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˜˜˜˜˜˜« What's left to do with these broken pieces on the floor? » Murphy&Wyatt
maybe life should be about more than just surviving


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01/08/2018 Totoro's Child. TC Jones. 204 Rami Malek Ma Reine d'amour ♥ - anesidora - gorillaz Conseiller Odysséen. - Botanique & Zoologie. Dana 841


Sujet: « What's left to do with these broken pieces on the floor? » Murphy&Wyatt
Dim 9 Sep - 16:13


« Let beauty come out of ashes and when i pray to god all i ask is can beauty come out of ashes? can you use these tears to put out the fires in my soul? cause i need you here, woah cause i've been shaking i've been bending backwards till i'm broke watching all these dreams go up in smoke »

☁️ 12 août 2118
Il a de la peine dans le regard, pas de cette peine que les gens comprennent au premier coup d'oeil mais de celle qui fait vraiment mal, celle qui fait qu'on est paumé et qu'on sait plus vraiment qui on est. Lorsqu'il sort de sa chambre de fortune, traverse le bordel du nouveau camp alors que presque plus un bruit ne se fait entendre, Wyatt ne sait plus vraiment pourquoi il s'est mis ça en tête, pourquoi il a décidé de faire ça, encore moins ce soir, encore moins maintenant.

Alors il s'arrête, quelques instants. Il bouge plus, ferme les yeux et tente de faire taire son palpitant. Il déglutit un peu vainement, cherchant son courage là où y en a jamais eu, vraiment. Il fait de ces mouvements qu'on associe au doute, tourne un peu la tête et gigote les mains, un peu comme un écho de son crâne qui ne sait plus dans quelle direction partir. Parce qu'il y a les souvenirs qui reviennent, les souvenirs qui s'enchaînent. C'est presque à l'en déséquilibrer cette histoire.

Wyatt se revoit pas très grand, avec Murphy à côté de lui. Murphy, sa meilleure amie, celle qui a percé tous les murs que les autres n'ont jamais su qu'effleurer. Elle est là et elle lui sourit. Elle lui raconte des trucs qu'il comprend pas trop et qui lui passent au dessus de la tête, mais il s'en fout, elle est là, avec lui. Quand elle est là, il est pas seul. Quand elle est là, le monde vaut un peu la peine et l'espoir existe. Tous les deux la tête collée aux vitres ils observent les étoiles et ils en parlent des heures, ils en parlent jusqu'à ce que leurs yeux tombent de fatiguent, que leurs paupières se ferment et qu'ils ne voient des étoiles que dans leurs rêves. L'un à côté de l'autre, juste comme ça, à rêver d'un monde où le ciel a une autre dimension, une autre signification.

Et les voilà sur terre depuis deux ans déjà. Deux ans, c'est long. Encore plus quand on sait qu'en vérité, ça fait bien plus longtemps que ça qu'ils ne se sont plus parlés, ces deux là. Mais deux ans, deux ans à voir le ciel, à se tourner vers sa droite pour dire à Murphy de regarder, parler des constellations qu'ils n'avaient vu que dans des livres sans réussir à bien les distinguer mais qui sont là maintenant, avec eux, auprès d'eux. Deux ans de silence, pas un bonjour, pas un pardon, pas un merci.

Il a jamais vraiment su dire merci, Wyatt. Encore moins quand il le fallait vraiment. Et à Murphy, y aurait vraiment fallu lui dire merci. Merci d'avoir été une si bonne amie, merci d'avoir été toujours là, de jamais avoir baissé les bras. Merci d'avoir fait le premier pas l'autre fois. Pardon d'être moi. Pardon de pas avoir fait le deuxième mais je sais pas, je comprends pas.

Alors la vérité c'est qu'il sait très bien pourquoi il décide de faire le pas maintenant et pas un autre temps. Il sait qu'il y a un semblant de « maintenant ou jamais » qui règne dans sa tête de gamin déséquilibré. Les étoiles ne sont jamais plus belles qu'en cette période et personne ne le sait mieux qu'elle. Alors il ouvre à nouveau les yeux, souffle un coup et quitte définitivement le sol bétonné du bâtiment pour venir traîner dans le campement. Les veilleurs le saluent, personne n'est surpris de le voir dehors, personne sauf peut-être lui. Ça ne fait pas bien longtemps que Wyatt pointe à nouveau un réel nez dehors, encore moins de nuit. Alors il a le cœur serré, les entrailles qui se tordent lorsqu'il reconnaît le dos de sa camarade de toujours entre mille, la tête vers le ciel. Le brun sourit, alors qu'il sait même pas comment l'aborder, même pas par où commencer.

Les quelques pas qui le séparent de son amie lui semblent être une torture éternelle. À chaque pas il se demande s'il ne serait pas plus judicieux de faire demi-tour, abandonner tout simplement et faire son deuil de Murphy, finalement. Mais il serre les poings, comme le gosse qu'il a un jour été, celui à qui la fille non loin a appris le courage et à se battre pour ses idées. Celle qui l'a aidé à devenir qui il est, depuis tant d'années, même avec le silence, même avec cet affreux silence. Alors il coupe la distance et lui tapote sur l'épaule. Trop tard pour faire demi-tour, il serait ridicule de partir en courant le temps qu'elle se retourne. D'autant qu'elle a toujours été plus rapide et qu'il finirait la tête la première sur le sol par un beau plaquage version Cavendish, qu'il se dit.

Et puis, comme d'habitude, à se perdre dans ses pensées absurdes, il se retrouve face à ses pupilles sans avoir eu le temps de se préparer réellement à quoi dire ou comment faire. Alors nerveusement, il passe une main derrière son crâne, comme à son habitude pour gagner du temps pour finalement entamer une conversation avec les premiers mots qui lui viennent en tête. « Hey... Murphy... » C'est quand-même un bon début, non ? Bonjour, et son nom. Il a fait pire comme introduction. « Je... je me demandais si tu voulais bien qu'on aille regarder les perséides ensemble... ? J'veux dire on est le douze alors ce soir ça devrait être... » Il finit pas sa phrase, se sent affreusement con, resserre ses mâchoires et hoche la tête de façon désespérante et désespérée. Pourquoi elle voudrait ça ? Pourquoi elle voudrait passer du temps avec lui ? Alors il n'attend même pas la réponse, lève une main en signe de drapeau blanc et articule difficilement. « Laisse tomber, tu dois probablement avoir mieux à faire, je suis désolé d'avoir demandé. »

Et il s'apprête à faire demi-tour, l'idiot. Baisser les bras sur sa seule amie, sa seule vraie famille. La seule qui l'a toujours compris sans jamais le juger. Il commence déjà à tourner un talon alors qu'il murmure, comme un con. « Puis désolé pour tout, aussi. » Et ça, ça lui arrache la gorge et le cœur. Parce que c'est pas comme ça qu'on dit pardon, c'est pas dans ces conditions. Mais il a jamais su faire, Wyatt. Jamais su dire merci. Jamais su dire pardon.
doctor sleep | quote : Céline Dion, Ashes (Deadpool 2 Soundtrack).

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06/12/2015 Lux Aeterna Nope 34912 Sophia Bush AVENGEDINCHAINS de mon ♥ (vava) ; Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) ancienne militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. 1021
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Sujet: Re: « What's left to do with these broken pieces on the floor? » Murphy&Wyatt
Ven 14 Sep - 3:34



❝ What's left to do with these broken pieces on the floor ? ❞
Murphy Cavendish & Wyatt Sheperd
(12 août 2118)


Il y avait de ces dates qui marquaient l'Histoire, et puis de celles qui marquaient notre histoire. Elles témoignaient d'un jour aléatoire qui avait vu naître un être aimé ou disparaître un autre, un jour où les choses avaient changé pour le meilleur ou le pire; certaines marquaient une union, d'autres une rupture; certaines un petit quelque chose qu'il faisait bon se rappeler de temps à autres tandis que d'autres vous avaient blessé à vif, là où elles laisseraient à jamais une cicatrice. C'était parfois des célébrations, d'autres fois des journées un peu plus lourdes à porter que les autres. Elles étaient parfois partagées avec des proches et des moins proches, d'autres fois tenues secrètes par pudeur ou respect. Pour Murphy, entre son anniversaire et les fêtes hivernales se glissait une date particulière, de celles qui avaient fait paniquer les plus inquiets qui avaient peuplé la capsule odysséenne. Les Perséides, pour les scientifiques et les pragmatiques, représentaient une menace pour leur abri céleste. Pour Murphy, c'était une pluie d'étoiles filantes; pas de celles qu'avaient décrites leurs ancêtres dans les écrits et le histoires racontées et que l'on regardait en levant le nez. Le ciel, là-haut, était leur monde. Pour voir les étoiles prendre feu, il fallait le baisser, le nez. On les voyait illuminer la planète bleue, se frayer un chemin au milieu de l'épaisse atmosphère nuageuse. Elle se demandait parfois si quelqu'un était en-dessous et quel dégât ces météores pouvaient laisser sur son passage -rien de dramatique, à en croire les récits anciens. Les étoiles filantes étaient sources d'admiration, de poésie. C'était comme ça que sa mère lui avait appris à les regarder et lorsque les peurs de la jeune enfant avaient laissé place à une fascination indescriptible, ce n'était plus les dégâts qu'elle imaginait, en bas. Elle imaginait le monde tel qu'il était sous ces couches de nuages épais, ce qu'il pouvait en rester, ce qui avait pu y renaître depuis que ses ancêtres l'avaient déserté. Et c'est avec Ofelia qu'elle avait commencé à s'imaginer des histoires pendant les quelques heures qu'elles accordaient à l'admiration de ces boules de feu. Elles les contaient à tour de rôle, au rythme de leurs imaginations débordantes. Elles murmuraient, riaient, criaient à l'approche d'une nouvelle étoile filante, et puis elles demeuraient silencieuses de longues minutes, chacune perdue dans ses pensées, chacune respectant celles de l'autre.

La tradition avait demeuré au fil des ans, évolué avec les deux femmes. Adolescente, Murphy avait commencé à tromper les histoires de sa mère avec le silence d'un nouveau compagnon. Avec Wyatt, le silence était de mise. Assis face à de hauts hublots, ils désignaient du doigt chaque nouvelle illumination en contrebas et admiraient le spectacle dans une quiétude respectueuse. De temps en temps, ils échangeaient un mot. Ils n'avaient pas besoin de plus. Les étoiles, c'était leur famille commune, c'était leur lien, et les plus belles choses n'avaient pas besoin d'être étouffée sous des descriptions qui ne rendraient jamais justice à la réalité. Avec Wyatt, ça avait toujours été ça. Devant les étoiles ou lorsqu'elles tombaient à leurs pieds, dans les salles de classe et même lorsque le lien s'était effrité sous leurs yeux. C'était une amitié trop pudique, sans doute, pour qu'ils osent y mettre des mots, même pour essayer de la sauver. Alors les mois avaient fait leur travail et s'étaient transformées en années. Les Perséides de Murphy avaient perdu Wyatt. Puis, elles avaient perdu Ofelia.

Et les étoiles filantes, maintenant, portaient le poids insoutenable de la perte. Ofelia ne les verrait jamais tomber du ciel. Elle ne vivrait jamais aucune des histoires qu'elle avait inventées pour cette Terre au-dessus de laquelle elle avait été en orbite toute sa vie. Elle n'aurait jamais de réponses à toutes les questions qu'elle s'était posées là-haut. Wyatt, quant à lui, n'avait sûrement pas abandonné ce genre de spectacle lorsqu'elle s'était évaporée de sa vie malgré elle. Il avait probablement trouvé d'autres compagnons en lesquels il se reconnaissait davantage. Comment avait-elle jamais pu penser être une bonne amie pour lui ? Elle avait laissé derrière elle la famille Sheperd presque contrainte. C'était le temps qui avait forcé les choses. Des fois elle se demandait s'il pensait à elle et dans quel genre de moments il pensait à elle. Il avait été son frère et elle pensait à lui dans les moments les plus difficiles comme les moments les plus joyeux, où la famille avait toujours sa place. Orpheline de parents, orpheline de meilleure amie, Murphy avait vu son univers s'effondrer peu à peu. De loin et timidement, elle avait longtemps observé Wyatt. Les années ne l'avaient pas changé. Brillait dans son regard toujours la même lueur de curiosité, peut-être ici plus vive encore qu'elle ne l'avait été là-haut. Elle était vivifiée par le monde dont il avait toujours rêvé et dont il foulait enfin le sol. De loin, non, Wyatt ne semblait pas changé. Ses traits ne semblaient pas avoir été marqués par toutes les horreurs qu'ils avaient vécues; et des horreurs et des chagrins, elle le savait de là où elle était, il en avait vécu. De nombreuses fois l'idée de poser une main réconfortante sur son épaule s'était glissée dans son esprit; à chaque fois elle l'avait repoussée, convaincue par le temps passé qu'il était trop tard pour réapparaître dans sa vie. Comme avec Nadja, avait-elle pensé trop souvent.

Ces nuits portaient le poids du manque. Loin des sources de lumière qui berçaient le village, le regard levé vers les astres, Murphy observait le ciel noir qui se parsemait de lueurs claires à intervalles irréguliers. Ses prunelles se perdaient parfois au sol ou sur les tours de garde au loin. Les météores chantaient du rire de sa mère, du doux silence de Wyatt. Elle ne se rappelait jamais des raisons qui la poussaient à quitter son lit. Les étoiles n'étaient plus une raison suffisante, plus lorsqu'elles faisaient face au chagrin des disparitions. Elles se teintaient de mélancolie et peut-être que c'était ce qu'elle recherchait ce soir comme elle l'avait fait les années précédentes : dénicher les souvenirs de sa mémoire pour le revivre un peu, juste le temps de quelques étoiles filantes.

Le silence n'était brisé que par les animaux de l'été, ceux qui chantent d'un chant bizarre qu'ils ne réservaient qu'aux températures les plus accablantes. Encore habillée comme si elle était en plein soleil, Murphy appréciait silencieusement l'air de la nuit, à peine plus léger que celui qui l'avait précédé. Sous ses pieds, la terre réverbérait encore la chaleur de la journée, mais c'était toujours moins terrible que ce dont était capable le béton, plus près des bâtiments principaux. Au loin, les couche-tard riaient encore, profitant du temps plus clément que seules les nuitées savaient apporter en cet été de feu. Ce moment représentait le contradictoire qui déchirait Murphy en cet instant : la solitude du chagrin faisait face au besoin d'une compagnie lointaine, que seuls en cet instant semblaient capables d'apporter ses souvenirs d'un autrefois bien trop lointain. C'était une torture salvatrice. Ofelia était à ses côtés. Une traînée claire vint marquer le ciel d'encre, une main vint glisser sur son épaule.

Vivement, brusquement, la brune se retourna, s'attendant déjà à voir Chris troubler son moment de quiétude. Son regard dur et agacé trouva Wyatt et elle dut cligner des yeux ou deux fois pour s'assurer que ce n'était pas sa fatigue qui la rattrapait. « Salut... » Elle le fixait, comme sonnée. « Tu cherches quelqu'un ? Je peux t'aider ? » L'arrivée de Wyatt semblait avoir été calculée par l'univers, mais Murphy avait trop de bouteille pour croire aux signes qu'il pouvait envoyer. Elle croyait au hasard, elle, et savait que les hypothèses les plus simples devaient toujours être privilégiées. L'hypothèse la plus simple, c'était que Wyatt cherchait son acolyte pour la soirée, qui qu'il ou elle puisse être. Définitivement pas elle. Définitivement celui ou celle avec qui il avait vécu toutes les autres pluies d'étoiles filantes, avec qui il avait admiré les premières Perséides en tant que nouveau Terrien. Définitivement pas elle. Son regard se plissa avec plus de dureté qu'elle l'aurait souhaité lorsqu'il reprit la parole. Peut-être elle, alors ? « Je... je sais... » Elle pointa du doigt le ciel sans le regarder, juste au moment où une météore passait au-dessus d'eux. « Tu croyais que j'attendais que la foudre me frappe ? » Le regard de Wyatt lui fendit le cœur tant il paraissait persuadé de ne pas avoir sa place avec elle ce soir. Elle ne comprenait pas vraiment ce qui était en train de se passer. C'était comme avant, sans être comme avant. Malgré leur proximité, un gouffre béant semblait les séparer. Mais sa place à ses côtés, il l'avait eu tous les soirs et tous les jours, toutes les nuits même, depuis toujours. Ils avaient juste perdu le chemin l'un de l'autre, puisque la vie semblait en avoir décidé ainsi. « Mieux à faire ? Genre rester debout toute seule ici, comme une conne ? » A penser à elle, à penser à toi ? A penser à autrefois ? A rêver à là-haut sans toi ? « T'as pas changé, tu dis toujours autant de conneries. » Un petit sourire à la fois taquin et tendre étira ses lèvres dans l'obscurité nocturne. Comme si elle lisait dans ses traits à demi-éclairés ses intentions de la laisser derrière lui, elle posa une main sur son avant-bras et le fixa. « Désolé pour quoi ? » demanda-t-elle dans un hoquet avant de le forcer à se rapprocher d'elle; de lui interdire de s'éloigner. « T'en dis, des conneries. Et pis tu sais très bien que je sais quel jour on est. » Elle le lâcha, redoutant qu'il en profite pour la planter là, mais leva le nez vers une étoile filante qui s'effilochait au-dessus de leurs têtes. « Fais un vœu. » Le sien, il était évident. Il s'était matérialisé sous son regard. Les prunelles de Murphy le trouvèrent une nouvelle fois et dans un murmure timide, elle demanda si « c'est moi que tu cherchais ? » Au loin, après avoir fait deux fois le tour du village, Antarès cherchait sa maîtresse. Elle pouvait l'entendre trottiner de son pas caractéristique de canidé ensommeillé. Peut-être qu'avec Wyatt, ça pouvait vraiment être comme avec Nadja. L'espoir était responsable de bien des cœurs brisés --mais peut-être qu'ils pouvaient retrouver le chemin l'un de l'autre, eux aussi.

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01/08/2018 Totoro's Child. TC Jones. 204 Rami Malek Ma Reine d'amour ♥ - anesidora - gorillaz Conseiller Odysséen. - Botanique & Zoologie. Dana 841


Sujet: Re: « What's left to do with these broken pieces on the floor? » Murphy&Wyatt
Ven 14 Sep - 21:03


Wow. Le regard de Murphy. Ça fait partie des trucs que Wyatt avait dans un coin du crâne sous tellement de poussière que lorsqu'elle se retourne vers lui il en loupe un ou deux battements. Cet air assassin qui lui va terriblement bien et qui donne à l'autre envie de se retourner sans même avoir parlé. Mais il se retient et prend sur lui alors que la jeune femme face à lui lui laisse quelques secondes de répit avant d'ouvrir la bouche. Juste quelque seconde. Et une première claque, pas forcément volontaire. Juste parce qu'elle lui parle et qu'ils ne parlent plus. Juste parce qu'entendre ce « salut » ça lui fait mal et ça lui tord les entrailles. Il a vraiment été le dernier des cons sur ce coup. Le dernier des cons avec elle depuis tellement de temps qu'il est plus capable de savoir quand ça a commencé vraiment.

Mais il s'accroche. Comment, on sait pas vraiment, à quoi, il sait pas vraiment. Il continue et elle aussi. La militaire lui demande s'il cherche quelqu'un et lui, il se demande s'il a parlé la même langue qu'elle. Il la cherche elle, c'était pas évident ? Il a pas dit son prénom après l'avoir salué ? Elle lui fout le doute en pleine gorge et Wyatt se perd dans son flot de pensées. Il regrette déjà l'acte qu'il vient de faire sans même qu'il se soit vraiment passé. C'était une mauvaise idée. Mauvaise idée de venir jusque là, lui taper sur l'épaule. Mauvaise idée. Tout était une mauvaise idée. Des alarmes faisant un bruit insupportable s'enchaînent dans son crâne lorsque sans savoir vraiment pourquoi, il continue quand-même sur sa lancée. Le regard de son amie d'enfance s'assombrit et il est prêt à se faire engueuler. Il le sait, il le mérite. Il en a conscience mais pourtant, la réaction première de la femme face à lui n'est pas vraiment celle qu'il espérait. Elle répond juste qu'elle sait. Et parmi toutes les choses qu'il sait pas, ça il le savait, pour le coup. Évidemment qu'elle sait, il serait pas là sinon, ça n'aurait pas vraiment d'intérêt. Mais elle pointe le ciel du doigt et le regard du brun la suit par réflexe, dans ce monde à l'envers par rapport à leur enfance. Un silence d'une seconde le temps de voir la météore passer.

Et pendant un court instant, ça frappe Wyatt. Violemment. Ça le frappe comme ça ne l'avait pas fait jusque là. Il savait que Murphy lui manquait, il ignorait juste à quel point. Mais suivre la direction indiquée par son doigt comme ça et voir le ciel dans ses plus beaux moments ça le brise, ça l'épuise d'un coup. Un coup de poing en plein cœur. Mais qu'est ce qui lui a pris ? Il avait tout, il avait une famille. Et dans sa tête, le bras de Murphy manque de quelques centimètres, leur tête est derrière un hublot et ils peuvent pas s'échapper de leur cage en fer mais les météores, qu'est ce qu'elles sont belles vues d'en haut. Elles sont grandes et puissantes, elles font peur aux plus rationnels et se reflètent dans les yeux des deux jeunes passionnés. Il regrette amèrement ce temps. Ce temps où seul la voix de Murphy venait percer son bulle, seule elle, entrait dans sa bulle. Sans jamais rien bouger ni déranger. Elle était là, les mots choisis toujours juste, les gestes qui suivaient toujours doux. Son amie lui manquait, sa famille lui manquait. Elle lui manquait et il avait jamais vraiment réalisé à quel point jusqu'à cet instant précis. Jusqu'à se rendre compte de quel genre d'abrutis il faisait partie. Du pire genre, celui qui laisse tomber sa famille pour l'oublier, qui ne se préoccupe que de lui sans s'occuper des besoin de l'autre. Mais quel con, putain, quel con.

Il se retient de lui dire et il a bien raison, parce qu'il arrangera rien. Pas comme ça, pas maintenant. Et puis il retrouve sa Murphy, celle qui va pas lui laisser passer les années écouler avec une simple tape dans le dos. Celle qui est prête à lui dire que c'est qu'un sale con et qu'il lui dira qu'elle a forcément raison. Est-ce qu'il attendait que la foudre la frappe ? Pas vraiment. Enfin, peut-être un peu, après tout c'est un cyclone qui lui a remis les idées en place donc elle n'est pas vraiment loin du compte. Mais pour lui c'est dur, dur à admettre, dur à réaliser. Il a perdu sa place auprès de celle qui compte le plus pour lui, sa meilleure amie, sa seule véritable amie. Sa famille, celle qui ne juge pas, qui est toujours là. Celle qui a subi les pleurs et les cris des adolescentes insupportables que Wyatt frôlait à tour de bras. Celle qui a pris la place qu'il n'était pas capable de prendre pour ses parents. Celle qui n'a jamais manqué à l'appel, pas une seule fois, pas un seul instant. Et lui, il a tout bousillé, il sait plus vraiment comment mais il sait que c'est lui. Il sait qu'il a tout gâché et qu'il a plus vraiment ni de droit ni de place auprès d'elle. Qu'elle l'a probablement remplacé avec un ami bien plus simple et surtout plus fidèle. Alors il déglutit, se confond en excuses sans trop savoir comment s'y prendre et elle le rattrape avec ce ton, ce ton qui putain lui avait manqué. Qui lui fait mal en cet instant précis mais tellement de bien aussi. Elle a pas tort, Murphy, ils avaient quoi de mieux à faire au juste ? S'ignorer et regarder les étoiles dos à dos ? Sans un mot, sans un bruit ? C'est ce qu'ils faisaient depuis trop d'années et clairement ça portait pas vraiment ses fruits. Alors il soupire et il hausse les épaules quand elle dit qu'il a pas changé.

Toujours autant de conneries, hein. Un sourire qui se dessine timidement, presque invisible à l’œil, encore plus dans la pénombre. Mais dieu sait qu'il a changé, qu'il a l'impression d'être un inconnu pour elle et que ça le bouffe tellement intérieurement. Mais il peut pas, il peut pas lui faire ça. Parce qu'il saura pas dire un vrai pardon, pas mieux que ce qu'il articule là, parce qu'il saura pas être un vrai ami, parce qu'il saura pas être celui qu'elle attend. Alors il tourne un talon, s'apprête à faire demi-tour et faire comme si de rien n'était. Mais elle pose sa main sur son bras et lui, son contact le fait se stopper net. Il a jamais été du genre tactile, mais il n'a jamais non plus été du genre à mal réagir lorsqu'on le touchait. Pourtant, là, il a l'impression que la main fraîche de son amie est à la fois une douceur et une douleur. Il souffre de devoir la décevoir et sa voix qui s'élève en rajoute une couche, un pic violent dans son cœur. Il n'a pas le temps de répondre qu'elle le tire vers lui. Il se laisse faire, l'idiot du ciel, parce qu'il a besoin d'elle. Parce qu'il a l'impression d'avoir quatorze ans à peine et que Murphy le traîne on-ne-sait-où parce qu'on y voit mieux. Il dit rien, hanté par des souvenirs qu'il a longtemps balayé tandis qu'elle s'évertue à lui répéter qu'il dit des conneries.
Non pas qu'il l'ait pas mérité, bien au contraire. Probablement pour ça qu'il se tait, d'ailleurs. Il ose pas sourire, il ose pas réagir lorsque son bras quitte le sien. Wyatt ne bouge plus d'un seul centimètre, comme l'enfant qu'il était à l'époque. L'enfant rêveur qui écoutait son amie parce qu'elle avait bien plus souvent raison que lui. Son regard ne quitte pas le visage de celle qui tenait toute sa vie dans son cœur, dans sa mémoire et dans ses souvenirs, alors lorsqu'elle lève les yeux au ciel, il le fait aussi. Dans un silence qui leur appartient. Comme deux gamins. Des gamins descendus du ciel. Et puis elle lui dit de faire un vœu alors qu'une étoile file sous leurs yeux. Sa langue s'écorche et sa gorge s'arrache alors qu'il articule sans savoir pourquoi. « Quoi ? » Il sait très bien ce qu'elle a dit et ferme quasi instantanément les yeux, d'ailleurs. Il fait un vœu, parce qu'ils ont vu une étoile qui file sous leurs yeux. Il a longtemps fait le vœu de quitter cette foutue cage en fer, de tout péter et descendre sur Terre.

Alors maintenant c'est quoi son vœu ? Maintenant, c'est quoi, qu'il veut ? Il le sait très bien et n'y réfléchit pas. Il veut son amie. Il veut Murphy à ses côtés. Sa seule vraie famille, celle qui l'a toujours compris. Et puis il ouvre à nouveau les yeux, regarde les pupilles ambrées de la débarquée et se surprend de la question qui suit. D'ailleurs, dans une telle surprise qu'il en tomberait à la renverse, si l'expression collait en cet instant. Mais au lieu de ça, il recule juste d'un pas, pour mieux la regarder, mieux la fixer. Et sa voix déchirée, abîmée, sa voix qui regorge de tous leurs souvenirs et de tout ce qu'il a jamais su dire, toujours aussi honnête avec elle. Plus qu'avec personne, plus que jamais, même. « Évidemment que c'est toi que je cherchais. À moins que tu ne sois le sosie de Murphy ? J'ai pas dit ton nom quand je suis arrivé ? » Vraiment, elle lui a foutu le doute à force de poser des questions du genre. Vraiment intrigué, il regarde autour d'eux et ajoute, comme une évidence pour lui, parce qu'évidemment, pour lui c'est bien plus facile. Comme si elle devait deviner tout ce qu'il y a dans sa tête, comprendre son cheminement de pensée. « Murphy, je sais que je dis beaucoup de conneries mais je crois pas me planter en disant que t'es la seule personne avec qui j'ai jamais voulu regarder le ciel depuis le jour où on s'est rencontré ? » C'est brut, peut-être même un peu trop. Mais c'est Wyatt et il réalise pas vraiment tout ce qu'il y a derrière ses mots. « Je sais pas pourquoi je suis désolé. Pour tout, pour rien. Tout ce que j'ai pas fait et le rien qui s'est accumulé. » Il parle et cette fois-ci, c'est à son tour de poser une main sur le bras de celle qui lui a trop manqué.

« T'es... » T'es quoi ? Il est plus légitime dans ce rôle et il le sait. Il a beau avoir coupé la distance et toucher le bras de son amie, il est plus personne pour lui dire ce qui traverse sa tête alors il y a une larme qui coule sur sa joue dans l'ombre. Une larme parce qu'il sait pas prononcer tout ce qui se passe là dedans. Une larme parce qu'il arrivera pas à lui dire tout ce qu'il ressent. Sa poigne se resserre, il se donne de la force comme il peut alors qu'ils ont enfin tout une Terre et plus une cage de fer. Il aura fallu trois ans, trois ans à respirer du vrai air pour qu'il vienne à la trouver. Trois ans pour que les mots de Murphy entrent enfin dans la bonne case de son crâne abîmé, trois ans pour qu'il sache à quel point elle lui a manqué. Et il refuse d'abandonner, même s'il a pas les mots, même s'il sait pas lui dire. Il refuse de la laisser partir. Parce qu'il y arrive plus sans elle, il y est jamais arrivé sans elle. C'est sa famille, son sang sans qu'ils le partagent. La seule qui le comprend vraiment. « Je veux plus continuer à regarder les étoiles sans toi. »

C'est tout ce qui sort de sa bouche, tout ce qui traverse ses lèvres alors qu'il renifle un peu, cache tout ce qui se trame à l'intérieur. Il arrive pas à dire les bons mots, il peut pas effacer le passé non plus mais il essaie. Il essaie parce qu'il a besoin de sa famille. Besoin de cette sœur qui lui a rendu la vie plus facile à l'instant où elle a commencé à parler. Besoin de cette femme qu'elle est, cette sœur qui n'a pas changé. Qui le rassure à chaque fois qu'elle ouvre la bouche pour parler. Il a besoin de son pilier, parce que sans elle il s'est écroulé, Wyatt, il est tombé et il s'en est pas bien relevé. Il a besoin d'elle, parce qu'elle est le sens même du mot famille. Le sens même de son existence. « Tu... tu veux bien regarder les perséides avec moi ? » Il se tue à articuler sans s'effondrer. Dire des mots qui résument des milliards de non dits. Il a le cœur en miettes et les yeux qui brillent tellement qu'il y voit flou. Mais elle est là, Murphy, elle est en vie. Il la touche du bout du doigt, il a ses doigts sur sa peau. Sa sœur est là, avec lui. Alors il peut respirer pour de vrai, il peut arrêter de faire semblant. Il peut y croire encore, juste un instant. « Fais un vœu. » Qu'il murmure en levant les yeux au ciel, une météore qui se glisse de nouveau entre eux et leurs visages qui se quittent pour qu'elle ne voit pas les larmes qui coulent lentement sur ses joues. Il est plus seul, putain. Elle est là, elle est toujours là.

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Sujet: Re: « What's left to do with these broken pieces on the floor? » Murphy&Wyatt
Mar 18 Sep - 3:34



❝ What's left to do with these broken pieces on the floor ? ❞
Murphy Cavendish & Wyatt Sheperd
(12 août 2118)


Certains disaient que le pire moment de la journée, c'était le soir, en cherchant le sommeil. Il forçait à se retrouver face à soi-même et surtout face à ses démons, ceux que la journée parvenait à noyer à grands coups de conscience, de détermination et d'occupations. La nuit forçait au face à face, et on n'aimait pas toujours ce qu'on trouvait dans son reflet. Les insomnies prenaient bien source quelque part, non ? Pour Murphy, depuis quelques années, la recherche du sommeil n'était pourtant pas celle qui lui donnait le plus de tracas. L'observation des étoiles était devenu un moment plus intime encore. Les astres semblaient se glisser sous sa peau pour révéler tout ce qu'elle aurait préféré laisser enseveli sous une bonne dose de déni. Ils étaient ceux qui faisaient appel à sa nostalgique de là-haut avec le plus de férocité et de mélancolie. Ils lui rappelaient que ce qui avait été et n'était plus; et que pourtant, ce qui était là-haut et au-delà de tout ça était encore et serait toujours. Ils lui rappelaient sa petitesse et son insignifiance, mais ce vertige n'avait plus rien à voir avec celui d'autrefois, dans lequel il faisait bon se perdre. Il emparquait tout sur son passage avec la force et l'intransigeance d'un typhon. Certaines nuits étoilées étaient moins cruelles que d'autres. Certaines réveillaient ses souvenirs les plus douloureux; les disparitions accumulées, les ruptures, et puis ce nouveau monde dont il lui arrivait de croire qu'elle n'y trouverait jamais sa place malgré toute sa bonne volonté. D'autres étaient un peu plus douce: ne subsistait alors qu'une autre forme de nostalgie, plus douce, moins violente, qui donnait envie de se battre pour demain. Mais parmi toutes les nuits qui exposaient leurs joyaux célestes, il y en avait qui était plus à même de réveiller des souvenirs douloureux. Parmi elles, cette nuit d'été particulière, cette date qui avait subsisté, qui avait signifié de nouvelles choses les années passant. Sur Terre, elle avait perdu de sa saveur, et à cette saveur disparue s'était substituée la violence des souvenirs d'autrefois, de ceux qu'elle avait alors cru éternels. C'était les plus beaux souvenirs, ceux qui se glissaient dans le quotidien sans qu'on se rende compte de leur valeur, non ? C'était aussi ce qui faisaient le plus mal lorsqu'ils ne pouvaient plus puiser dans aucune ressource. La rupture avec ceux-là avait paru violente, mais Murphy s'en était rendu compte au fil des années passées sur Terre à observer seule cette pluie de météores seule : la solitude qui l'entourait cette nuit-là s'était préparée depuis des années. Wyatt avait été le premier à la laisser au-dessus de leurs étoiles. Elle ne lui en voulait pas. Elle s'en voulait, elle, de l'avoir laissé filer entre ses doigts sans se rendre compte du vide qu'il s'apprêtait à laisser derrière lui. Ce qui avait paru éternel à l'époque s'était évaporé en même temps que lui. Que lui restait-il, maintenant, de ces nuits remplies d'étoiles et de sourires silencieux ? Que restait-il des narrations inventées par dizaines entre une mère et sa fille ? Que restait-il des longs silences, des quelques mots échangés, des index pointés vers les météores qui illuminaient l'atmosphère terrestre sous leurs pieds ? Il ne restait que des souvenirs, et c'était leur poids qu'elle portait sur ses épaules. C'était leur seule compagnie qui lui restait pour regarder les étoiles tomber sur Terre.

Cette nuit de Perséides, comme les deux autres qu'elle avait déjà passées sur Terre, était emprunte de cette lourde solitude que seuls les souvenirs savaient réveiller. Elle était calme. Elle était douce. Un peu trop chaude, peut-être, mais quiconque ne se noyait pas dans les pensées de Murphy ne pouvait qu'apprécier la quiétude du lieu et du moment. Elle était coupée du monde, perdue là-haut, là-bas, en arrière, à des dizaines d'années et des centaines d'années-lumière, là où les unités n'avaient plus guère d'importance. C'était grand, c'était beau, mais ça engloutissait. Les météores étaient fugaces et ponctuelles; les pensées de Murphy laissaient de longues traînées de souvenirs regrettés derrière elles. Et lorsqu'elle se retourne, elle n'y croit pas. Comme si le ciel avait entendu son désemparement, comme si le hasard avait voulu lui donner un coup de pouce, comme si ses pensées s'étaient matérialisées sous la forme d'un mirage. Mais dépêtrée de ses rêveries, Murphy était de retour à la réalité. Et dans cette réalité et aussi irréel que ça puisse paraître, Wyatt se tenait devant elle.

Il était le protagoniste qui manquait à la compagnie des étoiles.

Mais Murphy ne s'emballait pas. Wyatt avait toujours été de cette réalité, même si un gouffre les séparait. Il avait foulé la même terre. Ils avaient dormi dans le même dortoir, au premier campement, puis ici. Ils avaient mangé la même cuisine, aidé à retaper les mêmes bâtiments, s'étaient réchauffé autour des mêmes feux. Quelques sourires timides échangés au nom de l'autrefois n'équivalaient pas au pont dont ils avaient besoin pour se retrouver, au-dessus de ce gouffre béant.

Mais les mots semblaient se réverbérer infiniment, sans aucune autre forme de réponse que l'écho d'eux-mêmes. Wyatt demeurait silencieux, mais son regard hurlait pour lui. C'était ses yeux qui avaient fait réaliser à Murphy la tangibilité de l'instant. Il avait ce regard dont lui seul était le détenteur du secret. Alors elle le scrutait, cherchait à comprendre, à décrypter toutes ces dernières années, à remonter jusqu'au début du tout, de l'univers même -voilà ce que les étoiles offrent comme illusions à ceux qui les cherchent d'un peu trop près... une douce folie que l'on laisse aux illuminés. Dans le regard de Wyatt, Murphy s'était toujours sentie chez elle. Elle en avait la clé. Elle connaissait les réponses à ce qui se tramait derrière les rétines de son ami, là où la matière grise entrait en ébullition. Ils avaient parlé le même language, tous les deux, de ceux qui n'avaient pas besoin de mots. Et ce regard, Murphy n'était plus sûre de pouvoir le décrypter. Faire un vœu, c'était ridicule. C'était digne des gamins qu'ils avaient été; c'était en mémoire aux gamins qu'ils avaient été. Mais son vœu, Murphy, c'était de tout son être qu'elle l'avait émis en direction des instances responsables de la réalisation des vœux.

Et il était mauvais de croire aux signes du ciel, d'espérer des miracles, de se laisser happer par les souvenirs au point d'en oublier la réalité du présent. Murphy n'était pas dupe. Une dizaine d'années ne pouvait pas être effacée d'un claquement de doigts, et malgré la présence de Wyatt en cette nuit particulière, Murphy n'était pas dupe. C'était elle qui l'avait retenu, pourtant, mais c'était uniquement pour connaître le fond des choses. Il ne pouvait pas être là pour elle, alors pour qui ? Pour quoi ? La réponse fut gênée mais immédiate. « Le monde se remettrait pas de deux Murphy... » Son regard glissa vers le sol, comme pour accompagner la fuite de ses mots. C'était elle qui composait avec sa gêne, maintenant, cherchant à démêler toutes les pensées perdues et... pleines d'espoir. Les lèvres pincées, le regard fuyant, Murphy essayait tant bien que mal d'encaisser ce que Wyatt venait de dire. C'était quelques mots, mais quelques mots d'un rare pouvoir. Elle les avait tellement attendus qu'ils en étaient devenus irréels et irréalistes. A présent, les étoiles n'étaient plus celles qui la faisaient voyager le plus loin. Il avait suffi de quelques secondes mais quelques secondes étaient insuffisantes. Un instant plus tôt seulement, elle pleurait l'absence de celui qui venait de réapparaître. Et ça, Wyatt l'avait probablement senti. « Je sais pas, je suis pas dans ta tête... et plus à tes côtés non plus. » Doucement, elle osa enfin relever son regard vers lui. Ces quelques phrases étaient trop belles pour être vraies. Murphy avait trop été déçue pour se laisser l'être une fois encore. Mais il était désolé, il le répétait. Que faisait-il là, vraiment ? Pourquoi maintenant, pourquoi ce soir ? Les étoiles représentaient une partie de la réponse. Mais elles avaient toujours été là, toujours veillé sur eux. Elles avaient toujours été ce dernier lien subsistant entre eux, rappelant constamment à leur amitié d'autrefois. « Je suis désolée aussi, tu sais », répondit-elle en haussant les épaules, le regard virevoltant derrière Wyatt pour éviter son regard, « on a peut-être juste vieilli. Peut-être que nous deux, c'était censé marcher juste tant qu'on était des gamins. » Elle n'y croyait pas. Mais elle ne croyait pas plus à des retrouvailles; lorsqu'il s'agissait de relations perdues, elle avait trop essayé l'espoir. Ca ne marchait pas très souvent, l'espoir. Mais il naissait de détails, parfois, et la main que Wyatt posa sur son bras lui fit l'effet d'un électrochoc. Ils n'avaient jamais eu besoin de parler, tous les deux. Ils se comprenaient à travers cet autre language qui leur était propre, et elle venait de comprendre.

Les étoiles et les quelques lueurs chaudes du village au loin se réverbéraient sur la joue humide de Wyatt. Le cœur de Murphy manqua un coup. Combien d'étoiles avaient couru au-dessus d'eux déjà ? Combien s'étaient écrasées plus loin sans derniers témoins de leur existence ? Regarder les étoiles sans toi. Elles perdaient de leur éclat, les étoiles, dans la solitude. Elles réconfortaient autant qu'elles lacéraient l'esprit du poids des souvenirs. Les observer était devenu un moment incroyablement solitaire, de ceux qui ne faisaient pas dans la demi-mesure, pouvaient vous enterrer six pieds sous terre ou vous procurer une quiétude sans égale. Car les étoiles, même sans Ofelia, même sans Wyatt, même sans Faust, demeuraient des reines célestes, qui avaient vu le monde à son commencement et le verraient vivre encore bien après que les petits humains ne l'aient quitté. Regarder les étoiles, c'était toujours une expérience comme il n'en existait que peu d'autres. Mais regarder les étoiles, sans ceux qui les avaient fait chanter comme elles avaient autrefois chanté, ce n'était plus pareil. Moi non plus, je veux plus regarder les étoiles sans toi, pensait-elle. « Jcrois qu'un oiseau a du te pisser dessus... », dit-elle. Un petit sourire crispé se dessina sur ses lèvres alors que d'un petit mouvement de tête, elle désignait le visage humide de celui qui fut son ami. C'était ça, leur language. Et sans un mot, en réponse à sa requête, elle se glissa à côté de lui, épaule contre épaule, les bras croisés, pour jeter un coup d'oeil au ciel que les étoiles continuaient ça et là d'enflammer. « On a jamais été doués pour parler... » souffla-t-elle de façon à peine perceptible dans l'air tiède. Ses prunelles claires suivirent une danseuse céleste. Wyatt parlait mieux qu'elle; quand est-ce que c'était arrivé ? Depuis quand avaient-ils besoin de forcer les mots pour tenter de se comprendre ? Elle, elle n'arriverait jamais à exprimer le manque qu'elle avait de son ami et la nostalgie qu'elle avait de tous les souvenirs qu'ils avaient bâtis ensemble. Regarder les étoiles, c'était sa réponse. Un vœu; c'était au tour de Wyatt de lui offrir un vœu. Doucement, comme pour ne pas brusquer l'air et le ciel, elle décroisa les bras et les laissa glisser le long de son corps. Sa main droite trouva du bout des doigts celle de Wyatt, comme avant. Et à leurs pieds, une boule de poils clairs s'était calmement fait une place, cherchant l'attention de celui que Murphy ne lui avait jamais présenté. L'aboiement impatient retentit violemment dans le silence de la nuit, leur rappelant que l'avenir ne s'écrivait pas seulement dans les étoiles.

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01/08/2018 Totoro's Child. TC Jones. 204 Rami Malek Ma Reine d'amour ♥ - anesidora - gorillaz Conseiller Odysséen. - Botanique & Zoologie. Dana 841


Sujet: Re: « What's left to do with these broken pieces on the floor? » Murphy&Wyatt
Jeu 20 Sep - 23:31


Elle répond du tac-o-tac Murphy. Elle l'a toujours fait. Là où Wyatt a toujours un temps de pause, une réflexion absurde et une perte de temps monumentale sur des détails qui n'intéressent personne, Murphy, elle, elle prend le pas dessus, elle se met entre lui et son cerveau, lui et ses pensées. Elle le déstabilise autant qu'elle le rattrape du bout des doigts, elle lui offre l'équilibre parfait en étant tout simplement elle-même. Et si Wyatt ne l'avait pas vraiment oublié, il avait enterrées les réelles sensations avec les sentiments, bien au fond dans un coin de son cerveau qu'il arrive jamais à atteindre. Et Murphy, elle, de son naturel, en étant elle même, elle a foutu une main sur lui et elle a enlevé toute la poussière, toutes les couches de terre. Il a tout qui lui remonte à la gorge, son crâne qui explose dans les souvenirs qu'elle a ravivé de simples gestes et d'encore plus simples mots. Lorsqu'il lui demande s'il n'a pas été clair en arrivant, elle répond. Elle répond comme elle l'a toujours fait, simplement, sans faire de détours. Et lui, il analyse un peu trop sa phrase. Évidemment que le monde se remettrait de deux Murphy, qu'il se dit intérieurement. Elle est géniale, elle lui apporte tout ce qui lui manque et tout ce qu'il oublie. Alors s'il y en avait deux, peut-être que les jours où elle fatigue, les jours où elle peut pas être partout, l'autre prendrait le relais. Mais il dit rien, enfin si, il dit des trucs, mais il dit pas ça. Il rebondit sur ce qu'elle a dit plus tôt, toujours avec ce décalage, cette analyse qui lui prend trop de temps et qui finit par arriver alors que plus personne ne s'y attend vraiment.

On pense toujours que Wyatt baisse les bras ou alors qu'il écoute pas vraiment. Encore plus quand on parle la même langue que lui, mais la vérité c'est qu'il fait d'abord le tri. Une chose que Murphy elle-même lui a appris. Écouter les autres, les écouter parler avant de leur parler. Ne plus se blesser comme un débile à chaque fois qu'il ouvre la bouche face à des idiots qui se moquent de lui. Il a jamais oublié, un peu trop appliqué en vérité. Mais peu importe, celle qui détient son passé lui sort la phrase la plus douloureuse qu'il ait eu à entendre jusque là. Phrase à laquelle il ne réagit pas, pas maintenant, pas tout de suite, pas comme ça. Elle n'est pas dans sa tête, ou plus vraiment. Et surtout, plus à ses côtés. Il déglutit, simplement, détourne le regard de courts instants pour avaler les coups qu'elle vient de lui coller en pleine poitrine. Puis il reprend, sur un énième sujet d'avant. Il détourne les coups, le temps de reprendre son souffle, il se rattrape peut-être un peu, se relève comme il peut. Mais cette fois-là, elle ne l'attaque pas, pas de crochet du droit qu'il n'évite pas. De simples excuses, prononcées dans sa simplicité et sa sincérité habituelle. Sourire en demi-teinte, soupire de rigueur. Ils savent plus comment s'y prendre, des frères et sœurs qui se parlent comme des inconnus. Cette chose étrange qui n'existe plus mais qui n'est jamais partie. Le fil d'or qui les lie. Wyatt le voit, comme une étoile dans la nuit. C'est une nuit obscure, remplie d’embûches et de noir tellement noir qu'on tombe tous les trois mètres mais il y a ce fil, ce fil qui s'est effiloché, un peu, avec le temps, mais qui n'a pas perdu sa couleur. Ce fil doré qui les lie, d'un cœur à l'autre, qui les unit et qui retrace leur chemin, encore et encore. Il a survécu aux épreuves et il suffirait qu'ils le suivent pour trouver à nouveau le chemin du cœur de celui d'en face. Mais ils le font pas, têtus d'humains. Ils restent plantés là à se confondre dans des excuses et des mots sans trop savoir s'y prendre et s'y reprendre. Vraiment, on croirait voir une mauvaise pièce de théâtre c'est à s'y méprendre.

Et une fois de plus Wyatt reste sans mot. Il s'enlève un droit, celui de dire réellement ce qu'il pense. Il rajoute des clous dans les barrières qui les séparent déjà et Murphy en rajoute une couche avec une phrase tout aussi simple que stupide. Wyatt l'entend sans la comprendre sur l'instant. Il met du temps, ce temps où il oublie tout et se concentre autant qu'il peut pour articuler, lui proposer un nouveau marché. Il ne répond pas, fait comme si de rien n'était. Non, au lieu de ça, il laisse la larme couler sur sa joue et tait tous leurs maux, tous ses mots. Il ne dit rien et puis finit par dire les seules choses qui semblent encore avoir un minimum de sens entre eux deux. D'avoir son bras sur elle, faire un geste à son tour avec des mots qui concernent les étoiles sans les concerner eux pour le premier venu et qui pourtant en disent plus que tous ce qu'ils pourront se dire. C'est un peu sa façon de dire pardon, de lui dire combien elle lui a manqué et surtout combien il y arrive plus sans elle, plus même à respirer vraiment, simplement. Et Murphy fait ce qu'elle fait toujours quand elle sait que Wyatt est sur le point de s'effondrer, que le sol sous ses pieds craquelle et qu'il n'y a qu'elle pour le rattraper. Elle le distrait, et ça marche. Il sourit, timidement, un peu bêtement. Tourne la tête de cette façon presque insignifiante et qui pourtant veut tout dire. Et puis elle se rapproche, laisse son épaule fraîche du soir se coller à celle du brun qui souffle à son contact. Comme un rêve, un truc qu'on veut qui continue et qu'on a peur de rater. Un truc qu'il a vraiment peur de faire exploser sans même que ça se soit complètement passé. Il déglutit, la laisse s'installer, à la fois si près et si loin de lui pour finalement dire la plus facile des vérités. Celles qu'ils taisent depuis le premier jour et qui pourtant est vrai depuis toujours.

Il acquiesce dans un silence d'or et lui demande à son tour de faire la demande la plus simple du monde. Celle qui éloigne le visage de Murphy du sien, laisse les larmes couler sur ses joues fatiguées alors que les astres et leurs dorures viennent peu à peu les entourer. Murphy, elle, c'est son étoile filante à lui, ça l'a toujours été. Elle fera peur aux plus avisés, leur fera l'effet d'une bombe à retardement qui peut exploser si les choses ne vont pas dans le bon sens. Elle remettra en place, instaurera le respect, fera se sentir minuscule le plus grand des hommes s'il la laisse parler. Mais pour Wyatt, Murphy, c'est avant tout cette infinie beauté, cette douceur et cette sérénité. Celle qui lui offre le pouvoir de respirer, de voir le monde d'un autre côté. Celle qui, en cet instant précis, laisse ses doigts trouver ceux bien plus rugueux qu'avant du débarqué. Murphy, c'est pas la demi-mesure, pour personne jamais. Un tout ou alors c'est rien. Et ce tout, il effraie souvent les gens, parce qu'elle ment pas suffisamment, parce qu'elle fait pas semblant comme les autres souvent. Mais Murphy, c'est le tout de Wyatt. Toute son humanité, son cœur tout entier dans les mains de celle qui l'a toujours compris, jamais jugé. Avec elle il sait respirer. Sa sœur, la moitié de son âme. Celle qui lui a appris tout ce qu'il sait, selon lui, du moins, tout ce qu'il sait des humains, tout ce qu'il sait pour survivre avec les humains. C'est son fil doré, celle qui le rattache à la vie quand y a plus trop d'espoir, quand y a que du noir. Parce qu'elle le comprend, quelque part, près ou loin de lui. Sa sœur est en vie, alors lui aussi.

Stupide, qu'il se dit, stupide, qu'il se pense, de la voir encore ainsi. Des gamins avec des pactes de sang, ceux qui se disent famille pour l'éternité et lui, le sale con qui l'a abandonné. Il s’essuie le visage du revers de la main gauche avant que quelque chose à ses pieds attire son attention. Wyatt avait bien vu l'animal de compagnie de celle qui avait été le guide de sa vie. Il l'avait vu dans le camp se balader avec sans jamais poser une question dessus. Et c'est pas maintenant qu'il va commencer, alors quand la bestiole aboie, il retient un rire à demi-mot. « Aussi patient que toi. » Qu'il murmure sans un bruit, accompagné par la nuit. Il se penche, attrape plus fermement les doigts de son ami et les lâche en quelques secondes, se coupe de son contact pour s'accroupir à hauteur de l'animal à poils. Il lui sourit, pose ses mains calmement autour de la tête de la boule de poils et lui offre des caresses derrière les oreilles dans un simple sourire. Ses yeux dans ceux de l'animal, sans plus regarder Murphy. Probablement parce que c'est plus facile comme ça, de pas la regarder pour dire ce qu'il a à dire, ce qu'il peut plus retenir.

Parce que y a ses mots qui reviennent sans cesse heurter dans sa tête, ses mots qu'elle a dit tout à l'heure, et auxquels il a pas répondu, ses mots qu'il a mis trop de temps à écouter avant de les analyser. Mais c'est le moment de parler, peu importe la voix fatiguée et cassée. De toutes façons il a ce ton calme, presque neutre, pour ne surtout pas inquiéter l'animal face à lui, sur lequel il pose les doigts qu'il glisse dans la fourrure, tentant de se rappeler de ce nom, qu'il avait entendu la jeune femme à ses côtés siffler plusieurs fois. Qu'il avait entendu d'autres appeler pour elle, avec elle. Mais pas pour tout de suite, pour le moment, c'est au tour de ses mots à elle, ceux qu'il ne peut décemment pas laisser tels quels. « On a vieilli, oui. Mais je peux pas te laisser dire ça, Murphy. Je peux pas te laisser dire que nous deux c'était sensé marcher tant qu'on était gamins. Parce que ça n'a pas de sens. T'es ma famille, Murphy. Ma vraie famille. Pas celle qui m'a donné la vie, on partage pas de sang, je suis pas encore assez sénile pour avoir oublié ça. Mais t'es la famille que j'ai choisi. »

Il remonte les yeux, trouve le regard clair de son ami avant de reprendre. « Tu te souviens du jour où on s'est réellement rencontré ? Le jour où j'étais le seul idiot à lire et que les autres se moquaient de moi sans que je m'en rende compte et tu t'es assis avec... » il a oublié le nom de son ami, c'est le genre de choses qu'il oublie. « … ton amie, qui n'avait pas franchement envie d'être là. Et t'as commencé à parler. Parler à un mec dont personne voulait savoir le nom. Tu m'as fait lever les yeux de ce que je lisais pour t'écouter et tu te foutais du monde. » Il sourit, c'est comme ça qu'il s'en souvient, lui. Probablement pas exactement comme ça que ça s'est passé parce que Wyatt a une sacré tendance à oublier ce qui ne comptait pas pour lui. Et vu que dans son enfance, à part Murphy, pas vraiment grand chose a compté. Il manque sans doute des morceaux d'histoire qu'il ne voit pas l'intérêt de combler. Alors il continue, comme si de rien n'était. « Enfin, moi je l'ai vécu comme ça. Et si ça s'est pas passé comme ça, je m'en fous un peu. Tout ce que je veux dire par là c'est qu'à partir de ce moment précis, simplement parce que ce jour là j'étais en train de lire un livre sur les constellations, t'as plus arrêté de me suivre, plus arrêté de me parler. Murphy, t'es la seule qui a jamais compris ce qui pouvait se passer dans ma tête et t'es la seule qui a jamais su dire si j'allais bien ou mal. T'es la seule qui me connaisse réellement dans toute cette foutue galaxie. Alors non, c'était pas un truc de quand on était gamins. Parce que t'as refait la même chose ce soir, là. T'as su que j'allais craquer, m'effondrer et tomber à terre. Alors t'es venue contre moi et t'as fait ce que tu sais faire de mieux. »

Un temps de pause et ses yeux humides dans un sourire, toujours une main sur la tête de l'animal. « Me faire respirer. » Il parle jamais de ses sentiments Wyatt et même à Murphy il en a jamais dit autant. Mais y a eu le cyclone, ce déchirement qui lui a ouvert le cœur et ces années de dénis qui sont revenus comme des coups tous plus violents les uns que les autres. Des cauchemars et des peurs. Que de ça, tout le temps. La peur de tout, de vivre et de plus savoir vivre aussi. La peur de rien, que rien se passe, que rien ne change, qu'il respire plus jamais comme avant. Qu'il retrouve pas son chemin vers Murphy, vers une vie. « An...tarès, c'est ça ? » Qu'il dit avec ce regard qui prouve qu'il y pense depuis bien trop longtemps. Il en est pas sûr, mais presque. Ça doit être ça, le nom de sa bestiole à poils. Ou du moins ça s'en approche. Pourvu qu'il se soit pas planté putain. « Il s'occupe bien de toi ? » Un sourire alors qu'il détourne enfin son attention du canin pour retrouver son ami et faire cette chose qu'il ne faisait jamais, qu'il aurait du faire à la mort de sa mère. À la mort de tous les autres aussi. À celle de leur vie là haut. À la célébration qu'ils soient en vie tous les deux ici. Sans la prévenir, sans un mot, il se relève, se redresse et la prend dans ses bras. Il l'entoure simplement, sa tête contre son épaule et ses doigts plein de nouvelles cicatrices qui serrent le dos de son amie. « Pardon, de pas avoir été là. »

Parce que c'était ça, le seul vrai pardon qui importait. Qu'il savait pourquoi et elle aussi. Qu'il savait qu'elle comprenait ce qu'il disait et pourquoi il le disait. Pourquoi en articulant ses doigts serraient un peu plus le tissu qui ornait le dos de son amie. Ce pardon, qui disait tout, enfin. Celui qui le disait correctement et pour de vrai alors que son étreinte elle, disait tous les mots qui restaient cachés. Pas très doués pour parler mais rien ne les empêchait d'essayer, au moins ce soir. Ce soir hors du temps, ce rêve qu'ils ne briseront pas tant qu'ils seront là, un truc comme ça. Alors il desserre son emprise et lui montre une petite hauteur un peu plus loin, un peu plus au calme, derrière elle. « Tu veux qu'on aille s'asseoir là bas pour regarder les étoiles ? »

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« What's left to do with these broken pieces on the floor? » Murphy&Wyatt

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