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Wyatt Sheperd
DATE D'INSCRIPTION : 01/08/2018 PSEUDO/PRENOM : Totoro's Child. MULTICOMPTES : TC Jones. MESSAGES : 607 CELEBRITE : Rami Malek COPYRIGHT : poésies cendrées - kane. - sleeping at last ; earth - pando METIER/APTITUDES : Conseiller Odysséen. - Botanique & Zoologie. TRIBU : Dana POINTS GAGNES : 122
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le Lun 10 Sep - 19:59
Did you ever feel we're falling as we grow ?
« we're dancing through the snow waters freeze, the wind blows did you ever feel we're falling as we grow no i would not believe the light could ever go but the golden age is over


☁️ 23 août 2118

Wyatt est en colère aujourd'hui. Faut dire que depuis le cyclone, il a passé tellement de temps en colère que parfois, même s'il va mieux, ça revient comme un coup de poing en pleine gueule. Peut-être parce que ça va faire un an, d'ailleurs, bientôt l'anniversaire d'une mort horrible, d'une situation terrible qu'il n'a pas pu changer. S'il maintient un visage relativement calme devant ses compères du Conseil, dès qu'il passe une porte seul, il ne faut pas deux minutes pour qu'il se mette à exploser et potentiellement tout ce qui se trouve autour de lui. Un bon retour en arrière, normalement on dit que le calme vient après la tempête mais clairement, là, lui c'est la tempête qui revient après le calme. Et même s'il n'a jamais eu spécialement une réputation idéale, encore moins de mec sociable ces derniers temps tout a pris des proportions vraiment énormes, sans doute parce qu'un mec qui pète des plombs aussi régulièrement, à force, ça se remarque, un truc du genre probablement.

Alors lorsqu'il passe une nouvelle porte seul, qu'il se retrouve face à ses pensées dans un silence horrible, ses dernières viennent s'agiter dans son crâne une fois de plus. Et si ça avait été différent ? Et s'ils avaient eu la technologie de l'Odyssée ? Et s'ils avaient pu prévoir ? Et s'ils avaient pu changer les choses ? Et s'ils avaient pu empêcher les morts ? On lui cache des choses, forcément. On a toujours caché des choses à l'Humanité, c'était écrit noir sur blanc dans les archives qu'il s'est coltiné toute son enfance et son adolescence. Sauf qu'il y a un truc qui colle pas. C'est qu'aujourd'hui il fait partie du pouvoir. Partie du complot, de ceux qui mentent aux autres et prennent des décisions qui impliquent un pourcentage de perte et ce genre de connerie. Alors pourquoi il arrive pas à passer au dessus ? Pourquoi il arrive pas à croire que ça ne peut être que ça ? Que le cyclone s'est produit et point, y a pas de suite à phrase, pas de suite à la chose. C'est comme ça et pas autrement.

Alors il s'entend plus penser, y a tout qui se mélange une fois de plus et il veut juste que sa conscience se taise, il veut juste ne plus s'entendre et ne plus s'écouter. À deux doigts de se couper les oreilles pour peu que ça change quelque chose, il choisit l'option de la facilité en s'enfonçant le poing dans le béton, s'éclatant les phalanges et probablement un os ou deux au passage. Un hurlement de douleur alors qu'il secoue sa main ensanglantée, en fout partout en la secouant dans ce réflexe complètement idiot qu'on a tous lorsqu'on se fait mal et puis il s'arrête. Il s'arrête parce que ce n'est plus dans sa tête que ça cogne mais bien dans sa main. Il s'arrête parce que malgré le ploc, ploc des gouttes de sang qui s'échappent de ses phalanges, enfin, il respire. Enfin, l'étau se desserre et il n'y voit plus flou, il n'a plus l'impression qu'il va crever à plus pouvoir respirer.

Le problème de cette superbe technique c'est qu'elle a plusieurs failles. La première est qu'elle est éphémère, vraiment éphémère. La seconde c'est qu'en plus de ça, à force de frapper dans tout et n'importe quoi, cette fois-ci, il a réussi à réellement se faire mal. Vraiment mal. Il regarde sa main qui prend des teintes bleutés, un peu violacées et qui enfle à vue d’œil et il réfléchit. Pas au cyclone, non, ça c'est fini pour les instants à venir mais plutôt à s'il est réellement obligé de passer par l'infirmerie. Alors il cherche à bouger ses doigts et se retrouve dans l'incapacité de le faire correctement. Merde qu'il se dit. Nadja l'avait prévenu que les crises de colère allaient mal tourner et qu'il allait soit finir par taper sur la gueule de quelqu'un soit sur la sienne. Pas manqué, et ça le bouffe de l'admettre.

Ils ont jamais été très proches, ni dans l'Espace ni sur Terre malgré leur place respective. Pourtant, depuis ce fameux événement qui a tout changé, ça a aussi tout changé entre eux. Wyatt était déjà curieux de cette jeune médecin mais il l'est d'autant plus depuis qu'il a remarqué qu'elle en savait un peu trop sur la première vague de débarqués. Mais le pire, c'est que pour une fois, c'est même pas ça son plus grand intérêt chez la jeune femme, non, c'est bel et bien ces moments courts qu'ils partagent et durant lesquels il se sent moins seul. Nadja souffre, d'une souffrance si différente et si similaire à la sienne que c'en est presque inconcevable. Du coup, il se mordille la lèvre en traversant le bâtiment, la main droite qui soutient la gauche qu'il vient de s'exploser pour se faufiler jusqu'à l'infirmerie. À cette heure-ci, le campement n'est pas des plus remplis, chacun vaque à ses activités, du coup, dans sa connerie, il est plutôt fier de ne pas avoir à se justifier. Notamment auprès d'autres membres du Conseil par exemple.

Mais il faudra se justifier auprès de Nadja, et ça, il y échappera pas. Alors lorsqu'il la voit, près d'une étagère à faire il ne sait quoi, il s'avance doucement et enlève sa main qui soutenait la seconde dans une grimace de douleur silencieuse pour frapper sur le mur le plus proche. « Toc toc. » Qu'il sort, embarrassé et surtout, prêt à se faire engueuler. Il soupire et ajoute avant même qu'elle ne parle, sans savoir si elle a remarqué sa main ou le sang qui s'est propagé sur son autre main et goutte désormais sur le sol, le doigt de la main valide pointé vers elle. « Je sais ce que tu vas dire, tu m'avais prévenu. Et t'as raison, cette fois j'ai vraiment merdé. » Il baisse les yeux, réellement con de ce qu'il vient de faire et se retenant un peu de montrer sa douleur. « … J'ai frappé un mur plutôt que quelqu'un, c'est plutôt bien, non ? » Un sourire mi-gêné mi honteux. Il sait pas trop par où commencer ni comment s'y prendre. Il a pas vraiment envie qu'elle lui hurle dessus même si elle en aurait tous les droits. Mais il est trop fatigué, Wyatt. Fatigué d'être dans sa propre tête et de plus savoir comment faire ni comment s'y prendre pour que ça cesse complètement ces conneries, parce qu'il croyait vraiment qu'il en avait fini avec celles-ci. « J'vais mieux, Nadja, je t'assure. C'est juste que là... » Là c'était trop, c'est souvent trop. Il hausse les épaules. « J'sais pas, j'suis crevé. » Faut dire qu'il dort pas beaucoup et que là, il retarde le moment où elle va pouvoir en placer une parce qu'il a vraiment peur de la sentence. Mais il peut pas la repousser indéfiniment. Alors il dit, d'un air vraiment désolé. « Et toi, ça va ? »

Mouais, c'est sûr qu'avec ça ça passera comme une lettre à la poste. Elle va poser aucune question et pas l'engueuler. Ignorer totalement ce qu'il a pu dire ou l'état de sa main. Vraiment très fin, toujours très fin.


Dernière édition par Wyatt Sheperd le Lun 1 Avr - 22:49, édité 2 fois
— caught in the middle —
Nadja Wolkoff
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le Dim 28 Oct - 10:43

DID YOU EVER FEEL WE'RE FALLING AS WE GROW ?
Nadja & Wyatt

« Walking through fields of gold In the distance, bombs can fall Boy we're running free Facing light in the flow And in the cherry trees We're hiding from the world But the golden age is over »
23 Août 2118 — Lèvres mordues, elle se penche pour constater de plus près le merdier qu’elle vient d’engendrer. Se prendre une nouvelle baffe en pleine figure après que ses nerfs l’aient salement lâchée. Genoux à terre, elle soupire, vainement. Douloureusement. Comme si les deux dernières minutes s’étaient évaporées. Elle n’en garde déjà que très peu d’images, dans sa mémoire. Énervée, frustrée. Faire du rangement, tenir les stocks de l’infirmerie, être au calme. D’habitude ça l’aide pas mal à mettre de côté ses états d’âme. Penser à autre chose, focaliser son attention sur tout le reste, et oublier le visage blafard de la gamine qu’elle a été incapable de sauver. Tout mais pas ça. Faire son boulot, d’habitude ça l’aide pas mal à retrouver un sentiment d’utilité après avoir faillit à la tâche. Mais pas aujourd’hui. Pas plus qu’hier. Et peut-être plus autant que demain. Elle peine à retrouver du sens à ce qu’elle fait, parce que les moyens dont elle dispose sont de plus en plus précaires et que les gens semblent tous penser qu’elle aurait pu faire plus. Que c’était pas assez. Qu’elle aurait pu la sauver. Elle en vient à douter de ses capacités. Alors que c’est la confiance qui l’a toujours guidée.

Tout ça la rend dingue tant ça n’a pas de sens. Alors, cette fois, au lieu de ranger, elle a tout foutu par terre. Ne se rappelle pas avoir crié, mais sa gorge irritée et douloureuse laisse penser le contraire. Les mains tremblent pendant qu’elle commence à ranger ce qu’elle a dérangé. Rassemble maladroitement le matériel, redresse les étagères cabossées, remet un peu d’ordre dans le beau bordel qu’elle vient de créer. Avant que quelqu’un ne la surprenne au bord de la crise de nerf. Lèvres mordues, elle se redresse, peine à retrouver un semblant d’équilibre dans ce monde qui n’a plus grand chose de viable à ses yeux. Les iris oscillent entre les placards de rangement et le sol, comme si les bandages étalés là allaient pouvoir se ranger tout seul. Rien de cassé, elle s’est en pris à tout ce qui ne risque rien, ou pas grand chose. Consciencieuse même dans ses moments les plus sombres. Trop focalisée sur la bulle dans laquelle elle s’est isolée, la chirurgienne ne remarque pas la silhouette qui se dessine à l’entrée de l’infirmerie. Et pendant un moment, elle se dit que c’est peut-être bien elle, qui a attiré du monde ici avec ses conneries. Avant de reconnaître le visage de Wyatt et ses traits au moins aussi fatigués que les siens, et la traînée de sang qu’il commence déjà à laisser sur son passage.

La vision la ramène brusquement à la réalité. Bulle percée, elle fronce les sourcils, pose ce qu’elle tient dans sa main sans savoir ce que c’est vraiment et s’approche du conseiller qui s’empresse de meubler le silence entre eux. Pour qu’il daigne se pointer à l’infirmerie, c’est qui doit vraiment en avoir besoin. Et à en juger par l’état de la main qu’il tient avec la seconde, il fait bien de venir la voir. Les explications se font rapidement, sans qu’elle n’ait vraiment besoin de les réclamer, bien qu’elle aurait aisément pu deviner ce qu’il s’est passé. Un mur, de mieux en mieux. Elle commence à imaginer les dégâts qu’il a pu faire dans son geste de colère, analyse la blessure de loin alors qu’il enchaîne les justifications, sans qu’elle n’en demande aucune. Elle ne l’écoute qu’à moitié, à vrai dire. Craignant déjà ce qu’elle va pouvoir trouver en examinant plus en détail la main ensanglantée. Elle ne relève la tête que lorsqu’il s’adresse directement à elle, et constate l’ampleur de l’état de fatigue dans lequel il doit être.

« - Je sais pas. Je suis crevée », raille-t-elle en jetant un oeil discret et mécanique vers l’étagère derrière elle. S’il s’était pointé deux minutes plus tôt, il l’aurait trouvée agenouillée par terre à tenter de camoufler son propre geste tant bien que mal. Elle, ne s’est pas blessée. Mais si les conséquences ne sont pas tout à fait identiques, les causes de leur mal être sont sûrement plus proches qu’ils ne veulent bien l’admettre. « - Va t’asseoir » Elle sait qu’il ne s’y opposera pas. L’ordre est donné en connaissance de cause, tout comme sa venue à l’infirmerie. Elle accompagne ces quelques mots d’un geste détaché de la main, lui indiquant un lit vide alors qu’ils le sont tous. Elle s’éloigne un instant, retrouve des réflexes automatiques, qu’elle exécute sans réfléchir. Des étoffes propres et un peu d’eau, c’est tout ce dont elle a besoin pour le moment. Et elle espère que ce sera tout ce dont elle aura besoin, tout court. Bien qu’elle n’y croit pas vraiment. Quand elle revient auprès de son patient, elle évite soigneusement son regard, se concentre sur les gestes qu’elle va devoir exécuter. Les doigts experts de la médecin commencent par saisir le poignet du conseiller, les prunelles observent, puis les phalanges s’approchent, comment à toucher, manipuler. Avant de s’arrêter net. « - Alors, qu’est-ce qui a bien pu t’énerver assez pour que tu finisse le poing dans le mur, cette fois ? » Elle insiste sur chaque mot. Mal placée pour juger. Elle a besoin de savoir, pas pour des questions médicales. Pas pour dresser son diagnostiques. Pour s’assurer qu’elle n’est pas seule, à devenir folle.
(c) DΛNDELION
Wyatt Sheperd
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le Sam 24 Nov - 3:47

Nadja relève lentement la tête vers lui lorsqu'il s'adresse à elle. Réellement concerné par le silence de fer que tient la docteur à ses côtés. Ils n'ont certes jamais été les meilleurs amis du monde mais Wyatt la connait suffisamment pour savoir qu'elle ne se gêne que trop rarement pour lui dire quand il a merdé. Et là, il a merdé. Si même lui le sait, pourquoi ne pas apercevoir ce regard qui lui traverse la peau et lui explique qu'il doit prendre un peu plus au sérieux sa place de Conseiller ? Il n'en a pas la moindre idée. Ses billes dans celles de la brune, la réponse l'assoit définitivement. Wyatt déglutit tandis que les mots de la débarquée font lourdement écho aux siens. Alors c'était finalement ça, la tournure que prenait les choses entre eux ? C'était comme ça, qu'elle voulait la jouer ? Mensonge contre mensonge. Touché, bien joué. L'odysséen se mordille la lèvre et baisse le regard, juste attend pour la voir tourner l’œil vers une étagère qui lui semble tout à fait normal au premier abord. Peut-être qu'il se trompe, peut-être qu'il cherche trop loin là où elle n'a fait que jeter un coup d’œil innocent à une étagère tout aussi innocente.

Pourtant, y a quelque chose qui le gêne dans tout ça, dans l'air. Cet air tâché de son sang qui l'inquiète plus tellement. Le regard de nouveau posé sur son infirmière personnelle, il obéit sans sourciller à l'ordre qui suit dans ses mots. La tête complètement ailleurs, persuadé qu'il y a quelque chose à comprendre dans tout ça, quelque chose qu'il ne saisit pas, il reste à son tour silencieux tout en suivant son geste de la main, les yeux passant de la brune au lit qu'elle pointe. La main valide soutenant l'autre, Wyatt tente de limiter les tâches de son ADN un peu partout autour d'eux. Manquerait plus qu'il attire une bête sauvage, tiens. Perdu pendant les quelques pas qui le sépare du lit, il ne fait plus attention à rien, ni même à Nadja. Le lit craque sous son poids et le patient du jour affiche une moue désolée tout en cherchant à trouver de nouveau celle qui l'inquiète plus que tout le reste. Celle qu'il saisit moins que tout ce qui l'entoure. Rien de nouveau sous le soleil, au fond. Wyatt ne comprend pas tellement les autres et Nadja fait partie de ceux là. S'il arrive à entendre sa détresse il ne sait pas comment l'aborder ni même si c'est à lui de le faire, alors à la place, il se tait. Et dans ce silence d'or, il observe. La Conseillère évite soigneusement son regard, comme si elle savait qu'il pouvait y lire plus que ce qu'elle ne voulait bien lui dévoiler.

Puis vient le moment bien plus réel, bien plus concret. Nadja pose des doigts délicats et plus tendre que n'importe lequel de ses mots sur le poignet de Wyatt. Une grimace silencieuse l'accompagne pour ne pas la déranger dans son travail. Pour le moment, c'est supportable. Il arrive même encore à se concentrer et se tourmenter l'esprit sur cet insaisissable qui vit entre eux. Plus ferme dans ses gestes, elle cherche à trouver les origines des maux, traiter le problème à la source. Mais finalement, tout est trop loin de cette foutue main ensanglantée, simple dommage collatéral d'une colère qui résonne encore trop fort et trop grand dans le cœur de l'ancien innocent. Les mains pleines de sang, il regarde celle qui n'a rien en se rappelant le bon vieux temps. Ce temps où les soucis étaient moins grands et les rêves mille fois plus présents. Mais Nadja le coupe dans ses rêveries, elle le ramène à la réalité en cessant tout mouvement. Les sourcils froncés, la douleur lui paralysant le bras en entier pendant un court instant, il relève instantanément le regard sur celle de son alliée. Sans avoir le temps d'articuler quoique ce soit, c'est la brune qui prend la parole et laisse le Conseiller coupé net, les yeux rivés dans les siens. La sentence tombe et Nadja redevient celle qu'elle a toujours été, celle qui met les pieds dans le plat et le fout face à sa réalité. Wyatt soupire lentement, le temps de choisir le chemin qu'il prend. Mentir, une fois de plus, cette fois là, qui ne changera rien, qui coupera le tout, comme d'habitude. Mentir, sourire, paraître idiot, comme il le fait si bien. Mais pour quoi faire après tout ? À quoi bon continuellement mentir, toujours se cacher derrière des masques toujours plus fragiles ? Y a un doute qui s'installe dans le crâne du Conseiller et puis il regarde Nadja. De sa main pleine de sang mais dont il ne souffre pas, il pose un doigt sous le menton de sa médecin et la force à laisser son regard dans le sien. Quelques secondes et il relâche son doigt, le regard brun dans celui de celle qu'il cherche à saisir. Qu'est-ce qu'elle veut, au juste ? Qu'est-ce qu'elle cherche, au juste ? Est-ce qu'elle veut un énième mensonge ou cette fois-ci, elle attend la vérité ? Il sonde son regard comme rarement il l'a fait.

Enfant en détresse pas foutu de savoir si sa vérité est bonne à parler, il baisse le regard sur leurs mains juxtaposées avant de souffler, se donner ce courage dont il semble trop souvent manquer. Et puis il se dit que merde, foutu pour foutu, peut-être que changer la dynamique entre eux percera enfin ce foutu truc qu'il saisit pas, qu'il comprend pas. Et au pire, ils arrêteront totalement de parler, elle le regardera de loin, de ce regard qui le prend pour un fou et dont il apprendra à se foutre. De toutes façons, c'est trop tard pour reculer. Après ce geste qu'il n'avait jamais fait, après ces secondes qui ne font que s'accumuler. Il doit parler, lui parler, pour de vrai. « J'sais pas, tout et rien, ça te va ? » Un demi sourire et ses yeux qui trouvent une fois de plus les siens. « Tu vas me trouver idiot... Qu'il commence pour préparer le terrain, lui donner une porte de sortie, persuadé qu'elle rêve déjà de la prendre. J'ai du mal à digérer le cyclone... J'sais, ça fait bientôt un an, et justement. Il hausse les épaules et dévie son regard sur la fameuse étagère du début. J'allais mieux, Rürik, Murphy, ils m'ont aidé à comprendre un peu, accepter et tout, et je croyais sincèrement que la page était tournée. » Un sourire, cette fois ci un peu plus triste, un peu plus tourmenté. Les yeux perdus, le regard presque humides et les pupilles qui hurlent à la nostalgie, mais pas celle qu'on chérit, celle qu'on veut plus subir, dont on refuse de se souvenir. « Mais faut croire qu'une fois de plus je m'étais bien planté. Je sais pas pourquoi aujourd’hui, je sais pas pourquoi maintenant. Mais c'était trop, tout d'un coup. Ça m'a pris à la gorge et dans les tripes. » Machinalement, il pointe de sa main encore tâchée, d'abord sa gorge, puis ses côtes, puis son cœur. Et ses yeux, eux, retrouvent encore et toujours ceux de Nadja, comme un repère, une ancre dont il a peur de se défaire. Parce que parler de ses démons il n'a jamais su faire et que quand il l'a vraiment fait, si ça n'avait pas été Murphy face à lui, ça aurait probablement mal tourné. Et il refuse de faire du mal à Nadja, encore plus aujourd’hui, toujours pour ce truc qu'il comprend pas, qu'il attrape pas. « Puis ça me tord le cœur, Nadj. Et la douleur est devenue tellement... trop, que j'avais besoin de la faire taire. Alors j'ai cogné le mur. J'sais que c'est con, j'sais que j'devrais pas. » Puis il pointe son cœur à elle et il lui demande, un peu comme un enfant, celui qui cherche à tout prix à en rester un, du moins. Peut-être qu'elle peur l'aider, elle. Celle qui a toujours les mots à dire, à placer. Celle qui clairement, est bien plus adulte que lui. Celle qui saura le remettre sur le droit chemin, c'est tout ce qu'il veut, tout ce qu'il espère au fond, à s'être livré comme le dernier des cons. « Mais comment tu fais, toi ? Comment t'arrives à toujours être calme et sensée ? Pourquoi t'as jamais besoin qu'on te prenne dans les bras, des trucs comme ça ? J'te jure, Nadj, j'sais pas comment tu fais pour être aussi forte, perso, j'y arrive pas. »

Un aveu honnête et sincère alors qu'il laisse son bras retomber sur sa cuisse et qu'il soupire. Elle va plus rien lui répondre, il le sait. Il a passé le pas de trop, celui de sa vérité. Celle qui est trop grande et trop absurde pour tous les autres. Encore plus pour elle, plus forte que les autres, surtout que lui. Celle qui mérite vraiment sa place au Conseil, et pas lui.


Dernière édition par Wyatt Sheperd le Lun 1 Avr - 22:51, édité 1 fois
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Nadja Wolkoff
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le Sam 29 Déc - 14:05

DID YOU EVER FEEL WE'RE FALLING AS WE GROW ?
Nadja & Wyatt

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23 Août 2118 — Silence d’or que la chirurgienne entretient. Plus ou moins volontairement, elle se mure dans un mutisme salvateur. Par simple peur d’imploser si les lèvres s’entrouvrent. Situation qu’elle ne pourrait tolérer. Pas en présence de Wyatt, ni de personne. Mais la colère est de plus en plus difficile à contenir. Monstre ayant élu domicile au fond de ses tripes qu’elle parvient de moins en moins à dompter. Elle se repasse les quelques minutes avant l’arrivée du conseiller en boucle alors qu’il enchaîne les explications qu’elle n’a pas demandé. Se répète silencieusement qu’il a bien faillit la surprendre dans un moment de faiblesse totale. Prise en flagrant délit de ce qu’elle se refuse à diagnostiquer. Devenant alors certainement la médecin la plus mal soignée. Ou ce qu’il en reste. Nadja n’est plus que l’ombre d’elle-même, et c’est cette infime partie de son être encore viable qu’elle choisit de montrer au monde. Se gardant bien de laisser transparaître tout le vide qui l’habite, depuis presque un an. Les réserves s’épuisent, et la scientifique se fatigue. D’ordinaire, elle ne se serait pas gênée pour adresser une réflexion bien amenée à Wyatt. Pour son bien, certes. Elle qui fait passer le bien des autres avant le sien.

Pas cette fois. Pas aujourd’hui. Le silence reste sa meilleure alternative. Sa dernière échappatoire. Une solution éphémère. Qui passera comme passe la vie autour d’elle. Elle la sent déjà partir en fumée, s’effriter entre ses doigts alors qu’elle tente de rassembler ses pensées pendant qu’il s’installe. L’air s’imbibe progressivement d’hémoglobine, la même qui tâche le sol en suivant le tracé dessiné par le conseiller. Nadja n’y porte que très peu d’attention. Plus concentrée sur le fait de ne pas se mettre à hurler à chaque seconde. Elle se surprend à penser qu’elle aurait préféré que ce ne soit pas Wyatt sur ce lit d’infirmerie. Pas quelqu’un comme lui. Pas quelqu’un capable de lire en elle comme dans un livre ouvert. Elle évite son regard par peur qu’il y distingue tout ce qu’elle ne veut pas dire. Et quand elle revient vers lui, elle s’acharne à ne pas plonger ses prunelles dans celles de son collègue. Pour toutes les conséquences que cela pourrait avoir. Tout ce qu’il pourrait comprendre qu’elle ne comprend pas elle-même.

Alors, dans ce brouillard ambiant, la scientifique se concentre sur ce qui lui semble beaucoup plus vrai, plus palpable. Donnée inchangée. Les doigts experts analysent la main rougie de Wyatt, le front plissé, elle entame un premier examen, tout en sachant très bien qu’elle doit agir vite et bien, tant que la douleur est plus ou moins supportable. Les quelques mots qu’elle parvient finalement à articuler ne sont qu’une diversion les éloignant du vrai problème, ce qui les lie vraiment. Elle le questionne pour ne pas lui laisser l’occasion de lui demander à elle, ce qui ne va pas. Elle ne veut pas entrer sur ce terrain là. Pour peu que ça l’intéresse. Il soupire, elle se redresse en écho, se prépare à entendre une justification qui ne lui plaira peut-être pas. Sûrement pas. Elle se mure un peu plus dans cette armure de glace qui entoure l’enveloppe charnelle. Tourne la clé dans la serrure, ferme à double tours. Le geste qu’il s’autorise la force à lever la tête, plonger son regard dans celui de son vis-à-vis. Figée, les yeux sombres de médecin sont ancrés à ceux du conseiller. Elle s’y attache comme Ulysse au mat de son bateau. Ses mains sont tachées de sang maintenant et dans un souci d’hygiène, elle les garde posées sur ses cuisses, paume vers le haut, s’accordant une courte pause dans sa consultation. Pourquoi a-t-il fait ça ? Soudainement, l’armure se fendille, et elle entend son cœur hurler au fond de sa poitrine. Pourquoi a-t-il fallut qu’il s’en mêle ?

Les quelques secondes que dure le contact, Nadja est incapable de bouger. Encore moins de parler. Gorgée nouée, elle déglutit non sans mal lorsqu’il se décide à briser le silence qui s’était vicieusement installé entre eux. Elle, reprend machinalement son travail, comme un petit robot bien programmé, sans aucune défaillance. Chirurgienne jusqu’au bout des ongles, elle l’écoute attentivement cependant. Visage blafard auquel elle ne prête même plus attention dans le miroir, penchée sur la main ensanglantée, elle s’active pour retirer toutes les saletés qui se sont incrustées dans la plaie, efface tout ce rouge qui tache l’épiderme, alors que ses propres cicatrices se déchirent à l’évocation du cyclone. Elle accélère ses propres mouvements, comme si cela allait accélérer le temps et abréger la douleur que cela lui procure de l’entendre déblatérer ses blessures. Elle, ne s’attarde pas sur toutes ces choses. Déjà convaincue que ça se servira à rien. Ça ne leur fera pas remonter le temps. Ça ne les fera pas revenir en arrière. Et ça ne fera pas revenir Thaïs. Machinalement, elle se pince les lèvres. Assez fort pour qu’une perle d’hémoglobine vienne s’inviter, la faisant grimacer au contact de sa langue. Elle lève la tête vers son patient juste pour le voir pointer son cœur du doigt et elle se rend compte en prenant une longue inspiration qu’elle avait cessé de respirer. Sans s’en apercevoir.  

Colère qui gronde et qu’elle retient encore quelques instants. Ses derniers mots lui font plus de mal qu’il ne peut l’imaginer. Il ne fait que dire à voix haute tout ce qu’elle ne parvient plus à accomplir. Rester forte, rester digne. Lucide. Ne pas se laisser submerger. Tout ce pour quoi on la reconnaissait. Mais qui n’est plus tout à fait vrai. Brusquement, elle se lève, retourne chercher un peu de matériel sur une étagère. Revient près de lui avec de quoi lui bricoler un bandage et une attèle, le visage crispé. Comme celui de quelqu’un qui se retient de pleurer. « - J’y arrive pas », articule-t-elle finalement en jetant un regard rapide vers Wyatt. Tout aussi délicatement que la première fois, elle entame son pansement en y insérant les petites pièces de bois taillées pour l’occasion. Mais ses bras tremblants traduisent son état de frustration. « - Je ne suis pas plus forte que toi, ou n’importe qui d’autre. Je ne suis pas plus calme et sensée non plus, alors non, j’y arrive pas » La voix est tremblante, précipitée. La conclusion est plutôt hâtive mais elle résume bien son état d’esprit. Perturbée, dérangée. Elle a l'air au bord de la crise de nerfs. Ce sont des doigts frissonnants qui achèvent le travail entamé. Incapable de les calmer, le cœur s’agite dans la cage thoracique. Assez fort pour qu’elle ait l’impression d’exploser. Jusqu’à ce que ce ne soit plus qu’une impression. « - Tu n’es pas ‘idiot’. Tu cognes des murs, moi je fous en l’air tout ce qui se trouve autour de moi. Chacun ses démons » L’aveu est dur à formuler. Si douloureux que ça la fait tiquer, vibrer. Elle ne trouve pas de sens à tout ce qu’il vient de lui dire. Ne se retrouve pas dans l’image quasi parfaite qu’il se fait d’elle. Ne s’étonne plus vraiment d’être si seule, si tout le monde la partage. « - Désolée de te décevoir » Timbre éraillé par la fatigue.  Des jours qu’elle n’a pas dormi. Dernier regard qu’elle lui lance avant de se lever plus lentement cette fois. Rassembler le matériel usagé et l’éloigner d’elle. Elle le pose sur le chariot présent à côté du lit. S’occupe les mains pour ne pas laisser divaguer l’esprit. Machinalement, les prunelles neurasthéniques se lèvent vers l’étagère victime de sa colère. Nadja secoue la tête, soupire. Ce n’était pas la première fois, ce ne sera certainement pas la dernière.
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Wyatt Sheperd
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le Lun 1 Avr - 23:42

Nadja se lève brusquement et Wyatt lève les yeux. Il la suit du regard et s'interroge de nouveau, parce qu'il le sait, quelque chose cloche, il n'arrive juste pas à mettre la main sur quoi. Ou alors il devient parano, à force d'entendre sa tête qui tourne en boucle, il a perdu toute notion de comportement de l'humain. Incapable de reconnaître un comportement normal d'un autre. Il aurait pu essayer de chercher un peu plus, insister après son aveu sur son admiration mais le brun n'ose plus tellement. Ne sachant plus si c'est lui qui dérange ou autre chose, s'il ne ferait pas mieux de se lever avec sa main bousillée et se débrouiller. Mais la brune parle, les mains pleine de matériel, le visage plein de tout ce qu'il ne saisit pas. Les mots le saisissent, il se redresse un peu trop vite, grimace douloureuse à l'appui alors qu'elle attrape sa main d'une délicatesse presque inhumaine. Les yeux du conseiller se perdent sur le visage de celle qui n'ose plus tellement le regarder, de sa collègue qui tremble alors qu'elle s'applique dans son geste, de son amie qu'il n'a pas su aider, qu'il ne sait pas aider.

Muet, le biologiste soupire alors que Nadja reprend la parole, qu'elle le contredit, lui balance une vérité en pleine gueule qu'il a tout sauf envie d'entendre. En vérité c'est surtout qu'il refuse d'y croire. Non pas au fait que Nadja puisse être malheureuse, submergée ou même en colère. Mais bien au fait qu'elle n'est pas plus forte que lui, que n'importe qui. Parce qu'il sait pertinemment que c'est faux, qu'elle ne se voit pas comme lui la voit, qu'elle ne s'entend pas comme le monde entier l'entend. Sauf que Wyatt sait mieux que personne qu'on ne coupe pas quelqu'un qui se confie quand il ne le fait jamais. Que le geste qu'elle fait envers lui à cet instant précis, c'est comme lui qui vient avec sa main en sang plutôt que de se laisser crever dans son coin. Quelque chose qu'on accompagne sans brusquer, au risque de tout exploser. L'attelle de fortune se construit sur sa main abîmée tandis que Nadja, elle, s'écroule comme elle l'a rarement fait, peut-être même jamais. Et ça aurait pu s'arrêter là, en toute honnêteté. Parce que Wyatt et les mots, Wyatt et les autres, c'est pas vraiment quelque chose d'aisé, d'inné. Mais la médecin rajoute quatre mots, des mots qui n'ont pas un sens fou, pas des mots qui change n'importe quelle vie. Pourtant, ces mots là, à cet instant là, ils changent Wyatt, ils balayent toute sa peine à lui, toute sa détresse et son égoïsme, toutes ses pensées. Et il n'y a plus qu'elle. Elle et son visage sans masque, celui rongé par ces fameux démons cités auparavant. « Nadja... » un murmure un peu brisé, tendrement cassé. Le brun sourit lentement, les yeux humides, le cœur désolé, un peu brisé. « Tu ne me déçois pas, tu m'as jamais déçu. » Un sourire un peu plus franc vers sa protégée alors qu'il se lève pour couper la distance qu'elle s'évertue à maintenir entre eux. « Arrête, stop. » Sa main valide se glisse vers elle et il attrape l'une de ses mains, encore tremblante. « Je dis pas que tu dois me raconter ce qui te bouffe, je sais très bien que je suis pas le confident idéal mais je te laisserai pas devenir comme moi. » Sa voix s'étrangle alors qu'il réalise ce qu'il dit, ce qu'il est aussi.

Le brun baisse le regard, se perd sur la main qu'elle vient de soigner, qui le cogne encore assez violemment. « T'as accompli en 36 ans de vie plus que la plupart des gens n'accompliront jamais. T'es une médecin hors pair mais t'es surtout un être humain meilleur que tellement d'entre nous. » Il lâche sa prise pour l'inviter à s'asseoir avec lui et reprend calmement, autant qu'il le peut du moins. « T'es plus forte que moi et tous les autres, parce que t'as vécu plus que nous tous et t'es encore debout, Nadj. T'as le droit de péter les plombs, t'as le droit d'insulter la planète, ma planète. » Il rit, tendrement, une larme qui se glisse le long de sa joue. « T'as le droit d'insulter le monde entier, moi le premier. Mais t'as pas le droit de dire que t'es pas plus forte, plus calme et plus sensée que tout le monde. Dans un monde de fous, t'es l'un de mes seuls piliers. Et je sais que j'suis pas le seul à le penser. » Mais qu'est-ce qu'il fout, est-ce que ça va vraiment l'aider, est-ce que c'est comme ça qu'on l'aiderait, lui ? Pas tellement, c'est que des mots, ça. Des mots que tout le monde dit pour se rassurer, pour se donner bonne conscience et mieux dormir sur ses deux oreilles.

Alors comment on aide quelqu'un qui respire plus ?
Comment on aide quelqu'un pour qui tout s'est arrêté, pour qui le temps avance plus ?

Il le sait, l'a toujours su. On se fait mal, on s'ouvre et on souffre à plein poumons. Alors il lève les yeux au plafond encore debout, encore stable quand ils le sont plus, et il ferme les yeux pendant quelques secondes avant de dire, de cette voix qu'il cherche plus à maîtriser, à contrôler. « J'ai mal tout le temps, Nadj. J'ai mal d'être impuissant face à tellement de chose que j'ai envie de m'éclater contre un mur, hurler stop, pour que ça s'arrête. Comme si, quelque chose ou quelqu'un, un moment donné, allait tout arrêter. Juste pour me laisser respirer. » Il reprend son souffle et tourne lentement les yeux sur la brune à ses côtés. « Je sais pas tes démons Nadj, et je pourrais pas les réparer, même si je le voulais, mais j'veux pas non plus te donner un discours qui va servir à te faire sourire pour m'éloigner de nouveau. J'veux pas que tu me fasses me sentir bien pour imploser de nouveau dans ton coin. J'veux pas que tu deviennes aussi seule que moi, Nadja. »

Il déglutit de cet aveu qu'il n'a jamais fait, pas même à @Murphy Cavendish lors de leurs retrouvailles, pas même à sa planète à qui il murmure pourtant des millions de secrets. Le poids de sa solitude et de toutes ces nuits, ces soirées et ces journées à se demander comment il allait continuer. Son cœur s'arrache dans sa poitrine alors que sa propre souffrance est mise à nue, alors qu'il n'a jamais été aussi faible qu'en cet instant. Et pourtant, avec toute la certitude, toute la force et toute la conviction du monde, il lui ajoute, doucement, les yeux abîmés dans les siens. « J'te laisserai pas tomber plus bas, laisse-moi être là. »
— caught in the middle —
Nadja Wolkoff
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le Dim 23 Juin - 20:03

DID YOU EVER FEEL WE'RE FALLING AS WE GROW ?
Nadja & Wyatt

« Walking through fields of gold In the distance, bombs can fall Boy we're running free Facing light in the flow And in the cherry trees We're hiding from the world But the golden age is over »
23 Août 2118 — Le masque se fendille doucement, lentement. Laisse apparaître la colère qui gronde sous la poitrine serrée dans ce carcan impossible à briser. Derrière l’apparence souvent trompeuse se cachent les blessures qu’elle ne parvient plus à dissimuler. Celles qui font le plus mal sont celles qu’elle ne peut pas contrôler. Contre lesquelles elle ne peut plus rien faire. Impuissante, elle se retrouve avec ce poids sur les épaules qui la force à avancer l’échine courbée. Confiance entaillée. Décharnée. Elle n’est plus que l’ombre d’elle-même, depuis des semaines. S’épuise à se battre contre un écran de fumée qui l’étouffe. L’empêche de respirer. Égoïstement, elle refuse d’infliger le même sort à ceux qui l’entourent, se plonge dans une solitude désirée pour éviter le contact qu’elle redoute. Autant pour ne pas imposer son deuil qu’elle juge injustifié que pour se protéger, elle. Situation impossible que Wyatt finit par venir troubler. Déranger. Forçant la scientifique à retrouver ses réflexes. Ses instincts primaires. Encore trop instable pour vraiment décider si elle apprécie sa présence ou non. Plus rien n’a vraiment de sens autour d’elle lorsqu’elle n’est plus capable d’accomplir sa tâche jusqu’au bout. Remplir son devoir tout en conservant son éthique. Elle qui ne se définissait que par son rôle se retrouve confrontée à un dilemme intérieur et personnel quand elle se voit complètement démunie face à une volonté plus grande qu’elle. Plus forte que tout.

C’est pourtant sans vraiment réfléchir qu’elle achève la tâche entamée sur la main bousillée de son homologue. Le bandage se termine presque aussi vite qu’elle l'a commencé. Elle a fait au mieux pour ne pas lui infliger une douleur plus grande que nécessaire et ne réalise pas la délicatesse avec laquelle elle a su procéder malgré ses doigts fébriles et ses mains tremblantes. Le masque se fendille un peu plus encore alors qu’elle confie quelques unes de ses états d’âmes, pour la première fois depuis longtemps. Se laisse emporter par la vague qu’il a provoquée en pénétrant son domaine. Elle s’éloigne volontairement pour ne pas risquer de se voir submergée par l’océan qu’il représente. Alors qu’elle a déjà l’impression de se noyer à force de nager à contre courant. Il murmure, brisé, et réduit la distance qu’elle s’est efforcée de mettre entre eux. Agrippe l’une de ses mains en lui arrachant un sursaut. Elle tourne difficilement la tête vers lui, se refuse de lui en montrer plus qu’il n’a déjà vu. De lui dévoiler plus qu’elle ne lui a déjà dit. Car c’est déjà plus que n’importe qui. C’est pas qu’elle ne veut pas se confier, ou pas à lui en particulier. C’est juste qu’elle n'en a jamais eu besoin par le passé. Elle a toujours géré ses problèmes seule, sans rien demander à personne. Elle comprend pas pourquoi aujourd’hui, ça devrait être différent. Pourquoi cette situation là devrait être différente de toutes celles qu’elle a du traverser au cours de sa vie.

Elle ne sait pas quoi ajouter de plus à part le silence et la résiliation. L’écouter parler semble avoir un effet apaisant sur la frustration qui lui ronge les nerfs, bien qu’elle ne s’en rende pas vraiment compte. Regard baissé sur le travail qu’elle vient d’accomplir, le timbre masculin l’apaise. Plus que les mots qu’il prononce, c’est l’effort qu’il met à les faire sortir de sa tête qu’elle apprécie et reconnaît. Elle n'a jamais su accepter les compliments, Nadja. Mais ceux venant de Wyatt ont une saveur particulière. Parce qu’il est pas du genre à en dire à tout va. Encore moins à n’importe qui, ou pour n’importe qu’elle raison. Elle sait que ça lui coûte à lui aussi, de se pencher vers la médecin alors qu’il ne va pas mieux qu’elle. Alors, elle aligne sa volonté sur la sienne. Offre une réponse positive à l’invitation qu’il lui lance de venir s’asseoir près de lui. « - Toi aussi, t’es toujours debout » T’es plus fort que tu le crois. Elle le souffle dans un murmure à peine audible alors qu’elle aperçoit une larme rouler sur la joue du Conseiller. Du bout des doigts, elle l’efface, la balaie de son visage meurtri par la fatigue. Elle sait tout ce que ça veut dire, pour lui, de lâcher prise quand les nerfs tiennent plus. C’est pas la première fois qu’elle constate les dégâts. Pourtant, il est toujours là, lui aussi. Il est là, pour elle. Il est là, à lui réciter à quel point il la pense forte et digne de confiance. À quel point elle est devenue un roc sur lequel beaucoup se reposent. En cet instant, elle aimerait lui hurler à quel point il a tort. Se contente de secouer doucement la tête en baissant les yeux une nouvelle fois alors que ses phalanges se plient. Que les poings se serrent. « - Je veux insulter personne. C’est à moi que j’en veux, pas à toi, pas aux autres. Juste moi » C’est étrange de le formuler ainsi mais c’est la seule manière qu’elle trouve d’exprimer ce qui lui ronge les entrailles.

Elle utilise chaque porte laissée entrouverte par Wyatt pour s’y engouffrer. Rebondit sur chacune de ses prises d’élan pour le suivre dans sa chute dans le vide. Instable et effrayante. Mais sûrement nécessaire. La gorge se serre lorsqu’il continue d’exprimer sa propre douleur. Une douleur contre laquelle elle ne peut rien non plus. Qu’elle aimerait pouvoir faire disparaître de la même façon qu’elle a nettoyé le sang sur sa main. Quelques gestes pour effacer ce qui fait mal. Mais cette douleur là, elle est trop profonde et immatérielle pour qu’elle puisse l’atteindre. Pendant de longues secondes, elle en oublie de respirer. Incapable de soutenir son regard trop longtemps, elle ancre ses prunelles sombres sur le plancher aseptisé de l’infirmerie. Il ne peut pas la réparer, mais il peut essayer. Et c’est déjà bien suffisant, pour le moment. Elle, ne veut pas qu’il s’acharne trop longtemps. Perde son temps pour elle alors que rien ne l’y oblige. Elle n'en demandera jamais plus. Elle ne réclamera jamais rien. Ni du soutien. Ni de l’attention. Ni des mots pour la guérir. Parce que c’est elle qui est censée offrir tout ça. Elle ne devrait pas être celle qui en a besoin. Pourtant, la lucidité avec laquelle il s’adresse à elle, l’honnêteté dont il fait preuve écorche un peu le palpitant dans sa cage thoracique. Elle ne peut pas le repousser après ça. N’en a pas vraiment envie non plus, après tout. Il l’a cernée, bien mieux qu’elle ne veut bien l’admettre. Leurs regards se croisent de nouveau et les iris ambrées s’agrippent à celles de son vis-à-vis. Y restent plongées un long moment, cette fois. Incapable de s’en détacher. Machinalement, elle pose une main glacée sur celle de Wyatt. Celle qui n’est pas blessée. Celle qu’elle ne risque pas d’abîmer après l’avoir réparée. « - T’es pas seul. Et t’as pas à réparer quoi que ce soit » La voix se brise à mi-chemin. Elle détache son regard de celui du Conseiller. Réflexe salvateur, elle ravale instantanément les larmes qui se sont accumulées derrière ses paupières éreintées.

« - Je sais que c’est dur pour toi, d’admettre que la nature peut être plus cruelle que les humains. Que c’est pas comme ça que tu veux la voir. Que ça te fait mal. Je suis désolée que tu souffres autant pour ça. Je suis désolée de rien pouvoir faire pour t’aider » T’aider à gérer la colère. Parce que la souffrance est similaire à celle contre laquelle elle se bat. Impalpable. Impossible à atteindre. Immatérielle. Nadja peut rien faire pour la soulager. Comme elle n’a rien pu faire pour sauver Thaïs. Constat amer qu’elle ne parvient pas à accepter. Doucement, la colère refait surface, Les phalanges se crispent autour de la main du brun près d’elle sans qu’elle ne s’en rende compte. Une fois de plus, le film défile devant ses yeux pourtant grands ouverts. Scène catastrophe rapidement changée en drame. Métamorphosée en un claquement de doigts. Dès l’instant où elle a posé son diagnostique, tout à basculé. La vie ne tient qu’à un fil. Une décision. Sa décision. Persuadée que dans un autre contexte, ailleurs, avec d’autres moyens que les siens, tout aurait pu être différent. « - Plus bas, y’a rien, Wyatt. J’y suis déjà », admet-elle avec une certaine légèreté, le front plissé. Elle a accepté son état bien plus vite que l’échec et la perte de la gamine qui la hante. Le cœur se serre, un peu plus fort. Et le masque finit par tomber.
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DATE D'INSCRIPTION : 01/08/2018 PSEUDO/PRENOM : Totoro's Child. MULTICOMPTES : TC Jones. MESSAGES : 607 CELEBRITE : Rami Malek COPYRIGHT : poésies cendrées - kane. - sleeping at last ; earth - pando METIER/APTITUDES : Conseiller Odysséen. - Botanique & Zoologie. TRIBU : Dana POINTS GAGNES : 122
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le Lun 24 Juin - 1:22


Nadja elle a ce quelque chose qui a toujours un peu intimidé Wyatt. La brune dégage une confiance en elle qui n'a de cesse d'impressionner son aîné, et ce, depuis déjà de nombreuses années. Ça n'avait rien à voir avec le fait qu'elle soit devenue Conseillère si jeune, ça datait de bien avant. Lorsqu'il l'observe, il voit toujours cette femme forte qui ne laisse rien passer, qui n'explose jamais. Un peu comme si tout lui glissait dessus, qu'elle avait une carapace tellement solide qu'il était impossible de l'atteindre. Nombre de fois il avait rêvé d'être comme ça. Que ce soit là haut ou ici bas, le biologiste s'était toujours laissé déborder par ses émotions et n'avait jamais totalement appris à les gérer. S'il n'était pas du genre à étaler ce qu'il pensait des autres, ou même s'étaler avec les autres, on pouvait assurer la réciproque sans aucune hésitation. La doctoresse ne montrant pas de signe de faiblesse, ça sous-entendait forcément qu'elle avait autre chose à faire que de caresser le monde entier dans le sens du poil. Si le Conseiller était déconnecté de la réalité à sa manière, il avait toujours pu voir quelque chose d'approchant, bien que très différent, chez la brunette. Peut-être que c'était parce qu'elle était trop intelligente, trop acharnée dans son travail, dans ce besoin de perfection, ou peut-être que c'était parce qu'elle avait besoin d'avoir un certain contrôle sur les choses et qu'elle restait à distance de ce qui ne se contrôlait pas. S'il pouvait supposer, Wyatt n'avait jamais été en mesure de rien affirmer. Leurs caractères respectifs ne leur avait jamais permis d'avoir des discussions suffisamment profondes pour s'avouer ce genre de choses. Même s'il existait une certaine forme particulière de confiance et de compréhension entre les deux cadets du Conseil, il y avait malgré tout ce filtre entre eux. Alors lorsqu'elle lui répond qu'il est toujours debout, lui aussi, en s'asseyant à ses côtés, le brun sourit. Loin de voir les choses sous cet angle, il n'ose pourtant pas réagir plus que par un sourire légèrement désolé. La pulpe du doigt de Nadja frôle sa joue pour en essuyer son unique larme et s'il aurait pu se sentir un peu honteux de se montrer si faible face à elle, il est étonnement reconnaissant pour l'instant présent.

L'aveu qui suit les propos du biologiste lui brise le cœur. Parfaitement capable d'entendre le sentiment, sans doute plus qu'elle ne se l'imagine, il n'arrive pas à accepter l'idée qu'elle puisse ressentir ça d'elle-même. Sa voix s'étrangle, elle a du mal à suivre la route alors qu'il a encore plus mal qu'il n'aurait pu l'imaginer. « Je sais ce que c'est. » C'est sans doute la première fois qu'il avoue à haute voix que c'est plus à lui qu'à sa belle bleue, qu'il en veut. « Je peux pas t'amener à te pardonner, même si j'en rêve. Te dire à quel point t'as à t'en vouloir pour rien, à quel point faut que tu vois ce que les autres voient. Mais j'vais te dire ce que je crois que j'aurais envie d'entendre à la place. » Il la cherche quelques secondes du regard et lui dit des mots qu'il est incapable de se dire à lui-même, qui l'enfoncent chaque jour un peu plus dans sa culpabilité au lieu de l'amener à avancer. « Je te pardonne, moi. Je te pardonne de pas avoir réussi à tout maîtriser. Je sais que t'as fait de ton mieux, je sais que t'as essayé autant que tu pouvais. » Un sourire triste s'étale sur ses lèvres tandis qu'il sent le poids de ses propres maux qui s'alourdit à l'intérieur de lui. Mais ça lui importe peu, parce qu'il a besoin d'être là pour elle. Il a besoin d'essayer, sans avoir tous les éléments, que des bribes de murmures d'événements à mesure des années, dans le Conseil ou sur le camp. Il a besoin de croire qu'il peut faire pour elle ce qu'il est incapable de faire pour lui. De la sauver elle, pour pas avoir à se sauver lui.


Puis il se livre, pour lui donner une petite porte de sortie. Il se livre pour qu'elle ait quelque chose à quoi se raccrocher, au cas où il ne l'enfonce un peu plus dans ses pensées. Et puis peut-être aussi parce qu'il a autant besoin d'elle qu'il espère qu'elle a besoin de lui. Leurs regards se trouvent et dans les longues secondes de silence qui entourent leur peine, ils se comprennent peut-être un peu plus qu'avec tous les mots qu'ils se disent. Et puis y a sa main qui se pose sur la sienne. La fraîcheur de ses doigts glisse un frisson  au brun, s'il retient le micro-mouvement réflexe afin qu'elle ne lâche pas sa prise, il l'écoute attentivement parler et son sourire reprend cet air, à la fois triste et peut-être un peu rassuré. Parce qu'ils se comprennent plus qu'il n'aurait pu l'imaginer. Son regard se détourne en même temps que le sien, lentement il trouve leurs deux mains. Son pouce vient se hisser lentement sur la main de Nadja et il lui offre ce geste doux, ce geste discret, presque invisible, de laisser son doigt se balader contre sa peau. Comme pour lui dire qu'il est là, qu'il la lâche pas. Comme pour lui dire que c'est fini, qu'elle est plus seul. Et puis il murmure, brisé. « Je sais. » en écho à leur propos à chacun. Mais il y a une différence entre savoir et être capable de l'accepter.

Les mots qui suivent lui font mal autant qu'ils lui font du bien. Parce qu'elle le comprend, elle l'entend là où il est quasiment toujours sûr de ne jamais être entendu. Le regard bas, il sent la prise de la médecin se serrer contre sa main, pour autant, il n'arrête pas son geste, ne quitte pas sa prise à lui, toujours aussi douce, malgré la douleur. Wyatt n'arrive pas à lui répondre sur l'instant, parce qu'il a trop mal, parce que même si c'est un soulagement sans pareil de réaliser qu'il n'est peut-être pas aussi seul qu'il le pensait, toutes les émotions, la voir dans cet état, c'est tellement dur que ça lui serre violemment la gorge. Ça l'étrangle et il est pas foutu de sortir un son de sa bouche. C'est finalement Nadja qui brise une fois de plus le silence en lui affirmant qu'elle ne peut pas tomber plus bas. Si l'aveu lui écorche un peu plus le cœur, il ne peut pas se prétendre surpris, parce qu'une fois de plus, au fond, il savait. Il comprend, il sait. Le brun renifle, prend son courage à deux mains et reprend enfin la parole. « Tu m'aides déjà, Nadja. » L'assurance derrière les mots contraste avec tout l'environnement qui s'est instauré entre eux, et s'il n'y avait pas une once d'hésitation dans les vibrations de sa voix, elles reviennent brusquement alors qu'il continue. « Je déteste te savoir dans cet état, je donnerai tout pour que tu te sentes autrement. » Il a besoin de lui dire, au cas où elle doute. « Mais tu peux pas savoir à quel point je suis rassuré de ne pas être seul. » Le calme de ses propos contraste avec tout ce qu'il ressent et lentement, il arrête de caresser le dos de sa main pour venir à son tour serrer sa prise. « T'es pas seule, Nadja. Je te jure que je comprends. Je te jure que je suis là. Je te jure que je te forcerai pas à faire semblant, à aller bien juste parce que c'est ce qu'il faut. Je sais que les dernières années ont été particulièrement dures pour toi. La nature m'a peut-être brisé, mais toi, ce sont les nôtres qui l'ont fait. Je sais qu'ils ont pas fait exprès, je sais que c'est pas leur faute. Mais c'est pas la faute de la nature non plus, si elle m'a fait tant de mal. Je sais pas comment on est sensé accepter tout ce qui s'est passé. »

Il reprend sa respiration et lui dit, retrouvant finalement son regard difficilement. « Je sais pas comment on est sensé accepter qu'on a pas le contrôle sur ce qui peut se passer. J'sais pas comment on est sensé avancer alors qu'on a l'impression d'avoir tout fait foirer. Mais tout ce que je sais, Nadj, c'est que je te laisserai pas. Qu'importe le temps que ça prendra pour qu'on trouve comment se sortir de ça. » Il serre encore un peu plus sa main, quelques instants seulement avant de relâcher délicatement sa prise, sans quitter sa main et il ajoute, déjà tellement désolé. « C'est à cause de ce qui s'est passé avec la petite, que t'es comme ça ? » Il n'était pas présent, pas sur le moment. Mais tout est remonté au Conseil, et puis les gens parlent. S'il ne sait plus son nom, Wyatt sait combien Nadja est attachée au projet Cent. Il a découvert son implication en rentrant dans le Conseil. Le brun n'ayant jamais douté de toute la bonne volonté et de l'acharnement de la médecin pour que tout se passe pour le mieux, il avait mis du temps à mesurer son attachement réel pour les enfants condamnés. Il le sait, il aurait dû faire plus lorsqu'il a appris pour la gamine impossible à sauver. Il aurait dû aller vers elle, tenter, même s'il savait ni quoi dire, ni comment.

Mais peut-être qu'il l'aurait empêchée de tomber si bas. Peut-être qu'il l'aurait empêchée de tomber au plus bas.
— caught in the middle —
Nadja Wolkoff
DATE D'INSCRIPTION : 01/10/2017 PSEUDO/PRENOM : empty gold. MULTICOMPTES : aucun. MESSAGES : 938 CELEBRITE : Felicity Jones COPYRIGHT : luxaeterna ♥︎ (ava) - excelsior (signa) - chrysalis (icons) METIER/APTITUDES : membre du conseil, médecin et chirurgien de l'Odyssée. POINTS GAGNES : 98
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le Lun 15 Juil - 22:42

DID YOU EVER FEEL WE'RE FALLING AS WE GROW ?
Nadja & Wyatt

« Walking through fields of gold In the distance, bombs can fall Boy we're running free Facing light in the flow And in the cherry trees We're hiding from the world But the golden age is over »
23 Août 2118 — C’est un moment suspendu entre deux réalités. Encouragée par l’honnêteté de son homologue, elle finit par se livrer sans filtre. Sans chercher à contrôler ce qui finit par sortir de sa bouche. Sans chercher à changer, modifier, moduler les mots qu’elle parvient à formuler. Et sans trop savoir comment ni vraiment pourquoi, la Conseillère se glisse hors de l’armure qu’elle a construit tout autour d’elle, à grand renforts d’années de solitude et de géhenne silencieuse. Les forces viennent à lui manquer, après avoir longtemps lutté contre ses formes invisibles, et sa faiblesse la contraint à abandonner le masque glacé qu’elle avait pourtant ancré sur son visage. Perdue entre le monde dans lequel elle doit se montrer responsable et celui dans lequel la pression n’a jamais existé, elle ne parvient pas à décider si Wyatt est arrivé au meilleur ou au pire moment. Cerveau en ébullition alors que l’enveloppe épuisée est devenue quasiment léthargique. Elle se rapproche de l’Odysséen pour affirmer sa présence alors qu’elle n’est plus vraiment là depuis des mois. Transformée en automatique, elle fonctionne par réflexes. Elle a perdu la flamme qui l’animait depuis l’enfance. Celle qui a fait sa réputation. Celle qui l’a menée à devenir ce qu’elle est aujourd’hui. Celle qui n’a jamais été vraiment menacée, protégée par le cuir de cette carapace forgée avec soin. Jusqu’à ce qu’une lame finisse par la transpercer, définitivement. Courant d’air qui aura raison du feu intérieur.

Elle trouve dans le regard de Wyatt un écho à sa propre solitude. Il lui apparaît soudainement comme le seul être capable de comprendre sa situation. Ils n’ont pas toujours été proches, se sont souvent ignorés, accordés les regards courtois de circonstances. Malgré tout, au fond, Nadja a toujours su qu’ils partageaient plus qu’ils ne voulaient bien l’admettre. Et c’est dans un moment comme celui-ci qu’elle finit par s’en rendre réellement compte. Et qu’elle finit par l’admettre. Elle essuie délicatement une larme qui vient rouler sur la joue du Conseiller avant de planter son regard dans le sien. Elle peine à trouver les mots justes pour ne pas paraître idéaliste, mais juste. Parce que c’est ce qu’il veut. Elle le sait. Lui aussi. Il ne serait pas venu la voir s’il ne cherchait pas l’honnêteté qui la caractérise. Et même dans un état aussi instable que celui dans lequel elle se trouve actuellement, la scientifique ne sait pas faire autrement que d’être fatalement honnête. Elle baisse soudainement les yeux, rattrapée par ses propres démons qui se rappellent à elle sous des formes variées. La plus omniprésente étant ce sentiment de culpabilité qui l’empêche d’avancer. Comme une chaîne à son pied. Elle se retient une fois de plus de laisser éclater sa colère en sanglots lorsqu’il la délivre d’un peu de ce poids immense qu’elle porte sur ses épaules. Pardon attendu, mais qu’elle a du mal à savourer. Amertume coincée au fond de la trachée. Elle se mord la langue en ravalant ses larmes. Ne peut rien ajouter, rien dire, rien formuler de plus. Alors elle se contente de serrer sa main un peu plus fort. La brune hoche la tête, consciente que ces quelques mots valent de l’or.

Mais les silences en disent autant que tout le reste et c’est comme si ils n’avaient plus besoin de parler pour se comprendre. Elle n’ose plus plonger dans le regard qu’il pose sur elle de peur de ne plus être capable de contrôler la vague d’émotions contraires qui la submerge. Deux courants en opposition dans sa tête qui lui font perdre pieds. Une fois de plus, il vise juste et ça l’atteint en plein cœur. La poitrine se serre quand elle réalise qu’il parvient à capter sans aucune difficulté la situation dans laquelle elle s’est mise quasiment toute seule. Et qu’il se trouve dans la même. Ça lui fend un peu plus le cœur de le voir si résigné et elle peine à retrouver son regard, le front plissé par l’inquiétude. Elle arrive pas à lui répondre quoi que ce soit. La gorge trop serrée pour laisser échapper le moindre mot. Persuadée de ne plus être capable de retenir sa frustration si elle laisse entendre sa voix. Elle concentre son attention sur la main qu’elle sent se serrer autour de ses phalanges alors que son regard reste planté dans celui de son vis-à-vis. De manière presque détachée, elle chercher à s’y ancrer, tout en ayant peur d’y accoster définitivement. Plus à l’aise au milieu des flots que sur le bord de la rive. Plus familière avec la tempête qu’avec son opposé. Le front se plisse un peu plus quand il évoque Thaïs, sans formuler son nom. Le visage de la gamine apparaît instantanément devant les iris neurasthéniques de la médecin. Froid et pâle, celui qu’elle arborait dans ces derniers instants et qui la hante depuis ce jour. Elle acquiesce, d’un hochement de tête à peine perceptible. Comme si même l’admettre sans le dire allait la détruire. Les prunelles se décrochent de celle du conseiller. Inévitablement.

« - J’arrive pas à me l’enlever de la tête » Son visage. Celui de ses amis autour d’elle. Celui de Murphy. C’est tout ce qu’elle arrive à formuler. La voix se brise à mi-chemin et elle inspire pour retenir un sanglot. Déjà à bout de souffle, c’est comme si elle était restée en apnée pendant tout ce temps. Reprenant seulement sa respiration. Elle secoue machinalement la tête, sourcils froncés pour se donner un air plus sérieux que vulnérable. Nadja sait très bien qu’elle ne le trompera pas. Mais c’est la seule réaction qu’elle connaisse, qu’elle endosse naturellement. Incapable de se livrer totalement sans se débattre un minimum avant de rendre les armes. « - J’ai toujours sur comment tout contrôler. Mais j’ai pas pu contrôler ça. J’ai pas pu la sauver » Elle baisse un peu plus la tête alors que sa seconde main vient se flanquer sur ses lèvres pincées. Il lui est de plus en plus difficile de garder sa composition alors que tout lui hurle de lâcher prise. Vocabulaire inconnu dans l’esprit de la scientifique. Mais c’est trop tard pour reculer. Elle est déjà trop près du précipice pour choisir de faire marche arrière. Elle a commencé à tomber et y’a rien pour la retenir en arrière. Tout ce que Wyatt lui a dit résonne sans cesse dans sa tête, tambourine contre ses tempes alors qu’elle se débat avec sa volonté, au bord du gouffre. « - J’ai pas pu la sauver, et j’ai pas non plus été là pour toi » Pour ça aussi, elle s'en veut. Ne le réalise que maintenant. Elle articule difficilement, le débit est rapide, elle expédie son aveu plus qu’elle ne le formule. La voix est tremblante et c’est tout son être qui se met à vibrer. Les nerfs finissent pas lâcher. « - Je suis désolée, Wyatt » Elle ne parvient plus à retenir ses larmes, cette fois. Elle sont d’abord silencieuses, parce qu’elles la torde de douleur. Ça lui remue les tripes et les traits se crispent sous la géhenne que ça lui inflige. La Conseillère dégringole le long de la falaise alors qu’une nouvelle crise la frappe, plus fort et plus intense que toutes les autres.
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