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˜˜˜˜˜˜« My words can come out as a pistol » Eris&Wyatt
maybe life should be about more than just surviving


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01/08/2018 Totoro's Child. TC Jones. 345 Rami Malek Ma Reine d'amour ♥ - imaginarium - ariana grande, breathin Conseiller Odysséen. - Botanique & Zoologie. Dana 755
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« So i got edges that scratch and sometimes i don't got a filter but i'm so tired of eating all of my misspoken words i know my disposition gets confusing my disproportionate reactions fuse with my eager state that's why you wanna come out and play with me »

☁️ janvier 2118

Il y a de la tristesse dans ses yeux, une tristesse infinie. Le brun a quitté le campement quelques heures auparavant pour se perdre dans les forêts aux alentours. Il laisse ses yeux se perdre sur la nature et se demande pourquoi, il leur demande pourquoi. Le cyclone n'a pas ravagé les lieux mais pourtant on sent les traces de son passage. Du bois craque sous ses pieds et il finit par s'asseoir par terre, à contempler celle qu'il aime de tout son cœur.

Il a le cœur encore en miettes, Wyatt, la tête qui est passé des étoiles au fond du trou. Il se remet lentement de cet accident de parcours, comme un homme trompé, abusé. Sa gorge se serre à chaque fois qu'il repense à ce fameux jour. Il en revient pas, il arrive pas à comprendre comment sa Terre a pu faire ça. La tête dans les mains, il cherche à chasser les images. Le biologiste est comme un gamin à qui on défait les rêves, qu'on confronte à la réalité. Il soupire et il essaie de lui pardonner, à sa douce, il essaie de toutes ses forces mais les images reviennent le hanter sans cesse, sans qu'il arrive à les faire taire.

Il aurait pu virer fou, l'idiot, à s'enfermer tout seul avec sa tête. Il a hésité à se barrer, tout jeter sans se retourner mais il a pas pu. Quand il a vu les larmes dans les yeux des autres, la détresse dans le cœur des Hommes. Il s'en remet pas, putain. Il y arrive pas. Il a mal à chaque fois qu'il marche, l'accidenté, mal à chaque fois qu'il bouge et qu'il respire. Il pensait que l'Homme avait bousillé sa belle, la Radioactivité, les guerres et toutes les saloperies. Il pensait dur comme fer que les seuls salauds c'étaient ses confrères. Il la défendait corps et âme. Si des gamins sont morts suite à la guerre, si les naissances sont pas parfaites, les cultures pas idéales. Si les choses que Rowena et Harlan ont raconté sont pas toujours roses, c'était la faute des Hommes. Seulement les Hommes, ces connards égoïstes, pas foutu de voir la pépite sur laquelle ils vivaient.

Mais là, c'est différent. Il le sait, il le sent. Le Cyclone il a fait tellement mal, il a brisé des gens qui s'en relèveront jamais. Tué des Hommes en tuant tout ce qu'ils avaient. Il les a laissé à nus, tous, sans qu'ils sachent quoi faire. Il comprend pas, bordel, comment c'est possible ? Pourtant les Hommes ont changé, qu'il se dit. Ils apprennent, ils essaient. Alors pourquoi avoir ça comme merci ?

Un coup de pied face à lui, il grimace et hurle en silence. Il a déjà tout ébouillé ce qu'il avait, ce qui lui appartenait. Il a déchiré ses notes déjà pas claires, il a usé ses phalanges en vain, contre tout et rien. Il serre les mâchoires à s'en user les dents, il arrive pas à virer sa colère, à voir autrement. Y a que dans sa solitude complète qu'il arrive à se contenir. Lorsqu'il entend parler, lorsqu'il ressent la détresse alentour il tient pas, il explose. Et exploser encore et encore ça fait mal, putain, tellement mal. Il a les os qui grincent, le cœur qui vacille et la tête qui fonctionne plus toujours bien. Il s'épuise dans sa haine, se rend malade avec sa peine. Mais il a beau essayé, il arrive pas à voir comment lutter, sortir la tête de l'eau, pardonner et avancer.

Un craquement lui fait lever la tête. Ses billes brunes se posent en direction du bruit. Wyatt n'a pas perdu ses instincts, il a beau avoir boudé la nature il y a passé trop de temps pour qu'elle soit une parfaite inconnue. Sans un bruit, il se relève. Les cracs se rapprochent lentement et bientôt, se joignent à eux une respiration. Il hausse un sourcil, s'aventure discrètement en direction des bruits. Derrière un arbre, il aperçoit une silhouette. Sa silhouette. Sa chevelure rousse casse avec la froideur des bois qui les entourent. D'abord à l'écart, il réalise vite qu'elle aussi, elle est en détresse. Alors Wyatt s'avance, il laisse volontairement le bois mort craquer sous ses pieds, comme son cœur à chaque fois qu'il avance.

« Eris, c'est Wyatt. » Qu'il articule lentement, presque un peu gêné. Elle est peut-être pas seule, elle pas peut-être pas du tout envie de le voir maintenant, la débarquée. Leur relation n'a jamais été totalement simple ni vraiment compliquée. Pourtant ses derniers mois, c'est plus ce que c'était. Sa faute à lui en premier. Mais il peut pas s'en empêcher, parce qu'il y tient à la petite. Il s'avance pour mieux la discerner, elle a l'air bouleversée, abîmée. Il déglutit, passe une main sale derrière son crâne, des plaies encore fraîches plein les bras. C'est ça, de continuellement se battre contre plus fort que soi. « Tu vas bien... ? T'as l'air... pâle. » C'est pas vraiment les mots qu'il faut dire, pas non plus comme ça qu'on aborde quelqu'un qui va mal. Mais il essaie, c'est déjà ça.

Il la rejoint, fini par caler ses yeux dans les siens. Et directement il cherche la fuite, il assume plus. Il a peur qu'elle l'engueule, lui sorte ses quatre vérités. Parce qu'il sait qu'il le mérite. « J'peux te laisser si tu préfères. Mais t'es pas dans la bonne direction pour rentrer... » Quitte à être con, autant être un peu utile. Il hausse les épaules et puis détourne les yeux. Il arrive pas à regarder sa tristesse, parce qu'il supporte plus ce sentiment.

Il supporte plus la peine, la haine. Il supporte plus rien, en fait. Il a mal et il arrive plus à gueuler. Il veut plus rien voir, plus rien écouter. Mais c'est Eris et il veut pas la lâcher. Il peut pas lui faire ça, pas à elle, pas comme ça.
doctor sleep | quote : Banks, Beggin for thread.


Dernière édition par Wyatt Sheperd le Mer 24 Oct - 19:04, édité 5 fois

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21/12/2017 Thinkky / Angel Rowena Chakraan 227 Sophie Turner (c) Lux aeterna mécanicienne (robotique) / construction & robotique/mécanique 50
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T’as le cœur sur le bout des lèvres, l’envie de t’arrêter à chaque pas pour rendre un repas imaginaire, mais y’a que l’acide qui remonte le long de ton œsophage, brûle chaque parcelle de ton estomac et ta gorge. Pourtant, y’a rien qui sort, t’as encore suffisamment de contrôle pour que ça reste à l’intérieur de toi. Tu ne sais pas si c’est le mieux, et si tu te souviens bien, on te disait souvent que vomir soulageait, mais t’as pas envie de tester. Tu vacilles, alors que les ténèbres t’englobent un peu plus, t’accueillent parmi eux. Tu te sens mieux, hors de portée du regard de Kayden, même s’il n’est qu’à quelques mètres de toi. Il n’a pas bougé, parce qu’il s’en fout. Et ça te met encore plus au fond, de savoir que tu lui as fait confiance, que tu l’as pensé différent des êtres qui t’ont servi de parents. En fait, aucun Odysséen ne peut comprendre, parce qu’aucun n’essaie de se mettre à la place des adolescents qui ont été envoyés à l’abattoir. Les géniteurs les détestaient, et les autres s’enfoncent dans l’incompréhension. Et qu’est un enfant sans l’amour des siens ? Rien. Ca se transforme en magma de haine et de dégoût, et c’est ce que t’es devenue. Parce que sans les cents, tu serais certainement morte, t’aurais pas fait long feu, sur Terre comme dans l’espace, avec les quelques mois passés derrière les barreaux…

Alors, ils t’influencent plus qu’ils ne le devraient, leurs avis deviennent plus importants, leurs pensées se font tiennes… Et y’a la voix de Kayden qui t’arrête, alors que les gouttes de sang perlent de ta peau. Tu te retournes même pas, tu veux pas voir son regard empli de dégoût. Mais t’entends, t’écoutes ses propos, en écho aux idées qui traversent ton crâne. Evidemment, tu rêverais de réfléchir par toi-même, d’être toi-même, mais t’as toujours vécu au travers des désirs des autres. Tes parents voulaient te voir mécanicienne, alors, tu t’es lancée dans les études correspondantes. Tu détestais, ça ne te faisait que du mal, mais tu t’étais accrochée, au point que les blessures psychologiques étaient devenues irréversibles… P’t’être que ta volonté s’est brisée, à cette époque. T’as toujours dit oui, t’as toujours courbé l’échine, parce qu’un non n’a jamais été envisageable avec tes géniteurs. Oh, y’aurait pas eu de violence physique, juste… La déception dans leur regard, tu ne l’aurais pas supporté. C’est stupide, parce que finalement, ta vie est plus importante que leurs désirs mais ça, tu l’as su bien trop tard, quand tout était déjà fini…

Tu ne réponds pas, tu fuis juste, parce que t’as toujours été douée pour ça : courir face à tes responsabilités. Mais t’es qu’une gamine, tu ne devrais pas en avoir, tu devrais pas réfléchir au sens de la vie, au sens de tes actions. Parfois, quand tu rêves, t’as l’impression de retomber en enfance, une vraie enfance, sur Terre, au milieu d’une nature qui n’était pas hostile, entourée d’êtres te soutenant… Puis tu te réveilles, et t’as le regard posé sur la réalité. Ca t’angoisse, ça te fait du mal. Parce que tu ne comprends pas l’environnement qui t’entoure. C’est trop différent de ce que t’as connu, de cette foutue zone de confort dans laquelle tu aimes te blottir. C’est aussi pour ça que t’as jamais été contre tes parents. Ta facilité avec la technologie et la robotique, elle était agréable, elle te détendait. C’était naturel, alors tu plongeais dedans, et t’ignorais tous les signes qui te hurlaient pourtant de fuir. Aujourd’hui, tu regrettes. Peut-être que tu ne serais pas une tueuse, si tu t’étais occupée de toi. Mais comme le dit le vieil adage, avec des si, on mettrait Paris en bouteille. Même si t’as jamais vu Paris.

Tu t’enfonces dans la forêt, dans les ombres dansantes sous le clair de lune. Tu tombes contre un arbre, t’accroches à l’écorce âpre, et c’est un nouveau filet de sang qui dégouline de ton bras. T’enchaînes les blessures, mais y’a même pas de douleur qui semble t’arrêter. Ou alors, tout est complètement embrouillé, et tu n’y prêtes plus attention. T’as les larmes aux yeux, puis les perles transparentes qui sillonnent les joues. T’as l’estomac qui se retourne, la vue qui se trouble, et tu finis par t’arrêter, par tomber à genoux, contre le sol retourné. T’as le visage pâle, la respiration difficile. T’entends pas les sifflements du vent dans les branches, les feuilles. Y’a même plus de peur en toi, face à cet environnement que tu as pourtant tant haï. Y’a rien d’autre que les paroles de l’Odysséen qui tournent en boucle dans ton esprit, qui t’écœurent.

Mais on ne détruit pas les peurs comme ça. Alors, quand y’a un bruit de pas, un craquement de feuilles non loin de toi, tu sursautes, tu tombes un peu plus sur le sol, lamentablement, et ton regard effrayé cherche la provenance des sons. Est-ce un animal ? Un humain ? Un monstre ? T’as l’imagination qui s’emballe, te montre les pires scénarios, et ça ajoute une couche à ton désespoir. Puis y’a une voix qui se mêle à tout, une voix connue… Il te faut quelques secondes pour mettre un nom dessus, même s’il t’a grandement aidée. « Wyatt… » Y’a ta voix déjà brisée, cordes vocales blessées par ta tristesse. Y’a la question qui te fait rire, de façon étranglée, et tu tousses un peu pour te dégager tes poumons. La paume de tes mains essuie les larmes sur ta peau, y ajoutant un mélange de sang et de terre. Tu ressembles presque à une guerrière comme ça. Une guerrière avec une salle tronche, et qui va crever dans pas longtemps, certes, mais une guerrière quand même. « Je… Je suis un monstre Wyatt. » Tu ressasses, tu t’accroches trop aux propos de Kayden. T’as presque oublié que l’homme face à toi est membre du Conseil, qu’il ne te l’avait pas dit. C’était une trahison aussi. Faut croire que ça s’enchaîne chez toi, comme si tu les attirais, papillons de nuit sur une pauvre lumière. Sauf que t’en es pas une. T’es qu’une meurtrière, qui ne mérite pas de vivre.

« Je sais pas comment faire pour rentrer. » Pause. « J’aurais pas dû venir ici, Kayden, puis toi, ce n’est pas ma journée. » T’as pas encore levé le regard, mais t’es déjà dans le passif-agressif. Tu veux te protéger, t’as besoin de te protéger, parce que tu vas finir par crever sinon. Ton cœur se fait déjà la malle, ta confiance aussi, mais tu ne veux pas perdre le reste d’estime de toi que t’as réussi à gratter aux murs. Il faut que ça reste, sinon, y’aura plus rien… « Tu veux vraiment m’aider, toi ? » T’as peur, t’as tellement la trouille. Et tu lui en veux d’un côté, p’t’être plus parce que y’a Kayden juste avant. Pourtant, t’as juste envie de communiquer, de ne pas tomber dans la paranoïa permanente. Ce serait dangereux, si dangereux…

T’as enfin les pupilles qui quittent tes blessures, se posent sur le visage de Wyatt. Puis y’a le choc. Il est blessé. Que s’est-il passé ? Pourquoi ? Pourquoi s’inquiète-t-il quand lui-même est dans un sale état ? Tu veux te lever, mais t’y arrives pas. Y’a juste l’empathie, violente, qui ressort, te prend aux tripes, et un murmure pour verbaliser tout cela : « T'es blessé… Qu’as-tu fait ? » La Nature est-elle aussi gentille qu’il a tenté de lui apprendre ?

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«XV. »

Il prend quelques secondes pour la regarder, l'Odysséen, et il le cœur qui se brise en miettes. Parce qu'elle va plus mal qu'il l'aurait cru au premier abord et qu'il est pas foutu de savoir comment s'y prendre. Il se bouffe l'intérieur des lèvres alors que la jolie rousse lui sort une phrase qui lui glace le sang. Il comprend pas Wyatt, pourquoi elle dit ça, pourquoi elle lui sort ça comme ça ? Il a beau chercher, la regarder, il a pas l'impression qu'elle soit si différente d'avant. Alors pourquoi ces mots là, si durs et violents ? Pourquoi elle se tire des balles dans le ventre avec ses propres mots ?

Le Conseiller regarde autour d'eux mais n'aperçoit personne, pas un bruit ni un gens. Son regard se pose à nouveau sur celui de la petite qui lui lance une pique plutôt bien mérité. Il baisse les yeux, honteux, il soupir et s'en veut. Il lui a menti et il le sait. Mais il voulait pas tout gâcher, il avait peur qu'elle revienne plus jamais si elle savait. Puis ça s'est fait comme ça sa place au Conseil, c'est pas comme s'il l'avait demandé. Il cherche des excuses plus justifiées et argumentées les unes pour les autres alors qu'en vérité y a pas d'excuse à avoir, il a menti à quelqu'un qui croyait en lui, encore, et ça a fait mal, encore.

Parce qu'il apprend pas, Wyatt. Il a pas appris de ses erreurs de jeunesses, des cœurs qu'il a tellement brisés qu'on pouvait plus les recoller, il a pas appris quand Murphy est partie. Il apprend pas parce qu'il comprend pas, qu'il se protège derrière cette façade d'arguments à la place des sentiments. Mais ça suffit pas toujours, ça suffit même rarement. Les gens ne sont ni des livres ni des archives. Ils ont besoin de concret, de ressentir les choses pas seulement de les constater. « Je... » Il sait déjà plus quoi dire face à la fille en larmes, il sait plus s'il doit partir ou rester. Mais elle ajoute une question à laquelle il répond sans hésiter. « Evidemment, je veux t'aider. » Le blessé est sincère, il ferait un peu tout pour se faire pardonner. Il s'en veut de lui avoir fait du mal. Eris c'est une petite fleur, il a tenté de lui apprendre le monde et lui montrer des choses qu'il savait. Il a voulu l'apaiser pour lui offrir un avenir plus doux. Il a tenté de passer par la nature comme avec lui, sans jamais la brusquer. Il a toujours voulu que l'aider mais il a tout gâcher parce qu'il finit toujours par tout gâcher.

« Je peux faire quoi, dis moi ? » Qu'il lance timidement alors que la débarquée laisse son regard se balader, ses joues entre sang terre et larmes faire le tour de ce qui les entourent et d'eux-mêmes. Puis finalement elle vient laisser ses yeux tomber dans les siens et la surprise qui le choc, lui arrache un peu plus le cœur et l'enfonce dans son rôle de sacré connard. Elle a beau être plus mal que jamais elle remarque les plaies, la rousse s'inquiète de celui qui l'a trahie, qu'elle aurait pu traiter comme un ennemi. Wyatt est sur le cul, et il finit d'ailleurs par s'y mettre vraiment. Il coupe la distance entre eux pour venir s'asseoir à côté d'Eris. Le brun hausse lentement les épaules avant de se remettre à parler sans la regarder. « J'sais pas, j'ai l'impression que le monde tourne pas rond, ou alors que je tourne pas rond. » Il sourit à demi et sort de sa poche un vieux bout de tissu un peu sali. Sans lui dire un mot, il le pose sur ses genoux afin qu'elle essuie son visage et qu'il puisse voir si elle, elle n'est pas trop blessée. Mais pour l'instant, le sujet des blessures restera sous silence, ses premiers mots lui déchirent trop le crâne à s'y répéter en boucle pour pas qu'il intervienne. Et pour une fois, il fait presque preuve de délicatesse.

Il s'en rend pas compte, il le fait pas exprès, mais à oublier la Terre et se concentrer sur ses congénères il a pris quelques réflexes. « Tu sais Eris, j'ai consacré ma vie à la Terre et son étude. Même quand on était là haut, qu'il dit en tournant la tête vers le ciel qui perce entre les feuillages, je rêvais que de ça. S'ils avaient demandé des volontaires pour une mission suicide j'aurais pris la première place au premier rang. J'aime la Terre comme je n'ai jamais aimé personne et je ne comprends pas qu'on veuille l'abîmer ou la souiller. » Qu'il dit, presque tendrement, comme s'il racontait un conte à une enfant. « Et pourtant, aujourd’hui j'ai le cœur brisé. Parce que la Terre a ravagé le monde et que je ne sais pas pourquoi. Est-ce que ça fait de moi un monstre, tu crois ? D'être du côté de celle qui a fait pleurer tellement de gens ? » Il relève les yeux et soupire avant d'ajouter. « On est tous des monstres ou alors personne ne l'est. Je ne sais pas pourquoi tu dis ça de toi Eris mais crois-moi, tu as un cœur en or. » Il est pas démonstratif Wyatt et il aime pas vraiment ça. Du coup il est mal à l'aise, il gigote pour rien et veut rapidement changer de sujet. « Tu es blessée aussi, tu veux que je t'amène voir Nadja ? » C'est maladroit et peu subtile mais il veut pas qu'il lui arrive quelque chose, il a trop perdu, il veut plus, il peut plus. « Puis j'peux te raccompagner si tu veux rentrer... Sauf si tu veux faire une pause ici, j'peux nous faire un campement pour la nuit. » Des propositions qui volent et s'envolent entre les deux. Il sait pas trop ce qu'il dit ni ce qu'il fait. Il essaie de se rattraper Wyatt, de couper cette distance qui s'est créé et d'être à nouveau l'homme qu'elle croyait. Il fait tout ce qu'il peut en vérité, pour que la Cent à ses côtés aillent un peu mieux, pleure un peu moins.


Dernière édition par Wyatt Sheperd le Sam 15 Sep - 16:44, édité 1 fois

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T’as peur, t’as si peur que même la douleur est éclipsée, alors que des filets de sang s’épanchent de tes blessures. Ce sont celles que tes ongles ont créé, mais tes chutes aussi. Quelle idée que d’effleurer les arbres dans ta course, la nature n’a jamais été très sympathique avec toi… En fait, t’as même pas regardé si y’avait d’autres écorchures sur ton corps. Tu peux en avoir autour des chevilles, sur le bas des jambes, peut-être même que tes vêtements ont été déchirés, mais t’en as plus rien à faire aujourd’hui. T’essaies de calmer les battements effrénés de ton myocarde, de ravaler la nausée qui ne cesse de remonter le long de ton œsophage. Ca te brûle, mais y’a rien que tu puisses faire, parce qu’à cette sensation s’ajouter aussi celle des larmes qui s’échappent, les yeux qui rougissent. Et tu peux pas frotter, parce que ça ne fera que tout empirer. Alors, tu te retiens, tu laisses ta vision se flouter, les perles transparentes faire leur sillon sur ta joue, creusant la saleté. Ca fout un poids sur ton cœur, et tu ne sais pas dire si ce sont les propos de Kayden qui te pèsent, ou la présence soudaine de Wyatt qui réanime tes peurs…

Il veut t’aider. C’est dit, sans la moindre hésitation, mais tu doutes toujours. Tous ceux sur le point de te briser ne t’ont-ils jamais dit cela ? « Tu veux… M’aider. » Y’a les mots qui se répètent dans un murmure, bas, si bas… Tu répètes parce que t’as envie d’y croire, tu brûles d’envie de te dire qu’on ne te ment pas. Mais aujourd’hui, ce n’est pas ta journée, alors t’as la frayeur dans les pupilles. Tu ne veux plus donner d’armes pour qu’on les retourne contre toi. Tu l’as fait tellement de fois, tu t’es laissé détruire parce que tu pensais que c’était ce qui se faisait. T’avais tort, et tu te rends compte aujourd’hui, de toutes les blessures que tu as récupérées pour rien. Ton estime de toi s’est envolé au fur et à mesure, et t’as toujours courbé l’échine. Parce que les autres, les adultes, ils ont toujours raison, dans ton imaginaire, et tu dois les écouter. Sauf qu’en fait, chacune de leurs paroles t’impacte, t’arrache une partie de toi. Kayden t’a considérée comme un monstre, et depuis quelques minutes, quelques heures, ça tourne dans ton esprit, tu n’arrives pas à en faire abstraction. Il était trop important pour toi.

« Je ne sais pas, ce que tu peux faire. » Pause, réflexion. Tu trembles de plus en plus, avec la nuit qui se rafraîchit et les ténèbres qui couvrent les derniers rayons du soleil. « Je veux juste pas… Devenir un monstre. » Dis-moi juste que je ne suis pas un monstre, s’il te plait. Tu ne peux pas contrer les images toi-même, les mots qui heurtent les parois de ton crâne. Tu le regardes s’approcher, s’asseoir à côté de toi après ta demande, ton interrogation sur ses blessures. Mais il te répond pas entièrement, ou alors… « Parles pas par propos énigmatiques, je ne sais pas déchiffrer ça moi… » Et t’as pas la tête à ça. Tu veux juste t’assurer que ce n’est pas grave, qu’il ne perd pas trop de sang. Parce que t’as peur de la mort, t’as peur de la voir s’élever devant tes yeux et faucher des gens, sans rien pouvoir faire pour les sauver. Oui, t’as bien la trouille de cette incapacité à aider, de voir les quelques personnes importantes pour toi disparaître sous tes yeux… Mais y en a-t-il vraiment ? Faut que tu t’rendes à l’évidence, tu n’as jamais vraiment eu d’amis…

Tu ne sais pas pourquoi tu plonges autant, alors même que t’as toujours été sujette à des dépressions et sautes d’humeur. Tu regardes, interdite, le chiffon qu’il dépose sur tes genoux, sur tes cuisses. Tes doigts tremblants le récupèrent, puis le passent sur ton visage. Ca picote, par endroit, mais y’a tous tes sens qui sont déjà trop embrouillés pour que t’y prêtes attention. Tu ne sais même pas si t’es réellement blessée au visage, ou si ce sont tes phalanges ensanglantées qui sont venues déposer le liquide carmin… Tu l’écoutes, quand il parle de sa passion. Tu l’écoutes et tu l’observes, envieuse. Tu ne seras jamais comme ça toi. Puis y’a une boule dans ta gorge, et t’as de nouveau envie d’hurler que le problème, c’est que vous, les criminels, vous n’avez pas donné votre accord pour être catapultés ici. On a décidé pour vous, car vous n’étiez que des pièces remplaçables, de celles dont on souhaitait se débarrasser, donc autant le faire avec une bonne raison. Mais tu tais tout ça, car ce n’est de la faute de personne en somme, d’avoir pensé à la survie de tous. Puis, quand tu vois où ça t’a mené avec Kayden, de vouloir défendre tes pensées…

« Tu n’as rien d’un monstre Wyatt. Tu aimes juste cette planète, et tout ce qu’elle a à offrir. » Pause.
« Puis je crois qu’elle n’est ni mauvaise, ni bonne. » Ouais, ce n’est qu’un amas de végétaux et d’animaux, rien d’autre, ça n’a pas de morale ou d’éthique tout ça… « J’ai tué Wyatt, je ne peux pas avoir un cœur en or… » Tu répètes, t’amplifies, tu déformes. Y’a eu trop d’impact dans les mots. T’es une meurtrière, alors, tu ne peux pas être quelqu’un de bien, surtout quand tu ne regrettes pas vraiment ton crime. Mais en fait… Tu ne t’en souviens pas. Ca reste un trou noir dans ton esprit, comme s’il souhaitait te protéger, et t’as pas encore cherché à explorer tout ça. C’est mieux ainsi, tu te dis. Puis la demande, qui fait exploser la peur dans ton regard. Instinctivement, t’as la tête qui se secoue pour dire non. « Je ne veux pas retourner près du campement. » Tu ne peux pas surtout. C’trop vif dans ta mémoire, bien trop…

Les larmes ont fini par se calmer, en même temps que ta respiration. T’essaies de réfléchir, de rassembler tes pensées, en ignorant le mal de tête qui pointe le bout de son nez. « Je… Je ne sais pas si c’est une bonne idée de rentrer de nuit. Mais j’veux pas te déranger en te demandant de rester. Tu dois avoir des choses plus importantes à faire auprès des tiens. » Oui, parce qu’ils sont plus importants pour lui certainement. Tu fermes les paupières quelques secondes, pour prendre quelques inspirations, et tu rajoutes : « Mais je ne pense pas pouvoir bouger ce soir. » C’est un murmure à nouveau, qui s’brise contre tes lèvres. Tu ne fais que murmurer ce soir…

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Wyatt, il a rarement autre chose que du doute dans sa voix, faut dire qu'il n'est jamais sûr de grand chose et que quand il l'est, il le gueule limite à plein poumon. Alors forcément, quand il hésite pas sur une simple question qui n'a rien à voir avec les sujets habituels mais juste elle et lui, Eris est surprise, qui ne le serait pas. Pourtant, le brun n'en démord pas, il reste là, les yeux dans les siens pour appuyer ses propos pendant de longs instants qui semblent durer une éternité. Il acquiesce même un peu, lorsqu'elle répète surprise ses propos. Oui il veut l'aider, et il n'a pas le moindre doute sur la question en vérité, le doute ne s'était jamais posé de son côté.

Pourtant, lorsqu'il lui tend une main, du moins, à sa façon, Eris la referme lentement. Elle ne sait pas ce qu'il peut faire et lui, il n'a pas la moindre idée de comment s'y prendre avec elle. Alors il baisse les yeux, à défaut de baisser les bras. Son cerveau s'enclenche pour tenter de pallier à ce manque cruel de mot qui s'instaure violemment entre eux mais la jolie rousse, elle dit une phrase de plus. Une phrase qui paraît dénuée de sens et complètement absurde pour Wyatt. Alors il se redresse un peu, il bavarde, se perd entre ses pensées et l'idée de base parce qu'il n'en revient pas qu'elle insiste autant sur ce terme là. Il ne comprend pas, quelque chose lui échappe et il le sent, le ressent profondément. Mais il est trop maladroit, mesure pas ses propos, jamais. Il réalise pas, l'idiot, que si lui il aurait sauté sans parachute, elle, elle n'a rien demandé. Pourtant, il tente d'être honnête, ne plus lui mentir, ne plus reproduire les erreurs du passé. Alors quand la voix de la jeune Cent s'élève, il y prête toute l'attention qu'il peut, il y met tout le cœur qu'il lui reste, qu'est pas tombé encore en miettes.

Ses yeux ne la fixent pas elle, ils regardent droit devant tandis qu'il ne se concentre que sur sa voix. Sa voix brisée et plus cassée qu'il ne l'avait jamais entendue. Un instant, il se demande s'il n'y a jamais fait attention et qu'elle a toujours été un peu brisée où si c'est aujourd’hui, cette chose qui vient de se passer qui a tout changé. Mais il se re-concentre vite, aussi vite qu'il peut, alors qu'elle finit de parler de la Terre comme quelque chose de neutre. Encore un truc qu'il comprend pas, qu'il saisit pas. Mais cette fois, il fait l'impasse, il se tait pour la laisser poursuivre.

Poursuivre sur cette fameuse vérité. Cette affreuse vérité. Elle lui dit qu'elle a tué, alors qu'elle peut pas être comme il a dit lui. Et lentement, le regard du brun se pose sur le visage meurtri de la jeune fille. Il ne sait pas ce qui a pu se passer, ni pourquoi elle a tué, il sait juste que pour lui, ça ne change rien à ce qu'il a dit. Et c'est pour cela, sans doute, que son regard reste aussi plein d'empathie, que ses pupilles brunes n'ont pas bougé d'un pouce entre le avant et le après, si c'en est réellement un. Mais le Conseiller se met à penser à nouveau, il regarde ses doigts encore marqués avant de parler, laisse le silence de nouveau s'installer. Un silence qui pour lui, ne pèse pas une plume mais qui pour la jeune femme doit peser une tonne sans qu'il ne le réalise.

Alors il change de sujet, le biologiste. Il parle de ses blessures pour savoir quoi lui répondre et surtout, pas dire tout ça n'importe comment. Pas faire les conneries qu'il fait habituellement. Mais le regard de la rouquine change lui, du tout au tout, après la question fatale. Elle tremble presque de peur alors une main se lève doucement pour venir se poser sur son bras, délicatement. Il est pas fait pour ça, Wyatt. Pas fait pour consoler ou comprendre trop comment les autre fonctionnent mais avec Eris, il a vraiment envie d'essayer. « C'est bon, qu'il dit, on ira pas. » Presque un murmure alors qu'elle respire enfin plus calmement et réagit d'une manière qu'enfin il comprend. Ses mots sont logiques et sensés, il est capable de les assimiler. Il saisit le danger du parcours de nuit, saisit le côté du dérangement même s'il le trouve stupide et comprends aussi cette fuite, qu'elle essaie de dissimuler dans une excuse avant d'avouer une vérité incroyablement vraie. Elle ne pourra pas bouger ce soir.

« Si tu ne bouges pas, alors moi non plus. » A nouveau, les mots qui sortent de sa bouche sont une affirmation, ils n'évoquent aucun doute. Wyatt s'en fout complètement des responsabilités et encore plus des siens, la plupart du temps il se demande bien pourquoi c'est à lui qu'on a proposé une place aussi importante alors qu'il se jettera probablement dans la gueule du lion demain. Mais pas ce soir, non, ce soir tout ce qui compte c'est Eris, ses sentiments et son bien être. La calmer et lui parler, combler ce manque que personne n'a jamais su combler quand c'était lui, à la place de la jeune abîmée.

« J'ai l'habitude de décamper, ne le répète pas trop je risquerai d'avoir des problèmes. » Un léger sourire, même si, clairement, c'est loin d'être le domaine de l’aîné. Du coup il ne s'y risque pas plus, récupère la main qu'il avait posé sur le bras de la demoiselle pour l'observer. Il soupire, regarde autour d'eux. L'endroit est suffisamment sûr, il le sait, ils ne risquent rien et à force de ne pas dormir dans son lit, il a pris de bon réflexes, même la nuit. Alors il ne se préoccupe pas immédiatement de leur abris mais plutôt d'elle et de ses paroles qui reviennent sans cesse. De ces mots en suspend qui attendent une réponse depuis trop longtemps maintenant.

Elle a tué.

« Je ne vois pas en quoi un seul acte commis te définit, Eris. » Il commence doucement, histoire de ne pas la perdre dans un charabia incompréhensible qui n'aidera personne sauf peut-être lui. « Tu as tué et j'en ignore les raisons mais j'ai rencontré des monstres dans ma vie, Eris et aucun ne te ressemble, je peux te l'assurer. » Wyatt n'avait jamais été fan des autres alors il avait appris à les observer, les analyser. Remarquer ceux qui, constamment, s'en prenaient aux autres, les torturaient. Ceux qui agissaient par pur égoïsme pour blesser des gens, volontairement, pour leur propre bien être. Écraser son prochain pour toucher un peu plus les étoiles. Et elle, elle était tout, sauf ça. Alors il s'aventure sur un débat compliqué, un terrain miné. Mais il ne peut plus lui mentir, il ne peut plus faire semblant. « Moi aussi j'en veux au premier Conseil de vous avoir envoyés sur Terre, tu sais. » Il ne l'a jamais dit à personne et vu sa position, ce n'est sans doute pas la meilleure chose à faire, mais il s'en fout un peu. « Je reste persuadé que s'ils avaient demandé des volontaires, il y en aurait eu. » Ses billes noires retrouvent celle de sa cadette avant qu'il ajoute. « Et puis, la vie sur l'Odyssée... Eris, toi comme moi on est suffisamment malins pour savoir que ces histoires de crimes et ce qui a pu se passer là haut c'était une autre vie. Je n'excuse pas nécessairement les actes de chacun. Je dis juste que là bas, même quand je suis né moi, on vivait déjà plus. On survivait. » Il marque une pause et ajoute, avec des souvenirs plein les yeux. « Alors j'ose pas imaginer pour toi. » Et pourtant, il imagine un peu, parce qu'il connait Mila comme la prunelle de ses yeux. Il sait combien elle a souffert là haut, combien sa survie à elle était atroce et sans mot. « T'es née dans un monde où on était voués à la mort. Je dis pas qu'il fallait que tu tues cette personne, j'en sais rien, j'y étais pas. Je dis juste que les conditions n'étaient pas les mêmes et que si on avait attendu plus longtemps, on serait tous devenus des meurtriers. Tu as juste un temps d'avance sur certains d'entre nous. » Il hausse les épaules, persuadé d'être capable de commettre un tel acte pour protéger des gens qui comptent ou pour sauver une vie. Cela fait-il de lui un monstre ? Peut-être, mais alors un monstre parmi les autres. « Tu as un cœur en or, Eris, et ne laisse pas un acte définir ton avenir. Apprends de tes erreurs et des nôtres, à tous, là haut. Ne deviens pas un monstre parce que tu penses déjà en être un. Deviens une belle personne, parce que tu l'es déjà. »

Ça lui arrache les tripes et lui retourne le cœur toute cette honnêteté, ça lui ressemble pas d'être aussi franc sur ses sentiments et ça lui fait même un peu mal, en dedans. Alors il s'arrête, se mord la lèvre et se relève un peu trop brusquement. Sa tête vacille un instant avant qu'il ne reprenne l'équilibre, sorte de sa poche une gourde d'eau fraîche, petite, certes, mais suffisante pour l'instant. Il lui tend, le bras encore un peu tremblant. « Tiens, nettoie tes plaies s'il te plaît. Nadja m'a supplié de toujours avoir ça sur moi au cas où je me blesse. Fais moi plaisir, le temps que j'aille chercher du bois et de quoi manger et boire un peu, soigne toi, et repose toi. » Pour lui c'est une évidence, son cœur lui fait mal et il a besoin de solitude, de digérer ces sentiments qu'il a été foutu de dire pour une fois dans sa vie. Il va pas tenir longtemps s'il reste à ses côtés et qu'elle le pousse sur cette voie là, mais pourtant, lorsqu'il regarde ses yeux, il peut pas s'empêcher d'ajouter. « Sauf si tu veux pas rester toute seule, dans ce cas, on fait les choses ensemble, c'est toi qui vois. » Et ça lui étrangle la gorge ces derniers mots. C'est dur pour lui, d'être comme ça. Mais elle peut pas croire ça d'elle, il peut pas laisser faire ça. Alors il préfère avoir l'impression de se faire marteler de l'intérieur jusqu'à demain ou après demain s'il le faut mais surtout pas la laisser comme ça, surtout pas la laisser croire ça, non ça, ça, il peut vraiment pas.

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21/12/2017 Thinkky / Angel Rowena Chakraan 227 Sophie Turner (c) Lux aeterna mécanicienne (robotique) / construction & robotique/mécanique 50
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« So i got edges that scratch and sometimes i don't got a filter but i'm so tired of eating all of my misspoken words i know my disposition gets confusing my disproportionate reactions fuse with my eager state that's why you wanna come out and play with me »

Tu te calmes, après plusieurs profondes inspirations, après avoir réussi à ignorer la peur et le dégoût qui se glissent dans tes veines. Tes paupières se ferment quelques secondes, pour accompagner le processus. Pour un peu, tu te mettrais au yoga, à ces techniques ancestrales pour être capable de se contrôler. Mais aujourd’hui, tu n’as pas le temps, tu dois déjà faire une réflexion sur toi-même, sur ce qu’on t’a dit, sur comment ça t’a impacté. En fait, ce n’est pas tant Kayden le problème dans cette histoire, c’est juste toi. Tu as trop changé, tu t’es trop éloignée de l’image que tu as renvoyée pendant des années. Tu es devenue toi, tout en étant toujours trop impliquée dans le regard des autres. C’est ça qui t’a touché, les mots de quelqu’un en qui tu avais confiance. T’as jamais su faire la part des choses, tu ne sais pas comment faire face aux critiques de ceux qui t’aiment. Alors, tu as répondu par la colère, par la peur. Tu t’es glissée dans un jeu dans l’optique de te protéger, tu as mis le masque sur ton visage, déformant les traits pour faire apparaître une suffisance que tu étais loin de ressentir. Tu as cru que ça arrangerait la situation, de te conforter dans ce nouveau visage, mais ça n’a fait qu’empirer, encore et encore. Une course au malheur, toujours plus profond…

Tu tentes d’enlever la saleté, mêlée à ton sang, qui s’accroche à tes bras, à ton épiderme. Tu as envie de gratter encore plus, pour supprimer toutes les émotions auxquelles elle est reliée. Tu veux que tout disparaisse, pour pouvoir reprendre tout à zéro, mais y’a toujours une petite voix dans le creux de ton oreille, pour rappeler les souvenirs à ta mémoire.

Tu refuses de regarder Wyatt, quand les mots dégueulent de tes lèvres. C’est le sol qui attire ton attention, ou les arbres vous entourant. En fait, tout devient une excuse, pour te détourner, pour cacher tes pupilles ravagées par la tristesse, mais aussi un vide prenant de plus en plus de place. Un jour, tu deviendras ce que tu détestes le plus, ce que tu joues en permanence pour te protéger. Ce n’est qu’une question de temps. Et il ne répond pas le conseiller, il te laisse dans un silence pesant, qui accroche les larmes sur le bord de tes yeux, sans qu’il le sache. Lui, il a juste besoin de réfléchir, de savoir comment parler. Toi, ça te fait penser, analyser, sans que tu puisses stopper l’avancée des ténèbres dans ton esprit. Tu n’as jamais été une grande optimiste, et autant dire que ces derniers temps, c’est plutôt l’inverse qui se passe…

Vous n’irez pas au campement, vous ne retournerez pas sur tes pas. Ca te rassure d’un côté, de savoir que tu n’aurais pas de regards emplis de jugement à croiser. Ca te repose, de t’exiler du monde, de t’envelopper dans la solitude. Evidemment, il y a Wyatt aussi, mais il ne prend pas trop de place, ne s’impose pas. « Merci. » C’est un seul mot, le seul que tu arriverais à prononcer, sans jamais le regarder. Pas encore assez de courage… Mais il reste, sans doute, avec une affirmation totale. Il ne ment pas. Enfin, tu ne le penses pas, mais tu es loin d’être la plus douée pour découvrir les mensonges. Toi-même tu passes ton temps à en prononcer, pourquoi les autres devraient dire la vérité ?

Et tu ris, doucement, à la remarque du conseiller. Tu perçois la tentative de te détendre, et tu apprécies. T’es trop proche de dénigrer tout le monde ce soir, alors, il faut voir un peu de positif, pour ne pas laisser les pensées noires et méfiantes te grignoter. « Je suis sûre que tout le monde le sait déjà. » Il y a beaucoup de douceur dans ton ton, derrière la voix brisée. Il en faut bien un peu, pour ne pas sombrer. Mais ça se brise à nouveau, ça s’échoue contre les falaises, sur la plage. La mort, ça te colle un peu trop à la peau. Tu frottes tes yeux avec ton poing, essaies de chasser la tristesse, la fatigue qui s’emparent de tes traits.

« Y’a juste… Plus beaucoup d’émotions à ce sujet. Je n’arrive même plus à savoir si je suis dégoûtée de moi-même par ce geste, si je suis triste pour la famille de l’homme, si j’en ai encore quelque chose à faire de tout ça… »

Effrayant. Sociopathe en devenir, prête à sacrifier les émotions sur l’autel de sa raison. Les ongles se remettent à gratter la joue, inconsciemment. Tu as peur, sans être capable d’en parler. Mais ton corps le montre, toc visible.

Et tu te mures dans le silence, quand le sujet de l’envoi des criminels sur Terre revient sur le devant de la scène. Puis, petit à petit, ton regard accepte de chercher celui de Wyatt. « Oui, il en aurait certainement eu, des volontaires. Mais ce devait être mieux pour eux de prendre des criminels, si ça ne fonctionnait pas, ils n’auraient pas beaucoup perdu… » Tu sens, qu’il voulait y aller. « Tu penses vraiment qu’ils auraient accepté de perdre quelqu’un comme toi ? » Un scientifique aussi brillant… Le sourire se fait triste. Chaque vie ne vaut pas le même prix sur l’Odyssée. Quelques-uns seraient bien plus facilement sacrifiés que d’autres pour la survie de l’espace… Il faut s’y faire, il ne faut pas y penser. C’est ainsi que le monde fonctionne, que le monde fonctionnait certainement depuis la nuit des temps… « Peut-être que l’humain est juste destiné à cela. D’un côté, nous sommes tous le fruit d’une discrimination et de meurtres. » Pour que vos ancêtres survivent, combien d’autres avaient été condamnés sur cette planète ? Tu es bien trop déprimante en fait, ce n’est pas étonnant qu’on te trouve bizarre, qu’on ne veuille pas trop te parler, échanger avec toi. Déjà, tu as peur de tout, et en plus, quand tu ouvres la bouche, tu évoques la mort, et ce que sont vos passés.

« Merci. » Encore une fois, c’est tout ce que tu peux dire. Pourtant, tu as envie de pleurer. Trop de sentiments, trop de gentillesse. Tu as peur que ce ne soit pas honnête, que ce soit juste pour te manipuler encore plus. C’est stupide, de penser une telle chose, mais ça s’est ancré dans ton cœur. Tu regardes la gourde qu’il te tend, alors qu’il vacille. L’inquiétude glisse dans ton regard, tu t’interroges. Comment va-t-il lui ? Est-il réellement dans le meilleur des états ? Non, clairement pas. Pourtant, tu te contentes de nettoyer quelques-unes de tes plais, pour éviter qu’elles ne s’infectent. Tu n’es pas médecin, mais tu n’en es pas stupide pour autant. Laisser le sang et les blessures à l’air libre, avec toutes les saloperies traînant sur terre… « Je veux pas… Être seule. » Pars pas, s’il te plaît. « Et tu es mal en point toi aussi, faut pas que ça s’infecte. » Tu te relèves, du coup, tu essaies. Tu vacilles un instant, tu t’interroges, t’as le cœur bouffé par les doutes. Alors, tu demandes, tu ravales les émotions bien trop envahissantes. « Mais si tu préfères être seul pour faire ça, tu me dis. Je ne veux pas, être un poids. » Et ça pèse, dans ton cœur, ça l’arrache. Mais tu ne montres pas, pour ne pas influencer…

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01/08/2018 Totoro's Child. TC Jones. 345 Rami Malek Ma Reine d'amour ♥ - imaginarium - ariana grande, breathin Conseiller Odysséen. - Botanique & Zoologie. Dana 755
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« ... »

La peur qui émane d'Eris est terrifiante. Y a quelque chose en elle qui la torture plus qu'elle n'est capable de le montrer et que Wyatt n'est capable de le mesurer. Quelque chose de profond qui la bouffe tellement qu'elle se perd dedans, et ça lui fait mal à l'odysséen de voir une personne aussi pure et tendre enivrée sous des tonnes de peur. Il voudrait lui tendre la main, l'attraper lentement par le bras et la sortir de tout ça, mais comment faire, et puis, il est qui pour le faire ? Une des raisons de ses peurs et de son manque de confiance. Alors il pèse ses mots, s'essaie à la légèreté là où c'est tout, sauf son terrain prédominant. Mais pour elle il a envie, envie de sortir de son confort et des sentiers battus. Parce qu'elle mérite de l'aide, elle mérite qu'on y croit pour tous ceux qui l'ont déçue et qui ne l'ont pas fait. Elle mérite qu'on la regarde comme elle est incapable de se voir.

Et lorsque la rousse le remercie Wyatt ne peut pas s'empêcher d'avoir le cœur incroyablement serré, tellement que ça lui fait mal de respirer. Mais il contient ses émotions, il essaie de tout ce qu'il peut et de tout ce qu'il a d'être ce dont elle a besoin en ce instant précis, même si ça le bouffe à petit feu. Puis y a son rire qui vient casser toute la peur, pour quelques secondes, y a son rire qui traverse les couches de titane derrière lesquelles elle s'est enfermée et qui le touche en plein cœur. Il sourit, timidement, un peu comme un enfant qui a peur de faire une connerie et de gâcher le moment, la laisse lui répondre avec cette douceur dont elle est capable et qui pourrait guérir le monde entier de tous ces maux si seulement elle savait s'apprécier. Et puis il peut pas rester comme ça éternellement, il peut pas laisser ce rire comme simple conclusion alors qu'il y a trop à voir et à faire pour la sortir de ce cercle sordide dans lequel elle s'est coincée. Et puis il écoute, sagement, patiemment. Il l'écoute comme il aurait du le faire des mois plus tôt, là où il aurait du prendre comme une évidence de lui articuler sa place au Conseil et lui demandait tout ce qu'elle pouvait ressentir, par rapport à lui et aux autres aussi. Mais peut-être qu'il n'est pas trop tard, ils sont vivants tous les deux là où tant d'autres ont laissé la vie, alors ça vaut le coup d'essayer. Les remarques de la débarquées sont teintées d'une vérité un peu amer, celle qu'on ose rarement avouer. Alors il ne dit rien, la laisse finir et l'écoute avec cette attention toute particulière. Puis il se risque à répondre, tente le coup, une perche qu'elle n'attrapera probablement pas et qui n'a que peu d'intérêt, mais tant pis, il en est là. « Peut-être qu'on cherche trop à mettre des mots sur les choses, à comprendre le passé et le définir alors qu'on devrait s'occuper du présent et de l'avenir. » De vagues pensées, comme il en a souvent. Celui qui a arrêté de vivre il y a des mois de ça pour un seul acte, une seule erreur de sa bien aimée. Mais il ne lui dit pas plus que ça, s'arrête sur l'idéal et laisse un peu sa vérité de côté.

Et puis il change de sujet, parle de cet acte terrible envers la jeune femme à ses côtés. Celui d'une mise à mort pour laquelle personne n'a signé. Mais la Cent énonce une terrible vérité, celle qui n'a rien d'humain et tout de statistique, qui les a rendu moins important à la société que d'autres auraient pu l'être selon des critères complètement débiles d'une société tordue et abîmée. Et puis la question tombe, une vraie question qu'il s'est posé mille et une fois, celle de sa place s'il avait été dans les premiers venus, si tout s'était passé autrement. Pourtant, elle la pose autrement, de cette façon qu'il n'avait jamais vu, cet angle qu'il n'avait jamais perçu. Perdre quelqu'un comme lui ? Alors ses yeux se posent dans ceux de la rousse à ses côtés et tristement, il réfléchit à cette question pour la première fois alors qu'il aurait du y penser, voir les choses sous tous les angles pour mieux comprendre la première vague de débarqués. Était-il indispensable à la société ? N'y avait-il qu'un seul Wyatt dans ce monde ? Oui, ça, il en était presque certain mais il était tout autant sûr qu'il n'y avait qu'une seule Eris et que sa vie avait tout autant de valeur que la sienne. Alors il prend son temps, ces quelques secondes qui peuvent paraître une éternité et répond enfin dans une tristesse qui le dépasse pendant quelques instants. « Est-ce que tu crois vraiment que c'était une question de valeur, là haut ? Eris, il aurait suffit d'un seul faut pas de ma part et ce n'était même pas ici que j'étais envoyé mais à une mort sans discussion. J'ai juste fait partie de la catégorie trop bien rangée pour poser de problème mais je ne crois pas que la sélection qui a eu lieu était liée à une quelconque forme d'intelligence ou de nécessité. Pourquoi t'aurais été moins utile que moi ? T'as juste pas fait les mêmes erreurs que moi, c'est la seule chose qui nous différencie toi et moi. »

Il espère qu'elle va réaliser à quel point ce qu'il dit est vrai. À quel point il n'était pas question de valeur mais d'une erreur au mauvais endroit, au mauvais moment. Mais il en est tout sauf sûr, parce que la vie là bas, la mort là bas et leur sentence là bas les avait traumatisés tous ces gosses. Laissez à l'abandon par leur propre famille, par tout ce qui faisait d'eux des Hommes. Et puis elle en rajoute, laisse glisser une phrase qui glace le sang du Conseiller. Non pas qu'il pense qu'elle ait raison mais ça l'horrifie de voir qu'elle peut s'imaginer cela, de croire à une fatalité telle qu'elle s'imagine n'avoir jamais d'autre choix que celui d'être le sacrifié ou sacrifier. Il relève les yeux sur elle de nouveau, examine son visage pâle et encore tâché des restes de ses mésaventures dont il n'a pas vraiment idée. Alors c'était ça, le désespoir ? Le réel désespoir dont il pensait avoir vu les couleurs et dont il n'avait même pas aperçu la pâleur ? C'était ça, la vraie fatalité, celle qui ne laissait aucune porte de sortie, ni rage ni colère ni amour ni haine ? C'était sortir ce genre de phrases et les pensées alors qu'on a encore toute une vie à vivre ? Son cœur se brise en éclat une fois de plus alors qu'il a l'impression qu'elle est bien plus perdue qu'il n'aurait pu l'imaginer. Et puis il cherche à s'offrir une porte de sortie, il cherche à se sortir de ce trop plein qui le tient par la gorge et lui retourne les tripes. Ça le dégoûte de voir que son peuple a réussi à faire ça à une jeune fille pleine de rêves et d'innocence. Ça lui donne envie de vomir et lui fait perdre ses esprits de savoir que son silence durant toutes ces années a contribué à ces résultats infâmes. Et il se déteste encore plus de son égoïsme des mois passés, de ne pas avoir pris le soin d'aller la voir et tous les voir, de ne pas avoir été le pardon dont ils avaient besoin. Il s'en mord les dents et rêve de tout éclater mais se retient pour la protéger, la petite et douce Eris à ses côtés.

Le pire c'est qu'elle le remercie, qu'elle lui offre encore son cœur là où il sait qu'il mérite la mort ou pire encore. Le pire, c'est que derrière toutes les couches de mal être et de tristesse qui l'enferme elle arrive encore à lui retourner l'estomac et il s'en veut encore plus pour ça, pour pas être à la hauteur, pour pas être suffisamment bien et suffisamment là. Dans quelques mots qu'il articule à la va-vite, il regarde la  blessée nettoyer quelques unes de ses blessures. Et puis elle referme sa porte de sortie, le condamne à ravaler ses sentiments  et à se mettre de côté avec cet aveu qui tranche l'air et lui fend l'âme en même temps. Il la laisse continuer, la gorge trop nouée pour articuler sur le moment, il la laisse se relever et s'approche d'elle, une main à proximité en vue de la rattraper mais se retient de terminer son geste, parce qu'il n'est pas sûr d'avoir sa place, pas sûr qu'elle veuille réellement bien de son aide. Et puis il referme son poing alors qu'elle fait encore fois preuve d'une plus grande humanité et générosité qu'il n'a jamais pu le faire de son côté. Elle cherche à se mettre de côté, lui laisser toute la place de s'en aller et pire que ça, s'imagine être un poids là où elle est finalement une liberté. Alors il desserre sa main et s'approche d'elle, laisse son bras glisser sous celui de sa cadette. « J'te laisse pas. » Des murmures un peu brisés par tout ce qu'il ressent et qu'il cherche en vain à dissimuler.

Il serre son emprise quelques secondes avant de lui pointer une direction du menton et de lui dire après s'être raclé la gorge. « On va aller par là, on devrait pas avoir à marcher trop longtemps pour être bien installés et avoir tout à proximité. » Même s'il avait boudé sa bien aimée il se souvenait du moindre chemin et des moindres traces du passé. Les nuits étaient encore très froides en ce mois de janvier et il fallait absolument de quoi faire un feu pour se réchauffer. Une dizaine de minutes de marche devrait suffire à les installer dans un coin paisible avec du bois sec que la neige n'aura pas touché. Il avait fait ça des milliers de fois et même si celle ci lui semblait un peu impossible, il se devait de le faire pour Eris. Alors il reprend son souffle et fait un pas tout en lui disant doucement. « Attention avec les restes de neige, ne va pas glisser. » Il n'avait pas neigé depuis quelques jours mais l'eau était devenue glace à trop d'endroits pour que les pas soient réellement sûrs. Alors il l'observe, essaie de garder cet œil vif et protecteur sur celle qu'il n'arrive plus vraiment à atteindre et finit par reprendre alors qu'ils avancent doucement. « Je crois pas qu'on ait de destinée autre que celle que l'on choisit, tu sais. Si c'était le cas, personne n'aurait laissé faire ce qui s'est passé sur cette Terre. Je pense que l'Homme est surtout trop fier pour admettre ses erreurs et ses faux pas et que si l'on veut changer les choses on doit apprendre de nous-mêmes et des autres. » Il lui dit ça avec plus de peine qu'il n'aurait aimé, laisse le silence s'installer un peu et puis finit par reprendre, doucement. « Tu n'as jamais été un poids, Eris. Que ce soit aujourd’hui ou avant, même sur l'Odyssée. On vous a laissé croire à tous que vous n'aviez pas de valeur parce que vous aviez commis une erreur. Mais dis moi, depuis qu'on est là, n'as-tu pas l'impression que tout le monde fait des erreurs tout le temps ? Entre les malentendus et les incompréhensions, les découvertes et s'apprivoiser les uns les autres ? » Il parle tout en gardant une main prête à réagir pour la rattraper si jamais elle venait à glisser. Il a peur pour elle, de la perdre, là tout de suite et pour toujours aussi. « Regarde, j'ai bien fait une erreur terrible avec toi. » Il hausse les épaules et détourne le regard quelques instants parce qu'il s'en veut terriblement. « Et c'était pas là haut, c'était pas dans toutes les conditions qu'on connait mais bien ici, là où tu aurais pu vouloir ne plus jamais me parler, t'es pourtant là, à tenter de me donner une deuxième chance comme tu peux. »

Et quelque part, il y croit sans y croire. À cette deuxième chance qui lui est donnée par la débarquée. Parce que ça lui fait peur, parce qu'il sait qu'il peut encore tout rater mais qu'il n'y aura sans doute pas de troisième fois. Il n'a aucune excuse, aucun moyen de se dédouaner de n'importe lequel de ces actes et d'une certaine manière ça lui rappelle que la Terre aussi, avait le droit à l'erreur. Si Eris était prête à pardonner, peut-être que lui aussi, le pouvait ? Alors il s'éclaircit de nouveau la gorge et il finit par dire, un peu tristement. « Je suis désolé d'avoir trahi ta confiance, j'ai jamais voulu ça tu sais. » Il a le regard fuyant, et puis il se dit que c'est peut-être le seul moyen de lui faire ouvrir les yeux sur ce qu'elle est, ce qu'elle vaut. « Mais pourquoi tu m'as donné une seconde chance, si tu penses vraiment tout ce que tu as dit ? »

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