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˜˜˜˜˜˜to forgive is to heal ⊰ Skylar
maybe life should be about more than just surviving


Rachel A. Gomez
07/05/2018 Dumbass*Angel non 190 Chloe Bennet Minibouh (avatar), ASTRA (signature) cuistot, avec aptitudes en botanique et cuisine 325


Sujet: to forgive is to heal ⊰ Skylar
Lun 2 Juil - 7:49


to forgive is to heal
Une petite liste mentale de ce qu’il me fallait chercher, ce matin. À ce que l’on m’avait dit, hier, le campement de l’Odyssée cherchait des plantes pouvant aider leurs malades. Sans nécessairement être de celles qui adoraient leur rendre visite, j’entrepris cependant de les aider, question que Chris me croit dans la bonne voie, qu’il me laisse un peu tranquille et arrête de s’en faire. Non, je ne m’en étais pas remis, et je ne planifiais pas faire plus d’effort pour aller de l’avant. Qu’il le veuille ou non, ma situation m’allait complètement, malgré les brefs moments de regrets. Au mieux, je me sentais stable, au niveau émotionnel. Pas de pleurs, pas de larmes. Bon, pas de sourires non plus, mais ça, c’est simplement parce que la vie en soit me semblait très fade. La seule chose, en ce moment, me poussant à ne pas rester dans mon coin, la seule petite étincelle qui brillait encore dans mes yeux, c’était ma passion pour la botanique, ma curiosité qui me poussait à toujours chercher un peu plus, quitte à avoir un garde-manger et un jardin plus garni. Aujourd’hui, en revanche, je ne passerais pas mon temps dans la forêt. Il me fallait du thym et de l’eucalyptus pour les problèmes de respiration, ainsi que de la camomille pour les blessures, mais tous devraient être sèches. Heureusement, j’avais tendance à en laisser certaines au soleil afin qu’elles puissent séchées.

Prenant de tout ranger dans mon petit sac, je signalais à Tael que je reviendrais bientôt. Lorsque je me jugeais prête à quitter le campement, je me mis en marche. Tout au long du chemin, je m’arrêtais à quelques reprises, soit pour reprendre mon souffle, ou simplement pour observer mon environnement. Le silence presque complet, hormis les quelques murmures de la nature sauvage, c’est exactement ça que je désirais plus que tout au monde. Non pas que je détestais être dans la même tente que Liam et Ali. Je continuais à les considérer tous comme des êtres chers. Voilà pourquoi je m’éloignais d’eux, parfois. Oui bon, dit comme ça, on dirait que je me contredis. Mais la vérité est que je ne veux pas que ce petit nuage noir juste au-dessus de ma tête ne vienne leur gâcher la vie. Je m’en voudrais terriblement, si ma mauvaise humeur se propage. À la place de transmettre mes idées noires à qui que ce soit, je préfère nettement faire comme si ne rien n’était, porter un masque, jour après jour. Ça avait fonctionné jusqu’à maintenant, alors pourquoi est-ce que je changerais quoi que ce soit? Les autres s’en porteraient mieux, pourraient se concentrer sur la vie au campement.

Je ne saurais préciser combien de temps cela me prit pour en arriver au campement de l’Odyssée, mais en tout cas, j’y parvins après ce qui me sembla être une éternité.  Je me frayais un chemin, sans vraiment regarder les individus présents. Un seul but; donner ce qu’on m’avait demandé afin de guérir les blessées et malades, puis faire demi-tour. Pas de chichis, pas de grosse discussion, rien qui pourrait m’arrêter sur mon chemin. C’est avec ce plan en tête que j’arrivais à l’infirmerie, sorti le thym, l’eucalyptus et la camomille de mon sac avant de tirer ma révérence. Jusque-là, tout semblait aller comme prévu. Ah, mais c’est que le hasard ne faisait pas toujours bien les choses. En effet, sur mon chemin, je croisais un visage que je ne m’imaginais plus revoir. Skylar. C’est bien à cause de lui, que je n’ai pas pu faire regretter à ce garde ce qu’il avait dit, à propos de mon frère. Un goût amer en bouche, je marchais en sa direction. N’écoutant pas ma rationalité habituelle, je ne pus m’empêcher de m’adresser à lui avec une certaine froideur. « Alors, pas de garde en danger? Mon dieu, tu dois t’ennuyer, avec ce manque d’action, aux alentours. »
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Skylar Rees
05/05/2016 Ponyta Gen Deng, Eirik Thorvald, Leary Wrath, Cyd Raye 385 Norman Reedus lux aeterna Second du chef de garde. - Pisteur - Combat à mains nues - Stratège 103


Sujet: Re: to forgive is to heal ⊰ Skylar
Lun 16 Juil - 19:10

Skylar n’avait pas une journée facile. Des gardes étaient rentrés épuisés de la ronde de nuit et le second du chef de la garde avait pris le temps de débriefer avec eux. Le soleil était bien haut dans le ciel et il faisait déjà bien chaud. L’homme buvait de l’eau fraîche et ne manqua pas d’en donner à Frost qui était à ses pieds. La petite chienne qui aurait été qualifié autrefois de l’espèce des bergers australiens, avait un pelage moucheté de noir. Il regarda son regard clair et sourit en la caressant. Il se déplaça de personne en personne, établissant sa journée à venir, pensif. Il pensait à Richard et à la liaison secrète qu’ils entretenaient. A dire vrai, c’était bien plus qu’une liaison, c’était une relation entre deux hommes qui s’aimaient. Un soupir lui échappa. Cacher leur relation ne le dérangeait aucunement. C’était un choix de vie qu’ils faisaient car ils étaient bien trop vieux pour faire leur coming-out. Pas après la vie qu’il avait eue. Il pensa à sa femme défunte morte lors de l’atterrissage. Il la conserverait à jamais dans son cœur. Pour l’instant, il avait bien d’autres choses à penser. Comme les liens qui se tissaient gentiment entre natifs et eux, mais aussi les cents. Le brun était sur le camp, en train de vérifier l’état d’une clôture quand il sentit Frost se tendre.

La chienne ne le quittait jamais et faisait la garde. Une voix agressive parvint aux oreilles de Skylar et il tourna la tête vers la source de ce bruit. Frost se mit à gronder, consciente que cette femme était clairement hostile. « Chut. » Sa voix était douce alors qu’il posa son regard sur Rachel. Il était étonné de la voir ici, mais aussi content. Néanmoins il n’était pas dupe, elle, elle était furax de le voir.  Clairement il la dérangeait. II la regarda droit dans les yeux, conservant son sang-froid et refusant de céder à la colère. Il savait très bien ce qu’elle lui rapprochait. Skylar l’avait empêché de se déchainer sur un soldat. Un soldat qui avait dit des sales choses sur le frère de Rachel. Le brun le savait bien, mais il avait dû faire son travail même si cela lui avait coûté. Cela lui avait coûté de faire son travail alors qu’il pensait la réaction de Rachel justifiée. Mais à l’époque, jamais il n’avait pu le dire sans risquer lui aussi de se faire enfermer. « Ils doivent se débrouiller sans moi. » Il ne sourit pas, ce n’était pas quelqu’un de souriant. C’était son état normal.

« Je suis content de te voir. » Et il était honnête. Frost était couchée à ses pieds. La langue pendante à cause de la chaleur, les yeux fermés, calmée à présent par la présence placide, mais forte de Skylar. « Nous devrions parler, tu ne penses pas ? » Il se demandait bien ce qu’elle irait dire de cela. Il avait très bien perçu sa froideur. Allait-elle refuser ce dialogue, se braquer ? Il se le demandait. Skylar s’éloigna légèrement des gens qui pourraient les entendre car ils devaient vraiment échanger. « Tu sais, je n’ai jamais souhaité ton arrestation. J’avais des ordres. » Il avait été un soldat qui devait obéir. Aujourd’hui c’était différent, il était le second du chef de la garde, c’était lui qui donnait les ordres. « Cela ne recommencera pas ici. » Non clairement, ils ne laisseraient pas ses hommes et ses femmes malmener des civils comme autrefois. Il veillerait à cela car trop de fois, il avait vu des injustices et cela l’avait révolté, toujours. Le brun ne laisserait pas cela se reproduire. Il espérait que Rachel accepterait de l’écouter et ne tomberait pas dans une grosse colère.

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Rachel A. Gomez
07/05/2018 Dumbass*Angel non 190 Chloe Bennet Minibouh (avatar), ASTRA (signature) cuistot, avec aptitudes en botanique et cuisine 325


Sujet: Re: to forgive is to heal ⊰ Skylar
Jeu 26 Juil - 6:03


to forgive is to heal
Je ne savais plus trop si l’arrivée sur Terre était tant une salvation. En fait, j’avais la nette impression que je marchais en plein purgatoire, et que chaque recoin me rappelait des bribes de mon histoire, que ce soit positif ou négatif. Les regrets, entre autres, vinrent par million. Les visages si familiers de gens avec qui j’aurais probablement dû discuter un peu plus longtemps. Des amitiés qui auraient dû perdurer, mais que je n’entretenais plus. Une véritable enfant, avec mon lapin en peluche que je traînais partout. La même bande de gens desquels je m’entourais, n’envisageant pas une seule seconde l’impact d’une telle habitude. En arrivant ici, pas tant changea. Je restais avec Robb et certains amis de longue date avec qui je me dis à discuter, étant donné l’état des choses. Plus tard, lors du drame qui me laissa perdue et dans une peine sans nom, je me rendis compte que de porter un peu plus attention aux autres Cents m’aurait sans doute aidé. Pas que j’en veuille, vu que je m’éloignais de tous, mais au moins, en sachant que les gens viendraient me voir pour me tenir compagnie, je ne me serais pas si facilement mis des murs entre moi et les autres. Malheureusement, il n’y avait plus rien à faire, et rares étaient ceux qui me convaincraient du contraire. Pas les Cents, et surtout pas les Odysséens.

Pourtant, aujourd’hui, je visitais leur campement. Non, je ne le faisais pas pour voir Chris, mais bien pour déposer ce qu’on me demanda, c’est-à-dire des plantes pouvant aider certains des malades et blessés. Un trajet pas très long, de brefs remerciements échangés, et une énorme intention de rebrousser chemin assez rapidement. Je ne pus, toutefois, pas faire demi-tour aussi précipitamment que prévu, car en chemin, je croisais … une vision de mon passé que j’aurais plutôt espérer oublier. Skylar. C’est lui, le garde qui me repoussa si efficacement de celui sur lequel je m’étais jetée.  Combien de fois n’ai-je pas rêvé à le revoir, simplement pour lui faire savoir le fond de ma pensée. Une enfant à l’état brute, ou plutôt adolescente, qui voulait réellement répliquer avec conviction. De belles paroles jamais mise en pratique, car de toute façon, je n’eus ni le temps, ni la force d’exercer ma vengeance. En revanche, ils n’étaient plus sur l’arche. Il n’y avait pas tant de tabous ni cette crainte de se retrouver en prison, vu que de toute façon, chaque camp s’occupait de ses propres problèmes. Le grognement de son chien me fit néanmoins hésiter à en rajouter plus, si ce n’est une reproche sensée lui faire comprendre que je ne lui vais pas encore pardonner son geste. Visage stoïque, comme toujours, répondant de façon très posée à ma réplique.

Choquée, c’est un bien faible mot pour décrire mon état d’âme, en l’entendant dire qu’il était content de me revoir. Pour … pourquoi? Et puis non mais qu’est-ce qu’il pense, que je lui pardonnais tout? Ce n’est pas avec de simples paroles que je serais complètement convaincue. « Au moin, ça en un de nous qui est content. » Regard très sombre, n’ayant pas tant changé depuis son arrivée sur Terre. Tant de malheurs qui s’abattirent sur nous, et qui nous avaient terrassés, du moins pour certains. Tout ça, on pouvait le résoudre simplement en parlant? Non. Mais ce n’est pas pour autant que je restais sans bouger, me poussant plutôt à le suivre lorsqu’il s’éloigna un peu des autres. « À quoi est-ce que ça sert, dis-moi? Ce ne sont pas des mots qui me rendront cette partie-là de ma vie. » Bras croisés, j’écoutais tout de même ce qu’il avait à me dire, non sans sentir une certaine irritation devant ses propos. « Des ordres, des ordres … c’est bien beau, mais ça ne devrait pas servir de lettre d’excuse. » Je ne me doutais pas une seule seconde de sa position, parmi la garde. En fait, cela ne m’affectait pas, puisque je ne traînais jamais vraiment dans le cas. « Ne fait pas ce genre de promesses pour moi. Fais-les aux autres. » Je croyais, le temps d’un instant, entendre la voix de mon frère qui me suppliait de pardonner, d’arrêter mon comportement si immature.
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Skylar Rees
05/05/2016 Ponyta Gen Deng, Eirik Thorvald, Leary Wrath, Cyd Raye 385 Norman Reedus lux aeterna Second du chef de garde. - Pisteur - Combat à mains nues - Stratège 103


Sujet: Re: to forgive is to heal ⊰ Skylar
Mar 14 Aoû - 21:23

Bien entendu que Rachel ne l’accueillit pas les bras ouverts. Il vit bien son regard noir, mais ce n’était pas cela qui allait le faire sourciller. Difficile de se sentir menacé par une femme qui avait un air boudeur. Il la laissa dans sa colère, ne préférant pas donner du spectacle aux autres. Ils attiraient les regards car c’était rare que Skylar prenne les gens à part pour parler. C’était plutôt le contraire. Frost trottinait aux côtés de son maître. Sa queue battait l’air, elle était toute joyeuse. Le brun s’arrêta à l’ombre, s’appuyant contre un tronc d’arbre. Non pas pour se donner un style, mais parce que son dos était douloureux et ceci depuis plusieurs mois. Il devrait envisager d’aller à l’infirmerie pour faire vérifier son dos, mais pour l’instant, il tenait le coup. Il la regarda alors qu’elle affirma que cette partie-là de cette vie ne lui reviendrait plus. « En effet, alors pourquoi tu gardes de la rancœur ? » C’était elle qui se pourrissait la vie, pas lui. Mais il ne le précisa pas. Il était assez confrontant sans en rajouter une couche. Il lui donna son explication et sans surprise, cela ne suffit pas. « Tu crois que finir dans la cellule avec toi aurait été utile, cela t’aurait-il rendu plus heureuse ? » Clairement c’était ce qu’il risquait à l’époque s’il ne faisait pas son travail et qu’il se rebellait.

La trahison était impardonnable et il aurait pu se faire éjecter. Peut-être que rien de ce qu’il dirait ne calmerait Rachel, mais il ne pouvait pas passer son temps à s’excuser, c’était à elle de choisir. « Imaginons que je t’ai laissé le frapper et alors ? Tu auras été inculpée pour faits plus graves, tu aurais risqué l’éjection et quoi ? » Et aurait-elle été plus heureuse ? Il en doutait fortement, mais il n’allait pas lui faire plus la morale, il lui exposait juste son point de vue. « Les autres savent qu’ils peuvent compter sur moi. » Dit-il simplement. Pas pour se donner bonne conscience ou fanfaronner, mais pour dire qu’il s’occupait des autres. Il avait veillé sur elle de manière très discrète quand elle était en cellule, mais il ne le dirait pas. Si elle préférait le détester le restant de ses jours, il acceptait cela. Skylar se rassurait en se disant qu’elle avait eu une peine bien moins élevée que s’il n’était pas intervenu et l’avait laissée frapper ce soldat. Il ne précisa pas qu’il avait engueulé le soldat après cela, même si à l’époque, il n’était pas haut gradé, mais cela ne l’avait pas empêché. Il avait dit le fond de sa pensée à cet homme qui avait eu des mots déplacés.

Il regarda Rachel et se demanda si avec le temps, sa rancœur, mais aussi celle d’autres, passerait. Parfois s’excuser toute une vie ne suffisait pas et peut-être bien que tous les mots qu’il pourrait dire ne réparaient jamais ce qui était arrivé et c’était ainsi. Il ressentait de la peine et bien d’autres émotions, mais Skylar savait que ce qui était fait était fait. Il ne pouvait pas passer le restant de sa vie à se flageller. Peut-être que cela ferait plaisir à certains, mais il avait un minimum d’orgueil mine de rien.

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Rachel A. Gomez
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Sujet: Re: to forgive is to heal ⊰ Skylar
Ven 17 Aoû - 6:03


to forgive is to heal
Je devrais faire un peu plus attention, vu que je ne suis pas dans le bon campement. Ici, il y avait une couche de la société dont on ne fait pas parti. Ici, ce sont ceux qui sont restés derrière, ceux qui ont attendu de voir si les criminels ont vraiment survécu. On aurait presque cru une sorte de bourgeoisie, dans le sens le plus ironique du terme. M’enfin, tout ça pour dire que je n’étais pas à ma place, et que malgré ma rancœur, je devais me rappeler de ne pas m’emporter. Heureusement, en me prenant à part, il venait de changer la donne, car ainsi, même si les autres nous regardaient, de loin, je pouvais m’exprimer plus librement. Skylar s’arrêta à un arbre, s’appuyant dessus, sa chienne le suivant nonchalamment, avec la queue qui battait. Oh, en temps normal, je me serais baissé pour la voir d’un peu plus près, mais je me sentais si furax que je n’osais même pas regarder l’animal plus longtemps. À la place, je me concentrais sur celui qui me défit de l’emprise d’un autre garde, il y a de cela plusieurs années. Rien qu’à cette pensée, je croyais revivre cette scène. Chaque geste délibéré me revenait en tête. Oh, s’il ne m’avait pas arrêté, j’aurais continué jusqu’à ce que cet idiot demande pitié. Et ce ne serait pas de simples paroles qui mettraient un terme à la frustration qu’on me traîne jusqu’à la cellule, qu’on me foute là et qu’on m’oublie. « Oh, mais ne le prend pas trop personnellement. Il y a assez de place pour tout le monde, tu sais. La rancœur, elle retombe sur bien des têtes, ici. » Je prononçais cette dernière phrase avec bien plus de force, question que les autres comprennent qu’il fallait mieux ne pas m’approcher. Au diable, la prudence. Là où j’en étais, je n’avais rien à perdre, de toute façon. Ma vie était au plus bas, je ne voyais pas comment les choses pourraient empirer. « Je sais bien qu’on était les épines dans les pieds de certains, et que de nous envoyer sur Terre les premiers, ce serait faire deux pierres d’un coup. Avoue-le donc, sans prisonniers dans les cellules, c’était un poids en moins sur le vaisseau. » Je ne pouvais croire qu’ils étaient si dupes, que d’estimer une planète vide, sans une once de vie. N’avaient-ils aucune notion de l’évolution de l’être humain? Rien n’était impossible. Mais non. Il fallait que ces gens jouent les cons, question d’être plus crédible. « Ce qui m’aurait rendu heureuse, c’est qu’on prenne en considération le pourquoi j’avais agressé un garde. C’est facile de pointer du doigt. Ça, même moi je peux le faire. Mais ce qui différencie l’homme juste du reste, c’est qu’il écoute les deux partis. » Je soupirais, exaspérée.

La dernière fois que je m’étais ainsi emportée dans mes paroles, ça remontait à loin, très loin. Je ne pouvais que m’étonner de l’effet que ça faisait, un détachement volontaire de ses sentiments. On dirait que plus je les refoulais, et plus ils explosaient en pleine figure, exactement comme maintenant. « Sachant ce que je sais maintenant, j’aurais moi-même choisi l’éjection, plutôt que de vivre ici. » Il devrait sans aucun doute être au courant de la mort de Robb. Il devinerait parfaitement ce que je voulais dire par-là. Passant une main dans les cheveux, je devins irritée d’avoir laissé glisser le genre de pensées que je gardais pour moi, en temps normal. Voilà pourquoi je marchais un peu avant de prendre place par terre, à une certaine distance de lui. En m’assoyant, je l’entendis poursuivre son discours, et ne pus m’empêcher de laisser un grognement transparaître. « C’est normal qu’ils te fassent confiance, vous faites partis du même campement. Ce ne sont pas eux, les mal-aimés, c’est nous. On est ceux qui avons servi de cobaye, alors je ne vois pas comment on serait capable de compter sur qui que ce soit d’autre qu’entre nous, entre criminels. » Je n’étais pas la seule à penser ainsi. Il suffirait de demander, aux alentours, et il verrait bien. Ma tête qui vint doucement se coller au tronc d’un arbre, mouvement qui sembla alerter la chienne, alors que celle-ci me regarda. Je ne voulais pas qu’elle s’approche, donc je préférais rapprocher mes jambes de moi, lui bloquant ainsi le passage. Mon regard se perdit ensuite dans le paysage autour de moi.  
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Skylar Rees
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Sujet: Re: to forgive is to heal ⊰ Skylar
Jeu 20 Sep - 18:24

Il pouvait presque sentir la colère de Rachel. Elle était une véritable boule de nerf. Si Skylar s’était aussi éloigné, c’était parce que si elle venait à le frapper, ils ne seraient pas à la vue de tous. Le brun ne cherchait pas vraiment la bagarre, mais il ne savait pas si sous le coup de la colère, Rachel pouvait donner un coup. On était jamais trop prudent. Il ne valait pas mieux donner du grain à moudre à ceux qui avaient encore en grippe les cents. Il la laissait parler fort, si elle voulait se mettre tout le monde à dos, libre à elle. Le militaire n’allait pas non plus la protéger de tout le monde, c’était une grande fille après tout. Skylar n’avait plus l’habitude des esprits vifs des plus jeunes, elle n’était plus si jeune que cela, mais il la voyait toujours comme la gamine ayant frappé le garde. « C’est toi qui le supposes. Je n’ai jamais dit que vous étiez des épines dans les pieds. Ne mets pas tout le monde dans le même panier. » Skylar gardait encore son calme, même si ses mots devenaient de plus en plus secs et ferme. Il n’avait pas l’attention de se faire complètement marcher sur la tête à cause d’une erreur. « Je n’avouerai rien. Tu veux juste du grain à moudre pour t’enfermer dans ta colère. » Clairement, il s’opposait à elle et refusait de lui donner ce qu’elle désirait. Il avait l’impression d’être face à un volcan et qu’à tout moment, elle lui exploserait à la tête. Skylar savait qu’il était capable de la supporter, même si clairement, ce n’était pas facile. Il fallait vraiment s’accrocher. Il se demandait bien jusqu’où elle irait par rage.

« Personne ne t’a écoutée, je dois te l’accorder. » Et cela avait été une des failles du système. Ça et le fait que le Conseil voulait de la chair à canon. Qui irait pleurer des criminels s’ils mouraient ? Pas grand monde, en tout cas pas les grands puissants. Il pensa à la mort de Robb quand elle parla de plutôt mourir que d’avoir à vivre ici. Skylar se doutait bien de sa peine. « Il n’aurait pas voulu que tu meurs. » Il n’avait jamais été le plus proche de Robb, mais tout de même, de là à souhaiter la mort de quelqu’un… Le brun se demandait en fait si ce n’était pas plutôt que de la tristesse que Rachel exprimait, de la tristesse qu’elle avait muté en rage. C’était peut-être plus facile pour elle à gérer. C’était juste des suppositions qu’il faisait. Il ne voulait pas être trop tendre avec Rachel car il se doutait bien qu’elle ne supporterait pas ce genre de marque affectif et qu’elle le rejetterait encore plus. Skylar acceptait bien de jouer encore un petit peu le punching-ball en se demandant combien de temps durerait tout ceci. Elle se fatiguerait bien au bout d’un moment, non ? C’était du moins ce qu’il espérait. Il la regarda s’asseoir par terre, mais ne bougea pas d’un iota, comprenant bien son langage corporel. Elle ne voulait pas qu’il approche, c’était évident. « Des gens que j’aime ont été dans ton groupe. » Et il avait perdu de vue certaines personnes. Il vit bien Frost réagir aux mouvements de Rachel et siffla. Aussitôt la chienne de taille moyenne vint se coller contre sa cuisse sagement.

« Elle ne s’approchera pas de toi si tu ne le veux pas. Elle est juste curieuse. Elle doit sentir tes sentiments. » Une manière de dire, qu’elle n’avait vraiment pas une bonne tête en ce moment. Il l’avait bien vue rapprocher ses jambes d’elle. Skylar ne pouvait pas s’excuser cent ans. Le mal était fait, chacun devait se reconstruire maintenant. C’était bien entendu difficile et il le comprenait bien. Pour lui aussi c’était dur. Il n’était pas sûr que Rachel aurait envie de l’entendre. « Vous n’êtes pas complètement mal-aimés. C’est toi qui t’enfermes là-dedans pour empêcher les autres de venir à toi.[/color] » Il était peut-être un peu trop confrontant, mais là Skylar avait laissé échapper cette phrase.

Rachel A. Gomez
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Sujet: Re: to forgive is to heal ⊰ Skylar
Dim 30 Sep - 8:16


to forgive is to heal
Je n’avais pas besoin d’indiquer de façon distincte ma colère, car j’étais certaine qu’il pouvait la ressentir, que ce soit au ton de ma voix, à mes mots ou même à ma posture. Même s’il m’éloigna de tout le monde, je pris soin de garder une distance entre moi et lui, en partie parce que je ne supportais plus vraiment le contact physique de qui que ce soit. L’autre raison me paraissait plus évidente; celle de ne pas avoir la chance de le frapper. Croyez-moi, ce n’est pas l’envie qui me manquait, moi qui gardais les rancunes très longtemps. À mes yeux, il restait celui qui m’empêcha de faire comprendre à ce garde qu’on ne critiquait pas les gens ainsi. Bordel, je voulais juste montrer à cet impoli que c’est un froussard que celui critiquant les autres derrière leur dos. Mais non, il fallait que quelqu’un l’aide, qu’on trouve le coupable à cette pauvre mauviette sans défense. Oh, s’il n’y avait pas tant de gens aux alentours, j’aurais réellement explosé! « Toi, tu ne penses peut-être pas comme ça, mais si tu m’as éloignée, c’est que tu es au courant de l’avis de beaucoup d’Odysséens à notre égard. Le temps n’y changera rien, on restera toujours les ‘criminels’, à leurs yeux. » Impassible, le ton de Skylar se faisait plus sec et ferme. Je savais qu’il ne se laisserait pas submerger par ses sentiments comme moi, mais il avait une limite à ne pas atteindre, j’en étais sûre. À ma façon de réagir à lui répondre, je ne me doutais pas une seule seconde où ce point de non-retour se trouvait. Serait-il trop tard, quand je le découvrirais? « Je n’ai aucunement besoin de grain à moudre pour m’enfermer dans ma colère. Elle me vient naturellement, et sans l’aide de quoi que ce soit. » Bah quoi? Il me fallait évacuer le trop d’émotions, surtout puisque je refoulais toutes celles dont je préférais me débarrasser. Ainsi, à la place de la tristesse ou de la joie, il y avait la colère et la dépression. J’échangeais un duo pour un autre, me donnant ainsi la chance de me défaire de bien des futilités du passé.

Il me donna raison sur au moins un point. De la chair à canon, un mal pour un bien. N’ont-ils pas regretté une seule seconde leur décision? Ont-ils hésité, ne serait-ce qu’un instant? J’aurais bien aimé le savoir, simplement pour que je ne les perçoive pas tous comme des énergumènes incapables de voir des criminels comme des êtres vivants, ayant des droits. Une partie de moi voudrait presque croiser l’un des supérieurs et leur poser quelques questions. Le seul hic, dans tout ça, c’est que je risquerais de m’emporter, ce qui causerait certainement plus de problèmes entre les deux campements. Je ne voulais certainement pas être la cause d’une friction plus grande, alors autant évité de mettre les pieds dans le plat. « Eh bien il n’est plus là pour vouloir quoi que ce soit. Donc j’prends les décisions qui me vont, peu importe que ça plaise aux autres ou pas. » Un message clair que je voulais passer. Peu importe ce que je ferais, peu importe où j’irais me perdre, je ne voulais pas que qui ce soit ne vienne me conseiller. J’étais déjà dans un sale état, je ne crois pas que les choses iraient mieux de mon côté. Je laissais simplement le temps faire son ravage, avançant péniblement, jusqu’au moment où je n’arrive plus. Lorsque cela serait le cas, je partirais silencieusement, espérant seulement que Chris ne joue pas les héros. C’était ma décision, ma vie, et j’en ferais ce qui me semblait juste. « Alors pourquoi tu ne vas pas au campement des Cents? » Il me semblait étrange qu’il n’aille pas les visiter, s’il disait y avoir des gens qu’il aimait.

Si la chienne ressentait mes sentiments, alors elle devait être vraiment confuse. Avait-elle croisé quelqu’un d’aussi bordélique au niveau sentimental que moi? J’en doute. « Elle ne devrait pas être si curieuse. J’lui souhaites pas de sentir tout ce que je ressens, autrement elle finira dans un sale état, la pauvre. » Ce n’était pas une menace, sinon un conseil. J’étais un nœud d’émotions, entremêlées, ne sachant pas par où commencer, pour les défaire. J’avais déjà du mal juste à garder les apparences d’une Rachel supposément stable. Imaginez un animal avec un tel dilemme. Non, je ne voulais pas qu’elle ait à subir une telle confusion. Puis de toute façon, ce n’est pas comme si j’étais capable d’avoir un quelconque geste tendre envers qui que ce soit. Mes mains se crispaient, mon corps se raidissait et mon cœur semblait se tordre à chaque fois. On aurait dit que mon être au grand complet rejetait une quelconque marque d’affection. « Tant mieux, si les autres ne viennent pas à moi. Ce n’est pas comme si j’ai besoin de qui que ce soit. » Je tournais finalement ma tête vers lui, mon regard qui fixait le sien. « Personne n’est venu voir si j’allais bien, quand Robb est mort. Je sais qu’il n’était pas important pour la plupart d’entre vous, mais en sachant qu’il était mon frère, vous auriez pu vous douter que ça ne se passerait pas bien. » Je déviais de nouveau mes yeux vers le paysage autour de moi. « J’ai gardé ma porte trop longtemps ouverte. Les gens ont laissé le temps passé, mais moi, je n’ai pas oublié. Donc, après les jours, les semaines et les mois, j’ai préféré fermer la porte, à double-tour. Occupez-vous de votre vie, et moi de la mienne. Je ne veux plus de personne. » Cette dernière phrase eut du mal à sortir. Tant et si bien que je dû croiser mes bras sur mes genoux et placer mon visage juste au creux, essayant tant bien que mal de faire le vide.
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Skylar Rees
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Sujet: Re: to forgive is to heal ⊰ Skylar
Sam 10 Nov - 18:03

Il la regarda alors qu’elle donnait une mauvaise raison au fait qu’elle l’éloigne. « Je t’ai éloigné car je n’ai pas confiance en ta colère. Tu serais capable de frapper quelqu’un et alors quoi ? Je devrais t’arrêter ? Tu veux arriver à ça ? » Même s’il l’appréciait, il ferait régner l’ordre et si elle dépassait les bornes, il sévirait. Il était le second du chef de garde, il ne pouvait rien laisser dépasser du cadre, ce serait bien trop dangereux. Il ne s’y risquerait absolument pas. Bien entendu, Rachel avait raison quelque part. Certains des cents resteraient toujours des criminels aux yeux des plus anciens et rien ne pourrait être fait pour calmer certaines ardeurs. Il la laissait répliquer, trouver des excuser, Skylar ne broncha pas, se contentant de la regarder. Il ne pouvait pas continuellement lutter, il devait parfois baisser les armes. Bien entendu que Robb était plus là et que Rachel était suffisamment une grande fille pour que Skylar ne dise rien. Il se contenta donc de se taire avec un bref haussement d’épaules. Autant le garde pouvait être compréhensif, autant au bout d’un moment, il lâchait complètement prise. Il n’allait pas la forcer à essayer d’ouvrir les yeux. Il y avait bien une raison pour laquelle Skylar n’avait pas d’enfants, il n’aimait pas faire des leçons ou essayer de raisonner les gens qui ne le désiraient pas, sa patience avait vraiment des limites. Et il avait un sens de la pédagogie très limitée. « Car la plupart sont morts ou fâchés. »

Et qu’il commençait gentiment à en avoir marre de s’excuser et de se plier en quatre. Il avait conscience que des mots n’effaceraient pas la peine et qu’il fallait parfois se faire une raison. Le brun avait bien essayé de discuter avec certaines personnes, mais il s’était rendu compte rapidement qu’il n’était plus le bienvenu auprès de certaines personnes, alors il s’était fait une raison. Skylar se tenait loin de Rachel pour éviter de l’envahir. Il avait Frost appuyer contre lui et sa main épaisse passait dans le pelage gris de la petite chienne. « Les chiens sont des êtres qui veulent aider. Avant l’apocalypse, ils étaient très liés aux humains. Elle veut juste t’aider. » Néanmoins, il retenait Frost. Il ne savait pas si la chienne voulait réellement aider Rachel, ou plutôt le protéger lui. Si la femme avait une quelconque animosité contre lui, sa chienne le sentirait et voudrait le protéger. C’était pour cela qu’il plongeait avec tendresse sa main dans la fourrure de la chienne, pour la calmer. Ainsi, il voulait éviter que Frost s’approche de Rachel. Et elle recommençait à dire que tant mieux si personne ne s’approchait d’elle. Cela tournait en ridicule très franchement. Skylar ne savait vraiment plus quoi dire. Il était soldat, pas psychologue pour soigner l’âme. Il supportait très moyennement les gens qui râlaient. Il se contenta donc d’être silencieux. Elle lui expliqua alors que personne n’était venue la voir. Là encore le militaire resta silencieux.

« On aurait dû venir te voir, oui. » Avoua-t-il alors qu’elle demandait à être seule. « Après, chacun gère sa peine. Si tu veux être seule, tu peux. Tu es une grande fille tu sais. » Il se redressa. Il n’était pas son père, il ne pouvait pas lui remonter le moral éternellement, ni s’excuser éternellement. « Tu peux aussi te redresser, te battre et arrêter de punir les mauvaises personnes. Mais ça, il y a que toi qui peux le choisir et quand tu seras prête. » Il siffla et aussitôt Frost arriva à ses pieds, toute joyeuse et Skylar la flatta. « Je ne peux pas te supplier de parler ou de socialiser. Il y a eu des dizaines de morts, plus atroces les uns que les autres, nous avons tous perdu quelqu’un. Tu as perdu Robb, j’ai perdu ma femme, certains ont perdu des fils, des sœurs. Je ne vais pas faire un concours de peine, de dire qui souffre le plus, c’est tout. » Il haussa simplement les épaules. Des fois, sa femme lui manquait, mais il n’en parlait jamais car c’était quelqu’un de très pudique au niveau de sentiments.

Spoiler:
 

Rachel A. Gomez
07/05/2018 Dumbass*Angel non 190 Chloe Bennet Minibouh (avatar), ASTRA (signature) cuistot, avec aptitudes en botanique et cuisine 325


Sujet: Re: to forgive is to heal ⊰ Skylar
Dim 2 Déc - 8:05


to forgive is to heal
J’aurais nettement préféré que les raisons soient autres. Je savais malheureusement que j’étais parfois très agressive, et si je m’emporte, je risquerais de blesser quelqu’un. En revanche, le fait que Skylar le dise ne calma pas pour autant la situation, me donnant surtout envie de poser un tel geste, juste pour me retrouver exactement là où je devrais être. « Tu l’as bien fait une première fois, j’vois pas pourquoi tu ne le ferais pas une deuxième. Puis c’pas comme s’il y a quoi que ce soit à faire de ma vie, en dehors d’une cellule. » Trouver ce qui pousse chacun à persévérer, jour après jour, ce n’est plus dans mes intentions. La personne qui fut mon point d’ancrage et mon confident n’était plus. Ainsi, j’errais continuellement, à la recherche de ce nord introuvable, de cette ligne droite, sans jamais trouver quoi que ce soit. Je ne pris cependant pas la peine de lui en révéler plus, sachant qu’il y allait toujours avec logique et un résonnement inébranlable. Déjà, rien que son silence à la plupart de mes propos m’indiquait au combien il ne jouait pas dans le mélodrame, qu’il ne jetait pas plus d’huile sur le feu. Si je voulais me prendre la tête, ce serait sans son influence. Je n’aurais donc que moi à blâmer, advenant l’apparition d’autres problèmes. « Beaucoup sont morts, peu après le débarquement. Et c’pas si difficile d’être fâchés, surtout quand on y réfléchi bien. Pourquoi ont-ils choisi de nous envoyer sur Terre? Facile, ils ont fait deux pierres d’un coup, se débarrassant du cargo en trop, et en profitant pour s’assurer que la situation sur Terre était mieux. Ils ne se doutaient que malgré l’état des lieux, il y aurait des gens prêts à tous nous tuer, les uns après les autres. » La source la plus vraie de la tension encore bien réelle, entre les Odysséens et les Cents. Donc je pouvais tout à fait le comprendre, s’il ne voulait pas faire face au gens mécontent au campement des plus jeunes.

En observant Frost de côté, en écoutant les propos de Skylar, et en réfléchissant bien, je me mis à souhaiter un chien. Un peu de compagnie, quelqu’un qui ne juge pas ma façon d’être et de penser, peut-être que c’est ce qu’il me fallait. Ou … ou pas. En faisant ça, ne remplaçais-je pas Robb par un animal? Lorsque celui-ci décèderait à son tour, j’en deviendrais à la case départ, à la douleur et aux centaines de ‘pourquoi’. Je me résolu à en oublier cette idée, ma fois complètement stupide. « Elle est joyeuse avec toi, quand tu la caresses. J’crois pas que ce sera la même chose, si j’essaie. Elle doit le ressentir, qu’au point où j’en suis, j’dois être pourrie jusqu’à la moelle. » Je fixais le pelage de l’animal, une partie de moi voulant démontrer le contraire, de me défaire de mes pensées noires et de reprendre peu à peu contact avec les gens que je connaissais. Des parcelles de la personne que j’étais auparavant, quand je n’avais pas tant de soucis, quand je me promenais d’un campement à l’autre sans pour autant me mettre à agir de façon si malpolie et colérique. Un chien … je suis sûre que Robb aurait adoré. Une envie folle que de posséder un compagnon à quatre pattes maintenant, tout de suite, question que je trouve quelqu’un à qui m’accrocher, avant que je ne succombe aux cauchemars, lorsque je ferme les yeux.

« J’aurais juste voulu … m’agripper, juste … parler. Ça m’aurait aidé à ne pas garder la peine pour moi. Mais c’est ce que j’ai fait, et ça me ronge de l’intérieur, toujours un peu plus. » Une grande fille. Oui c’est ce que j’avais clairement dit à Chris, lorsqu’il se mit à comploter des choses, lorsqu’il parla de mes problèmes à d’autres alors que je refusais. J’étais en mesure de comprendre comment un tel choix influencerait ma vie. « Je ne la gère pas. Je ne fais que la renfoncer, encore et encore. J’suis capable de le faire quand je suis seule, mais pas quand j’suis avec des gens. C’pour ça, aussi, que je préfère juste la solide au reste. » Je prenais toujours dans la facilité, ce qui expliquait pourquoi je ne me redressais ni ne me battais pas. J’avais la nette impression que dans mon état actuel, un fauve pourrait sortir de nulle part et se mettre à attaquer tout le monde, je resterais planté là, à attendre. « Pourquoi dis-tu que je punis? Je reste dans mon coin, sans venir déranger les autres avec mes problèmes. Et puis qu’est-ce que ça m’apportera de me redresser et de me battre? Vivre assez longtemps pour voir d’autres mourir? Tu sais bien que je ne sais même pas utiliser mes poings. J’suis juste bonne à préparer les repas. C’toi le garde, c’toi qui sait te défendre. » Mon regard se dévia quelques instants sur la chienne avant de lui répondre. « Je suis désolée, pour ta femme. Je ne veux pas en faire un concours de peine! Mais je sais que dans mon cas, au gré des Cents qui ont été tués pendant notre arrivée et la mort de mon frère, mon deuil semble s’être arrêté à ce stade, je ne progresse plus du tout. » J’accotais ma tête contre l’arbre, ressentant encore et encore la peine qui ne le lâchait pas une seconde. « J’me dis souvent que tout le monde se porterais mieux si je n’étais pas là. » Partir loin, très loin, dans un recoin perdu de la forêt et vivre coupée de tous. Une idée qui m’habitait toujours.
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Skylar Rees
05/05/2016 Ponyta Gen Deng, Eirik Thorvald, Leary Wrath, Cyd Raye 385 Norman Reedus lux aeterna Second du chef de garde. - Pisteur - Combat à mains nues - Stratège 103


Sujet: Re: to forgive is to heal ⊰ Skylar
Sam 5 Jan - 11:52

Il voyait bien son côté belliqueux. Skylar était en train de se demander si elle n’aurait juste pas besoin de se défouler, de bouger physiquement pour se sentir vivre à nouveau. « Tu fais du sport, du combat ? Et non je ne vais pas t’enfermer une deuxième fois. Tu n’es pas de mon camp et pas sous nos lois. Mais si tu faisais une connerie, ce seraient nos deux camps que tu mettrais en péril. » Et cela mettrait un bordel monstrueux entre leurs deux camps, il préférait ne pas y penser. Tout le monde était tendu, il suffisait de pas grand chose pour que chacun craque et retourne au front comme si le diable était à leurs trousses. Skylar encaissait les paroles de Rachel, mais il ne pouvait pas s’empêcher de temps en temps de rétorquer et d’être piquant. Il était obligé d’avouer que Rachel avait raison sur de nombreux points. Skylar se disait que clairement, elle ne pourrait jamais pardonner au Conseil, mais aussi aux autres odysséens, ce qu’ils avaient cautionné et accepté par leur inaction. « Certains sont prêts à faire la paix. » Ce n’était clairement pas son cas à la brune et il espérait qu’ils n’étaient pas nombreux comme elle, à cracher leur haine sinon leur problème était vraiment énorme. Skylar n’en manquerait pas d’en toucher quelques mots aux bonnes personnes pour que les relations et les échanges soient mieux surveillés. Il n’était probablement pas le premier à essuyer la colère des cents. Il y avait eu des échos de violence, d’actes étranges que certains taisaient, des coups, des combats. Compte tenu du fait que les concernés n’en parlaient pas, Skylar ne pouvait pas intervenir, bien entendu.

Il avait Frost contre lui et se dit que quelqu’un, en plus des êtres qu’il aimait ici, comptait sur lui. La chienne ne le lâcherait jamais, quoi qu’il fasse, quoi qu’il dise. C’était quelque chose de grisant comme sentiment, de sécurisant par certains côtés. Il regarda la chienne à ses pieds qui ne bronchait pas face à ses caresses. Elle avait les yeux grands ouverts, les oreilles dressées et l’air très attentive à l’échange entre les humains. « Tu veux la caresser ? Elle ne va pas se transformer car tu la touches. » Peut-être qu’il venait de trouver un moyen d’atteindre Rachel. Il avait remarqué depuis qu’il avait Frost, les gens venaient plus vers lui, comme fascinés par la petite chienne. Il se dit que vraiment, elle pourrait peut-être bien l’aider avec Rachel fermée comme une huître. Skylar trouvait difficile de voir Rachel dans cet état. Elle semblait rongée par la haine, le deuil peut-être aussi ? Difficile à dire, en tout cas elle ne semblait pas en bon état, clairement. Skylar décida d’adopter une autre stratégie avec elle et à son grand étonnement, elle réagit. « Tu peux encore parler Rachel, tu peux encore t’agripper. » Il ne bougea pas, ne voulant pas l’envahir. Skylar ressentait pourtant l’énorme besoin de s’approcher d’elle, de la serrer, mais il ne le fit pas. Il avait l’impression qu’elle perdait pied avec la réalité. Il l’écouta dire qu’elle ne pouvait pas gérer sa peine en leur présence. « Si tu restes au camp, tu vas devoir apprendre à supporter cette douleur. » Il avait appris lui aussi, ce n’était facile pour personne. Skylar ne savait pas comment lui apprendre, il ne gérait pas l’émotionnel chez les autres d’habitude, il donnait juste des ordres. « Tu punis car tu es agressive. Si tu es comme tu es avec moi, tout le temps et avec les autres, tu feras fuir. Tu nous punis d’être en vie ? La mort fait partie de ce monde. Tu ne pourras pas nous empêcher de mourir. » Il commençait peut-être à comprendre le problème.

Ils allaient tous mourir un jour ou l’autre, que cela plaise ou non. « Je peux t’apprendre à taper. » Il n’arrivait pas à croire qu’il venait de le dire, mais peut-être bien qu’elle en avait besoin. Il l’avait vue regarder Frost. Skylar se redressa et lentement, s’approcha de Rachel, Frost à ses côtés. Il s’arrêta non loin de la brune, mais il avait laissé une distance raisonnable. « Tu dois le laisser partir Rachel. Il ne reviendra pas. » Mais dans quoi s’engageait-il ? Il risquait d’attiser sa colère. Mais peut-être que c’était bien à lui de le faire, d’encaisser sa rage. Skylar était assez solide pour le faire. Il devait le faire, surtout quand elle parla de ne pas être là. Il ne la laisserait pas faire ça. « N’abandonne pas maintenant, vraiment pas. » Et il tendit la main, l’attrapant par le poignet. « Frappe-moi. » Au pire, il bloquerait le coup. Frost regardait l’échange. Skylar refusait d’abandonner Rachel dans cet état. « Ne te laisse pas mourir, ceux qui t’aiment ne le veulent pas. Allez, redresse-toi, cette haine, utilise-là. Tu vas te laisser bouffer par tout ça ? Je te croyais forte. Tu as été forte pour frapper un garde et là tu te laisses abattre ? » Il tentait de la pousser à réagir, à se reconnecter à ce monde. Peut-être se trompait-il, mais il la voyait si loin, si détachée. Elle mourait s’il la laissait ainsi. C’était probablement le hasard que ce soit lui qui tombe sur elle et doive la secouer, mais maintenant cela ne le dérangeait pas. Il ne l’abandonnerait pas dans cet état, oh non. Il ne la laisserait pas fuir.

Rachel A. Gomez
07/05/2018 Dumbass*Angel non 190 Chloe Bennet Minibouh (avatar), ASTRA (signature) cuistot, avec aptitudes en botanique et cuisine 325


Sujet: Re: to forgive is to heal ⊰ Skylar
Jeu 17 Jan - 6:11


to forgive is to heal
Je n’étais pas de nature violente en temps normal. Dans de rares moments, la haine prend le dessus et me force à agir comme une bête sauvage, mais ce n’est ainsi que j’agis au jour le jour. Comparativement à certains Cents, qui démentaient toujours la raison de leur enfermement, moi je ne me plaignais pas, acceptant mon statut de prisonnière sans sourciller. Je retombais toujours dans un calme presque morbide. Néanmoins, dans ce cas-ci, ce fut le geste de Skylar qui m’empêcha de me jeter sur lui ou d’autres Odysséens. Je n’hésitais pas à lui faire savoir mes intentions derrière tout ça, détail qui ne devait probablement pas le rassurer, vu les échanges entre les deux campements. « Du sport et du combat? Mais tu crois que j’ai le temps pour ça? Il faut que j’prépare les repas en cuisine, c’est une assez grande prise de tête parfois. » Je me décourageais très facilement, rien qu’en voyant les autres exceller et donner l’impression qu’il ne s’agit de rien de plus. « Heureusement que je ne suis pas de votre camp. Et ne t’en fais pas, je ne me mêle pas de vos relations ou vos échanges. Je me tiens à l’écart de tout ça, enfermée dans la cuisine ou dans la tente. » Pourquoi vouloir que toutes les emmerdes retombent sur moi? C’était nettement mieux d’attendre patiemment, voir les Cents se rendre à l’évidence et venir me parler par la suite. Le Conseil ne changerait pas. Les bonnes actions depuis leur arrivée sur Terre ne panse pas les plaies des gens qu’ils ont trahi. Tous, tous coupables à mes yeux. Personne n’avait parler, personne n’osa défier les ordres. On préféra sauver sa propre peau et voir les criminels payer le prix. « Bah qu’ils fassent la paix. C’pas à moi de décider. Si les Cents et les Odysséens se mettent d’accord sur une paix, j’pourrais rien dire, la majorité prendra le dessus. Mais me demander de suive le mouvement est impossible. À mes yeux, vous vous êtes quand même débarrasser de nous, un point c’est tout. » S’il y avait de la tension ou pas, je n’en savais rien. Vu mon état, je restais loin des rencontres avec les grounders et les odysséens, justement pour éviter une situation pareille. Discrète, le mot qui me décrivait le mieux lors des échanges.

Était-ce également le terme adéquat pour parler de Frost, maintenant bien plus calme aux côtés de Skylar? Probablement. La chienne semblait calme, mais toujours très attentive à la conversation qui continuait. Ses yeux grands ouverts et ses oreilles dressées me donnaient sincèrement envie de la caresser et de lui montrer ne serait-ce qu’un peu d’affection, mais je me doutais que l’animal ressente rapidement mon énergie trouble, et qu’elle s’éloigne immédiatement. Skylar dû remarqué mon regard fixé sur la chienne, car son invitation semblait tirée tout droit de mes pensées. La caresser? Comment pouvait-il être si sûr que Frost ne réagirait pas étrangement? « Je ne sais pas … » Je baissais ma main gauche, la paume en direction de l’animal, attendant un quelconque mouvement, un reniflement, pour ensuite caresser. Je ne prenais pas les devants préférant voir si l’énergie que je dégageais ne l’effrayais pas trop. De toute façon, ce n’est pas comme si la discussion se terminait de sitôt, alors qu’on entrait dans le vif du sujet. « Et dire quoi? Il est mort depuis un certain temps déjà, les gens s’attendent à ce qu’on tourne la page et qu’on continue. M’agripper? À quoi? Chaque jour qui passe est exactement le même. C’est une répétition barbante qui n’apporte aucune étincelle de bonheur. » Je sortais de la tente dans le silence total, détail qui change tout, alors qu’avant, il n’y avait pas un seul matin où je parlais avec Rob. Bon, parfois, il s’agissait de querelles entre frère et sœur. Le plus important, c’est qu’il y avait cette camaraderie avec une personne qui me connaissait mieux que quiconque. Avec qui pourrais-je faire ça maintenant? Personne. « J’ai toujours l’option de ne pas rester au camp. Peut-être que dans une ambiance où il n’y a que moi, je serais apte à supporter la douleur. » Un plan b, une option viable qui me paraissait parfois mieux que de renfoncer mes sentiments à chaque Cent que je croisais. Livrée à moi-même, dans la nature, je pourrais enlever le masque, laisser libre court à ma rage et à mon chagrin, sans que personne ne puisse commenter. « Je ne suis pas agressive. Je préfère juste que les gens ne se mêlent pas de mes problèmes, et souvent, ils posent trop de questions. Vous punir d’être en vie? Non. J’essaie simplement de ne pas m’accrocher aux gens. Tu le dis si bien, j’peux pas empêcher la mort de sévir, mais si je m’écarte émotionnellement, je n’aurais pas à revivre ce calvaire. » Lui cacher quoi que ce soit ne servirait à rien. En tenant compte de son ton de voix et de ses commentaires, j’estimais qu’il comprenait enfin la source du problème.

« M’apprendre à taper? À quoi est-ce que ça m’avancera, dis-moi? J’prépare les repas, je ne surveille pas les environs du camp. Puis de toute façon, tu as certainement mieux à faire de tes journées que ça. » Je ne faisais jamais appel aux enseignements de Chris niveau défense, alors que mon instinct primaire était de déguerpir le plus rapidement possible. Ça, ou trouver le meilleur recoin pour me cacher. Comme quoi il y en avait qui devenaient gardes, et d’autres qui s’occupaient de tâches moins physiques. Cela ne voulait pas dire que dans toutes leurs différences, il n’y avait pas des moments de répit, où ils croisaient des visages familiers et discutaient. Dans mon cas actuel, je remettais en doute ma décision d’avoir si ouvertement approcher Skylar, car au fil de cette conversation, il arrivait aux bonnes conclusions. Pourquoi pensais-je ça? Eh bien, en se relevant et s’approchant un peu de moi, le voilà qui me conseiller de laisser partir … mon frère. « Non … non je ne peux pas. Il a tout fait pour moi … » Je sais parfaitement qu’il ne reviendrait jamais, mais c’était surtout l’idée de le laisser partir, d’oublier. Incessant, il continuait avec ces conseils, me disant de ne pas abandonner, avant de soudainement attraper mon poignet et me balancer ce qui semblait presque être un ordre? Le frapper? Bien que l’envie m’ait saisi en le voyant tout à l’heure, ce n’était plus pareil. J’essayais donc de me défaire, de prendre la poudre d’escampette. Cependant, sa poigne était ferme, et il n’avait pas fini de jeter de l’huile sur le feu. Me redresser, pour le bien des gens qui m’aiment. Utiliser la haine, à bon escient, bien entendu. Je respirais de façon plus prononcée, ne réussissant pas à m’éloigner de lui à temps. Un autre coup sur l’ego, cette fois parlant de mon acte de rage pure, lorsque je me suis jetée sur le garde. Cette fois, ce fut un mot de trop, me faisant réagir assez vivement, le frappant au moins deux ou trois fois. « J’avais une raison de me battre! Je sais qu’il m’attendrait et qu’il serait là pour moi. » J’arrêtais soudainement mes coups, reprenant mon souffle et m’arrochant à son bras. « Mais moi … moi je n’ai pas été là pour lui! Et quand je rentrerais au campement, il ne m’attendra pas. Comme. Toujours. Il n’y a que moi, …. Moi et le vide, à chaque moment de la journée. » Je frappais avec moins d’intention, mais d’un rythme effréné. J’avais cessé de pleurer, mais mon ton de voix indiquait assez facilement le chagrin, derrière ce voile de rage. Mes clameurs faisaient cependant effet, remarquant le regard de certains qui passaient non loin.
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Skylar Rees
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Sujet: Re: to forgive is to heal ⊰ Skylar
Mar 29 Jan - 20:42

« On trouve toujours le temps quand on veut. » C’était probablement présomptueux de sa part de penser ainsi, mais il n’avait pas pu s’empêcher de le dire. Quand on voulait, on pouvait, rien d’impossible. Il ne pensait pas qu’elle passait sa journée à faire la cuisine, mais elle trouverait toujours une excuse, il le comprit rapidement. Il la laissait parler, la fixant avec méfiance. Elle semblait innocente, mais il s’en méfiait clairement comme de la peste, il n’avait pas vraiment confiance à dire vrai. Elle semblait clairement roublarde dans son genre, mais il garda cette réflexion pour lui. « Quand tu es dans un groupe, tu dois suivre le mouvement. On s’est débarrassé de vous, oui. » Lui pensait la notion de groupe ainsi, si c’était un odysséen qui avait dit qu’il ne suivrait pas le mouvement, il ne réagirait pas aussi bien. Si les cents toléraient que chacun pense comme il voulait et que ce soit l’anarchie, libre à eux. Skylar lui, aimait bien l’harmonie et la cohérence des choses, ce qu’il ne retrouvait pas forcement avec Rachel. Il avait abondé dans son sens, peut-être que dire oui, qu’une partie du vaisseau s’en était débarrassée, allait la calmer. Il allait essayer toutes les stratégies avec elle. Il était presque à tout, car son état l’inquiétait.

Il la voyait comme une bombe à retardement prête à exploser. Il laissa Rachel décider ou non de caresser Frost. Il la laissa tendre la main et la petite chienne colorée s’approcha, curieuse, reniflant cette main. Frost lécha doucement la main avant de battre de la queue. « Elle est contente. » Il préférait décrypter son langage corporel, se souvenant que lui avait dû apprendre bien des choses pour comprendre sa chienne. « Dire ce que tu as envie. » Il ne pouvait pas lui reprocher de trouver le quotidien barbant et ne savait pas quoi lui offrir comme solution. D’un côté, il se voyait mal lui dire de mettre elle l’étincelle de bonheur dans sa vie, cela paraîtrait maladroit. « Tu saurais survivre seule ? » Elle pourrait vivre seule, mais Skylar redoutait qu’elle parte pour mourir. Il la voyait comme au bord d’un précipice, prête à se jeter. Il l’écouta parler de la mort, de ne pas s’attacher. « La vie va te paraître fade. » Il était honnête avec elle. Sans les autres, il ne se voyait pas vivre, sauf si elle était une vraie solitaire, mais elle était si jeune, une vie entière seule, cela rendait un être humain fou. Ils n’étaient pas faits pour vivre seuls, Skylar l’avait bien compris avec les années. D’un côté, il ne pouvait pas l’obliger à rester en groupe.

Il lui fit une proposition folle, mais là encore, elle rejeta l’idée. « A te défouler. Tu es une bombe à retardement, tu ne le vois pas ? » Il était de plus en plus confrontant, ne mâchant plus ses mots. Skylar s’approcha d’elle et décida de faire ce que son instinct lui soufflait de faire, de la coincer, de l’obliger à sortir toute cette rage. Il avait peur pour elle, réellement. Il l’attrapa et ne la relâcha pas alors qu’elle tenta de fuir. Il l’écouta dire non. Il tenta de la pousser à bout et réussit. Le premier coup tomba, puis un autre, mais il tint bon. Skylar ne flancha pas. Elle se dégagea de sa poigne et continua de parler. Elle culpabilisait, c’était évident, surtout quand elle dit n’avoir pas été là pour lui. Elle le frappait et le garde l’entoura lentement de ses bras. Il vit les regards et jeta un regard autoritaire qui fit détourner les têtes. Il laissa les minutes défiler, faisant rempart de son corps autour de Rachel et du monde, pour la protéger. « Tu as été là pour lui. Il n’est pas complètement parti, il est là. » Lentement, il pointa du doigt la zone du cœur de Rachel. Quand sa défunte femme lui manquait, il pensait à elle dans son cœur, à son sourire, son rire et c’était comme si elle venait le visiter. « Tu n’es pas vide. Tu portes vos souvenirs. Tu dois vivre, pour lui au moins. Il n’aurait pas voulu te voir ainsi, personne ne veut te voir ainsi. » Il relâcha ses bras d’autour d’elle pour la laisser respirer. Il n’avait pas bronché sous les coups, encaissant.

Il avait entendu la tristesse dans la voix, sous la rage. Il respectait aussi l’intimité de Rachel et ne voulait pas souligner cette tristesse. Lui-même pudique sur ses sentiments, il savait que c’était insupportable quand les autres voyaient la tristesse chez lui, il détestait cela. Alors il respectait Rachel, comme une soldate et ne soulignait pas ce moment de tristesse, d’égarement et de mise à nu. Skylar était encore proche de la femme, prêt à encaisser des coups si elle le désirait, mais il ne la touchait plus. Il continuait néanmoins de faire rempart entre elle et les autres. Son corps la cachait à la vue des autres. Frost était là, aux côtés de son maître et ne bougeait pas. La chienne colorée était assise à côté de l’homme et de temps en temps, regardait les gens derrière le militaire qui allaient et venaient, mais ne les fixaient plus. « Personne ne peut comprendre ce que tu ressens, ça je te le promets. Il n’y a que toi qui sais ce qu’il y a dans ton cœur. Il n’y a aussi que toi, qui peux te souvenir de Robb et te rappeler les bons moments pour le faire vivre là-dedans. » Et il pointa encore une fois son cœur.

Rachel A. Gomez
07/05/2018 Dumbass*Angel non 190 Chloe Bennet Minibouh (avatar), ASTRA (signature) cuistot, avec aptitudes en botanique et cuisine 325


Sujet: Re: to forgive is to heal ⊰ Skylar
Lun 11 Mar - 5:56


to forgive is to heal
« Et si j’en ai pas envie? Et si j’évite de passer des mois à apprendre quelque chose qui tombera dans l’oubli, vu que je ne compte pas en faire utilisation? » Autant être honnête avec lui. Je ne me retrouvais normalement pas en situation où le danger guette. Soit on m’accompagne, soit je reste dans la cuisine, bien tranquille. Je suis toujours aux aguets, quand vient le temps de parler des grounders. Pire encore, je laisse aux autres le soin de participer à ces sorties soi-disant cordiales entre nous et les natifs. Ainsi, je ne vois pas l’intérêt à ce qu’on m’enseigne le combat. Ce serait une perte de temps pour tous, et je finirais constamment endolorie, pour qu’au final, je parte en courant me cacher, dès qu’un bruit étrange se fait entendre. « Ils le suivent, du moins la plupart des Cents. Je respecte leur décision, d’où la raison pourquoi je ne m’en mêle pas. Me connaissant, je ne ferais que détériorer les échanges, vu que je n’hésiterais pas à faire savoir mon dégoût envers la décision qui a été prise. Après tout ce qu’on a subi une fois sur Terre, le Conseil ne mérite pas ma confiance. On a enterré assez de têtes sans corps pour me donner ne serait-ce que le droit d’en mépriser les membres. »  Advienne que pourra, je ne reposerais pas mes espoirs sur la gentillesse de bien des Odysséens, en cas de danger. J’avais la nette impression que de toute façon, certains nous voyaient encore comme des criminels. Autant dire que j’en assumais pleinement le rôle, préférant me comporter comme une peste, juste pour le plaisir de les voir me regarder d’un air indécent, et ainsi révéler leur véritable nature.

J’hésitais longuement à témoigner ne serait-ce que d’un peu d’affection envers Frost. Au grand daigne de Robb, j’adorais le chouchouter, lui témoigner d’un peu d’amour, entre frère et sœur. Tiens, un autre geste qui me manquait terriblement. On dirait que plus ça allait, plus je remarquais les choses que je ne pourrais plus faire. Des situations qui me semblaient si répétitives n’auraient plus lieu. Abrupte, comme conclusion. Cela restait pourtant l’explication adéquate, quant à mon court moment de réflexion. Croyez-moi quand je vous dis que cela me prit une grande force mentale pour baisser ma main et attendre que l’animal s’approche. Étonnamment, Frost vint doucement combler l’espace, reniflant avant de finalement la lécher. Sa queue se mit à battre, me laissant un peu confuse par toute cette situation. Skylar expliqua que la chienne était contente, ce qui me rassura. Je pus finalement poser ma main sur sa tête et la flatter un peu. « Dire ce dont j’ai envie? Eh bien pour être complètement honnête, si j’avais le choix, si quelqu’un m’approchait en me proposant un seul souhait, ce serait de trouver le moyen que je retourne là-haut. Je donnerais tout pour quitter la Terre et me retrouver de nouveau dans l’espace. » Je sais bien que Judith est folle de joie, à l’idée de voir le paysage, de respirer de l’air pur et de manger et boire sans ces rations. Malheureusement, j’associais ce monde-ci à tout sauf de la joie. Le sang tâchait constamment le sol et la mort nous guettait à chaque recoin. Voilà la dure réalité! « Je me débrouillerais comme je peux. C’est bien ce qu’on a fait, en débarquant ici. Je ne vois pas ce que ça changera, que d’être seule cette fois. » Je ne parlais pas d’autres intentions, parce que je savais qu’en les verbalisant, je risquerais de sonner l’alerte. Personne ne savait les nombreuses fois où je m’étais enfoncée dans la forêt, en pleine nuit, avec les pires idées qu’il soit. Je ne revenais que parce que j’hésitais, encore et encore. « La vie me paraît déjà fade. J’ai beau être entourée dans la cuisine, j’ai beau cohabiter avec d’autres Cents dans la tente … c’est tout comme s’il n’y avait que moi. » Personne ne savait ce que je ressentais, personne ne pourrait me comprendre. Chacun a fait son deuil, ils ont passé à autre chose. Certains ont trouvé quelqu’un pour rendre la vie plus douce, comme Chris avec Chiraz. Et moi, que me restait-il vraiment? Mes carnets, mes souvenirs, …. Des objets que mon frère utilisait et dont je me suis débarrassée. Même son corps n’était plus, lui qui m’était revenu presqu’en miettes. Et sa tombe, si sobrement préparée par Chris que je n’avais pas visité, que je n’osais même pas regarder. Je savais qu’en allant là-bas, je craquerais. Sous la folie, je détruirais ce qu’il avait bien pu planté en guide de pierre tombale, je jetterais les fleurs. Si instable, je me soupçonnais même de lui interdire d’y remettre les pieds, de faire comme si Robb n’avait juste jamais existé, si ce n’était que pour me voir libre de lui.

« Je ne suis pas une bombe à retardement. Je suis juste … malheureuse. » Si à propos, que cette toute dernière réplique. On aurait dit qu’il avait lu dans mon esprit, qu’il avait vu ce que je planifiais faire. Effectivement, je me sentais comme une bombe à retardement. Il avait visé juste, mais puisque j’essayais de toujours reprendre le dessus sur mes émotions, je préférais le réfuter. Malheureusement, il ne semblait pas satisfait de ma réponse, se rapprochant trop, se faisant plus confrontant. Il me dit tout ce qui lui passa par la tête, sachant que ces paroles auraient tout un effet sur moi. Et peu à peu, il s’approcha, jusqu’à me coincer, m’empêchant de m’enfuir, me forçant à réagir, à laisser la rage prendre le contrôle. Je le frappais plus d’une fois, mais cela n’eut pas le résultat escompté. Même si je réussis à me défaire de sa poigne, même si je continuais mes coups tout en révélant mon trouble émotif, il ne recula pas. Au contraire, même, il m’entoura de ses bras. Il protégeait les autres de mon état trouble et il me protégeait du regard curieux de certains. Mais ses paroles, c’est ce qui fut pire, c’est ce qui vint me heurter de plein fouet. « Mais je ne le veux pas dans mon cœur. Je veux le sentir, physiquement. Je veux qu’il me prenne dans ses bras, comme avant. » Je me cachais les yeux, si déçue de ce que je ne pourrais jamais avoir. Les sentiments, c’était une chose. Le porter dans mon cœur, c’est bien beau, mais ce n’est que spirituel. Et je voulais du physique, du concret. Quelque chose que je puisse voir de mes propres yeux. « Les souvenirs ne font qu’alourdir sa perte. Crois-moi, si je pouvais m’en débarrasser aussi facilement qu’avec les objets qu’il a laissé dans sa tente, je le ferais sans hésitation. » Je soupirais, revenant à la case départ, à mon état lors des premiers jours suivant son décès. « Pourquoi? Dis-moi, pourquoi est-ce que je devrais continuer à vivre? Il n’y a rien, rien du tout qui m’attend. Je vieillirais, j’aurais travaillé pendant presque toute ma vie en cuisine, et je finirais mes derniers jours seule. Est-ce que c’est pour ça que je devrais continuer? Vivre une vie misérable, dans la solitude et l’amertume? Parce que je ne crois pas que c’est bien mieux. Au diable, ce que Robb ou qui d’autre souhaiterait voir ou ne pas voir. Je suis seule au cap, donc si je veux juste partir à la dérive, je le ferais. » J’avais répété plus d’une fois que mon frère étant mort, je prenais mes propres décisions. Il n’aurait qu’à me juger en silence, puisqu’il n’est plus de ce monde.

Ce qui me rendait encore plus enragée, c’est le fait que je me révélais ainsi à lui. Moi qui travaillais si dur pour ne pas flancher, pour paraître la plus distante possible, je m’étais faite prendre à mon propre jeu. En voulant le provoquer, en voulant lui faire savoir que je ne lui avais pas pardonner mon emprisonnement sur l’Arche, voilà que les rôles furent échangés. Ce fut à lui de me faire avouer ce que je ne voulais pas, à dévoiler ma douleur et mon chagrin, sachant pertinemment que d’autres odysséens avaient remarqué tout ça. Et merde! J’imagine que la pitié pointerait bientôt le bout de son nez, qu’on viendrait me voir supposément inquiets. Bordel, ce n’est que quand quelqu’un craque comme ça qu’on se rend compte qu’il est humain? Quand on a préféré garder le silence et laisser les criminels se faire éjecter pour atterrir sur Terre, là ils étaient quoi? Du bétail? Ironiquement, on peut dire que la présence de Skylar évitait que je ne m’emporte et ne me mette à envoyer tout le monde se promener. « Il n’y a rien dans mon cœur, Skylar. Il n’y a rien du tout. Tout ce qu’il me reste, c’est les larmes et la souffrance. Et sincèrement, si je pouvais effacer tout ces souvenirs, alors ce serait mieux. Parce qu’il n’y a pas un seul souvenir qui ne s’accompagne pas de vide. » Je tassais son doigt qui pointait mon cœur. « Je ne veux plus rien du tout. Il n’y a rien dans cette vie que je souhaite, que je désire. Je veux juste qu’on me laisse, qu’on ne vienne pas m’empêcher de faire ce que je sens nécessaire, peu importe ma décision. » Je sous-entendais par-là même le pire. Advenant que je n’en vienne à ce point, j’espérais qu’on respecte mon choix, qu’on ne vienne pas m’en empêcher. Une fois morte, qu’on me juge, je n’en ferais rien. Peu importe ce qu’on ferait de mon corps, la souffrance physique sera complètement désuète. Ma seule véritable délivrance de tout ce calvaire.
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to forgive is to heal ⊰ Skylar

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