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˜˜˜˜˜˜Stand Bye Me
maybe life should be about more than just surviving


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14/11/2015 Isa & I My boy D'Arbanville & Oz & Hyacinthe & Elouan & Tam-Tam 3733 Katie Melua Kyran adorable & Avengedinchains & Lux aeterna Mécanique & Nanotechnologie 99
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Sujet: Stand Bye Me
Lun 30 Juil - 19:06


Murphy & Tennessee @Antarès #WeAreTrap


Avec soin elle ajouta dans le vase créé par les mains de Tamara quelques fleurs sauvages cueillies en chemin. Puis la mécanicienne adressa quelques mots à l'intention de Faust, un résumé de ces dernières semaines, cela juste avant de percevoir un léger bruit à ses pieds. Elle s'agenouilla pour découvrir un terrier duquel sortaient des longues moustaches noires. Deux petits yeux brillants la dévisageaient avec curiosité, elle n'y détecta aucune crainte. Un Renard, tout roux, tout mignon et certainement tout soyeux. D'ailleurs Antarès vint lui donner un coup de museau avant qu'il ne disparaisse dans les profondeurs de sa galerie personnelle

« Tu l'as vu Murphy le renard ? Comme il était adorable, on dirait même que notre bon Major le connaissait  » La bouclée se redressa pour faire face à Murphy qui se tenait derrière elle. Aujourd'hui elles délaissaient toutes les deux la rénovation intense de leurs futures maisons. Beaucoup moins évidente que prévu, il avait fallu refaire tout le toit avant de penser à autre chose, et ceci afin d'empêcher l'humidité des saisons fraîches de toute envahir, mais surtout de détruire les petites avancées qu'elles parvenaient à mettre en oeuvre lors de leur temps libre. Un travail bien harassant, long et parfois aussi très dangereux. D'un commun accord elles récupéraient les ardoises ayant glissées des autres ruines, celles qui traînaient sur le sol sans que ce soit utile à quiconque.

Le plus dur dans la manœuvre demeurait de travailler sur la toiture. Oui parce que fallait pas être sujet au vertige et pour qu'il n'arriva aucun accident à la brune, elles se mirent d'accord de le faire ensemble. Murphy lui tendait le matériel alors que Tennessee s'aventurait dans les hauteurs avec plus ou moins de succès.


Alors tout de suite, elles s'octroyaient une pause. Plus ou moins. Il s'agissait d'emprunter la dernière piste connue de Faust, pour tenter d'arriver à une conclusion, mais sans aucune certitude. Elles savaient toutes les deux que ça les mènerait tout aussi bien vers un cul-de-sac. Elles se devaient de le l'entreprendre pour ne pas affronter de lointains regrets qui agaceraient sans doute un jour leur conscience. Du moins, voilà comment Tennessee le soumis à Murphy.

A deux pour se soutenir, elles renforceraient leur lien qui bourgeonnait tranquillement à son rythme. Une amitié ça se construisait pendant des années, ça traversait les tempêtes, ça acceptait les déceptions, ça se gravait dans l'âme comme le vent érodait les pierres pour en faire surgir de magnifiques sculptures. Et surtout le mot d'ordre *Pas de pression* Si l'une des deux refusait de continuer, on transformerait ça  en petit pique-nique improvisé.

Ce qui expliquait pourquoi la besace de la mécanicienne bombait aussi fort. Elle contenant en plus du matériel habituel de quoi manger, boire, ainsi que plein de petite gâteries pour Antarès


« A mon avis on ne verra pas Tamara » jeune Naori, connue par le biais de Murphy, et qui entretenait drôlement bien ces lieux, au point qu'on aurait pu croire qu'elle y vivait ! La bouclée supposait que cette dernière se faisait discrète, une habitude chez ce peuple qui dissimulait si bien son village qu'on tournait des heures pour le trouver. Souvenir cuisant de la fois ou elle rencontra Harlan ( @Harlan Tikaani ), après des tâtonnements intenses. D'ailleurs elle soupçonnait ce dernier d'être apparu parce qu'elle touchait au but !

Un bruit au-dessus de la canopée lui fit vivement lever les yeux vers le ciel. Rien. De visible. La bouclée esquissa le geste de chasser quelques mouches  de sa chevelure. Ces affreux cauchemars ailés se cachaient certainement dans les feuillages. Elle marmonna quelques mots incompréhensible alors qu'une langue humide râpant ses doigts la rappela à l'ordre

« Oui oui, sois pas si impatient va ! Je l'ai pas oublié ta pomme du départ » Plaisanta-t-elle alors qu'un sourire rayonnant envahissait son visage, tandis qu'elle faisait mine de ne pas trouver le fruit de tous les désirs « Oh mais qu'est-ce que c'est que ça ? » La bouclée dégagea la main de sa poche, dans sa paumé trônait une pomme rouge et appétissante « Ah tiens Murphy je crois que c'est... » Tennessee n'eut pas le temps de finir ses mots que leur magnifique compagnon à quatre pattes se dressa sur les deux de derrière, et déroba la "friandise" en question

« Oh mais quel impertinent ce chien faudra lui apprendre les bonnes manières » Continua-t-elle sur le ton de la plaisanterie, alors qu'elle mangeait des yeux avec amour l'animal qui se régalait. Indifférent à tout le reste. Ensuite ses prunelles se déplacèrent vers son amie

« Alors prête ? Toujours partante ? En tout cas moi oui  » Et trop heureuse de passer ce temps en dehors du camp loin des trucs trop compliqués, comme Devos ( @Devos Acciaro ) qui s'appliquait si bien à se camoufler d'elle. La bouclée tourna sa tête vers la droite, indiquant une direction dans la forêt profonde «  Alors c'est par là ? » Evidemment, si finalement Murphy ne se sentait plus assez en confiance pour le faire, elle n'insisterait pas, et installerait tout son bric à Brač ici-même.
@Murphy Cavendish


Dernière édition par Tennessee Brontë-Sand le Sam 17 Nov - 18:21, édité 1 fois

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06/12/2015 Lux Aeterna Nuna Cortez 36420 Sophia Bush Lux Aeterna (vava & sign & gifs & fiche rp) ancienne militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. 1597
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Sujet: Re: Stand Bye Me
Sam 11 Aoû - 2:56



❝ Stand by me ❞
Murphy Cavendish & Tennessee Brontë-Sand
(2 août 2118)


L'été était aussi difficile que ceux qui l'avaient précédé. Mais cette fois-ci, la maison avançait. Comme l'année précédente, elle était devenue sa priorité dès lors qu'elle avait terminé ses gardes et ses patrouilles, et le serait jusqu'à ce que la météo ne le lui permette plus. Chaque progrès était une victoire et chacun était espéré durable; chacun, en tout cas, menait plus près encore du durable. Après le cyclone de l'hiver précédent, la crainte de voir leurs espoirs et le fruit de leur labeur disparaître en quelques heures l'accompagnait à chaque instant. Mais craindre l'avenir au point de le laisser nous paralyser, c'était refuser d'avancer. Et Murphy ne refusait pas d'avancer. Elle rêvait de l'âtre chaud entre ses quatre murs reconstruits sur des années. Elle rêvait d'un lit douillet qui ne serait qu'à elle, et de ne plus avoir à craindre les fortes pluies et les vents violents. Les deux copropriétaires travaillaient de concert et main dans la main et Murphy devait l'admettre, c'était bien plus simple et bien plus agréable, et ça lui rappelait une nouvelle fois pourquoi elles avaient accepté, Tennessee et elle, de laisser germer cette idée de poser leurs valises pour de vrai, sur ce qui serait leur terrain et leur fierté de bâtisseuses et bricoleuses. Partager cette aventure-là avec Tennessee la rendrait plus supportable en ces terrassantes journées d'été mais aussi plus vraie, plus excitante, plus agréable encore.

Mais aujourd'hui, l'heure était grave. Même si elle essayait de se persuader du contraire et d'ajouter un peu de raison aux sentiments qui l'envahissaient un peu plus à chaque minute ces derniers jours, l'heure était grave -et si ce n'était grave, au moins importante. Trop retarder ce moment n'avait sans doute pas été se rendre service. Il devait arriver et preuve en était : il était arrivé. Pour se donner une chance de se reconstruire ou au moins de reconstruire quelque chose, Murphy avait laissé Faust là où elle l'avait vue la dernière fois : au cœur de la forêt et du domaine des Naoris, où subsistaient quelques mètres carrés dédiés à son amie disparue. Elle y était retournée à quelques reprises, notamment pour y amener Tennessee, mais n'avait jamais osé repasser ces quelques buissons qui marquaient la suite et de potentielles recherches. Derrière ces buissons, par-delà la piste laissée par Faust, se trouvaient peut-être toutes les réponses que ceux qui lui avaient survécu cherchaient depuis des années maintenant. Peut-être ne pourraient-ils y trouver qu'une ou deux réponses, ou peut-être aucune; dans tous les cas, suivre cette piste, c'était avancer et prendre le risque d'apprendre tout ce qu'on avait redouté tout ce temps d'apprendre ou de découvrir en même temps qu'on l'avait espéré, juste pour se donner une chance et une opportunité de faire son deuil. S'accorder ces quelques jours de recherche c'était accepter de se plonger dans ce monde qu'on avait préféré laisser derrière soi pour accueillir la forme du deuil qui laisse une part constante et vicieuse à l'incertitude. Et même si elle n'avait jamais cru ça possible, Murphy avait appris à vivre sans Faust. Elle se sentait coupable chaque jour des rires qu'elle laissait échapper, des sourires qui se dessinaient insidieusement sur ses lèvres et de cette sensation de bonheur qui l'emplissaient toute entière. Elle se sentait coupable parce qu'elle n'avait pas le droit de vivre ça sans Faust, et elle se sentait coupable parce que Faust n'avait plus le droit de le vivre tout court. Comme elle ne se rappelait plus de la vie sans Faust avant de la perdre, il lui arrivait parfois de rechercher dans les tréfonds de sa mémoire à quoi avait ressemblé sa vie avec elle. Elle semblait si loin, cette vie, comme si elle n'avait plus main mise dessus, que les souvenirs n'étaient plus tout à fait les siens, comme si ce passé ne lui appartenait plus.

C'était à force de ténacité et surtout de larmes silencieuses, plus solitaires que partagées, que Murphy avait appris cette vie sans sa soeur. L'univers continuait son existence et la Terre de tourner. Murphy continuait de vivre, pour le meilleur et pour le pire. Il y avait eu beaucoup de pire, ponctué d'un peu de meilleur, qui avait fini, au fil des mois et des années, par prendre possession de la majorité de son existence. Malgré la disparition de celle qui avait tout représenté pour elle, elle n'était pas seule. Pour ceux qui n'avaient pas toujours fait partie de sa vie, la vie avait joué son rôle de consolatrice, comme pour se faire pardonner de l'épreuve qu'elle la faisait traverser. Tennessee était apparue sur sa route au pire moment, mais probablement au plus propice des moments. C'était dans les difficultés que l'on reconnaissait les caractères et c'était peut-être ce qui avait posé les fondations de la relation qu'elles partageaient aujourd'hui.

Alors, pour suivre la voie tracée par Faust dans la forêt et mise en lumière par Tamara, Murphy avait besoin de son acolyte, de celle qu'elle avait connue dans les circonstances tissées de chagrin, et de celle dont elle était persuadée qu'elle comprenait tout ce que la disparition de Faust avait impacté en elle, jusqu'à ce qu'elle ne comprenait pas elle-même. Elle redoutait déjà de passer ces buissons mais remettait à plus tard cette image et la sensation qui accompagnerait ces quelques pas.

L'ancien campement de leur blonde n'avait pas bougé, comme s'il était figé dans le temps, comme si même les saisons n'avaient pas d'impact sur lui. Tamara avait du passer récemment et tenir sa promesse de le faire régulièrement. Aux vieilles fleurs fanées qui étaient restées dans le vase confectionné par la Naori, Tennessee ajouta un nouveau bouquet dont les couleurs vinrent égayer la poterie. Les mains croisées sagement devant elle, Murphy restait en arrière, respectueuse du geste de son amie. Sans qu'elle ne sache décrire ce qui se passait, elle ressentait à nouveau ce poids que seul ce lieu semblait porter. C'était sur ses épaules, dans sa gorge, dans son estomac; ça s’immisçait partout où le chagrin avait l'habitude de s'installer. « Un renard ? » répéta-t-elle en se redressant comme si on venait de la surprendre dans son sommeil. « Apparemment il y en a dans le coin, oui... peut-être que Faust les avait apprivoisés. » Un sourire triste ponctua la supposition alors qu'elle regardait son amie se redresser. Antarès fouinait dans la terre, cherchait sans doute des choses dont elles n'avaient pas la moindre connaissance ou idée. « Un chien et un renard, ça peut être amis, ça ? » La question était peu pertinente mais l'image de Major et d'un compagnon roux lui avait brièvement traversé l'esprit. Sans qu'elle y croit une seule seconde, peut-être s'agissait-il du renard qu'elle avait entrevu avec Tamara... « Si elle est là, j'espère qu'elle passera dire bonjour... » souffla-t-elle avec un petit sourire et en observant les alentours jusqu'aux hauteurs ombragées, comme une invitation à une éventuelle Tamara observatrice, cachée, discrète, qui pouvait traîner dans les parages. Lorsque son regard redescendit sur son amie, elle trouva celle-ci inquiète et comprit aux mouvements au-dessus d'elles qu'elle n'était pas sereine. « T'inquiète pas, s'il y a des oiseaux, je te protégerai » la taquina-t-elle avec un clin d'oeil amusé, non sans se remémorer l'épisode des chauve-souris qu'elles avaient surprises en plein sommeil.

Enfin, Murphy se décida à s'avancer vers le vase posé à terre et s'accroupit devant pour le toucher du bout des doigts, comme pour converser silencieusement avec la disparue. Dans un soupir triste, elle glissa sa main dans ses cheveux et en tira une pâquerette qu'elle ajouta au petit bouquet coloré que Tennessee avait déposé quelques instants plus tôt. Son attention fut subitement attirée par son prénom et, accoudée à ses cuisses, elle se retourna avec un petit sourire, qui se fit amusé lorsque leur compagnon canidé coupa la parole de la mécanicienne. « Mais tu crois que c'est qui qui lui a appris à se jeter sur de la bouffe dès qu'on lui en présente ? » Amusée à l'idée qu'elle puisse lui avoir enseigné pareilles manières, Murphy observa un instant Antarès qui se régalait de l'habituelle pomme offerte par Tennessee et se redressa en jetant un coup d'oeil aux fameux buissons qu'il faudrait passer pour marquer le début officiel des recherches. « Oui... » dit-elle en inspirant profondément, les mains plantées sur les hanches. « On pourra faire une pause dans une heure ou deux pour manger. » Le petit déjeuner à l'ancien camp avait été plus que sommaire et une pause digne de ce nom, en cette belle forêt, serait plus que bienvenue -encore plus au milieu des recherches qu'elles étaient venues faire ici. « Oui, c'est par là », approuva-t-elle en désignant plus précisément les buissons qu'elle avait passés avec Tamara. « J'ai ramené un vieux tee-shirt qui était dans son sac, pour que Major amène sa pierre à l'édifice... » Elle déposa son gros sac par terre pour en tirer un tee-shirt décoloré, emballé avec soin dans un tissu propre pour qu'il perdre le moins possible l'odeur de son ancienne propriétaire. « Je sais pas s'il sent encore grand chose, mais je me suis dit que ça valait le coup d'essayer... » Elle profita qu'Antarès finisse sa pomme et vienne lui quémander une suite de festin pour lui proposer le vêtement, qu'il renifla comme s'il comprenait exactement ce dont il s'agissait. Déjà, le chien laissait les deux femmes derrière lui pour passer de l'autre coté des fameux buissons...

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Sujet: Re: Stand Bye Me
Sam 17 Nov - 22:25


Murphy & Tennessee @Antarès #WeAreTrap


Aussi vive que l'eau qui parcourait les rivières, Tennessee exécutait déjà un geste dans la direction du terrier, quand son œil accrocha une toute petite bestiole qui trottinait sur le dos de sa main. Une coccinelle. Peut-être la même qui vint lui rendre visite lors de sa discussion avec Harlan le Naori ? Fascinée la bouclée ne la quittait pas du regard, mais retroussa le nez quand Murphy évoqua Faust « Oh tu crois ? Alors ça a dû lui demander beaucoup de patience ! » Évidement il ne s'agissait pas de certitudes, personne parmi les deux jeunes femmes ne tomba jamais sur leur blonde amie vivante. L'une comme l'autre ne pouvaient qu'apporter des suggestions qui ne trouveraient jamais de réponses.

A part par Tamara mais elles demeureraient vagues. Certes ; le mystère qui entourait cette disparation interpellait Tennessee mais elle se tordait beaucoup moins le cerveau que la garde à propos des circonstances. Elle ne se concentrait que sur le  but final. Posséder enfin une réponse, une certitude sur la vie ou la mort de leur ancienne chef rebelle mais surtout amie.

« je ne sais pas Murphy, je suppose que tout peut être amis, tout peut être ennemis... Il suffit de pas grand-chose parfois pour s'aimer ou se détester » Et si elle avait sur comment ça fonctionnait sûrement que la mécanicienne eut fermé la clé de son cœur pour ne pas se retrouver distraite par tous ses choses sentimentales qui la déviaient toujours de ce qu'elle souhaitait atteindre. Enfin .... Désormais elle ne trouverait plus la force d'effacer ceux qui commirent l'infraction de pénétrer dans son Palpitant.

 
Doucement, avec une délicatesse qu'on ne lui soupçonnait pas, sauf quand elle triturait dans les entrailles d' objets métalliques et bizarroïdes, La bouclée avança le bout de ses doigts vers les fleurs afin que la bête à bon dieu puisse reprendre le cours de son cheminement. Ensuite elle lança quelques œillades curieuses aux alentours dans l'espoir d'apercevoir Tamara. Mais non. Tant pis, celle-ci s'apercevrait bien de leur passage quand elle reviendrait entretenir ce petit coin devenu sacré.

Malheureusement son attention fut attirée pas des ombres qui survolèrent le petit autel. Ces foutus volatiles pas moyen d'avoir un bout de ciel sans qu'ils viennent le squatter « Je te crois, mais tu sais ils sont rusés, et sournois, alors faut pas se laisser avoir, et puis je pense que la forêt devient plus dense » Elle espérait que la hauteur de la canopée les protégerait elle et Murphy de cette invasion.

Oh il existait bien entendu ce genre d'oiseaux qui nichaient dans les trous. Des hiboux mais ceux-là, pour une raison obscure elle appréciait bien leur bouille, et la mécanicienne leur accordait donc le bénéfice du doute. Ainsi qu'aux colibris parce qu'ils ne s'intéressaient qu'aux fleurs, et ne tentaient pas de vous piquer comme ces maudites guêpes. D'ailleurs Tennessee ne pardonnerait jamais à ces assassines d'avoir mis fin aux jours de Sadik. Malgré le fait que ce garçon fut très bizarre et eut tenté de l'assommer pour un bout de tuyau. Elle lui restait redevable d'identifier la location des cent pour qu'elle puisse retrouver Tristam.

Des images s'invitèrent dans l'esprit de Tennessee, des souvenirs, de Gen @Gen Deng et elle sur les bords de la plage, répandant les cendres de leur ami aux idées folles. Celui qui les rapprocha. Elle porta instinctivement la main contre sa poitrine là où le sang du cent l'éclaboussa juste avant qu'il ne meure. Son ventre se serra douloureusement juste au moment où Murphy ajoutait une adorable pâquerette à son propre bouquet. La mécanicienne fut distraite par Antarès qui mendiait pour son estomac, et lui consacra des minutes ou elle s'amusa avec lui, en reprochant joyeusement d'être mal élevé.

« Peut-être que c'est moi aussi, je le gâte beaucoup trop, je ne lui refuse jamais rien » Et ça ne changerait pas car elle savait pertinemment qu'au moindre de ses regards suppliants elle fondrait comme neige au soleil.

Un sourire rayonnant ornait son visage tandis que le soleil cherchait désespérément à les aveugler en leur envoyant des rayons de lumières que la végétation atténuait avant qu'ils n'atteignissent le sol. Son âme ragaillardit par l'énergie de Murphy qui ne reculait pas devant cette "épreuve", elle réajusta son sac sur son épaule « Oui c'est une bonne idée, et deux heures de route ça nous permettra déjà de faire un bon bout de chemin » Puis de décider pendant cette pause si elles continueraient ou rebrousseraient la piste parcourue.

La bouclée fit quelques pas dans vers la direction indiquée, elle se fiait plus à sa mémoire phénoménale qu'à son sens de l'orientation, ce qui revenait au même dans son cas « Et bien si c'est par là, embarquons-nous dans ce voyage »

Impatiente elle se retenait de courir, bien qu'elle effectua quelques pas pour encourager son amie de la suivre. Elle s'arrêta dès qu'elle entendit l'idée exposée par Murphy. Ses pupilles noisette s'illuminèrent tandis qu'elle revenait vers la garde pour vérifier le fameux T-Shirt. Ah non il ne s'agissait pas de celui tout ensanglanté volé au terrien qui tenta de les assaillir, pensant qu'à lui tout seul il viendrait à bout d'elles deux.

« Oh mais ça c'est vraiment une bonne idée, mais crois-tu que cette odeur inconnue pour lui le poussera à chercher ? » Elle ne doutait pas un instant des talents de leur magnifique compagnon. Cependant la logique l'obligeait à considérer que celui-ci pratiquait le plus souvent l'effort quand il en retirait une récompense ou bien souhaitait "faire plaisir" à une personne qu'il appréciait. Et à propos de Faust, pour lui ça se comparait au néant. Mais se butter sur ce détail n'avancerait certainement pas le problème. Et pourquoi pas tenter leur chance avec Major ?

« Bah oui après tout, la seule chose qu'on risque c'est que ça ne mène nulle part mais aussi que ça nous apporte des réponses. Et après tout c'est bien ce qu'on cherche ! » Tout ce verbiage sans compter l'avis du canidé qui n'hésita pas à flairer le tissu, et s'éclipsa aussi vite qu'une bourrasque. Justement par le taillis vers lequel la bouclée se dirigeait avant de se voir interrompue par cette petite expérience. Donc maintenant le tout consistait à ne pas se laisser distancer par un chien qui ne le permettait que lorsqu'il le souhaitait.  

Les ronces s'accrochèrent à ses vêtements, si bien qu'elle se débarrassa d'une veste inopportune pour franchir cette sombre végétation. Après le vide ... Tennessee se fia à ses oreilles, elle se précipita vers ce qui lui paraissait une course diffuse. Elle se retourna plusieurs fois pour s'assurer que la garde la suivait. Un aboiement éclata au loin, ce qui lui permit d'ajuster sa boussole personnelle. La bouclée vira légèrement vers la droite, à l'aveugle, elle trébucha plusieurs fois mais se releva sans hésiter. Une branche traîtresse lui arrache une boucle de cheveux, ce qui donna pour résultat une suite de jurons furieux franchissant les lèvres de la jeune femme

« Antares ! Antarès » S'égosilla-t-elle pour forcer l'animal à japper encore et lui permettre de juger si elle se rapprochait de lui ou s'en éloignait. Elle se moquait complétement qu'on puisse l'entendre l'Odysséenne, tout ce qui importait demeurait la vie d'Antarès, qu'on ne le perde pas dans cette forêt pleine de détours. Comment lui faire comprendre au prochain essai de ralentir un peu la machine, car certes, elle et Murphy ne se comparaient pas à des tortues mais malgré tout elles n'égalisaient pas encore la vitesse du guépard.

Et le pire de ses cauchemars se produisit quand elle débarqua en plein dans un rassemblement de corbeaux - corneilles ? Allez savoir -, qui possiblement décidèrent de faire une pause juste sur un petit arbuste se situant dans un lieu un peu plus dégagé. La bouclée s'y fracassa par mégarde et déclencha aussitôt une nuée de plumes noirs qui s'éparpillèrent tout autour d'elle ...

Un demi-tour sur elle-même opéra Tennessee, s'échappant dans le sens inverse, elle chevauchait la terreur, la réflexion venait de s'envoler avec les piafs qui poursuivaient la même course l'entourant d'un nuage sombre. La bouclée accélérait, persuadée que le manteau de la mort s'accrochait à elle. Et bien qu'elle prétendît dans sa tête chaque jour, qu'elle accepterait sa fin quand celle-ci se pointerait au détour d'une intersection, un désir puissant de la vaincre envahissait tous les pores de sa peau.

Désastreusement son pied rencontra un obstacle, quelque chose se glissa autour de sa cheville, la tirant par le haut, et sans comprendre elle se retrouva en quelques instant la tête en bas. Ses ongles s'enfonçant désespérément dans la terre qui s'affaissa sous ceux-ci. La mécanicienne se sentit brinquebalée dans tous les sens, si bien qu'elle en éprouva des nausées. Tennessee ferma ses paupières essayant de s'immobiliser pour comprendre exactement dans quoi elle venait de tomber. Un vent la balançait doucement, ses pieds pendaient dans le vide, particulièrement une de ses cuisses se voyaient comprimée dans ce qui lui paraissaient posséder la texture d'une corde.

Sa langue la démangeait follement, mais si un ennemi se dissimulait dans le coin autant ne pas attirer les autres. pourvu que Antares et Murphy aient divergés de la route pour s'éloigner d'elle, bien que tout son être réclamât leur présence ... Elle hésitait encore à laisser entrer la lumière à travers ses pupilles pour découvrir la situation piteuse dans laquelle elle venait de se faire piéger bêtement.

@Murphy Cavendish

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Sujet: Re: Stand Bye Me
Jeu 22 Nov - 23:39



❝ Stand by me ❞
Murphy Cavendish & Tennessee Brontë-Sand
(2 août 2118)


Le deuil était un voyage bien compliqué, pour Murphy; surtout lorsqu'il concernait Faust et toute l'incertitude qui entourait encore sa disparition. Elle s'était laissée bercer par le déni trop longtemps, avait été furieuse que certains pensent son amie morte alors qu'elle la savait encore vivante. Et puis le basculement avait été aussi doux que brutal, aussi évident qu'impensable. La vérité avait fini par la frapper de plein fouet, lâchée comme une furie dans la caboche et dans le cœur qu'elle avait tant cherché à protéger d'un tel raz-de-marée. Maintenant, elle apprenait à vivre sans Faust. Il restait encore de drôles de moments, de drôles de réminiscences de son passage de son existence. Trop de fois encore elle croyait l'entendre rire ou parler au loin, trop de fois encore elle se réveillait avec la sensation de l'avoir à ses côtés, prête à parcourir le monde avec elle. Ces moments-là étaient toujours fugaces, aussi brefs qu'un battement de cils, mais ils ne perdaient jamais de leur douleur. L'instant précis où elle réalisait que la présence de Faust n'appartenait qu'au passé déchirait toujours son cœur avec la même hargne que pendant les premières semaines. Mais quand elle était de retour dans la réalité, elle apprenait à vivre sans son amie. C'était terrible de se dire qu'on pouvait s'habituer à tout, y compris à l'absence de ceux qui avaient pu être notre vie entière. Faust était encore sa vie entière, mais sa vie entière était passée de l'autre côté. Elle ferait le grand plongeon, elle aussi, un jour, mais ce n'était pas pour maintenant. Les deux amies se retrouveraient quand il serait temps de le faire. Ce moment n'était pas encore arrivé. Le monde avait encore beaucoup trop à lui offrir, et elle avait encore trop à découvrir et à apprendre pour l'abandonner sans une dernière danse.

On s'y faisait, à la vie sans l'autre. Elle était différente, et le disparu appartenait à un passé qui ressemblait drôlement à une vie antérieure. On n'avait plus que quelques réminiscences de son existence tant la psyché était capable de résilience. On n'oubliait pas l'autre, mais on se faisait à cette nouvelle relation basée sur la discrétion et les secrets chuchotés à l'obscurité, au cœur de la nuit. Faust n'était jamais très loin de Murphy. Peut-être que c'était ça, le véritable héritage que l'on pouvait laisser à ce monde; avoir été aimé suffisamment pour être porté par ceux qui continuaient d'y évoluer quand on le quittait. Faust accompagnait encore ceux qui l'avaient tant aimée sur cette Terre et au-delà de son atmosphère; ceux qui l'aimaient encore tant, chérissaient son souvenir aussi fort qu'ils pleuraient son absence.

Retourner sur ce lieu découvert par hasard et aujourd'hui présenté comme la demeure finale de son amie avait demandé à la brune presque autant que d'accepter qu'elle n'était plus réellement là, avec eux. Tamara s'occupait des lieux comme si elle avait aimé aussi fort Faust que Tennessee ou qu'elle; c'était une drôle de chose, de trouver le lieu soigné, chéri et honoré. C'était une drôle de chose de trouver dans ce monde une âme aussi douce et précieuse que celle de Tamara, capable d'empathie comme peu s'en étaient montrées capables. La petite poterie était posée là où elle l'avait promis, porteuse de quelques fleurs qui périssaient mélancoliquement. Sur la réserve, respectueuse ou peut-être trop émue, Murphy regardait sagement Tennessee y ajouter un bouquet coloré, qui reprendrait le flambeau de leurs prédécesseurs, autrefois aussi flamboyantes que celles-là. La forêt semblait subitement silencieuse et du coin de l’œil, Murphy n'avait d'autre choix que de voir ce chemin qu'elles emprunteraient ensuite, celui qu'elle avait tant évité, celui auquel il lui faisait si mal de penser, celui qui avait rendu son retour ici si difficile. Car l'emprunter, c'était chercher des réponses. Et après tout ce temps, Murphy n'était plus réellement sûre d'en vouloir. Elle s'accrochait à cette part négligeable d'elle-même qui pensait encore revoir Faust un jour, et c'était un équilibre qui ne lui convenait pas trop mal. Si ce dernier doute s'évanouissait, alors que deviendrait cet équilibre ? Serait-elle jamais capable d'en retrouver un autre ? Peut-être qu'il ne fallait pas se poser la question; peut-être qu'il n'y avait que l'expérience et le temps qui pouvaient y apporter une vraie réponse, de toute façon. Alors peut-être qu'il fallait poursuivre cette piste, parce qu'au moins, maintenant, on en avait une. Peut-être que quelques réponses supplémentaires seraient moins pire qu'aucune réponse; peut-être aussi qu'elles ne trouveraient rien, et pourraient laisser cette perspective derrière elles, accepter que non, il n'y aurait pas de réponses, plus d'indices, rien de plus à se mettre sous la dent pour accepter ce qui devait l'être.

La présence de Tennessee était réconfortante; elle l'ancrait à la réalité, lui rappelait qu'ici n'appartenait pas à un rêve grotesque et qu'il n'y avait peut-être guère plus de raisons de redouter cet endroit que n'importe quel autre coin de la forêt. Entendre sa voix la rassurait, l'empêcher de ruminer trop longtemps, de redouter ce qui n'était pas encore arrivé, les réponses qu'elles n'avaient pas encore trouvées, qu'elles ne trouveraient peut-être pas. Elle sourit en s'imaginant l'impossible: que Faust ait pu apprivoiser des renards par ici; encore plus quand Tennessee abonda dans son sens. C'était un sourire mélancolique qui portait le poids de l'inconcevable et des images inventées de Faust qui s'imposaient à son esprit. Faust avec des renards; une fiction comme elle aurait aimé y croire. « Faust était bien plus patiente que beaucoup d'entre nous... » Elle soufflait d'une petite voix, le regard perdu dans le vague, plus à sa propre intention qu'à celle de la brunette encore postée près du vase laissé par Tamara. Ca la frappait brutalement, tout ce que Faust et sa patience lui manquaient. « T'as peut-être raison, oui... » Elle sourit faiblement en regardant Antarès, qui, d'une façon qui lui demeurait obscure, semblait comprendre l'importance, la gravité et la lourdeur de l'instant. « Mais Antarès a déjà ramené des renards... genre, morts. Une amitié entre les deux, ça donnerait sûrement un scénario dramatique à la Roméo et Juliette. » D'un peu plus loin, Murphy continuait de tranquillement observer Tennessee, qui s'occupait des fleurs qu'elle laissait là -probablement presque aussi tendrement qu'elle accordait un ras-de-marée de pensées à leur amie disparue. « Si t'as besoin d'un moment toute seule, je peux aller plus loin... » proposa-t-elle sans savoir ce qu'il était de coutume de faire dans ce genre de situations. Elle suivait les traces de quelqu'un qui n'était plus, qui n'avait fréquenté ces lieux que dans une durée limitée et pour une raison qui leur demeurait totalement obscure. Le deuil était différent pour chacun; sa gestion l'était tout autant. Murphy redoutait la solitude parce que c'était elle avec elle que venaient toujours les pires sentiments, comme un flot insaisissable, accablant, imperturbable. Avec de la compagnie, il était plus facile d'ignorer le chagrin. C'était peut-être pour ça qu'elle avait accepté cette expédition; avec Tennessee à ses côtés, elle avait la meilleure compagnie qui était pour affronter l'épreuve qui s'annonçait. Peut-être qu'elle devrait la soutenir, à certains moments; peut-être même qu'elle devrait la relever. Mais si elle devait affronter la menace de réponse et celle de l'absence de réponses, alors elle les affronterait avec sa plus grande alliée, l'une des seuls qui la comprenaient vraiment. « Oh, mais je suis plus rusée et plus sournoise... » affirma-t-elle, les mains toujours sagement liées devant elle, le nez tendu fièrement en l'air, un sourire en coin, le regard rivé sur son amie. « T'inquiète vraiment pas pour ça... on a plus important à penser. » L'enveloppant d'un regard bienveillant et protecteur, Murphy souhaitait pour Tennessee qu'elle arrive à oublier ces menaces de là-haut. Pas pour le bien de leurs recherches, mais pour le bien-être de son amie. C'était d'autres sentiments qu'elle devait se méfier, d'autres émotions qu'elle devait appréhender.

Murphy n'avait pas de bouquet pour Faust, elle. Elle avait regardé son amie cueillir des fleurs sur le chemin et en faire un bel ensemble coloré. En s'accroupissant à son tour devant la poterie de Tamara, c'est une simple Marguerite qu'elle tira de derrière son oreille, là où elle s'était mélangée à sa chevelure. Elle ne voulait pas s'éterniser ici, devant les fleurs laissées par celles qui se rappelaient de la blonde. Juste quelques secondes pour lui dire qu'elle lui manquait, terriblement, qu'elle pensait à elle tous les jours et qu'elle avait tant de choses à lui dire, tant de questions pour elle. Pas une seule seconde de plus, pas une seconde de plus qui pourrait lui coûter des larmes, des frissons, le retour de ce sentiment accablant qu'étaient ceux du désespoir, de l'impuissance et du désemparement. Derrière elle, elle entendait Tennessee s'adresser à Antarès, qui semblait avoir compris qu'une gourmandise se présageait. La tête tournée et levée vers son amie, un œil mi-clos car victime d'un rayon solaire, Murphy répondit avec un sourire taquin. « Ah ça, je peux pas te contredire. » En se redressant, laissant les fleurs derrière elle, elle ajouta que « On fait de piètres mamans. John serait pas fier de nous, jcrois. » Elle riait un peu jaune en repensant à cette remarque faite pourtant des mois auparavant.

Mais ce n'était pas le plus important ou le plus grave. Le moment qu'elle redoutait tant était arrivé. Elle l'avait tant redouté et tant imaginé qu'il paraissait subitement bien trop aisé. Il suffisait de suivre la voie qui s'ouvrait derrière ces buissons. De suivre Antarès, peut-être, s'il arrivait à reconnaître des restes d'odeur sur le vieux tee-shirt et dans la terre. « Oui, ça nous laisse un peu de marge. Et au pire, rien nous empêche de nous arrêter avant. On a tout le temps qu'il faut. Faut juste faire gaffe à où on va. » Les idées parfaitement structurées, elle essayait de les transmettre à son acolyte, comme si ça pouvait la rassurer. Dans son ventre et dans sa gorge, elle sentait poindre une boule d'inquiétude déjà. Commencer les recherches revenait à faire quelques pas à peine; poursuivre les recherches revenait à en faire quelques uns de plus et à continuer, encore, pendant de longues minutes ou heures. Ce n'était pas grand chose, quelques pas, quelques milliers de mètres. C'était ce qu'elle faisait tous les jours, ici ou ailleurs, dans les montagnes ou au bord de la mer, autour du village ou en son sein. Silencieusement, elle regarda Tennessee s'avancer vers les buissons qu'elle avait désignés. Elle, elle restait immobile et observatrice, dos au petit vase, repoussant seconde après seconde le début des recherches. Organiser, d'abord. Sortir le vieux tee-shirt de leur amie, juste parce qu'elle l'avait, juste parce qu'elle ne pouvait pas ne pas essayer. « C'est pour l'entraîner et tester son pistage qu'Oona m'avait confié Major, au début... » Elle n'était plus très sûre d'avoir expliqué toutes ces choses-là à Tennessee. Ca semblait appartenir à un autre siècle, maintenant. « Depuis le temps, je suis pas sûre que le tee-shirt et le sol sentent encore quelque chose, mais ça vaut le coup de voir si ça peut nous mener quelque part quand même... » Depuis le temps. Depuis deux ans. Elle ne croyait pas que cet outil pouvait vraiment en être un; elle l'avait juste ramené pour être sûre qu'il ne pouvait pas en être un. Depuis deux ans, le monde avait continué de tourné. Le parfum de Faust avait quitté le tee-shirt de sa propriétaire. Murphy ne le sentait plus, et malgré l'odorat que l'on pouvait prêter à Antarès, elle était persuadée qu'il ne le sentirait pas plus qu'elle. Le sol et les végétaux avaient continué de vivre. Les molécules odorantes qui avaient dû s'accrocher partout ici avaient très probablement pris un autre chemin depuis bien longtemps; emportées par les vents, par les pluies, par le cyclone, par les saisons, les chaleurs éreintantes et les froids glaçants. Si ça valait le coup d'essayer, c'était parce que ça ne valait pas le coup de ne pas essayer. Tennessee confirmait ces doutes et surtout les raisons qui les poussaient à tenter ce qui devait l'être avec ce vieux vêtement. Antarès, aussi curieux que gourmand, s'approcha d'elle, le museau en l'air, cherchant une suite à son festin, ne trouvant dans les mains de sa compagne humaine qu'un vieux chiffon à renifler.

Au final, c'est Major qui prit la décision pour elles deux. En s'élançant comme une flèche à travers les buissons désignés un peu plus tôt par Murphy, il força cette dernière à laisser derrière elle ses doutes et ses excuses. Pas même le temps d'échanger un regard avec Tennessee. La patrouilleuse se saisit violemment du sac posé par terre pour le jeter sur son dos et prendre la suite de ses deux compagnons. Traverser les buissons, arriver à cette clairière qui n'avait plus grand chose de l'onirique qu'elle y avait rencontré avec Tamara. Glisser à travers les arbres puis s'emmêler dans les hautes herbes, celles-là même où elle s'était allongée et presque endormie des mois auparavant. Maintenant, elle les traversait à la hâte, concentrée sur la boule de poils qui filait comme un boulet de canon. Traverser la clairière à une vitesse pareille se fit en un battement de cils; déjà ils retrouvaient la forêt, les racines qui sortaient de terre et ronces mal intentionnées. Murphy tentait d'anticiper au mieux les obstacles, se refusait à s'arrêter une seule seconde parce que son chien était déjà bien trop loin. Elle devinait Tennessee non loin d'elle, la revoyait une seconde et la perdait de vue quelques autres secondes. Il lui sembla l'entendre tomber plusieurs fois et prendre un peu d'avance sur elle au fur et à mesure. Dans n'importe quelles autres circonstances, elle se serait arrêtée pour vérifier l'état de son amie. Dans celles-ci, elle se contentait de s'assurer de la revoir quelques instants plus tard, à plusieurs mètres d'elle. Elle avait trop peur de perdre Antarès; pas la piste qu'il suivait, peu importe ce qu'elle pouvait être. Elle ne cherchait pas Faust, à cet instant précis; elle cherchait désespérément à ne pas perdre son chien. Elle ne croyait pas une seule seconde qu'il puisse avoir trouvé des traces de Faust sur ce tee-shirt ou sur cette terre qui avait oublié le passage de la blonde depuis bien longtemps déjà. Paniquée, ce qu'elle poursuivait, ce n'était pas les souvenirs de Faust; c'était son avenir avec son chien. Alors si elle laissait Tennessee gérer sa propre course, c'était égoïste, terriblement égoïste. A laisser filer son chien trop loin et trop vite, elle revoyait cette terrible journée de novembre. Ce jour-là, s'il n'avait pas croisé le chemin d'Elias, elle ne l'aurait peut-être pas retrouvé. Et maintenant, qui pour jouer ce rôle ? Elle ne pouvait compter que sur elle-même -sur Tennessee aussi, peut-être, mais dépendre de quelqu'un d'autre rendait impuissant, était incroyablement insatisfaisant. Alors elle courrait, aussi vite qu'elle le pouvait, se perdait un peu, retrouvait son chemin, redoutait de ne plus parvenir à le faire. Elle restait silencieuse; seul son souffle bruyant exprimait sa panique et toute l'endurance qu'elle mettait au service de ses inquiétudes.

C'était dans l'ordre des choses, de ne plus voir Tennessee à ses côtés, même à des mètres d'elle. Elle retracerait son chemin plus tard, si le cours des choses le lui permettaient. La main serrée sur le vieux tee-shirt comme si c'était son bien le plus précieux, elle courrait jusqu'à en cracher ses poumons. Ce qui comptait, c'était la boule de poils blanche qui réapparaissait entre les arbres de temps à autres. Elle ne criait pas son nom parce qu'elle savait le geste inutile et son souffle plus important, mais ses yeux hurlaient le désespoir de le voir s'arrêter un jour.

Elle freina subitement, au milieu de la forêt, entre de vertigineux arbres qui ressemblaient à tous leurs voisins arbres vertigineux. A quelques mètres devant elle, Antarès s'était arrêté, la langue pendue, les babines ensanglantées. A ses pieds, un tas de viande que Murphy n'avait pas le courage de détailler. A bout de souffle, elle chercha de quoi s'appuyer pour ne pas s'effondrer, s'accrocha au premier arbre qui lui passait sous la main. « Pu... tain... » souffla-t-elle alors que les larmes lui montaient aux yeux, les poumons à la gorge. Il faisait beaucoup trop chaud pour ces conneries et la main posée sur sa poitrine, elle essuya la transpiration qui s'était agglutinée sur sa peau, sentant au passage le rythme paniqué de son cœur. A ce moment précis, à cette seconde précise, elle détestait viscéralement Antarès. Elle s'adossa lourdement au tronc d'arbre et chercha d'un œil morne Tennessee, dont elle espérait qu'elle les rattraperait vite. « Ten ! » l'appela-t-elle de toutes les forces qui lui restaient -c'était à dire d'une façon un peu trop étouffée pour porter aussi loin qu'elle l'aurait aimé.

Les secondes défilaient et tout son organisme se calmait progressivement. A côté d'elle, Antarès continuait son repas et la carcasse aux reflets roux ressemblait de moins en moins à un animal, de plus en plus à un tas carné, aux restes d'un festin. Murphy répétait le prénom de Tennessee sans n'avoir aucune réponse et enfin, lorsque son état lui permit de se détacher de l'arbre qui la supportait, elle marcha sur ses propres pas, guettant la présence de son amie, inquiète de ne pas la trouver à proximité. « TENNESSEE BRONTË-SAND » pestait-elle quelques dizaines de mètres plus loin, détachant les syllabes comme si elle réprimandait un enfant, réalisant qu'elle était bien loin de chercher Faust, trop préoccupée à l'idée de perdre Antarès, puis Tennessee. Elle guettait d'ailleurs que son chien la suivait bien et retournait le tee-shirt dans ses mains, impatiente, inquiète, furieuse de ne pas obtenir de réponse. En atteignant une petite clairière de quelques mètres carrés à peine, qu'elle ne se souvenait d'ailleurs pas empruntée plus tôt, Murphy commençait à sentir la panique se saisir d'elle sérieusement. « Tennessee, jte jure, c'est pas marrant, tu vas être privée d'Antarès pendant deux semaines ! » Elle s'avançait un peu au milieu du petit terrain dégagé, fourrant la moitié de son visage dans le morceau de tissu pour fulminer dans son coin. « TROIS SEMAINES ! UN MOIS, DEUX MOIS ! UN AN ! » Il n'y avait qu'Antarès pour l'entendre changer sa sentence sans fin. Antarès, où était-il, d'ailleurs ? Elle le trouva à quelques mètres d'elle, là où les arbres étaient encore denses. Il était assis, regardait en l'air d'un drôle d'air et Murphy lui en voulait encore pour la course effrénée de plus tôt, le faux espoir qu'il aurait pu lui donner, celui qu'il avait peut-être donnée à son amie, et la disparition de celle-ci. Dans un grognement rauque, elle porta ses mains à son visage et leva la tête, les paupières mi-closes, avant de sursauter. Elle venait de retrouver son amie. Au-dessus d'Antarès, bien au-dessus de lui, bien trop au-dessus de lui, pendait un filet. « TEN ! » Le tee-shirt en tomba par terre, le sac à dos le rejoignit un instant plus tard. « Ca va là-haut, t'es encore entière ? » Au moins, elle l'avait retrouvée. « Je crois que Major nous a juste fait chasser une bête, tu sais... » Elle jeta un bref coup d'oeil à la bête qui fixait sagement en l'air, poussant quelques râles inquiets qui dénotaient avec le sang dont sa face était encore couverte. « Tu... tu... t'as... » Paniquée, elle s'avançait vers l'arbre qui la portait dans ses hautes branches, reculait jusqu'à son sac, hésitait sur la marche à suivre. « Tu... t'as un couteau ? » Elle s'arrêta, les bras ballants, à regarder en l'air.

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