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˜˜˜˜˜˜Stand Bye Me
maybe life should be about more than just surviving


Tennessee Brontë-Sand
14/11/2015 Isa & I My boy D'Arbanville & Oz & Hyacinthe & Elouan & Tam-Tam 3771 Katie Melua Kyran adorable & Avengedinchains & Lux aeterna Mécanique & Nanotechnologie 73
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Sujet: Stand Bye Me
Lun 30 Juil - 19:06


Murphy & Tennessee @Antarès #WeAreTrap


Avec soin elle ajouta dans le vase créé par les mains de Tamara quelques fleurs sauvages cueillies en chemin. Puis la mécanicienne adressa quelques mots à l'intention de Faust, un résumé de ces dernières semaines, cela juste avant de percevoir un léger bruit à ses pieds. Elle s'agenouilla pour découvrir un terrier duquel sortaient des longues moustaches noires. Deux petits yeux brillants la dévisageaient avec curiosité, elle n'y détecta aucune crainte. Un Renard, tout roux, tout mignon et certainement tout soyeux. D'ailleurs Antarès vint lui donner un coup de museau avant qu'il ne disparaisse dans les profondeurs de sa galerie personnelle

« Tu l'as vu Murphy le renard ? Comme il était adorable, on dirait même que notre bon Major le connaissait  » La bouclée se redressa pour faire face à Murphy qui se tenait derrière elle. Aujourd'hui elles délaissaient toutes les deux la rénovation intense de leurs futures maisons. Beaucoup moins évidente que prévu, il avait fallu refaire tout le toit avant de penser à autre chose, et ceci afin d'empêcher l'humidité des saisons fraîches de toute envahir, mais surtout de détruire les petites avancées qu'elles parvenaient à mettre en oeuvre lors de leur temps libre. Un travail bien harassant, long et parfois aussi très dangereux. D'un commun accord elles récupéraient les ardoises ayant glissées des autres ruines, celles qui traînaient sur le sol sans que ce soit utile à quiconque.

Le plus dur dans la manœuvre demeurait de travailler sur la toiture. Oui parce que fallait pas être sujet au vertige et pour qu'il n'arriva aucun accident à la brune, elles se mirent d'accord de le faire ensemble. Murphy lui tendait le matériel alors que Tennessee s'aventurait dans les hauteurs avec plus ou moins de succès.


Alors tout de suite, elles s'octroyaient une pause. Plus ou moins. Il s'agissait d'emprunter la dernière piste connue de Faust, pour tenter d'arriver à une conclusion, mais sans aucune certitude. Elles savaient toutes les deux que ça les mènerait tout aussi bien vers un cul-de-sac. Elles se devaient de le l'entreprendre pour ne pas affronter de lointains regrets qui agaceraient sans doute un jour leur conscience. Du moins, voilà comment Tennessee le soumis à Murphy.

A deux pour se soutenir, elles renforceraient leur lien qui bourgeonnait tranquillement à son rythme. Une amitié ça se construisait pendant des années, ça traversait les tempêtes, ça acceptait les déceptions, ça se gravait dans l'âme comme le vent érodait les pierres pour en faire surgir de magnifiques sculptures. Et surtout le mot d'ordre *Pas de pression* Si l'une des deux refusait de continuer, on transformerait ça  en petit pique-nique improvisé.

Ce qui expliquait pourquoi la besace de la mécanicienne bombait aussi fort. Elle contenant en plus du matériel habituel de quoi manger, boire, ainsi que plein de petite gâteries pour Antarès


« A mon avis on ne verra pas Tamara » jeune Naori, connue par le biais de Murphy, et qui entretenait drôlement bien ces lieux, au point qu'on aurait pu croire qu'elle y vivait ! La bouclée supposait que cette dernière se faisait discrète, une habitude chez ce peuple qui dissimulait si bien son village qu'on tournait des heures pour le trouver. Souvenir cuisant de la fois ou elle rencontra Harlan ( @Harlan Tikaani ), après des tâtonnements intenses. D'ailleurs elle soupçonnait ce dernier d'être apparu parce qu'elle touchait au but !

Un bruit au-dessus de la canopée lui fit vivement lever les yeux vers le ciel. Rien. De visible. La bouclée esquissa le geste de chasser quelques mouches  de sa chevelure. Ces affreux cauchemars ailés se cachaient certainement dans les feuillages. Elle marmonna quelques mots incompréhensible alors qu'une langue humide râpant ses doigts la rappela à l'ordre

« Oui oui, sois pas si impatient va ! Je l'ai pas oublié ta pomme du départ » Plaisanta-t-elle alors qu'un sourire rayonnant envahissait son visage, tandis qu'elle faisait mine de ne pas trouver le fruit de tous les désirs « Oh mais qu'est-ce que c'est que ça ? » La bouclée dégagea la main de sa poche, dans sa paumé trônait une pomme rouge et appétissante « Ah tiens Murphy je crois que c'est... » Tennessee n'eut pas le temps de finir ses mots que leur magnifique compagnon à quatre pattes se dressa sur les deux de derrière, et déroba la "friandise" en question

« Oh mais quel impertinent ce chien faudra lui apprendre les bonnes manières » Continua-t-elle sur le ton de la plaisanterie, alors qu'elle mangeait des yeux avec amour l'animal qui se régalait. Indifférent à tout le reste. Ensuite ses prunelles se déplacèrent vers son amie

« Alors prête ? Toujours partante ? En tout cas moi oui  » Et trop heureuse de passer ce temps en dehors du camp loin des trucs trop compliqués, comme Devos ( @Devos Acciaro ) qui s'appliquait si bien à se camoufler d'elle. La bouclée tourna sa tête vers la droite, indiquant une direction dans la forêt profonde «  Alors c'est par là ? » Evidemment, si finalement Murphy ne se sentait plus assez en confiance pour le faire, elle n'insisterait pas, et installerait tout son bric à Brač ici-même.
@Murphy Cavendish


Dernière édition par Tennessee Brontë-Sand le Mer 6 Fév - 20:37, édité 2 fois

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Murphy Cavendish
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Sujet: Re: Stand Bye Me
Sam 11 Aoû - 2:56



❝ Stand by me ❞
Murphy Cavendish & Tennessee Brontë-Sand
(29 juin 2118)


L'été s'annonçait aussi difficile que ceux qui l'avaient précédé. Mais cette fois-ci, la maison allait avancer. Comme l'année précédente, elle était devenue sa priorité dès lors qu'elle avait terminé ses gardes et ses patrouilles, et le serait jusqu'à ce que la météo ne le lui permette plus. Chaque progrès était une victoire et chacun était espéré durable; chacun, en tout cas, menait plus près encore du durable. Après le cyclone de l'hiver précédent, la crainte de voir leurs espoirs et le fruit de leur labeur disparaître en quelques heures l'accompagnait à chaque instant. Mais craindre l'avenir au point de le laisser nous paralyser, c'était refuser d'avancer. Et Murphy ne refusait pas d'avancer. Elle rêvait de l'âtre chaud entre ses quatre murs reconstruits sur des années. Elle rêvait d'un lit douillet qui ne serait qu'à elle, et de ne plus avoir à craindre les fortes pluies et les vents violents. Les deux copropriétaires travaillaient de concert et main dans la main et Murphy devait l'admettre, c'était bien plus simple et bien plus agréable, et ça lui rappelait une nouvelle fois pourquoi elles avaient accepté, Tennessee et elle, de laisser germer cette idée de poser leurs valises pour de vrai, sur ce qui serait leur terrain et leur fierté de bâtisseuses et bricoleuses. Partager cette aventure-là avec Tennessee la rendrait plus supportable en ces terrassantes journées d'été mais aussi plus vraie, plus excitante, plus agréable encore.

Mais aujourd'hui, l'heure était grave. Même si elle essayait de se persuader du contraire et d'ajouter un peu de raison aux sentiments qui l'envahissaient un peu plus à chaque minute ces derniers jours, l'heure était grave -et si ce n'était grave, au moins importante. Trop retarder ce moment n'avait sans doute pas été se rendre service. Il devait arriver et preuve en était : il était arrivé. Pour se donner une chance de se reconstruire ou au moins de reconstruire quelque chose, Murphy avait laissé Faust là où elle l'avait vue la dernière fois : au cœur de la forêt et du domaine des Naoris, où subsistaient quelques mètres carrés dédiés à son amie disparue. Elle y était retournée à quelques reprises, notamment pour y amener Tennessee, mais n'avait jamais osé repasser ces quelques buissons qui marquaient la suite et de potentielles recherches. Derrière ces buissons, par-delà la piste laissée par Faust, se trouvaient peut-être toutes les réponses que ceux qui lui avaient survécu cherchaient depuis des années maintenant. Peut-être ne pourraient-ils y trouver qu'une ou deux réponses, ou peut-être aucune; dans tous les cas, suivre cette piste, c'était avancer et prendre le risque d'apprendre tout ce qu'on avait redouté tout ce temps d'apprendre ou de découvrir en même temps qu'on l'avait espéré, juste pour se donner une chance et une opportunité de faire son deuil. S'accorder ces quelques jours de recherche c'était accepter de se plonger dans ce monde qu'on avait préféré laisser derrière soi pour accueillir la forme du deuil qui laisse une part constante et vicieuse à l'incertitude. Et même si elle n'avait jamais cru ça possible, Murphy avait appris à vivre sans Faust. Elle se sentait coupable chaque jour des rires qu'elle laissait échapper, des sourires qui se dessinaient insidieusement sur ses lèvres et de cette sensation de bonheur qui l'emplissaient toute entière. Elle se sentait coupable parce qu'elle n'avait pas le droit de vivre ça sans Faust, et elle se sentait coupable parce que Faust n'avait plus le droit de le vivre tout court. Comme elle ne se rappelait plus de la vie sans Faust avant de la perdre, il lui arrivait parfois de rechercher dans les tréfonds de sa mémoire à quoi avait ressemblé sa vie avec elle. Elle semblait si loin, cette vie, comme si elle n'avait plus main mise dessus, que les souvenirs n'étaient plus tout à fait les siens, comme si ce passé ne lui appartenait plus.

C'était à force de ténacité et surtout de larmes silencieuses, plus solitaires que partagées, que Murphy avait appris cette vie sans sa soeur. L'univers continuait son existence et la Terre de tourner. Murphy continuait de vivre, pour le meilleur et pour le pire. Il y avait eu beaucoup de pire, ponctué d'un peu de meilleur, qui avait fini, au fil des mois et des années, par prendre possession de la majorité de son existence. Malgré la disparition de celle qui avait tout représenté pour elle, elle n'était pas seule. Pour ceux qui n'avaient pas toujours fait partie de sa vie, la vie avait joué son rôle de consolatrice, comme pour se faire pardonner de l'épreuve qu'elle la faisait traverser. Tennessee était apparue sur sa route au pire moment, mais probablement au plus propice des moments. C'était dans les difficultés que l'on reconnaissait les caractères et c'était peut-être ce qui avait posé les fondations de la relation qu'elles partageaient aujourd'hui.

Alors, pour suivre la voie tracée par Faust dans la forêt et mise en lumière par Tamara, Murphy avait besoin de son acolyte, de celle qu'elle avait connue dans les circonstances tissées de chagrin, et de celle dont elle était persuadée qu'elle comprenait tout ce que la disparition de Faust avait impacté en elle, jusqu'à ce qu'elle ne comprenait pas elle-même. Elle redoutait déjà de passer ces buissons mais remettait à plus tard cette image et la sensation qui accompagnerait ces quelques pas.

L'ancien campement de leur blonde n'avait pas bougé, comme s'il était figé dans le temps, comme si même les saisons n'avaient pas d'impact sur lui. Tamara avait du passer récemment et tenir sa promesse de le faire régulièrement. Aux vieilles fleurs fanées qui étaient restées dans le vase confectionné par la Naori, Tennessee ajouta un nouveau bouquet dont les couleurs vinrent égayer la poterie. Les mains croisées sagement devant elle, Murphy restait en arrière, respectueuse du geste de son amie. Sans qu'elle ne sache décrire ce qui se passait, elle ressentait à nouveau ce poids que seul ce lieu semblait porter. C'était sur ses épaules, dans sa gorge, dans son estomac; ça s’immisçait partout où le chagrin avait l'habitude de s'installer. « Un renard ? » répéta-t-elle en se redressant comme si on venait de la surprendre dans son sommeil. « Apparemment il y en a dans le coin, oui... peut-être que Faust les avait apprivoisés. » Un sourire triste ponctua la supposition alors qu'elle regardait son amie se redresser. Antarès fouinait dans la terre, cherchait sans doute des choses dont elles n'avaient pas la moindre connaissance ou idée. « Un chien et un renard, ça peut être amis, ça ? » La question était peu pertinente mais l'image de Major et d'un compagnon roux lui avait brièvement traversé l'esprit. Sans qu'elle y croit une seule seconde, peut-être s'agissait-il du renard qu'elle avait entrevu avec Tamara... « Si elle est là, j'espère qu'elle passera dire bonjour... » souffla-t-elle avec un petit sourire et en observant les alentours jusqu'aux hauteurs ombragées, comme une invitation à une éventuelle Tamara observatrice, cachée, discrète, qui pouvait traîner dans les parages. Lorsque son regard redescendit sur son amie, elle trouva celle-ci inquiète et comprit aux mouvements au-dessus d'elles qu'elle n'était pas sereine. « T'inquiète pas, s'il y a des oiseaux, je te protégerai » la taquina-t-elle avec un clin d'oeil amusé, non sans se remémorer l'épisode des chauve-souris qu'elles avaient surprises en plein sommeil.

Enfin, Murphy se décida à s'avancer vers le vase posé à terre et s'accroupit devant pour le toucher du bout des doigts, comme pour converser silencieusement avec la disparue. Dans un soupir triste, elle glissa sa main dans ses cheveux et en tira une pâquerette qu'elle ajouta au petit bouquet coloré que Tennessee avait déposé quelques instants plus tôt. Son attention fut subitement attirée par son prénom et, accoudée à ses cuisses, elle se retourna avec un petit sourire, qui se fit amusé lorsque leur compagnon canidé coupa la parole de la mécanicienne. « Mais tu crois que c'est qui qui lui a appris à se jeter sur de la bouffe dès qu'on lui en présente ? » Amusée à l'idée qu'elle puisse lui avoir enseigné pareilles manières, Murphy observa un instant Antarès qui se régalait de l'habituelle pomme offerte par Tennessee et se redressa en jetant un coup d'oeil aux fameux buissons qu'il faudrait passer pour marquer le début officiel des recherches. « Oui... » dit-elle en inspirant profondément, les mains plantées sur les hanches. « On pourra faire une pause dans une heure ou deux pour manger. » Le petit déjeuner à l'ancien camp avait été plus que sommaire et une pause digne de ce nom, en cette belle forêt, serait plus que bienvenue -encore plus au milieu des recherches qu'elles étaient venues faire ici. « Oui, c'est par là », approuva-t-elle en désignant plus précisément les buissons qu'elle avait passés avec Tamara. « J'ai ramené un vieux tee-shirt qui était dans son sac, pour que Major amène sa pierre à l'édifice... » Elle déposa son gros sac par terre pour en tirer un tee-shirt décoloré, emballé avec soin dans un tissu propre pour qu'il perdre le moins possible l'odeur de son ancienne propriétaire. « Je sais pas s'il sent encore grand chose, mais je me suis dit que ça valait le coup d'essayer... » Elle profita qu'Antarès finisse sa pomme et vienne lui quémander une suite de festin pour lui proposer le vêtement, qu'il renifla comme s'il comprenait exactement ce dont il s'agissait. Déjà, le chien laissait les deux femmes derrière lui pour passer de l'autre coté des fameux buissons...


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Sujet: Re: Stand Bye Me
Sam 17 Nov - 22:25


Murphy & Tennessee @Antarès #WeAreTrap


Aussi vive que l'eau qui parcourait les rivières, Tennessee exécutait déjà un geste dans la direction du terrier, quand son œil accrocha une toute petite bestiole qui trottinait sur le dos de sa main. Une coccinelle. Peut-être la même qui vint lui rendre visite lors de sa discussion avec Harlan le Naori ? Fascinée la bouclée ne la quittait pas du regard, mais retroussa le nez quand Murphy évoqua Faust « Oh tu crois ? Alors ça a dû lui demander beaucoup de patience ! » Évidement il ne s'agissait pas de certitudes, personne parmi les deux jeunes femmes ne tomba jamais sur leur blonde amie vivante. L'une comme l'autre ne pouvaient qu'apporter des suggestions qui ne trouveraient jamais de réponses.

A part par Tamara mais elles demeureraient vagues. Certes ; le mystère qui entourait cette disparation interpellait Tennessee mais elle se tordait beaucoup moins le cerveau que la garde à propos des circonstances. Elle ne se concentrait que sur le  but final. Posséder enfin une réponse, une certitude sur la vie ou la mort de leur ancienne chef rebelle mais surtout amie.

« je ne sais pas Murphy, je suppose que tout peut être amis, tout peut être ennemis... Il suffit de pas grand-chose parfois pour s'aimer ou se détester » Et si elle avait sur comment ça fonctionnait sûrement que la mécanicienne eut fermé la clé de son cœur pour ne pas se retrouver distraite par tous ses choses sentimentales qui la déviaient toujours de ce qu'elle souhaitait atteindre. Enfin .... Désormais elle ne trouverait plus la force d'effacer ceux qui commirent l'infraction de pénétrer dans son Palpitant.

 
Doucement, avec une délicatesse qu'on ne lui soupçonnait pas, sauf quand elle triturait dans les entrailles d' objets métalliques et bizarroïdes, La bouclée avança le bout de ses doigts vers les fleurs afin que la bête à bon dieu puisse reprendre le cours de son cheminement. Ensuite elle lança quelques œillades curieuses aux alentours dans l'espoir d'apercevoir Tamara. Mais non. Tant pis, celle-ci s'apercevrait bien de leur passage quand elle reviendrait entretenir ce petit coin devenu sacré.

Malheureusement son attention fut attirée pas des ombres qui survolèrent le petit autel. Ces foutus volatiles pas moyen d'avoir un bout de ciel sans qu'ils viennent le squatter « Je te crois, mais tu sais ils sont rusés, et sournois, alors faut pas se laisser avoir, et puis je pense que la forêt devient plus dense » Elle espérait que la hauteur de la canopée les protégerait elle et Murphy de cette invasion.

Oh il existait bien entendu ce genre d'oiseaux qui nichaient dans les trous. Des hiboux mais ceux-là, pour une raison obscure elle appréciait bien leur bouille, et la mécanicienne leur accordait donc le bénéfice du doute. Ainsi qu'aux colibris parce qu'ils ne s'intéressaient qu'aux fleurs, et ne tentaient pas de vous piquer comme ces maudites guêpes. D'ailleurs Tennessee ne pardonnerait jamais à ces assassines d'avoir mis fin aux jours de Sadik. Malgré le fait que ce garçon fut très bizarre et eut tenté de l'assommer pour un bout de tuyau. Elle lui restait redevable d'identifier la location des cent pour qu'elle puisse retrouver Tristam.

Des images s'invitèrent dans l'esprit de Tennessee, des souvenirs, de Gen @Gen Deng et elle sur les bords de la plage, répandant les cendres de leur ami aux idées folles. Celui qui les rapprocha. Elle porta instinctivement la main contre sa poitrine là où le sang du cent l'éclaboussa juste avant qu'il ne meure. Son ventre se serra douloureusement juste au moment où Murphy ajoutait une adorable pâquerette à son propre bouquet. La mécanicienne fut distraite par Antarès qui mendiait pour son estomac, et lui consacra des minutes ou elle s'amusa avec lui, en reprochant joyeusement d'être mal élevé.

« Peut-être que c'est moi aussi, je le gâte beaucoup trop, je ne lui refuse jamais rien » Et ça ne changerait pas car elle savait pertinemment qu'au moindre de ses regards suppliants elle fondrait comme neige au soleil.

Un sourire rayonnant ornait son visage tandis que le soleil cherchait désespérément à les aveugler en leur envoyant des rayons de lumières que la végétation atténuait avant qu'ils n'atteignissent le sol. Son âme ragaillardit par l'énergie de Murphy qui ne reculait pas devant cette "épreuve", elle réajusta son sac sur son épaule « Oui c'est une bonne idée, et deux heures de route ça nous permettra déjà de faire un bon bout de chemin » Puis de décider pendant cette pause si elles continueraient ou rebrousseraient la piste parcourue.

La bouclée fit quelques pas dans vers la direction indiquée, elle se fiait plus à sa mémoire phénoménale qu'à son sens de l'orientation, ce qui revenait au même dans son cas « Et bien si c'est par là, embarquons-nous dans ce voyage »

Impatiente elle se retenait de courir, bien qu'elle effectua quelques pas pour encourager son amie de la suivre. Elle s'arrêta dès qu'elle entendit l'idée exposée par Murphy. Ses pupilles noisette s'illuminèrent tandis qu'elle revenait vers la garde pour vérifier le fameux T-Shirt. Ah non il ne s'agissait pas de celui tout ensanglanté volé au terrien qui tenta de les assaillir, pensant qu'à lui tout seul il viendrait à bout d'elles deux.

« Oh mais ça c'est vraiment une bonne idée, mais crois-tu que cette odeur inconnue pour lui le poussera à chercher ? » Elle ne doutait pas un instant des talents de leur magnifique compagnon. Cependant la logique l'obligeait à considérer que celui-ci pratiquait le plus souvent l'effort quand il en retirait une récompense ou bien souhaitait "faire plaisir" à une personne qu'il appréciait. Et à propos de Faust, pour lui ça se comparait au néant. Mais se butter sur ce détail n'avancerait certainement pas le problème. Et pourquoi pas tenter leur chance avec Major ?

« Bah oui après tout, la seule chose qu'on risque c'est que ça ne mène nulle part mais aussi que ça nous apporte des réponses. Et après tout c'est bien ce qu'on cherche ! » Tout ce verbiage sans compter l'avis du canidé qui n'hésita pas à flairer le tissu, et s'éclipsa aussi vite qu'une bourrasque. Justement par le taillis vers lequel la bouclée se dirigeait avant de se voir interrompue par cette petite expérience. Donc maintenant le tout consistait à ne pas se laisser distancer par un chien qui ne le permettait que lorsqu'il le souhaitait.  

Les ronces s'accrochèrent à ses vêtements, si bien qu'elle se débarrassa d'une veste inopportune pour franchir cette sombre végétation. Après le vide ... Tennessee se fia à ses oreilles, elle se précipita vers ce qui lui paraissait une course diffuse. Elle se retourna plusieurs fois pour s'assurer que la garde la suivait. Un aboiement éclata au loin, ce qui lui permit d'ajuster sa boussole personnelle. La bouclée vira légèrement vers la droite, à l'aveugle, elle trébucha plusieurs fois mais se releva sans hésiter. Une branche traîtresse lui arrache une boucle de cheveux, ce qui donna pour résultat une suite de jurons furieux franchissant les lèvres de la jeune femme

« Antares ! Antarès » S'égosilla-t-elle pour forcer l'animal à japper encore et lui permettre de juger si elle se rapprochait de lui ou s'en éloignait. Elle se moquait complétement qu'on puisse l'entendre l'Odysséenne, tout ce qui importait demeurait la vie d'Antarès, qu'on ne le perde pas dans cette forêt pleine de détours. Comment lui faire comprendre au prochain essai de ralentir un peu la machine, car certes, elle et Murphy ne se comparaient pas à des tortues mais malgré tout elles n'égalisaient pas encore la vitesse du guépard.

Et le pire de ses cauchemars se produisit quand elle débarqua en plein dans un rassemblement de corbeaux - corneilles ? Allez savoir -, qui possiblement décidèrent de faire une pause juste sur un petit arbuste se situant dans un lieu un peu plus dégagé. La bouclée s'y fracassa par mégarde et déclencha aussitôt une nuée de plumes noirs qui s'éparpillèrent tout autour d'elle ...

Un demi-tour sur elle-même opéra Tennessee, s'échappant dans le sens inverse, elle chevauchait la terreur, la réflexion venait de s'envoler avec les piafs qui poursuivaient la même course l'entourant d'un nuage sombre. La bouclée accélérait, persuadée que le manteau de la mort s'accrochait à elle. Et bien qu'elle prétendît dans sa tête chaque jour, qu'elle accepterait sa fin quand celle-ci se pointerait au détour d'une intersection, un désir puissant de la vaincre envahissait tous les pores de sa peau.

Désastreusement son pied rencontra un obstacle, quelque chose se glissa autour de sa cheville, la tirant par le haut, et sans comprendre elle se retrouva en quelques instant la tête en bas. Ses ongles s'enfonçant désespérément dans la terre qui s'affaissa sous ceux-ci. La mécanicienne se sentit brinquebalée dans tous les sens, si bien qu'elle en éprouva des nausées. Tennessee ferma ses paupières essayant de s'immobiliser pour comprendre exactement dans quoi elle venait de tomber. Un vent la balançait doucement, ses pieds pendaient dans le vide, particulièrement une de ses cuisses se voyaient comprimée dans ce qui lui paraissaient posséder la texture d'une corde.

Sa langue la démangeait follement, mais si un ennemi se dissimulait dans le coin autant ne pas attirer les autres. pourvu que Antares et Murphy aient divergés de la route pour s'éloigner d'elle, bien que tout son être réclamât leur présence ... Elle hésitait encore à laisser entrer la lumière à travers ses pupilles pour découvrir la situation piteuse dans laquelle elle venait de se faire piéger bêtement.

@Murphy Cavendish

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Sujet: Re: Stand Bye Me
Jeu 22 Nov - 23:39



❝ Stand by me ❞
Murphy Cavendish & Tennessee Brontë-Sand
(29 juin 2118)


Le deuil était un voyage bien compliqué, pour Murphy; surtout lorsqu'il concernait Faust et toute l'incertitude qui entourait encore sa disparition. Elle s'était laissée bercer par le déni trop longtemps, avait été furieuse que certains pensent son amie morte alors qu'elle la savait encore vivante. Et puis le basculement avait été aussi doux que brutal, aussi évident qu'impensable. La vérité avait fini par la frapper de plein fouet, lâchée comme une furie dans la caboche et dans le cœur qu'elle avait tant cherché à protéger d'un tel raz-de-marée. Maintenant, elle apprenait à vivre sans Faust. Il restait encore de drôles de moments, de drôles de réminiscences de son passage de son existence. Trop de fois encore elle croyait l'entendre rire ou parler au loin, trop de fois encore elle se réveillait avec la sensation de l'avoir à ses côtés, prête à parcourir le monde avec elle. Ces moments-là étaient toujours fugaces, aussi brefs qu'un battement de cils, mais ils ne perdaient jamais de leur douleur. L'instant précis où elle réalisait que la présence de Faust n'appartenait qu'au passé déchirait toujours son cœur avec la même hargne que pendant les premières semaines. Mais quand elle était de retour dans la réalité, elle apprenait à vivre sans son amie. C'était terrible de se dire qu'on pouvait s'habituer à tout, y compris à l'absence de ceux qui avaient pu être notre vie entière. Faust était encore sa vie entière, mais sa vie entière était passée de l'autre côté. Elle ferait le grand plongeon, elle aussi, un jour, mais ce n'était pas pour maintenant. Les deux amies se retrouveraient quand il serait temps de le faire. Ce moment n'était pas encore arrivé. Le monde avait encore beaucoup trop à lui offrir, et elle avait encore trop à découvrir et à apprendre pour l'abandonner sans une dernière danse.

On s'y faisait, à la vie sans l'autre. Elle était différente, et le disparu appartenait à un passé qui ressemblait drôlement à une vie antérieure. On n'avait plus que quelques réminiscences de son existence tant la psyché était capable de résilience. On n'oubliait pas l'autre, mais on se faisait à cette nouvelle relation basée sur la discrétion et les secrets chuchotés à l'obscurité, au cœur de la nuit. Faust n'était jamais très loin de Murphy. Peut-être que c'était ça, le véritable héritage que l'on pouvait laisser à ce monde; avoir été aimé suffisamment pour être porté par ceux qui continuaient d'y évoluer quand on le quittait. Faust accompagnait encore ceux qui l'avaient tant aimée sur cette Terre et au-delà de son atmosphère; ceux qui l'aimaient encore tant, chérissaient son souvenir aussi fort qu'ils pleuraient son absence.

Retourner sur ce lieu découvert par hasard et aujourd'hui présenté comme la demeure finale de son amie avait demandé à la brune presque autant que d'accepter qu'elle n'était plus réellement là, avec eux. Tamara s'occupait des lieux comme si elle avait aimé aussi fort Faust que Tennessee ou qu'elle; c'était une drôle de chose, de trouver le lieu soigné, chéri et honoré. C'était une drôle de chose de trouver dans ce monde une âme aussi douce et précieuse que celle de Tamara, capable d'empathie comme peu s'en étaient montrées capables. La petite poterie était posée là où elle l'avait promis, porteuse de quelques fleurs qui périssaient mélancoliquement. Sur la réserve, respectueuse ou peut-être trop émue, Murphy regardait sagement Tennessee y ajouter un bouquet coloré, qui reprendrait le flambeau de leurs prédécesseurs, autrefois aussi flamboyantes que celles-là. La forêt semblait subitement silencieuse et du coin de l’œil, Murphy n'avait d'autre choix que de voir ce chemin qu'elles emprunteraient ensuite, celui qu'elle avait tant évité, celui auquel il lui faisait si mal de penser, celui qui avait rendu son retour ici si difficile. Car l'emprunter, c'était chercher des réponses. Et après tout ce temps, Murphy n'était plus réellement sûre d'en vouloir. Elle s'accrochait à cette part négligeable d'elle-même qui pensait encore revoir Faust un jour, et c'était un équilibre qui ne lui convenait pas trop mal. Si ce dernier doute s'évanouissait, alors que deviendrait cet équilibre ? Serait-elle jamais capable d'en retrouver un autre ? Peut-être qu'il ne fallait pas se poser la question; peut-être qu'il n'y avait que l'expérience et le temps qui pouvaient y apporter une vraie réponse, de toute façon. Alors peut-être qu'il fallait poursuivre cette piste, parce qu'au moins, maintenant, on en avait une. Peut-être que quelques réponses supplémentaires seraient moins pire qu'aucune réponse; peut-être aussi qu'elles ne trouveraient rien, et pourraient laisser cette perspective derrière elles, accepter que non, il n'y aurait pas de réponses, plus d'indices, rien de plus à se mettre sous la dent pour accepter ce qui devait l'être.

La présence de Tennessee était réconfortante; elle l'ancrait à la réalité, lui rappelait qu'ici n'appartenait pas à un rêve grotesque et qu'il n'y avait peut-être guère plus de raisons de redouter cet endroit que n'importe quel autre coin de la forêt. Entendre sa voix la rassurait, l'empêcher de ruminer trop longtemps, de redouter ce qui n'était pas encore arrivé, les réponses qu'elles n'avaient pas encore trouvées, qu'elles ne trouveraient peut-être pas. Elle sourit en s'imaginant l'impossible: que Faust ait pu apprivoiser des renards par ici; encore plus quand Tennessee abonda dans son sens. C'était un sourire mélancolique qui portait le poids de l'inconcevable et des images inventées de Faust qui s'imposaient à son esprit. Faust avec des renards; une fiction comme elle aurait aimé y croire. « Faust était bien plus patiente que beaucoup d'entre nous... » Elle soufflait d'une petite voix, le regard perdu dans le vague, plus à sa propre intention qu'à celle de la brunette encore postée près du vase laissé par Tamara. Ca la frappait brutalement, tout ce que Faust et sa patience lui manquaient. « T'as peut-être raison, oui... » Elle sourit faiblement en regardant Antarès, qui, d'une façon qui lui demeurait obscure, semblait comprendre l'importance, la gravité et la lourdeur de l'instant. « Mais Antarès a déjà ramené des renards... genre, morts. Une amitié entre les deux, ça donnerait sûrement un scénario dramatique à la Roméo et Juliette. » D'un peu plus loin, Murphy continuait de tranquillement observer Tennessee, qui s'occupait des fleurs qu'elle laissait là -probablement presque aussi tendrement qu'elle accordait un ras-de-marée de pensées à leur amie disparue. « Si t'as besoin d'un moment toute seule, je peux aller plus loin... » proposa-t-elle sans savoir ce qu'il était de coutume de faire dans ce genre de situations. Elle suivait les traces de quelqu'un qui n'était plus, qui n'avait fréquenté ces lieux que dans une durée limitée et pour une raison qui leur demeurait totalement obscure. Le deuil était différent pour chacun; sa gestion l'était tout autant. Murphy redoutait la solitude parce que c'était elle avec elle que venaient toujours les pires sentiments, comme un flot insaisissable, accablant, imperturbable. Avec de la compagnie, il était plus facile d'ignorer le chagrin. C'était peut-être pour ça qu'elle avait accepté cette expédition; avec Tennessee à ses côtés, elle avait la meilleure compagnie qui était pour affronter l'épreuve qui s'annonçait. Peut-être qu'elle devrait la soutenir, à certains moments; peut-être même qu'elle devrait la relever. Mais si elle devait affronter la menace de réponse et celle de l'absence de réponses, alors elle les affronterait avec sa plus grande alliée, l'une des seuls qui la comprenaient vraiment. « Oh, mais je suis plus rusée et plus sournoise... » affirma-t-elle, les mains toujours sagement liées devant elle, le nez tendu fièrement en l'air, un sourire en coin, le regard rivé sur son amie. « T'inquiète vraiment pas pour ça... on a plus important à penser. » L'enveloppant d'un regard bienveillant et protecteur, Murphy souhaitait pour Tennessee qu'elle arrive à oublier ces menaces de là-haut. Pas pour le bien de leurs recherches, mais pour le bien-être de son amie. C'était d'autres sentiments qu'elle devait se méfier, d'autres émotions qu'elle devait appréhender.

Murphy n'avait pas de bouquet pour Faust, elle. Elle avait regardé son amie cueillir des fleurs sur le chemin et en faire un bel ensemble coloré. En s'accroupissant à son tour devant la poterie de Tamara, c'est une simple Marguerite qu'elle tira de derrière son oreille, là où elle s'était mélangée à sa chevelure. Elle ne voulait pas s'éterniser ici, devant les fleurs laissées par celles qui se rappelaient de la blonde. Juste quelques secondes pour lui dire qu'elle lui manquait, terriblement, qu'elle pensait à elle tous les jours et qu'elle avait tant de choses à lui dire, tant de questions pour elle. Pas une seule seconde de plus, pas une seconde de plus qui pourrait lui coûter des larmes, des frissons, le retour de ce sentiment accablant qu'étaient ceux du désespoir, de l'impuissance et du désemparement. Derrière elle, elle entendait Tennessee s'adresser à Antarès, qui semblait avoir compris qu'une gourmandise se présageait. La tête tournée et levée vers son amie, un œil mi-clos car victime d'un rayon solaire, Murphy répondit avec un sourire taquin. « Ah ça, je peux pas te contredire. » En se redressant, laissant les fleurs derrière elle, elle ajouta que « On fait de piètres mamans. John serait pas fier de nous, jcrois. » Elle riait un peu jaune en repensant à cette remarque faite pourtant des mois auparavant.

Mais ce n'était pas le plus important ou le plus grave. Le moment qu'elle redoutait tant était arrivé. Elle l'avait tant redouté et tant imaginé qu'il paraissait subitement bien trop aisé. Il suffisait de suivre la voie qui s'ouvrait derrière ces buissons. De suivre Antarès, peut-être, s'il arrivait à reconnaître des restes d'odeur sur le vieux tee-shirt et dans la terre. « Oui, ça nous laisse un peu de marge. Et au pire, rien nous empêche de nous arrêter avant. On a tout le temps qu'il faut. Faut juste faire gaffe à où on va. » Les idées parfaitement structurées, elle essayait de les transmettre à son acolyte, comme si ça pouvait la rassurer. Dans son ventre et dans sa gorge, elle sentait poindre une boule d'inquiétude déjà. Commencer les recherches revenait à faire quelques pas à peine; poursuivre les recherches revenait à en faire quelques uns de plus et à continuer, encore, pendant de longues minutes ou heures. Ce n'était pas grand chose, quelques pas, quelques milliers de mètres. C'était ce qu'elle faisait tous les jours, ici ou ailleurs, dans les montagnes ou au bord de la mer, autour du village ou en son sein. Silencieusement, elle regarda Tennessee s'avancer vers les buissons qu'elle avait désignés. Elle, elle restait immobile et observatrice, dos au petit vase, repoussant seconde après seconde le début des recherches. Organiser, d'abord. Sortir le vieux tee-shirt de leur amie, juste parce qu'elle l'avait, juste parce qu'elle ne pouvait pas ne pas essayer. « C'est pour l'entraîner et tester son pistage qu'Oona m'avait confié Major, au début... » Elle n'était plus très sûre d'avoir expliqué toutes ces choses-là à Tennessee. Ca semblait appartenir à un autre siècle, maintenant. « Depuis le temps, je suis pas sûre que le tee-shirt et le sol sentent encore quelque chose, mais ça vaut le coup de voir si ça peut nous mener quelque part quand même... » Depuis le temps. Depuis deux ans. Elle ne croyait pas que cet outil pouvait vraiment en être un; elle l'avait juste ramené pour être sûre qu'il ne pouvait pas en être un. Depuis deux ans, le monde avait continué de tourné. Le parfum de Faust avait quitté le tee-shirt de sa propriétaire. Murphy ne le sentait plus, et malgré l'odorat que l'on pouvait prêter à Antarès, elle était persuadée qu'il ne le sentirait pas plus qu'elle. Le sol et les végétaux avaient continué de vivre. Les molécules odorantes qui avaient dû s'accrocher partout ici avaient très probablement pris un autre chemin depuis bien longtemps; emportées par les vents, par les pluies, par le cyclone, par les saisons, les chaleurs éreintantes et les froids glaçants. Si ça valait le coup d'essayer, c'était parce que ça ne valait pas le coup de ne pas essayer. Tennessee confirmait ces doutes et surtout les raisons qui les poussaient à tenter ce qui devait l'être avec ce vieux vêtement. Antarès, aussi curieux que gourmand, s'approcha d'elle, le museau en l'air, cherchant une suite à son festin, ne trouvant dans les mains de sa compagne humaine qu'un vieux chiffon à renifler.

Au final, c'est Major qui prit la décision pour elles deux. En s'élançant comme une flèche à travers les buissons désignés un peu plus tôt par Murphy, il força cette dernière à laisser derrière elle ses doutes et ses excuses. Pas même le temps d'échanger un regard avec Tennessee. La patrouilleuse se saisit violemment du sac posé par terre pour le jeter sur son dos et prendre la suite de ses deux compagnons. Traverser les buissons, arriver à cette clairière qui n'avait plus grand chose de l'onirique qu'elle y avait rencontré avec Tamara. Glisser à travers les arbres puis s'emmêler dans les hautes herbes, celles-là même où elle s'était allongée et presque endormie des mois auparavant. Maintenant, elle les traversait à la hâte, concentrée sur la boule de poils qui filait comme un boulet de canon. Traverser la clairière à une vitesse pareille se fit en un battement de cils; déjà ils retrouvaient la forêt, les racines qui sortaient de terre et ronces mal intentionnées. Murphy tentait d'anticiper au mieux les obstacles, se refusait à s'arrêter une seule seconde parce que son chien était déjà bien trop loin. Elle devinait Tennessee non loin d'elle, la revoyait une seconde et la perdait de vue quelques autres secondes. Il lui sembla l'entendre tomber plusieurs fois et prendre un peu d'avance sur elle au fur et à mesure. Dans n'importe quelles autres circonstances, elle se serait arrêtée pour vérifier l'état de son amie. Dans celles-ci, elle se contentait de s'assurer de la revoir quelques instants plus tard, à plusieurs mètres d'elle. Elle avait trop peur de perdre Antarès; pas la piste qu'il suivait, peu importe ce qu'elle pouvait être. Elle ne cherchait pas Faust, à cet instant précis; elle cherchait désespérément à ne pas perdre son chien. Elle ne croyait pas une seule seconde qu'il puisse avoir trouvé des traces de Faust sur ce tee-shirt ou sur cette terre qui avait oublié le passage de la blonde depuis bien longtemps déjà. Paniquée, ce qu'elle poursuivait, ce n'était pas les souvenirs de Faust; c'était son avenir avec son chien. Alors si elle laissait Tennessee gérer sa propre course, c'était égoïste, terriblement égoïste. A laisser filer son chien trop loin et trop vite, elle revoyait cette terrible journée de novembre. Ce jour-là, s'il n'avait pas croisé le chemin d'Elias, elle ne l'aurait peut-être pas retrouvé. Et maintenant, qui pour jouer ce rôle ? Elle ne pouvait compter que sur elle-même -sur Tennessee aussi, peut-être, mais dépendre de quelqu'un d'autre rendait impuissant, était incroyablement insatisfaisant. Alors elle courrait, aussi vite qu'elle le pouvait, se perdait un peu, retrouvait son chemin, redoutait de ne plus parvenir à le faire. Elle restait silencieuse; seul son souffle bruyant exprimait sa panique et toute l'endurance qu'elle mettait au service de ses inquiétudes.

C'était dans l'ordre des choses, de ne plus voir Tennessee à ses côtés, même à des mètres d'elle. Elle retracerait son chemin plus tard, si le cours des choses le lui permettaient. La main serrée sur le vieux tee-shirt comme si c'était son bien le plus précieux, elle courrait jusqu'à en cracher ses poumons. Ce qui comptait, c'était la boule de poils blanche qui réapparaissait entre les arbres de temps à autres. Elle ne criait pas son nom parce qu'elle savait le geste inutile et son souffle plus important, mais ses yeux hurlaient le désespoir de le voir s'arrêter un jour.

Elle freina subitement, au milieu de la forêt, entre de vertigineux arbres qui ressemblaient à tous leurs voisins arbres vertigineux. A quelques mètres devant elle, Antarès s'était arrêté, la langue pendue, les babines ensanglantées. A ses pieds, un tas de viande que Murphy n'avait pas le courage de détailler. A bout de souffle, elle chercha de quoi s'appuyer pour ne pas s'effondrer, s'accrocha au premier arbre qui lui passait sous la main. « Pu... tain... » souffla-t-elle alors que les larmes lui montaient aux yeux, les poumons à la gorge. Il faisait beaucoup trop chaud pour ces conneries et la main posée sur sa poitrine, elle essuya la transpiration qui s'était agglutinée sur sa peau, sentant au passage le rythme paniqué de son cœur. A ce moment précis, à cette seconde précise, elle détestait viscéralement Antarès. Elle s'adossa lourdement au tronc d'arbre et chercha d'un œil morne Tennessee, dont elle espérait qu'elle les rattraperait vite. « Ten ! » l'appela-t-elle de toutes les forces qui lui restaient -c'était à dire d'une façon un peu trop étouffée pour porter aussi loin qu'elle l'aurait aimé.

Les secondes défilaient et tout son organisme se calmait progressivement. A côté d'elle, Antarès continuait son repas et la carcasse aux reflets roux ressemblait de moins en moins à un animal, de plus en plus à un tas carné, aux restes d'un festin. Murphy répétait le prénom de Tennessee sans n'avoir aucune réponse et enfin, lorsque son état lui permit de se détacher de l'arbre qui la supportait, elle marcha sur ses propres pas, guettant la présence de son amie, inquiète de ne pas la trouver à proximité. « TENNESSEE BRONTË-SAND » pestait-elle quelques dizaines de mètres plus loin, détachant les syllabes comme si elle réprimandait un enfant, réalisant qu'elle était bien loin de chercher Faust, trop préoccupée à l'idée de perdre Antarès, puis Tennessee. Elle guettait d'ailleurs que son chien la suivait bien et retournait le tee-shirt dans ses mains, impatiente, inquiète, furieuse de ne pas obtenir de réponse. En atteignant une petite clairière de quelques mètres carrés à peine, qu'elle ne se souvenait d'ailleurs pas empruntée plus tôt, Murphy commençait à sentir la panique se saisir d'elle sérieusement. « Tennessee, jte jure, c'est pas marrant, tu vas être privée d'Antarès pendant deux semaines ! » Elle s'avançait un peu au milieu du petit terrain dégagé, fourrant la moitié de son visage dans le morceau de tissu pour fulminer dans son coin. « TROIS SEMAINES ! UN MOIS, DEUX MOIS ! UN AN ! » Il n'y avait qu'Antarès pour l'entendre changer sa sentence sans fin. Antarès, où était-il, d'ailleurs ? Elle le trouva à quelques mètres d'elle, là où les arbres étaient encore denses. Il était assis, regardait en l'air d'un drôle d'air et Murphy lui en voulait encore pour la course effrénée de plus tôt, le faux espoir qu'il aurait pu lui donner, celui qu'il avait peut-être donnée à son amie, et la disparition de celle-ci. Dans un grognement rauque, elle porta ses mains à son visage et leva la tête, les paupières mi-closes, avant de sursauter. Elle venait de retrouver son amie. Au-dessus d'Antarès, bien au-dessus de lui, bien trop au-dessus de lui, pendait un filet. « TEN ! » Le tee-shirt en tomba par terre, le sac à dos le rejoignit un instant plus tard. « Ca va là-haut, t'es encore entière ? » Au moins, elle l'avait retrouvée. « Je crois que Major nous a juste fait chasser une bête, tu sais... » Elle jeta un bref coup d'oeil à la bête qui fixait sagement en l'air, poussant quelques râles inquiets qui dénotaient avec le sang dont sa face était encore couverte. « Tu... tu... t'as... » Paniquée, elle s'avançait vers l'arbre qui la portait dans ses hautes branches, reculait jusqu'à son sac, hésitait sur la marche à suivre. « Tu... t'as un couteau ? » Elle s'arrêta, les bras ballants, à regarder en l'air.


Dernière édition par Murphy Cavendish le Mer 6 Fév - 20:37, édité 1 fois

Tennessee Brontë-Sand
14/11/2015 Isa & I My boy D'Arbanville & Oz & Hyacinthe & Elouan & Tam-Tam 3771 Katie Melua Kyran adorable & Avengedinchains & Lux aeterna Mécanique & Nanotechnologie 73
ψ Cat on a Hot Tin Roof ψ


Sujet: Re: Stand Bye Me
Ven 25 Jan - 22:39


Murphy & Tennessee @Antarès #WeAreTrap


Son pas portait toujours les empreintes de ceux qui la façonnèrent au cours des ans. Et quand elle s'asseyait le soir, sur un petit muret au seuil de sa future demeure, le silence résonnait des voix des disparus. Faust, Tristam, son père, Sadik ... Elle entendait alors leur rire qui lui réchauffait un cœur réputé rigide et froid. Comme des bougies éclairant dans la nuit, elles attisaient le vide laissé par leur disparition. Et quand la nostalgie triturait sa mémoire au point de retourner ses tripes, quand le coin de ses yeux piquait afin de laisser sortir des larmes amères, Tennessee secouait sa crinière de lion. Ensuite elle reposait les pieds sur terre, attrapait, un balai, une hache, un chiffon, une pelle ... N'importe quoi qui lui permit d'occuper ses mains, son corps, sa tête.

La bouclée ne gérait pas ce qui se réveillait en elle depuis le crash. Dans l'espace elle meublait toutes ces impressions par une activité épuisante et des combats secrets. Ici désormais, ceux-ci ne menaient plus nul part. La rebellion s'étiolait sans Faust, les causes s'évaporaient sans Tristam, Les défis s'évanouissaient sans Sadik ... L'amour se défilait sans la tendresse d'un père.

Ses piliers, ou ceux en devenir, disparus, balayés sans prévenir par ses propres mains ou devant ses yeux. Faust qui se transformait en énigme. Mais Tennessee peu disposée à s'aveugler, n'écoutant que sa logique face à cette terre belle mais cruelle, soupçonna très vite une issue mortelle. Elle ne l'évoquait plus tout simplement parce que désormais il existait Murphy dans sa vie ... Et Murphy, elle souffrait dès qu'on effleurait ce sujet.
 

Cette amitié atypique, fleurit en parallèle des recherches abondantes dans la neige afin de détecter le moindre signe de la blonde. Tennessee elle ne s'attachait pas souvent aux autres, le plus souvent elle les survolait du regard, elle ne s'intéressait même pas à leur prénom. Pourtant des personnes réussissaient à apprivoiser cette rétive aux relations précieuses. Parce que oui ça compliquait sa vie de prendre en compte un être différent de soi. Parce que ça vous obligeait à vous montrer moins égoïste et vous mettre en danger, parce que quand ça arrivait, elle ne réfléchissait plus la bouclée. Et elle détestait ça tout en adorant ceux qui prenaient place dans son cœur, elle leur pardonnait tout. Alors oui elle aimait Murphy, et la blesser la révulsait au plus haut point, alors elle se taisait, abandonnant ses conclusions au silence à propos de Faust.

Tous la pleuraient, parfois elle éprouvait l'impression de posséder moins d'humanité que Chis @Chris Wilson, Tennessee ou même Devos @Devos Acciaro qui n'était pas réputé pour sa compassion. Alors ça lui procurait des frissons dans le dos de se découvrir aussi froide. En réalité elle n'affrontait pas la mort directement, elle se détournait de celle-ci quand son anatomie menaçait de s'effondrer, abandonnant ses sentiments comme la peau morte du serpent. Derrière. Processus mental qui la libérait de toutes les futilités humaines. Elle fonctionnait comme ça Tennessee sans s'apercevoir du boulet qu'elle trainait à sa cheville, pareille aux prisonniers des temps anciens. Et quand ça se révoltait dans son âme, elle s'en interdisait l'accès en envoyant un grand coup de pied rageur dans la vie, puis partait à la rencontre de Gen @Gen Deng pour parfaire l'instruction de "guerrière" qu'il lui procurait.
 

Pourtant il lui importait de savoir répondre aux questions qui demeuraient en suspens. Pour elle, Pour Murphy, pour Devos aussi ... Mettre un point final à cette histoire qui tuerait dans l'œuf tous les espoirs inutiles, frustrants ou cruels que leur offraient la découverte au compte-goutte des affaires personnelles de la blonde. Donc si elle accompagnait la garde dans cette quête, il s'agissait de la soutenir mais aussi d'approcher la vérité au plus près.

Intriguée par le bout de queue rousse qui dépassait des herbages auprès de l'autel érigé en la mémoire de leur amie disparue, elle se pencha tandis que Murphy causait sans qu'elle fût attentive aux paroles de cette dernière. Du bout de ses doigts elle caressa la fourrure, douce, qui s'évapora de ses mains dans sa seconde qui suivit, pour faire place à deux pupilles curieuses qui clignaient dans sa direction. Antarès vint se joindre à la partie, et Tennessee s'en allait interpellé Murphy quand les oiseaux lui coupèrent le sifflet sans aucune politesse. La bouclée paniqua adressant la parole à son amie de manière automatique, puis se dispersa dans la profondeur de sa phobie octroyant néanmoins un sourire à Murphy, qui se prétendait bien plus maligne que ses persécuteurs


« le pauvre on sera pourtant les seules qu'il aura maintenant, et on fera comme tous les parents de notre mieux » Enchaîna-t-elle ensuite au sujet d'Antarès qui revenait très régulièrement dans leur conversation comme s'il servait de tampon au chagrin quand elles abordaient des sujets troublants, délicats ou particulièrement dramatiques. Ensuite elle inspira longuement comme pour se préparer à ce qui les attendait dans les instants à venir ...
 
Moins attentive qu'elle ne le devait par la faute de la frayeur qui tintinnabulait encore dans sa tête comme une grelot, elle n'enregistra qu'un tiers des explications de Murphy. Tout en hochant la tête, persuadée de remettre du sens-là ou il lui manquerait des informations quand elle s'y pencherait. La mécanicienne parcourait la forêt depuis un moment désormais, mais elle ne s'y connaissait pas beaucoup en chasse, en pêche, ou pour traquer. *Pas assez patiente* chantonnait la voix de Gen dans sa caboche. Aussi accordait-elle une confiance totale à sa compagne en ce qui concernait cette expérience

« C'est lui qui nous l'apprendra »

Conclut-elle, exactement quand le canidé démarra sans prévenir personne, déclenchant la véritable aventure, le début des complications tandis que les deux jeunes filles se précipitaient à ses trousses tout en s'éloignant l'une de l'autre à leur propre dépens.

Ensuite la réapparition des volatiles de mauvais augures ayant calculés leur coup, la panique, la fuite, le piège ...

Elle se balançait dans le vide Tennessee, encagée dans des cordes solides mais qui creusaient sa peau avec ardeur. La bouclée elle se taisait, les paupières closes qui s'humidifiaient des douleurs qui se réveillaient, la tiraillaient de partout. La palpitant dans sa poitrine battait la chamade, son cerveau récitait mentalement des prières qu'elle inventait pour exhorter les monstres dotés d'ailes de disparaitre de son espace. Ses paumes éraflées s'accrochaient désespérément au filet qui la retenait prisonnière, dans la crainte de glisser dans un piège plus épouvantable encore. Ses membres crispés comme une arc tendu qui s'apprêtait à lâcher son projectile.


Une clameur lointaine se fraya un chemin jusqu'à l'ouïe de la bouclée. Elle tendit l'oreille afin de mieux identifier ce bruit singulier. Devait-elle s'attendre à l'arrivée de terriens triomphants qui la considéreraient comme leur gibier ? leur proie ? Leur futur dîner ? Ou bien possédaient-ils l'intention de la vendre comme esclave à ce peuple du désert dont les rumeurs parvenaient, déformées, jusqu'aux portes de leur campement.

Un bruissement de feuilles séchées glissa juste au-dessous d'elle, puis un halètement. Un ours ? Un loup ? Un prédateur dont l'estomac lui indiquait sa prochaine victime ? Tennessee décida de libérer son regard, légèrement ébloui par la lumière qui traversait le feuillage de l'arbre qui la retenait dans le vide. La mécanicienne eut bien regardé vers le bas, mais quand elle esquissa un mouvement, le cordage qui l'emmaillotait crissa violemment, aussitôt elle s'immobilisa tandis que son "collet" effectuait un léger élan de balancier.

*TEN ! *

La voix miraculeuse de Murphy retenti juste au-dessous d'elle, injectant dans ses veines une énergie la ragaillardissant, chassée aussitôt par une inquiétude mordante
« Murphy, Murphy sauve toi, cache-toi, ce sont des hommes qui ont construits ce piège, ils vont surement revenir il ne faut pas qu'ils ne t'attrapent » Pas besoin de se faire capturer à deux ou d'agir comme une héroïne pour finir rôtie dans une marmite ou pire encore. Voilà déjà la première raison pour laquelle Tennessee n’appela aucune aide en analysant sa situation. Éviter d'attirer vers elle ceux qu'elle aimait, qui représentait tout pour elle, plus que sa propre existence. Oui elle se chargerait tout seul d'accueillir ses tauliers !

 
« Ben je crois que oui, que je dois encore être entière, mais je ne sais pas ... J'ose pas trop remuer, ça bouge ... Et si ça attirait les oiseaux » Voilà ce qui la tracassait le plus, en dehors de la sécurité de Murphy. Si la bouclée tournait la tête, elle se bloquait à la ligne d'horizon que dégageait son épaule, si elle insistait elle se tordrait tout simplement le coup. Cependant, elle dégageait tout doucement son bras coincé sous son flanc droit. Tennessee supposait que ça lui offrirait un peu plus de place, un peu plus d'oxygène pour ses poumons

« Tu sais c'est important, il s'est peut-être emballé, tu peux retenter l'expérience pendant que j'essaye de me dégager » Suggéra la bouclée dans l'espoir que son amie ne s'attarderait pas longtemps dans le coin. Pas un instant elle ne songeait à l'issue que prendrait la mauvaise posture qui la barricadait. Face à l'ennemi, elle se débattrait, elle mordrait, elle insulterait, elle frapperait, elle pincerait dès que l'occasion se dessinerait. Par contre Antarès, la garde se transformaient en appâts s'ils ne bougeaient pas de là. Tennessee refusait cette option

« Un couteau ? Oui ... oui, il est ... Faut que je libère mon bras pour l'attraper ... Je vais ... » la lame de Baelfire @Baelfire Ksestos, trop bienvenue pour se livrer à une tentative d'échappée belle « Va de l'avant .... Je te suis ... » Encouragea-t-elle Murphy donnant à croire qu'il suffirait de claquer de ses doigts pour qu'elle atterrisse auprès de cette dernière. Intrépide bouclée qui ne doutait de rien, qui se persuadait que l'impossible ne persisterait pas devant sa volonté. Sa main parvint à s'emparer de cette arme blanche non sans s'égratigner profondément une partie de sa cuisse.
 
Une multitude de fines gouttelettes d'hémoglobines éclaboussèrent Major et sa Maîtresse alors que Tennessee récupérait la mobilité de son bras. Ce qui la fit basculer légèrement en arrière, enserrant davantage sa cuisse prisonnière dans le filin « Nom de Dieu, de putain de bordel de merde » Jura-t-elle juste après avoir laissé un hurlement plutôt strident. Les branches au-dessus d'elle s'agitèrent déchainant quelques remous. Aussitôt la bouclée ce recroquevilla sur elle-même posant sa main devant ses pupilles pour éviter de contempler l'affolante silhouette d'un piaf trop inquisiteur. La douleur, la peur intensifiait une anxiété qu'elle niait la rendant toute tremblante

« Je ... Je vais me pencher pour cisailler quelques cordes » Annonça-t-elle à une éventuelle présence, ignorante du fait que Murphy eut suivit son conseil ou non, puisqu'elle ne parvenait pas encore à diriger sa vision vers la terre.

D'abord retirer la main de son visage, entrouvrir les yeux pour vérifier si l'ennemi ne planait face à elle. Finalement rétablir son assiette afin de ne pas balloter dans tous les sens dès qu'elle bougerait d'un millimètre. Quand Tennessee estima son équilibre suffisant elle ramena le genou de sa jambe libre vers elle, puis se pencha très doucement vers l'avant, le couteau tendu pour entamer son piège. Soudainement un cri strident retenti à son oreille, elle sursauta quand deux immenses ailes caressèrent l'arrête de son nez, plongea vers l'avant ... Ce qui eut pour incidence d'écraser davantage sa guibole. Le supplice lui fit relâcher la lame qui rebondit sinistrement aux pieds de Murphy. La bouclée s'écroula sur la gauche, la figure vers le bas distinguant ce qui se tramait sous elle


« Merde ! »


@Murphy Cavendish  

Accro des points
Murphy Cavendish
06/12/2015 Lux Aeterna Nuna Cortez 37581 Sophia Bush Lux Aeterna (vava & sign & gifs & fiche rp) ancienne militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. 759
Accro des points


Sujet: Re: Stand Bye Me
Jeu 7 Fév - 2:50



❝ Stand by me ❞
Murphy Cavendish & Tennessee Brontë-Sand
(29 juin 2118)


L'arrivée sur l'ancien campement avait été douce et tranquille. Après tout le chemin parcouru, les deux amies prenaient leur temps. A cette heure-ci, elles pouvaient encore espérer trouver quelque chose en suivant les dernières traces laissées par leur amie commune et l'odorat du chien qui les accompagnait. Tout était encore permis, y compris de se recueillir. Un bouquet laissé dans la poterie confectionnée par Tamara, une petite Marguerite venue le rejoindre, et puis quelques secondes d'un silence respectueux et mélancolique ponctuées ça et là de quelques remarques ou sourires. Murphy n'aurait sans doute pas supporté de revenir ici seule si tôt. Il lui aurait fallu beaucoup trop de temps pour accepter l'idée de potentiellement trouver des réponses qu'elle redoutait plus que tout. Ca faisait plus d'un an qu'elle était tombée sur les restes du camp érigé par Faust, mais rien n'y faisait. Elle avait récupéré son sac et les quelques éléments personnels que la blonde avait laissés derrière elle, mais ne parvenait pas à apprivoiser l'idée qu'il pouvait y avoir plus que ça, si on prenait la peine et le temps de suivre la piste indiquée par Tamara. Qu'Antarès puisse significativement contribuer à leurs recherches la terrifiait. Elle refusait de laisser cette aide de côté, tout autant qu'elle refusait qu'il puisse apporter des réponses qu'elle n'était pas prête à entendre. C'était pourtant la raison pour laquelle Oona lui avait confié la garde du chiot lorsqu'elles s'étaient rencontrées. L'Athna avait compris le besoin qu'elle avait de retrouver son amie, mais Murphy avait sans doute réussi à masquer toute l'envie qu'elle avait de continuer à entretenir ces maigres espoirs que permettaient la latence des questions. Et pour le chiot, elle avait finalement développé une affection inattendue qui avait éclipsé toutes les raisons initiales qui les avaient menés à se côtoyer l'un et l'autre. Elle avait oublié le pistage et les traces de Faust qu'il pourrait retrouver si elle lui donnait un peu de matière. Jusqu'à ce jour-là, jusqu'aux préparatifs de cette escapade avec Tennessee. Parce que ça leur coûterait du temps, de l'énergie et des émotions à toutes les deux, il fallait qu'elles s'organisent au mieux, qu'elles rentabilisent la recherche. Murphy ne pouvait alors plus occulter les capacités de pistage d'Antarès qu'Oona lui avait tant vantées. Mais le recueillement était plus facile et plus doux, parce qu'il réconfortait, réparait; parce qu'il n'ouvrait pas à de nouvelles épreuves dont Murphy ne savait pas si elles seraient surmontables.

Quand les trois compagnons se décidèrent à laisser derrière eux le vase, les vestiges de l'ancien campement et les oiseaux provocateurs, Murphy se sentir tirée en arrière, comme magnétiquement repoussée par cette direction qu'ils s'apprêtaient à prendre. C'est Antarès qui prit la décision pour elle et son amie. Sitôt qu'il renifla le vieux tee-shirt de Faust, il s'élança à travers les fourrées et jusque cette clairière dans laquelle Murphy s'était allongée, plus d'un an auparavant, tentant d'accepter dans une douceur mélancolique la réalité des choses. Faust était morte. Faust était morte. Elle n'était plus. Elle avait disparu et personne ne saurait jamais comment ou pourquoi. Elle ne saurait jamais si elle avait fui le campement volontairement ou s'était perdue si loin de lui par accident. Elle ne saurait jamais ce qui lui avait coûté la vie et quelles avaient été ses dernières pensées avant de quitter ce monde. Elle ne saurait jamais si elle avait souffert, si elle était partie heureuse ou si elle laissait derrière elle des regrets que personne ne pourrait réparer pour elle. Elle ne saurait jamais si elle lui en avait voulu de l'avoir brusquée après qu'elle ait disparu une première fois, si elle aurait finalement accepté sa présence dans la rébellion ou ce qu'elle aurait pensé de la moindre décision qu'elle avait prise depuis ce mois d'avril qui avait tout changé. Toutes ces réponses-là, elle aurait aimé les avoir. Pourtant demeurait l'ultime question, celle qu'elle préférait voir laissée en suspend, dormante. Si elle ne lui avait pas encore explosé à la figure, alors peut-être existait-il l'espoir fou qu'elle ne le fasse jamais. Elle se contenterait volontiers de cette option, de celle du doute infime qui subsistait, qui entravait les dernières étapes du deuil. Peut-être qu'elle ne passerait jamais ce dernier cap du deuil, et peut-être que c'est ce qu'elle voulait. Garder dans un coin de son esprit ce grain d'espoir insignifiant mais qui parvenait encore à changer la donne. Elle savait qu'elle n'était plus de ce monde, mais elle ne le savait pas tout à fait. Murphy reconnaissait la différence. Avec sa mère, les choses avaient été différentes du début à la fin, mais elles l'étaient surtout parce que c'était une évidence, que la chute lui avait été fatale. Avec Faust, sans réponses, sans preuves, sans rien de tangible, rien ne pouvait vraiment être sûr ou évident. Et ça, ça faisait toute la différence. A cette différence, Murphy s'y accrochait. Elle la préservait secrètement. Le cours des choses ne lui avait pas réellement donné le choix : il fallait se contenter de ce qu'on lui avait donné, et on ne lui avait pas donné grand chose. En trouvant ce camp, Murphy avait réalisé que ce deuil ne s'était jamais réellement fait, que la blessure n'était pas vraiment refermée ou en passe de cicatriser. Mais maintenant, elle en avait conscience; et plus encore quand réapparaissait la perspective de suivre la piste que lui avait indiquée Tamara. Elle s'était figée dans ce demi-deuil, dans ces demi-réponses, dans ce doute qui laissait encore une part belle à l'espoir naïf.

Elle n'avait jamais écarté l'idée de suivre la piste de Tamara, pourtant. Elle la reportait indéfiniment malgré tout, et si Tennessee n'avait pas été là pour lui tenir la main, sans doute aurait-elle continué longtemps à reporter ce qui était pourtant inévitable. Il n'y avait probablement rien qui aurait pu lui donner le courage ou l'adrénaline suffisante à un pistage aussi efficace que l'angoisse de perdre la trace d'Antarès. Les souvenirs du long passé en compagnie de la Naori, allongée dans cette clairière, ne l'effleurèrent que rapidement lorsqu'elle la traversa. Son regard suivait son chien ou les mouvements ou bruits qui indiquaient la direction qu'il prenait. De temps en temps, elle guettait Tennessee qui courait à ses côtés, parfois un peu plus loin, parfois beaucoup plus loin. Mais le gros de sa concentration restée focalisé sur le chien parti à la vitesse d'une fusée. Oubliés l'angoisse des réponses et le poids du deuil qui n'en était pas encore un entier. Ce qui comptait, c'était de ne pas perdre Antarès, de ne pas perdre Tennessee. L'action pour oublier les pensées tétanisantes.

Ce n'est pas celle à laquelle elle se serait attendue dont elle perdit la trace en premier. Antarès à sa suite, Murphy s'était mise à errer entre les arbres, l'inquiétude d'avoir perdu Tennessee pour de bon se frayant un chemin de plus en plus clair dans son esprit. Et si elle ne la retrouvait pas ? Les premières minutes furent agaçantes, les suivantes se firent pétrifiantes. Antarès suivait sa trace, comme s'il devinait que quelque chose ne tournait pas rond. Il avait probablement remarqué que Tennessee avait disparu, ou que sa maîtresse n'était pas tranquille et cherchait quelque chose.

Quand enfin, Murphy leva le nez vers Tennessee, elle se mordit la lèvre d'inquiétude. Elle n'était pas sûre que la retrouver dans une situation pareille était mieux que de ne pas la retrouver du tout, en tout cas pendant quelques minutes ou heures encore. La hauteur expliquait pourquoi elle n'avait pas entendu tous ses appels et sommations, mais elle était aussi un obstacle qui s'imposait déjà violemment à Murphy comme infranchissable. L'idée qu'il puisse n'y avoir aucune solution face à ce bordel s'ancra brutalement dans son esprit, la laissant dans un état de vertige qui la força à baisser les yeux vers la terre, pour être sûre qu'elle y était encore bien accrochée. Au-dessus d'elle, Tennessee clamait des ordres ou conseils qu'elle ignora volontairement, se frottant le visage alors qu'elle essayait d'imaginer une stratégie viable pour faire face à cet inattendu. Les pièges grouillaient autour des villages terriens, comme ils grouillaient autour du leur. C'était normal. Ce que ça voulait dire, c'était qu'elles tournaient toujours dans les environs du village Naori. Ce que ça voulait aussi dire, c'est que la menace première ne venait pas de ceux qui avaient posé le piège mais du piège lui-même. Le filet pendait à une hauteur invraisemblable, et à l'intérieur était recroquevillée une Tennessee pliée dans des sens qui semblaient aller contre l'anatomie humaine et les bases de la physiologie. « T'inquiète ! » Elle tentait sans doute de se convaincre en même temps que son amie. Elle se frottait le front du pouce et de l'index, son autre main plantée sur sa taille comme si ça pouvait l'aider à se concentrer. « C'est sûrement un piège Naori, on risque rien de ce côté-là. Au mieux, s'ils nous trouvent, ils nous aideront ! » C'était déjà une chose de moins de laquelle s'inquiéter. Et par la même occasion, Murphy se mit à espérer que des Noaris les observaient dans les fourrés alentour, déçus de ne pas avoir attrapé la viande tant espérée. L'idée qu'il puisse s'agir de quelques un de ces fameux Reapers, dont Hyacinthe lui avait succinctement parlé, lui traversa très brièvement l'esprit. C'était déjà la première fois qu'elle se faisait avoir par un piège dans la forêt; on n'allait tout de même pas pousser la malchance et l'inédit au point de rajouter des cannibales à l'équation. Elle leva enfin les yeux vers Tennessee qui, de là où elle était, tentait de la rassurer sur son état. « T'inquiète pas, tu vas plutôt les faire fuir, les oiseaux ! » La sienne lui avait presque fait oublier la phobie de son amie, mais Murphy était fermement convaincue qu'aucun piaf ne s'approcherait de cette anomalie qui pendait au milieu de son habitat. C'était un instinct de survie, d'éviter ce à quoi on n'était pas habitué. Même les oiseaux étaient soumis à ces réflexes primaires, et c'était sur eux que la brune comptait pour ne pas que les angoisses de Tennessee ne s'ajoutent à tout ça. En tout cas, la mécanicienne n'en démordait pas : elle ne voulait pas de l'aide de Murphy. Cette fois, elle prétextait que la piste qu'avait pu suivre Antarès était plus importante, mais ce qu'elle ne savait pas, c'est que tout poussait Murphy à rester ici pour trouver une solution à cette situation plutôt que de reprendre une course derrière un Antarès propulsé à toute allure. Dans tout ce malheur elle avait malgré tout trouvé une porte de sortie à la recherche d'indices et de traces d'un passage lointain de Faust. Et surtout, surtout : il était hors de question qu'elle laisse Tennessee pendue dans son filet, à des mètres du sol. « Te dégager ? Et puis tomber de là-haut comme si de rien n'était ? » Elle se moquait avec un rire nerveux, comme pour démontrer à Tennessee que ce n'était même pas envisageable de la laisser se dépatouiller toute seule. Si elles y réfléchissait une seule seconde, c'était évident qu'elles avaient besoin d'être deux.

Mais le problème était le suivant : Murphy avait beaucoup regrouper toutes ses capacités de tacticienne, elle ne parvenait pas à trouver de solution miraculeuse. Tout semblait la pousser à grimper l'arbre pour aider son amie de là-haut, mais la petite dizaine de mètres lui paraissait le quintuple. Et elle le savait, à chaque mètre qu'elle grimperait, l'impression de hauteur évoluerait exponentiellement. « Mais pourquoi tu me répètes de me casser ? Tu sais très bien que tu perds ton temps et ton énergie », pesta-t-elle alors que Tennessee l'interrompait dans ses angoisses naissantes. Elle leva le nez vers elle, les sourcils sévèrement froncés, et vit passer quelques gouttelettes sous son nez, qu'elle suivit du regard jusqu'au sol. Elles furent accompagnées d'un cri et de quelques insultes qui achevèrent d'expliquer ce qui se tramait là-haut. Ca y est, elle s'était tailladée contre les cordes. « Arrête de bouger !! » Elle se mobilisa en levant les bras vers elle, comme si ça pouvait servir à quelque chose, comme si elle pouvait la rattraper dans le pire des cas ou l'aider à la libérer dans le meilleur. Là-haut, elle pouvait voir Tennessee perdre de sa fierté, recroquevillée dans son filet, les mains préservant ses prunelles du spectacle. La taille du filet laisser deviner que le choix de la branche n'avait pas été fait pour supporter le poids d'un être humain. « Si tu dois bouger, fais-le doucement ! » Sans trop savoir à quoi ça pouvait servir, Murphy se mit à guetter partout autour d'elle, le regard vif et alerte. Peut-être qu'elle pouvait s'arranger pour un installer un coussin de végétaux sous le filet, au cas où les choses tournent mal. Mais il n'y avait rien, désespérément rien pour jouer le rôle d'amortisseur. En cette période de l'année, les feuilles mortes étaient aux abonnés absents. L'esprit affolé, Murphy faisait un pas dans une direction, puis une autre, convaincue pendant une seconde par-ci et une seconde par-là qu'il y avait un truc de malin à faire. « Taille déjà pour libérer tes membres » répondit-elle en écho à Tennessee qui avait déjà pris la décision de couper quelques uns des liens qui la retenaient prisonnière. Si par mégarde elle devait tomber, elle pourrait au moins préparer ses points d'appui.

C'est un cri qui l'interrompit à un nouveau dans ses tergiversations, Murphy, et elle leva le nez juste à temps pour voir un objet brillant tomber et l'éviter d'un pas en arrière. La lame s'étala à ses pieds dans un vague bruit métallique et Antarès, qui tournait sagement dans le coin, s'en rapprocha pour la renifler comme si de rien n'était. La militaire porta une main soulagée à sa poitrine, le temps de se remettre du pic d'adrénaline qu'avait causé l'instant. Elle leva la tête vers son amie, qui la regardait à travers le filet. « Je... je crois que je vais devoir monter. » Son regard se baissa doucement pour se perdre dans le vague, face à elle. Il y avait une branche plus large qui commençait un mètre sous celle qui soutenait Tennessee. Même si elle n'atteignait pas la distance au tronc du filet, elle pourrait sans doute lui permettre de glisser son couteau à son amie ou de taillader le filet pour éviter les mouvements à la mécanicienne. « Si on arrive à tailler pour que tu passes tes jambes dans le filet, t'arriverais à amortir en bas ? » Il restait une option, mais elle paraissait invraisemblable à Murphy : doucement attirer le filet à elle, une fois qu'elle serait là-haut, et compter sur le fait que ça ne mettrait pas la solidité de la branche à laquelle Tennessee était suspendue à rude épreuve. Il suffirait ensuite de couper le lien qui solidarisait la prisonnière à la branche. Et de compter sur, cette fois, la solidité de la branche sur laquelle elles seraient toutes les deux installées. Il fallait faire preuve de beaucoup trop de confiance en beaucoup trop de facteurs imprévisibles. Murphy savait que le temps leur était compté : il suffisait d'avoir entendu les grincements de la branche pour s'en rendre compte. Mais une chose demeurait sûre et certaine : il fallait qu'elle monte, elle aussi. Au moins pour lui donner une lame, au plus pour la libérer elle-même.

Hésitante, Murphy s'approcha du tronc et se remémora la seule fois où on lui avait fait grimper un arbre. C'était Paco le Naori, peu après son arrivée ici. Peut-être était-il ironiquement en train de les regarder, d'ailleurs. Elles étaient sur son territoire. « Si quelqu'un nous regarde », cria-t-elle en jetant un coup d'oeil périphérique, un peu timide, « on est désolées d'avoir pété votre piège, mais on aurait bien besoin d'aide... » Le silence leur répondit, comme elle s'y était attendu. Elle avait déjà posé ses mains sur l'écorce et commencé à chercher une prise autour du tronc. « Ten... je sais plus si tu sais, mais je... je suis nulle à ça, je, heu... je crois que j'ai le vertige. »

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