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Irina Draghsteel
DATE D'INSCRIPTION : 03/01/2018 PSEUDO/PRENOM : ELOW ; MULTICOMPTES : GENIUS DEVOS & BABY JONAS ; MESSAGES : 343 CELEBRITE : BHUMI PEDNEKAR ; COPYRIGHT : ELOW ; METIER/APTITUDES : PRINCESSE A TEMPS PLEIN, ENSORCELEUSE EXPERTE, CONSPIRATRICE ET RÊVEUSE DE TRÔNE CAMOUFLÉE ; TRIBU : RAHJAK ; POINTS GAGNES : 46
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le Mar 12 Juin - 15:48



you're trying to find a ghost
in the middle of reality
12 juin 2118


Les répétitions commençaient déjà. Rien de bien nouveau à l’approche des mois les plus chauds de l’année, Irina le savait. Elle connaissait par cœur les mouvements qui étaient décidés pour la fête, se demandant parfois si se préparer était vraiment une nécessité. Surtout si tôt, mais sortir du palais devenait aussi plus simple malgré la garde constante qui l’accompagnait. C’était la princesse, après tout. Si elle était jolie et que les regards se posaient naturellement sur elle, c’était surtout son statut qui la trahissait. Impossible de passer inaperçu avec des traits comme les siens. Un garde suivait souvent chacun de ses pas, loin de ressembler à Arméthyse ou encore Noah. Celui-ci était un idiot à qui elle ne pourrait jamais véritablement confier sa vie. Les temps étaient toujours trop difficiles et sans doute cette période allait marquer les Rahjaks à vie. Cet or bleu n'a jamais été aussi rare. Même en marchant dans la cité, Irina pouvait encore voir les dégâts causés par la tempête de novembre. Un miracle, voilà ce dont ils avaient besoin. Que le Dieu Soleil réalise enfin leurs prières. Irina se demandait combien de temps encore avant qu’une révolution n’éclate. Avant que les problèmes actuels ne tombent sur la noblesse. Car eux, là-haut, ils ne voyaient pas le mal qui sévissait plus bas. L’eau était plus rare, mais pas impossible à trouver. Ils n’en souffraient pas, parce qu’ils avaient la fortune pour.

Fatiguée de sa matinée, la princesse décida de faire un détour par les commerces. Un moyen comme un autre d’avoir un meilleur aperçu du niveau de vie actuelle. Personne ne pourrait lui reprocher de passer quelques minutes de plus dans les rues de sa cité. Surtout, il ne fallait pas la chercher un si long début de journée. En plus de sa propre danse, elle devait superviser et garder un œil sur toutes ses jeunes filles, expérimentée ou non dans le domaine, qui se préparer à faire leur propre expérience de l’événement. Jusqu’ici, personne n’égalait la princesse dans sa grâce et sensualité. C’était un exercice tellement libérateur pour elle, lui permettant d’exprimer et d’expulser de son corps des émotions qu’elle avait apprises à conserver. Qu’elle avait appris à cacher. Elle s’était souvent imaginé tuer son oncle durant l’une de ses fêtes, tout simplement parce que c’était le moment durant lequel elle était la plus sous-estimée. Elle ne devenait plus qu’un objet d’admiration, là où elle pourrait mettre en danger tout le monde qui l’entourait.

Dans une lenteur élégante, Irina tacha de retrouver l’ancienne demeure de la famille Saada du regard, aujourd’hui close. Elle était souvent curieuse de savoir ce qu’ils étaient tous devenus, s’ils étaient morts dans le désert, ou s’ils vivaient aujourd’hui plus proches des océans. L’endroit n’était pas entièrement vide, comme si une nouvelle tragique avait été le motif de leurs disparitions. Peut-être, qui sait ? Noah était parti tant de fois qu’elle ne voulait même plus s’inquiétait pour lui. Peut-être que c’était lui, d’ailleurs, qui avait emporté sa famille dans ce nouveau départ. Peu importe. Elle tâcha de ne pas attarder son regard plus longtemps sur ce fantôme vivant et continua sa route, se mêlant à la foule.

J’en veux deux. Dit-elle à un marchand, faisant signe à son garde de prendre sur lui deux pots en argile parfaitement travaillée. Généralement, ils étaient utilisés pour garder l’eau fraîche et la conserver plus longtemps, mais Irina les visualisait très bien dans sa chambre à servir sa décoration tout en gaspillant par la même occasion l’or qu’elle possédait. C’était un geste à l'allure superficielle, mais à la volonté sincère. Elle n’avait pas besoin de ça, mais eux avait besoin de son or. Elle réajusta ensuite le voile sur sa tête, seule protection contre les regards indiscrets – elle aurait ainsi l’air d’une noble comme une autre. Mais le vent avait ses humeurs et aujourd’hui, il était parfaitement grincheux.



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Hyacinthe Bosco
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le Mer 27 Juin - 15:18

Irina & Hyacinthe @ParfumsAndSecrets


Sous les mèches blondes une peu folles, qui se collaient contre son front, sous l'effet de la température qui régnait aussi bien dans la cité que dans le désert, brillaient deux émeraudes vertes. Méfiantes, et légèrement anxieuses. Le blond, il était revenu sur les lieux où il assista au défilé des prisonniers kidnappés, libérés grâce aux bons soins des naoris. Le dernier endroit où il fut en contact avec Basile. Avant que ce dernier, ainsi que le Calusa ne se retrouvent à sauver la vie de deux enfants du ciel avalés par la foule, en grand danger de se voir ôter la vie.

Il craignait qu'on n'aille le reconnaître, alors que le petit peuple, depuis trois années ne se souvenaient plus de cette histoire, que comme d'un déplorable incident. Oh non, il ne provoquait pas le destin Hyacinthe, mais les raisons de sa présence demeuraient les mêmes. Cette fleur si rare, détruite par Rose, lors de son retour mémorable à travers les plaines arides pour la rendre aux siens, et l'envie de revoir Noah. Le blond réticent à revenir dans la cité, s'y résolu en pensant qu'il s'agirait probablement de sa dernière occasion de glaner des nouvelles au sujet du jeune Saada. Hyacinthe en gardait bon souvenir, et apprendre que tout se passait bien pour celui-ci lui suffirait largement, pas besoin de trop s'attarder.


Cette  fois ci Le blond se sentait soutenu par la présence d'Azalée sa jument immaculée, qui le suivait aussi tranquille qu'un lac dormant, rien ne la troublait jamais. Quant à son chien sauvage, Lou, il renâcla à poursuivre dès le seuil du désert, sans doute n'appréciait-il pas la chaleur, il regarda le Calusa s'éloigner puis fit demi-tour, retournant certainement à ce qu'il considérait désormais comme sa maison. Ou auprès d'Arméthyse ( @Arméthyse Krikja ) , leur voisine pour qui l'animal sauvage possédait un petit penchant, fallait dire qu'elle le gâtait un peu trop.

De plus, le voyage jusqu'à la cité ne se résumait pas à une jolie promenade au bord de la mer. Aussi, effectuer une petite halte avant de reprendre la route se révélait malgré tout une obligation. Après tout, Hyacinthe, bien qu'habitué au soleil brûlant du bord de mer, le savait atténuer par un vent fort, constant, et la présence d'une étendue d'eau permanente le préservait de la déshydratation. Heureusement qu'il bénéficia des conseils de sa vieille amie disparue, Thy, lors de sa première venue. Sinon il eut finit dévoré par un vautour sans que personne ne sache jamais son devenir.

Bien qu'il longea les murs, les indications données par la garde royale, accompagnées de la mémoire de sa première visite, l'aidaient à ne pas se déplacer au hasard. Dans sa tête il se dessinait un plan de la ville pour arriver le plus vite sur la place commerçante.


La porte de la maison des Saada. Enfin... IL Toque, une fois, deux fois, trois fois ... Pas plus ... Jamais. Ils prennent du temps. Peut-être les interrompt-il en plein réunion ? Il ne souhaiterait pas attirer la foudre sur la tête de son ami. En dehors de sa fleur, de nourriture pour la route, d'eau, il a pensé à prendre différentes fioles de parfums, sachant  le jeune homme, sensible aux belles flagrances. Alors il fouille dans sa besace, il en retire quelques-unes, pas assez à son gout. Il voit cette silhouette de femme, prêt de lui. A la bonne heure, il lui tend ses flacons

« Pou pou pourriez-vous me les tenir quelques instants ? » Car il veut se présenter avec le meilleur, le plus original, le plus rare.... Afin d'imposer une bonne impression dès le départ. Comment devinerait-il le blond, qu'il s'adressait à une princesse ? Lui qui n'en à jamais vu, lui qui ne croirait pas celui qui lui prétendrait que celle-ci se promenait parmi le peuple sans rien de distinctif ?

Surtout, il n'a pas vraiment porté les yeux sur elle, il à cru à une passante comme une autre, une qui accepterait de le dépanner quelques secondes. Et d'ailleurs il rajouta des conseils
« Faites attention c'est très fragile, et rare ... Je vous en débarrasse au plus vite  » Termina-t-il en relevant ses prunelles vertes qu'il planta dans le regard brun de la Demoiselle...

@Irina Draghsteel  “ you're trying to find a ghost in the middle of reality. ” (Hyacinthe) 171928021  “ you're trying to find a ghost in the middle of reality. ” (Hyacinthe) 171928021  “ you're trying to find a ghost in the middle of reality. ” (Hyacinthe) 171928021
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le Sam 14 Juil - 17:09



you're trying to find a ghost
in the middle of reality
12 juin 2118


Sans comprendre comment Irina se retrouva avec plusieurs flacons de parfum dans les mains. Choquée par la manière du garçon, mais aussi par ses yeux verts et sa chevelure blonde, Irina se contenta d’agir sans un mot. Qui était cet inconnu, sortie du néant ? Elle lança un bref coup d’œil pour regarder son garde, un peu plus loin, transporter les pots. Qu’une question de secondes avant qu’il ne remarque la situation et saute à la gorge de ce… vendeur ? Qui sait ce qu’il était. Avec le vent grincheux, son voile tomba en arrière dévoila ses cheveux d’un noir profond. Il y avait du khôl autour de ses yeux foncés et un peu d’ocre sur ses lèvres. Un bijou doré partait de ses oreilles et regroupé ses cheveux en arrière, seul signe de sa richesse outre sa beauté. Elle se trouvait bien drôle, là, tout de suite, à aider un inconnu sans le vouloir. Par curiosité, elle se pencha vers l’un des flacons, mais aucune odeur ne semblait vouloir se dégager du verre. C’est normal, ils sont tous convenablement fermé et hermétique.

Vous confiez donc ce qui est rare et fragile à une inconnue ? Au moment où elle prononça ces mots, le marchant à qui elle venait de prendre les pots commença à murmurer quelque chose à son voisin. Il était assez compliqué de passer inaperçu, surtout le visage à découvert. Sans doute s’amuser-t-on de voir qu’un étranger ne parvenait pas à reconnaître la royauté. Irina n’était pas offensée par ça, d’ailleurs, au contraire. Surtout face à un homme au visage si intriguant. Ce sont des parfums ? Demanda-t-elle, observant les différents flacons qu’elle avait dans les mains. Par peur de les briser, elle évitait de bouger, malheureusement son garde arriva, déjà prêt à attaquer en remarquant le blond devant elle. Rapidement, Irina lui lance un regard et un simple : Stop. Tout de suite, celui-ci s’immobilisa, mains à l’épée. Un rien suffirait pour que celui-ci tranche la gorge de l’inconnu. Ce dont elle n’avait pas envie, intriguée par son manque de savoir et par sa présence. S’il était entré, c’est qu’il avait sans doute une raison précise.

Qu’est-ce qui vous amène dans la cité de Feu ? Je peux peut-être vous aider ?  Elle attendit tranquillement qu’il reprenne les flacons pour ensuite faire signe à son garde qu’il maintienne une distance. Elle ne voulait pas effrayer le marchand. Elle doit avouer que son physique particulier joue en sa faveur. Une fois ses mains libres, elle tâcha de vérifier l’état de ses bracelets – dont elle raffolait. La quantité qui entourait ses poignets était impressionnants.

D’où venez-vous ? Elle pose son regard sur la marque au henné qui se trouve dans le dos de sa main. Impossible pour un étranger de passer inaperçu lors d’une visite, surtout si on lui ressemble. Généralement, les touristes sont les premiers à être plumé par les vendeurs, mais celui-ci semble plutôt être du genre à vendre quelque chose. Elle remit en place son voile, espérant que la brise se montrerait plus clémente à l’avenir, puis son regard se posa sur la maison des Saada, non-loin. Cette maison était un fantôme. Elle semblait le poursuivre bien malgré elle. Irina faisait de son mieux pour rayer de son histoire Noah, mais il semblait coriace. Le genre de lien qui ne peut pas s’effacer facilement. C’était dommage. Elle donnerait n’importe quoi pour le remplacer par un autre, par quelqu’un capable d’être présent surtout. Elle vérifia que sa petite bourse était bien en place plus reposa ses yeux sur l’inconnu.



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le Mer 17 Oct - 19:26

Irina & Hyacinthe @ParfumsAndSecrets


Il se fiait plus à ses connaissances personnelles qu'à sa première expérience lors de sa venue dans la cité de feu. Noah, Arméthyse, des être rares, généreux, ouverts ... Hyacinthe, il voulait croire que le peuple qui marchait dans le rues de ces lieux, parfois trop sanglants, possédait une bonne âme. Sans doute la chaleur persistante qu'il fallait endurer en traversant le désert amoindrissait un peu ses sens habituellement plus aiguisés. Le désir de se plonger dans une immense étendue d'eau comme celle qui bordait la plage ou il vivait taraudait aussi son esprit.

Le blond aurait pu arguer aussi que le soleil aveuglait ses pupilles, au point qu'il eut pu penser que celle qui se trouvait à ses côtés ressemblait à une serveuse @Irina Draghsteel de la maison, venue à sa rencontre. En vérité le Calusa ne lui jeta qu'un regard distrait, ayant trop hâte de pénétrer dans la maisonnée afin d'y trouver une fraîcheur apaisante.

Légérement désarçonné par cette question pertinente, Hyacinthe se redressa comme pour imposer une présence qui s'éparpillait partout. Finalement il planta ses prunelles vertes dans celles de la jeune femme, découvrant ainsi le charme qui émanait d'elle
« Non non non » laissa t'il échapper tout en reprenant avec précaution une fiole que l'inconnue tenait aimablement.

« Pas d'habitude mais l'impatience me tenait » Rajouta le jeune homme. Celle du bout du chemin, des retrouvailles, mais surtout d'avoir réussi à circuler dans cet endroit parfois un peu coupe gorge sans avoir provoquer un seul incident. Il ne souhaitait pas renouveler l'expérience endurée avec Rose, et se perdre à nouveau dans la folie ...

« Oui c'est une tradition familiale et j'ai fait en sorte d'amener les meilleurs échantillons, mais je peux aussi en créer selon le dés... » Le Blond s'interrompit en voyant une forte carrure s'avancer vers lui avec agressivité, il serra tous ses contenants contre lui, comme s'il s'agissait de ses enfants, les protégeant avant lui-même. Ça représentait quand même les recherches et le travail de toute une vie.

Mais la femme s'interposa avant qu'un acte irréversible fut commis. Hyacinthe en déduisit rapidement que cette dame appartenait certainement à une famille importante. Il hocha silencieusement la tête en guise de remerciement, puis récupéra les derniers flacons qui demeuraient dans les mains de la Rahjak
« Dé dé dé solé de vous avoir encombrée avec tout ça  » Malgré lui Son Toc lui fit tendre une ou deux bouteilles vers elle, sans que son geste s'acheva complétement. Trois fois. Il pensait s'éloigner discrètement quitte à revenir un peu plus tard quand elle s'enquit des circonstances de sa venue.

« Je suis venu rendre visite à un ami  »

Rien de répréhensible dans cette assertion, Aucune loi n'empêchait un Calusa de devenir ami avec un être du peuple du désert, ni de lui rendre visite ... Et vice et versa. Encouragé par l'air intéressée de la jeune femme il continua « Vous savez dans le désert pousse une fleur très rare, qui n'éclot pas tous les ans, je suis revenu bredouille de mon voyage trois ans auparavant et j'ai su que c'était ma chance. Alors j'ai pensé que c'était l'occasion de venir dire bonjour à Noah, de la famille Saada, vous les connaissez ? »

Au fond s'il commettait une erreur en frappant à la mauvaise porte, celle-ci savait le prévenir pour qu'il évita une bévue aussi grosse que lui. Hyacinthe indiqua la porte en face de lui « Je crois savoir d'après les explications qu'il m'a fourni qu'il doit habiter juste ici »

Voilà la vérité toute crue, donc même si la belle se révélait soupçonneuse, il faudrait qu'elle se montra bien pointilleuse pour voir dans ses explications une quelconque ruse ou malhonnêteté. Amateur de toutes les beautés en ce monde, mais complexe en ce qui concernait sa relation avec le sexe féminin, ses yeux glissaient le long de la silhouette de la brune

« Moi ? J'arrive du bord de mer qui se situe prêt du village Calusa ... Et vous vivez dans cette cité ? »


@Irina Draghsteel  “ you're trying to find a ghost in the middle of reality. ” (Hyacinthe) 171928021  “ you're trying to find a ghost in the middle of reality. ” (Hyacinthe) 171928021  “ you're trying to find a ghost in the middle of reality. ” (Hyacinthe) 171928021
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le Sam 3 Nov - 16:01



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12 juin 2118


Il ne faut pas grand-chose à Irina pour créer la zizanie dans une journée qui semble tout à fait paisible et sans problème. Avec ses gardes et son sang royal, un geste, un désir, et tout le monde peut y passer. C’est terrifiant, le pouvoir, et extrêmement enivrant. Princesse, oui, mais un jour reine. Elle persiste à le croire, à le désirer, à aller jusqu’au bout de sa vengeance. Sauf qu’à ce moment, il n’est pas question de plier le monde à sa façon, mais plutôt d’éviter que son garde ne se mêle de ce qui ne le regarde pas. Ce n’est pas tous les jours qu’elle peut croiser des touristes, vraiment. Elle doit donc en profiter, mais plus encore, celui-là l’intrigue d’une façon qu’elle ne saurait expliquer. Peut-être parce qu’il se tient juste aux côtés de la maison qui fait trembler son cœur ? Qui sait ? Elle n’a aucune réponse et, quand c’est le cas, finit toujours par trouver une solution. Des flacons dans les bras, elle observe le vendeur reprendre l’un de ses parfums, visiblement gêné ? Ou alors ce n’est pas ça, mais peut-être qu’en croisant son regard, s’est-il rendu compte de celle qui se trouve devant lui ? Qui sait ?

« L’impatience ? » Curieuse, Irina est douée pour éterniser n’importe quelle conversation de la manière la plus aimable possible. De plus, en face de quelqu’un qui peut sortir de la cité, elle ne peut que vouloir savoir. Savoir son nom, son travail, son quotidien, sa tribu… tout. Irina possède ce besoin de tout savoir et de tout connaître. Elle garde ensuite, précieusement, ces informations dans un coin de son esprit, sachant que chaque mot a son importance. Mais pas le temps d’en dire plus que son garde se ramène. Elle est bien obligée de le stopper avant que le mal soit fait pour rien. Elle tâche aussitôt de lui ordonner de s’écarter et de lui laisser l’espace nécessaire, sinon ça sera sa tête qui sera tranchée, pas celui de l’inconnu. Impossible d’ignorer les ordres de la princesse, le garde recule et abandonne Irina à ses curiosités. Il se positionne dans un coin, à quelques mètres, le regard posé sur le blond, prêt à bondir au moindre danger.

« Ne soyez pas désolé. » Elle en profite pour vérifier que personne ne les observe trop, même si, à son avis, quelques murmures sont déjà échappés. Ce n’est plus très grave, maintenant et puis, elle n’a rien de cacher, Irina. Ce n’est pas en portant quelques flacons que son monde va s’écrouler.

Son sourire aimable s’écrase sur le sol à la mention de Noah. Elle en oublie presque l’histoire du marchand, la fleur rare… non, pas la peine. Silencieuse, elle le regarde pointer la porte, juste à côté, de cette fameuse maison qu’Irina aimerait presque voir brûler. « C’est la bonne porte. » Sa voix est lente, presque triste. « Mais vous n’y trouverez personne, malheureusement. » Pourtant, elle peut très bien imaginer toutes ses fois où elle-même, elle est venue frapper à cette porte. Cette famille, elle l’avait chérie comme la sienne, quelque part. Qu’ils aillent tous en enfer maintenant.

Réajustant son voile, elle tente de reprendre ses esprits, intriguée par le nom Calusa. « J’ai cru entendre qu’une tempête avait détruit vos maisons, j’en suis navrée. » Elle incline légèrement la tête, en guise de marque de respect. « Je suis Irina. Une amie de la famille Saada… » Ses yeux se posent sur la demeure quelques secondes. « Est-ce que la fleur que vous cherchez, vous l’utilisez pour vos parfums ? » Changement subtil de conversation pour éviter de parler de ce qu’elle n’ose pas prononcer. Que Noah aille pourrir dans les dunes du désert si un jour, il tente de revenir. Qu’il se fasse dévorer par les scorpions les plus gros, ça l’arrangera. Ce traître… Ce briseur de cœur.

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le Lun 31 Déc - 18:29

Irina & Hyacinthe @ParfumsAndSecrets


Ou qu'il se tienne, à part face à l'océan, Hyacinthe ne parvient jamais à se synchroniser au monde. Toujours il garde l'impression de marcher sur une route parallèle à ceux qui interagissent avec lui. Bien entendu, comme dans toute règle il existe des exceptions à cet état d'esprit, autre que l'eau qui vient lui lécher les pieds sur le rivage. Des personnes, rares et précieuses dont certaines se sont fondues dans l'obscurité pour disparaître à jamais de ces yeux. Irremplaçables. Douloureuses.

Hyacinthe être atypique qui évolue sans fin, tout simplement parce qu'il ignore qui il est exactement. Très souvent les gens qui le rencontrent, détectent quelque chose d'inhabituel dans sa nature, ne serait-ce que cette façon de s'attacher au chiffre trois, dans ses mouvements ou dans sa parole. Beaucoup sont repartis avec cette idée qu'il bégayait tout simplement. Malgré toutes ces particularités, dont les plus importantes invisibles à l'œil nu, le blond n'est pas idiot, bien que trop souvent distrait pas ses angoisses intérieures. Cette femme-là qui se dresse à ses côtés, il devine, le solitaire, qu'elle doit faire partie de la société qu'on respecte. Et il sait qu'on doit se comporter différemment avec une esclave ou une dame sauf que lui, il considère toutes les personnes de la même manière. Alors il décide de ne rien modifier dans son attitude plutôt que de provoquer une bévue parce qu'il voudrait agir "mieux".


Il Secoua sa chevelure tout en la rejetant vers l'arrière, son front laissa apparaître quelques petites ridules alors qu'il observe attentivement la séduisante jeune femme. L'interroge-t-elle sur la signification du mot impatience ou sur celle qu'il éprouve en ce moment ? Jugeant qu'elle doit avoir une bonne culture il opte pour la seconde option


« Vous vous vous savez l'impatience qu'on éprouve avant de revoir un vieil ami ? Surtout s'il ne vous attend pas et que votre visite est une surprise » Ce sentiment qui accélère cet organe qui bat dans la poitrine. A la limite il ressemblerait presque à un amoureux qui vient rendre visite à sa dulcinée. D'ailleurs il se souvient du temps ou Noah vécu chez lui, parfois ses yeux s'attardaient un peu trop sur lui.

Le Calusa esquisse un geste comme pour chasser des mouches importunes, bien qu'il n'y eût aucun insecte qui tournoya autour d'eux. Par contre un homme au visage peu amène se dirige vers lui, ça lui remémore cet épisode avec La rousse Pikuni kidnappée. Grâce. Et ses lèvres ne peuvent s'empêcher de laisser échapper cette question « Rassurez-moi vous n'êtes pas prisonnière au moins ? » Aussitôt après il se mord les lèvres, inquiet d'avoir éventuellement alerter son bourreau. Néanmoins à la manière dont elle le maîtrise, Hyacinthe ne doute plus qu'il s'agit de leur maîtresse plutôt que de leur domestique ou dieu sait quoi.  
 
La suite s'entremêle, se superpose, s'entrechoque comme un capharnaüm provisoire alors que le visage de la femme change complétement d'expression. Drame « Oh ... » Se désole Hyacinthe dont la tonalité ne peut cacher sa déception. Ses prunelles vertes se fixent sur la fameuse porte qu'il souhaite voir s'ouvrir malgré ce que lui annonce son interlocutrice. Il partage sans le deviner une peine bien plus sombre dans l'âme de la femme

« Ils ont déménagés ? » Lui surtout, parce que tous les autres Saada, il n'en connait rien que les rares confessions faites la nuit autour d'un feu. Quand son ami si discret acceptait de se dévoiler. Mais elle a déjà changé de sujet, alors il tente de se reprendre, après tout, ses états d'âmes n'intéressent pas cette dame « Oui tout le village en réalité té té qui a du migré vers l'intérieur des terres. Moi je suis un solitaire, je vivais plus loin et ma cabane a été en partie épargnée. Cependant beaucoup de mes plantes se sont vues déchirées, arrachées alors je me dois de refaire le tour de l'Isle pour récupérer les plus rares, et les plus odorantes »

Des détails pour ceux qui s'approvisionnaient chez lui, mais d'une grande importance pour Hyacinthe qui renouvelle sans cesse les effluves qu'il crée. Il baissa à son tour la tête pour répondre à son signe de respect. Trois fois « Enchanté Irina, et moi je suis Hyacinthe, Ami éloigné d'un des membres de cette famille ... Et oui cette fleur je voudrais l'utiliser, avec parcimonie car elle est très rare »


@Irina Draghsteel  “ you're trying to find a ghost in the middle of reality. ” (Hyacinthe) 171928021  “ you're trying to find a ghost in the middle of reality. ” (Hyacinthe) 171928021  “ you're trying to find a ghost in the middle of reality. ” (Hyacinthe) 171928021 Bonne Année !!!

Spoiler:
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Cassian Saada
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le Dim 20 Jan - 3:37
Depuis près de six mois, Cassian ne s’est plus pris à battre le pavé de la Cité des Sables. Il a oublié, le gargouillement ininterrompu de son dédale, les odeurs mêlées de cuir tanné, de sueur, de fruit trop mûr, d’épice à pépie, d’urine âcre, de crottin cuit à même la poussière des ruelles, à même les briquettes des pistes carrossables. Cela pue. Cela lui flanque la nausée. Pourra t-il à nouveau vivre ici, parmi les hommes ? Après avoir entendu le chant du coyote esseulé ? Après avoir planté son bivouac dans la perdition des dunes, et avoir pu scruter le firmament, si translucide, qu’il se croyait en tête à tête avec le fond de l’univers ? Des semaines et des semaines, de ce régime là, ont laissé des cinglures profondes en son âme. Cette cure de silence et de solitude l’a rendu infiniment plus sensible, plus intolérant à l’effervescence humaine. Qui empeste et ergote sans cesse. Qui abîme tout ce qu'elle touche.

La première fois qu’il est revenu à la Cité, Cassian s’est cloîtré dans son laboratoire pour ne jamais entr'apercevoir la lumière du jour. Volets fermés et porte barricadée. Il s’est contenté de ravitailler son viatique, de décharger ses hottes de simples, de classifier chaque nouveau spécimen et il est reparti derechef, aussi furtif qu'un contrebandier. La seconde fois, il s’est surpris à tendre l’oreille, et a eu vent de rumeurs délicieuses. La famille Saada serait morte au grand complet. Autour du vide béant laissé par la famille, les circonstances se veulent particulièrement floues, aussi tout un florilège de scénarios s'est mis à affluer, de sorte qu’on croirait la fin des Saada une sinistre fable déformée au fil des âges, par toutes les bouches qui l’ont mâchonnée. Dans tous les cas, Cassian ne serait plus de ce monde, lui non plus. D’aucuns affirment qu’il flanque sa sœur, d'autres qu’il s’est jeté aux trousses de son frère. Les plus joueurs arguent même qu’il se serait suicidé au moyen d’un poison fulgurant, et il y tendait irrésistiblement à l'heure où les rats quittaient le navire. Mais non. L'âme est pantelante. Le coeur, un bourreau de travail, un puisatier épuisant.

Les quelques personnes au courant de ses tribulations n’ont pas eu le loisir de diffuser  correctement l’information, d’endiguer la puissance tentaculaire de la rumeur. Les temps sont durs, n’est-ce pas ? Les citernes asséchées, la misère piétinante, les conflits sur le point de cristalliser. Une atmosphère qui sied à merveille à l’empoisonneur. Lui qui a passé tant d’heures, tant de nuits blanches au chevet des moribonds, à méditer sur les différents flux qui sèment et arrachent la vie, lui qui a tant spéculé sur les gyrus et vagabondages des âmes, sur l’existence des spectres, se retrouve t-il dans la peau de l’un d’eux. Encapuchonné, il peut désormais lambiner dans les artères de la Cité l’esprit serein. Menaces et dangers deviennent intangibles et lui coulent dessus, comme une eau turbulente sur les galets de la rivière. Il est mort. Plus personne ne peut fomenter contre lui. Plus personne ne peut s’imaginer qu’il se tient là, circulant dans le labyrinthe de la Cité avec une insouciance d’enfant. Il est transparent, anonyme. Il est une mèche de vent, une ombre renarde, une silhouette sans visage. Un véritable répit. Qui prendra fin tôt ou tard.

La vieille demeure des Saada prend des allures de maison hantée, se dit-il. Une peinture écaillée sur les volets, une patine vert-de-gris aux ferronneries de la porte, des parasites criblant les palmeraies des jardins. L'ombre est si zélée à tout engloutir… Le chaos et la pourriture ne font qu’attendre, dans les pliures du temps et de l’espace, qu’on leur tourne le dos pour surgir. En début d’année, Cassian a fait déporter ses esclaves aux mines de Sel, une affaire temporaire avant qu’il ne brandisse le courage de tout reconstruire. Car il lui est impossible de laisser croupir son patrimoine de la sorte. S’il ne reste que lui, alors le monde entier doit savoir qu’il sera le plus solide et le plus digne, reléguant Noah le lumineux et Scylla la farouche au rang de déserteurs, de lâches, d’illustres feux de brindilles. Si lui n’a jamais brillé par la flamme et l’éclat, du moins est-il toujours debout, lune vieille quand les soleils s’évaporent. Mais il lui faut encore quelques mois avant de reprendre son souffle, avant d’ouvrir à nouveau le Noctarium, avant de revenir dans le monde des vivants. Un instant, au fond de sa gibecière, il joue du bout des doigts avec une lourde clef archaïque, celle du Manoir des Saada. Observant le fronton de la bâtisse depuis la rue, quelle n’est pas sa surprise d’y apercevoir quelques âmes en maraude, vautours à souvenirs cassés. Tiens, Irina.

L’œil noir de Cassian accueille un éclat aigu. Entraîné par sa curiosité, il la suit discrètement jusqu’aux étals de l’artisan-potier. Côtoyer la Mort et les fantômes semble lui avoir insufflé un vrai talent en matière de discrétion, car le Sorcier se glisse parmi les chalands sans attirer la moindre attention. Il a les épaules robustes, de quoi lui frayer un passage digne de ce nom où qu’il aille, mais son aura est comme blanchie, son charisme, aseptisé. Il ressemble à un pantin au teint de craie, aux pupilles mécaniques, aux gestes froids. Il semble fait de glace et d’engrenage, de pierre et de chaux. Taiseux, il fait mine de scruter les articles de l’artisan, mais son oreille lanterne, se dresse lorsque retentit son nom. Tiens, Irina croit donc qu’il est mort, pour affirmer que personne ne vit plus en ces murs ? La rumeur est-elle si grande, pour avoir happé jusqu’à la Princesse ? Et qui est cet étranger, qui lui tient le crachoir, et qui se prétend un ami de Noah, où de Kamil peut-être ? Calusa… Il a une élocution étrange, enrayée par moments, qui pique immédiatement sa curiosité de clinicien. Quelques minutes, il les laisse deviser. Bien conscient qu’ils ont attiré les regards curieux, bien conscient que s’il prend la parole, il foudroie sa renommée fantômatique.

« Tous les Saadas ne sont pas morts, Irina. Seulement celui cher à ton cœur. » Une voix basse, qui roule dans un silence, qui n’interrompt personne. Il se retourne alors, découvre le visage de ce Hyacinthe, retrouve les traits familiers d’Irina. Non, au nom de leur relation aujourd’hui enfouie, qui ne se résume peut-être plus qu’à des surgeons de complicité, Cassian ne pouvait pas la laisser plus longtemps dans l’ignorance. Elle le lui aurait reproché, plus tard. Et puis le chagrin piétiné qu’éprouve la princesse Rahjak ne trouve t-il pas un écho confondant dans le cœur du dernier Saada ? Nul affect ne vient néanmoins accabler les traits séraphiques de Cassian, comme si le naufrage de sa famille l’indifférait au plus haut point, presque pourrait-il porter joliment le meurtre de Scylla, de Noah, de Kamil, tant il paraît lointain. Intouchable.

« Chers à... Vos cœurs ? » Son regard oblique vers le Calusa. Un bellâtre à crinière, qui porte la vie sauvage au fond de ses prunelles émeraude. Une prestance solaire, que Cassian ne voit pas, focalisé sur ses étranges manies, sur son flot de paroles trébuchantes. Est-il bègue, ou y a-t-il autre chose ? Il se retient d’investiguer plus en avant, pris malgré lui dans cette ambiance de recueillement. Personne autour d’eux ne s’est encore penché sur son identité, comme s’il n’était qu’un passant curieux et impertinent. Une performance médiocre après la maladresse du Calusa, vécu comme un crime de lèse-majesté. Bafoué par des souvenirs, le regard de Cassian s’envole un instant pour les fenêtres du manoir, obturées par de longues tentures poussiéreuses, qui n’ont pas ouvertes voie au soleil depuis des mois battants. Un soupir à ses lèvres, comme une goutte de vitriol fumant. « Cette maison est un cimetière de souvenirs… » Souffle t-il. « Ils vont se gâter, ces souvenirs. Ils vont se racornir, se rigidifier. Ils vont sécher… Ils vont exhaler. Sentir mauvais. » Pire encore que les fumées légères qui s’échappent de ses chaudrons. « Vous devriez quitter cet endroit. »
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Irina Draghsteel
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le Dim 27 Jan - 11:02



you're trying to find a ghost
in the middle of reality
12 juin 2118


Cela devait être une journée comme une autre. Une ballade à travers le marché local, le soleil sur sa peau. Cette rencontre est une surprise, inattendue et en même temps confortable. Face aux étrangers, Irina n’agit pas de la même manière. Elle évalue l’inconnu, se demande, se laisse bercer par sa curiosité. Elle sourit agréablement quand il parle de ce sentiment d’impatience à l’approche d’une rencontre amicale. Elle comprend mieux maintenant ce qu’il veut dire, elle n’a donc pas besoin de plus. Il est là pour visiter un ami, une connaissance qui représente quelque chose, qui a son importance. Sans doute, avait-elle ressenti ça, par le passé, pour Arméthyse. Pour son amie d’enfance, sa confidente. Aujourd’hui, il ne reste qu’un vide étrange, ponctué par une rancœur nouvelle. Irina ne peut pas empêcher les autres de vivre leurs vies, d’être heureux, mais elle jalouse un peu tous ceux qui ne sont pas seul. Tous ceux qui chérissent encore les autres, sans rien demander en retour, sans rien désirer de plus. Elle acquiesce donc de la tête qu’elle comprend ce qu’il veut dire.

Quand il lui murmure qu’il espère qu’elle n’est pas la prisonnière des gardes qui la suivent, elle se met à rire. Pourtant, au fond, il n’a pas vraiment tort. Irina est coincée dans son château d’or, princesse enchaîné à des devoirs imposés par le roi. C’est un bel oiseau en cage. Pourtant, elle doit se montrer puissante et élégante, sûre d’elle aussi. Personne ne doit savoir le gouffre dans lequel elle plonge quand elle retourne entre les quatre murs de sa chambre. Puis soudain, la mention de la famille de Noah réveille en elle une douleur évidente. Il n’a pas fait de faux pas, Hyacinthe, c’est juste elle qui ne sait retenir sa colère et sa tristesse.

Elle ne sait pas quoi répondre quand il demande s’ils ont déménagé, et préfère pour le coup garder le silence. Ses yeux se posent sur la porte, toujours fermée, presque un obstacle à ce qu’elle chérie. Inutile de s’attarder sur le sujet, de toute manière, Irina n’a pas envie de parler de ce qui lui fait de la peine. Par chance, l’inconnu suit le mouvement et répond à sa question. Le baignaient du garçon ne la dérange pas, d’ailleurs. Le sujet est sensible, c’est peut-être pour ça. Sa tribu n’avait plus rien, la tempête avait tout emporté. « C’est un travail qui demande du temps, j’espère que vous trouverez tout ce dont vous avez besoin. » Cela devait être si frustrant de voir une partie de son travail envolé. Elle se demande à quoi sa vie ressemble, être parfumeur, c’est bien un travail dont elle ignore la conception. De ce qu’elle a vaguement senti quand les flacons étaient dans ses bras, elle trouve qu’il crée des odeurs plutôt apaisantes et douces. Peut-être pourrait-il lui concocter quelque chose d’unique, pour elle, mais ses illusions s’envolent quand une voix familière brise le monde qui l’entoure.

La voix si particulière de Cassian l’arrête. Elle ne pense plus, ne bouge plus. Immobile et paralysé par la présence du garçon. Son cœur ne bas plus, effrayé par la vérité que Cassian a prononcé. Noah serait-il donc vraiment mort, où n’est-ce qu’une façon de parler. Elle refuse donc de se tourner, de le regarder. Elle a peur de ce qu’elle risque d’apercevoir, as-t-elle oublié le visage du sorcier ? Bien sûr que non. Finalement, ses yeux croisent ceux du Saada et un frisson la parcourt. Il est aussi pâle qu’un mort, au fond, peut-être l’est-il. Peut-être s’est-il débattu avec le pire pour revenir dans la cité où toute sa famille s’est perdu. Il semble différent, pourtant, encore plus accablé par les épreuves du désert. Encore plus noir encore, comme si toute lumière avait disparu de son existence.

« Il y a donc encore un Saada dans la cité. » Elle le dit comme si c’était une erreur, un blasphème. Comme si elle refuse sa présence, son identité. Elle le défi presque, de porter ce nom, tant il n’a plus aucune valeur, tant il l’a fait souffrir, elle. « Les cimetières ne me font pas peur. » Et si elle peut y trouver le crâne de Noah, elle l’écraserait bien. « Depuis quand tu es de retour ? Où dois-je prétendre que ton arrivée est récente et que c’est une coïncidence de te voir là le même jour que Hyacinthe ? »



« Entre le † Ciel † et l' ☿ Enfer ☿ »
Hyacinthe Bosco
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le Dim 3 Fév - 0:28

Irina & Cassian & Hyacinthe @ParfumsAndSecrets


Après l'agitation volubile, maladroite, hésitante s'installe un apaisement ponctué de légers soubresauts. Elle l'écoute. Il s'exprime. Le mystère demeure. Hyacinthe il ne parvient pas à gratter la surface de l'image qu'elle lui offre. Le blond détecte néanmoins quelques hochements de tête qui abondent dans son sens. Alors qu'une étrange tristesse mêlée d'insatisfaction passe dans le regard de l'inconnue abordée sur la place au petit bonheur La chance. La complexité de toutes ces rencontres, dans la cité de feu, qui s'imbriquent sans se dévoiler laisse perplexe le verrier.

Ses pupilles vertes voyagent des protecteurs muets de la "dame" au visage de cette belle se dissimulant sous des voiles invisibles. Alors même s'il le désirait, le calusa ne parviendrait pas à les soulever car il ignore les runes secrètes annulant ce sortilège fragile. Immobile, Hyacinthe écoute le temps passé, car il suffirait d'un geste maladroit pour qu'il brise l'harmonie éphémère qui les lie, Elle et Lui.

Leur échange timide à soudain flambé avec l'apparition du prénom Noah, tout autant la flamme semble s'éteindre aussi vite qu'elle prit vie. Le blond suppute dans l'intimité de son esprit avoir touché un sujet délicat. Il souhaiterait défoncer la porte virtuelle qui bloque l'éclairage de la situation, malheureusement, avant tout mouvement il veut en découvrir plus à propos de cette Irina qui parait si proche de son ami Saada. Pourtant il sait Hyacinthe qu'il ne lui a confié que peu ... Quelques faits, Un lieu, Une cité, des paroles éparses qui aujourd'hui ne lui tendent aucune accroche. Doit-il accepter, reculer, renoncer ?  

 
Au milieu de cette indécision, imbibée de tristesse non exprimée, une voix s'élève au-devant d'eux, Elle et lui ...

Une guillotine qui tranche impitoyable la tête de tout espoir.

Une silhouette se dégage, vient dans leur direction...

Hyacinthe cligne des paupières absorbant la nouvelle, qui ne s'adresse pas à lui à proprement parlé.

Comme un ange déchu qui surgirait du brouillard l'autre se distingue infiniment plus précisément à chaque seconde. L'intrus ne déclenche aucun souvenir, et Hyacinthe sait qu'il ne s'agit pas d'un oubli, avec une apparence aussi peu commune, il ne l 'aurait pas croisé sans le reconnaître.

La, tout de suite, il n'identifie pas l'histoire, le drame, la pièce qui se joue en l'englobant sans lui demander la permission. S'éclipser s'avère la meilleure option, les délivrer de sa présence afin que les langues se délient sans gêne. Aussitôt le blond recule d'un pas, malheureusement un museau humide le pousse vers l'avant, rejoindre le duo pour le transformer définitivement en trio. Azalée, sortie de ses pensées, se frotte la tête contre son dos, amicalement, lui coupant toute retraite. Car il ne veut pas Hyacinthe s'étendre sur ses jours en compagnie de Noah, encore moins si sa personne ne foule plus cette terre. Voilà pourquoi il n'enchaîne pas sur la réflexion du nouveau venu quand ce dernier précise *Chers à... Vos cœurs ? *

Irina prend le relai l'identifiantcomme un Saada. Un cousin, un frère, un oncle il ne le sait pas encre exactement. Aucune importance, le couperet tombé, le blond n'éprouve aucun besoin de creuser plus, sauf que ce Saada là égrène de bien amères paroles...

 
Elles résonnent comme un cri d'injustice aux oreilles du blond alors qu'il examine avec acuité celui qui les émets « Les souvenirs sont tout le contraire d'une cimetière » Déclare le parfumeur juste après l'assertion d'Irina. Hyacinthe ne le rajoutera pas mais il ne craint pas non plus les charniers, lui qui a enterré l'un de ses pairs au fond de sa serre. Bien entendu, il ne soulignera pas ce fait, regrettant déjà d'avoir entamé la causette avec le revenant.

Hyacinthe il nage dans l'incertitude, il ne contrôle rien depuis un bail, son corps se révolte, se contracte, alors il lutte pour ne pas s'éparpiller. Parfois ses actions s'engouffrent dans le sentier le plus sinueux, celui que sa raison évite à tout prix. Un peu comme si le rythme du temps s'inversait ou que la terre décidait de tourner à l'envers. Et les répétitions reviennent comme des vagues d'une marée montante ... Un, deux, Trois... Le Calusa il doit se concentrer là-dessus, ne pas poursuivre le mauvais cheminement. Malencontreusement ses lèvres s'ouvrent par devers lui


« Les vôtres peut-être »

Oppose-t-il à celui dont le prénom reste impalpable à l'ouïe du blond, surtout ne pas perdre le rythme

« Mais les miens insuffle fle fle la vie à ... un... Mes disparus, ils éclairent mes journées ... Deux ... les plus sombres et ... Trois ... Chassent les mauvais esprits »

Il retombe dans ses travers Hyacinthe, à force de se vouloir parfait, il cite les nombres plutôt que de répéter les syllabes. Ça le contrarie alors il peste tout haut tandis Qu'Irina ponctue cet échange insolite par un monceau de doutes et de suspicions ou elle cite sa personne.

« Depuis quand ? Depuis quand ? Depuis quand ? » Murmure-t-il comme un écho à la question de la belle brune. Alors que lui, le blond, ouvre sa besace pour y ranger les fioles qui encombrent toujours ses mains. Ses TOC prennent possession de lui, aussi referme t'il trois fois le sac avant de commencer à y fouiller pour arranger ses parfums de manière à ce qu'ils ne s'entrechoquent pas pendant le voyage. Ses doigts s'écartent trop vite, un récipient tombe sur sol, éclate en morceaux. Alors que se répand un liquide aux flagrances de Jasmin, agrémenté de différentes épices pour sublimer les notes douces et agréables de la fleur. Piment, cannelle ou encore du cumin...

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le Sam 30 Mar - 20:43
Triangle des Bermudes dans les rues marchandes. Fixité saline, qui s’empare des trois silhouettes à la croisée des chemins. Dans l’atmosphère, il y a comme un pincement, un nœud coulant fait de chaleur torride et d’ectoplasmes froids. Car l’ombre de Noah louvoie au-dessus des trois protagonistes pareille à la silhouette d’un choucas faisant sa ronde. Noah est-il mort ? Noah a-t-il fui ? Peut-être que l’un d’eux en a une traître idée, un peu plus précise que ce que brasse le qu’en dira t-on ? Le Sorcier connaît le lien qui unissait son frère à la princesse Rahjak. Il devine par ailleurs dans ses prunelles irisées la béance cruelle que son départ a laissé. Au fond de son âme, à l’ombre de son port altier, il existe une meurtrissure qui n’en peut plus de saigner, et cela, il le devine… en observant la silhouette d’ordinaire si lascive d’Irina, véritable chanson d’eau, qui se glace terriblement alors que leurs regards se croisent. On dirait bien qu’il n’est pas seul laissé-pour-compte, dans la désolation qu’a laissé Noah derrière lui. Et Hyacinthe ? Quel est la nature de la relation qui l’affilie à l’Absent, au dénominateur commun de cette rencontre étrange ? Cassian n’aime pas, les questions sans réponses, les énigmes sans fil à débobiner.

Un tableau étrange s’est formé là, au cœur des échoppes achalandées. Si à l’accoutumée, la foule ruisselle dans un friselis innocent, si les badauds butinent avec toute la légèreté du monde les différents ateliers qui flanquent la rue, il y a trois fausses notes dans la partition. Un triolet savant, qui se dévisage et se jauge avec le peu qu’il devine, sur la place-forte du silence. Entre leurs trois silhouettes bien roides, une épeire se régalerait à tisser son arantèle délicieusement isocèle. Et puis passe, l’instant de surprise, la prise au dépourvu. Les muscles se détendent et les langues se délient non sans méfiance, non sans impériosité. C’est Irina qui parle la première, et sa voix claque comme le fouet qui ensanglante les échines ramassées, là-bas, dans les Mines de Sel. Derrière elle, les deux soldats demeurent interdits, patientant après une directive qui leur permettrait de savoir que faire, sinon que-penser. Hyacinthe lui succède sans trop tarder, semble s’insurger envers les paroles du Sorcier, oiseau de mauvais augure, qui retentissent toujours comme des frondes haineuses. Et Hyacinthe brûle, Hyacinthe s’anime, Hyacinthe se braque tant sa propre vision télescope celle de l’empoisonneur. La conviction qui porte ses mots malhabiles, trébuchants, semble alimentée par un feu sacré. L’espace d’une seconde, c’est l'Espoir et la Ruine qui se dardent dans le blanc des conjonctives.

« Je ne connais pas Hyacinthe. Pas encore… » Souffle l’Empoisonneur, fixant le Calusa avec des yeux taillés en silex, comme si ce dernier irradiait une lueur solaire difficile à soutenir. Et parce qu’il ne saurait laisser cette vision chantante et pleine d’espoirs sans réponse, il lui répond avec des mots suants d’amertume. « Moi, je pense que les souvenirs déforment et dénaturent tout ce qu’ils touchent, telle la lèpre. Qu’avec le temps ils ne peuvent que perdre en précision… aussi s’y accroche t-on car on les redore, régulièrement, car on les redessine. Mais tout ceci reste un leurre tendu par notre propre esprit, si avide de consolations... » Susurre t-il, avec toute la tragédie de l’homme qui a abdiqué depuis longtemps face à ses démons, qui s’est laissé engloutir, qui s’est laissé habité, qui les a couronné, qui est devenu Eux. Il n’y a même pas l’once d’un conflit, l’étincelle d’un doute pour lézarder cette certitude aux échos granitiques. Non, rien, juste une quiétude sinistre. « Enfin, nous pourrions discuter longtemps de nos visions respectives… Cela m’intéresserait, en fait. » Ajoute t-il, et l’inexpressivité de ses traits rend indéchiffrable la sincérité de sa proposition. Quand bien même n’est-il pas dans ses habitudes de se montrer dédaigneux quand il n’est pas certain d’avoir l’ascendant sur son interlocuteur. Dans un temps premier, l’observation la plus rigoureuse est toujours de mise, chez le scientifique.

« Je suis rentré il y a peu. Trois jours. Et je repars le plus tôt possible… Disons demain. C’est comme si je n’étais pas là, Irina. » Lâche t-il en retrouvant quelques accents vivaces, comme si l’interrogation de la princesse avait tiraillé une corde sensible. Non, Cassian n’escompte pas lambiner dans la cité trop longtemps. L’ombre de sa sœur y rampe encore. L’aura de son frère infiltre encore la poussière qui se lève et poudroie d’or et de cuivre le sillage des charrois. Il attendra peut-être l’hiver pour rentrer définitivement en fief Rahjak. Il faut que l’inconnu et les grands espaces continuent de lui excorier l’âme et le cœur, de lui cailler le sang et les reins, de lui limer les os et les tendons, pour qu’il retrouve dans les chemins de la cité rouge une essence attrayante, chaleureuse, familière.

Pour l’heure, tout en cette cité lui soulève le coeur. Tout, dans les ombres indigo et les trouées lumineuses, qui filtrent entre les étoffes multicolores tendus sur les fils à linge, entre les hautes fenêtres, tord le cou à ses rares souvenirs heureux, aujourd’hui décrépits. Même le visage arrondi d’Irina, qu’il a pourtant connu autrement que par le biais de Noah, ne le renvoie plus qu’à cette absence hurlante. Il devine, aux raideurs qui se sont éprises de ses traits de pêche, qu’il en est de même pour elle. Néanmoins, nulle question de deviser à cœurs ouverts, sur le compte d’un noble désargenté devenu renégat en cette rue populaire, ouverte aux quatre vents. Une conversation dont charognards et colporteurs se saisiraient des moindres brides pour mieux jeter l’opprobre sur sa famille. Pour mieux enterrer les Saadas. Car autour d’eux, certains passants, intrigués par cette réunion hétéroclite, ont fait mine de ralentir et de s’intéresser à une babiole, tendant l’oreille.

« Si vous ne comptez pas partir dans l’immédiat, que diriez-vous de prendre un thé ? » Déclare alors le Sorcier sur un ton reluisant de désinvolture. A Hyacinthe, il adresse un regard étrillé de toute animosité, sans parvenir à réfréner la vive curiosité qui incise ses prunelles. Le Calusa fourrage alors sa besace pour y organiser le fatras de ses fioles, gestes méthodiques et frénétiques qui aiguillonne Cassian et son œil d’épervier. « Les amis de Noah sont mes amis, Hyacinthe. Nous avons peut-être des choses à nous dire. » Bien sûr. Il faut faire le jour, sur la disparition de Noah. Il faut clôturer le chapitre pour ne pas laisser au vent des espoirs mortifiants. Il faut nettoyer les ombres, les nuits et les brouillards qui enténèbrent sa fuite. Il faut cesser de se complaire dans ces versions, tronquées de rumeurs abasourdies, dans ces conjectures noyées de fiel ou de nostalgie… Il faut trancher dans le vif. Dire les choses. Sonner le glas. Et s’il doit être le dernier Saada, dans les murs de cette cité maudite, qui ensevelit jour après jour ses âmes dolentes, alors il assumera cette pénible responsabilité. Il sera l’oiseau de mauvaise augure, le porteur de tristes nouvelles. Mais il ne laissera pas le nom des siens aux prises des médisances, ni les pierres de l’antique demeure, qui fut le siège de leur richesse, se faire déchausser par les indigents. Les Saadas se relèveront, comme toujours. Et ils étoufferont tous les drames, tous les ouïe-dire, comme ils l’ont toujours fait.

Spoiler:
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le Mar 16 Avr - 16:33

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12 JUIN 2118

Une partie d’elle est déçu, une autre est heureuse. Heureuse de ne pas avoir à affronter celui qui a capturer son cœur, heureuse de se dire qu’un allié de cette famille est encore présent dans la cité de feu. Pourtant, ce n’est pas la joie que transmet son visage, mais la rancune. Elle en veut à chacun d’eux. Le feu qui la consume devrait l’emporter, lui, et les autres. Ensemble, les corps déchirés par ses larmes à elle. C’est stupide de pleurer, stupide d’éprouver quoi que ce soit. Irina doit se préserver et ses dernières années, elle a fait de son mieux. Elle peut être sans cœur, ne respirer que de la malveillance, ne se battre que pour la couronne, mais l’autre l’a touché et depuis, elle éprouve des choses. Pour Cassian, pour Noah, pour Arméthyse, pour Makenna… Derrière son regard transperçant, Irina ressent tout, et parfois, c’est trop. Aujourd’hui, c’est trop. Ses doigts la démangent, elle aimerait presque s’autoriser à laisser sa paume frapper la joue de Cassian. Oui, elle est en colère. En colère d’être de nouveau celle qui ne sait pas, celle qui est seule.

Pourtant, avec Hyacinthe dont la rencontre est encore nouvelle, elle ne peut pas être difficile. Elle craint presque de sortir les crocs, pour ne pas l’effrayer. Il n’est pas responsable du malheur qu’elle subit, et puis ses parfums sont le reflet de son travail et de sa passion. Il serait dommage d’ignorer les passionnés, ceux qui ne se laissent pas faire par la corruption. Gâcher cette rencontre lui semble futile, alors elle se tiens droite, le cœur dans un coin de sa tête.

« Ça ne m’intéresse pas, moi. » Il y a certains souvenirs qu’elle aimerait détruire, mais peut-elle vraiment ? Est-ce aussi simple que de couper la tête d’un malotru ? « Je ne suis pas là pour ça. » Perdre son temps dans des débats futiles, voilà quelque chose qu’elle préfère éviter. Et le Dieu Soleil sait, lui, que Cassian peut très vite se laisser porter par une idée ou une autre. Cela fait partie de lui. De ce qu’il est, de ce qu’il ressent, de l’obscurité qui s’accroche.

« Je vois. » Elle croise les bras, se ferme entièrement. Plus rien ne compte, maintenant. Il repart déjà. Si vite. Si tôt. C’est une lame que Noah lui a laissée, et il s’amuse à l’enfoncer encore plus. Sans doute, ne sait-il pas, sans doute le perçois-t-il. Cassian a toujours su regarder à travers le masque de la princesse pour y voir la sincérité. Inutile donc de rester, de penser qu’une conversation puisse arranger les choses. S’il veut disparaître, il peut. Oui, il peut…

« Profitez de votre thé et profitez de ce nouveau souvenir éphémère. » Elle s’avance légèrement, pose sur la joue de son ami de toujours un baiser puis murmure « Puisque tu disparaîtras de nouveau, je préfère agir comme si nos chemins ne se sont jamais croisés. Crois-le ou non, je doute supporter une nouvelle séparation. » Un mouvement de tête, un seul, et voilà qu’elle aperçoit des regards errants. Demain, en tête des ragots, c’est son nom qui sera prononcer. Le sien aussi, lui et sa famille déchue ont déjà alimenté nombreuses discussions. Elle regrette presque de ne pas avoir accepté le thé, car maintenant, elle se sent coincée. Perdue entre la foule et l’antre du diable. Que faire, donc ?

« Vous devriez venir me voir. » Dit-elle alors à Hyacinthe. « J’aimerais beaucoup jetez un coup d’œil à vos parfums. Qui sait, peut-être, l’un deux est-il fait pour moi. » Elle le pense, mais sa voix est tout de même assez forte pour que les plus imbéciles se laissent avoir. Dans l’espoir de calmer par avance les rumeurs, elle lui offre un sourire aimable, se disant que son travail serait une parfaite distraction. Elle n’ose même pas jeter un nouveau coup d'oeil au visage du Saada, non, elle n’ose pas. Il pourrait bien réussir à la convaincre, à l’attirer à l’intérieur. C’est une mauvaise idée. Elle se contentera de ce moment, oui. Jusqu’à ce qu’un jour, il revienne pour de bons.

@Cassian Saada @Hyacinthe Bosco
« Entre le † Ciel † et l' ☿ Enfer ☿ »
Hyacinthe Bosco
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 “ you're trying to find a ghost in the middle of reality. ” (Hyacinthe) Empty Re: “ you're trying to find a ghost in the middle of reality. ” (Hyacinthe)

le Dim 5 Mai - 14:01

Irina & Cassian & Hyacinthe @ParfumsAndSecrets


Une ambiance incongrue fleure de ce triumvirat inattendu. Des paroles biscornues côtoient les non-dits qui circulent allégrement entre les trois. Une pincée de mauvaise foi, un zest de stupeur - bien ou mal dissimulée - accompagnent l'incontestable chagrin qui ronge le cœur - oui ... OUI - de ces être-là. Hyacinthe se rendait chez un ami de longue, et à présent, il s'inquiète silencieusement de savoir si par inadvertance il n'aurait pas mis le pied dans un dangereux marécage. Un malin irait lui prétendre qu'il suffit de le retirer, mais exécuter un pas en arrière dans une danse aussi déglinguée demande bien plus de souplesse et de complexité que ne lui en inspire l'instant.

Pourtant le blond il s'y connait en situation farfelue, il en transporte même une dans son corps mystérieux qui ne réponds pas à toutes les règles établies. Le regard lointain, vers la porte tant recherchée, telle une belle échappée coupée dans un élan trop enthousiaste, il s'interroge s'il n'aurait - par imprudence - ouvert une boîte de pandore. Pourquoi se contenter d'une seule quand autant de drames se dévoilent où que l'aventure vous porte.

Un échange, presque aussi grinçant qu'une porte jamais huilée, débute entre les deux autres. Ils se connaissent déjà, ils savent les faiblesses des uns. Pas les siennes, pas encore ... Echo qui se répercute sur les lèvres du nouveau venu.

Ses prunelles vertes affrontent sans ciller le regard ciselé de celui qui démantèle ses paroles. Il y soupçonne le plaisir de détruire les rêves de ceux qui passent à sa portée. Et pourtant il ne sent pas amoindri par les élucubrations de ce Cassian. Elles lui appartiennent et si l'envie le pique de les jeter à la figure du Calusa, grand bien lui fasse. Une lueur de défi grésille dans ses pupilles tandis que le verrier s'apprête à lui concocter une réplique.

Mais la tonalité féminine de la brune l'interrompt, directe, brute, sans fard elle repousse son argumentation à plus tard - ou jamais ? -. Le Calusa se retourne vers elle, il examine le visage de la belle. Il sait désormais qu'elle représente quelque chose de plus, de particulier en ce lieu, mais l'idée lumineuse ne lui a pas fusée en tête. Il se tient à des mille de la vérité le blond. Tout ce qu'il décortique demeure le fil explosif qui se retisse entre les deux tout en l'embrochant au passage ... Par mégarde. Et hyacinthe il ne veut pas clore sa journée la poitrine ensanglantée la joute de ces deux-là

« Mais vous êtes là » Souligne le Calusa, qui par expérience sait que ce genre de formule ne traduit jamais la véritable pensée de ceux qui la sèment « Et il serait très impoli de notre part d'agir de cette manière » Et de la vôtre aussi, sous-entend Hyacinthe qui ne s'exerce que très rarement dans la subtilité. A part dans son art.  

Les autres à travers les années n'ont jamais tournés autour du pot avec lui. Il ne s'adoucit le blond qu'au contact de l'océan ou des âmes précieuses qui le portent vers le haut. Ici cependant Hyacinthe ne respire pas dans son domaine, il joue à l'équilibriste sur le fil tendu par les deux autres compères. De plus il s'avise parfaitement bien des yeux qui les décortiquent lors d'un passage au ralenti, qui s'accélère une fois leur étrange grappe dépassée.

Une invitation à déguster un thé survole le dialogue comme une main tendue vers une paix illusoire. En vérité le Calusa souhaitait partager une soirée, une nuit, un petit matin avec son ancien camarade avant de se fondre à nouveau dans les grains du désert. Alors non il ne comptait pas partir dans l'immédiat, maintenant ça se discute ... Il voudrait bien plonger au fond de cette eau saumâtre pour l'éclaircir un peu. Il réfléchit le parfumeur, les nombres soudoient son cerveau ... Un, deux, trois - nous irons au bois -, qui lui déclinent toute possibilité de sérieuse réflexion. La prudence lui chuchote de se retirer fracas.

Pourtant l'annonce du départ précipité de la brune le pousse hors de ses retranchements. Sans prévenir il effleure le poignet de celle-ci comme pour lui prendre les doigts dans les siens « Non ne partez pas si vite, allons prendre ce thé, et vous pourrez me dire ou vous retrouvez la prochaine fois que je passerais » Alors qu'il épie discrètement les géants silencieux non loin d'elle. Rentreront-ils aussi partager cet instant autour d'une boisson chaude ?

« D'ailleurs s'il n'y en a aucun fait pour vous, je pourrais très bien en créer un, et vous auriez la possibilité me donner quelques indices » Malgré qu'il fût peu probable que le frère de Noah ait envie de discuter effluves et fleurs. Mais Hyacinthe il ne peut brider sa passion qui se faufile sans le prévenir dans la conversation. Alors il se retourne vers l'autre, l'intrus intriguant, en hochant la tête afin de répondre enfin directement à son offre.

« Pour pour pourquoi pas j'ai encore un long chemin à faire » Si la femme, Irina - Non il ne connait pas le prénom des membres de la famille royale -, se montre réfractaire, il devra affronter l'homme en tête à tête. Ça le trouble un peu, bien qu'il ne se l'explique pas. Jamais. Car il ne les imagine pas autour d'une théière bien chaude à se raconter avec bienveillance les souvenirs de l'absent dans un dernier hommage.

Le Calusa il cause à ses disparus, jamais il ne retourne sur les lieux où flotte leur présence. Il y a trop d'opacité en lui entre la lumière et l'obscurité pour qu'il s'inflige volontairement la souffrance. Pour l'instant il navigue en aveugle, il ignore vers quel cap il se dirige et les paroles prennent le pas sur sa volonté « Peut-être sera-t-il possible de faire se désaltérer Azalée et de nous dire pourquoi repartir aussi vite ? »

@Irina Draghsteel  @Cassian Saada ( bonne vacances ) Je vous aime toujours  “ you're trying to find a ghost in the middle of reality. ” (Hyacinthe) 171928021
Cassian Saada
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 “ you're trying to find a ghost in the middle of reality. ” (Hyacinthe) Empty Re: “ you're trying to find a ghost in the middle of reality. ” (Hyacinthe)

le Sam 6 Juil - 12:35
Les mots d’Irina résonnent comme les petits coups de becs d’un passereau sur une coquille de noix. Staccato mat, sec, bref. Partition piquée. Récital étrillé du moindre état d’âme. A cet instant, elle se présente à eux comme elle le ferait en bonne société, paonnant son visage public, son port altier culminant et inaccessible. Inflexible. Jamais discourtoise. Cassian reconnaît la carapace vernissée de la princesse meurtrie, et c’est seulement maintenant, alors que Noah a disparu depuis des mois, qu’il se demande si le fait qu’il ne se soit plus jamais manifesté auprès d’elle ait pu la blesser d’une moindre façon. Il pressent connaître la réponse, et sent tout son être regimber à l’idée qu’elle lui en veuille. Elle n’a fait que perdre l’une de ses amourettes, songe t-il, merveilleusement égocentrique, avec une acrimonie qu’il réprime comme un reflux de bile. Il n’imagine pas une seconde le scintillement que fut leur relation. Il ne sait détourner les yeux de son malheur à lui. De sa famille dilapidée. De sa demeure travestie pour l’heure en maison hantée. De son patrimoine qui se délite, rogné par la poussière, par la mérule, par des strates successives de sable qui s’amoncellent impitoyablement dans les encoignures. De son nom, qu’on commence à évoquer au passé. L’empoisonneur se sent à deux doigts de lâcher une invective effrontée, un sarcasme infect, bien de son cru, qu’il regretterait probablement aussitôt, et se fait violence pour garder les lèvres cousues.

Elle s’approche. Il la fixe avec l’intensité absconse d’une statue épouvantable de réalisme. Il s’apprête même à la retenir, à la repousser, sentant monter dans son ventre un affolement abreuvé d’une ire malade. Le baiser qu’elle dépose sur sa joue le prend au dépourvu. Il croit qu’il va s’effondrer. Se fissurer. Hurler. S’en prendre au premier venu. Autant de velléités tonitruantes qui rebondissent dans son corps-sarcophage, dans son crâne-boîte de pandore, dans ses veines chaulées, sans altérer sa parfaite immobilité. Cristal. Sel. Il s’abandonne un instant à clore les paupières. Une vertigineuse seconde. Leurs tristesses sont aujourd’hui inconsolables. Impossible de parler à coeur ouvert sans se contenter de déverser crument, à battons-rompus, leur ichor nauséabond. Ils ne font encore que voir Noah l’un à travers l’autre. Insupportable miroir. Elle s’écarte. Il reprend son souffle. Et accueille ses propos péremptoires, qui retentissent comme un croassement funeste, avec l’ombre d’un rictus hybride. Sourire mi-nerveux, mi-désolé. « Au-revoir, Irina. » Aurevoir, oui. Non pas adieu. Et quoiqu’il aimerait continuer à jouer les fantômes, il sait que la réalité finira tôt au tard par lui agripper le collet.

Irina tire sa révérence avec son panache habituel, laissant planer l’augure de rencontres futures. Le maître-parfumeur ne l’entend pas de cette oreille et s’essaie à la retenir, lui offrant sur un plateau d’argent des prétextes habiles, finassiers, tout prêt à brandir. Cassian observe ces pourparlers de façon détachée, avec la sensation d’avoir promptement gâché leur rencontre. Et c’est étrange, mais il n’en conçoit pas de honte, ni même cette vexation bouffi d’orgueil qui lui irait comme un gant. Depuis qu’il a remis les pieds à la Cité, il se sent l’âme d’un esprit frappeur, d’un ectoplasme sans consistance, qui trouve quelque médiocre satisfaction à répandre tout autour de lui un peu de la morosité accablante qui lui leste les épaules. Aura ourlée d’ombres grises. Sinistrose feutrée. Quand la belle disparaît enfin, flanquée de ses molosses cuirassés, voilà qu’il se retrouve en tête-à-tête avec le Calusa.

Laps blanc. L’empoisonneur sent bien sûr le malaise qui enfle chez son vis-à-vis, lequel ne devait pas escompter à ce que la situation prenne un tel tour. « Bien essayé. » Lâche Cassian dans un accès de fatalisme aux échos corsés. On dirait que la situation l’amuse, le distrait. On dirait qu’il a l’habitude des confrontations malaisées, et qu’il ne trouve qu’à y adopter en retour une espèce de sarcasme diffus, lointain, assis sur un piédestal de résignation. L’espace d’un instant, il ne voit qu’une seule issue possible ; celle que l’artisan joue ripe. Ce qu’il ne souhaite pas. Le Calusa l’intrigue pour plusieurs raisons. La première, la plus légitime, la seule qu’il mettra en avant, sont les relations qu’ils entretenaient avec son frère évanoui dans la nature. Etaient-ils amis ? Est-ce que Hyacinthe pourrait lui fournir des éléments pour élucider la disparition brutale de Noah, pour souffler un peu les brumes opaques qui entourent ce mystère insupportable, dans la tête du cadet ? Est-ce que Hyacinthe sait-il, si Noah couvait encore, malgré sa repentance vraisemblable, une nouvelle envie de fuite ? Noah a-t-il agi pour son propre compte, avec en mirador son seul bonheur, ou alors a-t-il mis les voiles pour échapper aux sombres groupuscules qui voulaient sa peau, ici bas ? Tant d’interrogations laissés en jachères, se peuplant de chiendents, de ronciers et de sarments rêches.

« Ma proposition tient toujours, si cela vous intéresse. » Articule Cassian après quelques secondes passées en chiens de faïence. « Du reste si vous êtes bien un ami de Noah, que vous avez fait toute cette route pour le visiter, je me dois de vous offrir l’hospitalité et de vous donner quelques détails au sujet de sa disparition. Plus par égards pour la pénibilité de votre voyage qu’en l’honneur de son souvenir. » Serine t-il tout bas. Une pensée qu’il aurait sans doute pu garder pour lui, et qui semble liseronner ses lèvres d’un esprit fiel. Irina partie, Cassian retrouve ses aises quant il s’agit d’évoquer son aîné avec le plus grand dédain. Sous le bouclier, sous l’umbo d’acier trempé, des émotions alambiquées, incandescentes. « Bien sûr, vous aurez de quoi désaltérer votre jument. »

Pour autant, malgré les raisons qu’il met en exergue, le Sorcier n’a jamais été réputé pour ses largesses d’hôte. Il y a autre chose, qui le pousse à jouer les prolongations. Hyacinthe l’intrigue. Ses idéaux flammes, qu’il n’hésite pas à hisser haut. Son élocution trébuchante, scandée. Sa manie de s’affairer à vérifier son jeu de flacons, encore et encore. Comme si des parasites, des doutes, enrayaient continuellement le cours de sa pensée, de son verbe, l’amenant à fragmenter son existence même, l’amenant à hacher menu la fluidité naturelle de son comportement. Enigme qui attise le médecin, le diagnosticien et le scientifique qui sommeillent en lui. A quelques pas d'eux, l'ombre de la grande demeure empiète sur la rue.

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