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Elijah Callaghan
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Elijah Callaghan
DATE D'INSCRIPTION : 24/03/2017 PSEUDO/PRENOM : bbchat MULTICOMPTES : Liam Cohen, Saoirse Crowley, Cassandre Darcy, Near Reinhart MESSAGES : 2341 CELEBRITE : Cillian Murphy COPYRIGHT : dandelion signa Perséphone + bckstreetbystumblr, gif profil Murphy Lux aeterna ♥ Paroles signa : Blood Red Shoes - Elijah. empty gold. (Nadja ♥) METIER/APTITUDES : Psychologue blasé ne demandant qu'à être surpris, à nouveau emballé par cette voie qu'il a choisie. veilleur de nuit, stratège TRIBU : Blue for the win, Odysséen. POINTS GAGNES : 43
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le Mar 26 Juin - 13:21



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Murphy et Elijah

Il allait y aller. Il n’irait pas.
Il n’en savait rien. Il était curieux de voir ce que ce rassemblement pouvait donner mais bon, fallait dire qu’englober les cent dans cette situation plutôt inédite, c’est plutôt casse gueule. Pour l’Odyssée ou les Cent, ça c’était la question mystère mais avec un peu de chance ouais, aucun couac ne serait à reporter.

Dommage ?

Il n’avait pas de réponse à  cette question. Pour le moment, un semblant de paix semblait s’être installé et c’était tant mieux pas vrai ? Ils avaient des choses à régler bien évidemment mais s’ils pouvaient montrer un semblant d’unité malgré les divergences des uns et des autres, c’est sur que ça leur faciliterait la tâche mais bon, il se doutait bien que ça ne serait pas gagné d’avance. C’était compliqué parce qu’autant il était curieux à l’idée de ce qui allait se passer, autant il sentait que ça allait foirer.

Il ne savait pas quand, il ne savait pas à propos de quoi mais souvent, lorsqu’ils rencontraient des terriens à plusieurs, c’était compliqué. Ouais, c’est ça. Compliqué. Alors pour le moment c’est sur il avait préféré en croiser quelques uns par ci par là dans la forêt ou lors de ses rondes de nuit mais en groupe comme ça, ouais, ça sentait mauvais l’embrouille. Positif ? Il ne l’avait jamais été, il était même plutôt franc. Il savait qu’il y avait des tensions au sein même de l’Odyssée et voilà qu’on leur laissait à gérer une situation avec ceux qui avaient le plus de mal avec eux. Normal mais en même temps s’ils n’avaient pas fait les cons sur l’Odyssée, ils seraient venu en même temps qu’eux, y’aura eu moins de problème, enfin, peut-être hein, ça c’était une question à laquelle il ne savait pas répondre, qui n’aurait pas de réponse puisque ça ne s’était jamais passé ainsi. Il y avait toujours eu cette façon de faire stricte mais nécessaire sur l’Odyssée, pourquoi changer. Sur terre oui, bien évidemment c’était différent, il y avait des soucis d’ordre alimentaire, de protection, de tout ça, mais il n’y avait plus de raison d’être aussi borné au niveau des lois puisque tout avait changé alors peut-être que certains qui étaient véhéments à propos du Chancelier et du Conseil changeraient d’avis ? Il n’en savait trop rien.

C’était ça, c’était le point inconnu qui se situait sur cette rencontre qui allait avoir lieu d’ici deux trois jours et c’était pas vraiment rassurant, c’était plutôt stressant de ne pas savoir, de ne pas avoir l’ombre d’une idée de ce qui allait réellement se passer là-bas. Il aimait bien quand les choses allaient assez vite et il avait l’impression que tout le contraire se produirait là-bas. Oh il n’irait pas commencer à parler dans un groupe dans lequel il n’avait pas son mot mais ne pourrait pas s’empêcher d’observer, de s’impatienter même s’ils étaient tous à l’être sans oser montrer signe que ce n’était pas suffisant. On était obligé de faire en sorte que cela se passe bien tant avec les plus jeunes qu’avec les terriens, c’était une diplomatie plutôt complexe à laquelle ils n’étaient pas habités, ils n’avaient pas toutes les cartes en main cette fois-ci même s’ils avaient un certain avantage dans le savoir, dans cette guerre qu’ils n’avaient jamais eue avec les terriens. C’était probable que ça joue en leur faveur mais bon, toutes les réponses à ses questions se trouveraient là-bas alors il irait même s’il savait d’avance que cela ne se passerait pas comme l’avait souhaité, c’était toujours ainsi depuis quelques temps mais bon, il n’était pas si difficile au fond tant qu’on ne l’emmerde pas juste pour une son caractère qu’il ne changerait pas, pas même pour des rassemblements tels que celui-là.

Il ferait des efforts mais faudrait pas non plus penser à lui demander la lune.

Il était dans le coin où ils déjeunaient tous sans que la faim ne soit le but de sa venue dans ce coin de regroupement, il pensait voir une tête qui, il le savait, viendrait surement à cette rencontre des terriens, comme la dernière fois lorsqu’ils s’étaient essayé au troc et qu’une situation étrange s’était produite, l’avait juste pas envie que cela se déroule encore dans ce rassemblement là mais bon, c’était pas son problème hein, lui il espérait juste pouvoir parler un moment avec elle sans que certains lui tournent autour même si cela faisait un moment qu’il ne les avait pas vu ensemble.

Tant mieux pour lui.

« Salut Murphy. » Il s’en fichait pas mal de s’imposer comme ça, après tout c’était un lieu commun et même s’ils n’avaient pas toujours été d’accord par le passé, il aimait toujours parler avec elle. Si confrontation il y avait c’était toujours de celles qui faisaient avancer les choses. « C’est rare de trouver un moment pour te voir. » Pas qu’il ait vraiment cherché hein mais puisqu’il était plutôt du genre à éviter sa petite troupe entre les moments où elle était là et absente, c’était pas si évident de la trouver, juste un fait. « Ca cause beaucoup des Pikunis , je suppose ? » il ne savait toujours pas trop qu’en penser, ce qu’ils gagneraient à ça sauf une paix encore plus durable que celle qu’ils avaient, ce traité plutôt bancal créé par les cent depuis l’arrivée de l’Odyssée sur terre.

Spoiler:
@Murphy Cavendish Désolée pour les possibles fautes, j'ai tout juste le temps de poster, j'espère que ça t'ira Picture in a frame (Ft Murphy) 13787583  

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Dernière édition par Elijah Callaghan le Sam 10 Nov - 0:33, édité 1 fois
Murphy Cavendish
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le Sam 30 Juin - 3:04



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Murphy Cavendish & Elijah Callaghan
(24 avril 2118)


Ca y était, enfin.

Ca faisait deux ans et demi qu'elle attendait ça. Un rapprochement avec les Terriens qui n'était pas contraint par les premières nécessités. Elle considérait les Naoris comme leurs alliés, mais ils le savaient les uns comme les autres, cette association ne devait son existence et son succès qu'à la catastrophe qui avait accompagné l'arrivée des Odysséens sur cette planète. Devait-elle être considérée comme acquise ? Probablement pas. Sûrement pas. Les Odysséens n'avaient jamais rendu aux Terriens de la forêt le quart de ce qu'ils leur avaient offert. Un jour, peut-être, seraient-ils en mesure de le faire. Mais avant de penser à cet avenir florissant, il fallait penser à aujourd'hui, aux graines à germer, aux premiers pas à franchir. Et enfin, après plus de deux ans passés à fouler ce sol, à s'y adapter, à y construire quelque chose, on se décidait à avancer un peu plus loin que le territoire qu'on s'était approprié par défaut.

Mais ce miracle ne venait pas sans réticences. Les avis de chacun étaient beaucoup trop tranchés pour que ça ne préoccupe pas la brune. Certains détestaient la rébellion au point de ne plus y trouver de justifications; d'autres haïssaient quiconque n'appartenait pas à leur village, à la deuxième vague de débarqués. Cette rencontre à venir, c'était à la fois la promesse de nouveaux horizons et l'angoisse de complications irréversibles. Tout pouvait se jouer en quelques minutes, voire quelques secondes. Tout se jouerait probablement en quelques minutes. Murphy ne saurait pas avant le grand départ qui s'était dévoué pour accompagner les troupes là-haut. Elle, en tout cas, ne pouvait pas se refuser à une telle invitation. Officiellement, elle accompagnerait les officiels et les laisserait faire leur travail d'officiels. Officieusement, elle serait là pour une multitudes d'autres raisons, chacune plus ou moins justifiable à sa façon. Par curiosité, d'abord, parce qu'elle rêvait d'être aux premières loges pour vivre ce qu'elle espérait être l'un des grands tournants de leur vie ici. Le premier contact des Odysséens avec les Terriens, quoiqu'il en advienne, serait mémorable -et s'il pouvait être remémoré pour les bonnes raisons, ce serait l'idéal. Ensuite, il y avait ce besoin constant d'être aux premières loges pour les choses qui faisaient tout bouger, pour ce qui était important. Pas seulement pour être témoin des revirements, mais aussi pour ne pas être de ceux qui attendent sagement que ceux qui comptent ne leur content les événements. Elle voulait les vivre, elle voulait les voir de ses propres yeux, ne pas attendre, ne pas dépendre d'interprétations, de rumeurs, de transcriptions peu fidèles. Elle voulait aussi pouvoir être là si le pire des cas se produisait, elle voulait pouvoir apporter sa pierre à l'édifice si ça s'avérait nécessaire ou si on lui en donnait l'occasion. Elle voulait être des actifs, de ceux qui font compter les choses, de ceux qui les rendent possibles, un peu, à leur échelle, de ceux qui sont debout dans les assemblés. Pas de ceux qui attendent, assis, les bras croisés, qu'on les libère, qu'on leur offre des réponses et conclusions sur lesquelles ils n'avaient aucun pouvoir. Enfin, il y avait ce spectre brumeux, cette silhouette nébuleuse dont elle espérait peut-être croiser le chemin. C'était la raison la moins valable qu'elle avait de se déplacer, celle qu'elle enfouissait le plus loin possible, celle qu'elle se refusait d'accepter; mais elle demeurait, flottait autour de son esprit, et apportait à la perspective de la rencontre quelque chose de plus personnel et intime encore que l'espoir d'un univers partagé entre Hommes.

Et peut-être que les choses ne commencerait pas réellement au moment où, dans trois jours, la troupe arriverait au village qui leur avait été indiqué. Peut-être qu'elles ne commencerait pas non plus lorsqu'elle prendrait le départ. Peut-être qu'elle avait déjà commencé, que son vrai point de départ avait pris naissance au moment où la rencontre avait été annoncée et les invitations lancées. Peut-être qu'elle prenait naissance dans chacune des conversations qui tournaient autour de ce contact à venir, ici ou là-bas. Peut-être qu'au village terrien ne se seraient mises en lumière que les décisions prises en amont, ça et là, entre amis, entre alliés, à coups d'accords et de mésententes. Peut-être que les jeux étaient déjà faits, les pions déjà joués. Ou peut-être que ce n'était que le début.

Pour Murphy, en tout cas, ça n'était que le début. Jusque-là, elle s'était contentée de craindre la présence de Chris, s'était imaginé toutes les conneries qu'il pourrait prononcer en pensant faire le bien et sauver le monde. Non, il ne viendrait peut-être pas -c'était la seule idée qui parvenait à la rassurer. Mais lorsqu'elle mettait de côté la perspective de voir Chris dans le groupe qui partirait dans trois jours, lui parvenaient d'autres craintes. Une relation avec les Terriens n'était pas recherchée de tous, loin de là. Et elle ne pouvait s'empêcher de penser à ce que des contestataires avaient été capables de faire face aux Cents, lorsque ceux-ci étaient venus les trouver, quelques mois après leur atterrissage. Elle se rappelait de la nuit qu'elle avait passée enfermée avec eux, de la violence dans les couloirs de l'Odyssée, du bordel que le Conseil avait eu tant de mal à juguler.

Assise sur la placette devant les cuisines pour profiter des rayons du soleil printanier, Murphy s'était perdue dans ses pensées. Les inquiétudes grandissaient en même temps que le moment fatidique approchait. Elle en espérait peut-être beaucoup trop pour l'aborder sereinement; ou redoutait beaucoup trop les écarts possibles pour l'aborder sereinement. Portant une cuillère remplie de quelques légumes à ses lèvres, Murphy profitait des rayons tendres du soleil. Elle était entourée d'Odysséens qui, eux aussi, préféraient profiter du printemps pendant leur déjeuner que de s'enfermer au réfectoire, là où ils avaient déjà passé trop de temps pendant les quelques mois d'hiver.

Quelque chose s'interposa entre le soleil et Murphy. Grimaçant face au contrejour, elle leva le regard vers celui qui s'était dressé devant elle. « Salut Elie. » Elle reposa sa cuillère dans son assiette pour lever sa main en visière. « Oh, c'est ma popularité, ça » lâcha-t-elle avec un sourire malicieux. Ils se parlaient trop rarement pour qu'elle ne se demande pas ce qu'il lui voulait. Ce n'était pas une de ses salutations brèves que l'on accordait en coup de vent en passant d'un endroit à un autre, en route pour un poste ou une mission. Il continuait à occulter le soleil pour une raison, et cette raison, Murphy ne tarda pas à mettre la main dessus. La question d'Elijah fut directe et répondit à celles qu'elle se posait. « Heu... » Interdite, elle baissa son regard sur son assiette. « Bah, mes légumes et moi, on se fait un peu la gueule, la communication en ce moment c'est pas ça... » Elle fit glisser ses fesses sur le tronc d'arbre couché qui leur servait de banc, à elle et quelques autres Odysséens, et tapota de la main la place qu'elle avait laissée à côté d'elle. « J'ai l'impression que t'es pas là pour qu'on se raconte des banalités. Dégage de mon soleil » l'invita-t-elle cordialement à s'asseoir. En l'observant prendre place à ses côtés, elle engloutit quelques autres légumes, profitant des quelques secondes de répit pour clore les paupières et profiter des rayons tièdes retrouvés de leur étoile. « Ca tombe bien que tu me demandes ça. Tu comptes venir ? » Son regard inquiet se leva vers Elijah. Elle ne savait pas quelles pourraient être ses intentions. Il était quelqu'un de sensé, de pragmatique. Il savait régler les problèmes car à chacun d'eux il savait apporter une solution. Mais il demeurait autour de lui toujours ce flou, cette brume de laquelle Murphy ne savait pas quoi faire. Elle ne savait pas vraiment au service de quoi ses solutions se mettaient, ce qu'il considérait comme des problèmes. Elle n'arrivait pas à saisir ses intentions, ses réelles intentions. Elle ne savait pas ce qui le guidait jour après jour, s'il avait des projets et desquels il pourrait bien s'agir. Alors d'un rendez-vous avec les Terriens, que pouvait-il bien attendre ? En attendait-il seulement quelque chose ? Pourquoi... pourquoi abordait-il ce sujet épineux avec elle ? Connaissait-il ses opinions à elle ? Oh, tout le monde les connaissait, ses opinions, non ? « Parce que si tu comptes venir, j'espère que t'as pas l'intention de faire une Chrissade. Le Conseil attend beaucoup de cette rencontre et... moi aussi. » Elle avala sa salive avec difficultés et sans le quitter du regard. Un Chris à gérer, ce serait sans doute déjà beaucoup trop pour ses nerfs.
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le Mar 11 Sep - 15:41




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Murphy et Elijah



Ça faisait du bien de la voir accessible. Oh ils n’avaient pas toujours été d’accord sur tout mais elle était déjà plus ouverte à la discussion que beaucoup d’entre eux même avec ceux qui avaient des idées opposées aux siennes alors ça faisait du bien de pouvoir parler de ce qui allait venir d’ici trois jours. Il la savait plutôt du genre exploratrice vu ses absences alors il supposait qu’elle allait venir, ça plus son statut sur l’Odyssée et maintenant qu’elle était sur terre, c’était presque inévitable qu’elle vienne mais il ne pensait pas que ça la rebutait bien au contraire. Au fond ils étaient tous bien curieux de ce rendez-vous avec tout ce beau monde avec ce point d’interrogation que de savoir comment cela allait se passer mais ça ils ne pouvaient le savoir.

Ça laissait une part de mystère comme les vadrouilles de la brune et s’il s’était amusé à surveiller ses allées et venues surement qu’il se poserait des questions à l’heure actuelle mais ce n’était pas le cas. Oh c’est sur que si elle disparaissait plus longtemps de la normale il s’inquiéterait peut-être mais ce n’était pas le cas alors c’était que tout devait bien aller pour elle. Lui, c’est vrai qu’il ne s’était pas trop déplacé depuis sa morsure mais ça n’allait plus trop tarder, peut-être avec ce qu’il ressortirait de ce point de rendez-vous, peut-être qu’il irait à la rencontre d’autres que ceux qu’il croisait parfois lors de ses rondes nocturnes, des Naoris principalement.

« Oh, c'est ma popularité, ça. » Il roula des yeux même si ça avait une part de vérité, même s’il s’en foutait pas mal qu’on le laisse tranquille la plupart du temps, c’était mieux comme ça en réalité. Il préférait le plus souvent aller vers les autres quand c’était important, quand ça valait la peine plutôt que de se faire interpeller tout le temps parfois même pour des broutilles mais c’est vrai qu’il ne pouvait pas en demander trop à certains. « C’est sur que ça doit être pesant à la longue. » Pour lui ça le serait en tout cas. « Heu... Bah, mes légumes et moi, on se fait un peu la gueule, la communication en ce moment c'est pas ça... » C’est sur qu’il l’apostrophait comme ça sans raisons même si l’interrogation sur leur situation était peut-être une vraie raison d’aborder celle qui restait garde, celle qui avait le contact plutôt facile pour savoir ce que les autres pouvaient bien penser de tout ça. Il râla pour la forme côté soleil. « J’suis jamais là pour des banalités, je les laisse aux autres. » Aux autres qui avaient cette capacité de parvenir à tenir une heure la discut sans que ça les déranges, sans qu’ils ne se trouvent avec plus rien à dire. De ce côté, c’est vrai qu’il pouvait paraitre plutôt ennuyeux mais il haussa les épaules en décidant qu’il n’en avait rien à foutre. C’était tout aussi bien que Murphy soit du genre tout aussi directe pour des sujets tels que ceux-ci le tout accompagné d’une teinte d’humour dont il avait pris l’habitude, assez pour s'en accommoder bien facilement.

Il avait envie d’être là parce que ce n’était pas tous les jours qu’ils étaient de cette façon invités. Il ne parlerait pas, ferait probablement l’observateur sauf s’il se montrait impatient ou que certains feraient des réflexions vraiment déplacées vu l’importance de l’évènement. Il n’était pas certain aussi que tout se déroule bien là-bas alors il avait envie de venir pour ne pas avoir des informations déformée par ceux qui les déformaient à loisir quand ça les arrangeait. Il détestait ça. « Parce que si tu comptes venir, j'espère que t'as pas l'intention de faire une Chrissade. Le Conseil attend beaucoup de cette rencontre et... moi aussi. »

« Depuis quand est-ce que je suis contre les décisions du  Conseil ? » Il était contre qui ne prenaient pas tout en considération avant d’agir, contre des personnes comme Chris, justement. C’était limite vexant ce genre de propos qu’elle lui balançait mais soit c’était ce qu’elle pensait alors y’avait qu’à tenter de la rassurer. « Chrissade. C’est vexant tu sais ? » Il ne supportait pas Chris pour bien des raisons. Il n’agissait jamais pour rien, jamais pour des raisons personnelles, tout le contraire de celui qui ne faisait que d’emmerder tout le monde avec sa dépression post mortem. Chacun gérait ses morts mais là vraiment au bout d’un moment fallait avancer, peut-être avait-il avancé  trop vite en comparaison mais là c’était se donner de l’importance pour rien.

Voilà pourquoi il n’aimait pas qu’elle ait employé ce mot. Ça lui faisait penser à l’énergumène et de la façon dont il avait eu à le gérer lors de sa venue en mode ‘écoute ce que je dis mais de toute façon je ne t’écouterais pas.’ C’était totalement ça. « C’est mal parti s’il décide de venir. » Ils le savent tous pour il ne sait quelle raison à chaque fois que l’homme est dans les parages, cela se passe mal, comme pour le troc organisé, il avait fallut qu’il s’en mêle.

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le Dim 16 Sep - 3:35



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Murphy Cavendish & Elijah Callaghan
(24 avril 2118)


Parmi tous ceux qui préparaient et se préparaient à la rencontre à venir, Elijah était l'un de ceux dont la présence l'inquiétait le moins. Il l'était, pourtant, borné; mais il était aussi observateur, réaliste, constructif. Il ne fonçait jamais dans le tas. Lorsqu'il intervenait sur des sujets sérieux, Elijah, c'est qu'il avait pris la peine de bien y réfléchir avant. On ne pouvait pas dire de lui qu'il était impulsif et irréfléchi; voilà tout ce qui faisait que Murphy ne s'était jamais inquiétée de le voir dans les parages lorsque quelque chose d'important se tramait. Même, il était devenu au fil des années l'assurance que si les choses venaient à dégénérer pour une raison ou pour une autre, il serait de ceux qui chercheraient à tempérer la situation. Avoir un point de vue, aussi net puisse-t-il être, ne dispensait pas d'un peu de tenue, et ça, Murphy savait qu'Elijah le représentait parfaitement. C'était sans doute pour toutes ces raisons, d'ailleurs, que même lorsqu'il devenait évident que leurs opinions divergeaient sur un point, le respect qu'elle avait pour lui n'en sortait pas amoindri. Il lui semblait même que ce respect se reflétait dans le regard d'Elijah, même lorsque le silence décidé remplaçait le débat poli. Alors, si on lui posait la question, nul doute que Murphy aurait affirmé qu'elle serait heureuse de compter Elijah à leurs côtés dans quelques jours. Mais à dire vrai, elle n'avait pas pensé à ce qui pouvait se passer de mieux. Elle redoutait déjà le pire, parce qu'elle n'avait qu'une conviction : Chris serait de la partie, et Chris n'était pas de ceux qui démontraient du plus de retenue ou de réflexion. Lui, pour le coup, il fonçait dans le tas sans se préoccuper des dommages collatéraux. Pour lui, tout était toujours tout noir ou tout blanc. Et des Chris, il y en avait sans doute d'autres, qu'elle ne connaissait pas. Des Odysséens, des Cents, des Terriens. Cette réunion, c'était tout ce qu'elle avait toujours attendu et c'était maintenant ce qui l'empêchait de fermer l’œil la nuit. Et si c'était une terrible erreur ? Et si le troc avait déjà prédit tout ce qui allait se passer dans quelques jours ? Peut-être que certains projets n'étaient pas destinés à voir le jour. Peut-être qu'ils seraient toujours mieux à l'état de projets inaccessibles.

Cette supposition, elle évitait d'y penser. Elle se raccrochait à tout ce qui s'était bien passé, pendant le troc, à tous ceux qui n'avaient rien eu à voir avec l'altercation. Ca avait été un accident et ça ne se reproduirait pas. Non, au lieu de cet incident isolé, elle voulait penser à toutes les portes qu'une première rencontre pouvait ouvrir. Des échanges matériel et de connaissances, une proximité nouvelle avec les Terriens du Nord, comme des voisins cordiaux. Un avenir où plus que vaguement se tolérer, ils s'accepteraient et s'enrichiraient les uns des autres. Depuis quelques temps maintenant et malgré tout ce qui avait pu se passer, elle ne pouvait plus sûre que la vision de cet avenir n'était pas désintéressée. Peut-être qu'un visage particulier se dessinait lorsqu'elle pensait à un avenir commun avec ceux du Nord. Mais ce n'était pas égoïste de vouloir un monde ouvert à l'autre, si ? L'entraide était ce qui faisait la force de tous. Ca avait toujours été le cas et c'était lorsque l'humain l'avait oublié qu'il s'était puni lui-même en s'infligeant ses heures les plus sombres. Naïve, fleur-bleue ? Murphy n'était rien de tout ça. Elle était réaliste, elle croyait aux faits, avait lu l'Histoire du monde. La scission des peuples, quels que soient les prétextes qu'on avait pu lui trouver, n'avait jamais mené qu'à un chaos latent jusqu'à l'explosion. Alors même si elle redoutait déjà la présence de fouteurs de merde et de réticents à cette réunion, elle espérait que ces convictions en seraient les dominantes et les guides. Installée sur un banc de fortune, perdue dans ses pensées, peut-être un peu fatiguée, aussi, elle leva un regard douloureux vers la silhouette qui se détachait en contre-jour. Elle avait reconnu la voix et souriait déjà. Elie. Ce n'était pas courant qu'ils se retrouvent en tête-en-tête, et elle n'était pas dupe; ce n'était pas courant qu'ils se retrouvent en tête-à-tête parce qu'ils n'avaient jamais cherché à le faire. Mais la présence d'Elijah était toujours rassurante, parce qu'il portait avec une lui une énergie calme et tempérée, comme s'il était capable de tout savoir et de tout résoudre avant que quiconque ne s'en rende compte. Qu'elle ramène la rareté de leurs entrevues à sa popularité n'avait rien de sérieux; ils savaient l'un comme l'autre pourquoi il était si rare qu'ils se retrouvent entre quatre yeux, et c'était d'ailleurs pour cette raison que malgré elle, Murphy commençait à tendre le dos, attendant involontairement de connaître la raison de sa présence. Les quelques politesses d'introduction seraient brèves. « Oh oui, c'est étouffant » fit-elle mine de reconnaître d'un air théâtral. Ce qui avait mené Elijah jusqu'à elle ne tarda pas à être révélé et lui rappela les inquiétudes qu'elle s'efforçait de laisser de côté depuis quelques jours. Il ne parlait pas que des Pikunis; il parlait de cette rencontre à venir, des Cents, de chacun des groupes terriens censés les rejoindre ce jour-là. Sans doute pour s'accorder quelques secondes de réflexion, elle s'engagea sur le terrain de la plaisanterie en faisant intervenir sa platée de légumes. La patience d'Elijah ne semblait pas être de la partie et il le lui démontra en lui répondant ce qu'il pensait des banalités. Non, effectivement, il n'était pas là pour échanger des banalités. En le regardant s'installer à côté d'elle, Murphy redoutait la conversation presque autant qu'elle espérait y gagner un peu de confiance supplémentaire. C'était bizarre, d'être partagée entre l'espoir de grandeur et la crainte de tout voir s'écrouler. Elle se sentait déchirée entre les deux et n'avait qu'une hâte : être sur le chemin du retour après cette rencontre et savoir sur quel pied danser. Savoir si quelqu'un avait merdé ou si tous avaient été assez sages et raisonnables pour poser cette première pierre d'une relation ensemble.

Mais elle savait qu'Elijah ne l'abordait que lorsqu'il avait de bonnes raisons de le faire et maintenant, elle connaissait cette raison. Même son humour légumineux ne faisait pas le poids contre l'inquiétude des jours à venir, encore moins contre l'idée de le soulager à grands coups d'organisation. Est-ce qu'il comptait venir ? Peut-être était-il là parce qu'il hésitait, justement. Le savoir à ses côtés pendant ce grand jour aiderait pourtant à calmer ses inquiétudes. Alors, est-ce qu'il comptait venir ? Nerveuse -sans doute à l'idée qu'il ne réponde par la négative-, Murphy ne lui laissa pas le temps de répondre, transmettant déjà toujours son inquiétude. « Je... je dis pas que t'es contre le Conseil. Je sais que si ça foire, ce sera pas à cause de toi... » confessa-t-elle en plantant son regard dans celui d'un navet trop cuit. Mais sa nervosité avait laissé s'échapper quelques remarques déplacées, qu'elle regrettait déjà en voyant l'impact qu'elles avaient sur son interlocuteur. Chrissade, c'était vexant. « Je sais, désolée... » Ceux qui accepteraient d'être comparés à Chris se comptaient probablement sur les doigts d'une main amputée de trois doigts, et si Elijah n'en faisait pas partie, alors c'était une chose de plus qui les rapprochait. Silencieusement, elle avala une nouvelle bouchée de légumes dans un soupir. Oui, si Chris décidait de venir, les choses partiraient sur de mauvaises bases. « On sait tous les deux qu'il voudra forcément venir. Le monde peut pas tourner sans lui, tu comprends. » Elle haussa les épaules; le pire, c'est qu'elle ne pouvait pas le blâmer. Elle était parmi les premiers à répondre présents dès qu'il s'agissait de représenter les siens -de les représenter, ou d'assurer leur sécurité. Elle ne pouvait pas reprocher à Chris ses motivations. Lui aussi voulait que les choses avancent. Elle n'était pas sûre qu'il le souhaite pour les bonnes raisons car elle savait que si quelqu'un s'opposait fermement au Conseil, presque par principe, c'était bien lui. Mais elle le savait, malgré tout ce qui caractérisait l'énergumène, Chris n'était pas le seul capable de faire foirer les pourparlers à venir. Même si les souvenirs semblaient appartenir à une autre vie, Murphy n'avait pas oublié l'émeute qui avait accompagné le premier rapprochement entre les deux groupes célestes. Les opposants étaient silencieux ou ils parlaient beaucoup trop fort; il n'y avait pas de juste milieu et ils ne prévenaient jamais avant d'ouvrir leur gueule. « Alors, tu viendras ? On aura peut-être besoin de quelques Elijades. » Elle lui jeta un coup d'oeil et sourit presque timidement, comme pour se faire pardonner de l'insulte qui avait précédé. « Pourquoi t'es venu me parler ? Dis-moi que c'est pour m'annoncer qu'en fait Chris viendra pas... » Et elle ponctua sa question et sa supplique d'une invitation à grignoter dans son plat, levant la gamelle entre Elijah et elle.
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le Sam 10 Nov - 0:48



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Murphy et Elijah

Il a un peu de mal à venir vers les autres souvent sans raison plus ou moins officielle pour leur parler. C’est bête mais ça a toujours été comme ça, il a p’etre toujours été sérieux et en même temps pas du tout par moments. Ça l’amuse cette double facette chez lui et il a conscience qu’elle peut en agacer d’autres, c’est pas bien important tant qu’il sait comment agir par rapport aux personnes à qui il parle. Murphy ? Elle a cette double facette aussi comme lorsqu’elle parle sans sourciller des légumes qui ornent son assiette et ça le fait sourire un peu. Il est venu comme ça, après tout bah pourquoi pas. Il ne doit pas être le seul à venir la voir pour parler de ce qu’il va arriver, elle fait partie de la garde après tout. Ils n’ont pas toujours été d’accord mais ne pas être d’accord ne veut pas dire qu’il n’y a pas d’entente. Il est peut-être difficile par moments, il n’est pas idiot. Elle le sait même si parfois, par certains commentaires bien sentis et peu réfléchis, c’est comme s’il montrait à la terre entière qu’il en était un mais ça aussi c’est ce qui le défini. Et il aime bien quand on arrive pas à le cerner tout comme il peine parfois à en cerner d’autres mais ça c’est le jeu de la psychologie. On ne devine pas juste à tous les coups même si on aimerait : ça serait pas drôle. Comme elle ne devine pas forcément qu’il ne ferait pas partie de ceux qui feraient des vagues ce jour à venir en ce jour si important. Ils semblent tous attendre beaucoup de ce jour et lui il est un peu noyé dans tout ça. Il ne sait pas vraiment à quoi il peut s’attendre de cette entrevue s’il peut l’appeler ainsi.

Wilson viendra, il n’y a aucun doute là-dessus. S’il interviendra ? Il n’en sait trop rien. La dernière fois ça c’était pas si bien passé pour lui, une flèche tranquillisante, c’était pas bon pour l’image enfin ils verraient bien. Peut-être que tout se déroulerait bien mais que peut-on réellement attendre d’un tel changement, d’une telle décision d’échange entre leurs différents clans ? Il n’en sait rien, il a envie de savoir avant l’heure, en fait, c’est totalement ça. Elijah ne stresse pas forcément de façon visible mais d’un naturel peu patient, il voudra savoir et s’il ne fera pas de scène, p’etre bien qu’il aura du mal à être là juste pour attendre alors qu’il sait ce c’est à quoi il doit s’attendre en s'étant décidé à venir là. « Je... je dis pas que t'es contre le Conseil. Je sais que si ça foire, ce sera pas à cause de toi... » Il sait bien qu’il peut s’emporter facilement parfois et que certains agissements ont tendance à l’énerver alors que tout pourrait être géré de façon bien plus calme, c’est peut-être ça dont elle veut parler. « Je sais, désolée... » « C’Pas la fin du monde. » Y’a plus important que de se vexer pour si peu mais ça aussi, il n’a pas pu s’en empêcher. « On sait tous les deux qu'il voudra forcément venir. Le monde peut pas tourner sans lui, tu comprends. » « Sans Chrissade, le monde ne serait plus le même mais p’etre qu’il te surprendra. » Lui ? Il s’est déjà fait une idée sur le bonhomme, rien de ce qu’il fera ne changera cette opinion qu’il a de lui. Il ne lui dira peut-être pas pourquoi. Le chien ? C’était peut-être l’idée au départ. Du reste c’est simplement le personnage qu’il a du mal à supporter, qu’il soit venu le voir pour lui parler n’a pas vraiment aidé. Elijah a essayé pourtant mais l’autre s’y est mal pris en pensant que tout lui était dû. « Alors, tu viendras ? On aura peut-être besoin de quelques Elijades. » « J’pensais qu’on avait besoin de gens patients dans ces moments-là. » Il se sait impatient par moments surtout quand tout ne va pas comme il le souhaiterait, surtout quand il ignore quelle pourrait être la réelle issue de ces entretiens. « Je pense oui. J’aime bien être là quand ça nous concerne. Ça n’a pas pu toujours être le cas. » Là haut, c’était pas vraiment possible. Il n’a pas toujours son mot à dire ici, ne voit souvent pas ce qu’il pourrait raconter dans des discours tels que ceux qui auront lieux là-bas mais au moins il aura l’information à la source et qu’importe ceux qui aiment la difformer à loisir, il saura ce qu’il s’y sera réellement passé.

« Pourquoi t'es venu me parler ? Dis-moi que c'est pour m'annoncer qu'en fait Chris viendra pas... » « Dommage qu’on ne puisse pas emprunter deux trois choses à Nadja pour bien l’achever au moment d’y aller. » Un peu de calme lors d’événements importants serait appréciable même s’il sait pertinemment qu’il se sentira plus tranquille que lorsqu’ils rentreront tous au campement. « On ne les connait pas si bien ces terriens et inversement j’aurais tendance à dire que c’est pareil. Sauf quelques personnes isolées j’ai pas trop eu l’occasion d’en rencontrer. Je sais pas à quoi m’attendre une fois là-bas. » Ça l’inquiète un peu. Il sait qu'ils ont une sorte de paix depuis un moment, que pour le moment tout porte à croire que la grande majorité voudrait que le calme revienne sur la bonne vieille planète terre. Il se demande comment ils font pour mettre d'accord tout ce monde sur ça. Sur l'Odyssée il sait qu'ils n'ont pas toujours été d'accord sur le système, certains ne le sont peut-être toujours pas aujourd'hui alors prendre des décisions ainsi pour l'ensemble d'un territoire encore plus grand. Il se demande comment ça se passe. Est-ce une sorte d’entraide-temporaire, qui sait ce qu’il peut se passer les mois à venir sur cette terre qu’ils ne connaissent pas, qu’il aurait bien envie d’explorer les mois qui viennent. Il veut savoir mais la prudence le mène à reculer d’un pas et ce même lorsque tous tendent à aller vers un même objectif.

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Murphy Cavendish
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DATE D'INSCRIPTION : 06/12/2015 PSEUDO/PRENOM : Lux Aeterna MULTICOMPTES : Nuna Cortez MESSAGES : 39923 CELEBRITE : Sophia Bush COPYRIGHT : Avengedinchains ♥ (vava) ; Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) METIER/APTITUDES : Conseillère diplomate; militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. POINTS GAGNES : 375

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le Lun 12 Nov - 3:01



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Murphy Cavendish & Elijah Callaghan
(24 avril 2118)


Même si quelques idées restaient accrochées à la perspective de cette première réunion à venir avec les Terriens, on ne pouvait pas dire que Murphy passait son temps à ruminer tout ce qui pouvait mal se passer. Elle était optimiste; parfois plus réaliste, lorsqu'elle considérait tous les paramètres qu'ils ne maîtrisaient pas. Mais elle avait trop attendu ce genre d'avancées pour s'autoriser à en redouter l'issue et à se laisser bouffer par les craintes. Si tout s'était bien passé jusqu'à présent, il n'y avait pas de raisons que les choses changent avec des enjeux aussi importants que ceux qui allaient être discutés. Elle le savait, pourtant : le moindre gravillon pourrait se glisser dans les engrenages, et les belles promesses pourraient se transformer en cauchemar en quelques instants seulement. Mais on ne pouvait pas se laisser retenir par la peur, parce que c'était comme ça qu'on s'enlisait dans les mensonges d'un confort modeste. Murphy vivait plutôt bien, maintenant. Elle se refusait au malheur et avait appris à aimer son quotidien, avec ce qu'il pouvait comporter de plus léger et de plus lourd. Mais elle s'interdisait de se contenter de ça, parce qu'elle avait rêvé à plus, travaillé à plus, et que son quotidien, c'était justement cette recherche de plus. Plus de confort, plus de tranquillité, plus de partages, d'échanges, plus de découvertes, d'apprentissages. Cette rencontre, dans quelques jours, marquerait le début d'une chronologie nouvelle : celle de leurs contacts avec les Terriens du Nord. Murphy ne pouvait pas s'empêcher de penser à la façon plus personnelle dont cette réunion pouvait la toucher, même si elle en gardait le secret. Peut-être qu'Isdès ou Oona serait là, et elle redoutait les interventions du premier autant qu'elle savait que celles de la seconde seraient capables de l'apaiser. Car c'était ça la vérité : il y avait autant de craintes, de refus et d'ouverture de tous les côtés. C'était pareil avec les Cents. Il y avait tant à prendre en compte, tant dont certains n'avaient même pas conscience, pour que l'on puisse prédire l'opinion ou les envies de son voisin. C'était pour ça que les retrouvailles avec les jeunes avaient été si animées; c'était pour ça qu'elle avait fini emprisonnée avec eux, elle aussi. Elle n'avait pas oublié la vitesse à laquelle les choses avaient dégénéré, pas plus que l'équilibre que le Conseil avait réussi à instaurer à force de quelques semaines. Celui-là était probablement encore un peu fragile, parce que si l'apaisement semblait aujourd'hui dominer, c'était se bercer d'illusions que de croire que les idées les plus individualistes et violentes avaient disparu simplement parce que le Conseil l'avait souhaité. Dans trois jours, il y aurait trois partis. Malgré toute sa volonté d'y parvenir, Murphy ne pouvait encore pas se permettre de considérer que les deux groupes odysséens puissent se considérer comme un tout. Dans trois jours, ils seraient entre six yeux.

Des deux autres groupes qui seraient présents, Murphy ne pouvait trop rien présager. Ce qu'elle redoutait le plus, c'était les réactions et maladresses de ceux qu'elle côtoyait ici tous les jours. Elle se souvenait que Chris avait dû être neutralisé, lors de la reprise de contact avec les Cents. Ca n'avait pas été sans raisons. Elle savait aussi de quoi il était capable quand il se sentait pousser des ailes -et il se sentait trop souvent pousser des ailes. Ses intentions n'étaient jamais vraiment mauvaises; ses façons de faire étaient pourtant toujours incroyablement maladroites. Et Elijah comme elle savaient très bien qu'il serait de la partie, dans trois jours. Il en était impossible autrement. Elle sourit au psychologue quand il l'invita à passer à autre chose et à oublier sa propre maladresse. « Certaines choses iraient mieux, sans Chrissades, ouais... » approuva-t-elle en haussant les sourcils, un petit regard amer en coin. Elle garderait bien pour elle tout ce qui s'était passé à la rébellion, mais elle n'en pensait pas moins. A croire qu'il foutait la merde partout où il passait. Elle se demandait encore ce qui avait pu l'aveugler si longtemps. Il avait merdé tellement de fois avec elle qu'elle se demandait comment elle avait pu ne pas comprendre toutes les alertes que lui donnaient ses proches. Elle avait voulu voir le meilleur en lui, au point d'en oublier tout ce qui faisait son ego. Avec Elijah, les choses étaient bien différentes. Murphy pouvait parfois lui reprocher le fond, mais jamais la forme. Ce n'était pas parce qu'ils pensaient parfois différemment qu'ils se manquaient de respect. C'était agaçant, bien sûr, pour quelqu'un comme elle, de devoir faire face à des avis divergents en étant incapable d'y changer quelque chose. Mais avec Elijah, la discussion était toujours possible, toujours respectueuse, et Murphy savait que son éthique ne lui ferait jamais défaut non plus. La conviction qu'elle avait de sa morale était peut-être portée par son statut de psychologue et la déontologie qu'elle y liait, mais elle avait aussi appris à connaître l'homme au fil des années. « Et pourtant, Chris sera là... » Ce qui avait été glissé comme une remarque cocasse la fit pourtant lever les yeux au ciel malgré elle. Elle n'arrivait pas à imaginer Chris à la réunion autrement qu'en ruant dans les brancards, avec toute la délicatesse et toute l'écoute dont il était fichtrement incapable. « On a surtout besoin de gens sensés » s'expliqua-t-elle plus sérieusement, fermement convaincue qu'avoir Elijah à ses côtés ce jour-là la rassurerait. Il savait faire de plus de patience que certaines personnes qui seraient là. « Et puis là, ta jambe ne craint rien... » Elle sourit un peu, faisant référence à leur mésaventure forestière. Ils en avaient déjà vécu, des aventures, ensemble. Ils savaient travailler ensemble.

Mais aussi rassurée puisse-t-elle être à l'idée qu'Elijah soit de la partie trois jours plus tard, Murphy se demandait ce qui pouvait l'avoir mené là. Redoutait-il les choses, lui aussi ? Peut-être savait-il des choses qu'elle ne savait pas ? Elle lui tendit son assiette des deux mains, l'invitant du regard à se servir. Elle ne mangerait plus grand chose; sa curiosité avait été trop titillée pour qu'elle puisse se concentrer sur quoi que ce soit d'autre, y compris quelques légumes tristes rationnés par les cuisiniers contraints par les ressources. Il ne réagit pas à la pauvre assiette, sans doute perdu dans la perspective interdite d'administrer quelques substances à Chris pour s'épargner sa présence au rassemblement. Dans un réflexe qu'elle aurait préféré retenir par politesse, Murphy ne put s'empêcher de sourire, l’œil brillant. « Les flèches tranquillisantes me manquent, mais on en aurait jamais eu assez, de toute façon. » Oubliée la politesse. C'était trop doux de trouver quelqu'un qui partageait un avis réservé sur les façons de faire du garde. La veille, Devos lui avait trop rappelé sa proximité à Chris. On le défendait trop à son goût, trop tout le temps. Mais ce n'était pas le cas d'Elijah et si leurs opinions divergeaient sur certaines choses, dont ils avaient tous les deux conscience, elle trouvait en lui un allié réconfortant lorsqu'il s'agissait de Chris. Enfin, on ne prenait pas la défense de quelqu'un qui était capable de prendre la défense d'un acte anti-démocratique en prétendant des mois plus tard ne jamais l'avoir fait. Enfin, quelqu'un était capable de poser sur lui ce regard critique, même s'il n'avait pas toutes les données qui lui permettraient de venir aux mêmes conclusions qu'elle : Chris était hypocrite. Etre rebelle sans avoir de valeurs, c'était juste être un fouteur de merde. Mais ça, elle ne pourrait jamais le dire à Elijah. Dommage, ils auraient eu beaucoup de choses à discuter, deux oreilles à faire siffler et beaucoup de sucre à casser sur le dos d'un mec qui considérait acquises beaucoup trop de choses.

Elle oublia instantanément Chris lorsque son interlocuteur revint à la raison de sa présence ici. Il redoutait les choses, lui aussi -peut-être même plus qu'elle, ou en tout cas d'une façon différente. « Je pense que c'est comme chez nous... » Elle se pencha pour poser son assiette par terre, abandonnant les légumes à qui voudrait les déguster -vers de terre de passage dans le coin ou voisin humain peu rassasié par son propre repas. « Y'a des cons et des intelligents. Enfin, pour être polie, jdevrais dire : y'a des gens plus fermés, d'autres plus ouverts. » Elle posa ses mains sur ses genoux en le regardant. « J'ai eu l'occasion de rencontrer pas mal de Terriens depuis qu'on est là. J'ai fait qu'une mauvaise rencontre. Enfin... » il y avait aussi celles desquelles elle ne savait pas trop quoi penser, mais celles-là n'avaient pas failli lui coûter la vie, quoi que puissent en dire Isdès ou Elias. Ils n'avaient jamais été de mauvaises rencontres. Elle fit un geste de la main pour conclure son début de phrase à sa place, l'air de dire que ce n'était pas important -parce que ça ne l'était pas, pas pour ça en tout cas. « C'est eux qui te font peur ? Plus que les cons qu'on peut avoir ici, ou que les gamins ont de leur côté ? » Elle troqua subitement son sérieux pour pencher la tête sur le côté, le regard brillant de malice, un petit sourire en coin, comme si elle regardait un enfant. « Mais... t'es venu me voir pour être rassuré ? » Taquine, elle glissa ses mains fraîches entre ses cuisses, les lèvres pincées dans une expression de tendresse un peu moqueuse. « Toute façon, si y'en a qui sont là pour foutre la merde, on y pourra pas grand chose. J'ai quand même envie d'avancer... »
Elijah Callaghan
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Elijah Callaghan
DATE D'INSCRIPTION : 24/03/2017 PSEUDO/PRENOM : bbchat MULTICOMPTES : Liam Cohen, Saoirse Crowley, Cassandre Darcy, Near Reinhart MESSAGES : 2341 CELEBRITE : Cillian Murphy COPYRIGHT : dandelion signa Perséphone + bckstreetbystumblr, gif profil Murphy Lux aeterna ♥ Paroles signa : Blood Red Shoes - Elijah. empty gold. (Nadja ♥) METIER/APTITUDES : Psychologue blasé ne demandant qu'à être surpris, à nouveau emballé par cette voie qu'il a choisie. veilleur de nuit, stratège TRIBU : Blue for the win, Odysséen. POINTS GAGNES : 43
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le Dim 13 Jan - 16:42



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Murphy et Elijah

Inévitablement plus rien ne serait pareil. Cela le dérangeait-il ? Pas s’il y avait un tant soit peut d’ordre et de logique dans ce qu’il se ferait.Il ne pouvait s’empêcher pour autant de redouter que cela ne se déroule pas comme ils l’auraient souhaité mais ils ne pouvaient prédire l’avenir, devraient attendre le moment présent, attendre de voir comment réagissaient chacun d’entre ceux présents pour plus ou moins pouvoir évaluer si l’avenir pour eux s’annoncerait radieux ou non. Pour le moment c’était mitigé, ils ne pouvaient que supposer qu’ils étaient tous sur une même envie d’aller de l’avant. Il avait fallut un cyclone pour qu’une entraide réelle se décide d’un côté comme de l’autre. Oh il ne disait pas là qu’il ne pensait pas qu’il y avait eu des gestes entre eux et les terriens, c’était même plus que probable qu’il y ait eu des gestes comme le troc ou des rencontres imprévues sur cette îles qui leur réserverait encore bien des surprises, il n’en doutait pas. C’était simplement la première fois que dans quelques jours les décisions seraient prises avec une vision beaucoup plus d’ensemble des choses.

C’était rassurant et en même temps ils pouvaient savoir par le passé qu’il y aurait toujours de quoi mécontenter certains. Alors cette rencontre était mitigée de son côté. Il était pour bien évidemment mais il y avait beaucoup trop de flou, beaucoup trop de paramètre à prendre en compte pour qu’il soit totalement serein lorsqu’il irait chez les Pikunis d’ici quelques jours. Il haussa les épaules, Chris serait là, et bien Chris serait là. Ils feraient avec et avec un peu de chance tout se déroulerait du mieux possible. « On a surtout besoin de gens sensés. » Il hoche la tête, évidemment mais parfois même ce n’était pas suffisant. Et pourtant il suppose que plus il y a d’entre eux présents à ce moment mieux c’est. Cela prouve qu’ils sont dans la même idée, dans la même vision des choses. Il peut se tromper mais dans l’idéal il ne devrait pas se miner le moral en évaluant toutes les raisons pour lesquelles ça partirait en vrille chez les Pikunis. « C’est vrai que t’en as un toi depuis. » Il n’apprécie pas le chien plus que ça, pas qu’il en soit venu à les détester pour autant mais c’est mieux quand cette boule de poil surnommée Antarès n’est pas là. « Il est où d’ailleurs, il a décidé de partir en chasse ? »

« Les flèches tranquillisantes me manquent, mais on en aurait jamais eu assez, de toute façon. » Ca l’amuse qu’ils parlent ainsi de l’Odysséen. Il aura beau faire son possible, tout ce que l’on gardera en tête sera ce moment peu glorieux de sa personne. Ça déstresse un peu pour faire passer l’temps avant qu’ils en soient là à être réellement chez les Pikunis. « J’imagine que y’a des cons là-bas aussi. » Ce n’est pas parce qu’il y en a des plus fermés ici que ce n’est pas la même  chose de l’autre côté et du côté des cent enfin de ce qu’il reste d’eux. Il oublie toujours qu’ils seront de la partie eux-aussi. Ils sont semblables, il serait bête de l’oublier. C’est un changement assez important ce qu’il va se passer pour leur futur en commun. « Même pas en rêve. » Il est à moitié sérieux, ne lui donnera pas raison. Pas aujourd’hui. Peut-être. « On a jamais eu trop l’occasion d’en parler. » Il n’a jamais pris le pas d’aller vers les autres, pour parler de tout ça, de cette terre, de ce qui a changé pour eux depuis leur venue sur Terre. « Ce n’est pas évident de trouver quelqu’un qui sait écouter. » Lui-même ne se qualifierait pas de quelqu’un qui sait écouter. Il sait écouter, cela dépend de la personne avec qui il parle, cela dépend de plein de choses en réalité et parfois il en faut de peu pour qu’il soit gars le moins conciliant de la terre. « T’as toujours vu les choses plus loin. » C’est ce qu’il aime bien chez elle même s’ils ont pu avoir des avis différents sur certains sujets, elle ne se contente pas simplement de ce qu’ils ont maintenant, elle voit encore plus loin que lui. « J’avais l’habitude de voir plus loin sur l’Odyssée. » Il ne sait pas pourquoi il en reparle maintenant. Il comprenait mieux ce qu’il se passait sur l’Odyssée parce qu’ils étaient une société minuscule dans un univers trop grand pour eux mais qu’ils étaient seuls sans avoir de compte à rendre autre qu’à eux-mêmes tant qu’ils respectaient les règles. Cette fois-ci c’est différent et si une part de lui est encore stressée, l’autre est plus curieuse de voir où cela va les mener dans un futur proche.

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Murphy Cavendish
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le Sam 2 Fév - 3:10



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Murphy Cavendish & Elijah Callaghan
(24 avril 2118)


Evidemment que les Terriens n'étaient plus inconnus. Evidemment que les groupes s'étaient déjà mélangés, par petits groupes ou duos. Le hasard avait fait les choses bien avant qu'aucun de leurs dirigeants ne se soit décidé à le faire. Le monde n'était pas fermé ici-bas, et c'est sans doute ce charme, pour Murphy, qui primait sur tous les autres. Finies les délimitations métalliques, les chemins que l'on connaissait par cœur à force de les fréquenter jour après jour, inlassablement, jusqu'à ce que l'habitude se transforme en ennui et en lassitude. Ici, il y avait toujours matière à découvrir, à explorer, à apprendre. Les peurs du début s'étaient progressivement atténuées au fil des années; elles n'avaient pas disparu et ne disparaîtraient probablement jamais réellement pour les enfants des étoiles, mais chez Murphy, elles avaient laissé place à un émerveillement dominant, devenu indétrônable, et à une soif nouvelle d'exploration que les cieux ne lui avaient jamais offert. Oh, elle n'en oubliait pas les dangers du monde, tout ce qu'elle découvrait encore chaque jour. Une plante toxique, un champignon hallucinogène, un animal affamé, des vents à lui glacer le sang ou des chaleurs à en perdre ses dernières molécules d'eau en quelques heures à peine; elle avait appris à les apprivoiser et à apprivoiser l'idée-même que cette liste ne serait jamais complète. Mais si on redoutait trop, si on focalisait toute son énergie sur la peur et la prévention des dangers, alors on en oubliait de vivre. Et c'était ce que Murphy souhaitait dès qu'elle avait mis les pieds ici. Leur arrivée ici leur avait à tous coûté des proches et un confort de vie; mais elle leur offrait des opportunités nouvelles que Murphy n'avait jamais parvenu à ignorer. En se levant chaque matin, elle espérait se coucher le soir avec quelques souvenirs de plus, quelques expériences gagnées, quelques souvenirs desquels apprendre et auprès desquels se réconforter lorsque l'avenir amènerait des journées plus sombres. Car en même temps que les découvertes, ce monde apportait l'imprédictible. Dès qu'elle passait la haute porte du village, Murphy savait qu'elle ne devait pas compter sur le confort de ce qu'elle connaissait, même à quelques mètres ou kilomètres seulement de sa maison. Une fois passé le périmètre couvert par sécurité des siens, elle était à la merci du dehors, de la nature, de ce qu'elle avait déjà apprivoisé mais surtout de ce qu'elle n'avait pas encore connu. Et plus les mois et années avançaient, plus elle réalisait que l'ampleur de ce qu'elle avait encore à découvrir était immense. Elle n'avait plus à faire connaissance la fraîcheur de la neige ou le harcèlement des fourmis guidées par l'odeur d'un fruit lorsqu'elle avait amené de quoi manger avec elle. Maintenant, ce qui restait à découvrir, c'était l'exceptionnel, l'atypique, le rarissime. C'était le grandiose ou le terrifiant. C'était ce qu'on pouvait rencontrer seulement lorsque les planètes étaient alignées. Ce n'était pas les choses du quotidien et celles qui rythmaient la vie habituelle de ceux qui fréquentaient ce monde. On pouvait imaginer le pire, alors, et espérer le meilleur. Et même si elle n'aurait jamais parié là-dessus en arrivant ici, Murphy avait fini par s'habituer à tout le reste, à tout ce qu'elle avait déjà rencontré et à tout ce qu'on lui avait raconté; tout ce qu'elle connaissait déjà de près ou de loin. C'était un amour tendre qu'elle éprouvait pour ce monde, ce qu'elle en savait et ce qui lui en restait à découvrir. Mais elle le savait, elle ne le connaissait pas encore. Pas vraiment, pas comme les Natifs, et encore moins comme la Nature se connaissait elle-même. Ici c'était le chaos qui dominait et il ne fallait jamais l'oublier : le chaos et le hasard étaient les maîtres du monde et du destin de chaque être qui le côtoyait. Alors quand elle pouvait maîtriser quelques bribes de son avenir, Murphy était la première à se saisir de l'occasion pour tenter de faire taire ce sentiment d'impuissance qui naissait des grandeurs de la réalité.

Parmi les éléments que l'on pouvait tenter de maîtriser en ce bas-monde, il y avait le contact et les relations avec les autres groupes. Les Cents, bien sûr, mais aussi les Natifs du continent. Même s'il n'avait pas encore atteint l'idéal de Murphy, le lien avait été rétabli avec les premiers. Avec les seconds, il restait encore tout à construire, au point où il suffirait probablement d'une miette pour que tout bascule du mauvais côté. C'était ce qu'elle redoutait le plus, en fait : la bavure d'une personne ou d'un petit groupe de personnes qui viendrait à l'encontre de la bonne volonté de la majorité. Et peut-être que pour se donner l'illusion de pouvoir faire quelque chose face à une possible catastrophe diplomate, il fallait compter un maximum de têtes dans le camp des raisonnables. Car c'était toujours les mécontents qui faisaient entendre leur voix le plus fort, il fallait prévoir le double d'optimistes. Le plus dur était d'évaluer la température, te tâter le terrain. Personne ne semblait vraiment savoir qui comptait venir, et à entendre Elijah, lui-même n'était pas tout à fait sûr de mettre les pieds dans le village pikuni. Alors elle encouragea l'homme avec un sourire, lui promettant que sa jambe, cette fois-ci, devrait s'en sortir. Le psychologue répondit simplement en prenant des nouvelles d'Antarès, qui n'était pas à leurs côtés. « Oh, t'en fais pas pour lui » répliqua-t-elle sans croire une seule seconde que la localisation ou l'état du canidé lui importait réellement. « Il est lâché sur le village. S'il chasse quelque chose, c'est Ten et ses poches remplies de pommes. » Elle haussa les épaules, les mains serrées autour de la gamelle d'où s'échappaient les dernières volutes de tiédeur.

Et avant qu'elle ne s'en rende compte, Murphy regrettait la disparition des fléchettes tranquillisantes. Pour Chris d'abord, parce qu'il était plus cocasse de se remémorer sa rencontre avec l'une d'entre elles quelques années auparavant, mais aussi et peut-être même surtout pour tous ceux qu'elle redoutait tapis dans l'ombre, près à agir, à protester et à violenter lorsque l'occasion se ferait particulièrement belle pour le faire -à savoir dans trois jours, au village pikuni. Même si ça aurait entravé à certaines libertés, peut-être que le Conseil aurait dû choisir un groupe déterminé et trié sur le volet de visiteurs diplomatiques. En auraient été exclus les gaffeurs, les grandes gueules et surtout les apparitions surprises auxquelles, à l'heure actuelle, ils ne pouvaient pas grand chose. Avec la date fatidique qui approchait et les inquiétudes grandissantes, Murphy se mettait à regretter ce l'absence de ce genre d'encadrement. Elle savait pourtant qu'il serait allé contre tout ce en quoi elle croyait; pourtant, il lui aurait épargné bien des questionnements et préoccupations. Et puis, Elijah le confirmait bien : des cons, il y en avait partout. S'ils arrivaient à maîtriser les leurs, qu'est-ce qui disait que ce serait la même chose en face ?

Il fallait juste patienter et foncer tête baisser, sans trop considérer tout ce qui pouvait mal se passer. Parce qu'au milieu de ça demeurait la possibilité que les choses se passent bien, que des liens se tissent, que des échanges naissent, que des entraides se créent. Et peut-être que pour se concentrer sur cette perspective, il fallait retrouver un peu de la légèreté de ce monde pouvait malgré tout offrir. « Le contraire m'aurait étonnée... » Elle sourit en coin alors qu'il refusait d'admettre qu'il cherchait à se rassurer auprès d'elle. Ca aurait été un peu réconfortant de pouvoir tenir un rôle pareil auprès de quelqu'un, mais peu importe si c'était le cas ou pas; elle le savait, Elijah n'admettrait jamais une chose pareille.

Le moment de légèreté passa bien trop fugacement, et déjà l'appréhension de la journée à venir réapparaissait sur le devant de la scène. C'est vrai, ils n'avaient jamais trop parlé de ces choses-là, avant. Ils n'avaient jamais trop parlé de grand chose jusqu'à y être forcé par les circonstances, d'ailleurs. Mais peu importent leurs différends, ils avaient toujours réussi à s'écouter. Et timidement, le regard de la brune fuit celui du psychologue alors que finalement, contre toute attente, celui-ci lui offrit un compliment entre les mots. Quelqu'un qui sait écouter. La flatterie suivante ne prit même pas la peine d'enfiler un masque pour passer incognito et Murphy ne savait plus trop où se mettre, attrapant la fourchette dans la gamelle à ses pieds pour la faire tourner au milieu des légumes désormais tiédasses. « Merci... » répondit-elle simplement se raclant la gorge, gênée. Finalement, elle releva son regard vers lui, interrogative. « Et tu... tu voyais quoi pour l'Odyssée, là-haut ? » Elle n'y avait jamais vraiment réfléchi, elle. Dans le vaisseau métallique, le seul progrès jamais considéré avait été un retour à la planète de leurs ancêtres. Pour le reste, lorsqu'il s'agissait de vivre dans une boîte de conserve, c'était un équilibre stable, sans réelle possibilité d'évolution. C'était le quotidien, les habitudes; on fonctionnait comme on avait appris à fonctionner et tant que l'état des choses ne leur permettrait, alors on continuerait à fonctionner de cette façon. Voir plus loin, pour elle, là-haut, c'était graver les échelons, peut-être. C'était à petite échelle, pour vivre une vie qui la rendrait fière. Ce n'est qu'en découvrant le monde de leurs ancêtres et ce qu'ils avaient laissé derrière eux que Murphy s'était surprise à rêver de plus que ça, que cette petite échelle personnelle. Ici, il y avait tout à construire, à découvrir, à créer. Ici, on pouvait faire de grandes choses; on pouvait tout recommencer. Ici, on pouvait choisir pour soi-même, vivre pour soi-même. Ici, le système n'était pas fermé, et ça changeait tout. « Qu'est-ce qui te retient de voir plus loin, ici ? » demanda-t-elle en cherchant dans son regard clair un début de réponse. « Tu te sens chez toi, ici, au moins ? » Car peut-être que c'était le fond d'un problème latent; et peut-être qu'autour d'une platée de légumes froids, pour une raison qui lui était inconnue, le rôle de la psychologue lui revenait, au moins pour quelques secondes.
Elijah Callaghan
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Elijah Callaghan
DATE D'INSCRIPTION : 24/03/2017 PSEUDO/PRENOM : bbchat MULTICOMPTES : Liam Cohen, Saoirse Crowley, Cassandre Darcy, Near Reinhart MESSAGES : 2341 CELEBRITE : Cillian Murphy COPYRIGHT : dandelion signa Perséphone + bckstreetbystumblr, gif profil Murphy Lux aeterna ♥ Paroles signa : Blood Red Shoes - Elijah. empty gold. (Nadja ♥) METIER/APTITUDES : Psychologue blasé ne demandant qu'à être surpris, à nouveau emballé par cette voie qu'il a choisie. veilleur de nuit, stratège TRIBU : Blue for the win, Odysséen. POINTS GAGNES : 43
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le Lun 3 Juin - 17:10


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ANIMATION - Murphy et Elijah


Il n’était pas tant stressé par ce qui allait se passer. Il savait que c’était pour le mieux, que finalement tout le monde trouverait son compte dans cette venue chez les Pikunis. Il ne pouvait s’empêcher de redouter cependant que certains ne s’amuse à compliquer les choses. Cela pouvait être tout le monde et personne à la fois, même lui. Il avait du mal à se taire quand quelque chose l’agaçait, il allait devoir faire attention mais savait qu’il ne pourrait s’en empêcher si vraiment les choses avaient besoin d’êtres dites. Il n’avait pas pour habitude de se taire et de laisser les choses se faire. Il restait à moitié dans l’ombre sans pour autant se la ramener tout le temps ou se taire à tout jamais. C’était un entre deux qui lui avait toujours convenu. Depuis le début, il y avait toujours eu quelques problèmes à chaque rassemblement alors évidemment on ne pouvait pas vraiment l’empêcher que ça serait la même chose cette fois-ci, que c’était un peu comme une ritournelle sans fin qui n’aurait jamais de véritable pause, que les tribus de la terre et ceux venant du ciel ne trouveraient jamais, véritablement un terrain d’entente. Ils parlaient tranquillement de choses et d’autres. Ça faisait du bien. Il n’avait pas souvent l’occasion de parler ainsi.

Il verrait bien finalement comment cela se passerait. C’était inutile de prédire le pire, à force il arrivait et il pour une fois, il avait envie que les choses se déroulent bien, dans un aller ensemble vers un futur un peu plus harmonieux. « Et tu... tu voyais quoi pour l'Odyssée, là-haut ? » Il la regarde un moment comme pensif, il n’a jamais réellement pensé à autre chose que cet instant présent sur l’Odyssée, n’était pas quelqu’un qui croyait à un quelconque avenir, que leur fin se résumerait à probablement tous mourir dans les étoiles. Maintenant ils étaient sur Terre, il n’avait jamais réellement imaginé que cette possibilité soit réellement envisageable. « Pas grand-chose en réalité. » Triste, pas vrai ? Il joue avec les aliments, ceux-là mêmes qu’ils n’auraient pu connaitre en restant dans l’espace. « J’ai jamais vraiment été dans le genre imaginatif. » La vie sur terre l’a bien dépassé au départ. Maintenant, il s’y fait sans aucun problème, maintenant il est même curieux, beaucoup plus qu’il ne l’a jamais été là-haut. « Le système fonctionnait pas si mal malgré tout. » Malgré les éjections suites à des fautes plus ou moins graves, malgré le projet Cent. « J’ai eu du mal à croire à la Terre jusqu’au moment du crash. » Pourtant ils l’avaient dit au moment de la descente, quand ils leur avaient annoncé l’envoi des jeunes sur la Terre. Il lui lance un regard comme pour lui demander sans poser la question. C’est vrai ça, il sait qu’elle explore beaucoup, qu’elle se sent comme chez elle ici. La haut c’était peut-être différent. Murphy restait Murphy mais une Murphy de l’espace. « Qu'est-ce qui te retient de voir plus loin, ici ? » Il a un sourire amusé. D’habitude c’est lui qui pose les questions.

Il voyait les choses plus loin et pas assez à la fois. Il se serait bien vu vivre là-haut jusqu’à sa mort. Maintenant qu’ils vivent sur Terre ? Il est comme mitigé. « L’instabilité ? » S’il peut mettre un mot sur tout ce qui le dérange dans l’ensemble, cela serait bien celui-là. Ils ont beau voir plus loin avec ce traité, il ne reste pourtant pas cloîtré dans ce campement, c’est cette instabilité sur ce qu’ils vivront par la suite qui l’empêche un peu d’aller aussi loin que les autres. D’explorer beaucoup plus alors qu’il en a terriblement envie. « Tu te sens chez toi, ici, au moins ? » Il a un sourire amusé. « Tu n’as pas de mouron à te faire. J’ai du mal avec la prise de risque non contrôlée, pas avec le fait d’être sur Terre. » Ça le défini plutôt bien, il n’a jamais été aussi franc qu’en cet instant. « Je ne vais pas me mettre à déprimer comme d’autres. » D’autres qui dépriment beaucoup trop depuis trop longtemps. Il est un peu dédaigneux, totalement. « Je vais juste voir comment tout va se dérouler. Ici comme là-bas. Il va y avoir des changements. » Pas qu’il n’aime pas le changement, c’est simplement qu’il a cette envie de contrôler un peu ce qu’il se passe dans sa vie, ça a toujours été plus ou moins comme ça, important selon les situations. « Tu veux marcher ? » Il n’a pas trop faim mais une envie de bouger, comme d’explorer le monde même s’il ne s’agit pour le moment qu’une petite promenade dans le campement avec Murphy si elle en a envie, bien évidemment.

Spoiler:
@Murphy Cavendish Picture in a frame (Ft Murphy) 484338566 Encore désolée pour le temps de rep, tu me dis si quelque chose ne va pas Picture in a frame (Ft Murphy) 3474094350 Picture in a frame (Ft Murphy) 13787583

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Murphy Cavendish
Murphy Cavendish
DATE D'INSCRIPTION : 06/12/2015 PSEUDO/PRENOM : Lux Aeterna MULTICOMPTES : Nuna Cortez MESSAGES : 39923 CELEBRITE : Sophia Bush COPYRIGHT : Avengedinchains ♥ (vava) ; Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) METIER/APTITUDES : Conseillère diplomate; militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. POINTS GAGNES : 375

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le Ven 7 Juin - 0:02



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Murphy Cavendish & Elijah Callaghan
(24 avril 2118)


Murphy ne s'était jamais posé la question d'une installation sur Terre. Elle était née là-haut et en bas appartenait au passé de ses ancêtres. Pour elle, c'était quelque chose à admirer de leur capsule protectrice; c'était un mystère qui catalysait l'imagination des plus curieux. La Terre, là-haut, n'était qu'un fantasme du passé et une folie à laquelle certains voulaient croire. On imaginait sur ces continents des déserts invivables, des monstres créés par la stupidité et l'aliénation de l'Homme. On imaginait une atmosphère irrespirable, des océans transformés. On imaginait le monde tel qu'on l'avait laissé, sans doute : incapable d'abriter la vie qu'il avait vue et fait naître, incapable de pardonner les égarements de ses enfants. Les années s'étaient succédées avec l'idée qu'un retour était impossible, et puis les générations avaient hérité les unes après les autres de cet enseignement. Ce monde encapsulé n'était pas tout à fait le leur, en fait, mais il était celui qu'ils avaient choisis, contraints, pour survivre, et celui qui leur permettait de continuer à exister. Ils n'étaient pas tout à fait des étoiles mais ils étaient encore moins de cette Terre qu'ils survolaient à longueur de temps. Ils étaient plus proches de cette planète que de n'importe lequel des astres qu'ils pouvaient observer sur les fonds d'encre qui s'étalaient au-delà de la grande bleue et de leur soleil. Pourtant, dans les idées de Murphy, elle n'avait jamais été à elle. Elle n'avait jamais représenté une famille ou une origine. Que les parents de ses grands-parents aient pu vivre là lui paraissait impensable, presque inconcevable. Elle n'avait eu avec la planète bleue ce lien spécial que semblait connaître @Wyatt Sheperd depuis toujours. Elle s'était tant de fois plongée dans sa fascination sans parvenir à en saisir tous les contrastes qu'en arrivant ici, Murphy avait presque regretté de ne pas avoir disparu avec sa mère.

Pourtant, il ne lui avait pas fallu très longtemps pour comprendre. Wyatt n'était plus vraiment dans sa vie, mais elle pouvait saisir, maintenant. Lui avait vu là-haut tout ce qu'elle avait dû voir de ses propres yeux. Elle appartenait aux étoiles autant qu'à ce monde. Là-haut, c'était leur réconfort, les bras qui les avait enlacés lorsque leur mère leur avait tourné le dos. Mais ici ? C'était ici qu'ils étaient nés. Ce monde, c'était leur essence même. Murphy n'oubliait pas ses étoiles; elle n'oubliait pas ce monde vaste et d'un noir aveuglant. Elle n'oubliait pas cette Terre qu'ils n'avaient devinée qu'à travers les épaisses couches de nuages qui s'y promenaient. Elle n'oubliait pas la moitié de ciel qu'elle ne verrait jamais plus et les heures passées là-haut avec sa mère et Wyatt à détailler constellations et planètes lointaines. Ca avait été dur à accepter, que tout puisse changer si vite. En un claquement de doigts, Murphy avait perdu sa mère et son monde. Mais ce nouveau monde, celui qui s'étendait devant elle, était rempli de toutes nouvelles choses. Il contenait des promesses impensables là-haut. Et soudainement, elle s'était mise à prévoir et à imaginer, à rêver, à vouloir créer des choses, transformer son avenir et leur avenir à tous. Ici, il n'y avait plus vraiment d'autres limites que celles de la survie. Les premiers mois avaient été remplis de doutes; les années suivantes n'étaient pas allées sans leur lot de remises en question non plus. Pourtant, pour la première fois de sa vie, Murphy savait ce qu'elle attendait de la vie et comment l'obtenir.

Ce n'était plus l'enfermement de là-haut; ce n'était plus les règles communes établies pour la survie avant le bien-être. Ici, on pouvait commencer à penser à soi en tant qu'individu. Ici, comparé à là-haut, était une immersion dans un monde de libertés nouvelles. Il ne fallait pas être aveugle et naïf, pour autant, et oublier toutes les précautions d'usage. Les dangers, s'ils étaient différents de ceux qui menaçaient là-haut, existaient encore. Ici, le monde était devenu infini. Si on voulait prendre quelques jours hors du village, on pouvait s'évader hors de ses limites. Si on voulait connaître pour la première fois l'intimité d'une maison, on pouvait accorder de son temps à la reconstruction de vieilles ruines décrépies. Ici, tout n'était que grandeurs démesurées et découvertes pour ceux qui avaient toujours tout connu de leur petit univers contenu dans une boîte métallique. Alors quand elle rêvait à tous les possibilités qui s'offraient à eux, Murphy réalisait à quel point les options avaient été limitées là-haut. Elle n'avait fait qu'appliquer ce qu'on attendait d'elle. Lorsqu'elle avait voulu remuer les choses, elle l'avait fait à sa petite échelle. Là-haut, on ne pouvait pas changer le monde. Il n'y avait rien à créer, rien à rêver, juste un équilibre à maintenir pour espérer survivre quelques années ou décennies de plus. Ici, on faisait table rase du passé. Les sacrifices étaient ce qu'ils étaient; les promesses naissaient du terreau fertile de la catastrophe. « Pareil » dit-elle en haussant les épaules, se remémorant avec quelques difficultés surprenantes sa vie là-haut. « On s'en sortait pas si bien, mais pas si mal. J'ai toujours cru que notre destin il était là-haut. » Celui de leur génération, au moins -l'urgence n'avait jamais paru si urgente, les inquiétudes si inquiétantes. Quand ils avaient quitté leur orbite, Murphy était tombée de haut -de très haut.

Mais il n'était plus question de ce qui était possible ou impossible là-haut. Tout ça était terminé. Les questions s'étaient déplacées avec les priorités. Maintenant ils avaient une autre vie à vivre, d'autres projets à projeter; d'autres rêves à rêver. Mais il s'imposait quelque chose de nouveau, quelque chose à laquelle Murphy ne pensait qu'avec prudence. Ici, plus rien n'était maîtrisé. Les murs qui là-haut, gardaient les conditions de vie idéales, étaient tombés en même temps que le monde s'était ouvert à eux. L'instabilité de ce monde menaçait constamment. « Justement, c'est ce qui fait que pour la première fois, tout est possible... » Tout, le pire comme le meilleur -mais on pouvait créer le meilleur, cette fois, ne plus avoir à se contenter de l'idéal lisse qui conditionnait la chaîne entière de leur survie. Peut-être que ça, Murphy parviendrait à convaincre Elijah. Réticent et méfiant, il était pour elle une protection contre le pire. Mais au meilleur, parviendrait-il à croire un jour ? Une vie sans ces espoirs serait probablement une vie longue et fataliste. Alors la question suivante était préoccupée : se plaisait-il seulement ici ? Ils étaient probablement plus d'un à avoir eu ou à avoir du mal  à voir ce monde comme faisant partie intégrante de leur avenir. Murphy avait mis un peu de temps à l'accepter, mais ça avait sans doute été bien plus rapide que pour beaucoup d'autres. Et Elie, où se situait-il ? Se sentait-il retenu, dans ce monde, là où elle se sentait aussi libre pour la première fois ? « On devrait sortir ensemble, un jour. L'instabilité, c'est aussi ce qui rend ce monde si cool. » Si beau et si prometteur. Avait-il admiré les montagnes des vallées, lorsque les nuages et les pluies envahissaient les hauteurs ? Avait-il goûté aux fous embruns de l'océan lorsqu'il s'agitait ?

Il la rassura aussitôt, comme s'il lisait dans ses pensées, et lui arracha un sourire presque affectueux. « Faut juste que t'acceptes qu'ici on contrôlera jamais les choses comme en haut. » Mais non, il ne déprimait, affirmait-il, et c'était tout ce qu'elle voulait entendre. Se laisser accabler par tout ce qui s'était imposé à eux était une manière d'accueillir la nouveauté ; mais on pouvait choisir, toujours. Il suffisait d'une étincelle d'optimisme pour faire naître des flambées de projets. Ce serait mentir que de dire que Murphy n'avait jamais pensé baisser les bras : c'était si facile, de baisser les bras, et d'accepter de se laisser porter par ceux qui demeuraient vaillants. Mais Murphy n'était pas un poids, n'avait jamais voulu l'être. Elle avait toujours voulu être des moteurs qui arrachaient les sourires et faisaient naître l'espoir et l'envie. « Des changements pour le mieux, j'espère... » soupira-t-elle en admettant à demi-mots qu'elle redoutait le pire. « J'attends beaucoup de cette rencontre. J'ai pas envie qu'il y ait des crétins qui nous fassent reculer de dix pas. » Son ton s'était fait sec alors qu'elle imaginait tous les scénarios qui pouvaient mener à un échec : les maladresses accidentelles, les scandales volontaires, les incidents indépendants de leur volonté -pour l'instant, ils ne pouvaient rien éliminer. Elle comptait sur le Conseil, Murphy, pour porter ses idées et donner vie à ses rêves d'habitante de ce monde. « Oh ! Oui... » La proposition la surprit, mais ils seraient sans doute plus tranquilles à errer sur le village. Le coin des cuisines était en pleine ébullition, à cette heure-ci. Elle se releva en attrapant l'assiette. « Je m'en occupe, jreviens. »

Elle s'éclipsa quelques instants au milieu de la foule pour ramener l'assiette aux cuisines. Elle croisa rapidement le regard de @Cassandre Darcy, qui s'afférait pour maintenir la cadence, et laissa l'assiette sur une pile commencée par quelques collègues passés avant elle. Elle retrouva Elijah dehors, au milieu de tous ceux qui restaient là pour finir leur repas et ceux qui arrivaient pour le commencer. « Tu veux aller voir ma maison ? Tu verras à quel point l'imprédictible peut être sympa. »
Elijah Callaghan
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le Jeu 22 Aoû - 11:08


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ANIMATION - Murphy et Elijah


Avec un peu de chance tout se passerait bien, il n’aurait pas à intervenir ou peut-être que si. Il ne pouvait pas deviner comment cela se passerait. C’était ce qu’il y avait de bien dans leur présent et en même temps c’était ce qui chamboulait tout pour celui qui avait toujours eu ce cadre très précis de l’Odyssée qui ne lui laissait pas beaucoup de marge. C’était ce qu’il fallait pour certains, peut-être pour lui à l’époque. Aujourd’hui ? Il n’en savait trop rien. Il aimait à la fois la rigueur mais commençait à se dire que c’était exactement pour ce trop de rigueur que cela n’avait jamais réellement fonctionné sur l’Odyssée. Cela fonctionnait oui, dans les faits, dans ce que l’on voyait le plus souvent : les gens marchant droit pour ne pas se donner le droit à l’erreur, mais au fond, ils ne voyaient pas tout ce qui n’allait pas. Ce n’est pas pour autant que rien allait, c’est plutôt que dans d’autre circonstances, probablement que tout aurait pu fonctionner comme aujourd’hui. Il avait l’impression que cela allait malgré quelques impairs, au sein de ce groupe, il n’y avait que l’extérieur qui était le point inconnu comme justement cet allée vers les Pikunis. Ce point d’interrogation vers leur futur. Il irait. Bien évidemment qu’il irait.

Il n’était pas pour autant des plus sereins même s’il doutait un peu moins. S’il savait certains prêts à remettre tout en question, il les supposait suffisamment malins pour ne pas tout foutre en l’air. Du moins il l’espérait. « On s'en sortait pas si bien, mais pas si mal. J'ai toujours cru que notre destin il était là-haut. » Il hoche la tête, c’était exactement ça. Jusqu’au bout ils auraient pu croire qu’ils pourraient rester dans les étoiles, dans cet infiniment grand, beaucoup plus grand qu’ici mais pourtant inatteignable. Ils auraient pu vivre là-bas jusqu’à la fin. S’ils auraient dû ? Il n’en sait rien. La terre a ses bons côtés mais elle déstabilise aussi les moins préparés. Personne ne l’était, pas même ceux envoyés sur Terre un peu plus tôt qu’eux. En prenant du recul, certains auraient pu se dire que leur vie là-haut était plus facile. C’était moins compliqué de suivre quelques directive d’un groupe formé pour les diriger que cette terre avec toutes ces tribus différentes, cette terre qu’ils ne connaissent pas vraiment, qui change avec ses dangers qu’elle leur envoie, qui ne sont pas toujours bien prévisibles même s’ils peuvent à leur échelle essayer de se protéger d’elle au mieux. « Justement, c'est ce qui fait que pour la première fois, tout est possible... » Il n’aime pas avouer qu’elle a raison mais c’est le cas. « On peut essayer, oui. » Tout est possible avec les limites que la terre et les terriens leur imposent. Ce n’est pas évident, rien ne l’est tout autant ici que là-haut. Mais il comprend  ce qu’elle veut dire. La haut ils ne pouvaient rien faire d’autre que ce pourquoi ils étaient faits. Lui devait analyser les autres, les diagnostiquer, des gardes devaient surveiller, enfermer, éjecter. Ici, ils peuvent imaginer être autre chose, essayer de ne pas suivre cette trajectoire linéaire de la vie pour eux. C’est facile pour ceux qui ne rêvaient que de ça dans leur boite métallique, pour d’autres c’est tout autre chose mais pas pour autant impossible.

Il doit paraitre fataliste à ne croire en rien de ce qu’il se passe ici pourtant s’il se méfie encore, il se déplace, ne reste pas dans les recoins de ce nouveau campement. Il a aidé à chercher un nouveau lieu, c’est qu’il croyait un minimum à un avenir possible ici mais pour le reste, c’est comme s’il y allait petit à petit par étapes qui prenaient beaucoup plus de temps que d’autres comme Murphy qui semblaient vraiment se plaire ici, comme si c’était cette deuxième vie la leur, la vraie, sans pour autant en oublier la première là-haut. Il savait que même les plus aventureux de la terre n’oubliaient pas. « On devrait sortir ensemble, un jour. L'instabilité, c'est aussi ce qui rend ce monde si cool. » Elle a l’air si insouciante comme ça Murphy de temps en temps à lancer des phrases à la volée comme pour convaincre le monde. Elle réussi presque, il n’a pas encore décidé. « Faut juste que t'acceptes qu'ici on contrôlera jamais les choses comme en haut. » Encore un point pour elle. « On semble savoir plus ou moins vers où on veut aller, ce n’est déjà pas si mal, ça me va. » Le Conseil n’a pas tant changé finalement, ils font juste avec ce qu’ils ont sous la main, les nouvelles données de la terre plutôt que du ciel. Déprimer n’était pas dans son caractère, s’interroger oui, être anxieux oui. Ne pas le montrer comme il le faisait avec Murphy tout autant. « J’imagine que je peux faire ça. » Essayer d’avoir moins le besoin de contrôle sur sa vie même si indéniablement ça restera un trait de caractère chez lui, de se dire qu’il ne laisse pas les choses au hasard comme certains aiment à le faire, de savoir ou il va, pourquoi il y va. Au fond, chacun de ses déplacements ont eu un but bien précis. Faire un tour avec Murphy c’est pas banal, c’est pas vraiment prévu non plus, c’est juste l’envie de bouger un peu sur le moment, de ne pas rester statique comme souvent. C’est une envie de bouger qui viendra souvent plus tard même s’il ne s’agit pour le moment que comme une petite promenade dans leur lieu de vie. Ils revenaient indéniablement vers ce regroupement dont ils attendaient tant. Tout se passera pour le mieux, c’est ce qu’ils peuvent se dire et c’est d’un léger sourire amusé qu’il se détend un peu dans l’enthousiasme de Murphy face à sa proposition.

C’est vrai qu’ils pourraient bouger tous les deux, voir un peu de ce qu’il se passe en dehors, du moins pour lui, c’est qu’il pourrait y aller plus souvent. Ils sont un duo qui marche plutôt bien lorsqu’il l’attend quelques minutes. Ils sont différents mais pas pour autant incompatibles pour autant. Ils savent écouter, donner leur point de vue sans pour autant s’acharner à se dire que le sien est meilleur que celui de l’autre. Chacun respecte l’autre et c’est ce qu’il apprécie chez elle d’accepter qu’il ait des points de vue différent même si elle n’est pas toujours d’accord et c’est ça aussi. Il ne demande pas à ce que l’on soit d’accord avec lui, il ne l’a jamais demandé. Ce temps de repas, c’est celui des  rencontres, des regards croisés qu’il reconnait, qu’il ne connait pas. Il ne s’avance pas pour autant vers d’autres têtes. Il trouvera un autre moment pour aller vers eux, peut-être qu’ils se croiseront en dehors d’ici, dans un lieu où ils devront pour la première fois agir tout autrement que ce dont ils ont l’habitude. « Tu veux aller voir ma maison ? Tu verras à quel point l'imprédictible peut être sympa. » Murphy revient toujours autant enjouée à l’idée de lui montrer cette maison qu’elle a retapé avec d’autres ou toute seule. « C’était le bon endroit de venir ici. » D’entre toutes les explorations qu’ils avaient pu faire, il se dit que ces petites maisons ont du charmer plus d’un d’entre eux. Lui aussi s’y est mis. Il n’a pas choisi le lieu le plus éloigné, le plus proche de toutes celles qui forment comme le centre d’un ancien petit village. « Tu as tout fini ? » Il est curieux maintenant, il n’en sait rien de si ils y sont à plusieurs, deux ou juste elle seule. Si y’a besoin d’un dernier coup de main, il peut aider, c’est pour ça aussi la question en plus de la curiosité de savoir comment elle s’y est prise, comment elle s’est dit que ça serait celle-là et pas une autre.


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Murphy Cavendish
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le Mer 28 Aoû - 1:40



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Murphy Cavendish & Elijah Callaghan
(24 avril 2118)


On avait trop souvent tendance à raccourcir les choses dans le facile et le cliché; on avait trop tendance à imaginer l'Odyssée triomphante, là-haut, en orbite autour d'une planète qu'elle avait abandonnée à son triste destin. On avait trop souvent tendance à se remémorer des souvenirs qui n'existaient pas, car là-haut, on n'avait jamais été au milieu des étoiles. On s'en était à peine approché de quelques centaines de kilomètres, distance négligeable face à l'infini qui continuait à séparer l'humanité de toutes les grandeurs interstellaires. Ils n'avaient pas côtoyé les planètes, pas plus que leurs congénères restés ancrés à leur planète mère. Ils n'avaient pas frôlé d'autres astres que cette Terre à laquelle ils avaient fini par revenir; ils avaient pris de la hauteur mais pas le large. On s'imaginait l'Odyssée comme libertaire, comme une longue aventure en mer. On se l'imaginait exploratrice et grande, on s'imaginait le voyage infini et les découvertes immenses. Après tout, on s'était approché des étoiles, non ? Lorsqu'elle rêvait aux étoiles, Murphy les voyait toutes; voilà ce que sa vie là-haut avait de si différent d'ici. Le voyage constant autour de la planète bleue était une expérience bien différente, mais elle n'envoyait pas au cœur des étoiles, ne propulsait pas sur d'autres surfaces planétaires et encore moins aux confins d'autres galaxies. C'était une erreur commune de le croire et Murphy s'y laissait parfois prendre, tant sa vie odysséenne lui paraissait loin. Mais elle n'oubliait pas que même si on la considérait débarquée d'un monde stellaire, elle n'avait jamais côtoyé de monde stellaire. Là haut ça avait été sombre, éclairé des mêmes astres qu'ici. On voyait la Terre et la Lune, on voyait le Soleil se lever plusieurs fois par jour, mais Mars était toujours aussi loin, Pluton était toujours perdue de l'autre côté du système solaire. Alors ces deux vies n'auraient pas dû être aussi différentes. Et pourtant... La liberté, c'était ici qu'elle avait pris tout son sens. Ce n'était pas là-haut qu'on pouvait réellement concevoir sa grandeur. Leur là-haut était entièrement fini, contenu dans l'espace métallique que leurs ancêtres avaient construit pour eux. Là-haut, on avait respiré un air faux sans s'en rendre compte. On avait connu la stabilité des températures et des pressions sans le réaliser, sans comprendre leur importance et les brèves joies de pluies salvatrices au cœur d'un été terrassant. Là-haut, on connaissait tout par cœur parce qu'on le côtoyait dès son plus jeune et jusqu'à n'être plus qu'un poids physique et mort dont il fallait se délester. Pour quelqu'un comme Murphy, c'était douloureux à admettre mais ça n'avait jamais sonné plus vrai : c'était là-haut qu'ils n'avaient fait que survivre, comme en attente d'être germés comme pouvaient l'être des graines en dormance. Et même sans sa mère, même sans Faust, c'était ici qu'elle s'était sentie naître, c'était ici qu'elle se sentait vivre -pour de vrai.

Alors face à Elijah, elle s'emballait peut-être un peu. On pouvait voir les étoiles vibrer dans ses prunelles, qui parlaient de ce monde avec la même passion qu'elle. Elle savait que les choses n'étaient pas aussi binaires et faciles que son discours pouvait le laisser supposer; ils avaient tous énormément perdu, ici. Ils avaient perdu des leurs, ils avaient perdu leur confort, ils avaient perdu leurs habitudes et toutes les certitudes qui leur avait été enseignées. Ce serait illusoire ou naïf de croire que la transition était aisée ou que les regrets et remords ne continuaient pas à affluer même chez les plus convaincus d'entre eux. Murphy ne tirerait jamais un trait sur sa vie d'autrefois parce qu'elle faisait partie d'elle et que c'était elle qui l'avait bâtie ; une part d'elle appartiendrait toujours aux étoiles et à ce monde qu'ils avaient abandonné au vide et aux corps de leurs ancêtres et de leurs contemporains laissés là comme un sacrifice ultime au monde auquel ils ne reviendraient plus. « Il faut essayer » Parce qu'essayer ici, de toute façon, c'était la seule option qu'ils avaient. Il fait y croire de tout son être, même lorsque les pensées les plus ténébreuses venaient titiller au milieu de la nuit -il fallait qu'une lueur d'espoir et d'envie demeure constamment, flamme prête à consumer le cœur d'une chaleur encourageante lorsque les jours y seraient à nouveau plus propices. Non, le monde qu'ils avaient connu depuis qu'ils étaient nés n'existait plus : les seuls choix qui leur étaient offert, c'était l'adaptation et la fin. S'adapter ne voulait pas dire être invincible ou dénué de doutes ; s'adapter, c'était peut-être se forcer un peu lorsqu'on traînait trop le pied, c'était chercher toujours plus loin et ne jamais se cantonner au peu qu'on avait déjà gagné, c'était accepter que ce qui avait été si évident ne l'était plus, accepter qu'il puisse falloir se réinventer complètement.

Alors il fallait se battre quotidiennement. C'était un marathon, un travail de longue haleine. On pouvait flancher parfois mais jamais très longtemps; après il devenait trop facile de sombrer et de se laisser porter par ceux qui avaient encore la force de le faire à notre place. Pour tenir le coup, il fallait quelques piqûres de rappel régulières : il ne suffisait pas d'avoir un déclic pour avancer, il fallait de précieux rappels sur la route. Il fallait se souvenir dans ses tripes de ce qui nous faisait avancer, parce que les seuls souvenirs des motivations qui nous avaient autrefois guidées ne suffisaient pas. Il fallait que le cœur et l'âme demeurent convaincus chaque jour et c'était là la lutte la plus importante de toutes. Alors si elle pouvait être ce petit brin d'énergie qui suffisait à nourrir l'étincelle d'espoir et d'envie chez Elijah, elle le serait. Elle lui montrerait les extérieurs comme jamais il ne les avait vus et il tomberait amoureux, lui aussi, d'un amour qui n'aurait rien à envier à celui des étoiles -d'un amour qui n'aurait rien d'infidèle aux étoiles. « Oui, l'objectif commun, c'est de là que tout part... » Et son absence, elle, avait le pouvoir de tout faire disparaître. Un écart et c'était un retour en arrière considérable. Rien ici n'était inaltérable, pas même la détermination des acteurs que l'on pensait convaincus. C'était pour ça qu'elle redoutait tant cette réunion à venir; parce qu'ils pouvaient en obtenir le meilleur, ils pouvaient aussi en subir le pire. « On construit enfin quelque chose, ici. » Elle l'avait tant attendu, ce pas vers l'installation. Elle avait tant attendu de faire de cette planète leur foyer. Elle avait tant attendu ce déménagement, mais elle savait que tout ici demeurait fragile et le demeurerait probablement éternellement. Il fallait juste accepter cette peur constante -c'était peut-être elle, aussi, qui donnait toute sa valeur à ce qu'ils construisaient ici. Mais si ce n'était pas la nature qui menaçait, c'était la stupidité de l'Homme. « J'espère que ça va pas être mis à mal pendant la réunion. » La proposition de Murphy, pourtant, restait en suspend, et elle n'insista pas. L'idée germerait peut-être dans l'esprit du psychologie ; si tel était le cas,  l'invitation tiendrait toujours. Ca ne voulait pas dire qu'en attendant, elle n'avait aucune carte à jouer.

Les promesses de ce monde ne résidaient pas entièrement dans la découverte et l'exploration des extérieurs. Il y avait aussi des trésors à l'intérieur des remparts qu'ils avaient érigés pour se protéger de ce qu'ils ne connaissaient pas. Sa maison, c'était l'un de ses premiers trésors. C'était là qu'elle avait précieusement et pudiquement rangé les possessions qui lui étaient les plus chères. C'était là qu'elle trouvait le réconfort de la solitude lorsqu'elle en avait besoin, même lors des mois les plus hargneux de l'hiver. En été, c'était là qu'elle s'autorisait à passer ses nuits, sous la fenêtre encore grande ouverte sur le ciel où dansaient ses vieilles amies célestes. « Oui, jpense aussi. » Elle ne put s'empêcher de penser à l'aventure qui avait failli lui arracher Antarès, mais Elijah avait raison : ici avait été la meilleure option au moment où ils en avaient fait le choix, et elle demeurait aujourd'hui et avec le recul la meilleure option. Ils étaient en terrain neutre et pouvaient décemment prétendre à ce petit bout de terre sans flouer personne; ils étaient au bord de la rivière; et ils pouvaient réhabiliter un ancien village et ses bâtiments sans avoir à partir de rien. Il n'avait guère pu y avoir meilleure option et on ne pouvait même pas dire qu'il y avait eu une concurrence sérieuse au moment de choisir cet ancien village pour en faire un foyer pour les années et décennies à venir. « Oh, heu, non... » répondit-elle, presque amusée, en désignant du bras la direction qu'ils devaient prendre. « Avec le cyclone on a... enfin ça a un peu compliqué les choses. » Son cœur se serra en pensant à Thaïs. Ce n'était pas ce que la maison avait enduré qui lui faisait le plus mal, mais de se rappeler que celle-ci avait connu de meilleurs jours encore quelques mois auparavant n'allait pas sans lui remémorer d'autres souvenirs, bien plus dramatiques, bien plus douloureux. C'était ça aussi, l'imprédictible. C'était ça qui prenait par surprise et terrassait même les guerriers les plus déterminés. Il fallait juste savoir se relever et recommencer. Persister. « Avec le printemps on va enfin pouvoir s'y remettre un peu, mais les structures communes sont toujours prioritaires. » D'un index fièrement tendu, elle désigna la maison qui se dessinait au loin, dont le terrain était accolé à d'autres terrains, eux aussi réhabilités ou non. « C'est une maison mitoyenne, on la partage avec Tennessee. »

Alors qu'ils s'avançaient vers la maison, une flèche claire fila au sol, contrastant avec la terre sombre. Murphy sourit tendrement et laissa Elijah en plan pour s'avancer vers son chien avec un entrain proche de celui de ce dernier -ce serait probablement pareil si elle avait des enfants un jour. Lorsqu'ils se furent rejoints, elle s'accroupit devant lui pour lui flatter l'encolure et lui adresser quelques mots doux qui ne lui donnaient pas l'air particulièrement intelligent. Antarès se laissait faire, manifestement heureux, après quelques aventures au sein du village, d'avoir retrouvé la compagnie de sa compagne à deux pattes. « Bah alors, t'as fait quoi de beau ? T'as fait pipi ? T'as rencontré du monde ? » Sa voix n'était pas tout à fait la sienne, mais celle que, pour une raison obscure, elle réservait exclusivement à son compagnon canidé. Elle leva le nez vers Elijah, un peu penaude qu'il assiste à ces démonstrations de tendresse. « Il devait attendre près de la maison. » Elle se redressa en se raclant la gorge, un peu gênée, et en reprenant le pas pour faire les quelques dizaines de mètres qui les séparaient de la-dite maison. « Et toi alors, t'aimes les dortoirs ou tu retapes aussi un chez-toi ? » Elle poussa finalement la lourde porte de bois -premier des gros travaux qu'elle avait faits pour s'approprier sa moitié de maison. A l'intérieur, on ne pouvait accéder qu'au rez-de-chaussée. L'escalier qui montait vers l'étage était condamné par quelques planches que le cyclone n'avait pas épargnées. Le jour et les intempéries y trouvaient facilement leur chemin. A l'intérieur on devinait encore les premiers efforts d'aménagement, et notamment la couche au fond, sous la fameuse fenêtre ouverte qui laissait apercevoir le ciel, mais le cyclone avait fait son oeuvre et Murphy, si elle avait réuni et entassé tous les morceaux de végétaux et poussières dans un coin de la pièce, n'avait pas encore pris le temps de tout jeter. Les travaux étaient eux-mêmes en travaux. « Fais gaffe où tu marches, j'ai vérifié que la toiture depuis le cyclone. » Rien ne risquait de leur tomber dessus, mais eux risquaient de tomber sur quelque chose. Antarès fila entre leurs jambes pour accéder à l'intérieur et retrouva bien vite le petit endroit qui lui était dédié non loin de la vieille cheminée qui n'avait pas fonctionné depuis des décennies. Murphy, d'une main tendue, désigna la banquette encore pleine de poussière. S'il n'avait pas peur de se salir, ce serait sans doute l'endroit le plus confortable où il pourrait s'installer.
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