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˜˜˜˜˜˜it's time to confess ⊰ feat. Judith
maybe life should be about more than just surviving


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07/05/2018 Dumbass*Angel non 138 Chloe Bennet Minibouh (avatar), ASTRA (signature) cuistot, avec aptitudes en botanique et cuisine 130


Sujet: it's time to confess ⊰ feat. Judith
Ven 24 Aoû - 6:47


it's time to confess
Yeux à demi-clos, j’entendais déjà du bruit, à l’extérieur. Visiblement, au campement de l’Odyssée, les gens se réveillaient plus tôt. À vrai dire, cela ne m’affectait pas vraiment, n’ayant pas trouver le sommeil, comme à l’habitude. Autant fatiguée en arrivant dans la chambre qu’en sortant. Le corps endolori par l’entraînement, je me remémorais la journée précédente, avec Chris. On ne peut pas dire que je suivais ma routine, lorsque je me retrouvais avec lui. L’un des rares à savoir exactement me faire exaspérer au point où je n’ai plus d’autre choix que d’accepter ses propositions. Il savait mettre la pression, ça c’est sûr! Et rien qu’hier, je ne pouvais pas dénier le fait que j’ai pris un peu goût à cette activité physique. Léger grincement de dents, en sachant ce qui m’attendrait, lorsque je le recroiserais. D’autres propositions, une façon qu’il trouverait de me convaincre de rester plus longtemps. Mais il en était hors de question! Bien que sa présence me rassurât, je n’arrivais pas à me défaire de cette impression de mouton noir, dans ce campement. Il me fallait donc m’éclipser en douce, sans faire trop de bruit. Non pas sans craindre chaque son perceptible, je marchais, pas à pas, vers l’entrée de ce petit gîte. C’est en marchant doucement que je remarquais la porte de la chambre de Chris ouverte. En regardant un peu, je compris qu’il était absent. Bon, eh bien on dirait que cela jouait à mon avantage! Je pouvais notamment prendre mon tas, ramasser mes choses et même lui laisser une petite note, le remerciant de son hospitalité. Puis, j’agrippais mon sac et partis rapidement.

J’évitais de croiser le regard des autres, ne voulant pas d’une autre discussion effrénée avec Skylar. Me faire discrète, c’était ma seule option. Je marchais donc sans vraiment regarder devant moi, ne sachant pas, en fait vers où me diriger. Honteuse d’une telle ignorance, je ne demandais pourtant pas mon chemin à qui que ce soit, préférant me débrouiller seule. Je crus entendre des murmures, mais je ne savais pas s’ils m’étaient dirigés. Préférable de ne pas les questionner là-dessus, n’étant pas en terrain connu. Oh, le chemin entre les deux campements était assez long. Je n’y arriverais, dans mon état, qu’en prenant plusieurs pauses. Tant pis! Le plus important, c’est que je retrouve vite le garde-manger, le potager et mon aire de travail, question que je me chasse toutes les autres pensées de mon esprit. Trop de sujets étaient remontés, hier, même si on ne s’était pas attardés dessus. Des blessures non pas physiques, mais encore béantes dès que l’on parlait de Robb ou de mon ancienne personnalité. Je savais bien, que je filais tout droit vers un chemin de non-retour, et ce, rien qu’avec les risques que je prenais pour ma santé. Des repas que j’évitais, la faim plus tant au rendez-vous, sans compter le manque de sommeil, que je qualifierais plutôt d’insomnie. Pas un cadeau, ni à entendre ni à voir.

Continuant de me faufiler à travers les gens présents, je percevais enfin ce qui me sembla être le chemin que j’avais emprunté en arrivant ici. Des pas plus rapides, alors que soudainement, je me retrouvais à faire collision avec … avec quelqu’un. Tout ce que je pouvais souhaiter, c’est qu’il ne s’agisse pas d’un garde. Autrement, je ne m’en sortirais pas sans explications. « Je suis désolée, je… je ne voyais pas où j’allais. » Je ne levais pas mes yeux immédiatement, mais lorsque ce fut le cas, j’aperçus nul autre que Judith. Cette jeune femme, archiviste sur le vaisseau, je la connus lors des fêtes auxquelles je participais, et ce, même si on ne m’invitais pas toujours. « Jude? Ça fait un moment. » Mon but n’était pas de faire la conversation. Je ne voulais que m’approcher de la sortie le plus rapidement possible. « J’espère que tu vas bien. » Je priais pour qu’elle ne me parle de rien, quoique je me doutais le contraire. Tout ceux qui furent mis au courant venaient parfois me voir pour s’excuser. Légère frustration, me disant que j’étais vouée à me le faire rappeler continuellement, le fait que la Terre m’aie volé mon frère, et que maintenant, il n’existait tout simplement plus.
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23/07/2018 Laenai / Alicia Tasha ♥ 141 Rachel McAdams Laenai Archiviste - Médecin 64





Aujourd'hui, j'étais de garde tôt le matin à l’infirmerie. Je m'étais donc levée de bonne heure et faisais un petit tour du camp pour me réveiller et me dégourdir les jambes. Je marchais tranquillement, saluant les autres lèves-tôt. Il faisait déjà chaud à cette heure matinale, mais je profitais encore de la fraîcheur de la brise et de la rosée du matin. Quand je repensais à notre vie sur l'Odyssée, rien ici n'y était comparable. L'air frais, la nature, le calme, les couleurs... tout ici m'enchantait. Et pourtant... oui pourtant j'avais peur de m'éloigner de cet endroit. Dans l'Odyssée, je me sentais en sécurité presque partout, tandis qu'ici seule le campement me redonnait un semblant de ce sentiment. Heureusement, je n'étais pas seule. Noah, en particulier, m'avait beaucoup aidée à m'adapter, et à ses côtés je me sentais en sécurité. Comme ça avait toujours été le cas, d'ailleurs.

Perdue dans mes pensées, je déambulais dans le campement, mes pas me menant comme d'habitude vers l'infirmerie, où se terminait mon petit tour. J'avais les yeux levés vers le ciel et j'étais encore une fois distraite par la nature qui m'entourait. Cela me jouait parfois des tours... et c'était le cas en ce doux matin. Je ne vis pas arriver la jeune fille qui me percuta avec empressement. Le choc n'était pas trop fort et je ne tombai pas, je ne fis que reculer en retenant une respiration, surprise et prise en flagrant délit d'inattention. Elle s'excusa en premier et je reconnus sans peine Rachel, une amie de Chris, que j'avais déjà croisée à plusieurs reprises sur l'Odyssée lors des soirées organisées par ce dernier. Depuis notre arrivée sur Terre, je l'avais également vue plusieurs fois lorsqu'elle venait apporter des plantes médicinales à l'infirmerie, mais nous avions rarement l'occasion d'échanger plus que des banalités. J'avais appris il y a longtemps que son « frère » était mort à l’atterrissage. Robb était également un ami de Chris. J'avais moi-même été attristée. Je considérais Noah comme mon « frère » aussi, et si je le perdais je ne savais pas ce que j'aurais fait... Je ne pouvais que compatir à sa peine, et je lui avais déjà fait mes condoléances lors de notre première rencontre sur Terre.

- Bonjour Rachel. Excuse-moi aussi, j'étais dans la lune. Enfin, dans les nuages, plutôt, ajoutai-je avec un sourire et un regard vers le ciel. On ne voyait plus la lune à présent, elle avait disparu, mais réapparaîtrait bien vite. Tu ne t'es pas fait mal ?

Rachel se releva avant que je n'ai pu lui tendre la main pour l'y aider. Elle espérait que j'allais bien. Ma foi, oui, j'allais bien. Je m'étais bien adaptée à la Terre et une nouvelle routine s'était installée. La routine m'avait toujours rassurée et aidée à ne pas perdre pied dans les moments difficiles. Je hochai la tête.

- Oui, je vais bien. Nous sommes beaucoup mieux ici qu'à l'ancien campement. J'aime bien cet endroit, lui répondis-je. Et toi, comment vas-tu ? Tout se passe bien ?

En posant cette question, je ne pus que remarquer les cernes sous ses yeux et son air fatigué. Elle ne devait pas avoir beaucoup dormi ces derniers temps. Ça pouvait être une raison de son état. Mais en y regardant bien, elle paraissait plus maigre qu'avant, et plus pâle aussi. Quelque chose n'allait pas... J'attendis cependant patiemment sa réponse, ne voulant pas la brusquer.

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07/05/2018 Dumbass*Angel non 138 Chloe Bennet Minibouh (avatar), ASTRA (signature) cuistot, avec aptitudes en botanique et cuisine 130




it's time to confess
Naïvement, je croyais que mes yeux rivés sur le sol éviteraient que l’on ne me voie et l’on ne vienne me poser plus de questions. Quoique je ne connaissais pas tout le monde, je savais pertinemment que l’un d’entre eux me reconnaitrait, engagerait la conversation et me retarderait. Je ne voulais que Chris me retrouve ici, alors que j’essayais de filer en douce. Qui sait ce qu’il me proposerait encore, lui qui semblait visiblement déterminer à me sortir de mon tourment silencieux. L’entraînement, le repas, son invitation non-contestable à rester dormir au gîte … seraient-ce des signes qu’il désirait subtils, mais également utiles à un revirement de situation? Aucune idée. Il gardait souvent ce genre de pensées pour lui, exactement comme je le faisais envers lui. Tant de secrets que je n’ose pas lui avouer, que ce soit parce que j’en ai honte ou peur. J’estimais qu’il en savait assez, de toute façon, lorsque je lui avouais que cela n’allait pas, que je ne faisais que porter un masque, depuis un temps déjà, mais qu’à force de refouler et nier, celui-ci se fissure. Bientôt, il faudrait que je trouve un autre moyen de mimer la bonne humeur, juste pour qu’on ne s’inquiète pas pour moi.

Pourquoi … pourquoi je n’arrivais pas à tenir bon? Serait-ce parce que la cuisine ou la botanique ne m’aident plus tant à oublier mes problèmes? Je ne crois pas. En fait, j’ai l’impression que le deuil, ou plutôt, le refus du deuil est une force bien plus puissante que n’importe quelle intention d’ignorer ce qui ne va pas. Ainsi, à ne pas vouloir surpasser la douleur, eh bien celle-ci s’installait confortablement en moi, sans que je ne m’en rende véritablement compte. Elle me rongeait de l’intérieur, me donnait l’impression que j’avais le contrôle, que je pouvais simplement poursuivre mes journées sans me soucier du reste. Ces faussetés viendraient à me coûter cher, on dirait. À moins que … mon dieu, le genre de pensée qui me traversa me donna presque mal au cœur. Si j’avais de la difficulté à suivre un rythme et un mode de vie normal, exactement comme avant, eh bien le problème provenait peut-être des gens. Je les voyais constamment. Amis, collègues ou même de simples connaissances, ils ne pouvaient me comprendre. Il valait mieux cesser mes conneries et diverger vers une tente unique, éloignée des autres. Et Chris … il me faudrait également garder mes distances, faire comme auparavant et l’éviter. Il n’y avait que ces solutions afin de réparer ce qui clochait et finalement me permettre d’avancer, de passer outre ce sentimentalisme qui ne servait à pas grand-chose, selon moi.

Idiote que je suis, j’aurais dû prendre le temps de lever les yeux un peu afin de voir un tant soit peu mon chemin. Mais non, il fallait que je joue ma têtue, estimant que j’approchais de toute façon l’entrée principale. Cependant, alors que je posais mon pied au sol, je me percutais à quelqu’un d’autre. Je me mis à m’excuser immédiatement, comme par instinct, et ce ne fut que lorsque je regardais l’autre personne que je compris de qui il s’agissait. « Toi tu fixais le ciel, et moi le sol. Visiblement, on devrait regarder devant nous, à la place. » Ce fut dis sur un ton neutre, comme à mon habitude. « Ne t’en fais pas, je n’ai rien de cassé. » Je n’hésitais pas une seconde à me relever, quoique mon corps me crie encore dessus, au nombre de courbatures que je sentais un peu partout. Non mais quel entraînement! La prochaine fois, j’y repenserais à deux fois, avant de m’engager dans une telle activité.

Étonnement, je lui demandais comment elle allait. Peu importe, que ce soit par question de politesse ou plutôt parce que je ne me sentirais pas bien, de la laisser là, sans engager une petite conversation. Tout ce que je sais, c’est qu’à mon avis ça coulait de soi. « Si tu te sens bien ici, c’est tout ce qui compte. » Imaginant facilement que les Odysséens puissent se sentir en sécurité rien qu’en regardant l’évolution du campement. Un peu jalouse, mais me rappelant que de toute façon, je n’étais pas à ma place ici. Mon chez moi, c’est le campement des Cents. « Ça va. La routine, rien de bien exceptionnel. Je prépare les repas, je cueille des plantes, y’a pas plus banal, tu sais. » J’évitais beaucoup de détails, je ne voulais pas faire la même erreur qu’avec Chris et lui avouer ce qui n’allait pas. « Je ne devrais pas tarder à y aller. J’veux arriver tôt au campement. » Je voyais très clairement son regard qui me regardait d’un peu trop près, et comme je ne voulais pas qu’elle me pose plus de question, j’essayais de trouver l’excuse parfaite pour partir.
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23/07/2018 Laenai / Alicia Tasha ♥ 141 Rachel McAdams Laenai Archiviste - Médecin 64



Je ne pus m'empêcher de rire doucement à sa réflexion. Nous étions toutes les deux distraites et cela avait provoqué notre collision. Heureusement, aucune de nous n'était blessée.

- Ce serait sans doute plus sage, en effet. Même si j'aime beaucoup admirer ce ciel dont nous avons été si longtemps privées...

En disant cela, mon regard se posa une nouvelle fois au-dessus de nous, avant de redescendre sur la jeune femme. Oui, se sentir bien là où l'on se trouvait été le plus important. Pourtant, j'avais comme qui dirait l'intuition que ce n'était pas le cas pour Rachel. Elle répondit à ma question en me disant qu'elle allait bien et suivait sa routine : préparer les repas et cueillir des plantes. Nous nous croisions parfois rapidement lorsqu'elle venait nous apporter à l'infirmerie le fruit de ses récoltes, mais jamais assez longtemps pour entamer une vraie discussion. C'était l'occasion.

- C'est agréable, la routine, parfois. Ça permet à ton cerveau de se concentrer sur d'autres choses. Tu peux rêver, trouver de nouvelles idées ou imaginer d'autres horizons ! lui dis-je avec enthousiasme.

Mais je voyais bien qu'elle voulait déjà partir, qu'elle était pressée. Cela expliquait sans doute aussi notre collision : elle se dépêchait de quitter le camp. Je pouvais très bien comprendre qu'elle ne se sente pas à l'aise ici. Après tout, n'étions-nous pas ceux qui les avaient envoyés vers une mort presque certaine quelques années plus tôt ? Beaucoup de Cents gardaient de la rancœur envers les survivants de l'Odyssée.

- Oh, tu dois déjà rentrer ? Tu ne veux pas venir déguster une tisane avec moi ? J'ai encore un peu de temps avant d'aller travailler.

Cette tisane serait en partie réalisée à base des plantes qu'elle m'avait ramenées la dernière fois. Je n'avais jamais eu l'occasion de la lui faire goûter.

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07/05/2018 Dumbass*Angel non 138 Chloe Bennet Minibouh (avatar), ASTRA (signature) cuistot, avec aptitudes en botanique et cuisine 130




it's time to confess
On ne pourrait certainement pas trouver deux personnes plus opposées, niveau humeur. Rien que l’endroit vers lequel étaient tournés nos regards, lors de cette collision, le démontrait. Elle admirait, pendant que détestait. Elle souriait, pendant que je gardais un rictus complètement neutre. Deux personnes, l’une dégageant une énergie positive, et l’autre, pestait intérieurement à tout bout de champs. « Tu peux le regarder aussi longtemps que tu veux, Jude. Il est là pour ça, non? Autant en profiter. » Si c’est ce qui la rendait heureuse, je ne m’imaginais pas lui priver d’admirer le ciel. Après tout, elle agissait exactement comme moi, lorsqu’on arriva sur Terre. Je comprenais son enthousiasme et le respectais. Cependant, je n’arrivais plus à entrevoir les choses de la même façon. « Personnellement, je préfère admirer les étoiles, le soir. Ça me rapproche un peu plus de ce qu’on voyait, dans le vaisseau. » Parfois, lorsque ma concentration me le permettait, j’arrivais à me fixer sur ce paysage d’une telle façon que je me croyais encore là-haut. C’est que lors de ces moments que je me sentais un peu plus légère, comme si mes problèmes s’envolaient. À mon avis, c’était la preuve irréprochable que le seul endroit où je me sentirais vraiment à ma place, c’est dans l’espace, et non ici.

Malgré mon état physique lamentable, je continuais à mentir, à dire que tout allait bien. La routine m’aidait à croire en ces mots, car la simple répétition de gestes me donnait l’impression que je contrôlais tout. J’en oubliais carrément que Judith est médecin, et donc, qu’elle pourrait remarquer ce genre de détail en un rien de temps, déterrer la vérité sous les tonnes de mensonges que je lui jetais dessus. « J’aime la routine, mais pas nécessairement pour les mêmes raisons. Dans mon cas, ça me permet de me concentrer sur le reste de la journée, sur ce qu’il me faut faire, ou le temps qu’il me restera, à la fin, pour aller en forêt chercher des plantes. Mon esprit ne se dévie pas tant de ça. » On aurait presque dit un automate, je le sais. Mais que voulez-vous, c’était la seule solution pour que mes pensées ne s’égarent pas trop loin, sur ce sentier interdit, là où se trouvaient les images toujours trop vives de ce jour fatidique. Je ne voulais pas démontrer ce genre de faiblesse, cette plaie encore trop sensible, qui me restait collée à la peau telle une cicatrice.

J’en avais assez dit, elle avait probablement pris en note tout ce qui n’allait pas. Je n’en pouvais plus, de ce camp, de cette étouffante impression de ne pas y être la bienvenue. Mon plan pouvait encore fonctionner si je prenais les devants et partait immédiatement. M’enfin, … j’aurais adoré pouvoir m’éclipser aussi rapidement. Le problème, c’est qu’elle ne semblait libre pour quelques heures encore, avant de partir travailler. Ce qui jouait en sa faveur. « Je devrais, oui. Les autres m’attendent, probablement, vu que je n’étais pas supposée passer la nuit ici. » Une partie de moi ne supportait plus le fait d’attendre, me criait carrément de déguerpir maintenant. Néanmoins, je ne voulais pas jouer les impolies avec Jude. Et puis autant maintenir les apparences, essayer de prouver aux autres que je vais bien, même si ce n’est pas le cas. « Bon, d’accord, mais juste un peu de tisane. Il me faut reprendre la route bientôt, je voudrais me retrouver chez moi ce soir, tu sais. » Indirectement, je pointais du doigt que je n’étais pas à ma place ici, au campement de l’Odyssée.
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Dernière édition par Rachel A. Gomez le Mar 9 Oct - 6:17, édité 1 fois

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23/07/2018 Laenai / Alicia Tasha ♥ 141 Rachel McAdams Laenai Archiviste - Médecin 64



J'acquiesçai à sa remarque : en effet, je pouvais regarder le ciel autant que je le voulais, et je ne m'en gênais pas. J'étais si bien sur Terre, je m'étais habituée à ce monde dont j'avais rêvé toute ma vie. Ce n'était pas tout à fait son cas. Elle m'avoua qu'elle préférait contempler les étoiles car elles lui rappelaient notre vie sur l'Odyssée. Je savais que beaucoup avaient la nostalgie du vaisseau. C'était parfois aussi mon cas, même si j'étais finalement mieux sur la Terre, où nous respirions enfin de l'air frai.

- L'Odyssée avait ses avantages, mais la Terre nous offre beaucoup plus de possibilités, répondis-je avec conviction.

Rachel continua en m'expliquant qu'elle aimait aussi la routine, mais pour d'autres raisons que les miennes. Elle se concentrait en effet sur le reste de sa journée, son esprit ne déviant pas autant que le mien. J'aimais en effet rêver, depuis toute petite. Je l'avais toujours fait. Sur l'Odyssée, j'imaginais une vie sur Terre. Certes, mon imagination dépassait la réalité, la déformait. Mais n'était-ce pas le but, après tout ? Mais alors qu'elle parlait, je remarquais de plus en plus cet aspect automatique. J'avais moi-même vécu cela il y a de nombreuses années : la routine m'avait alors permis de ne pas me focaliser sur la perte de mes parents, et j'avais agit en automate pendant longtemps, ne me concentrant plus que sur le nécessaire, sans vraiment y porter attention. J'avais bien l’impression que Rachel faisait la même chose. J'étais presque certaine qu'elle ne se remettait pas de la mort de Robb, mais je pensais également qu'autre chose était à l'origine de son état.

Elle voulut s'éclipser, m'affirmant qu'elle était attendue car elle n'était pas supposée passer la nuit ici. Mais finalement, elle accepta ma proposition, et j'accueillis ses paroles avec un grand sourire. Une petite discussion entre filles ne pourrait lui faire que du bien. Du moins était-ce ce que j'espérais.

- Je ne te retiendrai pas longtemps, je te le promets !

Je lui enjoignis de me suivre jusqu'à l'infirmerie et nous nous rendîmes dans la salle de repos. Je fis chauffer de l'eau sur le feu entretenu par le précédent médecin. Pendant qu'elle chauffait, je pris deux tasses dans lesquelles je versai un mélange d'herbes.

- C'est grâce à toi que nous avons autant d'herbes, tu sais. Tu nous es d'un grand secours. Heureusement que vous nous avez aidés lorsque nous sommes arrivés, nous ne nous en serions pas aussi bien sortis sans vous, dis-je en déposant une tasse fumante devant elle et en m'asseyant face à elle.

J'avais toujours été contre l'envoi des jeunes sur Terre en éclaireur, mais je n'avais rien pu y faire. J'avais eu peur qu'à notre arrivée, ils soient vraiment hostiles et refusent de renouer le contact. Heureusement, ça n'a pas été leur cas à tous, et Rachel en faisait partie. Elle continuait à garder des contacts avec ceux qui les avaient rejetés. Et j'en faisais malgré moi partie...

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07/05/2018 Dumbass*Angel non 138 Chloe Bennet Minibouh (avatar), ASTRA (signature) cuistot, avec aptitudes en botanique et cuisine 130




it's time to confess
Jude avait raison; la Terre offre un tas de possibilités, en comparaison au vaisseau. Les espaces verts à perte de vue et l’air frais n’en sont que deux parmi tant d’autres sur cette liste. Je respectais son point de vue, ne pouvais nier ces faits, mais ce n’est pas pour autant que je partageais cette même vision des choses. Si la nature sut m’animer et me faire sourire dès notre arrivée, il y eut hélas revirement de situation. Bien que rien n’ait changé autour de moi, ma perspective changea, et ce fut comme si les nuages gris s’emparaient du ciel normalement si bleu. « Peut-être bien, mais je n’ai pas l’impression que la Terre nous les offre, juste comme ça. Ce qu’elle donne, elle reprend aussi. » Je n’aurais peut-être pas dû parler ainsi, je le sais bien. Avec une opinion aussi négative, la pauvre viendrait sûrement à se poser plus de questions. Je n’aidais en rien mon cas, et je n’aurais que moi à blâmer, si la discussion prenait une tournure trop personnelle.

Ah, et là encore, ce n’était rien. Je ne faisais qu’aggraver mon cas, en admettant indirectement mon incapacité à voguer parmi mon imagination normalement si vaste. La Rachel que connu Jude, eh bien elle ne devait sûrement pas la remarquer en me regardant et en m’écoutant. J’avais beaucoup plus d’énergie, suivait un peu trop souvent Robb, Chris et Devos, mais surtout, je discutais plus librement. Oui, je sais qu’à l’époque, j’étais encore un peu gamine, et que la vie derrière les barreaux me força à grandir trop abruptement. Cependant, une fois sur Terre, je sus reprendre certaines tendances, dont mon entêtement, défaut qui subsiste encore, mais de façon plus dévastatrice maintenant. Refusant l’aide de qui que ce soit, refusant d’écouter la voix de la raison. Mais alors … puisque je refuse de sortir de mes pensées noires, que dois-je faire, pour ne pas me faire harceler de questions et d’inquiétudes éphémères? Je ne connaissais qu’une seule technique; me régir que par certains automatismes. Pour que Jude ne m’ait pas demandé ce qu’il se passait avec moi, c’est que soit elle attribuait cela à de la fatigue, ou alors … non, je ne veux même pas y penser. Je détesterais qu’elle se préoccupe de mon état, vu que de toute façon, elle avait bien mieux à faire. Il y avait des patients du campement de l’Odyssée qui nécessitaient son aide.  

Vous comprendrez donc qu’avec toutes ces préoccupations en tête, j’aurais préféré m’éclipser rapidement, prétextant une quelconque excuse assez crédible pour qu’elle ne vienne pas à se douter de mes véritables raisons. C’est ainsi que m’apparu un second dilemme; porter ce masque plein de mensonges, plein de faux sourires et de conversations vides de sens. Advenant que je déguerpisse rapidement d’ici, il ne m’était pas garanti qu’elle cesserait de repenser à cette courte rencontre. J’en vins donc à la conclusion qu’il me valait mieux accepter, même si je courrais le risque de lui avouer par inadvertance ce que je préférais garder pour moi. Ma réponse lui plut, vraisemblablement. En me promettant de ne pas me retenir trop longtemps, elle me convia à la suivre jusqu’à la salle de repos se trouvant dans l’infirmerie. Bien que ce choix de lieu me mette mal à l’aise pendant quelques minutes, je me rassurais en me répétant qu’il s’agissait de son travail, et que de se rendre ici était tout aussi normal que moi et la cuisine.

Je pris place, alors que Jude chauffait de l’eau sur le feu et versais ce qu’il me semblait être un mélange d’herbes dans deux tasses. Je ne saurais dire exactement lesquelles, mais en l’écoutant, je ne pouvais avoir de doute qu’il s’agissait de celles que j’apportais de façon assez régulière au campement. « Oh, tu sais, ce n’est rien. Ça me permet de passer le temps, donc ce n’est jamais une corvée pour moi. » Je scrutais la tasse, essayant de deviner aux odeurs émanant de cette fumée les ingrédients du mélange. Peine perdue. Pour l’instant, en tout cas, j’attendrais de voir si elle allait également en boire, car à mes souvenirs, je crois avoir rapporter certaines herbes qui aident à la détente, voire qui provoquent une légère somnolence. Peut-être que j’étais paranoïaque, mais qui dit salle de repos et mélange d’herbes … bon d’accord, j’ai peut-être des idées tordues. Néanmoins, je reste sur mes gardes. « Il fallait bien envoyer des éclaireurs pour voir de quoi avait l’air la Terre, non? Certes, on pourrait comparer les Cents à des rats de laboratoire, mais bon. Ce n’est pas tout le monde qui garde des rancunes. Même si je ne pardonnerais sans doute jamais à certaines personnes sur l’Odyssée, ce n’est pas pour autant que je me prive de parler avec ceux et celles avec qui je m’entends bien. » C’est une autre des raisons pourquoi je ne voulais pas traîner trop longtemps dans les environs. J’avais la nette sensation de n’avoir ma place par ici. Mon campement, c’était celui des Cents. Et vous savez quoi, c’est peut-être mieux ainsi. Au moins, ça m’évitera de vouloir arracher la tête à celui ou celle qui décida du destin des criminels du vaisseau.
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23/07/2018 Laenai / Alicia Tasha ♥ 141 Rachel McAdams Laenai Archiviste - Médecin 64



Je ne pouvais qu'être d'accord avec sa dernière phrase, et je le lui notifiai pendant que nous marchions vers l’infirmerie. J'étais d'accord, oui, mais la Terre nous offrait tout de même beaucoup plus de choses que lorsque nous étions enfermés sur le vaisseau. Pourtant, j'étais moi-même inquiète à l'idée de sortir du campement car elle pouvait se montrer dangereuse. Mes sentiments contradictoires à ce sujet me menaient la vie dure quand j'y pensais.

Nous arrivâmes finalement à l'infirmerie et Rachel s'installa autour de la table dans la salle de repos. Je fis chauffer l'eau tout en distribuant les herbes dans les deux tasses. Lorsque l'eau fut à bonne température, je la servis et déposai une tasse fumante face à la jeune femme. J'en fis de même devant moi lorsque je m'installai à ses côtés. À mes paroles, elle répondit que cette activité lui permettait de passer le temps et que ce n'était pas une corvée pour elle. Ramasser des herbes devait en effet être agréable, pensais-je. Mais un peu dangereux, aussi...

- C'est un mélange de thym et de romarin. C'est délicieux.

J'avais remarqué qu'elle hésitait à boire, et j'avais donc décidé de lui révéler le mélange. Je pris la tasse au creux de mes mains et soufflai dessus, déviant la vapeur qui s'en échappait. Puis, je bus une petite gorgée. J'aimais ce goût à la fois doux et prononcé. C'était si agréable. Sur l'Odyssée, nous n'avions rien pour agrémenter l'eau. Et de toutes façons, l'eau était une denrée rare, distribuée au millilitre près. C'était un trésor que nous ne gaspillions pas. C'était toujours le cas sur Terre, d'ailleurs, mais nous pouvions enfin en profiter pleinement.

- Je suis heureuse d'entendre que tu t'entends bien avec moi. Personnellement, j'étais contre cette idée. Mais ce qui est fait est fait. Et heureusement, toute cette histoire s'est bien terminée, pour vous comme pour nous.

Même s'il y avait eu des pertes... Mais j'essayais de voir le positif à tout cela, surtout voyant que Rachel n'allait pas bien. Si elle voulait se confier, elle le pouvait, mais je ne voulais pas la forcer. Lorsque j'avais perdu mes parents, j'avais eu beaucoup de mal à m'ouvrir aux autres après cela. Robb n'était plus, et il était comme un frère pour elle. Elle vivait encore son deuil, mais ne semblait pas sortir de sa phase de tristesse, voire de déni. Acceptait-elle réellement sa disparition ?

- Penses-tu que nous pourrions à nouveau être tous ensemble, un jour ? demandai-je pour continuer la conversation.

Cette idée était certainement utopiste. Beaucoup de Cents nous tenaient rigueur pour les avoir envoyés ici vers une mort quasi certaine. Le Conseil était toujours le même, les gens qui avaient pris les décisions étaient toujours là. Rien n'avait vraiment changé, au final.

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it's time to confess
Une partie de moi était très déçue de ne plus voir l’environnement présent comme une délivrance. Bien que la frustration et la confusion nous pris tous de court ce jour-là, je sais pertinemment que les Cents ressentaient un certain soulagement que de ne plus se trouver derrière les barreaux. Il n’y en a que peu, ceux qui ne rêvaient pas à la Terre et qui espéraient un jour s’y trouver. Je me trouvais parmi ceux qui voulaient découvrir cet endroit évoqué tant de fois, ce monde aux allures féériques quand les autres le décrivait. Malheureusement, cette perspective changea dès que l’on se fit attaquer et que certains furent sauvagement tués. C’est à ce moment-là que je compris le mensonge, derrière les jolies fleurs que l’on croisait. De la hargne se forma, puis celle-ci se dissipa jusqu’à ce que la Mort vienne cogner à notre porte. Bien entendu, il serait simple de croire qu’après un tel incident, je sois plus réticente à sortir du campement. Ce n’était guère le cas, puisque je cherchais toujours à bouger, à accomplir des tâches particulières et qui me permettraient de ne plus me concentrer sur des détails trop difficiles à revivre.

En moins de deux, on arriva à l’infirmerie, ou plus particulièrement, à la salle de repos. Je pris place à table, en attendant que l’eau du thé finisse de bouillir. Lorsque celle-ci fut prête, Jude versa l’eau dans les tasses, contenant un mélange d’herbes de son cru. À l’écouter parler, je crus comprendre qu’elle était probablement soucieuse du danger dans lequel je me mettais, en partant chercher toutes ces plantes. Je tentais de la rassurer, lui montrant que cette responsabilité de plus restait ma préférée. Mon regard se tourna ensuite vers la tasse, appréhensive de son contenu. Jude remarqua très certainement ma réaction car elle m’indiqua immédiatement les ingrédients. « Rien qu’à l’odeur, ça semble déjà très bon. » Tout comme elle, je pris ma première gorgée et fut saisie par un goût unique en son genre. Jamais je n’avais songé à mélanger ces deux herbes. Mais en tout cas, je saurais quoi faire pour moi, si l’envie de boire du thé au campement des Cents me prend un jour.

« Personnellement, je crois que plus de gens auraient dû manifester leur dégoût pour cette initiative, mais bon. Tu le dis si bien; ce qui est fait, est fait. On ne peut plus retourner en arrière, quoique je ne dirais pas non à ça. » Parfois, j’enviais son positivisme et sa bonne humeur, car c’est ce qu’il me manquait depuis un moment. Je ne m’attardais que sur les détails morbides ou qui ont le dont de vexer certains. « Je te dirais qu’elle s’est plus ou moins bien terminée. Ça dépend de chacun d’entre nous, mais aussi de nos campements. Je te dirais que ce n’est peut-être pas ce genre de perception que les autres ont de leur situation passée. » Je n’oserais jamais croire que tout s’est bien terminé, en fin de compte, alors que je n’aimais pas certains détails. Elle devait certainement essayer de faire des efforts, devant mon état physique et mon humeur à la noix. En fait, Jude palpait le terrain, voir quel chemin prendre pour que je ne devienne pas très mécontente. Oh, je ne critiquais pas son choix; je trouve ce geste très touchant. Cependant, ce genre de sujet ne me rendaient pas vraiment ma ‘bonne’ humeur. « Je ne crois pas, Jude. Il y a trop de Cents qui refuseraient de réintégrer le groupe. C’est peut-être pour le mieux, sinon on risquerait bien plus de prises de têtes. Et puis ce n’est pas comme si j’avais d’autre choix. Je travaille en cuisine. Donc si vous avez déjà tout le personnel qu’ill vous faut, qu’est-ce que je viendrais faire ici? » Des questions très sensées, et qui me permettraient certainement de cerner les idées des Odysséens. Une tactique, à vrai dire, alors que je déviais une fois de plus vers un sujet plus confortable pour moi.
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