tu ne veux pas montrer l’image d’un Conseiller blessé. Inutile de montrer à ces gens tombés du ciel que vous n’êtes pas invincibles. Tu es un idiot.
« Ce qui m’a attaqué ne suivra pas l’odeur de mon sang. » Tu le grogne. Incertain, mais persuadé d’avoir raison tu regardes autour de toi, prêtant un semblant d’attention au sac de baies qu’il t’a précédemment proposé sans grande envie, tu as le corps entaillé, loin de toi l’idée de grignoter au bord de la rivière. Tu as gardé le silence un moment de nouveau, lui laissant le temps de se laver les mains, de se préparer à ce qu’il allait devoir faire, Malgré tout tes sens sont en éveil, tu n’as pas sursauté comme lui mais ces simples sons de la forêt peuvent, tu le sais, cacher bien plus qu’une situation normale…
« Elle suivra tes traces, celles qui descendent par là. » Tu tends le bras dans la direction de sa venue, grimaçant au geste. « Vous ne connaissez qu’une infime partie de cet endroit… » Tu n’es même pas vindicatif en disant cela, seulement résolu. Tu laisses retomber ton bras, t’assurant du silence avant de continuer en désignant les sacoches de cuir devant vous, le long de la berge.

« Dedans, il y a de quoi refermer les plaies. Il doit y en avoir assez pour les plus grosses. Il faudra recouvrir de miel quand ce sera fini. » Habitué aux expéditions dans la forêt tu as toujours de quoi soigner une mauvaise chute avant de rentrer mais tu dois bien avouer que le contenu de la sacoche de cuir risque d’être limite, le miel contenu dans un petit réceptacle empêchera très certainement l’infection mais ce Wyatt avait raison : tu Devras certainement aller demander de l’aide en rentrant.
Tu le laisse faire son affaire, immobile et à priori terriblement calme face à l’idée que l’on recouse ta peau à vif… Tu n’as pas le choix de toute façon. Tu l’observe du coin de l’oeil, lui montre vaguement la bonne sacoche pour qu’il n’ait pas à fouiller tout ton attirail tâché de sang. Et c’est quand il semble prêt à commencer que tu te permets de reprendre la parole, lentement. Ayant perdu ce ton agressif avec lequel tu l’as accueillie, mais toujours cette voix dure et intransigeante… C’est ta nature, tu es le loup qui accepte la nourriture en restant à l’écart après tout. « Seule notre tribu parle votre langue couramment. » Ce serait mentir que de ne pas avouer avoir une pointe de fierté dans la voix lorsque tu dis cela. « Si tu n’es pas médecin… Alors qu’est ce que tu es, pour prétendre savoir soigner les plaies? »
Ironie d’être celui qui pose la question alors que tu te caches derrière l’anonymat, tu pourrais tout aussi bien être un menteur de la première heure après tout… Attendre de sentir la pointe traverser ta peau semble au moins délier un peu ta langue. Qu’il y aille sans se poser de question, ça serait le mieux à faire et tu ne l’aide très certainement pas avec tes interrogations.

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« Escape. »

Caleb n'a pas l'air réceptif, pas plus qu'il ne l'est depuis le début de la rencontre. Faut dire qu'il fallait s'y attendre vu comment l'homme percevait les débarqués. Alors Wyatt ne s'en offusque pas, il reste concentré dans la tâche principale : ne pas laisser crever un inconnu, encore moins laisser crever un mec aussi important, aimable ou non. Il tente de bien faire, se mord un peu les lèvres alors qu'il ne se fait pas aussi discret qu'il l'aurait aimé mais tant pis, au moins Caleb rentrera chez lui en vie. Alors les questions se suivent, certaines utiles et d'autres purement stupide, y a jamais tellement un entre deux parfait, les mots qui sortent comme on le voudrait. Mais c'est pas bien grave, le Naori prend le temps de répondre dans une douceur qui clairement, lui colle à la peau. L'odysséen se raidit et se mord l'intérieur de la lèvre pour ne pas répliquer qu'il n'a pas besoin de le prendre pour le dernier des cons pour qu'il écoute. C'est pas le moment, pas le lieu non plus. Alors il soupire, sourit maladroitement et se voit malgré tout rassuré des propos qui émanent de la bouche du Conseiller. Mais ça, c'était évidemment sans compter la suite, parce que quitte à ce qu'il le prenne pour un con, autant que le débarqué lui donne les arguments pour. Et ça l'agace, en plus, qu'il ait raison. Ça l'agace que les bases des poursuites en tout genre lui soient passées au dessus et qu'il se fasse reprendre sur des choses qu'il sait déjà. Gamin un peu vexé de donner raison à la seule personne qu'il aimerait voir se tromper.

Suivant son bras du regard il roule un peu des yeux dans un silence qui veut tout dire sans prendre la peine de répondre, il aggravera son cas de toutes façons. Un soupir un peu las alors que l'autre enfonce le couteau dans la plaie en lui disant bien qu'il n'y connaît rien. S'il n'était pas aussi calme, Wyatt lui laisserait peut-être un coup d'aiguille mal placée, juste histoire de lui fermer sa bouche une petite seconde ou deux. Mais au lieu de ça, il écoute, parce que le ton s'est réellement adoucit cette fois, qu'il y a quelque chose de moins agressif ou défensif dans sa manière de parler. Le silence reprend sa place pendant quelques secondes et les yeux du biologiste suivent le regard du blessé envers les sacoches. Il acquiesce alors qu'enfin, c'est fini ces fausses chamailleries et qu'on entre dans le vif du sujet. L'explorateur perdu s'avance vers la sacoche désignée, attrape les outils nécessaire pour la manœuvre qui s'approche à vue d’œil et qui ne le réjouit pas d'avance dans un courage qu'il se donne en silence. Et puis il se met à nouveau à parler et pas du vif du sujet. Wyatt dégage ses yeux des blessures sur lesquelles il s'était vaguement concentrées pour retrouver le regard de Caleb et l'écouter d'une oreille probablement un peu plus attentive que lorsqu'il lui expliquait qu'il n'arriverait sans doute à rien. Ses billes brunes trouvent les prunelles océan de l'autre alors qu'il cherche à savoir où il veut en venir pour finalement voir la réelle question arriver. Un sourire en coin, franchement, il est pas très malin pour parler ainsi au seul mec dans les environs capable de le maintenir en vie. Ils n'étaient peut-être pas si différents au fond. Alors le médecin du jour s'avance et coupe la dernière trace de distance qui s'était imposée entre eux pour préparer l'aiguille et le fil à rentrer dans la plaie. Sa main glacée se pose aux alentours de la plaie avec une délicatesse qui lui demande toute sa concentration avant qu'il ne regarde l'aiguille, prête à traverser la peau, il s'arrête dans son élan pour se concentrer sur ses mots, détourner l'attention de l'homme. Comment il le sait ? Parce qu'il s'est fait recoudre plus d'une fois, l'idiot.

« Je sais très bien qu'il n'y a que votre tribu qui parle aussi bien notre langue. » Qu'il dit d'un ton presque trop doux pour l'instant. Dans un haussement d'épaules il continue. « Et je sais aussi qu'on ne connaît qu'une infime partie de votre monde, c'est bien pour ça que j'explore. » Qu'il ajoute comme une fatalité par rapport aux remarques sur sa présence ici et sa folie présumée. Comment ils ont fait, eux ? Ils ont tout su tout de suite ? Qu'importe que leurs racines viennent d'ici, l'homme en découvre un peu plus tous les jours, pour chaque tremblement de terre et chaque cyclone, pour chaque parcelle qui semblait inatteignable la  veille. Et puis l'aiguille se plante en même temps que les derniers mots, sans prévention, juste parce qu'un moment il faudra bien y aller. Et le geste se révèle plus ou moins naturel pour le nombre de fois où il l'a vu effectué et a tenté de se l'auto effectuer. Alors il reprend, les yeux rivés sur ce qu'il fait, sa main libre refermant naturellement la peau comme Nadja le lui avait montré un milliard de fois pour s'éviter des balafres horribles comme celle qui ornait son bras couvert pour l'hiver. Et il se force à reprendre la parole pour concentrer l'autre sur autre chose que la douleur horrible qui doit le traverser à chaque coup d'aiguille. « Je suis un abruti un peu trop téméraire qui a risqué sa vie un bon paquet de fois. Ça m'a permis de me faire une amie plutôt utile. Amie, enfin, pas vraiment. Entre Nadja et lui rien n'était simple, si elle avait le droit de lui arracher la tête elle finirait probablement par le faire. Elle est médecin et m'a recousu trop de fois pour que je m'en souvienne. Alors à force, j'ai appris. » Tous ces mots sont accompagnés de gestes qu'il tente de voir le plus fin et précis possible, espérant que le froid glacial de la rivière qui se ressent encore dans sa main serve comme un pauvre et pâle anesthésie. C'est un peu la devise depuis qu'ils se sont écrasés ici « on fait ce qu'on peut avec ce qu'on a » et pour le coup, il n'avait pas grand chose pour palier à la douleur des actes qu'il faisait. Alors il se contente de parler, de détourner l'attention et de laisser les minutes s'écouler pendant qu'il le recoud autant qu'il peut, de toutes les grosses plaies qu'il aperçoit. « Mais je ne doute pas que vous vous débrouillez mieux que nous pour tout ça. » Une petite remarque qui fend l'air sans une réelle animosité alors qu'il reprend. « Et donc, toi, puisqu'on ne se 'balade pas en forêt l'hiver', tu faisais quoi ? » Les yeux toujours rivés sur les blessures, l'odysséen refuse de penser à ce qui a bien pu attaquer Caleb. Ce n'est certainement pas le moment de paniquer et encore moins de trembler. Alors il continue sur sa lancée. « Sauf si ta remarque n'était valable que pour les gens de mon clan, auquel cas, j'imagine que ta balade s'est moins bien déroulée que prévue. » Il passe sa langue sur ses dents alors qu'il a presque fini, les plaies sont presque toutes prises en charge, il ne lui en reste qu'une ou deux qui semblent impossibles à laisser de côté et reprend, calmement alors que les derniers points se font sur la plaie dont il s'occupait. « Tu veux qu'on fasse une pause ? Je peux me rafraîchir de nouveau les mains et effacer mes traces de pas si tu y tiens. Et tu devrais manger quelques baies, histoire que le voyage retour ne soit pas impossible. »

Et puis il s'arrête, pour attendre la réponse, son regard balaie les alentours en quête de bruits ou de quelque chose de suspect. Il avait passé les dernières minutes dans une bulle complètement extérieure aux dangers mais si quelque chose poursuivait le Conseiller, ça ne finirait pas par trop tarder. Aussi doué soit-il, il n'avait pas pu aller trop loin, blessé comme il était. Et si la priorité avait été de refermer les premières plaies pour ne pas avoir la mort d'un Naori sur le dos, désormais il était probablement temps de changer la donne et son sens des priorités. Mais il ne ferait rien sans l'approbation du patient. Non pas qu'il ait peur de lui mais parce qu'il avait raison, au fond, Caleb connaissait bien mieux les lieux comme les dangers qui les entouraient. S'il disait quelque chose, c'était sans doute le mieux à faire. Alors Wyatt plante ses billes dans celle du blessé et attend sagement qu'il lui donne de nouvelles directives à suivre. C'est le mieux à faire, en tous cas pour le moment.

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18/12/2017 Léonard // Phoebus Raphaël D. Ansvor 652 Michael Fassbender Zoologie // Orientation Naori 198





So foul and fair a day I have not seen
Wyatt & Caleb

Tu n’as jamais eu de véritable don concernant la diplomatie et la discussion, des trois conseillers tu mise toujours sur tes collègues pour trouver les bons mots, pour gérer cette lacune qui, malgré ton âge, te fait défaut. Difficile de dire que tu es l’un des aînés du village, tu te demande d’ailleurs souvent où est passé le temps et à quelle vitesse ce dernier se déroule sous vos pieds… De ton apprentissage en passant par le décès de ta fille jusqu’à aujourd’hui, il y a parfois à se demander ce que le destin veut réellement mais une chose est sûre, il n’a jamais été là pour t’aider à communiquer avec cet inconnu présent pour recoudre tes plaies et rien en ce bas monde n’a jamais été fait pour préparer ces rencontres salvatrices entre humains… Vous ne devriez même plus exister… Tu te demandes s’il a déjà pensé à ça lui aussi, tombé du ciel dans un vaisseau qui aurait pu -ou du?- tous les tuer…
Aussi étonnant que cela puisse paraître tu écoutes ses mots, tu ne le coupe pas et quoique tu n’ai des doutes quand à ces gens venus d’ailleurs, descendants directs de ce monde détruit dans lequel vous avez tout reconstruit, tu ne peux qu’avouer que le discours de celui ci n’est pas si éloigné du vôtre… Si tu n’étais pas si obtus, peut-être y aurait-il une chance pour que vous vous entendiez.

Tu ne sursaute pas lorsque l’aiguille perfore la peau, tu te tends comme un animal auquel on piquerait la peau, tu serres les dents, le regard rivés face à toi pour tâcher de trouver dans ta respiration le calme nécessaire pour ne pas se dire qu’une aiguille est en train de coudre deux morceaux de peau entre eux… Il ne faudrait pas perdre la face vis à vis de ce débarqué, n’est-ce pas? Des coups, des bleus et autres blessures minimes ou non tu en as eut plus d’une, de la tête aux pieds la nature à laissé sa trace au fil des années comme elle le fait sur vous tous, aujourd’hui n’en sera qu’une de plus si tu arrives à rentrer au village en un seul morceau et le froid de cette fin d’hiver joue contre toi…
À chaque entrée sous ta peau de l’aiguille -sans doute un peu plus émoussée qu’une aiguille d’hôpital-, tu sens l’épiderme se tendre malgré toi, malgré le froid et les main glacée de ton médecin d’un jour. Tu tourne les yeux vers lui alors qu’il reprends la parole et ne peux empêcher un sourire en coin d’apparaitre sur ton visage lorsqu’il se traite d’abruti. Ce n’est pas de la moquerie, pas vraiment. Si tu n’avais pas cette fierté que tu défends sans cesse, alors peut-être que tu aurais ce genre d’auto dérision envers toi même. C’est avec ce genre de comportement que tu as chuté des cimes un jour et que tes yeux voient désormais ces fantômes te montrer la voie, ces hallucinoses que tu ne connais que sous le terme de visions. Vous autres Naoris avez une façon de voir le monde quelque peu différente de ce peuple duquel vous descendez…
« Tu n’as pas le visage d’un aventurier. »
Soyons honnête, à le voir, tu l’aurais plutôt imaginé dans le fond du campement d’où il vient, peut-être à observer des choses inertes mais certainement pas à sortir en forêt, seul et en capacité de se défendre -ou non- , il y a une once d’humour au creux de ta voix. Laissant imaginer que quelque part, peut-être, une fois apprivoisé, tu viendrais à être quelqu’un d’agréable et non cet animal sauvage que tu t’évertue à présenter au monde… Aucun des enfants du village ne t’as jamais vu autrement que comme Caleb, l’homme qui sait parler aux fauves, qui raconte des histoires d’animaux et d’aventures qu’ils n’ont pas encore l’âge d’avoir vécu…

Tu aurais été un bon père si tu n’avais pas laisser la forêt avaler ton enfant.

Il y a des raisons à chaque comportement humain et tu te demandes ce qui l’a rendu ainsi, il n’a rien du caractère de ceux que tu as déjà rencontrer venant du ciel. Il semble réfléchi malgré l’auto dérision qu’il semble prendre très au sérieux, tu le sent avancer sans trembler dans la couture de tes plaies - non pas que cela soit bien agréable mais certainement nécessaire-
Tu serres les dents, ta peau semble plus sensible à mesure qu’il avance, sans doute un résultat direct de la chute que tu as fais pour arriver ici, les ecchymoses arriveront le lendemain, si lendemain il y a. Tu roules des yeux lorsqu’il évoque ta « balade » , entendrais-tu là une pique d’ironie? Sourcils froncés tu secoues la tête sans grande conviction. « Nous autres animistes parcourons ces bois afin d’en connaître et consigner un maximum… Les plantes, les bêtes… Ça ne se fait pas en restant derrière des murs. » Tu es plus acerbe que tu ne l’aurais voulu, c’est toujours comme ça avec toi, dès que tu à l’impression qu’on t’agresses -et dieu sait que cela va vite- , tu montres les crocs et tu gonfle l’échine. « Depuis le cyclone, la forêt a changé. La cartographier fait parti de mon travail... »
Et oui, tu avais baissé ta garde et ta promenade solitaire s’était transformée en cauchemar. N’est-ce pas là les risques du métier? Il y a des années maintenant qu’aucun fauve n’avait voulu te tomber dessus, comme si avec le temps ils avaient apprit à te compter parmi eux, tout comme tout les animaux de ces bois… Mais tu avais manqué quelque chose aujourd’hui et cela aurait pu te coûter plus cher qu’un peu d’égo mal placé.
« Finissons en au plus vite… »
Quitte a serrer les dents tu préfères qu’il ne te recouse pas pendant encore des heures, autant y aller d’un coup d’un seul… Ses traces ne disparaîtront pas d’un coup de balai malheureusement. Tu pioche cependant dans les baies si poliment proposées, lui accordant au moins cette partie de la manche, tu n’as pas faim ni même l’envie de goûter à quelconque baie, pourtant il marque un point concernant le voyage de retour…

Et tu le laisse finir, du moins continuer, le silence autour de vous est de marbre , seulement brisé par l’eau passant face à vous. Seulement ces moments de calmes n’augurent jamais rien de bon et c’est l’envol, bien plus loin en forêt qui te fais revenir à la réalité. Ce n’est pas un oiseau mais plusieurs qui ont pris leur envol plus loin et là où, plus jeune, tu n’aurais pas prêter vraiment attention, immédiatement tes sens s’alertent et tu brises ton immobilité pour te relever, attrapant dans la foulée tes affaires que tu entreprends de remettre sur toi. Tant pis si les plaies fraichement recousues ne sont pas bandées, il y a d’autres priorités. « Inutile de rester ici, marchons. »
Toujours dans la discussion, tu te gardes bien de dire que quelque chose te tracasse bien que ce soit facile de le deviner, tu lui jette un regard avant de partir à l’opposé de l’envol des oiseaux, tu ne sais même pas s’il les a remarqué et si oui, s’il ferait le rapprochement. S’il y a une chose qui pourrait le mettre sur le qui-vive, c’est peut-être que tu ne le laisses pas derrière toi alors que tu avais sous entendu que vos chemins se sépareraient dès qu’il aurait terminé…
Tu n’es pas là pour avoir la mort d’un débarqué sur la conscience, il vient de te sauver la vie après tout.
Tu es peut-être un sauvage aux yeux de beaucoup, mais il te reste des soupçons d’humanité.
©️ FRIMELDA

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So foul and fair a day I have not seen... –Pv Wyatt–

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