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Murphy Cavendish
DATE D'INSCRIPTION : 06/12/2015 PSEUDO/PRENOM : Lux Aeterna MULTICOMPTES : Nuna Cortez MESSAGES : 38210 CELEBRITE : Sophia Bush COPYRIGHT : jenesaispas (vava) Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) METIER/APTITUDES : ancienne militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. POINTS GAGNES : 328
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le Mar 29 Jan - 3:07
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❝ What's left to do with these broken pieces on the floor ? ❞
Murphy Cavendish & Wyatt Sheperd
(12 août 2118)


Depuis dix ans, on ne pouvait pas dire que Murphy avait été malheureuse. Le temps avait fait disparaître Wyatt de sa vie tellement progressivement que ça avait paru irrémédiable, comme si les choses n'avaient jamais été destinées à finir autrement entre eux. Peut-être qu'eux deux, ça avait toujours été une histoire de jeunes, de gamins qui se trouvaient au milieu de tous les autres, mais incapables de subsister face au travail inexorable du temps. Peut-être qu'ils s'étaient trouvés pour se guider, mais qu'en trouvant le chemin vers les responsabilités adultes, ils n'y avait plus eu de place pour celui qui les guidait l'un vers l'autre. Peut-être que les choses étaient simplement comme ça et qu'il fallait les accepter pour ce qu'elles leur avaient apporté de si beau à l'un et à l'autre, leur laissant des souvenirs à chérir dans un secret qui n'appartenait plus qu'à eux. Le reste du monde avait oublié les deux amis qui regardaient les étoiles en silence, s'émerveillaient de la Terre dont la beauté bleutée défilait sous leurs pieds en contant des histoires d'autrefois, en imaginant un présent à un monde dont ils ne savaient plus grand chose et en rêvant à un avenir qui leur serait commun. Les années avaient transformé une amitié du passé en un idéal d'une autre vie, de quelque chose qui n'avait pas réellement existe. C'était comme ça parce que ça ne pouvait ou ne savait pas vraiment être autrement. Wyatt lui avait filé entre les doigts sans qu'elle ne comprenne le moteur de cette disparition si douce et naturelle. C'était ça, grandir, alors : muer, abandonner son cocon de gamin pour devenir adulte. Laisser à ses seuls souvenirs la perfection d'une jeunesse paisible qui façonnait l'adulte. Mais être une grande personne était violent; on en oubliait l'innocence de la jeunesse et la simplicité de ce qui l'avait accompagnée. On oubliait les belles amitiés et les grands moments parce qu'ils devenaient inconcevables dans ce présent devenu fou, guidé par les destinations au lieu des chemins à emprunter. Murphy était ambitieuse. Certains lui avaient reproché sa rigueur qu'ils transformaient en sévérité et en étroitesse d'esprit; la plupart avaient oublié la gamine qu'elle avait été ou été incapable de l'imaginer. C'était peut-être cette rupture entre innocence de la jeunesse et gravité de l'adulte qui avait tiré les deux amis dans des directions opposées. C'était peut-être simplement ça qu'on reprochait au temps : on grandissait, on se transformait, on réalisait toute la simplicité à laquelle la vie d'adulte n'avait plus vraiment le droit. Certains disaient qu'on gagnait en maturité; Murphy, elle, affirmait qu'on n'avait d'autre choix que de se laisser noyer dans le monde des adultes, parce qu'on était bien obligé de s'y abandonner un jour ou l'autre. Alors on laissait derrière soit ce qui nous avait fait si heureux autrefois, et elle y avait laissé Wyatt. C'était sans doute plus facile de se dire qu'ainsi allait la vie, mais Murphy n'était pas dupe. Elle était maîtresse de ses choix, et dix ans, oh dix ans, c'était extrêmement long. C'était proportionnel au nombre d'occasions qu'elle avait manquées; il aurait suffi de quelques mots, de s'asseoir à côté de lui pour manger, d'accepter une invitation peu subtile de ses parents. Il aurait suffi, mais ça avait paru insurmontable. Chaque année de plus semblait accentuer le fossé creusé entre ceux qui avaient autrefois été si proches, et l'effet miroir devenait de plus en plus violent. Elle avait fait sa vie sans lui, et Wyatt avait fait sa vie sans elle. Murphy n'avait pas été malheureuse. Les rencontres s'étaient succédées, d'autres amitiés étaient nées, les étoiles avaient continué à briller de leur éclat sans pareil même s'ils ne les regardaient plus tous les deux. La vie avait continué.

Murphy n'avait pas été malheureuse, mais il fallait une nuit traversée de comètes pour qu'elle réalise qu'on pouvait continuer à vivre malgré le manque de l'autre. On ne lui avait pas pris Wyatt comme on lui avait pris sa mère ou Faust. Wyatt avait pris un autre chemin, bien loin du sien, parce qu'ils avaient laissé les choses se faire à deux. La rupture n'avait pas été brutale. Son cœur n'avait pas cédé violemment sous le poids du manque. Il avait eu le temps de s'y faire, de s'adapter, de combler ce vide en passe de naître avant même qu'il ne puisse le faire. Mais il restait des traces de son ami d'autrefois, des marques indélébiles du passage qu'il avait fait dans le cours de son existence. Et c'est ce soir, sous les étoiles et les météores, que Murphy réalisait qu'on ne pouvait jamais réellement combler le vide laissé par un être aimé. On pouvait s'y adapter, continuer à avancer malgré tout, se transformer au contact de nouvelles rencontres, de nouvelles amitiés. On pouvait être heureux, même. On pouvait se contenter de chérir de beaux souvenirs, se faire croire que les choses changeraient un jour si ça nous aidait à accepter les choses telles qu'elles étaient maintenant. Mais il y avait des liens qui laissaient des marques à vie, au point où les ruptures n'en étaient jamais vraiment et où les retrouvailles ne pouvaient jamais vraiment en être.

Il en fallait, du courage, pour laisser quelqu'un rentrer dans sa vie. Il en fallait beaucoup moins quand on connaissait l'autre par cœur, même dix ans plus tard, même un monde plus loin. Leur amitié n'appartenait pas à leur jeunesse, pas comme Murphy avait tant souhaité s'en convaincre. Elle était là, vivante, palpable, et il suffisait de les voir allongés l'un à côté de l'autre pour en être persuadé. Les morceaux d'étoiles qui filaient du cœur de Persée pouvaient s'y méprendre : elles retrouvaient les deux gamins d'autrefois, ceux qu'elles avaient salués chaque année pendant des années. Ils étaient les mêmes, avec quelques rides de plus sur le visage, quelques souvenirs de plus dans le crâne et quelques marques de plus dans le cœur. Ils étaient les mêmes avec une terre ferme sur laquelle s'allonger, cette fois, et Murphy pouvait imaginer les corps célestes sourire en s'écrasant à une infinité de kilomètres de là, par-delà les limites inexplorées. Et c'est sans doute pour toutes ces raisons-là, pour celles sur lesquelles elle ne pourrait jamais mettre de mots, qu'elle laissa s'échapper une demi-vérité entre quelques mots maladroits, comme une première tentative de rendre réel ce qui devenait trop tangible depuis qu'elle avait côtoyé l'océan agité et l'agitation des côtes laissées livrées à elles-mêmes. Wyatt pouvait lui dire qu'elle était faite pour tout; c'est qu'il ne connaissait pas la Montagne. Elle ne voulait pas être faite pour quelqu'un; elle ne voulait pas être pour quelqu'un. Wyatt avait toujours su creuser entre ses mots sans effort. Il avait toujours décelé dans son regard les quelques lueurs qu'elle s'efforçait de faire taire du mieux possible face à autrui. Un bref regard déporté sur son ami lui avait-il divulgué tout le manque qu'elle avait déjà des étreintes de la Montagne, tout le chagrin qui s'emparait d'elle lorsqu'elle le revoyait disparaître au bord de l'eau, emporté par les tentacules ignobles d'un monstre qu'elle n'avait jamais osé imaginer dans ses pires cauchemars ? Elle se contenta d'approuver les dires de son ami dans un grommellement peu convaincu. Il lui disait des choses comme ça parce qu'il ne savait pas, lui, le défi inattendu que lui posait ce nouveau monde. Ce n'était pas les tempêtes acharnées, les chaleurs insoutenables, les monstres affamés ou les froids sidérants qui la laissaient dans le pire état. C'était la perspective de voir disparaître de ce monde un être particulier, et la réalité des séparations lorsque les êtres n'avaient plus d'autre choix que de clôturer ces parenthèses volées au temps. Peu importaient les marques d'encre laissées sur sa peau claire, peu importait l'eau qui avait envahi ses poumons et la mort qu'elle avait vue de si près. Il y avait une nouvelle peur qui surpassait toutes les autres et Murphy n'était pas faite pour la surpasser ou la vaincre. Elle n'était pas faite pour combattre ce combat là.

Mais la soirée n'était pas de celles qui faisaient résonner les éclats de rire au cœur du silence de la nuit. Ils soufflaient des vérités douloureuses, soulevaient des questions qui tenaient éveillés trop souvent, trop longtemps. Quant Wyatt confessa que là-haut ne lui manqua pas, le cœur de Murphy se serra sans qu'elle ne sache réellement pourquoi. Parce que là-haut faisait partie de leur identité, sans doute, et parce que là-haut faisait partie de leur histoire, certainement. Parce que leurs souvenirs s'étaient construits là-haut, parce que là-haut serait toujours leur première maison, leur premier foyer. Parce que si on reniait là-haut, alors on reniait tous ceux qui n'avaient pas connu ici-bas. Si on admettait aimer ce monde au point d'oublier celui de là-haut, alors on admettait que ceux perdus entre les deux ne valaient pas tant que ça. Si là-haut ne manquait pas à Wyatt, alors peut-être qu'il y avait laissé leur amitié, avec les étoiles et tous les souvenirs qu'ils s'étaient forgés en orbite autour de cette planète. Dans la tête combattaient deux idées desquelles ne sortirait aucune gagnante. Wyatt avait toujours vécu pour ici. La Terre était son premier, réel et unique amour. La réponse aurait dû être évidente avant même qu'elle ne pose la question. Mais peut-être qu'elle avait espéré raviver un peu de la nostalgie de cette vie qu'ils avaient partagée là-haut, de toutes les jolies choses qui avaient pu se tramer au-dessus de cette planète à laquelle ils étaient aujourd'hui solidement ancrés. L'amour de la dame bleue et celui du vaisseau qui avait orbité sur un de ses anneaux orbitaux n'étaient pas mutuellement exclusifs. La plupart du temps, accaparée par un quotidien qu'elle avait construit dans cet objectif, Murphy ne pensait plus réellement à sa vie dans les étoiles. Elle ne l'avais pas oubliée pourtant, et il lui arrivait parfois en cherchant le sommeil de repenser à ce qui semblait aujourd'hui appartenir à un rêve ou à un autre monde, à une autre vie ou une autre réalité. En fermant les yeux, elle pouvait même s'imaginer dans le lit de son appartement là-haut, avec sa mère assoupie non loin d'elle. Dans ces moments-là, tout lui manquait au point de lui déchirer les viscères et lorsqu'elle ouvrait les yeux pour se retrouver dans ce monde-là, une larme silencieuse coulait sur sa joue rougie par l'émotion. Sa mère n'était plus, Faust n'était plus, et cette vie aisée et tant aimée n'était plus. Ca ne lui interdisait pas d'aimer tendrement celle qu'elle avait créée ici. Vivre deux vies en une seule vie était une occasion comme peu pouvaient en connaître. Murphy côtoyait ce monde avec la même curiosité et la même affection que celles qui avaient caractérisé son existence parmi les étoiles. Mais elle le savait, pour Wyatt, les choses avaient toujours été différentes. Il n'avait jamais réellement été chez lui, là-haut. Il avait suffi de le voir regarder et décrire la Terre sans même la connaître, sans même savoir ce qui pouvait maintenant s'y cacher, des décennies après qu'ils en aient eu les dernières images. Et Wyatt, quand il reprit la parole, était hésitant, la voix brisée de ce qu'il confiait dans la confiance tendre de la nuit qui les couvait. Et face à cette détresse passée, Murphy se sentait ridicule et impuissante, coupable, inutile, terrassée, profondément triste. Et elle n'osa jeter un coup d'oeil à Wyatt que lorsqu'elle sentit son regard posé sur elle; accueillit la tendresse de son sourire avec le même. « T'as laissé beaucoup de choses là-haut, alors... » murmura-t-elle mélancoliquement en retrouvant le ciel du regard. C'était probablement ce qui avait pu lui arriver de mieux, alors, la Terre. Avec tout le rien, il avait laissé là-haut sa mère et eux, aussi, et tout ce qu'ils avaient crée sans que ça ne suffisse. Mais ça ne lui avait pas suffi parce qu'elle n'avait pas été là lorsqu'elle aurait dû l'être, parce qu'elle n'avait pas vu qu'elle avait encore sa place à ses côtés, parce qu'elle avait été tellement tant convaincue qu'il était bien aisé de la remplacer. Mais par-dessus tout, il avait laissé dans l'ancien monde le rien, celui qui faisait mourir parce qu'il empêchait de se raccrocher au moindre espoir; et finalement, c'était sans doute la seule chose qu'elle devait retenir, la seule constatation qu'elle devait chérir.

Et dans un aveu déguisé à son tour, Murphy mentionna l'océan déchaîné quelques semaines auparavant. Wyatt en avait entendu parler, mais que savait-il réellement ? Avait-il plus de réponses qu'elle ? Connaissait-il la réalité, ou seulement une des multiples réalités qui s'étaient façonnées après les faits, comme pour tenter de rattraper tout ce qu'aucun de vous n'avait réellement vu ? Peu importe la version à laquelle elle croirait peut-être un jour, une seule certitude demeurait : elle avait merdé. Elle n'avait pas été responsable, pas organisée, pas réfléchie. Elle s'était jetée tout droit sur le danger parce qu'il avait été en passe d'avaler [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]. Mais dans la nuit, les peaux couvertes de sel et les âmes fracturées par le réel et l'irréel s'étaient trouvées comme jamais. C'était peut-être ça qui comptait. Dans chaque malheur résidaient des perspectives nouvelles, quelles qu'elles soient. La panique avait laissé place à une peur latente qui avait révélé certaines choses sous un autre angle. A Isdès elle avait craché désespérément tout ce qu'elle ne voulait pas le voir disparaître. Dans ses bras elle avait trouvé un réconfort comme jamais elle ne l'aurait trouvé sans cette angoisse avortée. On ne mesurait pas l'importance d'une existence tant qu'on ne menaçait pas de nous la prendre. Murphy n'avait pas mesuré la mortalité d'Isdès avant de le voir se faire happer par ce soldat aquatique qui ne promettait que mort et désolation. Pour la première fois de sa vie de lieutenant militaire, Murphy avait merdé.

Mais au milieu de toutes ces incertitudes subsistait leur parfait opposé. Ses guides, ses piliers, ses constantes, c'était ses proches. Et malgré ce qu'elle s'était tant seriné au fil des années, Wyatt n'avait jamais vraiment quitté sa vie. Il y avait encore un pied, même dix ans plus tard. Même si elle n'avait rien compris à sa vie et à sa détresse, elle avait gardé un œil sur lui, s'était inquiété de ses absences et rassurée de ses retours, délectée de cette place de conseiller si difficilement acquise, consolée de ces quelques sourires volés au détour de couloirs perdus dans l'espace ou de bâtiments perdus dans la forêt. Mais maintenant, Wyatt lui offrait bien plus que ce de quoi elle avait appris à se contenter au fil des années : il lui offrait la promesse d'un avenir, là où elle n'avait eu d'autre choix que de se contenter d'un passé. Ses promesses à lui portaient le même poids et la même valeur que les siennes : elles étaient d'or et c'est la valeur qu'elle donna à celle qu'il venait de lui faire, le regard planté dans le sien. Le silence de la nuit et le souffle discret des secrets partagés timidement auraient presque pu faire oublier à Murphy que tout ça était un retour aux bases, que plus rien de tout ça n'avait existé pendant dix ans. Un regard extérieur pourrait s'y méprendre. Sur cette petite bute, au milieu du village, c'était deux amis qui ne s'étaient jamais vraiment quittés. Ils avaient toujours été prêts à se retrouver. Alors Murphy sourit de reconnaissance à celui allongé à ses côtés.

Et Wyatt n'avait jamais perdu le fil de ses pensées. Les prunelles de la brune s'humidifièrent alors qu'elle accueillait les conseils de l'homme, les dirigeant malgré elle vers le montagnard. Pourquoi revenait-elle si facilement à lui ? Pourquoi sa présence était si récurrente ce soir, pourquoi n'arrivait-elle plus vraiment à l'ignorer assez fort pour prétendre qu'elle n'était pas là ? Elle disait des conneries, voilà ce dans quoi elle se réfugiait en fuyant son regard, en fermant ses paupières en espérant disparaître. Mais Wyatt la connaissait par cœur, et il choisit de répondre avec ce qui le taraudait lui, comme un pont entre deux âmes un peu perdues, submergées par l'effrayant de l'inconnu et l'euphorie de l'autre. Lui aussi, c'est stupide. Ils se taisent de leurs stupidités en les murmurant comme des aveux à eux-mêmes. Lui, il avait quelqu'un d'autre qu'elles, que sa Terre et Murphy. Et les sourcils dans la brune se froncèrent dans un réflexe protecteur lorsqu'il utilisa les termes de trop. L'amour ne méritait pas le risque du danger et la perspective de la mort. Mais qui était-elle pour prétendre être légitime à cette vérité ? Elle avait côtoyé la mort au plus près pour Isdès, et aucune parcelle de son être ne lui en avait donné le choix. Elle s'était ruée sur les tentacules avant de se faire prendre à son tour parce que ça s'était imposé comme la seule option. Pas de fuite, pas de temps de réflexion : juste foncer, juste faire quelque chose tout de suite. « Il parait que l'alcool ça marche bien, pour se sentir vivant » lâcha-t-elle amèrement, confrontée à ses propres contradictions. Mais rien n'avait jamais eu le pouvoir de la faire se sentir vivante comme lui, sa peau, son odeur, sa peine, ses soupirs et ses étreintes. Jamais rien ne semblait plus capable de la faire se sentir vivante comme l'attente de lui, le manque de lui, l'impatience de lui. « Ou sauter du haut d'une cascade... » Testé et approuvé. Ou pas réellement, en fait; parce que sa récompense avait résidé entièrement dans le regard qu'elle avait croisé dans la flotte, au pied de la chute d'eau. La panique mêlée à l'étonnement dans ses iris à lui avait dépassé toute la satisfaction de la fierté d'avoir bravé son vertige. « Fais attention à toi, hein, dis ? » Elle lui jeta un bref regard, pour le voir se frotter les yeux, sans doute aussi peu convaincu par ce qu'il avouait qu'elle l'avait été plus tôt dans ses demi-confessions. Alors elle voulait faire preuve de la même discrétion que lui plus tôt, et elle n'insista pas. C'était une femme, et c'était déjà plus d'informations que celles qu'elle lui avait données. Qui était-elle ? Qu'avait-elle de si différent des autres pour réveiller chez lui quelque chose dont elle n'avait jamais été témoin chez lui ? Cette sensation qu'il avait d'être vivant, si vivant, elle ne la lui avait connue jusque-là que grâce à sa tendre planète et à leurs étoiles étincelantes. C'était un peu réconfortant, pourtant, d'avoir trouvé une épaule sur laquelle se reposer et un autre cœur aussi perdu que le sien. « Le rendez-vous est pris, alors » lâcha-t-elle avec un sourire plus taquin, cherchant volontairement à laisser derrière eux les doutes et tout ce à quoi ils ne pouvaient pas répondre ce soir. Car il y avait une certitude qui pansait toutes les appréhensions : celle qu'enfin, ils s'étaient retrouvés. « On se laisse plus se perdre de vue, hein ? » La question sonnait comme une ultime promesse, celle de ne pas réitérer les erreurs du passé. A leurs pieds, Antarès se leva pour vaquer à ses occupations un peu plus loin. On pouvait l'entendre gratter la terre dans la semi-pénombre et Murphy, elle, laissa ses paupières se clore dans la quiétude de la nuit, un petit sourire tranquille esquissé sur ses lèvres. Les nuits calmes lui avaient manqué, depuis quinze jours.
Wyatt Sheperd
DATE D'INSCRIPTION : 01/08/2018 PSEUDO/PRENOM : Totoro's Child. MULTICOMPTES : TC Jones. MESSAGES : 505 CELEBRITE : Rami Malek COPYRIGHT : EXORDIUM. - kane. - sleeping at last ; earth - pando METIER/APTITUDES : Conseiller Odysséen. - Botanique & Zoologie. TRIBU : Dana POINTS GAGNES : 104
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le Mar 2 Avr - 1:35

La nuit prenait des tournures d'éternité. De ces moments qui se gravent à tout jamais dans un esprit et que l'on peut jouer en boucle lorsqu'on a besoin de se sentir de nouveau exister. Wyatt avait souvent besoin de se sentir exister, se rappeler pourquoi tout ce qui s'était passé, s'était passé. Il faisait partie de ces gens qui remettait toute sa vie en question en un battement de cils et qui voyait les moments importants défiler sous ses yeux. Dans pas mal d'entre eux, il y avait Murphy, et aujourd'hui encore, elle était là. Dans une nuit qui s'annonçait aussi fade que les autres et qui était devenue plus signifiante que n'importe laquelle. Parce qu'au final, elle était la seule étoile qui importait, celle qui changeait les choses, changeait sa vie. Elle lui tirait la tête hors de l'eau quand il ne savait même pas qu'il l'avait, elle compensait tout ce qu'il ne serait jamais. Murphy c'était sa meilleure moitié, son humanité qu'il avait jamais vraiment trouvé. Disparu et enfin retrouvé, peut-être que les choses changeront à partir de maintenant, que tout sera de nouveau différent. Peut-être qu'il fallait qu'il tombe aussi bas pour se relever à bout de bras.

Il sourit alors qu'elle lui parle de l'alcool. « Il paraît, mais si j'ai pas le contrôle de mon esprit, dieu sait ce que je suis capable de faire. » C'est un ton doux, tendre qui révèle pourtant une peur réelle et profonde. Cette peur de perdre le contrôle de cet esprit qui le brûle et l'embrouille jour après jour, perdre cette illusion d'avoir le dessus et ne plus savoir de quoi la minute suivante sera faite. Baisser les bras, abandonner et lâcher les rênes, on verra bien ce que ça donnera. Wyatt est capable de beaucoup de choses. Sortir sans se retourner, croiser des inconnues à la rivière alors qu'il n'y avait rien qui le laissait présager, se retrouver dans le Conseil alors qu'il n'est pas foutu de comprendre ses pairs, et tout le reste aussi. Alors de quoi serait-il capable sans un minimum de logique et de raisonnement ? Même lui a peur de le savoir, probablement pour ça qu'il n'a jamais touché une goutte d'alcool de sa vie d'adulte. Mais son amie en rajoute une couche, parlant cette fois-ci de quelque chose qui se glisse un peu plus à ses oreilles. Dans un sourire en coin, il lui offre un léger rire et ajoute. « Tomber d'un arbre c'est déjà pas mal, alors une cascade... » Pas la peine de lui demander des détails ou de chercher à en savoir plus, pas ce soir, du moins. Wyatt a besoin de temps et Murphy aussi. Ils ont dit en un soir plus qu'en dix ans, il ne faudrait pas non plus pousser à ce point tant redouté qui les mènera dix ans dans le futur, assis au même endroit, à se dire qu'ils étaient trop cons, encore une fois, d'avoir laissé la vie filer sans s'être accrochés.

« Que si tu fais attention aussi. » Qu'il rétorque presque aussitôt tandis que la fatigue commence à frapper le moindre de ses muscles, chacun de ses os. Pourtant, y a quelque chose qui donne envie que ça ne s'arrête pas, cette peur un peu irrationnelle qu'il n'y a pas de lendemain, du moins pas ce lendemain dans lequel ils sont de nouveau proches, plus qu'à un simple sourire poli et gêné l'un de l'autre. Un futur où elle est à ses côtés, où il peut s'appuyer sur elle et elle sur lui, sans avoir plus peur du reste, de rien, des autres. Ça semble être un rêve impossible à réaliser. D'autant plus quand c'est un rêve qui l'a longtemps été. Mais ses yeux le brûlent, son corps lâche là où son esprit refuse de la laisser. Muprhy le rassure pourtant, par de simples mots qui donnent une suite, quelque chose de sûr dans un lendemain incertain. Un rendez-vous pris. Quelque chose d'acté entre eux, un serment silencieux d'un avenir qui les lie, une promesse d'avancer ensemble et plus simplement côte à côte. Simple sourire en réponse, encore un peu plus fatigué mais aussi un peu plus soulagé.

Comme pour être un peu plus sûre, comme pour refléter les peurs qu'il n'articule pas, sa sœur d'une autre famille insiste et Wyatt, lui, répond presque endormi. « On se perd plus tout court, tu veux dire. » un sourire tendre alors que ses paupières se ferment pour laisser définitivement les étoiles qui les observent dans une quiétudes qu'elles mêmes ne connaissaient plus. Les deux enfants du ciel, fascinés, la tête collée au hublot qui rêvent à une vie, un monde différent. Les étoiles qui défilent sous leurs yeux et qui illuminent leurs pupilles comme peu de choses le font. Les deux adultes de la terre, fascinés, la tête ruée vers ce ciel dont ils ne font plus partie, qui rêvent à une vie, un avenir enfin de nouveau commun, et ces comètes, qui filent à des milliers de kilomètres mais qui brillent toujours autant dans leurs yeux, ensemble, comme si le temps s'était arrêté ou remonté. Comme si rien de tout ça ne s'était passé, comme s'ils ne s'étaient jamais quittés.


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