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˜˜˜˜˜˜We are many. They are few. [Tasha]
maybe life should be about more than just surviving

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28/02/2016 Glacy Chris Wilson 1447 Jessica Parker Kennedy Valtersen (avatar) esclave de Roan (de retour) ▲ métier ingrat ▲ ancienne couturière, esclave domestique, prostituée Rahjak 149
† Game of survival †


Sujet: We are many. They are few. [Tasha]
Mer 23 Mai - 19:01


L'heure des prières, non des sacrifices. Pas cette fois-ci. Cette fois-ci il n'y avait aucun devin pour réciter cette mélopée autant entraînante qu’incompréhensible. Il n'y avait aucun devin à cet instant pour tenter de prédire l'avenir dans les entrailles des animaux. Il n'y avait aucun sang qui avait coulé. Aucune trace. Des devins que certains pouvaient imaginer comme étrange. Certains que d'autres pensaient être des charlatans. Certains qui pouvaient réellement prédire l'avenir. Dans l'ensemble des cas il y avait toujours cette part de mystère, et de foi. Méfiance à l'égard de certains, doutant parfois de la probabilité des résultats.

Ne m'étant jamais réellement fait conté l'avenir. Des esclaves qui demandaient leur avenir. On aurait tout vu. Qui voulait s'entendre dire être condamné à une vie de souffrance, à une vie de servitude. Pourtant ce n'était pas comme si je ne croyais pas au destin. Ou plus précisément je croyais au dieu du soleil. Le seul véritable dieu que chacun continuait de prier. D'autres qui en avaient d'autres. Ne voyant l'intérêt d'en connaitre alors qu'il était celui qui avait toujours été là. Mais aussi celui qui m'avait condamné à cette vie. Bien entendu j'aurai pu le haïr. J'aurai pu le haïr de ne pas m'avoir donné la force de tuer Basile, mon premier maître. J'aurai pu le haïr de m'avoir condamné à cette vie, de ne m'avoir laissé aucune chance de décider de mon sort. J'aurai pu le haïr de m'avoir laissé être emmenée au bordel, parce que je n'avais pas réussi à tuer Basile ou même d'avoir échoué à fuir.

Ayant tenté de fuir bel et bien la cité rahjak, mais j'avais échoué. Des portes que je n'avais jamais atteintes. Des paysages que je n'avais jamais découvert. La cité que j'avais connu comme seule alliée. Une cité dans laquelle je me sentais enfermée, prisonnière. Cité que j'avais toujours connu. Rêvant de voir d'autres paysages mais une part de moi savait que je n'avais qu'une chance sur un millier d'en voir le jour. Pourtant je continuais d'espérer alors même que j'étouffais. Etouffant entre les murs. Manquant d'air. Manquant de vouloir hurler quand je voyais les mercenaires s'acharnaient sur les esclaves. Manquant de hurler quand je voyais les étalages s'alignaient. Des hommes qui étaient conduits à l'abattoir, qui se vendaient pour des petits pains. Achetés au plus offrant. Dégoûtée de cette vision ancestrale. Une tradition. Une vision naturelle pour la plupart des citoyens. Et sans doute comme d'autres j'aurai du accepter mon sort, mais là encore je n'y étais arrivée.

Peut-être parce que j'avais cette foi. Commettant peut être ce péché de croire que le dieu du soleil m'avait placé pour une raison, que tout ceci n'était pas vain. Sans doute pour cela que je ne le haissais pas. Alors même que de nombreux avaient aussi décidé de lui tourner le dos, refusant d'écouter ces devins qu'ils considéraient comme de la pacotille, je me retrouvais à aller prier. Récitant les mélopées chantées. Plongeant corps et âme dedans quitte à danser. Un moyen de trouver l'apaisement, d'échapper pendant un instant à mon tombeau. Et ne pouvant que reprendre mon souffle alors que je m'arrêtais à l'entrée du temple. Embrasant l'intérieur du regard de nouveau. Car non cette fois-ci il n'y avait aucun devin prêt à lire l'avenir bien que je n'avais pu que croiser certains aux abords. A cet instant il n'y avait que des fidèles qui se prosternaient à ses pieds. Parfois quitte à me demander à ce quoi ils pensaient. Certains qui ne pouvaient que prier pour des meilleures récoltes, pour trouver le bonheur, l'apaisement. Certains qui peut être espéraient que leur dieu assurerait la mort de leur adversaires.

Il y avait toujours tant de secrets, de violence et autant de passion. Une cité qui restait toujours aussi dangereuse. Et l'impression de ne jamais être sauve. Un sentiment de sécurité que j'avais du mal à retrouver, ou même à trouver. Bref moment où je me sentais en sécurité. Sécurité que je croyais perdue et que je retrouvais à des moments inattendues, ou auprès des personnes. Me surprenant moi-même à me sentir en sécurité auprès de Roan alors même que ce dernier pouvait me blesser. Blessures qu'il pouvait faire, réussissant à me détruire physiquement ou mentalement et autant capable de me reconstruire. Sentiments ambigüs, dangereux. Autant craint que jalousé, autant de méfiance que d'envie. Un jeu que jouais au risque de me brûler les ailes, ce qui pouvait être déjà le cas. Un mordillement de ma lèvre inférieure. Cette once d'inquiétude là avant que je ne me mette en mouvement. Tentative pour oublier cette impression d'être épiée. Ce que tout le monde était, épié. Ce sentiment parfois que chacun ne pouvait chercher à surveiller son voisin, pour découvrir ses secrets ou pire. Volonté d'ignorer ce sentiment alors que je m'éloignais pour pénétrer dans le coeur du temple du feu. Prenant mon temps alors que c'était d'un pas plus léger que je me déplaçais. Ne me déplaçant pas vers le coeur des fidèles cette fois-ci mais me trouvant ce coin reculé où je savais que je pourrai trouver cette paix intérieure. Espérant un signe. Espérant un signe oui, peut être juste pour oublier autant ce sentiment de solitude. Car seule au final je l'étais, consciente que je ne pouvais que compter sur moi-même.

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Sujet: Re: We are many. They are few. [Tasha]
Sam 26 Mai - 11:27

Mars 2116

J'avais rarement l'occasion de quitter le palais. Selon les dires de ma famille, j'étais encore trop jeune pour m'éloigner. Pourtant, j'avais déjà 17 ans et l'envie toujours plus grandissante de découvrir ce qui m'entourait, ma ville, ma cité, mon peuple. Alors, c'était avec plaisir que j'avais appris avoir la permission de me rendre au temple du feu, afin de pouvoir m'y recueillir. Bien sûr, j'y serais escortée sous bonne garde. Mais cela me permettrait de voir la ville et de découvrir un nouvel endroit si proche, et pourtant si loin.

C'est sans Zara que je me rendis au temple du feu. Ma pauvre esclave était malade et clouée au lit, elle pouvait à peine se lever. Cela m'attristait de la laisser dans cet état, mais je ne pouvais pas refuser cette opportunité si rare ! Cependant, je me sentais bien moins rassurée sans sa présence si apaisante. Heureusement, je n'étais pas seule, et quatre gardes m'accompagnaient, veillant à ma sécurité. Et surtout, Skander était avec eux. C'était un soldat fort, charismatique et agréable. Je m'entendais très bien avec lui, il était même plus que mon garde du corps : c'était un ami. Il me ramenait parfois des objets ou des denrées achetées en ville, pour me faire plaisir. Sa présence, en l'absence de Zara, me rassurait : je ne risquais rien, même si je ne pouvais pas compter sur mon esclave pour ma première visite au temple.

Arrivée devant l'édifice, je m'émerveillai face à son architecture travaillée mais épurée. Plusieurs personnes me saluèrent à l'entrée, demandant à échanger un mot avec moi, ou me demandant simplement de leur sourire. Je me prêtai au jeu avec plaisir avant de pénétrer dans le temple dans le plus grand calme. Quelques fidèles étaient en train de prier : ce n'était pas l'heure la plus fréquentée, l'organisateur de mon emploi du temps y avait veillé. Mais peu m'importait : j'étais déjà plus qu'heureuse de découvrir cet endroit.

L'intérieur était plus sombre, plus frais comparé à la chaleur extérieure. C'était agréable. Les quelques personnes priant étaient enfermées en elles-mêmes, appelant le dieu du Soleil, discutant avec lui. Je les observai avec curiosité. Je me déplaçai lentement dans le temple, essayant de ne rater aucun détail. Deux gardes étaient restés près de la porte, Skander et le dernier garde me suivaient tout en me laissant de l'espace. Mon ami savait à quel point j'avais besoin de pouvoir me sentir un peu plus libre de mes mouvements. Et, apparemment, le temple était moins dangereux que la ville, vu l'espace qu'il me laissait.

Je pus donc profiter et m'inspirer de cette ambiance pieuse. Arrivant dans un coin reculé, j'avisai une femme seule. Je vins me placer près d'elle – mais pas trop près car je ne voulais pas la déranger. Je m'agenouillai et fermai les yeux pour, à mon tour, m'adresser au dieu du Soleil. Je ne manquai pas d'avoir une pensée pour Zara, espérant sa guérison. Je n'avais pas remarqué avoir perdu mon bracelet en m'approchant, bracelet dont les perles précieuses avaient roulé aux pieds de l'inconnue.

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Sujet: Re: We are many. They are few. [Tasha]
Sam 26 Mai - 19:29


Des bruits de pas. La légèreté du mouvement. Personne qui s'arrêtait, toute prête. N'étant plus seule. Moment de solitude brisé. Non pas que je pouvais en vouloir à quelqu'un d'autre de s'approcher. La possibilité que cette personne là n'est pas voulue se joindre à la foule des fidèles en train de prier comme j'avais préféré le faire. Cette possibilité qui existait. Pourtant immobile alors que je ne relevais pas la tête. Silhouette invisible que je chassais de mon esprit. La facilité d'oublier le reste alors que je ne pouvais que prier. Espoir de fuir cette cité. Cet espoir qui existait bel et bien. Espoir fin que je dissimilais pourtant. Une nécessité. Secret que je devais garder pour moi. Secret que je devais continuer de dissimiler. Un plan minutieux que je préparais depuis longtemps. Difficulté qui existait de garder ce plan secret. Fuir. Je le voulais, je le savais. Et pas moins cette lueur d'hésitation alors qu'auprès de Shanareth, je réussissais à me sentir en sécurité. Mais cette notion de sécurité elle est autant vulnérable. Incertaine. Un sentiment de sécurité qui n'était qu'éphémère. Tout était éphémère dans cette cité. Enfin tout sauf le régime. Des vies qui pouvaient être sacrifiées. Mais la famille royale continuait de régner, éternelle, suprême. L'impression que le monde pourrait s'écouler, mais qu'eux ils seraient toujours là. Le contraire qui ne semblait pouvoir être vrai. Doués pour survivre c'est certain, pour se pavaner aussi. Pour régner beaucoup moins. Des traditions qui existaient que je n'arrivais pas à accepter. Incapable de me faire à cette idée. La haine qui manquait d'être là de nouveau. Cette once de haine, de colère, de folie, de peur. Elle existait toujours. Incapable de hurler. Ou hurler je ne le pouvais qu'en silence. L'impossibilité de faire autrement. Servir à genoux ce qui était véridique, en silence de préférence.

Reprenant mon souffle. Une des nécessités à venir ici, à me retrouver à prier. L'un des seuls moments où je pouvais retrouver mon calme, apaiser mon esprit. Ce qu'il me permettait de faire. Me donnant la force de continuer. Cette force dont j'avais besoin pour continuer d'avancer. Une foi qui était là, elle aussi infaillible. Foi qui continuait d'exister. Foi qui nous faisait penser qu'on était pas là pour hasard. Comme s'il était possible que tout ceci ait un sens. Ce que j'espérai bel et bien. Et soudain le tintement. Roulement de perles reconnaissable sur le sol. Mes paupières qui se rouvraient la seconde d'après. Regard qui se portait aussitôt sur l'objet qui avait roulé le long du sol pour se retrouver à mes pieds. Un collier de perles. Un collier qui n'était pas banal. Un collier qui était composé de perles précieuses. Aucun doute là-dessus. Ces bijoux qui réussissaient à faire pétiller des étincelles dans vos yeux. Ces bijoux de valeur que portaient les membres de la royauté, les nobles ou tous ceux qui pouvaient se les payer. Des artisans qui pouvaient en vendre sur les étalages des marchés et souvent il ne suffisait que d'un regard pour faire la différence entre un bijou banal que d'un qui valait plus. Autant qu'il m'était facile de coudre et de distinguer les étoffes qui valaient cher, il suffisait dans ce cas-ci d'un simple regard pour noter les différences. Des bijoux précieux que je ne pourrai jamais porter. Des bijoux précieux que nombreux enviaient. Et il était difficile de ne pas faire autrement, de ne pas envier les parures et les étoffes portées par ceux qui venaient de la royauté, les nobles. Qu'un rappel que pas tout le monde n'était logé à la même enseigne. Presque autant étouffant alors que pas tout le monde ne possédait cette chance. Collier de perles que je contemplais pendant une seconde avant de le prendre. Non pas pour m'enfuir avec mais pour le rendre à son ou sa propriétaire. Seconde d'hésitation alors qu'il paraissait inconvenant d'interrompre quelqu'un en train de prier. Mais attendre voulait aussi dire risquer de se faire passer pour voleur. Toujours cette même méfiance alors que chacun pouvait avoir une réaction différente, que même ici je n'étais pas tant une fidèle qu'une esclave. Le sort qui ne jouait pas en ma faveur. « C'est à vous. »

Mon regard qui se posait alors sur son propriétaire, ou plutôt sa. Jeune femme aux cheveux blonds, or qui le possédait. Belle. Cela ne faisait aucun doute. « Vous devrez faire attention. » Un murmure pour ne pas attirer les regards. Un chuchotement couvert dans la foule. Chaque mot qui était pesé. Pas toujours. L'impulsion qui m'empêchait souvent de réfléchir sagement. Trop impulsive, arrogante tantôt. Ce qui causait souvent ma perte. Toujours un risque autant que celui d'attirer le regard en portant de beaux bijoux. Pas tous ceux fortunés étaient saufs au sein de la cité. Certains qui ne pouvaient qu'attirer les regards et risquaient de se faire voler. Une préférence à ne pas aller dans certains coins de la cité, plus obscurs. Des coins de la cité que fréquentaient la pègre, où se mêlait bas peuple, les pauvres, lépreux et voleurs. Un monde dans lequel où il fallait être prudent. Tout qui n'était pas rose et beauté. « Certains pourraient être attirés par, vouloir le voler, en tirer un meilleur prix, même ici. » Il suffisait d'une mauvaise attention. Il suffisait d'un mauvais regard ou de se faire attraper par le bras pour qu'une attaque ait lieu, pour que tout change. Des attentions néfastes que je ne possédais pas alors que je ne pouvais que la conseiller d'être prudente. « Mais ne vous inquiétez pas, ce n'est pas ce que je veux. » Non. Quoique l'or, les perles précieuses pouvaient être une possible monnaie d'échange. Toujours ce même but, ce même espoir. Toujours.


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Sujet: Re: We are many. They are few. [Tasha]
Sam 2 Juin - 22:23

Dans mes prières, je pensai aux personnes de ma famille, mais également au peuple tout entier. Alors que je m'attardais aux côtés du dieu du Soleil, la jeune femme que j'avais repérée en arrivant m'adressa la parole. Je rouvris les yeux, intriguée : de quoi parlait-elle ? En me tournant vers elle, je remarquai que j'avais perdu mon collier de perles. Je portai instinctivement la main à mon cou puis me rendis compte que ce geste était ridicule : elle le tenait entre ses doigts et me le tendait avec gentillesse. D'ailleurs, suite à son geste, Skander s'était rapproché et se tenait prêt à intervenir. Cependant, il avait vu mon collier et entendait les paroles de la femme : elle n'avait pas l'air de me vouloir de mal pour l'instant.

Je la détaillai à la lueur des flammes : c'était une belle femme à la peau ambrée par le soleil et aux cheveux foncés. Je lui souris et repris mon collier pendant qu'elle me conseillait de faire plus attention. Elle m'informa du fait qu'il n'était pas prudent de trop en montrer car des voleurs se baladaient dans les alentours et cherchaient justement ce genre d'objets à revendre. Je fronçai légèrement les sourcils : décidément, je ne comprenais pas comment autant de personnes pouvaient être si mal intentionnées. Elle affirma cependant qu'elle n'était pas de ces gens.

- Je vous remercie, ce collier a une grande valeur sentimentale pour moi.

Je le remis autour de mon cou et vérifiai que la fermeture était bien attachée. C'était un des colliers de ma mère, elle le portait souvent. Sur la plupart des portraits que j'avais d'elle, elle l'avait autour du cou.

- J'aurais été très attristée de le perdre, ajoutai-je en lissant le tissu de ma robe. Puis-je demander le nom de ma bienfaitrice ?

Je lui fis cette demande avec bienveillance. J'avais peu l'occasion de rencontrer des personnes extérieures au palais avec autant d'intimité, et si elle daignait me répondre, je ne manquerais pas de profiter de cette conversation pour en découvrir plus sur elle. Ma curiosité était piquée. Peut-être était-ce un signe du Soleil lui-même ?

- Venez-vous souvent, ici ? lui demandai-je encore.

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Sujet: Re: We are many. They are few. [Tasha]
Dim 3 Juin - 11:40


Collier que je pouvais lui redonner non sans la mettre en garde. Certaines personnes qui n'avaient pas les mêmes intentions que moi. « Je vous remercie, ce collier a une grande valeur sentimentale pour moi. » Intriguée. Cela ne faisait aucun doute. La curiosité qui existait, qui était toujours là. Une lueur intriguée oui, qu'elle pouvait lire dans mon regard. Un collier qui n'était donc pas simplement une parure. Un collier qui était plus qu'un simple collier. Il était facile de le savoir en entendant son ton de voix. Mais autant que possible, ce collier valait aussi beaucoup. Me demandant de qui elle le tenait. Il y avait tellement de possibilités, il y avait tellement de scénarios différents qu'il était facile d'imaginer. Un collier qui indiquait pourtant son niveau au sein de la société. Elle appartenait à la caste la plus élevée ou la plus proche de celle royale. Peu qui possédait ce genre d'objet. Est prudente cela ne faisait aucun doute qu'elle devrait l'être lorsqu'on portait ce genre d'objet. Collier que je ne comptais pourtant pas lui voler bien qu'il avait attisé cette pointe de curiosité, de jalousie peut être aussi. Hochement de tête simple. Tout qui avait une valeur ici. Les noms qui avaient de l'importance et les prix se valaient. « J'aurais été très attristée de le perdre. » Sans doute aurais-je pu lui dire que je n'en doutais pas avec un brin d'ironie mais cela aurait été faux. Pensant en effet qu'elle serait attristée de le perdre. Chacun qui se rattachait à quelque chose. N'ayant pour ma part rien qui n'avait été laissé. Des parents inconnus au bataillon. Des parents dont je ne savais rien, esclave ou peut être une mère prostituée. Là encore des questions. Bien entendu je n'avais pu qu'imaginer qu'ils étaient riches, qu'ils allaient me délivrer d'ici mais ce rêve avait vite pris fin. Espoir envolé. Des parents dont je ne me rappelais rien si ce n'était le parfum de ma mère et des notes de mélodie. Tout ce qui me restait. Des effets personnels qui n'existaient pas. Là non plus je n'avais rien ou si peu. Ne m'étant attaché qu'à certains livres qu'Erika m'avait passé quand nous étions gamine. Des rêves qui restaient. C'était tout. Le reste, les objets personnels n'étaient qu'éphémères ou souvent perdus. Mais personne n'était comme moi à vrai dire. Certains plus attachés que d'autres à des objets personnels, là aussi compréhensibles. Au moins elle n'avait pas perdu son collier.

« Puis-je demander le nom de ma bienfaitrice ? » J'hochais ma tête, elle le pouvait en effet. « Ezra. Quel est le vôtre ? » N'ayant eu pour le moment l'opportunité de parler plus de moi. Des informations qui étaient données petit à petit. Un statut d'esclave dont je préférai éviter de parler. Certains qui préféraient nous éviter comme la peste. Certains qui nous lançaient ces regards. Il y avait toujours une pointe de méfiance. Il y avait toujours ce poids à porter sur les épaules. Et chaque conversation qui semblait amicale qui était toujours la bienvenue. Appréciant toujours un semblant de normalité ou l'impression de ne pas être juste une esclave. Ce que je ne voulais pas alors que je ne pouvais que la suivre du regard. Curieuse tantôt de savoir son prénom, de savoir d'où elle venait. Mais d'un autre côté, j'étais aussi tentée de ne pas lui poser ces questions, pour oublier ce cadre, pour oublier cet univers dans lequel nous vivions. La volonté de respirer, de souffler. Ce qui était possible là dans le temple.

« Venez-vous souvent, ici ?  » « Oui très souvent. » Ce qui était le cas. L'opportunité de venir là, de sortir. Prière autorisée. Le dieu du soleil qui passait avant. Venir ici qui me permettait de me changer l'esprit, qui me permettait tantôt de passer par le marché pour examiner les étalages. Ce que je faisais. Appréciant d'admirer les couleurs. Prêt à tout pour ressentir ce sentiment de liberté. Mais d'un autre côté aller à la grande place, cela voulait aussi dire voir l'horreur du spectacle, voir d'autres comme moi enchaînés. Part du marché, part de cette vie ici. Et ne pouvant que chasser ces images de mon esprit. « Mais vous je ne vous ai jamais vu ici. » La vérité bien que je lui adressais un sourire. Nouvelle dans des rangs. Certains qui rejoignaient le dieu du soleil seulement après. Certains qui ne croyaient plus en lui tantôt. Des possibilités. Acceptation que pas tout le monde ne partage cette foi. « Etes-vous une nouvelle fidèle ou ? » Curiosité qui était là. La curiosité elle existait alors que je ne pouvais qu'être tentée de lui poser de nouvelles questions. Curieuse d'en savoir plus sur elle bien que je ne pouvais que la laisser décider elle-même si elle voulait se confier ou non. Un regard qui se détournait pour se poser sur le coeur de fidèles qui s'était désormais tu. « C'est tellement calme, ici, apaisant. » Le cas. L'impression de pouvoir souffler, de pouvoir respirer ou d'apaiser mon esprit. « Est-ce que vous n'avez jamais l'impression d'étouffer ? » Et ne pouvant que me mordiller la lèvre juste après. Ayant oublié de retenir ma langue, des mots qui avaient été prononcés automatiquement. Impression que je ressentais. Mon regard qui s'ancrait dans le sien, lueur d'inquiétude face à sa possible réaction.


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Sujet: Re: We are many. They are few. [Tasha]
Dim 3 Juin - 16:31

Ma bienfaitrice se révéla sous le nom d'Ezra. Un très joli prénom, qui sonnait bien. Elle me demanda le mien. C'était sans doute dû à la pénombre, mais elle ne m'avait pas reconnue. Cette situation était assez rare, j'avais un visage plutôt reconnaissable et la plupart des Rahjaks ne manquaient pas de connaître mon nom. Je décidai de ne pas me révéler : cette conversation n'en serait que plus intéressante, libérée des charges habituelles.

- Je m'appelle Tasha.

Je n'en dis pas plus. C'était un prénom assez courant depuis quelques années, donc il ne révélait rien que je ne voulais dire. À ma deuxième question, elle répondit qu'elle venait très souvent au temple. Pourtant, elle ne m'y avait jamais vue. Ezra me demanda si j'étais une nouvelle fidèle ou autre chose. Je lui souris.

- En effet, c'est la première fois que je viens ici. C'est un lieu magnifique et rempli d'Histoire. Je dois vous avouer que je le découvre, je ne me suis jamais recueillie dans un tel lieu. Mais j'avais envie d'ouvrir mes horizons.

Après tout, j'étais jeune et j'avais encore plein de choses à apprendre, de lieux à visiter, de personnes à rencontrer... et toute la vie devant moi pour ce faire ! En laissant mon regard vagabonder autour de moi, je remarquai que le chœur avait arrêté sa litanie. Nous étions au cœur de la ville, et pourtant, plus un bruit ne venait troubler le temple. Ezra le remarqua aussi, précisant que c'était apaisant. J'acquiesçai à sa réflexion. En effet, ça l'était. Au palais, il y avait toujours du mouvement, des bruits de ci de là, avec les gardes, les domestiques et les invités. Il faisait rarement aussi calme, même la nuit. J'étais habituée à cette vie, je ne les entendais presque plus. Mais à présent que le silence absolu flirtait avec mes oreilles, je ne pouvais que remarquer le calme que cette sensation me procurait. Apaisant, c'était effectivement le mot...

Sa dernière question me sortit de mes pensées et de ce moment de recueillement. Elle m'intrigua, réveilla ma curiosité. Je tournai à nouveau les yeux vers Ezra.

- Ça m'arrive, parfois. À des moments plus souvent qu'à d'autres, lui avouai-je, me sentant en confiance : elle devait ressentir la même chose si elle me posait la question. J'ai rarement l'occasion de sortir de chez moi. Mon père et mes frères n'aiment pas que je me promène, ils pensent le monde trop dangereux pour moi. Et pourtant, il existe des endroits comme celui-ci, hors du temps, qui apaisent le cœur. Je suis heureuse d'être là.

Je lui révélai ceci avec toute la sincérité qui me caractérisait. J'étais heureuse d'être hors du palais, de pouvoir prendre l'air ; j'étais heureuse d'être au temple et de découvrir ce lieu ; j'étais enfin heureuse de discuter avec quelqu'un qui semblait me comprendre. Peu importe qui elle était, d'où elle venait, son statut. C'était un moment hors du temps, comme je venais de le dire, où seul important l'instant présent.

- Je suppose que c'est votre cas aussi, cette impression d'étouffer... l'invitai-je à se confier à son tour.

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Sujet: Re: We are many. They are few. [Tasha]
Dim 3 Juin - 17:46


« Je m'appelle Tasha. » « Comme la princesse. » Me demandant si c'était à raison de la naissance de la princesse que ce prénom était devenu plus courant. Ce qui semblait une explication possible alors qu'autant haïssait les membres de la royauté, d'autre les adoraient. Ne pensant pas à une seule seconde qu'elle puisse être la princesse en personne. Simplement une remarque que je ne pouvais que me faire. Certes si je n'avais pu que noter ce collier qu'elle portait qui valait bien plus que tous les biens que je possédais. Si j'avais pu noter sa posture et assimiler sans aucun doute ses origines à celles de la noblesse, je n'avais pas fait ce constat. Ne m'étant pas imaginé que j'avais en face ce moi bel et bien la princesse Tasha. Un fait qui semblait peu croyable. Et cette idée ne me traversait pas l'esprit d'autant que pour moi la princesse était comme une colombe dans une cage. Une créature mythique enfermée dans sa tour d'ivoire. Ce qui me semblait être le cas alors que je ne me posais plus de questions.

Un fait que je ne constatais pas à la différence que c'était la première fois que je venais ici. « En effet, c'est la première fois que je viens ici. [...] Mais j'avais envie d'ouvrir mes horizons. » Un sourire qui se dessinait sur mon visage. Ce lieu était en effet splendide. Le temple du feu qui ne pouvait que se dresser de toute sa hauteur. Un lieu qui était bien différent du palais royal. Un loyal qui était plus mythique, empreint de pureté. Un lieu où les fidèles se ressemblaient. Un lieu où la politique ne comptait pas. Ici seuls les devins, les fidèles et passants étaient bienvenues. La guerre qui ne pouvait être recherchée dans ce temple de feu. Aucun sang qui ne coulait là si ce n'est celui des sacrifices. « Il faut une première fois à tout. » La vérité. Ce qui ne me semblait pas étonnant que cela soit la première fois. Chacun qui pouvait prier où il le souhaitait. Chacun qui pouvait décider de croire ou non. Mais un lieu oui qui attirait les regards. « Chaque lieu a son importance. » Le cas. Et chaque lieu qui était différent. Il était facile de dire bien du mal de ceux venus de la cité mais il ne restait pas moins que la cité restait là, majestueuse. La cité qui se dressait au centre du désert, entouré de ses murs. N'ayant jamais réussir à en franchir les portes. Mais il restait certain qu'en termes de splendeur, bien que je n'avais jamais rien vu d'en dehors si ce n'est le désert, les oasis, le lieu était magnifique. Un lieu chargé de splendeur qui attirait les regards. Le temple du feu qui était quelque chose, le palais royal qui en était une autre, il fallait le reconnaître. Non pas que pour autant je n'étais pas tentée de voir le monde.

L'impression d'étouffer. La volonté de voir le monde, de voir autre chose que le sable. Des paysages que je tentais d'imaginer mais n'ayant aucune idée de la vérité. Réalité colorée dont je n'avais pour le moment aucun aperçu. Et cette impression de ne plus réussir à respirer, elle était là omniprésente. Le désir de fuir qui était là, plus pressant. Cité que je n'arrivais plus à supporter. Et des mots qui s'échappaient de ma bouche avant que je n'ai le temps de les retenir. Lueur d'inquiétude alors que je ne pouvais que craindre sa réaction, d'en avoir trop dit. Pourtant ce fut un poids qui s'ôtait de mes épaules alors que je l'observais, qu'elle reprenait la parole. « Ça m'arrive, parfois. À des moments plus souvent qu'à d'autres. » Sentiment de soulagement alors que je n'étais pas la seule. « Je crains que cela m'arrive trop souvent en ce moment. » Murmure pourtant. Mais avec le coeur des fidèles qui avaient repris leur clameur, il était plus facile désormais de parler. Les bruits des clameurs qui masquaient notre conversation, sans aucun doute préférable. La méfiance et la prudence toujours de mise. Une nécessité. Les murs qui avaient trop souvent des oreilles. « J'ai rarement l'occasion de sortir de chez moi. [..]Et pourtant, il existe des endroits comme celui-ci, hors du temps, qui apaisent le cœur. Je suis heureuse d'être là. » Typique de ceux protecteurs, machos. Comme avoir un maître. La différence était qu'elle restait libre, libre de refuser. « Je suppose que c'est votre cas aussi, cette impression d'étouffer... » Un hochement de tête. Cela l'était. « Si on doit avoir cette conversation autant me tutoyer. » Un sourire échangé. Le cas. Le vouvoiement qui devenait trop formel si cela était pour avoir cette conversation. « Cette impression elle est toujours là, j'imagine qu'on s'y habitue juste plus à un moment qu'à un autre. » Regard qui se posait sur elle alors que je ne pouvais qu'observer sa réaction. La vérité était que je ne connaissais pas son avis sur les esclaves, qu'il était compliqué de trop en dire. Et ne comptant à vrai dire parler de mon statut pour le moment. Statut qui me collait à la peau. « Disons que je suis dans la même situation avec l'homme avec lequel je vis. » Roan qui était cet homme. Non pas qu'il était mon compagnon si ce n'était mon maître. Une différence. Image que je chassais de mon esprit alors qu'une autre idée me traversait l'esprit. « Est-ce que tu veux visiter d'autres coins de la cité si tu n'as souvent l'occasion de sortir ? » Des coins que je connaissais. N'ayant simplement pas idée à quel point elle ne pouvait sortir, et si je me rendais compte de qui elle était, cela n'aurait fait aucun doute que ma réaction aurait été toute autre.

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Sujet: Re: We are many. They are few. [Tasha]
Sam 16 Juin - 11:53

Lorsque je lui fis part de mon nom, elle fit le rapprochement avec la princesse, sans pour autant se rendre compte de qui j'étais vraiment. Je décidai de continuer dans cette voie : ce n'était pas si désagréable de parler librement avec une personne qui ne savait pas qui j'étais. C'était une première pour moi, tout comme cette sortie au temple. Comme Ezra le disait si bien, il fallait une première fois à tout. Je hochai la tête à cette réflexion, et l'écoutai attentivement lorsqu'elle m'apprit que chaque lieu avait son importance. À ces mots, je repris la contemplation des pierres et des décorations du temple, tout en l'écoutant. Elle m'avoua à son tour qu'elle ressentait cette sensation d'étouffement trop souvent en ce moment.

Puis, tout à coup, elle me proposa de se tutoyer. Si j'avais l'habitude de tutoyer les esclaves, il n'en était pas de même pour les personnes que je ne connaissais pas. Et c'était tout aussi étrange, si pas plus, inversement : peu de gens me tutoyaient, en dehors de ma famille. Lorsqu'elle le fit, cela me surprit tout autant que de me ravir : je n'étais jamais contre une nouvelle expérience. J'acquiesçai donc lorsqu'elle fit cette remarque, l'écoutant ensuite alors qu'elle décrivait ce qu'elle ressentait. Les sentiments dont elles parlait, je les ressentais moi aussi.

- On s'y habitue, certes, mais ce n'est pas une sensation agréable pour autant.

J'avais toujours été habituée à cette vie, depuis ma naissance. Mais plus je grandissais, et plus mon envie de découvrir ce qui m'entourait – en dehors des murs du palais – me tiraillait. Et rester enfermée dans cet endroit semblait parfois me rendre folle, si bien que je rendais folle à son tour ma famille ! C'était sans doute pour cela que j'avais enfin été autorisée à effectuer une première sortie dans cet endroit. Et je ne le regrettais pas, loin de là !

Ezra précisa quant à elle qu'elle vivait cette situation avec l'homme avec lequel elle vivait. Pour ma part, il s'agissait des hommes avec lesquels je vivais. Mais cela n'avait sans doute pas le même sens dans sa bouche que dans la mienne. Était-ce son mari ? Son père ? J'étais curieuse, mais je ne voulais pas paraître indélicate, d'autant plus que je voyais à quel point elle était touchée par sa situation. Aussi, je ne posai pas de questions, et profitai de sa proposition pour passer à autre chose.

- Oh, ce serait avec plaisir ! Je ne mets pas souvent les pieds par ici !

Je jetai un œil à Skander, qui, je le savais, écoutait attentivement notre conversation sans pour autant le montrer. Mon regard était interrogateur, avide d'une réponse positive. Il marqua son accord d'un léger signe de tête et mon sourire s'élargit alors que je reposais les yeux sur Ezra.

- Connaissez-vous... connais-tu de beaux endroits à visiter ? lui demandai-je en me corrigeant. J'aimerais beaucoup découvrir des lieux calmes et paisibles comme celui-ci, ajoutai-je en me disant que s'il y avait trop de monde là où nous allions, je serais bien vite reconnue, et le charme de ce moment hors du temps ne pourrait plus opérer.

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Sujet: Re: We are many. They are few. [Tasha]
Sam 16 Juin - 17:02


« On s'y habitue, certes, mais ce n'est pas une sensation agréable pour autant. » Ce qui était véridique. Sentiment d'être compris. Je ne savais rien d'elle juste son prénom. Mais à cet instant j'avais le sentiment que nous étions sur la même longueur d'onde. La difficulté de parler de certains sujets avec des étrangers. Etrangère qu'elle était. Mais à cet instant se confier auprès des inconnus faisait du bien. Le sentiment d'être vivante ou d'être moins seule. Le sentiment qu'elle aussi connaissait ce sentiment d'étouffement. En ayant la preuve. La facilité de le lire sur son visage. Sentiment d'étouffement, que les murs se refermaient. L'impossibilité de sortir de cette prison dorée. Une cité qui était majestueuse, intimidante mais aussi étouffante. Une cité dans laquelle on pouvait trouver des trésors, on pouvait voir une beauté brute à l'état pure. Mais aussi une cité comparable à un enfer où les coups pouvaient pleuvoir, où l'esclavage était la normalité. Une cité où il était autant facile de sourire, de se réjouir et d'être heureux que de pleurer, de manquer de crier de colère. Des cris qui étaient souvent réduits à silence. Ne pouvant rien faire pour crier que de pleurer en silence, de garder cette souffrance pour soi. Volonté de fuir qui existait, qui était réelle. Un instinct qui me poussait à fuir alors que je ne pouvais que vouloir courrir pour acquérir cette liberté. Mais il n'était pas possible de sortir comme on le voulait. Pas pour le peuple, encore moins pour les esclaves. Alors en attendant je ne pouvais qu'en effet étouffer. Toutes les recherches possibles pour avoir l'impression de respirer, pour avoir le sentiment de pouvoir être libre. Sentiment qui n'existait pas encore mais qu'elle comprenait. Inconnue auprès de qui je pouvais me confier. Pourtant ce n'était pas comme si je pouvais facilement me faire confiance, mais ici, au coeur du temple du feu, je me sentais en sécurité si ce n'était sereine. Les langues qui se déliaient. Une conversation discrète que personne ne pouvait entendre alors que notre conversation était couverte par le bruit des fidèles. Heureusement. Pensées qu'il était sans doute préférable de garder pour soit mais qu'aucune de nous deux avait fait.

Alternative qui me convenait alors. De nouvelles idées qui naissaient dans mon esprit tandis qui me venait à l'esprit de lui faire visiter la cité. Des souvenirs qui remontaient à la surface. Ceux qui se passaient avec Arméthyse. Quand nous étions deux gamines et que nous pouvions que parcourir les ruelles de lacité Rahjak de long en large. L'aventure alors. Une cité qui rengorgeait de dangers mais aussi de lieux d'émerveillements. Cité que je ne pouvais que lui proposer que de visiter. L'impression qu'elle n'avait cette opportunité trop souvent. Et consciente que je me mettais en danger délibérément. Un aller-retour qui devait être rapide. Un aller-retour au temple du feu avant de revenir aussitôt. Mais une flamme s'était de nouveau allumée de mon regard. Cette flamme révolutionnaire. Consciente que je n'allais que défier les règles de Roan. Mais à cet instant cela n'importait pas. Consciente que je ferai face aux conséquences plus tard. Prête à en assumer le risque alors que cette lueur d'excitation était là. L'adrénaline qui courrait dans mes veines. Certes elle pouvait aussi refuser. Et ce que j'espérai qu'elle ne ferai pas alors que mon enthousiasme serait douché immédiatement. Un enthousiasme qui était revenu aussitôt. « Oh, ce serait avec plaisir ! Je ne mets pas souvent les pieds par ici ! » Un sourire qui se dessinait sur mon visage. La jolie blonde qui illuminait alors ma journée. Sans me rendre compte à vrai dire que j'avais en face de moi la princesse. Si seulement je savais. Mais là n'était pas le cas. Ne me doutant de rien. Et autant que possible cette dernière ne pouvait que croire que j'étais une fidèle, aucune idée pour le moment qu'elle puisse savoir que j'étais une esclave. Idée qui pourrait se savoir mais que j'espérai retarder et profiter de cet instant. « Connaissez-vous... connais-tu de beaux endroits à visiter ? J'aimerais beaucoup découvrir des lieux calmes et paisibles comme celui-ci. » Ce qui était dans mes cordes. Sa main que j'attrapai alors soudainement, presque instinctivement. Sourire qui était bel et bien sur mon visage alors qu'en effet je me proposais d'être son guide. « Je connais de nombreux endroits, oui. » Ayant parcouru la cité de long en large enfant quand j'en avais le temps. Plus restreinte dans mes mouvements désormais mais cela ne voulait pas dire que les souvenirs avaient disparu. Un regard que je posais sur son visage alors que je ne pouvais qu'avoir prise sa main instinctivement. Regard qui soutenait le sien l'espace d'un instant. Belle cela ne faisait aucun doute. Et la jeune femme que je ne pouvais qu'entraider à ma suite. Des pas qui me guidaient instinctivement hors du temple. Et là au lieu de me diriger vers la grande place, je ne pouvais que prendre un escalier. Escalier qui descendait d'un niveau. Cité de feu que je connaissais par coeur et ne pouvant que l'entraider de mémoire vers des ruelles moins peuplées, et tout aussi intéressante. « Quel type de lieu veux-tu voir ? Certains aussi calmes ne sont que plus dangereux... » Le silence qui pouvait aussi être effrayant. Tout recoin de la cité qui n'était pas sûr même si après quelques instants nous ne pouvions que nous retrouver à longer la demeure de riches propriétaires. Des ruelles alors désertes et tranquilles. Des ruelles que j'avais déjà parcouru de long en large, avant. Une lueur rêveuse dans mon regard. « On venait ici avant, se demandait ce qu'il en serait de vivre comme eux... » Mots qui franchissaient ma bouche avant que je ne puisse les retenir, se demandant en effet ce qu'il en serait de ne pas être une esclave mais de vivre dans des belles demeures. « Pardon je m'égare... »

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Sujet: Re: We are many. They are few. [Tasha]
Mar 19 Juin - 12:17

Ma réponse lui fit plaisir, Ezra sourit de plus belle. Tout à coup, elle attrapa ma main dans les siennes avec enthousiasme. Je restai calme, j'avais l'habitude de ce geste quand je rencontrais des gens du peuple. Mais Skander regarda la jeune fille avec plus d'attention : même si je restais insouciante, lui ne pouvait pas se le permettre. Il suffisait d'une seconde, et tout pouvait se terminer. Il devait veiller sur moi, et c'est ce qu'il faisait. Pour ma part, je ne me rendais pas compte qu'il existait un potentiel danger, je ne faisais que profiter du moment présent. Je me laissai guider par mon aînée, qui m'emmena vers un escalier. Skander et Maël, le deuxième garde qui était resté à mes côtés pendant que les deux derniers surveillaient la porte, nous suivirent à une distance raisonnable, mais assez proches pour intervenir rapidement. Nous descendîmes l'escalier jusqu'au niveau suivant pendant qu'elle me questionnait sur le type de lieu que je voulais voir. Même si l'idée de découvrir de quel calme danger elle pouvait parler, je me raisonnai.

- Nous pourrions éviter les endroits dangereux. Y a-t-il des jardins, par ici ?

Au palais, nous avions plusieurs jardins que j'affectionnais particulièrement. Pour moi, il devait également y en avoir en ville : c'était quelque chose de normal à mes yeux. Mais ce n'était peut-être pas le cas. Je suivis le guide dans des ruelles que je ne connaissais pas. Tout d'abord, de petites ruelles assez pittoresques, qui régalaient ma curiosité et mon envie de découverte. Puis, petit à petit, les ruelles devinrent des rues, mais restaient calmes. Je replaçai mon foulard afin de me protéger du soleil, mais surtout des regards indiscrets. Je ne voulais pas gâcher la magie de ce moment. Les petites maisons firent place à de bien plus grandes, et plus belles. Des sculptures et autres décorations paraient les façades. J'avais déjà vu ce type de demeures, mais je n'étais jamais passée par ici. La même lueur rêveuse se reflétait dans mes yeux et dans ceux d'Ezra. Elle m'avoua avec nostalgie qu'elle venait ici. Je supposai qu'elle parlait de son enfance. Elle ne venait pas d'une famille riche, je l'avais remarqué assez rapidement, bien que ses vêtements soient d'assez bonne qualité. Mais à la lumière extérieure, j'avais pu remarquer que les couleurs étaient un peu plus ternes, le tissu plus vieilli. Cependant, je ne l'imaginai pas être une esclave. Elle s'excusa presque aussitôt son aveu fait. Je souris pour la rassurer.

- Ne t'excuse pas. La beauté n'est pas toujours extérieure...

J'entendais par là que ces belles façades pouvaient abriter des hommes et des femmes « laids », des personnes qui ne se préoccupaient pas des autres. Alors que de petites maisons banales, voire laides, pouvaient cacher des cœurs purs et des personnes foncièrement bonnes. Même si mon éducation familiale me poussait à faire attention aux apparences extérieures, je ne pouvais m'y résoudre totalement. Mes lectures et mes divers apprentissages me montraient en effet une autre voie...

- Et le bonheur n'est pas toujours enfermé dans une belle maison. Même si elle n'en a pas l'apparence, elle est parfois comparable à une prison.

Nous y revenions, à ce sentiment d'étouffement. Pourtant, j'avais l'impression de ne pas pouvoir me plaindre. Et je n'avais pas vraiment envie de le faire. J'aimais ma vie, malgré tout. Ou plutôt, j'aimais ma vie, même si celle-ci n'était pas parfaite.

- Parcourir ces rues en toute liberté, ça doit être agréable, ajoutai-je en repensant à ses paroles. Sans personne pour vous interdire de mettre le pied dehors.

Je ne pouvais évidemment pas comprendre ce qu'elle ressentait. Ni ce qu'elle vivait. Je ne savais pas qui elle était, ni qu'elle était une esclave. Je ne connaissais pas son passé, son présent ou son avenir. Et pourtant, j'avais l'impression d'avoir saisi dans ses paroles un sentiment de liberté, certes nostalgique, mais présent tout de même.

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Sujet: Re: We are many. They are few. [Tasha]
Mar 19 Juin - 21:57


« Nous pourrions éviter les endroits dangereux. Y a-t-il des jardins, par ici ? » Un regard que je lui jetais hâtivement de biais. Regard où se mélangeait une note de surprise alors que je comprenais qu'en effet Tasha n'avait mais alors pas vraiment beaucoup d'opportunités de sortir, du moins pas autant que moi. Et si mes sorties étaient limitées, il ne restait pas moins qu'auparavant j'avais toujours réussi à me faufiler. Certes des sorties qui étaient avant tout lorsque j'étais enfant, auprès d'Erika mais aussi là. Des sorties qui se faisaient à la nuit tombée que Roan n'avait jamais entrevu. Ce qui n'était que pour le mieux. Ce dernier plus que jamais sur ses gardes depuis qu'il avait eu connaissance de ma relation avec Shanareth. Fait qui lui restait toujours en travers de la gorge. Et pourtant alors même qu'il était un mercenaire, il n'avait aucun pouvoir sur cette relation. Sourire qui naissait sur mon visage en pensant à la jolie brune. Tout aussi belle que dangereuse, mortelle. Beauté que j'allais détruire, je le savais. Consciente des échos de cette destruction, consciente des échos de ma prochaine fugue. Pas simplement une fugue alors que tandis que le désir de s'enfuir se renforçait, je ne pouvais que vouloir réitérer mes plans. Voulant fuir de nouveau. Un nouveau appui alors que cette fois-ci j'allais pouvoir compter sur Erika ou plutôt Arméthyse. Amertume à son égard qui s'effaçait alors qu'elle allait être là. Amitié que j'espérai retrouver. Un lien qui me manquait. Mon départ qui signifierait que j'allais laisser un trou à la place de mon coeur. Conscience de ce fait. Décidant d'être égoïste pour cette fois. Des risques assumés alors que je savais que la mort était au bout de ce chemin. Mais ce sentiment d'oppression, d'étouffement il était trop fort. La nécessité de fuir, de trouver une gorgée d'oxygène. La volonté de voir le monde.

Et de nouveaux paysages que je ne pouvais que vouloir montrer à la jolie blonde. Trop bien habillée pour que je puisse estimer qu'elle était une esclave. Mais ne m'interrogeant pas plus sur ce point au risque d'imaginer qu'elle était prisonnière du palais royale, une princesse. N'en venant qu'au contraire à hocher la tête et reprendre la parole simplement. « Il y en a, tout près d'ici. » Et je ne pouvais que l'y conduire sans jeter alors un regard derrière mon épaule. Une erreur. Manque de prudence. Plus prudente d'habitude mais cette fois-ci je ne pouvais que me laisser entraîner dans cet élan de joie. Ne prêtant pas attention aux gardes qui nous suivaient alors que je la guidais à travers les ruelles. Des ruelles que je connaissais d'avant. Des ruelles bordées de belles demeures. M'étant toujours imaginée une vie là. Rêve d'enfant de croire que je n'étais pas juste une simple esclave mais une princesse. Trace d'innocence ou de naïveté. Des faits qui n'avaient pu que s'effacer à l'instant où j'avais tenté de tuer Basile. Toute trace d'innocence envolée et un retour brutal à la réalité. Chassant cette image de mon esprit alors que mon ton ne restait que mélancolique. « Ne t'excuse pas. La beauté n'est pas toujours extérieure... » « Non, et tous comme monstres ont des crocs, ils ont aussi un coeur... » M'égarant à vrai dire de nouveau dans mes pensées. Ce que je savais vérité. Les mercenaires qu'ils n'étaient pas juste impitoyables. Derrière la bête se cachait un homme. Un coeur qui battait derrière cette muraille de glace. L'ayant constaté de mes propres yeux. Il suffisait de savoir où chercher. Il suffisait d'y croire. L'amour qui pouvait triompher. L'amour que certains disaient donnaient des ailes. Mais aussi peut être une erreur de faire confiance en la bête, d'oublier qui elle était vraiment. Fait difficilement oubliable mais parfois il restait facile d'oublier, de s'égarer, d'imaginer une autre histoire. « Et le bonheur n'est pas toujours enfermé dans une belle maison. Même si elle n'en a pas l'apparence, elle est parfois comparable à une prison.» « Oh que oui... » Sur la même longueur d'onde. Un sentiment d'étouffement qui existait là, qui était oppressant. Chacun prisonnière d'une cage dorée. Pas le même fardeau sur les épaules mais à la fin nous n'étions pas maîtres de nos choix. Obliquant dans les ruelles non sans lui jeter un coup d'oeil au passage. « Parcourir ces rues en toute liberté, ça doit être agréable. Sans personne pour vous interdire de mettre le pied dehors. » « J'aimerai que cela soit aussi simple... » Sourire triste qui se dessinait sur mon visage mais qui s'effaçait lorsque je m'arrêtais pour contempler le spectacle. « Ce que tu recherchais non ? » Eclat de malice dans mon regard alors que sans lâcher sa main, je l'entraînais un peu plus. Spectacle d'un autre monde, ici l'impression que le temps s'était arrêté. Une fontaine splendide en son centre, tapissé d'or. Hommage à la famille royale représentée. Des symboles qui existaient, qui étaient honorés. Fontaine que majestueuse comme ce lieu.

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Sujet: Re: We are many. They are few. [Tasha]
Dim 24 Juin - 15:03

Elle me conduisait à travers les rues, et je la suivais en m'émerveillant toujours plus de ce que j'y découvrais. De belles maisons aux façades décorées avec goût, d'autres plus curieuses et étonnantes. Je n'étais jamais venue ici, et c'était un plaisir de découvrir un peu plus de cette ville qui m'entourait depuis ma naissance. Mon foulard sur la tête, je ne me fis pas remarquer par les badauds qui passaient à nos côtés ou qui étaient installés devant les maisons. Cette situation m'insuffla un léger vent de liberté en plus : j'étais presque anonyme, ici. Je n'étais plus la petite princesse – rôle que j'adorais –, j'étais une simple Rahjak comme tant d'autres, qui se baladaient dans sa belle cité.

Ezra était d'accord avec moi : nous semblions être sur la même longueur d'ondes pour beaucoup de sujets. Elle ajouta à ma réflexion que les monstres avaient peut-être des crocs, mais également un cœur. C'était ce que je pensais moi aussi. Une personne ne pouvait être définie uniquement en regard d'un ou de plusieurs de ses actes. J'étais peut-être jeune pour penser de telles choses, et surtout j'étais certainement née au mauvais endroit, mais c'était ainsi. Mon éducation un peu plus « laxiste » que celle des mes aînés me permettait de m'ouvrir à d'autres idées que celles qu'ils défendaient. Et mon esprit s'ouvrait un peu plus chaque jour...

La jeune femme me guidait à travers d'autres rues. Non, elle avait raison, j'avais parlé un peu vite : tout n'était pas toujours aussi simple qu'on pouvait le croire. Mais elle n'expliqua pas ses raisons de le penser. Et je ne voulus pas paraître indiscrète. Elle me livrerait ce dont elle aurait envie de parler. Lorsqu'elle s'arrêta soudainement, me demandant si c'était bien ce que je cherchais, je retins mon souffle un court instant. Devant mes yeux s'étendait une magnifique fontaine comme j'en voyais rarement. Des paysages désertiques et de nobles personnages étaient sculptés dans la pierre et recouverts d'or fin. Je tournai autour de la fontaine, en admiration devant ce travail d'orfèvre, me penchant pour mieux saisir l'histoire racontée sur cette fresque. D'un côté se trouvait le palais, et devant lui quatre personnages : le roi, la reine et deux princes. D'un geste inconscient, je touchai du bout des doigts la reine représentée entourée de sa famille. Je n'étais pas sur cette fresque, qui avait sans doute été réalisée avant ma naissance, mais elle y était.

- C'est magnifique...

Les mots restaient coincés dans ma gorge. Plusieurs émotions se bousculaient en moi. La tristesse, évidemment. L'admiration, aussi. Et la joie d'être ici. Puis, tout à coup, la peur d'être reconnue. Je me redressai pour observer le haut de la fontaine, représentant une femme nue tenant une grande jarre dans ses bras. Un mince filet d'eau se déversait plus bas.

- Oui, c'est bien ce que je recherchais. Merci ! lui dis-je en me tournant vers elle. Comment connais-tu tous ces lieux ?


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Sujet: Re: We are many. They are few. [Tasha]
Mar 26 Juin - 21:38


Les membres de la royauté qui irradiaient la gloire. Des personnages sculptés en or. Majestueux. Etincelant. Un travail face à lequel il était facile de tomber sous le charme. Comment ne pas en faire autrement. Tant de lieux qui ne pouvaient qu'être admirés. Une cité qui restait majestueuse, et qui se dressait face au désert. Des artisans qui pouvaient créer des merveilles. Un peuple qui n'usaient pas seulement ses mains pour tuer, pour faire couler le sang que pour créer des chef d'oeuvres. Un contraste qui existaient alors qu'autant que d'artisans travaillaient les arts, les esclaves n'en venaient qu'à user de leurs mains dans les ateliers de couture. Place à laquelle j'avais été. Des motifs qui étaient cousus. Des robes et des commandes réalisées à destination du palais. Le travail des artisans qui pouvait être mis en avant, et ces derniers qui ne pouvaient qu'espérer se faire un nom. Nombreux qu'heureux de voir que leur savoir faire avait su attiré les regards. Sans doute encore plus honoré si les membres de la royauté décidaient de lui commander une pièce qu'il serait capable de ses propres mains de réaliser. Des chef d'oeuvres somptueux qui se trouvaient un peu partout dans la cité. Des fontaines qui rendaient hommage aux membres de la royauté, au dieu du soleil. Des symboles qui étaient mis en avant dans les détails. Des détails auquel chacun portait attention. Et mon regard qui ne se posait pas
tout de suite sur Tasha. Car autant que je pouvais les critiquer, il ne restait pas moins que je restais toujours aussi impressionnée devant les pièces d'art comme celle-ci. De l'art à l'état pur selon moi. Et un regard d'émerveillement qui était aussi visible sur son visage. Sa main qui était venue à se poser sur le rebord de la fontaine. « C'est magnifique... » Ne faisant pas attention à son ton ou si peu. Un ton qui était devenu peut être plus larmoyant. Ton que je justifiais sous le fait de l'émotion si ce n'était de l'admiration. Un hochement de tête qu'elle ne vit pas. « Cela l'est. Il y a des artistes dans cette cité, des hommes ou femmes qui sont capables de réaliser des merveilles mais sur lesquels on ne portera pas forcément un regard... » Des mots que je laissais retomber dans le vent. Des pensées égarées. Des hommes sur lesquels on ne jetterait forcément un regard parce qu'ils n'étaient pas de la noblesse, des membres estimés. Parfois ils n'étaient que des pauvres, descendants de la plèbe et pourtant capables de créer. Une reconnaissance qui n'existait pas. Comment en aurait-il pu être autrement alors que certains se retrouvaient enchaînés sous le poids des traditions. Des pensées qui se mélangeaient, la colère qui manquait de refaire surface mais qui disparu tout aussi alors qu'elle reprenait la parole.

Des parallèles alors que chacun se reprenait de son côté. Des morceaux d'identité qui restaient tues alors qu'au final nous restions encore deux étrangères l'une pour l'autre. Mais pourtant qu'alors liées par ce sentiment similaire. Ce même sentiment d'étouffement et d'émerveillement face à ces trésors cachés qui existaient pourtant au sein de la cité. « Oui, c'est bien ce que je recherchais. Merci ! Comment connais-tu tous ces lieux ? » Des explications qu'il était facile de donner alors que la réponse était simple. « Enfant j'allais partout. J'adorais explorer la cité, aller dans les endroits inconnus à mes heures perdues. » Des heures qui étaient précieuses. Des heures qui étaient volées. Des heures qui comptaient seconde à la seconde. Des heures pendant laquelle je m'éclipsais discrètement de l'atelier de la couture, faussant compagnie à Basile pour retrouver Erika ou plutôt Arméthyse. Des tours qui étaient joués. Eclat de malice alors que nous pouvions que courir. Le courage qui allait de pair. Ces traces d'insouciance et d'innocence. « Maintenant j'en ai moins la possibilité, mais j'aime toujours autant venir me ressourcer là ou près du temple, pour avoir cette impression de légèreté ou voir le monde disparaître sous mes yeux. » Comme une bulle que je recherchais. Tentative de trouver le calme ou la paix. Ce qui était plus facile à dire qu'à faire toutefois. Les règles qui avaient changées à l'instant où Roan avait découvert ma liaison avec Shanareth. Encore vivante. Mais cet écran de surveillance qui s'était renforcé. Pourtant même ce plan n'était parfait alors que même là dans l'ombre, je ne pouvais que tisser de nouveaux plans. Des plans que je tissais alors que chaque jour qui séparait sa prochaine expédition en dehors de la cité était compté. Chaque jour était compté, car dès lors qu'il aurait disparu je pourrai mettre mon plan à exécution. Un instant précis à choisir. Sacrifice à faire. La liberté plutôt que l'amour. Un choix que je m'apprêtais à faire, je le savais. Mensonge de prétendre le contraire. Mon coeur qui se serrait aussitôt avant que je ne chasse ces pensées pour me tourner vers la jolie blonde. « Où vas-tu quand tu tentes de t'évader si tu ne vas au temple ? » Pointe de curiosité qui faisait surface alors que je me demandais en effet quel était son jardin secret. Des questions que je n'avais pas encore posées mais que je commençais à poser doucement sans forcément m'avancer plus. Pas à pas. Ne pouvant que bouger autour de la fontaine et alors cette ombre aperçue. Me figeant sur place avant de m'approcher d'elle et de lui attraper la main. Un chuchotement. « Est-ce que tu as vu cela ? » Peur qui manquait de faire surface alors que soudainement je ne pouvais qu'avoir l'impression d'être épiée. « Il y a quelqu'un d'autre... »


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Sujet: Re: We are many. They are few. [Tasha]
Jeu 5 Juil - 12:11

Mes yeux ne pouvaient se détourner des gravures et des sculptures qui ornaient la fontaine. Je ne pus qu'acquiescer lorsqu'elle m'expliqua que notre cité comprenaient des artistes. Je ne pouvais être plus d'accord avec elle sur ce point : ils étaient nombreux et ils réalisaient de merveilleuses œuvres.

- Et pourtant nous sommes là à les contempler... la corrigeai-je cependant alors qu'elle me disait qu'on ne les regardait pas. Nous le faisions, après tout.

Pour ma question, elle rappela à sa mémoire des souvenirs de son enfance, où elle explorait la cité de fond en comble. Je faisais de même, mais mes limites étaient bien plus courtes : je ne pouvais visiter que le palais. Et c'était toujours le cas, sauf situation exceptionnelle comme en ce jour. Pendant quelques instants, je m'imaginai à sa place, enfant déambulant dans les rues au rythme de mes envies, découvrant des endroits tels que celui-ci. Je me voyais en admiration devant cette fontaine, comme je l'étais à présent, mais bien plus jeune. Je m'observais monter sur le rebord et en faire le tour, gardant l'équilibre en tenant mes bras à l'horizontal. Je ne pouvais plus me permettre ce genre de comportement, d'autant plus qu'il attirerait certainement l'attention, et c'était déconseillé.

Sortant de mes pensées, je me tournai à nouveau vers elle quand elle s'adresse à moi. Elle avait bien moins la possibilité de se promener aujourd'hui, mais elle aimait toujours autant venir ici ou au temple pour se ressourcer. Je la comprenais parfaitement, c'en était presque troublant. Peu de personnes ressentaient la même chose que moi. Et peu de personnes en parlaient avec moi...

Ezra me demanda alors comment je faisais pour m'évader. Elle venait de me livrer son secret, et il fallait que j'en fasse de même. Je réfléchis un instant puis lui répondis.

- La plupart du temps, je vais dans un jardin et j'observe les plantes et les fleurs qui le parsèment, profitant de l'agréable odeur qu'elles dégagent. Le soir, parfois, j'écoute des voyageurs raconter leur périple. Je m'imagine chevauchant à travers le désert ou profitant de la fraîcheur d'un oasis.

Rien qu'en en parlant, je pouvais m'imaginer à ces endroits. J'aimais beaucoup écouter ces histoires qui me permettaient de m'évader au loin, de voir d'autres horizons que les murs du palais. Et, aujourd'hui, c'était à mon tour de voyager dans la cité et de découvrir des endroits inconnus. Ça ne valait sans doute pas les déserts et les oasis aux yeux de beaucoup, mais pour moi c'était déjà un moment magique.

Tout à coup, Ezra s'approcha et m'attrapa la main. Elle me demanda si j'avais vu quelque chose en chuchotant. Je n'avais rien vu d'anormal, non. Je scrutai les environs mais n'aperçus que Skander d'un côté de la place et le deuxième garde de l'autre, qui attendaient un peu plus loin, me laissant respirer mais restant à l'affût. S'il y avait eu quelque chose, ils seraient bien plus alertes et se seraient rapprochés. Lorsqu'elle me dit qu'il y avait quelqu'un d'autre, alors je compris qu'elle les avait repérés et les trouvait suspects. Au moins l'un des deux. Pourtant, ils se faisaient discrets. Je réfléchis à toute allure pour trouver quoi lui répondre. Si nous partions précipitamment, ils nous suivraient de toutes façons, et elle serait encore plus inquiète. Et ils ne pouvaient pas passer pour des esclaves, avec leur allure stricte.

- Il s'agit du garde de la famille. Il m'accompagne pour ma sécurité. J'aurais bien aimé me promener seule, mais mon père a insisté et c'était la condition pour que je puisse sortir.

Elle avait certainement remarqué que je n'étais pas une esclave, donc cette raison pouvait être valable. J'espérais que cela passerait.

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28/02/2016 Glacy Chris Wilson 1447 Jessica Parker Kennedy Valtersen (avatar) esclave de Roan (de retour) ▲ métier ingrat ▲ ancienne couturière, esclave domestique, prostituée Rahjak 149
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Sujet: Re: We are many. They are few. [Tasha]
Ven 6 Juil - 16:58


« Et pourtant nous sommes là à les contempler... » Hochant finalement la tête alors que je m'adoucissais. Dans un sens elle n'avait pas tort. Et c'était tout aussi important que nous nous contemplions ce travail. Bien qu'il était certain qu'il n'aurait été que plus remarquable si ceux les plus hauts placés avaient pu voir ces splendeurs. Ce qui était certain pour cet artiste. L'homme, cela ne faisait aucun doute alors que leur place restait plus valorisée que la femme avait attiré les regards des membres de la royauté. Une commande tout comme celle que certains avaient passés pour que des robes soient cousues. Une commande cela ne faisait aucun doute là aussi pour ce que chef d'oeuvre soit réalisé en temps record. La nécessité pour l'artiste de non seulement entrevoir les membres de la royauté si ce n'est de les sculpter trait pour trait. Des hommes et femmes qu'il était quasiment impossibles d'approcher. Un rang qui les mettait au-dessus de la population. En haut de l'échelle alors que j'étais tout en bas. Une différence de niveaux cela ne faisait aucun doute. Eux qui vivaient dans un palais et les esclaves eux n'avaient que la place qui leur était attribuée. N'ayant pas idée à quel point un fossé nous séparait toutes les deux.

« La plupart du temps, je vais dans un jardin et j'observe les plantes et les fleurs qui le parsèment,[...] ou profitant de la fraîcheur d'un oasis. » Ce qui ne semblait pas réellement en une possibilité de s'échapper. « Tu ne t'es jamais enfuie.. ? » Une question qui était délicate. Le rouge qui me montait aux joues alors que je reprenais la parole rapidement. « Je ne veux pas dire t'enfuir de la cité... mais... est-ce que tu ne t'es jamais éclipsée au coeur de la nuit pour découvrir la cité ? » Consciente que si elle me reportait, elle détenait là un aveu. Aveu qui était inscrit sur mon front. Le rouge sur mes joues qui confirmaient autant cet aveu. Un aveu que je venais en effet de faire à une parfaite inconnue. Erreur que je ne me serai jamais permise de commettre avant. Il y avait trop de risques. Le risque qu'elle me reporte, le risque de me faire châtier pour elle. Lui ayant pourtant confié ce secret alors même que je ne la connaissais pas, seulement parce que j'avais confiance en mon instinct ; seulement parce que j'avais le sentiment qu'elle ne me trahirait pas. L'impression qu'un lien existait réellement. Juste ce sentiment qu'elle me comprenait qui me poussait à me confier. Et pourtant consciente que je ne pouvais lui avouer la totale vérité, et ce désir plus que secret de fuir la cité. Un secret qui n'en n'était pas véritablement un mais qui était bien réel. Et fuir je ne pouvais que le faire. M'esquivant la nuit pour me faufiler dans les rues de la cité. M'esquivant pour me retrouver entre les bras d'une jolie brune. Liaison don Roan avait connaissance, ce qui ne rendait que le jeu plus dangereux. Surveillée toujours. Sentiment d'oppression qui était bel et bien là que je ne pouvais que vouloir voir disparaître. Et ce sentiment qu'elle n'avait pas réellement la possibilité de s'échapper, si ce n'était dans un jardin. Et là encore, il semblerait qu'elle ne pouvait que se fier à son imagination, à rêvasser. « J'imagine qu'on rêve tous de voir ce qu'il y a après... » Des rêves qui existaient d'en voir plus. Peut être une trace de la jeunesse ou cette curiosité qui ne se taisait pas. Mon regard qui se reposait sur elle. Elle était plus jeune, plus d'une dizaine d'année et pourtant elle semblait comme moi prisonnière malgré ses parures.

Et soudain je ne pouvais que me figer. Le sentiment d'être épié mais surtout cette silhouette que je repérai. La silhouettes de ses gardes ou plutôt de l'un d'entre eux que je n'assimilais pas aussitôt comme tel. Une menace. Mais à vrai dire elle ne pouvait que prendre la parole hâtivement. « Il s'agit du garde de la famille. Il m'accompagne pour ma sécurité. J'aurais bien aimé me promener seule, mais mon père a insisté et c'était la condition pour que je puisse sortir. » « Oh. » Sa main que je lâchais. Mon regard qui se reposait sur celle du garde que je ne pouvais qu'examiner. Une description qui correspondait alors qu'il n'était ni un mercenaire ni un esclave mais pourtant armé. Ne pouvant que la croire ou m'efforcer de le faire alors que je tentais de faire taire les questions qui surgissaient dans un coin de mon esprit. Passant une main dans mes cheveux bruns. Une trace de nervosité que je tentais d'effacer. « Pardon. J'ai tendance à rester méfiante... » Un comportement que je tentais d'expliquer, de justifier. Ce qui était le cas alors qu'à chaque pas j'étais méfiante. M'étant faufilée. Si ce n'était Roan, il ne restait pas moins qu'il n'était pas la seule personne pouvant représenter une menace. La nécessité de rester sur mes gardes ou peut être cette trace de peur là alors que je pouvais toujours tomber sur d'anciens clients du bordel. Ce qui risquait toutefois d'être moins le cas par ici, alors que ces endroits comme celui-ci plus apaisés, plus éloignés de la foule étaient connus de peu. M'efforçant de me calmer même si à vrai dire l'un des bordels les plus proches ne se trouvaient pas loin. A vrai dire nous ne nous étions qu'éloignées du temple du feu pour redescendre vers la grande place et le coeur de la cité. Ces petits sanctuaires qui existaient pourtant au croisement de certaines ruelles. Sanctuaire de paix qu'il n'était qu'aisé de vouloir conquérir. Et mon regard qui se reposait sur la jolie blonde qui se trouvait à côté de moi. Un regard qui s'était mis alors à détailler en effet sa silhouette. Toujours ce même attrait pour la gente masculine tant que féminine. Ce trait d'innocence qu'elle avait en plus, comme une pointe de naïveté alors qu'elle paraissait d'autant plus vulnérable dans ces beaux atouts. Pouvant en effet comprendre la vigilance de certains, la volonté de son père de la protéger et de laisser un garde à ses côtés. « Je peux comprendre que ton père insiste pour toi. Nombreux seraient prêts à mettre la main sur tant de beauté et d'innocence. »

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