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Murphy Cavendish
DATE D'INSCRIPTION : 06/12/2015 PSEUDO/PRENOM : Lux Aeterna MULTICOMPTES : Nuna Cortez MESSAGES : 38560 CELEBRITE : Sophia Bush COPYRIGHT : jenesaispas (vava) Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) METIER/APTITUDES : ancienne militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. POINTS GAGNES : 831
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Sound of summer (Skylar) Empty Sound of summer (Skylar)

le Mer 18 Juil - 3:03


❝ Sound of summer ❞
Murphy Cavendish & Skylar Rees
(8 juillet 2118)


Adossée à la clôture de bois près de la haute porte d'entrée du village, Murphy regardait Antarès haleter à ses pieds, les bras croisés, jetant de réguliers coups d’œils au chemin qui menait jusqu'à eux en espérant y voir les deux compagnons qui s'étaient invités à leur promenade du jour. Aveuglée par le soleil de ce début d'après-midi, elle n'avait qu'une hâte : s'enfoncer dans les bois, là où un semblant de fraîcheur semblait encore exister. Les étendues dégagées du village reflétaient les rayons du soleil et aveuglaient autant qu'elles réverbéraient la chaleur dont chacun cherchait à se préserver jour et nuit. La forêt apportait son lot de moustiques, mais aussi l'abri des hauts arbres dont les armées de chlorophylles emmagasinement l'énergie solaire à la place de leurs peaux encore peu habituées à ces attaques qui ne pardonnaient pas. D'Antarès et elle, Murphy ne savait pas qui appréciait le plus chacune de ces escapades. Il devenait de plus en plus fréquent pour le duo de finir au bord de la rivière, là où l'eau tiède savait leur apporter un peu de répit.

Ce jour-là, Murphy avait quartier libre. Richard lui avait glissé avec un clin d'oeil que c'était un cadeau mais la vérité, c'était que c'était déjà son troisième anniversaire sur Terre, son troisième anniversaire sans sa mère, et son second sans Faust. C'était lors de dates aussi précises qu'elle réalisait à quel point le temps passait à une vitesse affolante. Les dates, ici, n'existaient plus vraiment. On se rappelait des plus banales en groupe, comme d'une anecdote d'autrefois. Elles étaient devenues un vague souvenir réflexe, un repère qui leur restait des temps anciens, mais l'esprit de Murphy continuait de s'y rattacher comme à ce qui continuait à la maintenir à la flèche du temps. Le défilement des saisons ne lui suffirait pas. Il lui fallait les chiffres auxquels elle avait été habituée, et certains chiffres faisaient plus mal que d'autres.

Skylar l'avait trouvée la veille pour lui proposer de laisser leurs chiens passer un peu de temps ensemble, pour chasser, se renifler les fesses, raconter les derniers potins canins, ou faire ce que deux chiens copains savaient faire de mieux -boire un petit thé, peut-être. Le cœur de Murphy s'était gonflé de tendresse et de reconnaissance lorsqu'elle avait accepté cette virée entre huit yeux. Il était toujours trop rare de trouver des fenêtres temporelles suffisantes pour partager plus que quelques salutations. Ils ne disposeraient peut-être que d'une fraction d'heure si Skylar avait ses propres contraintes, mais elle prenait tout ce qu'il avait à lui offrir pour oublier le poids des années qui passaient, des années qui passaient sans ceux qui avaient rempli toutes celles qui l'avaient forgée.

A ses pieds, Antarès commençait à s'impatienter, victime comme elle du soleil trônant du haut de son zénith. Ca ne devait faire qu'une ou deux minute qu'ils attendaient leurs compagnons, mai chaque seconde sous le soleil semblait en durer le triple. Murphy pouvait sentir la sueur couler le long de ses tempes et dans son dos qu'elle avait laissé nu. Passé un certain stade, même les vêtements les plus légers ne peuvent plus opérer de miracle et il fallait se contenter de subir la chaleur en essayant à chaque instant d'éviter les brûlures. Les yeux plissés pour éviter que ses rétines ne passent l'arme à gauche, Murphy reconnut les deux silhouettes au loin et un sourire étira doucement ses fines lèvres. « La rivière ! » cria-t-elle à son attention dans le silence de plomb typique des fortes chaleurs. L'exclamation se posait clairement en supplique alors qu'elle faisait quelques pas dans la direction de Skylar. « Je sais pas si t'avais un itinéraire précis de programmé mais je propose qu'on passe par la rivière en faisant un détour par la rivière pour se poser au bord de la rivière ! » A mesure qu'elle parlait, Murphy réalisait à quel point sa bouche était sèche et elle espérait que sa gourde métallique avait réussi à garder un peu de la fraîcheur de l'eau qu'elle avait mise de côté pour la balade. En attendant que Skylar ne la rejoigne, elle se retourna vers la porte et les gardes chargés de son ouverture et de sa fermeture pour leur demander d'un regard assommé de les laisser passer. « Bon courage pour cet aprem », les encouragea-t-elle avec sincérité alors que Skylar arrivait à ses côtés. D'un bref regard à son ami, elle le salua et n'attendit guère plus longtemps avant de passer de l'autre côté de la clôture pour chercher la fraîcheur des bois environnants.
Skylar Rees
DATE D'INSCRIPTION : 05/05/2016 PSEUDO/PRENOM : Ponyta MULTICOMPTES : Gen Deng, Eirik Thorvald, Leary Wrath, Cyd Raye MESSAGES : 392 CELEBRITE : Norman Reedus COPYRIGHT : lux aeterna METIER/APTITUDES : Second du chef de garde. - Pisteur - Combat à mains nues - Stratège POINTS GAGNES : 30
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le Mer 1 Aoû - 17:05
Les derniers événements lui donnaient l’espoir qu’un jour, les gens du ciel et les natifs s’aideraient et seraient voisins, pas simplement des inconnus. La trêve était posée, l’entraide encouragée. Chacun faisait un pas pour rassurer l’autre et Skylar était content. La vie aurait pu être parfaite et elle l’était d’une certaine manière. Il passait son temps auprès de Richard et leur complicité laissait la place au désir qu’ils semblaient nourrir l’un pour l’autre. Ils cachaient leur relation, la seule au courant, c’était Murphy et mine de rien, cela stressait énormément le brun. Il craignait encore sa réaction, des paroles déplacées ou qu’elle dévoile tout. Il savait qu’elle devait comprendre leur désir de cacher cette relation, mais le ferait-elle réellement ? Skylar savait ses pensées injustes, jamais Murphy ne les trahirait jamais. Il avait alors décidé la veille de se voir pour passer du temps entre eux, mais aussi pour que les chiens se voient. Après tout, ils étaient les seuls sur le campement à posséder des chiens. Ils pourraient en profiter de parler des récents événements. Le brun avait aussi proposé ce jour-là, car il savait que la brune avait quartier libre car c’était un jour spécial. Il n’était pas quelqu’un de sentimental qui allait lui faire une méga fête, surtout qu’il la connaissait pour savoir que c’était une journée spéciale, mais lui tenir compagnie était un cadeau non ? Il tâcherait de la faire sourire. Il aimait bien la voir sourire, en toute amitié bien sûr.

Il avait fait une ronde du matin, donnant rendez-vous à la brune plus tard dans la journée. Frost trottait à ses côtés, souffrant de la chaleur à cause de sa fourrure épaisse. Normalement, ils devaient aller dans la forêt qui était bien fraîche en comparaison de la plaine et de sa chaleur écrasante. Skylar sentait la sueur couler le long de son dos et ses cheveux qui pendaient devant ses yeux lui donnaient encore plus chauds. Il souffla d’agacement. Il distingua au loin Murphy et Antarès et leva la main pour la saluer. Quand il entendit la rivière, il hocha la tête et leva un pouce. Frost était visiblement contente de voir Antarès, elle battait de la queue, baissa légèrement la tête en jappant. Skylar la regarda discrètement. C’était une chienne plutôt dominante comme les terriens disaient. Elle le défendait un peu contre tout le monde, et même ceux qui s’approchaient trop de lui sans lui vouloir pour autant du mal. Skylar s’était inquiété un temps de ce genre de comportement, mais maintenant, la chienne s’était un peu apaisée. Un rire lui échappa quand Murphy parla plusieurs fois de la rivière. « On ira à la rivière et seulement la rivière. » Ils s’approchèrent de la porte d’entrée et salua d’un signe de tête les gardes avant de franchir les dernières protections qu’offraient le camp.

Ils firent quelques mètres avant d’atteindre la forêt. L’air frais l’enveloppa et cela le soulagea énormément. Frost était devant eux, toute joyeuse, tournant autour d’Antarès. En la regardant, Skylar se dit qu’elle manquait juste de contacts avec l’autre chien, rien de bien méchant. Il était silencieux aux côtés de Murphy, c’était quelque chose d’habituel chez lui. Il appréciait le silence, même s’il connaissait suffisamment la brune pour savoir qu’elle allait combler le silence qui régnait en ce moment. Ils marchèrent de longues minutes avant d’entendre le clapotis de l’eau et Frost les précéda, courant vers la rivière pour aller boire un coup en lapant l’eau de sa langue. « Je crois que nous avons trouvé notre paradis. » Dit-il avec un sourire en coin en la regardant. C’était bien la première fois qu’ils trouvaient le temps d’être ensemble depuis qu’il avait avoué à demi-mot avec Richard, entretenir une relation avec son meilleur. Skylar s’assit sur une souche couverte de mousse, songeur tout en regardant Frost courir derrière un papillon. Elle avait la fraîcheur de sa jeunesse.
Murphy Cavendish
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le Dim 19 Aoû - 3:30


❝ Sound of summer ❞
Murphy Cavendish & Skylar Rees
(8 juillet 2118)


Ses journées libres, Murphy les attendait toujours avec impatience. Elle les repoussait parfois pour se permettre d'en prendre plusieurs de suite et de vadrouiller un peu plus loin que les coins du village. Toujours, elle faisait le décompte des quelques jours qui les précédaient. Travailler n'était pas un poids pour elle; ça avait toujours été sa raison de vivre. Se sentir utile était un sentiment comme il en existait peu. C'était trouver sa place où que l'on soit, sur un vaisseau en orbite autour de sa planète maîtresse, ou sur cette planète bleue que l'on avait passé sa vie à survoler. Son job, c'était une évidence autant que son guide. Lorsqu'elle en avait besoin, il lui rappelait qui elle était et ce en quoi elle croyait, ce qu'elle espérait. Mais depuis qu'ils étaient ici, il n'était plus son seul moteur. C'était comme si toutes les missions qu'on lui avaient attribuées jusque-là se rejoignaient et s'étoffaient. Ce monde offrait des nouvelles possibilités par milliers et ça aussi, c'était elle. La découverte, la marche en avant, l'adrénaline des premières fois, la recherche de quelque chose de plus en ce monde que n'importe quoi que l'espace céleste aurait pu leur offrir.

Mais tout ça, ça ne lui suffisait pas. Il lui fallait parfois un peu de temps pour s'en rendre compte, mais c'était ses proches qui lui permettaient tout ça. De rêver à plus, d'imaginer l'inimaginable, de croire à l'irréalisable. Pas seulement parce qu'ils l'épaulaient, mais aussi et surtout parce qu'ils étaient là, parce qu'ils faisaient vivre son quotidien et qu'ils étaient son roc, ses fondations les plus authentiques et profondes. Si on lui avait demandé quelques années auparavant de décrire son amour pour ses proches, Murphy aurait ri sans réaliser que le travail passerait toujours derrière eux. Il avait fallu la disparition de Faust pour réaliser que certaines choses devaient être dites ou balbutiées, en tout cas exprimées d'une façon ou d'une autre, et que rien ne valait quelques instants passés en compagnie d'un être précieux, même la découverte des eaux turquoises d'un lac ou des hauteurs vertigineuses de montagnes culminantes.

Mais la vérité, c'est que même en vivant dans le même village et en partageant les mêmes missions, les moments en tête-en-tête savaient se faire discrets. Ici, il fallait savoir créer les opportunités plutôt que de compter sur le hasard. Le hasard n'apportait que quelques rencontres brèves entre protagonistes en pleines courses, occupés à ce que la vie ici leur imposait. Vivre ici c'était se plier à l'organisation constante. Sans ça, tout tomberait très vite -peut-être même plus particulièrement dans certains corps de métiers, comme les militaires ou les cuisiniers. Etre patrouilleur ou garde, qu'on soit haut gradé ou à la botte de ses supérieurs, c'était un des métiers les plus gratifiants qui puissent exister au regard de la brune, mais peut-être aussi un de ceux qui exigeaient le plus de rigueur. Un poste de garde ou de patrouille non assuré pouvait mettre en péril tout le village -et c'était bien entendu le pire des scénarios envisageables, mais les militaires avaient été abreuvés à ça, aux scénarios les pires qui puissent découler de la moindre erreur, juste pour éviter le moindre faux pas ou prévenir des pires des conséquences possibles. Alors, dans ces emplois du temps régulés à la seconde près, il était parfois difficile de prendre un peu de libertés. Réunir deux militaires hors de leur travail relevait d'un défi relativement corsé; probablement encore plus lorsqu'il s'agissait de hauts gradés. Jusqu'à ce qu'elle voie Skylar arriver, Murphy, par habitude et consciente de la problématique, avait redouté qu'il doive reporter leur entrevue. Mais le voilà qui lui faisait un signe paisible de la main, et un sourire soulagé étira les lèvres de la brune.

Elle n'attendit guère plus longtemps pour le supplier de mettre fin à son calvaire. La rivière. La forêt. Il lui fallait de l'ombre, du frais, de l'eau; tout sauf rester au cagnard une seconde de plus. Il lui donna son accord d'un pouce levé sans attendre, preuve qu'il n'avait sans doute pas été plus épargné par le soleil du matin et celui, terrible, du zénith. En un regard à Frost et à sa démarche, Murphy devina que la chienne ne semblait pas en bien meilleur état qu'Antarès, et une pointe d'inquiétude vint lui barrer la gorge, la rendant encore plus hâtive de rejoindre l'air, si ce n'était frais, au moins plus frais de la forêt. Antarès avait déjà un peu de bagou et quelques années, mais Frost était encore jeune. Les bébés, même animaux, étaient plus fragiles que leurs congénères adultes. Elle pensa une seconde à Astrae, que sa mère surveillait particulièrement en ces chaleurs redoutables. La petite fille aurait au moins l'avantage de connaître ces températures atroces dès son plus jeune âge -peut-être qu'elle en souffrirait moins qu'eux étant adultes. Les Terriens semblaient aimer le soleil, eux -à en juger par le teint de certains d'entre eux, en tout cas, ils n'avaient pas l'air de fuir ses rayons comme eux cherchaient tous désespérément à le faire dès qu'ils devenaient trop crus. La rivière, la rivière, répétait Murphy désespérément, comme si cet appel à l'aide lui amènerait la fraîcheur un peu plus tôt. Elle entendit le rire de Skylar alors qu'il la rejoignait. Elle entendit à peine sa réponse, bien trop concentrée à la fois à rêver de cette fameuse rivière et à imaginer toute la sueur qui devait donner l'impression qu'elle sortait d'un bain.

Ils n'échangèrent pas un mot de plus, trop occupés à fuir le soleil. Elle plaignait les gardes qui travaillaient à cette heure-ci et se félicita au passage d'être amie avec les plus hauts gradés, qui respectaient son désir constant mais particulièrement apprécié à cette période de l'année de privilégier les patrouilles extérieures -et puis elle réalisa le ridicule de se féliciter de ses amitiés, même si oh putain, qu'elles trouvaient une utilité nouvelle et particulière par des canicules pareilles. Murphy ne réalisa la vitesse à laquelle ils avaient rejoint la forêt que lorsqu'ils ralentirent de soulagement à son orée. Mais une fois le soulagement de l'ombre passé, Murphy ne put s'empêcher de presser le pas à nouveau, cherchant cette rivière dont elle avait prononcé le nom déjà plus de fois en quelques minutes qu'en plusieurs mois. Les chiens jouaient devant eux, s'amusaient, s'apprivoisaient peut-être encore un peu -Murphy était pourtant persuadée qu'ils devaient crapahuter ensemble hors de leur vue, lorsqu'ils étaient laissés seuls et libres sur le village par leurs maîtres. Elle aimait les imaginer amis et taquins comme leurs maîtres respectifs. Elle aimait imaginer Antarès comme un grand frère pour la jeune Frost, à qui il donnait probablement quelques tuyaux sur la vie ici, et sur les gens à côtoyer ou à éviter -tout le monde ne les appréciait pas encore à leur juste valeur et il fallait faire avec. « Bah alors, tu parles pas beaucoup », s'étonna-t-elle du silence alors qu'ils arrivaient devant la rivière -peut-être plus comme une réflexion à elle-même qu'à son ami, qu'elle savait de ceux qui n'abusaient jamais de la parole. Leur paradis... « Oui... » se contenta-t-elle de répondre avant de le planter là pour rejoindre les chiens à la hâte, guidée par le même instinct de survie qu'eux. Elle s'agenouilla devant l'eau claire et plongea les mains dedans pour s'en asperger le visage, sans crainte de s'éclabousser -tant mieux, même, si ça arrivait. Elle but tout ce qu'elle put boire sans le rendre et, essoufflée, se retourna pour chercher Skylar, qu'elle s'étonna de ne pas trouver dans le même état qu'elle. « T'as les cheveux trempés... tu veux que je te fasse un petit chignon ? Richard aime plutôt les tresses, mais... » Un sourire taquin se glissa sur ses lèvres avant qu'elle ne réalise qu'il était peut-être temps qu'elle s'applique son propre conseil à elle-même. Elle chercha à la hâte ses cheveux dans sa nuque pour les attacher mais, dans un soupir, réalisa qu'ils trônaient déjà sur le haut de son crâne. Elle ne profiterait pas de ce soulagement là -elle l'avait déjà fait avant, et de ce genre de petits plaisirs, on ne pouvait profiter qu'une seule fois. « Si jme baigne, tu m'en veux ? Je veux rendre personne jaloux, mais je suis plutôt bien foutue... » Un haussement de sourcils malicieux laissait entendre les non-dits. « En vrai », lâcha-t-elle sans plus tenir, « j'en peux plus, j'ai besoin de diluer ma transpi ou de la faire passer pour de la flotte. » Elle se redressa pour arracher ses bottines et plongea les pieds dans l'eau. Dos à lui, gênée, sans oser le regarder pour poser la question, elle demanda : « si je me mets en sous-vêtements, c'est déplacé ? » Elle qui ne se posait jamais la question de la pudeur se retrouvait confrontée à l'idée de s'exposer face à un homme qu'elle considérait comme un grand frère. Elle était déjà en short et en débardeur, mais... oh, et puis merde. Sans épiloguer plus longtemps et de peur d'avoir gêné Skylar avec sa question, elle ôta short et débardeur, qu'elle jeta dans les cailloux avant de s'enfoncer prestement dans l'eau. Le menton flottant à la surface de l'eau, elle se retourna vers son ami. « C'est bon, jsuis cachée ! Personne a besoin de savoir que tu m'as vue en petite culotte. » D'un mouvement de tête, elle l'invita à la rejoindre. Putain de bordel de merde. Qu'on était bien, immergé comme ça. Les courants étaient trop calmes pour qu'ils risquent quoi que ce soit, même à quelques mètres du rivage comme Murphy l'était. Mais peut-être étaient-elles aussi trop calmes pour ne pas abriter quelques poissons tentés de chatouiller les jambes à leur portée...
Skylar Rees
DATE D'INSCRIPTION : 05/05/2016 PSEUDO/PRENOM : Ponyta MULTICOMPTES : Gen Deng, Eirik Thorvald, Leary Wrath, Cyd Raye MESSAGES : 392 CELEBRITE : Norman Reedus COPYRIGHT : lux aeterna METIER/APTITUDES : Second du chef de garde. - Pisteur - Combat à mains nues - Stratège POINTS GAGNES : 30
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le Jeu 20 Sep - 22:00
Skylar sentait la sueur dégouliner le long de son dos, mais aussi sur son front. C’était tout simplement insupportable. Il ne savait pas combien de temps il tiendrait avant de perdre patience. Il avait vraiment besoin de fraîcheur. L’ombre des arbres le rafraichissait à peine. Un chignon ? Il ouvrit des grands yeux. « Comment tu sais qu’il aime les tresses ? » Il avait bien vu le sourire taquin de Murphy, mais cette phrase lui avait échappé. Il secoua la tête comme pour se réprimander d’avoir de telles pensées. « Désolé, je n’ai pas les idées claires. Et je suis sûr qu’un chignon ne m’irait pas. » Malgré la longueur de ses cheveux, il ne les attachait jamais. Il les laissait toujours pendre de chaque côté de son visage. Il regarda le chignon de Murphy et se dit que vraiment, il était mieux les cheveux lâches, même s’ils étaient humides et pas vraiment propres en ce moment. Il arrangerait les choses pour ce soir quand il retrouverait Richard. « Non, je vais aussi me baigner. » Un rire lui échappa quand elle affirma être bien foutue. En effet, elle était belle, elle avait énormément de charme. Mais jamais Skylar ne s’était intéressé à elle. Il la regarda ôter ses bottes et s’assit à son tour dans la mousse fraîche pour détendre ses pieds douloureux tout en retirant ses bottes. Au moins, maintenant il ne faisait plus de cloque, au début, il en faisait régulièrement et c’était vraiment douloureux. « Je ne dirai rien à Richard que tu me fais du charme. » La taquina-t-il. Il entrait dans son jeu, il ne trouvait pas que c’était déplacé.

Ils avaient tellement chauds et puis pour entrer dans l’eau, il valait mieux être déshabillé, non ? C’était du moins ce qu’il pensait. Il ne la regarda pas se déshabiller, détournant la tête pour voir Frost qui s’approchait prudemment, mais doucement de l’eau. Il éclata de rire alors qu’il regarda Murphy avec le menton au-dessus de l’eau. Il se leva à son tour. « J’arrive. J’espère ne pas choquer une dame comme toi. » Richard serait-il jaloux ? Skylar n’en savait rien. Aucun d’eux n’avait fait preuve de jalousie pour l’instant. D’un côté, on parlait de Murphy. Murphy qui traînait avec eux et les connaissait suffisamment pour avoir la garde de leur plus lourd secret. Skylar se déshabilla, savourant l’air frais sur sa peau chaude et humide. Il s’approcha de l’eau, grimaça quand l’eau froide toucha ses pieds, mais il se jeta dans l’eau sans réfléchir. Ses derniers mois, il avait appris à nager et ce n’était franchement pas facile. Il ressortit la tête, ne manquant pas d’éclabousser Murphy alors qu’il passa une main sur son visage rugueux et mal rasé. « Oups. » L’amusement brillait dans son regard alors qu’il avait un sourire presque timide. Frost était restée sur la berge, aboyant comme pour rappeler son maître. Le brun siffla et vit bien la chienne hésiter à sauter dans l’eau. « Viens, allez, viens. » Il tapota l’eau et finalement, la chienne se jeta dans l’eau.

Elle nagea vaillamment, elle s’en sortait bien. Elle avait ses poils clairs plaqués contre son corps, ce qui lui donnait une allure étrange. Skylar l’attrapa et la hissa sur ses épaules. Elle était encore assez petite pour pouvoir être sur ses épaules, même si son arrière-train pendait un peu dans l’eau. L’homme la soutint d’un bras, protecteur envers cette chienne qu’il aimait profondément. Frost poussa ce qui ressemblait à un soupir et lui lécha l’épaule de sa langue râpeuse. Skylar grimaça. « Je suis propre Frost. » La chienne l’ignora. L’homme chercha un meilleur point d’appuie pour ses pieds, même s’il flottait. « Merci de garder le secret. » Et il parlait de sa relation amoureuse avec Richard. Le brun avait encore du mal à en parler, terriblement timide là-dessus et surtout, pudique. Rien que d’y penser, il rougissait. Quelle honte ! Lui qui n’était plus si jeune…. Et qui n’était pas si pâle, mais il ne pouvait pas être indifférent concernant Richard. Dès qu’il pensait à lui, il était complètement déstabilisé. Skylar caressa Frost pour essayer de ne pas être trop déstabilisé. Il ne voulait pas montrer toutes les pensées qui le traversaient en ce moment. C’était quand même gênant, même quand il était avec sa défunte femme, il n’avait jamais été autant déstabilisé. Comme s’il retombait en adolescence, à ressentir toutes les émotions de manière intensive.
Murphy Cavendish
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le Sam 22 Sep - 2:53


❝ Sound of summer ❞
Murphy Cavendish & Skylar Rees
(8 juillet 2118)


La route vers la rivière n'avait probablement jamais paru aussi long que cet été, et particulièrement ce jour-ci. Chaque hiver lui paraissait cruel, mais il lui suffisait, lorsqu'elle se perdait au milieu de la neige, de se rappeler de ces moments de chaleur pour trouver une sorte de réconfort dans les frissons du froid. Le sens inverse était beaucoup plus difficile. Le glacial des vents d'hiver lui faisait envie. Elle aurait volontiers troqué ses shorts et débardeurs contre son gros manteau d'hiver et tout l'attirail qui l'accompagnait dans les mois les plus froids pour éviter l'hypothermie. Alors que le soulagement n'était procuré que par la proximité d'un feu pendant les saisons les plus fraîches, c'était la rivière qui devenait salvatrice lorsque c'était la chaleur qui accablait. La peau déjà rougie de Murphy ne supportait plus le soleil, et à part les constructions du village, il n'y avait que la forêt et ses ombrelles végétales qui pouvaient lui apporter ce répit. C'était devenu un réflexe et une question de survie : elle consacrait la plupart de ses heures libres à chercher un peu de cette accalmie. Et ce n'était plus seulement pour elle qu'elle s'inquiétait : depuis qu'Antarès était à ses côtés, elle s'alarmait de son état, se demandant à chaque instant s'il pouvait survivre à des conditions aussi excessives. Elle se rappelait que lui avait toujours vécu ici, que ses parents aussi, que leurs parents aussi, et alors que c'était sans doute ce qui lui manquait, à elle, comme ça manquait à tous ceux qui n'étaient là que depuis quelques années. Antarès se porterait très bien parce qu'il n'avait jamais connu la stabilité contrôlée de tout ce qui était devenu variable ici. Là-haut, si on transpirait, c'était qu'on faisait du sport ou qu'on avait de la fièvre. Ici, c'était qu'on était resté près du feu un peu trop longtemps, ou au soleil en plein été pendant trois secondes au lieu des deux que l'on était capable de supporter. A la sueur et au tas de poisse qu'on devenait pendant ces quelques mois, il fallait s'y faire, mais Murphy ne s'y faisait pas. Elle cherchait constamment la fraîcheur d'une eau qui n'aurait rien à voir avec celle recrachée désespérément par son propre organisme qui cherchait à survivre au processus de fonte.

L'arrivée devant la rivière manqua de la faire hurler de plaisir -rien que ça. Elle se rua vers l'eau sans prendre le temps de quoi que ce soit d'autre, et ne s'étonna de la retenue de Skylar qu'une fois que ses bras et son visage furent couverts d'eau fraîche. Elle se ressentait revivre, mais ce n'était pas encore assez. Juste de quoi tenir une conversation sans risquer le court-circuit neuronal, et c'était déjà pas mal. Le silence de l'accablement qui avait accompagné leur brève marche jusqu'ici fit donc place à quelques remarques amusées. Rafraîchie, elle se rappelait des taquineries échangées avec Richard sans risquer la surchauffe des circuits de son cerveau. Bien que Murphy n'avait pas encore eu l'occasion et la chance de coiffer son mentor, Skylar ne pourrait peut-être pas se sortir de la tête l'image de leur ami commun avec des tresses sur la tête avant un moment. « Tu pourras lui demander toi-même, tiens » continua-t-elle sur sa lancée en imaginant son prénom glisser dans une conversation entre les deux hommes. Son prénom, et le sujet des tresses. Elle aurait aimé être une petite souris, juste pour voir la tête que Richard ferait quand il apprendrait qu'elle avait parlé à Skylar des petites nattes qu'elle avait menacé de tresser dans ses cheveux trop longs. « T'inquiète. Par cette chaleur de merde, même le cerveau des plus grands génies se transforment en bouillie. Regarde-moi. » Elle dressa le nez d'un faux air fier et replongea une main dans la rivière, toujours accroupie sur la berge, pour éclabousser la peau qui avait déjà séché. « En vrai, j'espère pas éternuer ou avoir à me moucher. Je suis pas trop sûre de ce qui pourrait sortir. » Elle arbora une mine à la fois inquiète et dégoûtée, aveuglée en même temps par le soleil dont quelques rayons crus et cruels arrivaient encore à passer outre le filtre des hauteurs végétales. « Pour le chignon... ça se tente », proposa-t-elle alors que tout son visage se transformait sous l'effet de la malice. Elle n'avait pas réussi à embarquer Richard dans ses idées folles de coiffures un brin ridicules; peut-être qu'elle parviendrait à faire basculer Skylar.

Mais ce genre de discussions et de taquinerie ne convenait qu'un temps sous une chaleur pareille. Cette dernière finissait forcément par se rappelait à eux et les quelques barbotages dont la brune s'était contentée en arrivant n'étaient plus suffisants. Elle ne s'était jamais posé la question avant, surtout pas elle qui manquait de pudeur physique autant que de résistance à la chaleur. Mais avec Skylar, et spécialement maintenant, la question paraissait presque évidente. La gêne, en tout cas, l'était. Il la rassura en précisant qu'il comptait la rejoindre dans l'eau, mais elle s'y glissa le plus vite possible malgré tout, remarquant du coin de l’œil qu'il respectait son intimité. Elle apprécia le soin qu'il mettait à éviter de la regarder et, sans pouvoir se l'expliquer, se sentit coupable de lui imposer ça. « Non, il faut mieux pas. Il aurait trop peur de la concurrence » reprit-elle sur le même ton, comme pour se forcer à oublier la gêne qui commençait à s'installer chez elle, « Et puis les triangles amoureux, c'est pas mon truc. » Un sourcil levé, l’œil brillant, elle s'amusait à imaginer ce genre de situation, elle qui n'avait jamais été capable de charmer un homme pour plus que quelques nuits. Le triangle amoureux, c'était comme le couple stable et les licornes : on en parlait, elle voulait y croire, mais c'était un mythe. C'était ce qu'elle souhaitait à ses deux amis, pourtant; pour eux, elle voulait y croire et commençait presque à y croire. Si pas eux, alors qui ?

Elle détourna à son tour le regard lorsqu'il commença à se déshabiller, nagea un peu plus loin en faisant attention de toujours garder pied et à peu près voir ce qui se tramait près de ses jambes. Il était hors de question qu'elle sente un truc poisseux passer près d'elle. « Je suis pas une dame, je suis Murphy. » Un peu plus loin, sur la berge, Antarès s'était assis à une distance respectable de l'eau en guettant les deux humains et sa consœur canidée. Murphy reporta son attention sur Skylar lorsqu'il fut à son tour dans l'eau fraîche. « Alors, ça fait du bien ? » La question était bête et la réponse évidente. De toute façon, l'homme était déjà occupé à s'amuser de cette fraîcheur nouvelle. Le visage mouillé, toussotant un peu de l'eau qu'elle avait respirée par accident, elle comptait déjà prendre sa revanche. « Oops ? Mon cul, "oops" ! » rit-elle en jouant à son tour et sans retenue avec l'eau, qu'elle poussait à répétitions dans la direction de son ami. Elle fut forcée de s'arrêter lorsqu'il se tourna vers sa chienne, que la chaleur, comme le pauvre Antarès, l'avait presque fait oubliée. Elle chercha son propre chien du regard et le trouva toujours dans la même position, le regard voguant des hommes à la chienne qui les rejoignait. A son tour, Murphy tapota la surface de l'eau pour inviter son chien à les rejoindre à son tour, mais il n'y avait rien à faire. Il lui fit une brève fausse joie en se relevant pour tourner en rond et se rasseoir, peu convaincu par l'aventure que lui proposait sa maîtresse. « Major, major ! Antarès ! » tentait-elle, alternant plusieurs fois les deux noms qu'il se connaissait. A côté de Murphy, Skylar prenait déjà la jeune chienne sur ses épaules et elle lui jeta un coup d'oeil inquiet. Antarès n'aimait pas l'eau -il ne l'aimait plus depuis qu'il y avait failli y laisser ses poils, plus d'un an auparavant. Mais jamais Murphy n'avait remarqué qu'il en était terrifié comme ça semblait être le cas maintenant. Elle le réalisait maintenant; il avait toujours fait attention de garder patte, lui aussi. Ce n'était pas elle qui lui avait appris ça, c'était son propre traumatisme. Elle avait traumatisé son chien en le laissant s'aventurer trop loin dans l'eau. Maintenant, il n'y barbotait plus que vaguement et voilà qu'il refusait de la rejoindre plus loin, là où les profondeurs avaient l'air plus menaçantes. Murphy jeta un coup d'oeil amusé et un brin inquiet à Skylar, qui dorlotait sa petite chienne. « Propre ? Fais gaffe, les chiens savent ces choses-là. Elle sait que tu lui mens. » Son sourire se cachait sous la surface de l'eau, mais son regard amusé parlait pour elle. Elle jeta encore quelques coups d'oeil à Antarès, peu convaincue du comportement à adopter. Il faudrait qu'elle en parle à Oona la prochaine fois qu'elle la verrait, mais leurs entrevues se faisaient trop rares. La jeune fille avait quelques affaires à régler, lui avait-elle dit; et leurs entrevues s'était espacées. Elle se rapprocha lentement de Skylar, redoutant de marcher sur quelque chose d'étrange, et accorda une petite caresse à Frost, qui se reposait tranquillement sur son épaule. « Je... j'aimerais ne pas avoir à le faire. Pas parce que ça me dérange, je suis une bonne menteuse quand il faut, pour les bonnes causes. » Elle eut un petit sourire, réalisant qu'elle venait de confesser quelque chose qui était loin d'être considéré comme une qualité -sauf si on était rebelle, mais même de ça, Murphy n'était plus vraiment convaincue. « Ce que j'veux dire, c'est que j'aimerais que vous vous cachiez pas. Si vous vous aimez... je veux dire... tu l'aimes, non ? » Elle chercha furtivement le regard de Skylar alors que quelques questions lui brûlaient les lèvres, toutes frôlant le même sujet épineux. Aimer quelqu'un de cette façon-là, ça voulait à la fois tout et rien dire. Pour elle, ça ne voulait pas dire grand chose; ou bien ça voulait dire tellement de choses que ça n'en disait plus rien, parce qu'on ne comprenait plus tous les signaux brûlants. « Enfin, vous devriez pas mentir pour un truc qui vous rend heureux. Vous êtes pas des psychopathes serial killers. Vous vous aimez juste. » Elle sortit à nouveau un bras de l'eau pour flatter l'encolure de Frost et jeta un coup d'oeil à Antarès, qui avait mis deux pattes dans l'eau, bloqué là comme si on lui demandait de sauter dans la lave. « Je sais plus si je t'avais dit, mais il a failli y passer, quand on explorait le village, avant de s'y installer. Le courant l'a emporté. Tu le forcerais, toi, à nager à nouveau ? »
Skylar Rees
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le Mar 23 Oct - 9:59
Imaginer Richard aimer qu’il ait des tresses rendit toute chose Skylar et le brun fit tout pour masquer sa gêne et ne rien afficher. Un rire lui échappa alors que Murphy se félicita d’être un génie. Décidément, elle ne changerait pas et il secoua la tête de gauche à droite. « On est entre nous Murphy. Tout ce qui sortira de ton divin nez restera entre nous. » La taquina-t-il, il ne tenait vraiment pas à voir ce qu’il avait à voir dans son nez par contre. Elle voulait encore lui faire des coiffures qu’il jugeait improbables et qu’il refusait d’avoir. Il secoua la tête, préférant ne pas en rajouter une couche. Peut-être qu’il s’essayerait à faire un chignon tout seul dans son coin en cachette. Jamais le soldat ne le dirait à Murphy, de peur qu’elle s’empare immédiatement de cette information et tente de le convaincre de la laisser faire. Il avait tout de même de la dignité et jamais de la vie une femme ne l’avait coiffé, cela n’allait pas commencer sur Terre. Un sourire naquit sur les lèvres de Skylar quand il parla de Richard de du fait qu’il ne lui dirait pas quant au supposé charme de Murphy. La réponse de la brune était plus drôle que prévu. L’homme décida de ne pas dire qu’il ne la considérait pas comme une concurrente, de peur de la froisser. Cela arrivait tellement vite de froisser quelqu’un qui n’avait rien demandé. « Un triangle amoureux ? Carrément. » En secouant la tête d’un air amusé. Non là, c’était définitivement trop.

Il n’y avait pas de triangle amoureux qui tienne. Skylar ressentit une vague de possessivité à l’égard de Richard. C’était un sentiment qu’il avait rarement ressenti, mais cela le piquait de temps en temps et c’était désagréable. C’était étrange de se dire qu’il pouvait être jaloux de quiconque qui s’approchait trop à son goût de Richard. Il n’avait pas l’habitude de ressentir des choses pareilles. Il n’avait jamais été d’une grande possessivité avec sa défunte femme. Il avait été sûr de lui, très sûr même. Dans cette nouvelle relation, tout était différent, il doutait régulièrement et il avait terriblement peur. Oui elle était une dame pour lui, mais il décida de ne pas en rajouter une couche. Il gicla Murphy et s’amusa de sa réaction avant de lui-même recevoir de l’eau. Pendant quelques secondes, il lui en envoya de l’eau et la situation fut très légère. Rien ne les menaçait, tout allait bien. La situation était très insouciante mine de rien. Il avait besoin de cela, de respirer, d’oublier sa situation, son grade. Frost les rejoint grâce à ses encouragements et Skylar remarqua bien que Murphy tentait d’attirer Antarès, mais que le chien ne venait pas. Il tint sa chienne sur ses épaules alors qu’elle le lécha. « Je suis toujours propre. » Dit-il d’un air faussement sévère pour essayer de lui faire peur. Il ne sut pas vraiment ce qu’il y avait dans le regard de Murphy, de la tristesse, de l’inquiétude ? Skylar ne dit rien.

Le brun la remercia de garder le secret. Il ne releva pas qu’elle était une bonne menteuse, ne se doutant pas qu’elle faisait parti de la rébellion. Si un jour il l’apprenait, il le prendrait sûrement mal. « Oui je l’aime. » Skylar l’avait dit avec détermination sans flancher. « Mais je ne veux pas que nous soyons un sujet de débat. Je ne veux pas discuter de ça avec les gens. Honnêtement Murphy, je suis sorti avec une femme, je me suis marié. Personne ne nous regardait. Si je disais pour Richard, alors quoi ? On nous fixerait. On devrait répondre à des questions. » Et il ne voulait car il n’avait pas de compte à rendre. « J’ai passé l’âge de devoir me défendre sur mes choix de vie. » Et c’était probablement pour cela qu’il avait fait certains choix de vie, de se marier, de se ranger dans une case. Cela avait été simple. Il ne voulait pas discuter, se justifier, expliquer, devoir voir l’étonnement. Skylar n’avait pas envie de subir cela. Il savait que Richard pensait comme lui. « Je ne mens pas, personne ne m’a demandé si j’étais avec lui c’est tout. C’est juste mentir par omission. Parfois il vaut mieux cacher certaines informations que mentir effrontément. » Dit-il avec un éclat dans le regard. Il pensait à la politique, les pensées qu’il avait parfois sur le conseil, mais il ne disait rien et personne ne lui demandait son avis et tant mieux.

Il comprenait ce que Murphy voulait faire, le libérer d’un poids. Mais il ne se voyait pas faire un coming-out. Il avait un rôle trop important pour afficher sa différence de vivre, ses goûts. Sans parler que Richard était son supérieur et que probablement, Skylar devrait quitter son rôle du second de chef de garde s’ils venaient à se faire découvrir. Bien entendu qu’ils étaient normaux et pas des psychopathes. Il vit Murphy regarder Antarès et faillit demander ce qu’il y avait eu, mais la brune le devança et lui dit ce qu’il y avait. Il fut touché par les paroles de la brune. « Je ne savais pas non. » Il s’approcha de la berge, faisant descendre Frost de ses épaules qui nagea quelques mètres avant de rejoindre la berge et de se secouer pour faire sécher ses poils. « Il ne faut pas le forcer, mais l’encourager, hein Antarès ? » Il sortit à demi de l’eau, portant son boxer et s’accroupit devant Antarès, les pieds dans l’eau, tendant la main vers le chien. « Il verra que nous allons bien, il nous suivra au bout d’un moment je suis sûr. Peut-être pas aujourd’hui. » Skylar regarda Murphy pour voir ce qu’elle pensait.
Murphy Cavendish
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le Jeu 25 Oct - 3:52


❝ Sound of summer ❞
Murphy Cavendish & Skylar Rees
(8 juillet 2118)


Quand elle ne travaillait pas, Murphy posait un regard bien différent sur les endroits qu'elle côtoyait. D'instinct elle continuait à guetter les dangers, à surveiller l'inhabituel, parce que son rôle de militaire la définissait autant que n'importe quelle autre part d'elle. Mais quand elle finissait ses gardes et ses patrouilles, lorsqu'elle s'enfonçait plus ou moins loin dans la forêt, seule ou accompagnée, qu'elle devenait seule décisionnaire de ses faits et gestes, seule responsable de ce qui l'attendait, Murphy découvrait le monde sous un autre angle. Détachée de ses responsabilités, elle se laissait observer la forêt et les paysages sans y chercher de raisons de les craindre. Avec Skylar, ce jour-là, son cœur était particulièrement léger. Pas seulement parce qu'ils s'étaient éloignés de leurs fonctions ou parce qu'ils trouvaient enfin la fraîcheur de la rivière, mais aussi parce que ce jour du calendrier portait une signification particulière pour la jeune femme, et qu'elle le partageait avec celui qu'elle considérait aujourd'hui et contre toute attente comme l'un de ses amis les plus proches. C'était même étrange, pour elle, de repenser à toutes les années qu'ils avaient passées à se côtoyer sans réellement se voir. Il avait suffi d'une seule mission pour qu'ils comprennent qu'avoir Richard en point commun ne pouvait laisser présager que de dizaines d'autres points communs. Ils ne les avaient pas énumérés, pourtant, mais il suffisait de les voir ensemble pour comprendre la confiance et le respect qu'ils avaient l'un pour l'autre. Avoir été mise dans la confidence de sa relation avec Richard était l'une des plus belles preuves de confiance que ses deux amis pouvaient faire à Murphy. La révélation n'avait pas été volontaire, mais la brune aimait croire qu'elle n'avait pas été tout à fait involontaire non plus. Les deux hommes n'auraient pas laissé leurs mains se balader devant quelqu'un d'autre qu'elle.

Pourtant, presque deux mois après la révélation déjà, c'était la première fois qu'ils trouvaient le temps de se retrouver, Skylar et elle. Avec Richard, c'était encore plus compliqué. Les tête-à-tête avec les hauts hiérarchisés avaient toujours été compliqués, mais Murphy devait avouer que ses propres pérégrinations personnelles limitaient les fenêtres de rencontre. Alors avoir Skylar à ses côtés pour l'aider à passer le cap de cette nouvelle année, c'était une double victoire. Au calme près de la rivière, ils pouvaient tout se dire. Ils avaient choisi un coin en amont de ceux les plus fréquentés par les leurs; ici, ils étaient tranquilles et les rencontres les plus probables qu'ils pouvaient faire n'avoir pas grand chose à voir avec des êtres humains. En plongeant sa main dans la rivière pour se rafraîchir, Murphy savait qu'elle abordait un monde dans lequel elle était un peu moins confortable. Mais pour se soulager un peu de cette chaleur accablante, elle était prête à affronter ce qui pouvait se promener dans le torrent. Même en s'humidifiant le visage et la nuque et les avant-bras, pourtant, l'eau s'évaporait en quelques instants à peine, achevant de prouver à la jeune femme que l'atmosphère n'avait rien pour plaire à quiconque aimait vivre. « Merci... » répondit-elle d'un air bien trop grave pour la situation. En jetant un coup d'oeil à Skylar, elle se tapota le bout du nez d'un peu de cette eau fraîche et salvatrice qui coulait à ses pieds. « Espérons quand même qu'on en arrivera pas à de tels extrêmes. » Éternuer des morceaux de cerveau, ça devait quand même coller de sacrées migraines.

Et quand on avait le cœur et l'esprit aussi légers que c'était le cas de Murphy à ce moment précis, on pouvait parler de moucher sa cervelle et de coiffer ses amis tout aussi naturellement. Elle avait déjà embêté Richard avec ses fausses lubies; voilà qu'elle faisait deux pierres d'un coup. Ils s'étaient bien trouvés, tous les deux, tout de même : Skylar refusait tout aussi catégoriquement que son compagnon qu'on lui triture les cheveux. Tant pis. Peut-être un autre jour. Et puis, elle avait bien assez de quoi l'embêter. C'était peut-être la chaleur qui lui donnait des ailes, ou bien le fait de se prendre une année en pleine figure, peu importait : elle comptait bien rattraper toute la malice qu'elle n'avait pas partagée avec Skylar depuis trop longtemps. Et maintenant, elle avait un sujet providentiel pour ce faire. Richard... Mais au sourire du barbu, Murphy devinait qu'il ne considérait pas cette concurrence réalise. Son regard se fronça une seconde, le temps pour elle de se vexer et de passer à autre chose. « Oui, un triangle, tu sais... un triangle, quoi. » Elle insistait, taquine, allant jusqu'à dessiner de l'index dans les airs les trois traits d'un triangle.

Quelques instants plus tard, Murphy se délectait de la fraîcheur de la rivière. Quand elle se baignait, près de ses jambes, elle redoutait toujours de sentir une bête la frôler. On lui disait qu'elle n'avait pas grand chose à craindre dans ces eaux-là, mais elle craignait ce qu'elle ne pouvait pas voir. Ce jour-ci, pourtant, par respect pour Skylar et peut-être aussi un peu pour Richard, elle s'était enfoncée dans l'eau jusqu'à la poitrine, jusqu'à un peu trop perdre de vue ce qui se tramait autour de ses pieds et chevilles. Un peu anxieuse à l'idée qu'une bête ne vienne fouiner trop près de ses gambettes, elle appréciait particulièrement tout le raffut que Skylar et elle étaient en train de faire dès leur entrée dans l'eau. Nul doute qu'ils devaient faire peur à toute la faune locale. Ce n'était pas quelques gouttelettes taquines qu'elle recevait, mais des vagues complètes envoyées avec détermination par son ami. Elle lui rendait la pareille, consciente que de se faire jeter de l'eau dessus en plein été était l'un des plus grands services que l'on pouvait se faire rendre. Bientôt, la chienne de Skylar les rejoignit, aussi aventureuse que son comparse canin ne l'était pas. Murphy, doucement, réalisait que son chien n'avait plus les mêmes instincts que sa cadette. Elle tenta de l'appâter par les seules méthodes qui lui venaient : en taquinant la surface de l'eau, en l'appelant par ses deux noms, en lui faisant ses sourires les plus charmeurs. Antarès ne se laissait pas convaincre. Il mettait parfois une patte dans l'eau mais retrouvait la terre ferme en une seconde à peine. Elle n'avait pas réalisé l'importance de ce rejet avant maintenant. Elle ne pouvait pas lui en vouloir, pourtant. C'était à elle qu'elle en voulait, d'avoir minimisé le traumatisme de l'expérience de l'année précédente. « Bien sûr, bien sûr... » Elle n'oubliait pas son ami, pourtant, et la petite chienne qui s'était installée sur son épaule. Taquine, même si elle y avait perdu un peu de cœur, Murphy tendit le nez vers Skylar et fit mine de le renifler -comme Antarès le faisait parfois. « Jsais pas hein... »

Mais l'espièglerie n'était pas destinée à durer toujours. Antarès restait bloqué sur le rivage, et puis il y avait ce sujet un peu sérieux, qu'ils avaient jusque-là abordé sans trop de sérieux. Il la remerciait de garder le secret et elle, elle se demandait pourquoi elle le faisait. Oh, elle savait pourquoi elle le faisait; mais pourquoi avait-elle à le faire ? Elle ne se voulait pas moralisatrice. Sa voix était douce et en caressant Frost, elle jetait des coups d’œils bienveillants à son ami. Elle voulait comprendre, juste. Ils avaient le droit à leur bonheur, eux aussi, et à leur tranquillité. Et quand il confessa aimer Richard, la main de Murphy s'immobilisa dans le pelage de la boule de fourrure qu'il portait sur son épaule. Son cœur venait de faire un soubresaut dans sa poitrine et sur ses lèvres se dessinait doucement un fin et tendre sourire. Ce n'était pas une révélation, et pourtant, ça sonnait comme une révélation. C'était ce qu'elle avait souhaité entendre dès qu'elle avait compris que les deux hommes voulaient plus que ce qu'ils avaient depuis des années. Aimer, avec autant de détermination, c'était aimer pour de vrai, c'était aimer en partagé. Elle pencha la tête sur le côté alors qu'il expliquait ce qui les poussait à faire ce choix de garder leur relation secrète. Murphy hochait doucement la tête, les lèvres pincées. Sa main remonta derrière les oreilles de Frost pour les cajoler et retomba dans l'eau. « Je... je comprends... » Et le contraire de sa part serait assez hypocrite. Il y avait quelques jours marqués dans son calendrier en deuxième partie du mois qui prouvaient qu'elle comprenait, tout ça, les doutes, le besoin de vivre pour soi avant de vivre pour les autres, et celui de ne pas avoir à justifier ses envies et ses besoins. S'exposer au regard du monde, c'était s'exposer aux crétins qui ne comprenaient pas et n'essaieraient jamais de comprendre. Pour certains, c'était aussi rendre réel quelque chose dont on ne savait pas s'il existait vraiment... « Mais réfléchissez-y peut-être... vous avez pas à répondre à ceux qui vous posent des questions. Jveux dire, je... soyez sûrs d'être heureux. C'est pas à vous de vous plier à la connerie des autres. Si ça change leur regard sur vous ou votre travail, c'est eux que ça regarde. » Mais il parlait de mensonges par omission, et ça résonnait en elle. Elle mentait bien, elle aussi. Un peu trop à son goût, d'ailleurs. Elle se demandait ce que Richard et Skylar penseraient de son appartenance à la rébellion. Richard s'en doutait probablement... mais Skylar ? Elle ne supportait pas l'idée que cette appartenance puisse les séparer. Elle mentait par omission, mais même ces demi-mensonges portaient l'attribution de mensonge. La considéreraient-ils comme une étrangère, s'ils apprenaient qu'elle avait rejoint le mouvement à la mort de Faust ? Est-ce que ça compterait, toute la défense qu'elle prenait du Conseil, tout le calme qu'elle avait essayé d'insuffler au mouvement ? Il mourrait, de toute façon -ou était mort depuis bien longtemps. Elle n'aurait peut-être jamais à lui avouer en faire partie.

En laissant son regard voguer sur la berge, elle retrouva un Antarès toujours prostré là, borné, comme si on lui avait lancé le pire des défis. Elle réfléchissait à vive allure, se demandait si elle n'avait pas été irresponsable de l'emmener en exploration ce jour-là, si elle n'était pas irresponsable tout court d'avoir accepté de prendre soin d'un chien, alors qu'elle savait à peine distinguer un lièvre d'un ours depuis quelques années. Parce qu'il était le seul qui pouvait vraiment comprendre ses doutes, elle expliqua en quelques mots à Skylar la situation qui avait mené au blocage d'Antarès. « Quand on l'a récupéré, j'étais juste contente qu'il soit en vie. J'imaginais pas que ça lui laisserait des traces pareilles. » Elle fronça les sourcils, peinée, en regardant son ami s'avancer plus près du chasseur. Frost glissa dans l'eau comme si de rien n'était pour rejoindre la terre ferme. Murphy passa une main sur son visage mouillé pour en écarter les mèches de cheveux qui s'y étaient collées et s'avança à son tour pour le rejoindre. A demi sortie de l'eau, elle aussi, elle sentait déjà la chaleur de l'atmosphère tenter de reprendre ses droits. Elle s'arrêta à côté de Skylar, qui s'était accroupi, et serra brièvement son épaule pour le remercier. « T'as sans doute raison. Je veux juste faire les choses bien. J'ai déjà merdé deux fois, avec lui... » Il y avait cet incident, et puis il y avait le cyclone. Deux fois où elle avait été trop proche de le perdre pour considérer avoir bien joué son rôle de compagne humaine auprès d'Antarès. Elle s'accroupit finalement à côté de Skylar, son épaule collée à la sienne pour rester au plus près de son chien. « Dis, je me demandais... Richard il l'accepte comment, Frost ? » Elle lui jeta un bref coup d'oeil et reporta son attention sur le chien, qui les fixait tour à tour comme s'il avait compris qu'on lui réservait un traitement spécial. En faisant écho à Skylar, elle tapota la surface d'eau à ses pieds, un sourire un peu bête mais très encourageant affiché sur ses lèvres. « Major, Major ! Viens ici ! Regarde, il fait frais ! » Elle parlait de sa voix de maîtresse un peu trop entichée de son compagnon à quatre pattes. Elle tapa finalement un peu plus violemment dans la flotte pour éclabousser tout le monde. Peut-être qu'au moins, la recherche de fraîcheur aurait raison des inquiétudes d'Antarès. Comme une gamine, elle profita du contact avec l'épaule de Skylar pour le pousser un peu et attirer son attention pour lui souffler un discret : « Tu sais... je suis contente pour Richard et toi... » Et, en face d'eux, Antarès avait mis pas une, mais deux pattes dans l'eau.
Skylar Rees
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le Dim 16 Déc - 16:19
La légèreté de ce moment faisait oublier à Skylar ses obligations en tant que second du chef de la garde. Murphy lui changeait les idées et son attitude si légère le détendait, lui faisait perdre un peu son sérieux constant. Ils ne seraient jamais un triangle amoureux, mais tout ceci l’amusait énormément. Mais malgré les rires, ils parlèrent très vite de sa relation avec Richard. Skylar refusait d’en démordre, de se dévoiler aux regards des autres. Il regarda Murphy droit dans les yeux alors qu’elle demanda d’y réfléchir. « Tu connais Richard et je n’ai pas besoin de te dire son opinion à ce sujet. Nous avons fait un choix et on s’y tiendra. » Ils étaient probablement très carrés les deux, mais c’était pour cela qu’ils commandaient la garde et que cela marchait. Pour être militaire, il fallait être un minimum carré et tenir aux règles. Skylar n’avait aucun souci avec cela. Être un soldat avait toujours été une évidence. C’était quelqu’un de dévoué, de stratège, mais aussi de très actif. Rester à donner des cours, distribuer de la nourriture ou autre, jamais de la vie. Il avait besoin de réfléchir comment manier les troupes et que faire pour le bien-être de chacun et chacune. Skylar se fit la réflexion que même si Murphy était une militaire, elle était bien plus ouverte d’esprit que lui. C’était peut-être parce qu’elle était plus jeune que lui, moins enfermée dans les carcans que Skylar subissait. Il n’avait pas l’impression de se plier à la connerie des autres, juste de vivre sa vie comme il l’entendait et cela le rendait heureux. Il n’avait pas envie de faire plus. Il ne voulait pas se poser mille questions, il voulait juste vivre sa vie.

Bien entendu, Skylar ne tenait pas compte de la jalousie qui pouvait venir car aux yeux des autres, lui comme Richard étaient célibataires. Cela laissait la porte ouverte à des femmes et rien que l’idée le mettait de mauvaise humeur. Il chassa ses pensées de sa tête. Le brun se concentra sur Antarès et les inquiétudes de Murphy à ce sujet. « Ils sont comme nous, les choses laissent des marques. Leur mémoire n’efface pas tout. » Malheureusement car il voyait bien qu’Antarès était mal. Il sortit doucement de l’eau, la chaleur réchauffait ses épaules parsemées de légères taches de rousseur. Il avait pris quelques couleurs avec tout ce soleil, mais il restait relativement blanc. Il leva ses yeux clairs sur Murphy alors qu’elle avoua avoir déjà merdé deux fois avec son chien. Était-ce de la culpabilité qu’il entendait dans sa voix ? Il fronça les sourcils. « Je t’interdis de culpabiliser. Tu fais de ton mieux pour lui, tu le fais toujours. Il est ta priorité, tu es quelqu’un de bien. » Il voulait la rassurer et éviter qu’elle s’en veuille inutilement. Il ne supporterait pas de la voir rongé par les remords. Skylar posa son regard Antarès quand Murphy parla à son chien et attendit de voir la réaction de l’animal. Il se fit légèrement pousser par la brune et regarda Murphy. « Moi aussi je suis content. » Et on pouvait clairement lire du soulagement dans son regard. Il avait attendu des années avant de s’avouer les sentiments qui le rongeaient. Il avait probablement trop attendu, mais le passé était le passé. « Il n'apprécie pas des masses Frost, mais je m'y fais. » Au début, cela l'avait vexé et puis il s'était fait une raison. Il ne voulait pas se disputer avec Richard sur ce genre de sujet.

Il poussa légèrement à son tour Murphy. « Ne regarde pas trop Antarès, mais il a mis deux pattes dans l’eau. » Son regard brillait de joie. Frost faisait l’aller-retour entre l’eau et son compagnon à quatre pattes, visiblement toute joyeuse. Sa queue battait l’air et elle était étrangement agréable avec l’autre chien. Skylar fut étonné de sa réaction. La petite chienne n’était jamais autant intéressée par Antarès, mais là elle venait même lui lécher le museau. Il plissa les yeux. « Il a du succès Antarès. » Un chien pouvait-il charmer ? Diantre ! Il n’en savait rien.
Murphy Cavendish
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le Dim 23 Déc - 2:31


❝ Sound of summer ❞
Murphy Cavendish & Skylar Rees
(8 juillet 2118)


Murphy n'avait jamais été du genre à fêter son anniversaire, mais on lui avait appris à ne pas l'oublier. Maintenant, même sans Ofelia ou Faust pour lui rappeler qu'elle prenait une année dans la gueule, la date était marquée dans sa chair et se rappelait dans les mêmes délais chaque année. De cette journée elle n'attendait jamais grand chose d'autre que cette pointe de mélancolie habituelle qui lui rappelait, comme certaines autres pierres angulaires de l'année, que le temps passait et qu'on n'y pouvait pas grand chose en tant que spectateurs de sa flèche inaltérable. Chaque année lui rappelait que ces vingt-quatre n'avaient rien de différent de celles qui les précédaient ou les suivaient, si ce n'était quelque chose d'une épreuve que Murphy s'imposait à elle-même. Elle n'avait plus dix-huit ans, et peut-être que c'était la seule fois de l'année où elle s'en rendait compte; où elle se demandait si ses objectifs de vie étaient les bons. A son âge, on était censé être posé, installé, fonder une famille; pas crapahuter dans tous les sens à le recherche de grandes explorations, de moments de découverte comme ceux dont elle s’enivrait chaque fois que les beaux jours revenaient. Mais ces questions, elle ne se les posait que pendant ces quelques heures, une fois dans l'année; et elle avait appris, aussi, pendant ces trente-six années laissées derrière elle, que d'ignorer les grandes questions était l'une des façons les plus saines pour elle de passer à la suite sans se laisser ronger parce qui aurait pu être si elle avait décidé ou été autrement. Alors ses journées qui rajoutaient une année à son grand calendrier personnel, c'était presque comme chaque autre journée qu'elle aimait les passer : entourée et, si possible, entourée de ceux qui comptaient. Dans ce monde sans dessus-dessous qu'ils avaient rejoint quelques années auparavant, c'était ce petit cadeau qu'elle s'offrait à elle-même : quelques heures passées hors du temps et des préoccupations qui bouillonnaient trop fort, trop vite, tout le temps, à l'image des menaces qui persistaient même dans les plus doux et apaisés des moments. Les moments avec Richard ou Skylar étaient de ceux qui étaient particulièrement précieux, car particulièrement rares. Passer ces quelques heures étranges aux côtés du second de la garde, c'était s'arracher à leurs responsabilités respectives et choisir de s'offrir l'un à l'autre ces quelques instants loin d'elles. Elle l'avait su dès que l'escapade avait été programmée, et plongée dans la rivière fraîche, Murphy observa pendant quelques secondes la scène face à elle, réalisant et appréciant avec un petit sourire discret la préciosité de l'instant.

Ce moment était fait de partage, et il n'était nullement question pour Murphy de contourner l'une des révélations les plus importantes qui lui avaient été faites ces derniers mois. Même si elle se garderait bien de le partager aux personnes concernées, elle avait été témoin du désemparement individuel de Skylar et de Richard. Elle ne prétendait pas avoir joué un rôle déterminant dans le chemin qu'ils avaient trouvé l'un vers l'autre, mais ça lui réchauffait le cœur d'avoir été sur leur route à chacun. Indépendamment l'un de l'autre, ils avaient choisi de faire d’elle à la fois une confidente et un témoin de leur histoire. Quand, deux mois auparavant, elle avait appris qu’ils s’étaient enfin trouvés comme ils avaient tant désiré se trouver, le coeur de Murphy s’était rempli d’une chaleur comme il était devenu rare qu’elles existent. Même ici, même sur cette Terre qui leur rappelait constamment qu’ils n’étaient pas grand chose, le monde continuait de tourner et les gens de s’aimer. Et si Murphy souhaitait le bonheur des siens, c’était avant tout pour ses proches qu’elle le désirait. Leur vie privée, c’était à eux de savoir ce qu’ils en attendaient. Pourtant, elle ne pouvait s’empêcher de lui répéter, peut-être un peu lourdement, qu’ils n’avaient pas à se soucier de révéler leur bonheur au grand jour. Peut-être qu’elle étendait ses propres intentions et désirs un peu trop facilement aux autres; il lui semblait pourtant que c’était ce qui comptait, maintenant, ces bonheurs-là, ceux de couples ou de naissances, parce que c’était ce qui devait compter, et que c’était laisser la survie pour s’abandonner à la vie, la vraie, celle qui faisait vibrer et rendait heureux de vieillir. « Je veux juste que vous soyez heureux, quel que soit votre choix… » souffla-t-elle un peu penaude, comme pour justifier et s’excuser de l’insistance dont elle avait fait preuve. Car c’était ce qu’elle voulait, en fait : qu’ils n’aient pas à se poser la question de ce qu’ils souhaitaient pour eux-mêmes. Elle n’était pas naïve pourtant; elle savait que les choses étaient rarement aussi simples et qu’entraient souvent en compte plein de paramètres dont on se serait bien passé. Mais pour Skylar et Richard, elle espérait autre chose. Pour ce nouveau monde qu’ils bâtissaient tous ensemble, elle espérait autre chose.

Et bien vite, Murphy comprit qu’il n’y avait peut-être plus grand chose à dire au sujet du couple. Malgré le sourire qui s’étendait sur ses lèvres dès qu’elle pensait à ses deux amis, elle ne voulait pas devenir cette camarade collante au point de se demander ce qui pouvait se tramer dans sa propre vie pour qu’elle cherche tant à se plaire dans celle des autres. Et puis son chien fit voguer son esprit à d’autres horizons, de ceux qui se laissaient dominer par l’inquiétude. Les taquineries avaient laissé place au souci, et son regard n’avait plus vraiment à se détacher du canidé qui restait coincé sur la berge. « Au début je me suis dit que ça passerait et j’ai plus fait attention… et c’est pas passé… » Tout ce temps pour le réaliser, que ça n’était pas passé. C’était de ça dont elle se voulait : d’avoir été aveugle tout ce temps, de ne pas s’être alarmé de tous les signes qu’il avait pu donner de sa détresse face à la flotte. Il fallait dire qu’une fois passées les limites du village, Murphy lui rendait sa liberté au point de ne se préoccuper de ses allées et venues qu’une fois tous les trente-six du mois. Lorsqu'elle se baignait elle-même, elle le laissait vaquer à ses occupations. Il pouvait se baigner dans son coin ou retourner chasser un peu plus loin; c’était lui que ça regardait. En pensant lui offrir sa liberté d’animal qui n’appartenait à personne, Murphy l’avait condamné à se laisser ensevelir par les angoisses de ce qu’il avait vécu. Il aurait fallu battre le fer tant qu’il était encore chaud, le forcer à mettre une patte dans la flotte avant qu’il soit impossible pour lui d’y mettre le moindre poil. Une boule dans le ventre, elle suivit Skylar jusqu'à la berge pour poser une main sur son épaule et, le regard perdu sur un Antarès terrifié, admettre les erreurs qu’elle avait commises avec Antarès. Deux, c’était déjà beaucoup moins que ce qu’elle avait craint quand Oona lui avait confié la garde du chien; mais deux, pour quelqu'un qui aimait son compagnon canidé comme Murphy aimait Antarès, c’était déjà beaucoup trop. La main resté négligemment posée sur l'épaule de Skylar, elle capta le regard transperçant de clarté de son ami. Avec un sourire gêné et touché, elle serra un peu l'épaule. Tu es quelqu'un de bien, ça sonnait du charme des aveux que l'on faisait trop rarement à ceux qui comptaient. C'était son cadeau d'anniversaire. Ses mots, c'était son regard brillant de reconnaissance, et elle s'accroupit finalement aux côtés du militaire pour faire face au chien apeuré et l'encourager maladroitement à confronter et dépasser sa peur.

Et puisqu'on ne pouvait pas faire sortir de la tête d'une Murphy une idée aussi facilement, elle glissa comme une dernière conclusion toute la joie qu'elle avait que Skylar et Richard se soient enfin trouvés. Elle croisa le regard de son ami pendant quelques secondes et un sourire en coin vint creuser l'une de ses fossettes. « Je crois que c'est la première fois que je te vois si heureux depuis qu'on se côtoie. » On ne pouvait pas dire qu'ils s'étaient beaucoup fréquentés là-haut; pas assez pour se connaître et lire dans leurs expressions tout ce qu'ils ne disaient pas, en tout cas. Mais au fil des dernières années, Murphy avait appris à décrypter l'homme et tous les non-dits qui l'avaient tant impressionnées -et l'impressionnaient encore parfois. Ces non-dits ne devaient par leur condition à des jugements constants de ceux qui croisaient le chemin de l'homme; ils la devaient à une pointe de taciturne et de secret qui accompagnait toujours le second de garde, comme une carapace ou un bouclier. Ce n'était pas les autres qu'il protégeait de lui, mais probablement lui-même qui se protégeait des autres. Et pour réaliser ça, il avait fallu à Murphy un peu de temps. Maintenant, dans son regard, elle pouvait lire une forme de réalisation, d'accomplissement. « T'es heureux ? » demanda-t-elle tout de même un peu timidement, comme pour être sûre de ne pas s'être embarquée dans une conclusion trop hâtive. Mais elle avait posé une autre question, dont la réponse l'attrista un peu, même si elle ne l'étonna pas. Richard était une vraie tête de mule, mais malheureusement pour lui, il côtoyait de près un maître et une maîtresse de chiens. Il succomberait tôt ou tard, lui aussi, au charme de ces bêtes. Tant que ce n'était pas le cas, c'est qu'il ne les avait pas assez fréquentées. « Il croyait qu'Antarès bouffait sur nos réserves, tu sais », glissa-t-elle en le poussant un nouveau légèrement d'un air taquin. Si Antarès avait changé quelque chose à leurs stocks de nourriture, c'était seulement pour les gonfler d'un lapin de temps à autres; jamais pour les faire fondre. « Faut juste qu'il apprenne à les découvrir, nos amis. Il est humain, après tout. » Et la condition d'humain, pour Murphy, impliquait qu'on ne pouvait pas demeurer éternellement insensible au charme des canidés. Si c'était le cas, c'est qu'on avait pas fait d'efforts -ou pas été forcé par deux proches à en côtoyer tous les jours. « Il paraît que les chiens sont le meilleur ami de l'homme. » C'était ce qu'Oona lui avait dit autour d'un feu, voilà bien longtemps maintenant. « Je regrette que le papy s'en rende pas compte », ajouta-t-elle d'un air soudainement plus mélancolique avant de reprendre plus joyeusement : « mais ça changera. Ils sont deux, maintenant. »

Le regard perdu entre l'épaule de Skylar et les arbres derrière fut brusquement surprit par le geste de l'homme, qui le poussa à en chercher la source. Elle fronça un peu les sourcils avant qu'un sourire pudique ne se dessine sur ses lèvres, comme de peur que le moindre mouvement, sourire ou la moindre parole ne coupe Antarès dans son élan. Elle ne put pourtant s'empêcher de lui jeter un coup d'oeil en coin avant de reporter son attention sur Skylar. « Faut faire quoi, tu crois ? » Murphy serrait les poings, prête à exploser d'enthousiasme. Du coin de l’œil et de l'oreille, elle pouvait deviner Frost se balader à côté d'eux trois et porter son attention sur son aîné. Skylar était devenu son regard; elle essayait de comprendre ce qui se passait à travers ses mimiques, de peur qu'un spectateur de plus ne coupe court au processus courageux d'Antarès. « Il se passe quoi, elle l'aide ? » Elle attrapa le bras de Skylar pour le forcer à lui donner des indices, à décrire ce qui se passait. « Peut-être qu'on devrait retourner se baigner et les laisser gérer entre eux ? Je sais pas... je sais pas ! J'ai peur de merder... » Elle inspira un grand coup et se redressa en faisant volte-face sans un dernier regard aux deux chiens, prétendant les laisser vaquer à leurs occupations. S'ils étaient comme elle, alors peut-être qu'un peu de tranquillité les aiderait au mieux à gérer ce moment délicat. Alors qu'elle s'enfonçait dans l'eau à nouveau, Murphy se demandait si Skylar la suivait; et surtout, réalisait qu'il avait été grand temps pour Antarès d'avoir une compagne à quatre pattes, une alliée et une amie pour la vie.
Skylar Rees
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le Mar 8 Jan - 11:38
Skylar aimait bien l’intérêt de Murphy, mais peut-être devina-t-elle qu’elle dépassait clairement les bornes. Le brun avait un regard très parlant quand il commençait à en avoir marre et là clairement, il en avait marre. « C’est gentil, mais il faut parfois lâcher prise. » Il espérait qu’elle ne prendrait pas mal ses paroles, mais il décida rapidement de changer de sujet. Dans un coin de sa tête, il ne pouvait s’empêcher de se demander pourquoi elle était autant sur sa relation avec Richard. Essayait-elle de le détourner de quelque chose ? Ils avaient beau être amis, tout comportement suspect attirait vite son attention, mine de rien. Il garderait cette pensée dans un coin de sa tête. Il avait bien envie de poser certaines questions à Murphy sans savoir s’il obtiendrait des réponses qui l’intéresseraient. Ils parlèrent d’Antarès qui détourna leur attention. Son regard clair était posé sur le chien qui était vraiment terrifié. Il n’y connaissait vraiment rien aux chiens et se demandait à quel moment on devait s’inquiéter. « Il va s’en remettre. » C’était ce qu’il espérait. Il faudrait probablement du temps, mais un animal pouvait-il rester toute une vie traumatisée comme un humain ? Il n’en savait vraiment rien. C’était vraiment une énigme pour lui. Il voulait aider Murphy, mais il avait peu de connaissance concernant les chiens. « Tu as pensé à aller voir Oona ? » Il ne savait pas comment prendrait celle qui avait élevé Frost et Antarès si elle apprenait que le chien était traumatisé.

Le brun regretta d’avoir dit cela, se disant que l’éleveuse pourrait trouver une excuse pour le reprendre. D’un côté, cela faisait longtemps qu’Antarès était avec Murphy, Oona ne pourrait pas la reprendre ainsi, non ? Ils reparlèrent de Richard et Skylar se rendit compte qu’il adorait parler de son amoureux. Il sentait toujours la joie le traverser et se sentait loin de toute colère, rage. « Oui je suis heureux. Et toi ? Quelqu’un en vue ? » C’était ce qu’il se demandait depuis le début de leur conversation et il la sonda du regard. Il était bien curieux de rencontrer la personne qui pourrait faire perdre les mots à Murphy, la pipelette infatigable. Il eut un sourire amusé rien de que de penser à cet homme qui pourrait plaire à Murphy, ou une femme peut-être. Maintenant que Skylar était avec Richard, il n’était plus sûr de rien concernant les goûts. Le sujet des chiens avec Richard était un poil compliqué. Skylar savait bien que son amant ne faisait pas cela méchamment, il pensait juste à la survie du groupe. « Je sais. » Il regarda Murphy et se garda bien de dire qu’il savait presque tout de Richard. Ils discutaient énormément, échangeaient ensemble et leur longue amitié lui permettait de le connaître par cœur. « Il s’inquiète juste pour le camp, c’est son rôle. » Il fallait bien que quelqu’un s’en charge et fasse le garde-fou. Skylar avait eu peur au début aussi, peur que Frost mange énormément, avant d’apprendre qu’elle chassait et se nourrissait bien seule. De temps en temps, il lui donnait sa nourriture, mais cela ne regardait que lui et ses propres rations. Il ne voulait pas impacter sur le reste du groupe.

Il ne savait pas si Richard se laisserait amadouer par les chiens. Skylar avait toujours Frost avec lui et il ne voyait pas encore son ami s’attendrir. Peut-être que cela viendrait, mais il n’en était pas si sûr. Il tut cette information, ne voulant pas faire de la peine à Murphy. « J’ai entendu aussi que les chiens étaient les meilleurs amis de l’homme avant tout ceci. » Avant que le nucléaire ne détruise la planète. Skylar regarda Frost et se dit que bons nombres de maîtres avaient dû abandonner leurs bêtes pour monter sur l’Odyssée et cela lui déchira le cœur. C’était le genre de détail auquel on ne pensait jamais. Le papy, cela le fit sourire, mais de son côté, il ne se faisait pas de souci. Peut-être que oui, cela changerait, surtout quand il voyait Frost proche d’Antarès. « On devrait les laisser. » Il se demandait si la petite chienne comprenait ce qui se passait et tentait d’amadouer l’autre chien pour le faire venir dans l’eau. Était-elle intelligente à ce point ? Skylar observait l’échange, vraiment curieux. Son regard clair se posa sur Murphy qui contenait visiblement sa joie. « Je pense elle tente de lui montrer que tout va bien. » Les chiens pouvaient-ils communiquer entre eux ? Bonne question. Il laissa Murphy se détourner et se demanda si elle n’allait pas exploser d’un instant à un autre. « On devrait les laisser. Il ne viendra peut-être pas aujourd’hui, mais demain ou un autre jour. » Il se propulsa avec ses pieds et tenta de nager un peu, mais sincèrement, ce n’était pas facile. Au moins, il avait encore pieds. « Allez, c’est ton anniversaire. C’est une magnifique journée. » Il lui donna une tape sur l’épaule pour tenter de lui rendre le sourire.
Murphy Cavendish
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le Ven 18 Jan - 3:51


❝ Sound of summer ❞
Murphy Cavendish & Skylar Rees
(8 juillet 2118)


En s'écartant du village avec Skylar pour trouver refuge près de la rivière, Murphy savait que c'était tout ce dont elle avait besoin en ce jour à la fois spécial et incroyablement semblable à tous ceux qui l'encadraient. On parlait de la fraîcheur salvatrice des eaux claires, mais aussi de la compagnie qui lui était offerte. Aller à la rivière, elle le faisait très souvent ces derniers jours, juste pour s'octroyer une brève pause d'ombre, de calme et surtout de fraîcheur. Mais aujourd'hui, c'était différent. Parce que pour la première fois depuis trop longtemps, elle retrouvait Skylar pour de vrai. Pas au détour d'un bâtiment, à un changement de garde ou lors d'une réunion militaire quelconque. Elle le retrouvait en dehors de leurs responsabilités respectives, et Murphy se rendait compte que depuis qu'ils se côtoyaient de plus près, elle pouvait compter ce genre d'opportunités sur les doigts d'une main. Les rondes, les gardes et les patrouilles ne comptaient qu'à moitié. On y partageait des tête-à-tête cauchemardesques, comme ça pouvait être le cas lorsqu'elle se retrouvait coincée avec Chris, ou beaucoup plus plaisants, lorsqu'elle avait réussi à se glisser aux mêmes horaires que Richard ou que Skylar. Mais dans le contexte de leur métier, ça ne comptait qu'à moitié. Rien ne justifiait de baisser sa garde et d'anesthésier sa vigilance, pas même les belles amitiés que les emplois du temps donnaient peine à nourrir. Voilà ce qui rendait cette journée si belle, alors : la rareté de la présence qui l’accompagnait.

Il y avait tant à rattraper, depuis que Skylar lui avait avoué ses sentiments pour Richard. Plus encore depuis qu'il avait trahi la confidence de leur relation dans un geste accidentel, au détour d'une réunion ennuyeuse comme leurs responsabilités leur en faisait écoper beaucoup trop au goût de la brune. Cette fois-là, pourtant, un seul geste lui avait fait l'effet d'un électrochoc et pendant la soirée qui avait suivi, elle avait eu du mal à se départir de ce sourire discret qu'elle avait justifié auprès des autres par une bonne journée de chasse avec Antarès. Murphy n'avait eu ensuite l'occasion d'en reparler ni avec l'un, ni avec l'autre. Mais lorsqu'elle les voyait ensemble, maintenant, elle ne pouvait plus être aveugle. C'était comme si c'était évident. Oh, la maladresse accidentelle du geste involontaire et regretté lui avait été réservée à elle et à elle seule. Mais maintenant que révélation avait été faite, il semblait à Murphy que les choses, en fait, n'avaient jamais pu être autrement. Elle captait des regards qu'elle n'avait jamais captés avant, que personne n'avait l'air de capter encore. Il suffisait, en cet après-midi de chaleur cauchemardesque, de croiser le regard de Skylar pour être convaincu que rien n'était plus tout à fait pareil. Ses yeux brillaient d'une lueur nouvelle, que Murphy ne leur avait jamais connue. Oh, bien sûr, Murphy ne l'avait jamais vraiment connu lorsqu'il était marié. Il avait fallu attendre des moments qui les avait conduits proche de leur perte, tous les deux, pour qu'enfin ils osent se regarder d'un autre œil. Mais le Skylar qui était devenu son ami avait toujours semblé porter un poids étrange, celui d'une mélancolique secrète. C'était peut-être de taire ses sentiments pour Richard qui l'avait à s'entourer d'un tel aura de mystère. Devant elle maintenant se dressait un homme heureux. Sans être différent du Skylar qu'elle avait toujours connu, il émanait de lui une sorte d'accomplissement et de bien-être, qui donnait à Murphy l'impression qu'il était devenu invincible. Mais elle était maladroite, Murphy; quand elle avait cherché à leur faire comprendre qu'elle était heureuse pour eux, elle avait basculé dans des clichés auxquels des trois n'était habitué. Encore maintenant, elle poussait sans doute les choses un peu trop loin. A force de vouloir leur bonheur, elle frôlait les limites de ce qu'ils souhaitaient partager, avec elle ou avec les autres. Alors elle se contenta d'une dernière conclusion, un peu timide et penaude, comme pour s'excuser d'avoir été aussi intrusive que pouvait l'être une Murphy enthousiaste. Consciente de sa maladresse, elle ne s'en renfrogna pas moins lorsque Skylar la lui confirma. Elle se contenta, confuse, de lui sourire faiblement.

C'est la paralysie d'Antarès face à l'eau qui sortit Murphy de ses pensées embarrassées en un instant à peine. Il lui revint en mémoire subitement les aventures qu'il avait vécues avec le petit groupe d'explorations, quand ils marquaient encore les lieux avant d'investir les ruines et d'en faire leur foyer. Elle s'était inquiétée pour lui quand elle l'avait vu dériver dans la flotte sans parvenir à se sortir de ce piège cruel lui-même; elle avait paniqué quand elle l'avait récupéré, trempé, et ramené sur la berge. Elle s'était affolée à l'idée que ces quelques éternelles minutes l'ait marqué à vie. Mais Antarès ne lui avait plus donné de raisons de s'en faire et Murphy, emportée par l'élan de tout ce qui faisait son quotidien, s'était contentée de retrouver son fidèle ami sans se soucier de ce qu'il pouvait cacher ou n'accorder qu'à certaines situations contextualisées. Ils avaient fréquenté l'eau, pourtant, depuis. Mais peut-être pas des profondeurs comme celles-là, peut-être pas des courants comme celui-là; c'était ce qu'elle se répétait en boucle pour tenter de se pardonner ce qui était impardonnable. Elle n'avait pas vu, Murphy. Antarès lui avait forcément donné des raisons de s'en faire, et elle ne les avait pas vues. Debout face au labrador, les deux amis essayaient tant bien que mal de se rassurer. C'était un peu ironique, en cet instant précis, de se remémorer les inquiétudes de Skylar vis-à-vis de Frost et les quelques conseils que Murphy avait pu lui donner. Les rôles s'inversaient vite et paradoxalement, la brune trouvait du réconfort dans le fait qu'ils apprenaient ensemble ce que c'était que d'être responsable du bien-être d'un autre être, et qui plus est d'un être dont ils ne connaissaient pas grand chose d'autre que ce que l'instinct leur indiquait tout au long du chemin. « On arrive plus à se voir très souvent... » regretta la militaire. « Et puis je te dis, j'avais pas vraiment remarqué que... que... enfin j'aurais dû, mais j'ai cru que... c'était pas grand chose... » Sa voix chevrotante étouffa la fin de sa phrase dans un soupir sans qu'elle ne puisse la conclure. Et puis, que penserait son amie de tout ça ? Que penserait-elle du fait que Murphy lui posait ce genre de questions, et qui plus est, si longtemps après les faits ? Elle réunissait l'absence de jugeote et l'absence d'observation. Elle n'avait pas pu empêcher l'accident, et elle n'avait pas eu la décence de s'assurer qu'Antarès en ressortait indemne -vraiment indemne. A cette simple idée, une boule de tristesse vint se nicher dans sa gorge et elle jeta un bref regard atterré à son ami. Elle avait failli à Antarès, elle avait failli à son devoir de compagne humaine, elle avait failli à Oona, et elle avait failli à tous les préceptes qu'elle avait passé son existence à tenter d'honorer.

Mais Skylar trouvait les mots. Et ils étaient doux, ses mots. Ils embaumaient son cœur d'une chaleur plus que bienvenue, même dans la fournaise de ce mois de juillet. Doucement, elle s'accroupit aux côtés de son ami et lui glissa une dernière fois tout le bonheur qu'elle avait de le savoir heureux et aux côtés de Richard. Aux côtés de Richard, comme il l'avait tant souhaité. Il était heureux et le sourire de Murphy s'élargit lorsqu'il le confirma. Il se figea subitement lorsqu'il lui retourna la question.

Normalement, elle aurait dû répondre que non. C'était évident, pourtant ; Murphy n'avait jamais eu personne en vue. Dans son lit, oui. En vue, absolument pas. Mais quelque chose d'invisible l'empêchait de simplement répondre non, comme elle l'aurait répondu quelques années auparavant sans détour, sans silence gêné, sans que le sang ne lui monte aux joues. Son regard quitta celui de Richard pour retrouver un Antarès apeuré sur les bords de la berge. « Je, heu... non » s'entendit-elle dire alors que sa conscience lui hurlait qu'il n'y avait pas pire aveu que de répondre ce qu'elle venait de répondre. « Tu sais bien que je suis un cœur de pierre... » Sa voix ne sonnait pas plus convaincue. La dernière lettre d'@Isdès Hakantarr reposait dans un coin sûr de sa maison. Mais comment pouvait-il lui venir à l'esprit alors qu'elle lui en voulait tellement ? Comment l'Athna pouvait-il susciter autant de sentiments contradictoires ? Comment, malgré toute la rancoeur qu'elle éprouvait à son égard, pouvait-elle encore penser à tout le reste ? Comment pouvait-elle attendre quoi que ce soit de ces quelques jours d'évasion à venir, qui avaient été planifiés avec une attention toute particulière ? Les prunelles de Murphy trouvèrent rapidement celles de Skylar dans un réflexe de survie qui cherchait à savoir ce qu'il avait perçu de ces quelques mots et de ce qui s'était caché entre eux. Personne ne savait. Personne n'avait besoin de savoir ce qui n'existaient pas, ce qui n'existait plus. Ce qui n'avait probablement jamais existé autrement que dans les fantasmes d'une étoile qui rencontrait une montagne.

Murphy, elle préférait parler de Richard. De Richard et du Skylar, du bonheur qu'ils respiraient et dont ils semblaient la contaminer. Et aussi des chiens que le chef de garde ne semblait toujours pas apprécier plus que ça, pour une raison qui échappait complètement à Murphy et lui laissait suggérer qu'elle finirait bien par tomber. Lui aussi, il allait finir par se rendre compte de tout ce que pouvaient représenter les bêtes pour Skylar et elle, mais pas seulement. Antarès ramenait régulièrement aux cuisines et à sa cuisinière préférée @Cassandre Darcy de quoi gonfler un peu les repas du jour. Si on n'aimait pas Antarès et Frost pour leur fidélité, leur amitié et leur compagnie, alors on devait au moins les apprécier pour leurs capacités de chasse, de pistage, de garde et de défense, non ? « Oui, je sais... » admit-elle malgré tout, consciente du rôle de Richard et de la responsabilité qui lui incombait et dont eux ne portaient pas le poids. « Mais Frost et Antarès lui donnent toutes les raisons d'arrêter de s'inquiéter. Il changera d'avis. » Bornée, elle conclut en hochant sérieusement de la tête, la lèvre pincée, convaincue par ses propres propos. Après tout, ils étaient donc au moins deux à le dire dans ce nouveau monde : les chiens étaient les meilleurs amis de l'Homme.

La tête tournée vers Skylar, Murphy ne fut pas aux premières loges pour voir les premières progressions d'Antarès dans l'eau. Elle ne put s'empêcher de jeter un très bref coup d'oeil dans sa direction, pourtant, mais se contenta d'une demi-seconde, persuadée que davantage porterait malheur. Elle retrouva bien vite le visage de son ami et observa la scène entre les deux chiens à travers ses expressions. Les laisser, oui, mais pour ça il fallait oser bouger. Lorsqu'enfin elle parvint à attirer l'attention de Skylar et qu'il posa le regard sur elle, il lui dépeignit rapidement ce qu'il avait vu. Les traits de Murphy décrivaient sans équivoque le bonheur et le soulagement qui s'étaient emparés d'elle. Lorsqu'elle se redressa pour laisser les chiens derrière elle, Murphy prit sur elle; d'une part parce qu'elle avait l'impression d'abandonner Antarès, et d'autre part parce qu'elle craignait que la vivacité de ses gestes ne brusquent son chien et sa compagne. Même si ça lui coûta, elle ne se retourna pas une seule fois en s'enfonçant dans l'eau. Dans son dos, elle entendit pourtant Skylar approuver sa technique et la rejoindre. « J'espère » lâcha-t-elle en se retournant dans l'eau qui caressait son menton. Elle s'était arrêtée aussi loin que possible de la berge et des chiens, aussi loin que lui permettait sa peur de l'eau et de ce qu'elle cachait. C'était la distance limite à laquelle elle avait encore pied. Elle espérait de tout cœur que Skylar avait raison, et elle lui sourit affectueusement lorsqu'il lui taquina l'épaule. « Tiens, tu sais quel âge j'ai, au fait ? » le défia-t-elle du regard en essayant d'oublier les deux canidés restés au bord de l'eau. Elle ne s'attendait pas à ce qu'il ait la réponse, mais elle espérait secrètement qu'il essaie de la deviner. Et qu'il la rajeunisse.

Mais une question, depuis quelques minutes, ne l'avait pas quittée. Elle fixa Skylar silencieusement, l'air ailleurs, pendant quelques instants, et se mordit les lèvres avant de se lancer. « Jsuis une fouine, mais j'ai une question à te poser... » prépara-t-elle le terrain en se demandant s'il fallait mieux faire passer ça pour de la curiosité mal placée ou une demande de conseil pour une amie. « Ca t'arrive de le détester, Richard ? Même maintenant ? » Plonger la tête sous l'eau pour éviter le regard et la réponse de son ami s'imposa à elle comme l'une des seules possibilités envisageables. Pourtant, elle se contenta de laisser disparaître ses lèvres sous la surface de la rivière, levant vers l'Odysséen un regard presque enfantin et apeuré. C'était Skylar qui avait réveillé ça plus tôt, avec sa question intrusive qui laissait entendre qu'elle était peut-être plus lisible que ce qu'elle aurait espéré ou souhaité. Comment était-elle censée se retrouver dans le flot accablant de troubles qui l'écrasait quand les montagnes s'imposaient à son esprit ? Pourquoi attendait-elle si impatiemment que les dix prochains jours se soient déjà écoulés ? Pourquoi la haine qu'elle avait de l'Athna demeurait accompagnée d'un autre drôle de truc qui la ramenait constamment à lui ? Même s'ils n'étaient pas pour elle mais pour une amie ou pour nourrir sa curiosité mal placée, peut-être que Skylar saurait lui apporter quelques éléments de réponses.
Skylar Rees
DATE D'INSCRIPTION : 05/05/2016 PSEUDO/PRENOM : Ponyta MULTICOMPTES : Gen Deng, Eirik Thorvald, Leary Wrath, Cyd Raye MESSAGES : 392 CELEBRITE : Norman Reedus COPYRIGHT : lux aeterna METIER/APTITUDES : Second du chef de garde. - Pisteur - Combat à mains nues - Stratège POINTS GAGNES : 30
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le Mar 5 Fév - 21:01
Il pouvait presque palper la détresse de Murphy et quand il parla, il crut la sentir désespéré. Il vit son regard et s’autorisa à s’approcher d’elle et lentement, la prendre dans ses bras. « Tu es une bonne personne, tu fais tout pour lui. » Il ne voulait pas qu’elle s’accable, il la voyait venir avec sa culpabilité. Elle avait un trop bon fond et elle pouvait vite s’accuser de bien des choses. Il tenta de la rassurer avec des mots, de lui montrer qu’elle était une bonne personne avec Antarès. Ils parlèrent de sa relation avec Richard et Skylar osa formuler ce qui le questionnait et elle ? Quelqu’un ? Il vit son sourire se figer comme s’il avait appuyé sur le mauvais bouton et aussitôt son instinct de soldat se mit en alerte rouge. Il sentit qu’elle mentait, elle hésitait, bafouillait. Elle un cœur de pierre ? Il aurait pu en rire s’il n’avait pas deviné qu’elle ne voulait pas en parler et qu’il ne devait pas la forcer. Elle le fixa et Skylar ne cacha pas qu’il n’était pas dupe, mais qu’il allait la laisser tranquille. « Je suis là, si jamais. » A elle de prendre cette phrase comme elle le désirait, pour parler amour ou autre, mais il sentait quelque chose qu’il n’identifiait pas. Autant ne pas s’en mêler. Il se demandait qui était le bougre qui troublait autant Murphy ?

Il dut se faire une note mentale de ne pas s’en mêler, de ne pas sonder chaque homme qu’il croisait et d’observer les échanges de Murphy avec eux. Non, cela ne le regardait pas. Ils étaient amis, rien d’autre, il n’était pas son frère. Il devait rester à sa place, ah que c’était frustrant. Il en toucherait peut-être deux mots à Richard, peut-être que son petit ami avait une piste. Un sourire passa sur son visage quand Murphy dit que Richard changera d’avis. « Je demande à voir. » Il savait son ami têtu, il se demandait combien de temps il tiendrait dans son opinion. Il préféra garder cette réflexion pour lui. Ils se concentrèrent sur les chiens et il vit que Murphy était contente. Ils s’éloignèrent et Skylar fut content de ne pas couler. Ah la question piège quand on parlait anniversaire, quel âge avait Murphy ? Il n’était pas bête et qu’ils soient dans l’espace ou sur Terre, l’âge des femmes restait une histoire compliquée. Il savait qu’ils avaient environ dix ans d’écart. « Hum trente-cinq ans ? » Il l’avait rajeunie de quelques années, se disant que la mettre entre trente et quarante ans ne devrait pas la fâcher. Même s’il se souvenait bien, elle devait avoir un ou deux ans de plus que trente-cinq.

« Vas-y madame la fouine. » Lança-t-il, décidant que tant qu’elle parlait, c’était mieux que de voir son regard auparavant, figé. Sa question le désarçonna et il resta quelques secondes silencieux. Il la regarda alors qu’elle semblait se cacher dans l’eau. Mais son regard… Ce fut ce qui le décida à être honnête. Il n’aimait pas voir ce regard chez elle et avait envie de lui demander qui la rendait si malheureuse. Il allait trouver ce gars et le secouer, oh oui. « Entre l’amour et la haine, il n’y a qu’un pas. » Calliope l’avait souvent dit quand il s’énervait contre Richard, qu’il ressentait de l’ambivalence sans comprendre. « Je ne le déteste jamais longtemps, mais parfois oui, je suis fâché, très fâché. Mais quand je le regarde, ça part. Je me souviens pourquoi je l’aime, pour ses bons côtés, mais aussi les mauvais. » Il se sentait ridicule de parler ainsi, trop fleur bleue, mais bon, il était face à Murphy. Elle n’irait pas se moquer de lui à quelqu’un d’autre. « Nous avons tous une part d’ombre et de lumière. Parfois ce qu’on voit chez l’autre peut nous déplaire, ou des paroles. Mais aimer l’autre, c’est l’accepter en entier.» Il avait envie de l’aider plus, mais il ne savait pas comment faire. Il devait tenir sa langue et se contenter de la regarder de son regard perçant.
Murphy Cavendish
DATE D'INSCRIPTION : 06/12/2015 PSEUDO/PRENOM : Lux Aeterna MULTICOMPTES : Nuna Cortez MESSAGES : 38560 CELEBRITE : Sophia Bush COPYRIGHT : jenesaispas (vava) Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) METIER/APTITUDES : ancienne militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. POINTS GAGNES : 831
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le Dim 10 Fév - 22:26


❝ Sound of summer ❞
Murphy Cavendish & Skylar Rees
(8 juillet 2118)


Il semblait à Murphy qu'Antarès avait toujours fait partie de son existence. Un peu de la même façon qu'elle s'était faite à l'absence de Faust, elle s'était faite à la présence du chien dans son quotidien. L'idée ubuesque que le second ait pu remplacer une part du vide laissé par la première lui traversait régulièrement l'esprit, non sans être accompagné d'un sentiment de culpabilité. Personne ne pouvait remplacer Faust et personne ne pourrait jamais le faire, mais Murphy trouvait quelque chose de poétique au réconfort qu'Antarès lui avait apporté après la disparition de sa soeur de cœur -comme si l'univers, même si elle n'y croyait pas, avait voulu lui donner un petit coup de pouce. De l'inquiétude de mal faire et de perdre son temps, la militaire était passée à une affection étrange, de celle qu'elle n'aurait jamais pensé pouvoir éprouver pour un animal. C'était étrange, pour quelqu'un qui venait d'un monde sans autres animaux que des représentants humains, de côtoyer de si près une bête. Il ne s'agissait pas d'un ours affamé ou d'une biche affolée; avec Antarès, la timidité avait rapidement laissé place à un lien fort, que même Oona n'avait pas eu la force de remettre en question ou de briser. Ca avait été évident, trop vite. Et parce que ça avait été si évident, si fluide et si facile, Murphy n'avait jamais remis en question la stabilité de l'équilibre qui s'était instauré entre elle et son compagnon à quatre pattes. Entre eux, ça fonctionnait. Sans doute parce qu'ils restaient aussi indépendants l'un de l'autre qu'ils pouvaient être dépendants l'un de l'autre. Antarès se nourrissait seul et ne perdait jamais une occasion de vaquer à ses propres occupations. Il vivait pour les sorties en forêt où il devenait seul maître de ses allées et venues, mais la vie de village semblait lui plaire, elle aussi. Il s'était fait quelques amis chez eux, des humains mais aussi un canin, petite chienne arrivée quelques temps après lui parmi ce monde qu'il côtoyait depuis tout petit. Mais autant que Murphy et lui se séparaient, ils aimaient se retrouver avec tendresse les soirs ou après les quelques jours qu'elle pouvait passer à l'extérieur, sans lui. C'était cet équilibre harmonieux qui avait aveuglé la brune, convaincue depuis longtemps qu'Antarès n'avait pas autant besoin d'elle qu'elle avait besoin de lui. Il était né ici, et ses connaissances du monde étaient inscrites dans son inconscient, dans son patrimoine génétique, dans tout ce qui avait donné autant de force et de réflexes aux générations qui l'avaient précédé. Il n'était pas invincible mais aux yeux de Murphy, il n'en avait jamais été trop loin. Capable de se gérer lui-même comme elle était incapable de se gérer elle-même, il était un modèle de l'adaptation à ce monde, des crocs que l'on montrait face au danger et de l'affection salvatrice que l'on offrait à ceux qui l'avaient gagnée.

Alors quand Skylar lui assurait qu'elle avait tout fait pour son chien, la culpabilité l'envahissait. Elle avait tout fait sauf veiller sur lui. Elle avait été sa compagne, son égale, mais jamais la fidèle amie protectrice qu'elle pouvait être pour tant d'autres personnes. Avec Antarès, les choses avaient été différentes depuis toujours. Peut-être parce que d'eux deux, c'était toujours lui qu'elle avait considéré comme le protecteur, le consolateur; sans doute parce si les choses étaient fluides entre eux deux, elle n'avait jamais trop su quel pouvait être le rôle exact d'un humain face à un animal qu'elle ne voulait ni domestiqué, ni sauvage. Peu importe si elle était maîtresse ou compagne du chien, elle n'avait pas été observatrice comme l'amie qu'elle aimait penser lui être. Ses regrets et ses remords s'écoulaient de son regard sans qu'elle ne cherche même à les retenir, car elle le savait, si quelqu'un pouvait réellement la comprendre, c'était bien Skylar. Ils étaient les deux seuls Odysséens à avoir emprunté cette voie, et Murphy avait trouvé en son ami un confident dont elle savait qu'il ne s'effrayerait jamais du genre de questionnements que pouvait amener un chien. Alors faiblement, sincèrement, elle lui sourit, le regard doux et reconnaissant.

Et ils en avaient, des choses à partager. Murphy ne parvenait pas réellement à s'éloigner du couple qu'il formait avec Richard trop longtemps, mais cette fois, lorsqu'elle revint à la charge, ce ne fut pas sans un retour de bâton. Et à une seule question, elle se raidit, comme si on venait d'envahir un jardin privé dont elle ne maîtrisait pas elle-même les débordements et intempérances. C'est dans une espèce de réflexe de survie qu'elle balbutia une réponse peu convaincante. Elle ne voulait rien cacher à Skylar; elle était juste incapable de faire face à ce qu'elle préférait laisser de côté tant c'était flou. Mettre des mots sur les maux les rendait réels et elle ne le savait que trop bien. En cherchant le regard de son ami, Murphy ne savait pas trop ce qu'elle attendait d'y lire. De l'indulgence, de l'indifférence, de la compréhension, de l'empathie... peu importait, car elle avait besoin de s'y accrocher, comme au seul repère qui, au moins pour le reste de la journée, pouvait lui faire oublier l'existence d'un Athna indécryptable et indescriptible. Et dans les prunelles de son ami, Murphy trouva tout ce qu'elle n'aurait jamais espéré attendre : il avait saisi les non-dits mais les laissait s'échapper en attendant le jour où elle déciderait de les lui servir pour de vrai. Il était doux, son regard, réconfortant, apaisant. « Je sais » répondit-elle plus sérieusement qu'elle n'avait avancé être dotée d'un cœur de pierre. Elle le savait, qu'il était là. C'était elle, en fait, qui n'était pas tout à fait là.

Alors elle préférait effacer @Isdès Hakantarr de la conversation et revenir à ce qui comptait vraiment; à la présence de Skylar, si difficilement gagnée entre gardes, réunions et patrouilles. Il lui donnait des raisons de douter du fait que Richard puisse se laisser prendre d'affection pour les deux chiens du village, mais Murphy n'en démordait pas. Ce ne serait peut-être pas pour demain ou pour le mois prochain, mais ça viendrait en temps et en heure. @Richard Coben était borné et il avait bien d'autres choses à penser, mais un jour ou l'autre, il arriverait à voir en Frost et Antarès ce que Skylar et elle y voyaient. Son ami demandait à le voir, mais ce serait chose faite. Ce n'était qu'une question de temps. « Tu penseras à moi quand tu le verras alors. » Elle lui sourit, un sourcil arqué par la malice, toujours fermement convaincue de ce qu'elle avançait. Ce serait sans doute progressif, et Richard mettrait sans doute un certain temps à admettre qu'il changeait de position, mais ça arriverait, et Skylar en serait probablement le premier témoin. Qu'il pense à elle à ce moment-là. Elle avait raison.

Ils laissèrent les deux chiens sur la berge. Frost encourageait Antarès, qui s'avançait, hésitant, patte après patte, dans les quelques premiers centimètres de profondeur de la rivière. Ce ne serait sans doute pas aujourd'hui qu'il s'aventurerait dans les courants, mais c'était un début auquel Murphy assistait, le cœur regonflé d'un espoir et de promesses qu'elle faisait à son chien. Elle avait failli mais elle ne faillirait plus. Plus en avant dans la rivière, elle se retrouvait avec Skylar, bercée par la fraîcheur des eaux qui couraient contre sa peau. Le regard taquin, Murphy le défia de trouver son âge. C'était une question piège pour tout le monde et elle détestait qu'on puisse la lui poser; mais quand on en était de l'autre côté, elle était bien drôle. On ne pouvait pas attendre grand chose des réponses, de toute façon : les victimes de cette question -c'était en tout cas son cas- préféraient rabaisser de quelques années leur réponse pour éviter les risques. Trente-cinq, lui mettait Skylar : il n'était pas si loin, et même si elle doutait qu'il ne puisse lui ajouter quelques années sans être choqué, Murphy apprécia la justesse de la réponse avec un petit sourire satisfait. « Je savais que je choisissais bien mes amis, mais tu me le confirmes. » Oh, bien sûr, il y avait toujours quelques ratés, mais Skylar n'en faisait pas partie. Chris, par contre... « Avec les archives qui ont disparu, je devrais même pas me sentir obligée de rétablir la vérité, mais en fait j'ai un an de plus. » Elle cligna des yeux, un sourire malicieux en coin. « Sois pas choqué, je fais plus jeune que mon âge. »

Et peut-être parce que la légèreté du moment s'y prêtait, sans doute parce qu'il s'agissait de Skylar, Murphy trouva la force de s'aventurer sur ce terrain glissant, celui qu'elle cherchait pourtant à éviter à tout prix. Elle prépara la question et son ami l'encouragea dans cette direction, comme s'il savait qu'il n'avait pas grand chose à redouter de la question qui lui titillait le bout de la langue. Pouvait-on détester quelqu'un en même temps qu'on l'aimait ? Certains disaient que la passion que l'on mettait à détester quelqu'un n'avait pas grand chose de différent de celle que l'on pouvait mettre dans l'amour. Elle le regardait sans trop savoir comment, à moitié cachée dans l'eau, à la fois apeurée par la question qu'elle avait posée et la réponse qu'il allait lui donner. Il n'était pas bête, Skylar; il savait que son questionnement n'avait rien d'intrusif mais qu'elle cherchait la sagesse de l'expérience, les conseils d'un ami. Elle n'était pas sûre de la réponse qu'elle préférait attendre. Elle voulait être guidée dans ce merdier autant que de s'en dépêtrer, quitte à en sortir avec quelques sales cicatrices. Ses grandes prunelles inquiètes regardaient Skylar alors qu'il lui offrait quelques premiers éléments de réponse. Malgré elle, elle se projetait un peu trop dans ce qu'il disait, comparait sa relation avec @Isdès Hakantarr à celle des deux militaires. Mais il parlait de ce gros mot qu'était l'amour, aussi vrai pour les autres qu'il était inconcevable, presque ridicule et inaudible pour elle. Il parlait d'accepter l'autre pour ce qu'il était, et ça avait l'air tellement facile. Accepter l'autre pour le mal qu'il nous faisait, était-ce vraiment ça, aimer ? De ces réponses, Murphy ne savait pas quoi tirer et son regard se perdit à la surface de la rivière, au loin, dans le vague, à la recherche d'une quelconque interprétation qui la sauverait de tout ce qui l'assaillait alors qu'elle s'y refusait catégoriquement. Le paradis de l'été précédent appartenait à l'été précédent et ils étaient retombés dans quelque chose d'indéchiffrable, qui la laissait aussi pantoise et demandeuse qu'amère et rancunière. Elle lui avait trop donné, quand elle lui avait annoncé la mort de Thaïs. Il avait encore gagné, quand elle avait trouvé refuge au creux de ses bras, quand il avait séché ses larmes et accueilli sa souffrance sans rien lui demander en retour. « Vous donnez l'impression que c'est facile... » Elle accrocha son regard une seconde, un peu tristement. Elle les enviait autant qu'elle les admirait. Ils étaient le couple adulte. Peu importe ce qui pourrait se passer avec Isdès quand ils se verraient à la fin du mois, jamais ils n'auraient ce que Skylar et Richard avaient. Mais quelle direction pouvaient-ils prendre ? Avaient-ils jamais eu aucun autre objectif que l'un et l'autre ? Chacune de leurs retrouvailles sonnait comme une finalité en soi. De toute façon, jamais ils ne se retrouveraient chez eux, après une dure journée de labeur. Jamais ils n'auraient de chez eux, de semblant de vie commune. Étaient-ils voués à se retrouver et se repousser, encore et encore ? Est-ce que c'était ça, leur histoire ? « Désolée, je voulais pas faire ma fouine, tu sais que c'est pas mon genre », tenta-t-elle de plaisanter alors que son regard était attiré par les chiens, sur la berge. Antarès avait les quatre pattes dans l'eau et lui et Frost se tournaient autour, joueurs. Elle les regarda tendrement, oubliant pendant une seconde tout ce qui avait envahi et parasité ses pensées. La tranquillité fut brisée par un sursaut et un cri strident. Elle regarda Skylar, affolée, avant de s'agiter dans l'eau, battant des bras et des jambes. « POISSOOOON poisson poisson poisson poisson !! » Si elle était maline, elle aurait sans doute vu là l'occasion de tenter de ramener quelque chose à manger aux cuisines, mais elle n'avait ni le réflexe ni l'habileté. Le plus sain était donc logiquement de chercher à faire fuir le monstre en s'agitant dans tous les sens.
Skylar Rees
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le Lun 18 Mar - 8:03
Un sourire amusé traversa les lèvres de Skylar quand Murphy dit qu’il penserait à elle quand il verrait Richard. Non il ne penserait pas à elle car il avait toujours la tête vide quand il voyait Richard. Mais elle n’était pas obligée de le savoir très sincèrement. Il se contenta de la regarder. Parler de l’âge d’une femme était vraiment compliquée, mais Skylar n’avait rien oublié de l’art de manœuvrer des années avec Calliope. Quand il vit le sourire satisfait de son amie, il comprit qu’il avait tapé juste. Un an de plus, bon il avait bien joué. « En effet, tu m’as bien dupé. » Il pouvait bien continuer dans ce jeu un moment, surtout que Murphy semblait d’excellente humeur. Le sujet dévia rapidement sur quelque chose de plus sérieux. Skylar devait se retenir de ne pas bondir pour les questions de Murphy. Il avait envie de lui demander qui était ce gars qui semblait créer des ombres dans son regard. Il ne savait pas s’il pouvait le demander et si elle tolérait son ingérence dans ses affaires privées. « Ce n’est pas facile. Ça demande beaucoup d’efforts tous les jours. » Il ne voulait pas qu’elle croit que tout était facile. Il y avait des hauts et des bas, comme dans chaque couple. L’avantage qu’il avait, c’était qu’il connaissait Richard depuis son enfance. Cette connaissance lui permettait de le décrypter rapidement.

« Je serai là si tu as besoin, d’accord ? Qui que ce soit, je peux aller le voir. » Dit-il avec tout le sérieux du monde. Il ne savait pas quel regard il avait, mais il avait un regard dur en ce moment. Skylar ne reculerait pas. Si Murphy lui demandait de l’aide, il s'exécuterait simplement. Il s’en fichait si un autre gars lui cassait la figure. Le militaire ne voulait juste pas voir son amie malheureuse. C’était probablement une manière archaïque de penser, mais il s’en fichait. Le brun s’était moqué d’elle au début de la conversation, mais il regrettait maintenant qu’il l’entendait s’excuser. Skylar pouvait être terriblement maladroit quand il s’y mettait. « Je sais, je ne t’en veux pas.» Il espérait qu’elle ne lui en voudrait pas pour tout cela. Le militaire se sentait coincé par cette histoire et avait l’impression de s’enfoncer plus qu’autre chose. Peut-être se trompait-il. En tout cas, mieux valait-il lâcher l’affaire pour cette fois, c’était bien mieux ainsi selon lui. Il la voyait bien regarde les chiens.

De temps en temps, il leur jetait un coup d’œil aussi et il était content de voir Frost proche d’Antarès et de jouer un peu avec lui. Cela le rassurait énormément. Skylar avait toujours le spectre que sa chienne soit différente des autres et face du mal. Heureusement, ce n’était pas le cas. Il aurait pu rester de longues minutes à contempler Frost si Murphy ne s’était pas mis à gesticuler à côté de lui et à hurler. Il ne comprit pas de suite avant qu’elle lui explique clairement ce qui se passait. Skylar regarda l’eau et vit une chose énorme. Un tressaillement courut le long de son échine, mais au lieu de paniquer, il regarda sa chienne et siffla. « Frost, attaque. » Sans réfléchir, la petite chienne bondit dans l’eau et alla au point que l’homme indiquait. Il plongea les mains dans l’eau pour faire paniquer le poisson et l’envoyer vers Frost. Il ne savait pas s’il serait mangeable après des coups de crocs, mais il ne pouvait pas laisser passer un tel poisson. Skylar attrapa un bout de bois qui traînait et sans réfléchir, tenta d’empaler le monstre marin qui se jeta dans la gueule de Frost.

La chienne mordit sans réfléchir et l’eau claire se teinta de rouge. Le militaire alla vers sa chienne et la caressa. « Brave bête. » Elle relâcha sa mâchoire et il attrapa un poisson frétillant encore vivant. Il alla sur la berge et le posa sur le sable couvert de cailloux, Frost dans son dos. Les affaires de Skylar étaient sur la berge et il sortit de son pantalon, son couteau rudimentaire. Il enfonça la lame dans les côtes du poisson qui cessa de s’agiter. Skylar ne se rendait compte que maintenant, mais il avait le souffle rauque et son cœur battait vite. Il avait complètement occulté Murphy tout ce temps, se concentrant sur l’idée de peut-être ramener à manger au camp. Skylar était déçu, les marques de crocs se voyaient bien et il se demandait qui serait d’accord de manger un poisson mordu par sa chienne. Peut-être qu’en découpant autour, on pouvait « effacer » les marques de crocs et que la viande était mangeable ? Il l’espérait. « Mince, c’est la première fois que je l’envoie sur un poisson. » Il l’avait déjà fait avec des lapins, mais jamais du poisson. Skylar caressa Frost toute contente à ses côtés qui n’avait pas hésité une seule seconde sur les ordres. Il était fier d’elle.
Murphy Cavendish
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le Lun 1 Avr - 2:09


❝ Sound of summer ❞
Murphy Cavendish & Skylar Rees
(8 juillet 2118)


Murphy avait à la fois tout et rien attendu de cette journée et de ces quelques heures réservées à Skylar. A dire vrai, si personne ne tenait les registres des naissances, personne ne saurait quel jour de quelle année l'avait vu naître. Aujourd'hui n'avait de différent de la veille que le fait que sa date avait été inscrite dans un registre et spéciale pour une Ofelia qui avait donné naissance à son unique enfant, trente-six ans auparavant. Fêter des anniversaires était bien une occupation d'humains qui pouvaient se permettre le luxe de cette forme de flatterie liée à l'ego. Murphy n'avait jamais été de ceux qui aimaient ou détestaient cette journée de l'année où on rajoutait un chiffre à son âge. Elle s'en moquait, et c'était sa mère qui s'était toujours occupée de lui rappeler cette date qui avait changé son existence en faisant d'elle une mère. Depuis qu'elle était sur Terre, depuis qu'Ofelia avait disparu, Murphy gardait de ces jours spéciaux qui voyaient les années passer un goût amer. Il y manquait Ofelia plus encore que tous les autres jours de l'année. Alors elle s'entourait de ceux qui peuplaient encore sa vie, et puis elle se rappelait que ce jour n'avait pas besoin d'être célébré plus que les autres, parce qu'elle avait su s'accompagner de ceux qui rendaient chaque jour digne de l'être.

Aujourd'hui était une journée qui émouvrait sans doute Murphy le soir venu, quand elle prenait la peine d'y repenser. C'était une journée qui remplissait les cœurs d'une chaleur toujours bienveillant, capable de réchauffer lorsque les mauvais jours rappliquaient.

Quelques années plutôt, Murphy n'aurait pourtant jamais parié sur Skylar. C'était le meilleur ami de Richard et son supérieur, mais il n'avait jamais été destiné à devenir son ami, comme si une barricade avait été érigée entre eux dès les premiers instants. Il l'avait impressionnée et l'impressionnait encore, et les préjugés étaient tenaces. Il avait fallu attendre les pires circonstances pour se rendre compte qu'un ami en commun était probablement le signe de quelque chose. Maintenant, la vie de Murphy paraissait inconcevable sans cet acolyte. Il était devenu une sorte de grand frère pour qui elle était capable de donner sa vie. Ce n'était pas pour rien qu'elle s'était portée garante pour lui auprès d'Oona; il n'y avait pas beaucoup de personnes qui pouvaient se vanter d'avoir, dans une quelconque situation, eu Murphy comme garante. Elle avait pleinement confiance en lui et leur drôle d'amitié n'avait plus à être démontrée. C'était marrant comme la vie était capable de retourner contre vous votre propre obstination à croire quelque chose dont vous vous êtes persuadé un jour en quelques secondes, jours ou semaines. Ca la rendait encore plus ironique.

Et c'était justement parce que c'était Skylar, et parce qu'elle lui ferait confiance avec sa propre vie, et parce qu'il s'était déjà confié à elle, qu'elle osa poser une question qui laissait s'échapper de son essence quelques indices. Si ce que l'eau dans laquelle ils étaient plongés contenait ne l'apeurait pas autant, elle aurait probablement abandonné la scène au moment où son interrogation avait été prononcé. Se cacher sous la surface de l'eau pour ne plus rien entendre et ne plus rien voir, quitte à ce que ça soit définitif. Mais de cette réponse, Murphy avait besoin plus qu'elle ne voulait l'admettre. Elle ne voulait pas qu'on lui retourne des questions auxquelles elle ne pouvait elle-même apporter la moindre esquisse de réponse, mais elle avait terriblement besoin de quelques guides. Ca faisait trop longtemps qu'elle était ballottée de questionnements en déceptions, et elle ne parvenait plus à comprendre les faits et à les démêler de ses désirs ou de ses craintes. Pour la première fois de sa vie, Murphy se retrouvait face à un inconnu qu'elle était incapable de prendre à bras le corps. Mais en posant une simple question à Skylar, elle se retrouvait mise à nu, ne dévoilant alors rien d'autre d'elle que sa seule et totale incompréhension de tout ce monde qui semblait si facile à aborder pour tous ceux qui le vivaient tous les jours. Richard et Skylar, après avoir traversé séparément des remises en question solitaires, semblaient aujourd'hui plus forts que tout. Il lui avait suffi de capter un regard et une caresse perdue pour comprendre que maintenant qu'ils s'étaient trouvés, ils ne pouvaient plus se perdre. Ca demandait beaucoup d'efforts, lui affirmait Skylar alors que Murphy repensait à tous ceux qu'elle ne parvenait pas à faire aux côtés d'@Isdès Hakantarr. Entre eux, ça avait été toujours été explosif, jusqu'à exploser pour de bon. Qu'était censée apporter ces prochaines retrouvailles ? Quelques réponses au mieux, mais dix fois plus de questions ? Pourquoi elle attendait ces quelques jours comme une conclusion de tous ceux qui se succéderaient jusque-là ?

Pourtant, Murphy pouvait faire tous les efforts possibles pour tenter de divulguer le moins possible de cette torture qui ne durait que depuis trop longtemps. Skylar était un vrai ami, de ceux qui comprennent sans qu'aucun mot ne soit prononcé. Il, le qualifiait-il déjà sans savoir de qui il parlait. Pensait-il savoir de qui il parlait ? Pensait-il qu'il s'agissait de quelqu'un du village ? Elle espérait qu'il avait au moins eu la décence d'éliminer Chris d'office des possibilités. On l'avait trop longtemps considérée liée à lui, et elle-même avait pris trop de plaisir à rendre leur relation ambiguë. Maintenant, elle ne supportait même plus l'idée qu'Isdès puisse être confondu avec un pareil énergumène, et dans ses pensées passèrent subrepticement les images de leur rencontre, lors du premier troc auquel les Odysséens avaient participé avec les groupes terriens du nord. Vision d'horreur; c'était d'ailleurs là que la chute inexorable avait été initiée. Après ça, rien n'était plus allé. Isdès et elle, eux, s'étaient perdus.

Ils s'étaient perdus, alors que pouvait-elle attendre de ce moment, de cette question, de ces réponses, de ces conseils ? Que pouvait-elle attendre des quelques jours qu'elle avait libérés plus tard dans le mois pour le retrouver ?

Skylar, en donnant vie en quelques mots à ce fantôme qui hantait l'existence de Murphy, parvint à peine à la faire atterrir sur Terre. Touchée, elle eut un petit sourire triste. S'il savait à quel point il était difficile rien que pour elle de croiser la route de cette homme-là, il douterait sans doute pouvoir le faire lui-même. « Je vois pas de quoi tu parles... » Ce même instinct du confidentiel innommable répondait à sa place, mais son regard luisait d'une reconnaissance tendre et sincère. « Mais merci... » Le souffle se perdit au-dessus de la rivière, dans le calme du courant rafraîchissant. Ces questions indiscrètes, c'était le plus qu'elle avait déjà dévoilé de ce qui la liait à Isdès, peu importe ce dont il avait bien pu s'agir, peu importe ce dont il pouvait encore bien s'agir, peu importe ce dont il s'agirait lorsque ces quelques jours arriveraient. Mais de ces questions indiscrètes, pourtant, Murphy s'excusa. Elle n'avait pas sa place dans la relation que leurs deux amis entretenaient. Elle n'avait pas à s'y immiscer à travers des interrogations qui étaient un mélange parfaitement inconfortable d'une recherche égoïste de réponses et d'une ingérence indélicate et malvenue. Mais il avait compris, Skylar, que peu importait sa maladresse à ce moment précis, Murphy n'avait à aucun moment pensé à mal. Elle était perdue, commençait à peine et tout doucement à admettre qu'elle avait besoin d'être aiguillée, au moins un peu, à travers tout ce bordel qu'elle vivait déjà depuis plusieurs années. Deux ans, putain, qu'ils faisaient partie de la vie de l'un et de l'autre. Deux ans que tout ça ne ressemblait à rien.

Si le temps avait flotté quelques instants de plus dans cet apaisement réconfortant, nul doute que Murphy aurait pris Skylar dans ses bras. Sans donner aucune explication supplémentaire ; il aurait dû se contenter de ça, de ce contact entre deux amis, de l'une qui remerciait l'autre sans trop savoir comme le dire. Ils auraient ignoré l'un et l'autre qu'ils étaient à moitié nus et auraient apprécié ce moment qui signifiait tout ce qu'elle ne parvenait pas encore à mettre dans des mots. Mais le temps était rebelle, et Murphy sursauta et sauta en sentant contre sa jambe l'un de ces contacts qu'elle redoutait toujours quand elle plongeait dans l'eau. Avec le niveau de la rivière qui lui arrivait au niveau du menton, elle réalisa qu'il était finalement beaucoup plus difficile que prévu de voir ce qui se tramait dans la flotte, surtout au niveau de ses pieds, et la panique en ressortit grandie, obligeant l'Odysséenne à gesticuler autant que possible pour faire fuir toutes les créatures vivantes qui décideraient de lui jouer un autre mauvais tour en l'approchant de trop près. Le hurlement limité en vocabulaire était destiné à alerter Skylar autant que les bestioles alentour : Murphy était vive et vivante; elle ne se laisserait pas faire.

Mais elle le savait, la situation n'était que temporaire. Il fallait au moins qu'elle rejoigne la berge pour fuir la menace, et il fallait qu'elle emmène Skylar avec elle. Elle n'avait aucune idée de la tête de la bête qui l'avait touchée et c'était le plus effrayant : dans l'eau, il fallait qu'elle ait pied. Et même quand c'était le cas, il fallait qu'elle ne perde aucune once de visibilité; C'était la seule façon pour elle de se sentir en sécurité dans un élément qui n'avait jamais été le sien avant qu'elle ne se retrouve confrontée aux sources de cette planète. Paniquée, perdue entre l'envie de trouver la bête qui rôdait autour d'eux et la peur de la découvrir, Murphy avait désespérément accroché son regard à Skylar. A côté d'elle, il était presque impassible, et en tout cas incroyablement calme. A cet instant précis, elle lui enviait à sérénité. Il ne savait très probablement pas plus qu'elle de quel monstre ils pouvaient croiser le chemin, mais il affichait cette tranquillité habituelle qui l'avait toujours tant impressionnée. Pourtant, le regard du brun s'était accroché à quelque chose dans l'eau et le suivit quelques instants. Il avait trouvé le monstre, et Murphy, instinctivement, tourna autour de Skylar en fuyant les directions que prenait son regard. Mais il ne disait rien, ne paniquait pas, ne l'alertait pas, ne donnait aucun signal de fuite. L'instant ne dura probablement qu'une brève seconde, et déjà Skylar attirait l'attention de sa chienne. Téméraire, la jeune boule de poils claire planta son acolyte à quatre pattes pour sauter à son tour dans la flotte et suivre la direction pointée par son maître. Planquée derrière le second de garde, Murphy s'était un peu calmée et tentait de guetter par-dessus son épaule ce qui se tramait dans l'eau et la direction que prenait la chose qui l'avait frôlée. Skylar faisait en sorte de l'éloigner d'eux pour qu'elle rejoigne Frost, encore plus près de la berge que d'eux.

A ce moment précis, Murphy et Antarès équivalaient à deux ficus. L'une plantée au milieu de l'eau, priait tous les dieux auxquels elle ne croirait jamais d'éloigner tout autre animal qui aurait la folle idée de traîner autour de ses jambes ou de son bide, et l'autre était persuadé qu'il n'avait rien à faire de plus constructif à cet instant que de tourner en rond et faire quelques pas impatients dans la flotte. La maîtresse et le chien étaient conscients qu'ils étaient passifs, et tout autant que c'était la faute de peurs plus ou moins fondées. Mais les deux téméraires, c'était Skylar et Frost. C'est en voyant l'eau claire de la rivière se teinter de rouge autour de la chienne que Murphy comprit que la jeune chienne avait vaincu la bête -ou en tout cas, avait commencé à lui faire comprendre de quel bois elle se chauffait. La brune regarda son ami s'éloigner d'elle pour la rejoindre plus près de la berge, la laissant là, un peu bête, aussi recroquevillée que le niveau de l'eau le lui permettait à cet endroit de la rivière. Elle nagea à son tour vers la terre, doucement, en tentant de retrouver un peu de fierté, espérant secrètement que son inquiétude et son dégoût de ces drôles de bestioles passent inaperçu.

En émergeant de la rivière, Murphy retrouva Antarès, qui sautilla jusqu'à la retrouver. Elle se pencha à ses côtés et lui flatta l'encolure en observant Skylar qui, un peu plus loin, avait récupéré le poisson. C'était une sacrée grosse bête, et lui arracha un petit air répugné. Elle se redressa pour rejoindre son ami. Antarès la suivait, sans doute soulagé à l'idée de ne plus avoir à affronter sa peur de l'eau. Elle s'accroupit finalement aux côtés de Skylar et observa le poisson silencieusement pendant quelques instants, le temps de se faire à l'image. Elle n'avait jamais pêché. Elle avait toujours évité soigneusement ces bêtes-là, et on ne pouvait pas dire que la réciproque n'était pas vraie. La plupart des acolytes de celle qui avait subi les crocs de Frost avait toujours considéré raisonnable de ne pas l'embêter. Les rares fois où elle avait senti leur présence, ça n'avait jamais duré bien longtemps; soit parce que c'était elle qui fuyait, soit parce que c'était les sales bêtes qui comprenaient que l'agitation qu'elles créaient ne pouvait pas être bonne pour elles. « Elle a des sacrées réflexes, Frost » gratifia-t-elle la chienne, de l'autre côté de Skylar. Skylar aussi s'était bien débrouillé, mais elle se garderait bien de le lui faire remarquer, parce que ça ne viendrait sans doute pas sans une réflexion sur sa propre réaction. Les poissons, ça n'était vraiment pas son truc. « Je me suis jamais occupé de poissons, je sais pas faire... » Il traînait dans l'air qui environnait la bête morte une odeur qui n'avait pas grand chose à voir avec celle des lapins ou des autres mammifères que pouvait lui ramener Antarès. C'était une autre forme de puanteur, mais elles n'avaient rien à s'envier l'une à l'autre. Murphy, par contre, aurait préféré se contenter d'une puanteur qu'elle connaissait déjà et qu'elle avait appris gérer, et elle porta le revers de sa main à ses lèvres pour retenir un haut-le-cœur. « On peut toujours voir comment c'est fait à l'intérieur et voir si y'a de la viande que Frost a pas touché. » Antarès s'installa à sa gauche et face au poisson mort s'étendait la brochette parfaite des deux amis encadrés de leurs chiens respectifs. « Avec les températures je suis pas sûre que ça tiendrait jusqu'au village. Mais on peut toujours essayer de le faire cuire ici... » Elle jeta un coup d'oeil à côté d'eux, du côté de la forêt que l'été avait salement asséchée. « Dis... quand tu le touches, c'est aussi visqueux que quand je l'ai senti sur les jambes ? » L'idée même de faire une flambée ici la fit pâlir du coup de chaud qu'elle présageait, mais la possibilité de faire démarrer un feu près de la berge, loin des arbres et loin d'eux, n'était pas la plus bête. Un poisson d'anniversaire, ça laisserait des souvenirs à s'en tordre de rire pendant des années, non ?
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