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˜˜˜˜˜˜A la pâle lumière des Ténèbres (Rürik)
maybe life should be about more than just surviving


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02/03/2017 Thinkky/Angel Eris Garfagnini 1121 Zoe Saldana Lux aeterna (ava), Astra (signa), Psychadelya & Angie & hennaed (icones) Conseillère chamane ~ Gardienne du savoir/Oratrice & diplomate Naori 89
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A la pâle lumière des Ténèbres
On peut refuser de voir la vérité, ça ne l'empêche pas d'exister...



Elle avait vécu la fin du voyage dans une brume épaisse et prenante. Sa vision ne s’était pas étendue à plus de quelques mètres de distance de tout le trajet, les membres de son corps ne répondaient pas réellement, et elle ne sentait même plus la chaleur du cheval sous elle, ni les balancements réguliers induits par la vitesse et l’avancée de celui-ci. Il n’y avait plus rien qu’un engourdissement presque qu’agréable, détruisant les résidus de douleur toujours ancrés dans son corps. Elle ne savait pas si c’était lié au stade qu’elle avait atteint par elle-même, ou si c’était grâce aux soins et boissons données par le druide. L’avait-il drogué pour l’apaiser ? Ce ne serait pas stupide en tout cas, et Rowena ne lui en voudrait même pas. Après tout, il l’avait soignée, il l’avait sauvée, ce serait bien ingrat de sa part d’être négative ou de l’enfoncer. En fait, tant qu’il ne la rendait pas dépendante à quoi que ce soit, il avait le champ libre. Dans son état, Rowena ne pourrait pas faire grand-chose si une addiction venait à se déclencher. Son corps et son âme chercheraient de l’aide dans n’importe quoi, même dans la pire des substances pour se calmer. Mais Harlan, il n’était pas si stupide que ça, bien au contraire… Et c’était ce qui avait fait de lui l’un des meilleurs, si ce n’est le meilleur, druide du village.

Quelques heures encore, et les dernières lueurs du soleil disparaissaient alors qu’ils arrivaient au village. Les sentinelles les regardèrent passer, médusées, mais aucun n’eut l’indécence de prononcer la moindre phrase. Rowena n’était pas en état d’y répondre, et n’en avait pas particulièrement envie. Harlan… Etait Harlan. Mais elle, elle ne voyait pas le visage fermé ou angoissé. Et en soi, elle s’en moquait à l’instant T. Y’avait plus important, comme le fait qu’on la faisait descendre du cheval, elle qui était incapable de tenir debout, puis qu’on la guidait au travers des branches. Elle sentait les regards, percevait les murmures, mais aucun ne s’approchait d’elle. Les en empêchait-on ? C’était possible. Elle ne savait pas qui l’entourait, elle qui mobilisait toute son énergie à se mouvoir sans s’éclater la gueule sur le sol. Elle avait déjà des bouts de dos et bras en moins, autant garder toutes ses dents, la vieillesse n’ayant pas encore fait son œuvre. Hé, elle aimerait bien pouvoir se considérer comme jeune encore quelques années, avant de réellement devenir un vieux crouton. Parce que c’était ce qui arriverait, à l’approche de la quarantaine. Tant d’années dévouées à ses semblables, à défaut d’être capable de s’occuper d’elle-même… Elle sentit une surface sous elle. On l’allongeait, on la couvrait. Et finalement, l’épuisement fut tel qu’elle s’écroula comme une masse, dans un sommeil profond…

Et elle rêva. De la mort, de l’étreinte glaçante autour de son cœur, forçant celui-ci à l’arrêt. Parfois, on avait beau se dire que tout finissait bien, qu’on n’avait rien à craindre, l’effroi continuait de monter, d’envahir chaque fibre de son corps. Il y avait la réincarnation, ce majestueux concept auquel elle croyait dur comme fer. Et pourtant, elle avait peur, elle était terrifiée à l’idée de périr. Comme elle aurait mourir chez les Rahjaks, si les blessures n’avaient pas été traitées par l’un des meilleurs sorciers, et frère de son contact, et si Harlan n’était pas venu la chercher. Elle réalisait à présent à quel point elle avait failli mourir, à la lueur de son cauchemar…

Les paupières papillonnèrent, lourdes. Elle se réveillait, la tête comme transpercée par un marteau-piqueur. Ce n’était pas douloureux à proprement parler, juste pesant. Comme son âme. Elle resta de longues secondes ainsi, bercée par le silence. Elle se ressassa les derniers jours, la dernière semaine, si ce n’était plus. Elle n’avait laissé qu’une lettre sur une table, avec des explications succinctes, et elle avait disparu du village. Pathétique… Tous devaient s’inquiéter, et Rowena ne s’en était pas doutée une seconde. Ou peut-être que si, elle le savait, mais s’en était délibérément moquée pour une fois. Elle avait abandonné les siens, pensant bien faire. Rien n’avait jamais été aussi faux. Un soupir quitta ses lèvres, et elle se redressa lentement, testant son corps. Celui-ci avait retrouvé de sa souplesse au cours de la nuit, de sa force aussi, et si ce n’était pas encore cela, elle restait en bonne voie.

Puis, avant qu’elle ne quitte le lit, elle sentit une présence. Ou alors était-ce son esprit qui divaguait toujours ? Qu’importait, sa voix s’éleva. Enfin, autant que possible avec sa gorge asséchée : « Quelqu’un est là ? » Si elle commençait à devenir folle… Non, ce devait être un stress post-traumatique quelconque. Elle en parlerait à Harlan...  


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08/08/2018 Cocopix - 53 Kit Harington Lux Aeterna Apprenti conseiller chaman Naoris (forêt) 42




A la pâle lumière des ténèbres

L’agitation au sein de du campement m’avait attiré. On parlait d’un retour, on parlait de blessé et mon cœur s’était serré dans ma poitrine. Car j’avais toujours été comme ça, une éponge à sentiment. Savoir que la douleur entrait dans notre village me provoquait des tournis, ne pas savoir de qui il s’agissait me faisait perdre l’équilibre. J’avais mal d’entendre, j’avais mal de sentir et pourtant, je n’étais pas au bout de mes peine. Mélangé à cette foule devant les portes, mon regard suivait ce corps que je ne connaissais que trop bien. Les tournis se firent plus intense, la peur me prit la gorge et je voulus rejoindre mon mentor. Mais les bras me barrèrent la route, des corps se jetèrent devant moi, comme un brigand qu’on tentait d’empêcher de tuer. Alors je tapai du pied, élevai la voix pour qu’on me laisse passer. J’étais son apprenti, je faisais partie du Conseil, pourquoi ne me laissait-on pas la rejoindre. Mon cœur criait de douleur, ma tête hurlait d’incompréhension et je cessai de lutter, reprenant ma contemplation du cortège. C’était certainement une protection, pour ce corps blessé. Il s’agissait de Rowena tout de même, l’une des personnes les plus importantes du campement, mais également pour moi.

Ils l’emmenèrent loin de moi, loin des regards indiscrets, des gardes se postèrent devant l’entrée et la foule se dissipa. Mais moi je restai là. Planté face à ce chemin qui m’était une nouvelle fois barré. Je revins quelques jours en arrière, me remémorai ce papier laissai sur une table, trouvé par d’autres, partagés au sein du campement. Rowena était partie. Seule. Elle avait accouru face à son devoir, avait négligé sa sécurité, avait balayé d’un revers de main les normes du village et elle nous avait laissé. J’avais eu peur pour elle, j’avais prié tous les jours, pour qu’elle revienne, pour qu’elle me revienne. Chaque coucher de soleil avait été une nouvelle angoisse dans ma tête. J’avais tout imaginé, retourné la situation dans tous les sens. Je l’avais vue morte, je l’avais vue revenir, mais je ne l’avais pas vue en cortège.

La nuit fut longue une nouvelle fois. Les va-et-vient étaient fréquents devant moi, dans cette maison où se trouvait mon mentor. On s’affairait autour d’elle, peut-être la maintenaient-ils en vie. Mais personne ne vint me voir, personne ne vint m’informer, comme si j’étais invisible. Tout le monde devait avoir peur certainement, peut-être attendaient-ils de savoir s’ils devaient me porter des bonnes ou des mauvaises nouvelles. Mais je restai là, tout la nuit. Les jambes ne tardèrent pas à s’affaiblir alors je m’installai contre un mur, sans lâcher l’entrée du regard. Puis plus rien. L’agitation se stoppa, les lumières s’éteignirent et seuls les gardes restèrent. Alors mon cœur s’arrêta un instant, attendit de voir un corps se faire extirper, mais rien ne vint. Seule la lueur du matin finit par arriver.

Alors on m’interpella et je me levai brusquement. Les pas furent rapides, presque de la course. On me laissa entrer, on m’autorisa enfin à comprendre ce qu’il se passait. Lentement, je pénétrai l’habitacle, me rapprochai de ce lit, le cœur au bord des lèvres, la tempe tapant un rythme effréné. J’avais peur de ce que j’allais trouver, peur de découvrir pourquoi on m’avait interdit l’accès. Et je la vis. Un long soupir me prit tout le corps alors que le regard suivait les courbes de mon mentor. Elle était blessée, bien amochée. Ils avaient recouvert ses blessures, l’avaient soignée comme ils avaient pu. Mais la peur me reprit la gorge, les yeux se remplirent de larmes. J’avais mal pour elle. Alors je m’approchai, constatai les dégâts plus en détail avant d’aller m’installai contre le mur. Je ne pouvais rien faire pour le moment, à part prier. Et c’est ce que je fis, avec tout mon cœur.

Il fallut quelques heures avant qu’un froissement de tissu n’attire mon attention, ne me sorte de ce tourbillon de sentiments. Le regard se releva vers le lit et mon cœur fit un nouveau bond dans ma poitrine. Elle était réveillée, s’était même redressée. Je regardais la scène sans oser bouger, sans savoir comment agir. Et puis le cerveau se remit en marche et je me relevai, lentement, sans oser faire le moindre bruit. J’avais peur qu’elle s’en aille, j’avais peur qu’elle ne soit qu’une vision, qu’un rêve. Pourtant, sa voix se laissa entendre dans la pièce et un nouveau coup dans ma poitrine. Il me fallut de longue secondes avant que mes cordes vocales ne se décident à fonctionner. « Rowena… » Un prénom lancé dans l’espace, suivi par les gestes. Je contournai le lit pour me retrouver devant elle. La main chercha la sienne alors que je sentais les larmes prendre une nouvelle fois possession de mes yeux. « Que s’est-il passé là-bas…? » Cette interrogation qui me taraude depuis la veille, même depuis qu’elle est partie.

Codage par Libella sur Graphiorum
 

A la pâle lumière des Ténèbres (Rürik)

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