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˜˜˜˜˜˜listening and hearing are not the same (ezra)
maybe life should be about more than just surviving


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Sujet: listening and hearing are not the same (ezra)
Sam 4 Aoû 2018 - 14:29

Flashback : 17 août 2116
Elle avait quitté son lit avant qu'il ne se réveille, dans l'espoir peut-être qu'il oublie la nuit qu'ils avaient passé. Mais elle n'avait pu retenir un dernier regard en arrière, profitant du calme de son sommeil pour s'imprégner un peu malgré elle des traits de son visage. L'homme endormi était loin de celui qui se réveillerait plus tard seul entre ses draps, elle l'avait toujours su et pourtant il s'agissait bien du même Prince. Celui-là même qui divisait les foules, entre crainte et admiration. Tout comme il la divisait elle, entre désir et colère. Cependant, il n'y avait aucun doute quant à l'impression que cette nuit lui laissait : elle avait fait une erreur. Etait tombée dans ses filets sans se débattre, s'était perdue contre celui qu'elle préférait fuir d'ordinaire. Ariane s'en voulait, sans parvenir à complètement regretter la soirée. Sans doute qu'elle aurait fait la même erreur si on lui avait donné le choix : et qu'elle se serait sentie tout autant coupable le lendemain. Mais ce qui était fait, était fait. La brune ne pouvait revenir en arrière et devrait vivre les prochaines semaines avec le poids de son erreur, et le sourire satisfait d'Isaak qui s'amusait de la situation plus qu'elle. Ça n'était pas la première fois, et comme toujours sur le chemin du retour elle s'était maudit d'être aussi sotte, faible et incapable. Elle devait arrêter. Mettre un terme à tout ça, sans véritablement savoir ce que "ça" était : là était toute la difficulté. Ariane se battait contre le fantôme d'une relation qui ne menait nulle part.

Elle avait passé la matinée à maugréer dans son coin, envoyant balader le moindre esclave faisant même la plus petite erreur sans épargner les membres de sa propre famille. Puis elle s'était enfermée dans sa chambre, s'exprimant bien quant au fait qu'elle ne souhaitait pas être dérangée, d'humeur maussade. Qu'elle était stupide. S'installant dans son patio privé à l'ombre d'une toile tendue, Ariane s'allongea sur l'un des canapés méridiens sans parvenir à s'y assoupir. Elle ne parvenait pas à se sortir Isaak et leur moment de faiblesse de l'esprit : une seule personne y arrivait et réussissait à la faire relativiser dans ces moments. Sauf que cette personne n'était pas libre de ses mouvements, et ne lui appartenait pas. Alors elle appela l'un de ses domestiques et prétexta avoir urgeamment besoin des services de couture d'Ezra, lui confiant la tâche d'aller la chercher au plus vite. Venant d'une noble, son maître n'aurait d'autre choix que d'accepter sa demande et plus d'une demie-heure plus tard elle entendit la porte de sa chambre s'ouvrir au loin sans daigner se lever du canapé méridien. Las. Je suis dans le patio ! l'appela-t-elle depuis l'extérieur, s'il s'agissait d'Ezra elle n'aurait aucun mal à la rejoindre. Si ça n'était pas elle, cependant, Ariane mettrait l'intrus dehors sans plus de cérémonie.

Sa robe : juste ici.
Ariane parle en 006699



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28/02/2016 Glacy Chris Wilson 1477 Jessica Parker Kennedy pétra (avatar) esclave de Roan (de retour) ▲ métier ingrat ▲ ancienne couturière, esclave domestique, prostituée Rahjak 192
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Listening and hearing are not the same
Ezra & Ariane

   
« Every light needs a shadow. »
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]La situation qui devenait de plus en plus imbuvable. Cette impression d'étouffer. Je suffoquais. Je manquais d'oxygène. L'impression ne me quittait pas, celle de mourir soudainement à petit feu. L'impression d'étouffer alors qu'il continuait de me surveiller. Mais au-delà de cela, je ne pouvais chasser les rêves. Ces mêmes rêves que je continuais de faire. Enfin il était difficile de les décrire comme des rêves. Il était difficile de croire qu'ils étaient uniquement des rêves et non des cauchemars. A chaque fois je me réveillais en sueur. A chaque fois je me réveillais prise de soubresaut. A chaque fois je me réveillais en croyant me retrouver dans les souterrains. L'obscurité tout autour. L'impossibilité de voir le moindre point de lumière. Le glissement de terrain qui avait été provoqué par le premier tremblement de terre lors du festival des merveilles n'avait pu que m'entraîner au coeur des entrailles de la terre. Je n'avais pas été la seule. La princesse Irina Draghsteel qui y avait été aussi entraînée. Et depuis, je continuais de rêver. Rêvant que je me retrouvais là-bas de nouveau, sans que je réussisse à trouver la porte de sortie. Ce sentiment d'emprisonnement, d'étouffement n'avait pu qu'être accentué par la suite par le tremblement de terre. Un tremblement de terre qui avait de nouveau retenti. Certains de la cité qui continuaient de pleurer leurs morts, de faire leur deuil. De nombreux avaient perdus la vie. Et les séquelles morales étaient aussi là. Les séquelles restaient alors qu'à chaque fois en sortant dehors, je ne pouvais que craindre un nouveau tremblement de terre. Les dégâts toujours visibles un mois après, et même à l'intérieur de la demeure. Les meubles qui s'étaient effondrés sur le sol avaient depuis été remis sur place. La demeure n'était pas grande, solide, elle avait résisté. L'essentiel. Du moins, en dépit des pierres qui étaient tombés, il paraissait presque facile de croire qu'il ne s'était rien passé. Je n'avais pu que décorer de nouveau les lieux, ajoutant des touches de couleur. Mais au fond, je savais que cela restait une illusion. Je pouvais tenter de décorer les lieux, de prétendre que je n'avais pas peur mais j'étouffais. J'étouffais même à l'intérieur des murs. Lorsque les lieux étaient vides, je ne pouvais que me demander ce qui aller se passer. La difficulté d'échapper à certaines pensées plus obscures que d'autres.

Au moins j'étais vivante. Vivante grâce à Roan. Autant qu'il était responsable de ce sentiment d'étouffement, il était aussi celui qui m'avait sauvée. Il était celui qui m'avait évité de mourir. Alors que les failles s'agrandissaient, j'avais de nouveau eu le sentiment d'être piégée. La peur qui s'était saisie de moi comme elle continuait de le faire par interférence. Pourtant alors que je le dépeignais comme un monstre, il avait emprisonné ses bras autour de moi et m'avait permis de me sentir en sécurité. Ce qui avait été le cas. M'étant sentie en sécurité alors que le monde s'effondrait autour. Ce qui restait contradictoire. Mes sentiments qui se mélangeaient alors qu'autant que je l'avais trahi, il m'avait sauvé. Malgré le fait qu'il m'avait surpris avec Shanareth, comprenant que j'avais une liaison avec la mercenaire rivale, il n'avait pas hésité. Et même un mois après la catastrophe naturelle, je continuais de me torturer à ce sujet. Continuant d'être confuse à ce propos même un mois après. Ne sachant plus exactement quoi penser. Si j'avais pu revoir Shanareth, qui était saine et sauve, je n'avais pu que me retrouver à prendre mes distances légèrement. Perdue. Et aussi consciente que je devais continuer de gagner sa confiance, à Roan. Mieux valait que je me tienne à carreau. M'obligeant à rester discrète. Si je voulais sortir plus facilement, si je voulais de nouveau disposer d'heures de liberté et non seulement de quelques minutes sur la grande place, il m'était nécessaire de m'assurer qu'il n'avait que des remarques positives à faire.

Mais en attendant je ne pouvais qu'étouffer. Ce sentiment d'étouffement qui ne me quittait pas alors que je me retrouvais à moitié à me ronger les dents. Restant là le regard dans le vide alors que j'observais la rue devant moi. Cette même rue qui restait pour le moment déserte sans aucun passant. Il n'y avait personne. Il n'y avait aucune animation. Il n'y avait que l'attente. Ce même sentiment d'attente qui restait alors que j'avais l'impression de me tourner les pouces. L'impression qui était donnée. Tout qui était parfait. Ayant parfaitement accompli ce rôle. Et soudain, je ne pouvais que reconnaître la silhouette qui se dirigeait vers la porte. Une porte que j'ouvrais rapidement pour adresser un sourire à Pia. L'esclave domestique d'Ariane. Des cheveux couleur charbon. Sublime et légèrement plus jeune que je l'étais ou même d'Ariane. Ariane auprès de qui je m'étais rapprochée quand Erika avait disparu. Mais Erika n'était plus un fantôme si ce n'était qu'elle était vivante. Bel et bien en chair et en os alors qu'elle était devenue une garde royale. La garde royale d'Irina à vrai dire. En vie. Tout qui s'était compliqué. Tout qui se liait et qui se mélangeait mais Ariane qui restait une constante. Une amie vers laquelle je savais que je pouvais me tourner. Et le contraire était aussi vrai. Ce qui signifiait que si elle m'envoyait Pia, cela signifiait qu'elle avait besoin de me parler. Ce dont j'avais besoin à cet instant. Ayant besoin de me changer les idées et plus particulièrement de penser à autre chose. Mais au-delà d'accueillir simplement Pia, je ne pouvais que la serrer entre mes bras. Elle n'était pas simplement une esclave domestique pour moi. Aucun d'entre eux ne l'était. Après tout, j'étais comme eux. Une esclave mais pourtant à sa différence Ariane s'était liée d'amitié à moi. Ce qui ne me donnait pas pour autant l'impression d'être plus importante qu'elle, loin de là. A la fin nous restions prisonniers de la cité, des maîtres. Certains avaient une condition plus intéressante que d'autre seulement. Son message qui ne tardait pas à être délivré, confirmant cette idée. Ariane voulait que je la rejoigne. Officiellement ce n'était pas pour parler mais pour des services de couture qu'elle avait besoin de moi. La même excuse officielle mais pourtant une réalité alors que j'avais fait d'Ariane un modèle. Ce que je ferai tantôt là. Coudre était ce qui me permettait de m'échapper. C'était toujours le moyen que j'avais pour m'éviter alors qu'ainsi je pouvais fermer les yeux et prétendre que tout aller bien. Pouvant coudre les yeux fermés même si là n'était que métaphore. Des excuses qui fonctionnaient toujours. Il était difficile de refuser la demande d'une noble, encore moins quand tout était dû. Alors je pouvais m'échapper grâce à elle. Ce que j'allais faire de nouveau, comme je le savais. Ne pouvant que me dépêcher pour réunir ce dont j'avais besoin, les liasses de tissus, mes instruments de couture. Et tout aussi soudainement que je m'empressais alors qu'un sourire était réapparu sur mon visage, je me figeais sur place. Roan qui n'était pas encore rentré bien que je savais qu'il ne tarderait pas à être là. Roan qui devait être mis au courant de chaque situation. Fuir était pire. Prenant une inspiration alors qu'aussitôt je faisais le tri dans mes idées avant de demander à Pia si elle pouvait attendre pour prévenir Roan. Ce qu'elle accepta. Un soulagement d'autant qu'un instant plus tard je pouvais que filer dans les ruelles de la cité.

Des ruelles que je connaissais par coeur. Nombre d'heures que j'avais passé à les parcourir de long en large avec Erika. Des enfants. Toute trace d'innocence envolée depuis longtemps. Mon regard qui se posait ensuite sur les failles dans le sol, qui courraient le long des murs encore avant d'en venir à hâter le pas. Bientôt arrivée heureusement. Une demeure bien plus luxueuse mais qui ne pourrait jamais être à la hauteur du palais royal qui avait été bâti par la famille royale. Ce qui ne changeait rien au fait qu'Ariane pouvait vivre confortablement comme le démontrait l'existence de son patio. L'endroit dans lequel elle se trouvait ailleurs comme elle ne tardait à me l'indiquer. « Je suis dans le patio. » Et l'instant d'après je ne pouvais que la rejoindre non sans m'arrêter pendant une brève seconde. Comme une bulle qu'elle avait réussi à conserver. Ici, elle était reine. « C'est moi. » Une présence que je ne tardais pas à annoncer. Ici, j'étais libre tout comme elle. Aucune d'entre nous qui avait besoin de faire des révérences, de s'encombrer des formalités. C'était ici le plus souvent ou dans sa chambre que nous échangions. Le parfait endroit. Un lien qui s'était tissé pas à pas et qui avait persévéré alors même que Roan m'avait acheté. M'achetant comme on achetait des fruits. Image que je chassais pourtant dans mon esprit alors que je ne tardais à m'approcher d'elle, non sans avoir poser mes effets au passage, pour ensuite la serrer dans mes bras non sans tarder à reprendre la parole. « Pia ne va pas tarder. » Nous serrant les coudes alors que je comptais bien confirmer à la noble que son esclave n'avait pas pris la fuite. « Roan n'était pas encore arrivé, donc elle l'attend pour lui annoncer la nouvelle. » Ce que je n'avais pas eu le courage de faire. N'ayant pas eu le courage d'attendre pour aller trouver la jeune femme. Ce qui aurait pu être illogique alors que j'avais tendance à haïr et détester tous ceux autres qu'esclaves. Mais non, réellement l'amie d'Ariane que je ne pouvais que retrouver avec un certain contentement. Le cas. Faisant retomber une mèche de mes cheveux bruns derrière mon épaule avant de reprendre la parole. « J'ai amené quelques étoffes. Je me disais que je pourrai te coudre une nouvelle robe tandis qu'on discute. » Ce que j'avais tendance à faire. Ce qui me rappelait des souvenirs comme à l'atelier, des souvenirs plus favorables que ceux qui avaient été dépeints après. Essayant sans cesse de m'occuper l'esprit autant que j'éprouvais du plaisir à pouvoir coudre de nouvelles robes ou user d'Ariane comme muse. Des tenues que je pouvais réaliser selon ce qu'elle m'indiquait non sans m'assurer que sa beauté serait mise en valeur. La nécessité que tout soit toujours parfait. Ce qui comptait. Un perfectionniste et un talent de couturière qui avait attiré l'attention de Basile. C'était ainsi que tout avait commencé. Amusant que des situations puissent dégénérer aussi rapidement. Mais je l'avais compris plutôt vite après cela, si je pouvais guider mon aiguille là n'était pas le cas de ma vie qui restait sous le contrôle des autres. Esclave non pas pour rien. Cependant je pouvais espérer m'échapper quelques heures alors sans tarder et tout aussi curieuse de savoir pouvoir elle m'avait convoqué, je ne pouvais que m'installer délicatement. A vrai dire, il était aisé de deviner pourquoi elle m'avait convoqué. A croire qu'autant que moi elle avait le don de tomber amoureuse de ceux qui n'étaient censés avoir de coeur. Attirance que trop souvent toxique et dangereuse. Mon regard posé sur elle alors qu'en effet, je ne pouvais que me demander si elle avait revu son prince. Isaak Draghsteel en personne. Le coeur ayant ses raisons que la raison ignore. Curieuse en effet bien que le sujet restait parfois délicat. Place que je n'étais pas censée avoir normalement. Aucune situation décrite comme normale ne pouvait toutefois exister, heureusement pour moi. « Alors as-tu revu ton beau prince ? » Il n'y avait aucune note de jugement seulement cette pointe de curiosité. Ce qui restait véridique à mes yeux alors qu'Isaak était magnifique, tout comme Roan, tout comme Shanareth. Mais là n'était la seule caractéristique. Car chacun d'entre eux était dangereux. Létal. L'instrument de la mort en personne. Quand bien même malgré le risque nous ne pouvions que succomber à la tentation. L'agneau qui devenait épris du loup. Une erreur que certains pourraient décrire comme étant révélatrice de fatalité. Pourtant alors même que l'attraction se jouait du reste, défiait les lois de la gravité, il semblait difficile de croire que ce n'était qu'une erreur. Ce qui n'empêchait pourtant pas à nos esprits de s'en retrouver retournés alors que la confusion était là, toujours aussi persistante.

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Flashback : 17 août 2116
Elle est allongée sur la méridienne, un bras ballant qui trace du bout des doigts les contours d'une dalle. Dos à l'arche qui donne sur son immense chambre, ailleurs, fatiguée d'une nuit à la fois trop courte et interminable. Alors quand elle entend un simple C'est moi. elle reconnait tout de suite la voix d'Ezra si familière après toutes ces années et n'a pas besoin de se lever pour la mener au patio. Elle connait sa chambre mieux que personne. À la place, ses doigts se figent sur le coin d'un carreau avant qu'elle ne se lève enfin dans un long soupire. La chaleur est écrasante mais à l'ombre du soleil le petit patio semble plus frais que les rues qu'elle avait du traverser pour rentrer chez elle à l'aube. Ezra ne se gêna pas pour la serrer dans ses bras, ce à quoi Ariane répondit avec la même tendresse. Un monde les séparait, pourtant les deux jeunes femmes avaient su tisser une amitié aussi étrange d'improbable. Pia ne va pas tarder. Roan n'était pas encore arrivé, donc elle l'attend pour lui annoncer la nouvelle. Elle n'en doutait pas, mais était bien heureuse de l'apprendre : la fuite d'un esclave était toujours un des pires affronts pour une famille Rahjak. Les Visegard ne s'en inquiétaient pas, en général, car leurs esclaves étaient bien traités. Être dur, c'était être fort : bien des Rahjak méprenaient ce fait en violentant leurs esclaves pour prouver leur ascendant. La famille d'Ariane, si elle était dure et stricte avec leurs esclaves restait toujours dans les rangs et ne levait jamais la main sur leurs domestiques. Bien traités, ils faisaient mieux leurs tâches : alors que les maltraiter ce n'était que nourrir leur haine. Pas leur efficacité. L'armurière se contenta d'hocher la tête positivement, notant l'attention dans un coin de sa tête avant de se diriger vers un meuble un peu plus loin sur le patio. Ezra continua de prendre la parole, sans que cela ne gêne Ariane. Ici à l'abris des regards il n'y avait pas de noble ou d'esclave, seulement deux jeunes femmes. Et si dans d'autres situations on attendait d'un esclave qu'il se taise et se fasse discret, Ezra pouvait être elle-même aux côtés de la brune. Un luxe, une chance quelque part. Qu'Ariane partageait. J'ai amené quelques étoffes. Je me disais que je pourrai te coudre une nouvelle robe tandis qu'on discute. Elle s'arrêta à mi-chemin, agréablement surprise par l'idée de son amie. Oh, bonne idée ! lui lança-t-elle par dessus l'épaule alors qu'elle se rapprochait du meuble sur lequel était posé un service à thé encore chaud, commandé avant qu'Ezra n'arrive. Elle l'entendait derrière elle s'agiter, sans doute s'installait-elle. De son côté, la Visegard se servit une tasse de thé, s'apprêtant à en proposer à Ezra avant que celle-ci ne lui coupe l'herbe sous le pied. Crevant par la même occasion l'abcès pour lequel Ariane l'avait appelée. Alors as-tu revu ton beau prince ? La noble se figea quelques instants, surprise par la question si frontale qui lui laissait peu d'occasion pour fuir.

À la place de lui répondre, elle lui servit une tasse de thé sans le lui demander puis retourna s'asseoir sur le canapé méridien posant les deux tasses sur la table basse. Elle changeait de sujet, tout en sachant qu'au fond, elle ne faisait que retarder sa véritable réponse. J'ai ramené des herbes à thé de chez les Pikunis, tu m'en diras des nouvelles. lui glissa-t-elle d'abord, alors, s'installant plus confortablement en attendant qu'Ezra finisse de s'installer et lui montre les étoffes. Mais elle connaissait trop son amie pour penser pouvoir s'en tirer aussi facilement, alors après un petit silence, elle soupira. Ce n'est pas mon Prince. la corrigea-t-elle en se voilant la face, car même si ça n'était pas vrai, ça n'était pas non plus tout à fait faux. Et la rectifier lui pinçait un peu trop le coeur, plus qu'elle ne le pensait. Pour le reste... elle fit un signe de main, balayant l'air devant elle en faisant allusion au beau qu'Ezra avait employé non sans un sourire en coin rieur. Ça, elle ne pouvait pas le nier et elle ria un peu d'elle-même. Puis Ariane tourna la tête vers son amie, arquant un sourcil. Ça se voit tant que ça ? demanda-t-elle, un brin penaude, puis elle roula des yeux en l'air dans un soupire exaspéré avant de plaquer ses mains sur son visage. Je suis vraiment stupide... avoua-t-elle finalement, agacé d'elle-même et sa bêtise.

Sa robe : juste ici.
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28/02/2016 Glacy Chris Wilson 1477 Jessica Parker Kennedy pétra (avatar) esclave de Roan (de retour) ▲ métier ingrat ▲ ancienne couturière, esclave domestique, prostituée Rahjak 192
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Ezra & Ariane

   
« Every light needs a shadow. »
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]Et alors que je lui posais cette question, je ne pus que voir son visage se figer. La prenant par surprise. Elle ne s'attendait pas à cette question. Ou du moins elle ne s'attendait peut être pas à ce que je lui pose cette question aussi directement. Pourtant cela semblait une évidence. Si ici je n'avais pas à baisser la tête, si je n'avais pas à être une simple esclave, ayant le droit d'être son amie, il ne restait pas moins que je n'aurai jamais pu résister. Il aurait été impossible que je puisse résister. Il aurait été impossible que je ne puisse pas poser cette question. Les secrets qui n'existaient pas ou si peu. Elle qui ne savait bien plus que d'autres savaient la vérité à mon propos. Ayant été là quand Erika ne l'avait pas été. Mise au courant. Un secret qui n'était sans doute pas un de polichinelle. Cette histoire qui les concernait eux, mais le dieu soleil savait lui-même que si la foule apprenait pour son histoire avec son beau prince que cela serait leur fête. Une histoire qui défoulerait les passions et les foules, tout comme le faisait les combats de gladiateurs. La violence monnaie courante au sein de la cité rahjak autant que l'amour. L'amour qui allait souvent de pair avec la guerre sans qu'il soit possible d'en expliquer le lien. Ou peut être que cela était possible. Il n'y avait qu'un pas entre l'amour et la haine. Et je le savais que trop bien. Il y avait toujours un pas entre. Une distance si ridicule qu'il était que facile de la franchir. Une distance qu'elle avait de nouveau franchie alors qu'elle ne m'aurait pas conviée à la retrouver si elle ne l'avait vue. Enfin, si elle l'aurait fait mais il n'empêchait pas moins que bien souvent lorsqu'elle était dans tous ses états, la seule raison à ce fait se trouvait en Isaak. Lui qui n'était pas n'importe qui, si ce n'était un prince. Pas seulement le sien, si ce n'était le prétendant au trône peut être.

Alors il semblait logique que j'en vienne à lui poser cette question. M'étant attendue à ce qu'elle s'en doute. Elle aurait dû. Mais là encore elle avait dû le faire, excepté que cette fois-ci comme à chaque fois que nous ne nous rencontrions je n'avais pas pris de pincettes. Un comportement parfois trop arrogant aux yeux de mes précédents maîtres. Jouer avec les flammes qui m'avait déjà valut de me brûler les ailes. Mais je savais qu'ici je ne jouais pas avec le feu. Je ne jouais pas avec le feu avec Ariane. Je jouais avec le feu avec Roan. Je jouais avec le feu avec Shanareth. Avec la jolie brune qui se trouvait devant moi, bien moins. Des sorties qui étaient rodées. Des justificatifs qui étaient trouvés. Le mensonge qui devenait une facilité. N'éprouvant aucun remord à mentir. Ce que j'estimais comme mon droit. Il ne s'agissait que de survivre. Ici les faibles n'avaient pas leur place. Ici les faibles mourraient et laissaient leur place à d'autres. La règle était la même au sein des arènes. Souvent seul le gladiateur le plus fort l'emportait ou parfois le plus intelligent. Ce qui était plus rare. A la fin de la journée, quand bien même la réputation, la chance pouvait tourner. A la fin de la journée, le sable de l'arène se tâcherait de sang. Des esclaves là-bas qui devenaient des proies pour exulter les foules, pour faire plaisir. N'y ayant jamais trouvé goût. N'ayant jamais pu prendre mon pied en regardant les combats se déroulaient en contre-bas ou les entraînements entre mercenaires. Autant que j'avais pu me retrouvée hypnotisée par la frénésie, à la fin je ne me retrouvais qu'à me rappeler ma condition. Ma condition d'esclave. Et si je pouvais fuir, m'échapper quelques heures, il ne restait pas moins que je restais une esclave. Une esclave qui avait des comptes à rendre à Roan quand bien même en présence de ce dernier, je n'avais pu qu'être déboussolée récemment. Ce que j'étais. Il n'était pas censé me protéger mais il l'avait fait. Il n'était pas censé me protéger des tremblements de terre, de la peur qui m'avait pris en étau. Il n'était pas censé me donner ce sentiment de sécurité que je recherchais. Mais il l'avait fait. Il était allé contre ce que mon instinct me criait. Et une petite voix dans mon esprit en était heureuse, me confortant alors qu'il n'était pas simplement un monstre mais... Il y avait toujours un mais. Il y avait toujours une note de méfiance, des illusions. Si j'étais chamboulée à ce propos, comme ayant le sentiment de me brûler de nouveau les ailes, je pourrai peut être me confier à Ariane. Lui faisant confiance alors qu'à chaque fois elle me permettait de m'échapper, de m'appuyer sur elle tout comme elle le pouvait. Cependant, autant que je pouvais avoir besoin de me confier, je restais avant tout curieuse.

Curieuse d'en savoir plus. Curieuse de savoir si elle l'avait revu. A vrai dire je n'en doutais pas. L'expression de surprise sur son visage me suffisait. L'expression sur son visage me confirmait que la réponse était positive. Ce qui pouvait être aussi pire. Le dieu du soleil savait lui-même que leur relation était loin d'être ordinaire. Non pas que les relations que j'avais eu semblaient plus saines d'esprit que la leur. Peut être était-ce aussi pour cela que je l'avais soutenue quand bien même leur relation pouvait paraître d'un point de vue extérieur toxique. Comprenant qu'elle puisse vouloir voir ce qu'il y avait derrière le masque. Comprenant qu'elle puisse y arriver, même à voir ce coeur battre alors là où d'autres ne pouvaient pas. Ce que je ne pouvais faire pour elle. Isaak qui restait un des pires et ne voulant qu'il la brise en morceaux. Ce qu'il finissait par faire d'une manière ou d'une autre. Me demandant si c'était le nouveau le cas alors qu'une autre voix dans mon esprit me soufflait que les happy ending n'étaient pas possibles, pas ainsi, pas quand on était trop brisée. Mais peut être que justement deux personnes à demi entière pouvaient en former une, pouvaient se correspondre. Ce que je m'efforçais de croire quand bien même les signes du destin ou du dieu soleil semblaient contraire. Pourtant lui-même savait que je ne pouvais que vouloir la protéger.

Mais au lieu de me servir une réponse, elle esquiva ma question. Fuyante. Fuyant ma question alors qu'elle ne pouvait qu'approcher une tasse de thé. « J'ai ramené des herbes à thé de chez les Pikunis, tu m'en diras des nouvelles. » Ne pipant pas un mot alors qu'au contraire je me contentais de la regarder. Ce n'était pas le thé qu'elle pouvait avoir rapporter des pikunis qui m'intéressaient. Enfin, chaque histoire qui la conduisait en dehors de la cité m'intéressait car je n'en n'avais pas la possibilité. Mais à cet instant, ce n'était pas le thé qui m'intéressait ni le fait que c'était chez elle que je pouvais entrevoir de nouveaux mets trop luxueux pour moi. Ce n'était pas le thé qui m'intéressait si ce n'était ma réponse à sa question. Ne comptant pas la lâcher avant d'avoir eu cette réponse, voulant savoir comment elle allait. Pour autant je ne relançais pas le sujet. Au lieu de cela, je me contentais de la regarder. Un roc dans la tempête. Et lui offrant cette possibilité de s'y accrocher si elle le voulait. « Ce n'est pas mon Prince. » « Vraiment ? » Taquine. Le sujet qui restait d'une certaine manière tendue. Pourtant en quelque sorte c'était ce qu'ils étaient même si aucune déclaration n'avait été faite. S'attirant comme des aimants. Une alchimie qu'il était impossible de ne pas décrire selon ses dires. Ce n'était pas pour rien qu'ils se retrouvaient et je ne doutais pas qu'ils continueraient de répéter ce même schéma encore pour des années. Ce fut toutefois d'une note légère que je prenais la parole pour détendre l'atmosphère. « En tout cas ce n'est pas le mien. » Ce qu'il n'était pas. Ne l'ayant jamais vu en personne, face à face si ce n'est entrevu. Enfin, je ne savais pas qu'au contraire sous une autre identité j'avais même eu une relation avec lui. Une relation fulgurante qui n'avait rien d'un amour éternel. Simplement un client au sein du bordel et pouvant me retrouver là-bas quelques années en arrière, avant même que Roan ne m'achète ou que je puisse tenter de m'enfuir une première fois de la cité. Dans tous les cas, il n'était pas mon prince. Bien moins mon style et certainement pas l'homme vers lequel mon coeur pouvait succomber. Sans aucun doute que ce fait était aussi acquis car mon coeur avait déjà succombé pour la flamboyante Shanareth. Un coeur qui ne se souciait pas de savoir si une femme se trouvait en face de moi, ou un homme. Un coeur qui ne s'était pas non plus soucié de savoir si elle était une mercenaire ou non. Il avait simplement balancé et fait son choix. Un choix qu'accepté alors qu'elle me donnait le sourire, me rendant heureuse. Ce qu'Isaak pouvait aussi faire à son égard, et elle aussi. Ne pouvant qu'estimer qu'à ses côtés, il était plus humain grâce à elle. Cet effet. Cet effet que je voyais à l'oeuvre sur Shanareth. Car chaque monstre avait un coeur. Des illusions pour se protéger avant tout. Chaque coeur qui n'était que noirceur, n'y croyant pas. Autant que je ne croyais pas que le coeur de Roan puisse lui aussi n'être que noirceur. Une impossibilité quand bien même ce coeur pourrait être rongé par le mal. Chaque lumière nécessitant une ombre pour vivre.

Et ne pouvant que sourire alors qu'elle faisait un geste de la main. « Pour le reste... » Une note dramatique ou avouant simplement qu'elle le trouvait magnifique. La perfection, la beauté qui différait, qui était différente aux yeux de chacun. Mais la beauté qui existait quand bien même au coeur de la cité. Mon rire qui ne pouvait que se joindre au sien la seconde d'après. Moment de joie dans le patio. Des moments de bonheur souvent éphémères que je pouvais que voler avec un certain plaisir. La tentation bien trop grande pour ne pas ravir la pomme du jardin d'Eden. « Ça se voit tant que ça ?  » Et j'hochais la tête presque gravement. Plus amusée qu'autre chose. Cela se voyait autant que je pouvais m'en douter. En la voyant se prendre le visage entre les mains je ne pus que sourire. Et à ce même instant, je renonçais à lui donner une liste de tous ces détails qui ne trompaient pas. Elle en avait sans doute conscience. Le rouge qui colorait ses joues qui ne trompait pas non plus. « Je suis vraiment stupide... » « Tu n'es pas stupide, simplement... » Mon regard posé sur elle. Cette seconde d'hésitation où j'hésitais à lui annoncer à haute voix que selon moi elle était amoureuse aussi simplement qu'il en soit. Au lieu de cela, je préférai un autre mot. « ...mordue. » Mordue, cela ne faisait aucun doute à cela. « Tu n'as pas à avoir honte. » Non, elle n'avait pas à être gênée. Ne la jugeant pas. Ne pouvant pas moi-même me juger alors que le dieu du soleil savait bien que je l'étais tout autant. Il n'y avait aucune honte à succomber quand bien même au fruit de la tentation. « Tout ce qui compte, c'est que tu ne souffres pas. Après le reste, cela n'importe pas. » Ce que j'estimais pour ma part. Quand bien même l'amour pouvait nous donner des ailes, quand bien même on pouvait se sentir vivant, sans doute que le prix était trop fort à payer si au-delà de cela il nous fallait en souffrir. Et dans un sens, je savais qu'elle souffrait. L'impression qu'il jouait avec elle. Posant mes mains sur les siennes doucement. « Tout ce que tu dois savoir c'est si tes larmes en valent la peine. S'il en vaut la peine. »


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