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˜˜˜˜˜˜Keep the Faith Ψ Murphy
maybe life should be about more than just surviving


Taël D'Arbanville
16/04/2015 Isaïah/Burning Soul Ozvan & Hyacinthe & Ten & Celeste ( ex Elouan ) & Tam-Tam 13285 Aneurin Barnard Alex Tempêtueuse :) & AVENGEDINCHAINS & Lux Aeterna & Rowen & Harlan Cuisinier - Aide soignant/Leader Camp de vie Cent / Ex-kidnappé 1299
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Sujet: Keep the Faith Ψ Murphy
Sam 25 Aoû - 0:18


Murphy & Taël  #OldStories


Tout la saison chaude de l'année dernière, quand le bouclé parvenait à se garder un moment à soi, il venait ici pour confectionner la cabane dans les arbres promise à Gamora. Malheureusement on ne s'improvisait pas bâtisseur aussi vite. Alors il étudia comment faisait les habiles de son campement, pour reproduire leurs gestes. En attendant il parcourait la forêt pour ramener du bois sec qu’il n’utiliserait pas tout de suite. Il confectionna un petit abri avec une bâche, composée de vêtements dépareillés pour les protéger de la pluie, du mauvais temps.

Au fur et à mesure qu'il avançait dans son entreprise, son amie d'enfance s'éloignait de plus en plus de lui, de tous. Toujours présente pour ramener du gibier, on ne la voyait presque plus, elle dormait ailleurs, ne venait plus jamais les rejoindre James et lui. Des petites pointes picotaient son cœur, elle lui manquait drôlement Gamora, mais il respectait son choix. Pendant quelques jours il pensa abandonner cette entreprise, mais finalement il décida que ça pourrait être un bel amusement pour le fils d'Alex. Un joli refuge pour eux deux. Ainsi il récolta à nouveau quelques bûches, planches, tout ce qui s'avérerait utile pour ce futur cabanon. Cependant malgré son observation, construire les bases se révélait un véritable travail d'hercule pour lui. Il recommençait chaque fois avec l'espoir que cette fois serait la bonne mais ça s'effondrait toujours.

Aujourd'hui il traînait un peu la patte, l'enthousiasme laissait à désirer. Sa besace sur son épaule il clopinait en direction de son chantier. Reconnaissant aux éventuels terriens qui le découvraient de ne pas le démolir, ainsi que de ne pas dérober son bois. Car le bouclé se déplaçait parfois loin pour en ramener, il évitait d'en prendre trop prêt de leur campement afin de ne pas faire courir les petits ramasseurs qui s'occupaient de fournir leur foyer principal. Une de ces jours il inviterais James avec lui, quand il parviendrait à la faire tenir debout cette satanée cabane.

Pour le moment, une fois de plus, l'enfant se retrouvait aux bons soins de Rose qui l'adorait. Il sifflotait le débarqué, un papier dans la main, abandonné prêt de la rivière au lieu de rendez-vous prévu par Arméthyse, pour faire une escapade vers la mer. Il l'attendit  longtemps le bouclé, mais elle ne réapparut jamais, pourtant il continuait à s'y rendre. Et là une petite fiole, dissimulée derrière un rocher avec ce qui ressemblait à son prénom dessus.

Ben il se fit pas prier Tael, il joua au curieux et découvrit le petit mot rédigé par la garde royale. Elle s'excusait de ne pas avoir tenu sa promesse mais un jour, elle le savait, ils se rattraperaient tous les deux. Un peu déçu, même beaucoup, ça lui réchauffait la poitrine qu'elle ait prit la peine d'exécuter ce petit geste. Allez, un jour...

Mais dans son âme persistait une douleur, une absence, celle de Thaïs, ses petites mains, sa belle sauvageonne qu'il regardait encore une année auparavant s'agiter dans le camp ... Il y a des absences dont on ne revenait que difficilement. Beaucoup trop dans sa tête, ça se battait tous les jours pour attirer son attention.

Sa construction biscornue se situait non loin de la clairière, mais éloignée du chemin que les cent empruntaient habituellement. Il se rappela des quelques leçons de Devos @Devos Acciaro, et planta quelques piquets avant de se s'asseoir peu inspiré.

Sa main caressa un branche d'une drôle de forme, ça lui rappelait drôlement un petit animal qui voyageait souvent avec sa petite Miss. Il attrapa sa lame, posa le morceau de bois sur ses genoux et entreprit de les sculpter selon les leçons de Nahyri. Absorbé dans cette tâche les heures défilèrent sans qu'il fit mine de se détacher de sa besogne pour boire ou manger.

Quelques craquements se produisirent dans son dos, il n'entendit rien. Ce fut un étrange halètement qui l'interpella, il releva le visage et rencontra deux grands yeux, au-dessus d'une truffe qui humait dans sa direction. Un chien. Pas Gus. Une belle bouille oui, mais cette bête l'observait-il dans l'idée de l'attaquer, ou même le dévorer ? « Avec tes jolis formes tu n’as pas l'air affamé, et crois je ne te fournirais pas un bien bon repas, par contre comme je suis cuisinier je pourrais peut être te concocter un bon truc ? »

@Murphy Cavendish

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Murphy Cavendish
06/12/2015 Lux Aeterna Nuna Cortez 37540 Sophia Bush Lux Aeterna (vava & sign & gifs & fiche rp) ancienne militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. 685
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Sujet: Re: Keep the Faith Ψ Murphy
Ven 31 Aoû - 0:26



❝ Keep the faith ❞
Murphy Cavendish & Taël d'Arbanville
(25 août 2118)


Dès qu'on lui donnait une demi-journée, Murphy l'utilisait à bon escient. Elle courrait s'afférer là où on pouvait avoir besoin d'elle, ou en profitait pour combler ses désirs d'évasion. Pendant les belles saisons, choisir entre les deux options s'avérait particulièrement difficile. La maison ne demandait qu'une paire de mains supplémentaire pour la choyer, même pour quelques heures seulement; la forêt et la rivière appelaient de leur fraîcheur les corps fatigués par les températures invivables. Murphy s'efforçait de maintenir un équilibre entre sa fièvre bâtisseuse et l'appel de l'aventure. Une demi-journée; cette fois-ci, c'était la forêt qui avait gagné, et Antarès n'allait jamais contre ce genre de décisions. Il aimait la vie au village et était choyé par plus de personnes que raisonnable, Tennessee en tête. Mais Murphy le constatait à chaque fois qu'il quittait les limites de leur terrain; il appartenait aux extérieurs. C'était un chasseur, un aventurier, un explorateur, et peut-être qu'ils avaient ça en commun. L'inconnu lui collait les frissons de la découverte. Et même si les alentours du village ne l'étaient plus tant qu'à leur arrivée en son sein, il demeurait des zones plus grises que d'autres, qui pour diverses raisons avaient été moins visitées, à peine cartographiées. On s'aventurait souvent à l'ouest avec l'idée de rejoindre les jeunes; le chemin restait toujours le même, parce qu'on le connaissait et parce qu'il était inutile de chercher les emmerdes dans un sentier inconnu. Mais ce jour-là, si Murphy s'aventurait à l'ouest, c'était précisément dans l'idée de casser cette tradition. Elle avait dépassé la caverne d'Isdès depuis quelques heures déjà, et ne rentrerait pas avant un bon autre nombre d'heures. C'était l'aventure à petite échelle. Aucune nuit de prévue dehors mais pourtant de quoi en tenir une ou deux si besoin, par précaution, parce qu'il fallait toujours être un peu précautionneux.

Elle s'était éloignée un peu du sentier qu'elle connaissait pour l'avoir fréquenté à chaque virée chez les jeunes, Murphy. Elle découvrit une petite clairière, de hauts arbres peut-être un peu plus vieux que leurs voisins, des terrains couverts de fleurs de drôles de couleurs. Avec Antarès qui ne gambadait jamais très loin d'elle, elle se sentait à la fois invincible et reconnaissante, comme si le monde entier lui était offert. Elle se laissait se bercer par cette illusion pour toutes les fois où on lui avait fait comprendre que ce monde ne serait jamais le sien. Portée par les douces chaleurs de l'été, préservée du cagnard par les canopées, elle en oubliait presque les dangers dont pouvaient regorger les lieux. C'était doux, de n'avoir aucun objectif tangible. Le seul qui la guidait, c'était la satisfaction d'une curiosité intrinsèque et immuable. Elle pouvait se laisser perdre un peu, tant qu'elle ne se perdait pas pour de vrai. Douée du sens de l'orientation, elle gardait continuellement dans les idées les directions et les points cardinaux, comme un bruit de fond rassurant et auquel elle savait pouvoir se fier; et au cas-où ces intuitions la quitteraient un peu trop longtemps, elle avait toujours dans son sac la boussole de Faust. Alors, grâce à cette assurance constante, Murphy s'autorisait à se perdre un peu, à s'éloigner de ce qu'elle connaissait pour grappiller tout ce que les environs du village pouvaient encore avoir d'inconnu. Les hivers étaient longs sur cette foutue planète, mais ils laissaient place à des étés qui compensaient tous ces mois glaciaires. C'était grâce à la perspective de leur arrivée que Murphy tenait une saison entière enfermée au sein d'un camp, aujourd'hui d'un village. Les patrouilles ne suffisaient pas à son âme d'aventurière, et même Antarès pouvait percevoir la différence entre les longues randonnées que l'on laissait aux beaux jours et les petites promenades guidées, que le métier de sa maîtresse rendait obligatoires. Les dernières n'avaient rien d'exaltantes; on sortait parce qu'on devait le faire, on ne quittait jamais les sentiers dessinés par les patrouilles précédentes, on ne s'éloignait jamais trop des clôtures, et on savait précisément quand on allait rentrer. Le moindre pas était écrit par les tours de garde et pour éviter qu'un militaire ne soit retrouvé congelé pendant sa ronde. Ce qui rendait la planète si belle, c'était toute la liberté qu'elle offrait à ses habitants. Murphy aimait s'autoriser quelques jours pour la découvrir un peu plus, seule ou accompagnée. Ils lui suffisaient à se ressourcer, suffisamment tout du moins pour trouver un peu de repos dans le quotidien d'une garde assignée au village et à ses environs. Ces obligations devenaient un peu moins lourdes car moins banales lorsqu'elles étaient entrecoupées de ces échappées belles qui ressourçaient l'esprit. Elle aimait vivre des histoires, Murphy. Elle aimait avoir des histoires dans lesquelles se perdre en cherchant le sommeil, elle aimait avoir des histoires à raconter. Elle aimait être une émissaire du monde extérieur pour tous ceux qui ne le côtoyaient pas assez.

Mais pour cette fois, il serait bientôt temps de reprendre le chemin inverse, d'arrêter de se perdre pour retrouver ses pas et retourner au bercail. Quelques heures, c'était un dépannage; ça n'était pas suffisant, mais c'était tellement mieux que rien. Et puis, si elle rentrait assez tôt, elle pourrait profiter des derniers rayons solaires et des températures plus clémentes de soirée pour faire quelques petits travaux dans sa maison. Une ou deux heures de plus passées sur la charpente et le toit, ce serait ça en plus pour protéger l'édifice en cas de nouvelle catastrophe -elle n'oubliait jamais cette éventualité, pour avoir vu à quel point elles pouvaient vous prendre par surprise. Pour éviter le pire, le travail devait se faire en amont.

Déjà déçue du demi-tour à venir, Murphy cherchait Antarès du regard, pour commencer à le préparer à l'idée, lui aussi. Au sang sec qui ornait ses babines depuis une bonne heure, il avait déjà dû faire son marché ici. Chaque minute passée de plus dans la forêt était une minute bonus dans son environnement. Ils avaient ça en commun, la maîtresse et le canidé, mais des deux il n'y avait que la première qui était capable de prendre la triste décision du retour à la maison. D'un regard un peu attristé, elle guettait les alentours à la recherche cette fois seulement d'une seule chose : son chien. Les découvertes étaient laissées à plus tard, si un jour elle retrouvait le chemin exact de cet endroit qui, après tout, n'avait rien de plus ou de moins que la multitude d'autres endroits constitués d'un tapis de lichen et de terre au-dessus duquel s'élevaient de hauts arbres, tous différents au point d'en devenir bien trop similaires. Son exploration du jour ne finirait pas par une découverte incroyable à conter à Tennessee en rentrant. Elle pourrait parler de cette petite clairière sur laquelle le soleil estival tapait jusqu'à en brûler la basse végétation; ce serait déjà pas mal. Aujourd'hui avait été calme. Vivifiant, mais calme. Comme beaucoup d'hiers, déjà, beaucoup d'expéditions que l'on oubliait à la faveur du temps tant elles ressemblaient à celles qui les avaient précédées. Aujourd'hui ne ferait pas exception à cette règle trop commune.

Jusqu'à ce qu'elle crût entendre une voix venue d'ailleurs, en tout cas, elle en était persuadée. Mais en s'immobilisant et en mettant en alerte tous ses sens, Murphy réussit à se convaincre que cette voix ne naissait pas dans ses circuits neuronaux. Il y avait quelqu'un dans les parages, quelqu'un qui parlait sa langue, et ses sourcils se froncèrent sévèrement en réalisant que ce quelqu'un n'obtenait pas de réponses et de fait, conversait avec Antarès. Son esprit était déjà passée à la conclusion suivante; quelqu'un qui parlait sa langue, par ici, c'était forcément quelqu'un de là-haut. Un des jeunes ou un de deux qui étaient arrivés avec elle. La seule différence entre les deux groupes résidait dans les inimitiés qui lui étaient inhérentes. Et elle se savait suffisamment loin de chez elle pour réaliser qu'elle avait sûrement à faire à un Cent. La conclusion la frappa en quelques centièmes de seconde à peine et son poil s'hérissa alors que le doute sur les intentions de ce quelqu'un s'amplifiait. Elle connaissait suffisamment son propre groupe pour savoir que les opinions divergeaient autant qu'un très mauvais strabisme. Il était justifié de s'imaginer que les choses étaient au moins similaires chez les jeunes. Mais quelles étaient les probabilités, hein ? Quelles étaient les probabilités de tomber sur un dégénéré, ou de tomber sur quelqu'un d'aussi bien intentionné qu'elle ou encore pire, qu'Antarès ?

Sa brève pause au milieu des arbres ne dura que deux ou trois secondes et déjà elle reprenait la marche, bien trop pressée de retrouver son chien pour éviter de se manifester. Ses pas hâtifs faisaient craquer une multitude de petites branches et de feuilles séchés par l'été. Lorsqu'enfin elle trouva la source de la voix, elle s'arrêta net, déjà prête à décocher une flèche.

Son regard s'adoucit presque instantanément. La point de la flèche s'abaissa doucement. Antarès était confortablement assis devant un jeune homme, la langue pendue. Peut-être que la tranquillité du chien la rassurait, mais ce n'était pas tout. Elle reconnaissait les bouclettes et l'homme qui les portait. Un fin sourire, un peu crispé pourtant, se dessina sur ses lèvres. Elle le croisait régulièrement, ici. Dès que les groupes se mélangeaient, il était là; c'est qu'il ne pouvait pas être des plus réticents à l'idée de rencontres avec les Odysséens, si ? Mais en le dévisageant silencieusement une seconde de plus, Murphy réalisa que les souvenirs ne s'arrêtaient pas là. Elle l'avait connu plus jeune, ce visage, et le souvenir de leur entrevue à Noël, lorsqu'elle avait fait la connaissance de Thaïs, la frappa subitement. Déjà à ce moment-là, ce visage s'était accompagné de son lot de réminiscences. Peut-être s'étaient-ils croisés là-haut, peut-être se connaissaient-ils via des amis d'amis d'amis, ou quelque chose d'aussi alambiqué. « Te laisse pas avoir par sa gueule d'ange... il tuerait sa maîtresse pour un peu de bouffe. » Elle sourit en reprenant doucement sa respiration, glissant sa flèche dans son semblant de carquois. Elle n'aurait probablement aucune utilité aujourd'hui.


Dernière édition par Murphy Cavendish le Dim 28 Oct - 17:30, édité 1 fois
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Taël D'Arbanville
16/04/2015 Isaïah/Burning Soul Ozvan & Hyacinthe & Ten & Celeste ( ex Elouan ) & Tam-Tam 13285 Aneurin Barnard Alex Tempêtueuse :) & AVENGEDINCHAINS & Lux Aeterna & Rowen & Harlan Cuisinier - Aide soignant/Leader Camp de vie Cent / Ex-kidnappé 1299
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Sujet: Re: Keep the Faith Ψ Murphy
Jeu 25 Oct - 22:13


Murphy & Taël  #OldStories


La lumière baignait d'une douce ambiance ce petit lieu particulier, le chant des grillons participait à l'illusion de douceur qui y régnait. aux pieds de Taël s'étalaient diverses brindilles qui craquelaient au moindre de ses mouvements. Lieu magique pour lui, le fils de l'espace n'y recevait jamais aucune visite. Il se doutait néanmoins du passage fugace de terriens quand il retrouvait ses bouts de bois retournés dans tous les sens.

Et comme on ne lui dérobait jamais aucun de ses outils, le cuisinier supposait qu'ils leur paraissaient plutôt ridicules. Lui ça l'arrangeait bien qu'on méprise son travail, au point que les habitants de l'île ne daignassent même pas le saccager. Peut-être même trouvaient-ils matière à rire de ces différents essais ? Le grésillement d'une abeille vint résonner prêt de ses oreilles, tandis qu'il s'adressait à l'animal qui se tenait assit devant lui, l’œil vif et rempli d'intelligence. Le bouclé suspendit alors son geste afin de ne pas risquer de se faire piquer par la vilaine. Peine perdue car ce fut un gros bourdon maladroit qui vint se cogner sur le front du jeune homme. Celui-ci tenta de le chasser mais le gros ailé s'obstinait comme s'il exigeait que Taël se baissa afin de le laisser passer.

Finalement il rebondit sur l'épaule du cuisinier et fut propulsé dans une autre direction s'éloignant bruyamment du duo. Un instant avant de reprendre son travail fastidieux, mais combien passionnant, le cent éprouva le sentiment de deux yeux posés dans son dos.  Un rayon un peu rebelle traversa le feuillage de la canopée pour venir se planter dans ses pupilles l'aveuglant instantanément tout en le distrayant de ses vagues soupçons.


La main hésitante s'immobilisa quand une tonalité féminine vibra dans l'air ambiant. Un langage qu'il comprenait sans aucune hésitation. Il reporta alors son attention sur le canidé, pendant qu'une vision confuse de deux chiens se battant pour un lapin déchiqueté lui titilla la mémoire. Une évidence s'imposa au Bouclé, il ne la croisait pas pour la première fois cette bête là, elle appartenait même à un des visiteurs de ce précédent Noël !

Le brun rechignait à se détourner de son occupation, sortir de cette parenthèse paisible qui n'appartenait qu'à lui pour y incorporer une autre personne. Encore moins une Odysséenne... lui pourtant si conciliant poussa un léger soupir agacé, et s'il l'ignorait ? Avec un peu de chance elle s'éloignerait sans insister ? Malheureusement il fleurait une âme persistante, ce que lui confirmait la bonhommie de ce compagnon à quatre pattes de la dame. Assit sur son derrière, le regard vif, particulièrement intéressé par ce que contenait ses mains, il ne détalerait pas de sitôt.

Lentement, comme à regret il se retourna vers sa visiteuse. Sa poitrine se serra, il manqua d'air, un étau invisible prenait son cœur en otage. Soudainement il haletait comme si son oxygène se raréfiait le fuyant comme la peste. Un frisson parcouru son échine qui lui fit redresser tous les poils de son corps. Des bouffées de chaleur le firent s'agripper aveuglement à ce qui se trouvait prêt de lui dans la crainte de perdre conscience devant le vertige qui s'annonçait. Oui il aimait bien les étoiles mais pas en plein jour, ce fut cette étrange pensée qui apaisa la crise de panique qui s'annonçait. Après il existait peu de chance qu'elle lui passa les menottes dans ce lieu à cet instant...


« Mmm.... Ou... ais » Baragouina le jeune homme reportant son attention sur la gueule d'ange en question, tout en s'efforçant de reprendre la maîtrise de sa respiration. Relativiser. Oui. Si jamais il eut jamais été question de remettre "les cent" en prison, les Odysséens se fussent découverts plus hostiles. Mais maintenant qu'ils s'établissaient dans une vieille ville appartenant aux temps disparus, qui pour deviner leur prochain mouvement ? Paranoïa ?

Désormais il ne pouvait être considéré comme le frêle adolescent brutalement arrêté comme le pire des criminels. Depuis il affronta une Geôle Rahjak, avec des bourreaux qui ignoraient la signification du mot bonté


« J'ai quelques biscuits dans ma besace, si ça peut l'empêcher de me sauter à la gorge je partagerais volontiers avec lui » Finit-il par lâcher, il attendait la suite des événements. Continuerait-elle son chemin après cet échange banal ou entrerait-elle dans le vif d'un sujet qu'il se refusait à confronter ? Taël déposa alors prudemment la petite sculpture qui accaparait tout son esprit avant cet intermède imprévu. Un petit hérisson qui commençait à prendre forme, un jour quand il en trouverait le courage il le porterait sur la tombe de Thaïs.

Il se releva ne quittant pas du regard le copain de la brune envahissant son espace. Puis fit quelques pas sur le côté pour saisir sa besace dont il sorti une vieille corde, des outils hétéroclites, une gourde, puis enfin un paquet de vieux plastique dont il extirpa quelques bouts moelleux qu'il tendit au chien
« C'est moi qui les ait cuisinés » Précisa-t-il dans le cas ou la femme le soupçonnerait de refiler un vieux truc avarié qui rendrait malade tous ceux qui en avaleraient.

Quelques bouchées passèrent par les lèvres du bouclé pour terminer dans son estomac, au risque de se faire comparer à un gourmand, ou plutôt un goujat. La démonstration consistait plutôt à prouver qu'il ne s'empoisonnerait pas lui-même. Tout le monde n'ayant pas la chance de posséder l'entraînement de Mithridate.

Taël remarqua alors que la fameuse gueule d'ange, flairait avec délicatesse l'intérieur de la main qu'il lui tendait
« Il me semble un peu septique, peut-être qu'il doit vous voir en manger aussi ... Si ça vous dit ? Je suis plutôt bon cuisinier, enfin je me débrouille avec les moyens du bord »

Non pas que le bouclé souhaita faire ami ami avec elle, mais éviter de déclencher les hostilités. Néanmoins, observateur, le cent ne pu s'empêcher de distinguer comme une étincelle au fond des prunelles de la brune. Quoi que ... elle se situait trop loin pour qu’il puisse le prétendre, à moins d'avoir la vision d'un aigle. Surtout avec un soleil aussi éclatant qui vous aveuglait à moitié. Le visage, oui, celui de l'intruse, distillait un léger trouble, comme une indécision quis'étendait dans l'espace,  tels des petits fils invisibles pour fusionner avec le trouble de Taël.

Comme elle n'avançait pas, il ne pu retenir une interrogation qui jaillit de son être comme étrange hantise qui cherchait à s'échapper
« Il y un problème ? »

Entre lui et elle ? Fausse innocence qui se dissimulait sous la rare, quasi inexistante duplicité que révélait cette attitude. Tael, il l'inventait presque, rien que pour cette confrontation silencieuse. Le cuisinier rabaissa ses yeux quand sur la paume de sa main il y ressenti l'humidité d'une langue rapeuse. Finalement le canidé appréciait bien les gâteaux, on pouvait déceler dans sa difficulté à cesser de nettoyer la peau de Tael, l'envie d'une deuxième tournée.

« Ah ben c'est vrai que tu es insatiable, mais tu sais tu pourrais lécher aussi longtemps que tu veux, tu en trouveras pas en dessous de ma peau » Généreux, le cœur sur la main, malgré les angoisses qui le tenaillaient avec l'apparition de l'Odysséenne, le bouclé versa le reste de ses gâteaux sur quelques quelques brins d'herbes tendres. Ceux-ci furent engloutis dans la seconde

« Et bien ... Il m'en reste deux paquets, je m'étais préparé pour la journée ... » Taël ne divulgua pas davantage d'informations, pourquoi se justifierait-il de sa présence ou de ses activités à cette femme. Et il ne s’enquerrait pas des siennes malgré sa bévue à s’inquiéter d'un éventuel problème. Maintenant il ne tenait qu'à lui de diriger les bavardages autour de la nourriture avant que chacun s'occupa à nouveau de ses oignons « Je peux vous en laisser pour gouter et le retour »

Oui, oui exactement, il l'encourageait à tourner le dos, avec en bonus des petites douceurs à se mettre sous la dent « Moi je pourrais m'en refaire quand je le souhaiterais » Une demi-vérité qui ne se révélerait vrai qu'en rapport avec la disponibilité des réserves. Encore bien maigres pour le moment. Le bouclé ressorti un deuxième paquet, puis après avoir avoir refermé son baluchon, il le rangea dans un tas de bois récoltés par ses soins depuis presque deux ans désormais.

Après une légère caresse sur la tête de l'adorable estomac sur pattes, il fit quelques pas vers la femme, pour déposer le paquet sur une souche... Au cas ou elle acceptait le "cadeau". Après tout il se pouvait très bien qu'elle ait été élevée par une mère lui répétant qu'on n’acceptait pas les bonbons offerts par un inconnu. Et si le fait de faire parti des ceux condamnés à mourir dans l'espace aggravait ce fait, tant pis.
@Murphy Cavendish

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Murphy Cavendish
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Sujet: Re: Keep the Faith Ψ Murphy
Lun 29 Oct - 2:44



❝ Keep the faith ❞
Murphy Cavendish & Taël d'Arbanville
(25 août 2118)


C'était doux, pour une fois, de n'avoir pas d'autre but que se laisser voguer au grès de sa propre curiosité. C'était doux parce que c'était rare, probablement. Une demi-journée dans la vie de Murphy n'était jamais une demi-journée perdue, même loin de ses responsabilités et des virées et activités diverses avec lesquelles elle avait trop vite tendance à combler les trous laissés et trouvés dans son emploi du temps de militaire. En s'offrant ces quelques heures, en offrant à Antarès le loisir de découvrir de nouveaux coins un peu inexplorés et encore secrets, elle se permettait d'ouvrir le regard sur le coin comme elle ne s'autorisait que plus rarement à le voir. Ce jour-là, elle ne vadrouillait pas comme elle le faisait si souvent, à l'affût du danger comme la patrouilleuse méfiante qu'elle était. Elle avait laissé tomber cette casquette pour se focaliser sur son seul plaisir qu'était celui de combler sa curiosité. L'été, le monde tournait au ralenti, d'un ralenti différent de celui qu'imposaient le gel et les neiges. C'était de la poudre aux yeux, et le fait d'en avoir conscience permettait à Murphy de ne pas se laisser emporter par cette naïveté, mais il semblait que les dangers habituels, eux aussi, profitaient des mois les plus chauds pour prendre une pause. Les températures jouaient leur rôle à leur place, n'est-ce pas ? C'était elles qui s'imposaient comme les plus périlleuses, pendant ces quelques mois assommants d'été. On cherchait du répit partout, tout le temps, mais malgré soi, on n'avait d'autre choix que de se laisser s'y habituer. La moiteur, la fatigue, les essoufflements, les rayons aveuglants du soleil; tout s'insinuait en quelques jours dans les êtres jusqu'à ne leur donner plus que la seule alternative d'accepter cette réalité pour les semaines à venir. A l'abri de la forêt, sous le filtre de la canopée, Murphy profitait de l'escapade pour trouver un peu de répit. Plus que quelques semaines à tirer et ils pourraient à nouveau accueillir l'automne, qui avec lui ramènerait la paralysie de l'hiver. Alors, plutôt que de se plaindre de l'été, Murphy préférait apprendre à faire avec, parce qu'au moins, elle pouvait vadrouiller.

Ses quelques heures de liberté arrivaient bientôt à leur terme. Parmi elles, il fallait savoir compter le même temps de trajet pour le retour, et dès que la moitié du temps qui lui était imparti avait filé, Murphy sentait le parfum un peu aigre du retour à la réalité poindre. C'était le cas maintenant, alors qu'elle cherchait Antarès, prête à le siffler pour qu'il la retrouve et qu'ils prennent le chemin du retour, tout autant à contrecœur que ça soit.

Mais ce virage brusque ne se ferait pas sans quelques surprises. Impossible de retrouver Antarès, et si elle profitait de chaque seconde passée à le chercher pour repousser le retour au village, elle savait pertinemment reconnaître l'inquiétude qui grandissait dans ses tripes. Avec son chien, elle commençait sévèrement à collectionner les mésaventures. Elle ne voulait pas d'un troisième incident à ajouter à sa liste déjà trop longue à son goût. Pourtant, à mesure que les secondes s’égrainaient sans pouvoir trouver son compagnon à quatre pattes, Murphy commençait à envisager un troisième accident.

C'est une voix, un peu plus loin, un peu étouffée par la distance, qui changea la donne. La brune s'immobilisa un instant, comme si ça pouvait donner à ses oreilles le pouvoir de percevoir de nouveaux sons, de comprendre des mots dans le flot diffus qui lui parvenait. En suivant le gradient sonore, Murphy ne fit pas attention une seule seconde aux bruits qui pouvaient signaler sa propre présence. Le sens de l'urgent prévalait sur tout le reste. Elle ne pouvait se résoudre à imaginer le pire, car ce n'était pas des cris qu'elle entendait. Pourtant et elle le savait, tant qu'elle n'aurait pas son chien sous les yeux, elle serait bien incapable de faire taire les instincts primaires qui lui rongeaient les entrailles. Elle voulait le voir, entier, heureux, même si elle serait capable d'accueillir un peu de méfiance chez lui. Elle voulait savoir qu'il ne courait aucun risque, voir qu'il ne courait aucun risque et bien vite, elle se retrouva face à une scène qui lui en rappelait d'autres passées. Antarès s'était arrangé pour trouver l'une des seules âmes humaines qui devaient occuper le territoire dans lequel ils se trouvaient.

L'arc de Murphy se baissa en une seconde et elle se sentait à nouveau capable d'inspirer un peu de l'oxygène dont avaient cruellement manqué ses poumons pendant ces quelques instants. La flèche rangée dans son dos, elle offrit un sourire un peu étrange à l'homme qui se tenait en face d'elle. Elle le connaissait, un peu ou beaucoup; elle devait l'admettre, elle s'en moquait royalement. Ce qui comptait juste, là, maintenant, c'était de se rappeler qu'elle l'avait croisé plusieurs fois pendant les rencontres entre les peuples. Il avait été là lorsqu'ils avaient tous fêté Noël chez les jeunes; il avait été là lorsqu'ils avaient tous tenté des pourparlers, un peu plus tôt dans l'année. Ce qui comptait, c'était juste ça : il parlait sa langue, il vivait dans le coin, et surtout, surtout, il était de ceux qui acceptaient volontiers de faire un pas vers l'autre. C'était pour ça qu'elle lui souriait, aussi crispé son sourire puisse-t-il être.

Mais il y avait quelque chose d'étrange dans cette rencontre. Le silence qui suivit lui parût bien trop longtemps. Le jeune mit quelques instants à se retourner. « Tout va bien ? » Elle s'avança d'un pas, inquiète, se demandant si Antarès n'avait pas franchi certaines limites avec l'homme. A le voir assis sagement devant lui, la langue pendue, le regard brillant, il y avait vraiment de quoi douter de cette théorie, mais certaines théories étaient faites pour être démontées. Elle s'arrêta encore à quelques mètres respectables du duo qui lui faisait face, alors que l'Odysséen reprenait la parole. « Il t'a embêté ? » Elle s'enquérait, un peu inquiète, en l'entendant proposer quelques gourmandises à Antarès, dans la seule perspective de le voir calmer ses ardeurs. Ses babines ensanglantées pouvaient préoccuper, mais elles étaient au contraire et surtout le signe d'un estomac fraîchement comblé. De loin, elle regarda le Cent poser quelque chose à terre et se relever. Son regard restait rivé sur Antarès, dont il semblait redouter qu'il ne se jette dessus dès qu'il lui tournerait le dos. C'était bien mal connaître le canidé. L'Antarès qui se tenait devant eux était un Antarès heureux, calme, bien nourri; un Antarès en confiance, aussi. C'était peut-être pour qu'il était si difficile pour Murphy de concevoir que l'un puisse représenter une menace pour l'autre. Au fil du temps, elle n'avait pu qu'apprendre à faire confiance aux instincts de son chien. Même s'ils lui faisaient parfois défaut, on pouvait attribuer cet absentéisme à la panique exceptionnelle que pouvait représenter une météo ravageuse. Pour les intentions qui émanaient de l'Homme, Antarès n'avait jamais donné de raisons à sa maîtresse de ne pas lui faire confiance. Alors même si quelques souvenirs l'avaient d'abord rassurée, c'était maintenant l'attitude de son chien qui achevaient de lui confirmer que cet homme n'était pas de ceux à s'insurger violemment contre les Odysséens. Et de la même façon, le chien qui se tenait devant le presque inconnu n'avait rien de celui qui se dressait férocement devant une menace. L'homme n'avait rien à craindre de lui, lui non plus.

Sans trop savoir quoi faire, Murphy restait immobile, regardait l'homme sortir quelques affaires. Elle n'avait pas lâche son arc, auquel elle s'accrochait comme si elle était sur le départ. Elle n'attendait qu'Antarès, qui semblait ne pas l'entendre de cette oreille. Il avait compris ce que cachait l'inconnu. Ca se voyait à' l'intérêt qu'il portait au moindre de ses gestes. Silencieusement, respectueusement, elle regarda l'inconnu grignoter quelques douceurs devant lui, devant eux. « Je plaisantais, hein... il est gourmand mais il te fera pas de mal. T'as l'air d'être dans ses petits papiers. » Le chien, lui, continuait de fixer sa nouvelle rencontre, en jetant de temps en temps un bref coup d'oeil à sa maîtresse restée en retrait. Mais il ne faisait pas bien attention à ce qui pouvait se passer autour de lui, puisqu'il y avait un peu de bouffe en jeu. Après le festin qu'il avait dû s'offrir un peu plus loin dans la forêt, quoi de mieux qu'un petit dessert si savamment présenté par le chef cuisinier ?

Murphy, elle, perplexe, laissait ses prunelles voguer d'un protagoniste à l'autre. Apaisée d'avoir retrouvé Antarès et constaté que sa rencontre était plutôt bienvenue, elle laissait ses pensées se recentrer. Elle se souvenait s'être posé des questions, au sujet de cet homme, à Noël. Oh, bien d'autres préoccupations étaient venu éclipser ce questionnement. Peu importe les interrogations qui lui venaient, les réponses semblaient appartenir à un autre monde, qui les rendait accessibles. « Non, merci, j'ai pas faim... » refusa-t-elle poliment la proposition de l'homme. Antarès n'avait pas besoin de cette sécurité, elle le savait. Il avait vu l'homme goûter à ces fameuses friandises avant lui. Ce n'était qu'une question de temps avant qu'il ne délaisse ce semblant de politesse pour faire un sort aux gourmandises qu'on lui proposait trop généreusement. Silencieusement, elle continuait de fixer le duo, comme si elle attendait d'eux le début d'une réponse. A la place de ce miracle, elle obtint de l'homme une question qui lui rappela qu'elle était partie à mille lieues de cette forêt. « Non, non... » Elle secoua brièvement la tête pour se remettre les idées en place et avança vers son chien et celui qu'il fixait. Avec un tendre sourire, elle constata qu'Antarès, de son côté, avant abandonné cette drôle de bienséance qu'il s'était imposée jusque-là et avait nettoyé la main de l'homme de tous les petits restes de biscuits qui avaient pu encore y trainer. Le sourire de la brune s'agrandit lorsqu'elle vit l'homme devenir aussi attentionné qu'elle ou Tennessee pouvait l'être avec cette boule de poils. « Oh, non non », l'arrêta-t-elle en arrivant près de lui, alors qu'il proposait déjà de rajouter quelques biscuits aux miettes que le chien avait avalées. « C'est très gentil mais tu les as préparés pour toi, on veut pas abuser de ta gentillesse. » Elle jeta un bref coup d'oeil à Antarès et se reprit avec un petit sourire. « Enfin, je veux pas abuser de ta gentille. Lui il est pas raisonnable... » Elle s'accroupit au niveau de l'animal, encore à un bon mètre de lui, et chercha par de petits gestes à le ramener à elle. Elle finit par se redresser, l'invitant d'un claquement de doigts à en faire de même. Elle suivant l'homme du regard qui, de son côté, déposait une petite boite en plastique sur une souche d'arbre à côté d'elle. « Oh non non, t'es gentil mais je voudrais pas que tu regrettes d'avoir croisé notre chemin. Profite de tes biscuits... » Après un sourire bienveillant en direction de l'homme, elle se pencha un peu et tapa dans ses mains pour attirer l'attention d'Antarès. « Je m'rends pas bien compte... on est loin de chez vous, ici ? » Le chien s'était dressé sur ses quatre pattes sans grande conviction, continuant de jeter des regards gourmands à l'homme qui l'avait un peu trop gâté. Murphy fit un pas en arrière, prête à le laisser vaquer à ses occupations, consciente d'envahir l'intimité de quelqu'un qui était probablement venu ici s'isoler du reste du monde. « Je... » Elle hésitait, tout de même, à satisfaire sa curiosité. Elle ne pouvait pas rester encore très longtemps ici, de toute façon. Autant avoir un semblant de réponse à partir duquel entamer ses propres réflexions plus tard. « On s'est déjà vus plusieurs fois... t'étais plutôt futé, au printemps, avec tout le monde. » Un bras croisé sous sa poitrine, un index dressé vers lui, le regard froncé, elle essayait de réunir ses quelques souvenirs pour donner elle aussi un peu de matière à celui qui lui faisait face. « On s'est vus à Noël, aussi. Avec... » Elle se raidit, avala sa salive avec un peu difficulté, et reprit en ignorant le prénom qu'elle s'était apprêtée à citer. Thaïs ne s'insinuerait pas ici, pas aujourd'hui. « Jsuis désolée, on se connaît ? » abandonna-t-elle finalement sans plus d'explications, plantant son regard dans le sien comme s'il était le seul des deux à pouvoir relier les quelques points qu'elle avait réussi à réunir.
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Taël D'Arbanville
16/04/2015 Isaïah/Burning Soul Ozvan & Hyacinthe & Ten & Celeste ( ex Elouan ) & Tam-Tam 13285 Aneurin Barnard Alex Tempêtueuse :) & AVENGEDINCHAINS & Lux Aeterna & Rowen & Harlan Cuisinier - Aide soignant/Leader Camp de vie Cent / Ex-kidnappé 1299
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Sujet: Re: Keep the Faith Ψ Murphy
Lun 24 Déc - 18:57


Murphy & Taël  #OldStories


Une aiguille inattendue venait de percer sa bulle, l’éclatant en petit morceaux translucides qui se déposaient un peu partout dans son petit coin de paradis. Oh non ce n'était pas la faute de l'animal étrange qui se révélait finalement être un simple chien. Et quand il le qualifiait de simple, il n'entendait pas bien entendu : Idiot. Bien au contraire celui-là possédait des yeux qui pétillaient d'intelligence, comparé aux cochons sauvages ou aux moutons dont il s'occupait dans leur campement. Bien qu'il ne leur reniât pas un certain esprit quand ils décidaient de vous mettre des bâtons dans les roues.

Non, le bouclé se découvrit plutôt soulage de ne pas faire face à un ours en colère ou un loup affamé. Et même il eut volontiers partagé des moments de jeu avec le canidé si ce dernier en eut manifesté l'envie. Cela eut diverti Taël de ses pensées chagrines, afin de lui redonner l'énergie pour poursuive ce qu'il appelait son œuvre dans sa tête. Après tout la journée s'y prêtait, lumineuse, douce, calme tout en étant agrémentée des pépiements des moineaux.  Ainsi que du chant des grillons qui le charmait particulièrement quand il venait dans les parages. Il lui arrivait au brun de demeurer de longues minutes, presque des heures parfois, complétement immobile à les écouter. Ils mélodiaient les songes qu'il se permettait loin des siens, les seuls instants ou il se donnait le droit de faire preuve de ce que d'autres dénommeraient paresse mais que lui associait à du repos.


Cependant ELLE se matérialisa à la suite du nouvel arrivant à quatre pattes. Ce ne fut pas sa voix qui déclencha l'explosion, pourtant bien gravée dans sa mémoire d'adolescent mais bien le visage de l'Odysséenne. Plus vieille, d'au moins quatorze années, ce qui le fit hésiter quelques secondes quand il la revit aux festivités de noël concoctées par les cent. Son visage malgré le temps ne lui apparaissait pas du tout différent. En réalité avant de la revoir il n'eut pas réellement su la décrire, car elle s'étiolait plus dans sa mémoire que comme une silhouette sombre et menaçante. Mais la réalité le rappela rudement à la raison quand elle rattrapa le bouclé.

Depuis lors il s'abstenait doublement de s'aventurer du côté des AUTRES. Il refusa même de se rendre dans leur nouveau camp et n'accompagna pas l'équipe qui se chargea de leur amener Thaïs. De toute façon un de plus n'eut pas accélérer la marche ou la guérison de sa petite marmitonne.

Tout d'abord la présence de l’intruse le dérangea de son isolement, puis elle l'inquiéta jusqu'à ce qu'il se mît à paniquer. Ostensiblement il n'en montrait rien, ceux qui finissaient par le déceler savaient désormais que tout malaise ou toute excitation se transformait chez le bouclé en maladresse. Il ne manqua donc pas de devenir soudainement bavard, sans attendre réellement les réponses aux questions qu'il adressait à la femme qui se tenait non loin de lui. Au fond tout ce qu'il souhaitait c'est qu’elle accepta ses gâteaux, puis s'en aille très vite.

Pour que ses poumons puissent se détendre, que l'oxygène circula à nouveau dans son sang comme il se devait, non pas en se raréfiant au point qu'il s'étouffa lui-même. Le bouclé tenta diverses approches un peu comme s'il désirait amadouer une bête sauvage et sanguinaire. Qui d'évidence l'aurait déjà occis sans attendre. Si elle lui parlait il n'écoutait pas, ou plutôt il demeurait hermétique à toute forme de véritable communication entre Elle et lui. A croire qu'il refusait la possibilité que ce fut simplement concevable.

Le seul écho résonnant dans ses oreilles s'y répercutait comme une balle magique : Non. Voilà à quoi aboutissait ses coups de balai imaginèrent pour dégager l'intruse, la coupable, celle qui l'arracha à son appartement minable pour le conduire dans une cellule encore moins réjouissante. Pourtant quand il s'y arrêtait désormais, ça craignait beaucoup moins que celle des Rahjaks.

Maintenant il se découvrait légèrement dépourvu tandis qu'elle prenait racine sous couvert de décliner par générosité. Quelques insectes volants tournoyaient déjà autour des morceaux exposés pour appâter l'Odysséenne. Néanmoins le dénommé Antarès alla y passer sa langue râpeuse pour les réclamer siens. Apparemment il défendait avec ruse un bien que les humains abandonnaient à sa portée. Mais surtout il saisissait certainement que sa maîtresse n'y gouterait pas
« Non, non ... D'accord, mais faudra que j'en refasse quand même puisque lui, on dirait bien qu'il à faim »  

EllE recula. Il respira. A cour d'offrande il se sentait obligé à engager une éventuelle conversation. Ce pourquoi il ne se révélait pas toujours très doué. Les siens ne lui demandaient pas d'être charismatique ou de pouvoir déblatérer comme un mathématicien ou un savant. Les cent, ils composaient avec le bouclé, tout comme lui les acceptait tous avec leurs faiblesses ainsi que leurs forces. Ici il se s'estimait piégé dans une situation qu'on - ELLE - lui imposait, il rechignait donc à se montrer sous son bon jour, mais en avait-il réellement un de mauvais, lui qui ne parvenait pas, à part de très rares occasions qui ne se comptaient même pas sur les doigts d'une main, à garder rancune à qui que ce soit. ELLE, il souhaitait juste qu'elle s'en aille, non lui faire le moindre mal. Il expira puis recula, attrapant au passage la petite sculpture destinée à sa protégée disparue.

Il la serra très fort dans sa paume l'implorant de lui offrir un peu d'imagination pour de se dégoupiller de toute cette affaire sans provoquer d'incidents. Dans son cerveau ça ressemblait à une guerre nucléaire, sur place il régnait un silence un peu lourd mais rien qui put passer pour un champ de bataille. Pourquoi ne s'écartait pas de ce lieu ? Quand Taël se décida enfin à diriger ses prunelles vers elle, la regarder en vrai, il découvrit une expression empreinte de curiosité. Elle brisa les non-dits, il pencha la tête vers la droite intrigué
« Futé ? .... Oui je suis RE-venu ce printemps ... »

Parce que ce n'était pas la première pour lui, d'abord ils aidèrent les pikunis après le tremblement de terre, puis il revint régulièrement pour enseigner sa langue à Nahyri en échange de divers objets utiles, mais aussi elle lui apprit comment sculpter le bois. Il y eut cette délégation Rahjak ou-il reconnu ses kidnappeurs et les désigna du doigt tout en cédant à sa narcolepsie qui ne supportait plus une telle pression. Évidement ELLE ne pouvait pas le deviner, mais Taël désirait le préciser. Une façon de signifier qu'il explorait le terrain avant l'Odysséenne.

« Je m'en souviens que tu as parlé ... Aussi » Un peu plus que les conseillers d'ailleurs, à moins qu'elle n'en soit devenue une depuis, et ça lui déplaisait encore plus de concevoir cette éventualité. La nécessité de se rassurer un peu le poussa à s'aventurer vers une direction qu'il rechignait de regarder « Tu ne serais pas devenue une conseillère par hasard ? » Ce qui impliquait une certaine connaissance de cette femme.

Interrogation qui croisa la seconde affirmation de la brune. Noël, oui cette fameuse fête ou les siens invitèrent les Odysséens. Taël loin d'être chaud pour cette visite ne s'y opposa pas. A défaut de lui, quelques-uns possédaient encore une partie de leur famille, ça eut été leur ressembler aux autres, s'il se fut dresser pour empêcher ces retrouvailles
« Oui je m'en souviens de Noël, j'avais un peu trop bu » La troisième fois de sa vie, d'ailleurs il n'avait pas renouvelé l'expérience depuis.

« Mais lui maintenant je me rappelle … » lança spontanément Taël dont les souvenirs se décantaient tout doucement à force de réflexion. Les deux chiens qui se battaient pour un cadavre de lapin, juste à côté de lui. Gus le petit roquet qui accompagnait toujours Gamora, puis l'autre, celui qui se trouvait devant ses yeux, la truffe au vent dans l'espoir de dénicher quelques biscuits supplémentaires « C'est lui qui s'est battu prêt de moi, maintenant je m'en souviens ... Et toi aussi ... Oui »

Ses mots légèrement enthousiaste au début se dissipèrent dans une espèce de furtivité taciturne. Car à la fois le moment, mais les sentiments qui l'accompagnaient jaillirent dans l'esprit du bouclé. Surtout cette peur irraisonnée qu'il éprouva alors

« Avec ... » Il répéta mécaniquement la fin de sa phrase à ELLE. Il n'identifia pas la personne que la brune s'interdisait de citer, Taël n'exerçait pas le don de lire dans les pensées bien qu'il se montra toujours très empathique. Il supposa donc qu'elle se terminait ... Avec tout ce monde ... « Oui on était presque tous réunis ça faisait beaucoup de personnes » Assez pour qu'il ne se retrouva pas assit à côté d'elle. D'ailleurs le cuisinier ne se remémorait pas grand-chose de la suite de ce dîner. Alors quand ELLE se rendit droit au but, il sursauta. Elle lui offrait une réponse, elle ne gardait aucune réelle souvenance de lui. Une image flétrie sans doute bien rangée dans l'obscurité de son esprit.

« Peut-être ... »

Que dire ? Il se décantait plusieurs vérités. Le seul fait immuable s'avérait que sur l'Odyssée ils ne se serraient pas la main, ils ne discutaient jamais ensemble. Ni avant, ni après l'incident. Autour on broderait tous ce que l'on pensait selon que l'on se plaçait dans la peau de l'une ou de l'autre « Avant ce Noël je ne t'aie avais jamais rencontré sur terre et pourtant ton visage ne signifiait pas l'inconnu pour moi. Je crois que pour toi non plus ... Alors forcément c'est un truc qui s'est passa là-haut »

Le bouclé indiqua le ciel par-delà la canopée, sans lever le regard vers les étoiles invisibles en pleine journée. Puis il se tourna vers la construction qu'il destina longtemps à Gamora, qui désormais hantait furtivement les forêts des jours durant « Je suis entrain de construire une cabane, mais je ne suis pas vraiment doué, j'aimerais quand bien la finir tout de même. C'est pour mon fils adoptif ... »

Lui le môme il s'y amuserait, il pourrait s'y construire son enfance, apprendre la forêt, les animaux, tout le savoir dont eux, les cent, manquaient en arrivant sur la planète. Et lui Taël, il refusait qu'elle lui enlevât cette possibilité, à lui, ou d'autres des siens, pour des vieilles histoires qui ici adoptaient une toute autre signification. L'attention du bouclé se reporta sur ELLE « Qu'est-ce que tu es exactement ici ? Qu'est-ce que tu fais pour la vie des tiens ? Moi je suis cuisinier » Et un peu leader de vie de camp mais il ne s'en vantait pas forcément dans les conversations.

Le situerait-elle sans qu'il lui esquisser le sentier dans lequel s'était bâti leur accroc ? Surtout cela se révélerait-il très sain de remuer la boue accumulée dans l'espace ? Il leur demandait à eux, les vieux, d'oublier, alors ne deviendrait-il pas judicieux - ou risqué ? - De leur rendre la pareille ? « Je devais faire des études de médecine et finalement j'apprends à travailler du bois comme hobby alors que la cuisine en était un ... »

Enfin surtout parce qu'en concoctant divers mets à sa mère il découvrit que finalement ça lui plaisait bien. Il ouvrit sa paume pour dévoiler le petit hérisson fragile qui naissait du morceau de rondin choisit. Un jour, une nuit il irait le déposer dans le cimetière des Odysséens. Antarès tournoyait vivement autour de lui en battant de la queue « Je n'ai plus rien vieux, je suis désolé, à moins que tu aimes les fruits ? Il me reste une vieille pomme dans ma besace mais je ne pense pas que ça te plairait beaucoup » Distribuer toutes ses provisions de la journée en si peu de temps le découvrait pauvre et sans ressource pour la journée. Mais des jours de disettes lui et les siens en subirent des dizaines, alors se passer de manger quelques heures ne l'effrayait pas du tout. Ça le désolait simplement de ne pas rassasier un peu plus cet estomac sur pattes « Sinon peut-être que si je te disais mon nom ça te rappellerait quelque chose ? T'as une bonne mémoire de ces trucs-là ? »


@Murphy Cavendish Joyeux réveillon et Joyeux Noël


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Murphy Cavendish
06/12/2015 Lux Aeterna Nuna Cortez 37540 Sophia Bush Lux Aeterna (vava & sign & gifs & fiche rp) ancienne militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. 685
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Sujet: Re: Keep the Faith Ψ Murphy
Dim 6 Jan - 22:27



❝ Keep the faith ❞
Murphy Cavendish & Taël d'Arbanville
(25 août 2118)


La menace était passée très rapidement lorsque Murphy avait reconnu le visage de l'homme sur lequel elle venait de tomber au gré de ses pérégrinations et des explorations de son compagnon à quatre pattes. Elle ne le connaissait pas, pourtant; il y avait de drôles de réminiscences indéfinies, des sensations plus que des images qui lui revenaient, mais elle ne le connaissait pas. Le peu qu'elle savait de lui, elle l'avait déduit des deux occasions pendant lesquelles elle l'avait croisé. C'était un Cent, et un Cent sensé. De ceux à vouloir avancer ensemble avec ceux qui les entourait, même s'il s'agissait peut-être plus des Terriens que des Odysséens -ça, après tout, elle ne pouvait pas le savoir. Ce qu'elle savait, c'est qu'il avait été prêt à collaborer avec les siens lorsqu'ils étaient montés jusqu'au village des Pikunis, et ça suffisait à la rassurer sur ses intentions.

Pour tout le reste, Murphy ne pouvait s'empêcher de sentir un drôle de flottement dans le fond de l'air, comme si les teneurs de leur toute première rencontre, celle qui demeurait coincée dans ses souvenirs sans parvenir à lui revenir, s'étaient emparées de l'atmosphère. Gênée sans trop savoir expliquer pourquoi, la brune cherchait à déguerpir au plus vite pour se débarasser de ce drôle de doute autant qu'elle souhaitait obtenir quelques réponses, ou même quelques bribes de réponses. Alors elle refusait poliment les biscuits qu'il lui proposait, et regardait d'un œil un peu sévère Antarès qui semblait toujours incapable de refuser ce genre d'invitations. Si son compagnon à quatre pattes faisait confiance au Cent, s'il grignotait ses créations culinaires, c'est qu'elle aussi pouvait lui faire confiance. Mais il demeurait ce drôle de truc qui pesait d'une façon tout aussi étrange. Le regard du Cent paraissait fuyant, accentuant la sensation de malaise sur laquelle elle ne parvenait à mettre ni mots, ni explications. Elle dérangeait, se répétait-elle. C'était évident qu'elle dérangeait : Antarès et elle l'avaient interrompu dans ses occupations, peu importe ce qu'il pouvait faire ici avec tout le barda qui l'entourait. Tous ceux qui se réfugiaient dans la forêt le faisaient pour se réfugier des leurs, quelques heures ou quelques jours, parfois plus encore. Mais c'était parfois quand on cherchait le plus la solitude qu'elle s'imposait salement à vous, et c'était le jeune homme qui semblait aujourd'hui en faire les frais. Antarès était celui des trois qui paraissait bien loin de tous ces questionnements, juste heureux de la nouvelle rencontre -ou des retrouvailles ?- qu'il venait de faire, plus que ravi que son nouvel ami lui offre, en plus, de quoi se remplir la panse. « Désolée » s'excusa-t-elle avec les lèvres étirées dans un sourire gêné. « Il a toujours faim. Et spécialement quand il voit de la bouffe après laquelle il a pas besoin de courir. » Et Antarès avait compris très vite que les gâteaux de l'étranger étaient comme les pommes de Tennessee : ils ne se débattaient pas beaucoup, et il n'y avait pas besoin d'entamer une course-poursuite épuisante ou de se salir le pelage avec le sang des victimes.

Mais le brun semblait ailleurs, il esquivait certaines de ses réponses et de ses questions, et Murphy se sentait de plus en plus poussée à quitter les lieux. Elle cherchait à attirer l'attention d'Antarès pour ça, mais rien n'y faisait. Le chien semblait avoir trouvé ici de quoi se poser un bon moment avant de reprendre le chemin de la maison. Parce qu'elle n'avait pas trop le choix, qu'il fallait bien combler le silence mais aussi parce que ça commençait à drôlement la tarauder, Murphy, de ne pas savoir ce qui semblait autant peser sur cette rencontre fortuite. Mais il y allait à pas de loups, comme si elle s'attendait à marcher sur des œufs, et n'osait encore revenir qu'à leurs rencontres récents, celles qui avaient laissé des souvenirs limpides dans sa mémoire. Les négociations avec les Terriens, après le passage destructeur du cyclone, avait présenté l'homme d'une façon sensée et posée au regard de Murphy. Elle avait tant redouté cette première rencontre entre les Odysséens et les Terriens, et leurs retrouvailles avec les Cents qu'elle avait apprécié chaque personne sensée à sa juste valeur. Ceux qui avaient été capables de décence, de raison, de respect, de factualité, de logique, Murphy les avait retenus. Ca aurait probablement été pareil pour les fauteurs de trouble s'il y en avait eu ce jour-là, mais la brune avait remercié le hasard qui régissait le monde d'avoir préféré l'option du calme, de la tempérance, de la solidarité et du partage à celui des la violence, des reproches, de l'isolement, du repliement sur soi. Et ce jeune homme, peu importe qui il était réellement, peu importe les circonstances dans lesquelles ils avaient pu se rencontrer dans une autre vie, avait été l'un des moteurs qui avait permis à cette journée de s'engager dans cette première voie qu'elle avait tant espérée. Pourtant, en quelques mots, et en réalité en une syllable seulement, il lui rappelait qu'il n'avait rien à voir avec et avec eux, qu'il avait foulé ce sol avant eux, qu'ils avaient échangé avec des Terriens avant eux. Et instinctivement, l'esprit de Murphy fit à appel à tout ce qu'on lui avait déjà fait comprendre de son incompétence, parce qu'elle faisait partie des derniers arrivés, qu'elle était de là-haut et ne serait jamais d'ici, parce qu'involontairement, parce qu'elle n'était pas une Cent, elle avait fait partie de ceux qui avaient envoyé les Cents ici. « Oui. Si je me trompe pas, t'étais à la table des pourparlers, et t'as pas été con. Futé, quoi. » Elle tentait de retenir l'agacement que cette simple syllable avait suscité chez elle en rappelant à ses souvenirs les remarques de quelques personnes. Et lorsqu'il rappela à la militaire qu'elle avait aussi pris la parole, la jeune femme se raidit dans un réflexe de défense. Ce jour-là, Murphy avait pris la parole parce qu'aucune autre alternative ne lui plaisait. Tous avaient pris la parole; tous, sauf le Conseil. Tous, sauf les Odysséens. Pour une raison qui lui avait échappé, il y avait eu un problème de représentativité, et elle s'était avancée dans un geste impulsif pour rappeler leur présence à la table. L'inconnu s'apprêtait-il à lui faire un reproche ? La question qui tomba à la suite raisonna tout comme et Murphy réprima avec difficulté un soupir las avant de sourire et de souffler un rire discret. « Moi, conseillère ? Le jour où il pleuvra des ours roses. Personne voudrait ça. » L'avait-il sérieusement pensé conseillère une seule seconde ? Elle n'arrivait pas vraiment à lire ses remarques et ses questions, et s'offusquait dans de vieux réflexes de défense érigés face à tous ceux qui avaient explicité et explicitaient encore à quel point elle et ils étaient ridicules.

Mais cette rencontre n'était pas la seule qui revenait à Murphy. Il demeurait celle qui lui avait semblé être la première alors qu'elle avait amené avec elle de drôles de réminiscences sur lesquelles elle n'avait su coller aucune étiquette, aucune image nette; rien d'autre que de drôles de sensations de déjà-vu. « Oui, y'avait de l'alcool ce soir-là... » Elle se rappelait de sa propre expérience, le regard perdu dans le vague avec un petit sourire pendant un instant. « C'était la première fois depuis un bon moment qu'il rencontrait un chien, il était dingue ce soir-là » se rappela-t-elle en désignant Antarès du menton. Maintenant, il avait Frost, qu'il croisait quasiment tous les jours au village. Mais à l'époque, il ne fréquentait pas grande monde d'autre que les humains qui l'entouraient et les repas sur pattes qu'il chassait. Ca avait été la première fois qu'il avait rencontré un comparse canidé depuis qu'il avait quitté le cocon d'Oona et de son élevage de chiens. Mais ces souvenirs heureux laissèrent vite place à ceux empreints de mélancolie de sa première rencontre avec Thaïs. Sa phrase mourut avant qu'elle ne puisse l'achever du prénom de la jeune disparue. Elle ne laissa pas le souvenir de son amie s'interposer trop longtemps malgré tout, relevant les yeux vers l'homme qui confirmait que ce soir-là, il avait été bien nombreux. « Oui, c'était chouette... » Encore un peu mélancolique, sans doute, Murphy laissa ses mots s'étirer quelques secondes de plus. C'était fou comme ce qui avait fait un présent raisonnant pouvait disparaître dans les traces du passé, jusqu'à donner l'impression d'avoir appartenu à un autre temps, à une autre vie.

Comme pour se planter plus solidement dans le présent, le regard de l'Odysséen se planta dans celui du jeune homme. Il répondait à sa dernière question. Ou tout du moins, parait à cette question d'une façon qui la fit sévèrement froncement les sourcils. « C'est une devinette ? Une énigme ? » demanda-t-elle avec un petit sourire gêné, croisant ses bras sous sa poitrine comme si elle attendait qu'il clarifie ces indices qu'il semblait additionner comme s'il attendait qu'elle les réunisse de son côté et fasse tout le boulot. Comme s'il redoutait de lui donner une réponse. « Tu sais, j'ai vécu plus de trente ans là-haut, c'est un peu vague ce que tu me dis. » Ofelia aurait pu connaître ses parents, ou aurait pu s'occuper de lui ou de quelqu'un de sa famille, une fois, à l'infirmerie. Elle aurait pu le côtoyer de loin, grâce à des amis de loin, ou le croiser régulièrement dans les mêmes coins de l'Odyssée sans prendre la peine de le connaître davantage. Il aurait pu avoir été de la garde, lui aussi, et avoir été sous ses ordres, ou avoir appris les bases militaires de Richard, lui aussi. Les sourcils toujours froncés, Murphy leva le nez vers le chantier qu'il avait installé ici et lui présentait, comme pour changer de sujet. Avait-il des choses à se reprocher qu'il souhaitait ensevelir à coups de parades de ce genre ? Elle n'était pas dupe et ne perdait pas de vue ce mystère qui attisait de plus en plus sa curiosité, mais il avait réussi à attirer son attention sur les activités qui l'avait mené si loin de son camp. « Je reconstruis une maison au village, moi aussi. C'est un joli projet et un joli cadeau... » Et l'entendre mentionner un fils adoptif la radoucit subitement sans qu'elle ne puisse déterminer pourquoi. Elle pensait à Astrae, sans doute, sa filleule qui grandissait à vue d'oeil, petite étoile vive née sur une Terre qui serait son seul foyer. Son regard retrouva rapidement celui de l'homme, qui n'avait finalement pas besoin d'être contraint à la conversation pour aborder à nouveau ce sujet étrange d'une première rencontre oubliée. « J'étais et je suis militaire » répondit-elle simplement en écho à la présentation du Cent. Lieutenant dans la garde, mais ça, est-ce que c'était vraiment important ?

Instinctivement, les prunelles de Murphy quittèrent le visage de l'homme pour descendre à la paume de la main qui, doucement, s'ouvrait sur une petite figurine. Sa respiration se coupa quelques secondes alors que du coup de l’œil, elle devinait Antarès qui s'affolait tout autour de lui. Les doigts de la brune vinrent doucement chatouiller sa gorge dans un réflexe sonné, avec que son index ne vienne désigner le petit objet. « C'est... un hérisson ? » Elle leva un regard affolé vers le propriétaire de la statuette. « Tu... la... connaissais ? » Les images de sa tombe au village s'imposèrent à son esprit, et puis toutes les larmes qui avaient coulé dans le silence de hauteurs qui dominaient l'océan, dans les bras de celui qui avait tout absorbé sans rien dire. « Ne... lui parle pas de pommes, il en raffole. Mais c'est trop tard, je crois qu'il a compris » Elle parlait presque robotiquement, les yeux encore rivés sur le petit hérisson. Elle ne le releva avec violence que lorsqu'il lui proposa de donner son nom pour l'aider à se remémorer les choses. Mais se remémorer quoi ? Était-elle la seule des deux à qui faisaient défaut les pages de ce passé commun ? Tentait-il de lui faire comprendre qu'elle était stupide, ou bien qu'il ne présenterait pas ses propres souvenirs pas tant qu'elle ne parviendrait pas à raccrocher les siens à son minois ? Cherchait-il à retarder la remontée de ces souvenirs, ou bien carrément à les éviter ? Qu'est-ce qui se passait vraiment ? « Ecoute, arrête de tourner autour du pot. Si t'as quelque chose à me dire, tu me le dis. J'ai comme l'impression que j'ai pas besoin de me présenter, moi. Je me trompe ? » Les mains plantées à la taille, elle attendait qu'enfin on lui donne une réponse franche. Tourner les choses en énigmes et répondre à des questions par des questions, c'était perdre un temps monstre pour des conneries. Si leur passé commun révélait des différends ou des rancœurs, qu'il en soit ainsi. Murphy était capable de vivre en en voulant viscéralement à quelqu'un comme Chris; rien ne pouvait être pire que ça. La patience poussée à bout par la suite de parades adoptées en face, elle brisa la distance qu'elle avait instaurée entre eux et retrouva Antarès pour l'attraper et le serrer contre elle, prête à faire demi-tour si ces drôles de formes de sournoiseries n'étaient pas mises de côté. Putain, il était devenu lourd, ce con.

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Keep the Faith Ψ Murphy

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