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˜˜˜˜˜˜I'm looking for someone to share in an adventure. (Einar)
maybe life should be about more than just surviving


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Emilia Cohen
10/08/2018 Thinkky Rowena Chakraan/Eris Garfagnini 64 Cate Blanchett ava (c) HOODWINK Chirurgienne - Education / Herboristerie / Médecine. 14
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I'm looking for someone to share in an adventure.
One way or another, I'm gonna see you
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Le regard se portait vers l’horizon, vers ces plaines balayées par un vent léger, une brise loin de pouvoir emporter la moindre clôture, ou le moindre arbre. Tout cela était bien différent de ce qu’Emilia avait pu voir il y avait quelques mois, quand la nature s’était pour de bon déchaînée sur la Terre. C’était étonnant, intriguant, effrayant de se sentir si inutile, si impuissant. Elle, ce n’était pas la première fois qu’elle avait cette émotion dans le creux de son estomac. Avant, il y avait eu Noah, quand ils étaient encore là-haut. Noah et sa maladie incurable, Noah qui s’était fait éjecter de son plein gré, qui l’avait laissée seule. Puis ce fut le tour de Liam, de son emprisonnement, de son refus de la laisser s’approcher. Sauf que tout cela n’avait touché que son environnement personnel, et elle avait pu gérer la chirurgienne. Elle s’était plongée dans le travail, pour oublier, pour relativiser. Non, ce n’était pas la même chose. En fait, l’intensité du ressenti, ça lui rappelait la chute de l’Odyssée, devenue incontrôlable au fur et à mesure qu’ils se rapprochaient de la tête. Emilia, elle n’avait pas compris de quoi il en retournait, jusqu’à ce qu’une partie ne se détache, que des vies humaines disparaissent dans un évènement qui la surpassait.

Aujourd’hui, ils avaient déménagé. Une aubaine pour elle d’un côté, se rapprochant de son fils mais quittant aussi des lieux d’un atterrissage plus ou moins traumatisant. Oui, il était temps de passer définitivement à autre chose. Elle se l’était répétée, retrouvant une certaine sérénité derrière son masque de froideur. Puis la tornade, le cyclone avait tout balayé. En fait, rien que le nom était sujet à débat. Dans l’espace, ils avaient bien des livres électroniques relatant les phénomènes météorologiques sur terre, comme se former la pluie, ce genre de choses. Mais ça ne l’avait jamais vraiment intéressée, elle qui était plus portée sur les êtres humains que la Nature. Elle avait bien tenté d’écouter les explications de certains autres odysséens, entre deux blessés à soigner, mais elle avait bien vite décroché.

Finalement, elle n’avait pas pu se poser réellement depuis leur arrivée catastrophique. La femme avait l’impression d’enchaîner les déconvenues, même si récemment, des relations s’étaient tissées avec les grounders les plus proches. Peut-être qu’un jour, chacun trouverait sa place dans ce monde refaçonné par les bombes… Elle y croyait Emilia, malgré quelques pensées qui venaient troubler son idéalisme. Elle revoyait ses cours d’histoire, il y avait plus de trente ans, ces moments où on leur apprenait le passé, les guerres, les inventions. Ce n’était qu’une ou deux heures par semaine, car pas prioritaire dans l’éducation des enfants, mais ça l’avait quand même marqué. Les Hommes n’avaient jamais su faire la paix. Cependant, sans foi, sa vie s’écroulerait. Alors, elle continuait de s’accrocher Emilia, trop utopiste pour la vieille personne qu’elle était. Quarante-quatre ans, ce n’était pas rien…

« Emilia ? » Une voix brisa le silence, la fit sortir de ses pensées. Combien de temps y avait-elle passé ? Qu’importait. Les doigts retrouvèrent leur dextérité, les points de suture furent expédiés, facilité déconcertante pour celle qui en avait fait son métier voilà presque vingt ans. Elle adressa un sourire calme à la famille du patient, se redressa dans la foulée. Elle en avait terminé pour aujourd’hui, et le soleil pointait à peine le bout de son nez. Alors, elle hésita Emilia, quelques secondes, quelques minutes. Une part d’elle avait besoin de prendre la fuite, de s’éloigner un peu, pour souffler, mais aussi car sa réserve de plantes ne cessait de diminuer, et que refaire le plein devenait urgent.

Alors, elle prit une décision : partir faire une récolte. Oh, normalement, elle ne devrait pas trop s’éloigner, même si la chirurgienne avait pris de quoi subvenir à ses besoins pendant quelques jours, et dormir à la belle étoile, au cas où. Le monde était violent, le monde était imprévisible, et Emilia ne pouvait pas fermer les yeux là-dessus.

Quelques paroles furent échangées autour d’elle, pour prévenir de sa disparition dans les heures à venir. Elle n’avait pas envie d’inquiéter quiconque au campement, alors c’était la meilleure des marches à suivre.

**

Rapidement, elle se glissa sur la plaine, laissa le vent jouer de ses cheveux encore blonds. Une profonde inspiration fut prise, elle qui goûtait à la liberté, se détachait pour une fois des autres êtres humains qu’elle côtoyait. C’était à la fois effrayant et grisant. Et elle continuait, passant autant de temps les yeux rivés vers le ciel que vers le sol, évitant les coins réputés comme hostiles ou au moins méfiants. Ce n’était pas le moment de s’aventurer trop près d’un campement ou d’un village. Pas avec les avancées qui avaient lieu.

A force de ne pas regarder devant elle, Emilia, elle finirait par tomber sur un os. Enfin, dans le meilleur des cas…


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Einar Helgusson
11/08/2018 Electric Soul Harlan Tikaani & Kayden Elwood 758 Chris Hemsworth Lux Aeterna ♥ & bat'phanie Commerçant de bois bleu | Navigation & Artisanat Iskaar 902
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Il a toujours aimé l'été, Einar.

Peut-être parce que c'est sa saison. La saison belle et douce, quand les températures sont clémentes, quand l'île gelée se colore sous la végétation verdoyante et éclatante. Quand les enfants peuvent jouer dehors et que le village semble croquer la vie à pleine dents, au fond. Et puis y'a ce soleil, qui s'étire à l'infini sur l'horizon, qui réchauffe des os qui ont connu un hiver trop long, bien trop, qui hâle la peau, qui pousse les gens à sortir. Les Iskaars, c'est un peu des marmottes, qui s'enterrent dans leurs terriers tout l'hiver durant et ne refont surface qu'au printemps. Et Einar ? Par les Anciens, il n'a pas hâte de retrouver la saison fraîche, qui veut déjà planter ses dents dans leurs mollets. Non, Einar, il va profiter de l'été autant qu'il peut. Et peut-être qu'il devrait se sentir un peu mal de quitter son île pour ça, juste parce qu'il a envie de profiter du temps clément, mais il se dit qu'il peut se le permettre de temps en temps. Hannah est chez Ayiana, Klara est désormais adulte et peut techniquement faire ce qu'elle veut de sa vie. Marchandises déjà vendues, Einar ne fait que traîner un peu sur le continent, parce qu'il le peut.

L'herbe verte caresse ses mollets, et là-bas, au loin, il peut voir les champs s'étendre. Le blé est déjà récolté, mais c'est bientôt le tour des vignes, et Einar a à moitié l'idée de proposer son aide, contre quelques marchandises. Un métier saisonnier, il n'en a plus fait depuis un moment, mais l'idée n'est pas déplaisante. Pour être honnête, il n'y a probablement pas meilleur vin qu'ici. Les terres iskaars sont trop pauvres et fraîches pour le fragile raisin et même si Einar est clairement un amateur de vodka et d'eau-de-vie, il ne dit jamais non à un pichet de chez les Pikunis. C'est un des plaisirs qu'on peut se permettre, en auberge.

Ah, les Pikunis. Il a songé à les rejoindre, un temps, quand il pensait qu'il devrait quitter l'île pour élever Hannah, loin des préjugés de son peuple sur sa couleur de cheveux. Aujourd'hui encore, quand les murmures se font trop insistants, il songe à hisser les voiles, emmener ses filles et juste partir. Partir loin. Chez les Athnas, chez les Pikunis, peut-être plus loin encore. Peut-être loin du continent, même, trouver un autre endroit, une autre civilisation. Jeune, il aurait tout donné pour explorer le monde. Les Kovariis, aux confins de leur monde connu, l'attiraient, avec leur exotisme, leur terre sauvage et étrangère. Mais c'était bien avant les disputes incessantes et la réalisation que non, clairement, il n'était absolument pas fait pour vivre dans une société matriarcale. Non, plus jamais il ne mettrait un pied chez les Kovariis. Et d'ailleurs, les murmures sur leur île la déclarent inhabitable, désormais. Ce n'est pas comme si Einar était particulièrement pressé de vérifier ces dires. Il a eu assez de moustiques, chaleur étouffante, alligators et autres serpents qui font coucou dans le lit au beau milieu de la nuit pour toute une vie. Il reste marqué du souvenir de sa crédulité de jeune amoureux transi qui pensait que sa dulcinée avait une envie soudaine d'action, en être tout émoustillé – et à moitié endormi, certes, mais ça réveillait bien, cette idée –, pour en réalité être en train de se faire amoureusement enrouler par un boa constrictor tandis que son aimée, elle, dort tranquillement à côté sans rien subir. Pourquoi le serpent l'avait choisi, lui ? Aucune idée. Mais Einar avait pu se venger en grillant le serpent sur un feu quelques heures plus tard. C'était pas mauvais. Ça avait un de poulet. Mais la vengeance, oh, la vengeance avait rendu le tout bien plus doux.

Restait que le monde était vaste. Et qu'Einar n'en connaissait qu'une petite partie, somme toute. Ils auraient à gagner à explorer, à tenter de partir sur des terres plus lointaines. Mais malgré tout, il y a toujours quelque chose qui le rattache à son île. Sa famille, ses filles. Il y retourne toujours, au final.

Un soupir s'échappe de ses poumons. Le vent se lève. Ses affaires finies, la décision sage serait de rentrer, il ne peut pas abuser de la gentillesse d'Ayiana éternellement. Mais son regard reste irrémédiablement tourné vers l'horizon, le soleil, les champs.

Peut-être aveuglé par le soleil, il met un temps à réagir avant de remarquer la silhouette blonde non loin de là. Une Pikuni égarée ? Une solitaire ? La dégaine a quelque chose de différent, les vêtements aussi. Peut-être qu'il s'imagine tout ça, Einar. Il devrait rentrer.

La curiosité a toujours été un vilain défaut.

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'Mésaventure (Terre)' :

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Emilia Cohen
10/08/2018 Thinkky Rowena Chakraan/Eris Garfagnini 64 Cate Blanchett ava (c) HOODWINK Chirurgienne - Education / Herboristerie / Médecine. 14
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Ce n’était peut-être pas la meilleure des idées, que de partir seule sur une Terre qui leur restait encore en grande partie inconnue, et surtout capricieuse. Le cyclone d’il y avait quelques mois en était la preuve : tout pouvait basculer en quelques heures, quelques jours. Et aujourd’hui, ils n’avaient plus les infrastructures qu’ils avaient pu avoir à une époque, avant que la guerre ravage cette Terre, et qu’eux soient exilés dans le ciel. Il y avait toujours les explications de l’énergie et de son utilisation, de comment ils vivaient, avant que tout ne dérape. Curieuse, Emilia s’était renseignée avant de débuter ses études en médecine, puis elle n’avait plus eu le temps, avait laissé cela aux ingénieurs et autres scientifiques, même si elle ne comprenait pas l’intérêt qu’ils auraient eu à anticiper les mouvements atmosphériques. A moins que ceux-ci aient un quelconque impact sur l’environnement dans lequel ils évoluaient là-haut. Finalement, les questions se bousculaient à présent dans l’esprit de la chirurgienne, quand ils n’étaient plus occupés par les patients, par les blessés attendant d’elle un miracle. Quand elle était seule, elle divaguait, elle se glissait dans de nouvelles préoccupations, de celles impossibles quand le monde attendait d’elle un médecin, et rien d’autre. Heureusement qu’elle pouvait encore se ménager ce genre de pauses, loin des autres, que son corps lui permettait toujours de marcher. La vieillesse n’avait pas encore tout à fait eu raison d’elle…

La silhouette, elle mit un temps à la percevoir. Au début, ce n’était qu’une masse lointaine, attribuable à un animal quelconque, et Emilia avait appris à ne pas faire attention à ce genre de détails. Pour autant, elle s’éloigna de la possible trajectoire de la chose, pour éviter de se faire embrocher par la nature sauvage. Pourtant, au fur et à mesure, son cerveau lui signala que l’animal marchait un peu trop droit, et la démarche apparaissait bien plus humaine qu’elle ne l’aurait pensé au premier abord. Alors, elle ralentit, doucement. Elle laissa ses pupilles s’attarder sur ce qui apparaissait être un homme. Terrien. Mais de quelle tribu ? A vrai dire, Emilia, elle n’avait que peu eu de contact avec l’extérieur du camp depuis le déménagement, les blessés s’accumulant, et les moyens manquant très clairement. Puis, avec la tempête, même si les siens ont été peu touchés, ils avaient eu d’autres soucis extérieurs…

Mais trêve de pensées, de réflexions aussi absurdes, il serait peut-être temps de pratiquer la langue terrienne, en demandant à l’inconnu ce qui l’amenait près d’ici, ou s’il venait de loin. Des petites discussions en somme, même si son habilité à communiquer était proche de zéro. Enfin, ça, c’était dans le cas où tout se passait comme il fallait.

Et rien ne se passa comme il fallait.

Ce n’était pas un tremblement de terre qui les emporta, mais littéralement le sol qui s’ouvrit sous leurs pieds. Eboulement de pierres sur les parois, l’eau infiltrée dans la terre en grande quantité à cause du dernier cyclone ayant mené à ce que le sol disparaisse. C’était étonnant. C’était inattendu. Et elle n’eut même pas le temps de réagir que le corps chutait.

Contact avec le fond, tête frappée face contre terre, l’empêchant de réfléchir de trop, ou de faire attention à ses blessures. Lentement, elle se retourna, s’obligea à prendre de profondes inspirations, jusqu’à ce que les pupilles s’attardent sur la distance avec l’air libre. Trop haut, trop loin… Elle ne pourrait pas escalader la paroi, tout son bon sens le lui hurlait. Elle n’en avait déjà pas les capacités physiques en temps normal, mais maintenant qu’elle ne pouvait pas assurer du bon fonctionnement des membres de son corps, ce n’était même pas la peine d’y penser…

Les extrémités se bougèrent, comme pour s’assurer que tout était opérationnel de ce côté-là. Elle ne ressentait guère de douleur, mais savait aussi que ce jugement pouvait être biaisé. Pendant les prochaines minutes, se fier à ses ressentis relèverait de la folie. Cependant, l’ouïe semblait capter un bruit, un mouvement et la tête se tourna, les pupilles cherchèrent. Ce fut là qu’elle perçut les galeries courant non long, en plus de la silhouette de l’homme. Au moins, elle n’était pas toute seule dans sa galère. Même si l’autre ne devait pas vraiment en avoir envie. « Vous êtes tombé aussi ? Vous êtes blessé ? » Elle essayait Emilia, elle essayait réellement, de se souvenir de ce qu’elle avait appris. Mais dans ses propos se mêlaient anglais et trigedasleng. Incapable de parler correctement, elle espérait juste s’être fait comprendre, alors que la poussière s’infiltrant dans ses poumons l’obligeait à tousser pour s’en débarrasser, au prix de quelques douleurs…



Lancer de dés pour les blessures ::
 

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'Dés' : 6

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Einar Helgusson
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Tu as toujours associé la terre à quelque chose de solide, de stable, de généreux. Toujours en opposition à la mer, fougueuse, changeante, qui prend parfois plus qu'elle ne donne. Tu as toujours travaillé avec les deux, tirant le bois bleu du sol gelé de ton île pour l'acheminer via la mer à l'île principale. Mais c'est toujours les eaux azurées et anthracites qui ont eu ta faveur, malgré tout. Elles sont synonymes pour toi de liberté, d'aventure. Baigné par leurs cris et leurs murmures depuis le berceau, tu as toujours songé que, étrangement, tu maîtrisais davantage la mer que la terre.

Et aujourd'hui ? Alors que, sans prévenir, le sol se dérobe sous tes pas, sans crier gare, sans signe avant-coureur, tu ne peux t'empêcher de penser que le sol est traître. Qu'il devrait te soutenir, au lieu de s'effondrer sous toi, non, c'était pas comme ça que ça fonctionnait ? Ton coeur se soulève, un instant, sous la sensation de chute, et tu cherches à garder l'équilibre, à te saisir d'une chose, n'importe quoi, pour tenter de te raccrocher à quelque chose de solide.

Mais non, les pierres glissent, les racines s'arrangent, la terre gorgée d'eau qui se fait plus glissante au fur et à mesure. Tes mains s'écorchent sur les parois, et tu te rattrapes mal sur ta cheville. La douleur soudaine et irradiante te fait lâcher un juron sourd. La terre continue de tomber, et tu es un instant aveuglé. Tu tousses, dans cet air qui pue la terre fertile, les champs, le compost – tout ce que vous n'avez pas chez vous. Tes yeux se promènent sur ton environnement, enfin, et tu vois ces galeries comme si elles avaient été creusées par des lemmings géants. Le sol est-il tant que ça un gruyère, chez les gens du continent ? Est-ce pour ça qu'ils ont subi le tremblement de terre, que des bâtiments et même une ville, chez ceux du désert, se sont effondrés ? Tu as tellement raison de préférer la mer. Au moins, on ne s'attend jamais à ce qu'elle soit toujours placide.

Tu grognes et tentes d'avancer dans ce labyrinthe dans lequel tu n'as aucune confiance. La douleur te lance, dans ta cheville, et tu fermes les yeux et serres les dents. Après quelques secondes, tu vérifies rapidement son état en palpant légèrement. Pas de fracture, du moins, tu ne penses pas, mais une entorse, certainement. Ça va être agréable de rentrer sur l'île en boitant, dis donc. Tu vas peut-être être bien obligé d'embarquer un matelot pour t'aider.

Tu ne réalises que tardivement qu'il y a quelqu'un d'autre avec toi, sous terre. C'est le bruit de la respiration qui t'aiguille. Tu penses à regarder avec qui tu es coincé plutôt qu'à la sortie car qui sait sur qui tu peux tomber ? La silhouette aperçue plus tôt était celle d'une femme, c'était tout ce que tu avais pu voir, avant de chuter dans cet éboulement aussi soudain que mystérieux. Mais il y a tout aussi bien des hommes que des femmes reapers. Il n'y en a pas, sur votre île, le froid se chargeant bien assez tôt de les tuer, quand l'enfant n'était pas abandonné sur le continent. Mais tu as entendu les histoires des autres marins, et tu sais qu'il y en a, sur le continent. Qu'ils sont fous, déformés, dégénérés, dangereux. Certains conteurs murmurent même qu'ils ont goût pour la chair humaine. Et si tu te retrouves coincé avec ça ? Et bien tu comptes bien tout faire pour te défendre. Pas question de finir comme bouffe pour reaper.

Mais tandis que tes yeux s'ajustent au décor, tu prends conscience de ta compagne d'infortune et de sa situation. Elle n'a pas l'air dangereuse. Honnêtement, elle a l'air plutôt mal en point. Une de ses jambes semble faire un angle qui n'avait rien de naturel, et intérieurement, tu grimaces de douleur pour elle. Elle semble t'apercevoir, elle aussi, et sa voix résonne entre les parois en un mélange bâtard de gonasleng et de trigedasleng. Un accent clairement étranger, peu familier avec votre langue maternelle, pas un terrien faisant un effort pour parler gonasleng. Une femme du ciel, donc, qui essayait de communiquer. Tu n'es jamais tombé sur l'un d'entre eux sur ton île – comment le pourraient-ils, sans bateau – mais tu en as aperçu quelques uns, de loin, quand les contes des marins et autres rapports de seconde-main ne te suffisaient plus. Mais c'est la première fois que tu parles vraiment avec l'un d'eux, n'ayant jamais trop voulu tenter de commercer avec eux. Tes a priori se sont adoucis, avec le temps, mais tu la considères avec un peu de méfiance tandis que tu approches et l'observes plus attentivement. Elle est plus âgée que toi, donc elle ne fait probablement pas partie du premier groupe d'échoués, composé de jeunes.

Ton anglais manque de pratique, ta grammaire est probablement bancale. Tu comprends mieux que tu ne parles et tu n'as jamais beaucoup aimé le gonasleng, de base. Tu peux te débrouiller, mais tu es certain que tes propos doivent être approximatifs tandis que tu lui réponds :

« Tombé aussi. Pas très blessé. » Juste une douleur à la cheville, ce n'était pas énorme. Gênant pour un moment, et tu ne pourrais peut-être pas travailler comme d'habitude, mais tu saurais te débrouiller. « Toi ? Jambe ok ? »

Tu hésites un instant avant de tendre la main pour l'aider. « Debout ? » proposes-tu, espérant te faire comprendre.

Plus vite vous arriveriez à vous redresser, plus vite vous arriveriez à sortir de là.

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Elle aurait bien pesté, insulté une quelconque entité supérieure, si seulement elle avait été croyante, pour ce qui arrivait aujourd’hui. Sauf que ce n’était que la planète, la Nature, qui décidait de faire des siennes, une fois de plus. Après un tremblement de terre, un cyclone, pourquoi pas un éboulement… Par-dessous ? Etait-ce seulement possible ? Emilia n’avait pas de diplôme ou d’intérêt particulier à en savoir plus sur la terre et son fonctionnement, pourtant, elle doutait fortement qu’une telle chose soit possible. Du moins, sans qu’il y ait des galeries ou des infiltrations en-dessous. Ce phénomène devait avoir un nom particulier, et il lui faudrait certainement se pencher dessus. Si elle s’en sortait. Car au vu du vide qui s’étendait au-dessus de sa tête, de ce que son regard voyait et son cerveau comprenait, elle risquait d’avoir du mal à grimper le long de la paroi. Pour un peu, elle en rirait de la situation, si elle ne se savait pas en danger. L’instinct de survie s’était déclenché, en même temps que l’adrénaline, comme pour ralentir l’avancée de la douleur. Moyen de continuer à rester éveillée malgré tout, ne pas s’évanouir dès le début…

Sauf qu’il fallait se rendre à l’évidence, si la chirurgienne s’était inquiétée un instant pour son compagnon d’infortune, qui n’était pas un odysséen, puisque son visage lui était inconnu, et sa tenue n’était pas semblable à celle que portaient les siens, c’était son état le pire. Et l’homme lui confirma assez rapidement qu’il n’était pas trop blessé. Ses pupilles expertes s’attardèrent sur le corps, vérifièrent les propos de l’autre à vue. Vue qui d’ailleurs commençait déjà à se troubler. Ses mains se portèrent à ses tempes, lentement, pour les masser et faire passer le souci de vision. Comme si ça suffisait. Elle n’avait pas encore fait le lien avec son corps, cette jambe fracturée. Si les soins tardaient, l’infection se glisserait sous la chair, et très certainement qu’elle y resterait. Ou allait se retrouver avec des séquelles plus graves qu’attendues. Ca lui apprendra à juste vouloir sortir seule pour chercher des plantes… Dire que normalement, rien n’arrivait jamais dans la plaine, lieu paisible et choisi pour les dernières rencontres avec les terriens… Et voilà où elle en était avec ses présupposés et hypothèses. Pourtant, les faits concordaient avec ses pensées. Il fallait donc rester méfiant face à cette terre, toujours aussi traitresse…

« Ma… Jambe ? » Ce furent les mots qui la poussèrent à se concentrer un peu plus sur elle et ses sensations. Grand mal lui prit puisqu’effectivement, quelque chose clochait. Douleur physique faisant presque plier le mental… Et elle se rattrapa au dernier moment. Elle avait vécu pire. Elle avait vu pire. Certes, sur les autres, et pas sur elle. C’est fou à quel point l’impact pouvait changer, quand c’était sur soi… « Je crois… Cassé. » Et elle continuait de s’embrouiller, d’user des deux langues à la fois. La chirurgienne ne pouvait pas se concentrer suffisamment pour former des phrases correctes dans une langue qui n’était pas la sienne. Déjà que l’anglais commençait à lui manquer… Main tendue, pour l’aider, la guider, et elle tenta de se redresser dans un premier temps. Passer position assise, prendre du temps pour respirer, et espérer que la douleur n’augmente pas, ne lui bouffe pas les dernières onces de raison de son esprit. Ce devait être le plus dur. Puis, quand elle estima que tout fut stabilisé, Emilia entreprit la seconde partie du plan, soit, se mettre debout. En s’appuyant sur la main gracieusement offerte par l’homme, bien évidemment.

Le visage se crispa, et elle se mordit l’intérieur de la joue pour étouffer un juron. Ce n’était pas elle de réagir ainsi. Mais bon, qui réagirait comme d’habitude dans cette situation ? Avec une jambe en moins, et à plusieurs mètres de profondeur. En parlant de ça… Le regard se porta inconsciemment sur le ciel, la terre ferme qu’elle devinait. « Je ne pense pas… Que nous remonter par là. » L’accent était à couper le couteau, définitivement. Il lui faudrait s’entraîner à l’avenir, si elle souhaitait communiquer davantage. Oui, c’était elle qui disait cela. Tout s’apprenait après, même les interactions sociales. « Je suis Emilia. Merci pour l’aide. » Phrases simples et courtes, pour plus d’impact, ou juste pour avoir moins à réfléchir. Disons que c’est la première option, pour la dignité restante chez la chirurgienne…


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Einar Helgusson
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Tu sens le regard de la skaiplan s'attarder sur toi, te jauger, et tu te tends un instant, méfiant, te demandant si elle cherche à déterminer si elle peut t'attaquer, oui ou non, si elle te toise comme un ennemi à battre. Elle peut toujours essayer, mais vu son état et vu sa stature, tu es à peu près persuadé que tu as l'avantage. Mais peut-être ont-ils des techniques traîtres, ces Skaikru. Ils ont des armes qui hurlent comme des arbres qui tombent et crachent feu, poudre noire et métal, après tout. Ils ont causé beaucoup de morts, parmi les tribus sœurs. Et si tout semble aller bien pour le moment, tu sais que le traité ne vous lie pas vous, Iskaars. Et donc ne vous protège pas.

Mais son regard finit par devenir trouble, probablement sous la douleur. Elle a l'air mal, la Skaiplan, mais tu attends qu'elle reprenne la parole avant de vraiment baisser ta garde. Ou du moins, baisser ta garde à un niveau acceptable. Tu ne peux pas totalement faire confiance à ces gens-là – tu ne les connais pas assez.

La Skaiplan a l'air presque surprise d'être blessée à la jambe. Serait-elle blessée à la tête aussi ? Souffrirait-elle d'une commotion cérébrale, qui pourrait expliquer sa désorientation ? Car elle aurait dû sentir cette douleur en premier, non ? Sauf si elle avait eu un choc trop important à la tête, bien sûr.

Elle annonce que sa jambe est probablement cassée et tu émets un murmure d'assentiment. Tu n'es pas guérisseur mais oui, même toi, tu peux voir que c'est assez sérieux. Tu as l'impression que ça gonfle déjà. Ça risque de lui faire très mal, si ce n'est pas déjà le cas. Tu ne sais pas si son usage bâtard des deux langues est dû à un quelconque choc crânien ou bien si c'est juste parce qu'elle ne maîtrise pas assez le trigedasleng pour tout dire dans votre langue maternelle.

Un peu inquiet, tu demandes, en faisant en signe vers ta propre tête, pour mieux faire comprendre le message – on ne savait jamais que tu ne sois pas clair dans tes propos ou que tu te trompes de mot, c'était totalement possible : « Tête, okay ? Blessée ? »

Elle accepte la main tendue pour l'aider et tu supportes la majorité de son poids pour l'aider à se relever. Ça reste un poids plume à côté de toute une cargaison de bûches de bois bleu.

Tu vois qu'elle a mal mais tu ne peux pas vraiment l'aider beaucoup plus que ça, en l'état. Elle lève la tête vers le ciel, vers votre sortie de secours totalement impossible à trouver. Enfin, peut-être que tu pourrais grimper hors de là, en t'abîmant joyeusement les ongles et t'écorchant les mains. Ce n'est pas totalement étranger à ton métier, mais ce serait probablement un peu pénible avec ta cheville et la femme ne pourrait probablement pas sortir seule. Même si tu ne lui dois rien, même si c'est une étrangère, tu n'aimes pas l'idée de la laisser seule dans la merde. Il faut toujours aider ceux qui sont en difficulté, cultiver l'esprit de solidarité. C'est avec ces principes que tu as grandi, et même si tu es loin de l'île iskaar, ça reste une valeur profondément ancrée en toi.

La femme déclare que vous ne pourrez probablement pas remonter par là et tu hoches la tête.

« Hmm, terre trop humide. Pas bon pour grimper. Glisser. » Ton regard retourne au sol, aux multiples galeries. Il faudra probablement trouver votre chemin par là. En voulant désigner une de celles-ci, tu te rends compte avec un temps d'arrêt que tu as oublié de lâcher la main de la Skaiplan et tu lui adresses un sourire d'excuse quand tu t'en rends compte. Tu pointes du doigt les galeries d'où tu es venu, au hasard. « Faut essayer trouver chemin moins profond, plus facile pour monter. »

Elle te donne son nom, Emilia. Tu hoches la tête. Elle te remercie et ça ne devrait peut-être pas, mais cette marque de politesse te surprend un peu. Tu n'as pas fait grand-chose, après tout.

« Einar. » réponds-tu, lui donnant ton propre nom. Tu espères qu'elle comprendra, tu n'aimes pas t'encombrer de trop de formules, surtout dans une langue que ne maîtrises que moyennement. Puis, tu hausses les épaules devant son remerciement. « Normal. Même problème, bête de laisser toute seule. »

En temps normal, tu aurais peut-être dit que vous seriez plus forts à deux, mais en réalité, vu son état, elle te ralentissait plus qu'autre chose, Emilia. Mais bon, tu n'allais pas la laisser juste pour ça, non plus. Tu t'en voudrais tout le long du trajet et tu finirais par revenir en arrière pour l'aider, tu te connais.

Puis, avec un regard critique vers la jambe de la Skaiplan, tu dis, ton catégorique : « Toi as besoin d'un fisa. » Tu cherches un instant le mot en gonasleng, que tu n'utilises pratiquement jamais. Ça remonte tellement loin, ces souvenirs. Ça fait bien vingt ans que tu as appris tous ces mots-là et ce n'est pas comme si tu avais eu énormément l'occasion de les utiliser, depuis. « Guérir ? Guérisseur. » finis-tu avec un air satisfait, trouvant enfin le mot cherché dans les tréfonds de ta mémoire. C'est ta fille qui rigolerait bien de te voir autant galérer. Peut-être devrais-tu vraiment revoir ses cours avec elle. Enfin...non, elle a fini ses cours. Elle est adulte. Par les Anciens, que le temps est passé trop vite, tu as encore du mal à réaliser que ton bébé est adulte.

Puis, réalisant que ça soulagerait probablement Emilia d'avoir le souci de la traduction en moins, tu ajoutes : « Toi peux parler gonasleng. Anglais. » corriges-tu après un instant, ne sachant pas si la débarquée connaît le nom que porte leur langue chez vous. « Plus facile pour toi. Je comprends. Juste pas bien parler. » fais-tu, plus ou moins sur le ton de l'excuse. Juste peut-être en un peu plus bourru. Ton accent ne doit probablement pas être au top non plus mais bon, ce n'est pas comme si il y avait eu des hommes du ciel pour vous corriger là-dessus pendant cent ans, hein.

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Emilia Cohen
10/08/2018 Thinkky Rowena Chakraan/Eris Garfagnini 64 Cate Blanchett ava (c) HOODWINK Chirurgienne - Education / Herboristerie / Médecine. 14
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I'm gonna meet you



La douleur irradiait, la maintenait par terre un long instant. Elle n’aurait jamais pensé être blessée aussi gravement à son âge. Certes, à peine quarante-cinq ans, ce n’était encore la fin du monde, mais elle savait bien qu’avec la médecine actuelle disponible, des séquelles seront gardées, peut-être à vie. Au moins, plus personne n’aura à être effrayée de la voir crapahuter pour trouver de nouvelles herbes, ou visiter de nouvelles contrées. Ce n’était définitivement plus de son âge… Ou elle jouait de malchance. Après tout, quelle était la probabilité de tomber au milieu d’un effondrement, alors qu’elle se promenait dans une plaine ? C’était tellement faible comme possibilité qu’elle n’y aurait jamais pensé. Et même au fond du trou, avec ce terrien, elle trouvait encore le moyen de se dire que tout cela n’était qu’un vaste cauchemar, ou une hallucination. Sauf que la douleur était trop présente, pulsait au-delà de l’adrénaline dans son corps. Elle était obligée de s’appuyer sur l’inconnu, qui semblait lui aussi avoir des soucis. Peut-être devrait-elle essayer de… Le geste se mêla à la pensée, tentative de s’appuyer sur la blessure, grimace sur le visage. Impossible. Il lui faudrait dépendre du terrien, d’une tierce personne. Et qu’elle n’aime ou pas n’était plus d’actualité.

Sa tête… Le bras se leva, vérifia au toucher dans sa chevelure blonde que tout était à sa place. Evidemment, ce n’était qu’un premier examen rapide, sans aucun visuel… Au moins, elle était certaine que rien de visible n’était là. Après… Les dégâts internes étaient souvent les plus graves. Il n’y avait plus qu’à espérer qu’elle n’ait rien… « Ma tête… Ca va. Je pense. » Ca se terminait dans un murmure. Elle ne pouvait pas en être sûre finalement. Trouver le chemin vers le campement de l’Odyssée semblait désormais primordial, autant pour se faire soigner par Nadja que pour vérifier que tout allait bien au niveau de sa tête. Et que la blessure du terrien ne l’empêcherait pas de se mouvoir à l’avenir aussi. Il était assez solidaire pour l’aider, et Emilia n’avait pas pour valeur de laisser tomber quelqu’un qui avait aussi besoin d’aide. Même si sa propre éthique pouvait souvent s’avérer borderline.

Trop raide pour grimper, trop glissant aussi. Elle hocha doucement la tête, faisant confiance à son analyse. La chirurgienne n’était guère une dame de terrain ou de la Nature. A part pour repérer les différentes herbes et plantes intéressantes en médecine… Et encore, de nombreuses lacunes étaient visibles. Si les Odysséens étaient restés proches des Naoris, certainement qu’Emilia aurait pu obtenir bien plus de connaissances sur les remèdes à tirer de cette Terre. Mais il fallait faire avec le flot, suivre les changements de son peuple, que cela lui sied ou non. Puis elle avait compris que tout cela avait un but, que les conseillers et les chanceliers avaient pesé le pour et le contre avant d’accepter un tel déménagement. Puis la chirurgienne n’avait jamais été contre l’autorité par le passé, ce n’était pas aujourd’hui qu’elle commencerait…

« Je… Je vous suis. » Pause, tentative de récupérer les vagues notions de langue terrienne obtenue en un peu plus de trois ans. « Vous… Savoir plus que moi. » A noter dans un coin de son esprit : apprendre à mieux communiquer dans une langue qui n’était pas la sienne. Et dans la sienne aussi, mais ce n’était pas le sujet du moment.

Einar, le nom était donné, offert. Et elle se rendait compte qu’elle n’avait croisé que peu de terriens dans sa vie, en tout cas, elle connaissait bien peu de prénoms. Léger sourire envers l’homme, de ceux qui barraient rarement son visage. « Enchantée Einar. » C’était ce qui se disait, quand on rencontrait une nouvelle personne ? Même si y’avait les blessures, et une situation plus complexe qu’attendue. Tout n’allait pas tourner autour d’une discussion, d’un échange, ou de troc. Non, il fallait sortir d’ici, à tout prix. Emilia avait de la chance de ne pas être sujette à des crises de stress ou de paranoïa…

Un guérisseur… La tête se hocha à nouveau, après avoir laissé le temps à l’homme de traduire ses pensées. Elle était patiente la chirurgienne, et il faisait un effort considérable pour parler anglais. Ce n’était pas le moment de stopper cela. « Je suis une guérisseuse dans ma…. Tribu. Pour mon peuple. Ou quelque chose d’équivalent. » Parler, pour ne pas laisser la douleur prendre trop de place, ou s’évanouir. Volonté qu’elle pensait inébranlable, pour ne pas s’écrouler. Puis, elle dévoilait l’ironie de la situation. Elle-même médecin, guérisseuse, chargée de soigner les blessures et maladies des autres… Et actuellement en morceaux. « Une fois dehors, ce sera plus facile de trouver quelqu’un pour nous soigner. » Lui aussi devait voir pour sa cheville, qu’elle percevait plus faible. Certes, il pouvait tenir debout, avait l’air de pouvoir se déplacer sans s’évanouir de douleur… Cependant, ce serait à vérifier.

« D’accord. Si vous comprenez, ce sera effectivement plus facile pour moi. » Dans mon état. Elle ne se formalisait pas de l’accent, ou du ton que certains auraient mal pris. L’avantage quand on ne savait pas soi-même ce qui blesserait ou non, c’était qu’on était rarement blessé par un ton différent, ou plus froid. Ses pupilles quittèrent Einar pour se diriger vers l’une des galeries, indiquées précédemment. « Par là donc ? Je risque d’avoir besoin de soutien pour marcher… » Ah, être un poids, Emilia n’avait jamais apprécié. Cela se voyait dans ses choix, dans sa façon de toujours tout garder pour elle, émotions enfermées par peur de peser sur les autres. Et après quarante-cinq ans, elle n’était pas prête de changer Emilia…


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Einar Helgusson
11/08/2018 Electric Soul Harlan Tikaani & Kayden Elwood 758 Chris Hemsworth Lux Aeterna ♥ & bat'phanie Commerçant de bois bleu | Navigation & Artisanat Iskaar 902
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Vous devez former un sacré tableau, à avancer – non, même pas, juste tenir debout – cahin-caha dans des galeries souterraines dont personne ne soupçonne l'existence, à part peut-être les aînés du village pikuni. Le village est d'ailleurs trop loin pour espérer recevoir une quelconque aide de la part de cette tribu. De plus, vous n'êtes pas du village et si on peut compter votre absence comme une "disparition", elle n'a cours que depuis trop peu de temps pour alarmer qui que ce soit. En outre, il t'est courant de passer des semaines en mer, et il t'est arrivé quelques fois de t'absenter pendant plus d'un mois. Personne ne s'inquiétera outre mesure de ton absence, tu le sais et c'est quelque chose que, même maintenant, dans cette situation malheureuse, tu trouves normal. Tu n'as jamais vraiment eu besoin qu'on s'inquiète pour toi, et tu n'as pas envie que ça commence aujourd'hui. Vous allez vous en tirer et un jour, tu pourras raconter en riant les péripéties en terre pikuni. Imaginez, la terre qui s'écroule totalement sous vos pas sans prévenir et sans catastrophe naturelle préalable ! Tu te demandes combien te croiront quand tu en parleras.

Ta cheville est douloureuse, mais en serrant les dents, tu sais que tu es capable de t'appuyer dessus pour sortir de ce trou. C'est moins vrai pour ta compagne d'infortune qui, paraît bien amochée mais heureusement, n'a pas vraiment pris de coup à la tête. Elle paraît un peu sonnée mais lucide. La douleur peut faire divaguer n'importe qui, après tout. Tu hoches la tête quand elle confirme que sa tête, ça va. De toute façon, tu n'as pas d'autre choix que de la prendre au mot. Si tu t'y connais un minimum pour réparer les bobos du quotidien – un peu obligatoire en étant un père célibataire avec une fille qui a tendance à s'égarer n'importe où – tu n'as rien d'un guérisseur et une jambe cassée dépasse clairement tes compétences déjà maigres.

Non, il va vous falloir trouver une autre sortie, parmi toutes ces galeries. Tu te renfrognes légèrement devant le paysage désolé qu'elles offrent. Te repérer en mer, avec les vents, les courants, les astres, tu n'as aucun mal. Mais sous terre, ce n'est pas exactement ce que tu maîtrises le mieux. Malheureusement, entre vous deux, c'est probablement encore toi qui peux le mieux te débrouiller par ici. Les Skaikru ont-ils même connaissance de ces caprices particuliers des terres trop humides ?

Tu ne peux t'empêcher de lâcher un léger soupir amusé. « Moi pas d'ici. Je connais mieux la mer. » Bon, le but, c'était censé être de rassurer Emilia, pas de la faire paniquer. Temps de corriger le tir. « On va trouver solution. » affirmes-tu, avec conviction. Si tu arrivais à te débrouiller en pleine tempête, ce n'était pas un peu de terre qui allait te vaincre !

L'ironie est décidément maîtresse, ce jour-ci, puisque tu apprends que Emilia est justement guérisseuse. Tu laisses échapper un léger rire quelque peu incrédule devant le coup du sort qui veut que ce soit elle la plus blessée entre vous deux. « Toi pas chance. » fais-tu en secouant légèrement la tête, ayant un peu pitié de la pauvre femme.

Ou peut-être que c'est toi, qui portes malchance. Maudit est un surnom qui te suit, au village, parce que ton sang a le malheur de porter la tare des cheveux de feu. Si la plupart des membres de ta famille ont été épargnés, ça n'a pas été le cas de ta sœur inconnue et disparue – peut-être morte depuis longtemps, qui sait – et ta fille cadette. Tu essaies de ne pas donner trop de poids à ces croyances et à ces commérages mais sous tes apparences je-m'en-foutistes, les quolibets t'ébrèchent. Peut-être que c'est vrai, que tu portes malheur, mais tu préfères blaguer là-dessus pour le moment. Pour ne pas lui donner trop de poids.

Emilia semble s'inquiéter pour toi aussi et c'est peut-être bête que cette sollicitude te paraisse si surprenante, mais c'est le cas.

« Ça ? » demandes-tu en désignant ta cheville – tu notes pas trop la bouger tant que ce n'est pas nécessaire – « Pas très grave » rassures-tu. « Guérir tout seul avec temps. »

Ce serait juste pénible pendant quelques jours ou semaines, dépendant de si tu recevais des soins ou non. Mais tu devrais probablement t'arrêter au village pikuni et trouver un guérisseur, oui. Tu n'es pas incapable de reprendre la mer, mais ce serait vachement pénible de naviguer avec cette douleur.

Vous tombez d'accord sur le fait que parler en gonasleng seulement sera probablement plus simple pour elle. La pauvre a déjà l'air d'avoir du mal à tenir le coup, autant ne pas lui rajouter ça. Et peut-être que c'est juste une question de pratique, mais tu as l'impression que les mots te viennent un peu plus facilement, maintenant.

Tu hoches la tête et murmures en assentiment quand Emilia indique une direction de potentielle sortie. Tu scannes, tâtes du bout des doigts la terre friable. Autant essayer d'aller dans une direction où la terre est plus sèche, plus solide. Tu ne doutes pas que vous finirez pas trouver à un moment ou un autre une pente moins escarpée où vous pourrez plus facilement vous tirer de cet endroit. Combien de temps ça prendra est plutôt la vraie question.

Sans un mot, tu te rapproches pour servir de béquille de fortune à Emilia. Tu ne sais pas trop ce qui est préférable entre le fait qu'elle s'appuie sur ton épaule ou ton bras ou plutôt que tu la soutiennes. Ça risque d'être drôle d'avancer ainsi, mais qu'y pouvez-vous ?

« Je peux supporter. » affirmes-tu. La cargaison que tu déchargeais certains jours devait être plus lourde que cette femme. Même avec une cheville affaiblie, elle n'allait pas te tuer.

« Si toi vois chemin okay, dis-le. » indiques-tu, en commençant à prendre lentement un premier embranchement. Deux paires d'yeux valaient mieux qu'une.

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