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˜˜˜˜˜˜« What felt like loss was a victory » Rürik&Wyatt
maybe life should be about more than just surviving


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01/08/2018 Totoro's Child. TC Jones. 394 Rami Malek Ma Reine d'amour ♥ - imaginarium - ariana grande, breathin Conseiller Odysséen. - Botanique & Zoologie. Dana 828
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« Against the calming light our silhouettes are changing shape the stories you've been told have made you brave such inheritance was formed within the sand like the shells you gather in the safety of your hands »

☁️ 7 août 2118

Le temps fait les choses, qu'on dit souvent. Wyatt pourtant il y croyait plus. Les mois ont été affreusement longs depuis le cyclone et il a cru qu'il sortirait jamais la tête de l'eau. Malgré les sorties, malgré Mila. Chaque fois qu'il faisait un pas en avant il en faisait finalement dix en arrière. Il avait l'impression d’étouffer constamment, que sa peau était trop petite pour lui. Mais le soleil qui se couche face à lui ce soir n'est plus si douloureux, sa respiration ne lui soulève plus l'estomac.

Finalement, Wyatt va mieux, un peu. Il arrive à apprécier cette nuit qui tombe alors qu'il se dirige vers la clairière. Voilà des mois qu'il n'y a plus mis les pieds. Ses aventures ne l'ont plus porté à dormir à la belle étoile depuis trop longtemps mais il se sent de nouveau à l'étroit dans un lit, dans un cage qui n'en est pas vraiment une. Pendant longtemps, presque deux ans, c'est ici qu'il retrouvait Rürik, amoureux du ciel. Le brun avait aperçu l'autre un jour que Rowena venait les aider et derrière elle, un brun, avec ce regard un peu doux, un peu perdu. Il levait souvent les yeux au ciel, n'écoutait qu'à moitié les conversations qui se déroulaient autour. Le biologiste n'en a jamais vraiment tenu compte, pendant quelques temps leur relation s'est limitée à quelques regards, quelques sourires. Et puis un jour, Rowena n'était plus entre eux, plus rien ne coupait la distance et leurs voix se sont mêlées. Rürik était tendre et patient, il avait ce côté apaisant qui fascinait Wyatt.

Le jeune apprenti était amoureux du ciel comme peu l'étaient. Si le débarqué avait perdu de vue son amie d'enfance pour partager ces moments il avait finalement trouvé un nouveau passionné, quelqu'un d'ici, quelqu'un qui n'avait pas le même passé. Les heures et les jours passaient quand le point de rendez-vous c'est décidé. La clairière, à la tombée de la nuit, pas tout le temps, quelques fois par mois. Seuls tous les deux face à l'immensité du ciel, entouré des papillons bleus pour seule lumière. Leurs lucioles à eux, en quelques sortes. Un lien s'est tissé entre eux, quelque chose de fort et un peu inexplicable. Peut-être parce que Wyatt retrouve un peu Murphy, en lui, peut-être parce qu'il arrive à parler avec l'homme de choses qu'il n'arrive à dire à personne.

Une passion peut réunir là où tout le reste peu se détruire. S'ils n'ont pas discuté de tout ce n'est pas par manque de confiance mais seulement de temps et d'occasion. Seulement un peu plus de deux ans que les deux amis se côtoient, un peu plus de deux ans qu'ils tissent entre eux ce fil de soie. Mais voilà des mois maintenant que Wyatt avait coupé les ponts. Il a recroisé Rürik, comme d'autres de sa tribu mais n'est plus venu jusqu'ici, ne l'a plus rejoint pour passer la nuit allongé dans l'herbe fraîche à regarder les étoiles et se conter des histoires. Il avait tout oublié, le grand blessé, tout laissé tomber, le cœur brisé. Alors ce soir, son sac à dos bien sur les épaules, un peu d'eau et quelques graines, il n'est pas sûr de retrouver son cadet. Pourquoi aurait-il continué à venir ? Qu'avait-il à y gagner ? C'est un peu sans réelle conviction mais plein d'espoir que l'Odysséen fait le voyage seul. Il observe les bois et sourit, se dit qu'au pire, tant pis. Il prend lentement conscience de tout ce qu'il a mis de côté pour la énième fois dans sa vie, délaisser ses amis sans leur donner d'explication. Mais il en était pas capable, il arrivait plus à parler.

Le cœur plus léger, il arrive à la tombée de la nuit au bord de la clairière. Un papillon vole non loin et d'un coup, tous ses maux s'estompent. Pendant sa convalescence, il avait oublié la beauté du lieu, cette nuit qui prend place doucement et cette beauté cachée qui se révèle. Les étoiles qui se réveillent en même temps qu'une nature secrète. Un jardin d'Eden à quelques pas de lui, à quelques battements d'ailes seulement des mois qui ont bousillé sa vie. Il respire, le brun, enfin. Il souffle et s'installe là où ils se sont toujours installés, le Naori et lui. Seul, il pose ses mains contre ses genoux dans un silence absolu. Seuls les bruits de la forêt qui l'entourent, des papillons qui volent et de la nature qui s'endort prenne la place autour de lui. Il en a des frissons, tellement il est bien. Tellement ça fait longtemps, qu'il s'était pas senti aussi bien. Alors quand il entend un bruit, il ne prend pas peur, tourne seulement le regard pour reconnaître directement la silhouette qu'il a vu tant de fois traverser ces mêmes bois. Le sourire qui prend place sur son visage casse les dernières chaînes qui le tenait dans son malheur.

Il est là, l'espoir est là. Il a continué de venir, sans jamais savoir si le débarqué reviendrait. Le silence se brise alors que Wyatt laisse son ami s'approcher et murmure. « J'avais oublié comme c'était beau, tu sais. » Une confidence qui prenait toute sa tête alors qu'il tapote le sol à ses côtés et sans attendre plus, continue, du même ton, doux et nostalgique, sans doute un peu désolé. « Je ne sais pas si tu es là pour moi ce soir mais sache que je t'attendais. » Comme il l'avait attendu, comme il l'avait toujours fait. « J'espère que tu sauras me pardonner, Rürik. Je ne savais plus où aller ni comment fonctionner. » Wyatt parle, là où d'ordinaire il se tait. Il explique, s'excuse et réalise tout ce que la sagesse de son ami lui a enseigné. « Veux-tu quelques baies ? » Qu'il ajoute, un sourire tendre au visage, les yeux brillants vers son ami, celui qui n'a pas abandonné.

Celui à qui il dit merci sans savoir le prononcer, à qui il doit tout sans être capable de l'articuler. L'espoir est vivant, parce que Rürik est à ses côtés ce soir. Alors la vie peut continuer, et lui, enfin respirer.
doctor sleep | quote : Sleeping at last ; watermark.


Dernière édition par Wyatt Sheperd le Sam 13 Oct - 21:59, édité 1 fois

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08/08/2018 Cocopix - 55 Kit Harington Lux Aeterna Apprenti conseiller chaman Naoris (forêt) 42




What felt like loss was a victory

La forêt s’étendait devant moi alors qu’une brise légère soulevait mes cheveux. Une soirée comme une autre pour certains, une soirée agitée pour d’autres. Et pour moi, c’était une soirée plus spéciale que les autres de la semaine. Ce soir, notre rendez-vous aurait dû avoir lieu, normalement, s’il venait cette fois-ci. Wyatt. Nous nous étions rencontrés il y a plus d’une lune et pourtant, il avait fallu quelques temps avant que nos voix se croisent. Et si aujourd’hui je n’imaginais plus la vie sans ses excursions vers la clairière, un doute me rongeait l’estomac. Car Wyatt n’était plus venu depuis longtemps, si longtemps que j’en avais perdu le compte. Une petite peur se glissait parfois dans un coin de ma tête, la peur qu’il lui soit arrivé quelque chose. Mais je n’avais pas eu de visions, je n’avais pas eu de présentiment. Pourtant, il restait affiché aux abonnés absents.

Mais comme à chaque fois, j’avais quand même attrapé ma peau de bête pour la glisser autour de mes épaules, j’avais quand même enfilé ma sacoche autour de mon buste, j’avais quand même attrapé de quoi grignoter et j’étais parti. Le cœur plein d’espoir. Car parfois les nuits étaient longues et qu’avec Wyatt, elles paraissaient plus paisibles, plus faciles.

J’étais sorti du campement, avait habilement évité les pièges et m’étais mis en route vers la clairière. On s’était mis d’accord sur ce lieu, à mi-chemin entre nos deux campements. De là-bas, on y voyait les étoiles à perte de vue et c’était ça qui nous avait réunis ; la voute céleste. Lui y avait grandi et moi j’avais passé ma vie à les observer, les étudier. Un point commun qui avait suffi à nous rapprocher, puis avait suivi le reste, les confidences, les histoires. Alors si aujourd’hui j’espérais retrouver l’odysséen c’était dans l’optique de partager de nouvelles choses, de comprendre, de savoir. Savoir qu’il était bien là et qu’il allait bien. Je m’étais même parfois demandé si j’avais fait une erreur, dis quelque chose de mal. Car je l’avais aperçu quelques fois, lorsque Rowena m’emmenait avec elle pour discuter avec le Conseil de l’Odyssée. Il ne paraissait pas blessé, mais tout pouvait être intérieur. Peut-être que c’était moi qui l’avait blessé. Par des mots.

Un soupire me prit alors que mes pieds avançaient l’un derrière l’autre. Le chemin me paraissait long cette fois-ci. Pourtant la clairière ne se situait pas si loin comparée aux voyages que nous avions parfois à faire avec Rowena. Sûrement l’attente de savoir, l’attente d’être fixé, l’attente de le voir.

La clairière se dessina finalement face à moi et je m’arrêtai un instant, levant les yeux vers le ciel, saluant ces étoiles s’étendant à perte de vue. Il n’y avait qu’ici que je ressentais cette sensation de liberté, d’infini. Mais mon regard se baissa rapidement pour chercher mon ami et un immense poids s’enleva de mes épaules en le voyant, à notre place habituelle. Il était revenu, j’aurais peut-être enfin des réponses à mes questions.

Je resserrai la peau autour de mes épaules et m’empressai de le rejoindre. C’est lui qui brisa le silence avant même que je n’arrive à ses côtés. Un fin sourire perla sur mon visage alors que je répondis à son invitation à m’assoir en me laissant tomber à côté de lui. Le regard chercha vite les étoiles, le sourire toujours présent et Wyatt qui parlait à nouveau. Alors les yeux se baissèrent vers les siens pendant que les confidences faisaient leur apparition. Je vis ce regard perdu, celui que j’avais parfois aperçu sur lui, mais aujourd’hui, il était plus prononcé. Pour l’encourager, je lui répondis d’un ton doux, comme j’avais toujours pris l’habitude de le faire avec lui. « Je suis venu à chaque fois, dans l’espoir que tu sois là. » Je n’avais manqué aucun rendez-vous, simplement pour le cas où il reviendrait. Il me proposa quelques baies et je répondis à son sourire. « Je veux bien oui. Merci. » Une autre petite habitude que nous avions pris. Alors je me penchai vers ma sacoche pour lui demander à mon tour. « J’ai amené de la viande séchée si tu en veux. » Même si nos habitudes alimentaires n’étaient pas les mêmes, nous avions appris à partager ce que nous avions et à en apprécier les saveurs.

Mais le ton se voulut plus sérieux, plus grave, tout en restant doux. « Je ne t’en veux pas Wyatt. Je me suis simplement inquiété pour toi. » Le tourbillon de questions à son sujet ne s’était jamais vraiment arrêté. J’avais imaginé toutes sortes de possibilités sans jamais en trouver une valable. « Je ne sais pas ce qu’il t’es arrivé, je n’ai pas eu de visions à ton sujet, mais si tu as besoin d’en parler, je suis là. » Nouveau sourire alors que ma main vint se poser sur son épaule. S’il n’avait pas envie de parler, je ne le prendrais pas pour moi. C’était une simple invitation, qu’il accepterait ou pas. Ma main le lâcha et mon regard se reperdit parmi l’infini céleste. « As-tu pris du temps pour les observer malgré tout, d’où tu étais ? »
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« ... »
Rien que le fait qu'il s'assoit à côté de lui, Wyatt ressent à nouveau cet espoir vivre en lui. Rürik a toujours été une source d'apaisement et de douceur. Cette caractéristique était certes commune à beaucoup de Naoris mais avec lui c'était différent. Le brun avait le don d'attraper le cœur de Wyatt à pleine main sans qu'il ne s'en rende compte et qu'il lui apprenne à devenir un homme plus calme. L'apprenti faisait taire le cerveau du biologiste là où au final, aucun instant des mois passés, que ce soit seul ou non, n'avait réussi à le faire. Alors pour la première fois, la vraie première fois, il allait mieux, pour de vrai. Il sentait son cœur plus léger et ses mouvements plus fins. Lorsque la voix de son ami s'élève, c'est un frisson qui parcourt le corps de l'odysséen, parce qu'il est en vie, il en a la preuve en entendant sa voix. Ça peut paraître stupide et futile mais c'est comme s'il lui enlevait ses chaînes là où rien ni personne n'avait réellement réussi à le faire.

Ce serait malhonnête de dire qu'il a passé tous ces mois malheureux comme les pierres, évidemment, certains moments ou certaines personnes ont réussi à le faire sentir plus léger, mais jamais comme ça, jamais comme lui. Alors lorsqu'en plus de sa voix les mots qui l'accompagnent sont un espoir pur, quelque chose dont seul Rürik est capable, Wyatt lui, reste sans voix. Il baisse les yeux, honteux d'avoir fait subir ces mois d'attente à celui qui ne lui avait jamais fait faux bond. Tendant une main vers lui, quelques baies s'y reposant, sans plus savoir quoi dire ni quoi faire. Par où commencer, comment s'y prendre. Wyatt se perd à nouveau dans les méandres de son cerveau tandis qu'il s'enfonce lui-même dans sa honte et dans ses pensées de ces mois passés. Mais une fois de plus, la voix du terrien vient tout couper, elle coupe cette sensation d'étranglement qui se faisait sentir pour lui donner l'occasion de respirer à nouveau. Les larmes aux yeux, cachées dans la pénombre, Wyatt sourit à son ami, accepte volontiers son offre et s'offre quelques instants de répit. Il ne compte pas parler tout de suite, il n'a jamais été très doué pour ça, encore moins dans ce genre de cas. Le Conseiller est tout, sauf un politicien, alors il a besoin de temps, de longues minutes avant de se mettre à parler pour tenter de s'expliquer, de lui expliquer.

Mais le brun lui coupe l'herbe sous le pied en prenant de nouveau la parole. Les yeux humides du biologiste se relèvent au niveau de ceux de son ami, avec à l'intérieur, rien d'autre que le reflet du ciel. Une larme coule sur la joue de l'homme du ciel tandis que l'autre avoue son inquiétude d'une finesse et d'une justesse qui le dépasse. Tout le dépasse, mais la capacité de Rürik à être aussi juste et bon, ça, c'est quelque chose qui le dépasse encore plus que tout le reste. Wyatt a toujours été du côté de la nature, trouvant son espèce mauvaise et s'il a revu ses attentes à la baisse depuis les derniers événements, aucun humain au monde ne lui donnait tant foi en l'humanité que celui à ses côtés en cette nuit étoilée. Une main qu'il tend, sans rien attendre en retour, juste comme ça, juste parce que.

Ce trop plein de gentillesse, cette trop belle justesse met mal à l'aise le garçon qui cache honteusement sa tête entre ses genoux. Et puis il y a sa main qui en rajoute une couche, sa main qui délicatement rejoint l'épaule du brun pour lui offrir à nouveau cette sérénité dont seuls les Naoris ont le secret. Wyatt respire donc à nouveau, un peu comme un nouveau né. Il apprend un peu tout, pour la deuxième ou douzième fois, il ne sait plus vraiment. Mais ça n'a pas d'importance puisque tant qu'il y a Rürik, il y a de l'espoir. Et tant qu'il y a de l'espoir, il y a de l'avenir. Sa main s'éloigne, son emprise aussi et pourtant, l'angoisse, elle, ne revient pas. Parce qu'il est toujours là, juste à côté, à deux doigts, à sa portée. L'espoir est en vie, parce que Rürik l'est aussi. Et sa question, elle, lui fait lever les yeux au ciel. Il arrête de se planquer, comme le gamin peureux qu'il est. Il lève à nouveau le bout du nez sur cette immensité qui les entoure et n'est qu'amour. Dans un soupir, Wyatt finit par ouvrir la bouche, la voix un peu tremblante et la larme séchée depuis longtemps sur sa joue.

« Pas vraiment, à vrai dire. Je n'ai pas réellement mis les pieds dehors ces derniers temps, je n'ai d'ailleurs pas pris le temps d'observer quoique ce soit. » Ce n'est ni totalement faux, ni totalement vrai. Du coup, il hausse les épaules en voyant une étoile filante et la pointant du doigt pour son ami à ses côtés. « J'avais juste trop de pensées dans ma tête et rien ni personne ne pouvait m'en sortir. Même lorsque j'allais dehors, plus rien n'avait la même saveur. Les rencontres, les animaux, les odeurs. Plus rien n'était pareil. » La tristesse se ressent plus que jamais dans le creux de sa gorge tandis qu'il reprend, plus doucement. « Mais je crois que j'en avais besoin, au final. J'avais besoin de comprendre que personne n'est parfait. Ni les Hommes ni la Nature. J'avais besoin de me prendre une claque. » Un léger sourire dépité lorsqu'il rajoute. « J'aurais juste aimé qu'il n'y ait pas eu besoin d'autant de mort pour que je me réveille. »

Il baisse à nouveau les yeux, n'observe plus le ciel mais se tourne vers celui à ses côtés pour lui poser une question qu'il ne lui aurait sans doute jamais posée si tout ceci ne s'était pas produit. « Toi qui vis sur Terre depuis si longtemps, comment faîtes-vous pour pardonner ce genre d'incident ? Comment pardonner à la Nature ses folies meurtrières et toujours croire en elle ? » Il est honnête, sans doute plus qu'il ne l'a jamais été. Et curieux, d'une manière différente qu'il l'a toujours été. C'est probablement pour cela qu'il ajoute quelque chose qui ne lui serait pas venu à l'idée, quelque chose auquel, avant le cyclone, il n'avait jamais réellement imaginé, du moins, pas de la sorte.

« Je veux que tu saches que tu es un ami précieux, Rürik. La Terre sans toi n'aurait pas été la même et tu es l'incarnation de l'Espoir dans ce monde. Alors si jamais il devait m'arriver quelque chose, je veux que tu le saches. Pour moi, tu auras toujours été l'Espoir. »


Évidemment, en disant ça, il ne regarde pas son ami mais bel et bien le ciel, si la première question était plus ou moins facile à dire, la vérité qu'il vient d'admettre, elle, reste toujours aussi difficile. Mais il l'a fait. Les yeux vers les étoiles. Certaines qui brillent plus que d'autres et d'autres qui filent, comme le temps qui avance depuis leur première rencontre ici. « La voie lactée est magnifique ce soir, t'ai-je déjà raconté la légende de Cassiopée selon mon peuple ? » Un sujet plus léger. Quelque chose de plus doux alors que le brun pointe la constellation du doigt, un sourire fin au coin des lèvres. Il y a de l'espoir, et il recommence à y croire. Enfin, qu'il se dit, putain, enfin.

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What felt like loss was a victory

Wyatt, il réfléchit, je le vois, je le sens. Ce silence qui s’installe mais qui ne nous dérange pas, ces vérités cachées aux yeux du monde mais qui pour nous sont bien réelles et cette sensation de bien-être lorsque l’autre se trouve là. Wyatt c’est ça, pour moi. Il sait faire ressortir ce que d’autres ont fait taire. Et ce silence qui se prolonge, je l’embrasse, l’accepte, car je vois que le biologiste réagit à mes paroles. Je le laisse faire, respecte cet instant qui, je sais, lui est précieux. Il a la tête pleine de choses, Wyatt. Parfois elles explosent, parfois elles se taisent, mais elles sont bien présentes. J’ai mal des fois de le voir tiraillé ainsi, mais le soulagement de le voir aujourd’hui bel et bien en vie fait taire cette douleur. Il est là et c’est tout ce qui compte.

Le silence se prolonge et je ne l’interromps pas. Je parcours le ciel du regard, salue une nouvelle fois ces étoiles qui m’ont manqué bien des jours. Je sors parfois de la forêt pour les observer même si ces dernières semaines, le temps m’a manqué. Rowena me sollicite beaucoup en ce moment et cette échappée avec mon ami m’offre un soulagement nouveau pour moi.

Il finit par transpercer le silence, Wyatt, pour se confier. Le regard se tourne vers lui, pour l’encourager, accueillir ces nouvelles confidences. Ses paroles me touchent une fois de plus, font virevolter mon cœur dans les airs. Ces éclats de vérités, de mal qu’il a caché durant sa longue absence. Je l’ai imaginé dans toutes les situations, mais pas celle-là. Lui qui admire tant la Terre, je n’aurais jamais pensé que ses propres pensées le mettraient dos à elle. Il a été déçu, Wyatt. Pas par les gens mais par lui-même. Il a été déçu d’avoir confiance en la Nature alors qu’elle s’est finalement retournée contre nous tous. Je me tais face à ce nouveau Wyatt, le découvre et l’accueille lui aussi. J’observe ses gestes, ses mimiques avant de relever les yeux vers le ciel.

Et puis il me pose une question qui me fait me perdre dans le vague. Cette question qui m’a moi aussi traversé l’esprit un nombre incalculable de fois. Autrefois je me serais insurgé avec lui contre cette injustice, j’aurais crié au scandale, aurait tapé du poing sur la table. Mais j’ai grandi, j’ai appris à comprendre ces choses qui nous dépassent bien trop de fois. Mon apprentissage m’a ouvert les yeux, m’a fait découvrir un autre monde que celui dans lequel j’ai grandi.

Il rajoute cependant quelque chose qui me fait une nouvelle fois tourner la tête en sa direction. Des déclarations, tout droit sorties de son cœur. Des déclarations que je n’aurais jamais pensé entendre une fois de sa bouche. Il n’est pas fait pour ces paroles Wyatt. Il garde en lui, le montre parfois par des gestes, mais les paroles pareilles ne sont pas choses habituelles chez lui. C’est pourquoi je les reçois avec respect, les accueille d’un nouveau sourire, d’un nouveau contact de main sur son épaule. Il me touche, Wyatt, par cette pureté d’âme qu’il n’imagine même pas avoir. Il se pense inférieur, se pense parfois aussi banal que les autres, mais il n’est rien de tout cela. Wyatt il est beau, de par son cœur, de par son humanité. Ses blessures du passé, du présent et certainement du futur le rendent plus réel que tous les autres, l’élèvent sur un piédestal que je ne pensais jamais apercevoir un jour. Wyatt, il est bien plus que tout ce qu’il pense être et le simple fait qu’il m’accorde ces précieuses rencontres, ces précieuses histoires et ces précieuses confidences, vaut bien tout l’or du monde.

Pourtant, je ne lui réponds pas. Je ressens d’abord le besoin de répondre à sa question. Le regard se tourne donc à nouveau vers le ciel étoilé alors que ma voix transperce ce silence qui s’était à nouveau confortablement installé entre nous. « La Terre nous a bien pardonnés de l’avoir détruite il y a de cela bien des lunes. » Petite pause. « Nous l’avons usée, raclée jusqu’à la racine, malmenée de bien des manières et pourtant, nous sommes toujours là. » Un nouveau sourire se glisse sur mes lèvres alors que je continue sur ma lancée. « Elle vous a laissé partir, faire une nouvelle vie là-haut et même revenir. » Et puis mon regard retombe sur mon ami, se plante dans ses iris pour appuyer mes paroles. « La Terre est bonne, Wyatt. Elle est juste comme nous. Parfois, elle doit se faire colère pour se faire respecter, se faire entendre. » Le sourire se perd un instant. « Peut-être ne se sentait-elle plus en sécurité, qu’il a fallu qu’elle crie pour que nous comprenions à nouveau que si nous sommes encore là, c’est bien parce qu’elle nous en donne le droit. » Les yeux clignent difficilement, accompagnent un soupir qui fait trembler tout mon corps. « Il y a eu beaucoup de morts, oui, et c’est terrible. Mais n’a-t-elle pas apporté de bien belles nouvelles aussi ? Regarde, tu es de nouveau là, bien en vie. Nous avons eu des naissances, les étoiles brillent encore. Tout n’est pas que misère, Wyatt. » Et le sourire revient, cherche à réhausser cette conversation qui commençait à prendre trop de côté négatif pour mon cœur. « Elle nous parle, à sa manière, certes, mais nous devons l’écouter. Cette colère-là, elle était certainement là pour une raison précise. » Mes yeux se baissent sur le sol un court instant avant de retrouver son regard. « Alors oui, moi aussi elle me déçoit parfois, notre Terre. Mais je lui pardonne car nous l’avons certainement bien plus fait souffrir qu’elle ne le fera jamais. » Dernier sourire avant de retrouver la voute céleste.

Et puis ses paroles me reviennent en tête alors que le silence reprend possession de l’espace. Cette déclaration sans réponse. Un demi-sourire éclaire mon visage alors que je réfléchis à ce que Wyatt créé en moi. Et puis les mots sortent, d’un ton doux, sincère. « Tu es un ami précieux pour moi aussi, Wyatt. Je sais que la Terre te tourmente l’esprit parfois et qu’elle n’est certainement pas la seule à le faire. Mais tu es bel et bien là, tu me donnes envie d’en découvrir toujours plus sur ton peuple et tu es bien moins insignifiant que ce que tu penses parfois être. » Les yeux recherchent un instant les siens avant de retourner vers les étoiles. « Tu es précieux de bien des manières et à ta façon, et c’est ce qui fait de toi quelqu’un d’unique. »

Et le ton change, Wyatt recherche cette légèreté qui a bien des fois guidé nos rencontres. Le regard se tourne vers ce qu’il pointe et un nouveau sourire se glisse sur mon visage. « Non, tu ne me l’as jamais racontée. Je serais ravi de l’entendre. » Mes bras resserrent ma peau de bête contre moi alors que j’attends sagement que mon ami me conte une nouvelle histoire, les yeux pétillants.

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L'air du soir est encore chaud, la nuit a beau prendre toute la place autour d'eux, il n'en reste pas moins que l'été est toujours trop chaud, l'hiver toujours trop froid. Les saisons sont nouvelles et le temps d'adaptation est un peu long. C'est long trois décennies à vivre dans une bulle qui n'a rien de naturel, c'est long trois décennies pour un corps qui subit chaque jours. Et pourtant, Wyatt adore l'été, les étoiles qui se dessinent comme une toile parfaite au dessus d'eux, la chaleur qui doucement caresse leur visage d'une main presque tendre et tout ce qui va avec. Rürik le premier. C'est probablement pour ça, pour la place qu'il laisse à Rürik depuis qu'ils se sont écrasés et qu'ils ont tout recommencé que l'odysséen n'hésite pas vraiment à se livrer. Pas plus qu'il n'hésite à poser une question compliquée. Une de celles dont personne n'a jamais vraiment la réponse et dont personne ne l'aura jamais vraiment. Mais il essaie le brun, parce que s'il existe une personne dans tout l'Univers qui a une réponse, ça ne peut être que lui.

Le contact de la main du Naori soulage le débarqué. S'il n'est pas du genre à s'étaler, il se sent dans une confiance totale auprès de son ami. Peut-être qu'il est toujours sur le fil, celui qui est à deux doigts de lâcher et encore tout faire basculer, peut-être même qu'il le quittera plus vraiment ce fameux fil mais Rürik est la lumière, l'équilibre et la tendresse d'un instant hors du temps. Il lui donne le souffle nécessaire pour avancer, croire que rien ne va lâcher et continuer. Il y croit parce qu'il sait que le brun à ses côtés le rattrapera peu importe à quel point sa chute sera violente. Après tout, des mois après il est toujours là. Après tout, c'est le seul à ne pas l'avoir abandonné malgré son attitude dégueulasse et égoïste. Le silence qui s'installe entre eux n'est pas pesant, pas vraiment. Parce que tant qu'ils seront tous les deux ils ne risquent pas grand chose, cette petite peur qui se balade toujours dans un coin de la tête du conseiller, celle qui dit et si c'était la dernière fois ? n'est même pas là. Elle se tait elle aussi, les yeux rivés vers le ciel, seules leurs respirations comme alliées dans cette parenthèse qui n'est qu'à eux. Et puis l'ami terrien ouvre la bouche, perce le silence de sa voix douce et installe un différent type de chaleur. Celui qui n'est possible qu'avec un autre être humain, qui rappelle que parfois, on est pas seul et on a pas à l'être. Wyatt ne défait pas son regard du ciel et laisse la voix de son ami traverser ses tympans pour venir se faire une place dans son crâne qu'il a balayé et éclaté trop de fois ces derniers mois. Et il ne faut qu'une phrase à celui qui malgré sa jeunesse s'avère tellement plus sage, une seule phrase pour tout expliquer, pour donner un sens à tout ce qui n'en avait plus.

L'Homme a détruit la Terre le premier, n'est-ce pas ? Wyatt le sait sans doute mieux que quiconque encore en vie. Il a accusé, hurlé et dénigré tous ceux qui avaient fait du mal à sa belle et bien aimée. Et il a raison l'homme à ses côtés, la belle bleue leur a pardonné, elle leur a laissé une place sur son sol à ses côtés. Alors n'a-t-elle pas le droit à l'erreur elle aussi ? Ne peut-elle pas prendre le temps de balayer l'espace comme Wyatt le fait si souvent dans sa propre tête ? Toujours dans son silence, il n'écoute plus que Rürik, en oublie les étoiles qui leur servent de lumière pour la nuit. Ses yeux se baissent alors qu'il lui rappelle aussi que ceux qui ont détruit la Terre ont laissé des Hommes pour morts. Là, au milieu de la radioactivé et toutes leurs saletés. Eux, ils avaient eu un air pur, une bulle, au delà, ils avaient eu le droit de respirer, panser leurs blessures et repartir à zéro. Mais il avait oublié qu'ils n'étaient qu'une poignée d'élus, choisis à la volée contre la survie de l'Humanité. Il avait oublié qu'avant d'être un traître pour la Planète l'Homme était avant tout un traître pour l'Homme. Combien des ancêtres de Rürik étaient morts trop jeunes ? Combien de ceux qu'il avait connu depuis leur arrivé avait tout perdu, encore et encore, à cause des conneries de ceux qui avaient fuis ?

Le regard de Wyatt se perd entre ses mains nouées, les mots de Rürik le touchent en plein cœur et le font voler en éclat mais dans le bon sens cette fois. Tous ses mots sont d'une justesse déstabilisante, d'une vérité à en faire perdre les pieds et péter les plombs. La planète doit encore les rappeler à l'ordre, il a raison. Et pourquoi ? Parce qu'ils pensent encore à des guerres, parce qu'ils vivent sur la défensive et non dans une harmonie totalement paisible. Depuis qu'il est Conseiller, Wyatt n'arrive pas à faire entendre ses idéaux. Et au fil du temps s'il s'est même perdu au milieu des problèmes et des histoires. Il est le premier à avoir perdu de vues ses objectifs premiers pour ne surtout pas reproduire les erreurs du passé. Et puis le débarqué sort de ses pensées et se concentre seulement sur l'homme à ses côtés. Celui qui vient d'avoir le cœur retourné et son corps parcouru d'un frisson des fantômes du passé. Alors le brun pince ses lèvres, détourne le regard et pose une main à son tour sur l'épaule de son ami. Ses doigts attrapent son épaule et la serre dans une prise douce, juste assez pour qu'il sache qu'à son tour, il n'est pas seul et ne le sera jamais. Et le terrien continue, son amour de la terre prend toute la place entre eux, il met des poids de l'autre côté de la balance et encore une fois, donne l'équilibre parfait à celui qui n'était plus capable de voir un rayon de lumière. Wyatt soupire dans un sourire. Il laisse ses yeux se perdre sur le visage de Rürik, l'observe dans cette douceur qu'il avait perdu pendant tous ces mois. L'écoute parler de naissances, de sa présence et des étoiles. Ce repère qui n'a jamais manqué à l'appel. Aussi fidèles que Rürik les étoiles ne manquent jamais un soir pour éclairer le ciel. Qu'il y ait eu des morts ou des vies, la tempête ou la canicule. Elles sont au rendez-vous, n'en manquent aucun, jamais. La poigne de Wyatt se desserre à mesure que les mots deviennent moins durs. Il garde ce contact précieux sans se faire aussi présent qu'auparavant. Il n'aura fallu que quelques mots pour que tout bascule, que l'équilibre sur ce foutu fil devienne presque parfait. De simples notes lentement articulées et maîtrisées avec une tendresse qui frôle le trop plein de gentillesse.

Alors il sourit lorsque son ami retrouve ses yeux noirs, lorsque pendant un instant, celui qui n'est qu'espoir avoue ses faiblesses, ses déceptions et ses peurs en quelques mots. La tendresse prend toute la place sur le visage du débarqué, il sourit de ce sourire un peu triste et tellement désolé. Ce sourire qui dans un silence parfait veut dire qu'il le comprend et qu'il ne partira plus comme il l'a fait. Wyatt a réellement envie d'y croire, d'essayer, de se souvenir des mots de Rürik à chaque doute, chaque peur et chaque peine. De ne plus jamais voir que du noir et toujours laisser passer cette lumière. Une promesse silencieuse qui prend place entre ceux qui ne parlent pas de sentiments, pas comme ça, jamais comme maintenant.

Wyatt pourrait le couper, attraper le silence qui se dépose à nouveau et le saisir. Sauf qu'il n'a rien à dire, Rürik a tout dit, avec chaque mot tellement bien choisi qu'il aurait peur de les gâcher ou les abîmer. Alors il enlève la main de l'épaule de son ami et retrouve le ciel des yeux. Dans ces mots qu'il n'ose pas relever ou même continuer. Ces mots qui s'impriment dans sa tête et qui l'aident à se relever à chaque seconde qu'ils s'impriment un peu plus. Et ça aurait pu durer très longtemps cette petite histoire si celui qui savait manier les mots n'avait pas repris la parole de lui-même. Les étoiles reflétant dans ses pupilles, Wyatt écoute avec cette espèce de douceur indescriptible les mots qui s'ensuivent. Parce que Rürik l'a percé à jour plus que personne, qu'à part Murphy, personne ne le voit jamais vraiment, du moins pas complètement. Mais Rürik avait ce regard, celui qui donne envie de le croire. Des mots doux et un peu effrayants, au final c'est une responsabilité d'être un réel ami, une responsabilité que le débarqué n'a pas su assumer. Mais le naori ne lui en tient pas rigueur, il le plonge dans un positif que Wyatt n'a jamais réellement connu alors il est mal à l'aise lorsque le regard se pose sur lui, il a du mal à accepter tout ce qui peut être trop vrai sur lui. Il a peur de perdre celui qui le tient en équilibre. Donc il ne dit rien, les yeux plongés dans les étoiles dans ce demi sourire un peu cassé et surtout fatigué. C'est un murmure, qui s'échappe de la bouche du conseiller, un murmure qui se glisse derrière les mots de Rürik pour s'envoler et s'effacer. « Merci. » qu'il dit, tout simplement, tout doucement.

Et heureusement, le ton change et l'intensité de l'instant s'efface lentement. Parce que Wyatt n'est pas doué avec les sentiments, qu'il n'arrive pas vraiment à faire comme si de rien n'était et que si tout ça avait continué il aurait fini par craquer, ses restes de carapace explosés. La main pointée vers le ciel, dessinant le fameux W caché dans la voie lactée il sourit et prend son temps avant de commencer à parler. Le temps que la pression retombe, que tous les risques et les peurs les quittent et qu'il ne reste à nouveau plus qu'eux, au milieu de tout et de rien. Il n'y a qu'eux, plus de passé, plus d'erreurs et de colère. Plus d'odyssée. Simplement deux amis qui parlent, face aux étoiles. Comme avant, comme quand il était gamin et qu'il n'était plus capable de respirer dans sa cage en fer.

Sa voix prend ce ton tendre, la caresse des étoiles et du Ciel auquel il revient constamment comme une fatalité. Parce que la Terre est son grand amour mais n'est pas sa maison, pas celle qui lui laisse des années de souvenirs, pas celle qui l'a vue grandir. Wyatt aime le Ciel comme on aime sa première maison, son premier amour, et quand il en parle, le tout se reflète dans sa voix. « Là haut on avait des livres qui parlaient de mythes et de légendes avec des cartes sur toutes les constellations et les étoiles. C'est pas tellement différent d'ici, selon où tu regardais, ce que tu lisais, il y avait des histoires différentes. Des légendes qui datent d'avant nous, toi, moi et même ceux qui ont détruit la Terre. Quelque chose d'aussi vieux que le monde. Un truc auquel on choisit de croire ou non. » Il marque une pause, laisse sa main retomber alors que les étoiles sont bien ciblées. « Et moi j'ai choisi d'y croire. » Un aveu qui fait mal sans vraiment le déranger. Le poids du passé, des heures là haut avec Murphy à observer les lumières parmi lesquelles ils vivaient.

« Cassiopée était une Reine. Une Reine majestueuse et respectée. Elle a mis en colère le dieu des Mers, elle a dit qu'elle était plus belle que toutes les créatures qu'il n'avait jamais créé. Un rire, fin. C'est vrai qu'elle est belle, dans sa voie lactée. Il a puni la fille de Cassiopée pour les mots de sa mère et finalement, il a puni cette dernière aussi. Cassiopée n'a pas le droit à son trône à cause de ce qu'elle a dit et elle ne reste qu'au Nord, le plus au Nord possible. À l'endroit comme à l'envers, parce qu'elle a défié plus fort qu'elle. » Il sourit en repensant à ses billes fascinées à découvrir toutes ces histoires, celles qui n'ont rien de scientifique et tout de mythique. Pourtant, il y tient à ces légendes, comme un trésor un peu caché, qui n'appartient pas à grand monde. Un secret qui se murmure les soirs d'été pour ceux qui en sont dignes, de la belle Reine Cassiopée. Et puis il se permet d'ajouter, un regard vers Rürik, quittant la Reine des yeux. « Je ne sais pas si les nymphes des eaux sont plus belles qu'elle mais je dois t'avouer que j'ai toujours trouvé Cassiopée sublime. » Un sourire doux alors qu'il pose de nouveau une main sur l'épaule de son ami. Celui qui lui a sorti la tête de l'eau, lui a permis de voir les lumières dans son ciel un peu trop noir ces derniers soirs.

« Tu es incroyablement sage, Rürik. Je sais que votre peuple a des traditions et des valeurs qui sont belles mais il faut que tu saches que je n'ai jamais rencontré personne d'aussi jeune qui était aussi sage que toi. » Il sourit, laisse à nouveau tomber sa main et reprend, les étoiles vissées dans ses pupilles brunes. « Est-ce que t'y crois, toi ? Aux légendes et aux mythes ? » Question douce, presque enfantine. Innocence perdue et retrouvée en quelques instants. Des sourires tendres qui s'enchaînent lentement alors qu'il reprend, doucement. « Tu ne m'as jamais dit ce que tu pensais de ce que mon peuple avait fait aux premiers arrivés. Tu sais que si tu as des questions, je peux y répondre, ça ne me dérange pas. » Il hausse les épaules. Le naori avait livré une partie difficile de sa vie, la vie ici et les conséquences des erreurs d'un passé qui se répercute dans un présent bien trop vivant. Alors il pouvait bien faire de même, s'ouvrir un peu, montrer les faiblesses des siens, avouer les erreurs et ce passé dont lui-même n'est pas ravi. « Je ne t'en voudrai pas de penser que ce que nous avons fait est une des causes des colères de la Planète, Rürik. »

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« What felt like loss was a victory » Rürik&Wyatt

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