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˜˜˜˜˜˜every man needs to rest (isaak)
maybe life should be about more than just surviving


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Sujet: every man needs to rest (isaak)
Dim 29 Juil - 19:57


Flashback : janvier 2116

La journée avait été longue. Très. A peine le soleil s'était-il levé qu'Ariane avait déjà du réceptionner des cargaisons de matériaux venant d'autres tribus. Il avait fallu coordonner la livraison, s'assurer de tout y était, ranger -avec l'aide des esclaves de l'armurerie, bien sûr-, passer commande, payer leurs alliés. Plus d'une dizaine de fois et son dos en avait fait les frais : elle avait beau s'étirer dans la boutique maintenant vide, car fermée, elle ne parvenait pas à faire disparaître la tension qui y résidait. Surement qu'elle n'était pas simplement due aux efforts qu'elle avait fourni tout au long de la journée car n'ayant pas peur de se salir les mains elle s'était démenée aux côtés des esclaves pour que tout soit en ordre au retour de ses parents. Tous deux étaient partis rendre visite à de vieux amis dans les montagnes et étaient censés rentrer le lendemain aux aurores : Ariane avait hâte de les retrouver. Les Visegard ne se cachaient pas d'être une famille soudée, et même à son âge lorsque ses parents quittaient la cité elle ne pouvait s'empêcher de se languir d'eux non sans une pointe d'inquiétude. Ils se faisaient vieux, et le monde lui se faisait de plus en plus dangereux. Cette fois-ci néanmoins leur retour avait un goût d'inconscient : une maladie trainait entre les murs de la cité. Une maladie que même les sorciers ne parvenaient pas à panser avec la même efficacité qui leur était habituelle. Les rumeurs allaient bon train mais comme toujours Ariane n'y prêtait pas vraiment attention, préférant se concentrer sur ses tâches plutôt que sur les fantaisies des uns et des autres. Pourtant, la brune était inquiète. Pour ses proches, tout comme pour elle : personne ne s'était encore totalement relevé du virus.

Assise à son bureau en face de l'entrée, la noble peinait à faire ses calculs tant elle devait gesticuler sur sa chaise pour trouver une position confortable. Sans doute qu'elle devrait aller voir quelqu'un pour régler le noeud qu'elle sentait entre ses omoplates en sortant de l'armurerie... Mais d'abord, Ariane devait terminer de faire les comptes de la boutique après cette longue journée d'allers et venues. Les minutes passèrent, interrompues ça et là par de longs soupires agacés de sa part tant par la liste interminable de transactions que par cette douleur qui ne partait pas. La clochette près de la porte se mise à sonner, signe que quelqu'un venait d'entrer mais elle ne daigna pas lever la tête se contentant d'un On est fermés, revenez demain. désintéressé. Son attention, tout comme sa concentration était ailleurs, venant presque à bout de ses calculs. Pourtant, la cloche ne sonna pas à nouveau et la personne qui était entrée ne semblait pas être sortie. Elle réitéra, cette-fois plus dure et visiblement agacé de devoir répéter. On est fermés. Revenez plus... commença donc t-elle a dire, cette fois en relevant la tête vers son interlocuteur qui s'était fait bien silencieux jusqu'ici. Mais elle s'arrêta en pleine phrase, prise de court par le visage familier en face d'elle. Isaak. dit-elle en guise de salutation tout en se redressant sur le dossier de sa chaise. Ils ne s'étaient pas adressé la parole depuis des semaines, peut-être plus. Et s'il leur arrivait de se laisser aller à des élans charnels la tension (nourrie autant par l'envie que par ce qui les séparait) entre eux ne désamplifiait pas. Pas depuis leur dernière dispute dont ils gardaient encore les stigmates, chacun blessé là où ils étaient le plus sensibles : l'ego. Qu'est-ce que tu veux ? lui demanda-t-elle enfin, ne passant pas par quatre chemins. Si elle ne l'avait pas mis dehors, ce n'était que parce qu'il était Prince et qu'elle avait beau en avoir envie, les horaires ne s'appliquaient jamais à sa famille. Le brun le savait, aimait se jouer de la différence qu'il existait entre son sang, royal, et celui des autres. Même des nobles.

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15/05/2018 Haeny 442 Jon Bernthal Laenai aka Tasha <3 pisteur et guerrier Rahjaks 27


Sujet: Re: every man needs to rest (isaak)
Jeu 2 Aoû - 20:49

Si les entraînements le divertissaient d'ordinaire, Isaak détestait y assister sans combattre. Ils étaient l'occasion de mettre ses talents en pratique, même si la plupart du temps, il ne devait pas vraiment y participer. Ces derniers temps, son rôle se bornait à de la simple supervision. Alors, quand un soldat avait lancé l'idée de se quitter sur quelques duels aléatoires, l'idée lui avait paru séduisante. Cela faisait trop longtemps qu'il n'avait plus croisé le fer, même pour s'amuser. Seulement, en s'élançant contre sa malheureuse victime, le cimeterre du guerrier s'était brisé au premier choc, comme s'il avait été maudit. En ruminant, il avait ramassé les quelques bouts de métaux qui composaient autrefois sa fière lame.

Il n'avait pas le choix : un détour par l'armurerie s'avérait nécessaire. Il ne pouvait pas vraiment se permettre d'envoyer un esclave à sa place : à cette heure tardive, un simple serviteur serait prié de revenir le lendemain. Or, le Prince avait besoin de sa lame le plus vite possible.

Il se rendit donc à l'armurerie Visegard le soir-même. Ses rapport avec le père d'Ariane étaient ... particuliers. Isaak avait fréquenté sa fille de manière occasionnelle. Il y avait même eu quelque chose de très sérieux entre eux. Malheureusement, leur histoire s'était terminée sur des mots aussi violents que des coups. Comme d'habitude, Isaak en était venu aux mains. C'est pourquoi il n'aimait pas trop croiser son père, et préférait avoir affaire à un esclave, même pour ce genre d'affaire urgente. Trop de souvenirs. Trop de gêne. Et pourtant il était le Prince, alors qu'avait-il à craindre ?

En passant la porte du magasin familial, il ne s'attendait pas à entendre cette voix. Celle qu'il connaissait presque par coeur. Et pourtant.
On est fermés, revenez demain.
Un sourire aux lèvres, Isaak s'approcha du comptoir à pas lent, chargé de mauvaises intentions. Elle était perdue dans ses comptes, absorbée par ses petits tracas quotidiens. Amusé d'avoir l'ascendant sur elle, sans vraiment l'avoir cherché, il s'approcha en silence, jusqu'à la surplomber complètement.
On est fermés. Revenez plus...
Ariane releva la tête pour lui faire face. la Noble était visiblement surprise, désarçonnée même, de le voir. Sans doute le maudissait-elle autant qu'elle le pouvait. Il ne put s'empêcher d'admirer son visage et ses billes brunes qui le fixaient, visiblement fatiguées après une longue journée.
Isaak.
Elle se redressa pour lui faire face et se redonner une contenance. Lui-même resta planté devant son bureau sans répondre. Sa présence était ... inattendue. Il tâchait de ne pas montrer qu'elle avait une quelconque importance à ses yeux. Si seulement il avait été plus crédible.

A peine eut-il le temps de répondre qu'elle l'interrogea, sur un ton peu avenant :
Qu'est-ce que tu veux ?
Ce qu'il voulait ? Les oreilles chastes n'auraient sans doute pas supporté la réponses sincère. Et pourtant, il était là pour une raison on ne peut plus évidente.

"Bien des choses..."
commença-t-il un sourire aux lèvres. D'humeur moqueuse, le Prince se jouait de la situation. Ariane mourait d'envie de le mettre dehors, et c'était la dernière chose qu'elle pouvait se permettre de faire. Elle devrait répondre à sa demande correctement avant qu'il ne daigne mettre un pied dehors. Bien sûr, il ne comptait pas la toucher. Pas cette fois. Il voulait juste s'amuser un peu.

"Ton père est là ?"
Question à double tranchant. Elle pouvait trahir de mauvaises intentions de sa part ou tout simplement souligner l'incompétence qu'une femme pouvait avoir à ses yeux. Après toutes ces années, il savait où frapper.
"Lui... Il saurait quoi faire."
ajouta-t-il avec amusement en commençant à se promener dans le magasin, laissant promener ses mains sur les lames et les armes aussi létales les unes que les autres. Mais sans doute l'étaient-elles moins que son interlocutrice.

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Sujet: Re: every man needs to rest (isaak)
Jeu 2 Aoû - 21:52

Flashback : janvier 2116

Elle avait ses bras croisés sous sa poitrine, non sans savoir déjà que le regard d'Isaak y coulerait certainement. Ariane avait compris sans grand mal à son sourire les idées qui pouvaient déranger son esprit, car il y avait sur ses lèvres une ombre qui lui était familière et à laquelle il lui arrivait de céder. Le temps et l'espace qu'ils continuaient à mettre entre eux ne faisaient finalement que nourrir leur désir sans futur. Et Ariane, alors, en voyant le rictus moqueur du Draghsteel se peindre sur ses lèvres se promis de ne pas baisser sa garde cette fois. À la place, elle le toisa depuis sa chaise sans daigner se lever et s'il la surplombait sans mal la brune n'en avait que faire. Aussi fier l'un que l'autre, sans doute qu'il se sentait supérieur : tout autant qu'elle qui restait campée sur sa position, derrière le bureau qui lui conférait un certain pouvoir. Aussi minimum soit-il face à Isaak, Ariane en profitait. Bien des choses... lui répondit-il enfin, non sans provoquer chez la brune un soupire entre amusement et agacement. Isaak était gonflé, comme toujours. C'était peut-être cette assurance qui l'avait attirée au début, et encore aujourd'hui sa présence ne la laissait pas de marbre : bien qu'elle tentait savamment de cacher le plaisir qu'elle ressentait de le voir après de longues semaines sans jamais qu'entendre parler de lui. Ton père est là ? la Visegard arqua un sourcil, surprise qu'il le demande lui qui d'ordinaire semblait ne pas vouloir avoir à faire avec lui. Pas depuis leur dernière rupture dont elle se souvenait très bien et pour laquelle elle ne lui avait toujours pas pardonné. Si elle était rentrée chez elle avec les marques de ses mains sur sa peau, elle y avait laissé aussi les siennes. Peut-être l'avait-elle ainsi blessé plus profondément, se jouant de son ego à l'époque et encore maintenant. Lui... Il saurait quoi faire. et tandis qu'il fait mine de s'intéresser aux lames des armes en exposition dans l'armurerie, Ariane ne peut s'empêcher de lever les yeux en l'air. Excédée. Il savait où piquer pour nourrir les flammes qui l'habitaient et malheureusement elle ne pouvait pas lutter contre sa propre nature. À la place, elle ferme lourdement le livre des comptes dans un bruit sourd tout en se levant enfin de sa chaise.

Si tu veux tant que ça le voir, il faudra revenir demain soir. lui répondit-elle froidement, tentant de ne pas trop la ramener car elle sentait bien qu'il n'attendait que ça. Qu'elle sorte de ses gonds pour jouer avec le feu. Puis elle fit lentement le tour du bureau, avant de s'y appuyer pour observer le Rahjak caresser les armes. Ici, on ne touche que ce qu'on achète. Tu le sais. qu'elle gronda presque. Ses armes, elle les chérissait. Avait supervisé leur aiguisage et polissage avec minutie, faisant recommencer ses esclaves à la moindre erreur. Alors qu'elles se retrouvent avec les traces de doigts du Prince, si cela pouvait faire rêver certains marchands qui s'en vanteraient, ne plaisait pas du tout à la brune. Ariane avait été trop proche d'Isaak pour encore le hisser aussi haut que le reste du peuple. La magie n'opérait plus, du moins, pas comme ça. Puis elle perdit patience, posant ses mains de part et d'autre de ses hanches sur le bois du bureau contre lequel elle s'était appuyée. Si tu t'ennuies, sache que je suis occupée. Moi. finit-elle par dire, comme si elle parlait à un enfant. Elle n'était pas à sa disposition pour passer le temps, avait à faire. Elle. Aussi rajouta-t-elle, pour terminer. Alors si tu veux voir mon père, tu peux repasser demain. et jamais totalement un ordre, car elle ne pouvait pas le jeter dehors. N'en avait ni le droit, ni l'autorité. Isaak ne répondait qu'à lui-même, ou au Roi. Et si Ariane aimait penser qu'elle aussi, chaque passage d'Isaak lui rappelait qu'il avait lui aussi la main sur elle. Que cela lui plaise ou non. Pourtant, elle fit mine de retourner vers sa place espérant avoir coupé court à la discussion qui semblait s'installer entre eux.

Sa robe : juste ici.
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15/05/2018 Haeny 442 Jon Bernthal Laenai aka Tasha <3 pisteur et guerrier Rahjaks 27


Sujet: Re: every man needs to rest (isaak)
Dim 5 Aoû - 13:41

Si la fierté était une vertu, elle était aussi un défaut à exploiter. Isaak était sans doute le mieux placé pour le savoir et quelque part, il reconnaissait en Ariane cet orgueil qui le rongeait depuis toujours. Sans doute se ressemblaient-ils plus qu'ils ne le croyaient, et sans doute cette volonté de dominer l'autre, peu importe le prix, finirait-elle par les perdre un jour. Mais à cet instant, le Prince comptait bien profiter de l'ascendant qu'il avait sur l'armurière malgré elle. C'était un jeu qui le délectait plus que tout autre.

Ariane ferma brutalement son livre, faisant retentir dans l'atelier un bruit sourd qui trahissait son agacement naissant.
Si tu veux tant que ça le voir, il faudra revenir demain soir.
Même si sa voix restait plutôt calme, Isaak savait pertinemment qu'il jouait avec le feu, et qu'elle finirait par sortir de ses gonds s'il continuait. Et c'était exactement ce qu'il voulait. Malgré tout le contrôle et la volonté dont Ariane faisait preuve, Isaak pouvait sentir une petite pointe d'impatience dans sa voix qui le faisait presque sourire. Bien sûr, il n'avait aucune intention de partir dans l'immédiat. C'est pourquoi il garda le silence et poursuivit son exploration du magasin. Il avait toujours admiré l'artisanat exceptionnel des Visegard et profitait de l'occasion pour visiter tranquillement leur boutique.

Quittant enfin son bureau, Ariane poursuivit, sans le perdre des yeux.
Ici, on ne touche que ce qu'on achète. Tu le sais.
Bien sûr qu'il le savait. Ce n'était pas pour rien qu'il s'amusait à glisser ses doigts sur les lames valant des milliers de pièces d'or, que même certains Nobles ne pouvaient se payer. Mais lui, le pouvait, évidemment.
Et tu sais très bien que ce n'est pas un problème
Joignant le geste à la parole, il saisit un sabre serti de pierres, sans doute parmi les plus chers du commerce, et commença à travailler quelques moulinets légers, comme si l'arme était déjà sienne. Autant dire que c'était le cas. Chez un autre artisan, Isaak aurait sans doute détruit une partie du magasin en guise de réponse, mais il avait trop d'estime pour le travail des métaux et des armes (surtout celui des Visegard) pour réagir de la sorte. Et puis, il ne voulait pas que les choses dérapent de nouveau entre lui et Ariane. Quelque part, la situation actuelle l'arrangeait bien : inutile d'envenimer les choses entre eux.
Si tu t'ennuies, sache que je suis occupée. Moi. Alors si tu veux voir mon père, tu peux repasser demain.
De nouveau, elle le conduisait vers la sortie, poliment. Isaak laissa échapper un ricanement.
Désolé de te déranger à ce point. Mais je n'ai aucune intention de partir.
Il fixa la brune de ses yeux noir, qu'il laissa glisser sur ses courbes.
C'est vraiment dommage que ton père ne soit pas là...
Il reposa l'arme en exposition et s'avança vers le bureau, s'approchant d'Ariane sans aucune vergogne. Il ne lâchait pas la Noble du regard, et ne souriait plus. Plus la distance entre eux se réduisait, et plus des pensées sombres naissaient dans son esprit. Elle avait toujours autant d'emprise sur lui et ses désirs, et quelque part, il s'en effrayait. Qui d'autre aurait pu se vanter ? Irina, peut-être ?

Quand il ne fut plus qu'à quelques centimètres de son visage, Isaak s'immobilisa pour profiter de ce rapprochement troublant. Quand la tension fut à son comble, il baissa les yeux sur sa ceinture, et dégaina le cimeterre brisé.
Tu vois. Je t'avais dit que c'était urgent.
Il posa l'arme brisée sur le bureau derrière elle, non sans s'approcher encore davantage, et joignit à la lame les morceaux de métaux qui s'étaient brisés à l'entraînement. Ensuite, supportant difficilement la proximité d'Ariane en feignant l'indifférence, il s'éloigna pour lui faire face, mais à une distance plus raisonnable, cette fois.
Je l'ai depuis cinq ans... Le travail de ton père est vraiment très bon.
"Exceptionnel" était le mot le plus juste, mais il ne voulait pas non plus flatter l'ego de la jeune femme. Ariane comprendrait sans mal la valeur de l'arme, et sa qualité : assez robuste pour supporter les combats et les entraînements, et assez luxueuse et ostentatoire pour accompagner une tenue de cérémonie.
Un remplacement fera l'affaire pour l'instant, mais je veux la récupérer assez rapidement, en parfait état.
N'importe qui d'autre aurait dit "j'aimerais", mais Isaak détestait les excès de politesse, telle était sa nature.

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Sujet: Re: every man needs to rest (isaak)
Dim 5 Aoû - 16:45

Flashback : janvier 2116

Ils étaient comme deux lions en cage. Aussi fiers et féroces que l'animal, les deux Rahjaks se tournaient autour tout en se dévorant du regard avec la même intensité qu'avant un affrontement. Pourtant, aucun ne montrait les crocs. Tout se jouait dans les ombres de leurs pupilles aussi noires les unes que les autres. Un spectacle qu'ils ne s'offraient qu'en privé car quand d'autres regards se mêlaient aux leurs, ils n'avaient aucun mal à porter leurs masques : celui du Prince et de la noble que rien ne liait à part un échange commercial. La vérité était toute autre, et leur relation bien plus profonde qu'ils n'osaient se l'avouer. Le faire serait certainement vécu comme une marque de faiblesse et leur ego s'y mêlant les en empêchait avec acharnement. Finalement, ils dépensaient beaucoup plus d'énergie à se tenir à distance qu'ils ne l'auraient fait en assumant leurs désirs. Isaak et Ariane étaient cependant aussi immuables que les montagnes qui abritaient les mines de sel Rahjak. La brune ne pu s'empêcher de le fusiller du regard lorsqu'il osa manipuler une de ses armes, avec l'intime conviction qu'il ne le faisait que pour jouer avec ses nerfs. Ariane avait bien sûr raison : Isaak pouvait tout se permettre ou presque sans qu'elle n'y puisse rien et les menaces qu'elle lui glissait habilement entre deux phrases n'y feraient rien. Il n'était pas un simple citoyen devant se plier aux règles de l'armurerie. C'était elle qui devait courber l'échine, et ça, elle n'y était pas prête. Elle l'observa silencieusement manier l'arme, donnant au geste technique des allures de facilité alors qu'il n'en était rien : elle le savait, pour elle-même avoir mis des années à parfaire sa propre technique. Désolé de te déranger à ce point. Mais je n'ai aucune intention de partir. C'est vraiment dommage que ton père ne soit pas là... Son rire la laissa de marbre, s'obligeant à rester impassible alors qu'elle sentait son regard trainer ça et là contre les courbes que le tissu léger de sa robe laissait entrevoir. Il les connaissait bien, ne pouvait visiblement pourtant pas s'empêcher de les observer sans pudeur : pourquoi devrait-il en faire preuve, d'ailleurs, lui le conquérant qui l'avait déjà possédée maintes fois. Mais la mention de son père lui arracha un rictus mauvais, qu'elle dissimula en se pinçant les lèvres à nouveau atteinte par la pique d'Isaak qui en s'en lassait pas. Très dommage, oui. répondit-elle à voix basse sans douter qu'il l'avait entendue. Elle et l'ironie qu'elle avait mis dans chacun de ses mots.

Lorsqu'il s'approcha, Ariane pouvait très clairement ressentir l'air autour d'eux s'alourdir avec chaque pas qu'il faisait en sa direction. La distance qui disparaissait laissait place à une électricité qu'elle ne pouvait pas ignorer : pourtant, malgré l'air menaçant qu'Isaak avait pris elle ne broncha pas. S'immobilisant contre le bureau à nouveau et toisant le Rahjak avec la même intensité qu'il usait pour la fixer. Il la provoquait purement et simplement. Et Ariane ne baissa pas une seconde son regard, le gardant bien ancré dans celui d'Isaak même lorsque leurs visages n'étaient plus séparés que par de pauvres centimètres. Si bien qu'elle pouvait sentir sa respiration contre sa peau et ses poumons se gorger d'air, gonflant son torse contre sa poitrine. L'espace d'une seconde, elle se laissa tenter par la possibilité de plaquer ses lèvres contre les siennes mais s'y refusa par pure fierté. Ce serait alors perdre le jeu dangereux auquel ils jouaient. Isaak finit par attraper une arme à sa ceinture, qu'il déposa derrière elle sur le bureau prenant un malin plaisir à se pencher au-dessus d'Ariane au lieu de la contourner. Tu vois. Je t'avais dit que c'était urgent. La Visegard ne se retourna pour observer l'arme qu'une fois le Prince à bonne distance, découvrant avec stupéfaction l'état du cimeterre qu'elle connaissait bien. Je l'ai depuis cinq ans... Le travail de ton père est vraiment très bon. Ariane ne pu laisser s'échapper l'occasion de venter les mérites de sa famille et lui répondit un Je sais. sans appel avant qu'il ne continue. Un remplacement fera l'affaire pour l'instant, mais je veux la récupérer assez rapidement, en parfait état. La brune ne l'écouta qu'à moitié, anticipant sa demande. Ses doigts et son attention étaient tournés vers la lame brisée qu'elle empoigna pour mieux l'observer y découvrant des irrégularités qui lui arrachèrent un froncement de sourcil réprobateur. Je ne sais pas qui s'occupait de ton arme, mais à ta place je changerais d'homme. lui annonça-t-elle laissant de côté la tension qui subsistait entre eux un instant pour s'enquérir de son arme. Ariane était passionnée, et la mieux placée à cet instant pour déduire de l'état du cimeterre une certaine... maltraitance. L'usure aurait pu être évitée encore longtemps si on en avait pris plus soin, la lame a clairement été dénudée. finit-elle par expliquer, non sans une pointe de déception dans sa voix : que quelqu'un ne prenne pas soin d'une lame l'agaçait fortement. Surtout lorsque celle-ci appartenait à nul autre qu'Isaak. J'enverrais quelqu'un te livrer ton arme demain soir. D'ici là, j'ai d'autres cimeterres en réserve. Puis elle lui fit simplement signe de la suivre plus loin, là où les Visegard gardaient leurs vraies armes sous scellé : à l'opposé de celles plus ostentatoires exposées dans la vitrine. L'accès y était simple. Une arche donnait sur un couloir interrompu par des portes de chaque côté, chacune cachant une pièce remplie d'un même type d'armes. Ariane s'arrêta devant celle recelant des cimeterres parmi lesquels Isaak choisira le sien car personne de compétant n'achetait une arme à l'aveugle.

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15/05/2018 Haeny 442 Jon Bernthal Laenai aka Tasha <3 pisteur et guerrier Rahjaks 27


Sujet: Re: every man needs to rest (isaak)
Dim 12 Aoû - 11:10

Avec une simple courtisane, Isaak n'aurait pas hésité à profiter de la situation. Le Prince n'est pas très connu pour sa subtilité auprès des femmes, et pour cause : en temps normal, il détestait qu'on le fasse languir. Il préférait prendre ce qui lui plaisait, sans tergiverser. Mais avec Ariane, les choses étaient différentes. Il y avait tous ces souvenirs, bons comme mauvais. Il y avait cette fierté mutuelle qui l'empêchait de céder comme il le faisait la plupart du temps. Parce qu'elle valait mieux que ça. Parce qu'il y avait plus qu'une simple aventure, aussi. Il devait bien l'admettre. Si les choses avaient été différentes, elle serait devenue reine. Sa reine. Et depuis qu'elle avait refusé, il n'avait jamais pu imaginer quelqu'un d'autre à cette place. Une femme docile et plate, sans caractère. Ce serait d'un ennui...

Mais les choses étaient différentes : Ariane n'était pas sa reine, elle ne le serait probablement jamais. Et si Isaak savourait pleinement sa vie de célibataire, son cœur se serrait parfois en la voyant. Il peinait à l'admettre, à le percevoir même : dès qu'il s'approchait de la Noble, l'instinct reprenait le dessus. Les sentiments l'importaient peu à présent, sa volonté de domination lui dictait de ne montrer aucune faille. Aucun sentiment, si ce n'était un profond désir qu'il ne pouvait masquer malgré lui. Alors, à quelques centimètres du visage de l'armurière, une pensée effleura son esprit. Ils étaient seuls. Le resteraient sans doute un certain temps. L'occasion était trop belle. Mais le Prince se détourna en se souvenant du pourquoi de sa visite.

Dès que les yeux de la brune se posèrent sur la lame, le charme fut rompu. Isaak sentit qu'il venait de perdre l'attention d'Ariane qui semblait plus s'intéresser à un bout de fer qu'à lui. Elle était fascinée par son métier. Et quelque part, il lui enviait cette passion, ce talent. Même si la situation avait quelque chose d'insultant pour son orgueil. Je sais. En levant les yeux au ciel, Isaak se rapprocha dans le dos de la brune pour l'observer manipuler le cimeterre avec ferveur. Il ne s'attendait pas à grand chose de son diagnostic. Tout ce qu'il voulait, c'était une lame de remplacement pour pouvoir rentrer au palais au plus vite. Et pourtant, ce que la Noble lui annonça changea la donne Je ne sais pas qui s'occupait de ton arme, mais à ta place je changerais d'homme. Isaak serra les poings. Quelqu'un serait donc à l'origine de l'usure ? Etait-ce simplement un mauvais entretien ou un sabotage ? La paranoïa du Prince s'affola à ces quelques mots.
Tentant de maîtriser son angoisse, il laissa échapper un bête Ah ? de surprise, entre tension et inquiétude.
Il attendait impatiemment les précisions de l'armurière, conscient qu'elle venait peut-être de mettre le doigts sur quelque chose de grave. Qui s'occupait de ses armes, déjà ? Plusieurs esclaves l'accompagnaient au quotidien... Et un seul devait s'assurer du bon état de son cimeterre, parmi toutes ses autres tâches : Silas. C'était donc à lui qu'Isaak irait quérir des explications, non sans rendre la tâche particulièrement ... douloureuse pour le serviteur. Autant le dire : sauf si une circonstance expliquait l'usure autrement, c'était déjà un homme mort. L'usure aurait pu être évitée encore longtemps si on en avait pris plus soin, la lame a clairement été dénudée. Isaak déglutit, et trépigna dans le dos de la brune, qui ne faisait qu'alimenter ses craintes. Elle ne se rendait pas compte de la tempête qu'elle venait de provoquer dans le chef de son interlocuteur, qui commençait à perdre pied.
Tu es en train de me dire... que quelqu'un m'a saboté ?
Il avait besoin d'un constat plus clair, plus précis. Il y avait une marge entre punir pour une simple négligence et punir pour une trahison. Et si c'était volontaire, qu'est-ce que cela impliquait exactement? L'acte n'était peut-être pas isolé. Et derrière Silas se cachait peut-être un réseau entier qui tentait de le piéger, lui.  

En attendant, il était trop tôt pour le découvrir : il devrait peut-être mettre un espion sur l'affaire, ou se renseigner par lui-même. Après tout, il ne manquait pas de subtilité. Et à cet effet, Irina pourrait sans doute l'aider à y voir plus clair.
J'enverrais quelqu'un te livrer ton arme demain soir. D'ici là, j'ai d'autres cimeterres en réserve.

Il suivit Ariane sous l'arche, rejoignant un espace plus confiné, à l'abri du regard des passants qui déambulaient dans les rues. Ariane le mena dans une pièce où se trouvaient les meilleurs cimeterres Visegard, d'une qualité nettement meilleure que ceux qui étaient exposés à l'entrée de la boutique. Le Prince fut d'abord impressionné par toutes ces armes qui avaient dû nécessiter chacune des centaines d'heures de création et de travail minutieux. Il jeta son dévolu sur une lame plus recourbée que les autres, à la garde finement travaillée et sculptée.

Mais depuis l'annonce d'Ariane, quelque chose avait changé en lui. L'inquiétude naissante avait laissé place au malaise. Il se sentait un peu plus faible, un peu plus "patraque" qu'avant. Sans doute l'effet de la révélation qu'il venait d'avoir. Le prince ne s'en inquiéta pas trop, et veillait plutôt à ne rien laisser paraître devant la Noble. Il se tourna vers elle, armé de son nouveau jouet.
Celui-ci est pas mal.
S'il avait de bonnes sensations en le manipulant, ce n'était pas pour autant qu'il lui convenait. Ariane était pour cela plus à même de l'aiguiller et de le guider dans son choix. Pour cela, le Prince s'en remettait à son expertise qu'il savait meilleure que la sienne, même si ça l'aurait tué de l'admettre ...

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Sujet: Re: every man needs to rest (isaak)
Dim 12 Aoû - 14:14

Flashback : janvier 2116

La fraîcheur de la pierre la fit frissonner. Les armes étaient gardées dans un endroit sec à l'abris de la chaleur écrasante du désert Rahjak et même si elle avait toujours vécu ici, Ariane ne s'habituait pas au changement de température. Au mois de janvier, celle-ci baissait drastiquement et si l'entrepôt avait été pensé pour conserver la fraîcheur l'été, l'hiver il n'y faisait pas plus d'une vingtaine de degrés ce qui aux yeux de la Rahjak était bien trop froid. Mais le bien être de leurs armes passait avant tout : c'était là ce qui faisait toute la différence entre l'armurerie Visegard et les autres qui peuplaient les rues de la cité Rahjak. Leur expertise était plus poussée, plus honnête car ils n'essayaient plus depuis bien longtemps de charmer leurs clients. Non, quand quelque chose n'allait pas ils ne se gênaient pas pour le dire quitte à vexer un acheteur peu regardant sur l'entretien de ses précédentes armes. Ariane n'avait pas eu peur de faire part du manque de soin qui avait été apporté à la lame d'Isaak, parce qu'elle faisait son travail tout simplement mais aussi parce qu'à ses yeux Isaak n'était plus qu'un Prince. On le regardait avec admiration, avec respect, envie, dédain ou dégoût car il représentait à lui seul la royauté. Sa famille. La couronne. Et beaucoup se contentaient de l'image qu'il laissait voir pour juger de sa valeur, se convaincant d'ainsi connaître le Prince : alors les foules se divisaient, incapables d'y voir clair entre le guerrier féroce et celui plus cruel. Il avait surement arraché autant de vies qu'il n'en avait sauvé dans la cité en le faisant. Ariane l'avait toujours compris et n'avait jamais soutenu la thèse qui faisait de lui un monstre sanguinaire. Pour autant, elle ne l'idolâtrait pas : elle s'était trop brûlée à ses côtés pour le croire encore infaillible. Parce qu'elle avait vu l'homme derrière le cimeterre et la couronne, celui-là même qu'il s'évertuait à enterrer préférant se sacrifier pour être fort, fier, dominant, implacable. Isaak Draghsteel. Mais ce qu'elle venait de lui annoncer sonnait alors comme une faiblesse : on était jamais aussi fort que son plus faible allié et visiblement, Isaak se sentait trahi par l'un des siens. Tu es en train de me dire... que quelqu'un m'a saboté ? Ariane s'engouffra dans le couloir, réfléchissant de son côté à cette possibilité qui soudainement l'inquiéta plus que de mesure. Avait-on tenté d'affaiblir sa lame dans l'espoir qu'elle se brise en plein milieu d'un combat ? Ou l'usure était-elle due à une simple erreur d'un esclave trop distrait ? Difficile à dire, surtout quand le brun avait autant d'admirateurs que d'ennemis, ce serait être profondément stupide que de croire qu'on ne pouvait pas vouloir attenter à sa vie. Mais il y avait une différence entre avoir envie et passer à l'acte.

Une fois dans la pièce étroite mais suffisamment spacieuse pour permettre à un acheteur de manier une arme, Isaak se dirigea naturellement vers les cimeterres avant d'en choisir un. Ariane, quant à elle, restait pensive. La question du Prince l'avait troublée malgré elle et sa paranoïa souvent risible en devenait presque communicative. Et s'il avait raison ? Il la tira de ses pensées, arme à la main non sans arracher à Ariane un sourire amusé. Celui-ci est pas mal. Il y avait quelque chose d'attendrissant dans la situation, sans savoir exactement quoi. Isaak était entré dans une pièce remplies d'armes, certainement impressionné par leur nombre et la diversité que les Visegard offraient : son regard avait changé. L'espace d'une seconde, Ariane avait l'impression d'y voir un enfant à qui on donnait la possibilité de choisir parmi une tonne de jouets ce que, surement, les armes étaient aux hommes Rahjaks. Mais la seconde passa, évidemment, et elle soupira en se rendant compte de son choix. Non. se contenta-t-elle de dire d'abord, un brin condescendante. Puis, un peu plus douce elle se reprit. Non, non. Il est trop court pour toi. expliqua-t-elle en s'approchant enfin de lui. Ariane le lui pris délicatement des mains, effleurant ses doigts peut-être un peu trop longtemps avant de manier elle-même l'arme pratiquant quelques moulinets comme il l'avait fait plus tôt. La lame est trop légère pour ton style de combat, tu finirais par la briser sans qu'on t'aide. finit-elle par dire en reposant l'arme où l'ainé Draghsteel l'avait trouvée. Puis elle entama de lui en chercher une plus adaptée à ce qu'elle savait être sa pratique. Dans leur jeunesse, elle l'avait souvent observé s'entraîner venant flâner près du lieu seulement pour profiter du spectacle auquel sa présence rajoutait une pression supplémentaire au Prince. Ses visites se concluaient souvent par d'autres jeux plus intimes à l'abris des regards, des souvenirs précieux dont elle n'avait jamais réussi à se défaire. Ariane finit par tomber sur l'arme qu'elle cherchait, l'attrapa et s'approcha du Prince Draghsteel. Tiens, dis-moi ce que tu penses de celui-ci. dit-elle en lui glissant elle-même la poignée dans la main. Puis elle s'écarta, repensant à la question qu'il lui avait posé avant de la suivre ici. L'usure peut être intentionnelle ou non. Je ne peux pas t'en dire plus depuis ici. ajouta-t-elle un peu de nulle part, sous entendant que s'il le lui demandait, elle pourrait y jeter un oeil soi-même. Mais il faudrait qu'il en prenne la décision, car elle venait de lui tendre la main. Libre à lui de la prendre ou non.

Sa robe : juste ici.
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15/05/2018 Haeny 442 Jon Bernthal Laenai aka Tasha <3 pisteur et guerrier Rahjaks 27


Sujet: Re: every man needs to rest (isaak)
Dim 19 Aoû - 23:07

Le contact de l’arme lui fit presque oublier ses tracas. Rares étaient les moments où son esprit était parfaitement en paix. Isaak était le futur Roi et cette perspective devenait un peu plus réelle chaque jour. De plus en plus, cette pensée hantait son esprit, autant qu’elle le fascinait. Voulait-il devenir Roi ? Si la réponse était positive, bien sûr, cette envie n’était pas dénuée d’une angoisse qui le suivait depuis son plus jeune âge. Isaak n’avait pas oublié comment son père lui-même avait accédé au trône, comment sa branche, secondaire dans la succession, était arrivée au sommet. La paranoïa du Prince était souvent moquée, mais elle n’était pas ridicule pour autant. Comment dormir tranquille, quand on sait que dehors, quelqu’un est sans doute en train de songer à votre perte, ou pire : à votre assassinat.

Il lui arrivait d’oublier cette dure réalité. Quand il combattait ou quand il s’adonnait à d’autres plaisirs et au fond, c’était sans doute la raison pour laquelle sa vie était si dissolue. Ne jamais faire confiance. Ne jamais s’attacher. Ne croire en personne. Il était bien dur de vivre une vie en solitaire, aussi puissant pouvait-il être.  Et certaines personnes avaient réussi, au fil des années et des rencontres, à briser cette carapace. Ariane en faisait partie. Elle connaissait ses peurs et ses faiblesses. Elle avait connu ses rares moments de joie et d’allégresse. Et il savait qu’il serait toujours plus vulnérable face à cette femme, à qui il avait donné bien plus qu’aux autres.

Tentant d’oublier sa faiblesse (un malaise sans doute passager), il laissa l’armurière le corriger sans broncher, ou presque. Non. A cette réponse, il fronça les sourcils de surprise : oserait-elle prétendre qu’il ne savait pas choisir ses propres armes ?   Non, non. Il est trop court pour toi. Il laissa Ariane l’approcher pour lui prendre la lame des mains, non sans remarquer que la Noble s’attardait sur son poignet et ses doigts, ce qui n’était pas pour lui déplaire. Elle conclut sa phrase par quelques moulinets. Cela n’avait rien d’étonnant. Pour la connaître, Isaak savait que la passion pour les armes d’Ariane n’avait rien de théorique. Bien sûr, il n’approuvait pas ce choix. Comment l’aurait-il pu ? Lui qui détestait croiser une femme sur un champ de bataille ? Et pourtant, il devait bien reconnaître que dans sa ténacité et sa persévérance, elle avait pu prouver à certains qu’une femme pouvait avoir du talent. De là à se battre ? Il n’était alors plus question de talent, à partir d’un certain point. Du moment que ce passe-temps restait ce qu’il était : une passion discrète et saine, qui ne prendrait jamais le pas sur le reste… et qui ne la mettait pas en danger.

La lame est trop légère pour ton style de combat, tu finirais par la briser sans qu'on t'aide. Isaak ricana. La remarque avait tout d'un compliment, à ses yeux. Il rétorqua, avec une pointe de dérision dans la voix :  
Tu me traites de brute, c’est ça ?
Isaak savait que son style était reconnu pour manquer de finesse. On le traitait souvent de boucher sur le champ de bataille, mais au moins, c’était une technique qui avait fait ses preuves. Le nombre de personnes qu’il avait envoyées au cimetière n’étaient plus là pour en témoigner, d’ailleurs…   Tiens, dis-moi ce que tu penses de celui-ci. Il saisit la nouvelle arme et la fit tournoyer presque mécaniquement. Elle était plus lourde, et donc plus compliquée à manier, mais sans doute la lame – plus épaisse – y était-elle pour quelque chose.
Au moins je ne risque pas de la briser...
Le Prince peinait à oublier ses tracas, qui lui revenaient incessamment à l’esprit. Que devrait-il faire à son retour au palais ? Quel sort réserver à Silas ? Exécuter un homme dans l’erreur n’avait rien d’une bonne action. Cela avait plutôt l’art de saper le moral des esclaves et de donner des idées à certains… D’éveiller la haine et la rancœur. Si, par contre, l’exécution était parfaitement justifiée, elle avait alors bien plus d’impact sur les esprits. Isaak l’avait appris, à ses dépens.  

L'usure peut être intentionnelle ou non. Je ne peux pas t'en dire plus depuis ici. Ariane semblait sous-entendre qu’elle pourrait elle-même mener une enquête à ce sujet. La proposition était plutôt intéressante, d’autant que la Noble avait l’avantage de connaître son sujet.
Tu pourrais te renseigner ?
Si Ariane lui fournissait des preuves et prouvait qu’il s’agissait là d’un sabotage, le Prince pourrait punir les responsables et se mettre à la recherche des éventuels complices. Il ferait le ménage dans ses rangs. Et cette idée n’avait rien pour lui déplaire.
Si tu as besoin de quoi que ce soit…
Un garde personnel, un accès, un outil, un contact… Isaak était en mesure de lui fournir tout ce qui pourrait l’aider à mener sa tâche à son terme. C’était dans son propre intérêt, il ne mettrait donc aucune limite à sa générosité.

Il reconsidéra l’arme, peut-être plus lourde que l’ancienne, mais plus sûre également. Ce paramètre le conforta dans son choix. Il crut bon de faire confiance à la connaissance d’Ariane.
Je la prends. Elle ne vaut pas l’autre, mais ça fera l’affaire pour une journée. Elle est à combien ? Il ajouta, repensant à son entrée fracassante dans la boutique Tu peux compter les lames d’exposition en plus…
Son léger sourire disparut très vite. Il ressentait des frissons de plus en plus intenses. Sans doute la température de la pièce, qui était étudiée pour maintenir les armes dans une fraîcheur constante. Un petit 20 degrés qui n’avait rien de commun pour un homme du désert.
Sortons d’ici. Tu as d’autres choses à faire, je crois.
Il n’était pas venu pour déranger qui que ce soit à la base, et avait obtenu satisfaction. Si la présence d’Ariane avait quelque peu chamboulé ses plans, il ne souhaitait pas l’importuner davantage. Et puis ces sensations étranges commençaient à l’inquiéter. Il pensa à cette épidémie de grippe qui sévissait dans la Cité mais balaya bien vite cette sombre idée. Elle ne touchait que les plus vieux et les plus jeunes, pour l’instant. Il était très peu probable qu’il subisse cette maladie réputée pour ne toucher que les faibles.

Et pourtant, en passant l’arche pour revenir vers l’avant de la boutique, Isaak sentit un violent vertige le saisir. Et il dut s’accouder au mur quelques secondes pour reprendre ses esprits. Il continua ensuite son chemin vers le comptoir sans relever l’incident, en espérant qu’Ariane n’avait rien vu de la scène… Cela aurait été gênant. Inquiet, il ne pensait plus qu’à rentrer au palais pour comprendre d’où venait ce mal inexplicable et si soudain…

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Sujet: Re: every man needs to rest (isaak)
Lun 20 Aoû - 22:54

Flashback : janvier 2116

L'atmosphère autrefois tendue s'était soudainement allégée. Sans trop savoir pourquoi, l'animosité qu'Ariane avait éprouvé pour Isaak s'était effritée une fois dans la réserve de l'armurerie. Une passion commune qui avait fini par les rapprocher et même encore aujourd'hui le terrain semblait neutre, lavé de toute rancoeur s'oubliant mutuellement au contact des armes. Elle n'était pas passée par quatre chemins, s'emparant du cimeterre qu'il avait choisi avec délicatesse sans mâcher ses mots. À quoi bon face au brun qui avait vu les meilleures de ses facettes comme les pires : le temps n'avait pas réussi à les éloigner suffisamment longtemps pour qu'Ariane soit hésitante à ses côtés. Pour qu'elle le craigne, profondément et n'ose pas être elle-même tout simplement. Beaucoup jouaient des rôles auprès de la royauté pour les charmer, les berner, profiter de leurs richesses ou de le pouvoir. Pour les manipuler, les mener à leur perte. Ariane n'avait jamais été de ceux-là, fréquentant depuis trop longtemps le Prince pour porter un masque en sa présence. Alors quand le rire d'Isaak fut absorbé par les pierres de la réserve, quand il lui répondit sourire en coin Tu me traites de brute, c’est ça ? la Visegard renchérit non sans un sourire complice Je ne suis pas celle qui l'a dit... Son ton se voulait las, un brin désintéressé, alors que le regard qu'elle lui lança derrière son épaule, plein de malice, jouait bien plus avec le feu. Ariane l'observa ensuite -bras croisés sous sa poitrine- manier l'arme qu'elle lui avait proposé non sans arquer un sourcil. C'est qu'il prenait le temps de la manier longuement avant de lui faire part de son verdict et la brune avait toujours été de nature impatiente.

Au moins je ne risque pas de la briser... Non, ça, elle en était certaine. Ariane lui avait donné une arme à la lame spécialement conçue pour ceux dont les coups, secs, pouvaient venir à bout de celles plus communes. Un alliage de plusieurs fers dont les Visegard se gardaient bien de partager le secret. Et pourtant, le Prince avait brisé sa précédente arme... l'armurière ne put s'empêcher d'y repenser, soucieuse. Très tôt, Ariane s'était rendue compte que si la royauté faisait rêver la majorité des Rhajaks le luxe dans lequel ils vivaient n'était pas à la hauteur des risques qu'ils prenaient. Que leur vie, aussi exaltante puisse-t-elle être à côté de celle d'un simple marchand n'avait rien d'enviable : les plus naïfs vivaient dans le déni, les plus sages dans la paranoïa. Car les Draghsteel avaient autant d'alliés que d'ennemis dans les rues de leur propre cité. C'était peut-être pour ça qu'elle lui avait glissé d'entre les doigts dans leur jeunesse, la réalisation qu'une vie à ses côtés serait aussi brillante que sombre. La peur grisante de se condamner de plein gré pour une éternité entre ses bras. Et il lui arrivait d'y songer, encore, à ce moment critique qui avait tout changé non sans regrets, remords et curiosité. Elle aurait pu être sienne, et tout avait basculé trop vite, trop fort ne lui laissant plus qu'un choix : celui de fuir vers les grands espaces à la recherche d'un air qu'elle n'avait pas su respirer alors. Tu pourrais te renseigner ? Sa demande la surprend un peu, arrachant son regard des mains d'Isaak jusqu'à son visage. Elle lui répond sans plus réfléchir. Oui, bien sûr. parce qu'elle était bien incapable de lui refuser son aide quand il la lui demandait si clairement. Et si quelque chose lui était arrivé alors qu'elle avait refusé, Ariane ne se le serait jamais pardonné sans doute. Si tu as besoin de quoi que ce soit… et si elle ne lui refuse pas son aide, elle secoue négativement la tête lorsqu'il lui propose la sienne (ou plutôt celle de ses contacts). Trop fière et trop indépendante pour se juger en avoir besoin. Ça ira. lui dit-elle du tac au tac, balayant de deux mots sa proposition. Ariane se jugeait suffisamment compétente pour n'avoir besoin de personne. Bien évidemment, elle oubliait un peu que si jamais elle trouvait quelque chose elle pouvait devenir à son tour la cible de manigances avant qu'elle ne puisse faire part de ses trouvailles au Prince. Ils n'en étaient pas encore là, cependant.

Je la prends. Elle ne vaut pas l’autre, mais ça fera l’affaire pour une journée. Elle est à combien ? le visage d'Ariane se crispa un peu, ses sourcils se fronçant alors qu'il remettait presque en question son expertise. Et le sourire satisfait qui accompagnait son commentaire raviva un peu l'agacement qu'elle ressentait indélibilement pour lui. Difficile, cependant, de mettre un prix sur l'arme qui en avait pourtant un pour le reste des citoyens Rhajks. Isaak était différent. Tu peux compter les lames d’exposition en plus… Elle ne pu pourtant pas s'empêcher de rire un peu à son dernier commentaire. J'enverrais quelqu'un nettoyer les traces que tu as faites. Tu n'es pas obligé de toutes les prendre... finit-elle par soupirer en se dirigeant déjà vers la porte, dénouant ses bras qu'elle laissa balancer le long de sa silhouette. Le deal était fait et qu'Isaak avait sans doute mieux à faire. À moins qu'il n'ait en tête d'autres idées. Je rajouterais le cimeterre à la prochaine commande de la garde. lui expliqua-t-elle en s'éloignant, n'ayant jamais vraiment apprécié recevoir de son argent. C'était à ses yeux un jeux qui n'avait pas de sens : Isaak était libre de prendre ce qu'il voulait dans la cité. Absolument tout lui appartenait ici, en quelque sorte, et la brune s'en était vite rendue compte. Il lui arracha ensuite les mots de la bouche en la dépassant, ouvrant la marche. Sortons d’ici. Tu as d’autres choses à faire, je crois. Elle resta silencieuse, fermant la porte derrière eux à clefs avant de le rejoindre dans le couloir mais alors qu'elle le suivait d'un peu plus loin, Isaak s'arrêta un instant. Un instant de trop car le guerrier, de mémoire, brûlait toujours d'un feu qui lui était propre et le voir ainsi s'appuyer au mur la stoppa net à son tour. C'était inhabituel, trop pour qu'elle ne le remarque pas et s'il continua ensuite l'air de rien, Ariane l'étudia avec attention. Il avait les épaules creusées, le pas lourd et à y repenser son teint lui avait semblé plus pâle que d'ordinaire. Mais le Prince s'était engouffré dans la boutique prêt à partir. Isaak, attends ! lâcha-t-elle un peu malgré elle. C'était sorti tout seul, comme si sa conscience n'avait pu supporter l'idée de le voir disparaître dans les rues de la cité alors que quelque chose clochait tout à coup. Pas après qu'ils aient mis le doigt sur un possible attentat à sa vie. Pas après eux tout court. C'était plus fort qu'elle : malgré la rancoeur et l'électricité, il fallait qu'elle soit certaine que son imagination lui jouait des tours. Fermer les yeux sur l'absence qu'il avait eu sous l'arche lui était tout simplement impossible. Mais elle ne pouvait pas, de but en blanc, pointer du doigt cette soudaine marque de faiblesse. Elle le connaissait suffisamment pour savoir qu'il se braquerait. Alors elle réfléchit. J'ai besoin que tu signes notre livre d'achat avant de partir. fut tout ce qu'elle trouva qui n'avait pas l'air suspect. Mon père est très à cheval sur ses directives, tu le sais. ajouta-t-elle pour nourrir le mensonge qu'elle avait imaginé afin de le garder un peu encore à ses côtés. Juste assez pour étudier un peu plus ses traits tirés, son regard fatigué et son front luisant un peu trop. Et alors qu'elle lui tendait le dit livre, ainsi qu'une plume gorgée d'encre, Ariane ne le quitta pas du regard. Il avait l'air... ailleurs. L'homme qui s'était apprêté à quitter l'armurerie était à l'opposé de celui fier et arrogant qui y était entré, arrachant un froncement de sourcil inquiet à la jeune femme. Surtout quand, depuis quelques semaines, un mal s'était attaqué aux vieillards et plus jeunes de la cité les clouant au lit. On parlait d'une fièvre jamais égalée, de vertiges et d'absences qui allaient de courts moments à plusieurs jours. On parlait d'autres symptômes plus inquiétants. On craignait déjà le mal, et voilà qu'Ariane avait soudainement peur pour lui. Au milieu de sa signature, il s'arrête et bien sûr qu'elle le remarque. Tout comme elle voit ses muscles se tendre et ses mains agripper plus fermement le bois de la table sur laquelle elles s'étaient simplement posées plus tôt. C'est trop pour Ariane, qui vient glisser ses doigts entre ceux du Prince Rahjak. Isaak, dis-moi ce qu'il ne va pas. finit-elle par demander en serrant sa main, inquiète mais surtout très sérieuse. Le ton presque sévère. Elle l'a vu. C'est trop tard : pour lui, de nier, pour elle, de fermer les yeux. Et si elle avait voulu ne pas le braquer, cette fois elle allait droit au but.

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15/05/2018 Haeny 442 Jon Bernthal Laenai aka Tasha <3 pisteur et guerrier Rahjaks 27


Sujet: Re: every man needs to rest (isaak)
Mar 28 Aoû - 22:31

Je ne suis pas celle qui l'a dit... . Ariane jouait avec le feu. Son regard ne laissait plus aucun doute. Et Isaak fixa avec une envie non dissimulée les billes sombres qui le provoquaient presque ouvertement… Ou se faisait-il des idées ? Les intentions des femmes avaient parfois tout d’un mystère à ses yeux, et pourtant, il n’avait jamais vraiment peiné à lire celles d’Ariane, qui savait se faire entendre lorsqu’elle désirait ardemment quelque chose. Et ce regard lui paraissait assez clair.

Leur discussion à l’abri des regards se serait certainement terminée autrement s’il n’avait pas ressenti ce trouble inhabituel, et surtout si cette histoire de trahison n’avait pas soudainement assombri son esprit. Le fait qu’Ariane accepte sa demande aussi facilement le rassura quelque peu. Mais Isaak était constamment inquiet : sa paranoïa devenait de plus en plus difficile à apaiser. Ce soulagement ne durerait pas, et même si l’enquête d’Ariane menait à un coupable ou à une explication rationnelle, une partie de lu ne pourrait réellement oublier ce qu’il s’était passé, ce jour-là.

Bien sûr, Ariane lui épargna les contraintes d'un simple acheteur en refusant son paiement, peut-être par fierté. Ou bien était-ce de la lucidité ? Le palais finançait les commandes de la garde après tout. La Noble, très pragmatique, savait pertinemment que cela revenait au même. D’ordinaire, il aurait insisté pour lui donner ne fut-ce qu’une pièce d’or, pour le service qu’elle lui avait rendu en l’aidant à choisir une meilleure arme. Mais le malaise s’installait. Cet inexplicable trouble gagnait du terrain sur ses forces, et les frissons s’intensifiaient. Alors Isaak n’insista pas.

Il ne s’était appuyé que quelques seconds contre l'arche, dos à la Noble qui était restée en retrait pour fermer la réserve. Il espérait plus que tout qu’elle n’avait pas vu ce signe de faiblesse passager, lui aussi inexpliqué. Le Prince commençait à se poser des questions quant à son état de santé. Il s’agissait pourtant de l’une des seules choses qui ne l’avait encore jamais préoccupé : sa santé… Et pourtant, il devait bien reconnaître que ses jeunes années étaient derrière lui. Irrémédiablement, il vieillissait. D'ailleurs, beaucoup de Rahjaks étaient déjà sur le déclin, à son âge. Isaak s’était toujours juré de ne pas se montrer faible, et surtout de ne jamais devenir sénile comme son père. Mais avait-on seulement la moindre emprise sur ce genre de chose ?

Les vertiges se dissipèrent et aussitôt, le Prince se redressa et bomba le torse. Ariane ne devait rien voir. Elle ne devait pas savoir. L'esprit encore dans le vague et les jambes légèrement flageolantes, il se dirigea tant bien que mal vers la sortie. Il n’avait pas salué Ariane… Tant pis : il préférait passer pour un rustre – après tout, cela collait parfaitement à sa réputation – que risquer d’éveiller les soupçons de la Noble. Et pourtant…
Isaak, attends ! Le Prince se figea sans se retourner sur Ariane. Il poussa un soupir d’agacement assez bruyant pour qu’elle l’entende. Pourquoi le retenait-elle ? J'ai besoin que tu signes notre livre d'achat avant de partir. Il se tourna légèrement vers la brune sans masquer son impatience. Elle lui épargnait le paiement mais pas la paperasse ? Où était donc la logique.
J’ai à faire… grogna-t-il sans chercher à croiser son regard.
Elle cherchait sans doute à le retenir, et il ne tenait pas à s’attarder davantage. Il faillit repartir sur sa lancée, mais la brune insista : Mon père est très à cheval sur ses directives, tu le sais.

Son obstination était flagrante et pourtant, le Prince ne s’alarma pas : il voulait juste que cela cesse, et qu’elle le lib ère enfin pour qu’il regagne ses quartiers. Une signature, puis la paix. C’était ce qu’il avait en tête quand il fit demi-tour pour s’accouder au bureau où se trouvait le registre.

Dans un soupir, il marmonna, en tentant de cacher les tremblements qui le saisissaient : Je signe où ?
Gagner du temps pour tenter de retrouver ses esprits... D'ordinaire, Isaak n'aurait eu que faire de ce fichu registre, ni de l'endroit où il devait apposer sa signature... Il voulait juste se maîtriser davantage avant de passer ce qui ressemblait de plus en plus à un test...

Le Prince saisit la plume avec difficulté, d’une poigne trop rude pour cet objet si délicat. Il se pencha ensuite sur le livre en fronçant les sourcils pour se concentrer. Une bête signature bon sang ! S’il n’arrivait même plus à faire ce simple geste, la situation était bien plus grave qu’il ne l’imaginait. Alors qu’il commençait à ébaucher les premiers traits, les frissons s’intensifièrent, et le papier sembla … bouger. Sans comprendre, le Prince interrompit son geste, pour finalement se rendre compte que les vertiges étaient revenus, cette fois plus violents encore que les précédents. Avant qu’il n’ait pas se redresser, Ariane agrippa vivement sa main. Isaak, dis-moi ce qu'il ne va pas.

Trop… c’était trop. Il parvenait à peine à distinguer le livre qu’elle le pressait de ses questions, de son inquiétude. Isaak se sentit comme assailli de toute part : il fallait qu’il respire.
Arrête… ARRETE ! finit-il par hurler, plus contre lui-même qu’à l’encontre de la Noble, qui avait seulement eu le malheur de l’oppresser au mauvais moment.
Il se détourna violemment d’Ariane pour tenter de se dégager et se dérober à sa vue, à ses questions, à son regard trop insistant… Le mouvement fut sans doute trop brutal, trop violent : il perdit l’équilibre et tomba, se rattrapant de justesse avant que sa tête ne heurte le sol… Sa tête qui devenait à présent de plus en plus douloureuse…
Ariane…
Il était perdu. Il ne comprenait pas ce qu’il se passait alors que tout était pour le mieux quelques minutes auparavant. Pour la première fois depuis longtemps, Isaak eut peur pour sa vie. Et les choses devenaient claires soudainement : il crut se souvenir qu’un de ses hommes s’était dangereusement approché de sa boisson à l’entraînement. Il n’avait rien dit et pourtant… s’il avait su.
Du poison…
Il ne pouvait plus masquer ses tremblements, à présent. Il revoyait cet avorton, son regard un peu trop hautain à son goût… C’était lui le responsable. Il en était certain à présent.  
Je vais… je vais le tuer.
Il tenta de se redresser en s’appuyant sur la table, mais ses forces se dérobèrent sous ses pieds : dans sa chute, il entraîna le bureau et s’écrasa contre le sol. S’il ne voulait pas qu’Ariane s’inquiète, il avait désormais loupé le coche. Mais la Noble lui importait peu, à présent. Tout ce qu’il souhaitait, c’était voir un guérisseur… Ou un prêtre, s’il s’agissait de ses derniers instants…

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Sujet: Re: every man needs to rest (isaak)
Dim 21 Oct - 13:48

RP archivé suite à la suppression d'Ariane

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every man needs to rest (isaak)

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