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˜˜˜˜˜˜“ the worst is to be ignored. ” (Leary)
maybe life should be about more than just surviving


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26/06/2018 ELOW ; DEVOS, ĆIRO & IRINA ; 82 GEORGE MACKAY ; ELOW ; JARDINIER & CUEILLEUR, VOUS LE TROUVEREZ AUSSI SOUVENT PRÈS DU GRAND FEU (IL AIME S'EN OCCUPER). 1
— BETWEEN TRUTH AND WEAKNESS


Sujet: “ the worst is to be ignored. ” (Leary)
Mar 31 Juil 2018 - 15:18




the worst is to be ignored
9 SEPTEMBRE 2117

Visiter le nouveau campement des autres… voilà une étrange idée. Se tenant à l’écart de la foule, Jonas n’avait pas réussi à voir la tête de l’émissaire envoyé pour donner la nouvelle. Les survivants de la chute de l’Odyssée avaient déménagé. Étrange concept, mais sans doute avaient-ils trouvé un meilleur espace pour vivre. Jonas n’en savait vraiment rien. Il voyait tous les avantages à rester près d’un vestige de l’espace alors imaginé toutes ces personnes s’en éloigner le peinait un peu. Peut-être que c’était mieux ainsi. Que c’est mieux de faire une croix sur ce qui s’était produit avant et sur ce qu’ils avaient connu. Il paraît aussi qu’ils ne sont plus très loin d’eux, les enfants criminels sacrifiés. Est-ce une bonne chose ? Pas vraiment. Peut-être qu’ils avaient une idée en tête pour les conquérir de nouveau ou pire… C’est presque effrayant, alors rapidement Jonas préfère laisser les autres pour retourner près du potager. Il y avait des légumes à sortir de la terre et à nettoyer. Cependant, Jonas eut du mal à se concentrer. S’ils avaient là une chance d’aller voir ce nouveau campement, il avait aussi, peut-être, une chance de découvrir si sa mère était toujours en vie. Et l’idée était tentante, vraiment. Alors il ne tarda pas à refaire demi-tour et à attendre que les jeunes se regroupent pour partir en visite.

Une visite, ça ne pouvait pas être dangereux. Il n’y avait pas de raison et puis, ils étaient assez nombreux. Le ciel n’allait quand même pas leur tomber dessus le jour même ? Au départ, il suivit la visite sans trop réfléchir et sans vraiment retenir quoi que ce soit. Puis la gaffe dans les dortoirs lui donna des frissons. Les rejoindre ? Pourquoi les rejoindre ? Il regarda autour de lui, paniquant intérieurement à l’idée d’être de nouveau enfermé dans une boîte. Discrètement, il se retira et descendit au rez-de-chaussée puis sorti du bâtiment et se confronta à la vie du campement sans le vouloir. Forcément, certains regards se posèrent sur lui sans vraiment s’attarder. D’autres murmuraient sans doute quelque chose, mais rien d’alarmant. Alors, après quelques secondes à chercher des repères inexistants, il se mit en tête de trouver sa mère. Il longea les allées principales, observant tous les visages qui s’y trouvaient puis ne tarda pas à reconnaître celle qui lui avait donné la vie. Elle marchait à l'extérieur du campement, sans doute à patrouiller. Quelque part, ça ne devait pas être si différent de ce qu’elle faisait là-haut, avec les caméras. Il se mit alors à courir en sa direction, trop heureux de la savoir en vie. Celle-ci croisa une première fois son regard sans le reconnaître, puis une deuxième fois. Elle le fixa, choquée.

— Mam… Elle le coupa net d’un geste de la main, reculant par la même occasion. Elle était différente par rapport à ses souvenirs. Plus vieille sans doute. Il ne l’avait pas revu depuis… Une éternité.

Vas-t’en, tout de suite. Inutile d’argumenter avec elle, surtout face à cette colère étrange qu’elle semblait ressentir. Il aurait aimé pouvoir dire quoi que ce soit et se rapprocher, mais elle tâcha de répéter un second : Vas-t’en ! Et face à ça, Jonas se senti impuissant. Et puisqu’il ne semblait pas vouloir bouger, c’est elle qui le lâcha sans le moindre doute, retournant sans doute faire ce pour quoi elle était dans les parages.

Mais… C’était comme si elle lui arracher, d’un seul coup, tout droit d’être son fils. Il avait déjà souffert de son absence en prison, elle qui avait longtemps été le pilier de sa vie, mais ça… Sans doute, aurait-elle aimé lui dire plus, lui hurler plus, mais en se retournant, Jonas remarqua que d’ici, ils pouvaient être aisément observés par d’autres. Alors, sans vouloir ressentir plus de peine, il se mit à courir, versant quelques larmes. Et il tomba une fois, se cognant le genou contre un morceau de béton, mais cela ne l’arrêta pas. Et puis finalement, il se retrouva en face d’un petit potager à peine neuf. Comme personne ne se trouvait là, il se posa sur un petit tabouret de fortune et essuya son visage à l’aide de ses mains. Oh, il ne devait pas être beau à voir. Un peu de terre sur le front, le genou ouvert, les yeux rouges, mais il cessa de gémir quand il remarqua que dans le petit potager, quelques plantes commençaient à grandir. C’était si paisible à regarder que Jonas se senti coupé de tout, et même de cet affreux souvenir qu’il voudrait déjà déchiqueter.



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07/12/2015 Gen Deng & Eirik Thorvald & Skylar Rees & Cyd Raye 234 Luke Evans avengedinchains Professeur en biologie 10



C’était bon, ils avaient déménagé, ils avaient leur nouveau chez eux, ils étaient proches des cents, alors ils les avaient invités. Leary était nerveux comme d’autres odysséens. Comme l’échange serait-il ? Verrait-il des têtes connues et d’autres moins connues ? Leary resta silencieux quand il fut question de proposer aux jeunes de les rejoindre. L’ancien professeur en biologie était suffisamment pragmatique pour se dire que c’était une mauvaise idée, mais personne ne lui demanda son avis alors il resta complètement muet comme une carpe. Leary était complètement songeur et nerveux. Il n’avait vu aucune tête connue, étaient-ils tous morts ? Non, impossible. L’angoissa lui dévora l’estomac, mais l’homme dut prendre sur lui et ne pas céder tout de suite à la panique grandissante. Il verrait forcément quelqu’un qu’il connaissait. Le brun était dans ses pensées quand il vit une silhouette passer, il crut reconnaître la démarche. Le scientifique se détacha du groupe, prêt à interpeller cette tête quand Jonas parla le premier pour s’adresser à quelqu’un d’autre. Jonas. Leary fut soulagé de le voir. Il avait eu ce jeune comme élève, touché par sa personnalité atypique, mais aussi ses malheurs quand il avait appris que son père le battait. Il avait montré tout son soutien. Il avait été peiné de le savoir enfermé avec d’autres cents pour des conneries selon lui. Il ne l’avait jamais vraiment dit, se contentant de s’assurer que Jonas ait des outils pour survivre sur Terre.

Même si l’homme avait été plein d’incertitude sans savoir si son enseignement paierait tôt ou tard. La scène qui se déroula devant ses yeux lui brisa le cœur en voyant Jonas se faire repousser par sa propre mère. Leary resta en arrière sans intervenir. Une mère ferait-elle réellement cela à son fils ? La réponse était oui, bien sûr. Il en resta tout simplement sans voix. Il laissa chacun des protagonistes prendre un chemin différent et se demanda réellement quoi faire. Il se projeta dans son propre désir de revoir un jour sa fille adoptive qui avait été envoyée sur Terre avec les cents, mais qui avait disparu. Leary était en train de se dire que jamais plus il ne verrait Marie et que c’était ainsi. Alors comment la mère de Jonas pouvait le repousser de la sorte ? Le biologiste eut envie de lui courir après et d’aller l’engueuler pour sa bêtise, mais se retint de le faire. A la place, il décida de se lancer derrière Jonas. Il ne voulait pas laisser l’homme avec ce souvenir ignoble. Il voulait lui offrir son soutien, s’il l’acceptait encore. Le brun retrouva Jonas dans le petit potager et s’arrêta quelques secondes. Il aurait dû se douter. Leary s’occupait de ce potager avec d’autres odysséens et il savait que Jonas appréciait la culture et apparemment c’était toujours le cas. Il sourit, rassuré et s’approcha doucement de lui.

« Bonjour Jonas. » Il vit bien sa mine, sa blessure au genou et la terre sur son front, mais décida de ne pas lui essuyer le front comme si c’était un enfant. Les années s’étaient écoulées et il avait plus l’air d’un homme paumé qu’autre chose. Leary ignorait quel air lui avait, probablement usé, le visage marqué par le soleil, les soucis et une main droite paralysée qui tremblait de temps en temps. « Je suis content de te voir ici. » Quelqu’un l’avait-il dit à Jonas ? Cette pensée rendit Leary encore plus triste. Il ne montra rien extérieurement, se contentant de sourire avec douceur. Il espérait que Jonas ne le repousserait pas violemment car cela le rendrait triste. Mais avait-il vraiment son mot à dire ? Il ne pensait pas non. Il voulait juste rassurer Jonas comme quand il avait appris que son père le battait, être présent, rien de plus. Mais le jeune voudrait-il encore de lui ? Bonne question.

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Sujet: Re: “ the worst is to be ignored. ” (Leary)
Mar 28 Aoû 2018 - 20:29




the worst is to be ignored
9 SEPTEMBRE 2117

C’était douloureux. De se faire ignorer ainsi, de se faire éjecter d’une certaine manière. Elle l’expulsait volontiers de sa nouvelle vie comme s’il n’était rien. Pas même un être vivant. Pendant, longtemps, il s’était dit que sa mère ne lui rendait pas visite sous prétexte qu’elle ne voulait pas se faire du mal. Que c’était peut-être douloureux de venir le voir, si jeune, enfermé et condamné. Il avait essayé de trouver une raison simple à ce comportement, pour finalement s’y faire. C’était forcément de sa faute, d’ailleurs. Il ne pouvait que se blâmer pour un tel comportement. Finalement, elle méritait sans doute de vivre sans ce fils trop idiot pour comprendre ce qui l’entourait. Sans ce meurtrier de fils, plutôt. Car c’était cette action qui avait tout changé. Ce moment, cette crise, ce trou dans sa tête, qui était responsable de sa situation. Il était là, assis sur un tabouret fragile, le genou ouvert et le visage sale, essayant une nouvelle fois de se souvenir. Peut-être que s’il parvenait à se rappeler de ce moment, peut-être pourrait-il trouver une façon de se faire pardonner ? Ce qui est étrange, c’est qu’il ne se souvient même plus de la jeune fille… Elle avait complétement disparu de ses souvenirs. C’était une sensation désagréable. Entre toutes ses choses qu’il essayait de conserver et cette journée qu’il ne parvenait pas à se remémorer entièrement. Il y a souvent des détails qui finissent par lui échapper, mais pour Jonas, certains moments le marquaient tellement, qu’il pouvait sentir son corps réagir à des émotions invisibles.

Depuis toujours, il devait redoubler d’efforts pour se souvenir. Il devait utiliser des éléments qui le touchaient et qui pourraient lui renvoyer la bonne anecdote. Il avait souvent associé sa mère et les moments qu’ils avaient passés ensemble, à l’odeur du propre. L’odeur du savon. Il faut dire qu’elle avait toujours été un peu maniaque sur les bords et qu’elle avait longtemps hurlé contre lui, en espérant qu’il arrive à se tenir correctement. Peut-être aurait-il dû faire un effort avant d’aller à sa rencontre ? Une douche et des vêtements plus propres ? Mais c’était trop tard…

C’était incroyable, cependant, la rapidité à laquelle Jonas reconnut le professeur. Malgré son état, un sourire apparut sur son visage.

« Monsieur W ! Vous êtes vivant ! » Essayant de s’essuyer le visage, il s’étonna de retrouver celui qui l’avait tant inspiré par le passé. « C’est vrai ? » Voilà quelque chose de bien nouveau, mais pourquoi pas, après tout. S’il y avait bien eu un adulte pour se montrer compréhensif et attentif avec lui, c’était Leary. Ou plutôt Monsieur W, Jonas ayant eu du mal, plus jeune à prononcer Wrath. C’est étrange, mais Jonas ne percevait pas la différence entre aujourd’hui et autrefois. Pourquoi, il était évident que Leary avait vieilli. « Il est chouette, votre nouveau… Chez vous. J’aime bien votre potager, mais vous avez encore du travail. » En essayant de bouger, il se rendit compte de l’état de son genou et grimaça. « C’est vrai, je suis tombé… » Se dit-il surtout à lui-même, regardant l’égratignure qui n’était pas belle à voir. Maintenant, il y avait un trou dans son pantalon. C’était peut-être bien ce qui le dérangeait le plus dans tout ça…

« Vous inquiétiez pas, je tombe souvent, j'y suis habitué. Parfois, il y a des racines que je ne vois pas ou alors ça glisse tout simplement. » Il avait toujours des marques sur le corps, des petits bleus dont il ignorait la provenance. Il essayait de ne pas trop sortir pour éviter d'aggraver la situation, mais même en travaillant, un accident n'était jamais bien loin. « Vous allez bien ? » Finit-il par demander, ayant soudain l'impression de voir un étrange voile sur son visage.


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07/12/2015 Gen Deng & Eirik Thorvald & Skylar Rees & Cyd Raye 234 Luke Evans avengedinchains Professeur en biologie 10



Jonas était quelqu’un de particulier selon Leary, mais il s’était tout même attaché à ce gamin. Même si c’était un meurtrier d’après ce qu’on lui avait dit. Quand le scientifique l’avait eu en cours, un garde bien « avisé » n’avait pas manqué de lui dire que sous ses airs d’agneau, Webber avait pété les plombs. Le biologiste avait toujours eu du mal à y croire. Encore plus maintenant qu’il le voyait aussi fragile. Vraiment ? C’était donc cela un grand psychopathe qui avait tué ? On aurait dit un petit agneau, malgré son âge avancé maintenant. Mais Leary n’avait jamais eu peur ou éprouvé de la méfiance à l’égard de Jonas. Peut-être était-ce de la bêtise, mais tant pis. Monsieur W, il n’y avait que ce gamin qui le nommait ainsi et personne d’autre. « Je suis comme la mauvaise herbe, je ne meurs pas. » Non pas même quand on lui enfonçait un poignard dans la main et qu’on le menaçait du pire. Il arrivait toujours à s’en sortir avec le sourire. Peut-être était-ce de l’inconscience et qu’il mourait ainsi, car il croyait trop en l’humain. Leary croyait que chaque être vivant avait une fonction et même si certains animaux ou plantes étaient destructeurs, c’était pour une raison. La Nature avait une logique imparable selon lui. C’était ce qui expliquait que même face aux individus les plus dangereux, Leary ne bronchait pas. Il avait peur quand son instinct de survie s’activait, mais son instinct semblait sensiblement au repos.

« Oui c’est vrai, je ne mentirai pas. » L’ancien professeur se demanda un instant si Jonas ne prenait pas tout en premier degré. Il avait un peu oublié le caractère de ces anciens élèves. Tant de temps s’était écoulé depuis le jour où il enseignait. Aujourd’hui, il n’enseignait plus vraiment. Il allait dehors, essayait d’en apprendre le plus possible sur la vie sur Terre, mais avait souvent l’impression de faire des bêtises même s’il consignait chaque découverte dans un carnet. Il se rapprocha de Jonas alors que celui-ci parla du potager. « Oui j’avoue et le temps ne nous aide pas toujours. Tu t’y connais ? » Demanda-t-il de manière intéressée. Clairement, le biologiste voulait échanger avec d’autres qui connaissaient les flores et encore plus les cents. Clairement, l’homme essayait de renouer avec eux même si ce n’était pas toujours facile. Il se heurtait à bien de la colère et du ressentiment. Il regardait discrètement l’égratignure du brun en se demandant si réellement il pouvait donner son avis. « Tu veux que je regarde ? » Une simple proposition qui n’obligeait à rien. D’un côté, ce n’était pas avec Jonas que Leary s’attendait à de la violence. C’était bien le dernier qu’il soupçonnerait de le rejeter violemment. Une petite voix dans sa tête se moqua de sa naïveté, mais le brun refusa d’y céder. Il voulait garder foi en l’humanité, coûte que coûte.  

Leary ne dit rien alors que Jonas lui expliqua qu’il tombait souvent. Il ne voulait pas l’embarrasser, lui dire qu’il l’avait vu fuir face à sa mère. Cela devait être suffisamment embarrassant sans en rajouter une couche. L’ancien professeur avait envie de protéger Jonas, le rassurer, le valoriser comme il avait toujours tenté de le faire. « J’étais aussi maladroit quand j’étais plus jeune. » Jamais autant que Jonas, mais il rêvait trop. Il rêvait à la Terre, il rêvait en lisant sur sa tablette, il rêvait qu’il refaisait le monde et faisait de grandes découvertes. Même ses rêves les plus fous n’avaient jamais imaginé cette planète. Il était mille lieux de se douter de cette réalité. Même s’il avait des moments durs, sur l’ensemble, il appréciait tout ce qu’il vivait. Il y avait parfois des moments durs, il avait souffert. Peut-être que l’ombre dans son regard se vit car Jonas lui posa une question étrange. « Oui ça va. La vie n’est pas toujours facile, mais on s’y fait finalement. » Dit-il avec haussement d’épaules. La vie n’était pas toujours facile, mais il fallait bien relativiser.

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the worst is to be ignored
9 SEPTEMBRE 2117

Dans la vie, un sourire peut apparaître au milieu des larmes. Jonas est ainsi. Différent, oui, mais surtout capable de laisser de côté ce qui le chagrine pour se concentrer sur ce qu’il y a de bon, de meilleur. Il aurait pu passer le reste de sa journée à pleurer auprès de ce petit potager, à se maudire d’être à ce point détesté par sa propre mère, mais la présence de Leary le détourne de cette trajectoire et, il s’étonne de savoir son ancien professeur en vie et en bonne santé. Il s’étonne, car avec la planète terre et les aventures qu’il a subie ces dernières années, il sait que les morts se comptent trop nombreux et qu’il faut fêter les vivants. Sa seule présence suffit à éradiquer la tristesse présente pour laisser une étrange chaleur envahir Jonas. Il est content de le voir, content malgré les circonstances, malgré le fait qu’ils vivent chacun de leur côté. Parmi les adultes, il n’y a que Leary qui ne l’effraie pas. Que Leary pour prouver que toutes les âmes qui étaient présentes sur l’Odyssée ne sont pas mauvaises. Enfin, Monsieur W plutôt.

« Vous n’êtes pas de la mauvaise herbe, si vous voulez mon avis. » Pourtant, la mauvaise herbe, elle a sa propre utilité. Il ne faut pas toujours l’arracher. La comparaison est drôle, ceci-dit, mais pas assez bien pour représenter ce qu’est le professeur, pour Jonas. La mauvaise herbe, c’est trop péjoratif, non, non. Un grand chêne, maitre et grand sage de la forêt, ça lui va bien mieux, mais Jonas préfère garder cette image pour lui.

« C’est rare, les gens qui mentent pas. » À force, il a bien compris que les mensonges sont plus courants que la vérité, parce que c’est plus simple de trouver un trouve faux à dire que de dire ce qu’il y a de vrai. Il apprécie, cependant, que quelqu’un soit content de le voir lui et se met à sourire. C’est flatteur.

« Oui, je m’occupe de celui que nous avons, au camp. » Il hésite à se lever, à se mettre dans le potager et à arranger un peu les choses, mais en soi, y a pas vraiment grand-chose à changer. « Faut juste bien observer les pousses et prendre soin d’elles. Sinon, ça peut vite mourir pour un rien, ces pauvres plantes. » À force, il a l’habitude d’être là, mais ils ont encore besoin de temps comme dit Mr W. De temps pour laisser sa chance à chacune des graines, du temps pour que les fruits fassent leurs apparitions et pour que le cycle commence. « Si vous voulez… » Et il se laissa faire, se disant qu’il est tout même gentil de vouloir vérifier que ça ne soit pas trop grave. Pourtant, Jonas, il ne compte plus le nombre de ses chutes et les cicatrices qu’il a sur le corps. Des petites choses, rien de vraiment grave. Mr W lui avoua, alors, que lui aussi, plus jeune, il a été maladroit. « Est-ce que ça veut dire que dans quelques années, je vais réussir à trouver mon équilibre ? » L’image est drôle, mais Mr W est un peu un modèle. C’est quelqu’un qui fait attention aux autres et qui chercher à être heureux, tout simplement. Déjà là-haut, il a transmis à Jonas sa passion pour la planète et depuis, le garçon est là. Il vit son rêve. Il vit sur terre et respire l’air qui les entoure. Il n’y a pas plus belle destinée que celle-ci.

« La vie est extraordinaire, vous voulez dire ? » Et il regarde autour de lui. Oui, c’est un village un peu délabré, mais reconstruit en grande partie. Il peut voir d’ici tout ce qu’ils ont accompli pour rendre cet endroit vivable. Il n’est pas si bête que ça, parfois. Il suffit simplement qu’il fasse un peu attention. « Regardez comme le ciel est loin. On est sur terre, Mr W. C’est vrai que parfois, quand y’a des pluies acides, ça fait mal, mais après quand c’est calme, c’est chouette. Et puis, si jamais y’a une bête qui s’est égarée pendant l’orage, ça nous épargne d’aller chasser. C’est cool. » Il hausse les épaules, puis repose son regard sur son ancien professeur.



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