Aller en bas
Murphy Cavendish
DATE D'INSCRIPTION : 06/12/2015 PSEUDO/PRENOM : Lux Aeterna MULTICOMPTES : Nuna Cortez MESSAGES : 39249 CELEBRITE : Sophia Bush COPYRIGHT : Avengedinchains ♥ (vava) Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) METIER/APTITUDES : Conseillère diplomate; militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. POINTS GAGNES : 1377
Voir le profil de l'utilisateur

Take a bow (Cassandre) Empty Take a bow (Cassandre)

le Jeu 21 Juin - 1:41


❝ Take a bow ❞
Murphy Cavendish & Cassandre Darcy
(19 juin 2118)


L'hiver cantonnait aux intérieurs. Ce n'était pas un grand mystère que les nouveaux arrivés avaient encore du mal à se faire aux froids ardus. Murphy se considérait parmi les plus impactés par ces mois qui paralysaient les troupes. Ils lui imposaient une parenthèse dans ses activités de découvertes et d'exploration. Elle devait se contenter des patrouilles qui demeuraient nécessaires à la protection de tous. Les dangers n'avaient pas grand chose à faire des températures ou des épais tapis de neige. Alors lorsqu'elle quittait le camp, ce n'était jamais pour aller bien loin ou s'aventurer dans des contrées inexplorées. Elle suivait les parcours établis par les troupes et devait s'en contenter. Antarès aussi, devait s'en contenter. Il chassait toujours avec le même enthousiasme, mais préférait gambader sur les terrains dégagés du village que dans les hauteurs enneigées de la forêt. C'était le premier hiver qu'ils passaient dans ce village, et quelque part, Murphy trouvait du réconfort dans les bâtisses qui les abritaient. Elles étaient plus solides, mieux isolées. On se sentait chez soi, enfin. Mais chez soi devint vite bien trop étriqué pour Murphy.

Le printemps fut une renaissance pour la forêt mais aussi pour celle qui pouvait à nouveau la pratiquer. Les fleurs tachaient à nouveau les environs de lueurs multicolores, les oiseaux reprenaient leurs chants étranges, les animaux courraient sortaient de terre, les arbres se paraient de leurs atours tissés de chlorophylle. Et Murphy se mélangeait à nouveau à tous ces éléments. Antarès était peut-être le premier heureux de retrouver le monde sauvage et tous les repas qui y gambadaient, réveillés par les températures plus clémentes, mais sa maîtresse ne parvenait pas à s'ôter de l'esprit que c'était probablement elle qui se sentait le plus renaître. La forêt était devenu un besoin physiologique. Elle était à la fois synonyme de calme et d'aventure, de silence et de tous les bruits du monde. Enfermé dans le village, on oubliait trop vite ce qui se trouvait au-delà des remparts qu'il avaient élevés. Pour Murphy, les alentours étaient un terrain de jeu. Elle avait retrouvé son terrain de jeu, elle il n'avait de cesse de s'agrandir. On était monté chez les Terriens, on avait échangé quelques propositions, et les choses avançaient. Ce n'était plus seulement elle ou Antarès qui revivait. Ce n'était plus seulement la forêt qui retrouvait de ses couleurs. Le monde entier semblait décidé à sortir de sa torpeur. Le monde entier, ou peut-être au moins le sien, et c'était déjà pas mal.

Parfois, il n'y avait pas meilleure compagnie qu'un peu de solitude. Elle permettait de tout entendre, tout sentir, tout voir, mais pour Murphy, elle avait très vite ses limites. Elle ennuyait trop les siens en rentrant après quelques aventures qui lui tardaient de partager. Les vivre avec l'un d'eux, c'était encore mieux. Beaucoup trop rare, mais beaucoup mieux. Il ne fallait pas grand chose de fou. Juste un proche, un ami même, pour partager une escapade. Peut-être lui montrer avec fascination et enthousiasme tout ce qu'elle avait découvert d'elle-même au fil des mois qui s'étaient écoulés depuis leur installation. Probablement lui faire visiter les coins qui lui plaisaient le plus, qui se démarquaient des arbres tous semblables les uns aux autres. Il demeurait un lieu secret, pourtant, qui n'avait pourtant pu échapper à tous ceux qui s'étaient aventurés suffisamment loin. Mais elle y avait traîné quelqu'un sans le vouloir et il avait perdu de son sacré; il était hors de question qu'elle y associe quelqu'un d'autre encore que celui qui en avait fait sa grandeur. Plus tard, peut-être. Maintenant, sûrement pas.

Et puis, il y avait une promesse qui était restée en suspend trop longtemps. A force de ramener fièrement aux cuisines des trophées qui n'étaient pourtant pas les siens, elle avait gagné en exercices et en dextérité lorsqu'il s'agissait de transformer un cadavre de petit mammifère en repas. Cassandre avait été sa professeure privilégiée, si ce n'était sa seule professeure. Murphy pouvait aujourd'hui se targuer de plutôt bien se débrouiller lorsqu'elle se retrouvait face à un cadavre animal sans aucune aide extérieure prête à voler à son secours. Elle savait sauver viande et fourrure, cuisiner la première juste suffisamment bien pour ne risquer aucune maladie, et préserver la seconde suffisamment longtemps pour l'amener aux tanneurs spécialisés du village. Grâce à Antarès, elle attrapait de la viande, posait un pied sur le terrain des chasseurs qui avaient fait de l'exercice leur activité principale. Grâce à Cassandre, elle savait gérer ce que son chien ramenait, la gueule ensanglantée, une fois qu'il s'était lui-même repu de tout ce qu'il avait pu chasser avant. Et les invitations de Murphy à Cassandre à la rejoindre pour chasser étaient restées en suspend bien trop longtemps, confrontées à l'hiver rude, puis aux priorités de reconstruction. Mais parfois, il fallait savoir s'accorder quelques priorités soi-même.

Elle l'avait pêchée aux cuisines, en pleine fin de service, alors que les derniers retardataires finissaient encore leur déjeuner. En sortant du réfectoire avec la jeune fille à ses côtés, Murphy présenta son arc, ses flèches, et les deux couteaux qui ornaient ses cuisses. « Mais notre meilleure arme est... » En sortant du bâtiment, ses prunelles durent se faire à l'éclat lumineux caractéristique de ces beaux jours de Juin. Elles cherchèrent pendant quelques instants l'arme en question, qui finit par courir vers le duo pour faire sa fête à la cuisinière. « ... en train de te baver dessus. Ouais, c'est notre arme. » Elle soupira, attendrie, face à toute l'affection que démontrait Antarès. « Alors c'est comme tu veux. On peut s'entraîner à l'arc ou directement tenter la chasse. » Elle l'arrêta un instant en posant sa main sur son bras. « En vrai j'ai envie de sortir et de chasser. Si besoin, on pourra faire un peu d'arc dehors. » Son sourire retenu laissait entendre tout l'enthousiasme qu'elle tentait de maîtriser. « Antarès a déjà bien bouffé pendant ma patrouille de ce matin. Du coup il est de notre côté, pas de celui de son estomac. » Elles remontaient doucement vers la grande porte du village, sous le soleil écrasant de ce début d'été. Murphy avait déjà hâte de retrouver la fraîcheur et l'abri de la forêt. Dans son sac, il y avait même de quoi se faire un petit goûter, mais chut, c'était une surprise. Inutile de tenter les papilles d'une cuisinière trop en avance, elle ne pourrait qu'être déçue par les quelques baies que la militaire avait mises de côté pendant sa patrouille.
Admin - Falling Away with You
Cassandre Darcy
DATE D'INSCRIPTION : 23/09/2016 PSEUDO/PRENOM : MysteryLight MULTICOMPTES : Liam, Near, Elijah, Saoirse, Jade MESSAGES : 3138 CELEBRITE : Natalia Dyer COPYRIGHT : Sarasvati (ava) gif profil Murphy ** Signa, Sial (Alaska) gif loudsilence. Chat Rugibineux (gif profil) METIER/APTITUDES : Cuistot TRIBU : Odyssée POINTS GAGNES : 104
Voir le profil de l'utilisateur
Admin - Falling Away with You

Take a bow (Cassandre) Empty Re: Take a bow (Cassandre)

le Mar 24 Juil - 14:55




Take a bow


Murphy & Cassandre, juin 2118


Elle n’avait pas profité de l’invitation des terriens pour se joindre à eux chez les Pikunis. Elle n’était pas méfiante mais préférait laisser faire ceux qui savaient parler de tout ça, c’était mieux ainsi puis elle était bien dans ce campement qu’ils avaient mis du temps à construire même si elle ne se voyait pas vraiment habiter dans un endroit à elle. Elle avait bien aidé à retaper des petites maisons ci et là mais se sentait toujours un peu mieux dans la grande bâtisse qui les avait bien accueillit lors de la tempête et qui avait de plus évité que quelqu’un ne se blesse. C’était rassurant cette grande bâtisse, cet endroit qu’ils avaient finalement trouvé, enfin pas elle mais ceux qui encore une fois étaient partis en exploration. Murphy en avait fait partie mais elle ne se souvenait plus si elle était venue ici ou ailleurs enfin c’était du passé tout ça maintenant, le principal était qu’ils avaient pris du temps avant de trouver ce terrain et qu’ils ne pensaient pas en changer de sitôt, du moins, c’est ce qu’elle espérait parce que préférant la stabilité, elle n’avait pas trop envie qu’ils changent sans arrêt de lieu de vie.

Il y avait la question des habitants de cette planète qui n’accepteraient probablement pas qu’ils s’approprient à nouveau un lopin de terre alors ça la confortait dans l’idée que cet endroit serait le leur pendant encore un bon bout de temps. Elle l’aimait bien cette endroit avec cette cuisine peut-être un peu plus solide que la précédente, un peu plus en brique tout en étant ouvert vers l’extérieur pour échapper aux odeurs, pour aérer, c’était assez important pour ne pas tourner de l’œil à force d’odeurs trop fortes si l’on était pas habitué. Elle était contente d’être avec d’autres en cuisine parce que cela rendait la tâche un peu moins ardue surtout lorsque tout ce beau monde se décidait à manger en même temps même s’il y avait toujours des retardataires. Elle fit signe à Murphy en la voyant, aujourd’hui c’était lapin et champignons, des bons, elle avait vérifié avec les autres plusieurs fois avant de servir, c’était toujours la crainte qu’un mauvais se mélange dans une cueillette pourtant prometteuse. Ils avaient leur propre potager là aussi mais il y avait toujours ceux qui adoraient récolter dans les bois, dans ces coins qu’ils connaissaient plus que les autres. Une erreur pouvait toujours arriver, l’erreur était humaine après tout. Elle s’était échappée avec plaisir des cuisines promettant de revenir au plus vite avec ce qu’elle aurait ramassé cette après-midi car c’était sur si elle passait la journée avec Murphy, ce ne serait pas pour rester au campement et elle était à la fois curieuse et anxieuse à l’idée de ce qui l’attendrait même si elle s’en doutait quelque part, elle n’avait pas oublié cette idée d’aller chasser avec la brune.

Elle regarda Murphy lui présenta les armes en se disant que tout ce qu’elle avait eu dans les mains même en étant en dehors du campement était un couteau de cuisine. Grand, certes, aiguisé, certes mais c’était tout autre chose que ceux réellement prévus pour la chasse. « Mais notre meilleure arme est... » Tellement occupée à observer la panoplie d’armes de son amie qu’elle n’avait pas fait réellement attention à Antarès. Mea culpa pourtant le chien savait qu’elle l’adorait. « J’en doute pas un seul instant. » Elle s’accroupit un moment pour lui gratouiller le dessus du crâne. « C’est bête, j’pensais que la technique des yeux doux fonctionnait aussi en chasse. » C’est sur que ça aurait été plus facile. Elle préférait nettement quand l’animal arrivait déjà mort dans les cuisines, n’était pas très à l’aise dans l’idée de tuer même si elle savait qu’ils ne le faisaient que pour qu’ils aient assez de nourriture pour tout le monde et non par simple plaisir. Elle se releva et sembla hésiter. Entre l’arc et la chasse hein ? Elle ne savait pas si elle serait plus douée à l’un ou à l’autre. Elle était plus douée à l’observation ça c’était certain mais l’arc, c’est qu’elle serait capable de blesser quelqu’un par nervosité. « Qui t’a appris toi ? » Elle était curieuse, ils n’avaient pas pu s’exercer sur le vaisseau alors il avait bien fallut que Murphy commence quelque part, un jour, en forêt. « En vrai j'ai envie de sortir et de chasser. Si besoin, on pourra faire un peu d'arc dehors. » Cassandre hocha la tête avec un sourire, elle se disait bien que la jeune femme avait la bougeotte. « Comme ça on pourra voir dans quel domaine je suis la moins pire. Puis j'en profiterais pour te dessiner en action, un souvenir fait maison ! » Elle plaisantait un peu, ne s’imaginait pas du tout avec un arc en main. Le couteau était l’arme qu’elle utilisait tous les jours sans le savoir même si ce n’était pas toujours pour se défendre. Elle ne savait pas comment l’utiliser en cas d’attaque contre elle mais elle se sentait plus sereine déjà avec un couteau qu’avec une arme aussi grande qu’un arc. « Antarès est toujours de ton côté. » Malgré l’estomac, ça elle en était certaine. Elle poursuivit avec un sourire, curieuse de voir ce que Murphy avait prévu pour elle en cette journée qui s’annonçait radieuse. « J’te suis, tu dois connaitre la forêt comme ta poche. » L’endroit avait du changer avec le cyclone c’était certain mais la nature reprenait facilement ses droits comme elle l’avait fait plus d’une centaine d’années plus tôt.



— code by lizzou —

Murphy Cavendish
DATE D'INSCRIPTION : 06/12/2015 PSEUDO/PRENOM : Lux Aeterna MULTICOMPTES : Nuna Cortez MESSAGES : 39249 CELEBRITE : Sophia Bush COPYRIGHT : Avengedinchains ♥ (vava) Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) METIER/APTITUDES : Conseillère diplomate; militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. POINTS GAGNES : 1377
Voir le profil de l'utilisateur

Take a bow (Cassandre) Empty Re: Take a bow (Cassandre)

le Sam 18 Aoû - 0:00


❝ Take a bow ❞
Murphy Cavendish & Cassandre Darcy
(19 juin 2118)


A dire vrai, Murphy n'avait pas de plans précis pour l'après-midi. Dès qu'elle avait été sûre d'arriver à piéger Cassandre pour qu'elle l'accompagne, elle s'était monté plusieurs scénarios possibles. Depuis qu'elles parlaient de laisser les cuisines de côté pour s'aventurer ensemble sur le terrain de la militaire, elle avait eu tout loisir de penser à ce qu'elle voulait montrer à Cassandre. Ca lui prenait parfois qu'elles étripaient un lapin ensemble, souvent quand elle vadrouillait seule et qu'elle imaginait le sourire de la brunette face à l'aventure qu'elle vivait. Depuis un bon moment maintenant, il n'agissait plus seulement d'un instinct de survie qu'elle souhaitait insuffler à sa cadette, mais de moments à passer ensemble. Bien entendu, Murphy n'oubliait pas que la survie de chacun dépendait de l'étendue de leurs capacités et de leur désir d'apprendre. Et bien sûr, elle savait qu'en groupe, ils pouvaient se permettre de disperser et répartir les connaissances. Mais elle savait aussi avec l'expérience qu'il suffisait parfois de quelques heures pour se retrouver confronté à soi-même et à ses propres capacités à survivre. Alors il fallait savoir s'abriter, se protéger, se défendre. Et si on ne trouvait pas une issue à la situation très rapidement, il fallait aussi apprendre à manger et le long terme était encore plus dur. A mesure du temps qui défilait, lorsque sa survie ne dépendait que de soi-même, chaque détail pouvait être fatal. De l'eau qui manque, des températures peu enclines à la survie sans que l'on soit capable de s'en protéger, une intoxication alimentaire... même si tout le reste filait droit, un seul faux pouvait suffire. Et il avait suffi des premières semaines passées sur Terre en tant que Débarqués pour le comprendre. La plupart des pertes avait été dénombrées à l’atterrissage et aux jours qui avaient suivi. On ne s'adaptait pas ou on s'adaptait de force. L'équilibre qu'ils avaient trouvé leur convenait à peu près, mais Murphy le savait, il était encore fragile. C'était leur communauté qui les faisait vivre, mais leur communauté ne servait à rien à quelqu'un qui s'était perdu un peu trop longtemps en forêt. On faisait confiance aux autres, mais il fallait aussi se donner à soi-même des raisons de se faire confiance, et ça passait par l'apprentissage. La route la plus longue de toutes.

Mais l'apprentissage n'était pas seulement un devoir, encore moins une corvée. C'était un moteur en soi-même, et à chaque fois qu'elle s'aventurait à l'extérieur, Murphy pouvait ajouter une raison de plus d'être reconnaissante de ce monde qui l'entourait. Bien sûr, il pouvait être leur pire ennemi, mais il fallait apprendre et savoir ôter ces œillères conditionnées par l'inquiétude constante des nouveaux venus. Et c'était aussi ça qu'elle voulait montrer à Cassandre, peu importe la façon dont elle le ferait. Ca passerait par un peu de chasse, certainement, quelques bases en maniement des armes, peut-être, et par une promenade par les coins qu'elle affectionnait particulièrement autour du village, avec certitude.

Alors quand elle retrouva Cassandre, ses idées n'étaient pas encore arrêtées. Elle savait qu'il était temps de quitter le village et de vadrouiller dans tous ces coins qu'elle avait listés depuis qu'ils étaient là et qu'elle découvrait les environs. Mais du reste, de la façon dont elles répartiraient leurs activités, elle ne savait pas grand chose. Peut-être fallait-il aussi laisser jouer une part de hasard; peut-être que les réponses seraient évidentes au point où les deux brunes ne se poseraient jamais vraiment la question de quoi faire en premier ou quoi faire ensuite. Elle avait préparé tout l'attirail dont elle disposait habituellement. Il s'agissait d'armes, de ses deux fidèles couteaux qu'elle trimbalait partout depuis qu'ils étaient sur cette planète, de son arc et des quelques flèches qu'elle fabriquait dès que le temps et le matériel lui étaient disponibles. Il s'agissait aussi de tout ce que son sac pouvait contenir pour une virée de la sorte : le matériel basique, comme la vieille boussole de Faust, une gourde remplie ou un pull; ou une boîte métallique regorgeant de baies de printemps récoltées un peu plus tôt, prêtes à être dévorées pour le goûter. Pendant une seconde, en préparant son barda, Murphy n'avait pu empêcher son cœur de se serrer. L'image de Thaïs dévorant le contenu de sa boîte de métal s'était imposée à son esprit. Il y avait de ces aventures intemporelles qui restaient marquées par le temps et les compagnons. Thaïs avait trop marqué celles de Murphy pour ne pas y laisser son empreinte, mais ainsi était faite la vie, ainsi était maintenant fait leur quotidien. Les souvenirs ne devaient pas nous retenir en arrière, ils devaient nous porter vers l'avant. Dans un soupir mais triste mais déterminé, elle avait glissé la petite boîte dans son sac, bien décidée à voir Cassandre se régaler de son contenu, elle aussi.

Cette pointe de mélancolie s'était évaporée au moment précis où elle avait reconnu Cassandre, un peu plus loin, qui la rejoignait. Le sourire qui étira ses lèvres était sincère et l'éclat dans ses prunelles pouvait en attester. Elle baissa le nez vers Antarès, attendrie par l'affection que lui offrait la jeune fille. Aux paupières mi-closes du chien, Murphy savait qu'il savourait ces retrouvailles autant que la cuisinière. Leur meilleure arme avait le cœur tendre. « Tu peux toujours essayer... mais je suis pas sûre que ça soit la technique qu'utilise Antarès. Tu risques de voir les steaks prendre la poudre d'escampette avec leurs petites pattes. » Un haussement de sourcils taquin plus tard, elle posait quelques questions à Cassandre pour essayer de défricher les plans de la journée. Mais elle avait déjà quelques réponses... il était hors de question de rester entre les quatre murs du village. Maintenant que les conditions étaient enfin réunies pour qu'elles puissent s'évader des cuisines ensemble, c'était inconcevable de laisser passer cette chance. Cassandre, quant à elle, semblait un peu moins enthousiaste à l'idée de vadrouiller dehors. Murphy ne pouvait pas lui en vouloir; l'un des objectifs de ces prochaines heures était d'atténuer cette appréhension. « J'ai appris avec Richard. On a galéré ensemble pendant un temps » Avec papy, s'était-elle retenu de dire. Le projet de l'arc s'était étendu sur plus de temps que ce qu'elle avait eu la patience de compter, mais la confiance en ses capacités d'archère grandissait graduellement, avec le temps et l'expérience. Elle avait toujours aimé et été douée dans tout ce qui demandait de la visée. L'arc semblait être une arme maîtresse, si ce n'était l'arme maîtresse, dans le domaine du combat à distance. Bander un arc était un exercice bien différent du lancer de couteau ou de n'importe quoi d'autre d'approchant, mais elle était redevable à sa nouvelle arme de lui permettre de laisser ses projectiles tranchants derrière elle. Quelques morceaux métalliques dans les poches ne s'appelaient pas des armes, et ils l'avaient sans doute accompagnée plus pour la rassurer que parce qu'ils étaient redoutables.

Sortir, sortir. Au moins sur ce point, Murphy ne comptait pas lui laisser le choix. A la réflexion de la jeune fille, elle s'arrêta subitement de marcher et posa la main sur la taille pour lui offrir une pause de mannequin. « Une image de belle gosse, j'espère. » Elle éclata de rire en reprenant la marche, enlaçant la jeune fille par l'épaule pendant quelques instants. « Sois pas si pessimiste, c'est comme tout, ça s'apprend. » Elle visualisait déjà le terrain d'entraînement qui avait été l'un des siens quand s'améliorer en archerie avait été l'une de ses priorités. Dehors, c'était toujours plus calme. Il fallait garder l’œil ouvert, mais on éloignait la probabilité d'un accident. « Antarès ? » Elle jeta un coup d'oeil au chien, qui trottait devant elles alors que le petit trio rejoignait tranquillement la grande porte du village. « Tu l'as jamais vu chasser... » Lorsqu'elle le sortait pour qu'il puisse faire ses courses dans la forêt, Murphy savait qu'elle n'existait plus vraiment pour lui. C'était comme ça, c'était l'ordre logique des choses. C'était sa seule façon de se nourrir et elle préférait le savoir vivre son instinct de chasseur que d'avoir déformé son caractère au point pour lui de mettre sa maîtresse tout en haut de sa hiérarchie de priorités. Murphy était prioritaire... lorsqu'aucune proie ou sorte de gourmandise n'entrait en ligne de compte. « Mais on va y remédier. »

Enfin arrivés devant la porte, ils s'arrêtèrent un instant. Antarès la grattait déjà impatiemment, sachant pertinemment ce qui l'attendait de l'autre côté. D'un geste de la tête poli, Murphy ordonna aux gardes en faction d'ouvrir le portail pour les laisser passer. Dès le début de l'entrebâillement, le chien glissa et passa du côté de la liberté. « Je sais pas, toutes mes poches sont différentes », lâcha-t-elle, taquine, en haussant les épaules, passant à son tour la porte. Lorsque celle-ci se referma derrière elles, elle ajouta : « on peut aller dans le coin où je m'entraîne, déjà. C'est pas mal pour le tir-à-l'arc. » Elle pointa la direction du bras. Antarès, pour une raison qui demeurait obscure à la brune, restait à leurs côtés. Il était peut-être conscient que l'heure de la chasse n'était pas encore venue, pas s'il voulait un public. Tout viendrait à point à qui savait attendre.
Admin - Falling Away with You
Cassandre Darcy
DATE D'INSCRIPTION : 23/09/2016 PSEUDO/PRENOM : MysteryLight MULTICOMPTES : Liam, Near, Elijah, Saoirse, Jade MESSAGES : 3138 CELEBRITE : Natalia Dyer COPYRIGHT : Sarasvati (ava) gif profil Murphy ** Signa, Sial (Alaska) gif loudsilence. Chat Rugibineux (gif profil) METIER/APTITUDES : Cuistot TRIBU : Odyssée POINTS GAGNES : 104
Voir le profil de l'utilisateur
Admin - Falling Away with You

Take a bow (Cassandre) Empty Re: Take a bow (Cassandre)

le Mer 3 Oct - 1:55




Take a bow


Murphy & Cassandre, juin 2118


Elle aimait beaucoup Murphy. C’était quelqu’un de très naturel mais qui pouvait garder le sérieux parfois, bien plus qu’elle en y repensant mais elle avait plus de responsabilités qu’elle alors c’était plutôt logique d’un côté mais la voir citer Antarès comme arme principale la faisait sourire. Elle n’en doutait pas. A l’époque elle avait lu qu’à un certain moment il y avait eu des chiens réputés pour la chasse. Elle se souvenait des images vues dans les archives. Elle n’avait pas si souvent eu la passion pour la chasse ou la cuisine mais c’était une documentation toujours utile à avoir pour le jour où ils devraient descendre sur Terre. Elle n’avait pas eu d’instinct lui disant des années plus tôt qu’ils devraient un jour où l’autre descendre sur la terre mais même si elle s’était fait totalement à cette vie sur l’Odyssée, un espoir de redescendre sur terre ne n’était jamais réellement éteint. Ce qu’elle n’avait jamais imaginé par contre c’est qu’il se déroule ainsi avec tous ces morts dont elle n’aurait pas voulu connaitre le visage. Bien plus que des mois s’étaient passés depuis lors et si elle vivait mieux la perte de ses proches c’était grâce à quelques personnes dont Murphy qui ne l’avait jamais trouvé collante ou montré à quel point elle avait pu l’être par moments avant qu’elle ne juge qu’après quelques semaines passées dans les pattes de ceux qui voulaient bien d’elle, qu’elle pouvait être présente à leur côté sans être envahissante puisqu'elle aussi avait eu des choses à faire, des plats à préparer, de quoi lui garder l'esprit occupé.

Descendre sur Terre l’avait fait grandir bien plus que toutes ces années passées sur l’Odyssée même si personne ne lui disait bien évidemment qu’elle paraissait dix ans plus que son âge. Elle avait ses réactions encore de femme enfant et lorsqu’elle voyait Antarès à leurs côtés, c’était le sourire un peu naïf d’être contente d’avoir ce camarade qui ne boudait jamais ses gratouilles et bouts de viande qui trainaient par là. C’est qu’il était un être vivant comme les autres et qu’il aidait comme les autres y’avait pas de raison même si elle se doutait qu'il profitait des explorations avec murphy pour se nourrir à son tour, il ne boudait jamais ses petits morceaux qu'elle lui réservait bien souvent.

C’est sur les yeux doux pour la chasse ça aurait été plus facile. Ne pas voir l’animal que l’on devait tuer devait l’être encore plus. Elle n’était pas certaine d’être faite pour ça, elle était bien plus sereine lorsque l’animal était déjà mort, chacun son travail mais Murphy visait juste, il y aurait bien des moments où il n’y aurait personne d’autre qu’elle pour se nourrir et ce même si elle prenait le temps bien souvent de toujours partir accompagnée de quelqu’un ou d’une petite ration pour la journée, elle n’était pas une très grande mangeuse après tout, comme tous ici. Enfin c’était peut-être différent pour certains depuis qu’ils étaient arrivés sur terre : ils ne mangeaient plus la même chose, c’était désormais un peu plus varié, pas forcément équilibré mais bon ils essayaient.

Elle avait parlé dessin peut-être pour détourner l’attention de la patrouilleuse mais savait pertinemment qu’elle ne se laisserait pas berner longtemps, bien rapidement elle allait revenir sur ce pourquoi elles partaient, ce pourquoi Cassandre avait accepté de venir. Si c’était elle ou la plus grande qui avait fait cette proposition quelques mois plus tôt alors qu’ils s’occupaient du lapin, elle ne savait pas trop, tout ce qu’elle savait c’est qu’elle avait donné son accord et qu’elle n’était pas du genre à se débiner même si elle ne se sentait pas du tout capable de bien se débrouiller avec tout cet attirail d’arme que lui avait montré Murphy. « Pas les yeux doux hein. » Elle parlait a Antarès qui aboya comme pour lui donner la réponse à l’affirmative et elle hocha la tête comme pour signaler au chasseur né et à la chasseresse qu’elle avait compris même si cela ne la rendait pas bien euphorique. Elle apprendrait évidemment mais ne chasserait jamais plus que le nécessaire pour survivre si elle était bonne à quelque chose d’autre que la cuisine ou tout était facile ou rien ne bougeait, ou il n’y avait pas la nature pour vous jouer des tours au moment de l’attaque sur le gibier. Cassandre hoche la tête, compréhensive. Sur l’Odyssée tout était prêt, tout l’est encore pour la plupart des Odysséens aujourd’hui. Certains s’en contentent d’autres non, d’autres préfèrent se débrouiller tout seul et Cassandre les envie quelque part parce qu’elle sait pertinemment qu’elle ne pourrait juste pas faire un bout de chemin sur la terre toute seule. Elle n’avait jamais vraiment été seule, s’était toujours débrouillée pour ne pas l’être en tout cas. « J’imagine. » Elle n’allait pas faire de monologue pour le pourquoi de cette difficulté qu’ils avaient eue au départ : ils l’auraient tous, savaient pertinemment pourquoi c’était si difficile dès le départ, pourquoi les terriens qu’elle avait rencontré les pensaient assez souvent au début plutôt fragiles parce qu’ils n’avaient pas connu la difficulté de la terre. Ce qu’ils ne comprenaient pas tout de suite était qu’ils avaient connus d’autres difficultés. Chacun son problème. Mais aujourd’hui elle ne pouvait le dire alors qu’elle vivait sur leur terre et aujourd’hui elle allait tenter d’apprendre ce qu’ils avaient du apprendre tous très tôt, bien plus tôt qu'elle.

« Une image de belle gosse, j'espère. » Cassandre la rejoignit bien facilement dans son rire, cela faisait du bien de sortir des cuisines, de sortir du campement même si ça lui était arrivé, d’aller loin en plus - du côté de la mer - mais elle avait eu son salut qu’avec la présence d’une débarquée qui avait bien faillit lui ôter la vie par mégarde. C’était une rencontre toute nouvelle mais le chemin de vouloir apprendre à s’en sortir même si elle n’était pas très sur d’elle avait réellement commencé à partir de ce moment-là. Ses épisodes d’escapades n’étaient jamais bien longs et toujours entrecoupés de grandes pauses en retour au campement comme si le goût de l’aventure partait aussitôt dès l’aventure terminée, comme si ça l’épuisait plus facilement, qu’elle avait besoin de temps à autre aussi, de rester dans ce nouveau campement qu’elle avait aidé à construire (un peu) des mois auparavant. Pessimiste, elle ne l’était pas tant d’habitude mais généralement elle ne se retrouvait pas si souvent devant l’inconnu qu’était ce qu’elle allait découvrir aujourd’hui. Y’avait cette part de curiosité mais également cette anxiété qui venait là sans qu’elle ne puisse vraiment la contrôler. Si on tentait de la décrire, probablement que le mot pessimiste n’aurait jamais été cité. Du moins jusqu’à aujourd’hui pour cet apprentissage inédit en pleine nature.

Elles s’étaient avancées en parlant et  Cassandre pouvait voir qu’Antarès avait besoin de beaucoup se dépenser, tout comme de chasser, c’était vrai, elle ne l’avait jamais vu dans ces conditions, c’était une petite nouveauté que de voir cette adorable bouille revenir peut-être la gueule en sang venant d’un autre animal. Peut-être pas tout de suite puisqu’il ne pourrait pas aller bien loin enfin elle n’en savait rien, elle ne savait même pas si ça lui était arrivé un jour à Murphy d’appeler Antarès pendant plus d’une dizaine de minutes sans savoir où il pouvait bien être. La forêt lui paraissait si grande, il était bien facile de s’y perdre. « Tu me fais visiter ? Cet endroit il a du en voir de toutes les couleurs. » Sourire en coin, elle voyait bien l’endroit mais ce dernier avait une histoire et Murphy et Antarès étaient ces protagonistes, c’était tout naturel cette question. Tout comme la suivante qui concernait Antarès qu’elle voyait déjà filer même si elle avait cru comprendre que la chasse ce n’était pas pour tout de suite pour le chien. « Dis Murphy, as-tu déjà perdu Antarès ? » Peut-être que oui mais pas souvent, plus maintenant, du moins, elle l’espérait. Elle espérait que la petite boule de poil s’était faite à leurs présences depuis l’temps qu’elle s’était totalement faite à la sienne. Chasseur ou pas, ça ferait comme un vide s’il venait à disparaitre.

— code by lizzou —

Murphy Cavendish
DATE D'INSCRIPTION : 06/12/2015 PSEUDO/PRENOM : Lux Aeterna MULTICOMPTES : Nuna Cortez MESSAGES : 39249 CELEBRITE : Sophia Bush COPYRIGHT : Avengedinchains ♥ (vava) Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) METIER/APTITUDES : Conseillère diplomate; militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. POINTS GAGNES : 1377
Voir le profil de l'utilisateur

Take a bow (Cassandre) Empty Re: Take a bow (Cassandre)

le Lun 8 Oct - 1:24


❝ Take a bow ❞
Murphy Cavendish & Cassandre Darcy
(19 juin 2118)


Les alentours du village, Murphy était en passe de les connaître aussi bien que ceux de leur ancien campement. Ca ne faisait qu'un an qu'ils fréquentaient les lieux et l'hiver avait interrompu les expéditions les plus complètes et enrichissantes. Mais dès que les premiers rayons de soleil avaient fait fondre les neiges, la patrouilleuse était sortie de sa léthargie immobilisante des mois les plus froids. Il était temps de reconquérir le monde.

Et conquérir le monde passait aussi par le partage. C'était dans la solitude qu'elle découvrait le mieux, parce qu'elle aimait la liberté qui l'accompagnait. Elle était alors la seule responsable de la direction qu'elle prenait, la seule décisionnaire dont elle dépendait. Elle n'avait sans doute jamais autant appris que lorsqu'elle avait été confrontée à sa seule et propre personne. Ne dépendre de personne était libérateur; ça permettait de se découvrir des qualités et des capacités insoupçonnées. Lorsque Murphy était seule, dehors, dans un univers qu'elle ne connaissait que vaguement, elle ne dépendait de personne d'autre qu'elle-même. Forcée à observer et à apprendre vite, elle avait aujourd'hui emmagasiné un nombre d'informations dont elle ne se rendait plus compte. Elle savait appréhender la plupart des dangers avant d'y faire face, et rendre prévisibles ceux qui pouvaient l'être. Elle savait reconnaître le raisonnable de ce qui dépassait de loin les limites du rationnel. Et si la solitude n'allait pas sans quelques caractères qu'elle appréciait moins, Murphy avait appris à se contenter de sa seule compagnie et, un peu plus tard, à celle en pointillés de son compagnon canidé. C'était un équilibre parfait qu'elle avait trouvé avec Antarès. Il n'était pas de toutes ses sorties mais de la plupart d'entre elles, et elle aimait l'entendre chasser au loin et le voir revenir, les babines pourpres du sang de la bête dont il venait de faire un festin. Mais si elle avait trouvé dans cette solitude un point de vue différent et une façon plus que bienvenue de découvrir le nouveau monde dans lequel elle évoluait, Murphy ne l'apprécierait probablement jamais autant que la compagnie des autres. Elle vivait pour les autres, les sourires les rires, les longues conversations ou celles, plus courtes, qui se suffisaient à elles-mêmes. Elle vivait pour le partage de moments et de connaissances, et si elle s'enfonçait régulièrement et seule dans la grande forêt, c'était pour ramener aux siens de quoi avancer, de quoi continuer, de quoi construire quelque chose. Les observations avec lesquelles elle rentrait au bercail, elle les partageait avec les cartographes, les biologistes, les militaires. Elle avait ramené quelques conseils d'Isdès au Conseil, qu'elle avait fait glisser par Wyatt. Lorsqu'Antarès lui offrait de la viande fraîche, elle la ramenait fièrement en cuisine et toujours sans oublier de vanter les mérites de son compagnon. Cassandre était devenue son interlocutrice préférée lorsqu'elle se glissait dans les coulisses du réfectoire. C'était elle qui avait réussi à lui faire sauter le pas de dépeçage. Sans aller jusqu'à dire que c'était un exercice dans lequel elle était parfaitement à l'aise, elle avait appris que la nécessité pouvait lui donner des capacités hors du commun lorsqu'il s'agissait de réduire l'animal à sa fonction de repas. Les leçons de Cassandre lui avaient permis de subsister loin du village. Elle avait la chance d'avoir un chasseur à ses côtés, maintenant; si elle n'avait que la moitié du travail à fournir pour avoir de la viande à se mettre sous la dent, alors c'était un sacrifice qu'elle devait être prête à assumer.

Mais la symétrie était tout aussi vraie. On apprend à cuisiner l'animal mort, mais il faut apprendre à tuer l'animal pour l'avoir entre les mains et prêt à se transformer en blanquette ou en ragoût. Cassandre avait enseigné sa moitié, et c'était au tour de Murphy de partager sa moitié.

La proposition avait traîné un moment, ponctué par les emplois du temps combles et les saisons qui limitaient les possibilités. Mais cette fois était la bonne, et ça en perdait presque une Murphy qui n'était plus très sûre de ce qu'elle devrait montrer en premier à Cassandre. L'occasion était trop belle pour laisser passer la moindre des idées qui avaient pu lui venir au fil des mois et des sessions cuisine. Il y avait tant à découvrir en forêt, et à l'extérieur du village de façon générale, qu'elle n'était plus même sûre que la chasse était une des priorités. Mais elle ne voulait pas risquer d'attendre trop longtemps avant un prochain après-midi dehors avec la jeune fille, et ça la confrontait à une gestion du temps qu'elle ne maîtrisait plus très bien. « Pas d'yeux doux » admit-elle les lèvres pincées et dans un petit soupir triste. « C'est bête parce que je fais vraiment bien les yeux doux. Et je suis sûre que toi aussi. Mais on mettra notre talent au service d'autres choses, j'suis sûre. »

Mais comment introduire tout le reste ? Les arcs, les armes, les dangers, les surprises, la chasse ? La pratique ? L'habitude ? Son aisance à l'arc ne la dotait pas d'une visée exceptionnelle -pas encore, tout du moins. Le projet de fabriquer un arc avec Richard en était resté un suffisamment longtemps pour qu'elle perde de vue l'objectif qu'ils s'étaient fixé ensemble. Mais une fois les armes entre les mains, ils avaient réussi à dégager une heure de temps en temps pour apprendre à les apprivoiser, ensemble. C'était plus rassurant de le faire en compagnie d'un autre débutant que d'appréhender les nouvelles armes seul. Ils avaient progressé ensemble et en parallèle, conscients l'un et l'autre qu'ils ne devaient pas de se contenter de leurs entraînements communs pour faire tous les progrès qu'ils attendaient. L'aisance était venue avec l'expérience, et Murphy trouvait en son arc tout ce que ses anciennes armes fétiches n'avaient jamais pu lui offrir. Pas besoin de s'approcher du danger pour devenir elle-même un danger. Elle pouvait menacer sans risquer la proximité, et pointer une proie de sa flèche avant d'être vue. Mais elle ne se mettait pas le doigt dans l'oeil, Murphy : d'Antarès et elle, c'était encore Antarès le meilleur chasseur. Elle parvenait à abattre ses cibles lorsqu'elle était à la fois discrète et suffisamment calme, mais si elle ne sortait pas encore à chaque fois avec son arc, elle ne quittait jamais ses les deux poignards qui ornaient ses cuisses dès qu'elle était de garde, de patrouille ou qu'elle quittait le village pour des raisons qui n'avaient pas de lien direct avec son statut militaire.

Murphy plaisantait, mais elle comptait bien prouver à Cassandre qu'elle n'était pas aussi mauvaise que ce qu'elle semblait penser. Aucune compétence n'était donnée d'avance. Si la militaire avait réussi à apprendre à dépecer à un animal, alors la cuisinière arriverait à manier l'arc. Les plaisanteries et les rires installaient progressivement cette atmosphère dont elles avaient toutes les deux le secret. Murphy ne voulait rien d'autre pour les découvertes de Cassandre. A trop appréhender et imaginer les dangers de la forêt, on en oubliait d'accepter les découvertes pour ce qu'elle avaient aussi de chouette. Elle ne voulait pas d'une inquiétude paralysante qui occultait la légèreté des découvertes pour Cassie.

La haute porte du village laissa d'abord passer Antarès, qui glissa alors qu'elle s'entrouvrait à peine. Murphy avait l'habitude de le voir décamper comme ça et elle n'en tenait plus rigueur. Ses instincts primaires étaient ceux de la chasse. Il avait faim; qu'il se fasse plaisir.

Elles s'enfoncèrent à leur tour dans la forêt. Elles pouvaient vaguement entendre le chien au loin, qui en faisait probablement voir de toutes les couleurs à son futur repas. Murphy guida leurs pas, s'accrochant à la première décision qu'elle avait réussi à prendre pour organiser leur demi-journée. « Oh, surtout du blanc en hiver et du vert en été. » Avec un petit sourire, elle essayait de minimiser l'effet impressionnant que semblaient avoir les lieux sur Cassandre. « Par là-bas », lui accorda-t-elle en tendant le bras vers le nord, « c'est la rivière. On ira peut-être aujourd'hui si on a le temps, dans un coin où les gens vont pas trop. Si t'as besoin d'intimité pour te baigner ou te laver, c'est l'idéal. Sauf en hiver. » Elles continuaient d'évoluer entre les arbres, s'éloignant progressivement vers l'ouest. Les doux rayons du soleil qui glissaient à travers les feuillages rappelaient qu'elles étaient dans un mois idéal pour se promener sans souffrir ni du froid, ni de la chaleur. Que pouvait-elle donc lui présenter d'autre ? Elle connaissait les lieux par cœur mais tout se ressemblait. C'était ses souvenirs personnels qui lui permettaient de différencier un amas d'arbres d'un autre amas d'arbres. « Si tu continues vers l'ouest, y'a une grotte assez intéressante. » Avec quelques entrées qui peuvent être cachées par la neige en hiver et provoquer des petits traumatismes crâniens, aussi. Mais elle cachait aussi de drôles de trésors bleutés, dont Murphy n'avait jamais réellement su ce qu'elles étaient. Elle avait construit d'autres souvenirs que sa première chute là-bas, mais ils appartenaient à la fois à un passé révolu et à des réminiscences classées secrètes.

Mais la question de Cassandre la fit brusquement arrêter de considérer tout ce qu'elle pourrait présenter de la forêt à sa jeune amie. Il lui fallut quelques secondes où la réponse négative lui parût évidente avant de réaliser que si, elle avait déjà perdu Antarès. Et qu'elle lui en tenait rigueur, plus que c'était raisonnable de tenir rigueur de quoi que ce soit à un animal. Elle lui en voulait d'avoir pris la poudre d'escampette lorsque le cyclone avait frappé. Il l'avait éloignée des siens. L'option de ne pas le suivre ne l'avait jamais effleurée et même maintenant, elle était loin de lui paraître sensée. Mais pour lui, elle avait laissé tous les siens derrière elle, s'était inquiétée des heures durant du sort qui était réservé à son village et ses habitants. Elle aurait pu tout perdre sans s'en rendre compte. Elias n'avait pas compris son besoin de courir derrière Antarès, mais c'était quelque chose qu'elle ne remettrait jamais en question. Tout comme le fait qu'il avait suivi son instinct en fuyant la sécurité du village, d'ailleurs, mais il avait été celui qui l'avait retenue loin des siens dans un moment pareil. Elle l'avait appris plus tard : ce n'était pas chez eux que la situation avait été la pire. Elle avait eu un deuil à gérer qui n'avait rien eu à voir avec ceux qu'elle avait laissé au village Odysséen. Mais, et si, et si... ? Son sourire avait disparu en même temps que le pétillement excité dans son regard. Elle fixait la forêt au loin ou ses pieds. « Une fois, oui... j'étais pas au village, pendant le cyclone. » Elle se racla la gorge en les guidant un peu plus au sud. Dans une centaine de mètres à peine, elles trouveraient la petite clairière qui servait à ses entraînements au tir à l'arc. A l'aide de colorants végétaux trouvés alentour et au début du printemps, une cible avait été redessinée sur l'un des arbres qui la bordait. « Je sais même pas comment t'as vécu le cyclone, toi. Jveux pas dramatiser ma situation. Je suis là pour en parler, après tout. » Un privilège que n'avait plus Thaïs. Se plaindre pour si peu de choses et en vouloir à un animal qui n'avait pas le choix de ses décisions; c'était bien un luxe de survivante, ça.
Admin - Falling Away with You
Cassandre Darcy
DATE D'INSCRIPTION : 23/09/2016 PSEUDO/PRENOM : MysteryLight MULTICOMPTES : Liam, Near, Elijah, Saoirse, Jade MESSAGES : 3138 CELEBRITE : Natalia Dyer COPYRIGHT : Sarasvati (ava) gif profil Murphy ** Signa, Sial (Alaska) gif loudsilence. Chat Rugibineux (gif profil) METIER/APTITUDES : Cuistot TRIBU : Odyssée POINTS GAGNES : 104
Voir le profil de l'utilisateur
Admin - Falling Away with You

Take a bow (Cassandre) Empty Re: Take a bow (Cassandre)

le Lun 31 Déc - 18:09





Take a bow


Murphy & Cassandre, juin 2118

La chasse, apprendre à se débrouiller par elle-même. Intérieurement elle faisait la moue, extérieurement, elle n’avait pas envie de décevoir son amie même si elle se doutait bien qu’elle ne serait pas très douée. Elle était trop distraite, avait la tête souvent dans les nuages. Elle était plus douée pour être fascinée par les animaux sauvages que pour les chasser, c’était une certitude. A choisir, elle préférait de loin dessiner mais c’était un petit échange et un moment à passer avec son amie alors même si le but en lui-même ne la réjouissait pas des masses, elle ne disait bien évidemment pas non. Elle était curieuse aussi, curieuse de savoir comment elle réagirait à tout ce à quoi elle n’était pas habituée jusqu’ici. Elle avait promis qu’elle s’entraînerait mais n’avait pas imaginé que cette escapade se déroule aujourd’hui aussi vite même si c’était déjà pour certain beaucoup trop tard vu les dangers qui rôdaient sur la terre, pas forcément des grounders, les animaux n’étaient pas faciles non plus, elle le savait bien même si elle s’était attardé que sur quelques uns, n’avait pas eu à faire à un prédateur pour fuir ou le chasser si le premier choix ne lui était pas donné. Elle préférait ne pas y penser et attendre de voir, de voir ce que Murphy avait en tête pour elles deux aujourd’hui même si elle lui en avait déjà soufflé quelques mots en allant la chercher. Elle en saurait un peu plus lorsqu’elles s’arrêteraient de marcher.

C’était un échange d’apprentissage entre elles même si Murphy s’était plutôt bien débrouillée tout de suite pour dépecer le pauvre lapin qui avait trouvé sa place dans les estomacs affamés de leurs camarades. La dure réalité de la chaîne alimentaire faisait que certains vivaient moins longtemps que d’autres. Elle était plus à l’aise aux cuisines, ne savait pas vraiment si elle pouvait se montrer aussi tranquille que Murphy même si elle savait que ça n’avait pas du être simple de faire face au côté vraiment très crade de la démarche pour finalement que tout se retrouve dans des gamelles. Chacun ses difficultés. Cassandre trouvait la chasse beaucoup plus compliquée. Il fallait être concentré toujours, savoir comment appréhender la nature sauvage, chose que Cassandre ne connaissait pas du tout même si elle était sortie du campement plusieurs fois : il ne fallait pas croire qu’elle n’avait pas elle aussi eu de moment d’exploratrice sans forcément être entourée d’autres plus vieux qu’elle ou de son âge. Elle n’aimait peut-être pas la solitude mais c’était agréable parfois de pouvoir se mettre en hauteur à observer la nature sans que les animaux puissent la repérer même si ce n’était pas toujours le combo gagnant. Il y avait certaines créatures qui pouvaient nous surprendre et surprendre même le plus fine des chasseuses que devait être Murphy sans pour autant que cela soit un animal sauvage très dangereux. Les moins impressionnants pouvaient nous surprendre, c’est ce qu’elle avait appris sur cette terre. C’était un bon début que de ne dénigrer personne et surtout pas une nature qui était bien plus forte qu’eux. Elle était dépitée aussi pour les yeux doux parce qu’évidemment, cela aurait rendu la chasse beaucoup plus rapide, pas forcément beaucoup plus facile pour celle qui préférait attendre que l’animal arrive au campement déjà mort. Chacun son boulot là bas c’était ce qu’elle avait apprécié dès le départ et même sur l’Odyssée. Chacun sa spécialité pourvu qu’elle soit utile au sein du campement. Elle devait pouvoir se débrouiller toute seule s'il lui venait l’envie saugrenue de s’évader plusieurs jours chose qu’elle n’avait encore jamais faite.

Elle aimait bien l’ambiance, être entourée de monde. La solitude de la forêt avait certes certains avantages mais cela restait pesant pour elle au bout d’un moment. Même s’il y avait des disputes, des soucis parfois dans leur petit village, elle préférait largement l’idée de ne pas être seule. « Oh, surtout du blanc en hiver et du vert en été. » Un sourire entendu lui échappa. « Quand j’aurais de la peinture un jour j’pourrais faire ces nuances là. » Elle aimerait bien en tout cas même si elle avait pensé à tout autre chose, même si elle se doutait que Murphy essayait de trouver comment l’amener aux premières découvertes de la chasse sans pour autant qu’elle en soit dégoûtée par la suite ou ne perde son envie d’être dans la forêt comme à son habitude. Elle avait envie aussi de rester la même, d’agir juste avec un peu plus de prudence avec ce que Murphy lui apprendrait aujourd’hui : elle ferait de son mieux. Elle avait promis à Gen après tout de ne pas lui donner une raison de la sauver une deuxième fois. C’était l’occasion d’essayer d’apprendre avec son amie.

« C'est la rivière. On ira peut-être aujourd'hui si on a le temps, dans un coin où les gens vont pas trop. Si t'as besoin d'intimité pour te baigner ou te laver, c'est l'idéal. Sauf en hiver. » « Ah il y a des coins ou certains vont plus souvent que d’autres ? J’pensais que la rivière serait prisée. » C’était vrai au final, c’était une source d’eau puis là ils étaient bientôt en été, un peu de fraîcheur, le coin idéal. Après elle ne savait pas pourquoi c’était un endroit où peu d’entre eux allaient, il devait y avoir des histoires à propos de cette rivière, elle ne savait juste pas encore desquelles il s’agissait. Des dangereuses ou pas.

Elle essaye de se cartographier l’île dans sa tête, pas évident pour quelqu’un qui était resté la plupart du temps au campement même lors de la réunion après le cyclone avec les terriens, elle avait préféré rester en arrière, préférant nettement recevoir les nouvelles et attendre un peu pour voir comment cela se passerait dans le futur mais pour le moment tout le monde semblait vouloir aller de l’avant, c’était une bonne chose même s’il y en aurait toujours quelques uns pour ne pas être d’accord. Cela dépendait de chacun comme de la chasse ou de la cuisine, c’était une question de savoir faire mais aussi de préférence à chacun que de connaitre ses capacités mais aussi ses limites. Elle n’avait pas vraiment testé les siennes et savait qu'elle devait voir le bon côté de ce qui allait se passer. Elle se testerait rien qu'un peu. Elle nota dans un coin de sa tête les grottes, savait qu’il y avait la mer aussi mais doutait encore de sa situation.

« Une fois, oui... j'étais pas au village, pendant le cyclone. » Elle hoche la tête, doucement, le souvenir du cyclone est encore présent pour chacun d’eux, pour des raisons différentes. Elle se souvient avoir eu la folle idée de tenter de rejoindre les cent avant de rebrousser chemin, trop dangereux, l’idée avait été folle, pourquoi maintenant alors que le danger était imminent, elle n’en sait trop rien. « L’ancienne plage des Calusas est de l’autre côté ? » Elle pose la question, elle n’a jamais eu le besoin de savoir où se situaient les tribus et autres endroits de l’île. L’environnement proche du campement lui convenait, cela lui convient-il toujours aujourd’hui ? Elle le découvrira les prochaines semaines, les prochains mois. « Je sais même pas comment t'as vécu le cyclone, toi. Jveux pas dramatiser ma situation. Je suis là pour en parler, après tout. » Elle va devoir s’expliquer, c’était pas raisonnable ce qu’elle a fait, une prise de risque pour l’empêcher d’en prendre de trop l’année à suivre ? C’est une bonne idée. « Hum. J’ai eu la bonne idée d’aller retrouver des proches au pire moment. J’ai rebroussé chemin mais le vent et la pluie étaient déjà là. J’ai eu beaucoup de chance. C’est à se demander pourquoi on veut toujours aller de l’avant quand ce n’est pas le bon moment. Ce n’était pas le moment d’aller là-bas. Je ne sais toujours pas si c’est le bon moment d’aller au campement des Cent mais j’imagine que j’aurais besoin de quelques conseils pour affronter la forêt au moment de mon déplacement si je décide un jour d'y retourner. » Connaitre les dangers cachés de la forêt, pouvoir se nourrir parce qu’elle n’était pas forcément des plus rapides lors de ses déplacement. C’était le moment d’en apprendre un peu plus pour pouvoir y retourner. « L’important c’est que tu l’ais retrouvé. Il va pouvoir nous aider aujourd’hui pas vrai ? » Ce n’était pas le moment de parler du cyclone et des répercussions, Murphy venait de le dire mais peut-être était-ce le moment, cela ne la dérangeait pas d’en parler. Le cyclone avait eu des répercussions différentes pour chacun plus douloureuses pour ceux qui avaient atterrit sur terre plus tôt qu’eux.

Spoiler:

— code by lizzou —

Murphy Cavendish
DATE D'INSCRIPTION : 06/12/2015 PSEUDO/PRENOM : Lux Aeterna MULTICOMPTES : Nuna Cortez MESSAGES : 39249 CELEBRITE : Sophia Bush COPYRIGHT : Avengedinchains ♥ (vava) Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) METIER/APTITUDES : Conseillère diplomate; militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. POINTS GAGNES : 1377
Voir le profil de l'utilisateur

Take a bow (Cassandre) Empty Re: Take a bow (Cassandre)

le Lun 7 Jan - 4:34


❝ Take a bow ❞
Murphy Cavendish & Cassandre Darcy
(19 juin 2118)


Cette sortie était un mélange de deux choses, de deux nécessités qu'on avait tendance à trop souvent hiérarchiser. Elle avait le goût d'une pause, d'une petite parenthèse au milieu de l'effervescence du monde, de leur monde et du village; mais elle marquait aussi, Murphy l'espérait, le début d'une suite d'autres sorties du genre, qui feraient découvrir à sa jeune amie son univers à elle, celui qui grandissait à chaque nouveau mètre exploré, chaque nouvelle grotte découverte, chaque montagne grimpée. Cette sortie, elle était à la fois un moment de détente et une nécessité dans la perspective de vie qu'elle souhaitait pour les siens, et peut-être égoïstement plus particulièrement pour ceux qu'elle aimait, et dont faisait partie Cassandre. Le ton était à la plaisanterie, à la taquinerie, mais comme quand la cuisinière avait appris à faire de petites bêtes attrapées par Antarès des repas, elles savaient toutes les deux qu'elles gagnaient ici quelque chose de plus qu'un beau moment d'amitié. Elles apprenaient l'une de l'autre comme chacun devrait savoir apprendre de celui qui avait d'autres expériences, d'autres habitudes, d'autres idées, et plus généralement de celui qui avait un autre univers. Quand elle lui présentait les quelques directions et destinations qu'elle pouvait retenir d'ici et autour du village, Murphy lui glissait des repères, plantait quelques graines qui prendraient leur temps pour germer et dont les plants grandis pourraient un jour s'avérer utiles ou nécessaires. Et puis, d'une certaine façon, en lui présentant ce qui faisait une grande partie de son quotidien, elle révélait à son amie un peu de son intimité, de ce qui faisait d'elle ce qu'elle était, fatiguée après de longues patrouilles ou des journées passées dehors, fière lorsqu'elle ramenait quelques trésors aux siens ou pouvait compléter leurs cartes par une nouvelle indication. Ce qu'elle était au village dépendait entièrement de ce qu'elle vivait dehors. C'était une partie de son univers qu'elle présentait aujourd'hui à Cassandre. « Plus on s'éloigne du village, moins les gens y viennent. Et puis le courant est pas le même partout. Il y a des petits coins secrets quand on s'éloigne un peu... » Avec un haussement de sourcils espiègle, Murphy sous-entendait que ce serait peut-être l'une de leurs prochaines étapes. Peut-être quand l'été taperait, quelques mois plus tard, et qu'ils seraient tous à la recherche d'une source de fraîcheur. Elles pourraient éviter le coin de la rivière le plus fréquenté par les leurs pour remonter le courant et trouver celui qu'elle préférait pour son calme et sa tranquillité. De son bras, Murphy désignait vaguement les coins qu'elle pouvait transformer en repères pour Cassandre, ceux qui l'étaient dans son esprit et ceux grâce auxquels elle se repérait toujours lorsqu'elle s'éloignait du village. Depuis qu'elle était sur Terre, elle avait appris à différencier tout ce qui pouvait l'être. Les pierres un peu grosses, les arbres un peu bizarres, les grottes, les clairières, les cours d'eau; quand on était perdu ou qu'on craignait de l'être, le moindre détail pouvait faire la différence. Ils ne pouvaient pas se permettre de se contenter du reste, du fond diffus que représentait la forêt. Chaque arbre ressemblait à son voisin et quand on se perdait, il y avait de quoi en avoir le vertige. Quand on s'aventurait en forêt, il ne fallait pas être tête en l'air. Il fallait apprendre à affûter l’œil, à le laisser s'accrocher au moindre détail qui pouvait différencier une parcelle de forêt de sa voisine. On se rendait compte très vite qu'on ne pouvait pas se permettre de se laisser se perdre ne serait-ce que quelques minutes. Quelques dizaines de mètres en pleine forêt pouvaient faire perdre tous ses repères. Même avec ses habitudes et tous les repères qu'elle s'était faits autour de leur village, Murphy savait qu'elle pourrait se laisser piéger bien plus rapidement que ce que son ego aurait aimé.

Mais même dans toutes ces considérations, on pouvait créer une faille spatio-temporelle. La voilà transportée dans le passé, au moins de novembre, là où elle avait cru tout perdre, tous les perdre, là où elle avait perdu une jeune amie. Les quelques heures passées avec Elias à s'inquiéter des siens, enfermée dans une maison qui tenait debout et avait tenu debout tout du long par miracle, c'était à Antarès et à ses drôles de réflexe qu'elle les avait dues. Elle lui en voulait encore parfois trop pour que ça soit raisonnable. Elle lui en voulait pour tout ce qui aurait pu se passer, ce qu'elle aurait pu manquer, si loin des siens, ou ce qu'elle aurait pu retrouver au village une fois la tempête passée. C'était ridicule d'en vouloir à un être qui n'était pas responsable de ses réflexes, mais c'était son réflexe humain de trouver un responsable à quelque chose sur laquelle elle n'avait eu aucune sorte de prise. « Je... je sais pas » répondit-elle, un peu sonnée, sans trop comprendre d'où venait la question de Cassandre. « La mer est par là » ajouta-t-elle en désignant largement un côté, sans trop savoir si le village était plus au nord ou au sud, elle qui n'y avait jamais mis les pieds. Mais les souvenirs continuaient de couler, et alors qu'elles arrivaient à l'orée de la petite clairière qui servait encore régulièrement à Murphy de terrain d'entrainement, Cassandre confiait sa propre mésaventure. A ce moment-là, elle n'avait pas été au village, elle non plus. « T'étais partie toute seule ? » Elle la regarda un peu de travers, prête à lui offrir quelques remontrances. « Tu peux jamais savoir à l'avance si ça va être un bon ou un mauvais moment pour faire les choses. Faut juste être prêt à encaisser un maximum de possibilités. » L'inquiétude, si on lui donnait trop d'importance, ne parvenait qu'à paralyser. Il ne fallait pas l'ignorer, il fallait juste lui donner des raisons de la mettre en sourdine. Si à tous les appels à la panique qu'elle donnait on avait un argument à contrer, alors elle n'avait guère d'autre choix que de rester calme et de laisser les choses se faire sans elle. Murphy regarda Antarès traverser la petite clairière pour s'enfoncer à nouveau dans la forêt de l'autre côté. « Ca dépendra de ce qu'on fera. En vrai, il joue pour son propre camp, et son propre camp c'est son estomac. » Avec un petit sourire, elle posa son sac par terre et désigna de la main l'arbre large qui trônait de l'autre côté de l'espace découvert. Son écorce était endommagée tout autour d'une cible peinte à plusieurs reprises, à nouveau en passe d'être lessivée par le temps, les tirs et les éléments. Dix mètres les séparaient de lui, et Murphy tendit son arc à Cassandre pour l'inviter à faire ses premiers essais. « On peut commencer de plus près, si tu veux. Toute façon, j'pense qu'il faut déjà apprendre le geste, et seulement après à viser. » Elle attrapa une flèche dans le petit sac qui lui servait de carquois et la tendit à son tour à son amie. « Montre-moi comment tu ferais, et ensuite on adaptera. » Elle l'encouragea d'un sourire et s'éloigna d'elle pour l'observer. Bander son arc était la première chose à maîtriser. Les débutants, comme elle l'avait été, le faisaient souvent par mimétisme, mais il demeurait des zones d'ombres, des petits trucs qu'on apprenait seulement avec l'expérience ou grâce à de précieux conseils. « Si tu te débrouilles bien aujourd'hui, je te dirai comment j'ai coloré le tronc de l'arbre. » Elle lui jeta un regard encourageant et taquin, non sans faire référence aux couleurs qu'elle souhaitait tant pouvoir peindre. En réalité, mais elle se garderait bien de le préciser, la qualité de ces tentatives de colorants se révélait par la longévité des marques qu'ils laissaient sur le bois. Elle écrasait des matières organiques et minérales trouvées ça et là et les mélangeait à de l'eau pour pouvoir les utiliser. Rien qui ne rendait les mélanges particuliers ou beaux à l’œil. D'ici, parce qu'ils avaient déjà à moitié disparu ou parce qu'ils étaient étalés sur une matière rugueuse, Cassandre ne pouvait sans doute pas voir que ses colorants ne trouvaient leur avantage que dans la praticité. Sans doute pas de quoi faire honneur à ses arts, malheureusement. « Si t'es jamais allée chez les Cents et que tu connais du monde là-bas, faut pas que t'aies peur d'y aller. Je peux venir avec toi, d'ailleurs, si t'as besoin. » Plutôt crever que de s'imaginer avoir perdu Cassandre, en plus de Thaïs, en ce sombre jour de novembre. « Allez, montre-moi ! » s'enthousiasma-t-elle finalement dans un claquement sonore des mains, désignant du menton l'arc et la flèche que la jeune fille tenait.
Admin - Falling Away with You
Cassandre Darcy
DATE D'INSCRIPTION : 23/09/2016 PSEUDO/PRENOM : MysteryLight MULTICOMPTES : Liam, Near, Elijah, Saoirse, Jade MESSAGES : 3138 CELEBRITE : Natalia Dyer COPYRIGHT : Sarasvati (ava) gif profil Murphy ** Signa, Sial (Alaska) gif loudsilence. Chat Rugibineux (gif profil) METIER/APTITUDES : Cuistot TRIBU : Odyssée POINTS GAGNES : 104
Voir le profil de l'utilisateur
Admin - Falling Away with You

Take a bow (Cassandre) Empty Re: Take a bow (Cassandre)

le Sam 29 Juin - 1:11


Take a bow


Murphy et Cassandre


Elle faisait toujours attention lorsqu’elle partait sur l’île à vadrouiller pour ses dessins. Elle avait toujours aussi eu beaucoup de chance et d’aide de la part de personnes parfois les plus inattendues mais Cassandre avait toujours été quelqu’un de facile à vivre, de pas du tout encombrant alors c’était vrai aussi qu’elle n’avait pas le caractère à créer des embrouilles à ceux qui voulaient l’aider. Elle savait faire avec les caractères les plus compliqués, savait quand les laisser tranquilles aussi même si elle préférait ne pas être seule. Elle en revenait toujours à ça en réalité, elle cherchait plus souvent qu’elle ne le pensait la compagnie des autres. Alors chasse ou pas chasse, elle était ravie d’être avec Murphy, d’en apprendre un peu plus sur cet art que la chasseuse et Antarès maîtrisaient à merveille, sur cet art qui lui permettait entre autre de réaliser le sien. Elle en avait conscience, évidemment. Elle trouvait l’art dans presque tous les gestes du quotidien surtout depuis qu’ils étaient sur terre, depuis que tout leur était devenu plus difficile, tout était devenu en quelque sorte un art à part entière. L’art de survivre sur terre en était un.

Elle préférait bien sur l’art lorsqu’il était question de dessiner, peindre les mille et une nuances de la nature mais pour le moment elle tâtonnait encore dans ce qui était de la confection des matériaux qui l’aideraient à peindre, comme dans l’ancien temps. Elle n’avait pas toutes les techniques même si elle essayait parfois. Y’avait des ratés, beaucoup mais c’était en essayant qu’on parvenait à réussir à chaque fois un petit peu mieux. Elle ne perdait pas espoir, un jour elle y arriverait. Elle prend note pour la rivière. Elle y est allée parfois mais pas bien souvent, elle s’est habituée au ruisseau qui est beaucoup plus proche. Elle pensait que d’autres iraient plus souvent, que la rivière ou des parties de la rivière n’étaient pas des coin peu connus des gens de l’Odyssée sur l’île. « Plus on s'éloigne du village, moins les gens y viennent. Et puis le courant est pas le même partout. Il y a des petits coins secrets quand on s'éloigne un peu... » « Oh oui, c’est vrai, y’en a peu des grands explorateurs pas vrai ? » Elle savait plus ou moins pour les courants mais aurait été incapable de reconnaître les endroits où il était préférable d'aller. « Oh on trouvera le temps d’y aller juste après, j’ai pas peur du noir. » Bon, elle ne serait peut-être pas des plus rassurée à vadrouiller comme ça en pleine nuit même si les jours devenaient de plus en plus longs. « Il fera nuit de plus en plus tard, j’aime bien quand le soleil reste plus longtemps. » Elle n’avait pas peur du noir mais c’était toujours mieux quand le soleil était présent pour les guider sur une terre qu’ils connaissaient encore mal, même pour des gens qui exploraient beaucoup comme Murphy.

Elles parlent de l’île, du cyclone qui les a touchés de façon violente pour différentes raisons. Elle ne sait pas comment Murphy l’a vécu mais sait qu’elle n’était pas présente au moment peut-être le plus fort, Murphy le lui dit. Elle était là après, un peu plus tard, comme elle peut-être. Elle a découvert un peu sur le tard la mort de la petite Cent. Elle est certaine que, malheureusement, des morts comme elle, il a du en avoir beaucoup parmi ceux qui étaient dans la forêt à ce moment là, dans la forêt ou ailleurs, elle ne sait pas trop comment tout a commencé, où était le niveau du cyclone le plus fort. Les Calusas peut-être ou plus loin encore ?

Elle parle du cyclone, de l’inconscience qui lui à pris à ce moment là de quitter le campement alors qu’on leur avait dit de se barricader. Heureusement, elle n’était pas partie bien loin lorsque les vents se son faits plus forts, elle n’a pas mis beaucoup de temps avant de comprendre qu’elle était bien stupide d’avoir choisi cette voie là. Elle s’était promis de voir les cent plus tard, le temps passait beaucoup trop vite même si elle y était allée, mais pas toute seule les autres fois. « T'étais partie toute seule ? » C’était un bon test de partir toute seule non, bon peut-être pas dans ces conditions mais dans l’ensemble n’était-ce pas dans ces moments parfois où l’on en apprenait le plus sur soi ? Pour l’heure elle avait appris qu’elle était peut-être téméraire mais pas inconsciente. Elle avait vite fait demi-tour. « Tu peux jamais savoir à l'avance si ça va être un bon ou un mauvais moment pour faire les choses. Faut juste être prêt à encaisser un maximum de possibilités. » Elle hoche la tête bien d’accord avec ce que Murphy lui dit même si à l’époque elle n’était qu’à moitié prête à encaisser toutes ces possibilités là. Elle y retournerait évidemment, c’était toujours agréable de retrouver ces quelques têtes rencontrées lors de ce Noël bien particulier.

Elles étaient prêtes à l’essai du premier entraînement de sa vie, du premier réel entraînement. Elle regardait la distance, peu certaine d’atteindre la cible, peu certaine même d’atteindre juste l’arbre en question. Elle allait essayer, écouterait les conseils mais il lui faudrait plus d’un essai et plus de muscles et de force dans les bras pour parvenir à devenir une professionnelle dans ce domaine. Au pire, elle se débrouillerait pas trop mal et c’était déjà beaucoup. D’ici quelques semaines, elle espérait qu’elle verrait déjà une amélioration dans cet art qu’elle ne maîtrisait pour le coup pas du tout. « Si tu te débrouilles bien aujourd'hui, je te dirai comment j'ai coloré le tronc de l'arbre. » Elle accueillit l’information avec un rire. « Si je ne blesse personne, ça sera déjà  un bon début ? » Elle était à moitié sérieuse, mais le pensait tout de même. Ce n’était pas simple finalement le tir à l’art, ce n’était pas inné pour tout le monde. « Le tir à l’arc, c’est bon pour la concentration ? » Elle suppose, elle suppose aussi que c’est bon pour tout un tas de choses dont elle n’a pas conscience encore mais la concentration oui, c’est la première chose importante qui lui vient à l’esprit quand on veut se servir d’un tel objet. « D’accord j’vais m’appliquer, je veux savoir. » Elle était curieuse. Puis elle avait envie de savoir faire des couleurs elle aussi. Elle essayait maladroitement de tenir l’arc comme elle s’imaginait que c’était la bonne façon de faire. Pas si simple, la première fois l’arc tombé au sol, la deuxième, c’était déjà plus simple mais avec la flèche en plus, elle avait l’impression d’avoir soudainement beaucoup trop de choses entre les mains.

« Tu as mis combien de temps avant de savoir l’utiliser ? De savoir tout ce que tu connais dans la chasse en fait. » Elle savait qu’elle était garde sur l’Odyssée mais ce n’était jamais bien facile entre ce que l’on savait faire là-haut et le transposer ici, c’était deux façons de vivre totalement différentes. « Si je manque l’arbre j’ai pas envie de blesser quelqu’un. » Le malheureux qui se trouvait par là-bas. Un animal ? Elle serait devenue chasseuse hors pair par pure chance mais elle préférait tout de même se rassurer par quelques paroles de Murphy qui de toute façon avait toujours les bons mots. Elle n'oublie pas pour autant la proposition de son amie. « On s'entraînera en chemin si on y va ensemble. » Elle n'est pas beaucoup plus enjouée qu'au tout début de l'annonce d'un entraînement mais au tout début jamais elle n'aurait proposé ça, y'a comme de l'amélioration.

Spoiler:
@Murphy Cavendish Encore désolée pour ce retard monstre Take a bow (Cassandre) 484338566

— code by lizzou —

Murphy Cavendish
DATE D'INSCRIPTION : 06/12/2015 PSEUDO/PRENOM : Lux Aeterna MULTICOMPTES : Nuna Cortez MESSAGES : 39249 CELEBRITE : Sophia Bush COPYRIGHT : Avengedinchains ♥ (vava) Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) METIER/APTITUDES : Conseillère diplomate; militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. POINTS GAGNES : 1377
Voir le profil de l'utilisateur

Take a bow (Cassandre) Empty Re: Take a bow (Cassandre)

le Ven 12 Juil - 3:15


❝ Take a bow ❞
Murphy Cavendish & Cassandre Darcy
(19 juin 2118)


Il était rare, en fait, que Murphy quitte le village accompagnée de quelqu'un d'autre qu'Antarès. La plupart de ses sorties résidaient dans son rôle de patrouilleuse et elles n'avaient pas grand chose de passionnant. Ce n'était pas elles qui satisfaisaient l'exploratrice qu'elle était devenue sur cette planète. Elle n'en attendait jamais grand chose et jamais grand chose n'y arrivait. Les itinéraires étaient déjà tracés et avaient été maintes et maintes fois empruntés avant qu'elle ne les emprunte une énième fois. L'herbe avait par endroits arrêté de pousser là où passaient les patrouilleurs chaque jour. Après les premiers mois d'installation sur le village, les patrouilles étaient devenues d'un monotone à en désarçonner l'aventurière. Sortir était toujours mieux que rester enfermée et bloquée au poste statique de garde et Murphy ne se plaignait pas de ce que @Richard Coben lui avait offert en la glissant le plus souvent parmi les patrouilles. Mais la passion et la curiosité des découvertes avaient laissé place au monotone qu'elle avait connu sur leur ancien camp. C'était le prix à payer pour le confort et la sécurité, sans doute; en connaissant les lieux par cœur, ceux qui en assuraient la surveillance pouvaient le faire avec toutes les armes et tous les bagages. On ne pouvait pas vraiment se faire piéger sur ou par un territoire qu'on connaissait sur le bout des doigts. Mais qu'est-ce que ce genre de terrains pouvaient offrir à quelqu'un comme Murphy ?Elle savait, pourtant, que ce n'était pas ce quotidien qui nourrirait son âme d'aventurière. Son rôle de patrouilleuse c'était son job, ce qu'elle offrait, à sa petite échelle, à la communauté. Ca suffisait à lui donner la force de se lever le matin ou en pleine nuit : le bien-être et la sécurité des siens seraient toujours son premier objectif. C'était ce qui lui avait permis de s'épanouir là-haut, bien avant qu'elle ne côtoie de si près cette Terre et la passion qu'elle avait à la découvrir, l'explorer et la décrypter. Crapahuter à droite et à gauche n'avait jamais participé à son bonheur; là-haut, ça aurait été bien fâcheux. Mais ici, crapahuter voulait dire autre chose, parce que découvrir voulait dire quelque chose. Il n'y avait pas de fin au potentiel qu'offrait ce monde et ces terres qui s'étendaient partout où pouvait se poser le regard.

Emmener Cassandre dans les coins qu'elle connaissait par cœur, c'était leur redonner une seconde jeunesse. Ils retrouvaient un peu de l'intérêt qu'ils avaient eu autrefois, lorsque les Odysséens avaient à peine commencé à envisager de s'installer ici, puis quand ils y avaient élu domicile pour de vrai. En faisant découvrir ces petits coins, aussi proches puissent-ils être de leur nouveau foyer, c'était comme si elle les redécouvrait elle-même. Elle les voyait à travers le regard de la jeune fille et retrouvait ces premières impressions excitantes de la trouvaille, de celle dont on sait qu'elle s'apprêtait à s'ancrer dans le quotidien. Aussi étrange que ça puisse paraître, ces environs qui n'avaient rien du village protégé qu'ils rebâtissaient faisaient tout aussi partie de son foyer que ce qui était enfermé entre leurs barricades et leurs tours de guet. Malgré elle, Murphy avait fini par se mettre à tout confondre, avec au milieu cette palissade qui avait progressivement disparu de son imaginaire, simple vague obstacle à passer pour passer d'un point à un autre point. C'était les effets de l'habitude, sans doute, et il ne fallait pas s'y laisser piéger. Ces coins-ci n'étaient protégés que par les patrouilles régulières, mais les animaux et les humains les fréquentaient comme le reste de la forêt, de celle qui abritait bien des surprises dont on pouvait bien volontiers se passer. Quand Murphy laissait sa raison parler plutôt que sa passion du monde extérieur, elle réalisait à quel point il pouvait être dangereux de prétendre que la clôture n'existait pas et que les environs du village n'étaient pas si différents de son intérieur. La palissade faisait toute la différence, et il lui suffisait de suivre le regard de Cassandre pour s'en rendre compte. Il n'était plus tout à fait le même que celui qu'elle lui connaissait, quand elles se fréquentaient dans les cuisines ou ailleurs sur le village. C'était ça, le monde extérieur : c'était la différence de lueur dans le regard de ceux qui n'avaient pas ses habitudes de patrouilleuse. « Grands explorateurs ? » releva-t-elle en arquant un sourcil curieux. « Jsais pas s'il y a des grands explorateurs. Il y a des cartographes qui vadrouillent pas mal, et puis quand on est patrouilleur on peut toujours découvrir des trucs dans le coin... » C'était un peu drôle, comme mots, « grands explorateurs », quand on les disait à voix haute. « Chacun a ses habitudes et ce qui lui convient. Des fois je préfère être tranquille, du coup faut un peu s'éloigner pour ça. » Et elle sourit, Murphy, face à la curiosité de la jeune femme. Les perspectives de coins à faire découvrir à Cassandre s'étendaient à mesure qu'elle décrivait les alentours, ce qu'on pouvait y trouver, quel coin il faisait bon fréquenter ou lesquels devaient plutôt être évités. « On a encore le temps avant que le soleil se couche. Si tu veux, ce soir, on pourra le regarder descendre sous l'horizon du haut d'une petite colline à l'est du village. On peut même reconnaître les gens chez nous, si on plisse bien les yeux. » Mais avant que l'astre solaire ne bascule de l'autre côté du monde, il y avait encore de longues heures qui s'offraient à elles. De quoi découvrir les environs, et les environs des environs; et puis de quoi prendre un peu de temps avec cet arc que Murphy traînait avec quelques flèches pour en présenter les atouts qu'elle avait tant vantés.

Mais quand on pensait à ce monde et aux merveilles qu'il pouvait offrir, on ne pouvait pas laisser de côté sa face obscure. Elle était plus discrète, au point de parfois se laisser oublier; pourtant, elle était là, calme et observatrice, un peu cruelle, prête à bondir sur ceux qui l'avaient laissée de côté trop longtemps à son goût. La menace était constante mais il semblait parfois à Murphy qu'il lui suffisait d'aimer un peu trop ce monde pour qu'il la rappelle à sa réalité, d'une façon ou d'une autre. C'était un tremblement de terre ou un cyclone; une glissade et une chute au fond d'une caverne, qui lui vaudrait un traumatisme crânien et bien des concessions pendant des mois; c'était des disparitions et des morts, des corps à retrouver ou à enterrer. Ici, on savait constamment les remettre à leur place de simples êtres humains, de ceux qui n'appartenaient plus totalement à ce monde parce qu'ils avaient décidé, dans d'autres vies, de le quitter, de l'abandonner au malheur qu'ils lui avaient apporté. Alors le cyclone, on voulait l'oublier. Mais il suivait les victimes et les témoins, ils suivaient tous ceux qui l'avaient vu passer et tous ceux qui avaient pu en réchapper. Ses vents attaquaient encore, plus subrepticement; ils s'insinuaient dans les esprits une fois la nuit tombée, avec les fantômes de ceux à qui cette rencontre avec les rafales avait été fatale. Et les voilà, les deux amies, à se laisser envahir pendant quelques instants par ces souvenirs dont elle ne pouvait pas vraiment se débarasser. Perdues toutes les deux quelque part au milieu du nulle part qui n'était pas tout à fait leur village, elles faisaient partie des rares Odysséens qui avaient vécu ça loin des leurs. Murphy, avec la panique qui avait été la sienne lorsque le ciel leur été tombé dessus, ne pouvait s'empêcher de se dire que ça avait été la pire situation de toutes, de ne pas être avec les siens et à fortiori, si loin de ceux qui lui étaient chers. Elle avait vécu tous les scénarios possibles dans un silence presque religieux, avec le soutien plutôt relatif d'@Elias Caroll, qui n'avait pas manqué d'apporter à ces quelques heures un désespoir plus lourd encore. Avec les quelques mots qu'il avait laissé s'échapper à la brune, l'Athna avait rendu visible cette porte vers l'autre monde qu'il semblait traîner partout avec lui. Il lui était apparu si proche de la Mort, ce jour-là, que Murphy avait été persuadée que c'était l'un des premiers signes de la fin. Etre prêt à accueillir la Faucheuse si vite, n'était-ce pas sentir qu'elle s'approchait et qu'elle était prête, elle, à laisser s'abattre sa faux ? Mais ils s'en étaient sortis, et ces drôles de superstition s'étaient évanouies lorsqu'elle avait retrouvé les siens et le village, malgré tous les dommages qu'il avaient endurés. Le monde était encore debout. Branlant, mais debout.

Et puis Thaïs était arrivée, et puis Thaïs était morte. Alors Murphy s'était repris en plein visage la violence de ces quelques heures qui avaient changé la donne au moins pour elle, au moins pour sa petite étoile filante. On se rendait à nouveau compte, alors, de la charge de ces quelques instants mis bout à bout, de tout ce qu'on avait risqué, de tout ce à quoi on avait échappé. Avec Cassandre qui lui confessait avoir été quelque part dans la forêt, elle aussi, se réveillait chez la patrouilleuse l'angoisse de l'impuissance. Il n'aurait sans doute pas suffi de grand chose pour qu'elle perde sa jeune artiste. Sa propre mortalité ne lui était jamais apparue si violemment évidente et menaçante que celle de ceux qu'elle aimait. Cassandre, elle, répondait à sa question dans un silence qui signifiait tout à lui seul. Oui, elle était partie seule. Oui, elles savaient toutes les deux ce que ça voulait dire. Murphy, sans parvenir à sa maîtriser, la fusilla du regard avant de tenter de reprendre le contrôle de ses émotions. Il était hors de question que ça se reproduise, avait-elle envie de lui hurler. Mais elle n'était pas sa mère et ce n'était pas son rôle de brider la jeune femme. « J'espère que ça arrivera plus », lâcha-t-elle un peu sèchement pour seule remontrance, laissant planer le doute quant à ce qu'elle espérait une expérience unique : le cyclone ou Cassandre seule dehors ? Les deux, bien sûr, mais surtout Cassandre seule dehors. C'était bien la seule des deux choses sur laquelle elles pouvaient avoir un quelconque pouvoir. Ce serait présomptueux pour elle de l'affirmer aussi durement qu'elle en était persuadée, mais Murphy savait : elle savait la gravité de cette remontrance, parce qu'elle savait ce qui se passait dehors, ce qui pouvait se passer ou ce qu'on pouvait attendre désespérément du sort. Dehors, on ne dépendait pas de soi-même autant qu'on dépendait de tout ce dont on n'aimerait jamais avoir à dépendre. Dehors, c'était au hasard dont on était à la merci. Mais ce qu'elle disait ensuite, Murphy ne le pensait pas moins pour autant. Il n'y avait jamais de bon moment pour se lancer, pour réaliser ce qu'on pensait irréalisable. Parce qu'on ne pouvait pas maîtriser ce qui ne se laissait pas maîtriser, on ne pouvait qu'accepter d'être le seul acteur de sa vie, jusqu'à tant que d'autres viennent s'y inviter. Voler le contrôle là où on pouvait le gagner, c'était s'offrir le choix des décisions, le privilège des avancées. Si on se laissait paralyser par la peur du possible, le statisme savait y voir l'occasion de s'installer -trop confortablement, même.

Il fallait avancer, toujours, voilà ce que Murphy avait appris, voilà ce qu'elle inculquait à ceux qui ralentissaient sous le poids des épreuves. Avancer, toujours avancer, parce qu'ici on ne stagnait jamais vraiment : on reculait. Avancer, aujourd'hui, ce serait tendre son arc à Cassandre pour qu'elle en apprenne les premières ficelles. Qu'elle se calque déjà sur les gestes qu'elle avait vus ça et là, et elles affineraient la technique au fur et à mesure. « Tu blesseras personne... j'ai blessé personne, alors tu blesseras personne... » sourit Murphy en tendant son arc à la jeune fille, désignant au loin la vieille cible qu'elle n'avait pas revue depuis quelques semaines par manque de temps. « Sûrement », mais la question la surprenait et elle ne savait pas trop quoi répondre. « En tout cas, la concentration c'est bon pour le tir à l'arc... » Et quand elle eut donné son arc à Cassandre, Murphy lia ses deux mains devant elle en observant les premiers réflexes de la jeune archère. Elle était sincèrement déterminée et ça suffisait à rendre Murphy heureuse d'être là, à ses côtés, pour lui proposer de rejoindre pour quelques heures son petit monde à elle. L'arc tomba à terre une première fois; c'était que la jeune femme commençait à se l'approprier. C'était une arme plus contraignante et envahissante qu'elle le laissait paraître. Il fallait l'apprivoiser. La patrouilleuse, doucement, recadra un peu l'arc dans les mains de sa cadette. « Je me suis pas mal entraînée... le plus dur, c'est pas d'apprendre les premiers gestes mais d'en faire une habitude. J'ai encore du mal à en faire mon premier réflexe quand je sens un danger. » Elle désigna du menton les deux couteaux qui n'avaient pas quitté ses cuisses malgré l'arrivée d'une nouvelle arme dans la famille. Doucement, elle reprit à nouveau Cassandre dans ses gestes et glissa ses doigts le long du bois pour qu'ils s'en emparent au mieux. Elle aida ensuite son amie à déposer la pointe de la flèche sur son index. « Je suis toujours pas chasseuse, tu sais... » la reprit-elle en se plaçant derrière elle pour mieux analyser sa tenue et sa position. « Faut que ta prise soit sûre. Tu tiens bien la flèche du côté de la corde ? Et ensuite, faut que tu tendes au maximum... » Elles pouvaient entendre ce que Murphy devinait être Antarès au loin derrière la cible, dans les fourrés, au milieu des arbres, bien inaccessible. « T'inquiète pas, la forêt sait qu'on est là. » La forêt et tous ses habitants; un humain ne savait jamais réellement se faire oublier d'eux. Et si c'était un humain qui était accessible à leurs flèches, alors c'est qu'il les observait. Quelqu'un qui observait la scène ne pouvait décemment pas rester derrière la cible en voyant Cassandre bander son arc. Personne, donc, ne pouvait rien risquer. « Si tu y retournes, tout c'que jte demande, c'est que t'y ailles pas seule. » Son côté maternel, protecteur ou casse-couilles était ressorti, mais elle n'y pouvait pas grand chose. Il fallait mieux assommer de remontrances qu'être assommé par les accidents et les deuils. « Si tu sens que t'as une bonne prise, tu peux viser et tirer. » Elle croisa les bras en observant tour à tour son amie et la cible au loin. On se lançait toujours à un moment ou à un autre; pas besoin d'attendre que les planètes s'alignent, juste d'être prêt à apprendre de ses premiers échecs.
Contenu sponsorisé

Take a bow (Cassandre) Empty Re: Take a bow (Cassandre)

Revenir en haut
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum