Partagez | 
 

˜˜˜˜˜˜“ should we become monsters to save everyone from the devil ? ” (les rebelles)
maybe life should be about more than just surviving

Aller à la page : Précédent  1, 2

avatar
20/12/2016 ELOW ; ĆIRO + IRINA + JONAS ; 1204 JAI COURTNEY ; ELOW ; INFORMATICIEN ET LIEUTENANT REBELLE / SPECIALISTE EN INTELLIGENCE ARTIFICIELLES, NOTIONS EN MÉCANIQUE ET ELECTRONIQUE, GÉNIE INCOMPRIS ; 96
— Chi cerca, trova —






should we become monsters
to save everyone from the devil ?
31 JUILLET 2118


Son nez le dérange. La poussière dans le bunker est bien trop présente à son goût, mais il ne peut pas se lever maintenant et passer un coup de balai. Et puis, il y a un parfum très lourd dans l’air et c’est sans doute à cause de la conversation. Voilà ce qui reste des rebelles. Voilà où ils en sont, tous. Pour la première fois, Devos se sent responsable et décide de prendre les choses en main. Il est peut-être l’un des leaders, mais il n’a pas vraiment les épaules pour ça. Sa façon de penser et d’agir et si différente, qu’il craint toujours ne pas être compris, même pas eux. Pourtant, assis sur sa chaise, le regard jonglant d’un visage à un autre, il ne résiste pas. Il a besoin d’organiser un peu cette réunion, d’être certain que chacun est entendu. Il veut réellement savoir ce qu’ils pensent tous, même si cela peut le décevoir. Ils ont tous besoin de s’écouter, de se comprendre et d’avancer. La rébellion n’a aucune valeur si ceux qui en font partie ne sont pas capables de marcher, main dans la main, vers un objectif précis. Le problème, d’ailleurs, c’est bel et bien cet objectif. Ils se sont peut-être un peu dispersés, ces dernières années, sans doute dans le même état que le conseil, à chercher quoi faire et comment faire pour la survie de tous. Car ce qui compte, au fond, c’est la communauté. Devos s’est toujours battu pour que toutes les voix soient entendues, acceptées. C’est pour ça qu’il a rejoint les rebelles. Qu’il a rejoint Chris et qu’il a offert sa loyauté à Faust. Personne n’est parfait, pas même eux, mais au moins, ils ont à cœur une chose essentielle : le bien de chacun. Il ne dit pas que le conseil ne pense pas la même chose, mais au fond, est-ce qu’ils ont besoin d’un chancelier ? Est-ce qu’ils ont besoin d’un groupe de conseillers choisi à une autre époque de leur vie ? Car oui, il y a l’avant chute et l’après. Inutile de prétendre que cet événement n’a pas marqué un tournant dans leur existence. Depuis qu’ils vivent sur la planète, tout à changer et leur justice aussi. Ce n’est peut-être pas encore très clair, parce qu’il n’y a pas eu de crime à proprement parler, mais que se passera-t-il lorsqu’un meurtre adviendra dans le village . Comment le conseil va-t-il agir ? Il y a encore trop de questions sans réponse, trop de non-dit qui seraient pourtant nécessaire à la vie de tous. Il faut qu'ils s'ajustent, mais ils ne l'ont officiellement pas encore fait.

Il était le choix de Faust. Chris était le choix de Faust. Les yeux de Devos se posent sur Tennessee alors qu’elle ne termine pas sa phrase. Il peut presque l’entendre, dans sa tête et, quelque part, pour une raison qu’il ne comprend pas, ça lui tire le cœur. Machinalement, il tourne la bague à son doigt et se perd dans des images qui attaquent son esprit. Pas de leader, c’est le mieux. Chacun est égal à l’autre, tout simplement. Et puisque Faust hante son esprit, il ne peut que dévier son regard sur Murphy. Dans son coin, si silencieuse, si calme… Non, ce n’est pas elle ça. Devos le sait. Il n’aime pas la voir ainsi. Être aussi fermé, quand en réalité elle a tant de chose à dire, ça ne lui plaît pas. Alors quand elle s’exclame qu’ils ne sont pas des démons, il baisse les yeux. Il ne veut pas voir l’expression sur son visage. Il laissa ses mots arriver jusqu’à lui, bougeant négativement la tête quand elle affirma qu’ils étaient encore dans une démocratie. Ce n'est tellement pas son sentiment à lui, et ce n'était pas l'impression qu'elle avait elle aussi quand elle est arrivée chez les rebelles...

« Nous n’avons pas de chancelier, que je sache et la seule personne qui ait fait l’erreur, un jour, de prendre une décision pour tous sans prendre en compte de l’avis de chacun, c’est moi. » Répond-il automatiquement à Murphy sans lui laisser le temps d’ajouter quoi que ce soit. Comparer Chris ou Fasut, au chancelier, c'est se moquer de tout ce qu'ils avaient construit... Inutile de préciser qu’il y a de l’amertume dans sa voix, pas pour elle, mais pour lui-même. Quoi qu’il arrive, il se sent toujours particulièrement maladroit vis-à-vis de ce qu’il avait essayé d’accomplir. « Tu penses que depuis quelques années, ils ont regagné la confiance de tous ceux qui étaient prêts à se battre contre eux, là-haut ? Toi-même, as-tu confiance en eux ? Ou seulement en ceux que tu connais ? » Devos parle bien du conseil, en général. Pourtant, il connaît certains d’entre eux, comme Nadja par exemple. Et l’appréciation qu’il a de la jeune femme ne change pas l’avis qu’il a du conseil en lui-même. « Est-ce que c’est suffisant, selon toi, d’ignorer toutes ses décisions injustes prises durant notre vie dans l’espace, sous prétexte que sur terre, ils se soient montré plus à l’écoute ? Je te rappelle qu’on parle de ceux qui ont envoyé les jeunes sur terre, cela même qui est encore loin d’avoir décidé, en presque trois ans, si ces jeunes ont une place à nos côtés ou non ! Depuis le crash, ils ont été dans l’obligation de s’adapter, comme nous tous et ils ont pris certaines bonnes décisions, c’est vrai. Je ne dis pas qu’à leur place, nous aurions mieux fait, je dis simplement qu’on ne peut pas laisser les laisser agir seul comme si tout allait bien dans le meilleur des mondes. » Son regard est planté dans celui de Murphy. « Aurais-tu oublié ce pour quoi tu as rejoint la rébellion ? » Il ne le dit pas comme un reproche, il se pose vraiment la question. Il se demande vraiment, ayant encore un parfait souvenir de ces discussions qu’ils avaient eu, de tout ce qu’il avait fait pour l’aider à rejoindre les rebelles. Pourquoi a-t-il la sensation qu’elle baisse les bras ? Ou alors, qu’elle a autre chose en tête. Il hésite. Il se lève alors, créant un son grave dans son mouvement alors que sa chaise glisse sur le sol. Il a soif et il fatigue.

Il peut, d’une façon ou d’une autre, comprendre qu’Isaiah soit paumé, que Chris soit déçu ou effrayé à l’idée de décevoir les autres – il le connaît bien assez pour ne pas avoir besoin d’explication. Il peut percevoir aussi, qu’il tente de recoller les morceaux, mais peut-être bien que ce n’est pas à lui de le faire. Peut-être bien que tout ça, c’est encore la faute de Devos et de sa soi-disant trahison. Les conséquences de son action passée sont encore là et il le sent. Chris essaye de se montrer fort, de prendre les choses en main, mais il y a quelque chose de différent. Il n’a pas tort, ceci-dit. Ils doivent d’abord décider entre eux, se comprendre entièrement, avant d’en parler à tous les autres. C’est logique.

« Peut-être bien, finalement, qu’on ne devrait pas rester dans l’ombre et qu’on devrait rejoindre le conseil. » Dit-il sans s’en rendre compte, alors qu’il se sert à boire dans un coin, assoiffé par cette conversation et ses idées. Mais Chris a raison, il faut voter, il faut décider. Son regard se pose sur Isaiah, dont l’idée de participer aux élections résonne autrement maintenant. « Peut-être bien que c’est à nous, de proposer des élections en amont à celle habituelle tout simplement pour répondre au mieux à ce dont chacun a besoin. Dans une société qui fonctionne correctement, nous ne devrions pas exister et c’est en ce sens que nous devons avancer. » Il y a comme quelque chose qui se réveille en lui et les hypothèses s’enchaînent à l’infini. C’est étrange, mais pourtant, c’est ça. Ils se battent pour les autres et ils devraient tout faire pour que la communauté soit soudée, équilibrés et justes. « Murphy a raison : nous ne devrions plus prendre de décisions dans notre coin. C’est d’ailleurs le problème qu’on a eu, par le passé. On ne devrait pas être la source d’une division, au contraire. » Quand ils voulaient déménager, où se battre pour intégrer les jeunes, ils s’étaient rendu compte qu’ils allaient imposer un choix à la communauté. Un choix qui diviserait. Peut-être finalement, devraient-ils utiliser le système actuel pour le transformer de l’intérieur, ainsi ils ne bouleverseront pas le monde dans lequel tout le monde a vécu pendant des années. Et surtout, ils doivent le faire pacifiquement. Devos peut voir un schéma se dessiner clairement dans sa tête : virer le chancelier, car ils n’ont plus besoin d’un capitaine de navire, mais garder un conseil d’individus qui a été élu par tous et qui se base pour eux. Son regard glisse sur chacun, se demandant alors si ces paroles ont résonné dans l’esprit des autres ou s’il a simplement divagué dans un monde qui n’appartient qu’à lui…

Spoiler:
 

avatar
14/11/2015 Isa & I My boy D'Arbanville & Oz & Hyacinthe & Elouan & Tam-Tam 3733 Katie Melua Kyran adorable & Avengedinchains & Lux aeterna Mécanique & Nanotechnologie 99
ψ Cat on a Hot Tin Roof ψ





Devos & Tennessee & Murphy & Isaiah & Chris @Who'sNext? #AnWhatNow



Sur sa chaise elle gigotait comme une anguille Tennessee, dans l'espoir qu'elle se transforma en fauteuil et qu'elle put s'étendre un peu mieux. Évidement elle n'y croyait pas vraiment, ce genre de magie ça n'existait pas, nulle part, à part dans les contes pour enfant. Et ...

Tout au fond de son âme, elle ressentait cette impression que les rebelles tentaient de retourner leur mouvement comme on le fait d'un vêtement pour en admirer l'envers et le rapprocher du conseil. Elle estimait bien souvent que toutes ses chamailleries prenaient naissance dans de simples broutilles. Elle remarqua une goutte de sang coulant le long de sa cuisse et l'essuya rapidement pour effacer tous les témoins relevant ses prunelles brunes à la fin de la phrase de Murphy  @Murphy Cavendish

« Est-ce qu'on peut vraiment comparer Murphy ? Nous sommes nés dans l'ombre et le désespoir, nous n'avons jamais agi dans la lumière parce que sinon nos vies n'auraient pas valus très chères » En vérité son amie brune ne connaissait pas cette partie-là, elle n'y jouait pas quand elle se trouvait à bord de l'Odyssée, forcément elle ne pouvait pas se souvenir de tous les dangers qui les guettaient à n'importe quel faux pas « On fait comme ça parce qu'à l'époque ils nous ont forcés à le faire, on n'a jamais fonctionné autrement »

Oh elle ne prétendait pas par là qu'il fallait continuer, parce que visiblement ils aboutissaient dans une impasse.

« Mais c'est sur on doit évoluer »

Il serait facile de croire que la mécanicienne ne se comportait que comme un bon petit soldat qui obéissait sans poser de questions à l'époque. Mais non, pas le genre de la bouclée, simplement elle déposait toute sa confiance dans les paumes de Faust. Là-haut, ici maintenant tout s'entrechoquait dans le plus grand des chaos. Tennessee elle sondait au tréfonds de ses tripes les fondations de ce mouvement, les raisons de ne pas abandonner, d'empêcher ce rassemblement hétéroclite et atypique qu'ils formaient de se réduire au rien.

Silencieuse les phrases volaient au-dessus de sa tête pour la plupart mais celle D'isaïah @Isaïah Stowaway percuta son esprit « A moins d'être sourd personne ne va pouvoir faire comme si tu n'avais rien dit, le problème méritait d'être évoqué » Et envisagé au risque d'être rejeté. Mais sans mépris n'est-ce pas ? Parce qu'ici depuis toujours ils représentaient des âmes libres d'énoncer et d'allonger les idées puisque seul les échanges permettaient d'avancer dans les difficultés ou les problèmes « Chacun à le droit de s'exprimer même si tous les autres désapprouvent, ne représentons nous pas la liberté avant tout ? »

Alors ne devenons pas une prison qui transposeraient des barreaux à toutes les ébauches qui déplairaient aux uns ou aux autres. Sans doute ne l'écoutaient-ils pas chacun accroché à son fil, le défendant avec ardeur. La solution eut été de les relier tous afin que chacun capta le monde dans lequel ses compagnons s'immergeaient.

Un souffle s'échappa de ses lèvres tandis que Chris reprenait la parole, Quelle chaleur dans ce lieu ! il faudrait bien y installer un ventilateur ... Elle se pencha brusquement en avant sous une douleur fulgurante qui longea toute sa cuisse perdant un peu le cours de la conversation « Je ne sais pas » Fit-elle écho à Chris @Chris Wilson, un murmure qui se dilua dans la réponse de Devos. @Devos Acciaro

Tennessee elle fronça les sourcils pour se concentrer sur le cheminement que les mots du génie empruntaient. Ils se dirigeaient particulièrement dans la direction de Murphy qui se montra si virulente. Celle-ci y répondrait certainement, ainsi que les autres alors que la mécanicienne souhaitait une fois encore souligné un point continuellement biaisé dans cette histoire « Déjà nous sommes tous un peu responsable de cet état des choses pas seulement toi, nous sentions bien que la mécanique déclinait dans le fond de nos cœurs mais aucun ne l'a abordé, alors au bout du compte on ne peut pas toujours t'en vouloir d'avoir tenté un geste désespéré »

Et entendons-nous bien, il ne s'agissait plus de jouer les cachotiers, mais elle ne désirait pas que cette obstination à le mettre - ou se mettre lui tout seul - au pilori perdura « Après avons-nous vraiment besoin d'un chef ? Devons-nous vraiment nous joindre au conseil dont nous nous méfions pour la plupart ? Pourquoi ne pas soumettre nos suggestions régulièrement et voter chacun sans pour autant avoir un leader en particulier mais des voix qui s'exprimeraient ? Sans nous cacher, pour sortir enfin de l'ombre, croyez-vous qu'ils nous abattraient sur place ? »



Spoiler:
 

Membre du mois
avatar
06/12/2015 Lux Aeterna Nuna Cortez 36420 Sophia Bush Lux Aeterna (vava & sign & gifs & fiche rp) ancienne militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. 1597
Membre du mois





❝ Should we become monsters
to save everyone from the devil ? ❞
Murphy Cavendish & les rebelles
(31 juillet 2118)


En réalité, Murphy était à des lieues de la rébellion. Ce n'était pas nouveau, ça courrait depuis des mois, depuis avant les altercations de l'été précédent. A n'y plus voir aucun objectif tangible ou souhaitable, on perdait l'intérêt que l'on pouvait avoir eu en quelque chose qui avait pu tant représenter. Et à entendre ce que tous lui répondaient, le gouffre était encore plus important que ce qu'elle avait pensé jusque-là. Se refuser à comparer les groupes, c'était refuser de voir la vérité en face, mais surtout refuser de voir que les similitudes pouvaient rapprocher plutôt que de sonner comme des insultes. « On a un "leader" » répliqua-t-elle en accentuant le terme et désignant @Chris Wilson d'un mouvement du menton, puisque @Isaïah Stowaway avait été suffisamment bien introduite au mouvement avant d'y adhérer qu'elle manquait parmi les points les plus importants qui le concernaient. Quel amateurisme; et le voilà, Chris, qui voulait reprendre son rôle de recruteuse. Ne le lui avait-il pas déjà volé depuis quelques temps déjà ? Comme s'il y était plus compétent qu'elle, alors que le contraire venait d'être démontré en une question de sa jeune recrue. Murphy argumentait, tolérant difficilement que l'on puisse ne pas faire preuve de cette logique qu'elle s'apprêtait à démontrer pour la dernière fois, perdant foi en tout ce qui pouvait se passer ici. « On a un "leader" à la tête d'un groupe qui dirige le reste du mouvement. Expliquez-moi quelle est la différence avec la structure du Conseil, parce que moi je vois pas... » Elle leva soudainement l'index en l'air comme si elle venait d'avoir une épiphanie. « Ah, si ! La voilà la différence : ici, il n'y a pas eu d'élections. Notre leader a viré les anciens chefs parce que ça lui plaisait mieux comme ça. On est les maîtres de la démocratie, hein ! » Elle rit jaune en se frottant le front, hésitant déjà à quitter les lieux, convaincue qu'elle lançait un débat qui ne mettrait personne d'accord -ou tout le monde sauf elle, visiblement. « Je m'en fous de ce qu'il y avait avant. On utilise assez l'argument de la vie sur Terre dans ce qu'on attend du Conseil pour oublier l'avant. C'est pas à la carte. Maintenant, c'est comme ça. On a les mêmes structures, sauf que pour vous, ça vous dérange pas, et que pour le Conseil ça en fait des monstres assoiffés de pouvoir. Ca peut pas aller dans un seul sens. » Elle jeta un coup d'oeil à @Devos Acciaro, espérant voir dans son regard une bribe de compréhension. « Notre chancelier, et ça me tue de devoir le dire, c'est Chris. On peut jouer avec les termes pendant vingt minutes si vous voulez, mais les faits sont là. » Mais il était tenace, Devos, et il continuait d'abonder dans un sens qui lui déplaisait, lui faisait bouillir le sang jusqu'aux oreilles et, pour la première fois, lui donnait envie de s'effondrer en larmes. Ils ne se comprenaient plus, plus du tout, et peut-être qu'un espoir avait germé avec les quelques conversations qu'elle avait eues au fil des mois, parce que quelque chose venait de se briser en elle. C'était irréparable. On tournait en rond, on refusait d'accepter les faits et on ne retenait que ceux qui arrangeaient un combat qui n'avait plus lieu d'être. « Je sais pas, demande-leur ce qu'ils en pensent, les autres rebelles ! Oh, attends... » Elle parcourut la pièce d'un regard cynique et reporta son attention sur l'informaticien. « On a un seul membre rebelle pour représenter les autres. Pourquoi ? Pourquoi elle ? Oh, bah on sait pas. Mais on est bien organisés hein, bien mieux que le Conseil ! » Elle jeta un coup d'oeil à Isaiah, souhaitant lui faire comprendre que ce n'était pas dirigé contre elle mais contre la situation. Elle ne sut guère quel genre de regard elle lui offrit au final, et reporta son attention sur celui qui la poussait à bout. « Tu me demandes vraiment pourquoi j'ai rejoint la rébellion ? Parce que j'étais censée être une remplaçante, mais que le temporaire est devenu définitif ! C'est ça que tu voulais entendre ? » Elle se leva, les larmes aux yeux, le regard dégoulinant de vitriol, poussant violemment sa chaise derrière pour elle pour s'approcher de Devos, un index menaçant tendu vers lui. « Moi je te rappelle que s'ils avaient pas envoyé les jeunes dans l'espace, on serait tous morts. TOUS. Appelle ça une mauvaise décision si tu veux, moi j'appelle ça une décision sensée. For the greater good. Peu importent les conneries là-haut, ils en sont pas responsables. Ils étaient au pouvoir depuis à peine quelques mois quand les jeunes ont été envoyés sur Terre. Si on doit leur reprocher quelque chose, c'est d'avoir été à la tête de l'Odyssée au pire moment possible. Et je trouve qu'on s'en sort pas si mal ! » S'il avait voulu la faire réagir, elle espérait qu'il était satisfait. Elle, elle était à deux doigts d'exploser et de quitter les lieux pour laisser les irradiés faire avec ce qu'elle laissait derrière elle. Ca ne la regardait plus depuis longtemps. C'était une dernière main tendue -ou peut-être une dernière explosion avant de laisser mourir le peu de foi qu'elle avait pu retrouver dans le mouvement.  « Maintenant, du coup, j'espère que t'as l'idée parfaite pour réunir deux groupes qui se divisent sur la suite des choses. C'est pas toi qui a été emprisonné quand on a retrouvé les jeunes ! » Réunir Cents et Odysséens, c'était presque idyllique; ils y parviendraient un jour, elle voulait y croire donc elle y croyait. Mais on ne pouvait pas reprocher aux choses d'aller doucement, parce que c'était à force de mains tendues et de petits pas qu'on avançait. Pas en y allant à la machine de guerre, juste parce que c'est ce qu'on voulait. Il parlait de ses idées et de démocratie, mais savait-il au moins quel était l'avis général de leur village ? De celui des jeunes ? On tâtait la température, on y allait pas à pas. Ces choses-là ne se décidaient pas sur le caprice de quelques personnes. Si on allait trop vite, on prendrait le risque de tout faire péter une bonne fois pour toutes. Avait-il déjà oublié les violences des retrouvailles ? Ne subissait-il pas les regards lourds et haineux lorsqu'il visitait les jeunes ? Avait-elle été la seule avec laquelle on était venue aux mains, là-bas ? On n'apprenait pas à revivre ensemble parce qu'on y était contraint; on vivait à nouveau ensemble parce qu'on avait appris à se voir d'un autre œil. Il fallait se ré-apprivoiser, et ça, le Conseil y travaillait un peu chaque jour, à chaque occasion qui lui était présentée de le faire. « Alors puisque tu dis que ça va pas avec le Conseil, dis-moi ce qui va pas. » Elle croisa les bras sous sa poitrine, le regard empreint de défi, un sourcil haussé en sachant pertinemment qu'aucune réponse valable ne pourrait lui être donnée. Quelques minutes plus tôt, on parlait de surveiller, par méfiance, mais pas d'agir, puisqu'on n'avait plus rien à reprocher au Conseil, plus rien à attendre ou exiger de lui. Son regard vogua jusque @Tennessee Brontë-Sand, dont le soutien était allé à Devos. Il semblait à Murphy qu'elle revivait le cauchemar d'autrefois. Elle parlait mais personne ne l'écoutait -et finalement, elle jeta un coup d'oeil à Isaiah. « Oui, on s'est réparti les tâches et Chris était supposé nous leader. Il excelle en la matière. » Elle fusilla le garde du regard au passage. Il venait de lui voler son rôle à elle, et il n'y avait pas message plus clair. « Arrêtez de dire que vous fonctionnez comme ça parce que la rébellion a toujours fonctionné comme ça. C'est exactement ce que vous reprochez au Conseil. » Vous. Son ton était devenu plus plat, peut-être un peu plus calme, mais définitivement plus grave et las. Elle savait comment les choses fonctionnaient avant; Faust ne les lui avaient jamais cachées. Mais ces choses-là appartenaient à un contexte passé, et elles n'étaient pas un argument pour maintenant. Elles ne l'étaient plus depuis longtemps. Ils avaient réussi à la pousser dans ses retranchements, et vers la sortie. Elle siffla Antarès en s'avançant de quelques pas dans le bunker alors que Chris émettait dans son dos l'idée d'exposer les choses au reste du groupe. Exposer les choses, mais exposer quoi ? Exposer une union qui n'existait pas ? Et les projets, et les envies ? Quels projets, quelles envies, quels besoins, quelles revendications ? « Les sujets, mais quels sujets ? Vous vous rendez toujours pas compte que tout ce qu'on essaie de sauver, là, c'est le squelette d'un groupe qui a plus de raisons de se battre ? » Elle marqua une pause en fermant les yeux, se frottant le front d'un pouce et d'un index nerveux. « Non, sérieusement, quels sujets ? » Chris parlait d'une partie des demandes à laquelle le Conseil avait répondu, mais quelle était l'autre partie ?

Il n'y aurait pas de réponse pertinente à cette question, parce que même en se tordant les méninges dans tous les sens pour s'inventer une raison de continuer à être maussade et désenchanté, on ne pouvait plus guère en trouver. Il fallait avancer.

Maintenant que Murphy avait lâché tout ce qu'elle n'avait pas exprimé au début de la réunion, elle savait qu'il n'y avait plus que la porte de sortie qui l'attendait. La conversation s'apprêtait à nouveau à tourner en rond et bientôt on tenterait à nouveau de lui prouver qu'elle s'emballait, qu'elle avait tort, sans pouvoir y apporter des arguments pertinents ou tangibles. Elle n'était pas prête à revivre ça, pas encore une fois. Elle passa devant les autres, leur faisant dos, avant d'entendre Devos reprendre la parole derrière elle. En s'arrêtant net dans sa progression vers l'escalier qui menait à la sortie, elle souffla « mais la société fonctionne correctement... » C'était ça, peut-être, qui faisait que tout dialogue se rompait si facilement entre eux. Elle se retourna dans un soupir quand Tennessee répondit à Devos. A ses pieds, Antarès ne savait plus ce qu'il devait faire, et se contenta de traîner la patte à côté d'elle, guettant les réactions de sa maîtresse pour savoir ce qu'elle attendait de lui. « On est responsables de l'état de la rébellion, pas de décisions qui sont pas les nôtres » corrigea-t-elle sèchement alors qu'on revenait sur ce terrain-là, qu'elle préférait occulter plutôt que de retrouver des raisons d'en vouloir aux fautifs. « Devos, tu m'as demandé si je faisais confiance au Conseil. J'ai plus ma place avec vous, parce que oui, je lui fais confiance. » Elle ne parlait pas de ses amis conseillers, elle parlait du groupe politique qu'ils formaient, tous, avec à leur tête un chancelier qui n'avait pas failli aux idées qu'elle-même portait avec tant de passion. Murphy ne l'avait pas perdue, cette passion; elle savait juste, maintenant, que ce n'était pas dans l'ombre qu'elle la vivrait le mieux, et que le Conseil n'était là ni pour la faire taire ni pour s'y opposer. Ils n'étaient pas un adversaire. Ils étaient un allié. Les raisons qui avaient pu lui donner envie de rejoindre les rangs du mouvements des années auparavant s'étaient évanouies quand ils étaient arrivés sur Terre; avaient disparu quand ils avaient accédé à leurs revendications sans même en avoir conscience. Ils allaient tous dans le même sens, maintenant, comment pouvaient-ils ne pas voir ça ? Elle se tourna vers Tennessee en haussant les épaules avec des gestes de la main qui signifiaient que ce serait sans doute sa dernière réponse, puisqu'elle n'en avait plus d'autres. « Ils nous abattraient pas. Ce serait peut-être compliqué à digérer pour l'identité de certains d'entre nous, mais ils nous tueraient pas. On est plus dans le monde de là-haut depuis longtemps. » Et en réalité, ils n'auraient même pas besoin de se présenter comme des rebelles. Car avant d'être des rebelles, ils étaient des citoyens de ce village qu'ils construisaient tous ensemble. Certains d'entre eux n'avaient rien à voir avec les violences de là-haut. Peut-être que s’embarrasser de cette responsabilité n'était pas nécessaire; pas pour faire avancer la politique du village, en tout cas. Qu'est-ce qui pourrait être pire pour le Conseil qu'un groupe qui se dévoilait pour leur tendre la main et chercher à avancer ensemble ? Un groupe qui restait dans l'ombre, aigri, avide de faire basculer le pouvoir en place juste parce qu'il était né dans cette perspective et ne savait plus quoi faire d'autre pour continuer à exister. Elle claqua des doigts pour récupérer l'attention d'Antarès et fit un pas en arrière. Il était temps pour elle de se préserver, même si ça devait passer par la fuite. Elle avait trop donné d'énergie pour ne pas se faire entendre ou seulement à moitié. « Mon avis c'est qu'on a rien à craindre du pouvoir en place. Et que si un jour on a des propositions à leur faire, on peut leur faire sans se déclarer rebelles. Si on la demande, on a la parole. » Elle haussa les épaules d'un air de dire qu'elle s'en moquait et que, de toute façon, ce n'était plus vraiment ses affaires. « Mais faites comme vous voulez. On m'a bien fait comprendre que je servais plus à rien » Elle fusilla Chris du regard une dernière fois en plantant une main dans la poche de son jean et avant de laisser ses prunelles, plus douces, vagabonder sur les quatre personnes présentes d'un air presque nostalgique. Ce n'était pas à ses amis qu'elle disait au revoir, c'était à un mouvement auquel elle ne croyait plus et qui ne croyait plus en elle.

Spoiler:
 


avatar
19/02/2018 Isis/Sara Artemia 516 Phoebe Tonkin philia informaticienne et mécanicienne Odyssey baby 154



Should we become monsters to save everyone from the devil ?

31 juillet 2118

Faites comme si j’avais rien dit. Ces mots, tu les penses, Isaïah. Terriblement. Par rapport aux autres membres lambdas dont tu fais partie, t’as l’impression d’être une privilégiée parce que toi, tu assistes à cette réunion et pas eux. Tu comprends pas pourquoi, d’ailleurs. Est-ce parce que tu as échangé avec Devos, Tennessee et Chris entre ton claquage de porte et aujourd’hui? Est-ce parce que tu es supposée les représenter sans même savoir pourquoi? T’en sais rien. Mais tu te dis que, en tant que privilégiée, t’aurais pas dû prendre la parole et te contenter d’écouter. Ca aurait été bien mieux. Ca t’aurait évité de soulever des lièvres et d’empirer la situation. Parce que t’as l’impression que, dès que tu prends la parole, les choses s’enveniment. Pourtant, c’est plus fort que toi. Quand Chris parle de remettre en cause sa place de leader, tu poses une question bête. Particulièrement débile, même si t’en crois la réaction de Murphy. “On a un leader. On a un "leader" à la tête d'un groupe qui dirige le reste du mouvement. Expliquez-moi quelle est la différence avec la structure du Conseil, parce que moi je vois pas... ” Tu tournes la tête vers elle, surprise par la virulence de sa réaction. Est-ce contre toi? Ou parce qu’elle semble au moins autant remontée que tu l’étais toi un an plus tôt? Parce que clairement, t’as l’impression d’être de retour à l’année précédente. Lorsque tu as, toi, claqué la porte de ce mouvement que tu venais juste de rejoindre. Quelle ironie songes-tu alors que Chris reprend la parole, expliquant comment les choses se sont passées, réellement.”On a repris le flambeau après Faust. On a partagé les tâches en fonction de chacun. Et clairement on a pas géré du tout.” Pas géré du tout? Ils sont toujours là, pourtant. Même si… Même s’ils semblent être sur le point d’imploser. Pire que l’été précédent. Chris enchaîne rapidement, émettant la possibilité de faire une réunion avec tout le monde, ce que Murphy relève rapidement d’ailleurs, te pointant encore du doigt “Je sais pas, demande-leur ce qu'ils en pensent, les autres rebelles ! Oh, attends... On a un seul membre rebelle pour représenter les autres. Pourquoi ? Pourquoi elle ? Oh, bah on sait pas. Mais on est bien organisés hein, bien mieux que le Conseil !” T’as l’impression de t’en prendre plein la gueule, Isaïah. Tu sais pas si c’est fait exprès ou pas, mais t’as l’impression que Murphy a à nouveau une dent contre toi. Et quand elle te regarde, t’as envie de te cacher dans le sol. Tu ne le peux pas, bien entendu. Alors tu détournes le regard, pas certaine de ce qu’il y a dans les yeux de la militaire. T’en veut-elle d’être là et pas les autres? Juge-t-elle que tu n’as pas ta place dans le mouvement parce que tu as eu un mouvement d’humeur l’année précédente? Son regard dur est-il lié à autre chose qu’à toi? T’en sais rien. Mais t’appréhendes, c’est un fait. Néanmoins, à sa suite, tu reprends la parole. “Murphy n’a pas tort… Pourquoi moi je suis là, et pas les autres?” Autant pour le fait que tu voulais garder le silence…

Mais Murphy n’est, semble-t-il, pas décidée à se calmer. Elle qui faisait pourtant jusque là office de voix de la raison pour toi dans le mouvement semble avoir pris le rôle que tu as assumé l’année précédente: l’électron libre qui va claquer la porte. Parce que c’est l’impression que tu as de plus en plus lorsqu’elle s’en prend cette fois à Devos. Et toi, Isaïah, tu assistes impuissante à tout ça. Tu sais plus à quoi te raccrocher à cet instant. Tu as du mal à croire que Murphy puisse réellement penser tout ça. Qu’elle compare la Rébellion au Conseil. Qu’elle fasse confiance au Conseil pour prendre la meilleure décision pour le bien du plus grand nombre. Ce plus grand nombre, il est mort dans le crash de l’Odyssée. Une petite voix dans ta tête te glisse soudain que tous les Conseillers étaient dans la partie de l’Odyssée qui a survécu à l’arrivée sur Terre. Est-ce un hasard? Ou ont il décidé de lâcher une partie de la station pour être sûrs de sauver leur peau? Bien sûr, tu ne le dis pas à voix haute. Mais soudainement, ça a pulsé dans ton esprit et tu ne peux t’empêcher de te demander s’il n’y a pas un peu de vrai dans cette idée paranoïaque. Tes épaules sont d’ailleurs secouées d’un frisson à cette pensée. Et tu secoues la tête alors que Murphy se lève et commence à se diriger vers la sortie.

La vie est un éternel recommencement songes-tu en la regardant, un instant figée. Pourtant, tu te lèves à ton tour et tu t’entends dire à tous: “Je peux essayer de lui parler, si vous voulez. Je sais ce que ça fait d’être trop en colère pour écouter ce que les autres peuvent avoir à dire. Peut-être que… Je pourrai la convaincre de rester?” Même toi, tu entends la faible conviction de ton ton. Tu peux toujours essayer ceci dit. Pourtant, à nouveau, tu te figes en voyant ton amie se pencher brusquement en avant avant de se redresser et de reprendre la parole presque comme si de rien n’était. “Tennessee? Ca va?” demandes-tu, soucieuse, ton regard allant d’une brune à l’autre.


Spoiler:
 

Contenu sponsorisé



 

“ should we become monsters to save everyone from the devil ? ” (les rebelles)

Page 2 sur 2Aller à la page : Précédent  1, 2

 Sujets similaires

-
» Save The human right to food: International mission to Haiti
» Lena& Carmelia ♦ save me ~
» Tell me would you kill to save a life. || Esprit d'Enfant.
» [Mécanisme] Système de fichiers save et MAJ du jeu
» Save the last Rose

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
The Hundred :: welcome to hell :: Aux alentours de l’Odyssée :: Le bunker-