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˜˜˜˜˜˜« My heart is gold and my hands are cold » Mila&Wyatt
maybe life should be about more than just surviving


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01/08/2018 Totoro's Child. TC Jones. 345 Rami Malek Ma Reine d'amour ♥ - imaginarium - ariana grande, breathin Conseiller Odysséen. - Botanique & Zoologie. Dana 755
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« Are you deranged like me are you strange like me lighting matches just to swallow up the flame like me do you call yourself a fucking hurricane like me pointing fingers cause you'll never take the blame like me »

☁️ juin 2118
Il en peut plus, Wyatt. Les voix dans sa tête qui se répètent et qui se cumulent. Les questions qui s'affichent pour s'encrer dans son crâne et jamais en sortir. Il a mal, il veut hurler mais il se tait. Il a beau essayer, il est plus capable de communiquer. Il y arrive plus, il en peut plus. Ça lui fait peur, putain, tellement peur. Sa bouche est cousue et lui, il cherche désespéramment un moyen de se sortir de sa tête.

Mais quand il essaie il explose. Il casse des trucs, se casse lui-même. Son cœur fait des boum-boum pas synchronisés et ça, ça ça le terrifie. Mais il ose pas en parler. Il veut pas aller voir Nadja, pointer son palpitant et son crâne à la suite. Lui montrer qu'il a l'impression de crever sans cesse et qu'il a besoin d'aide. De toutes façons elle peut pas l'aider, qu'il se dit. Personne peut l'aider. Parce que sa belle l'a trahie, la Terre l'a brisé en deux comme elle a brisé les arbres et la vie avec son foutu cyclone.

Pourtant il a trop besoin de sortir, d'essayer avant que ça finisse vraiment par le tuer. Et ça lui fait tilt, l'illumination suprême. Il sait qui il doit voir, à qui il doit parler. Celle qui le comprend, qui respire comme lui. Celle qui a le rythme de sa vie, de ses pensées, calé sur celles du brun. Il n'y a qu'elle, qui puisse l'aider. Il veut tendre une main vers elle et qu'elle l'a saisisse. Qu'elle le sorte de son asphyxie, qu'elle lui apprenne à respirer de nouveau. Il rêve d'un putain de vrai contact, qu'il puisse enfin pleurer toutes les larmes de son corps et faire son deuil. Parce que l'étape de la colère il l'a tellement vue qu'il va en faire une overdose s'il continue.

Alors faut qu'il ouvre le dialogue, qu'il explose les fils qui suturent sa bouche et qu'il se force à saigner. Pour que ça passe, pour qu'il saigne une bonne fois pour toutes et qu'après il avance. Il est déterminé, les phalanges dégueulasses et son sang qui coule le long des doigts pour que les gouttes s'échouent lentement sur le sol qu'il traverse. Il ignore tout le bruit, tout le monde et tout le reste aussi. Les Hommes comme la Terre, il s'en fout de leurs appels. Il ne veut voir qu'elle, ne parler qu'à elle. Parce qu'il sait qu'il va pas lui faire de mal, il en est convaincu. Elle va l'aider, la belle, elle l'a toujours fait. Dans un monde d'une solitude sans pareil, Mila a toujours été celle avec les yeux qui reflétaient les siens. Parce que sur l'Odyssée, y avait pas grand monde qui bouffait la passion du biologiste, les gens prétendaient comprendre mais y avait pas la flamme dans leurs yeux, pas la conviction dans leurs gestes. Mila l'avait, là où tout le monde échouait.

Il finit par traverser le dortoir et le sillonner du regard. Aucune trace de la brunette. Mais c'est logique, en même temps. Elle est forcément dehors, à chercher à cultiver des trucs ou en planter d'autres. Elle est comme ça, Mila. Elle lâche la Terre pour tous les autres elle aussi. Elle a besoin d'approcher son oreille du sol et de l'entendre battre, savoir qu'elle va bien. Elle est comme lui, qu'il se dit. Elle va comprendre, qu'il insiste, pour se convaincre qu'il est pas seul.

Dehors, il baisse les yeux, boude sa promise. Il ne lui adresse ni regard ni geste. Il est encore trop blessé, trop malade. Wyatt ne tarde pas à trouver Mila, posant les pieds sur les terres fertiles qui les entourent. Il la trouve rapidement du regard et s'avance sans prévenir, sans rien qui l'annonce. Il est pressé, pressé d'essayer, de respirer à nouveau, de plus avoir autant mal au fond. « Mila. » Qu'il s'évertue à articuler avec une peine qui dépasse l'entendement. Sa main rejoint l'épaule de la jeune, la tâchant de son sang au passage et serrant un peu plus sa prise. Faut qu'elle l'aide, qu'elle réponde à son appel. « Faut que je te parle, faut qu'on parle. » Il a mal, des poignards qui s'enfoncent dans son corps à chaque mot qu'il articule. C'est trop dur, putain. Trop dur de parler sans exploser, sans tout péter.

Il la tire sans lui demander son avis, sans attendre de réponse. Sa main glisse contre son bras pour l'attraper plus fermement et l'éloigner des bruits parasites qu'il est persuadé de percevoir. Il vire un peu fou, avec la fatigue et la peine qui diminue jamais. « J'y arrive plus, Mila. J'peux plus faut que tu m'aides. » Il parle comme si c'était évident. Comme si elle devait comprendre que le fait que le vent caresse sa joue en ce parfait instant lui colle les larmes aux yeux. Il vit ça comme un message de la Terre, un message qu'il est pas prêt à recevoir. « Pourquoi elle a fait ça ? Pourquoi elle a fait du mal comme ça ? » Il continue, l'amoureux transit. Il continue pour finalement lâcher le bras de son amie et poser une main tremblante sur son visage. « Ils méritaient pas ça, Mila. Personne mérite ça. » Sa voix se brise et s'abîme, elle s'éteint sur la fin. Une larme qui se perd sur sa joue et le vent qui vient le consoler, la lui enlever. Puis y a son regard, plein de désespoir, de peur et de tellement d'autres choses encore. Il lui hurle à l'aide, à la jeune Swann. Il lui hurle qu'il s'en sortira pas sans elle.
doctor sleep | quote : Gasoline - Halsey.


Dernière édition par Wyatt Sheperd le Jeu 25 Oct - 1:47, édité 3 fois

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26/08/2017 ΛURORΛ BOREΛLIS nope 440 anna speckhart sharkloé. // endless love // mélanie martinez tu cultives la terre selon les saisons (botanique & agriculture) 30



Are you deranged like me are you strange like me lighting matches just to swallow up the flame like me do you call yourself a fucking hurricane like me pointing fingers cause you'll never take the blame like me (@halsey// beerus)


Pour toi, la Terre est une religion qu'il faut aimer sans limites. Tu estimes que chaque brise de vent, rayon de soleil, pluie torrentielle est muée par une raison qui lui est propre, qui t'échappe à toi, à vous mais cela ne te gêne pas. Tu l'acceptes sans ressentir une quelconque frustration face à ton ignorance. Tu n'es qu'une poussière dans son sillage, une fidèle incorruptible, une fanatique éternelle. Tu la considères comme une entité à part entière, le centre de l'univers. Et ce, depuis que tu es gamine. Les serres présentes dans l'espace sont probablement ton plus beau souvenir. Celui que tu chéris au fond de ton coeur. Alors quand tu la rencontres pour la première fois, un feu d'artifice jaillit en toi. Comme un rêve qui se réalise. Parce que tu entretiens avec la nature une relation particulière, un lien que tu n'expliques pas. Tu le ressens dans ton être. Ainsi, tu te lèves à l'aube chaque matin pour admirer le spectacle qui se dévoile sous tes yeux et commencer ton travail dans les terres fertiles. Les gens pensent que tu es impliquée, dévouée à ton peuple, ignorant que tu ne le fais pas pour lui, que tu ne te soucies absolument pas de ce qu'il peut s'imaginer à ton égard. Tu le fais pour elle. Pour toi.

Tu entends à peine ton prénom, prononcé à la volée, bien trop occupée par tes plantations. Tu leur parles souvent mais personne n'entend. Tu leurs parles à travers tes pensées, tes voix. Tu leur parles comme à des enfants qui sont en train de grandir, de s'épanouir. Comme un parent attentionné qui souhaite les accompagner au fil des âges.

Puis tu perçois sa main se poser sur ton épaule, son sang imbiber ta peau, son regard te supplier de réagir. Et tu restes là, immobile, impassible, à le dévisager quelques secondes. Il en faut plus pour te faire bouger, pour t'arracher des mots, pour te retirer à tes protégées. Wyatt le sait et n'hésite pas à t'éloigner brusquement. Tu ne t'en offusques pas, comprenant rapidement qu'il est profondément perturbé. Néanmoins quand tu l'entends tenir de tels propos, tu ne tardes pas à réagir. « Pourquoi tu la remets en question ? » C'est froid, direct, autoritaire. Parce que tu es profondément choquée qu'il puisse en parler dans ces termes. Comme d'une mauvaise herbe. « C'est un être supérieur, nous ne comprenons pas tout ce qu'elle fait car nous n'en avons pas besoin. » Voilà le secret, la clef. L'acceptation inconditionnelle. Tu te radoucis considérablement, prenant conscience qu'il lui faut retrouver le droit chemin. Il arrive de se perdre dans les méandres de son propre esprit, tu es bien placée pour le savoir mais la Terre te ramène toujours à la réalité. Elle ne cesse de te sauver de tes propres démons. Elle est ta rédemption. « Tu ne dois pas perdre de vue l'essentiel. » Et tu caresses sa joue pour suivre le parcours de cette larme envolée, effacée par le vent.


→ wyatt, aux alentours de l'odyssée, début juin 2118

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Il a peur, Wyatt. Peur à en crever, à en trembler de partout. Il est pas bien, il se sent pas bien. Les bruits sont trop forts et précis dans ses oreilles, sa respiration le gêne et ses membres le brûlent. Il a mal partout et il veut qu'elle l'aide sa jeune amie, il en a besoin plus que jamais. Mila réagit vite, elle l'a toujours fait. Sa voix douce contraste avec ses mots plus violents que des poignards.

« Pourquoi tu la remets en question ? »

Et oui, pourquoi ? Pourquoi être capable d'accepter la violence et l'horreur des hommes pour ne jamais comprendre celle de la terre. Pourquoi s'offusquer et péter un plomb alors qu'elle n'a rien fait de pire que ce que tous les hommes ont fait ? Pourquoi la renier, la bouder alors qu'au fond, elle n'a fait que s'exprimer ? Celle qui doit constamment subir le sang, la haine et la violence des hommes. Celle qui s'est pris des vaisseaux pour traverser sa chair alors qu'elle n'avait rien demandé. Des bombes qui sont venues la brûler et l'empêcher de respirer. N'a-t-elle pas le droit de répliquer ? Afficher sa colère et son mécontentement ? Stopper les Hommes dans leurs idioties et les ramener à l'essentiel. La Terre n'est-elle pas la seule suffisamment sage pour réussir à donner une leçon à l'Humanité toute entière. Parce que lorsqu'elle parle, lorsqu'elle s'exprime, l'impuissance des hommes ressort et les laisse bras ballants face à celle qui les maîtrise d'un claquement de doigts. Clac

Wyatt n'entend pas les propos de la débarquée, il reste perdu dans ses pensées à se heurter à ses propres limites et faiblesses. Il déglutit alors qu'elle en rajoute une couche et touche le point sensible. Mila pose son doigt sur la blessure grande ouverte, l'hémorragie interne dont il ne trouvait pas l'origine. Elle a le doit dessus la brune et compresse le départ de sang. Le biologiste ouvre grand les yeux et ignore la suite des propos de la plus jeune pour enfin réaliser ce qui lui tiraille les tripes et lui retourne les entrailles depuis des mois. La réponse à toutes ses questions, celle qui ne se trouvait absolument pas là où il l'attendait et qui pourtant explique tout. Il murmure, se parle à lui même « Mais putain oui c'est ça. » Les doigts fins de la douce viennent se coller sur sa joue humide pour suivre les traces de cette larme, cette seule larme. Les yeux toujours embués, il pose une main sur le poignet de celle qu'il laisse l'approcher. Celle qui peut avoir un tel contact avec lui sans que jamais ça le blesse, le fasse tiquer. Ses billes brunes rejoignent celles de son amie, un début de soulagement dans ses prunelles fatiguées. Il serre un peu sa main dans la sienne, la retire lentement de son visage pour les poser ensemble sur son cœur à elle. « J'suis désolé Mila, t'as raison... » Pas comme elle le pense cependant. Et il réalise pas vraiment, lui, qu'il s'engage sur la mauvaise voie, qu'il risque de faire un mal incroyable à celle qu'il tient au creux de sa main.

« C'est ça le problème, c'est de pas comprendre. Il faut que je comprenne, si j'arrive à comprendre, alors ça ira et ça s'arrangera. » C'est forcément ça, la solution. Il en est persuadé alors qu'il met de côté tout ce que la cadette a prononcé. Il peut pas se satisfaire des mêmes choses qu'elle. Wyatt n'est pas venu sur Terre pour cumuler plus de questions que dans sa prison de fer. Il a besoin de réponses, de comprendre la planète bleue et d'apprendre à la connaître. « J'ai pas pris le problème dans le bon sens en vérité. » Il retire sa main du palpitant de la gamine pour laisser sa main tomber contre sa jambe. La fatigue le rattrape, toute cette haine qui l'a dévoré pendant de longues semaines qui finalement disparaît. Sa tête tourne de plus en plus et il serre un peu le poing pour tenir bon, cacher sa douleur. « Mila, faut que tu m'aides, faut qu'on trouve ce qui a déclenché ce cyclone pour que ça n'arrive plus. » Il en est sûr, ils peuvent empêcher les catastrophes. Si les humains changent, s'ils ne blessent plus la promise alors tout ira mieux. « Il faut analyser ce qui l'a mise en colère, ce qui l'a poussé à faire ça et ne plus reproduire les mêmes erreurs. » Il débite sans poser de questions, il se persuade que la jeunette va aller dans son sens, elle va toujours dans son sens. « On peut y arriver j'en suis certain. » Le garçon se perd dans ses propres pensées, les théories qui se façonnent lentement mais sûrement dans son crâne trop agité. Il y voit flou, à deux doigts de plus avoir de force mais il tient bon, face à Mila.

Celle qui l'aide et qui le comprend. Celle qui lui apprend sans jamais le juger. Mila. Son amie. « Tu m'aideras ? » Qu'il finit par articuler péniblement en réalisant son regard, ses yeux qui reflètent pas les siens. En sentant son cœur lentement se détacher du sien alors que les paroles de l’agricultrice lui reviennent en mémoire. Elle n'allait pas dans son sens, pour la première fois. Elle n'avait pas la même vision que lui pour la toute première fois. Et en comprenant ça, Wyatt se brise, s'explose plus qu'il ne l'avait été ces derniers mois. Il a peur de perdre sa seule véritable alliée dans ce combat. Se retrouver seul face au monde entier et ça, il y arrivera pas, il le sait. Alors il craque, tombe à terre, pose les mains autour des arêtes de son nez, retrouve les yeux de sa protégée. « Putain Mila, qu'est-ce qui m'arrive ? » Tout s'étrangle dans sa voix, sa peur, son incompréhension, sa fatigue et ses doutes qui deviennent omniprésents. Il sait plus comment s'en sortir. Il a cru voir la lumière un instant et puis finalement, finalement il en est là.

À terre. Seul face au monde. Seul face à Mila.


Dernière édition par Wyatt Sheperd le Sam 15 Sep - 16:39, édité 1 fois

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Are you deranged like me are you strange like me lighting matches just to swallow up the flame like me do you call yourself a fucking hurricane like me pointing fingers cause you'll never take the blame like me (@halsey// beerus)


Tu es le témoin impuissant de sa décadence, le spectateur silencieux de sa souffrance. Peu importe les mots, les gestes, les pensées, tu ne peux rien faire pour lui. Tu réalises subitement qu’il ne comprend absolument pas ce qui se passe. A quel point il est dépassé par la situation. Prisonnier du tourment de son âme. Ce n’est pas comme toi. Il n’entend pas des voix funèbres lui parler. Ce n’est pas comme toi. Il ne sent pas le poids du passé s’abattre sur ses frêles épaules. Ce n’est pas comme toi. Il ne peut pas se raccrocher à la Terre pour trouver la lumière au milieu des ténèbres. Parce qu’il s’est perdu en chemin, pris aux pièges dans les recoins de sa propre obscurité. Et tu te demandes comment cela est arrivé. « Non, non Wyatt je ne t’aiderai pas. » Malgré le choc de cette révélation qui t’ébranle entièrement, tu demeures calme. Ta voix est posée bien que tes propos soient aussi tranchants que de la glace. Tu n’iras pas disséquer les fondements de mère nature. Tu ne chercheras pas à remettre en question ses décisions. Tu ne participeras pas à cette abominable expérience. C’est au-dessus de tes forces. Il le comprend avant même que les paroles n’aient effleuré tes lèvres. Il le comprend à l’instant où ses prunelles croisent les tiennes. Et il s’effondre à terre, profondément chamboulé. Tu avales péniblement ta salive et t’agenouilles en face pour te retrouver à sa hauteur. Tu n’as pas l’intention de lui mentir. Ce n’est pas ainsi que les choses fonctionnent. Tu t’apprêtes à lui dévoiler la dure réalité, la triste vérité.

« Tu as perdu la foi mon ami. » C’est aussi simple et complexe que ça. Il se situe à un tournant de son existence, à un point de non-retour. Soit il parvient à la retrouver et chasse ce moment de sa mémoire comme un mauvais souvenir, un vil cauchemar. Soit il devient un individu lambda, un inconnu pour lui-même, une personne ordinaire. Est-ce qu’il existe un châtiment pire que celui-ci ? Tu ne penses pas. Eux non plus. Ceux qui vivent en toi, qui parlent parfois à travers tes lippes, qui se reflètent au fond de ta rétine. Ceux qui sont partis. Ceux qui ont abandonnés. Ceux que tu as assassinés. Ils t’incitent à t’éloigner de lui avant d’être contaminée par le virus qui le tue lentement mais doucement, qui le dépouille de l’intérieur. Cependant, l’affection que tu éprouves à son égard t’empêche de te lever, de partir et de l’abandonner sans te retourner. Elle t’empêche de devenir les monstres de ton enfance, qui ont préféré se suicider plutôt que de se battre pour toi. Tu es devenu un autre genre de monstre. Le genre qui peut anéantir le cœur et tendre la main en même temps. « Tu es désormais un infidèle… mais tu peux encore redevenir un de ses enfants, cela ne tient qu’à toi. » Est-ce vrai ? Dans le fond, tu l’ignores, c’est la première fois que tu es confrontée à ce dilemme. Jamais tu n’as douté d’elle, ni de ses choix, de ses actes. Peu importe les conséquences de sa colère, les pertes engendrées par sa vengeance. La Terre demeure pour toi, le centre de ton univers. Tu es prête à tuer pour elle, à mourir pour elle.


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 « Non, non Wyatt je ne t’aiderai pas. »

La violence des propos de Mila le heurte comme peu y arrivent. Elle le blesse comme si elle venait de le trancher avec une lame. Sa seule alliée dans cette quête complètement improbable et qui passe au dessus de la tête du monde entier vient de lui claquer une porte au nez. Il n'était pas prêt, il n'y aurait jamais été préparé. Alors il déglutit, se fige un peu sur place et ne sait plus ni quoi faire ni quoi dire. Alors il fait à nouveau ce qu'il a toujours su le mieux faire. Se taire. Lorsque ses parents lui ont expliqué qu'ils lui faisaient du mal, il n'a rien dit. Lorsque Murphy et lui se sont éloignés, il n'a rien dit. Lorsque toutes ces conquêtes lui ont collé des claques en lui disant qu'il n'avait pas de cœur, il n'a rien dit. Et aujourd’hui, lorsque Mila brise le sien, il ne dit encore rien.

Wyatt fait ce qu'il n'avait pas fait depuis longtemps et se referme complètement. Envolés les idéaux de Harlan et compagnie. Au diable la Terre, au diable les Hommes. Il est seul et l'a toujours été. Personne ne le comprend et personne ne le comprendra jamais. Alors pourquoi se faire du mal à essayer ? Pourquoi se perdre encore et encore à se prendre des coups même par ses plus précieux alliés ? L'abruti à l'impression d'avoir été trahi comme César en son temps. C'en est à un stade que c'est stupide, l'absurde a dépassé la raison et stoïque, il fait face à l'inconnue face à lui, le menton droit et les yeux fixes. Y a plus d'amie face à lui, plus de personne qui le comprend. Il sait même pas ce qui le retient de faire simplement demi tour et ne plus jamais lui parler. Il sait même plus ce qu'il fout là ou même ce qu'il lui a pris. Ça vrille complètement dans son crâne malade et Mila n'existe plus, elle est remplacée par un sosie sans âme, sans rien de vivant et de cohérent. Il peut même pas y croire, il veut même pas y croire.

Alors pourquoi il reste, pourquoi il insiste ? Parce qu'il a besoin d'elle, plus que de personne. Il a besoin d'elle là où il n'y a plus personne. S'il laisse s'envoler Mila alors il se jette de la première falaise qu'il croise, fout des pierres dans ses poches et va se noyer dans la rivière la plus proche. Alors qu'il respire à peine, vit à peine, y a Mila qui parle à nouveau. Sa voix qui tranche l'atmosphère et lui brise l'âme en deux.

Perdre la foi. Mais quelle foi ? Comment parler de foi quand on voit ça ? Les dégâts, le résultat ? Wyatt se perd complètement dans le fil de ses pensées et ne cherche même pas à écouter ce qu'elle raconte après. Il s'en fout, reste figé sur cette idée comme un foutu chien avec son os. La foi. Avoir la foi. Il a étudié la religion dans les nombreux bouquins là haut, les histoires bizarres et les croyances populaires. Des mythes, seulement mais s'est-il jamais senti croyant ? Pas vraiment, pas dans ce sens là, du moins. Alors il serre les poings et les mâchoires, parce qu'elle le pousse dans ses retranchements, qu'elle enfonce son doigt dans une plaie ouverte et qu'il peut plus lui hurler qu'elle lui fait mal tant qu'il sait plus vraiment qui elle est. Ou alors qui il est. Ça non plus il sait plus.

Et puis elle s'éloigne un peu, pas vraiment. Les deux se retrouvent dans un flou, si proches et si loin. Un trou béant qui les sépare et pourtant même pas un mètre pour les réunir à nouveau. Mais Wyatt ne sait plus, il veut qu'elle se taise, qu'elle arrête de lui faire mal. Parce qu'il supporte plus, d'avoir mal. Il supporte plus que tout le blesse et l'agresse, il a besoin de souffler, de respirer, ce qu'il espérait et croyait en arrivant auprès d'elle. Ce qui s'est avéré tout sauf vrai.

Alors il se tait, encore. Il pense, encore. À ces histoires de foi et tout ce mélange dans sa tête pour venir cogner contre ses tempes et finalement sortir de sa bouche, de ce ton froid qu'il n'utilise jamais avec elle, pas une seule petite fois. « Tu crois tout savoir Mila, n'est-ce pas ? » Il n'est pas agressif, non, pas pour un sou, juste froid à en glacer le sang lorsque ses yeux se posent sur celle de l'odysséenne. « Tu penses avoir réponse à tout simplement parce que t'as vu la lumière où je sais pas quoi. Mais Mila, la foi n'excuse pas tout. Y a rien, qui excuse tout. Personne n'a le droit de tuer un autre être vivant, ni toi, ni moi, ni Elle. » Il est direct, violent dans ses propos. « La seule raison valable de tuer c'est pour se protéger ou protéger quelqu'un qu'on aime et ce n'est pas ce qu'elle a fait. Alors si tu veux être un putain de mouton aveugle, sois le, mais ce sera sans moi. » Il a le dos droit et il se relève doucement, fixant la jeune, la défiant dans toutes ses blessures, à travers toutes ses cassures. « Avoir la foi c'est pas croire tout et n'importe quoi. C'est pas approuver un meurtre en masse, Mila. » Il voudrait s'arrêter, se taire avant d'aller trop loin mais il n'est pas foutu d'y arriver. « Avoir la foi c'est être capable de tout remettre en cause et d'y croire encore. C'est savoir justifier quelque chose, lui trouver une explication. Je ne suivrai personne aveuglément. Et si tu le fais, alors tu es bien plus stupide que je ne l'ai jamais pensé. » Animal blessé, il rugit, beaucoup trop fort, beaucoup trop violemment.

« J'ai toujours cru en toi, j'ai toujours pensé que tu étais une des personnes les plus intelligentes que je connaissais. Faut croire que je me suis trompé. Un simple mouton, c'est tout ce que t'es ? » Une question qui n'en est pas une alors qu'il s'apprête à la quitter à tout jamais. Partir sans se retourner une fois de plus, faire comme ceux qui l'avaient fait avant lui avec elle, n'être qu'un con de plus qui ne lui laisse pas une chance. Et ça, il peut pas. Parce qu'il l'aime, Mila. Comme une petite sœur, comme une petite fleur fragile dont il se veut protecteur. Alors les larmes aux yeux, il se retourne vers elle et il finit par dire. « Ce n'est pas en elle que je crois plus mais peut-être bien en moi. » Il déglutit et ajoute, le cœur brisé, fendu par ses propres propos. « Mais en toi, j'ai toujours cru que j'aurais une alliée, jamais quelqu'un de banal. Alors réveille-toi, Mila. Ouvre les yeux toi aussi. J'ai peut-être besoin de retrouver la foi mais toi t'as besoin de comprendre la tienne et ça ne tient qu'à toi. »

Il lui tend une main maladroite avec son cœur qui saigne jusque dans ses doigts mais il ne l'abandonne pas, parce qu'il ne s'y résout pas. « Alors si tu veux parler, je suis là. Sinon, oublie moi. » Un choix. Un choix qu'il lui laisse grand ouvert. Une porte ouverte sur une vie qu'ils mèneront côte à côte ou non. C'est à elle de voir. Il ne l'abandonnera pas, non. Il ne sera pas ses parents ni les autres dont elle ne parle pas. Wyatt n'est pas de ceux-là, Wyatt lui laisse le choix. Ouvrir les yeux ou mourir seule.


Dernière édition par Wyatt Sheperd le Sam 15 Sep - 16:39, édité 1 fois

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La vérité lui matraque le coeur, cela ne fait aucun doute. Tu perçois la peine qui le heurte à chaque intonation, suspension. Comme s'il retenait son souffle. Est-ce qu'il étouffe ? Tu le regardes sans rien dire, n'éprouvant pas le besoin d'intervenir quand il ne parvient plus à s'arrêter. Les mots déglutissent de ses lippes à toute allure alors qu'il retient les larmes au bord de ses iris. Certains d'entre eux résonnent en toi d'une façon tout à fait étrange. Se protéger. Tu penses instantanément à ton crime passionnel, à ton excès de rage animé par le chagrin. Un coup de massue dans le dos, ce fut l'effet des propos de Thalia. Cette trahison prenant la forme d'un abandon cruel. Tu te souviens de l'adrénaline dans ton sang au moment d'attraper le rocher, de la colère dans tes veines au moment de lui écraser sur le crâne. Protéger quelqu'un. C'est le visage du docteur qui t'apparaît subitement. Parce qu'elle occupe une place spéciale dans ta vie, tu ressens le besoin d'éliminer tous les éléments nocifs de la sienne. A commencer par Clare. Tu ne peux t'empêcher de vouloir la faire disparaitre, la rayer du paysage pour que l'horizon soit plus clair.

C'est exactement ce que fait la Terre, évaluant qui doit vivre, qui doit mourir, contrôlant son territoire comme bon lui semble. Tu respectes toutes ses décisions sans les remettre en question. Cette simple idée te paraît saugrenue. Alors tu es bien incapable de comprendre ce qui se passe dans la tête de ton ami. Tu réalises à quel point il est perdu face à la grandeur de mère-nature. Infidèle. Le terme te revient en boucle, encore et encore. Les voix s'échauffent au sein de ton esprit. Tu n'entends plus que ça. Comment peut-on perdre la foi ? Cela te semble impossible. Tu te questionnes sur lui, son identité, son authenticité, remettant en cause tout votre passé ensemble. Parce que pour la première fois de ta vie, tu viens de rejeter quelqu'un. Les rôles sont inversés. C'est une situation inédite. Ainsi, tu ignores la façon dont il te faut agir, réagir. Les propos qu'il tient à ton encontre sont d'une violence inouïe mais tu ne te sens pas directement visée, encore moins responsable de cette plaie entre ouverte.

Alors quand il s'apprête à partir, tu ne le retiens pas, non. Une partie de toi est tentée de le faire, sauf que l'autre t'en empêche. Dilemme existentiel. Il prend rapidement fin lorsque Wyatt revient à la charge, essaie de te bousculer, de te faire basculer. Pour que tu élargisses ta perception, ta vision du monde. Hélas, il ignore à quel point ton rapport à la Terre est démesuré, disproportionné. A sa place, tu aurais mis fin à cette agonie sans la moindre hésitation. Perdre la foi, perdre la vie. Il n'y aucune différence. A moins de la retrouver au fil d'efforts. Tu ne sais pas s'il est prêt à tout sacrifier pour cela. Au jour d'aujourd'hui, tu as l'impression d'être face à un étranger. « Je pense que tu as tout dit... » Un inconnu qui essaie en vain de te montrer les couleurs de son ciel, de t'apprendre les mots de sa langue, de te présenter les traditions de sa culture. Sauf qu'ils sont impurs. « Je pense que tu avais besoin de dire tout ça. » N'est-ce pas la raison de ce discours ? Tu es parfaitement consciente que la parole peut être plus assassine que l'acte.

Tes nombreuses altercations avec Murphy en sont la preuve, sachant pertinemment quel sujet aborder pour la mettre dans une colère sourde. Comme tu as su quelles syllabes prononcer pour truander le coeur de Wyatt. Et maintenant ? Il semble attendre un signe de ta part, un espoir auquel s'accrocher. Tu ne sais pas si tu peux lui donner, ni même si tu dois le faire. Le doute s'installe à nouveau. « Moi non. » C'est assez catégorique. Ca semble même froid. A vrai dire, tu parviens difficilement à dire quelque chose, quelque peu décontenancée de ne pas te trouver à sa place, tellement habituée à être laissée derrière. La petite fille qui réside en toi s'en retrouve ébranlée. Elle aimerait bien l'aider, comprenant mieux que personne ce sentiment de perdition, cette sensation de chute libre, ayant trouvé dans le déni un filet de secours. Elle aimerait bien lui montrer le chemin, l'accompagnant à chaque étape pour retrouver la foi, reconstruire des souvenirs ensemble. Sauf que Ludmila n'a jamais fait ça. Il ne reste que Mila, pour trouver une façon. Il reste que toi. « J'ignore ce que tu attends de moi... »

Il reste une chance.
D'un horizon ensemble.



→ wyatt, aux alentours de l'odyssée, début juin 2118

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01/08/2018 Totoro's Child. TC Jones. 345 Rami Malek Ma Reine d'amour ♥ - imaginarium - ariana grande, breathin Conseiller Odysséen. - Botanique & Zoologie. Dana 755
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 « Je pense que tu as tout dit... » 

Tout dit ? Vraiment c'est ce qu'elle pense ? Qu'il a tout dit ? Wyatt n'entend même plus la jeune brune face à lui tellement il renferme de colère en lui. L'envie de lui éclater la gueule tout autant que de la prendre dans ses bras. L'envie de la secouer tout autant que de la quitter. Il sait plus, putain, il y arrive plus. Mais il sait qu'il a pas tout dit. Il dit jamais tout, même dans ces moments où on a l'impression qu'il a vidé son sac. La vérité c'est que personne n'a idée de ce qui se trame là dedans et que la seule réelle alliée qu'il avait, il l'a laissée tomber et a fait comme s'il n'en avait jamais entendu parler. Mais quel idiot, putain. Quel idiot. Il veut frapper un truc. Un mur, le sol, un caillou, Mila, il s'en fout mais un truc. Et il se retient, il se retient parce qu'une part de lui comprend ce qu'elle dit, une part de lui entend ce qu'elle dit. Puis y a surtout le passé. Ce fameux passé. Celui dont personne parle jamais.

Trois ans qu'ils sont ici sur trente sept d'existence c'est peu. Et Wyatt s'en souvient comme si c'était hier, d'étouffer à l'étroit dans la serre. Il se souvient d'avoir les yeux qui regarde par les vitres usées et se demande quand est-ce que cette connerie sera finie ? Quand est-ce qu'il pourra enfin étudier un truc nouveau, un truc qu'il ne connaît pas déjà par cœur. Complètement blasé de la vie, il s'attendait à tout, sauf à elle. Mila. Une gamine pas très grande avec des yeux qui avaient des étoiles tellement grandes en dedans que c'en était presque hypnotisant. Mila, la gamine qui arrive et tripote une plante, qui mérite une tape sur les doigts et pourtant, c'est le brun qu'on tire à part pour venir lui parler d'elle. La gamine abandonnée, la gamine laissée à une survie critique dans un monde en ruine. Une gamine qui n'avait plus que des rêves et des contes de fée. Déconnectée de la réalité, leur réalité. On lui dit qu'il faut la laisser faire et que s'il peut s'en occuper et lui apprendre deux trois trucs en plus, ce sera pas de trop. Sur le coup, il s'en souvient, il soupire et roule des yeux. Il en a marre qu'on lui colle des gamins qui veulent pas être là dans les pattes, marre de tenter d'expliquer son monde à des gosses qui veulent juste mâchouiller du caoutchouc comme du chewing-gum.

Mais Mila c'était pas ça. Elle était différente, elle l'a toujours été. Dès l'instant où il s'est mis à lui parler, lui racontait ce qu'elle ne savait pas déjà, ses yeux s'illuminaient. Il voyait en elle son futur, son passé. Une gamine avec des étoiles dans les yeux, qui rêvait d'en faire plus, d'en apprendre plus. Alors il a fait tout ce qu'il pouvait de leur temps sur l'Odyssée. De cette deuxième vie que la petite lui a donné. Un second souffle alors qu'il arrivait plus vraiment à respirer.

Et c'est pour ça qu'aujourd'hui il ne fuit pas. Parce que Mila a ce quelque chose que les autres n'ont pas. Peut-être que c'est la folie, peut-être que c'est trop aussi. Mais il s'en fout. Elle lui a sauvé la vie là haut, là où il aurait sans doute pas tenu jusqu'à aujourd’hui s'ils avaient du continuer à prétendre être heureux comme des animaux en cage alors qu'il y avait tout un monde, là, à portée de doigt.

Pourtant, lorsqu'elle articule qu'elle, elle n'a pas besoin de tout ça. De dire ce qu'il a dit ou même de le ressentir, Wyatt ne peut toujours pas faire demi-tour. Il ne peut toujours pas la laisser, il peut pas, c'est au dessus de lui. C'est son aimant, son aimant d'amoureux de la Planète, cette gamine que tout le monde condamnait et à qui personne donnait d'avenir alors que lui, il a vu en elle un avenir brillant, une intelligence hors pair. Il se foutait du reste, de l'avis des gens, et aujourd’hui, il s'en fout encore plus, connement. Parce que plus que de la Terre c'est de cette petite fille avec des étoiles plein les yeux dont il a besoin. Plus que de retrouver foi en quoique ce soit, c'est elle, qu'il a besoin de retrouver. La petite brunette qui lui a sauvé la vie, lui a donné le sourire et une seconde vie. Il a besoin d'elle plus que de personne d'autre en cet instant même alors il soupire, lentement, lorsque la jeune fille fait un pas vers lui.

Pas discret, presque invisible. Une main tendue sans vraiment l'être, une chance qu'il peut saisir ou tout simplement partir. Et un sourire, qui se dessine lentement sur le visage du Conseiller, une larme, qui brise sa joue de nouveau, différemment de la première. Une larme de nostalgie, d'une autre vie. Ses billes brunes dans celles de la cadette et une voix étranglée qui sort comme elle peut. Se faufilant un passage entre toutes les cicatrices du passé et celles du présent, encore vives, encore trop marquées. « J'attends que tu sois à nouveau toi, Mila. » Qu'il dit, comme un aveu à demi-mot, qui fait mal autant qu'il fait du bien. C'est probablement là, qu'il dit vraiment tout. Ce tout qu'il entend lui, qu'il lui a jamais vraiment dit. « J'attends de voir des étoiles dans tes yeux, que tu veuilles toujours en savoir plus, comme avant. J'attends de retrouver l'étincelle que je voyais briller dans tes yeux toutes ses années. » Il a mal, quand il parle et pourtant, il ajoute, comme des adieux. « J'ai besoin de retrouver celle que j'ai rencontré, le jour où t'as passé le pied dans la serre et que ta main s'est posé sur cette fleur, que tu m'as demandé ce que c'était et que j'ai du répondre à tes questions jusqu'à ce que tu t'endormes. J'ai besoin de retrouver la Mila qui ose et qui ne s'arrête pas, là. » Il soupire, une dernière fois. « J'ai juste besoin de toi. »

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26/08/2017 ΛURORΛ BOREΛLIS nope 440 anna speckhart sharkloé. // endless love // mélanie martinez tu cultives la terre selon les saisons (botanique & agriculture) 30



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Tu souhaites toujours en savoir plus, sauf que tu ne t'adresses plus aux tiens pour étoffer tes connaissances. Ce sont désormais les terriens qui te permettent d'évoluer, d'en apprendre plus, de te perfectionner au contact de la Terre. Notamment la tribu des Naoris qui semble communiquer avec cette dernière d'une façon tout à fait spéciale. Cela te fascine et une part de toi les envie sans le moindre doute. Tu aurais aimé naître auprès d'eux, grandir avec eux, être une enfant du monde comme eux. A la place, tu dois combler les lacunes existantes de ton savoir avec des bribes qu'ils acceptent de te dévoiler. C'est un travail de longue haleine mais il te tient, en quelque sorte, éveillée. Présente. Accrochée à la réalité. Ta réalité. Sans même t'en rendre compte, tu as remplacé ton mentor de l'espace par un conseiller de mère nature. Et tu ne le réalises que maintenant, lorsqu'il te fait prendre conscience de tout le chemin parcouru depuis votre rencontre. De toute évidence, vous n'êtes plus les personnes qu'il décrit à cet instant, avec une certaine forme de nostalgie. « Je ne suis plus l'enfant que tu as rencontré ce jour-là. » La vérité au bord des lèvres. « Et tu n'es plus la personne qui se trouvait dans cette serre. » La vérité au bord des yeux.

Êtes-vous devenus des étrangers l'un pour l'autre ? C'est une question légitime étant donné la situation actuelle. Pourtant, tu as toujours l'impression de le connaître, bien qu'une distance invisible vous sépare désormais. Au fond, tu espères qu'il reste quelque chose en vous pour maintenir la flamme, la lueur d'autrefois. Pour créer une étincelle qui se consume en temps réel. « Peut-être que nous devrions apprendre à connaître ceux que nous sommes. » C'est bien la première fois que tu prends du recul par rapport à un problème pour proposer une solution adéquate. D'ordinaire, tu en t'en préoccupes pas, laissant le soin aux autres de trouver la réponse à la question tandis que tu vogues à tes activités. « Ceux que nous sommes devenus. » Es-tu capable de l'aimer s'il n'est plus en transe avec la Terre ? Probablement oui, tu as l'habitude de fréquenter des gens qui ne partagent pas ta pensée. Ce serait simplement déconcertant, de ne plus pouvoir t'émerveiller en sa compagnie, sur les prodiges de la nature. Qu'est-ce qui vous réunirait alors ? Tu l'ignores. Cette situation est inédite. « Et laisser partir ceux que nous étions. » Venant de toi, ces propos sont assez surprenants. Tu es reconnue pour t'accrocher au passé avec une force inimaginable.

Wyatt est encore capable d'avoir un impact sur toi, de t'insuffler un souffle bienveillant qui t'amène à évoluer. Sans même que tu n'en prennes conscience. Peut-être que la Terre n'est pas votre ancre commune, ne l'a jamais été. Peut-être qu'un lien sous-jacent a vu le jour, dans cette serre, quand tu es rentrée. Fantôme. Le mot résonne dans ta tête, les voix le répètent sans cesse. Tu ne sais pas de qui elles parlent précisément, ayant beaucoup trop de spectres dans ton sillage pour savoir lequel est désigné. Elles parlent de toi, sans l'ombre d'un doute. De cet enfant que tu n'es plus, de cette innocence perdue. Du mal qui gravite tout autour, du murmure qu'il perdure près de ton tympan. De cette facette que tu dissimules, de cette pulsion meurtrière qui respire au rythme de tes poumons. Tu parviens à la contenir, pour l'instant. Tôt ou tard, elle finira par sortir, condamner une vie, renverser une âme sur son passage. Peut-il t'aimer en sachant ce que tu as fait ? Ce que tu feras ? Ce que tu es désormais ? Cet animal sauvage ayant besoin d’une échappatoire. Ce monstre dangereux rôdant dans le noir, qui frappe sans prévenir. Qui s'en prend à tes proches.


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C'est son cœur qui se brise quand Mila lui répond du tac-o-tac. Elle n'est plus ce qu'elle était, qu'elle dit d'abord. Et ça, il l'a bien vu, il le sait et il le sent. Ça le bouffe de plus savoir l'aider ni l'approcher, sa petite protégée. Mais la phrase qu'elle ajoute après le touche en plein cœur, elle le brise, la brunette. Ce pouvoir qu'elle a sur lui est d'une violence inouïe. Elle le tue à petit feu ou plutôt à grands coups de poings en plein dans la poitrine. Ça lui coupe le souffle, lui fait tourner la tête comme s'il manquait d'oxygène. Quelle ironie, franchement, de manquer d'oxygène alors qu'ils en ont à volonté là où ils sont. S'il n'était pas autant au bord du gouffre peut-être que le Conseiller saurait la voir et l'appréhender, cette ironie. Peut-être qu'il arriverait à prendre du recul sur les mots de la jeune femme et sur tout ce qui a pu se passer depuis leur première rencontre.

Mas ce n'est pas le cas, pas tout de suite, pas comme ça. Elle le torture à chaque regard, à chaque fois qu'elle respire et qu'elle vit sans lui. C'est qu'un putain d'égoïste, finalement, lui aussi. Voilà ce qu'il se dit. Que Mila a grandi sans lui et qu'elle a raison, c'est lui qui a changé, lui qui s'est barré sans donner signe de vie pendant la moitié d'une année. C'est lui qui a créé cette distance entre eux et c'est de sa faute si celle qu'il a sous les yeux ne lui rappelle rien d'autre que de douloureux souvenirs, un lointain passé. Alors il soupire, et il détourne le regard lorsque c'est Mila qui prend la place qu'il a toujours eu dans leurs conversations. Lorsque c'est elle qui propose un chemin l'un vers l'autre, une paix potentielle au milieu, un terrain sur lequel ils peuvent coexister de nouveau. C'est triste de voir qu'il n'en est plus capable, l'adulte, qu'il n'est plus capable de rien depuis des mois et encore moins d'être humain avec les siens. Il déglutit difficilement sans un mot alors qu'elle en rajoute une couche. Elle lui tend une main qu'il n'a pas su lui tendre lui. Lui offre une paix qu'il n'a pas su voir dans sa colère aveugle et sans pareil. Ses yeux s'humidifient sans qu'une larme ne coule, sa gorge le brûle sans qu'un mot n'en sorte. Ce qu'ils sont devenus, dit-elle.

Mais qu'est-il devenu, vraiment ? Un bon à rien, un lâche, un égoïste et tout ce qu'il a toujours détesté et rejeté. Putain, quel con. Mais Mila ne s'arrête pas là, non, elle enchaîne les affirmations les unes après les autres et alors qu'elle parle du passé, Wyatt baisse les yeux, trouve la terre floue sous ses yeux perlés. Il ne dit rien, incapable de prononcer un mot alors que toute sa tête tourne et retourne en boucle. Il a mal, tellement mal, si elle savait. Laisser partir ce qu'il était c'est probablement laisser partir son humanité, laisser partir ses rêves aussi et tout ce qu'il a toujours voulu être, notamment à ses côtés. Pourtant tout ça, il le tait, comme il sait si bien le faire. Il ravale sa fierté dans son silence pesant, il ravale ses mots alors qu'il lui aurait parlé avant. Il aurait attrapé sa main sans hésiter pour créer un nouveau chemin à ses côtés. Parce que c'est Mila, celle qui avait des lumières dans les yeux, des dessins de la Terre dans la rétine et de l'amour derrière tout ça. Mila, celle qui lui a redonné foi, une fois. Cette fois-là, en entrant dans la Serre alors qu'il était lassé, pensait à tout balancer. Cette gamine qui se serait jetée dans les plantes si elle avait pu, qui lui a donné un sourire qu'il n'a que trop peu eu. C'est peut-être ça, le problème, en fait. Wyatt n'a jamais su être heureux, jamais complètement et encore moins tout seul. Y a d'abord eu Murphy, pour les plus belles années de sa vie. Sans solitude et sans vraie moquerie et puis elle est partie. Mais y a eu Mila, juste là, toute petite, à ses côtés. Mila qui buvait ses paroles et le comprenait. Il n'avait jamais été seul, là haut, finalement. Les deux femmes ayant toujours su prendre une place qui remplaçait ce vide qui avait toujours été une partie de lui.

Mais depuis qu'ils sont sur Terre, il est plus seul que jamais. Depuis qu'ils sont sur Terre il n'a plus personne sur qui compter. Pas réellement, pas sans un intérêt ou une connerie du genre. Et Wyatt se prend la baffe de sa vie face à celle qu'il a vu grandir auprès de lui. Il n'est plus celui qu'il était, non. Parce qu'il est seul, seul comme jamais il ne l'a été. Parce qu'elle était là, qu'elle n'était plus là. Qu'il a tout abandonné pour une Terre qui lui a brisé le cœur elle aussi. Alors c'était donc ça, le but final de sa vie ? Se retrouver complètement seul et crever ainsi ? Plus d'un lui a dit, comme des menaces qu'on crache à la gueule, pendant toute sa vie. Mais jamais il n'avait vraiment écouté, jamais il n'avait réellement compris jusqu'à aujourd’hui. Ce jour maudit. Celui qui donne un tournant à sa vie. Il faut qu'il choisisse. Partir ou rester. Les paroles de Mila résonnent au sein de sa tête alors qu'il se dégage deux possibilités. Soit il laisse réellement celui qu'il était et alors il la laisse aussi. Il la quitte, comme tant d'autres, comme tous les autres. Il devient le solitaire qu'il était probablement destiné à être et il survit, le cœur meurtri jusqu'à la fin de sa vie. Soit il prend sa main et il la regarde telle qu'elle est. Pas la Mila qui était gamine, pas celle qui a passé un pied dans la serre mais bien celle qu'elle est aujourd'hui, là, maintenant, en face de lui.

Les secondes s'écoulent et le silence s'installe. Mais il n'hésite pas longtemps, finalement. Le biologiste prend la main de Mila dans la sienne et regarde cette dernière. Elle a grandi mais oui, elle a aussi changée. Pleine de terre et de petites cicatrices, comme la sienne. Des cicatrices parce qu'ils travaillent la terre sans se regarder, parce qu'ils font des choses auxquelles ils n'avaient pas accès. Il sourit, en voyant ça. En voyant qu'en fait ils sont toujours pas si différents que ça, ils sont juste sur des chemins qui ne se croisent pas, ou plus, il sait pas. « Mila, on ne change jamais complètement. » Le revoilà, à nuancer les propos de sa cadette dans un sourire bienveillant alors qu'il enlève peu à peu la terre qu'elle a sur les doigts. « Regarde ta main.  Qu'il lui dit, en la lui montrant presque propre. Et regarde la mienne. » Qu'il ajoute, lui offrant la vue sur les mêmes petites cicatrices, significatives d'un travail commun, d'un intérêt commun. « Le monde a changé pour nous lorsque nous sommes arrivés ici mais toi et moi, on a juste grandi. Ne mets pas tout ce qui s'est passé là haut derrière toi, tu peux pas faire ça, tu t'ôterais une partie de toi. » Ses mots lui tirent la gorge et il se retient de pleurer alors que ses yeux bruns se fixent dans ceux de la jeune fille. « Je le sais, j'ai essayé. » Pour la première fois, il devient plus honnête. Parce que ce n'était pas aux autres qu'il mentait mais bel et bien à lui-même et seulement lui. Mila lui avait ouvert les yeux, en vérité. Elle avait été d'une aide précieuse comme ça avait toujours été le cas. Parce qu'il a tout abandonné, tiré un trait sur une vie comme si de rien n'était et il s'est détruit autant que le cyclone a détruit la Terre. C'est peut-être aussi simple que ça, la réponse à la question du pourquoi, parce que quand on perd de vue ce qu'on est on s'auto-détruit, c'est peut-être ce qui s'était passé pour Elle pour qu'elle crée un événement pareil. Il soupire et ajoute en serrant la main de son amie entre ses doigts. « J'ai besoin de toi, Mila. » Il se répète mais se corrige aussi, en ajoutant. « Peut-être pas l'enfant que tu étais ce jour là mais j'ai besoin de toi tout entière, quand on arrivait encore à se dire les choses toi et moi. »

Et pourtant, il n'a jamais été doué avec les mots. Mais peut-être parce qu'il a veillé sur elle ou alors peut-être parce qu'avant il y avait Thaïla, ils se sont toujours compris, toujours parlé et ils ont toujours appris. « Parle moi, comme tu l'as toujours fait. S'il te plait. » Qu'il finit par dire tout en lui offrant un sourire maladroit, un appel à l'aide plus délicat, plus spécifique et moins froid. Parce qu'elle apaise son cœur peu à peu sans même le voir, tant qu'elle est là, tant qu'elle reste là.

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Tu le regardes avec la douceur d'un enfant qui ne comprend pas vraiment ce qui se passe. Tu le regardes avec la fermeté d'un adulte qui a tiré un trait sur le passé. Sillonnant entre ces deux états d'esprit sans te positionner, bien incapable de saisir les discordes qui perturbent ton âme. Wyatt, c'est celui qui t'a tout appris, des composés de la terre aux noms latins des plantes. Celui qui t'a donné de l'espoir quand il n'y en avait plus si près de l'obscurité terrifiante. Celui qui t'a épaulé depuis que son regard s'est posé sur toi, l'orpheline accablée par un chagrin muet. Celui qui est parti, durant des mois qui ont semblé ne jamais se finir, inlassablement se renouveler, causant une peine inexprimable dans les recoins de ton être. Là où la bête se nourrit de tes pulsions les plus inavouables. D'une certaine manière, son départ a marqué le début de la fin, une nouvelle nuance de ta personnalité qui te dépasse. Tu aurais voulu qu'il t'emmène, qu'il te protège, qu'il te parle. Sauf qu'un matin, tu t'es rendu compte qu'il était parti. Et tu as considéré qu'il était mort. Parce qu'il venait de comettre un abandon sans mot, de provoquer une déchirure hémorragique, de graver un bleu sur ta peau qui ne guérira point. Et quand il est revenu, réapparu d'entre les tombes, tu n'as rien dit. Avalant tous les ressentiments à son égard pour apprécier de le retrouver. Mais la vérité est bien plus sombre.

La vérité c'est que tu ne lui as jamais pardonné son geste. Et souvent, dans tes pensées disloquées, tu as imaginé le tuer pour apaiser ta douleur. Tu as imaginé le faire souffrir jusqu'à ce qu'il en crève, consciente que tu ne saurais t'arrêter au bord du gouffre. Tu ne le réalises pas totalement mais c'est bel et bien la raison pour laquelle tu te comportes ainsi à son égard. Usant et abusant d'une froideur inédite, qui semble disparaître un instant pour mieux réapparaître celui d'après.

Il faut dire que tu es assez mitigée à cet instant précis, ne pouvant te résoudre à partir sans te retourner, ni à renouer complètement avec le mentor d'antan. Tu vacilles d'une opinion à l'autre, volatile, fugace, presque farouche. Tu l'écoutes, silencieuse, laisse sa main retrouver la tienne avec la douceur que tu lui connais. Ses propos apaisent le feu bouillonnant en toi comme un volcan en ébullition. N'est-ce pas ce que tu as ressenti avant de fracasser le crâne de Thalia ? Cette rage sans nom, surgit de nul part, frappant avec férocité. Sauf qu'il fait un pas vers toi, contrairement à ta bien-aimée défunte. Il tente d'avancer dans ta direction, d'ériger une que vous pourriez emprunter ensemble, d'excuser les erreurs commises, d'empêcher les futures de se produire. Tu le vois clairement parce qu'il fait preuve d'une honnêteté qui va au-delà des simples mots prononcés, qui se dégage de chaque battements de cils, de chaque souffle tumultueux. Tu as envie de le suivre sur ce nouveau chemin, de remettre ta rédemption entre ses mains, mais un obstacle freine ta route. Un besoin, incessant, de comprendre ce qu'il s'est passé jadis. Parce que ça t'empêche de te livrer à lui telle que tu es, de l'accepter tel qu'il est. De faire ce que tu n'as jamais su effectuer : pardonner. Et tu ne lui demandes qu'une chose, tu ne lui poses qu'une question. Celle qui t'obsède depuis si longtemps. « Pourquoi tu es parti ? » Sans moi.

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