Partagez | 
 

˜˜˜˜˜˜You're still here ?
maybe life should be about more than just surviving


avatar
Invité
Invité


Sujet: You're still here ?
Mer 6 Juin - 23:49


You’re still here ?
Murphy Cavendish & Kangee Jolon
Les flammes étaient tombées du ciel. Leur chute avait illuminé la voute céleste qui s’assombrissait, après une journée de marche. Les Naoris revenaient du Désert et rejoignaient le campement des premiers tombés lorsque ces brasiers percèrent le crépuscule. Ils mirent fin à une guerre naissante, mais qu’apportaient-ils avec eux ? Je m’étais posé la question un nombre incalculable de fois depuis les premiers arrivants. Mais lorsque le second groupe à bord de leur Odyssée déchirèrent le ciel, je fus plus touché que lors de la première chute. En effet leur vaisseau s’était échoué plus près de notre tribu, et très vite, nous avons été amenés à interagir. Ces rencontres ont apaisé mes peurs. Ces craintes d’invasion, de guerre, de violence et de haine. L’adolescent empli de colère que j’étais était apprivoisé, calmé. Ces hommes et ces femmes avaient besoin d’aide et nous leur avons proposé la nôtre. Il n’était pas question pour autant de leur offrir notre confiance les yeux fermés, non, il fallait plutôt apprendre à les connaître, tenter de travailler ensemble, en gardant la situation sous un œil avisé.  

Ces pensées hantaient mon esprit depuis quelques jours. Cela faisait quelque temps que je n’avais plus croisé un Odysséen. Longtemps que je n’avais pas jeté un œil à l’épave technologique qu’était leur vaisseau d’arrivée. Longtemps encore que je n’avais pas revu Murphy, cette militaire que j’avais rencontrée depuis quelques mois avant les tempêtes. Je repensais à ces individus et espérais qu’ils se remettaient eux aussi des fracas qu’avait causé ce vent effroyable. Tiraillé depuis quelques jours, j’avais informé mes supérieurs que je songeai à aller faire un tour près du site ou les Odysséens avaient vécu. Ainsi, je pourrai prendre note de l’état du vaisseau, de son impact sur la faune et la flore, mais aussi la façon dont il avait été endommagé par les grands vents des mois passés. Après trois ans sur terre, la nature était probablement en train de reprendre ses droits.
J’étais donc parti à l’aube avec des vivres pour la journée. Dans un petit sac, j’avais deux petits couteaux, de quoi prendre des notes, une gourde et des fruits secs. J’en avait pour quatre heures environ, si tout se passait bien. J’aurais le temps d’explorer les lieux et de noter mes observations. Je ne savais encore pas vraiment si j’avais prévu de faire l’aller-retour dans la journée. J’allais probablement improviser selon le déroulement de la journée, car après tout, je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre : l’anneau allait il s’être effondré ? Serait-il couché sur le sol, poussé par la tempête ? Resterait-il quoique ce soit, ou le métal avait-il été récupéré ? Allais-je trouver des effets personnels d’anciens habitants, délogés par les vents puissants ? Ces questions fourmillaient depuis mon départ, et il était difficile de rester serein. Mes angoisses surgissaient parfois d’un petit rien, et rendait ma journée compliquée.

Me rapprochant du site de la chute, je trouvais de plus en plus de débris, signe de la violence d’une probable dislocation en plein ciel. Çà et là, des plaques de métal en tout genre : rouillées, tordues, déchirées… Elles étaient semblables à des petits cailloux qu’un enfant sèmerait pour ne pas perdre son chemin. Puis je l’aperçu enfin.
En mauvais état, certes, mais debout. L’anneau céleste sortait de terre, comme un autel ou l’on tenterait de parler à l’infini. Prouesse technologique, c’est ce que l’on m’avait dit du moins, cet objet était bien différent de ce qui l’entourait. On distinguait facilement les dégâts qu’avait causés la chute, avec des racines qui sortaient de terres, des monticules de boue aux pieds du vestige. Mais on voyait également que la nature avait repris ses droits : des plantes grimpantes montait doucement sur le métal, les arrêtes de ce morceau de passé était empli de nid, et je délogeai un cerf lorsque je fis tomber une plaque de métal qui jonchait le sol sur une autre. J’essayais de trouver une entrée. L’extérieur semblait dans un état correct et ma curiosité me poussait à rentrer dans ce véhicule gigantesque. Je redressai la tête donc, à la recherche d’une ouverture
AVENGEDINCHAINS


avatar
06/12/2015 Lux Aeterna Nuna Cortez 36135 Sophia Bush Lux Aeterna (vava & sign & gifs & fiche rp) ancienne militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. 1220


Sujet: Re: You're still here ?
Dim 10 Juin - 2:14

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image][Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]

❝ You're still here ? ❞
Murphy Cavendish & Kangee Jolon
(06 juin 2118)


Les neiges glaciales semblaient bien loin, maintenant. Faire de longues expéditions était sorti du champ de l'impossible au point de devenir à nouveau tout ce qu'il y avait de plus commun pour la brune. Elle en oubliait presque la léthargie de l'hiver, elle en oubliait presque la catastrophe qui s'était abattue quelques mois auparavant. On reconstruisait, on allait de l'avant. On considérait la coopération, on tendait la main à ses voisins, on apprenait à les considérer comme des égaux, comme une richesse à part entière. Mais Murphy ne reposait pas sur ces avancées et ces quelques lueurs d'espoir. Elle avait toujours exécré dépendre d'autrui et ne saurait jamais se contenter de ce confort obtenu dans la transmission des devoirs. Lorsqu'une mission lui filait des mains, elle en trouvait une autre. Déblayer le village, reconstruire les bâtiments de première nécessité, et puis il y avait sa propre maison dont il avait fallu évaluer l'état. Mais jamais elle ne se satisferait de ces travaux-là autant qu'elle le faisait des innombrables virées qu'elle s'offrait lorsque le temps le permettait. Il s'agissait parfois d'aider et accompagner un ami, d'autres fois d'explorer les alentours, qu'elle commençait à connaître presque autant qu'elle avait connu ceux de leur ancien village. A plus faible échelle, elle retrouvait cette ivresse dans les patrouilles quotidiennes, mais rien ne vaudrait jamais les journées entières passées face à elle-même et à la vie qui regorgeait dans les sous-bois.

Explorer, cartographier, délimiter les lieux à risques, ça avait été les bases après leur déménagement. C'était la priorité de la sécurité. Mais maintenant, Murphy pouvait se permettre à nouveau les quelques écarts qu'elle s'autorisait autrefois, au camp. Des échappées belles solitaires dont elle devenait seule maîtresse et responsable. Richard et Skylar les lui accordaient contre la promesse de quelques adaptations sur le reste de son planning et de ce temps, elle faisait alors ce qu'elle souhaitait. Retrouver les jeunes, retrouver des Terriens, retrouver Le Terrien lorsqu'il y en avait eu un, et puis explorer un peu plus loin que d'habitude, chercher à la décharge quelques trésors; peu importaient les raisons qui la tiraient hors du village pour un jour ou quelques jours, elles étaient toujours bonnes.

Cette fois-ci, elle était aussi liée à une forme de deuil. C'était la première fois qu'elle remettait les pieds dans leur ancienne maison. Un an et un cyclone avaient du métamorphoser les lieux et même si elle avait eu une journée de marche pour se faire à l'idée, le choc avait été rude. Beaucoup de palissades étaient tombées; certaines ne tenaient plus que par l'opération d'un équilibre hasardeux ou du saint esprit. La place sur laquelle avait brûlé un feu non-stop pendant deux ans était en friche. De hautes herbes avaient commencé à s'emparer des lieux. La carcasse métallique qui leur avait servi d'abri n'était guère en meilleur état. Les végétaux s’immisçaient là où ils le pouvaient, s'accaparant des structures, des failles, des surfaces planes. Malgré leur présence, l'endroit n'avait jamais paru aussi mort à la brune. Là où des lits avaient été placés en rangs d'oignons, il ne restait qu'une grande pièce vide où l'on pouvait sentir le vent souffler, preuve que l'abri n'en était plus tellement un.

Elle avait dormi là, dans l'ancien dortoir, nostalgique de la vie qui y avait fourmillé autrefois. C'était incroyablement calme, ici, maintenant. Elle redécouvrait l'existence d'un écosystème qu'ils avaient oublié, installés trop confortablement. Le moindre bruit la réveillait, menaçant d'annoncer quelque agitation malvenue. Lorsque Murphy parvint enfin à trouver le sommeil, ce fut la main serrée sur l'un de ses couteaux, à la proximité rassurante de son arc, Antarès assoupi à ses côtés. Elle rêva au village qui l'attendait au nord, mais surtout à son ancienne vie ici. Se mélangeaient dans son esprit des réminiscences de son passé et des rêves d'avenir. Il y avait Faust, quelque part, toujours à ses côtés, et puis il y avait le manque d'elle, le petit campement sacré qu'elle était venue visiter dans la forêt. Il y avait un peu de sa mère, un peu des montagnes, beaucoup d'angoisses d'un demi-sommeil peu réparateur. Le réveil fut frais et morne. Lovée dans son pull de laine, Murphy resta allongée de longues minutes, laissant son esprit vagabonder au rythme du monde qui se réveillait à l'extérieur.

Le travail ne commença que bien plus tard, après un petit-déjeuner fait de quelques fruits trouvées sur le chemin. Elle gratifia Antarès de quelques caresses et le laissa courir à ses propres occupations. Commençait maintenant la première des deux missions qu'elle s'était données en venant ici : récupérer ici les quelques trésors qu'ils auraient pu laisser derrière eux ou que le cyclone aurait pu révéler. Ce ne serait pas long; c'était un prétexte plus qu'une réelle raison de retourner sur les lieux. Tous avaient bien trop à perdre pour laisser derrière eux quelque chose de précieux. Au mieux, elle trouverait peut-être un ou deux effets personnels oubliés dans le déménagement ou glissés des bagages de leur propriétaire. Elle commençait à penser à la réelle raison de sa venue ici. Le dernier camp où Faust avait été vue était à quelques heures de marche d'ici, mais ça faisait bien trop longtemps qu'elle était venu y déposer une fleur ou y murmurer quelques regrets. Le soleil démarrait sa course interminable dans le ciel et ses rayons se faisaient de plus en plus crus. Elle ôta bientôt son pull pour le laisser avec ses affaires, là où elle avait dormi. Concentrée dans un coin dans l'ancienne carlingue, là où un éboulis pouvait avoir laissé quelques trésors, Murphy se raidit. Elle venait d'entendre un bruit, puis deux bruits beaucoup trop forts pour qu'il ne s'agisse que de quelques coups de vents. Des craquements de branches bien trop proches pour être rassurants. Est-ce que les ruines des ruines de leur vaisseau étaient devenus un lieu de villégiature pour certains Terriens ? La question se posait brutalement à elle, réalisant que l'endroit leur appartenait encore moins que lorsqu'ils avaient été contraints d'y élire domicile.

Méfiante, Murphy se saisit de l'un des deux couteaux accrochés à ses cuisses, le nez en l'air, rejoignant silencieusement et prudemment l'endroit d'où lui étaient parvenu les craquements. Elle espérait très fort n'avoir à faire qu'à une ou deux personnes; qu'il puisse s'agir d'un animal affamé l'effrayait encore plus que l'Homme. Elle pensait à Antarès, aussi, et espérait qu'où qu'il soit parti chassé, il était en sécurité.

Avant de sortir, la brune préférait évaluer l'étendue du danger. Par l'une des trous laissés dans le métal autrefois protecteur, elle jeta un coup d'oeil sur les environs. Le soleil faisait baigner le terrain dans une teinte dorée et crue, révélant à nouveau à Murphy l'état dans lequel était aujourd'hui son ancien foyer. Mais pour le moment, ça ne comptait plus. Ses prunelles furent attirées par quelques mouvements à une dizaine de mètres vers la droite, contre la paroi de métal. Il y avait quelqu'un, et pourvu qu'il soit seul. Prudemment, elle rejoignit l'entrée du vaisseau -celle que devait chercher l'inconnu- et rasa la paroi métallique jusqu'à pouvoir l'observer, cachée derrière un haut morceau de tôle. « Kan ? » Son bras retomba le long de son corps alors qu'elle observait l'homme à quelques mètres de là, s'écartant du vaisseau pour apparaître à son tour dans son champ de vision. « Qu'est-ce que tu fous là ? » La question faisait écho d'un mélange de soulagement, de surprise et de joie. Cet endroit était de nouveau son terrain, à lui et aux siens, après tout. Ici, elle était devenue une invitée. Pourtant, elle n'avait pas imaginé une seule seconde que le hasard la ferait croiser la route de Kangee pendant cette expédition. Mais il était là, en chair et en os, à quelques mètres d'elle... encore vivant et entier. « Tu... tu vas bien ? » demanda-t-elle finalement, l'esprit emmêlé dans la multitude de questions qui lui venaient. Un an. Ça faisait un an. Une année et un cyclone.

avatar
Invité
Invité


Sujet: Re: You're still here ?
Jeu 21 Juin - 10:25



Sans vraiment savoir pourquoi, je n’avais pas usé de ma vigilance habituelle, cette discrétion qui était devenue une habitude pour un individu grandissant dans la forêt. Se fondre dans son environnement, le perturber le moins possible. Être une ombre, un coup de vent parmi les feuilles, et se mouvoir dans la nature comme part d’un tout. Non, aujourd’hui, je m’étais approché de l’Odyssée sans y faire vraiment attention. En un sens, ce n’était pas si surprenant : cet anneau gigantesque ne m’était pas vraiment familier, il était comme un intrus au milieu de la forêt. Bien qu’il y soit depuis des années, il restait bien différent de ce qui l’entourait. Gris, immense, froid et métallique, au milieu d’une nature verdoyante. Lorsque j’avais fait tomber cette plaque de métal, je n’y avais d’abord pas vraiment fait attention. Je tentais de trouver une entrée dans ce géant de fer, et je n’imaginais pas trouver ni Naoris, ni Cent et encore moins des Odysséens : pas besoin alors d’être discret. Imaginez ma surprise lorsque j’ai entendu du bruit en retour.

Ce n’était pas un écho. Ce n’était pas un animal, et si c’en était un, il avait les pas lourds et aussi espacés qu’un humain. Je ne savais pas à quoi m’attendre. Peu probable qu’un mercenaire Rahjak soit aussi loin de son désert bien aimé. Je croisais les doigts pour ne pas croiser un Naori dans un déplacement qui se devait d’être solitaire, comme je l’avais été quelques jours auparavant. Deux solutions alors : un jeune Cent, ou un Odysséen. C’était plutôt crédible, après tout l’anneau avait été le campement provisoire des Odysséens, et tout comme eux, des Cent aurait pu s’y déplacer pour retrouver des objets perdus ou du matériel. Ne sachant pas vraiment à quoi m’attendre et les pas se rapprochant, je saisissais un couteau, le second bien rangé sur ma cuisse. Je m’approchais encore de l’ouverture que je venais de bruyamment créer. C’est une voix qui me surpris, pas une attaque ou un grognement. Une voix familière

    « Kan ? Qu'est-ce que tu fous là ? »


Murphy. Je ne la voyais pas encore, mais c’était la voix de Murphy. Soulagement. Je rangeai donc mon couteau contre mon second, sur ma cuisse. Je me redressai un peu, cette flexion ridicule n’étant plus vraiment requise. Je n’avais pas entendu cette voix depuis un an, et après le cyclone, rien n’était certain concernant la survie des gens que nous connaissions. Elle était en vie ! Bien que je ne la visse pas encore, j’espérais qu’elle soit en bonne santé.


    « Tu... tu vas bien ? »
    « Murph ? Comme par hasard… Tout va bien pour toi ? »


Je passais la tête dans l’ouverture pour la voir. Elle n’avait pas changé. Pas vraiment. Toujours le même regard concerné, même si un léger sourire compensait ses sourcils haussés de surprise.


    « Tu veux pas sortir ? Ou que je rentre ? Ce serait plus simple pour échanger non ? »


AVENGEDINCHAINS


avatar
06/12/2015 Lux Aeterna Nuna Cortez 36135 Sophia Bush Lux Aeterna (vava & sign & gifs & fiche rp) ancienne militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. 1220


Sujet: Re: You're still here ?
Jeu 28 Juin - 2:36

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image][Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]

❝ You're still here ? ❞
Murphy Cavendish & Kangee Jolon
(06 juin 2118)


Ici, ça avait été sa maison. Son foyer, jamais réellement. Elle ne s'était jamais senti bien dans la carcasse de ce qui les avait hébergés là-haut. C'était peut-être injustifiable et peut-être qu'elle n'avait dû ce sentiment qu'à elle-même et à sa soif de reconstruire quelque chose de zéro, de choisir soi-même ce qui deviendrait chez eux, là où ils vieilliraient, là où leurs enfants naîtraient, grandiraient; le seul endroit dont sa jeune filleule serait capable de se souvenir d'ici quelques années. Ici, pour elle, ça avait toujours été provisoire, le lancement vers quelque chose d'autre, de plus grand, de plus rassurant, de choisi, de désiré, quelque chose de définitif. Ce foyer, elle l'avait trouvé un an auparavant, dans les ruines qu'ils s'étaient tous fait un point d'honneur à s'approprier. Pourtant, ici résidait le cimetière de leur vie céleste, les souvenirs de leurs premiers instants passés sur cette Terre. Ce n'est qu'en y remettant les pieds après tout ce temps que cette réalité frappa Murphy : le lieu était chargé, lourd de souvenirs, bons et mauvais, de désespoirs et de bouffées d'espoirs. Les ruines du vaisseau étaient devenues des ruines tout court, envahies par les végétaux que plus rien n'empêchaient de vivre leur vie d'envahisseurs. Le métal demeurait, sous-jacent à cette nature dominante, mais on n'entendait plus les rires des Odysséens, les cris alarmés ou pressés. Le feu ne crépitait plus devant l'entrée du vaisseau. Les barricades n'avaient pas tenu face au temps et à la tempête de l'hiver précédent. Les lits avaient quitté les dortoirs, désormais déserts, subitement immenses. Ne restaient ici que les stigmates d'une vie d'autrefois, d'une survie qui s'était dessinée autour d'une catastrophe qui avait marqué l'endroit.

Pendant la nuit, Murphy ne s'était pas sentie à sa place. Cet endroit ne leur appartenait plus. Elle n'y appartenait plus. C'était devenu un cimetière dans laquelle la vie s’immisçait partout où on lui avait laissé un peu de place. Mais dans l'obscurité, le moindre bruit l'avait fait se rappeler que ce camp n'avait plus rien de ce qu'elle lui avait connu. Il n'y avait plus aucun semblant de sécurité, plus de barricades infranchissables, plus de gardes et de patrouilleuses pour assurer la quiétudes des dormeurs. Elle était seule dans un endroit qui, dans la nuit sombre, était devenu presque cauchemardesque. Le dortoir n'avait jamais autant résonné. Elle entendait le vent glisser entre les fentes comme jamais elle ne l'avait auparavant entendu.

Alors, même une fois le jour levé, les suspicions et les inquiétudes demeuraient. La carcasse de l'Odyssée saurait la protéger des gros animaux belliqueux, mais d'Hommes aux mauvaises intentions. Elle avait l'oreille dressée à chaque instant et avait retenu sa respiration bien trop de fois pour prétendre être détendue dans ses recherches et inspections.

Et puis, il y avait le bruit de trop. Aux aguets, elle avait arrêté de respirer quelques secondes. Les bruits se répétaient. Il ne s'agissait pas de vent ou du chant du cadavre du vieux vaisseau. Il y avait quelque chose de vivant, et, en s'approchant de l'une des épaisses failles que la chute avait laissées dans la structure de l'Odyssée, Murphy put distinguer une forme humaine qui s'afférait un peu plus loin, de l'autre côté de l'épaisse paroi métallique. Eviter l'autre pour éviter le risque de l'affrontement ? C'était idéaliste. Sur un terrain aussi restreint, ils étaient comme en cage, n'avaient aucun autre choix que de se confronter l'un à l'autre. Fuir, ce serait tourner le dos et prendre le risque de complications que le dialogue pourrait permettre d'éviter. Laisser derrière soi le doute en s'approchant, aussi prudemment que ce soit.

Cachée derrière quelques plaques métalliques tordues, entre l'intérieur et l'extérieur du vaisseau, Murphy lança un coup d'oeil prudent vers sa cible, et sa prise se détendit aussitôt autour de son couteau. L'exclamation s'éleva dans le silence du lieu alors que le soulagement s'emparait de tous ses membres. Elle pouvait sentir l'adrénaline se diluer dans ses veines et ses effets retomber subitement. Sa nervosité avait fait place en quelques instants à un relâchement qui la fit sourire bêtement face au Terrien. « Le hasard ? » Elle ricana en rangeant sa lame. « C'était un peu chez moi, ici. » Elle haussa les épaules avant d'ajouter. « Et avant, c'était chez toi. Jsais pas si c'est vraiment un hasard » le taquina-t-elle alors qu'elle commençait à réaliser que c'était Kangee qu'elle avait face à elle, qu'ils ne s'étaient pas vus depuis le déménagement des Odysséens, et donc... merde, qu'il était vivant, quoi. « Ca va, ça va, enfin... je crois. » Elle haussa les épaules en répondant à l'invitation de Kangee et en s'invitant plus en avant dans la lumière du soleil, à terrain découvert, contre la paroi métallique qui avait occupé le Terrien quelques instants plus tôt. « Alors, toi aussi, t'es un coriace » sourit-elle en le désignant du menton, malicieuse. « Tu... vas bien ?  » La question était soudainement plus inquiète. Ce n'était pas parce qu'il se tenait devant elle maintenant qu'il allait bien. Murphy avait perdu Thaïs pendant le cyclone. Ils étaient sans doute nombreux à avoir perdu quelqu'un ou quelque chose dans cette catastrophe. « Qu'est-ce que tu fous ici ? Tu me cherchais ? Je te manquais ? Tu t'endormais tous les soirs en pleurant de pas avoir de mes nouvelles ?  » Un sourire malicieux creusait à nouveau ses fossettes avant que son regard ne soit attiré par une fusée à quatre pattes qui déboulait d'entre les arbres, les babines ensanglantées. Antarès avait trouvé de quoi se mettre sous la dent.

Admin △ Underneath it's just a game
avatar
06/12/2015 Electric Soul Kayden Elwood & Einar Helgusson 7437 Jon Kortajarena Electric Soul & tearsflight Conseiller druide | Soigneur & orateur/diplomate Naori 625
Admin △ Underneath it's just a game


Sujet: Re: You're still here ?
Dim 5 Aoû - 20:06

RP archivé suite à la suppression de Kangee

Contenu sponsorisé



 

You're still here ?

Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
The Hundred :: Il était une fois des jolies histoires-