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˜˜˜˜˜˜Sun won't rise for our morning, you cant come back from the dead. - Irina -
maybe life should be about more than just surviving


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18/12/2017 Léonard // Phoebus Raphaël D. Ansvor 664 Michael Fassbender Zoologie // Orientation Naori 24



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Sun won't rise for our morning
Irina & Caleb

Le sable n'envahit pas votre forêt dont le sol est composé d'un épais manteau d'humus, épines, feuilles et plantes mortes donnant la vie à d'autres, camouflant vos pas dans un monde où le silence n'est jamais réellement présent, camouflant à la vue les prédateurs et leurs proies. La forêt est un labyrinthe que vous avez tous appris à connaître. Tu pourrais y perdre n'importe qui, t'y déplaçant comme si vous ne faisiez qu'un, en connaissant les moindres pièges et secrets... Alors qu'ici tu es dans un monde que tu n'as jamais regardé que de loin, à la lisière du désert. Le sable semble tranchant derrière sa douceur, tes pieds s'enfoncent en son sein, laissant derrière toi des pas visibles qui ne s'effaceront qu'au prochain vent. La couleur orange est ici partout présente ; Complémentaire du vert des arbres elle te semble pourtant attaquer rétines et affaires, l'air est chaud à la respiration, le sable se glisse dans le moindre recoin de cuir et de fourrure et quand bien même t'es tu vêtu de manière à être à l'aise ici, tu n'as pas l'impression d'appartenir au tableau de ce monde qui vous est en grande partie inconnu.

Tu te déplaces dans les dédales d'étales du jour, le soleil est déjà descendu dans le ciel et sa lumière encore rouge éclaire les marchands rangeant leur matériel sous un angle tout nouveau. La chaleur tombe, toujours trop haute pour toi mais au moins vivable, les tiens ont pour la plupart reprit le chemin des bois à cette heure, ils retrouveront bientôt la sécurité de votre village et leurs habitudes. Mitigés pour certains par cette venue au milieu du désert, heureux pour d'autres qui auront pu commercer avec un peuple que vous ne voyez que très rarement...
Tu as préféré rester, te déplaçant tel un fantôme silencieux entre les restes du marché du jour, le calme revenu t'apaise et tu apprécie qu'à la lumière descendante personne ne semble questionner ta présence.
Tu n'es pas de ceux qui ont appréciés les échanges aujourd'hui. Tous connaissent tes appréhensions quant au peuple que vous veniez rencontrer. Réticences, idées arrêtées, politiques parfaitement différentes. Vous n'avez que peu en commun et tu ne t'en es jamais caché, toi qui ferais tout pour ton peuple préfère le voir loin des Rahjaks. Tu te souviens d'avoir vu revenir Rowena du désert il y a quelques mois à peine, dont les blessures semblaient plus profondes qu'elle ne te l'avais laissé croire, tu te souviens de l'inquiétude envers elle... Et ironiquement c'est toi qui, aujourd'hui, est dans le désert sans l'en avoir préalablement mise au courant. Que dirait-elle si elle l'apprenait? Que diraient-ils, tes collègues, mais aussi amis, au conseil? Tu n'es pas celui le plus apte à parler politique, souvent tranchant dans tes choix tu sais tes paroles trop sèches. C'est pour cela que tu tentes de faire de Karah une conseillère plus avisée que tu ne l'es. Bientôt elle devras faire face au rôle que tu portes depuis bien longtemps...
Et c'est bien le Conseiller qui est là ce soir, dont l'absence au sein du cortège sera sans doute remarqué par quelques uns, notamment ton ami animiste, Güzis... Confiera-t-il ses inquiétudes aux autres, les gardera-t-il pour lui, comprenant que tu ne t'absentes que rarement sans raison?

Tes pas s'arrêtent enfin, devant toi se dresse une construction battue par le sable mais toujours debout, solide, face au désert. Tu reconnais la lumière du feu à l'intérieur, le soleil n'étant plus suffisant pour éclairer l'intérieur. Il te faut quelques minutes avant de finalement laisser échapper un soupire pour franchir les quelques pas te séparant encore de la porte que tu pousses d'un air déterminé non sans un regard autour de toi, t'assurant que les lieux n'apporteront pas leur lot de mauvaises surprises...

L'intérieur est étrangement chaleureux, une légère odeur de feu, de bougies et d'épices ; Tu tranches dans les couleur du désert, porteur de noir et de fourrure au lieu des tissus et des bijoux du désert ; L'or n'a jamais été quelque chose que vous chérissez, tu lui accorde un certain mépris d'ailleurs, il n'est pour toi qu'un vestige de l'ancien temps, de la suprématie d'une race qui a faillit tuer votre monde, détruisant des montagnes, des écosystèmes entiers dans le simple but de se pâmer devant l'or.
Tu t'avances, restant immobile à quelques pas de l'entrée, t'attendant à ce que des gardes du corps ou n'importe quelle police de sécurité ne te tombe dessus pour ne pas t'être annoncé...
«Princesse... » Toujours trop droit, trop sérieux, tu n'arbores pas ton totem pour rien. Ours protecteur et brutal, prédateur des bois dont le regard dur n'a d'égal que la stature droite et altière de son porteur.
Dans votre peuple, hommes et femmes sont au même niveau social, tu as cru remarquer qu'ici, les statu sociaux sont bien différents, pour ne pas dire de parfaits opposés... Tu n'es pas là pour être celui qui as raison. Tu es là parce que ton peuple as besoin que vous parliez ; Une rencontre pareille n'est pas anodine et si certains te diraient paranoïaque, tu leur répondrais avoir vécu bien trop longtemps pour ne pas te préparer au pire. «Vous accepterez sans doute que je sois celui qui offre à boire? »

Politesse mais aussi une façon de se protéger d'un éventuel verre douteux, sans doute. Tu sors une gourde des affaires transportées aujourd'hui. Vous autres Naoris aviez la chance d'avoir une forêt fertile, les mets et les cultures y étaient faciles et vous n'aviez pas connaissance du terme famine, vous ne viviez pas dans un désert.

Ce soir tu n'es pas venu en ennemi, ta voix, bien que dure, n'est pas à l'affront. Bien différent de votre rencontre plus tôt dans la journée, dans un contexte bien plus intime et discret... Tu n'es peut-être pas un homme de grands discours, mais la pénombre et les alliances sont bons amis...
Il n'y avait plus qu'à espérer que tu n'étais pas le seul, ici, à vouloir anticiper les tempêtes à venir sans pouvoir les prédire...
©️ FRIMELDA



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03/01/2018 ELOW ; DEVOS, ĆIRO & JONAS 304 BHUMI PEDNEKAR ; ELOW ; PRINCESSE A TEMPS PLEIN, ENSORCELEUSE EXPERTE, CONSPIRATRICE ET RÊVEUSE DE TRÔNE CAMOUFLÉE ; RAHJAK ; 95
— SMOKE MADE OF TEARS —






Sun won't rise for our morning,
you cant come back
22 avril 2118


Cette journée aurait pu être épuisante, mais elle avait semblé assez calme à Irina qui désormais, était simplement allongée sur des coussins brodés, près d’un léger feu. La nuit avait déposé son voile de calme sur l’oasis, alors qu’une grande partie des invités et des artisans étaient rentrés avant que les étoiles se dévoilent dans le ciel. Irina, elle, avait laissé la jeune princesse Tasha aux soins de son ainé, préférant profiter de cette rare sortie pour s’éterniser un peu plus. Caprice de princesse, donc. Au petit matin, avant le grand retour, elle profitera discrètement de la petite source d’eau pour y plonger, corps entier, nue devant le ciel pour seuls témoins – et quelques regards peu discrets de certaines servantes sans doute, mais ça, c’était une chose qui ne la dérangeait pas. En attendant, elle savourait. Sa solitude, l’ambiance paisible de sa chambre pour la nuit et des doutes qui se confirmaient. Les soupçons qu’ils avaient envers les Naoris semblaient être bien plus que des soupçons et cette journée sans accident lui permettait de jouer sur une entente qui, à première vue, semblait fonctionner. Oh, Irina était pour la paix entre tribus, quels qu’ils soient. Aussi faibles qu’ils soient, une tribu était toujours meilleur en tant qu’allié, qu’en tant qu’ennemi. Si seulement Irina pouvait sortir plus de sa cage dorée, sans doute auraient-elles réussi à se faire des liens en or digne de la Rahjak qu’elle était. Mais non. Le peu d’occasions qui se présentaient à elle, semblaient n’aboutir à rien. Mais là, tout de suite, elle ne pouvait pas accomplir grand-chose. Ce n’était pas une sorcière à faire des miracles en un claquement de doigts.

Et préparer la mort du Roi, ce n’était pas préparé une danse pour la fête de l’été.

Surtout quand la personne en question, celle qui souhaitait si férocement cette mort, désirait également reprendre le trône. Irina aperçevais beaucoup de choses dans le futur qui était le sien, et la couronne en faisait partie. D’une part, pour des raisons qui ne regardaient qu’elle, d’une autre, parce qu’elle était la souveraine légitime de ce peuple qu’elle chérissait tant et qu’elle voulait, inconsciemment, réellement aidé. Lorsqu’elle était seule, comme maintenant, elle cessait souvent de penser. Elle essayait plutôt de se libérer de toute la pression qu’elle s’auto-infligeait pour respirer et prendre des forces. Elle jugeait qu’il était important de prendre du recul, de regarder un problème sous un autre angle.

Soudain, elle sursauta légèrement lorsque le conseiller entra. Évidemment, ses gardes lui laissaient champ libre, étant donné qu’il n’était pas un danger sans arme. Surtout, c’était une question diplomatique. Il était prohibé de maltraiter un conseiller lors d’une journée de paix et de partage.

« Conseiller. » Elle se releva légèrement, observant alors la forme qui se tenait devant elle. Il paraissait si imposant, là, dans l’obscurité. Presque effrayant. Tellement loin de l’image qu’il donnait de lui, sous le soleil puissant. Du moins, selon la princesse. Il était droit et fier, nullement impressionné par la richesse Rahjak. Elle trouvait ça remarquable. « Que pourriez-vous m’offrir qui ne m’appartienne pas déjà ? » Le voilà désormais qui sort une gourde de ses affaires et, intriguée, Irina lui offrit un sourire satisfait. Elle ne craignait pas de poison de sa part, cela serait bien trop suicidaire et déclencherait une tempête que sa tribu ne pourrait jamais calmer. Dans un mouvement impérial, elle se glissa alors jusqu’à attraper deux coupes en or qu’elle rapprocha de son invité.

« Avez-vous trouvé cette journée agréable ? » Ou plutôt utile, mais elle n’oserait jamais être si directe. Ce n’était pas dans ses habitudes, surtout qu’elle ne connaissait absolument pas Caleb et, par conséquent, devait un peu l’observer avant de lui offrir un peu de confiance. Car oui, Irina cherchait des alliés. Des personnes loin de sa cité qui pouvait la défier sur le fonctionnement de sa propre tribu, qui pouvaient la remettre en question et la bousculait. Elle était aussi fière que l’homme devant elle, mais elle n’était pas aussi coincée dans ses traditions. Après tout, c’était une femme. Une femme qui rêvait de pouvoir, d’égalité, de changement. « Comment se fait-il que vous soyez encore là ? Seriez-vous tombé sous le charme du désert ? » Elle lui tendit un plateau sur lequel se trouvaient des dattes.




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18/12/2017 Léonard // Phoebus Raphaël D. Ansvor 664 Michael Fassbender Zoologie // Orientation Naori 24



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Sun won't rise for our morning
Irina & Caleb

Tu n'avais peut être pas prévu cette escale lorsque tu avais quitté le village ce matin. Cependant si pour beaucoup la sortie s'était déroulée dans une bonne ambiance, digne d'une foire comme celle ci, où chacun échange, rentre les bras plus chargé quil n'ai pu le penser, pour toi l'impression de danger perpétuelle était belle et bien présente. Tu n'irais pas jusqu'à dire que tu connais Arkhip, mais il fait bien dire que ses méthodes et ses actes ne vous sont Pas inconnues et qu'il ne fait ou n'accepte pas quelque chose si ce n'est pas positif Pour lui. Alors y avait-il derrière cette rencontre, une idée de fond que personne n'avait osé dévoiler?

C'est pour cela que voir la fin de journée avait eut quelque chose de réconfortant. Tout s'était Pour ainsi dire bien passé, chacun rentrerait chez soit, tout irait bien.
C'était maintenant, dans le silence et la pénombre que les discussions importantes pouvaient avoir lui, loin d'éventuels regards indiscrets, loin aussi du consentement des tiens... Tu te jurais de ne plus jamais dire à Rowena que ses choix la mettait en danger. Parce que si tu arrivais auprès de la princesse la tête haute et sans véritables appréhensions, rien ne disait qu'elle n'ordonnerait pas à ses gardes de te mettre aux verrous... Voir pire.
C'était un véritable jeu d'échecs, tu lançais tes pions à l'aveuglette en espérant avoir bien interprété les signaux... D'autre part il serait malvenu de sa part de déclencher la guerre, comme de la tienne si tu tentais un assassinat… Et soyons honnête, tu es bien le dernier à vouloir prendre les armes. N’est-ce pas pour cela que tu es là?

Comme deviné, les gardes te laisse le passage et quoique tu ne viennes ici en étant sûr de toi, la méfiance est de mise, un regard envers eux au cas où ils viendraient à avoir un geste de trop. On ne sait jamais. Malgré la paix toute relative de cette journée tu sais qu’au fond, tu te trouves en territoire étranger, loin de chez toi, loin des tiens qui devaient désormais être proches de la forêt, prêt à regagner la protection des sous bois…
Tu ne réponds pas à sa première pique, si ce n’est par un rictus léger, sourire à semi amusé, semi trop sérieux. Les Rahjaks et vous n’avez pas la même façon de voir la vie, les biens et les richesses vous sont totalement différents et Irina en est la preuve vivante. Vêtements riches, arrivée en grandes pompes à la foire, manières trop distinguées en cette heure tardive… Tu sers cependant les deux coupes en or, lui tendant la sienne et la saluant d’un geste. Vous autres Naoris êtes bien plus proches de la nature, la forêt est vôtre autant que vous lui appartenez et grâce à cet environnement fertile, vous pouvez au moins vous targuer de ne manquer de rien. Fruits et autres baies, miels… Autant de choses qui adoucissent le fond d’une gourde et mettent la discussion à plat : Tu es venu en paix.
Et quand on te connait un peu, le simple fait d’être venu est un grand pas en avant.

« Agréable… Je dirais qu’elle semble avoir plu à la plupart des nôtres. Ce fut enrichissant… Je l’espère autant pour les uns que pour les autres. » Quant à être agréable, tu avouerais sans malhonnêteté que la chaleur et ta paranoïa de voir quelque chose vous arriver, si loin du village, a sans doute entacher ton ressenti. Tu reconnais préférer la solitude et le désert quand ce dernier est plus sombre, plus silencieux et lorsque le soleil n’est pas à son zénith dans le ciel. Tu portes la boisson à tes lèvres, observant discrètement les lieux qui t’entourent alors qu’un sourire prends place sur ton visage à ses questions. « Je dois bien avouer que la chaleur du Désert est un charme que je peine à apprécier. » Tu tournes les yeux vers elle, posant un instant tes iris dans les siennes avant de tendre une main en direction des dattes qu’elle te propose, la remerciant d’un signe de tête. « Sans offense, évidemment… »
Tu avais peut-être employé un ton plus ou moins plaisantin, mais si la jeune femme n’était pas réputée pour être à fleur de peau comme l’était Arkhip, tu préférais éviter un quiproquo non désiré.
« J’apprécies le calme quand il s’agit de… discuter. Je pense que les vôtres comme les nôtres ont eut à loisir d’échanger biens et histoires aujourd’hui et je me réjouis que cela se soit si bien passer... » Tu marques une pause, fronçant les sourcils en jouant avec ta coupe. La diplomatie n’as jamais fait parti de tes compétences et quand bien même l’expérience t’aide-t-elle à anticiper la plupart des situations, les mots sont un grand point faible. « Cependant il y a des choses qui ne s’échangent pas sur un marché... » Tu relèves le regard et le plante dans le sien. « Pourrions nous rester seul à seul, princesse? » La confiance que tu acceptes de lui offrir n’est ni destiné à ses gardes, ni à son ‘personnel’. Et quand bien même tu pourrais être un danger pour elle, tu l’espère largement assez intelligente pour comprendre que tu n’es pas ici pour amorcer une guerre… Tu ne sais que trop bien qu’il est plus qu’inutile d’attenter à un peuple si les chances de réussites sont nulles… Tes seules armes ce soir seraient les mots, les secrets. Et tu ne compte utiliser aucun d’eux.  
©️ FRIMELDA



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22 avril 2118

Elle ne s’attendait pas à voir le conseiller revenir vers elle. Non, en fait, elle pensait bien passer le reste de sa soirée dans la solitude et la tranquillité, maudissant ceux qui devaient parler derrière son dos. Ils étaient toujours trop nombreux à prononcer son nom en son absence, elle le savait. Il y avait trop de choses à dire sur son sujet, entre sa beauté et son nom. Une princesse oui, mais surtout la fille d’un roi. De celui qui aurait dû être encore en vie aujourd’hui, mais qui s’en souciait vraiment ? Le peuple, peut-être, espérait que le trône change de dirigeant et tous les regards étaient tournés vers son cousin, fils ainé, le tas de muscle nommé Isaak. Cela arrangeait Irina. Qu’il tue son père, anxieux et désireux de prendre sa place. Il sera ensuite aisé pour la belle plante de se transformer en épine et d’empoisonner celui qui ne voyait en elle qu’une alliée en toutes circonstances. En attendant, elle était là, hors des murs de sa cité et c’était si rare pour elle, qu’elle se devait d’en profiter. D’étendre un peu son séjour, même par caprice. La venue de Caleb n’était qu’une belle surprise à ses yeux. Une agréable opportunité, en réalité. Ce soir, c’était dans la paix qu’ils allaient discuter. Dans un espace qu’elle, elle choisissait de rendre neutre. Cela ne lui apporterait rien de l’attaquer ou l’enfermer, vraiment. De même, elle se savait hors de danger face à lui. Caleb ne lui ferait aucun mal. Au fond, ils voulaient la même chose, lui et elle : ne pas lancer une nouvelle guerre, et même dans la discorde, trouver une entente possible.

Et, le soleil pouvait en être témoin, la tribu Rhajaks était la plus belliqueuse et la plus détestée par ses principes et ses traditions un peu (beaucoup) barbare. Mais Irina n’était pas aussi bête que les hommes qui avaient gouverné jusqu’ici. Que les hommes qui avaient donné cette impression d’une tribu très fière et puissante. Elle voulait changer l’image, oui, mais pas la briser entièrement. Ses racines, elle les aimait.

Boisson dans la main, elle observait Caleb avec grande attention. Des trois conseillers, il était bien celui qu’elle connaissait le moins. En réalité, elle n’avait aucune idée à quoi s’attendre avec lui et le peu de chose qu’elle a entendu à son sujet, elle le gardait dans un coin de sa tête voulant vérifier par elle-même qui il était. « C’est le cas. C’était un échange qu’il faudra sans doute reproduire à l’avenir. » Elle ne mentait pas, même si elle trouvait l’idée, au départ, très suspicieux. Que les deux peuples participent à des événements communs, ne pouvait être que bénéfique pour les deux. Et cette journée en était une preuve. Malgré ses airs de jolie fille, Irina avait eu le temps d’observer les stands et les savoirs faire des Naoris.

« Vous ne m’offensez pas, je vous rassure. » Elle souriait, reposant ensuite le petit plateau de dattes sur la table juste devant. « C’est ce désert qui forge nos caractères, à nous les Rahjaks, et nous en sommes fiers. » Elle avait vu, les forêts, sur le continent, lors de son trajet en direction du village Pikuni. Elle avait goûté aux températures tièdes et aux nuits fraîches. Pourtant, elle préférait sa cité de feu, son soleil épuisant et la sueur sur sa peau qui la faisait briller comme une pierre précieuse. Elle l’écoutait avec une concentration particulière, se demandant ce qu’il allait bien pouvoir lui dire. Elle comprenait parfaitement qu’il profitait de ce moment pour discuter ouvertement, mais il chercherait tout de même à ne pas faire de faux pas et ça, elle le notait. C’est naturellement qu’il lui offrait la possibilité d’un entretien secret, calme et privé.

Pour virer tous ceux qui étaient dans le coin ou qui espéraient trainer une oreille, elle se leva. Elle tâcha de tirer des rideaux et de demander à ses gardes d’aller plus loin, vérifier que rien ne dérange sa petite réunion. Eux-mêmes s’occuperaient des esclaves en service qui, se voyant offrir une pause, allaient sauter sur l’occasion pour avoir un moment tranquille.

« Il est fort probable… » Elle s’installa de nouveau sur la place qui était la sienne, retrouvant sa boisson. « Que des rumeurs courent à notre sujet, ce soir. » Amusée ? Complètement. Mais elle retrouva tout de suite son sérieux, preuve qu’elle utilisait parfaitement les situations les plus simples pour camoufler ce qui devait l’être. « Je vous écoute, Caleb. Soyez aussi franc que vous pouvez l’être, ne vous retenez pas. » Elle s’autorisa un regard royal. « J’ai, en réalité, horreur des politesses. » Elle sentait qu’avec lui, c’était totalement inutile et dérisoire.


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18/12/2017 Léonard // Phoebus Raphaël D. Ansvor 664 Michael Fassbender Zoologie // Orientation Naori 24



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Sun won't rise for our morning
Irina & Caleb

Quand on y regardait bien c’était assez difficile de trouver une possible entente entre vous, tout vous opposait. L’apparente richesse de ces lieux, les gens qui entouraient la princesse, les esclaves qui remplissaient ses coupes… Tout était ici à l’opposé total du mode de vie que vous prêchiez depuis des années. Chez vous les conseillers n’ont pas besoin de gardes, le peuple est égal et vous n’oeuvriez pas pour le bien d’une famille royale mais pour le peuple au complet… Tu n’étais pas dupe. Si des ententes étaient possibles avec certains, il serait à jamais impossible de rallier tout les Draghsteel, ils étaient bien trop différents de vous, se sentant supérieurs et importants… Seront-ils toujours de cet avis sur leur lit de mort? Nul n’est éternel et plus on est haut, plus la chute est rude. Ce n’est pas une menace mais une simple observation.
Tu n’étais pas prêt à beaucoup de compromis, mais tu n’étais pas non plus prêt pour une guerre. La violence n’a jamais rien résolu et vous n’étiez de toute façon pas pour les affrontements. Quelles qu’aient été vos erreurs et vos choix passés.

Pourtant elle avait raison lorsqu’elle soufflait que recommencer cet échange serait une chose bénéfique, tu es pour le moins d’accord avec elle. La plupart des visages que tu as vu repartir pour les bois semblaient heureux, les inquiétudes que tu nourrissais semblaient désormais ridicules pourtant tu étais certain que les sentiments n’étaient jamais là pour rien… Aviez vous rater quelque chose? Étais tu à ce point paranoïaque? Tu serais toujours loin de la vérité. Mais tu acquiesces d’un signe de tête, toujours avec cet air dur mais presque serein. Tu avais appris avec le temps à laisser les émotions de côté quand tu ne savais as à quoi t’attendre et si la jeune femme semblait accessible à la discussion elle restait de sang royal… Princesse et non prince, cible sans doute de son propre sexe, possible alliée qui, malgré elle, connaissait la frustration de ne pas être à la ‘hauteur’ du fils premier. Jamais tu n’aurais tenter d’approcher Isaak Draghsteel, ç’aurait été de la folie pure.

« C’est tout à votre honneur. Je ne pensais pas voir autant d diversité sur les étales de vos marchands pour être honnête. Le désert refermerait-il des surprises? » Tu laisses glisser un sourire en coin, discret mais présent. Le désert était si vaste qu’il pouvait camoufler plus d’un secret, cette discussion en faisait très certainement parti et au fond tu n’utilisais pas les mots au hasard. Mauvais diplomate peut-être, mais ton âge te permettait au moins de bénéficier d’une sagesse toute relative. Quoique tu sois le premier à faire les mauvais choix quand ils se présentaient à toi, cela va sans dire.
Tu l’observa se lever, créer dans la masse de ses petits serviteurs une sorte d’explosion, comme lorsque l’on dérange une fourmilière, agitant en son sein la ligne trop bien organiser des fourmis qui, lorsque le danger sera écarté, reprendront leur tâche comme si de rien n’était. Voir ce genre de chose possible envers tes semblables te donne l’impression désagréable de ne pas être à ta place. Tu n’arriverais jamais à comprendre le principe des esclaves, d’ordonner quelque chose et de se voir obéir. Pour toi, ce n’est pas une façon d’être meilleur que les autres ou plus important…
Mais tu ne laissa rien échapper de tout cela, te décalant d’un pas pour permettre à l’un d’eux de passer sans pour autant croiser son regard. On se souvient moins des gens si ces derniers ne peuvent croiser votre regard et tu tenais encore à ton anonymat. Peut-être les gens connaissaient-ils ton nom, mais tu aimais à être un nom sans visage. Qui sait si ça ne pouvait pas être salvateur…

Tu retombes sur Terre alors que le silence emplissant la salle au départ de son personnel n’est brisé par ses mots. Froncement de sourcils avant qu’un rictus ne prenne sa place en guise de réponse. « Espérons alors qu’elles soient au moins bien racontées. » Quoiqu’assez invraisemblables si elles venaient à naître. Nul n’avait jamais entendues de rumeurs concernant une visite à une princesse en pleine nuit où tu pourrais être acteur. Tu étais l’un de ces vieux ours solitaires, ce genre de jeux n’avaient plus qu’un goût amer sur le fond de ton palet.
Tu apprécies qu’elles abatte cartes sur tables la première cependant, déverrouillant par le même coup tout autant de possibilités. Elle acceptait de te parler sans crainte, autour d’elle il n’y avait plus ni gardes ni esclaves, juste toi. Toi qui aurait pu être n’importe quel assassin Naori cachant bien son jeu… Mais elle acceptait en pleine confiance de te parler sans détours, tu avais alors l’impression d’avoir pour une fois miser sur la bonne personne. À voir où cela vous mènerait.
« Vous et moi savons que je ne devrais pas être ici, n’est-ce pas? Pourtant je ne vois aucun garde armé prêt à intervenir si je décidais de m’en prendre à vous… J’en conclus que ma venue pourrait nous être bénéfique à tout les deux. »  
Tu couvres tes arrières, tâtant le terrain sur lequel tu te déplaces parce que tu le sais miné. Le passé, tu en as connaissance, tu sais que le désert renferme des secrets mais que la forêt n’est pas en reste non plus.
« Les relations entre votre famille et… nous autres, ne sont pas au beau fixe. Que cette journée ait été positive pour les uns comme pour les autres m’a surpris. L’idée de rester au coeur des bois me paraissais bien plus réaliste. » Pourtant tu avais eus tord, tout s’était bien passé, les tiens avaient pu faire des échanges fructueux et les hommes du désert avaient en retour eu droit à leur lot de votre savoir faire. Tu le dirais sans hésité, la surprise avait été réelle et agréable. Cependant les Rahjaks n’étaient pas connus pour faire quelque chose s’ils n’y trouvaient pas satisfaction, d’une manière ou d’une autre ce n’était pas un peuple de charité. « Je suis là parce que la guerre n’est pas très loin et c’est la dernière chose dont votre peuple, et le nôtre, ait besoin. »
En réalité, l’armée Rahjak s’en remettrait après vous avoir écrasé, cependant une guerre était inutile et un terrible gâchis. Si le roi, fou qu’il était, décidait de se dresser contre les Naoris, il perdrait le peu d’ententes qu’il avait avec les autres tribus s’il en avait encore. Il n’était plus prit au sérieux par beaucoup, toi y compris. Tu le voyais plus comme ce dragon supposer reposer au coeur de la cité de feu, que comme le roi qui devait guider son peuple. « Et je pense que vous ne voulez pas non plus d’une guerre. »
C’est maintenant que tu verrais si l’idée de venir était bonne ou non. Elle pouvait répondre d’une façon comme de l’autre, te faire regretter ta venue ou au contraire, t’inciter à rester. Elle avait toutes les cartes en main désormais et si tu gardais une apparence on ne peut plus calme, iris bleues posée dans ses yeux noirs, au fond de toi il y avait encore ce gamin prêt à s’asseoir sur le dos du fauve, dont le coeur palpitait parce que tout ses aînés avaient les yeux rivés sur lui. Ce gamin qui avait été capable d’apprivoiser les fauves mais qui en avait payé le prix fort. Rien ne s’obtiens sans sacrifice, tu étais le mieux placé pour le savoir. Tu espérais seulement, désormais, avoir fait le bon choix.

©️ FRIMELDA


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03/01/2018 ELOW ; DEVOS, ĆIRO & JONAS 304 BHUMI PEDNEKAR ; ELOW ; PRINCESSE A TEMPS PLEIN, ENSORCELEUSE EXPERTE, CONSPIRATRICE ET RÊVEUSE DE TRÔNE CAMOUFLÉE ; RAHJAK ; 95
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22 avril 2118

Dans un autre contexte, elle aurait sûrement apprécié cette journée. La paix est agréable, le partage aussi. Elle ne peut pas nier le bénéfice d’une belle entente et, malgré les différences, elle croit que chaque tribu est capable de se respecter. Elle veut bien viser haut pour apporter ce genre de stabilité, mais elle rêve un peu trop et croit qu’un jour son règne dépassera les frontières Rahjaks. En attendant, il ne dépasse même pas son imagination. Elle n’est que la nièce du roi, elle n’est en vie que parce que c’est ce qu’il souhaite. Une femme, ce n’est pas un danger. L’impatience la gagne à chaque fois qu’il l’observe avec ce regard supérieur. Elle veut changer les choses Irina, arracher la couronne et prouver qu’une femme est l’égal de l’homme, si ce n’est peut-être plus. Elle veut venger son père, celui qui aurait réussi à imposer la supériorité des Rahjaks. Lui, il aurait trouvé les bons mots, les bons traités, il serait parvenu à trouver un moyen de changer la terreur dans le regard des autres, par un profond respect et de l’admiration. Pour tout ce qu’ils subissent, là, dans le désert, eux, ils méritaient d’être reconnus. Cela peut être complexe à comprendre, mais c’est la réalité. Dans ce monde, personne n’a entièrement raison ou entièrement tort. Les Naoris doivent cesser de croire qu’ils sont les détenteurs des lois universels. Ils ne sont pas parfaits. Leur façon, de vivre est bonne pour eux, mais pas pour tous. Il y a trop de corruption dans les cœurs, trop de désir, tout le monde en veut toujours plus. Les règles, souvent, elles sont brisées. Les Rahjaks acceptent les vices, ils acceptent la réalité qui est violente, brutale et égoïste. La monarchie apporte une stabilité, à sa manière.

Quoi qu’il arrive, une chose est certaine. Irina ne veut pas de guerre. Cela ralentirait ses plans, déjà. Ensuite, parce que ce n’est pas le moment pour une guerre. Il y a eu assez de morts par le passé, assez de rébellion, de sang versé. Elle est persuadée qu’ils peuvent trouver un moyen de créer une zone de confort, après tout, c’est à ça que servent les traités. Il y en a déjà eu, il peut y en avoir encore. Bien entendu, depuis la mort de chef Pikuni, tout par un peu en cacahuète. Les Rahjaks sont naturellement pointés du doigt sans question, alors qu’en réalité, c'est d’autres qui se jouent d’eux. Pire, Irina elle-même a été attaquée. Ils l’ont pris pour cible, et aujourd’hui, certains doutes commencent à s’éclaircir. Après tout, les Naoris se disent pacifiques, mais peuvent-ils vraiment tous l’être ? La peur peut engendrer des actions qui dépassent toutes les bonnes volontés.

Elle apprécie de voir Caleb, ce soir. D’une part, elle sait qu’il n’aurait jamais approché le roi lui-même ou encore Isaak – le conseiller n’est pas bête. S’ils peuvent discuter, autant le faire. Peut-être aboutiront-ils sur un plan secret, une entente, qui pourra, à l’avenir, les préserver du pire. Dans le meilleur des mondes, ce genre d’événement, il faudrait en refaire. Pousser les différentes communautés à se rassembler, à se connaître, à échanger et partager. De même, elle doit se rapprocher des conseillers, entendre leurs pensées Elle n’a, jusqu’ici, jamais vraiment abordé Rowena, mais pour ce qui d’Harlan… Sans doute, a-t-il souligné à ses alliés qu’Irina était prête à s’allier avec eux pour renverser le roi ? Cela ne serait pas étonnant. Elle doute que ça soit un secret qu’il protégerait. Peut-être que cela à jouer pour Caleb, qu’en venant ici il s’est rappelé ce qu’Harlan lui a dit, ou alors, il n’en sait rien et c’est autre chose qui le guide ? Quoi qu’il en soit, confortablement assise, Irina le scrute. Même un jour dans le désert suffit à ce que la peau du conseiller change. Elle peut voir sur son visage qu’il n’est pas habitué à un tel soleil et à de telles températures. Cela n’enlève en rien à ce charme, qu’il possède. Un peu particulier, certes, mais elle n’est pas du genre à résister à des yeux si profonds.

« Des tonnes. » Des trésors par milliers, cachés dans la plus rude des cités. Des diamants bruts, qui mériteraient d’être portée par des joyaux encore plus beaux. Elle aimerait ajouter qu’ils ont aussi un dragon, caché sous le sable chaud, qui n’attend qu’un signal du roi pour montrer sa magnificence, mais s’abstient. Il risquerait de ne pas comprendre qu’elle le taquine et qu’elle s’amuse à alimenter la rumeur qui dit que les Draghsteel étaient, autrefois, des dragons.

Elle sourit, appréciant l’humour du conseiller. Le silence, alors, est plus prenant maintenant que les esclaves se sont éloignés et qu’ils sont seuls. C’est un tête-à-tête que la princesse n’est pas prêt d’oublier, mais elle veut aussi en tirer le meilleur. Si c’est dans sa nature de filtrer avec tous ceux qui croisent sa route, elle n’est pour autant du genre à attendre que quelque chose arrive. Non, il n’est pas là pour ça et, pitié, il est bien trop âgé pour elle. Plutôt mourir que de se vendre à un conseiller, mais elle lui trouve un air bien sage pour qu’il puisse, un jour, demander quelque chose d’aussi pervers. Autant passer aux choses sérieuses, donc. Jouer le jeu face à des yeux qui traînent, c’est une chose. Maintenant qu’ils sont entre eux, il n’y a pas de raison qu’elle porte un masque de princesse tentatrice.

« Bonne conclusion. » Elle ne va pas chercher à le tuer et lui non-plus. Ils sont, en réalité, dans un espace de paix. Et si eux y arrivent, les tribus le doivent aussi. Irina croit que c’est possible et ne manque pas d’écouter très attentivement Caleb. Elle garde le silence, parce qu’elle sait qu’elle a souvent tendance à parler pour ne rien dire. Elle préfère donc l’entendre jusqu’au bout, ne pas l’interrompre et puis parfois, ce genre de comportement à tendance à pousser ceux qui parlent, de parler encore plus.

« Vous pensez bien. La guerre est la dernière chose dont nous avons besoin. Mais il y a un sujet qui reste en suspens et qui pourrait bien, malgré tout, donner les étincelles nécessaire à un soulèvement. » Elle se redresse légèrement. « Même si cette journée a été bénéfique pour tous, je ne vous cache pas que mon peuple est un peuple rancunier. Nous n’avons pas oublié ce qui s’est passé lors de ma visite chez les Pikunis et nous cherchons toujours les responsables de cette attaque ainsi que ceux qui sont derrière le meurtre du Chef Edwin. » Elle pose son verre, plongeant à son tour son regard dans celui du conseiller. « Nos tribus ont toujours été ennemies, alors il faut s’attendre aux pires. Des fausses accusations, aux révélations les plus improbables. » Ils doivent s’attendre aux pires. Après tout, la cité possède son lot de rebelles et, qui sait, c’était peut-être eux qui ont attaqué Irina ? Et les Naoris qui ont réussi à négocier avec les Pikunis le jour de la délégation, auraient pu très bien organiser la mort du chef… Un drame pour faire diversion, qui sait ?

« Je ne vous accuse pas, mais tout le monde est suspect et les coupables devront payer pour leurs crimes. En particulier ceux qui m’ont attaqués. Ils s’attendaient sans doute à ce que le roi envoie son héritier pour le représenter, mais il est bien trop paranoïaque pour ça. Cette attaque le touche donc personnellement et, je vais être honnête, personne ne sait à quoi s’attendre avec lui. » Il pourrait bien décapiter son propre fils s’il le considérait comme étant un danger à son trône. « Vous pourriez très bien entendre parler de ma mort, demain, si l’un de ses esclaves lui rapporte que vous êtes entré dans ma tente. »


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Sun won't rise for our morning
Irina & Caleb

Aussi étrange que cela puisse paraître tu n’avais pas échangé grand chose avec tes collègues conseillers avant cette petite rencontre secrète. Tu n’avais d’ailleurs pas prévu de rester plus que nécessaire au coeur du désert quand tu avais pris la route ce matin là. Mais tu avais toi aussi des secrets et tu n’étais certainement pas le plus bavard des Naoris. Ce que tu disais aux autres de ne pas faire tu t’empressais de t’en acquitter de ton côté, au grand damn de ceux qui t’étaient chers. Pourtant c’est pour eux que tu prenais de telles décisions, pour tenter avec le temps de leur offrir un avenir où chacun pourrait voir grandir ses enfants. u n’avais pas eut cette chance parce que tu avais fais des erreurs par le passé et si personne ou presque n’était au courant et n’osait jamais mentionner cette partie de ta vie, tu continuais encore aujourd’hui de l’utiliser comme punition… Tu es un excellent conseiller Caleb Hakara, un animiste hors pair mais un bien piètre être humain, consumé par les regrets et un passé qui, si tu le dis derrière toi, te reviens ne plein visage chaque jour que la Terre fait.

Alors oui, tu vois en Irina une alliée potentielle, une page encore presque vierge où tu préfèrerais voir s’écrire une alliance avec ton peuple plutôt qu’avec une famille qui favorise un tout autre côté de son sang. Il aurait été beaucoup plus utile, peut-être d’avoir Isaak Draghsteel sous son aile, de pouvoir avoir le futur roi de votre côté plutôt qu’une futile cousine… Mais qui était mieux placé que la princesse pour tâcher de glisser des idées à la descendance royale? Qui mieux que la princesse pouvait représenter l’espoir dont vous aviez besoin? Aucun membre de la tribu Naori ne pouvait satisfaire cette demande.
Et si la jeune femme se demandait ce que toi, tu peux lui offrir, tu lui répondrait qu’un peuple entier vous soutenant est mieux qu’une poignée de Rahjaks. Quoique vos idéaux soient aux opposés, tu sais qu’elle n’a pas le soutien de tout le peuple que Arkhip dirige, d’une part parce qu’elle n’est pas l’héritière directe du trône, mais aussi parce qu’elle est une femme… Ironique de désirer le pouvoir quand votre peuple voit les femmes comme secondaire, mais tu te retiendras pour cette fois, il faut parfois savoir ravaler sa bile, attaquer ses coutumes ne seraient pas à ton avantage.

Alors évidemment malgré le climat de paix que tu espères, les fantômes du passé sont ici encore bien présents et tu l’écoutes avec attention, ton regard ne décroche pas du sien une seule fois lorsqu’elle mentionne les évènements passés… Tu es peut-être un homme qui ne prends que peu de précautions envers tes amis mais lorsque les choses viennent à être importantes, il est étonnant de voir à quel point tu refermes les murs qui t’entoure de manière à ne rien laisser paraître… Un petit mensonge vaut parfois mille traités.
« M’accuser est votre droit le plus légitime. » Tu croises les mains jetant un oeil aux quelques victuailles les plus proches sans pour autant te servir, te demandant surtout où les Rahjaks arrivaient à trouver de telles diversités de nourriture… Tu devrais sans doute te pencher un peu plus sur les secrets de ce Désert. « Mais j’ai bien trop d’aversion envers l’attaque pour être le suspect idéal. Croyez bien que cela agace souvent mes collègues. » Tu le dis avec un sourire en coin, amusé d’imaginer les deux autres conseillers, excédés de te voir prôner encore et toujours les défenses de votre village… Tu es un ours Caleb, et quoique ta force soit sans précédent, tu préfèreras toujours la fuite au corps à corps, privilégiant la sécurité des tiens.
Si tu es d’accord avec ce qu’il s’est passé pour la princesse? Tu ne l’as pas approuvé. Lorsque les évènements sont venus à tes oreilles ils étaient déjà passés et quoique tu n’en connaisse une part de vérité il est bien logique que cette dernière soit sous clef dans le plus profond de ta mémoire. « Notre passé, commun ou non, n’est pas favorable à la paix. J’en suis plus que conscient aussi ne vous jèterai-je pas la pierre de vouloir punir ceux qui vous ont attaquer, cela me semble légitime. » Tu n’es pas sensé savoir ce qu’il s’est passé n’est-ce pas? Alors autant aller dans son sens, tu as condamner les actes passés, tu as exprimé tes opinions à ce sujet à qui de droit… Ce n’est plus de ton ressort bien que tu sois une tombe d’où aucun secret ne sortira jamais. « D’ailleurs… Si la guerre venait à éclater ce n’est pas vous que je dirais coupable. Vous n’êtes pas Reine. » Conscient que ces mots pourraient être mal reçus, tu continues sur un ton qui ne se veut pas moralisateur. « Mais vous êtes de sang royal. Vous seule pouvez atteindre le roi et son héritier. La tâche est dangereuse, vous le dites vous même… Et je ne vous obligerai à rien. »
Tu te rends aisément compte que tu es en train de lui proposer de trahir les siens, quelque part… Mais en acceptant ta venue ici, la princesse est déjà un pied dans la confidence et le simple fait de vouloir dire à Arkhip que tu es venu l’enverrait à l’échafaud… Elle même semblait le comprendre.
« Si votre mort n’est pas annoncée demain et si je retrouve les miens au matin… Alors j’aimerais vos demander un service. »

Tu inspire lentement, jetant un regard par dessus ton épaule de manière à t’assurer que personne ne vous observe mais le silence est roi au dehors et le vent seul, brise du désert, s’écrase contre le bâtiment où vous vous trouvez. « Vous savez manier les mots. Peut-être pouvez vous amener envers la famille royale l’idée d’une paix durable… Le Toi et sont fils seront, j’en ai peur, sourds à ces idées… Pas la jeune Tasha. »
Retourner deux membres de la famille contre cette dernière est une idée qui pourrait sembler idiote, deux femmes qui plus est… Mais ce ne sont pas les plus âgés qui survivront à vos vies. « Ainsi que garder une oreille attentive envers le roi… Un oiseau parcours le désert bien plus vite qu’un cheval. »
Et le temps qu’un oiseau vous ferait gagner en cas d’attaque de la part d’Arkhip serait non négligeable pour préparer les Naoris en vue de se défendre ou, dans une mesure plus humaine, à faire fuir ceux qui ne pourraient pas se battre.

« Bien évidemment je ne vous demande pas tout cela sans contrepartie… »
Tu n’es pas sans connaître les Rahjaks, ici les services se paient et s’ils ne ont pas d’argents, il existe bien des façons de rembourser une dette.  « Je vous offre, en plus de vos conditions, mon soutien si les choses venaient à vous offrir des… Possibilités. »
Le jeu de la politique est dangereux et tu le sais. Mais tu es vieux Caleb, alors s’il y a un jour où il faut prendre des décisions, c’est aujourd’hui.
Parce que demain, il sera trop tard.

©️ FRIMELDA


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03/01/2018 ELOW ; DEVOS, ĆIRO & JONAS 304 BHUMI PEDNEKAR ; ELOW ; PRINCESSE A TEMPS PLEIN, ENSORCELEUSE EXPERTE, CONSPIRATRICE ET RÊVEUSE DE TRÔNE CAMOUFLÉE ; RAHJAK ; 95
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22 avril 2118

Elle sait bien qu’au moindre faux pas, le roi risque de réclamer sa tête. Irina côtoie depuis trop longtemps ce fou pour ignorer sa manière de penser. Pourtant, son oncle, il est aussi très imprévisible. Il ressemble à un dragon malade qui ne supporte pas l’idée de perdre une pièce. L’or, précieux, sur sa tête, représente tout ce qu’il chérit réellement en ce monde. Peut-être même qu’il assassinerait son propre fils si cela lui garantit le trône. Voilà contre quoi la princesse doit se battre. Voilà le monstre qu’elle doit anéantir, pour son père d’abord, pour le royaume ensuite. Elle caresse la vengeance du bout des doigts depuis une éternité et ne peut s’en défaire. Elle respire cette ambition dangereuse. Tout ce qui peut lui être utile, elle l’attrape et l’utilise. Et, là, tout de suite, elle pense avoir la main sur quelque chose de rare. Lorsque Caleb est entré dans la pièce, son cœur a manqué un battement. Elle n’a peur de rien, Irina, à part peut-être perdre sa beauté, mais en le voyant arrivé, elle s’est questionné une fraction de seconde sur la suite des événements. L’assassinat ne lui a pas effleuré l’esprit tout simplement parce que c’est trop suicidaire, encore plus de la part d’un des conseillers Naoris. Encore plus de la part de Caleb Hakara, dont elle a si peu d’informations. Il n’est pas celui dont on parle le plus, il n’a pas la réputation d’Harlan, plus hostile envers sa tribu que les autres. Elle ignore trop à son sujet pour prédire quoi que ce soit et c’est ce qui peut être effrayant en lui. Aussi, aujourd’hui, lorsqu’ils se sont croisés, elle n’a perçu de ses traits qu’une neutralité sincère. Comme un homme suspendu sur un fil, préférant le risque de la patience, au risque de l’action.

Elle, c’est l’action qu’elle privilégie toujours, quelles que soient ses formes. Manipulatrice née, elle a toujours su jouer de son rang de princesse épargnée par le roi. En unique cousine des héritiers, elle a pris une place majeure dans la vie de Tasha et d’Isaak, murmurant à celui-ci le nécessaire pour qu’un jour, ses ambitions prennent le dessus sur son père. Il n’y a vraiment que Deyman qui l’exaspère, mais soit. Elle ne peut pas le sauver de lui-même.

Une entente est toujours possible, elle y croit. Elle a entre les mains assez d’information pour savoir que c’est possible. Et, plus tard, elle espère bien être la dirigeante d’une tribu aussi respecté que craint. En tant que reine, elle compte bien mettre de l’ordre dans tout ça, mais elle ne peut pas reprocher au Roi de préparer le pire envers ceux qui sont un risque pour lui. Si Irina est habituée à jouer les belles plantes, elle ne se cache pas face à Caleb, offrant alors tout son sérieux sur un plateau d’or. C’est une zone de paix dans laquelle ils se trouvent tous les deux, l’occasion parfaite pour parler. Pour laisser échapper le plus intéressant. À chaque parole prononcée, elle scrute la réaction sur le visage impassible du conseiller. Il ne laisse absolument rien transparaître, il est doué. Elle arrive pourtant à l’imaginer, féroce, devant sa cité, à protéger les siens comme le plus grand des guerriers. C’est une qualité appréciable, car elle-même peut se montrer destructrice quand il s’agit de défendre les siens. Il garde ainsi son calme, approuvant ce qu’Irina lui dit. Oui, ceux qui sont responsables, doivent être punis. Il agit sans savoir, peut-être ne sait-il pas d’ailleurs, alors inutile de trop trainer sur la question. De toute manière, ce n’est pas elle qui risque de les accuser, mais le roi. Et là, elle craint pour leur vie, vraiment.

« Je ne suis pas Reine, en effet. » En même temps, personne ne l’a jamais été et c’est une triste réalité. Cela la frustre et en même temps, l’encourage. Elle veut être la première, mais Caleb n’a pas à le savoir. Elle est pourtant la fille du roi légitime, celui qui a été assassiné par son propre frère. Elle est et sera toujours, celle qui devrait diriger ce peuple qu’elle chérie tant. « Je vous écoute. » Dit-elle sans craindre quoi que ce soit. Oui, si demain le Roi apprend cette visite, les choses pourraient mal se passer. Avec un peu de chance, aucun des esclaves présents ce soir n’a réellement conscience de qui il est. Ils diront simplement qu’un autre homme est venu sous la tente de la princesse… Une femme comme un autre, faible face au désir charnel des hommes.

Soudain, elle se redresse à la mention de Tasha. Inutile de cacher son lien, fort avec la plus jeune. Il est vrai qu’Isaak et Arkhip ne voudrons rien entendre sur la paix. Ah non, c’est un mot bien trop faible ça. Et, effectivement, Tasha représente un espoir. Que les Naoris – ou même juste Caleb – y pensent, alerte Irina. Elle sait déjà que son propre peuple voue à la jeune princesse une belle admiration, mais Tasha est encore trop jeune. Pas assez préparer à ce monde de politique. Elle écoute pourtant le conseiller jusqu’au bout, car ce n’est pas nécessaire de l’arrêter quand il est si bien parti. Elle voit où il veut en venir. Partir sur un traité secret, ou les deux princesses pourraient essayer d’instaurer la paix ou, dans le pire des cas, prévenir les Naoris en cas de guerre afin d’épargner ses pauvres pacifiques d’une mort écrasante. Elle ne peut pas lui reprocher de vouloir protéger les siens, tout comme elle sait parfaitement que les Naoris seraient capables de trouver des alliés bien plus facilement que les Rahjaks. Une guerre causerait trop de mort et Irina est bien prête à tout faire pour éviter qu’une chose pareille arrive.

« Des possibilités ? » Elle arque un sourcil, puis se met à rire. Un rire clair, envoûtant presque. Pourtant, il n’y a rien de drôle, mais s’il dit ça, c’est qu’il sait. Il sait qu’elle vise la couronne, Irina. La princesse reprend ensuite son sérieux, glissant de nouveau son regard vers Caleb. « Tasha est bien trop jeune pour avoir la moindre influence sur son père ou son frère. Le roi continue de la voire comme une enfant et ne l’autorise pas à prendre part aux différents réunions royales. Je sais pourtant que la paix est tout ce qu’elle désire. Je n’ai pas besoin de la convaincre de quoi que ce soit, son cœur a toujours été pure. » Et ce qu’Irina veut protéger. Elle veut conserver cette innocence et ce regard si naïf sur le monde, parce que c’est trop rare. Tasha est comme un ange née dans les enfers du désert. Elle est précieuse. Pour Irina et pour le peuple également. « Je ferais de mon mieux pour parler à mon cousin. En ce qui concerne le roi, je ne peux rien promettre. Parlez-lui de paix et il vous collera l’étiquette d’espion sur le front. » En revanche, si Isaak décide d’en parler, peut-être que cela jouera en sa faveur. Une petite dispute entre père et fils qui se fini dans le sang, voilà qu’elle trouve avantageux. Elle se penche alors légèrement vers lui, comme si la proximité pourrait lui permettre de mieux le cerner.

« Je ne vous cache pas que notre problème à tous, c’est le Roi. Il est le seul frein à cette paix dont nous avons besoin. » Paix qu’elle pourrait apporter, sur le trône. « Nos peuples ont toujours été radicalement différents, mais cela ne veut pas dire qu’ils doivent toujours être en guerre. Je sais ce que les autres pensent de nous. Je sais également que ma tribu est une tribu entièrement gouvernée par des hommes qui aiment trop souvent montrer qu’ils sont les plus forts. Je ne vais pas vous parler en énigme et vous laissez dans le doute. Sachez que le trône m’appartient de droit. Je compte bien changer les choses et prendre la couronne qui appartenait à mon père. » Le silence, alors, ne laisse entendre que le sable dehors qui se laisse emporter par le vent un peu trop fort. Ici, ils sont bien, confortablement installés, dans un entre-deux qui n’appartient désormais qu’à eux. Une bulle de paix qui est, quelque part, très libérateur. Elle sait qu’elle doit faire attention à ce qu’elle dit, mais elle sait aussi que ça ne sert à rien de ne pas dire ce qui doit être prononcé.

« Je tâcherais de vous aider, Caleb, car la paix est également mon objectif. » Aucun mensonge ne sort de sa bouche tant elle veut, à ce moment précis, scellé ce nouveau lien. Il veut défendre sa communauté, elle aussi. « Et si le Roi se laisse porter par ses ambitions belliqueuses, vous pourrez également compter sur mon soutien. » Un oiseau travers le désert bien plus vite qu’un cheval, comme il le dit si bien…


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Irina & Caleb

Il est vrai que d'apparence tu n'as rien de ceux qui agissent sans réfléchir. Si la réalité est tout autre tu aimes à conserver cette impression, offrant des conseils plus que des actes tu es juste capable de bien cacher ton jeu. Tu es le conseiller qui reste en retrait, celui qui sait des choses qu'il se garde bien de dire, mais aussi celui qui n'a rien dit aux siens de sa venue ce soir. Quand ils l'apprendront tu as bien peur d'être celui auquel on fait la morale pour quelques minutes avant d'écraser l'arrêt du. nez en se disant que ce qui est fait est fait. Peut-être Rowena sera-t-elle plus discrète, secouant la tête d'un air peu approbateur mais sans esclandre, quant à Harlan, c'est de lui que tu redoutes le plus de réaction. Vous n'êtes plus des enfants et tu le sais, cette rencontre tu l'as réfléchis autant que tu l'as appréhendé mais le ciel gronde, il n'y a pas besoin d'être aveugle pour se rendre compte des tensions qui éveillent le monde, des non-dits, des regards à peine dissimulés de haine même sur les étales du marché en cette journée. La paix bénéficie à tous mais les Rahjaks voient leurs coutumes d'un bien trop bon oeil pour qu'ils vous voient en alliés et pas en esclave. C'est pour cette raison que tu n'as que peu traîner dans les rues aujourd'hui, profitant des étales pour ce qui s'y trouvait avant de te perdre dans le sable brûlant quelques heures.
Tu es un beau parleur Caleb, mais il n'est un secret pour personne qu'en dehors des Naoris, tout être humain est vue comme un potentiel trouble pour les tiens. Rahjaks en tête de liste.
Tu es ici parce que l'âge parle en ta faveur, tu sais qu'il y a des moments dans la vie où un petit sacrifice vaut mieux qu'une lance entre les deux yeux.

Alors tu le remarque, le changement d'expression sur son visage lorsque tu évoques la jeune Tasha, princesse silencieuse qui semble ne pas appartenir à la même famille que le Roi fou. Évoquer des noms aide parfois à cerner un peu plus les interlocuteurs que l'on a en face de soit et tu ne peux que te dire que la plus jeune des Draghsteel est un atout de force... Quelqu'en soient les possibilités.
Son rire, tu ne sais trop comment le placer, moquerie? Habitude? Elle ne semble pas se jouer de toi mais tu restes sur tes gardes quoique tu n'essaies de te montrer le plus à l'aise possible, tu n'en restes pas moins un ennemi sur ces Terres désolées... Il en faudrait bien peu, un claquement de doigt peut-être, pour qu'elle ne rappelle ses gardes si elle te trouvait trop menaçant.

 «Les enfants grandissent... Ils grandissent bien trop vite. »
Il ya. une pointe de nostalgie au creux de ta voix, tu repenses à ton apprentie, jeune et dont le coeur est bien plus ouvert que le tiens. Elle représente ton meilleur espoir en tant que mentor, elle est l'image de ta fille, cette enfant qui elle, ne grandira jamais et quelque part la simple idée te tords les boyaux. Même ici. Tout le temps. C'est un fantôme que tu ne peux ignorer.  «Je n'ai que peu confiance en Isaak Draghsteel... Pour ne pas dire aucune. Il n'est plus un enfant et s'il peut prendre des décisions, j'ai bien peur qu'elles ne soient avant tout dirigées dans le même sens que le Roi... Le contraire serait étonnant compte tenu de son statu social... » Plus que n'importe qui, l'héritier est en danger face au roi, à l'image des lions il ne lui faudrait pas longtemps pour faire un faux pas et être rattraper au tournant par Arkhip. Même si le prince voulait décider, s'il voulait remettre de l'ordre, il ne le pourrait pas. Quoique tu ne sois pas certain qu'il ne le veuille vraiment, la place lui est toute réservée, ce serait bien trop y risquer que de changer son fusil d'épaule.

Cependant, son honnêteté et sa franchise sont aussi agréables à entendre qu'ils sont honnêtes. Tu laisses le silence s'installé, seuls tes yeux la fixe à la recherche d'un quelconque signe de mensonge qui n'apparaît pas : La jeune femme veut ce trône, elle respire l'envie d'être à la tête des siens et quoique tu ne saches que ce rêve est sans doute précipité, trop haut pour ne femme dans leur société, tu peux au moins lui donner cette victoire là qu'est l'ambition. Tout en espérant qu'elle sache où sont les limites sans quoi elle mettrait son beau minois bien en danger face à un dragon qui a le feu facile.
 «Vous m'en voyez comblé. » Tout soutien est bénéfique, tant est que ces mots ne soient pas fumée qui se retrouverait aux oreilles du roi fou le lendemain au petit jour. Mais tu as foi en son honnêteté, tu veux croire qu'il y a des alliances possibles, parfois, même avec les fauves les plus féroces. N'es-tu pas celui qui enfant, a apprivoisé une panthère? Un léger sourire semble se glisser sur tes lèvre, infime sur ce visage de marbre, dur et froid, marqué par le temps.  «Votre tribu aurait grand besoin des conseils de celles qui ne peuvent prétendre au trône. Croyez moi. » Rowena en est la preuve, elle est le pilier central de votre conseil à la fois fragile et tellement solide, tu lui offrirais bien des égards si on te le demandait. Elle est votre voix et votre réflexion. Voilà qui manque au peuple du désert ; Ils n'ont qu'une voix menée par le désir de l'or et la paranoïa. Ça ne pourrait durer éternellement.
 «Quant à ma venue ici... Je pense que vos hommes ne se souviendront ni de mon visage... ni de mon nom. » Alors qu'elle laisse courir les rumeurs, l'homme n'est pas un animal à se souvenir des détails, on se rappellera d'un homme portant une capuche, peut-être pourra-t-on mettre un âge sur ton visage mais lorsque tu disparaîtras, il ne faudra que quelques jours, quelques heures pour certains, pour oublier la simple couleur de tes yeux.
L'humain n'est pas dans les détails après tout.
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22 avril 2118

Bien entendu que c’est une surprise de le voir là, assis juste en face d’elle, son regard dans le sien. Elle réalise à quel point Caleb n’est pas un conseiller comme un autre. À quel point il fait preuve d’un certain recul avant d’agir. Elle ne saurait dire ce dont il est capable et elle n’a pas certaine d’avoir vraiment confiance en lui, mais elle sait que ses objectifs sont sincères. Qu’il n’est pas là par courtoisie. Etre là, c’est peut-être bien un sacrifice à ses yeux. Ce n’est pas facile de faire ce genre de pas en avant et ça, elle le concède. Il a la force de pénétrer sa tante, la tête sur les épaules et les mots dans sa poche. C’est la paix que le Naori vise. C’est dans leur sang, en quelque sorte, même si Irina doute qu’ils soient tous si pur. Elle sait bien que les hommes sont facilement corrompus par d’autres choses que l’illusion de la tranquillité. Il y a de l’ambition en chacun, de l’arrogance, des désirs qui parfois poussent à l’extrême. Étrangement, elle ne voit pas dans le regard de Caleb ce qui, souvent, se trouve dans les yeux de ceux qui ont Irina en face. Il n’y a pas en lui de volonté de savourer sa peau ou de sentir ses lèvres. Il n’est là que pour une chose et elle admire un homme capable de se concentrer sur l’essentiel. Elle n’est pas certaine que la conversation aurait pris ce genre de tournure avec les deux autres conseillers. C’est parfois les plus discrets qui savent le mieux comment agir pour le bien de tous. En Caleb, elle aperçoit une relation qui peut grandir et être renforcer. Quelque chose, en tout cas, de viable et de puissant.

Mais Irina n’est jamais facilement convaincue et si elle sait faire la conversation, son esprit ne cesse d’imaginer la suite des évènements. Comment faire, demain, si le Roi déclare la guerre ? Le sang va couler, c’est certains. Beaucoup trop de vie seront perdus à cause du caprice d’un roi fou. Hors de question que sa cité perd de sa splendeur pour des futilités. La guerre n’est pas toujours la solution pour la victoire.

La réputation dépasse les frontières du dessert. Irina le perçoit maintenant, plus qu’autrefois. Et si les enfants grandissent vite, comme il le souligne, cela ne veut rien dire. Elle n’est pas faite pour le trône et elle ne mérite pas le trône – pas parce qu’elle est incompétente, mais parce que ce n’est pas une vie pour elle. Ce n’est pas un leader. Ce n’est pas quelqu’un qui a la force de diriger une armée ou un peuple. Non, Tasha n’a pas besoin de couronne. Quant à ses frères, c’est autre chose… Le Roi se fiche sans doute de son ainé, il croit pouvoir régner encore des décennies. Pourtant, Isaak pourrait bien renverser le pouvoir à sa manière et prendre ce qui lui est dû depuis toujours… enfin, ce qu’il pense lui être dû, car ce trône appartient à Irina. Chose qu’elle n’a pas peur de dire à Caleb, car elle sait que c’est un rêve qu’il doit connaitre. Un conseiller parle sans doute à ses confrères. Elle ne fait donc que valider ce qu’Harlan aura sans doute suggérer. Elle ne craint pas les flammes du vieux dragon qui s’impatiente en haut du palais royal. Elle trouvera une solution à ce problème.

Ce n’est qu’une question de temps avant qu’il laisse échapper son dernier souffle amer et que vengeance soit faite.
Elle croit apercevoir un sourire sur son visage, mais elle ignore si c’est le cas ou si c’est une illusion. Peut-être est-il capable de sourire, peut-être un jour l’entendra-t-elle rire. En tout cas, elle se sent charmé par ses paroles. Oui, les Rahjaks sont aveugles et auraient besoin de lumière. Ils auraient besoin d’entendre la voix des femmes qui dirigent en discrétion le pouvoir si facilement exploité par les hommes. Elle se lève alors, car il doit partir. Il doit s’effacer…

« Et c’est mieux ainsi. » Elle le salue discrètement et royalement, posant sur lui un dernier regard et des mots qu’elle murmure dans l’obscurité. « Soyez vigilant durant votre retour. Il y a parfois la nuit, des créatures plus dangereuse que des dragons. »



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Sun won't rise for our morning, you cant come back from the dead. - Irina -

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