Partagez | 
 

˜˜˜˜˜˜Sweet little sister [Eris & Ayiana]
maybe life should be about more than just surviving


avatar
13/08/2018 Lyndi 123 Anna Torv Lux Aeterna <3 Matelot sur un bateau Iskaar 133


Sujet: Sweet little sister [Eris & Ayiana]
Sam 25 Aoû - 19:54


I’ll soften every edge, hold the world to its best

L’oiseau chanta une fois de plus avant de prendre son envol. Ayiana sourit doucement ; cela faisait un kilomètre ou deux qu’elle le suivait, doucement, alors qu’il virevoltait de branche en branche. Elle l’avait observé rejoindre son nid, nourrir ses petits, chanter avec eux. Il était peut-être reparti chercher plus de nourriture. Accroupie à quelques mètres, Ayiana ne put se résoudre à partir tout de suite. Elle trouvait le manège de la nature magnifique. Cela faisait plusieurs semaines, si ce n’est quelques mois, qu’elle n’était pas venue dans ce coin du continent. Entre les Pikuni et les Naori, proche du camp des jeunes Débarqués, il y avait de la forêt à perte de vue et, parfois, une petite clairière. Un endroit magique, où se croisaient des bruits et des animaux qu’Ayiana ne pouvait pas voir chez elle. L’environnement de son île ne permettait pas à ces animaux de s’épanouir. Ils en avaient d’autres, évidemment. Elle aimait particulièrement ces animaux que les Débarqués appelaient « marmottes ». Mais ici, il y avait des oiseaux de mille couleurs et des insectes qui reflétaient la lumière. Et le bruit du vent dans les arbres était différent. Alors Ayiana s’était laissée portée, peu décidée à revenir tout de suite sur l’île. Il faut dire que Kal et elle s’étaient disputés avant son départ et qu’il n’attendait que son retour pour lui faire un discours moralisateur. Elle n’était pas franchement pressée.
 
Un bruit différent attira son attention. Un bruit définitivement humain. Elle se releva d’un coup, regardant autour d’elle. Les Débarqués n’étaient pas spécialement hostiles envers elle, la plupart de ceux qu’elle avait rencontré étaient même tout à fait sympathiques. Mais on n’était jamais trop prudente. Et ça pouvait bien être un Rahjak égaré loin de son désert. Au lieu d’un Rahjak assoiffé de sang, ce fut une petite tête rousse qu’Ayiana vit. Une petite tête rousse qu’elle connaissait bien, et elle sourit, avant de héler Eris.
 
« Tu es loin de ton camp », dit-elle en anglais tout en s’approchant de la jeune femme. Eris était une jeune Débarquée, de ceux qui étaient tombés du Ciel en premier. Comme ses camarades, elle était jeune, et avait découvert un monde dont elle n’avait qu’entendu des histoires. Et accessoirement, ces histoires disaient que le monde était censé être vide. Manque de bol, il était loin de l’être. Les débuts avaient été compliqués entre Débarqués et Hommes de la Terre, mais il semblerait qu’en quatre années, les jeunes s’étaient fait une place tant bien que mal. Et Ayiana avait rencontré Eris. Elle ignore pourquoi, mais elle s’était rapidement pris d’affection pour elle. Pourtant, les roux sont censés être maudits, et Stìg comme Kal ne manquent pas de le rappeler à Ayia. Mais Eris, elle ne peut pas être maudite. Elle vient des étoiles, elle connait des choses qu’Ayia ne commence qu’à effleurer. Elle est une bonne personne, loin de la malédiction qu’on lui accorde. Ayiana a du mal à se l’avouer, mais assez rapidement, Eris est devenue pour elle comme une strik sis, une sœur. La petite sœur qu’Ayiana n’a jamais pu avoir. Et même si notre maitrise de la langue de l’autre n’étaient pas optimales, nous arrivions à nous comprendre, la plupart du temps. Le reste, nous dessinions ou faisions des gestes. Cela ne m’empêchait pas d’aimer Eris.
 
L’oiseau chanta à nouveau, le même, qui revenait. Ayiana releva les yeux vers le nid. Il avait ramené de la nourriture supplémentaire, comme elle le pensait. Elle le désigna à Eris.
« La forêt est pleine de trésors. Comment vas-tu ? Désolée de mon absence. »
 
Pas facile de se voir quand la mer nous séparait. Et les chefs Azgedakru et Skaikru n’avaient pas encore négocié de paix ou de coopération. Quand Eris et Ayiana parlaient, elles ignoraient combien de temps il se passerait avant la prochaine fois.
« J’ai quelque chose pour toi. »
Elle sortit de mon sac une petite figurine en bois bleu, sculptée par un homme au village. Les deux femmes avaient parlé du bois bleu une fois. Elle n’en avait vu que rarement. Ayiana lui avait promis de lui en montrer. La fierté des Azgedakru. Et un cadeau pour elle. Pour lui montrer qu'elle n'était pas oubliée.
 
code by EXORDIUM. | imgs by tumblr

 

Admin
avatar
21/12/2017 Thinkky / Angel Rowena Chakraan 238 Sophie Turner (c) Lux aeterna mécanicienne (robotique) / construction & robotique/mécanique 90
Admin


Sujet: Re: Sweet little sister [Eris & Ayiana]
Mer 26 Sep - 17:07


I’ll soften every edge, hold the world to its best

Tu ne sors quasiment plus du campement, depuis ta rencontre avec Kayden et Wyatt. Tu évites qu’on te reconnaisse, qu’on voit les larmes qui ravagent régulièrement les pupilles vidées de leur substance. Tu as peur, mais plus du monde extérieur désormais. Ce sont les êtres humains qui t’effraient, en plus de ton incapacité à être quelqu’un de bien, à arriver à t’attacher. Le monde a viré fou, et les mots sont restés ancrés en toi bien plus qu’ils ne l’auraient dû. Ca n’a été que des paroles, que des discours, que quelques phrases qui t’ont complètement ébranlée. La prochaine fois, tu te dis que des coups peuvent pleuvoir, que la souffrance physique se substituera à la douleur émotionnelle. Un mal pour un bien non ? Les blessures, les chairs entaillées, cela est nettement plus facilement à soigner, et les séquelles sont moindres, que la confiance réduite à néant, et des heures à réapprendre, à ignorer ce qui a été dit à son sujet. Toi, tu n’as jamais été très douée pour t’en sortir. A une époque, c’était les propos de tes parents, de ceux t’ayant poussée dans une voie te laissant de marbre. Maintenant, ce sont ceux dont tu t’estimes proche. Cela signifie-t-il que tu dois couper tout contact avec tous ?

Finalement, après plusieurs jours, plusieurs semaines, tu te glisses à l’extérieur, tu t’éloignes du camp, seule. T’en as besoin, pour oublier, pour continuer, pour avancer. Te rendre compte que tout n’est pas noir, et que te pousser dans cette direction ne mènera à rien, à part ta mort. Et étonnamment, tu préfères vivre encore, même si les douleurs se glissent derrière les iris effrayées.

Il fait beau, les oiseaux chantonnent quand tu t’enfonces un peu plus loin entre la plaine et la forêt, à l’orée d’un bois qui t’a autant apporté que détruit. Tu ne fais pas attention aux bruits, aux pas, à cette faune et flore qui semblent t’indiquer qu’une personne est déjà présente non loin de toi. Tu ignores les signes, car la fatigue se lit sur ton visage, et que tu prêtes plus d’attention à tes pensées noires qu’au paysage. Cela t’apprendra. Alors, tu sursautes presque quand une voix t’interpelle, au détour d’un fourrage, et tu détailles, interdite, la silhouette devant toi pendant quelque secondes, avant de t’exclamer : « Ayiana, tu m’as fait peur ! » Y’a un sourire sur tes lèvres, même si l’anglais est la première chose qui te vient à l’esprit. Heureusement que celle-ci comprend un minimum la langue des débarqués. Elle te détend la blonde, t’a mis à l’aise dès votre première rencontre. Elle, elle était intriguée à ce moment-là. Toi, tu devais apprendre à vivre dans ce nouveau monde, bien trop effrayant pour la gamine que tu étais. Aujourd’hui, tu as changé, tu as évolué. Si la peur reste ancrée, pèse sur ton estomac, tu arrives à bouger, à visiter. « Oui, j’ai essayé de la visiter il n’y a pas longtemps. » Autant dire que ça ne s’est pas très bien fini, mais tu préfères oublier cette image. Tu ne veux pas inquiéter Ayiana avec tes ressentis.

Lentement, tu te rapproches de la terrienne, la détailles un peu plus. Elle a l’air bien en ce moment. Ton sourire s’accentue, et tu reprends, tentant le trigedasleng, hésitante : « Je… Je vais bien. Ce n’est pas grave. Tu vas bien ? » C’est haché, preuve que tu ne pratiques pas beaucoup cette langue. Tu devrais t’entraîner plus souvent, mais il n’y a pas grand-monde qui peut t’aider avec ça. Personne ne le parle vraiment au campement, et tes contacts avec l’extérieur sont moindres.

Puis elle sort quelque chose de ton sac, te le présente, et l’étonnement se lit sur tes traits. Tes doigts prennent doucement la statuette, magnifique. Elle tient sur ta paume, si légère. « C’est… Joli. Merci Ayiana ! » Tu retrouves ton côté enfantin, pour l’une des rares fois de ta vie. Et tes yeux détaillent la figurine, ce bois dont elle t’a vanté les mérites : « C’est ça le bois bleu ? » L’anglais reprend le dessus, ne connaissant pas le terme employé pour le bois. C’est beau, tu ne t’attendais pas à ça la dernière fois…
 
code by EXORDIUM. | imgs by tumblr

 

avatar
13/08/2018 Lyndi 123 Anna Torv Lux Aeterna <3 Matelot sur un bateau Iskaar 133


Sujet: Re: Sweet little sister [Eris & Ayiana]
Mer 10 Oct - 19:06


I’ll soften every edge, hold the world to its best

Ayiana ne s’attendait pas à surprendre Eris, alors quand la jeune fille sursauta et lui dit qu’elle avait eu peur, la blonde grimaça. Ce n’était pas son intention. Mais parfois, malgré elle, elle suscitait ce genre de réaction chez les gens. Il faut croire que tout ce temps passé en solitaire lui avait fait oublier quelques rudiments des relations sociales. Du genre, ne pas faire sursauter les gens quand on leur dit bonjour. Heureusement, Eris s’en remet vite et te répond. En anglais, également. Les deux femmes s’entretenaient dans les deux langues, selon le contexte et leurs instincts. Eris avait un tridegasleng plus rudimentaire que l’anglais d’Ayiana, mais les Iskaars apprenaient l’anglais dès leur jeune âge, alors que les Débarqués avaient découvert la langue de la Terre sur le tas, de leurs contacts avec les tribus. Eris faisait l’effort d’apprendre, ce qui touchait Ayiana d’une certaine manière. C’était une façon de montrer sa volonté de nouer des relations.

Et comme pour prouver cette volonté, la jeune fille passe au trigedasleng. Un peu balbutiant, elle cherche ses mots, mais elle y arrive. Ayiana sourit et hoche la tête en signe de réponse. Oui, elle va bien. Mais c’est aussi un hochement d’approbation. Eris la remercie encore dans sa langue, et Ayiana ne peut s’empêcher de la regarder alors qu’elle admire la statuette. En la choisissant, elle avait eu une doute. Etait-ce une bonne idée ? Lui plairait-elle ? Etait-ce ce qu’elle cherchait ? Et puis, surtout, n’était-ce pas un peu sentimental, d’offrir ce genre de cadeau à quelqu’un qui n’était pas de sa famille, pas de sa tribu, ni même de sa planète ? Ayiana n’avait pas l’habitude d’être sentimentale. Enfin, si, elle l’était, mais ne le montrait pas. Mais avec Eris, c’était un peu différent. Elle n’aurait pas su réellement expliquer pourquoi. C’était juste ainsi. Il fallait croire que les Anciens avaient rapproché les deux jeunes femmes pour une raison.

« C’est ça le bois bleu ? »
Ayiana hocha la tête. Bois bleu. La fierté des Iskaars. Un de leurs atouts principaux en commerce. Ce bois étrange n’existait que sur son île, et les autres tribus l’adoraient. Beaucoup d’hommes et de femmes de sa tribu dévouaient leur vie au bois bleu, à l’entretenir, à le couper, à le transformer pour en faire diverses choses, comme cette statuette. Certains affirmaient qu’il était sacré, qu’il était la preuve que les Anciens veillaient sur l’île. Ayiana, elle, croyait simplement que leurs ancêtres avaient peut-être justement choisi cette île pour la présence du bois. Accepter le froid et les conditions difficiles, en échange des avantages de cette variété exotique. Wyatt pourrait probablement lui dire pourquoi le bois bleu ne vivait qu’à cet endroit, de façon scientifique. Elle lui demanderait, un jour.
« C’est un cadeau. Pour toi. », dit-elle doucement en anglais. En attendant qu’un jour tu viennes chez moi, pensa-t-elle. Mais elle ne le dit pas. Le sujet n’avait jamais été abordé entre Eris et elle. Ayiana savait que les relations entre sa tribu et les Débarqués étaient cordiales, mais pas beaucoup plus. Trop peu de confiance régnait pour permettre aux Débarqués de prendre le bateau jusque l’île. Un jour, peut-être, les relations auront-elle progressé suffisamment pour permettre à Eris de découvrir la tribu. Pour l’instant, elles ne pouvaient qu’en discuter, et Ayiana tenter de lui faire imaginer.

« Tu as fait des progrès dans ma langue », dit-elle avec un léger clin d’œil. Il était important de le souligner. Toujours encourager l’effort. Ayiana n’enseignait pas, mais elle avait acquis quelques notions de pédagogie, principalement auprès de Kal et ses talents d’orateur et de négociateur.
« Pourquoi es-tu si loin des Skaikru ? », demanda-t-elle. Les Débarqués s’éloignaient généralement peu des leurs. La nature était capricieuse, et tous ne la connaissaient pas très bien. Et puis, il y avait beaucoup de Terriens qui parcouraient la forêt, et tous n’étaient pas très amis avec ceux qui venaient du ciel. La méfiance régnait encore beaucoup, même après toutes ces années, et certains réclamaient la guerre. Une guerre de territoire. Les choses s’étaient détendues depuis l’arrivée des jeunes, mais elles restaient complexes pour tout le monde. Et Eris n’était pas une guerrière, ni une exploratrice. Elle était…Ayiana n’avait pas le terme pour cela. Elle construisait des choses et les réparait. Mais des choses technologiques, de celles qu’on avait oubliées après Praimfaya. « Des problèmes ? »
Techniquement, cela ne la regardait nullement. Mais Ayiana s’était très vite montrée protectrice envers Eris. Sa sœur de l’espace. Celle qu’elle devait protéger, contre les autres, contre le monde. Une tâche infinie et complexe, au vu de leurs situations. Mais qui ajoutait chaque fois un peu plus à la culpabilité d’Ayiana lorsqu’elle ne revenait pas pendant longtemps.


code by EXORDIUM. | imgs by tumblr



Admin
avatar
21/12/2017 Thinkky / Angel Rowena Chakraan 238 Sophie Turner (c) Lux aeterna mécanicienne (robotique) / construction & robotique/mécanique 90
Admin


Sujet: Re: Sweet little sister [Eris & Ayiana]
Ven 30 Nov - 13:12


I’ll soften every edge, hold the world to its best

La langue terrienne t’a toujours été difficile, toi qui as pourtant toujours montré une appétence certaine envers les autres langues. Si on ne t’avait pas forcée à apprendre la mécanique, bien plus importante pour la survie de la colonie dans l’espace, tu te serais engagée dans une voie plus proche de la philosophie, de la sociologie. Et pourquoi pas aussi les évolutions des langues au fur et à mesure des siècles. Sauf que tout le monde s’en foutait là-haut, de telles compétences. C’était de l’hérésie que d’avoir ce genre d’ambitions. Personne ne veut dans sa famille des perdants, des inutiles, se complaisant dans un travail qui n’apporte rien à la société dans son ensemble. Tu leur en veux toujours un peu, d’avoir réfréné tes rêves, quand tu n’étais encore qu’une gosse. Après, d’un côté, ça t’a fait grandir, ça t’a fait comprendre qu’il faut parfois s’adapter à ce que le monde attend de toi. De l’autre, ça t’a brisé un peu trop vite, un peu trop tôt. Pression dont tu te serais bien passée, mais le passé ne peut être défait. Tu te trimballes avec, en espérant que tout finira mieux que cela n’a commencé. Sur Terre, tu referas peut-être ta vie dans un sens qui te plaît davantage…

La statuette en bois bleu, elle est magnifique, et tu n’arrives toujours pas à te dire qu’Ayiana l’a ramenée pour toi, qu’elle l’a choisi, soigneusement tu imagines, pour te la donner, sans jamais savoir si elle allait te revoir. C’est aussi ça la Terre, sans technologie. Là-haut, il y avait les tablettes, des moyens de communiquer rapidement. Ici… Rien. On ne peut compter que sur des lettres, quelques mots couchés ou gravés, sans jamais être certain qu’ils arriveront à destination. C’est le jeu, et tu t’y es pliée. « C’est toi… Qui as fait ? » Tu continues d’hésiter, dans cette langue qui n’est pas la tienne, mais après quatre ans à écumer la planète verte, il te faut peut-être commencer à faire des progrès, et à t’accrocher. Tu tentes d’apprendre, au milieu des tiens, mais rien ne vaut la pratique avec quelqu’un de l’extérieur. Et autant l’avouer, tu n’es pas des plus sociales alors, tes relations avec les tribus se résument à… Ayiana. Et pas beaucoup plus pour le moment. Il te faudrait y remédier, mais tu profites de la femme face à toi pour développer au maximum ta diction et ton vocabulaire. Même si tu remarques que tu en manques clairement.

« Merci. » Sourire, une fois de plus. Un remerciement pour les encouragements qu’elle t’offre, et ce présent précieux qu’elle te donne. Ca veut dire beaucoup de choses pour toi, et tu te rends compte que cela doit bien faire cinq ans que tu n’as rien reçu. Depuis ton enfermement, personne n’est venue te voir pour ton anniversaire, et avec l’envoi sur terre… Vous avez oublié les jours qui défilent, et les dates comme celles-ci n’ont plus vraiment d’importance. Ce n’est qu’une année en plus alors que votre esprit a pris en maturité avec votre arrivée ici.

L’inquiétude d’Ayiana te touche, même si tu n’es pas certaine de pouvoir lui répondre. Tu ne sais pas bien pourquoi tu t’éloignes à chaque fois… « Non… Aucun problème. » Oui, mieux vaut dire ça. En soi, tout va bien, tu as juste besoin de… Souffler. De prendre en compte que ce qu’il y a autour de toi n’est pas un ennemi. La nature a beau être violente, elle en reste agréable quand elle n’est pas en colère. Et depuis le cyclone, il n’y a pas eu de nouvelles secousses, de nouveaux évènements climatiques traumatisants. Comme si tout s’était calmé à nouveau. Comme après le tremblement de terre. S’il vous faut supporter un caprice par an, ou tous les deux, ça le fera, tu en es certaine. « J’ai… Je veux juste m’éloigner un peu, me confronter à la Nature. Je pense que ça peut me faire du bien, plutôt que de rester enfermée en permanence et d’avoir peur de tout. » Un sourire se pose sur tes lèvres, alors que la frayeur est toujours présente dans tes pupilles. Il faut y faire face, pour apprendre à aller mieux par la suite. Même si c’est dur sur le coup, ça n’en sera que mieux par la suite. L’anglais t’est venu plus naturellement, comme toujours pour exprimer des émotions plus complexes. « Dis… Tu veux bien me raconter tes derniers voyages ? » Ca te passionne quand même, de savoir qu’elle navigue, toi qu’un rien effraie…

 
code by EXORDIUM. | imgs by tumblr

 

avatar
13/08/2018 Lyndi 123 Anna Torv Lux Aeterna <3 Matelot sur un bateau Iskaar 133




I’ll soften every edge, hold the world to its best

« C’est toi… Qui as fait ? »
Ayiana fait « non » de la tête. « Un ami », répond-elle doucement. Elle n’est pas si douée que ça. Elle ignore comment manipuler le bois bleu, comment lui donner forme. Elle ne fait que le transporter, parfois le troquer. C’est un membre de sa tribu qui a fait la figurine. Des heures de travail, probablement, et les finitions sont magnifiques. Ayiana avait apprécié ce sens du détail, ce travail bien fait. Et la figurine dégageait quelque chose, elle n’aurait pas bien su dire quoi. Mais quelque chose qui lui avait fait penser tout de suite à Eris. Comme si les Anciens avaient décidé que cette figurine serait le cadeau de la blonde à la rousse. Quoique. Les Anciens n’aimaient pas particulièrement les roux. Donc c’était probablement autre chose. Les Débarqués avaient peut-être leurs propres entités célestes, et c’était peut-être elles qui avaient poussé l’acte d’Ayiana. Peu importait, au fond.

Eris assure qu’il n’y a aucun problème. Ayiana ignore si elle la croit, mais elle lui laisse au moins le bénéfice du doute. Après tout, elle peut comprendre cette envie de s’éloigner. De ce qu’elle a compris des Débarqués, ils vivaient dans un grand vaisseau dans l’espace. Tous les uns avec les autres, tout le temps. Aucun moyen de s’échapper. Et Eris a vécu en prison un moment. Et ensuite, elle s’est retrouvée ici, avec les autres jeunes Débarqués. Cela faisait beaucoup de temps coincée avec d’autres personnes. Ayiana aurait probablement tourné vieille folle si elle avait dû rester sur l’île Iskaar toute sa vie, avec sa tribu, sans jamais connaitre autre chose. Traverser l’océan, voir le continent, découvrir la nature autre que la glace, rencontrer d’autres gens que ceux avec qui elle a grandi ; tout ça contribuait à son bien-être, elle en était persuadée. Il n’y avait donc pas de raison qu’Eris fonctionne autrement. Certains aimaient rester entourés de ce qu’ils connaissaient, vivre en communauté. D’autres aimaient prendre l’air et s’éloigner un peu, comme disait la jeune rousse. Ce fut plutôt l’idée « d’avoir peur de tout » qui fit légèrement tiquer Ayiana. Les Débarqués avaient-ils donc peur de tout ? Cela faisait plusieurs années maintenant qu’ils étaient sur Terre. Elle n’avait pas toujours été clémente avec eux, mais ils avaient eu le temps d’apprendre à la connaitre, de l’apprivoiser. Et les autres tribus respectaient une distance et une paix qui, bien que fragile dans l’absolu, semblait tenir. Pour sûr, les Débarqués avaient espéré un autre scénario. Ils étaient persuadés d’arriver sur une planète vierge, et ne connaissaient cette planète que par leurs livres. La réalité s’était révélée bien différente. Mais Ayiana avait du mal à concevoir que les gens du Ciel puissent avoir encore peur en permanence. Mais encore une fois, elle était Terrienne. Elle était née ici. Elle avait une perspective différente. Alors elle se contenta de hocher la tête.
« C’est une sage attitude », dit-elle. Affronter ses peurs plutôt que de les laisser nous consumer. Remonter sur le bateau après sa première chute à l’eau. Toujours.

« Dis… Tu veux bien me raconter tes derniers voyages ? » Ayiana sourit. Elle trouve ses voyages relativement peu intéressants. Elle prend la mer, elle va rencontrer des gens, elle fait un peu de troc, elle attire des clients, elle reprend la mer dans l’autre sens. C’est presque un train-train quotidien, sauf que ses journées de travail durent parfois plusieurs jours. Mais Eris trouve toujours cela passionnant. La jeune fille n’a jamais pris la mer. Ayiana aimerait l’emmener sur un bateau, une fois. La faire venir sur l’île. Mais les conditions sont trop dangereuses actuellement. Les relations entre les tribus et les Débarqués ne sont pas assez bonnes pour risquer ce genre d’exercice. Et il est hors de question de mettre Eris en danger. Alors elle essaie de raconter, du mieux qu’elle peut. Ayiana essaie de faire vivre, par procuration, ce que c’est que de voyager. La blonde hoche la tête, avise une souche épaisse et pose ses fesses dessus.
« Avant de venir ici, j’étais quelques jours chez les Maunkru. Dans la montagne. Je t’ai déjà parlé d’eux ? Ils vivent dans le cœur d’une montagne. Il faut passer par un…je ne connais pas le mot. Un couloir dans la montagne ? Et avant, il faut monter haut. Le chemin est long depuis la côte. Mais à cette période, les arbres commencent à changer de couleur. C’est magnifique. Et plus on monte, plus il fait froid, et moins il y a d’arbres. Comme si la montagne ne voulait pas être embêtée. »
Ayiana sourit. C’était probablement ça, d’ailleurs. La montagne, majestueuse, qui empêchait même les arbres de lui voler la vedette. Il ne devait rester qu’elle, et ceux qu’elle abritait en son sein. Les Athnas étaient protégés par cette grande dame, et le faisaient bien savoir d’ailleurs.
« Les Maunkru aiment notre bois bleu », continua-t-elle en désignant la figurine d’un signe du menton. « Il est solide pour faire des armes. Ils font de belles armes. J’allais là-bas justement pour acheter une dague, pour un mariage dans la tribu. Nous faisons une grande fête et offrons des cadeaux. Je marchais donc, seule. Et tout à coup, un craquement derrière moi. J’ai cru à un ennemi, alors j’ai sorti mon arme. Je me suis retournée, prête à attaquer ! »
Se prenant au jeu, Ayiana mimait presque l’histoire. Elle n’était pas aussi douée que Stigandr pour raconter des histoires, bien entendu. Mais elle essayait de rendre ça intéressant.
« C’était un chamois. », dit-elle en riant. « Il ne bougea pas devant mon arme, me regardant curieux. Derrière lui, il y avait deux autres chamois. Ils sont passés devant moi sans se presser, comme s’ils dominaient les lieux et que j’étais en visite. Et au final, je me suis sentie ridicule avec ma dague ! »
Elle rit encore doucement, puis haussa les épaules.
« Désolée, je raconte mal les histoires », finit-elle par dire en se pinçant les lèvres. « Normalement, les marins racontent des aventures, même si elles sont fausses. Je crois que je suis trop honnête. Un jour peut-être, tu pourras voyager et raconter tes propres histoires. »



code by EXORDIUM. | imgs by tumblr



Contenu sponsorisé



 

Sweet little sister [Eris & Ayiana]

Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» MON AMI ANTI ELECTION SAYO EST -IL DEVENU UN SWEET-MICKISTE OU UN MARTELLISTE ??
» Quoi de mieux que de résister à la tentation ? Y céder {Dja'
» SUJET TERMINE - Bombe Humaine - Caractère explosif? [Eris]
» MICHEL OU MIRLANDE ? SWEET MICKY OU GRAND MA ?QUI VEUT,QUI PEUT FAIRE MIEUX ??
» Voici le laeader Sweet Miki

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
The Hundred :: welcome to hell :: Aux alentours des Cents-